<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=125&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Aux saintes patronnes qui tiennent des espaces</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Aux-saintes-patronnes-qui-tiennent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Aux-saintes-patronnes-qui-tiennent</guid>
		<dc:date>2020-02-03T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julia Zortea</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie</dc:subject>
		<dc:subject>bar</dc:subject>
		<dc:subject>patronne</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte Rita</dc:subject>
		<dc:subject>sainte patronne</dc:subject>
		<dc:subject>Rita</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique. Quartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bar" rel="tag"&gt;bar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/patronne" rel="tag"&gt;patronne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte-Rita" rel="tag"&gt;Sainte Rita&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sainte-patronne" rel="tag"&gt;sainte patronne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rita" rel="tag"&gt;Rita&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte" rel="tag"&gt;Sainte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une semaine sans feu sacr&#233; et ce soir &lt;a href=&#034;http://www.articles-religieux-lourdes.com/upload/produit/z-sel-sainte-rital-14124.JPG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sainte Rita&lt;/a&gt;, ch&#232;re diablesse d'&#233;paule, sainte de l'impossible, ce soir je suis &#224; plat, je ne tente rien. Rita-c&#233;leste sourit : justement, gonfle pas, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Pour une fois, prendre le bus. Arr&#234;t de gauche ou arr&#234;t de droite ? Allez, &#224; gauche, pr&#232;s du bar bizarre. La devanture, banale. Betty Boop autocoll&#233;e en robe rouge sur la porte vitr&#233;e. Des cheveux blonds ramass&#233;s en queue de cheval derri&#232;re le comptoir. Le bus tarde, j'oublie vite le rade : PJ Harvey dans mes oreilles mord juste ce qu'il faut pour d&#233;finitivement &#233;carter les nobles causes (le dossier &#171; bars &#187; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) et caresser l'impossible (le vrai, l'immense, pas celui qui loge au coin de la rue). Bref, le bus n'arrive pas et j'en suis l&#224;, c'est-&#224;-dire pas bien loin vers la gauche, devant l'arr&#234;t de bus, le c&#339;ur en m&#233;tronome &#224; r&#234;vasser, quand deux yeux bleus me tapent sur l'&#233;paule. &#171; &lt;i&gt;Je t'invite &#224; boire un verre ?&lt;/i&gt; &#187; La patronne du bar o&#249; je devais ne jamais entrer pour cause de torpeur existentielle se tient plant&#233;e face &#224; moi sur le trottoir. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;Par contre, je te pr&#233;viens, je viens de passer une journ&#233;e de merde. &#187;&lt;/i&gt; Elle ne s'&#233;tonne pas de mon absence d'h&#233;sitation &#224; la suivre &#8211; ni de mon regard &#233;bahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une minute plus tard&lt;/strong&gt;, vodka-orange et Martini s'entrechoquent. Elle boit pour oublier un truc, je bois &#224; la surprise, essaie de ne pas penser au comment est-ce possible et, pour ne pas penser au comment, me vient en t&#234;te ce beau bouquin sur la pr&#233;sence des morts aux c&#244;t&#233;s des vivants lu il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vinciane Despret, Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; l'auteure mentionne ce que le po&#232;te John Keats appelait la &#171; &lt;i&gt;capacit&#233; n&#233;gative&lt;/i&gt; &#187;, cette qualit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; demeurer au sein des incertitudes, des myst&#232;res, des doutes, sans s'acharner &#224; chercher le fait et la raison&lt;/i&gt; &#187;. Je pense &#224; &#231;a pour mieux atterrir dans cet inattendu, parce qu'en vrai, Rita, tes coups sont &#233;tranges : les bars, les rencontres fortuites, je connais je crois, mais le racolage inopin&#233; par une patronne peu bavarde, l&#224;, je bute un peu. Elle et moi longtemps seules, copr&#233;sence silencieuse, parlant gu&#232;re, les mots par vagues s&#232;ches, hurlant pour nous comprendre par dessus le juke-box ; un improbable face-&#224;-face qui cherche par petites touches son point de raccordement, envelopp&#233; par la fum&#233;e de clopes puis de shit, &#224; mesure qu'entrent les clients ; elle la quarantaine, install&#233;e ici par son p&#232;re &#224; seize ans, elle qui a trois enfants et qui, &#224; l'&#233;couter parler m&#233;canique automobile avec un type, a parfaitement appris l'arabe depuis le temps, elle au petit doigt tordu, au regard qui p&#233;tille quand elle raconte foncer de ses poings dans les bagarres, pr&#233;cisant qu'elle les provoque, les bagarres, s'il le faut, elle qui explique que les femmes ne tiennent g&#233;n&#233;ralement pas de bar car elles ont peur, sans dire de quoi, elle qui l&#232;ve un sourcil quand un client annonce qu'elle est gentille, &#171; &lt;i&gt;gentille et m&#233;chante, s'il te pla&#238;t&lt;/i&gt; &#187;, elle qui aurait &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;r&#233; une boulangerie&lt;/i&gt; &#187; si elle avait pu choisir, elle qui tranche &#224; propos des mecs &#8211; &#171; &lt;i&gt;on est mille fois mieux qu'eux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de l'autre c&#244;t&#233;, moi &#171; &lt;i&gt;la jeune fille de bonne famille&lt;/i&gt; &#187; comme elle se pla&#238;t &#224; me situer, pointant ainsi, pour rester dans la po&#233;sie anglaise, l' &#187; &lt;i&gt;effrayante sym&#233;trie&lt;/i&gt; &#187; du tigre&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tigre, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; que nous formons toutes deux ce soir-l&#224;, moi mentalement pr&#233;par&#233;e &#224; l'&#233;ventualit&#233; de me faire &#233;jecter de son royaume aussi abruptement que j'y suis entr&#233;e, et qui finira par en repartir d'un pas &#233;tonnement assur&#233; dans la nuit, chauff&#233;e aux braises de cette sainte patronne qui a profit&#233; de ma compagnie pour raffermir ses assises &#233;branl&#233;es par une journ&#233;e de merde. Oui Rita, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Destination : &lt;i&gt;Le (Grand bar du) Chapitre&lt;/i&gt;, en haut de la Canebi&#232;re o&#249; je cherche Sophie, une autre sainte patronne, souvent crois&#233;e &#8211; Sophie qui pr&#233;cise qu'elle n'est que serveuse mais peu importe, &#224; cette heure-ci, on canonise qui l'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a quelques mois&lt;/strong&gt;, assises &#224; plusieurs &#224; la terrasse du &lt;i&gt;Chapitre&lt;/i&gt;, l'une d'entre nous avait racont&#233; cet &#233;pisode : elle avait vu Sophie quitter les limites de son bar pour &#233;pauler Bella, une vendeuse de roses en train de se faire casser la gueule par deux tox sur la place des R&#233;form&#233;s. Oui, confirme maintenant Sophie, &#171; &lt;i&gt;ici c'est un quartier difficile, et moi je veille : pas touche &#224; la terrasse, et pas touche &#224; Bella &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s cinq ans de service &#224; raison d'une soixantaine d'heures hebdomadaires, Sophie &#233;num&#232;re ce qu'il lui faut pour accomplir son travail : &#171; &lt;i&gt;Du caract&#232;re, &#233;norm&#233;ment de caract&#232;re, de la fermet&#233;, du courage, du franc-parler. &#187;&lt;/i&gt; En particulier derri&#232;re le comptoir en soir&#233;e &#8211; un monde bien distinct de la terrasse &#8211; o&#249; il faut faire face aux hommes, &#171; &lt;i&gt;souvent machos souvent ivres&lt;/i&gt; &#187;, lesquels &#171; &lt;i&gt;parce que t'es une femme, ne te prennent pas pour une merde, mais presque, quand tu interviens parce qu'ils ont trop bu, pas pay&#233;, disent des conneries&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Moralement, le comptoir c'est &#233;puisant, estime Sophie : &#171; &lt;i&gt;Moi qui ne picole pas, je me demande parfois o&#249; je suis.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui fait dire &#224; Christelle, serveuse au 31 depuis trois ans (&#224; La Plaine&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;), qu'elle ne pourrait pas travailler dans un bar de quartier (comprendre, avec ses habitu&#233;s scotch&#233;s au comptoir) : &#171; &lt;i&gt;Avec les lourds qu'on se tape en terrasse, c'est bien assez.&lt;/i&gt; &#187; Elle pointe, elle aussi, la n&#233;cessit&#233; d' &#187; &lt;i&gt;avoir du caract&#232;re&lt;/i&gt; &#187; pour r&#233;aliser ce m&#233;tier, homme comme femme, m&#234;me s'il ne fait pas de doute que pour une femme, il s'agit d'une question de survie. La patronne du 31 surgit &#224; cet instant de la discussion. &#171; &lt;i&gt;&#202;tre une femme et tenir un bar ? Ben &#231;a fait chier !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame-t-elle en riant. Et Christelle de donner quelques exemples d'attitudes typiquement masculines (et typiquement quotidiennes) auxquelles elle se confronte : &#171; &lt;i&gt;Tu as les mecs qui te draguent parce qu'ils pensent que &#231;a va forc&#233;ment te faire plaisir. Tu es dans l'espace public, et hop, ils y vont, ils se l&#226;chent. Tu as aussi ceux qui te donnent des petits noms : &#8220;Ma ch&#233;rie, ma belle, tu m'am&#232;nes une bi&#232;re ?&#8221; Ou ceux qui te touchent quand ils ont un truc &#224; te demander. Mais &#231;a va, entre-temps, je suis devenue f&#233;ministe en faisant les bonnes rencontres. &#199;a m'a bien ouvert les yeux, je recadre en permanence.&lt;/i&gt; &#187; Toutes disent faire attention aux v&#234;tements qu'elles portent (&#171; &lt;i&gt;Si t'es bien sap&#233;e, t'attires les cons et les poivrots&lt;/i&gt; &#187;) ; ma Belle de Mai et Sophie tapent, posent ce degr&#233; de violence dans la n&#233;gociation ; Christelle pr&#233;f&#232;re les laisser se battre entre eux si &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re, tout en racontant la fois o&#249; elle en a expuls&#233; un qui emmerdait sa copine, laquelle n'arrivait pas &#224; s'en d&#233;barrasser (&#171; &lt;i&gt;L&#224;, tu jubiles&lt;/i&gt; &#187;) ; toutes tiennent et ouvrent des espaces. Du travail de guerri&#232;res. Elles le savent, ou pas : elles constituent de sacr&#233;s rep&#232;res de ma ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre soir&lt;/strong&gt;, pneu regonfl&#233;, je m'arr&#234;te &#224; &lt;i&gt;L'Unic bar&lt;/i&gt;, pr&#232;s du Vieux-Port. Une patronne historique, un rade un peu plus branch&#233;. Les &#233;toiles sont alors moins bien agenc&#233;es, je me fais rembarrer : &#171; &lt;i&gt;Tu crois quand m&#234;me pas que je vais vendre mon &#226;me au bout de deux minutes ?!&lt;/i&gt; &#187; En effet, je ne le pense pas. Sainte Rita sourit : ben ouais, quand on attend, &#231;a marche toujours moins bien. Quoique, alors que j'atteins la porte : &#171; &lt;i&gt;Tu t'en vas ? Allez, reviens boire un th&#233; un de ces apr&#232;s-midi, on discutera.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bient&#244;t, tigre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julia Zortea&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vinciane Despret, &lt;i&gt;Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, coll. Les Emp&#234;cheurs de penser en rond, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt;, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts de la nuit / Quelle main, quel &#339;il immortels / Purent fabriquer ton effrayante sym&#233;trie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Fraternit&#233; de nos ruines</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Fraternite-de-nos-ruines</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Fraternite-de-nos-ruines</guid>
		<dc:date>2019-11-12T12:18:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>camps</dc:subject>
		<dc:subject>Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>camps sovi&#233;tiques</dc:subject>
		<dc:subject>David Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>camps nazis</dc:subject>
		<dc:subject>Figaro litt&#233;raire</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;port&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Porta Westphalica</dc:subject>
		<dc:subject>sovi&#233;tiques</dc:subject>
		<dc:subject>concentrationnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 12 novembre 1949, il y a soixante-dix ans, Le Figaro litt&#233;raire publiait un &#171; appel des anciens d&#233;port&#233;s des camps nazis &#187; pour venir &#171; au secours &#187; des d&#233;port&#233;s dans les camps sovi&#233;tiques... Le 12 novembre 1949, Le Figaro litt&#233;raire publie un &#171; appel des anciens d&#233;port&#233;s des camps nazis &#187; pour venir &#171; au secours &#187; des d&#233;port&#233;s dans les camps sovi&#233;tiques. Il s'agit d'accorder &#224; ces derniers &#171; la fraternit&#233; ancienne de nos ruines &#187;, de comprendre la radicale nouveaut&#233; des r&#233;gimes bas&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/camps" rel="tag"&gt;camps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rousset" rel="tag"&gt;Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/camps-sovietiques" rel="tag"&gt;camps sovi&#233;tiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/David-Rousset" rel="tag"&gt;David Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/camps-nazis" rel="tag"&gt;camps nazis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Figaro-litteraire" rel="tag"&gt;Figaro litt&#233;raire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deportes" rel="tag"&gt;d&#233;port&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Porta-Westphalica" rel="tag"&gt;Porta Westphalica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sovietiques" rel="tag"&gt;sovi&#233;tiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/concentrationnaire" rel="tag"&gt;concentrationnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 12 novembre 1949, il y a soixante-dix ans, &lt;i&gt;Le Figaro litt&#233;raire&lt;/i&gt; publiait un &#171; &lt;i&gt;appel des anciens d&#233;port&#233;s des camps nazis &#187;&lt;/i&gt; pour venir &#171; &lt;i&gt;au secours &#187;&lt;/i&gt; des d&#233;port&#233;s dans les camps sovi&#233;tiques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2918 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH253/-1162-e4f6a.jpg?1782644424' width='180' height='253' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 12 novembre 1949, &lt;i&gt;Le Figaro litt&#233;raire &lt;/i&gt;publie un &#171; &lt;i&gt;appel des anciens d&#233;port&#233;s des camps nazis &#187;&lt;/i&gt; pour venir &#171; &lt;i&gt;au secours &#187;&lt;/i&gt; des d&#233;port&#233;s dans les camps sovi&#233;tiques. Il s'agit d'accorder &#224; ces derniers &#171; &lt;i&gt;la fraternit&#233; ancienne de nos ruines &#187;&lt;/i&gt;, de comprendre la radicale nouveaut&#233; des r&#233;gimes bas&#233;s sur un syst&#232;me concentrationnaire et de l'&#233;clairer du point de vue de ses victimes pour le faire reculer. En effet, &#171; &lt;i&gt;il n'y a pas pire crime que celui qui consiste &#224; organiser des camps &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est sign&#233; par &lt;/strong&gt;David Rousset (1912-1997), ancien dirigeant trotskiste arr&#234;t&#233; en octobre 1943 avec d'autres militants engag&#233;s dans un travail clandestin de propagande antihitl&#233;rienne aupr&#232;s des soldats de la Wehrmacht en France. Emprisonn&#233; et tortur&#233; &#224; Fresnes, il est ensuite d&#233;port&#233; (Buchenwald, Porta Westphalica et Neuengamme). Rapatri&#233; en 1945, il &#233;crit &lt;i&gt;L'Univers concentrationnaire &lt;/i&gt;(prix Renaudot 1946) et &lt;i&gt;Les Jours de notre mort &lt;/i&gt;(1947), tous deux sur les camps nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s la parution &lt;/strong&gt;de son appel, Rousset est abandonn&#233; par la quasi-totalit&#233; de l'&lt;i&gt;intelligentsia &lt;/i&gt;de gauche, calomni&#233; et injuri&#233; par les partisans de l'URSS, alors h&#233;g&#233;moniques &#224; gauche. Rousset attaque en justice &lt;i&gt;Les Lettres fran&#231;aises&lt;/i&gt;, un hebdomadaire communiste &#8211; ou plut&#244;t stalinien &#8211; dont le r&#233;dacteur en chef l'accusait d'avoir &#171; &lt;i&gt;invent&#233; &#187;&lt;/i&gt; les camps sovi&#233;tiques qui n'&#233;taient que des sortes de colonies de vacances destin&#233;es &#224; r&#233;ins&#233;rer les d&#233;linquants et les &#8211; vils &#8211; ennemis du r&#233;gime dans les conditions paradisiaques de &#171; &lt;i&gt;l'humanisme socialiste &#187;&lt;/i&gt;. Pas moins ! Quant &#224; l'accusation de &#171; &lt;i&gt;faire le jeu de la droite &#187;&lt;/i&gt;, Rousset y r&#233;pondait d'une mani&#232;re imparable : &#171; &lt;i&gt;qui donc est responsable : celui qui d&#233;nonce les camps ou ceux qui les font ? &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Si nous &lt;/i&gt;[ne r&#233;glons pas cela sur la place publique]&lt;i&gt;, nous n'aurons plus le droit de d&#233;noncer la &#8220;r&#233;action&#8221;, qui le fera. ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1951, il fondera &lt;/strong&gt;avec d'anciens d&#233;port&#233;s la Commission internationale contre le r&#233;gime concentrationnaire qui enqu&#234;tera aussi bien sur l'URSS que sur les r&#233;gimes autoritaires (Espagne, Gr&#232;ce), les pratiques r&#233;pressives dans les colonies fran&#231;aises (Alg&#233;rie, Tunisie), et sur le goulag chinois &#8211; le laoga&#239;. Ces &#233;crits in&#233;dits&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Rousset, La Fraternit&#233; de nos ruines (&#201;crits sur la violence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ces articles de presse et ces lettres de Rousset interrogent cette comparaison sacril&#232;ge entre les syst&#232;mes concentrationnaires nazi et sovi&#233;tique, qui n'a pas encore &#233;t&#233; men&#233;e &#224; son terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travaux pionniers &lt;/strong&gt;de Rousset et de ses pairs n'emp&#234;cheront pas les Alain Peyrefitte et Philippe Sollers de tomber b&#233;ats d'admiration devant la Chine de Mao, ni la majorit&#233; de l'&lt;i&gt;intelligentsia &lt;/i&gt;d'attendre la publication de &lt;i&gt;L'Archipel du Goulag &lt;/i&gt;(1974) pour &#171; d&#233;couvrir &#187; les camps sovi&#233;tiques. David Rousset &#233;tait alors bien oubli&#233; et, loin de revenir &#224; des travaux pionniers comme les siens, l'on eut alors droit aux &#171; nouveaux philosophes &#187; et aux &#233;lucubrations spectaculaires de ceux qui sont toujours du bon c&#244;t&#233; du manche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux probl&#232;mes &lt;/strong&gt;du monde d'aujourd'hui, cela a-t-il vraiment chang&#233; ? On aimerait pouvoir dire que la lucidit&#233; s'est accrue, mais en est-on tout &#224; fait s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Jacquier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;David Rousset, &lt;i&gt;La Fraternit&#233; de nos ruines (&#201;crits sur la violence concentrationnaire 1945-1970)&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2016, 394 p., 22 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marine social club</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marine-social-club</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Marine-social-club</guid>
		<dc:date>2019-10-27T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anissa Tlemcen, Fr&#233;d&#233;ric Ciriez</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>port</dc:subject>
		<dc:subject>Marine</dc:subject>
		<dc:subject>bar</dc:subject>
		<dc:subject>Bistrot</dc:subject>
		<dc:subject>Boboche</dc:subject>
		<dc:subject>comptoir</dc:subject>
		<dc:subject>vieux port</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#233;d&#233;ric Ciriez</dc:subject>
		<dc:subject>bistrot total</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un dimanche soir d'octobre. Les vents du hasard nous poussent &#224; l'heure de l'ap&#233;ritif vers le Bistrot de la Marine qui brille dans la nuit sur le quai d&#233;sert. Le Bistrot de la Marine et sa fa&#231;ade r&#233;tro : la derni&#232;re institution du vieux port du Portrieux, partie populaire de la cit&#233; halieutique et baln&#233;aire de Saint-Quay-Portrieux, C&#244;tes-d'Armor &#8211; son casino, sa plage, ses sir&#232;nes de passage, ses chalutiers et son peuple de la mer. Une excitation palpable s'est empar&#233;e de la client&#232;le aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/port" rel="tag"&gt;port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine" rel="tag"&gt;Marine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bar" rel="tag"&gt;bar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bistrot" rel="tag"&gt;Bistrot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boboche" rel="tag"&gt;Boboche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comptoir" rel="tag"&gt;comptoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieux-port" rel="tag"&gt;vieux port&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Frederic-Ciriez-3477" rel="tag"&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ciriez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bistrot-total" rel="tag"&gt;bistrot total&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n dimanche soir d'octobre. Les vents du hasard nous poussent &#224; l'heure de l'ap&#233;ritif vers le &lt;i&gt;Bistrot de la Marine &lt;/i&gt;qui brille dans la nuit sur le quai d&#233;sert. Le &lt;i&gt;Bistrot de la Marine &lt;/i&gt;et sa fa&#231;ade r&#233;tro : la derni&#232;re institution du vieux port du Portrieux, partie populaire de la cit&#233; halieutique et baln&#233;aire de Saint-Quay-Portrieux, C&#244;tes-d'Armor &#8211; son casino, sa plage, ses sir&#232;nes de passage, ses chalutiers et son peuple de la mer. Une excitation palpable s'est empar&#233;e de la client&#232;le aux traits tir&#233;s qui a pass&#233;, entend-on en terrasse, &lt;i&gt;&#171; un samedi soir exceptionnel &#187;, &lt;/i&gt;et o&#249; une vieille dame qui sort de la douche et sent la vanille de synth&#232;se se vante aupr&#232;s d'un marin-p&#234;cheur admiratif d'avoir &lt;i&gt;&#171; fini &#224; six du mat' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu de l'ap&#233;ritif &lt;/strong&gt;dans le bar progressivement bond&#233; de joyeuses cr&#233;atures transg&#233;n&#233;rationnelles, du beau sexe comme du vilain ? Assister, en famille oserait-on dire, &#224; la projection d'un court-m&#233;trage mettant en sc&#232;ne sa majest&#233; le bistrot lui-m&#234;me et ses prestigieux sujets &#8211; entendez le personnel et les habitu&#233;s. Le petit film s'intitule &lt;i&gt;Autant en emporte... la pipe de Marjaque &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre provisoire de ce court-m&#233;trage que l'on peut voir en ligne sur Youtube.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, l'histoire d'un vieux loup de mer qui revient d'Afrique et &#224; qui un homard aurait vol&#233; sa pipe&#8230; L'enqu&#234;te bat son plein, les visages connus et reconnus d&#233;filent sous les hourras des spectateurs, le visionnage collectif, verre en main, de ce film tourn&#233; en quatre jours et sign&#233; Fr&#233;d&#233;rick Laurent, Yann Veillet Kerverzio et David Piffart, trois familiers des murs, &#233;voque la simplicit&#233; burlesque du g&#233;nial Jacques Rozier. Soudain, l'&#233;vidence surgit : ce qu'on voit l&#224;, sur l'&#233;cran communautaire, n'est rien d'autre que l'esprit des lieux. L'esprit du lieu. Du plus fantasque et chaleureux bistrot de la c&#244;te du Go&#235;lo, qui lui fait son cinoche tous les jours ou presque depuis plus de cent ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien, tonique trentenaire &lt;/strong&gt;qui g&#232;re les flux derri&#232;re le comptoir, nous l'assure : une carte postale du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle atteste bel et bien de l'existence s&#233;culaire de ce p&#244;le magn&#233;tique pour affam&#233;s et assoiff&#233;s en tous genres, &lt;i&gt;&#171; qui &#224; l'&#233;poque s'appelait non pas &lt;/i&gt;bistrot &lt;i&gt;mais &lt;/i&gt;bar de la Marine &#187;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Comme le remarque subtilement Olivier, enfant du port et acheteur &#224; la cri&#233;e en train de t&#233;ter sa pinte de Nord&#233;, la bi&#232;re artisanale de Saint-Quay, le nom &#171; Marine &#187; est toujours rest&#233;, &lt;i&gt;&#171; pas comme dans ces bars o&#249; &#231;a change tout le temps avec les nouveaux propri&#233;taires. &#187; &lt;/i&gt;Ce qu'il aime ici ? &lt;i&gt;&#171; C'est un bar tr&#232;s nocturne, pas un salon de th&#233;, et on y rencontre des gens improbables. &#187;&lt;/i&gt; Songe-t-il &#224; Eno &#8211; &#171; One &#187; en verlan &#8211;, dandy punk qui partage sa vie entre Amsterdam et la petite commune de Plourhan, et qui nous sourit depuis l'entr&#233;e, v&#234;tu d'&#233;carlate et coiff&#233; d'un chapeau melon noir t&#233;n&#232;bres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire mythologique &lt;/strong&gt;et sociale des caf&#233;s du port est compl&#233;t&#233;e par T&#233;tech, &#233;lectricien qui a fait cinq saisons &#224; la &lt;i&gt;Marine, &lt;/i&gt;derri&#232;re le comptoir. Pour lui, la &lt;i&gt;Marine &lt;/i&gt;est le dernier fleuron d'une liste d'&#233;tablissements &#233;vanouis avec l'av&#232;nement du nouveau port et son lot de bars et de restaurants format&#233;s pour les plaisanciers. &lt;i&gt;&#171; Il y avait &lt;/i&gt;La Jet&#233;e, Le Bretagne, Le Mouton blanc, La Bienvenue&lt;i&gt;... &#187; &lt;/i&gt;Il marque une pause et reprend, &#233;mu. &lt;i&gt;&#171; Il y avait aussi &lt;/i&gt;Le Caf&#233; du Commerce, &lt;i&gt;qui a ferm&#233; quand Arnaud, le propri&#233;taire, s'est tu&#233; accidentellement 10 mois apr&#232;s la reprise de &lt;/i&gt;La Marine &lt;i&gt;par Boboche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Boboche, &lt;/strong&gt;le nom du tendre et ombrageux ma&#238;tre des lieux est l&#226;ch&#233;&#8230; Objectivement moins joli que Manon, qui sert le midi, mais non moins d&#233;licieux que les accras de morue maison qui font la r&#233;putation de la cuisine impeccablement tenue par Aur&#233;lien, jeune Montpelli&#233;rain venu s'a&#233;rer au pays des brumes, &lt;i&gt;&#171; o&#249; les gens sont plus francs &#187;, &lt;/i&gt;Boboche, quadra v&#233;loce, est une l&#233;gende &#224; lui seul. Originaire de Loguivy-de-la-mer, il a illumin&#233; pendant quatre ans les nuits de l'h&#244;tel &lt;i&gt;Bellevue&lt;/i&gt;, &#224; Port-Lazo, sur la rugueuse commune de Plou&#233;zec, avant de poser ses p&#233;nates au Portrieux, il y a dix ans. Apr&#232;s quelques mois d'acclimatation, ce g&#233;nie de la &lt;i&gt;nite &lt;/i&gt;aux yeux bleus et aux cheveux poivre et sel a remis le couvert sur le vieux port. &lt;i&gt;&#171; Ce mecl&#224; te fait voyager, un super barman et un cuisinier qui peut mettre la pige aux plus grands chefs &#187;, &lt;/i&gt;s'emballe Christophe, chapeau de cow-boy en cuir noir viss&#233; sur la t&#234;te, mara&#238;cher sur l'&#238;le de Saint-Riom et &#224; Saint-P&#233;ver, au sud de Guingamp, qui sert les plus grands restaurants d'Europe, dont le &lt;i&gt;Noma &lt;/i&gt;de Copenhague, et bien s&#251;r&#8230; &lt;i&gt;La Marine &lt;/i&gt;&#8211; avec toujours quelques tranches de fruits et l&#233;gumes d'exception pour agr&#233;menter les plats, mix de poissons &#224; la plancha ou homard pris directement dans le vivier sous l'escalier, qu'on peut manger en salle, au comptoir ou &#224; l'&#233;tage, face aux c&#233;l&#232;bres fresques maritimes r&#233;alis&#233;es, en 1950, par le peintre Bernard Locca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si le &lt;i&gt;Bistrot de la Marine &lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;est de jour en jour le chef-d'&#339;uvre &lt;i&gt;live &lt;/i&gt;de Boboche, son heure de gloire minuscule se r&#233;v&#232;le plus occulte : une grande gifle adress&#233;e au chanteur s&#233;ducteur d'adolescentes Jean-Luc Lahaye, qui se la racontait un peu trop sur la piste de danse de la discoth&#232;que La Grange, &#224; Courchevel, en 1991, o&#249; le petit Breton faisait la saison. &lt;i&gt;&#171; Les videurs m'ont sorti mais pardonn&#233; direct, car ils &#233;taient d'accord avec moi. &#187; &lt;/i&gt;Bon, ne flippez pas, Boboche, aujourd'hui pote avec Thi&#233;faine qui passe de temps en temps &#224; la &lt;i&gt;Marine &lt;/i&gt;&#8211; ceci explique cela &#8211;, est total cool. D'ailleurs il n'aime rien tant que &lt;i&gt;&#171; le vin, le rhum&#8230; et l'ap&#233;ro avec les copines &#187;. &lt;/i&gt;Et le calva avec les sir&#232;nes ? &lt;i&gt;&#171; Ben oui, on en boit aussi euh... beaucoupbeaucoup. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Et nous, &lt;/strong&gt;nous en voyons et en entendons beaucoup-beaucoup au comptoir, des sir&#232;nes, hommes ou femmes, sur deux pieds ou sur un coude. C'est peut-&#234;tre l'heure. Ou la multiplication des vins. Ou le comptoir lui-m&#234;me, r&#233;agenc&#233; par Sam, menuisier-charpentier sereinement arrim&#233; &#224; son ouvrage. Certaines mauvaises langues disent que le &lt;i&gt;Bistrot de la Marine, &lt;/i&gt;c'est la cour des miracles. D'autres, plus sentimentaux, &#233;voquent un refuge. Nous parlerons de p&#234;che miraculeuse, ou de bistrot total.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ciriez &amp; Anissa Tlemcen&lt;/strong&gt;, envoy&#233;s tr&#232;s sp&#233;ciaux &#224; Saint-Quay-Portrieux&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fr&#233;d&#233;ric Ciriez a publi&#233; trois romans aux &#233;ditions Verticales dont &lt;/i&gt;Je suis capable de tout &lt;i&gt;en 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Titre provisoire de ce court-m&#233;trage que l'on peut voir en ligne sur Youtube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Naissance et vie d'un ghetto</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Naissance-et-vie-d-un-ghetto</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Naissance-et-vie-d-un-ghetto</guid>
		<dc:date>2019-10-24T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Wannesson</dc:creator>


		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>lieu</dc:subject>
		<dc:subject>associations</dc:subject>
		<dc:subject>centre</dc:subject>
		<dc:subject>Calais</dc:subject>
		<dc:subject>bidonville</dc:subject>
		<dc:subject>mise</dc:subject>
		<dc:subject>Jules Ferry</dc:subject>
		<dc:subject>centre Jules</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;ni&#232;me &#233;pisode de la grande chasse aux migrants qui tient lieu de sport national en Europe, l'op&#233;ration de d&#233;mant&#232;lement de la dite &#171; Jungle &#187; de Calais est d&#233;sormais quasiment termin&#233;e. Un nouveau coup dur pour les milliers de migrants qui y (sur)vivaient dans des conditions terribles. Philippe Wannesson, habitant de la ville et tenancier de l'excellent blog Passeurs d'hospitalit&#233; , revient ici sur l'histoire complexe de ce bidonville. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/associations" rel="tag"&gt;associations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Calais" rel="tag"&gt;Calais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bidonville" rel="tag"&gt;bidonville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mise" rel="tag"&gt;mise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jules-Ferry" rel="tag"&gt;Jules Ferry&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-Jules" rel="tag"&gt;centre Jules&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;ni&#232;me &#233;pisode de la grande chasse aux migrants qui tient lieu de sport national en Europe, l'op&#233;ration de d&#233;mant&#232;lement de la dite &#171; Jungle &#187; de Calais est d&#233;sormais quasiment termin&#233;e. Un nouveau coup dur pour les milliers de migrants qui y (sur)vivaient dans des conditions terribles. Philippe Wannesson, habitant de la ville et tenancier de l'excellent blog Passeurs d'hospitalit&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Passeursdhospitalites.wordpress.com&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, revient ici sur l'histoire complexe de ce bidonville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2914 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH435/-1158-904b2.jpg?1782683560' width='400' height='435' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a destruction du plus grand bidonville de France vient de se terminer. Plus de 10 000 personnes habitaient en septembre 2016 ce site complexe, comprenant &#224; la fois le bidonville et des structures mises en place par l'&#201;tat. C'est le r&#233;sultat de la volont&#233; des autorit&#233;s de concentrer les exil&#233;-e-s pr&#233;sent-e-s dans le Calaisis dans un seul lieu, pour les &#233;loigner de la ville et mieux les contr&#244;ler. Une partie des associations humanitaires ont particip&#233; au transfert des personnes sur le site et &#224; une forme de cogestion parfois conflictuelle de celui-ci avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un infl&#233;chissement de la politique de l'&#201;tat&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt; la fermeture en 2002 du Centre d'h&#233;bergement de Sangatte, mis en place en 1999 par l'&#201;tat, les exil&#233;-e-s n'ont plus eu de lieu o&#249; rester, et ils et elles ont &#233;t&#233; chass&#233;-e-s d'endroit en endroit dans une politique sans fin de d&#233;guerpissement. Le changement de majorit&#233; en 2012 n'a rien modifi&#233; de la situation sur le terrain. Mais &#224; la mi-2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Int&#233;rieur, vient &#224; Calais et semble vouloir imprimer sa marque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De fait, &lt;/strong&gt;au tournant de 2013 et 2014 des r&#233;unions ont lieu entre les services de l'&#201;tat et les associations de soutien aux exil&#233;-e-s, qui semblent pr&#233;sager des am&#233;liorations des conditions de vie. La pr&#233;fecture choisit de ne pas expulser un squat ouvert par des militant- e-s du mouvement No Border, mais de confier la gestion du lieu &#224; une association d'insertion. C'est ce qui deviendra le lieu de mise &#224; l'abri des femmes et enfants du centre Jules Ferry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les expulsions &lt;/strong&gt;reprennent brutalement le 28 mai 2014. Les exil&#233;-e-s r&#233;pliquent en occupant le lieu am&#233;nag&#233; pour la distribution des repas, &#233;vacu&#233; le 2 juillet. L&#224;, ce sont les associations qui se mobilisent et ouvrent &#224; la fin d'une manifestation un grand squat en centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est probable &lt;/strong&gt;que c'est &#224; partir de ce moment que l'&#201;tat s'est pos&#233; la question de comment obtenir le consentement des associations. Il devait aussi trouver une r&#233;ponse &#224; l'augmentation d&#233;j&#224; sensible du nombre d'exil&#233;-e-s pr&#233;sent-e-s &#224; Calais. Une demande des associations &#233;tait d'obtenir un terrain d'o&#249; les exil&#233;-e-s ne serait plus expuls&#233;-e-s, base pour une am&#233;lioration des conditions de vie. La mairie de Calais voulait par ailleurs leur disparition du centre-ville. Un compromis est donc trouv&#233; pour regrouper les exil&#233;-e-s &#224; proximit&#233; d'un ancien centre de loisir, o&#249; seraient regroup&#233;s et financ&#233;s diff&#233;rents services (douches, repas, acc&#232;s aux soins et &#224; l'information) et le lieu de mise &#224; l'abri des femmes et des enfants. Si la police suffit pour expulser, les associations sont n&#233;cessaires pour regrouper les exil&#233;-e-s au m&#234;me endroit. Leur consentement est obtenu en leur disant que les exil&#233;-e-s seront &#171; tol&#233;r&#233;-e-s &#187; sur ce terrain, ce qu'elles interpr&#232;tent comme &#171; ne seront pas expuls&#233;-e-s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une politique de mise &#224; l'&#233;cart&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;loignement&lt;/strong&gt; des exil&#233;-e-s du centre-ville de Calais est une volont&#233; de la maire de Calais, qui menait d&#233;j&#224; une politique active de mise &#224; l'&#233;cart dans l'espace urbain. Cela s'est traduit par une impossibilit&#233; de disposer de salles municipales pour des activit&#233;s de solidarit&#233; avec les exil&#233;-e-s, un appel &#224; la d&#233;lation des squats, un arr&#234;t&#233; interdisant la tenue d'un festival interculturel, une interdiction d'acc&#232;s aux terrains de football municipaux (automne 2013), le changement du r&#232;glement int&#233;rieur de la m&#233;diath&#232;que (automne 2014) puis d'une piscine (printemps 2015), pour interdire de fait l'acc&#232;s aux exil&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En amont &lt;/strong&gt;de leur mise &#224; l'&#233;cart sur le site du bidonville au printemps 2015, alors que se multiplient les groupes d'extr&#234;me droite se revendiquant &#171; anti-migrants &#187;, une manifestation &#224; l'initiative du syndicat Unit&#233; SGP Police Force ouvri&#232;re rassemble diff&#233;rents acteurs sociaux et &#233;conomiques (commer&#231;ants, chasseurs, agriculteurs&#8230;) Le tract d'appel pr&#233;sente les &#171; migrants &#187; comme un danger pour l'&#233;conomie calaisienne, et appelle la population &#224; se mobiliser. Le &#171; ras-le-bol &#187; des Calaisien-ne-s devient un sujet m&#233;diatique, et pr&#233;pare les esprits &#224; la mise &#224; l'&#233;cart &#8211; qui devient comme une &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du bidonville au camp-bidonville&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terrain&lt;/strong&gt; vers lequel les exil&#233;-e-s sont emmen&#233;- e-s par les associations est pour moiti&#233; une ancienne d&#233;charge de gravas, pour l'autre une &#233;tendue sableuse, buisonneuse et mar&#233;cageuse. Le seul point d'eau se trouve &#224; l'entr&#233;e du centre Jules Ferry, &#224; plusieurs centaines de m&#232;tres de l&#224;. Le magasin le plus proche se trouve &#224; 3/4 d'heure de marche. Ce sont quelque mille cinq cents personnes qui s'installent l&#224; entre la fin du mois de mars et le d&#233;but du mois d'avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s rapidement, &lt;/strong&gt;la municipalit&#233; &#233;rige une butte de terre &#224; l'est du bidonville en construction, pour rassurer les riverains. Quelques semaines plus tard, l'&#201;tat &#233;rige une double barri&#232;re coiff&#233;e de barbel&#233;s &#224; l'ouest, le long de la rocade qui conduit au port &#8211; les exil&#233;-e-s ont en effet &#233;t&#233; install&#233;- e-s &#224; proximit&#233; d'un des principaux lieux de passage vers le Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'installation &lt;/strong&gt;des exil&#233;-e-s se fait avec une importante implication associative, jamais connue dans les lieux qui avaient exist&#233; auparavant. Construction de cabanes, mais aussi d'une &#233;glise et de mosqu&#233;es, d'&#233;coles et d'autres lieux collectifs. Tr&#232;s vite se cr&#233;ent aussi des magasins, puis des restaurants. Il en existait d&#233;j&#224; dans certains des campements pr&#233;c&#233;dents, les plus &#233;loign&#233;s de la ville, mais l&#224; l'isolement et la croissance de la population entra&#238;nent leur multiplication rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais la croissance &lt;/strong&gt;de la population du bidonville d&#233;passe vite les capacit&#233;s de r&#233;ponse des associations locales, les services propos&#233;s au centre Jules Ferry &#233;tant de leur c&#244;t&#233; sous-dimensionn&#233;s. Des ONG internationales interviennent d&#232;s l'&#233;t&#233; 2015. Puis vient la m&#233;diatisation de la situation, &#233;galement pendant l'&#233;t&#233;, qui entra&#238;ne l'arriv&#233;e en nombre de volontaires principalement britanniques, mais aussi d'autres pays europ&#233;ens. Peu &#224; peu leur activit&#233; s'organise. &#192; l'aide humanitaire s'ajoute la cr&#233;ation de nouveaux lieux collectifs dans le bidonville (&#233;coles, biblioth&#232;que, th&#233;&#226;tre, centres pour les femmes et les enfants, pour les jeunes, radio&#8230;) Le bidonville devient aussi &#171; &lt;i&gt;the place to be &#187;&lt;/i&gt;, que l'on vient d&#233;couvrir et o&#249; l'on se montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec l'&#233;vacuation &lt;/strong&gt;des derniers campements qui subsistaient au centre de Calais fin septembre 2015, les autorit&#233;s mettent en place une pr&#233;sence polici&#232;re de plus en plus importante et visible autour du bidonville. On passe d'une politique d'expulsion d'un lieu &#224; un autre &#8211; instaur&#233;e depuis la fermeture de Sangatte &#8211; &#224; une politique d'expulsion sur place par la destruction de plusieurs zones du bidonville. Ces destructions r&#233;pondent &#224; une logique de contr&#244;le et de pression pour contenir le nombre d'habitant-e-s. Depuis fin septembre 2015, elles affectent une partie du bidonville qui s'&#233;tend sous la rocade portuaire. Un camp de containers financ&#233; par l'&#201;tat est construit d&#232;s novembre sur une nouvelle surface. En janvier 2016, c'est au tour d'une bande de 100 m&#232;tres le long de la rocade portuaire et d'une rue adjacente d'&#234;tre accapar&#233;e. En mars, enfin, c'est toute la moiti&#233; sud du bidonville qui est concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En novembre 2015, &lt;/strong&gt;l'&#201;tat est condamn&#233; &#224; r&#233;aliser un minimum d'am&#233;nagements pour rendre les conditions de vie moins indignes. Il missionne une ONG internationale, Acted, pour r&#233;aliser les travaux. Mais Acted assure aussi le r&#244;le de coordination des diff&#233;rents acteurs associatifs et d'animation d'un conseil de repr&#233;sentants communautaires en interface avec la pr&#233;fecture et la police. &#192; partir de mai 2016, la pr&#233;fecture interdit l'entr&#233;e de mat&#233;riaux de construction sur le site dont les acc&#232;s sont contr&#244;l&#233;s par la police, ce qui oblige les associations &#224; n&#233;gocier &#224; chaque fois qu'elles veulent r&#233;aliser une nouvelle construction. On est pass&#233; en quelques mois d'un bidonville autoconstruit par les habitant-e-s et les associatifs &#224; un site composite : d'un c&#244;t&#233; le centre Jules Ferry (400 places), et le camp de containers (1 500 places), tous deux financ&#233;s par l'&#201;tat et g&#233;r&#233;s par une association missionn&#233;e par celui-ci, et de l'autre c&#244;t&#233;, un bidonville cog&#233;r&#233; par l'&#201;tat et une autre association &#233;galement missionn&#233;e par lui.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Wannesson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://passeursdhospitalites.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Passeursdhospitalites.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bus du bocage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-bus-du-bocage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-bus-du-bocage</guid>
		<dc:date>2019-10-08T05:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Lemaire</dc:subject>
		<dc:subject>Banque mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>c'est beau</dc:subject>
		<dc:subject>chorale</dc:subject>
		<dc:subject>sacs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** Parfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bruno-Lemaire" rel="tag"&gt;Bruno Lemaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Banque-mondiale" rel="tag"&gt;Banque mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-beau" rel="tag"&gt;c'est beau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chorale" rel="tag"&gt;chorale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sacs" rel="tag"&gt;sacs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;arfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : protester contre un a&#233;roport en y allant en bus. L'a&#233;roport, c'est celui de Notre- Dame-des-Landes. Le bus celui de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne du Var : les p&#233;quenots qui ont rat&#233; leur entr&#233;e dans le march&#233; commun. La proposition : 26 heures aller-retour au lieu de trois en avion. 100 euros en car, 70 en avion. Va comprendre. C'est une des curiosit&#233;s de l'&#233;conomie circulaire. Enfin pas question de renier ma foi &#233;colo. Donc, nous voil&#224; une trentaine &#224; embarquer dans un bus &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s vite&lt;/strong&gt;, je comprends que l'autocar est rempli de contestataires endurcis. L'un d'eux, paysan, est d&#233;j&#224; mont&#233; dans le bocage avant 2012 et la fameuse op&#233;ration foireuse C&#233;sar, un autre r&#233;colte du miel et le reste m'est avis que ce sont des fonctionnaires en RTT. Tu vois le topo. Sweats noirs ou cheveux longs avec des tongs, sacs &#224; dos, b&#226;tons sculpt&#233;s, moustaches, pour le portrait. Il y a m&#234;me une tribu d'&#233;leveurs de brebis, avec des sacs de nourriture pour ravitailler le car. Des fois, tu vois, qu'on ne puisse pas s'arr&#234;ter sur une aire d'autoroute. De toute fa&#231;on, ils sont contre. D'embl&#233;e le chauffeur, un &#171; ca'marade esploit&#233; &#8216;videment &#187; nous pr&#233;vient : il n'ouvrira pas les toilettes du bus. Sauf en cas d'absolue n&#233;cessit&#233;. Genre : t'as d&#233;j&#224; vomi o&#249; tu te fais pipi dessus. Consternation... &#199;a va &#234;tre coton de lansquiner entre les deux fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chorale&lt;/strong&gt; commence &#224; chanter et &#224; &#233;cluser des bi&#232;res. Pourtant, c'est pas un d&#233;placement de l'OM ! Si l'ambiance monte en temp&#233;rature rapidement, le thermom&#232;tre, lui, descend au niveau des pingouins. On arrive dans la Loire. Donc au pays des corbeaux. C'est le point critique. Je l'avais dit, faut pas d&#233;passer Avignon dans le Nord. L&#224;, on d&#233;passe les bornes, on arrive vers Givors : la grande vall&#233;e glaciale. On mange sur un parking d'une station ferm&#233;e et pis on repart en changeant de chauffeur sauf qu'on a perdu Robert, un vieux militant du Luberon. On le retrouve au fond du bus. Pas pour longtemps. Il empoigne le micro pour nous causer Tafta, Ceta et pourquoi pas Pastaga, l'accord de libre-&#233;change entre Ricard et la Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#224;-dessus&lt;/strong&gt; tout le monde se croit autoris&#233; &#224; venir vendre sa soupe d'ortie militante. Fran&#231;oise distribue des tracts sur la vraie raison pour laquelle l'&#201;tat veut &#233;vacuer Notre-Dame-des- Landes. La chorale s'&#233;poumone en chantant &#171; La Ciotat &#187; de Moussu T. Du p&#226;t&#233; v&#233;g&#233;tal circule. Une bouteille de rhum est siphonn&#233;e en deux minutes. &#199;a sent la rillette et le camembert. Tout baigne. D&#232;s qu'on approche d'un p&#233;age, &#231;a chante &#171; Vinci Pourri &#187;. On a ainsi droit aux sempiternels appels &#224; manifester tous les week-ends d'octobre. Si tu comptais te reposer &#224; Ikea, dimanche, c'est rat&#233; ! J'attends plus qu'un sermon sur les compteurs Linky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; c&#244;t&#233; de moi&lt;/strong&gt;, pas de bol, deux lectrices de &lt;i&gt;La D&#233;croissance &lt;/i&gt;se sont install&#233;es. Je suis cern&#233;. Je vais devoir faire p&#233;nitence parce que j'ai un smartphone. Et avoir droit au chapitre sur le nucl&#233;aire, les voitures polluantes et Piolle, le maire de Grenoble. Et tiens, &#231;a y est, elles me sortent &lt;i&gt;Le Postillon &lt;/i&gt; ! Le canard de chez eux alors que je m'&#233;vertue &#224; leur refiler &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; ! &#192; c&#244;t&#233;, pour parachever le tableau il y a Luc, paysan en brebis habill&#233; comme en 68, donc en brebis, et son pote qui se trimballe avec sa caisse de pommes. Il y a m&#234;me une jeune psychologue qui a une devise : &#234;tre heureuse. &#171; &lt;i&gt;Un peu en touriste &#187;&lt;/i&gt; &#224; Roybon. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais m&#234;me &#224; Sivens quand ils ont tu&#233; R&#233;mi Fraisse. &#187;&lt;/i&gt; Ben tiens&#8230; c'est beau l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le matin, le bus &lt;/strong&gt;atterrit &#224; Notre- Dame-des-Landes o&#249; un guide, de gilet fluo v&#234;tu, nous donne notre num&#233;ro de bus : ce sera le 9. Retenez bien : le 9. C'est raide &#224; retenir. On fait un effort. &#199;a proteste un peu dans le fond. &#171; &lt;i&gt;T'es qui toi ? &#187;&lt;/i&gt; Puis finalement il annonce : Non ! vous &#234;tes le bus 8. Nous, on est tout chamboul&#233;s. Il nous conduit jusqu'aux Ardilli&#232;res o&#249; nous d&#233;chargeons nos sacs &#224; dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette campagne &lt;/strong&gt;ch&#233;rie, c'est beau, pas trop mouill&#233; et plein de tentes. On se met en ordre de marche vers la Vache-rit. Je me jette au sol et me prosterne. Enfin arriv&#233; &#224; La Mecque. La gr&#226;ce me tombe du ciel, s'il n'y avait cette chorale qui chante &#224; tue-t&#234;te. Personne ne proteste &#224; cause de la non-violence qui pr&#233;vaut ici. Une bonne soupe, un caf&#233; offert par l'Acipa&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et on s'aper&#231;oit que tout le monde a bien son b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a grossit&lt;/strong&gt; de partout comme un fleuve irrigu&#233; par des ruisseaux. La balade se poursuit vers le Q de plomb. Il y a un chat qui joue avec un talkie- walkie. On lit des banderoles m&#233;chantes et on voit des cagoules dans les chemins, &#231;a a son petit effet. &#171; Ni expulsions ici, ni &#224; Calais. &#187; Y a un a&#233;roport &#224; Calais ? On nous vend des sandwichs. La chorale d&#233;bouche du muscadet et chante tout son so&#251;l. Le flot est continu. De partout arrivent des manifestants. &#192; Bellevue, des chapiteaux g&#233;ants sont dress&#233;s. La Plaine comme dans les Far West s'&#233;tend &#224; l'infini. On y ach&#232;terait un pavillon mais pas ici : trop d'avions et surtout trop de zadistes. Des ennemis de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; ce que j'ai compris dans leur brochure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D'une gargotte ath&#233;nienne</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/D-une-gargotte-athenienne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/D-une-gargotte-athenienne</guid>
		<dc:date>2019-08-15T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Un ex-tavernier</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>fils</dc:subject>
		<dc:subject>taverne</dc:subject>
		<dc:subject>vin</dc:subject>
		<dc:subject>nomm&#233; Petros</dc:subject>
		<dc:subject>Gazi</dc:subject>
		<dc:subject>am&#233;ricain Frommer</dc:subject>
		<dc:subject>taverne ath&#233;nienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Longtemps, Babis alias &#171; Kostas &#187;, a tenu une taverne souterraine dans le quartier de Gazi &#224; Ath&#232;nes. Il &#233;voque ici ce lieu qui &#171; r&#233;alisait la fusion entre le pass&#233; et le pr&#233;sent &#187;. La parole est &#224; l'ex-tavernier. Dans le tr&#232;s renomm&#233; guide touristique am&#233;ricain Frommer's, un fils d'immigr&#233;s grecs nomm&#233; Petros a voulu d&#233;crire l'originalit&#233; de cette taverne ath&#233;nienne dont je voudrais faire ici l'&#233;loge&#8230; par d&#233;tours, para&#238;t-il : &#171; Le secret le mieux gard&#233; d'Ath&#232;nes. Quand mon grand-p&#232;re m'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fils" rel="tag"&gt;fils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taverne" rel="tag"&gt;taverne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vin" rel="tag"&gt;vin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nomme-Petros" rel="tag"&gt;nomm&#233; Petros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gazi" rel="tag"&gt;Gazi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/americain-Frommer" rel="tag"&gt;am&#233;ricain Frommer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taverne-athenienne" rel="tag"&gt;taverne ath&#233;nienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps, Babis alias &#171; Kostas &#187;, a tenu une taverne souterraine dans le quartier de Gazi &#224; Ath&#232;nes. Il &#233;voque ici ce lieu qui &lt;i&gt;&#171; r&#233;alisait la fusion entre le pass&#233; et le pr&#233;sent &#187;&lt;/i&gt;. La parole est &#224; l'ex-tavernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le tr&#232;s renomm&#233; guide touristique am&#233;ricain &lt;i&gt;Frommer's&lt;/i&gt;, un fils d'immigr&#233;s grecs nomm&#233; Petros a voulu d&#233;crire l'originalit&#233; de cette taverne ath&#233;nienne dont je voudrais faire ici l'&#233;loge&#8230; par d&#233;tours, para&#238;t-il : &lt;i&gt;&#171; Le secret le mieux gard&#233; d'Ath&#232;nes. Quand mon grand-p&#232;re m'a parl&#233; de cette petite taverne souterraine &#224; Gazi, ce devait &#234;tre en 1985 ou en 1986, quelques ann&#233;es apr&#232;s la fermeture de la polluante usine &#224; gaz, &#233;v&#233;nement qui a entra&#238;n&#233; Gazi et les quartiers environnants dans un d&#233;labrement consid&#233;rable. Lui et ses amis y venaient pendant la guerre, &#224; l'abri des bombardements, se r&#233;galer de plats chauds et de vin au tonneau. C'&#233;tait au d&#233;but de l'occupation nazie et avant la famine. Dans leurs patrouilles nocturnes, les nazis n'arrivaient m&#234;me pas &#224; trouver l'endroit, malgr&#233; les nombreuses fois o&#249; le reb&#233;tiko y r&#233;sonnait fort. Mon grand-p&#232;re n'a jamais cherch&#233; &#224; retrouver la taverne apr&#232;s la guerre. Je pense qu'il ne se doutait pas qu'elle &#233;tait toujours l&#224;. Alors, imaginez ma surprise&#8230; Il n'y a pas de nom, num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, pas de r&#233;servations et les cartes de cr&#233;dit ne sont pas accept&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je m'appelle Babis. &lt;/strong&gt;Mais aussi &#171; Kostas &#187;, nom emprunt&#233; au d&#233;tour d'un entretien autour de la r&#233;volte de d&#233;cembre 2008 avec un ancien de &lt;i&gt;CQFD, &lt;/i&gt;qui lui aussi dans un pass&#233; lointain a appr&#233;ci&#233; le vin du tonneau de ce refuge souterrain : &lt;i&gt;&#171; Quelle joie de rencontrer mes clients dans la rue, ivres de cette ambiance rebelle, hilares face au spectacle ridicule, &#224; mourir de rire, d'un arbre de No&#235;l plant&#233; par la mairie devant le Parlement, br&#251;l&#233; par les manifestants et le lendemain de nouveau plant&#233; et d&#233;cor&#233;, encercl&#233; et gard&#233; par les forces anti-&#233;meutes ! &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CQFD n&#176; 63, janvier 2009.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En janvier 2009&lt;/strong&gt;, pouss&#233;s par le vent fort de d&#233;cembre, quelques &#171; erroristes &#187;, proches de &lt;i&gt;CQFD, &lt;/i&gt;s'&#233;taient retrouv&#233;s devant notre humble local. Descendant trois m&#232;tres plus bas que le niveau de la rue, ils ne s'attendaient pas &#224; ce que quelqu'un l&#224;-dessous parle fran&#231;ais&#8230; Et apr&#232;s manger, apr&#232;s boire, apr&#232;s l'addition&#8230; enfin, ils eurent quelques explications : &lt;i&gt;&#171; Mais, cet article on l'a lu, alors c'est toi, Kostas ? &#187; &#171; Oui, c'est moi, Babis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la taverne, &lt;/strong&gt;il y a toujours Alexandra. Elle continue &#224; mettre sur le feu les casseroles pour nos clients et &#224; r&#233;chauffer leurs c&#339;urs avec son chant. Si par chance vous l'aviez entendue chanter du reb&#233;tiko en juillet 1999 &#224; Port-de-Bouc, vous ne l'auriez pas oubli&#233;e. Invit&#233;e &#224; Marseille &#8211; gr&#226;ce &#224; un vieil ami, fils authentique de cette ville phoc&#233;enne et grand amateur de notre taverne &#8211; avec une bande d'excellents musiciens, elle a apport&#233; sa contribution pour renouer les fils entre deux villes &#171; universelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Dis donc Kharon, quelle joie aurais-je dans tes t&#233;n&#232;bres ? &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les tavernes&lt;/strong&gt; on parle souvent des destin&#233;es. Un dialogue po&#233;tique dans une chanson traditionnelle suivi d'un fait auquel on accorde une signification li&#233;e &#224; une sorte de v&#233;rit&#233; incluse dans l'image po&#233;tique, suffit &#224; se r&#233;clamer du destin. L&#224; o&#249; le vieux f&#234;tard se r&#233;jouissait au milieu d'une joyeuse bande de musiciens &#233;pirotes aux clarinettes, en dansant avec un verre de vin sur sa t&#234;te aux cheveux blancs, il a re&#231;u le coup. Le fil de sa vie a &#233;t&#233; coup&#233;. Son c&#339;ur a craqu&#233;, le verre non ! Sa fille se jeta sur son corps effondr&#233;, en larmes et en criant : &lt;i&gt;&#171; Mon amour, mon c&#339;ur ! &#187; &lt;/i&gt;Tout autour, nous, une cinquantaine de personnes, le choros antique. On a murmur&#233; : &lt;i&gt;&#171; Une mort heureuse. &#187;&lt;/i&gt; J'ai vers&#233; du vin rouge sur le plancher. Quelques heures plus tard, une autre joyeuse bande mangeait, buvait et faisait r&#233;sonner le bouzouki : &lt;i&gt;&#171; Pente ellines ston Adi. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinq Grecs chez Had&#232;s, chant reb&#233;tiko.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Sans s'apercevoir de son &#171; d&#233;part &#187;. Sans l'avoir jamais connu. Je l'ai ressenti comme un hommage pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec une vie pass&#233;e &lt;/strong&gt;&#224; la taverne, tout peut arriver ! Le vieil ami, sorti d'une prison fran&#231;aise et arriv&#233; dans la nuit pour &#234;tre accueilli comme un fr&#232;re ; un cur&#233; en noir jouant du violon &#224; c&#244;t&#233; de joueurs de bouzouki demi-nus, bourr&#233;s au vin ; quelques coups de poing ; de longues, tr&#232;s longues discussions ; superbes danses de femmes ; le flic, joueur de bouzouki et danseur habile de zeibekiko ; l'aventurier, immigr&#233; depuis des ann&#233;es en Allemagne et aux &#201;tats-Unis pour tout gagner et tout perdre ; des charognes de d&#233;put&#233;s ; des prolos fiers d'eux-m&#234;mes ; des r&#234;ves exalt&#233;s &#8211; &#171; &lt;i&gt;mariage avec une princesse marocaine poss&#233;dant 15 wagons pleins de livres sterling, des tonnes de coca&#239;ne et 500 dervishes qui pr&#233;parent les narguil&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ; des amours &#233;ph&#233;m&#232;res ; des crises diverses ; Th&#233;o, l'ami, acteur, serveur, avec son humour vitriolesque, qui r&#233;cite des po&#232;mes ; Ilias, musicien gr&#233;co-albanais, capable de ressusciter des morts en frappant son tambourin ; des Grecs musulmans du quartier d&#233;vorant le d&#233;licieux tas-kebab ; des clochards assoiff&#233;s de vin ; des r&#233;volutionnaires, h&#233;las, futurs d&#233;tenus ; ce couple venu du Chili &#224; l'aide du guide am&#233;ricain ; moi, descendant &#224; l'a&#233;roport de Londres pour entendre derri&#232;re moi une voix f&#233;minine, en grec : &lt;i&gt;&#171; Toi, ici ?! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne suis plus l&#224;, &lt;/strong&gt;&#224; la taverne. Je viens de prendre un autre chemin. Pourtant, parfois, j'y vais comme client. Alors, vous me suivez ? Sur la place Omonia, allez chercher un gros mec, brun, moustachu, grec musulman, assis sur un petit tabouret, &#224; l'abri du soleil et de la pluie, cireur de chaussures. Lui, il nous conna&#238;t. Au temps jadis, il habitait le quartier de Gazi. Il vous indiquera le chemin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un ex-tavernier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 63, janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cinq Grecs chez Had&#232;s&lt;/i&gt;, chant reb&#233;tiko.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ils ont des pilotis et la gorge eau de vie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ils-ont-des-pilotis-et-la-gorge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ils-ont-des-pilotis-et-la-gorge</guid>
		<dc:date>2019-08-09T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>usine</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Table</dc:subject>
		<dc:subject>Blek Panters</dc:subject>
		<dc:subject>Blek</dc:subject>
		<dc:subject>Panters</dc:subject>
		<dc:subject>Panters devait</dc:subject>
		<dc:subject>Serbie</dc:subject>
		<dc:subject>tables</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2006. De Belgrade (Serbie), le taxi nous d&#233;pose au milieu d'une route dans un cul-de-sac. Ambiance gris-bitume, arri&#232;re-ville, no man's land, vieille usine. Le gars nous indique que l'on doit traverser le vieux b&#226;timent en face. Une fois sur la berge de la Sava, l'affluent du Danube, le Blek Panters devait &#234;tre par l&#224;. Le Blek Panters, avec son orchestre du m&#234;me nom, c'est Le Kafana, bar-auberge tenu par des tsiganes, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 alors que commence &#224; s&#233;vir l'embargo. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/usine" rel="tag"&gt;usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Table" rel="tag"&gt;Table&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blek-Panters" rel="tag"&gt;Blek Panters&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Blek" rel="tag"&gt;Blek&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Panters" rel="tag"&gt;Panters&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Panters-devait" rel="tag"&gt;Panters devait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serbie" rel="tag"&gt;Serbie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tables" rel="tag"&gt;tables&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;o&#251;t 2006. De Belgrade (Serbie), le taxi nous d&#233;pose au milieu d'une route dans un cul-de-sac. Ambiance gris-bitume, arri&#232;re-ville, &lt;i&gt;no man's land, &lt;/i&gt;vieille usine. Le gars nous indique que l'on doit traverser le vieux b&#226;timent en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois sur la berge&lt;/strong&gt; de la Sava, l'affluent du Danube, &lt;i&gt;le Blek Panters &lt;/i&gt;devait &#234;tre par l&#224;. &lt;i&gt;Le Blek Panters, &lt;/i&gt;avec son orchestre du m&#234;me nom, c'est &lt;i&gt;Le Kafana, &lt;/i&gt;bar-auberge tenu par des tsiganes, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 alors que commence &#224; s&#233;vir l'embargo. On a pass&#233; l'ancienne usine, enfourch&#233; les mauvaises herbes, ils &#233;taient l&#224; : des dizaines de pontons qui tra&#231;aient un chemin sur l'eau vers des baraques en bois nomm&#233;es &lt;i&gt;&#171; splav &#187;. Un &lt;/i&gt;premier, un second. On entend la musique qui nous appelle, on s'approche. On y est comme dans les films de Kusturica. &#192; ce moment-l&#224;, c'est la seule r&#233;f&#233;rence disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le radeau est tout petit&lt;/strong&gt;. Blind&#233; de monde. Au mur des photos de f&#234;tes. Une dizaine de tables. Au fond, une terrasse sur pilotis. &#231;a mange par endroit des assiettes grasses de &lt;i&gt;pljeskavitsa &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gros steak tr&#232;s gras.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Accueillis g&#233;n&#233;reusement par les tenanciers, sans complexe on s'installe. Des musiciens, machines &#224; &#233;motions qui savent quoi jouer pour toucher le public, ouvre la party. Ils passent de table en table toute la soir&#233;e. D'autres arrivent dans la nuit. Ils jouent des airs &#224; la demande du client moyennant bakchich. Le client devient la star. L'orchestre juke-box peut tout jouer. Les &lt;i&gt;pesme &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chansons.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sont connues par tout le monde. &#224; la table, &#231;a chante plus fort que le chanteur et les billets fusent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En pleine nuit&lt;/strong&gt; le bar est plein, la musique ne s'arr&#234;te jamais, les corps se serrent et se tr&#233;moussent &#224; c&#244;t&#233; et sur les tables. La &lt;i&gt;slivovitsa &lt;/i&gt;et la sueur embaument le bois. On vient de France, on conna&#238;t les chansons, ils sont touch&#233;s. L'eau de vie te tombe dans la bouche. Nous sommes l'eau-de-vie. La folie commence &#224; monter. Il n'y a plus d'horaire. On a l'impression de tous se conna&#238;tre et d'&#234;tre dans un vieux chalet de famille en dehors de tout. Impossible de se souvenir comment on est reparti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gros steak tr&#232;s gras.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chansons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vivre te soit bonheur !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Vivre-te-soit-bonheur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Vivre-te-soit-bonheur</guid>
		<dc:date>2019-08-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>Serge</dc:subject>
		<dc:subject>Serge Latouche</dc:subject>
		<dc:subject>Faire pi&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>livres r&#233;cents</dc:subject>
		<dc:subject>l'id&#233;ologie mortif&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>l'objectif jojo</dc:subject>
		<dc:subject>c'est l'objectif</dc:subject>
		<dc:subject>professeur Latouche</dc:subject>
		<dc:subject>Latouche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Faire pi&#232;ce &#224; l'id&#233;ologie mortif&#232;re qui gouverne le monde &#187;, selon la formule de Serge Latouche, c'est l'objectif jojo de quelques livres r&#233;cents. &#192; commencer par l'anthologie roborante du professeur Latouche dont on a d&#233;j&#224; pas mal caus&#233; dans les m&#233;dias alternatifs. Mais ce qui n'a gu&#232;re &#233;t&#233; soulign&#233; &#224; son propos, c'est qu'&#224; c&#244;t&#233; des utopistes attendus (les Fourier, les Bookchin, les Debord, les Giono, les Kropotkine&#8230;) ou des visionnaires renomm&#233;s (Bataille, Tagore, Baudrillard, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge" rel="tag"&gt;Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Serge-Latouche" rel="tag"&gt;Serge Latouche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Faire-piece" rel="tag"&gt;Faire pi&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/livres-recents" rel="tag"&gt;livres r&#233;cents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ideologie-mortifere" rel="tag"&gt;l'id&#233;ologie mortif&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-objectif-jojo" rel="tag"&gt;l'objectif jojo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-l-objectif" rel="tag"&gt;c'est l'objectif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/professeur-Latouche" rel="tag"&gt;professeur Latouche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Latouche" rel="tag"&gt;Latouche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH219/-1161-04134.jpg?1782642447' width='180' height='219' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; F&lt;/span&gt;&lt;i&gt;aire pi&#232;ce &#224; l'id&#233;ologie mortif&#232;re qui gouverne le monde &#187;&lt;/i&gt;, selon la formule de Serge Latouche, c'est l'objectif jojo de quelques livres r&#233;cents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; commencer &lt;/strong&gt;par l'anthologie roborante du professeur Latouche dont on a d&#233;j&#224; pas mal caus&#233; dans les m&#233;dias alternatifs. Mais ce qui n'a gu&#232;re &#233;t&#233; soulign&#233; &#224; son propos, c'est qu'&#224; c&#244;t&#233; des utopistes attendus (les Fourier, les Bookchin, les Debord, les Giono, les Kropotkine&#8230;) ou des visionnaires renomm&#233;s (Bataille, Tagore, Baudrillard, Pasolini, Bernanos ou la truculente Fran&#231;oise d'Eaubonne) qu'on y retrouve tout naturellement, le floril&#232;ge des &#233;ditions Le Passager clandestin nous fait &#233;galement d&#233;couvrir quelques chevaucheurs de com&#232;tes compl&#232;tement inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'il s'agisse&lt;/strong&gt; du scientifique ukrainien Sergue&#239; Podolinsky (1850-1891) qui tenta vainement de sensibiliser &#224; la critique &#233;cologique Marx et Engels qui ne voyaient pas du tout comment int&#233;grer la nature (soit &#171; &lt;i&gt;une solidarit&#233; biologique &#187;&lt;/i&gt; r&#233;elle) &#171; &lt;i&gt;dans le dispositif marxiste fond&#233; sur la valeur-travail, base de la th&#233;orie de la plus-value &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou comme l'expert sovi&#233;tique&lt;/strong&gt; en &#233;conomie paysanne Alexander Chayanov qui fut fusill&#233; en 1937 par le NKVD pour avoir essay&#233; d'exp&#233;rimenter pendant la collectivisation stalinienne un v&#233;ritable socialisme agrarien ne recourant pas au salariat. Ou comme le philosophe norv&#233;gien Arne N&#230;ss (1912-2009), fer de lance de la Deep Ecology, qui consid&#233;rait sans rire qu'il &#233;tait temps de cr&#233;er de &#171; &lt;i&gt;nouveaux genres d'arbres capables de fleurir sous les pluies acides &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou comme&lt;/strong&gt; le docteur en th&#233;ologie espagnol Raimon Panikkar (1918-2010) en appelant &#224; une R&#233;publique universelle anthropocosmique sans gouvernement ni contr&#244;le ni police mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou encore&lt;/strong&gt; l'amusant pamphl&#233;taire iranien Majid Rahnema (1924-2015) expliquant youpitamment &#224; la La Bo&#233;tie pourquoi &#171; &lt;i&gt;tant de pauvres accul&#233;s &#224; la mis&#232;re revendiquent un droit &#224; ce qui les &#233;crase &#187;&lt;/i&gt;. C'est ce m&#234;me Rahnema obs&#233;d&#233; par les utopies concr&#232;tes qui met en avant un proverbe africain secouant : &#171; &lt;i&gt;Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse glorifieront toujours les chasseurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;&#233;dit&#233; &lt;/strong&gt;dans une nouvelle traduction tout &#224; fait au poil par les &#233;ditions Parenth&#232;ses, le classique de l'historien r&#233;fractaire US Lewis Mumford &lt;i&gt;Technique et civilisation &lt;/i&gt;(1934) reste une machine de guerre impitoyable (quoique quelquefois ambigu&#235;) contre le productivisme capitaliste, le complexe militaro-industriel, les gluants financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous le titre &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Vivre te soit bonheur !&lt;/i&gt;, dans la collection Folio Sagesses, v'l&#224; un extrait on ne peut plus jouissif des &lt;i&gt;Cent un quatrains de libre pens&#233;e &lt;/i&gt;d'Omar Khayy&#226;m (1048-1131) dans lequel le po&#232;te astronome persan se gaudit des asc&#233;tiques docteurs de l'Islam (&#171; &lt;i&gt;Jette par-dessus bord pri&#232;res et ramadan &#187;&lt;/i&gt;) avec son art d'&#234;tre paf explosant tabous et limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mieux vaut peut-&#234;tre&lt;/strong&gt; continuer &#224; se rincer la dalle pour se farcir la tr&#232;s tr&#232;s aust&#232;re histoire d&#233;taill&#233;e de &lt;i&gt;L'&#201;conomie sociale et solidaire &lt;/i&gt;(Points) par le chercheur au CNRSCnam Jean-Louis Laville qui ambitionne ici de nous aider &#224; nous &#171; &lt;i&gt;r&#233;approprier le patrimoine associationniste &#187;&lt;/i&gt;. &#192; boire, tenancier, c'est l'heure de recharger nos brouettes &#224; gueule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Compl&#232;tement de guinguois !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Completement-de-guinguois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Completement-de-guinguois</guid>
		<dc:date>2019-07-13T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;mile Progeault</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>caf&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>partis s'installer</dc:subject>
		<dc:subject>petite place</dc:subject>
		<dc:subject>place d&#233;sert&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Marcillac offre</dc:subject>
		<dc:subject>Guingois</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;unions politiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au milieu des collines et des vignes du nord de l'Aveyron, le centre de Marcillac offre une petite place d&#233;sert&#233;e par les caf&#233;s et commerces, partis s'installer le long de la route. Tous, sauf Le Guingois... Au milieu des collines et des vignes du nord de l'Aveyron, le centre de Marcillac offre une petite place d&#233;sert&#233;e par les caf&#233;s et commerces, partis s'installer le long de la route. Tous, sauf Le Guingois. Sous le grand tilleul qui tr&#244;ne face &#224; l'&#233;glise, derri&#232;re les volets rouill&#233;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cafe" rel="tag"&gt;caf&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/partis-s-installer" rel="tag"&gt;partis s'installer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petite-place" rel="tag"&gt;petite place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-desertee" rel="tag"&gt;place d&#233;sert&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marcillac-offre" rel="tag"&gt;Marcillac offre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guingois" rel="tag"&gt;Guingois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions-politiques" rel="tag"&gt;r&#233;unions politiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au milieu des collines et des vignes du nord de l'Aveyron, le centre de Marcillac offre une petite place d&#233;sert&#233;e par les caf&#233;s et commerces, partis s'installer le long de la route. Tous, sauf &lt;i&gt;Le Guingois&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u milieu des collines et des vignes du nord de l'Aveyron, le centre de Marcillac offre une petite place d&#233;sert&#233;e par les caf&#233;s et commerces, partis s'installer le long de la route. Tous, sauf &lt;i&gt;Le Guingois. &lt;/i&gt;Sous le grand tilleul qui tr&#244;ne face &#224; l'&#233;glise, derri&#232;re les volets rouill&#233;s et la porte d&#233;fra&#238;chie, une enseigne faite de tuyaux en PVC, de bouteilles de verre et de bouts de ficelle, annonce la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; qu'une bande d'allum&#233;s&lt;/strong&gt; ont install&#233; un caf&#233; associatif. Cette baraque de trois &#233;tages, remise &#224; neuf, abrite d&#233;sormais les r&#233;unions de ce vallon qui s'agite dans l'&#233;cologie politique, le soutien aux immigr&#233;s, la culture populaire, les luttes syndicales et les activit&#233;s associatives. Lieu convivial et base politique &#224; la fois. Des tabl&#233;es bruyantes lors des bouffes incontournables, chaque dimanche, pour un menu aux petits oignons, entr&#233;e-plat-dessert &#224; six euros s'il vous pla&#238;t. Des concert de punk, tzigane, fanfares et rock en tous genres &#224; prix libre. Des projections, des d&#233;bats, un atelier s&#233;rigraphie-photo &#224; l'&#233;tage. &#192; c&#244;t&#233; des r&#233;unions politiques de toutes sortes (ZAD, &#233;tat d'urgence, rencards d'avant manifs), se tiennent des &#171; ap&#233;ros nanas &#187; ou des r&#233;p&#233;titions de la chorale des Chaberts, le mardi, lorsque r&#233;sonne &lt;i&gt;&#171; La Libertat &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette auberge de travers&lt;/strong&gt; n'est pas simple &#224; d&#233;crire, et chacun aurait sa version perso, entre foyer autog&#233;r&#233; et caf&#233; culturel. L'&#233;quipe qui anime le lieu comme la fr&#233;quentation est de tous les &#226;ges et de tous horizons : soixante-huitards, nouveaux arrivants, punks, musicos, &#233;colos, anars, syndicalistes, n&#233;o et pas n&#233;o, artisans, salari&#233;s, ch&#244;meurs, paysans. Il y a de tout et c'est ce qu'on aime. Bien s&#251;r, toute une partie de la population locale ne vient jamais, bien s&#251;r, on a bataill&#233; avec des voisins. Une lettre anonyme, hilarante, sollicitait notre d&#233;m&#233;nagement dans une cabane au milieu des champs. Les gendarmes se sont point&#233;s, souvent, et la pr&#233;fecture s'y est mise, avec un courrier de pression envoy&#233;e &#224; la mairesse. La motivation aussi a eu des hauts et des bas, il a fallu battre le rappel de temps &#224; autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais, il y a l&#224; comme une p&#233;pite collective&lt;/strong&gt;, quelque chose &#224; d&#233;fendre, la croyance que ce &lt;i&gt;Guingois &lt;/i&gt;vivra, et longtemps. On go&#251;tera encore de nombreux repas en soutien &#224; M&#244;mes au chaud, qui h&#233;berge des sans-papiers, &#224; l'Amassada, qui lutte contre les &#233;oliennes industrielles, &#224; l'Empaill&#233; ou &#224; des projets collectifs. On sera &#224; nouveau attabl&#233;s, l'&#233;t&#233; en terrasse, l'hiver autour du po&#234;le, avec une part de tarte vegan et un pichet de marcillac, &#224; chanter la semaine sanglante. On esp&#232;re accueillir pour de nombreuses ann&#233;es &#171; Ocytocine &#187;, le festival f&#233;ministe qui remue le vallon. &lt;i&gt;L'Envol&#233;e, CQFD, Jeff Klak, La Brique &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Saxifrage &lt;/i&gt;tiendront toujours l'affiche de &#171; l'Infokiosque ambulant &#187;, qui n'a plus boug&#233; depuis un bail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme &lt;i&gt;Le Lieu-dit &lt;/i&gt;&#224; Saint-Affrique &lt;/strong&gt;dans le sud du d&#233;partement, ou &lt;i&gt;Les Hauts-Parleurs de l'ouest &lt;/i&gt;&#224; Villefranche-de-Rouergue, ces troquets de cambrousse sont devenus indispensables.. et incontournables. Car c'est l&#224; o&#249; on se rassemble, o&#249; on d&#233;bat, on coalise, on fomente. Autant de repaires qui servent de rep&#232;res o&#249; on se serre les coudes, o&#249; on cause coups de main et chantiers communs, bons plans en tous genres, o&#249; on imagine le prochain projet collectif, o&#249; on accueille les derniers apaches arriv&#233;s&#8230; Passez lever le coude avec nous pour f&#234;ter nos cinq ans, le chiotte fuit encore mais la bi&#232;re du &#171; Faucheur &#187; est toujours au frigo !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;mile Progeault&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;fi brestois : une rando de caract&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Defi-brestois-une-rando-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Defi-brestois-une-rando-de</guid>
		<dc:date>2019-06-15T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Dante</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Grand</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;quipes</dc:subject>
		<dc:subject>Brest</dc:subject>
		<dc:subject>Rando</dc:subject>
		<dc:subject>Rando bistrots</dc:subject>
		<dc:subject>p'tit</dc:subject>
		<dc:subject>caract&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>p'tits bars</dc:subject>
		<dc:subject>brestois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;cit d'une &#171; randonn&#233;e p&#233;destre brestoise, &#224; la d&#233;couverte d'un patrimoine limonadier de caract&#232;re &#187;. Une piste bretonne, en d'autres termes. Le Brest du d&#233;but des ann&#233;es 2000 poss&#233;dait plus de 370 d&#233;bits de boisson, ce qui maintenait encore bien vivant l'adage local pour une ann&#233;e brestoise &#171; 1 bar par jour ! &#187;. Depuis, en quinze ans, le constat est tout autre. L'inf&#226;mante &#171; requalification urbaine &#187; est pass&#233;e par l&#224;. Guerre ouverte contre la vie populaire avec son cort&#232;ge de fermetures (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grand" rel="tag"&gt;Grand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/equipes" rel="tag"&gt;&#233;quipes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brest" rel="tag"&gt;Brest&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rando" rel="tag"&gt;Rando&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rando-bistrots" rel="tag"&gt;Rando bistrots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/p-tit" rel="tag"&gt;p'tit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/caractere" rel="tag"&gt;caract&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/p-tits-bars" rel="tag"&gt;p'tits bars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/brestois" rel="tag"&gt;brestois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cit d'une &lt;i&gt;&#171; randonn&#233;e p&#233;destre brestoise, &#224; la d&#233;couverte d'un patrimoine limonadier de caract&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Une piste bretonne, en d'autres termes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e Brest du d&#233;but des ann&#233;es 2000 poss&#233;dait plus de 370 d&#233;bits de boisson, ce qui maintenait encore bien vivant l'adage local pour une ann&#233;e brestoise &lt;i&gt;&#171; 1 bar par jour ! &#187;&lt;/i&gt;. Depuis, en quinze ans, le constat est tout autre. L'inf&#226;mante &#171; requalification urbaine &#187; est pass&#233;e par l&#224;. Guerre ouverte contre la vie populaire avec son cort&#232;ge de fermetures successives de nombreux p'tits bouges de quartier, ceux que l'on affectionne particuli&#232;rement, les p'tits bars de jour, ambiance familiale aussi riche en solidarit&#233; qu'en figures locales, humour ravageur &#224; gorges d&#233;ploy&#233;es, incontournables lieux sociaux charg&#233;s de chaleur humaine. Plus que 143 bistrots &#224; Brest pour 2015 &lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nombre de bars par habitant et par commune en France, source Insee 2015. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;H&#233;catombe donc&lt;/strong&gt;, mais r&#233;sistance oblige ! Si la mairie organise en parall&#232;le une campagne de communication contre l'abus d'alcool si familier &#224; la cit&#233; du ponant &#8211; le &#171; D&#233;fi brestois &#187; et son slogan &#171; 3 jours sans ! &#187; &#8211;, cela n'aura pas emp&#234;ch&#233; pour autant plusieurs aficionados du comptoir de saisir la perche tendue pour en d&#233;tourner le sens : &lt;i&gt;&#171; Le D&#233;bit brestois, 362 jours &#224; bloc ! &#187; &lt;/i&gt;Ainsi, en 2012, aura jailli le d&#233;sir commun de faire revivre &#224; nouveau une entreprise r&#233;cr&#233;ative de la piste, la &#171; Rando bistrots &#187;, d&#233;j&#224; pratiqu&#233;e par certains durant les ann&#233;es 1990 sur Rennes, Paris ou Lille. Une d&#233;rive psycho-g&#233;ographique (autre terme &#171; savant &#187; pour qualifier la cuite) consistant &#224; parcourir une ville et ses &#171; grands ducs &#187; du matin jusqu'au soir en joyeuse bande assoiff&#233;e de spiritueux divers et vari&#233;s mais n&#233;anmoins attach&#233;e &#224; la volont&#233; irr&#233;ductible de sentir battre le c&#339;ur de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Randonn&#233;e p&#233;destre &lt;/strong&gt;brestoise, &#224; la d&#233;couverte d'un patrimoine limonadier de caract&#232;re. &#192; consommer sans mod&#233;ration ! &#187;, {{}}&lt;/i&gt;le ton &#233;tait ainsi donn&#233; sur la plaquette qui devait servir de feuille de route pour les &#233;quipes engag&#233;es dans cette olympiade &#233;thylique. 9 h du mat', le rendez-vous pris en terrasse du bar PMU de la place Gu&#233;rin, quartier Saint-Martin dont la r&#233;putation n'est plus &#224; faire en mati&#232;re d'agapes de comptoir. Suze, blanc et Picon bi&#232;re pour p'tit d&#233;j'. Des camarades fra&#238;chement arriv&#233;s des terres tr&#233;goroises se joignaient all&#232;grement aux autres complices brestoises et brestois, afin de participer au tirage au sort qui allait former les &#233;quipes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car ici&lt;/strong&gt;, pas question de routine coutumi&#232;re dans la tourn&#233;e des chapelles, le jeu portant particuli&#232;rement sur le d&#233;sir de susciter la rencontre au sens le plus large que puisse offrir cette excitante situation ludique. Trente individus d&#233;termin&#233;s, s'associant sous le coup du hasard en dix &#233;quipes de trois et ne se connaissant forc&#233;ment pas tous. &lt;i&gt;&#171; Les &#233;quipes une fois form&#233;es par le tirage au sort ne changent plus, partir &#224; trois c'est revenir &#224; trois, une feuille de route par &#233;quipe, une boisson minimum pour ses membres &#233;quivaut &#224; un coup de tampon dans la case respective du troquet&#8230; Retour imp&#233;ratif &#224; 21 h ! Parcours libre, mais attention aux horaires, faut tout faire ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&#192; la carte, &lt;/strong&gt;seize estaminets obligatoires diss&#233;min&#233;s sur les deux rives de la commune, les plus vaillants s'en donneront &#224; c&#339;ur joie d'explorer d'autres enseignes spontan&#233;ment apparues lors du parcours, cela va sans dire. Plusieurs zincs du pr&#233;cieux d&#233;pliant se sont vus affubl&#233;s du vocable de &#171; Bistrot de caract&#232;re &#187;, ce qui incite d'embl&#233;e &#224; la curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seront travers&#233;s, &lt;/strong&gt;loin de toute exhaustivit&#233;, un p'tit boui-boui tr&#232;s bien tenu par sa patronne octog&#233;naire en blouse &#224; fleurs dans son d&#233;cor &lt;i&gt;sixties &lt;/i&gt;pur jus, v&#233;ritable temple du formica &#8211; lieu o&#249; l'on vient patienter avec son ticket de passage aupr&#232;s des bureaux de formalit&#233;s administratives de la mairie qui se tient en face &#8211;, ce jour-l&#224;, beaucoup de d&#233;marches furent remises au lendemain. Le temps de railler avec la limonadi&#232;re qui n'est point avare en critiques acerbes sur les grands travaux qui d&#233;figurent la ville et c'est reparti vers une autre brasserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un estaminet improbable &lt;/strong&gt;situ&#233; devant l'h&#244;pital, o&#249; les clients y sont autant habitu&#233;s qu'en face. Ravis de prendre part au jeu de la Rando et fermement d&#233;cid&#233;s &#224; rester t&#233;moins du d&#233;fil&#233; des &#233;quipes tout le long de la journ&#233;e en levant le coude &#224; l'unisson. Un bar-tabac-presse &#224; l'accueil g&#233;n&#233;reux &#8211; une boisson et c'est le baby-foot gratos &#224; sati&#233;t&#233; pour les jeunes du quartier &#8211;, son duo de retrait&#233;es, m&#232;re et fille derri&#232;re le zinc, enchant&#233;es par le flux continu de princesses et princes de la cuite qui enquillent les gracieuses tourn&#233;es d'alcool de gentiane jaune et d'anisette blanche. Fraternit&#233; partag&#233;e et soutien complice au p'tit commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre rade &lt;/strong&gt;haut en couleurs &#8211; la plus vieille licence IV de Brest &#8211; dont la tenanci&#232;re m&#233;rite &#224; elle seule le grand prix du &#171; Caract&#232;re &#187;, riche en expressions salaces, gouailleuse, garot au bec, championne de l'outrage &#224; la mar&#233;chauss&#233;e, ouverte 24 sur 24 enfilant les nuits blanches, mais, h&#233;las, aujourd'hui ferm&#233;, pour notre grand d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fur et &#224; mesure &lt;/strong&gt;de la journ&#233;e, les &#233;quipes se croisent, parfois nombreuses au m&#234;me point de passage, les tourn&#233;es coulent &#224; flot, usant de la strat&#233;gie qui consiste &#224; ruiner l'adversaire afin qu'il n'accomplisse pas le &#171; grand &#339;uvre &#187; de la Rando, les alcools forts pleuvent en rafales et les chants montent en d&#233;cibels. Une &#233;quipe aura us&#233; des services d'un taxi &#8211; dans lequel son verre et sa clope restent de mise &#8211; afin de rattraper son retard sur l'horaire, une autre suscita la raillerie g&#233;n&#233;rale pour avoir subtilis&#233; le tampon du trocson, p&#233;nalisant ainsi les troupes suivantes, incapables de prouver leur passage, mais le patron improvisera malicieusement ses autographes avec un marqueur sur les diverses parties du corps de ses clients en transe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouquet final de cette journ&#233;e &lt;/strong&gt;de fol labeur, la soupe &#224; l'oignon sur la place du d&#233;part, bilan des troupes, seule une blessure partielle au genou restait &#224; d&#233;plorer, mais tout le monde f&#251;t au complet. Le ventre chaud, les yeux brillants et la p&#233;pie fr&#233;n&#233;tique permirent &#224; certains de prolonger l'investigation urbaine sous sa forme nocturne, mais &#231;a, c'est une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Dante&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nombre de bars par habitant et par commune en France, source Insee 2015. Commune de Brest, nombre de bars : 143 ; population : 139 676 ; nombre de bars pour 1 000 habitants : 1,0238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
