<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=109&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : Game of Kurdes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Syrie-Game-of-Kurdes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Syrie-Game-of-Kurdes</guid>
		<dc:date>2015-07-09T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes</dc:subject>
		<dc:subject>kurde</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Saddam Hussein</dc:subject>
		<dc:subject>arabe</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes d'Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Salih Muslim</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes Kurdes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre civile en Syrie a permis l'affirmation de l'autonomie politique des Kurdes du Rojava, sans pour autant demander leur partition territoriale. Accus&#233;s d'avoir pris les patins du r&#233;gime, ils ont surtout pu jouer leur propre carte, sans doute pour la premi&#232;re fois de leur longue histoire. Depuis son instauration en 1963, le r&#233;gime baassiste a d&#233;ni&#233; toute reconnaissance officielle aux Kurdes syriens et a mis en place une politique de discrimination qui prive quelque 120 000 Kurdes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kurde" rel="tag"&gt;kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes-syriens" rel="tag"&gt;Kurdes syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saddam-Hussein" rel="tag"&gt;Saddam Hussein&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/arabe" rel="tag"&gt;arabe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes-d-Irak" rel="tag"&gt;Kurdes d'Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Salih-Muslim" rel="tag"&gt;Salih Muslim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes-Kurdes" rel="tag"&gt;jeunes Kurdes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre civile en Syrie a permis l'affirmation de l'autonomie politique des Kurdes du Rojava, sans pour autant demander leur partition territoriale. Accus&#233;s d'avoir pris les patins du r&#233;gime, ils ont surtout pu jouer leur propre carte, sans doute pour la premi&#232;re fois de leur longue histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/kurd-couv-1b5c3.jpg?1768649467' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis son instauration en 1963, le r&#233;gime baassiste&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du parti Baas, &#171; Renaissance &#187;, tendance du nationalisme arabe, ancr&#233;e en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a d&#233;ni&#233; toute reconnaissance officielle aux Kurdes syriens et a mis en place une politique de discrimination qui prive quelque 120 000 Kurdes de leurs droits civiques. Talab Hilal, chef militaire de la province de Dj&#233;zireh (Jazirah), au nord-est de la Syrie, &#233;crivait dans un rapport que les Kurdes n'ont &#171; &lt;i&gt; aucune histoire, civilisation, langue ou origine ethnique et sont susceptibles de provoquer violences et destructions, comme tous les montagnards&lt;/i&gt; &#187;. Ces &#171; &lt;i&gt;outlaws&lt;/i&gt; &#187; sont de plus soutenus par &#171; &lt;i&gt;les imp&#233;rialistes qui ont int&#233;r&#234;t &#224; rendre leur cause l&#233;gitime&lt;/i&gt; &#187;, aussi, la question kurde constitue &#171; &lt;i&gt;une tumeur maligne qu'il faut extirper de la nation arabe&lt;/i&gt; &#187;. C'est l'&#233;poque o&#249; l'&#201;tat syrien met en place la &#171; ceinture arabe &#187; (&lt;i&gt;al Hizam al Arabi&lt;/i&gt;) visant &#224; un remplacement de la population kurde du Nord par des Arabes loyaux au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans les ann&#233;es 1980, la Syrie a servi de base de repli au PKK&#8200;&#8211;&#8200;jusqu'&#224; l'expulsion d'&#214;calan en 1998&#8200;&#8211;&#8200;et si le r&#233;gime de Damas a pu aider les Kurdes d'Irak sous le r&#232;gne du fr&#232;re ennemi Saddam Hussein, en revanche, les revendications des 1,7&#8200;million de Kurdes de Syrie (20&#8200;% de la population) vont rester inaudibles durant quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, apr&#232;s la mort d'Hafez el-Assad, un premier &#171; printemps de Damas &#187; donne de la voix, durant lequel sont mis en avant le respect des droits humains, la revendication des droits civiques et la reconnaissance de la langue pour les Kurdes, ce qui va entra&#238;ner la r&#233;pression de nombreux activistes et l'interdiction de la c&#233;l&#233;bration du Newroz, tout au long de la d&#233;cennie. En mars 2004, &#224; Qamislo (Kamishli en arabe), un match de foot tourne &#224; l'&#233;meute contre le r&#233;gime, apr&#232;s des affrontements entre des supporters arabes et des jeunes supporters kurdes, qui auraient c&#233;l&#233;br&#233; de mani&#232;re provocante la chute du r&#233;gime de Saddam Hussein. Le bilan sera d'au moins 36&#8200;tu&#233;s par l'arm&#233;e et environ 2 000 arrestations. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, en octobre 2003, le PYD &#233;tait cr&#233;&#233; sur des bases apo&#239;stes (c'est-&#224;-dire inspir&#233; par l'id&#233;ologie d'&#214;calan), co-dirig&#233; par Salih Muslim et Asya Abdullah. Ce parti va, &#224; partir de 2012, monter en puissance parmi les treize autres formations kurdes concurrentes. Des dizaines de ses militants seront poursuivis devant les tribunaux militaires du r&#233;gime, plac&#233;s au secret et souvent tortur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2011, beaucoup de jeunes Kurdes se joignent spontan&#233;ment &#224; la contestation de la rue contre le r&#233;gime. Mais, lorsque la Syrie sombre dans la guerre civile, la plupart des Kurdes, qui souhaitent aussi le d&#233;part de Bachar, se retrouvent en porte-&#224;-faux : &#224; la fois vis-&#224;-vis de l'opposition organis&#233;e au sein de la Coalition nationale ou de l'Arm&#233;e syrienne libre, qui ont le soutien des Occidentaux, des pays du Golfe, de la Turquie et de Barzani, le leader kurde irakien ami des USA ; mais surtout, &#233;videmment, vis-&#224;-vis des groupes djihadistes qui prennent pied au Nord du pays. Le r&#233;gime d'Assad a, lui, tout int&#233;r&#234;t, pour &#233;conomiser ses forces, &#224; ne pas ouvrir un nouveau front contre les Kurdes. Le PYD tourne alors le dos &#224; l'opposition syrienne engag&#233;e militairement dans la guerre, ce qui lui permet de sceller un pacte tacite mais fragile de non-agression avec le r&#233;gime. On dit que Salih Muslim, qui participe &#224; Moscou aux n&#233;gociations en cours sur l'avenir de la Syrie avec l'opposition syrienne l&#233;gale, aime &#224; citer le proverbe : &#171; &lt;i&gt;Sage ennemi vaut mieux que fol ami.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est gr&#226;ce &#224; l'affaiblissement de l'&#201;tat syrien qu'ont pu s'organiser les YPG (forces combattantes d'autod&#233;fense) et se mettre en place le mod&#232;le du conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique dans les trois cantons du Rojava (Afrin, Koban&#233;, Jazirah). Ce conf&#233;d&#233;ralisme convie toutes les composantes ethniques et religieuses de la r&#233;gion &#8211; Arabes, Arm&#233;niens, Assyriens, Kurdes, Turcs, etc. &#8211;&#8200;le co-pr&#233;sident du Conseil l&#233;gislatif de Dj&#233;zireh est un arabe et son homologue, Nazira Gawriya, est une chr&#233;tienne syriaque qui n'oublie jamais de rappeler que sans l'insurrection kurde la situation des minorit&#233;s aurait &#233;t&#233; dramatique. Le &#171; contrat social &#187; adopt&#233; par l'assembl&#233;e l&#233;gislative du Rojava, le 6 janvier 2014, assure l'inviolabilit&#233; des droits humains les plus fondamentaux, ainsi que le contr&#244;le des mandats, la libert&#233; d'association, l'&#233;galit&#233; sans discrimination entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la vie, la s&#233;paration de la religion et des affaires publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire sur Daech &#224; Koban&#233; et la r&#233;volution politique en cours au Rojava sont sans doute les seules bonnes nouvelles au c&#339;ur de cette meurtri&#232;re guerre civile et du chaos qu'elle provoque dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Djihad sous amph&#232;tes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un r&#233;cent article intitul&#233; &#171; 2 jours &#224; Koban&#234; avec les camarades des YPJ/YPG &#187; sur le blog &lt;a href=&#034;http://nevarneyok.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ne var ne yok&lt;/a&gt;, les combattants kurdes livraient leur vision de l'ennemi hallucin&#233; Daech : &#171; &lt;i&gt; Beaucoup de Tch&#233;tch&#232;nes, un certain nombre de militaires turcs, des jeunes Saoudiens, des Belges, des Fran&#231;ais, des &#8220;enfants-bombes&#8221;. Des cam&#233;s gav&#233;s de produits pour les faire tenir face &#224; leurs horreurs. Des soldats djihadistes de tous les pays lourdement arm&#233;s de leurs tanks et mortiers. Des morts en sursis. Des morts laiss&#233;s sur place, et finalement r&#233;cup&#233;r&#233;s et enterr&#233;s par les kurdes des YPG/YPJ.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Les combattant-e-s kurdes reconnaissent volontiers qu'ils &#233;taient un peu largu&#233;-e-s au d&#233;but des combats parce qu'ils ne comprenaient rien &#224; ces soldats d'un type nouveau pour eux. &#8220;Nous savions comment fonctionnent les arm&#233;es turque et iranienne. Mais pas les fascistes de Daech. Leurs g&#233;n&#233;raux sont riches, ont beaucoup de pouvoir et ne prennent que peu de risques. Et leurs soldats de base sont tar&#233;s et ressemblent plus &#224; des morts-vivants qu'autre chose.&#8221; Selon des t&#233;moignages d'enfants-soldats de l'&#201;tat Islamique faits prisonniers par les Peshmergas &#8211;&#8200;kurdes d'Irak &#8211;&#8200;beaucoup des jeunes recrues subiraient des s&#233;vices, des viols et l'obligation d'assister &#224; des sc&#232;nes sanglantes, &#224; seule fin de casser leur virilit&#233;, leur dignit&#233;, de les r&#233;duire &#224; l'ob&#233;issance, et de les habituer &#224; vivre dans l'horreur. Les camarades insistent &#233;galement sur deux choses : tout d'abord, le fait qu'ils ont retrouv&#233; dans les treillis de bon nombre de cadavres ennemis plein de cachetons et de seringues. Et deuxi&#232;mement qu'une des tactiques souvent utilis&#233;es par Daech est l'attentat suicide sur la ligne de front : &#8220;Il nous est arriv&#233; de subir des assauts o&#249; 45 &#224; 50 soldats ennemis avan&#231;aient sur notre position en se faisant exploser les uns apr&#232;s les autres.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le captagon, une amph&#233;tamine surpuissante, produite en Syrie, est la drogue du conflit syrien. &#171; &lt;i&gt; En 2013, le Liban a saisi &#224; lui seul 12,3 millions de cachets. Plus de 6,5 millions ont &#233;t&#233; saisis &#224; Duba&#239; en d&#233;cembre dernier, 17&#8200;millions le mois pr&#233;c&#233;dent &lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt; le 28&#8200;f&#233;vrier dernier. Outre le fait qu'il procure une totale insensibilit&#233; &#224; la douleur, le captagon &#244;te toute forme d'empathie : &#171; &lt;i&gt;Tu oublies les gens, tu hallucines, les choses vont mieux, tu as tellement d'id&#233;es, tes pens&#233;es s'am&#233;liorent. C'est comme si les gens n'existaient pas&lt;/i&gt; &#187;, expliquait Khaled, un jeune consommateur dans le m&#234;me article. Gare &#224; la descente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez cet article int&#233;gralement et bien d'autres sur le blog &lt;a href=&#034;http://nevarneyok.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ne var ne yok&lt;/a&gt;, &#171; Chroniques de Turquie, du Kurdistan et du Rojava &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous le paradigme kurde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 2 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 3 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 4 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe d'&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Le-paradoxe-d-Ocalan?var_mode=preview&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#214;calan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Du parti Baas, &#171; Renaissance &#187;, tendance du nationalisme arabe, ancr&#233;e en Syrie et en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine : La sale blague du gaz de schiste</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Argentine-La-sale-blague-du-gaz-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Argentine-La-sale-blague-du-gaz-de</guid>
		<dc:date>2015-07-08T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Barzilai</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>produits</dc:subject>
		<dc:subject>compagnies</dc:subject>
		<dc:subject>gaz</dc:subject>
		<dc:subject>puits</dc:subject>
		<dc:subject>compagnies p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Vaca Muerta</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;trole</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;t&#233; austral</dc:subject>
		<dc:subject>Loma Campana</dc:subject>
		<dc:subject>Neuqu&#233;n</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres. Ici, en f&#233;vrier, c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compagnies" rel="tag"&gt;compagnies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gaz" rel="tag"&gt;gaz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puits" rel="tag"&gt;puits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compagnies-petrolieres" rel="tag"&gt;compagnies p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vaca-Muerta" rel="tag"&gt;Vaca Muerta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petrole" rel="tag"&gt;p&#233;trole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ete-austral" rel="tag"&gt;l'&#233;t&#233; austral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Loma-Campana" rel="tag"&gt;Loma Campana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Neuquen" rel="tag"&gt;Neuqu&#233;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, en f&#233;vrier,&lt;/strong&gt; c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 et les camions en tout genre de traverser la petite agglom&#233;ration &#224; toute berzingue. Sur la place, en face de la mairie, une femme et une adolescente accompagn&#233;es de trois enfants quittent l'ombre pour rentrer chez elles. Depuis trois ans, avec le boum du gaz de schiste, la population masculine a largement d&#233;pass&#233; la proportion habituelle et les cas de m&#232;res adolescentes se multiplient, a pu constater Ruben, m&#233;decin du village. Faute de logements suffisants, les compagnies ont mont&#233; des campements de &#171; &lt;i&gt;trailers&lt;/i&gt; &#187; (conteneurs habitables) &#171; &lt;i&gt;tout confort&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#233;quip&#233;s du c&#226;ble et d'Internet. Un gymnase a &#233;t&#233; construit pour une main-d'&#339;uvre exclusivement masculine. Felipe, trente-sept ans, travaille sur un puits comme man&#339;uvre. Il gagne l'&#233;quivalent de 2 500&#8200;euros par mois et vit pendant la moiti&#233; du temps dans l'une de ces maisons de fer. &#171; &lt;i&gt;On travaille &#233;norm&#233;ment pendant deux semaines, mais ensuite, on peut retourner chez nous le reste du mois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bord de route, un casino s'est install&#233;, et un autre, plus grand, est en construction juste en face. Les vendredis et samedis soirs peuvent &#234;tre agit&#233;s, l'alcool aidant. Du coup, des policiers sont en faction d&#232;s la nuit tomb&#233;e devant la station-service, qui fait office de centre n&#233;vralgique de la bourgade.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p17-barm0569011-c1bab.jpg?1768731396' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Albino Campos, &lt;i&gt;longko&lt;/i&gt; (chef de clan) de la communaut&#233; Mapuche de Campo Maripe, visite un puits non conventionnel et constate le d&#233;bordement de mati&#232;res polluantes. Dans ce cas, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiant pour l'extraction. Des couvertures en plume sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pedro,&lt;/strong&gt; la cinquantaine joviale et le sourire quelque peu &#233;dent&#233;, travaille &#224; la voirie de la municipalit&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est qu'ils p&#232;sent lourd, tous ces camions qui transitent dans tous les sens ! &#199;a craqu&#232;le l'asphalte et les autorit&#233;s de Neuqu&#233;n ne veulent pas mettre un sou pour refaire les routes. Les compagnies p&#233;troli&#232;res donnent quelques miettes, mais ce n'est pas suffisant ! Avec la circulation, les accidents se multiplient et le dispensaire de sant&#233; ne peut pas faire face. Il faut aller &#224; plus de cinquante kilom&#232;tres pour trouver un v&#233;ritable h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e d'une pharmacie, une dame d&#233;charge des cartons remplis de produits de beaut&#233; d'un 4x4. &#171; &lt;i&gt;Nous, &#231;a va, on est commer&#231;ants ici depuis trente ans. Alors l'argent des travailleurs du p&#233;trole, on en b&#233;n&#233;ficie un peu. Mais pour l'avenir, je pense surtout &#224; mes petits-enfants qui vont &#234;tre oblig&#233;s de partir. Il faut voir dans quel &#233;tat ils vont laisser tout &#231;a quand ce sera termin&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour acc&#233;der&lt;/strong&gt; &#224; Loma Campana, site o&#249; se dressent les puits de p&#233;trole et de gaz non conventionnels de Vaca Muerta, pr&#232;s d'A&#241;elo, il faut prendre une route qui monte sur un plateau. Une fois l&#224;-haut, la premi&#232;re chose que l'on aper&#231;oit est une caravane d&#233;fra&#238;chie repeinte de couleurs criardes dont la devanture annonce hot-dogs et hamburgers. Depuis presque un an, Norma, vingt-neuf ans, vit sur place. Pour un salaire &#233;quivalent &#224; 600&#8200;euros par mois, elle vend aux camionneurs press&#233;s de la nourriture bon march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Depuis qu'un autre kiosque vend de la viande grill&#233;e un peu plus loin, ici, &#231;a marche moins bien.&lt;/i&gt; &#187; Le soleil frappe dur et Norma a d&#251; batailler des mois pour que le propri&#233;taire consente &#224; installer un tissu entre les caravanes pour avoir un peu d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt; de l&#224;, la communaut&#233; am&#233;rindienne mapuche de Campo Maripe est sous tension depuis qu'YPF (soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re argentine), associ&#233;e &#224; Chevron (&#233;tats-Unis), est venue s'installer sur ses terres, en 2013, pour extraire du p&#233;trole et du gaz de schiste. Albino Campos, chef de la communaut&#233;, explique entre deux gorg&#233;es de mat&#233; : &#171; &lt;i&gt;Avec leur syst&#232;me de fracturation, ils polluent les nappes phr&#233;atiques et nous emp&#234;chent de faire pa&#238;tre nos animaux comme avant.&lt;/i&gt; &#187; Les responsables d'YPF, eux, d&#233;mentent toutes fuites, arguant que leurs puits sont ciment&#233;s. Les forages plongent &#224; plus de trois kilom&#232;tres de profondeur, puis se ramifient &#224; l'horizontale. Des produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; du sable et &#224; plusieurs millions de litres d'eau sont inject&#233;s sous pression pour fracturer la roche et r&#233;cup&#233;rer ensuite les hydrocarbures. Ces puits particuli&#232;rement profonds provoquent des micros&#233;ismes qui peuvent fissurer le ciment et laisser filtrer aussi bien les produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; l'eau que le p&#233;trole ou le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s&lt;/strong&gt; s'&#234;tre encha&#238;n&#233;s &#224; des puits ; apr&#232;s diverses manifestations &#224; Neuqu&#233;n, capitale de la province ; apr&#232;s une longue bagarre juridique, les Mapuche ont obtenu le droit de circuler librement sur le site de Loma Campana. R&#233;guli&#232;rement, Albino arpente ce paysage semi-d&#233;sertique pour d&#233;tecter tout d&#233;bordement de produits polluants. Checho, vingt-deux ans, l'accompagne et prend des photos qu'il publie ensuite sur Facebook pour d&#233;noncer le non-respect de l'environnement par les compagnies p&#233;troli&#232;res. Ce jour-l&#224;, alors qu'une tour de fracturation est d&#233;mont&#233;e, un liquide br&#251;natre et malodorant s'est r&#233;pandu sur le sol alentours. Selon le chef de puits d'YPF, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiants pour faciliter l'extraction. M&#234;me si des couvertures contenant des plumes de canards sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts, il suffit de passer &#224; c&#244;t&#233; pour constater que ce bricolage est insuffisant : le sol sablonneux absorbe une bonne partie du gasoil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;chets&lt;/strong&gt; qui ne sont pas bus par la terre sont dispers&#233;s dans diff&#233;rents lieux de stockage de la r&#233;gion, o&#249; des compagnies &#171; environnementales &#187; se chargent de les traiter. En apparence, tout semble donc sous contr&#244;le. Fin octobre 2014, &#224; Neuqu&#233;n, sur le site d'Indarsa, g&#233;r&#233; par une des entreprises habilit&#233;es pour retraiter les d&#233;chets p&#233;troliers, un bassin qui n'&#233;tait pas aux normes a d&#233;bord&#233;. Les r&#233;sidus polluants se sont &#233;coul&#233;s sur cinq cents m&#232;tres, &#224; proximit&#233; de quartiers d&#233;favoris&#233;s. De son c&#244;t&#233;, l'entreprise Comarsa &#233;tait suppos&#233;e planter des arbres autour de ses bassins afin qu'ils absorbent les &#233;manations de gaz toxiques, mais elle n'en a rien fait. Pis encore, l'ironiquement nomm&#233;e soci&#233;t&#233; Real Work entrepose &#224; m&#234;me le sol, et &#224; l'air libre, ces couvertures en plumes de canard imbib&#233;es de diff&#233;rents poisons, dans une propri&#233;t&#233; de plusieurs hectares situ&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de la ville de Cutral C&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; l'adversit&#233;&lt;/strong&gt;, &#224; Loma Campana, les Mapuche ne se laissent pas abattre. Depuis janvier 2015, ils ont install&#233; une caravane &#224; l'entr&#233;e du site o&#249; sont install&#233;s les puits non conventionnels, &#224; proximit&#233; des p&#226;turages de leurs troupeaux. Ils contr&#244;lent ainsi la circulation des diff&#233;rents v&#233;hicules sur ce point strat&#233;gique. Marta, la s&#339;ur d'Albino, observe &#224; l'horizon le nuage de poussi&#232;re soulev&#233; par un poids lourd affr&#233;t&#233; par une des compagnies p&#233;troli&#232;res. &#171; &lt;i&gt;Le passage de ces camions d&#233;t&#233;riore nos chemins. Ils deviennent impraticables. Nous devons bloquer r&#233;guli&#232;rement la circulation pendant quelques heures pour les obliger &#224; arroser la route. C'est la seule fa&#231;on de l'entretenir un tant soit peu sans asphalter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, Auca Mahuida, zone prot&#233;g&#233;e abritant des esp&#232;ces en voie d'extinction, a vu fleurir quelques puits d'extraction non conventionnelle sous le patronnage de Total. Les &#233;cologistes sont mont&#233;s au cr&#233;neau, mais le gouvernement provincial et le secr&#233;tariat &#224; l'Environnement ne trouvent rien &#224; redire&#8230; Mutique, le gouvernement de la province empoche quelques pauvres deniers chaque fois que l'on creuse pour extraire du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p19-barm0568980-3d086.jpg?1768731396' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une rue du quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural, en p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuquen, d&#233;bouche sur des chevalets de pompage. Une partie importante du quartier n'a pas l'eau courante.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaca Muerta&lt;/strong&gt; n'est pas seule &#224; subir ces puits non conventionnels diss&#233;min&#233;s un partout dans la r&#233;gion. Il en pousse jusqu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuqu&#233;n, dans le quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural. &#192; quelques p&#226;t&#233;s de maisons de l'&#233;cole primaire, les chevalets de pompage (ou &#171; cigognes &#187;) marquent le rythme de l'extraction. Mart&#237;n, de l'organisation Observatorio Petroleo Sur, se scandalise de la proximit&#233; entre les puits et les lieux d'habitation : &#171; &lt;i&gt;Il se produit r&#233;guli&#232;rement des explosions sur ce genre de site, mais ce danger n'inqui&#232;te ni les compagnies p&#233;troli&#232;res, ni les autorit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Pendant qu'on extrait des millions de dollars des sous-sols, la majorit&#233; des habitants du quartier n'ont pas l'eau courante. Un camion citerne avance dans la rue non goudronn&#233;e et distribue de l'eau non potable. Nicolas, qui voyage accroch&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule, saute et rempli le r&#233;servoir d'une maison. Il travaille onze heures par jour pour une soci&#233;t&#233; priv&#233;e, sous-traitante de la municipalit&#233;, et gagne moins de 400&#8200;euros par mois. &#171; &lt;i&gt;Cette eau sert pour l'arrosage et la lessive uniquement. Elle est rationn&#233;e. Une famille dont l'enfant est malade a demand&#233; quelques litres de plus, mais on lui a refus&#233;&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il, l'air d&#233;go&#251;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; une trentaine de kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, la municipalit&#233; d'Allen a toujours compt&#233; sur ses poires, pommes et p&#234;ches comme principale source de revenus. Mais, depuis l'arriv&#233;e de l'extraction de p&#233;trole non conventionnelle en 2013, tout a chang&#233;. Les compagnies p&#233;troli&#232;res ach&#232;tent les terrains pour des fortunes. Depuis, les vergers c&#244;toient les puits. Si certaines associations &#233;cologistes s'inqui&#232;tent de la qualit&#233; des fruits, comme &#224; Auca Mahuida, les autorit&#233;s font l'autruche. Au d&#233;tour d'un chemin, entre un verger de poiriers et un chevalet de pompage particuli&#232;rement bruyant, vit Irene, cinquante-sept ans, et sa famille. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours v&#233;cu ici. Ils ont install&#233; leur appareillage sans nous demander notre avis. Le plus d&#233;sagr&#233;able, c'est le bruit. Mais on finit par s'habituer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt; les ann&#233;es cinquante, les habitants de ces r&#233;gions se sont r&#233;sign&#233;s avec fatalisme &#224; subir les m&#233;faits du p&#233;trole, conventionnel ou non. Mais pas leur organisme : nombreux cas de cancer, de pr&#233;sence de m&#233;taux lourds dans le sang, etc. Le &lt;i&gt;fracking&lt;/i&gt; (extraction non conventionnelle) n'est v&#233;cu que comme une nuisance ajout&#233;e aux autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin 2014&lt;/strong&gt;, la pr&#233;sidente Cristina Kirchner faisait la retape pour attirer les investisseurs en pr&#233;sentant son pays comme une nouvelle Arabie saoudite regorgeant de gaz et de p&#233;trole. &#171; &lt;i&gt;&#192; une nuance pr&#232;s&lt;/i&gt;, croyait-elle bon de pr&#233;ciser, &lt;i&gt;nous ne sommes pas encercl&#233;s par les guerres, il n'y a pas d'affrontement religieux, ni de diff&#233;rences ethniques.&lt;/i&gt; &#187; Pour calmer ses ardeurs, Paolo Rocca, le patron d'un consortium argentin du secteur de l'&#233;nergie avait &#233;mis un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt;Non, Vaca Muerta n'est pas l'Arabie saoudite&lt;/i&gt; &#187;, car l'enthousiasme pr&#233;sidentiel oubliait un peu vite la baisse du prix du baril sur les march&#233;s internationaux. L'extraction du gaz de schiste co&#251;te en d&#233;finitive tr&#232;s cher et l'Argentine risque bien de ne pas en profiter pour redresser sa balance &#233;nerg&#233;tique. En revanche, le saccage &#233;cologique de la Patagonie est, lui, exponentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.opsur.org.ar/blog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatorio Petroleo Sur&lt;/a&gt; (en espagnol).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p17-gaz-de-schiste.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH693/p17-gaz-de-schiste-87916.jpg?1768731397' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Total ratage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire de deux copains qui d&#233;cident un beau jour de subtiliser une pastille radioactive sur un site d'extraction de p&#233;trole dans la r&#233;gion de Vaca Muerta. Celles-ci sont utilis&#233;es sur les puits non conventionnels pour r&#233;aliser des sortes de radiographie du sous-sol. L'un des deux comparses, ancien employ&#233; de Total, rep&#232;re l'emplacement de l'objet convoit&#233; et part avec. Puis il appelle d'un portable pour demander une &#171; &lt;i&gt;ran&#231;on&lt;/i&gt; &#187; de 500&#8200;000 dollars&#8200;&#8211; alors que la valeur de la pastille ne d&#233;passe pas les 5&#8200;000. L'appel est g&#233;olocalis&#233;. Il suffit ensuite aux services de s&#233;curit&#233; nucl&#233;aire de rep&#233;rer les radiations pour faire arr&#234;ter les malheureux chapardeurs. L'irradiante pastille est retrouv&#233;e dans le coffre du taxi dans lequel les lascars tentaient de s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Esquivel, secr&#233;taire &#224; l'Environnement de la province de Neuqu&#233;n, est furax. Selon la loi, l'entreprise est tenue de signaler dans les 24&#8200;heures toute perte ou vol de ce genre de produits hautement dangereux. Or, Total avait pr&#233;f&#233;r&#233; faire motus pendant plus d'une semaine. Ricardo a de quoi l'avoir mauvaise : c'est la deuxi&#232;me pastille que l'entreprise fran&#231;aise &#233;gare en moins d'un an. Dur &#224; avaler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le paradoxe d'&#214;calan</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-paradoxe-d-Ocalan</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-paradoxe-d-Ocalan</guid>
		<dc:date>2015-07-07T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>kurde</dc:subject>
		<dc:subject>lutte arm&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement kurde</dc:subject>
		<dc:subject>ans n'a</dc:subject>
		<dc:subject>trouve actuellement</dc:subject>
		<dc:subject>lutte douloureuse</dc:subject>
		<dc:subject>&#214;calan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; [La] lutte douloureuse de notre mouvement depuis quarante ans n'a pas &#233;t&#233; vaine, mais notre combat se trouve actuellement &#224; un stade o&#249; il ne peut se poursuivre sur la m&#234;me voie. L'histoire, ainsi que nos peuples, exigent la paix et une solution d&#233;mocratique qui corresponde &#224; l'esprit de notre temps &#187;, &#233;crivait, le 21 mars dernier, &#171; Apo &#187; &#214;calan depuis son &#238;le-prison. Tout en assumant un h&#233;ritage de luttes, le guide du PKK semble d&#233;sormais vouloir tourner la page de plus de trente ann&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kurde" rel="tag"&gt;kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte-armee" rel="tag"&gt;lutte arm&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-kurde" rel="tag"&gt;mouvement kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans-n-a" rel="tag"&gt;ans n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trouve-actuellement" rel="tag"&gt;trouve actuellement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte-douloureuse" rel="tag"&gt;lutte douloureuse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ocalan" rel="tag"&gt;&#214;calan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; [La] &lt;i&gt;lutte douloureuse de notre mouvement depuis quarante ans n'a pas &#233;t&#233; vaine, mais notre combat se trouve actuellement &#224; un stade o&#249; il ne peut se poursuivre sur la m&#234;me voie. L'histoire, ainsi que nos peuples, exigent la paix et une solution d&#233;mocratique qui corresponde &#224; l'esprit de notre temps&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait, le 21 mars dernier, &#171; Apo &#187; &#214;calan depuis son &#238;le-prison. Tout en assumant un h&#233;ritage de luttes, le guide du PKK semble d&#233;sormais vouloir tourner la page de plus de trente ann&#233;es de violences, marqu&#233;es certainement par l'autoritarisme de l'organisation, les attentats kamikazes, les immolations, les purges, mais en premier lieu par la &#171; sale guerre &#187;, men&#233;e par Ankara et par les groupes islamistes (comme le Hizbullah turc&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans rapport avec le Hezbollah libanais chiite.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), guerre qui a fait plus de 40 000 morts et 3000 disparus. Il y reste encore des milliers de prisonniers politiques kurdes dans les prisons turques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/kurd-newrozjeunes-c632d.jpg?1768649467' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vues d'Occident, la place et l'influence du chef charismatique restent une source d'embarras et de d&#233;fiance. R&#233;duit &#224; une iconographie stalinienne et des posters kitsch, &#214;calan est la cible d'un flot de critiques attendues, portant, selon les grilles id&#233;ologiques, sur le culte de la personnalit&#233;, l'aspect totalitaire du syst&#232;me apo&#239;ste, le r&#244;le coercitif du PKK ou, au contraire, sur son renoncement au marxisme-l&#233;ninisme, l'abandon de la lutte arm&#233;e ou la mise en retrait de la lutte des classes au profit du concept de conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le portail anticapitaliste en ligne libcom.org (en anglais) a publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune Kurde interrog&#233; sur la place d'&#214;calan dans son propre engagement assumait pleinement la part culturelle de sa v&#233;n&#233;ration au &lt;i&gt;serok&lt;/i&gt; (chef) : &#171; &lt;i&gt;En tant qu'Orientaux, nous sommes impr&#233;gn&#233;s d'une dimension proph&#233;tique. Je n'ai aucun complexe &#224; consid&#233;rer que la pens&#233;e d'&#214;calan m'&#233;claire et me structure politiquement. De plus, nous avons conscience qu'il a sacrifi&#233; sa libert&#233; et c'est pourquoi nous lui faisons confiance. S'il sort vivant un jour de sa prison, ce ne sera pas pour occuper de hautes fonctions politiques, mais pour int&#233;grer une coop&#233;rative agricole et continuer &#224; prodiguer ses conseils.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la force des choses, &#214;calan l'enferm&#233; est pass&#233; d'un r&#244;le de dirigeant &#224; celui d'inspirateur, appuyant intellectuellement la mutation du PKK d'une organisation de lutte arm&#233;e en un mouvement de masse, ainsi que la conversion d'une id&#233;ologie de lib&#233;ration nationale &#224; une praxis de la d&#233;mocratie radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, &#214;calan s'est impr&#233;gn&#233; entre autres des th&#233;ories de l'Am&#233;ricain Murray Bookchin sur le &#171; communalisme libertaire &#187;, au point de se revendiquer comme son &#171; &#233;tudiant &#187; &#224; la mort de ce dernier en 2006. Ce syst&#232;me ne raisonne pas en termes de dictature du prol&#233;tariat mais repose sur la d&#233;mocratie directe. Il est cens&#233; s'exercer depuis la &#171; commune &#187; en fonction des besoins sociaux et environnementaux de celle-ci, et aux moyens d'une industrie raisonn&#233;e, d'un urbanisme contr&#244;l&#233;, d'une agriculture biologique et de coop&#233;ratives &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 3 au 5 avril dernier s'est tenu &#224; l'universit&#233; de Hambourg un colloque-marathon, sous le patronage symbolique d'&#214;calan, qui ent&#233;rinait ce virage id&#233;ologique en prenant pour th&#232;me &#171; D&#233;fier la modernit&#233; capitaliste, construire le conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique &#187;. Traduit simultan&#233;ment en anglais, allemand, turc, kurde, espagnol et italien, il r&#233;unissait &#224; la fois des acteurs du mouvement kurde, des activistes internationaux (Indiens, Grecs, Sud-Africains, etc.) et des intellectuels anticapitalistes en vogue comme David Harvey, John Holloway, David Graeber ou Janet Biehl, la l&#233;gataire de Bookchin. Dans les rayons de &#171; sociologie occidentale &#187; de la librairie du mouvement &#224; Diyarbakir, on peut observer que les livres en turc de Jacques Ranci&#232;re, Judith Butler, Noam Chomsky, Franz Fanon, Antonio Gramsci, Hannah Arendt, Rosa Luxemburg ou encore &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat &lt;/i&gt; (&#171; &lt;i&gt;Tanri ve Devlet&lt;/i&gt; &#187; en turc), le classique de Bakounine, tiennent une bonne place. De m&#234;me, &#224; l'Acad&#233;mie de M&#233;sopotamie &#224; Qamislo (Syrie), les portraits d'&#214;calan c&#244;toient ceux de Nietzsche et des citations d'Adorno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces potentielles sources d'inspiration intellectuelles, qui n'&#233;voquent pas grand-chose &#224; l'immense majorit&#233; des Kurdes (et &#224; beaucoup d'autres), l'effet le plus d&#233;routant et en apparence paradoxal de ces inflexions novatrices demeure la d&#233;marche prescrite &#171; par le haut &#187; &#224; la soci&#233;t&#233; de s'auto-organiser&#8230; par le bas &#8211;&#8200;sur des bases assembl&#233;istes, f&#233;ministes, &#233;cologistes, anticapitalistes, de pluralit&#233; religieuse et ethnique &#8211; et de viser &#224; contourner explicitement la logique de l'&#201;tat et du n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous soumettions la formule zapatiste &#171; commander en ob&#233;issant &#187; &#224; Fayza, une responsable de l'assembl&#233;e de Koban&#233;, celle-ci prit un temps de r&#233;flexion, puis r&#233;torqua : &#171; &lt;i&gt;Je comprends, mais nous ne voulons pas utiliser les mots de commander ou d'ob&#233;ir. Ce ne sont pas des mots d&#233;mocratiques, ce sont des mots militaires.&lt;/i&gt; &#187; Selon elle, le mod&#232;le d'autonomie politique du Rojava est con&#231;u afin que personne ne s'approprie le pouvoir : &#171; &lt;i&gt;Notre syst&#232;me social oblige les responsables mandat&#233;s &#224; servir le peuple et non &#224; prendre le pouvoir pour eux-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; L'&#233;volution du mouvement kurde vers des perspectives v&#233;ritablement horizontales d&#233;pendra sans doute de l'effort collectif &#224; tenir ce pari&#8230; et, pour nous, &#224; le soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous le paradigme kurde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 2 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 3 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 4 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans rapport avec le Hezbollah libanais chiite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le portail anticapitaliste en ligne libcom.org (en anglais) a publi&#233; plusieurs textes sur le mouvement kurde &#8211; hostiles comme favorables &#8211;, qui alimentent les forums d'intenses d&#233;bats entre les diff&#233;rents dogmes et sous-tendances d'extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> SNCF : Garantie Ponctualit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/SNCF-Garantie-Ponctualite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/SNCF-Garantie-Ponctualite</guid>
		<dc:date>2015-07-06T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Sud Rail</dc:subject>
		<dc:subject>train</dc:subject>
		<dc:subject>passagers</dc:subject>
		<dc:subject>Embarquement imm&#233;diat</dc:subject>
		<dc:subject>famille s'installe</dc:subject>
		<dc:subject>comporte qu'un</dc:subject>
		<dc:subject>qu'un seul</dc:subject>
		<dc:subject>voyageurs revenant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un rapport pointe l'ins&#233;curit&#233; dans les trains en Provence. Le d&#233;litement du r&#233;seau ferroviaire fran&#231;ais, en raison des trains de privatisations, r&#233;sulte surtout d'une s&#233;rie d'&#233;conomies de bouts de chandelle. Un r&#233;cit au bord de la catastrophe &#224; bord d'un train pilot&#233; par SUD Rail&#8230; Embarquement imm&#233;diat pour un retour de long week-end d'avril : ma petite famille s'installe de justesse dans le TER qui ne comporte qu'un seul wagon, certes long, mais trop court pour contenir une centaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SNCF" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud-Rail" rel="tag"&gt;Sud Rail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/train" rel="tag"&gt;train&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/passagers" rel="tag"&gt;passagers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Embarquement-immediat" rel="tag"&gt;Embarquement imm&#233;diat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/famille-s-installe" rel="tag"&gt;famille s'installe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comporte-qu-un" rel="tag"&gt;comporte qu'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-un-seul" rel="tag"&gt;qu'un seul&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voyageurs-revenant" rel="tag"&gt;voyageurs revenant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un rapport pointe l'ins&#233;curit&#233; dans les trains en Provence. Le d&#233;litement du r&#233;seau ferroviaire fran&#231;ais, en raison des trains de privatisations, r&#233;sulte surtout d'une s&#233;rie d'&#233;conomies de bouts de chandelle. Un r&#233;cit au bord de la catastrophe &#224; bord d'un train pilot&#233; par SUD Rail&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Embarquement imm&#233;diat&lt;/strong&gt; pour un retour de long week-end d'avril : ma petite famille s'installe de justesse dans le TER qui ne comporte qu'un seul wagon, certes long, mais trop court pour contenir une centaine de voyageurs revenant des Alpes. Nous sommes install&#233;s en face de deux saisonniers et de quelques &#233;tudiantes b&#251;chant leurs cours d'anatomie. Pour l'instant, tout va bien, chacun garde sa place m&#234;me le chien de la grosse dame qu'elle tire par sa laisse. Les deux contr&#244;leurs sont souriants et j'abuse de mes comp&#233;tences ferroviaires pour leur demander si nous pouvons, moi et mes chers enfants aller rendre visite au conducteur du train, &#233;tant donn&#233;&#8200;&#8211; &#171; et je comprends tout &#224; fait et je suis un bon et vieux client de la SNCF, et violons et trompette &#187;&#8200;&#8211; que nous n'avons plus gu&#232;re de places pour nous asseoir. Mais c'est un &lt;i&gt;niet&lt;/i&gt; de la part du contr&#244;leur brejn&#233;vien avec son accent russo-proven&#231;al : s&#233;curit&#233;, Vigipirate&#8230; On se surprend &#224; imaginer l'&#233;tat islamique dans les Alpes prendre le contr&#244;le du TER Brian&#231;on-Marseille, le coup de gr&#226;ce pour la DCRI !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH352/p2-train-4a5a3.jpg?1768652149' width='400' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En bon socialiste&lt;/strong&gt;, je n'insiste pas, je n'ai pas encore lu le rapport confidentiel sur la s&#233;curit&#233; en Paca et je me f&#233;licite de constater que nous avons deux contr&#244;leurs avec le pilote &#224; la diff&#233;rence des avions allemands. A la gare suivante, si deux passagers descendent, dix clampins montent et s'embo&#238;tent dans les rang&#233;es ou se perchent entre un v&#233;lo et le chien qui grogne. Tout le monde reste calme et gentiment passif. Sauf les profs de maths qui composent des &#171; probl&#232;mes &#187; &#224; partir des passagers montant et descendant. Deux &#233;l&#232;ves r&#233;visent &#224; voix haute leur devoir sur les OGM donn&#233;s par la prof de SVT et j'ai du mal &#224; rester &#224; ma place pour ne pas leur donner une petite le&#231;on &#224; ces gaillards en mati&#232;re de fauchage volontaire. Ils &#233;chappent &#224; mon ardeur p&#233;dagogique car je ne peux plus me lever de ma place : j'ai une valise et mon gosse sur les genoux pendant qu'une superbe gaillarde des Hautes-Alpes me glisse son aisselle velue sous le nez. Quelle fra&#238;cheur ! Je crois que je n&#8216;avais plus v&#233;cu une telle sc&#232;ne de promiscuit&#233; depuis un taxi brousse en Haute-Volta lors de la descente vers le pays S&#233;noufo. A la station suivante, Veynes, il y a encore moins de descentes et par contre d'autres passagers tentent de grimper. Ah ! les images des trains indiens me reviennent en m&#233;moire avec leurs passagers &#233;dent&#233;s sur les toits. Quelle po&#233;sie ! Ainsi de suite avec des arr&#234;ts de plus en plus longs et une vitesse plus lente puisque nous sommes en surpoids. Le contr&#244;leur demande &#224; la gare de la Brillanne-Oraison aux passagers qui n'ont pas une n&#233;cessit&#233; absolue de continuer le voyage, de descendre ou de ne pas monter pour patienter jusqu'au car qui devrait passer dans une heure et quart. &#233;tant donn&#233; le peu de mouvement, soit tout le monde doute de la SNCF, soit nous devons tous rejoindre notre poste aux urgences du CHU de Marseille. L'arr&#234;t s'&#233;ternise et l'ambiance dans le wagon ressemble au RER aux heures de pointe. Rien de moins, rien de plus. Si, le paysage de la Durance&#8230; Finalement, nous arrivons avec du retard &#224; Marseille sans savoir pourquoi il n'y avait pas de rame suppl&#233;mentaire pr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeudi suivant&lt;/strong&gt;, j'harangue le peuple au foyer du m&#234;me nom, apr&#232;s la dizaine de tourn&#233;es de pastis envoy&#233;es par Michel, quand trois militants syndicaux commencent &#224; faire du grabuge. L'un deux pris de remords me glisse que lui aussi est au syndicat SUD mais attention&#8230; SUD Rail : les terroristes, les durs &#224; cuire. Je m'empresse de lui narrer mon aventure. Le vin aidant, il avoue qu'il &#233;tait le conducteur dudit train Brian&#231;on-Marseille. Stupeur ! Regards interloqu&#233;s ! Nous tombons dans les bras l'un de l'autre et fraternisons &#224; l'ind&#233;pendance du monde en buvant encore un verre. Le cheminot me raconte alors son voyage. Ou le mien si vous pr&#233;f&#233;rez. Vous &#234;tes pr&#234;ts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour lui&lt;/strong&gt;, tout commence la veille avec la prise en main de la loco &#224; la gare St-Charles. La locomotive siffle mal. &#171; &lt;i&gt;Je fais mes niveaux depuis la cabine.&lt;/i&gt; &#187; Apparemment, il manque de l'huile. Il cherche la fuite mais niquedouille. Et personne pour faire le niveau &#224; la gare ce jour-l&#224;. On lui attribue une autre machine et notre vaillant petit cheminot part avec seulement vingt minutes de retard. A bord de son autorail que l'on ne peut accoupler avec une autre bestiole du m&#234;me type, il s'aper&#231;oit que son indicateur de vitesse est en rade. Il passe Gardanne et avertit qu'il ne peut continuer sur Aix-en-Provence. Il attend alors penaud dans sa cabine : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde sait sauf moi que l'on m'a attribu&#233; une nouvelle machine. &#201;cris-le, &#231;a peut faire rire&lt;/i&gt; &#187;, m'explique-t-il. (Tu parles !) &#171; &lt;i&gt;C'est une passag&#232;re qui me l'apprend. Comment ? c'est le train pour Marseille !&lt;/i&gt; &#187; Mon cheminot avoue qu'ils sont toujours les derniers inform&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Chacun g&#232;re la mis&#232;re. J'ai 50 minutes de retard mais, coup de chapeau, j'arrive avec seulement 20&#8200;minutes &#224; la bourre.&lt;/i&gt; &#187; En coupant &#224; travers champs ? &#171; &lt;i&gt;A Veynes,tu sautes l'attente d'un quart d'heure et tu vas &#224; la limite de la vitesse.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; le secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arriv&#233;&lt;/strong&gt; avec du retard &#224; Brian&#231;on tout au bout de la ligne &#224; trois heures et demie, il y passe la nuit et le lendemain, arrive en avance pour prendre possession d'une machine assez mal en point. Brian&#231;on, c'est la plus haute ville du pays, perch&#233;e &#224; 1 326 m&#232;tres. Il h&#232;le les services techniques et n'est inform&#233; &#224; nul moment de l'affluence qu'aurait pu constater les excellents ordinateurs de la SNCF. Pourtant, les week-ends de printemps, cette ligne est assez emprunt&#233;e. En avant la b&#234;te humaine, le Gabin d&#233;marre la machine et d&#233;couvre une fuite d'air. Cela conditionne les ouvertures de portes notamment. &#171; &lt;i&gt;Les agents de maintenance viennent manipuler les sabli&#232;res mais en remontant dans la cabine j'ai un Grog, qui s'est arr&#234;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le Grog, c'est un moteur qui alimente l'&#233;lectricit&#233; dans la rame et d'autres bricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe revient&lt;/strong&gt; et le train peut partir avec une seule rame. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s Gap, c'est noir de monde. Tu sais avant il y avait des contr&#244;leurs qui comptaient les passagers. Aujourd'hui on manque de mat&#233;riel, c'est mal entretenu, donc si on a affluence, nous n'avons pas le mat&#233;riel pour suivre.&lt;/i&gt; &#187; De plus le mat&#233;riel est en d&#233;p&#244;t mais avec une gestion des stocks obsol&#232;te. &#171; &lt;i&gt;A La Brillanne, le chef de service, lass&#233; de g&#233;rer cette situation d&#233;cide de stopper le train tant qu'on ne lui promet pas au moins deux bus.&lt;/i&gt; &#187; Encore un type de SUD Rail para&#238;t-il. Finalement le train arrive avec une toute petite demi-heure de retard, comme toujours. L'audit de la SNCF explique que c'est entre autres vers Gap que des probl&#232;mes existent : boulons desserr&#233;s, absence de boulons et manque de veille technique. Des risques de d&#233;raillement et de collision, para&#238;t-il, possible avec ces surcharges de passagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme le d&#233;nonce SUD Rail&lt;/strong&gt; dans un document interne (que j'ai pu me procurer avec force ruses) : &#171; &lt;i&gt;En l'espace d'une ann&#233;e, nous subissons deux&#8200;accidents, BRETIGNY-SUR-ORGE, qui a fait 7 morts et 40 bless&#233;s, et DENGUIN en Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, avec 9 bless&#233;s dont 4 gri&#232;vement. Selon les normes de 1997, des visites de maintenance auraient eu lieu le 25 d&#233;cembre 2013, puis le 25 juin 2014. Les dirigeants nationaux ainsi que les gouvernements successifs, ont compl&#232;tement d&#233;t&#233;rior&#233; le syst&#232;me ferroviaire. Les accidents sont le r&#233;sultat d'une politique d'aust&#233;rit&#233; qui a tu&#233; l'entretien, l'emploi, les collectifs de travail et conduit &#224; une situation d'urgence sur tout le r&#233;seau ferroviaire.&lt;/i&gt; &#187; Lourdes accusations que r&#233;fute Guillaume Pepy, le boss bien peign&#233; qui accuse les rongeurs. Quant ce ne sont pas les rongeurs, ce sont les Roms qui volent les rails, et quand il n'y a plus de Roms, c'est les Corr&#233;ziens de Tarnac avec leurs cat&#233;naires. En r&#233;alit&#233; les visites de v&#233;rification &#233;lectriques se sont espac&#233;es, passant de 6 mois &#224; 15 mois. Pas &#233;tonnant que notre petit cheminot collectionne les gal&#232;res &#224; bord de l'autorail. On a vu des Roms d'ultra gauche avec des masques de rongeurs vers Brian&#231;on la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le paradigme kurde (&#233;pisode 4)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-4</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-4</guid>
		<dc:date>2015-07-04T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu L&#233;onard</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Daech</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu L&#233;onard</dc:subject>
		<dc:subject>Koban&#234;</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;mocratique</dc:subject>
		<dc:subject>Fayza</dc:subject>
		<dc:subject>Khalil</dc:subject>
		<dc:subject>Fayza Abdi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; Bakur &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, CQFD s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs. Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Leonard-182" rel="tag"&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daech" rel="tag"&gt;Daech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Leonard-1868" rel="tag"&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kobane" rel="tag"&gt;Koban&#234;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/democratique" rel="tag"&gt;d&#233;mocratique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fayza" rel="tag"&gt;Fayza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Khalil" rel="tag"&gt;Khalil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fayza-Abdi" rel="tag"&gt;Fayza Abdi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; &lt;i&gt;Bakur&lt;/i&gt; &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de Richard Schwartz et les traductions d'Aydin Mirobotan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage feuilleton. Voici le quatri&#232;me et dernier &#233;pisode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/kurd-newrozvieux-b194e.jpg?1768658633' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Solidarit&#233; Koban&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 mars.&lt;/strong&gt; Suru&#231;, petite ville frontali&#232;re, poussi&#233;reuse et pauvre, est l'avant-poste du soutien &#224; la ville martyre de Koban&#233;, que l'on peut apercevoir au loin, dix kilom&#232;tres plus au sud, silencieuse et en ruine apr&#232;s les bombardements &#171; lib&#233;rateurs &#187; des Am&#233;ricains. Au Centre culturel d&#233;mocratique nous attendent Fayza Abdi, institutrice et co-pr&#233;sidente du conseil l&#233;gislatif du canton de Koban&#233;, et Khalil Bozan qui s'occupe des camps de &#171; d&#233;plac&#233;s &#187;, terme pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; celui de &#171; r&#233;fugi&#233;s &#187;. &#171; &lt;i&gt;Les gens de Koban&#233; ne sont pas des r&#233;fugi&#233;s, mais nos cousins&lt;/i&gt;, nous disait un militant. &lt;i&gt;Ici, ils sont chez eux et ce sont nos enfants qui se battent &#224; leurs c&#244;t&#233;s et tombent aussi l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH512/kurd-faiza-7a471.jpg?1768658633' width='400' height='512' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fayza. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans avant&lt;/strong&gt; l'arriv&#233;e de Daech, Koban&#233; avait &#233;t&#233; sous l'embargo des islamistes du front Al-Nosra, les gens s'&#233;taient pr&#233;par&#233;s &#224; r&#233;sister, gr&#226;ce au syst&#232;me d'autod&#233;fense, village par village, quartier par quartier. Mais lorsque les djihadistes de Daech ont pris Mossoul, le 10 juin 2014, ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; des armements tr&#232;s lourds et sophistiqu&#233;s qu'ils ont ensuite transf&#233;r&#233;s en Syrie. Les forces combattantes kurdes ont pr&#233;f&#233;r&#233; appeler la population la plus vuln&#233;rable &#224; se r&#233;fugier au Nord pour mieux organiser la d&#233;fense. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions d&#233;j&#224; organis&#233;s selon les principes de l'autonomie d&#233;mocratique &#224; partir de chaque commune&lt;/i&gt;, indique Khalil. &lt;i&gt;On avait mis en place des commissions pour l'autosuffisance. Par exemple, notre eau provenait de l'Euphrate, mais quand la r&#233;gion est tomb&#233;e aux mains de Daech, l'acc&#232;s &#224; l'eau a &#233;t&#233; rompu. Il a fallu alors creuser onze puits. On avait aussi des g&#233;n&#233;rateurs d'&#233;lectricit&#233;. Nous avons pu supporter le si&#232;ge de Koban&#233; parce que nous nous &#233;tions forg&#233; un esprit de r&#233;sistance longtemps auparavant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fayza&lt;/strong&gt; poursuit : &#171; &lt;i&gt;Les trois cantons du Rojava constituent une r&#233;gion plut&#244;t riche, notamment en bl&#233;, en eau et en p&#233;trole, mais le r&#233;gime d'Assad n'avait rien d&#233;velopp&#233;. Depuis 2012, gr&#226;ce &#224; l'auto-administration kurde, de nombreux projets avaient &#233;t&#233; mis en &#339;uvre. La guerre a tout d&#233;truit. On recommence de z&#233;ro, avec le m&#234;me esprit d'auto-administration. Les assembl&#233;es de femmes ont &#233;t&#233; relanc&#233;es avant m&#234;me la lib&#233;ration de la ville.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce jour, plus de 90 % des villages autour de Koban&#233; ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s, cinq cents mines sem&#233;es par Daech ont &#233;t&#233; d&#233;sactiv&#233;es et plus de 60 000 personnes ont pu retourner chez elles. Au milieu des d&#233;combres, des boutiques, un salon de coiffure m&#234;me, commencent &#224; rouvrir. L'aide est massive, les convois humanitaires affr&#233;t&#233;s par les mairies pro-kurdes du Bakur (Kurdistan nord) peuvent passer : fin mars, 50&#8200;camions en provenance de Batman et 25&#8200;de Mardin sont entr&#233;s dans la ville. Le 2&#8200;et 3 mai, une conf&#233;rence r&#233;unissant plus de 250&#8200;d&#233;l&#233;gu&#233;s s'est tenu &#224; Diyarbakir pour faire le point sur la reconstruction de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'urgence&lt;/strong&gt; est toujours l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Tout ne va pas bien&lt;/i&gt;, continue Fayza. &lt;i&gt;La guerre est encore proche. Les maisons des villages ont &#233;t&#233; min&#233;es par Daech. Nos &#233;coles sont d&#233;truites ; un pays o&#249; les enfants ne peuvent aller &#224; l'&#233;cole, c'est une trag&#233;die. Nous devons &#233;galement vite enlever les corps rest&#233;s sous les d&#233;combres car, avec l'&#233;t&#233; qui arrive, les risques d'&#233;pid&#233;mie sont d&#233;cupl&#233;s. Or, nous n'avons qu'un tracteur et un tracto-pelle pour toute la ville ! Le gouvernement turc n'ouvre la fronti&#232;re qu'au compte-gouttes et emp&#234;che ainsi l'arriv&#233;e de machines, de technologies et de savoir-faire. Il faut faire pression sur la Turquie pour ouvrir un corridor humanitaire permanent !&lt;/i&gt; &#187; Les autorit&#233;s turques ont m&#234;me refoul&#233; r&#233;cemment un camion d'aides qui venait du Danemark &#224; la fronti&#232;re turco-bulgare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soir,&lt;/strong&gt; nous croiserons un m&#233;decin qui doit passer la fronti&#232;re par des chemins de contrebande pour proposer ses services &#224; la population de Koban&#233;. M&#233;decins sans fronti&#232;res a d&#233;j&#224; engag&#233; la construction d'un petit h&#244;pital de treize lits et pr&#233;voit l'arriv&#233;e de cinq m&#233;decins. Une des probl&#233;matiques pour rompre l'invraisemblable isolement humanitaire de la ville est aussi de porter la demande d'aide devant les institutions internationales (ONU, Union europ&#233;enne) et les ONG, sans laisser le mod&#232;le d'autonomie du Rojava se subordonner aux technocrates. &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas habituer un peuple aux aides pendant trop longtemps&lt;/i&gt;, souligne Fayza. &lt;i&gt;Il faut qu'il retourne le plus rapidement possible &#224; la production et viser l'autosuffisance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH441/kurd-khalid-d8102.jpg?1768658633' width='400' height='441' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Khalil. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours de Khalil&lt;/strong&gt; s'inscrit dans la ligne du PYD : &#171; &lt;i&gt;Nous avons construit une troisi&#232;me voie en Syrie : ni avec l'opposition arm&#233;e ni avec le r&#233;gime, mais pour une transformation pacifique du pays. Bachar a affirm&#233; avoir soutenu Koban&#233;, mais c'est de la pure propagande, car avec la fronti&#232;re turque ferm&#233;e au nord et Daech attaquant par trois c&#244;t&#233;s, comment aurait-il pu nous venir en aide ? Nous sommes pr&#234;ts &#224; nous d&#233;fendre si le r&#233;gime nous attaque. Certaines organisations internationales essaient de nous calomnier en nous faisant passer pour des alli&#233;s du r&#233;gime. Depuis les accords Sykes-Picot, les diff&#233;rentes puissances ont toujours voulu assigner les Kurdes &#224; un camp ou &#224; un autre, mais aujourd'hui, c'est notre propre camp que nous d&#233;fendons. Notre position est claire : celui qui d&#233;sire s'associer &#224; notre projet, nous l'acceptons, du moment qu'il respecte la diversit&#233; de la soci&#233;t&#233; et l'autonomie d&#233;mocratique. La r&#233;sistance de Koban&#233; est devenue un symbole international et la guerre contre Daech, une guerre pour l'humanit&#233;. Nous esp&#233;rons que Koban&#233; et le projet de conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique va constituer une cl&#233; pour le Moyen-Orient&#8230; et le monde entier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fayza&lt;/strong&gt; compl&#232;te ces propos : &#171; &lt;i&gt;Quand j'observe l'empathie des internationaux qui viennent soutenir Koban&#233; et que je r&#233;alise leur enthousiasme, cela m'&#233;meut. Je voudrais aussi faire un appel pour la solidarit&#233; f&#233;min&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce moment, la discussion est interrompue par le vibrant appel &#224; la pri&#232;re provenant d'un minaret tout proche. Apr&#232;s un signe d'exasp&#233;ration, Fayza rigole : &#171; &lt;i&gt;Il arrive au bon moment, celui-l&#224; !&lt;/i&gt; &#187; Puis reprend : &#171; &lt;i&gt;La guerre de Daech est une guerre faite aux femmes. Notre lutte est celle pour les droits des femmes du monde entier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lendemain&lt;/strong&gt;, nous nous rendons dans un des camps de r&#233;fugi&#233;s &#224; l'entr&#233;e de Suru&#231;. Les grandes tentes sont de plus en plus espac&#233;es : des 250&#8200;dress&#233;es au d&#233;but du conflit, il n'en reste plus que 80. Les convois de retour se font trois fois par semaine. &#171; &lt;i&gt;Notre village est un des derniers villages kurdes de la zone&lt;/i&gt;, nous dit Abdou, la t&#234;te emmitoufl&#233;e dans un keffieh rouge. &lt;i&gt;Il est encore occup&#233; par Daech. Nous attendons de rentrer. Gr&#226;ce &#224; l'aide de la mairie, on ne manque de rien, mais le fait d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s est insupportable. Certains de nos fils sont au combat. La prochaine fois, nous ne fuirons plus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1531 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH709/kurd-alikob-972e2.jpg?1768649467' width='400' height='709' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Abdou. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une contre-soci&#233;t&#233; en marche ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diyarbakir, lundi 23 mars.&lt;/strong&gt; Dans une salle de r&#233;union au milieu d'un quartier pauvre &#224; l'est de la vieille ville, une cinquantaine de militants sont pr&#233;sents pour pr&#233;parer une manif contre un barrage. Un peu en retrait, de jeunes ados alignent les &lt;i&gt;&#231;ay&lt;/i&gt; (th&#233;) et jouent avec leur portable. Sont pr&#233;sentes des m&#232;res de famille visiblement rompues aux discussions. Une militante les invite &#224; prendre la parole, elles r&#233;pondent : &#171; &lt;i&gt;Nous vous souhaitons la bienvenue. Nous ne sommes pas instruites, mais nous sommes l'assembl&#233;e des femmes du quartier. Cette assembl&#233;e nous permet de mieux r&#233;pondre &#224; nos besoins, de nous entraider et de repousser les islamistes ou l'AKP quand ils montrent le bout de leur nez !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup&lt;/strong&gt; de questions restent en suspens apr&#232;s ce court s&#233;jour au sein de la soci&#233;t&#233; kurde, notamment sur la mise en pratique de cette auto-administration qui souhaite tisser sa toile dans tous les domaines de la vie publique. L'aspect le plus frappant dans les discussions avec les interlocuteurs les plus vari&#233;s&#8200;&#8211; citadins, ruraux, hommes, femmes, instruits, analphab&#232;tes, jeunes, vieux, al&#233;vis, assyriens, y&#233;zidis, sunnites, d&#233;plac&#233;s de l'int&#233;rieur, d&#233;plac&#233;s de l'ext&#233;rieur, turcs, arabes&#8230;&#8200;&#8211;, c'est le refus commun de se laisser enfermer dans &#171; &lt;i&gt;un antagonisme fictif entre les peuples et les identit&#233;s, sur lequel se greffe la religion&lt;/i&gt; &#187;, comme le rappelait Mehmet le sage. Avec le projet d'autonomie d&#233;mocratique, la mise en &#339;uvre de solidarit&#233;s concr&#232;tes et en faisant de la lib&#233;ration des femmes une priorit&#233;, le mouvement kurde d&#233;tient peut-&#234;tre un projet d'utopie capable de d&#233;samorcer le pi&#232;ge des identit&#233;s ferm&#233;es, sur lesquelles prosp&#232;rent nationalisme, despotisme, fanatisme religieux et imp&#233;rialismes au Moyen-Orient, et sur quoi sp&#233;culent les thurif&#233;raires du &#171; choc des civilisations &#187;, au Levant comme au Ponant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/kurd-assemble_e-e66c4.jpg?1768658633' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Salle d'assembl&#233;e dans un quartier de Diyarbakir.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A suivre... la saison prochaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 2 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 3 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le paradigme kurde (&#233;pisode 3)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3</guid>
		<dc:date>2015-07-01T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu L&#233;onard</dc:subject>
		<dc:subject>Daech</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>village</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>Y&#233;zidis</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s y&#233;zidis</dc:subject>
		<dc:subject>Sinjar</dc:subject>
		<dc:subject>Simze</dc:subject>
		<dc:subject>y&#233;zidis irakiens</dc:subject>
		<dc:subject>village y&#233;zidi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; Bakur &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, CQFD s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs. Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Leonard-182" rel="tag"&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daech" rel="tag"&gt;Daech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/village" rel="tag"&gt;village&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yezidis" rel="tag"&gt;Y&#233;zidis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-yezidis" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s y&#233;zidis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sinjar" rel="tag"&gt;Sinjar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Simze" rel="tag"&gt;Simze&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/yezidis-irakiens" rel="tag"&gt;y&#233;zidis irakiens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/village-yezidi" rel="tag"&gt;village y&#233;zidi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; &lt;i&gt;Bakur&lt;/i&gt; &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de Richard Schwartz et les traductions d'Aydin Mirobotan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage feuilleton. Voici le troisi&#232;me &#233;pisode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La trag&#233;die des Y&#233;zidis&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH556/kurd-ahmed-06689.jpg?1768654870' width='400' height='556' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ahmet. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 mars.&lt;/strong&gt; Nous nous rendons &#224; l'est de la ville de Batman, dans le village de Simze (&#214;rgul en turc). Sur les hauteurs du village se dresse un camp de l'arm&#233;e, qui, malgr&#233; son air endormi rappelle la militarisation de la r&#233;gion. Durant les ann&#233;es 1980, ce village y&#233;zidi a vu le nombre de maisons habit&#233;es chuter de quatre-vingts &#224; huit, effet de la grande migration vers l'Europe qui a fait passer la population y&#233;zidie de l'ensemble de la Turquie de 80 000, dans les ann&#233;es 1970, &#224; 2 000&#8200;personnes aujourd'hui. En ao&#251;t 2014, Simze a vu affluer des centaines de r&#233;fugi&#233;s y&#233;zidis irakiens, parmi les 200 000&#8200;personnes fuyant l'avanc&#233;e de Daech au nord de l'Irak. Ahmet, un agriculteur d'une trentaine d'ann&#233;es, fait partie des habitants de ce village d&#233;peupl&#233; qui ont fait face &#224; l'arriv&#233;e massive de r&#233;fugi&#233;s : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s le 3&#8200;ao&#251;t, les premi&#232;res familles sont arriv&#233;es, 80&#8200;personnes, puis 450&#8200;r&#233;fugi&#233;s au 15 ao&#251;t. Nous n'&#233;tions pas pr&#233;par&#233;s. Il a fallu courir partout pour aider ces gens sans v&#234;tements, affam&#233;s, d&#233;shydrat&#233;s, malades. Apr&#232;s la panique, on s'est r&#233;unis en assembl&#233;e pour faire face aux urgences. Le PKK nous est venu en aide rapidement ; des m&#233;decins proches du parti sont venus ausculter les enfants malades ; des militants b&#233;n&#233;voles ont remis en &#233;tat les maisons d&#233;laiss&#233;es par les &#233;migr&#233;s partis en Allemagne. Ils ont refait la plomberie, les portes et les fen&#234;tres. Les villages alentour ont apport&#233; des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Les &#233;migr&#233;s envoient aussi leur soutien mat&#233;riel en passant par les structures mises en place par la municipalit&#233; de Batman. Voil&#224; pour les soutiens, nombreux. En revanche, l'&#201;tat ne nous a apport&#233; aucune aide. Cela fait seulement une quinzaine de jours que les y&#233;zidis irakiens peuvent se soigner dans les h&#244;pitaux publics.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exemple&lt;/strong&gt; de l'h&#233;bergement des r&#233;fugi&#233;s y&#233;zidis &#224; Simze s'inscrit &#233;galement dans un projet plus global du PKK de repeupler les 4 000 villages expuls&#233;s par l'arm&#233;e durant la sale guerre. Aujourd'hui, 33&#8200;familles sont rest&#233;es &#224; Simze, les autres ont &#233;t&#233; plac&#233;es dans des campements ou sont rentr&#233;es en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdi,&lt;/strong&gt; patriarche de soixante-dix ans, veut t&#233;moigner de sa fuite de la ville de Sinjar : &#171; &lt;i&gt;Le 3 ao&#251;t vers deux heures du matin, nous avons entendu des explosions au loin. Puis, &#224; l'aube, nous avons vu nos voisins emballer leurs affaires. Nous avons atteint la ville de Zakho o&#249; nous avons &#233;t&#233; bien accueillis et o&#249; nous sommes rest&#233;s un mois. Nous sommes pass&#233;s au Kurdistan nord, les gens qui fuyaient d'autres endroits nous ont racont&#233; les combats contre Daech. Les gens du village de Kocho qui ont refus&#233; de se convertir &#224; l'Islam ont &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;s, mais les convertis ont &#233;t&#233; tu&#233;s aussi. Dans ma famille, 28&#8200;personnes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es ou sont disparues : j'ai perdu deux de mes fr&#232;res ; ma m&#232;re de 98 ans ; ma jeune ni&#232;ce a &#233;t&#233; t&#233;moin des massacres avant de mourir ; deux de mes neveux ont disparu ; trois cousins sont morts dans les combats ; parmi mes parents &#233;loign&#233;s, une famille de sept personnes n'a plus donn&#233; de nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation douloureuse des disparus est lourde de la rumeur de l'asservissement des femmes et des enfants y&#233;zidis par les djihadistes&#8200;&#8211; les &#233;valuations varient de 1 500 &#224; 4 600 personnes encore esclaves de Daech. L'&#201;tat islamique a publi&#233; des articles justifiant et r&#233;glementant &#171; coraniquement &#187; l'asservissement des &lt;i&gt;kafir&lt;/i&gt; (m&#233;cr&#233;ants) : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s capture, les femmes et les enfants ont &#233;t&#233; r&#233;partis, conform&#233;ment &#224; la charia, parmi les combattants ayant particip&#233; aux op&#233;rations du Sinjar, apr&#232;s qu'un cinqui&#232;me des esclaves a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; &#224; l'autorit&#233; de Daech en tant que butin de guerre (khums)&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on lire dans sa revue &lt;i&gt;Dabiq&lt;/i&gt;, dat&#233;e du 12 octobre 2014. &#192; Diyarbakir, quelques jours auparavant, une jeune fille y&#233;zidie s'est suicid&#233;e apr&#232;s &#234;tre retourn&#233;e en Irak quelques jours et avoir mesur&#233; la gravit&#233; de la pers&#233;cution des femmes. D&#233;but avril, plus de deux cents y&#233;zidis, kidnapp&#233;s d&#233;but ao&#251;t&#8200;2014, ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s et une trentaine ont pu &#233;chapper &#224; leurs ravisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire&lt;/strong&gt; de la pers&#233;cution des Y&#233;zidis est ancienne. Tout au long du XIXe&#8200;si&#232;cle, ils subirent plusieurs vagues de pogromes sous l'impulsion d'&#233;mirs kurdes qui garantissaient un s&#233;same pour le paradis d'Allah &#224; qui massacrait ces infid&#232;les&#8200;&#8211; parall&#232;lement aux pers&#233;cutions des al&#233;vis et des Arm&#233;niens. Les y&#233;zidis passent encore pour des adorateurs du diable chez les musulmans fondamentalistes. Sur le plan religieux, ils pratiquent une religion syncr&#233;tique aux origines incertaines qui int&#232;gre des &#233;l&#233;ments du chiisme, du zoroastrisme et d'anciens paganismes orientaux. Ils prient debout face au soleil et v&#233;n&#232;rent un archange, l'Ange-paon, qui symbolise la r&#233;incarnation, mais est associ&#233; &#224; l'incarnation d'Iblis (Lucifer) dans la mythologie islamique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH518/kurd-abdi-48c10.jpg?1768654871' width='400' height='518' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Abdi. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abdi poursuit&lt;/strong&gt;, entre rage et tristesse : &#171; &lt;i&gt;J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; que notre population soit d&#233;cim&#233;e enti&#232;rement plut&#244;t que nos femmes et nos filles soient captur&#233;es par Daech.&lt;/i&gt; &#187; Envisage-t-il de retourner un jour &#224; Sinjar ? &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, comme on dit : &#8220;le sucre est doux, mais ta patrie est plus douce que le sucre&#8221;. Nous &#233;tions pauvres mais heureux, nous n'avions pas de souci avec les Arabes, mais aujourd'hui nous n'avons plus confiance. Certains voisins se sont retourn&#233;s contre nous quand Daech est arriv&#233;. Nous sommes un peuple opprim&#233;, mais nous sommes un peuple de paix. Les gens qui feront un pas vers nous, nous ferons deux pas vers eux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux jeunes y&#233;zidis,&lt;/strong&gt; Mahir et Re&#231;o, racontent &#224; leur tour leur calvaire : la fuite &#224; pied, par milliers, dans la montagne du Sinjar pendant dix jours sans eau ni nourriture&#8200;&#8211; les Am&#233;ricains ont parachut&#233; un peu d'aide au bout de cinq jours&#8200;&#8211;, les personnes &#226;g&#233;es qui s'effondrent au bord du chemin, la chaleur, les cadavres&#8230; Re&#231;o : &#171; &lt;i&gt;Au bout de dix jours, on a march&#233; de 4&#8200;heures du matin &#224; 18&#8200;heures vers le corridor ouvert par les YPG. Je portais mon grand-p&#232;re sur le dos et mon fr&#232;re portait ma grand-m&#232;re. Les combattants YPG sont venus vers nous pour secourir nos enfants et nos vieillards.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fa&#239;k&lt;/strong&gt;, le maire agriculteur d'un petit village &#224; proximit&#233; de Simze qui a fourni plus de 8 000 euros d'aide aux y&#233;zidis, commente : &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on vous a fait, je consid&#232;re qu'on me l'a fait &#224; moi-m&#234;me. Cela nous concerne tous. Vous avez &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes d'une guerre de religion artificielle que les politiques imp&#233;rialistes ont d&#233;cha&#238;n&#233;e et qui vise &#224; l'&#233;radication des Kurdes.&lt;/i&gt; &#187; Puis s'ensuit une discussion sur l'attitude des peshmergas, terme qui d&#233;signe la force arm&#233;e kurde en Irak sous l'autorit&#233; de Massoud Barzani, le pr&#233;sident du gouvernement r&#233;gional du Kurdistan, grand rival du PKK, soutenu par les &#201;tats-Unis : &#171; &lt;i&gt;J'aimerais ne pas avoir &#224; le dire&lt;/i&gt;, confie Mahir, &lt;i&gt;mais les peshmergas nous ont abandonn&#233;s. Ils nous ont fait honte d'&#234;tre Kurdes. Ils ne nous ont pas fourni d'armes et n'ont pas laiss&#233; le PYD nous venir en aide. L'humanit&#233; qu'on a vue chez les militants du PYD, on ne l'a vue nulle part ailleurs. M&#234;me si le Sinjar est aujourd'hui lib&#233;r&#233;, on ne sera en confiance que si le PYD est pr&#233;sent.&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'en France, Bernard-Henri L&#233;vy sert d'impresario au pro-am&#233;ricain Barzani aupr&#232;s de Fran&#231;ois Hollande et que les &#233;crivains Pascal Bruckner et Sylvain Tesson s'improvisent champions des chr&#233;tiens d'Orient pour mieux dresser les identit&#233;s les unes contre les autres, les y&#233;zidis font figures de variable d'ajustement dans le conflit irakien. Quand Daech a envahi le Sinjar, les peshmergas, qui disposaient de 10 000 combattants dans cette r&#233;gion, se sont repli&#233;s, abandonnant les y&#233;zidis &#224; leur sort. Ces derniers ont pu constituer en urgence une force d'autod&#233;fense de 3 000 hommes, qui s'est tourn&#233;e vers les militaires chiites pour obtenir les armes que lui refusaient les peshmergas. Depuis, les tensions restent vives : d&#233;but avril, le commandant des forces y&#233;zidies, Haydar Seso, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par les services de s&#233;curit&#233; de Barzani ; puis c'est un activiste y&#233;zidi, Ali Ibrahim, qui a &#233;t&#233; jet&#233; en prison pour ses critiques des autorit&#233;s barzanistes sur Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un hameau&lt;/strong&gt; &#224; quelques kilom&#232;tres de Sizme, nous rendons visite &#224; Ali, un vieil homme alit&#233; apr&#232;s une op&#233;ration chirurgicale. Ali est la m&#233;moire des y&#233;zidis de la r&#233;gion, il &#233;voque devant nous l'exode &#224; flux continu de son peuple : &#171; &lt;i&gt;Notre identit&#233; n'&#233;tait pas respect&#233;e. Jusque dans les ann&#233;es 1970, nous avions peur d'aller &#224; Batman, car si nous &#233;tions rep&#233;r&#233;s en tant que y&#233;zidis, nous pouvions &#234;tre insult&#233;s, maltrait&#233;s, voire lynch&#233;s. On rasait les murs, on avait peur de croiser d'autres villageois qui auraient pu nous d&#233;noncer.&lt;/i&gt; &#187; Il interpelle l'un de nos accompagnateurs dont l'arri&#232;re grand-m&#232;re &#233;tait y&#233;zidie : &#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re que tu ne seras pas f&#226;ch&#233; si je te dis la v&#233;rit&#233;, mais ton arri&#232;re-grand-m&#232;re, qui &#233;tait aussi ma tante, a &#233;t&#233; enlev&#233;e, mari&#233;e de force et islamis&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; Puis, poursuivant son r&#233;cit : &#171; &lt;i&gt;Quand le PKK est apparu, il a pris notre d&#233;fense, nous avons pu respirer un peu mieux. Bien s&#251;r, le m&#233;pris que nous subissons n'a pas disparu, mais les choses s'am&#233;liorent. Maintenant, je n'ai plus de probl&#232;mes avec mes voisins musulmans. On a retrouv&#233; ce sentiment de terreur avec ce qu'ont subi les y&#233;zidis d'Irak, mais je crois que j'aurais trouv&#233; cela aussi insupportable si n'importe quelle minorit&#233; avait subi cela. J'ai h&#233;berg&#233; chez moi jusqu'&#224; quarante familles, aujourd'hui il en reste trois. Ce que je souhaite le plus au monde, c'est la fraternit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1528 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH278/kurd-aliyez-dca1f.jpg?1768654871' width='400' height='278' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ali. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A suivre...&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 2 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Games of thrones : Fantasy et r&#233;volution</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Games-of-thrones-Fantasy-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Games-of-thrones-Fantasy-et</guid>
		<dc:date>2015-06-30T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>William Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>ferri</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>Martin</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Thrones</dc:subject>
		<dc:subject>Game</dc:subject>
		<dc:subject>fantasy</dc:subject>
		<dc:subject>Tolkien</dc:subject>
		<dc:subject>fantasy ferait-elle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Intrigues politiques, trahisons, dilemmes shakespeariens, rebondissements sanglants, la s&#233;rie Games of Thrones tient en haleine des millions de spectateurs depuis cinq saisons, qui se plongent avec d&#233;lectation dans l'univers fantastique imagin&#233; par l'&#233;crivain am&#233;ricain George R.&#8200;R.&#8200;Martin. L'historien William Blanc revient sur un genre plus subversif qu'il n'y para&#238;t. La fantasy ferait-elle sa r&#233;volution ? Selon certains, Game of Thrones, produit par la cha&#238;ne HBO, serait l'&#339;uvre qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferri" rel="tag"&gt;ferri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin" rel="tag"&gt;Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/serie" rel="tag"&gt;s&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thrones" rel="tag"&gt;Thrones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Game" rel="tag"&gt;Game&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fantasy" rel="tag"&gt;fantasy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tolkien" rel="tag"&gt;Tolkien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fantasy-ferait-elle" rel="tag"&gt;fantasy ferait-elle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Intrigues politiques, trahisons, dilemmes shakespeariens, rebondissements sanglants, la s&#233;rie &lt;i&gt;Games of Thrones&lt;/i&gt; tient en haleine des millions de spectateurs depuis cinq saisons, qui se plongent avec d&#233;lectation dans l'univers fantastique imagin&#233; par l'&#233;crivain am&#233;ricain George R.&#8200;R.&#8200;Martin. L'historien William Blanc revient sur un genre plus subversif qu'il n'y para&#238;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fantasy ferait-elle sa r&#233;volution ? Selon certains, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, produit par la cha&#238;ne HBO, serait l'&#339;uvre qui permettrait enfin de faire passer la litt&#233;rature merveilleuse &#224; l'&#226;ge adulte en abordant des th&#232;mes tels que la sexualit&#233; (y compris LGBT), la politique ou le racisme. En Espagne, Pablo Iglesias, porte-parole de Podemos, a dirig&#233; un livre sur la s&#233;rie qui affirme son caract&#232;re subversif. On peut difficilement lui donner tort. &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, comme nombre d'&#339;uvres de la culture de masse, offre un miroir saisissant de la soci&#233;t&#233; occidentale et plus pr&#233;cis&#233;ment am&#233;ricaine. Elle porte aussi la marque de fabrique de son auteur, G. R. R. Martin, &lt;i&gt;baby-boomer&lt;/i&gt; ouvertement ath&#233;e ayant fr&#233;quent&#233; la gauche estudiantine &#233;tasunienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage collectif &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : Game of Thrones, s&#233;rie noire, &#233;ditions Les prairies ordinaires, 2015. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, paru aux Prairies ordinaires en avril 2015, et r&#233;unissant des analyses de philosophes, d'historien, de sp&#233;cialistes du cin&#233;ma, de la litt&#233;rature, montre &#224; quel point la s&#233;rie transgresse nombre de codes. Alors que la majorit&#233; des productions t&#233;l&#233;vis&#233;es am&#233;ricaines se plaisent &#224; mettre en sc&#232;ne une vision positive de la famille, recompos&#233;e ou non, choisie ou non, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, selon un des contributeurs, le chercheur en cin&#233;ma Guillaume Bourgois, constitue au contraire le triomphe des familles dysfonctionnelles et des &#234;tres solitaires pour qui il n'y a pas d'amours heureux. Pareillement, alors que la t&#233;l&#233; US narre les aventures de personnages ordinaires accomplissant des exploits hors du commun, l'auteure de romans et d'essais &#201;milie Not&#233;ris montre que les protagonistes centraux de la s&#233;rie sont tous d'embl&#233;e des personnages &#171; &lt;i&gt;a-ordinaires&lt;/i&gt; &#187;, des &lt;i&gt;freaks&lt;/i&gt; : nains, b&#226;tards, infirmes, chevaleresse transgenre. Brienne de Torth est ainsi le seul personnage encore en vie &#224; pouvoir pr&#233;tendre ressembler &#224; un chevalier des l&#233;gendes, pourtant, c'est une femme honnie par ses pairs. Enfin, pour le philosophe Mathieu Potte-Bonneville, &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt; est une s&#233;rie frapp&#233;e du sceau de Machiavel, penseur florentin du XVIe&#8200;si&#232;cle qui avait d&#233;tach&#233; l'action politique de toute forme de morale religieuse. Le bien ou le mal absolu n'existent pas &#224; Westeros et les eccl&#233;siastiques ne sont pas des compas moraux, mais des charlatans ou, au mieux des fanatiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1524 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH460/p20-gameofthronescopie-f5756.jpg?1768659379' width='400' height='460' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt; confronte ses personnages &#224; des probl&#232;mes concrets qui exigent des solutions pragmatiques rarement satisfaisantes. Alors que la chute de Sauron dans&lt;i&gt; Le Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; de J. R. R. Tolkien marque une quasi-disparition du Mal, la victoire compl&#232;te n'est jamais acquise dans le monde de Westeros. La blanche Daenerys, en lib&#233;rant les esclaves, para&#238;t certes incarner le messianisme am&#233;ricain venant apporter la d&#233;mocratie et le lib&#233;ralisme &#224; des populations &#224; la peau sombre. Mais la ressemblance s'arr&#234;te l&#224;, car le cycle des livres de G. R. R. Martin montre justement qu'il ne suffit pas d'&#234;tre un missionnaire en armes et que la d&#233;mocratie ou la libert&#233; ne se d&#233;cr&#232;tent pas &#224; coups de dragons ou de chasseurs F15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette tendance&lt;/strong&gt; &#224; la fantasy de sortir du discours &#233;pique ou le Bien triomphe du Mal pour d&#233;velopper des intrigues plus politiques se retrouve dans d'autres &#339;uvres r&#233;centes du genre. Citons &#224; titre d'exemple le formidable &lt;i&gt;Gagner la guerre : R&#233;cit du vieux royaume&lt;/i&gt; (Les Moutons &#233;lectriques, 2009) de Jean-Philippe Jaworski. En partant du point de vue d'un spadassin, d'un homme de l'ombre et non d'un &#171; grand homme &#187;, l'auteur y montre que dans les conflits, m&#234;me entre &#171; Orient &#187; et &#171; Occident &#187;&#8200;&#8211; la situation rappelle beaucoup l'affrontement entre Venise et l'Empire ottoman au XVIe si&#232;cle&#8200;&#8211;, la v&#233;ritable lutte se situe surtout &#224; l'int&#233;rieur de chaque camp et que l'unit&#233; nationale n'est qu'une fiction politique qui n'engage que ceux qui y croient. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fantasy deviendrait donc un genre politique et quitterait, avec &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;, les limbes de la litt&#233;rature de jeunesse. C'est oublier un peu vite que le genre a souvent &#233;t&#233; empreint de discours politiques et qu'il a refl&#233;t&#233; les craintes et espoirs qui ont scand&#233; &#171; l'&#226;ge des extr&#234;mes &#187;. C'est d'autant plus facile que placer les actions dans un monde imaginaire permet d'op&#233;rer des critiques moins frontales que dans la litt&#233;rature &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;. Ainsi, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, un jeune auteur anglais, Michael Moorcock, dans &lt;i&gt;Le Cycle d'Elric&lt;/i&gt;, imagine les aventures tragiques d'un jeune empereur ch&#233;tif et albinos, Elric, s'alliant avec des pirates pour d&#233;truire son propre royaume de Melnibon&#233;e. Ses habitants, jadis ma&#238;tres du monde, dompteurs de dragons maintenant assoupis&#8200;&#8211; G. R. R. Martin s'en inspirera pour cr&#233;er les Targaryen de &lt;i&gt;Game of Thrones&lt;/i&gt;&#8200;&#8211; ne sont plus que l'ombre d'eux-m&#234;mes, des &#234;tres d&#233;cadents passant leur temps &#224; organiser de gigantesques f&#234;tes et &#224; consommer de la drogue. Difficile de ne pas voir un parall&#232;le &#233;vident avec le d&#233;clin de l'Empire britannique qui, au m&#234;me moment, voit ses colonies s'&#233;manciper les unes apr&#232;s les autres. Rapidement, Moorcock pars&#232;mera ses &#339;uvres de fantasy de satires acerbes de la soci&#233;t&#233; anglaise. Dans &lt;i&gt;Le Cycle d'Hawkmoon&lt;/i&gt; (&#233;crit &#224; partir de 1967), il d&#233;crit une Europe post-apocalyptique retomb&#233;e dans le Moyen &#194;ge subissant le joug de l'empire de Granbretanne dirig&#233; par un empereur mill&#233;naire vivant dans un bocal de formol. Comble de la provocation, l'Empire granbreton voit se dresser face &#224; lui un h&#233;ros venu d'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns opposent Moorcock &#224; J. R. R. Tolkien, qui est per&#231;u par beaucoup comme un r&#233;actionnaire (ce qui est en partie vrai) voire comme un abject raciste (accusation pour le coup d&#233;nu&#233;e de fondements). N&#233;anmoins, cette id&#233;e r&#233;siste mal &#224; l'analyse tant la fantasy de Tolkien porte aussi en elle une critique parfois acerbe de la modernit&#233;. Ce n'est pas &#233;tonnant si dans les ann&#233;es 1960, &lt;i&gt;Le Seigneur des anneaux&lt;/i&gt;, dont le premier tome para&#238;t en 1954, a atteint le statut de livre culte dans les campus am&#233;ricains secou&#233;s par la contestation hippie. Sa vision idyllique d'un monde rural &#233;ternel repr&#233;sent&#233; par la Comt&#233; des hobbits, oppos&#233; &#224; la brutalit&#233; industrielle de Sauron et du magicien Saroumane, marquera durablement les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1525 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH195/p19-vintage-dragon-ef55c.jpg?1768652150' width='400' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On la retrouve dans le dessin anim&#233; du cin&#233;aste underground Ralph Bakshi &lt;i&gt;Les Sorciers de la guerre&lt;/i&gt; (1977), dans lequel un sorcier mal&#233;fique subvertit des populations compl&#232;tes en les hypnotisant avec des films de propagande nazis (l'action, comme dans &lt;i&gt;Hawkmoon&lt;/i&gt;, se situe dans un futur post-apocalyptique o&#249; la soci&#233;t&#233; est revenue dans un Moyen &#194;ge fantastique). Plus connus, les Ewoks du &lt;i&gt;Retour du Jedi&lt;/i&gt; (1984) sont eux aussi des petits &#234;tres vivants membres d'une soci&#233;t&#233; pr&#233;-industrielle luttant victorieusement contre une machine de guerre totalitaire repr&#233;sent&#233;e par l'Empire. N&#233;anmoins, la cible de Tolkien, &#224; la diff&#233;rence de ses imitateurs tardifs Bakshi et George Lucas, n'est pas tant le fascisme ou le stalinisme&#8200;&#8211; il s'est &#233;lev&#233; contre des lectures qui feraient du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt; une all&#233;gorie de la guerre froide ou du la Deuxi&#232;me Guerre mondiale&#8200;&#8211; que la modernit&#233; elle-m&#234;me. Comme le montre l'excellent livre de John Garth, &lt;i&gt;Tolkien et la Grande Guerre&lt;/i&gt; (Christian Bourgois, 2003), le monde o&#249; se d&#233;roulent les aventures des Hobbits tire son origine de l'exp&#233;rience traumatique de Tolkien dans les tranch&#233;es de la Somme en 1916. &lt;i&gt;La Chute de Gondolin&lt;/i&gt;, premi&#232;re nouvelle achev&#233;e &#233;crite dans l'univers de la Terre du Milieu, qui deviendra celui du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e lors de sa convalescence de retour du front en 1917. Elle narre en effet la fin de la blanche cit&#233; elfique de Gondolin sous les coups des arm&#233;es d'orques et de dragons dont la description renvoie plus &#224; des tanks et &#224; des troupes arm&#233;es de lance-flammes qu'&#224; des cr&#233;atures ail&#233;es. Tolkien use de la fantasy comme d'autres du surr&#233;alisme pour d&#233;crire l'indicible horreur d'un conflit industriel dans lequel des millions d'hommes et de femmes ont trouv&#233; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, &lt;/strong&gt; G. R. R. Martin est sans doute l'un des auteurs &#224; assumer le plus la charge contestataire contenue dans la fantasy. On se souviendra que son roman fantastique &lt;i&gt;Armageddon Rag&lt;/i&gt; (1983) met en sc&#232;ne le retour sur sc&#232;ne d'un groupe de rock des ann&#233;es 1960 revenu d'entre les morts pour soulever un nouveau vent de r&#233;volte en plein milieu de la contre-r&#233;volution des ann&#233;es Reagan. Que cette formation de rock fictive se nomme les Nazg&#251;ls (en allusion &#224; des monstres de l'univers de Tolkien) et que leur chanteur soit un albinos rappelant l'Elric de Michael Moorcock ne doit rien au hasard. C'est que, pour Martin, la fantasy, loin d'&#234;tre seulement une litt&#233;rature bovariste faite pour tromper l'ennui de ses lecteurs (ce qu'elle peut &#234;tre parfois) est un art qui permet le pas de c&#244;t&#233; par rapport &#224; nos normes. Elle porte en elle les germes d'une critique parfois radicale &#224; travers le r&#234;ve et le d&#233;sir de pays de Cocagne. En ce sens, elle est l'h&#233;riti&#232;re de la litt&#233;rature utopique en vogue en Occident depuis le XVIe si&#232;cle. Comme le dit G.R.R. Martin lui-m&#234;me dans un court texte de 1996 intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;On fantasy&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;alit&#233;, ce sont les centres commerciaux de Burbank, les chemin&#233;es de Cleveland et un parking &#224; Newark. La fantasy, ce sont les tours de Minas Tirith, les antiques pierres de Gormenghast, la grande salle de Camelot.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ils peuvent garder leur paradis. Quand je mourrai, je pr&#233;f&#232;re aller en Terre du Milieu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi il est toujours frustrant de voir des &#339;uvres de fantasy liss&#233;es par l'industrie du spectacle. Peter Jackson a r&#233;ussi &#224; transformer &lt;i&gt;Le Hobbit&lt;/i&gt;, conte d'une grande sensibilit&#233;, en un mauvais film d'action gonfl&#233; &#224; la testost&#233;rone qui rejoue en cotte de mailles la &#171; War on terror &#187; globale. Yann Boudier, sp&#233;cialistes des litt&#233;ratures de l'imaginaire, note lui aussi dans le livre &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;, que l'adaptation t&#233;l&#233;vis&#233;e propos&#233;e par HBO gomme beaucoup des aspects les plus subversifs du cycle romanesque de G.R.R. Martin pour en faire un produit format&#233; dont le succ&#232;s se mesure, les saisons avan&#231;ant, au nombre de sc&#232;nes de bataille ou sexuellement explicites contenues dans chaque &#233;pisode. Pour &#233;chapper au formatage, nul doute que les prochains auteurs du genre devront faire preuve d'un peu plus de fantasy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire : &lt;i&gt;Game of Thrones, s&#233;rie noire&lt;/i&gt;, &#233;ditions Les prairies ordinaires, 2015. Avec des textes de : William Blanc, Gabriel Bortzmeyer, Yann Boudier, Guillaume Bourgois, Gilles Grand, Jack Halberstam, &#201;milie Not&#233;ris, Mathieu Potte-Bonneville et Eugenio Renzi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le paradigme kurde (&#233;pisode 2)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2</guid>
		<dc:date>2015-06-29T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu L&#233;onard</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes</dc:subject>
		<dc:subject>kurde</dc:subject>
		<dc:subject>Batman</dc:subject>
		<dc:subject>religion</dc:subject>
		<dc:subject>G&#252;listan Akel</dc:subject>
		<dc:subject>Sabri &#214;zdemir</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; Bakur &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, CQFD s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs. Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Leonard-182" rel="tag"&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kurde" rel="tag"&gt;kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Batman" rel="tag"&gt;Batman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/religion" rel="tag"&gt;religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gulistan-Akel" rel="tag"&gt;G&#252;listan Akel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sabri-Ozdemir" rel="tag"&gt;Sabri &#214;zdemir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; &lt;i&gt;Bakur&lt;/i&gt; &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de Richard Schwartz et les traductions d'Aydin Mirobotan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage feuilleton. Voici le deuxi&#232;me &#233;pisode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1523 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/kurd-newrozguerilla-6d3b0.jpg?1768650854' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;On t'impose la religion avant que ton cerveau soit form&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 mars.&lt;/strong&gt; Nous sommes invit&#233;s &#224; d&#233;guster des &lt;i&gt;&#231;ig k&#246;fte&lt;/i&gt; (boulettes de viande d'agneau crue au boulghour) chez Sakine, la tante d'une amie d'origine al&#233;vie&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'al&#233;visme est une branche h&#233;t&#233;rodoxe de l'Islam qui s'inscrit dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, en compagnie de ses cousines et de leurs amis &#233;tudiants. L'ambiance est d&#233;tendue, mixte, tout le monde fume des cigarettes et on boit quelques bi&#232;res. T&#252;rkan, une jeune &#233;tudiante &#224; l'air affranchi avec ses cheveux courts, demande de but en blanc aux invit&#233;s europ&#233;ens : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes de quelle religion ?&lt;/i&gt; &#187; Nous expliquons avec quelque embarras notre int&#233;r&#234;t tr&#232;s relatif vis-&#224;-vis de l'appartenance confessionnelle. Tous rigolent : &#171; &lt;i&gt; On vous fait marcher, on s'en fout de la religion !&lt;/i&gt; &#187; T&#252;rkan, qui se destine aux professions m&#233;dicales, explique : &#171; &lt;i&gt;J'ai lu le Coran, et &#231;a me r&#233;volte qu'on puisse y traiter aussi mal la femme.&lt;/i&gt; &#187; Cette r&#233;flexion a pour effet de vexer sa copine Fatma, qui se renfrogne et lance, au bord des larmes : &#171; &lt;i&gt;Vous vous en moquez, mais moi je suis croyante, et l&#224;, je me sens exclue par ce que vous d&#238;tes !&lt;/i&gt; &#187; T&#252;rkan r&#233;pond s&#232;chement : &#171; &lt;i&gt;Tu te sens exclue ? Alors tu peux imaginer un instant ce que je vis &#224; 80&#8200;% du temps dans cette soci&#233;t&#233; islamis&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique d'Erdogan&lt;/strong&gt; et de l'AKP, le parti au pouvoir a compos&#233; un mix particuli&#232;rement agressif de modernisation ultra-lib&#233;rale, de conservatisme religieux et de nationalisme autoritaire. Il m&#232;ne une politique de privatisation et d'islamisation du syst&#232;me &#233;ducatif, qui profite aux &#233;coles confessionnelles, &#224; grand renfort de subventions, tout en d&#233;tricotant les budgets de l'enseignement public, et place arbitrairement des hommes proches du r&#233;gime &#224; la t&#234;te des universit&#233;s. Le co&#251;t des inscriptions risque d'augmenter et d'&#233;carter en premier lieu les jeunes filles issues des milieux populaires. Lors d'un sommet &#171; &lt;i&gt;sur la justice et les femmes&lt;/i&gt; &#187;, le 24&#8200;novembre dernier &#224; Istanbul, Erdogan a assign&#233; la place des femmes dans la soci&#233;t&#233; turque : &#171; &lt;i&gt;Notre religion a d&#233;fini une place pour les femmes : la maternit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pour bien des Kurdes, l'assimilation par la religion fait partie des plans d'un &#201;tat turc qui salarie plus d'imams que la r&#233;publique islamique d'Iran, contre la culture kurde : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s l'&#226;ge de trois ans, on nous impose des cours de religion obligatoires, m&#234;me si tu n'es pas musulman et avant que ton cerveau soit vraiment form&#233;&lt;/i&gt;, explique Berhan, &#233;tudiant en droit. &lt;i&gt;Heureusement, gr&#226;ce aux &#233;tudes, on arrive quand m&#234;me &#224; s'extraire de cet endoctrinement. Il faudrait pouvoir distinguer la foi de la religion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques jours plus tard&lt;/strong&gt;, plus au sud, dans un &lt;i&gt;dolmus&lt;/i&gt; (minibus populaire), nous assistons &#224; une sc&#232;ne r&#233;v&#233;latrice des tensions qui peuvent parcourir la soci&#233;t&#233; kurde autour de l'islamisme. Apr&#232;s le d&#233;part d'un couple dont la femme porte le &lt;i&gt;niqab&lt;/i&gt;, le voile noir int&#233;gral des salafistes, leur voisine de voyage, une vieille paysanne coiff&#233;e du voile blanc traditionnel kurde bord&#233; de dentelles, explose : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi ces gens ? Ils soutiennent les assassins d'enfants ! Nous sommes tous musulmans, mais nous sommes kurdes aussi ! Eux, ce sont des &#233;gorgeurs ! Qu'ils soient maudits et que soit maudit Erdogan !&lt;/i&gt; &#187; Un paysan se retourne vers elle avec un grand sourire et lui tape dans la main &#224; la &#171; &lt;i&gt;give me five&lt;/i&gt; &#187;, ce qui provoque l'hilarit&#233; et l'acquiescement des autres passagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour autant,&lt;/strong&gt; la position du mouvement kurde est loin d'&#234;tre par principe antireligieuse ou antimusulmane. Sa base populaire est majoritairement sunnite, puis al&#233;vie (30 &#224; 40&#8200;% des Kurdes), ainsi qu'une petite minorit&#233; chr&#233;tienne. Il a m&#234;me favoris&#233; l'&#233;mergence d'un islam kurde s&#233;cularis&#233;, avec notamment l'Association des imams anatoliens, forte de 5 000 membres, dont le pr&#233;sident, &#220;beydullah &#214;zmen&#8200;&#8211; pas vraiment &#171; halal &#187; au go&#251;t des int&#233;gristes &#8211;, est candidat pour le HDP. Nous croiserons sur notre route un jeune imam impliqu&#233; dans le mouvement. Apprenant avec surprise que nous sommes venus sp&#233;cialement d'Europe pour la f&#234;te du Newroz, il s'exclame : &#171; &lt;i&gt;Alors, vous &#234;tes plus braves que bien des Kurdes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les co-maires de Batman &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 mars.&lt;/strong&gt; &#192; peine nous mettions le pied &#224; Batman, ville p&#233;troli&#232;re &#224; l'est de Diyarbakir, que des militants du HDP nous proposaient illico presto de rendre visite au bin&#244;me homme-femme qui g&#232;re la mairie. Rien de plus simple ici, n'importe quel citoyen peut se rendre &#224; la mairie pour une entrevue sans rendez-vous. La parit&#233; municipale, non reconnue par l'&#201;tat, vise &#224; mettre en place un syst&#232;me nouveau o&#249; l'homme et la femme administrent la cit&#233; d'&#233;gal &#224; &#233;gale. Batman est une ville moderne qui s'est d&#233;velopp&#233;e gr&#226;ce &#224; l'industrie du p&#233;trole dans les ann&#233;es 1950. Elle a &#233;t&#233; longtemps une ville proche du pouvoir, avec une forte influence islamiste, malgr&#233; l'&#233;pisode de 1979, o&#249; Edip Solmaz, &#233;lu maire sur une liste ind&#233;pendante, sera assassin&#233; par les services secrets de l'arm&#233;e, un mois &#224; peine apr&#232;s son &#233;lection. Au milieu des ann&#233;es 1990, au plus fort de la sale guerre, l'arm&#233;e et ses escadrons de la mort provoqu&#232;rent l'exode de trois millions de Kurdes vers les villes. Batman a vu alors sa population brutalement augmenter de 25&#8200;% ; aujourd'hui, elle atteint pr&#232;s de 400 000 habitants&#8200;&#8211; &#224; titre de comparaison, la capitale de la province, Diyarbakir, est pass&#233;e de 381 000 habitants, en 1990, &#224; 1,5&#8200;million en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH215/kurd-batman-6bd64.jpg?1768658634' width='400' height='215' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sabri &#214;zdemir et G&#252;listan Akel. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis quinze ans,&lt;/strong&gt; le parti pro-kurde BDP (Parti pour la paix et la d&#233;mocratie&#8200;&#8211;&#8200;les six formations pro-kurdes l&#233;gales ant&#233;rieures ont &#233;t&#233; tour &#224; tour dissoutes par la Cour constitutionnelle) a pu conserver la gestion de la ville de Batman. Aux &#233;lections de mars 2009, il avait obtenu 99&#8200;mairies au Kurdistan, mais peu apr&#232;s l'&#201;tat turc proc&#233;dait &#224; l'arrestation arbitraire de pr&#232;s de 8 000&#8200;personnes sur tout le territoire, dont de nombreux &#233;lus kurdes et militants associatifs, pour tenter de contrecarrer la mise en place d'une auto-administration kurde. Aux &#233;lections municipales de mars 2014, le parti, en se ralliant sous la banni&#232;re HDP (Parti de la D&#233;mocratie des Peuples) avec une partie de la gauche turque, a confirm&#233; sa position dominante et remport&#233; plus de cent mairies, dont plusieurs villes-pr&#233;fectures (Mardin, Diyarbakir, Sirnak, Siirt, Batman, Dersim &#8211;&#8200;nom officiel, Tunceli&#8200;&#8211;&#8200;et Igdir). C'est aussi la seule force politique qui a propos&#233; 40&#8200;% de candidatures f&#233;minines&#8200;&#8211; en comparaison, au sein de l'AKP, les femmes ne sont repr&#233;sent&#233;es qu'&#224; hauteur de 1,23 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux maires, Sabri &#214;zdemir, le maire officiel, et la vice-pr&#233;sidente G&#252;listan Akel, nous accueillent tout sourires dans un bureau clinquant. Ils revendiquent une &#171; &lt;i&gt;gestion populaire&lt;/i&gt; &#187;, et ce en d&#233;pit des obstacles que leur oppose l'&#201;tat turc. Outre la rupture affich&#233;e avec le client&#233;lisme de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, nous essayons de comprendre ce qui les diff&#233;rencie de gestionnaires municipaux classiques. Partant des mesures prises en direction des femmes, G&#252;listan Akel nous explique : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s 1999, nous nous sommes concert&#233;s avec les organisations autonomes de femmes pour lutter contre leur exclusion de la soci&#233;t&#233;. Nous avons depuis ouvert un centre d'accueil pour les femmes victimes de violence, un atelier de formation professionnelles, des services de sant&#233; sp&#233;cifiques. Nous souhaitons ouvrir un foyer d'h&#233;bergement pour les femmes, mais l'&#201;tat cherche &#224; nous en emp&#234;cher. Nous proposons aussi des stages de sensibilisation aux droits des femmes dans les quartiers. Batman poss&#232;de aussi l'unique centre sportif f&#233;minin de Turquie ! Nous avons &#233;galement instaur&#233; une journ&#233;e gratuite pour les femmes dans les transports en commun, le mardi, afin de les aider &#224; sortir de leur r&#233;clusion. Au sein du personnel de la mairie, nous n'acceptons pas les polygames et, si un employ&#233; est reconnu coupable de violences sur son &#233;pouse, nous reversons directement une partie de son salaire &#224; celle-ci.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'articulent les principes de l'autonomie d&#233;mocratique ? &#171; &lt;i&gt;Nous essayons d'appliquer le conf&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, indique d'embl&#233;e Sabri &#214;zdemir. &lt;i&gt;Le processus d'assembl&#233;es de quartier d&#233;bute seulement. Nous travaillons avec ces assembl&#233;es afin de r&#233;pondre &#224; leurs demandes et les sujets qu'elles abordent sont r&#233;percut&#233;s au sein du conseil municipal. L'administration locale, pour nous, c'est faire en sorte que la population puisse &#224; terme parvenir &#224; l'autogouvernement. Nous insistons sur trois principes de d&#233;mocratie : 1)&#8200;La volont&#233; du peuple doit pr&#233;valoir. 2)&#8200;Notre ville doit se rapprocher de la nature. 3)&#8200;Nous devons &#339;uvrer pour l'&#233;mancipation de la femme.&lt;/i&gt; &#187; Le temps manque pour aborder les moyens concrets de mise en place d'une politique anticapitaliste et &#233;cologique dans une ville dont le principal revenu est le p&#233;trole, mais on sent qu'au-del&#224; des d&#233;clarations de principe, le chantier en est encore &#224; ses pr&#233;mices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme plusieurs provinces du Kurdistan, la r&#233;gion de Batman est concern&#233;e par des projets de grands barrages hydro&#233;lectriques, projets dans les tiroirs du gouvernement turc depuis une cinquantaine d'ann&#233;es, que l'AKP a d&#233;cid&#233; d'acc&#233;l&#233;rer. &#192; trente-six kilom&#232;tres au sud de Batman, la petite ville d'Hasankeyf, au bord du Tigre, est en ligne de mire du projet de barrage d'Ilisu, qui menace d'ensevelir un site arch&#233;ologique mill&#233;naire et de provoquer le d&#233;placement de 50 000 personnes. &#171; &lt;i&gt;Le barrage vise &#224; d&#233;truire une culture et un &#233;cosyst&#232;me&lt;/i&gt;, nous dit Abdul Bari, militant de Batman. &lt;i&gt;C'est un projet capitaliste sauvage, avec le soutien de groupes financiers internationaux, qui aggrave la rupture entre l'humain et la nature. &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hasankeyf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hasankeyf&lt;/a&gt; fait partie du patrimoine de l'humanit&#233;, nous avons l'espoir que la lutte contre sa destruction annonc&#233;e soul&#232;ve un soutien international.&lt;/i&gt; &#187; En 2010, le consortium suisse, allemand et autrichien engag&#233; dans le projet s'est retir&#233; du financement sous la pression de la soci&#233;t&#233; civile&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, &#233;couter les documentaires de 2009 du collectif &#171; Fa&#239;dos sonore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le gouvernement turc n'a pas renonc&#233; pour autant &#224; ses m&#233;gaprojets et cherche &#224; juguler toute forme de mobilisation, comme le 27 mars &#224; Kulp, o&#249; les militaires ont emp&#234;ch&#233;, fusils en main, l'installation d'un campement de protestation contre un barrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A suivre...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'al&#233;visme est une branche h&#233;t&#233;rodoxe de l'Islam qui s'inscrit dans le courant du chiisme et du mysticisme soufi, mais emprunte &#233;galement au christianisme et &#224; des formes de panth&#233;isme pr&#233;-islamique. Il est d'une grande souplesse dans sa pratique religieuse. Les al&#233;vis, qui constituent plus de 10 % de la population turque, ont subi de nombreuses pers&#233;cutions au cours des si&#232;cles par les autorit&#233;s de l'Empire ottoman puis de la R&#233;publique qui faisaient du sunnisme la condition de l'identit&#233; turque. Le 2 juillet 1993, dans la ville de Sivas, une trentaine d'artistes et d'intellectuels al&#233;vis, r&#233;unis pour un festival culturel, ont p&#233;ri dans l'incendie de leur h&#244;tel, provoqu&#233; par une foule excit&#233;e par des pr&#234;ches islamistes contre la pr&#233;sence au congr&#232;s du traducteur de Salman Rushdie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, &#233;couter les documentaires de 2009 du collectif &#171; &lt;a href=&#034;http://faidosonore.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fa&#239;dos sonore&lt;/a&gt; &#187; sur les luttes contre les barrages au Kurdistan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le paradigme kurde (&#233;pisode 1)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-1</guid>
		<dc:date>2015-06-28T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu L&#233;onard</dc:subject>
		<dc:subject>Cresadt</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes</dc:subject>
		<dc:subject>kurde</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#201;tat turc</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement kurde</dc:subject>
		<dc:subject>Newroz pirozbe</dc:subject>
		<dc:subject>Newroz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; Bakur &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, CQFD s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs. Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Leonard-182" rel="tag"&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cresadt" rel="tag"&gt;Cresadt&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kurde" rel="tag"&gt;kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Etat-turc" rel="tag"&gt;l'&#201;tat turc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-kurde" rel="tag"&gt;mouvement kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Newroz-pirozbe" rel="tag"&gt;Newroz pirozbe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Newroz" rel="tag"&gt;Newroz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce qui se joue aujourd'hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (&#171; &lt;i&gt;Bakur&lt;/i&gt; &#187;, c&#244;t&#233; turc) ressemble moins &#224; une lutte nationale qu'&#224; une r&#233;volution sur des bases d'auto-organisation qui d&#233;passe largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite d&#233;l&#233;gation, et gr&#226;ce &#224; un excellent traducteur, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est rendu dans le sud-est du territoire turc &#224; la rencontre d'une soci&#233;t&#233; kurde intens&#233;ment politis&#233;e&#8230; et &#224; la recherche de sentiments communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage r&#233;alis&#233; avec l'aide de Richard Schwartz et les traductions d'Aydin Mirobotan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reportage feuilleton. Voici le premier &#233;pisode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/kurd2015_04_carte_kurdistan.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH346/kurd2015_04_carte_kurdistan-7b2ce.jpg?1768658635' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Carte du Cresadt.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Newroz pirozbe !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21&#8200;mars, fin de matin&#233;e.&lt;/strong&gt; &#192; Diyarbakir (Amed en kurde), capitale politique et culturelle du Kurdistan nord, des milliers de personnes affluent &#224; pied vers l'immense terrain vague en p&#233;riph&#233;rie de la ville o&#249; se tient le Newroz. Malgr&#233; les averses, plus d'un million de Kurdes sont venus participer &#224; ce rassemblement qui c&#233;l&#232;bre, chaque premier jour de printemps, le passage &#224; la nouvelle ann&#233;e dans les soci&#233;t&#233;s irano-kurdes. Depuis 1984, c'est plus sp&#233;cifiquement un moment de revendication de l'identit&#233; kurde bafou&#233;e par l'&#201;tat central, ce qui donne lieu certaines ann&#233;es &#224; des heurts violents avec la police. En 2012, alors que le gouvernement central avait interdit le rassemblement, la police anti-&#233;meute avait tu&#233; un militant kurde. Cette ann&#233;e, la f&#234;te se d&#233;roule dans un climat relativement &#171; pacifi&#233; &#187;. &#171; &lt;i&gt;C'est devenu un peu un carnaval&lt;/i&gt;, nous confie Malxw&#234;, &lt;i&gt;un chef de famille d'une soixantaine d'ann&#233;es. Avant, c'&#233;tait plus violent.&lt;/i&gt; &#187; Les &#233;charpes et les drapeaux aux couleurs kurdes, jaune, rouge, vert, les &lt;i&gt;chafiye&lt;/i&gt; (keffieh) et les foulards russes &#224; fleurs multicolores offrent une tonalit&#233; chamarr&#233;e &#224; cette journ&#233;e pluvieuse. Un peu partout, des grappes mixtes, en ligne ou en cercle ouvert, se jettent dans la danse traditionnelle qui ressemble un peu &#224; l'&lt;i&gt;an-dro&lt;/i&gt; breton, en plus &#233;nergique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux jeunes, gar&#231;ons et filles, arborent fi&#232;rement l'uniforme couleur olive de la gu&#233;rilla PKK&#8200;&#8211;&#8200;sarouel large, une &#233;charpe en guise de ceinture et gilet &#224; poches&#8200;&#8211; dont le gouvernement voudrait interdire le port dans les lieux publics. On peut difficilement faire abstraction de l'influence du PKK au sein la population kurde, mais c'est surtout la bataille de Koban&#233; contre Daech qui a galvanis&#233; les jeunes Kurdes de Turquie. Par milliers, ils sont partis au Rojava rejoindre les rangs des YPG (Unit&#233;s de protection du peuple) et des YPJ, leurs brigades f&#233;minines, &#233;valu&#233;es &#224; 30&#8200;% des forces combattantes kurdes, soient 10 000&#8200;combattantes. Les manifestations d'octobre 2014, &#224; Istanbul, Ankara, Izmir ou encore &#224; Diyarbakir, en soutien &#224; Koban&#233; avaient provoqu&#233; la mort d'au moins trente-huit personnes sous les assauts d'une police ultra-militaris&#233;e, ainsi que des milliers d'arrestations. On y reprochait l'inertie de l'&#201;tat turc, voire certaines complicit&#233;s au sein de l'arm&#233;e avec Daech, et la promesse non tenue de laisser passer des combattants pour se battre &#224; Koban&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/kurd-newrozdanz-d7692.jpg?1768655026' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Profitant d'une &#233;claircie&lt;/strong&gt;, les intervenants &#224; la tribune annoncent la lecture d'un discours d'&#214;calan&#8200;&#8211;&#8200;le leader du PKK, parfois surnomm&#233; &#171; &lt;i&gt;le soleil des Kurdes&lt;/i&gt; &#187;&#8200;&#8211;, &#233;crit depuis l'&#238;le-prison d'Imrali, dans la mer de Marmara, dont il est le seul pensionnaire depuis son arrestation, au Kenya, en 1999 et o&#249; il est gard&#233; par mille soldats &#8211; impitoyable pension compl&#232;te co&#251;tant 70 000&#8200;euros par jour &#224; l'&#201;tat&#8230; Malgr&#233; son isolement, &#214;calan reste l'acteur incontournable des n&#233;gociations entam&#233;es avec l'&#201;tat turc, en d&#233;cembre 2013, pour r&#233;pondre &#224; la demande constitutionnelle des droits des Kurdes et leur donner des garanties d'autonomie politique. Son discours a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; par la plupart des m&#233;dias occidentaux comme l'annonce unilat&#233;rale d'abandon des armes pour le printemps, mais en r&#233;alit&#233; cette d&#233;cision reste suspendue &#224; dix conditions &#171; &lt;i&gt;pour &#233;tablir la paix et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;, ambitieux programme pour l'ensemble du Moyen-Orient, qui exige les garanties juridiques d'une citoyennet&#233; libre, le respect du pluralisme culturel et religieux, des perspectives nouvelles en mati&#232;re d'&#233;cologie, de droits des femmes, etc. Le chef de l'&#201;tat turc, Erdog&#228;n&#8200;&#8211;&#8200;qui d&#233;clarait, le 27&#8200;f&#233;vrier dernier, qu'&#171; &lt;i&gt; il n'y a plus de probl&#232;me kurde&lt;/i&gt; &#187;&#8200;&#8211; ne s'y trompe pas en feignant de rejeter publiquement toute n&#233;gociation avec le PKK, consid&#233;r&#233; comme une &#171; &lt;i&gt;organisation terroriste&lt;/i&gt; &#187;. Le pr&#233;sident turc cherche dans le m&#234;me temps &#224; donner des gages &#224; sa puissante extr&#234;me-droite, les Loups-gris du MHP (Milliyet&#231;i Hareket Partisi &#8211;&#8200;Parti d'action nationaliste), dont il doit s'assurer du soutien afin de conserver sa majorit&#233; lors des prochaines l&#233;gislatives de juin. Pour ces &#233;lections, le bloc pro-kurde HDP (Parti d&#233;mocratique des peuples) a lui-m&#234;me r&#233;uni une large coalition, avec l'appui de quelques mouvements de la gauche turque et parfois des &#233;l&#233;ments tr&#232;s h&#233;t&#233;roclites&#8200;&#8211;&#8200;il y a m&#234;me un candidat assez excentrique, le tr&#232;s fort en gueule Altan Tan, qui, en d&#233;pit de la ligne politique, truffe ses interventions de r&#233;f&#233;rence &#224; la charia ! Le HDP pourrait bien franchir le seuil de la repr&#233;sentativit&#233; en Turquie, la fameuse barre des 10&#8200;%, et constituer de ce fait un groupe parlementaire qui aurait certaines pr&#233;rogatives constitutionnelles.
M&#234;me si, dans un pays qui se raidit sous la conduite d'une politique autoritaire, la perspective d'une nouvelle donne politique pourrait en partie se jouer dans les urnes, c'est au sein de la soci&#233;t&#233; civile elle-m&#234;me que l'on peut ressentir le nouveau souffle du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; R&#233;tr&#233;cir l'&#201;tat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;22 mars. Centre ville de Diyarbakir. Le grand b&#226;timent ray&#233; de Konukevi, qui h&#233;berge le Congr&#232;s pour la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique (en turc Kongreya civaka demokrat&#238;k &#8211;&#8200;KCD), conna&#238;t une effervescence de pr&#233;campagne &#233;lectorale. Musa Farisgullari, le visage aust&#232;re marqu&#233; par l'&#233;preuve du combat, dont la gravit&#233; est accentu&#233;e par des yeux d'un bleu m&#233;tallique, accepte de nous recevoir entre deux r&#233;unions. Orhan, le camarade qui nous guide dans la ville, nous l'avait d&#233;crit avec une certaine admiration comme un &#171; &lt;i&gt;loup politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1519 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH364/kurd-musa-e981f.jpg?1768655026' width='400' height='364' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Musa. Par Mathieu L&#233;onard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Le KCD est une organisation&lt;/strong&gt; civile et soci&#233;tale qui tient le r&#244;le d'un protoparlement du mouvement kurde&lt;/i&gt;, nous explique Musa. &lt;i&gt;Il est compos&#233; de 501&#8200;d&#233;l&#233;gu&#233;s, hommes et femmes, dont 60&#8200;% sont &#233;lus lors d'une consultation populaire et le reste mandat&#233;s d&#233;mocratiquement par diff&#233;rentes organisations politiques. Nous tenons une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale tous les trois mois, o&#249; nous veillons &#224; prendre les d&#233;cisions par consensus. Le Congr&#232;s refuse la hi&#233;rarchie et la mentalit&#233; &#233;tatique. Il refuse &#233;galement la modernit&#233; capitaliste et essaie de lui substituer une modernit&#233; d&#233;mocratique.&lt;/i&gt; &#187; Musa nous expose, dans un discours plut&#244;t formel, les paradigmes du projet d&#233;mocratique du mouvement kurde. &#171; &lt;i&gt; Le KCD cherche &#224; appliquer trois principes : 1) L'auto-administration de la soci&#233;t&#233; civile. 2) L'autosuffisance &#233;conomique vis-&#224;-vis de l'&#201;tat. 3) L'interd&#233;pendance et la coop&#233;ration entre les organisations et les diff&#233;rentes composantes ethniques du Kurdistan&lt;/i&gt; (Arm&#233;niens, Assyriens, Aram&#233;ens, Syriaques, Chald&#233;ens, etc.)&lt;i&gt;. De la commune villageoise au canton, du quartier &#224; l'assembl&#233;e de ville, nous encourageons la soci&#233;t&#233; &#224; s'organiser du bas jusqu'en haut.&lt;/i&gt; &#187; &#192; Diyarbakir, il y a quarante-deux assembl&#233;es de quartier, ainsi qu'une dizaine de &#171; commissions &#187; portant sur les diff&#233;rents paradigmes : &#233;ducation, travail, industrie non productiviste, urbanisme, &#233;cologie, femmes, jeunes, diplomatie, &#171; probl&#232;mes et r&#233;parations &#187;&#8200;&#8211; paradigme qui repose sur un r&#232;glement des contentieux par des formes de m&#233;diation, en opposition &#171; &lt;i&gt; au droit &#8220;positiviste&#8221; de la justice d'&#201;tat qui repose sur la sanction et cr&#233;e plus de probl&#232;mes qu'il n'en r&#233;sout&lt;/i&gt; &#187;. Assembl&#233;es et commissions se croisent et s'entrem&#234;lent et les couches du mille-feuilles du mod&#232;le d&#233;mocratique kurde sont parfois complexes &#224; d&#233;m&#234;ler. &#171; &lt;i&gt;Notre combat prend en compte tous les acquis des mouvements ant&#233;rieurs comme leurs d&#233;faites. Ainsi, nous pensons que la r&#233;volution russe de 1917 a &#233;chou&#233; &#224; cr&#233;er une alternative d&#233;mocratique &#224; la modernit&#233; capitaliste et nous ne reconnaissons aucun pays socialiste au monde. Par ailleurs, nous n'attendons rien de l'&#201;tat turc, qui, malgr&#233; quarante ans de r&#233;sistance kurde, ne nous a jamais laiss&#233; aucun espace d'expression. Notre but est pr&#233;cis&#233;ment de r&#233;tr&#233;cir l'&#201;tat et d'augmenter l'espace d&#233;mocratique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; d&#233;mocratie &#187; !&lt;/strong&gt; L&#224; o&#249; en Europe on aurait tendance &#224; &#234;tre d&#233;sabus&#233; par un principe en caoutchouc tellement galvaud&#233; dans la bouche des politiciens et sermonneurs de plateaux t&#233;l&#233;, nos interlocuteurs prennent l'id&#233;e au mot et se l'approprient. Dans la grande librairie-salon de th&#233; qui jouxte le centre du KCD, nous partageons avec Orhan et Mehmet, deux enseignants d'une quarantaine d'ann&#233;es, nos exp&#233;riences politiques r&#233;ciproques, autour de moult &lt;i&gt;&#231;ay&lt;/i&gt; (th&#233;). &#171; &lt;i&gt; Les Kurdes sont moins atteints par la servitude et l'individualisme que dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes occidentales&lt;/i&gt;, estime Mehmet. &lt;i&gt;Nous avons la chance par rapport aux Europ&#233;ens de ne pas conna&#238;tre la m&#234;me atomisation dans notre rapport de force vis-&#224;-vis du pouvoir. Nous n'avons rien &#224; envier &#224; vos d&#233;mocraties fictives qui montrent leur vrai visage dans leurs politiques imp&#233;rialistes.&lt;/i&gt; &#187; Orhan r&#233;agit : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas tout &#224; fait d'accord avec toi. M&#234;me si les &#201;tats europ&#233;ens ne sont pas d&#233;mocratiques au niveau mondial, &#224; l'int&#233;rieur de vos syst&#232;mes, il y a plus de droits qu'ici. Un monarque europ&#233;en aura toujours moins d'impunit&#233; qu'un colonel turc.&lt;/i&gt; &#187; Le constat des ravages du capitalisme se fait commun : &#171; &lt;i&gt;Cette civilisation de l'&#233;conomie s'impose au monde entier&lt;/i&gt;, poursuit Orhan. &lt;i&gt;Au moins, au temps des conqu&#234;tes barbares de Gengis Khan, on pouvait r&#233;sister. Aujourd'hui, face &#224; une telle h&#233;g&#233;monie, c'est difficile.&lt;/i&gt; &#187; Mehmet : &#171; &lt;i&gt;Ils nous traitent comme des cafards, mais la r&#233;sistance peut casser la peur. C'est dans l'humain qu'on peut trouver la solution. La r&#233;ponse, c'est nous.&lt;/i&gt; &#187; Notre traducteur le chambre un peu : &#171; &lt;i&gt; Tu n'en as pas l'air, Mehmet, mais tu es un philosophe, en fait !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas mettre les gens dans des cases, c'est toujours r&#233;ducteur&lt;/i&gt; &#187;, conclut le sage Mehmet sans s'&#233;mouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pisode 1 : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Sous-le-paradigme-kurde-episode-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo de &lt;a href=&#034;http://cargocollective.com/yannrenoult&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Renoult&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Livres : Emilio Lussu, un homme contre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Livres-Emilio-Lussu-un-homme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Livres-Emilio-Lussu-un-homme</guid>
		<dc:date>2015-06-26T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>cha&#238;ne</dc:subject>
		<dc:subject>fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Rome</dc:subject>
		<dc:subject>Emilio Lussu</dc:subject>
		<dc:subject>Lussu</dc:subject>
		<dc:subject>Parti d'action</dc:subject>
		<dc:subject>Sardaigne</dc:subject>
		<dc:subject>Fausto Nitti</dc:subject>
		<dc:subject>Carlo Rosselli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;ditions de La Fosse aux Ours ont publi&#233; en 2014 deux livres essentiels, La Cha&#238;ne (L'&#233;vasion de Lipari) et Le Sanglier du diable, pour comprendre la personnalit&#233; hors norme du Sarde Emilio Lussu, homme politique antifasciste et &#233;crivain. N&#233; en 1890 en Sardaigne dans une famille ais&#233;e et mort &#224; Rome en 1975, Emilio Lussu est le fondateur du Parti d'action sarde en 1919&#8200;&#8211;&#8200;une formation d&#233;mocratique et r&#233;publicaine qui revendique l'autonomie de la Sardaigne. &#201;lu d&#233;put&#233; de 1921 &#224; 1924, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chaine" rel="tag"&gt;cha&#238;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fascisme" rel="tag"&gt;fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rome" rel="tag"&gt;Rome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilio-Lussu" rel="tag"&gt;Emilio Lussu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lussu" rel="tag"&gt;Lussu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti-d-action" rel="tag"&gt;Parti d'action&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sardaigne" rel="tag"&gt;Sardaigne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fausto-Nitti" rel="tag"&gt;Fausto Nitti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carlo-Rosselli" rel="tag"&gt;Carlo Rosselli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions de La Fosse aux Ours ont publi&#233; en 2014 deux livres essentiels, &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; (L'&#233;vasion de Lipari) et &lt;i&gt;Le Sanglier du diable&lt;/i&gt;, pour comprendre la personnalit&#233; hors norme du Sarde Emilio Lussu, homme politique antifasciste et &#233;crivain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH717/p22-emilio-lussu-2ff5b.jpg?1768649084' width='400' height='717' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1890 en Sardaigne dans une famille ais&#233;e et mort &#224; Rome en 1975, Emilio Lussu est le fondateur du Parti d'action sarde en 1919&#8200;&#8211;&#8200;une formation d&#233;mocratique et r&#233;publicaine qui revendique l'autonomie de la Sardaigne. &#201;lu d&#233;put&#233; de 1921 &#224; 1924, il devient un opposant actif de la premi&#232;re heure au fascisme. Arr&#234;t&#233; en 1926 et condamn&#233; &#224; la rel&#233;gation aux &#238;les Lipari, il s'en &#233;vade en juillet 1929 en compagnie de Francesco Fausto Nitti (1899-1974) et de Carlo Rosselli (1899-1937), avec lesquels il fonde peu apr&#232;s le mouvement antifasciste Giustizia e Libert&#224; &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH631/p22-la-chaine-fe9a6.jpg?1768650926' width='400' height='631' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#201;crit &#224; chaud et publi&#233; la m&#234;me ann&#233;e,&lt;i&gt; La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; relate cette &#233;vasion, mais que le lecteur ne s'attende pas &#224; trouver un r&#233;cit haletant et spectaculaire. Rompu sa vie durant aux r&#232;gles de la clandestinit&#233;, Lussu ne voulait et ne pouvait compromettre ceux qui l'avaient aid&#233; &#224; s'&#233;vader par des r&#233;v&#233;lations hasardeuses. Il n'&#233;tait pas non plus homme &#224; prendre la pose du h&#233;ros ; il savait trop le prix des sacrifices de son engagement. Ce livre constitue avant tout un t&#233;moignage accablant non d&#233;nu&#233; d'un humour souvent tr&#232;s noir sur la situation de l'Italie sous le fascisme. Il annonce &lt;i&gt;La Marche sur Rome et autres lieux&lt;/i&gt; qu'il &#233;crira, quelques ann&#233;es plus tard, en s'attachant aux origines et aux toutes premi&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime mussolinien. Livre de combat et de d&#233;nonciation, en particulier du tribunal sp&#233;cial pour la d&#233;fense de l'&#201;tat fasciste, &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; d&#233;crit dans le d&#233;tail l'arsenal r&#233;pressif des lois promulgu&#233;es par le gouvernement de Mussolini. Il relate ensuite la vie quotidienne des rel&#233;gu&#233;s et des d&#233;port&#233;s politiques en r&#233;sidence surveill&#233;e sur l'&#238;le de Lipari et leurs tentatives d'&#233;vasion rat&#233;es, jusqu'&#224; la derni&#232;re, r&#233;ussie&#8200;&#8211; une v&#233;ritable gifle pour le r&#233;gime fasciste qui voit des opposants de premier plan s'enfuir de leur lieu de r&#233;clusion, particuli&#232;rement surveill&#233;, et reprendre aussit&#244;t le combat pour le d&#233;masquer devant l'opinion internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Sanglier du diable&lt;/i&gt; est d'une tout autre facture puisqu'il s'agit de l'&#233;vocation d'une partie de chasse durant sa jeunesse en Sardaigne. &#192; chaque page y affleure la nostalgie moins de ses jeunes ann&#233;es que d'une soci&#233;t&#233; traditionnelle qui, malgr&#233; la duret&#233; de ses r&#232;gles, donnait un sens aux moindres actions des b&#234;tes comme des gens, o&#249; une chasse se transformait en rencontre avec le diable, symbole du mal qui demeure en chacun et de la trag&#233;die d'une existence mortelle. R&#233;trospectivement, Lussu avait le sentiment d'y vivre &#171; &lt;i&gt;les derniers soubresauts d'une communaut&#233; patriarcale, sans classe ni &#201;tat&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt; L'ordre public&lt;/i&gt;, ajoutait-il, &lt;i&gt;&#233;tait l'ordre traditionnel du village, garanti par la libre association de paysans bergers qui avaient confi&#233; au conseil des anciens le devoir de r&#233;guler les rapports internes du territoire&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Ainsi, &#171; &lt;i&gt;les jardins, les petits enclos autour des villages, les bandes de vigne et les rares zones sem&#233;es &#233;taient mieux prot&#233;g&#233;s qu'ils ne le furent jamais par les lois du royaume sarde ou de l'&#201;tat national, monarchique ou r&#233;publicain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1518 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH640/p22-sanglier-du-diable-b120d.jpg?1768650926' width='400' height='640' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, Emilio Lussu &#233;tait seulement connu en France pour deux livres : un roman autobiographique sur la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Les Hommes contre&lt;/i&gt; (titre original : &lt;i&gt;Un anno sull'altipiano&lt;/i&gt;, 1938), adapt&#233; au cin&#233;ma en 1970 par Francesco Rosi, et &lt;i&gt;La Marche sur Rome et autres lieux&lt;/i&gt; (1933), un t&#233;moignage de premier plan, devenu classique, sur la mont&#233;e du fascisme en Italie jusqu'&#224; sa prise du pouvoir. La publication simultan&#233;e de ces deux livres permet de mieux cerner l'homme et l'&#233;crivain. Il appara&#238;t que Lussu est un homme de l'entre-deux qui a connu les derniers vestiges d'une soci&#233;t&#233; de libre association sans qu'elle soit remplac&#233;e par une civilisation nouvelle. Dans cette fracture est venue s'engouffrer le fascisme. &lt;i&gt;La Cha&#238;ne&lt;/i&gt; int&#233;ressera les lecteurs de &lt;i&gt;La Marche sur Rome&lt;/i&gt;&#8230; et tous ceux qui d&#233;sirent mieux conna&#238;tre l'histoire de l'opposition au fascisme italien, tandis que&lt;i&gt; Le Sanglier du diable&lt;/i&gt;, outre ses ind&#233;niables qualit&#233;s litt&#233;raires, d&#233;voile, aux d&#233;tours d'une simple anecdote, ce qui faisait la valeur humaine des soci&#233;t&#233;s traditionnelles, sans les id&#233;aliser ni penser qu'un pur et simple retour en arri&#232;re &#233;tait possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
