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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La Poste : Abus de gr&#232;ve, mon pauvre Monsieur !</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;La Poste annonce fi&#232;rement sur son site &#171; Ann&#233;e 2015, ann&#233;e de la ch&#232;vre &#187;. Pour autant, en 2014, tous les facteurs n'ont pas accept&#233; de passer pour des moutons. Tour de France d'une s&#233;rie de gr&#232;ves victorieuses au moment o&#249; la r&#233;pression syndicale frappe durement des militants des Hauts-de-Seine. &#171; Bonjour, je vous &#233;cris afin de savoir si vous lisez bien les mails qu'on vous envoie. Ou peut-&#234;tre que votre boite mail ne marche pas. &#187; Romain Zaragosa est un lecteur de CQFD aussi t&#234;tu qu'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Poste annonce fi&#232;rement sur son site &#171; Ann&#233;e 2015, ann&#233;e de la ch&#232;vre &#187;. Pour autant, en 2014, tous les facteurs n'ont pas accept&#233; de passer pour des moutons. Tour de France d'une s&#233;rie de gr&#232;ves victorieuses au moment o&#249; la r&#233;pression syndicale frappe durement des militants des Hauts-de-Seine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bonjour, je vous &#233;cris afin de savoir si vous lisez bien les mails qu'on vous envoie. Ou peut-&#234;tre que votre boite mail ne marche pas.&lt;/i&gt; &#187; Romain Zaragosa est un lecteur de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; aussi t&#234;tu qu'un bouledogue. Il est facteur &#224; Rueil-Malmaison et nous a contact&#233;s quatre fois avant qu'on puisse lui r&#233;pondre. Un soir, las, on a craqu&#233; et on l'a appel&#233; : &#171; &lt;i&gt;On a fait 173 jours de gr&#232;ve en 2014. On se battait pour l'embauche de trois salari&#233;s et on a gagn&#233; !&lt;/i&gt; &#187; nous a-t-il r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/p02poste2-e08a1.png?1782654940' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Romain parle des r&#233;organisations. &#171; &lt;i&gt;Sur 60&#8200;tourn&#233;es de facteur, la direction veut en supprimer&#8200;20 !&lt;/i&gt; &#187;, raconte cet ancien rouleur, un poste o&#249; l'on doit conna&#238;tre plusieurs tourn&#233;es. Venu de Toulouse, il a &#233;t&#233; recrut&#233; &#224; Tournefeuille apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;ducateur de football. Un jour sa femme a trouv&#233; un emploi en r&#233;gion parisienne et, depuis 2008, il est facteur. &#171; &lt;i&gt;J'avais une bonne image de La Poste mais d&#233;sormais je ne suis plus fier, j'ai pris trop de coups bas de la part de ma direction.&lt;/i&gt; &#187; Depuis, Romain a eu un enfant, un &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt; aussi &#224; cause d'un chef d'&#233;quipe qui lui foutait la pression. &#171; &lt;i&gt;Les chefs aussi sont mis sous pression. Heureusement je suis une forte t&#234;te au travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, un cadre se donne la mort par pendaison &#224; Tregunc, un autre se d&#233;fenestre &#224; Rennes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;bastien Fontenelle, Poste Stressante, Seuil, 2013.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8200;1&#8230; &#171; &lt;i&gt;Le matin &#224; 6 h 30, je commence &#224; couper, je mets mon courrier en case. Apr&#232;s, c'est la pause, on cause foot on bavarde et on attend le second camion, les r&#233;exp&#233;ditions. Chacun s'organise &#224; sa mani&#232;re. Je classe par num&#233;ro, j'ai une batterie qui fait cent bo&#238;tes. Apr&#232;s, je file en v&#233;lo &#233;lectrique&#8230; et chaque jour j'ai l'impression d'avoir des t&#226;ches suppl&#233;mentaires, des trucs commerciaux comme des catalogues &#224; proposer aux clients, &#8220;Temps L&#8221;, &#231;a s'appelle. On doit voir les clients deux fois pour leur vendre &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; &#8220;Temps L&#8221;, c'est un catalogue de produits aussi indispensables qu'un nettoie-pieds appel&#233; aussi Easy Feet, un support &#224; &#339;ufs poch&#233;s, une pince &#224; toasts ou un moule &#224; gaufres. Pas &#233;tonnant que le facteur se sente valoris&#233; dans sa nouvelle mission. Ce genre de mission postale qui vous donne envie de vous mettre en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Wahl, le patron de La Poste, empoche de son c&#244;t&#233; quelque 736 490 euros par an pour liquider une entreprise qui fut un symbole du service public. 80 000 postes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s dans la Grande Jaune. Tout augmente, le salaire du patron et les heures des facteurs. Le pr&#233;texte est simple et tout le monde semble l'avoir admis : il n'y aurait plus de courrier. Alors pourquoi les facteurs dans toute la France ploient-ils sous le fardeau tels des Jean Valjean relevant le chariot des conditions de travail insupportables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Hauts-de-Seine, c'est facile, c'est une gr&#232;ve politique, on tient les coupables : les syndicalistes de SUD dont certains, nous dit-on, seraient de dangereux trotskistes &#224; poil dur. Durant la gr&#232;ve hom&#233;rique de 2014, Ga&#235;l Quirante s'est vu convoqu&#233; au commissariat trois fois. Il poss&#232;de un palmar&#232;s &#233;difiant : en juillet dernier, tout en le convoquant pour le r&#233;primander de ses intrusions et de ses prises de parole non autoris&#233;es dans les bureaux de La Poste, on lui a demand&#233; s'il avait &#233;t&#233; jet&#233; &#224; terre par un cadre en d&#233;cembre 2013 ! Ambiance&#8230; Il a &#233;t&#233; mis &#224; pied trois fois et a &#233;t&#233; entendu notamment parce qu'il portait un tee-shirt &#171; Justice pour la Palestine &#187;. La direction de La Poste, &#171; qui est Charlie &#187; comme me le pr&#233;cise St&#233;phanie Le Guen de SUD PTT, s'est f&#233;licit&#233;e du dialogue social. La preuve, deux jours apr&#232;s les attentats, elle r&#233;voque un autre syndicaliste, Yann Le Merrer, au motif qu'il propage la gr&#232;ve comme le chol&#233;ra aupr&#232;s de ses petits camarades. Non pas qu'il ait frapp&#233; un cadre, insult&#233; un vigile, des motifs r&#233;guli&#232;rement invoqu&#233;s par l'entreprise jaune, Yann Le Merrer abuse de son droit de gr&#232;ve. Lui aussi fait des prises de parole et entre dans des bureaux de poste sans y &#234;tre invit&#233;. Manquerait plus qu'il soit breton. N'y voyez aucune malice mais ce ne sont pas les trotskistes qui ont infiltr&#233; La Poste mais les Bretons. St&#233;phanie Le Guen justement : &#171; &lt;i&gt;On a soutenu les facteurs d'un bureau du 7e arrondissement de Paris qui refusaient de distribuer des tracts du Front National.&lt;/i&gt; &#187; Olivier Rosay estime que la direction jaune et bleue &#171; &lt;i&gt;est devenue folle quand Paris a rejoint le mouvement du 92 ! Du coup la nouveaut&#233; &#231;a a &#233;t&#233; le lock-out et les flics &lt;/i&gt; &#187;. St&#233;phanie insiste : &#171; &lt;i&gt;Un jeune facteur en p&#233;riode d'essai refusait de distribuer la propagande frontiste, il a &#233;t&#233; vir&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;l Quirante ne d&#233;col&#232;re pas. &#171; &lt;i&gt; Ils veulent casser le c&#339;ur du m&#233;tier de livraison de courrier et utiliser le maillage pour faire tout et n'importe quoi.&lt;/i&gt; &#187; Outre le permis de conduire, La Poste invente pour ses facteurs d&#233;s&#339;uvr&#233;s &#171; Animaleo &#187;, la possibilit&#233; pendant la tourn&#233;e de s'occuper des animaux domestiques. &#171; &lt;i&gt;Tu peux l'&#233;crire, ce sont de vrais psychopathes les mecs qui inventent &#231;a !&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, pas si b&#234;te de faire promener le chien pendant la tourn&#233;e du facteur. On les imagine tr&#232;s bien avec une douzaine de cl&#233;bards de luxe, les tra&#238;nant dans Neuilly sur des patins &#224; roulettes ! &#171; &lt;i&gt;On commercialise le lien social &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Ga&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve hom&#233;rique s'est donc &#233;tendue sur cinq communes des Hauts-de-Seine. Les facteurs en mouvement se r&#233;unissaient en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;partementale puis d&#233;cidaient d'actions : envahissement de bureaux de poste ou des si&#232;ges sociaux de la bo&#238;te. &#171; &lt;i&gt;On voulait &#233;viter le &#8220;Tournez man&#232;ge des gr&#232;ves&#8221; mais f&#233;d&#233;rer dans la dur&#233;e des mouvements de m&#233;contentement locaux&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Ga&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand la Poste frappe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; macronisation &#187; des esprits avance. Et la direction, pour se venger de cette longue gr&#232;ve perdue, s'amuse &#224; d&#233;placer les fortes t&#234;tes malgr&#233; les condamnations de la justice. St&#233;phanie Le Guen, elle, a &#233;t&#233; mise au placard dans un service aux entreprises : &#171; &lt;i&gt;Ils m'ont s&#233;par&#233;e du collectif de travail auquel j'appartenais.&lt;/i&gt; &#187; Pas s&#251;r que La Poste y gagne &#224; disperser cette gangr&#232;ne r&#233;volutionnaire dans tous les coins de Paris, elle risque de contaminer d'autres bureaux. Yann Le Merrer, bien que secr&#233;taire SUD PTT, survit au RSA depuis un bon moment. Il a &#233;t&#233; mis &#224; pied en 2010, &#171; &lt;i&gt;une gr&#232;ve sur Ch&#226;tillon, Clamart et Asni&#232;res avec une s&#233;questration qui a fini en correctionnel, mais on a &#233;t&#233; relax&#233;s &lt;/i&gt; &#187;. Les prises de parole tant qu'elles ne g&#234;nent pas le travail sont admises depuis belle lurette. Yann va plus loin : &#171; &lt;i&gt; Nous, on les fait quand on veut. Un coup il faut les pr&#233;venir la veille, d'autres fois &#233;voquer un motif, pr&#233;venir 48&#8200;heures avant.&lt;/i&gt; &#187; En bref c'est la lutte des classes dans toute sa splendeur avec des prol&#233;taires qui ne veulent pas s'en laisser conter : &#171; &lt;i&gt; Auparavant, on s'&#233;tait arrang&#233;s avec un patron de Gennevilliers. On annonce qu'on vient &#224; la pause, &#224; minuit, on a pr&#233;venu et lui nous interdit de rentrer. Et l&#224;, on rentre quand m&#234;me ! On &#233;tait &#224; la cantine, il appelle la BAC qui, elle, n'a pas os&#233; intervenir.&lt;/i&gt; &#187; A force de r&#233;pression, aujourd'hui, dans Paris, il n'y a plus de prise de parole. Gilles Le Houezec de SUD PTT dans le Cher explique : &#171; &lt;i&gt;Les condamnations font partie de leur budget. La Poste ne veut plus rien n&#233;gocier.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Nos pratiques n'ont plus lieu d'&#234;tre pour La Poste, c'est l'&#232;re du dialogue social&lt;/i&gt; &#187;, rigole Yann Le Merrer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH290/p03-poste.1-bd919.png?1782654940' width='400' height='290' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et ailleurs en France... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; Ajaccio ce n'est pas moins de trois mois de gr&#232;ve qui ont &#233;t&#233; men&#233;s en 2014 par les facteurs contre les d&#233;gradations de leurs conditions de travail suite &#224; la r&#233;organisation de l'entreprise. Rudy Albertini me raconte depuis les bureaux de la CGT : &#171; &lt;i&gt;Les nouvelles flexibilit&#233;s n'ont qu'un but : supprimer des emplois. On appelle &#231;a la s&#233;cabilit&#233;. On nous parle de baisse de courrier alors que les points de remises, eux, augmentent.&lt;/i&gt; &#187; Dans le conflit corse, le directeur r&#233;gional a jou&#233; dans la radicalisation : &#171; &lt;i&gt;Si des cadres ont contribu&#233; au mal-&#234;tre, lui voulait casser l'&#233;tablissement.&lt;/i&gt; &#187; En fin de compte, les gr&#233;vistes corses ont eu gain de cause : trois postes ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, la s&#233;cabilit&#233; r&#233;duite et l'espoir pour tous les postiers. Rappelons qu'&#224; Marseille en 2005, Magali, guicheti&#232;re, avait encha&#238;n&#233; 245&#8200;CDD en cinq ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Gagne de la CGT de l'H&#233;rault explique la situation dans le d&#233;partement : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;organisation devient folle. A P&#233;zenas, on a un jeune sans permis et sans formation qui s'est plant&#233; en moto en tourn&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Bruno a &#233;galement suivi le cas de Mohamed Yacubi, un facteur de St-Jean-de-V&#233;das qui a &#233;t&#233; licenci&#233; car il demandait le paiement des heures suppl&#233;mentaires. Mohamed t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;On m'interdisait de faire des heures suppl&#233;mentaires et de l'autre c&#244;t&#233;, on me reprochait de ramener du courrier.&lt;/i&gt; &#187; A partir de Facteur d'Avenir, un projet de La Poste destin&#233; &#224; faire du facteur un factotum multifonctions, les agents vont subir des choses inacceptables. Les tourn&#233;es s'allongent mais ne paient pas. La propagande de la Poste s'intensifie sur le facteur Tire-au-flanc. Mohamed, lui, r&#233;siste comme le lui ont montr&#233; les anciens syndicalistes. &#171; &lt;i&gt;On les a contraints &#224; mettre une pointeuse et j'ai fait intervenir l'inspection du travail pour prouver qu'il y avait du travail r&#233;el et donc dissimul&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En 2012, &#224; force de r&#233;diger des courriers de protestation, il est licenci&#233;. &#171; &lt;i&gt;La machine &#224; broyer est en marche et quand ils auront fini de presser le citron des facteurs, ils iront ailleurs.&lt;/i&gt; &#187;. Avant de raccrocher, Mohamed tient &#224; t&#233;moigner au d&#233;put&#233; Andr&#233; Chassaigne de sa gratitude pour son soutien. Dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est inhumain une lutte, ils voulaient ma peau&lt;/i&gt; &#187;, me raconte Gilles Le Houezec qui est en arr&#234;t maladie d&#233;sormais. A Aubigny-sur-N&#232;re, dans le d&#233;partement du Cher, les facteurs en avaient assez de ne pas &#234;tre pay&#233;s pour des heures toujours plus lourdes. La gr&#232;ve a dur&#233; 130&#8200;jours pour ne pas, entre autres, passer &#224; la pause m&#233;ridienne, une pause qui coupait la journ&#233;e du facteur. &#171; &lt;i&gt;La pause m&#233;ridienne c'est de la communication&lt;/i&gt; &#187;, estime Gilles qui est en guerre contre son entreprise : &#171; &lt;i&gt;Une particularit&#233; &#224; Aubigny, c'est qu'on a &#233;t&#233; oblig&#233;s de faire du judiciaire car La Poste a bafou&#233; le droit tous les jours.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant ce village de 5 000&#8200;&#226;mes est loin d'&#234;tre un bastion r&#233;volutionnaire. &#171; &lt;i&gt;Ici on travaille m&#234;me avec la grippe&lt;/i&gt; &#187;, raconte Gilles Le Houezec. Sauf que les m&#233;decins de pr&#233;vention de La Poste estiment que l'entreprise fabrique des inaptes physiques et psychologiques&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Poste Stressante, op. cit.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Pendant notre gr&#232;ve, La Poste a fait venir des cadres au d&#233;but puis elle a promis un CDI &#224; ceux qui acceptaient de venir nous remplacer. Des pr&#233;caires venaient de plus de cent kilom&#232;tres. C'est honteux !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Reynaud, postier &#224; Marseille qui a r&#233;int&#233;gr&#233; La Poste apr&#232;s avoir &#233;t&#233; mis &#224; pied deux ans, estime que face &#224; la r&#233;pression syndicale, une des fen&#234;tres de tir r&#233;side dans les collectifs d'usagers : &#171; &lt;i&gt;Ils redoutent la r&#233;action des usagers. C'est pour &#231;a qu'on leur donne les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone o&#249; se plaindre.&lt;/i&gt; &#187; L'autre force tient aux caisses de gr&#232;ve. Dans les Hauts-de-Seine les militants tiennent avec le soutien de la population, &#224; Aubigny ce sont des billets de 20&#8200;euros envoy&#233;s par des facteurs solidaires, &#224; Arles c'est une caisse continuellement approvisionn&#233;e par les salaires. &#171; &lt;i&gt;La solidarit&#233; nationale a &#233;t&#233; au-del&#224; de nos esp&#233;rances, de la part des syndicats comme des gens&lt;/i&gt; &#187;, conclut Gilles le Houezec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S&#233;bastien Fontenelle, &lt;i&gt;Poste Stressante&lt;/i&gt;, Seuil, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Poste Stressante&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ZAD en Chambaran</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/ZAD-en-Chambaran</link>
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		<dc:date>2015-03-05T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>zadistes</dc:subject>
		<dc:subject>Center Parcs</dc:subject>
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&lt;p&gt;Une nouvelle ZAD s'est nich&#233;e &#224; Roybon, dans les Chambaran, entre Grenoble et Romans-sur-Is&#232;re. Son objectif : emp&#234;cher la construction d'un Center Parcs qui b&#233;tonnerait une zone humide. Las, travaill&#233;s par des promesses d'emplois, la plupart des habitants du village se liguent violemment contre ces opposants &#171; m&#234;me pas de chez nous &#187;. &#171; Bonjour ! Permis de conduire et papiers SVP. Ouvrez-moi votre coffre. &#187; Sur cette petite route foresti&#232;re des confins de la Dr&#244;me et de l'Is&#232;re, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carol" rel="tag"&gt;Carol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle ZAD s'est nich&#233;e &#224; Roybon, dans les Chambaran, entre Grenoble et Romans-sur-Is&#232;re. Son objectif : emp&#234;cher la construction d'un Center Parcs qui b&#233;tonnerait une zone humide. Las, travaill&#233;s par des promesses d'emplois, la plupart des habitants du village se liguent violemment contre ces opposants &#171; m&#234;me pas de chez nous &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bonjour ! Permis de conduire et papiers SVP. Ouvrez-moi votre coffre. &lt;/i&gt; &#187; Sur cette petite route foresti&#232;re des confins de la Dr&#244;me et de l'Is&#232;re, nous nous croyions compl&#232;tement seuls au milieu des ch&#226;taigniers. &#171; &lt;i&gt;Vous allez &#224; la ZAD ?&lt;/i&gt; &#187; Nous serions bien venus l&#224; pour du tourisme mais la multinationale Pierre et Vacances en a d&#233;cid&#233; autrement. Un kilom&#232;tre apr&#232;s le barrage de gendarmerie, voil&#224; la maison foresti&#232;re de la Marquise, rebaptis&#233;e &#171; MaquiZAD &#187; par les occupants du lieu, zadistes comme au Testet ou &#224; Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/p15-roydon-7b636.jpg?1782679023' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils sont l&#224; depuis le 30&#8200;novembre et la premi&#232;re manif-occupation, pour emp&#234;cher la construction d'un village vacances. Un &#171; Center&#8200;Parcs &#187;&#8200;o&#249; quelque 5 000 personnes viendraient barboter dans une bulle tropicale chauff&#233;e &#224; 29&#176; toute l'ann&#233;e. Le co&#251;t de cette vill&#233;giature de r&#234;ve ? Une zone humide sur 120&#8200;hectares dont 90&#8200;d&#233;forest&#233;s, un v&#233;ritable &#171; ch&#226;teau d'eau &#187; qui alimente nappes phr&#233;atiques et rivi&#232;res de la r&#233;gion, 37&#8200;esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es. Une paille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nils nous accueille &#224; la barricade d'entr&#233;e de la &#171; MaquiZAD &#187;. La place forte des zadistes est une maison, propri&#233;t&#233; de l'ONF, occup&#233;e au titre du droit au logement, au grand dam des huissiers et autres gendarmes venus le 2&#8200;d&#233;cembre leur demander de partir. Alentour, des d&#233;pendances et des cabanes poussent, certaines dans les arbres pour &#233;viter qu'ils ne soient coup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Si vous vous d&#233;p&#234;chez, il y a une animatrice nature sur la zone de chantier pour constater s'il y a des animaux morts&lt;/i&gt; &#187;, nous indique Nils. En pataugeant dans des chemins bien boueux, sous les ch&#226;taigniers et bouleaux, nous parvenons &#224; rejoindre Carol au lieu-dit &#171; Souris &#187;. Il y a l&#224; une cabane de palettes et de b&#226;ches en lisi&#232;re de for&#234;t qui surplombe une prairie. Sur la zone de chantier, les arbres sont r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de copeaux sur le sol. D'autres sont empil&#233;s en tas de 6 ou 7&#8200;m&#232;tres. Des orni&#232;res, &#224; hauteur de taille, laiss&#233;es par les engins d'abattage nous rendent l'acc&#232;s difficile. Les hydrocarbures pr&#233;sents &#224; la surface de l'eau sont filtr&#233;s par un maigre barrage de paille. &#171; &lt;i&gt;30 hectares ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;forest&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, apprenons-nous. Pour l'instant les travaux sont arr&#234;t&#233;s sous la pression des zadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Animatrice nature &#224; Romans-sur-Is&#232;re, Carol souhaite suivre l'&#233;volution de l'impact des travaux sur les batraciens : &#171; &lt;i&gt;Les Chambaran, c'est un milieu tr&#232;s rare en France parce que c'est une for&#234;t froide et humide. Ici, il y a des esp&#232;ces qui sont prot&#233;g&#233;es comme le crapaud sonneur &#224; ventre jaune et le triton cr&#234;t&#233;. C'est aberrant que Pierre et Vacances ait eu l'autorisation de d&#233;truire ces esp&#232;ces sur liste rouge, qui normalement sont intouchables.&lt;/i&gt; &#187; Elle soul&#232;ve le bois d&#233;chiquet&#233;, retourne la terre, cherche dans l'eau, pour trouver d'&#233;ventuels cadavres. Rien. Le terrain est tellement retourn&#233; que les &#233;ventuelles traces du carnage doivent &#234;tre enterr&#233;es. Carol craint que si les travaux reprennent au printemps, les animaux affaiblis par leur p&#233;riode d'hibernation ne soient pas en capacit&#233; de fuir les engins de chantier. Aux promoteurs du projet, Carol r&#233;pond, &#171; &lt;i&gt;ils n'ont pas compris que l'argent et le b&#233;ton ne se mangent pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descente &#224; Roybon. 5 kilom&#232;tres. Les gendarmes ne sont plus l&#224;. En pause d&#233;jeuner. Sur les 3 premiers kilom&#232;tres, des riverains ont pos&#233; des panneaux &#171; &lt;i&gt;Non au Center Parcs !&lt;/i&gt; &#187; Au village le message est diff&#233;rent. A&#8200;l'entr&#233;e, une grande banderole sign&#233;e de l'association &#171; Vivre en Chambaran &#187; d&#233;clare &#171; &lt;i&gt;Bienvenue au Center Parcs&lt;/i&gt; &#187;. De chaque c&#244;t&#233; de la grand-rue, les fa&#231;ades se parent de messages de soutien du m&#234;me ordre. En face de la mairie, une statue de la libert&#233; affubl&#233;e d'une guirlande de No&#235;l argent&#233;e et d'une &#233;charpe&#8200;tricolore clame : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez mon village&lt;/i&gt; &#187;.&#8200;Look&#8200;de zadiste et chaussures pleines de boue, le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'est pas le bienvenu. Les regards sont froids. Les habitants ne veulent pas r&#233;pondre &#224; ses questions. Deux motards de la gendarmerie viennent le contr&#244;ler alors qu'il fait des photos. Des vigiles &#224; gilets jaunes et oreillettes le suivent. La haine et la stigmatisation des zadistes s'inscrivent sur les murs : &#171; &lt;i&gt;Non au terrorisme vert&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Zadistes pas ici. Dehors&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Oui au travail dans la r&#233;gion pour ceux qui veulent travailler&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La municipalit&#233; et l'association &#171; Vivre en Chambaran &#187; consid&#232;rent que ce sont 98&#8200;% des Roybonnais qui voudraient du village vacances esp&#233;rant que &#231;a cr&#233;erait de l'emploi et de la dynamique au niveau du territoire. Des emplois sous-qualifi&#233;s, mal pay&#233;s et pr&#233;caires. Si les zadistes sont vus comme des &#233;trangers qui n'ont pas leur mot &#224; dire sur ce territoire, le FN est lui accueilli &#224; bras ouverts par les partisans du Center Parcs qui n'h&#233;sitent pas &#224; balancer cette disqualification d'&#233;tranger sur la face des habitants du village s'opposant &#224; eux. Dans une lettre ouverte &#224; Serge Perraud, maire de Roybon, Michelle Pistone, habitante du bourg, membre de l'association &#171; Pour les Chambaran sans Center Parcs &#187;, t&#233;moigne des vell&#233;it&#233;s de ce dernier &#224; son &#233;gard : &#171; &lt;i&gt;Tu t'es alors pr&#233;cipit&#233; en m'injuriant : j'&#233;tais une &#233;trang&#232;re, mes parents &#233;taient &#233;trangers. C'est vrai, je m'appelle Pistone ! Mon arri&#232;re-grand-p&#232;re est venu d'Italie aider &#224; construire la ligne de chemin de fer Grenoble-Veynes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p15-roydon02-64ed3.jpg?1782641704' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire la nature et d&#233;fendre l'emploi au service de la x&#233;nophobie ? Monsieur le maire n'a pas daign&#233; nous r&#233;pondre. Il &#233;tait, sans doute, dans l'attente angoiss&#233;e des premi&#232;res d&#233;cisions de la justice administrative. Et il avait raison de s'angoisser puisqu'elles suspendent en partie la poursuite du chantier. Les saillies de Manuel Valls avant les f&#234;tes concernant le maintien des grands projets inutiles, y compris &#224; Notre-Dame-des-Landes, ont-elles sauv&#233; le r&#233;veillon de l'&#233;lu ? L'ordre administratif va-t-il &#224; nouveau r&#233;gner en France ? Pour Roybon, jugement d&#233;finitif attendu en juin prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bonheur est derri&#232;re le mur</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-bonheur-est-derriere-le-mur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-bonheur-est-derriere-le-mur</guid>
		<dc:date>2011-02-25T07:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristide Bostan, Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Bonjour</dc:subject>
		<dc:subject>&#234;tes accueillis</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sidence ferm&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte-Marthe</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sidence</dc:subject>
		<dc:subject>portail</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;sidences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes moyennes &#224; la recherche d'espace, de tranquillit&#233; et de s&#233;curit&#233; ont tendance &#224; migrer en banlieue, o&#249; les r&#233;sidences ferm&#233;es toutes neuves sont la r&#233;ponse &#224; toutes leurs attentes. Mais quid des classes populaires qui sont le plus souvent d&#233;j&#224; dans la place ? D&#233;but de r&#233;ponses lors d'une balade &#224; Sainte-Marthe, juste en-de&#231;&#224; des quartiers Nord de Marseille&#8230; Vous &#234;tes accueillis par un sympathique &#171; Bonjour, soyez les bienvenus &#187;. Mais rien de tonitruant, hein, personne &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bonjour" rel="tag"&gt;Bonjour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etes-accueillis" rel="tag"&gt;&#234;tes accueillis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/residence-fermee" rel="tag"&gt;r&#233;sidence ferm&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte-Marthe" rel="tag"&gt;Sainte-Marthe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/residence" rel="tag"&gt;r&#233;sidence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/portail" rel="tag"&gt;portail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/residences" rel="tag"&gt;r&#233;sidences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les classes moyennes &#224; la recherche d'espace, de tranquillit&#233; et de s&#233;curit&#233; ont tendance &#224; migrer en banlieue, o&#249; les r&#233;sidences ferm&#233;es toutes neuves sont la r&#233;ponse &#224; toutes leurs attentes. Mais quid des classes populaires qui sont le plus souvent d&#233;j&#224; dans la place ? D&#233;but de r&#233;ponses lors d'une balade &#224; Sainte-Marthe, juste en-de&#231;&#224; des quartiers Nord de Marseille&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous &#234;tes accueillis par un sympathique &#171; &lt;i&gt;Bonjour, soyez les bienvenus&lt;/i&gt; &#187;. Mais rien de tonitruant, hein, personne &#224; la fen&#234;tre ne vous h&#232;le &#224; la cantonade. C'est juste l'&#233;cran du digicode, celui d'une r&#233;sidence ferm&#233;e flambant neuve, &#224; Sainte-Marthe, dans le xive arrondissement de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sainte-Marthe ? C'est en bordure de la ville, adoss&#233; aux collines qui entourent la cit&#233;. Sur la droite quand on remonte l'A7, quoi. Et, pour la petite histoire, c'est l&#224; que Paul Ricard a vu le jour. &#171; &lt;i&gt; Ce village est l'un des plus anciens de la banlieue. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il doit &#224; sa belle position&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;une certaine notori&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait l'historien proven&#231;al Alfred Saurel en 1878&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Saurel, La Banlieue de Marseille, &#233;ditions de Marseille, 1878 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. D'ici, &#171; &lt;i&gt;on peut voir le territoire de Marseille presque en entier, depuis l'&#201;toile jusqu'&#224; Marseilleveyre, et depuis la mer jusqu'&#224; Allauch.&lt;/i&gt; &#187; Et effectivement, le coin est plut&#244;t engageant. Perdu sur les petites routes bord&#233;es de murets en pierres s&#232;ches des hauts de Sainte-Marthe, l'on se sent bien loin de la Canebi&#232;re et du centre d'affaires Eurom&#233;diterran&#233;e. Bien loin aussi de la cit&#233; du Clos La Rose, pourtant situ&#233;e dans l'arrondissement voisin, o&#249; deux jeunes se sont faits &lt;i&gt;shooter &lt;/i&gt; &#224; la kalach' le 19 novembre dernier. Non, ici, &#171; &lt;i&gt;on est chez Pagnol !&lt;/i&gt; &#187;, nous dit un habitant d'une de ces r&#233;sidences o&#249; le portail exige un s&#233;same &#224; quatre chiffres pour daigner s'ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_95 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/Residence_fermee_def-5cd16.jpg?1782641770' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les gated communities, ces fameuses r&#233;sidences ferm&#233;es, grillag&#233;es et digicod&#233;es, &#224; l'architecture simili-typique, avec petit parc priv&#233;, jardinet familial et, (mazette !) place de parking s&#233;curis&#233;e, ont &#233;t&#233; import&#233;es des &#201;tats-Unis, il y a une dizaine d'ann&#233;es. Au d&#233;part r&#233;serv&#233;es aux riches, elles se d&#233;mocratisent toutefois : les classes moyennes fuyant les centres-villes trop bruyants, trop chers, et o&#249; il est impossible de garer sa tire, sont friandes de ce type de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sainte-Marthe, le taux d'ouvriers a gliss&#233; de 24 % &#224; 18 % entre 1999 et 2006, alors que les cadres passaient de 7 % &#224; 14 % et les professions interm&#233;diaires de 26 % &#224; 33 %. Pour accueillir ces nouvelles populations, les toupies de b&#233;ton tournent &#224; plein r&#233;gime : beaucoup de r&#233;sidences sont r&#233;centes &#8211; moins de deux ans &#8211; et il y en a de nombreuses en construction. Certaines arborent m&#234;me une &#171; charte qualit&#233; environnementale &#187; grenello-compatible, argument de vente imparable. De-ci de-l&#224;, au milieu de prairies condamn&#233;es, &#233;closent des Alg&#233;co de promoteurs immobiliers o&#249; s'ach&#232;tent sur plan 90 m2 de bonheur cl&#244;tur&#233;. &#171; &lt;i&gt;Avant, il y avait un ch&#226;teau et trois fermes&lt;/i&gt;, d&#233;crit &#224; CQFD un monsieur de 89 ans vivant dans le quartier depuis plus d'un demi-si&#232;cle.&lt;i&gt; Il y a quarante ans, c'&#233;tait merveilleux, il y avait des vaches, j'allais chercher le lait chez mon ami Didier. Quand j'avais mon gosse, je montais presque tous les jours dans les collines. Mais ils ont tout construit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Domaine des &#201;toiles &#8211; r&#233;sidence ferm&#233;e regroupant des habitations individuelles &#8211; un jeune homme qui &#171; &lt;i&gt;travaille au Cr&#233;dit Lyonnais&lt;/i&gt; &#187; nous explique, tout en lavant sa voiture, qu'avant &#171; &lt;i&gt; c'&#233;tait un pr&#233; avec des vaches, ou un truc comme &#231;a. Pas une ferme&#8230; Elles broutaient, c'est tout. &lt;/i&gt; &#187; Il loge ici avec ses parents : &lt;i&gt;&#171; On habitait aux R&#233;form&#233;s&lt;/i&gt; [dans le centre-ville, pr&#232;s de la Canebi&#232;re].&lt;i&gt; On voulait aller dans le VIIIe, mais c'&#233;tait trop cher. Ici, on est bien, on a un jardin, et on voit m&#234;me la Bonne M&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'&#339;il vigilant de Notre-Dame de la Garde, ils peuvent dormir tranquilles. Car voil&#224; ce qu'ils sont venus chercher : de la tranquillit&#233;, &#224; des loyers ou des taux d'emprunt raisonnables. Un jeune retrait&#233; de la marine marchande, rencontr&#233; dans une r&#233;sidence situ&#233;e impasse des Quatre-Portails, loue un T4 de 85 m&#232;tres carr&#233;s pour 900 euros par mois, avec un garage o&#249; &#171; &lt;i&gt; rentrent deux voitures&lt;/i&gt; &#187;. Auparavant, il habitait &#224; La Joliette, pr&#232;s du port, mais &#171; &lt;i&gt; il y a toujours des manifestations, des travaux en permanence, et on ne peut pas se garer. &lt;/i&gt; &#187; Dans un autre enclos, un peu plus chic, de vingt-sept villas et dix-huit appartements, un proviseur &#224; la retraite dit avoir achet&#233; ici &#171; &lt;i&gt;parce que, &#224; Marseille, c'est devenu rare de trouver un ext&#233;rieur pour pas trop cher. On a un jardin de 400 m2, on peut manger dehors, mettre une piscine hors sol pour les petits-enfants. On a achet&#233; ce T4, il y a cinq ans, 250 000 euros.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa maison ferme &#224; cl&#233;, la barri&#232;re de son jardin aussi, ainsi que le portail du lotissement. Tout en nous raccompagnant ostensiblement vers la sortie &#8211; il va chercher son courrier &#8211;, le grand-p&#232;re &#171; triple tour &#187; nous explique : &#171; &lt;i&gt; Personnellement, cela ne me fait rien quand notre portail est en panne. Mais les habitants des deux maisons cambriol&#233;es lorsqu'il ne fermait plus ne pensent pas pareil. L'une des deux fois, ils ont d&#233;barrass&#233; le rez-de-chauss&#233;e alors que la dame &#233;tait au premier. Depuis, elle a fait mettre des barreaux aux fen&#234;tres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, &#231;a ne lui fait rien&#8230; Ou presque rien. &#171; &lt;i&gt;Mais,&lt;/i&gt; pr&#233;cise-t-il, &lt;i&gt;le fait que la maison soit dans les quartiers Nord n'a pas &#233;t&#233; un probl&#232;me lorsque nous avons fait notre choix &lt;/i&gt; &#187;, et lui et sa famille se sentent &#171; &lt;i&gt;avant tout marseillais &lt;/i&gt; &#187;. Fichtre ! Cet arrivage d'une population d'un nouveau genre g&#233;n&#233;rerait-il cette sacro-sainte mixit&#233; tant esp&#233;r&#233;e par les pouvoirs publics pour diluer la mis&#232;re sociale, &#224; d&#233;faut de l'&#233;radiquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre retrait&#233; de la marine marchande n'en est pas convaincu. Si &#171; &lt;i&gt; le portail est ouvert jusqu'&#224; midi pour laisser passer le facteur et la soci&#233;t&#233; de nettoyage, apr&#232;s, c'est ferm&#233;, et les enfants peuvent faire du v&#233;lo en toute s&#233;curit&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Pour pouvoir habiter son petit coin de paradis, &#171; &lt;i&gt; il faut gagner les revenus en cons&#233;quence&lt;/i&gt; &#187; et puis, &lt;i&gt;&#171; il n'y a pas de logements sociaux, cela fait un &#8220;&#233;cr&#233;mage&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; Haaa&#8230; &#171; &lt;i&gt;J'avais un peu peur d'habiter dans le XIVe, mais je suis venu voir deux-trois fois, et il n'y avait pas de scooters, pas de tags. &lt;/i&gt; &#187; La crainte des habitants des quartiers Nord ? &#171; &lt;i&gt;Il faut appeler un chat un chat ! Il faut y aller, habiter avec eux ! Et ceux qui disent le contraire, ils habitent dans des quartiers tranquilles !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les collines, les engins de chantier s'aff&#232;rent autour de la r&#233;sidence ferm&#233;e des Chlorophylles, pour le moment ouverte aux quatre vents. Un jeune gars y promenant son chien nous confie : &#171; &lt;i&gt;Oui, ils ont pr&#233;vu de mettre un portail. Ce sera mieux pour la s&#233;curit&#233; des voitures. Je dis &#231;a parce que je me suis fait carotter mon scooter, ici&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alfred Saurel, &lt;i&gt;La Banlieue de Marseille&lt;/i&gt;, &#233;ditions de Marseille, 1878 (r&#233;&#233;dition Jeanne Laffitte, 1995).&lt;/p&gt;
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