<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=986&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Carnaval de la Plaine : le tribunal mod&#232;re sa s&#233;v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Carnaval-de-la-Plaine-le-tribunal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Carnaval-de-la-Plaine-le-tribunal</guid>
		<dc:date>2021-03-25T15:49:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>policier</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>sursis</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille passent</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe. Contre les &#171; irresponsables &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policier" rel="tag"&gt;policier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sursis" rel="tag"&gt;sursis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-passent" rel="tag"&gt;Marseille passent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contre les &#171; &lt;i&gt;irresponsables&lt;/i&gt; &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards jug&#233;s hier par le tribunal de Marseille passent le printemps &#224; l'ombre. Tous ont finalement &#233;vit&#233; la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carnaval ind&#233;pendant n'en a pas fini avec la r&#233;pression : l'enqu&#234;te visant &#224; identifier les organisateurs se poursuit. Plusieurs membres d'une association, La Plaine sans fronti&#232;re, ont &#233;t&#233; entendus ce matin par des policiers de la s&#251;ret&#233; d&#233;partementale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une proc' &#171; aveugl&#233;e par le contexte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier (mercredi), c'est donc au tribunal de Marseille qu'une foule de journalistes avait coagul&#233;. Une bonne trentaine de reporters dans la salle d'audience : &#171; &lt;i&gt;un cluster&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait un policier. Il y a la presse locale bien s&#251;r, mais aussi force m&#233;dias nationaux : jusqu'&#224; TF1 et CNews ont fait le d&#233;placement. Cinq des personnes arr&#234;t&#233;es dimanche soir vont &#234;tre jug&#233;es en comparution imm&#233;diate. Elles auraient d&#251; l'&#234;tre la veille, mais pour cause d'encombrement du planning, elles ont d&#251; patienter 24 heures de plus et, pour quatre d'entre elles, passer une nuit en d&#233;tention provisoire aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s commence avec M., la petite trentaine. D'origine napolitaine, il passe depuis plusieurs ann&#233;es la moiti&#233; de son temps en France, o&#249; il bosse dans l'agriculture ou la restauration. Un flic assure l'avoir vu jeter des pierres sur les CRS au milieu du chantier de la place Jean-Jaur&#232;s (&lt;i&gt;aka&lt;/i&gt; &#171; la Plaine &#187;). Il jure ne pas l'avoir l&#226;ch&#233; du regard jusqu'&#224; son arrestation. M. r&#233;torque que &#231;a n'est pas vrai ; du reste, il ne comprend pas comment le fonctionnaire aurait pu le reconna&#238;tre dans la cohue et les gaz lacrymog&#232;nes, au milieu d'une charge polici&#232;re. Il ajoute qu'un agent lui a montr&#233; une photo cens&#233;e le repr&#233;senter : ce n'&#233;tait pas lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure entre en sc&#232;ne. D'abord, contre toute &#233;vidence, elle parle du carnaval comme d'un &#171; &lt;i&gt;rassemblement secret&lt;/i&gt; &#187; &#8211; alors qu'une bonne partie de la ville et de la France militante &#233;tait au courant depuis belle lurette. Elle encha&#238;ne sur la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'allusions moralisantes &#224; la crise sanitaire. Les d&#233;clarations du policier ? &#171; &lt;i&gt;Je ne vois pas comment on peut [les] remettre en question. Les fonctionnaires de police n'avaient strictement aucun int&#233;r&#234;t &#224; arr&#234;ter des gens qui n'avaient rien fait, ils avaient d&#233;j&#224; bien assez &#224; faire avec les autres qui faisaient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les assertions de l'agent, il y a n&#233;anmoins un point faible : s'il a la certitude d'avoir vu M. jeter des cailloux dans la direction des CRS, le policier est incapable de dire si les projectiles ont atteint leur cible. Pas de souci, assure la parqueti&#232;re : d'apr&#232;s une jurisprudence de la Cour de cassation, nul besoin d'un choc physique pour que les violences soient caract&#233;ris&#233;es, un &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit. Or, au moment des faits, &#171; &lt;i&gt;depuis une heure [les CRS &#233;taient] sous le feu de projectiles qui arriv[ai]ent de toute part [&#8230;]. Qui peut croire que &#231;a ne suscite pas une peur ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle demande trois mois ferme avec maintien en d&#233;tention et trois ann&#233;es d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Giletta revient sur la jurisprudence de la Cour de cassation. Oui, le &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit &#224; caract&#233;riser l'infraction, dit l'avocat, mais encore faut-il qu'il puisse &#234;tre attribu&#233; &#224; l'accus&#233;. Autrement dit, pour que la responsabilit&#233; de M. soit engag&#233;e, il aurait fallu prouver que les CRS avaient conscience d'avoir &#233;t&#233; vis&#233; par des pierres jet&#233;e personnellement par M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;mouvant d'une logique &#171; &lt;i&gt;qui consiste &#224; cr&#233;er la responsabilit&#233; collective, &#224; attribuer &#224; un individu les agissements d'autres&lt;/i&gt; &#187;, le bavard rappelle que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas au tribunal de dire si c'est opportun&#233;ment ou non que des gens se sont r&#233;unis de mani&#232;re festive&lt;/i&gt; &#187;. Il pointe aussi que la parole du policier n'est &#233;tay&#233;e par rien &#8211; pas m&#234;me par des t&#233;moignages de coll&#232;gues &#8211; et ajoute que depuis quelques ann&#233;es, le Code p&#233;nal sp&#233;cifie que la condamnation &#224; la prison ferme ne doit &#234;tre utilis&#233;e qu'en &#171; &lt;i&gt;dernier recours&lt;/i&gt; &#187;. Pour requ&#233;rir trois mois de ge&#244;le dans cette affaire, la procureure s'est donc forc&#233;ment &#171; &lt;i&gt;fait aveugler par le contexte&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les r&#233;actions politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel argument aura le plus port&#233; ? Aucune id&#233;e. Mais M. a &#233;t&#233; relax&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La M&#233;tropole et ses containers &#224; 281 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de V. et de E. qui n'ont pas 25 ans et vivent respectivement dans la Creuse et les Hautes-Alpes. Eux ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s tard dans la soir&#233;e non loin de la Plaine, du c&#244;t&#233; de la rue Saint-Savournin, o&#249; des f&#234;tards &#233;m&#233;ch&#233;s dansaient joyeusement autour de poubelles enflamm&#233;es. Depuis leurs &#233;crans de vid&#233;osurveillance, des policiers du Centre de supervision urbain les avaient vu embraser une poubelle et avaient transmis leur signalement aux policiers du terrain. Confront&#233;s aux images, ils ont reconnu les faits. Et font profil bas : ils &#233;taient fin saouls et sont tous les deux d&#233;sol&#233;s. D&#233;guis&#233; en licorne, V. portait une inscription rouge sur le front : &#171; ACAB &#187; (&#171; All cops are bastards &#187;, &#171; Tous les flics sont des salauds &#187;). &#192; l'audience, il dit pr&#233;f&#233;rer une signification alternative : &#171; All cats are beautiful &#187; (&#171; Tous les chats sont beaux &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; en g&#233;ographie, E. n'a pas de casier judiciaire. V. en a un : il y a un an, dit la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; condamn&#233; pour des &#171; &lt;i&gt;violences et d&#233;gradations&lt;/i&gt; &#187;, dans le contexte du &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zad-de-la-Dune-pas-de-confinement' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;mant&#232;lement sauvage&lt;/a&gt; de la Zad de la Dune, en Vend&#233;e. Il a pass&#233; un bon bout de 2020 derri&#232;re les barreaux et reste sous la menace de plusieurs mois de sursis. S'il s'est trouv&#233; un service civique, il a semble-t-il manqu&#233; de z&#232;le pour r&#233;pondre aux convocations du Spip (Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation). Consult&#233; par le tribunal de Marseille, le juge d'application des peines de Gu&#233;ret (Creuse) a recommand&#233; la r&#233;vocation de son sursis probatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirig&#233;e par la droite, la M&#233;tropole Aix-Marseille s'est port&#233;e partie civile. Son avocat, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Pierre Bruno, s'en prend tout de go &#171; &lt;i&gt;&#224; ce cort&#232;ge qu'on appelle carnaval, que je prendrai au sens p&#233;joratif du terme&lt;/i&gt; &#187;. Un &#233;v&#233;nement &#171; &lt;i&gt;&#233;minemment politique&lt;/i&gt; &#187; qui n'est manifestement pas de son go&#251;t, puisque pas de son bord. Il parle de &#171; &lt;i&gt;deux jeunes hommes qui sont venus imposer leur libert&#233; aux personnes &#224; Marseille, leur libert&#233; de s'enivrer, de casser, de br&#251;ler des poubelles...&lt;/i&gt; &#187; Et d&#233;plore : &#171; &lt;i&gt;Cette journ&#233;e d'enivrement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;va co&#251;ter 155 547 euros &#224; la M&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187; et &#231;a ne le fait pas rire parce qu'il paye des imp&#244;ts locaux. &#171; &lt;i&gt;Je regrette qu'on ne juge que ces deux personnes. J'esp&#232;re que les vrais responsables compara&#238;tront bient&#244;t.&lt;/i&gt; &#187; En attendant, l'institution demande le remplacement de cinq containers &#224; poubelles (les pr&#233;venus reconnaissent en avoir cram&#233; un seul chacun) valant 281 &#8364; pi&#232;ce et le remboursement du nettoyage de deux bouts de rue pour un total de 3 321 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de sursis et trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille pour E. Elle est encore plus implacable avec V. qui, assure-t-elle sur la foi de l'avis du juge d'application des peines de Gu&#233;ret, &#171; &lt;i&gt;s'affranchit de toutes les normes sociales&lt;/i&gt; &#187;. Pire &#224; ses yeux, c'est &#171; &lt;i&gt;un militant, d&#233;j&#224; condamn&#233; pour des faits commis sur une Zad &#187;&lt;/i&gt;. Elle requiert donc trois mois de prison ferme et la r&#233;vocation de son sursis probatoire, ainsi que trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre E., son avocate argue qu'il n'est pas un manifestant, pas un militant, qu'il est ins&#233;r&#233; socialement. Le bavard de V. donne dans la m&#234;me veine : son client n'est &#171; &lt;i&gt;plus le militant zadiste qui pouvait en venir aux mains avec les flics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. ramassera trois mois de sursis. V. s'en sortira avec 90 heures de travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, sans r&#233;vocation du sursis. Les deux devront payer solidairement 846 &#8364; de d&#233;dommagement &#224; la M&#233;tropole ainsi que 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On va te faire le cul, sale gaucho de merde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'heure des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s se rapproche et tous les reporters t&#233;l&#233; s'esquivent pour finaliser leurs reportages. Dommage : c'est pile &#224; ce moment-l&#224; qu'il est question de violences polici&#232;res. L., un Aveyronnais d'une trentaine d'ann&#233;es au casier vierge, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; rue Saint-Savournin par un policier qui l'aurait vu jeter une bouteille sur des coll&#232;gues. L'homme aurait r&#233;sist&#233; &#224; son arrestation en se d&#233;battant violemment, blessant l&#233;g&#232;rement l'agent &#224; la tempe. Il est donc poursuivi pour &#171; violences &#187; et &#171; r&#233;bellion &#187; &#8211; ainsi que refus de pr&#233;l&#232;vement biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui parle d'une &#171; &lt;i&gt;arrestation arbitraire&lt;/i&gt; &#187;, dit qu'il a &#233;t&#233; projet&#233; au sol et qu'un m&#233;decin a constat&#233; qu'il avait &#233;t&#233; amoch&#233;. Il jure qu'il ne s'est pas d&#233;battu et que c'est involontairement, en basculant, que sa jambe a pu atteindre le policier. Ensuite ? &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; humili&#233; toute la descente de la rue, mis au milieu d'une patrouille d'une douzaine de CRS qui m'ont assen&#233; des claques au visage.&lt;/i&gt; &#187; Le tout accompagn&#233; d'insultes fleuries : &#171; &lt;i&gt;Encul&#233;, on va te faire le cul, sale gaucho de merde...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le policier s'est port&#233; partie civile et r&#233;clame 1 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;t. La procureure, qui refuse d'envisager que les policiers puissent r&#233;diger de faux PV, r&#233;clame quatre mois de prison avec maintien en d&#233;tention et, encore, une interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bonnaire rappelle que l'exploitation de la vid&#233;osurveillance n'a rien donn&#233; et que son client &#233;tait si alcoolis&#233; qu'il n'&#233;tait pas en mesure d'opposer une r&#233;sistance active &#224; son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement sera contrast&#233; : L. est relax&#233; pour les violences, mais condamn&#233; pour la r&#233;bellion. Quatre mois de sursis, auxquels s'ajoutent deux mois pour le refus de pr&#233;l&#232;vement. Il devra aussi payer 500 &#8364; au policier au titre du pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un acte irrationnel &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me et dernier pr&#233;venu du jour, L. (un autre) est aussi le seul Marseillais de la troupe. La cinquantaine pass&#233;e, il est au ch&#244;mage depuis quatre ans et traverse une mauvaise passe : &#171; &lt;i&gt;Je suis un peu &#224; la d&#233;rive.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tait ivre quand, sur la Canebi&#232;re, il a jet&#233; une bouteille de bi&#232;re sur les bleus. Un agent dit avoir &#233;t&#233; atteint par le projectile. Il n'a pas &#233;t&#233; bless&#233; mais demande 1 000 &#8364; au titre du pr&#233;judice moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. regrette : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait n'importe quoi, compl&#232;tement irresponsable. Un acte irrationnel.&lt;/i&gt; &#187; Il est en &#233;tat de r&#233;cidive, pour avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; pour violences sur des policiers en 2017. Plusieurs autres condamnations figurent &#224; son casier, notamment pour conduite en &#233;tat d'ivresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de prison avec maintien en d&#233;tention. Le tribunal est plus mesur&#233; : six mois de sursis probatoire, plus une obligation de soin et de travail ou de formation professionnelle. Le flic obtient 500 &#8364; de pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat. L. est en fin de droits : il sera bient&#244;t au RSA.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lacrymos pour le cort&#232;ge autonome </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Lacrymos-pour-le-cortege-autonome</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Lacrymos-pour-le-cortege-autonome</guid>
		<dc:date>2018-04-19T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samy Ben Abdallah</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>cort&#232;ge</dc:subject>
		<dc:subject>cort&#232;ge rouge</dc:subject>
		<dc:subject>cort&#232;ge autonome</dc:subject>
		<dc:subject>Temple</dc:subject>
		<dc:subject>Faubourg</dc:subject>
		<dc:subject>CGT incluse</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On rejoint le cort&#232;ge rouge et noir dans la rue du Faubourg du Temple. Lorsqu'on arrive sur R&#233;publique, des groupes anars quittent la CNT pour rejoindre ce qu'on appelle, &#224; d&#233;faut de mieux, le cort&#232;ge de t&#234;te. On ne sait pas vraiment ce qu'il en sera, car il se murmure que l'intersyndicale, CGT incluse, ne veut plus voir de cort&#232;ge autonome mener le bal durant ses manifestations. Voil&#224; pourtant que d&#233;barquent les anarchistes autonomes et leurs banni&#232;res, bient&#244;t suivis par une foule de gens (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CGT" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cortege" rel="tag"&gt;cort&#232;ge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cortege-rouge" rel="tag"&gt;cort&#232;ge rouge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cortege-autonome" rel="tag"&gt;cort&#232;ge autonome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Temple" rel="tag"&gt;Temple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Faubourg" rel="tag"&gt;Faubourg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CGT-incluse" rel="tag"&gt;CGT incluse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On rejoint le cort&#232;ge rouge et noir dans la rue du Faubourg du Temple. Lorsqu'on arrive sur R&#233;publique, des groupes anars quittent la CNT pour rejoindre ce qu'on appelle, &#224; d&#233;faut de mieux, le cort&#232;ge de t&#234;te. On ne sait pas vraiment ce qu'il en sera, car il se murmure que l'intersyndicale, CGT incluse, ne veut plus voir de cort&#232;ge autonome mener le bal durant ses manifestations. Voil&#224; pourtant que d&#233;barquent les anarchistes autonomes et leurs banni&#232;res, bient&#244;t suivis par une foule de gens disparates, lyc&#233;ens, &#233;tudiants, des moins jeunes et des vioques, dont un qui nous alpague derri&#232;re son masque de ski : &#171; &lt;i&gt;Prenez &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, et qu'il sort des p&#233;tards de bien 10 cm planqu&#233;s dans des baguettes de pain. On lui avoue qu'on ne saurait pas quoi en faire, il s'en va en grognant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge se remplit, on n'en voit plus le d&#233;but : &#171; &lt;i&gt;J'y ai jamais vu autant de monde, regarde, y'a m&#234;me des gamins de 17 ans, des vieux, c'est cingl&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirme David, de toutes les manifs loi Travail. Derri&#232;re, la CGT bouge et crie &#171; &lt;i&gt;Avancez !&lt;/i&gt; &#187;. On s'ex&#233;cute. &#192; peine dix minutes plus tard, la queue de notre cort&#232;ge hurle : &#171; &lt;i&gt;On est nass&#233;, revenez !&lt;/i&gt; &#187; On sent que c'est anormal. Trop t&#244;t. On remonte et on entend bient&#244;t voler les premi&#232;res lacrymos. Une pluie qui s'abat sans discontinuer, entrecoup&#233;e de grenades de d&#233;sencerclement lanc&#233;es au milieu de la foule. On n'a jamais vu un tel d&#233;bit de tirs, une telle r&#233;gularit&#233;, une telle violence. Les CRS finissent par avancer, nous repoussant vers Bastille. Des tirs tendus de lacrymos cognent des cr&#226;nes, dans les rues adjacentes ; d'autres CRS nous attendent. On d&#233;bouche &#224; Bastille, impossible de comprendre ce qu'il s'y passe, les palets pleuvent encore, accompagn&#233;s de tirs de Flash-Ball.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, calme plat. Le camion &#224; eau man&#339;uvre. On fait le tour de la place, jonch&#233;e de centaines de palets. Le cort&#232;ge intersyndicale reste &#224; l'entr&#233;e du boulevard Beaumarchais, stationnaire, cern&#233; par un cordon de gendarmes mobiles. Ils avancent et soudain on pige : la CGT a privatis&#233; la manifestation avec la complicit&#233; de la pr&#233;fecture, en coop&#233;rant au massacre. On a du mal &#224; y croire, mais le cordon de gendarmes ne ment pas. Ils foncent droit sur nous, le cort&#232;ge autonome se reforme, du moins ceux capables de continuer. Au Viaduc des arts, le canon &#224; eau qui ouvrait la route fait demi-tour, on entend de nouvelles d&#233;tonations, un chaos s'ensuit. Des anarchistes tentant de fuir par la coul&#233;e verte sont poursuivis par des CRS d&#233;cha&#238;n&#233;s, une camarade me dira plus tard : &#171; &lt;i&gt;Je m'en suis sortie parce qu'une dame nous a cach&#233;s. Mais je n'ai jamais eu aussi peur.&lt;/i&gt; &#187; Les manifestants sont accul&#233;s et matraqu&#233;s. Les plus chanceux fuient dans les rues adjacentes, et retrouvent plus loin le cort&#232;ge de la CNT. Il n'y a quasiment aucun interpell&#233; ; le but &#233;tait clair, d&#233;truire et d&#233;courager le cort&#232;ge de t&#234;te. C'est en quelque sorte une r&#233;ussite. Et beaucoup s'accordent &#224; dire que c'est une tactique &#224; bout de souffle, d&#233;sormais inefficace et dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cort&#232;ges syndicaux, personne n'a id&#233;e de ce qu'il vient de se passer &#8211; ni de la r&#233;pression, ni de la collusion &#233;vidente entre la CGT et la pr&#233;fecture de police. On quitte la place. Un homme a les doigts br&#251;l&#233;s par un palet, un autre boite, et il nous montre la balle de Flash-Ball qui l'a cogn&#233;. Un troisi&#232;me raconte comment les CRS ont humili&#233; et tabass&#233; une bande d'anars, les obligeant &#224; abandonner le contenu de leurs sacs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est &#233;reint&#233;s, et on ne pense qu'&#224; rentrer, prendre des nouvelles des camarades. On sait que ce soir, le pays ne retiendra que les quelques policiers bless&#233;s. Personne n'entendra parler de nous. On sait aussi que c'est le d&#233;but de cinq longues ann&#233;es de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a peur, mais on est tous certains d'en &#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un degr&#233; de violence rare &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare</guid>
		<dc:date>2018-04-11T16:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>manif</dc:subject>
		<dc:subject>avril</dc:subject>
		<dc:subject>flics</dc:subject>
		<dc:subject>journ&#233;e d'action</dc:subject>
		<dc:subject>grosse journ&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>cort&#232;ges lyc&#233;ens</dc:subject>
		<dc:subject>d'action</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Paul s'est fait d&#233;molir la rotule par des flics lors d'une r&#233;cente&#8232;manifestation parisienne contre la Loi Travail. T&#233;moignage. &#171; Ce 9 avril est une grosse journ&#233;e d'action, avec des cort&#232;ges lyc&#233;ens et &#233;tudiants d&#232;s le matin. L'apr&#232;s-midi, il y a une certaine tension d&#232;s le d&#233;but de la manif, notamment parce qu'on est beaucoup &#224; ne pas vouloir laisser les syndicats en dicter le d&#233;roulement. Quoi qu'il en soit, les flics ont mis le paquet : un drone de surveillance et un h&#233;licopt&#232;re de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manif" rel="tag"&gt;manif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avril" rel="tag"&gt;avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flics" rel="tag"&gt;flics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/journee-d-action" rel="tag"&gt;journ&#233;e d'action&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grosse-journee" rel="tag"&gt;grosse journ&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corteges-lyceens" rel="tag"&gt;cort&#232;ges lyc&#233;ens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-action" rel="tag"&gt;d'action&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paul s'est fait d&#233;molir la rotule par des flics lors d'une r&#233;cente&#8232;manifestation parisienne contre la Loi Travail. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH391/-582-cbb23.jpg?1779603637' width='400' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce 9 avril est une grosse journ&#233;e d'action, avec des cort&#232;ges lyc&#233;ens et &#233;tudiants d&#232;s le matin. L'apr&#232;s-midi, il y a une certaine tension d&#232;s le d&#233;but de la manif, notamment parce qu'on est beaucoup &#224; ne pas vouloir laisser les syndicats en dicter le d&#233;roulement. Quoi qu'il en soit, les flics ont mis le paquet : un drone de surveillance et un h&#233;licopt&#232;re de la s&#233;curit&#233; civile sont de sortie pendant toute la manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;but de cort&#232;ge, alors que la situation semble calme, je file dans une boulangerie pour acheter une pizza. Trois CRS sont post&#233;s juste &#224; c&#244;t&#233;, mais je ne me m&#233;fie pas. De l'int&#233;rieur, je vois l'un d'eux avec une petite cam&#233;ra GoPro. Quand je ressors, j'essaye de passer discr&#232;tement de mani&#232;re &#224; ce qu'il ne me filme pas &#8211; je consid&#232;re qu'il est important de lutter contre le fichage syst&#233;matique en manif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je sors, le CRS me crie &#8220;&lt;i&gt;Photo !&lt;/i&gt;&#8221; Je remonte mon col et continue ma route. Puis j'entends un &#8220;&lt;i&gt;Monsieur !&lt;/i&gt;&#8221;, lanc&#233; un peu plus fort. Je fais celui qui n'entend pas. Et l&#224;, au moment o&#249; il me dit &#8220;&lt;i&gt;Monsieur avec le sac &#224; dos !&lt;/i&gt;&#8221;, trois ou quatre policiers en civil sortis de nulle part m'agrippent par-derri&#232;re et me projettent violemment au sol. Deux d'entre eux me tombent dessus lourdement pour me faire une cl&#233; au bras : c'est l&#224; que ma rotule morfle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'instant, je ne sens pas la douleur. Mais je suis choqu&#233;. Je hurle &#8220;&lt;i&gt;Je ne r&#233;siste pas !&lt;/i&gt;&#8221; Ils s'en foutent. Ils me rel&#232;vent et me plaquent contre un mur, avant de me laisser aux mains des CRS, lesquels fouillent mon sac et confisquent deux ou trois trucs anodins, li&#233;s &#224; mon implication dans la m&#233;dic-team : les ciseaux pour d&#233;couper les pansements, du gel d&#233;sinfectant, des comprim&#233;s de Maalox. Ils en profitent pour me prendre en photo avec la GoPro, puis font pareil avec ma carte d'identit&#233;. Avant de me sermonner : &#8220;&lt;i&gt;Si vous n'avez rien d'ill&#233;gal sur vous, pourquoi ne pas vous arr&#234;ter ?&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me concernant, le point important est l&#224; : si tu refuses d'&#234;tre identifi&#233;, tu es forc&#233;ment suspect et tu t'exposes &#224; des violences. C'est symptomatique. Dans les derni&#232;res manifs, le fichage &#233;tait omnipr&#233;sent. Il n'y a pas que les drones ou les GoPro des flics, il y a aussi les nasses. Tr&#232;s souvent, apr&#232;s avoir immobilis&#233; les gens, ils les font sortir par un entonnoir, un par un. Ils ont alors tout le loisir de les filmer. Le but de la man&#339;uvre ? Ficher. Dans mon cas, ils l'ont fait &#224; l'ancienne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La douleur arrive une fois qu'ils me laissent repartir. En fait, j'ai la rotule cass&#233;e. J'en ai pour six semaines d'immobilit&#233;, avec peut-&#234;tre une op&#233;ration &#224; suivre. Mais je ne suis pas le plus &#224; plaindre. &#192; l'h&#244;pital, je tombe sur une femme qui s'est pris un ricochet de FlashBall dans le nez &#8211; sa blessure est impressionnante, avec notamment une fracture de la pommette. Sinon, lors de la m&#234;me manif, un gars est plaqu&#233; au sol alors qu'il buvait une canette, laquelle explose dans sa main (14 points de suture) ; deux autres personnes sont bless&#233;es par des tirs de FlashBall (ventre et hanche) ; un flic en civil se d&#233;foule sur la t&#234;te de quelqu'un &#224; coups de matraque (12 points de suture), et pas mal de gens ont des plaies li&#233;es &#224; des &#233;clats de grenade de d&#233;sencerclement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas la manif r&#233;cente o&#249; ils se sont montr&#233;s les plus violents. Trois ou quatre jours plus t&#244;t, lors d'un cort&#232;ge sauvage, j'ai vu quelques flics p&#233;ter les plombs et arroser les gens de coups de matraque, cassant notamment le bras d'une fille. Il y a en ce moment un degr&#233; de violence rare de leur part. Quand on voit le nombre de cartouches LBD40 utilis&#233;es quotidiennement, les grenades de d&#233;sencerclement balanc&#233;es au milieu de la foule, le retour de la matraque, le FlashBall omnipr&#233;sent, tu te rends compte qu'il y a une strat&#233;gie de terreur. Il s'agit de d&#233;courager les manifestants en les faisant flipper. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le film d'une garde &#224; vue de masse</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-film-d-une-garde-a-vue-de-masse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-film-d-une-garde-a-vue-de-masse</guid>
		<dc:date>2018-02-09T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>longue date</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>novembre</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>n'ai</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>d'urgence</dc:subject>
		<dc:subject>film</dc:subject>
		<dc:subject>date</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans 317, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21. Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/longue-date" rel="tag"&gt;longue date&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/novembre" rel="tag"&gt;novembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-ai" rel="tag"&gt;n'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat-d-urgence" rel="tag"&gt;l'&#233;tat d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-urgence" rel="tag"&gt;d'urgence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/film" rel="tag"&gt;film&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/date" rel="tag"&gt;date&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;317&lt;/i&gt;, un documentaire collectif, des victimes d'humiliations polici&#232;res t&#233;moignent. Leur point commun ? Avoir particip&#233; &#224; la manifestation interdite du 29 novembre 2015 &#224; Paris, la veille de l'ouverture de la COP21.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH589/-352-17cb6.jpg?1779602871' width='400' height='589' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB (Bertoyas).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation pour le climat &#233;tait pr&#233;vue de longue date. Mais les attentats du 13 novembre sont pass&#233;s par l&#224; : deux semaines apr&#232;s le carnage du Bataclan, la France a bascul&#233; dans l'&#233;tat d'urgence. Ce 29 novembre 2015, le rassemblement est interdit. Quelques milliers de personnes se retrouvent quand m&#234;me &#224; Paris, place de la R&#233;publique, pour rappeler notamment que &#171; &lt;i&gt; le v&#233;ritable &#233;tat d'urgence est climatique&lt;/i&gt; &#187;. Mais elles sont nass&#233;es par les CRS. Grenades lacrymog&#232;nes : &#171; &lt;i&gt;D'un coup, &#231;a br&#251;le tr&#232;s fort les yeux, la gorge, &#231;a arrache&lt;/i&gt; &#187;, se rappelle une militante. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai rien vu venir ; je n'ai pas compris que m&#234;me dans l'immobilit&#233; cela pouvait surgir&lt;/i&gt; &#187;, confesse un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce sont de petits groupes violents qui s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des projectiles&lt;/i&gt; &#187;, dira le pr&#233;fet de police de Paris, photos &#224; l'appui. Chez les manifestants qui t&#233;moignent dans le film, soit directement, soit par le truchement de com&#233;diens, on se souvient surtout de violences polici&#232;res gratuites. Une f&#233;rocit&#233; dans les gestes &#8211; &#171; &lt;i&gt;Un vieux bonhomme de plus de 70 ans, maigre, les cheveux blancs, se fait tabasser par les CRS parce qu'il ne reculait pas assez vite ; plus tard, il se retrouvera dans ma cellule, incapable de marcher.&lt;/i&gt; &#187; Un d&#233;cha&#238;nement dans les mots &#8211; &#171; &lt;i&gt; Il n'y a plus de cam&#233;ras, ferme ta gueule parce que sinon je vais te saigner comme un cochon&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Mongols&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Connards de gauchistes&lt;/i&gt; &#187;... &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;317 personnes se retrouvent en garde &#224; vue. L'exp&#233;rience, in&#233;dite pour beaucoup, est brutale. Une personne est menott&#233;e, rapporte une manifestante, et les policiers &#171; &lt;i&gt;s'amusent&lt;/i&gt; &#187; &#224; lui tordre les poignets. Dans un panier &#224; salade, se rappelle un autre protestataire, &#171; &lt;i&gt; un camarade&lt;/i&gt; &#187; se retrouve braqu&#233; avec un fusil mitrailleur &#224; dix centim&#232;tres de sa bouche : &#171; &lt;i&gt;Alors, t'as peur ?&lt;/i&gt; &#187;, rigole le policier. &#171; &lt;i&gt;C'est quoi, ton probl&#232;me avec la COP21 ? Je suis s&#251;r que tu ne sais m&#234;me pas pourquoi t'es l&#224;...&lt;/i&gt; &#187;, balance un autre agent. Au bout de quelques heures de garde &#224; vue, une militante veut contacter un proche et un avocat : trop tard, lui r&#233;pond-on. &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; d'une violence que je n'avais jamais vue et que je n'ai pas envie de revoir&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; tellement fort qu'on a franchement cette peur de se dire qu'ils peuvent nous arr&#234;ter &#224; tout moment&#8230; Que tout est autoris&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L461xH614/-353-c8937.jpg?1779614847' width='461' height='614' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;alis&#233; par un collectif issu de la manifestation, le film, d'une dur&#233;e d'une heure, ne s'arr&#234;te pas &#224; ces r&#233;cits poignants. Il propose aussi une analyse de la r&#233;pression en p&#233;riode d'&#233;tat d'urgence et de grands raouts diplomatiques, ces &#171; &lt;i&gt; moments de pouvoir tr&#232;s importants&lt;/i&gt; &#187; o&#249; &#171; &lt;i&gt;on applique &#224; des militants l'arsenal antiterroriste&lt;/i&gt; &#187;, comme l'explique la politologue Vanessa Codaccioni. Et puis, il y a Samir Baaloudj, militant des quartiers populaires, pour rappeler salutairement que dans les coins o&#249; il a grandi, la brutalit&#233; polici&#232;re s'applique depuis longtemps : &#171; &lt;i&gt;Moi, je vis l'&#233;tat d'urgence depuis l'&#226;ge de treize ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;https://les317.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;film 317&lt;/a&gt; est disponible en ligne gratuitement !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : Sous le m&#233;pris, la plage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-Sous-le-mepris-la-plage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Marseille-Sous-le-mepris-la-plage</guid>
		<dc:date>2015-01-28T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Isabelle Carcelli</dc:creator>


		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>mer</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>Gaudin</dc:subject>
		<dc:subject>plage</dc:subject>
		<dc:subject>Cercle</dc:subject>
		<dc:subject>Didier R&#233;ault</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille d&#233;l&#233;gu&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ? Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mer" rel="tag"&gt;mer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gaudin" rel="tag"&gt;Gaudin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plage" rel="tag"&gt;plage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cercle" rel="tag"&gt;Cercle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Didier-Reault" rel="tag"&gt;Didier R&#233;ault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-delegue" rel="tag"&gt;Marseille d&#233;l&#233;gu&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/p16-catalans-a9bfa.jpg?1779615439' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h 30 et jusqu'&#224; 20 h en &#233;t&#233;, avec ses joueurs de beach-volley, ses fausses blondes, ses vieux dragueurs aux chairs tremblantes mais bronz&#233;es, ses bandes d'ados chambreurs, ses m&#232;res de famille entour&#233;es d'une marmaille qui piaille et barbote entre serviettes-&#233;ponge et ligne de bou&#233;es balisant la baignade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ce joyeux brouhaha ensoleill&#233; ne pla&#238;t pas &#224; tout le monde. Surplombant la plage, le fort hupp&#233; Cercle des nageurs de Marseille (CNM), avec sa piscine olympique, ses cabines priv&#233;es et son restaurant, se bouche le nez en regardant ailleurs, vers le large, les &#238;les du Frioul et le ch&#226;teau d'If. Dans ce club tr&#232;s s&#233;lect, o&#249; l'on entre par parrainage en payant, outre un droit d'admission de 1 600&#8200;euros, une cotisation annuelle de 1 250&#8200;euros, la cr&#232;me des politiciens locaux&#8200;&#8211;&#8200;des fr&#232;res Gu&#233;rini &#224; Gaudin, en passant par Muselier&#8200;&#8211;&#8200;y fraie avec des m&#233;daill&#233;s olympiques de natation, des avocats en vue, des banquiers, des promoteurs, des patrons hospitaliers&#8230;&#8200;&#8211;&#8200;combien d'arrangements, combien de bonnes affaires, combien d'enveloppes auront chang&#233; de main sous les tables du restaurant r&#233;serv&#233; aux membres ? Ce qui n'emp&#234;che pas le budget annuel de cinq millions d'euros d'&#234;tre couvert &#224; 20 % par des subventions publiques, puisque une institution aussi prestigieuse contribue &#224; faire briller la marque &#171; Marseille &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que le 2 juillet 2013, la plage est ferm&#233;e pour cause de pollution des eaux : on y a d&#233;tect&#233; la pr&#233;sence de bact&#233;ries de type Escherichia coli&#8200;&#8211; des germes f&#233;caux, de la merde&#8200;&#8211; dans des proportions quinze fois sup&#233;rieures au niveau autoris&#233;. La mairie&#8200;&#8211; et son annexe m&#233;diatique &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;&#8200;&#8211;, qui montre du doigt cette plage devenue trop populeuse pour esp&#233;rer y attirer le tourisme argent&#233; qu'on attend ici comme le messie, se jette sur l'occasion pour vitup&#233;rer l'endroit. Quelques heures seulement&#8230; Jusqu'&#224; ce que les services d'hygi&#232;ne pointent le responsable : le CNM, dont les toilettes d&#233;fectueuses d&#233;versaient leurs &#233;trons dans la mer. Contact&#233; par un journaliste du site d'infos &lt;a href=&#034;http://www.marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marsactu&lt;/a&gt;, le cercle nie d'abord &#234;tre &#224; l'origine de cet emmerdement : &#171; &lt;i&gt;On ne souhaite pas r&#233;pondre, parce qu'on n'a pas que &#231;a &#224; faire, on a les championnats du monde qui arrivent !&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, qui ne craindra pas l'outrance quand, quelques jours plus tard, un SDF psychotique sera (faussement) accus&#233; d'avoir &#233;gorg&#233; un &#233;tudiant, en titrant &#171; &lt;i&gt;4 000 schizophr&#232;nes dans les rues de Marseille&lt;/i&gt; &#187;, est beaucoup plus prudente sur ce coup-l&#224;. Elle aurait pourtant pu oser cette manchette : &#171; &lt;i&gt;Cercle des nageurs : les riches chient sur les pauvres.&lt;/i&gt; &#187; Mais ce n'est pas sur ce terrain que la mairie d&#233;sire attirer l'opinion publique. Deux jours plus tard, Didier R&#233;ault, adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer, au Littoral, au Nautisme et aux Plages, et Paul Leccia, le pr&#233;sident du cercle, convoquent une conf&#233;rence de presse conjointe pour d&#233;samorcer la bombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un motif de d&#233;nigrement bien plus sexy va finalement occuper les colonnes du quotidien de Bernard Tapie pendant tout le reste de l'&#233;t&#233;. De la d&#233;linquance juv&#233;nile, de l'ins&#233;curit&#233;, du pauvre, du bronz&#233; cong&#233;nital&#8200;&#8211; pas sous les UV d'un spa quatre &#233;toiles ! Lundi 8 juillet, un CRS ma&#238;tre-nageur est agress&#233; par une bande d'adolescents en provenance du centre-ville. Le lendemain, une d&#233;p&#234;che AFP annonce qu'un mandat de d&#233;p&#244;t a &#233;t&#233; requis contre un gar&#231;on de seize ans. Une jeune fille de quinze ans a &#233;galement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, accus&#233;e d'avoir maintenu la t&#234;te du CRS sous l'eau pendant que son copain &#233;tait juch&#233; sur ses &#233;paules. Une autre fille de douze ans, &#171; &lt;i&gt;qui a particip&#233; de fa&#231;on modeste aux faits&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;e... &#192; l'origine de l'incident, une altercation entre ces jeunes et un couple de touristes dont le b&#233;b&#233; avait re&#231;u du sable dans les yeux. Venu s'interposer, le policier s'est vite retrouv&#233; au c&#339;ur de l'embrouille, un coll&#232;gue le d&#233;gageant &#224; coup de gazeuse lacrymog&#232;ne, ce qui eut pour effet de vider la moiti&#233; de la plage. Les deux jeunes seront inculp&#233;s de &#171; &lt;i&gt;tentative d'homicide volontaire&lt;/i&gt; &#187;, l'un &#233;tant dirig&#233; sur un centre d'internement pour mineurs et l'autre aux Baumettes. Le procureur &#233;voquera la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; &lt;i&gt;message de fermet&#233; exemplaire&lt;/i&gt; &#187;. Certains habitu&#233;s murmurent cependant que l'attitude charmeuse du jeune CRS, qui aimait faire d&#233;filer les adolescentes dans sa gu&#233;rite, a pu nourrir quelque rancune&#8230; Mais l'affaire est une aubaine pour criminaliser le petit peuple de la plage et faire mousser le fameux &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; &#187;. Le feuilleton va &#234;tre aliment&#233; tout au long de l'&#233;t&#233;, avec force d&#233;tails sur les m&#339;urs barbares des sauvageons impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Sabine Bernasconi, maire UMP du 1er secteur arriv&#233;e aux affaires apr&#232;s les municipales de 2014, milite pour une reprivatisation partielle de la plage, ainsi que pour la r&#233;activation du projet d'h&#244;tel de luxe sur le site de l'ancienne usine Giraudon, entre plage et CNM. Sans doute pour une remise aux normes bourgeoises d'une anse qui poss&#233;dait, au XIXe si&#232;cle, deux escaliers d'acc&#232;s &#224; la mer : un pour les riches, l'autre pour les pauvres. Voil&#224; qui colle bien avec le destin azur&#233;en du n&#233;o-Marseille dont r&#234;vent Gaudin et consorts. Christian Pellicani, &#233;lu Front de gauche, d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt; marchandisation de l'espace public&lt;/i&gt; &#187;, et un collectif de riverains s'oppose au projet, contredisant le discours de Bernasconi, qui se targue de parler au nom des voisins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH316/p16-plage-des-catalans-17a0e.jpg?1779602865' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; d'&#233;vincer la populace des Catalans fait partie d'une op&#233;ration d'ensemble qui, sous pr&#233;texte de &#171; rendre le littoral aux Marseillais &#187;, fait tout le contraire. Le sympathique restaurant des Flots bleus a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; et remplac&#233; par un parking. La pizzeria Chez D&#233;d&#233;, sur la plage de la Verrerie, a &#233;t&#233; dynamit&#233;e. Par contre, le pr&#233;tentieux Petit-Nice Passedat, avec son assiette d'an&#233;mones de mer &#224; 60&#8200;euros, jouit toujours de son bout de c&#244;te annex&#233;e, les pieds dans l'eau de l'anse de la Fausse-Monnaie, tout comme les bains militaires accaparant quasiment un tiers des rochers de Malmousque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain pollu&#233; de l'ancienne usine Legr&#233;-Mante, &#224; la Madrague-Montredon, o&#249; un promoteur pr&#233;tend construire une r&#233;sidence ferm&#233;e &#171; de standing &#187; aux portes du parc national des Calanques, rappelle que pour l'&#233;quipe municipale, que ce soit l'industrie, la culture ou la nature, tout doit produire de la plus-value immobili&#232;re. Homme de paille des b&#233;tonneurs, Jean-Claude Gaudin a parfaitement assimil&#233; la mentalit&#233; de la bourgeoisie locale qui, depuis qu'elle s'est fait d&#233;poss&#233;der du port, sp&#233;cule tout b&#234;tement sur le foncier, souillant le paysage avec l'infernale trilogie de ses coquilles vides : centres commerciaux&#8200;&#8211; tours de bureaux&#8200;&#8211; h&#244;tels de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier R&#233;ault, conseiller g&#233;n&#233;ral des Bouches-du-Rh&#244;ne, adjoint au maire de Marseille d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer et pr&#233;sident du parc national des Calanques, a r&#233;cemment prolong&#233; pour trente ans la d&#233;rogation&#8200;&#8211; qui court depuis bient&#244;t un demi-si&#232;cle&#8200;&#8211; permettant &#224; l'usine d'alumine Alt&#233;o, bas&#233;e &#224; Gardanne, de rejeter ses boues rouges dans la calanque de Port-Miou. D&#233;cid&#233;ment, ce gar&#231;on se plait &#224; autoriser ses amis &#224; caguer dans les molaires du peuple. Pourtant, quand on voit les minots sauter en bombe du haut des rochers, on se dit qu'&#224; Marseille c'est encore et toujours la chourme qui est n&#233;e pour danser sur la t&#234;te des rois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un nouveau monde aux destins nouveaux &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-nouveau-monde-aux-destins</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-nouveau-monde-aux-destins</guid>
		<dc:date>2014-11-23T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Monde</dc:subject>
		<dc:subject>nouveau</dc:subject>
		<dc:subject>Tarn</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Sivens</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Consid&#233;rant</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Mondes nouveaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;For&#234;t de Sivens, dans le Tarn, d&#233;bois&#233;e &#224; coups de tron&#231;onneuses et de CRS. Participant au ravitaillement de jeunes rebelles anti-barrage perch&#233;s dans les derniers arbres de la ZAD du Testet, je glisse dans la corbeille des vivres le livre tr&#232;s chouettos que je viens de terminer sous le regard bovin des gardes mobiles. On peut tenir Mondes nouveaux et Nouveau Monde du professeur Pierre-Luc Abramson (Les Presses du r&#233;el) pour l'&#233;tude la plus mastarde &#224; ce jour sur les utopies sociales en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nouveau-Monde" rel="tag"&gt;Nouveau Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nouveau" rel="tag"&gt;nouveau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tarn" rel="tag"&gt;Tarn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amerique-latine" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sivens" rel="tag"&gt;Sivens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Victor-Considerant" rel="tag"&gt;Victor Consid&#233;rant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Chevalier" rel="tag"&gt;Michel Chevalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mondes-nouveaux" rel="tag"&gt;Mondes nouveaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;For&#234;t de Sivens, dans le Tarn, d&#233;bois&#233;e &#224; coups de tron&#231;onneuses et de CRS. Participant au ravitaillement de jeunes rebelles anti-barrage perch&#233;s dans les derniers arbres de la &lt;a href=&#034;http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ZAD&lt;/a&gt; du &lt;a href=&#034;http://www.collectif-testet.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Testet&lt;/a&gt;, je glisse dans la corbeille des vivres le livre tr&#232;s chouettos que je viens de terminer sous le regard bovin des gardes mobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tenir &lt;i&gt;Mondes nouveaux et Nouveau Monde&lt;/i&gt; du professeur Pierre-Luc Abramson (Les Presses du r&#233;el) pour l'&#233;tude la plus mastarde &#224; ce jour sur les utopies sociales en Am&#233;rique latine au XIXe si&#232;cle. Certes, on y retrouve les principaux cracks europ&#233;ens du complot utopiste, qu'ils aient jet&#233; tout d'un coup l'ancre en Am&#233;rique comme Saint-Simon, Victor Consid&#233;rant ou le lourdingue Michel Chevalier, ou qu'ils n'aient jamais mis un doigt de pied l&#224;-bas comme les chers Proudhon et Fourier. Mais si cette brique m&#233;rite d'&#234;tre chourav&#233;e, c'est surtout parce qu'elle retrace avec minutie de grandes insurrections mal connues des ann&#233;es 1848 : les &#171; Journ&#233;es &#187; de Bogota, le soul&#232;vement de Santiago, la r&#233;volution au Rio de la Plata, les &#233;meutes du Nordeste et la r&#233;bellion du P&#233;ruvien Juan Bustamante qui ne fut pas de la gnognotte : on le d&#233;capita et on supprima par asphyxie soixante-douze de ses partisans d'un seul coup.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH543/p15-juan-674d0.jpg?1779603095' width='400' height='543' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et c'est surtout aussi parce que l'ouvrage nous entra&#238;ne dans des exp&#233;riences communautaires a priori hardies dont on ne savait quasiment rien. Telles que les deux phalanst&#232;res du Santa Catarina en 1840, comptant quelques centaines de recrues qui s'entre-d&#233;chir&#232;rent, h&#233;las, entre elles. Ou telle que le phalanst&#232;re beaucoup plus excitant d'Oliveira dans la p&#233;ninsule de Sahi qui fut impuls&#233; par une &#171; &lt;i&gt;&#226;me ardente et passionn&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, Louise Bachelet. Sur l'air de &#171; &lt;i&gt;Il faut un nouveau monde &#224; des destins nouveaux&lt;/i&gt; &#187;, notre p&#233;troleuse embrasa tout en effet autour d'elle en tentant tr&#232;s lyriquement d'&#233;tablir &#171; &lt;i&gt; l'harmonie entre la luxuriance, la f&#233;condit&#233; du Nouveau Monde et le socialisme romantique&lt;/i&gt; &#187;. Et l'essai ce coup-ci ne capota pas du tout suite &#224; des querelles intestines. C'est la duret&#233; des indispensables travaux de construction de base qui semble avoir eu raison de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre p&#233;riple assez galvanisant, celui, en 1865, de l'&#233;cole de Chalco, dans un petit village de l'&#201;tat de Mexico, qui devint rapidement &#224; la fois une initiation &#224; la vie harmonienne selon Fourier et un centre d'agitation paysanne conviant les p&#233;ones &#224; piller les haciendas des grands proprios. L'appel &#224; la &#171; &lt;i&gt;R&#233;publique universelle de l'Harmonie&lt;/i&gt; &#187; des insurg&#233;s pousse les opprim&#233;s &#224; cr&#233;er imm&#233;diatement des &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233;s agricoles&lt;/i&gt; &#187; libres, autonomes et fraternelles &#171; &lt;i&gt;abolissant tout ce qui rappelle la tyrannie&lt;/i&gt; &#187;. Autre excellente surprise : apprendre que les meneurs de jeu de &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cole-phalanst&#232;re du Chalco&lt;/i&gt; &#187;, Julio Chavez Lopez et Plotino C. Rhodakanaty, furent l'un et l'autre d'exceptionnels d&#233;tonateurs r&#233;volutionnaires du niveau de Makhno et Zapata, ne cessant pas d'organiser ci et l&#224; des &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233;s de r&#233;sistance ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, d'&#233;chapper &#224; des embuscades, d'improviser des attaques foudroyantes, de s'&#233;vader rocambolesquement de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre pench&#233; ensuite durant quelques chapitres sur des r&#233;formateurs originaux (Albert Kimsey Owen, William Lane) ne cherchant, path&#233;tiquement, qu'&#224; rendre la crapulerie capitaliste un peu plus humaine, le professeur Abramson nous raconte par le menu l'utopie passionnante de la C&#233;cilia, ayant d&#233;j&#224; eu droit &#224; des livres et &#224; un long m&#233;trage pas mal foutu du tout de Jean-Louis Comolli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : ne f&#234;te rien dans la rue !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Marseille-ne-fete-rien-dans-la-rue</guid>
		<dc:date>2014-06-09T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>Arnau Bach</dc:subject>
		<dc:subject>Stephanos Mangriotis</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>lieu</dc:subject>
		<dc:subject>Noailles</dc:subject>
		<dc:subject>carnaval</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>carnavals</dc:subject>
		<dc:subject>carnavaliers</dc:subject>
		<dc:subject>Caramentrant</dc:subject>
		<dc:subject>carnaval n'aurait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En plein cirque &#233;lectoral, le carnaval de La Plaine et de Noailles est soudain pass&#233; de f&#234;te ind&#233;pendante de quartier au statut peu enviable d'affaire d'&#201;tat. Pompiers, flics, presse et juges se sont acharn&#233;s, pendant que le MuCEM pr&#233;tend le taxidermiser. Franchement, jusqu'au dernier moment, on a bien cru que ce carnaval n'aurait pas lieu. Ind&#233;pendant, sans subventions ni autorisation l&#233;gale, il ne d&#233;pend que d'&#233;nergies individuelles se mettant en branle quand elles se trouvent et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Arnau-Bach" rel="tag"&gt;Arnau Bach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephanos-Mangriotis-136" rel="tag"&gt;Stephanos Mangriotis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lieu" rel="tag"&gt;lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noailles" rel="tag"&gt;Noailles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carnaval" rel="tag"&gt;carnaval&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carnavals" rel="tag"&gt;carnavals&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carnavaliers" rel="tag"&gt;carnavaliers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caramentrant" rel="tag"&gt;Caramentrant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carnaval-n-aurait" rel="tag"&gt;carnaval n'aurait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En plein cirque &#233;lectoral, le carnaval de La Plaine et de Noailles est soudain pass&#233; de f&#234;te ind&#233;pendante de quartier au statut peu enviable d'affaire d'&#201;tat. Pompiers, flics, presse et juges se sont acharn&#233;s, pendant que le MuCEM pr&#233;tend le taxidermiser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p07-carnavalhd001-6e6be.jpg?1779603236' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Stephanos Mangriotis/Dekadrage.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Franchement, jusqu'au dernier moment, on a bien cru que ce carnaval n'aurait pas lieu. Ind&#233;pendant, sans subventions ni autorisation l&#233;gale, il ne d&#233;pend que d'&#233;nergies individuelles se mettant en branle quand elles se trouvent et s'associent. Et cette ann&#233;e, apr&#232;s quinze ans d'existence, la paresse semblait vouloir gagner la partie&#8230; Seulement voil&#224; : en 2013, en pleine &#171; ann&#233;e culturelle &#187;, l'escorte polici&#232;re s'&#233;tait faite &#233;crasante et, malgr&#233; tout, Carnaval avait triomph&#233; pour mourir de sa belle mort, dans les flammes du Caramentrant. Ne pas le faire rena&#238;tre de ses cendres en 2014 n'allait-il pas laisser croire &#224; la mar&#233;chauss&#233;e que nous c&#233;dions &#224; son coup de pression ? Pas bon, &#231;a ! Trois semaines avant l'&#233;ch&#233;ance, une petite &#233;quipe de farauds s'est donc attel&#233;e &#224; construire le char Caramentrant dans un hangar du quartier de Noailles, dans le ventre de Marseille l'affam&#233;e mal fam&#233;e. Et, au gr&#233; d'ap&#233;ros inhabituellement constructifs, Caramentrant prendra finalement l'aspect d'un paquebot de croisi&#232;re, avec &#224; sa poupe l'H&#244;tel-Dieu transform&#233; en h&#244;tel cinq &#233;toiles, bien que sa taille et sa silhouette &#233;voquent plut&#244;t une barquette de p&#234;cheur &#8211; comme un saisissant portrait de la schizophr&#233;nie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce coup-ci, malgr&#233; l'improvisation, le cort&#232;ge a eu un franc succ&#232;s, avec ses pr&#232;s de cinq cents participants, presque tous d&#233;guis&#233;s. &#192; mi-pente de la rue d'Aubagne, la jonction entre carnavaliers de La Plaine et ceux de Noailles s'est effectu&#233;e &#224; grands renforts de jets de farine, color&#233;e ou pas, puis de quelques &#339;ufs volants&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#224; l'occasion d'un de ces gestes de bienvenue que la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8230; Les enfants s'en donnaient &#224; c&#339;ur joie et tout le monde blanchissait &#224; vue d'&#339;il, pour que personne ne reste b&#234;tement spectateur&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute sensible &#224; l'esprit carnavalier qui veut que personne ne reste en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et, surprise, un couple de motards ouvrait la voie &#224; ce d&#233;fil&#233; non autoris&#233;, comme s'il s'agissait d'un cort&#232;ge minist&#233;riel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juch&#233;s sur un transfo &#233;lectrique, &#224; l'ombre du buste d'Hom&#232;re, une bande d'enfants sauvages, dont un pr&#233;-ado v&#234;tu de peaux de b&#234;te, ont brandi un drapeau noir au-dessus du nuage blanc et ocre qui recouvrait la foule : &#171; &lt;i&gt;Vive la libert&#233; !&lt;/i&gt; &#187; fut leur cri de ralliement. Un gang de squelettes dansaient sous les yeux ravis des gamins. Des affiches &#233;lectorales vivantes promettaient une &#171; &lt;i&gt;ville blonde platine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;sans mistral&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;sans habitants&lt;/i&gt; &#187;, recevant moult suffrages farineux en pleine poire. Un Neptune &#224; trogne vermeille cherchait sa mer perdue la veille. Un d&#233;mon cornu mitraillait les gens avec une cam&#233;ra en carton. Une mari&#233;e &#224; t&#234;te de brebis ne se souvenait plus o&#249; elle avait gar&#233; ses amours. Et la ville s'en trouvait enchant&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, les CRS avaient tent&#233; de bloquer le d&#233;part du Caramentrant de la place, la BAC avait failli faire d&#233;g&#233;n&#233;rer le cort&#232;ge dans les ruelles de Noailles en alpaguant deux enfarineurs, et une commissaire en uniforme avait tent&#233; d'interdire le feu de joie final. Mais gr&#226;ce &#224; une belle intelligence collective, ces provocations avaient &#233;t&#233; d&#233;samorc&#233;es et la f&#234;te avait bien eu lieu. Certains, du c&#244;t&#233; de l'ordre, l'avaient v&#233;cu comme une humiliation. En 2014, il fallait que &#231;a finisse mal et les pompiers, les CRS, la BAC, puis les journaux et les juges allaient faire en sorte que. &#192; tout prix, m&#234;me en gazant des enfants, en matraquant des passantes, puis en calomniant et en condamnant des carnavaliers en comparution imm&#233;diate &#224; deux mois de prison ferme, assortis de plusieurs mois de sursis, sur la seule foi de t&#233;moignages policiers, pour avoir jet&#233; une canette d'aluminium ou renvers&#233; un conteneur &#224; ordures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars 2014, revenu sur la place, le traditionnel proc&#232;s du Caramentrant se d&#233;roula comme il se doit, entre joutes oratoires du proc' et de l'avoc' et chahut sans nom de la foule en d&#233;lire. Le sort du Caramentrant, qui symbolise les menaces pesant sur la cit&#233;, fut vite scell&#233; : &#171; &lt;i&gt;Qu'on le br&#251;le !&lt;/i&gt; &#187; Et on le br&#251;la. Chant des chorales, plainte d'une cornemuse, transe des tambourins, farandole des carnavaliers. Au cr&#233;puscule, le regard des bambins, des parents et de la mari&#233;e se perdait au c&#339;ur des flammes, dans un songe &#224; la fois lointain et ardent o&#249; semblait se consumer tout le malheur du monde. Tout ? Non, car une centurie de f&#233;lons se pr&#233;parait &#224; noyer la f&#234;te dans la violence et la d&#233;solation. Au lieu d'attendre un quart d'heure de plus que le b&#251;cher s'&#233;teigne tout seul, les CRS, sans crier gare, ont tent&#233; d'ouvrir le passage aux pompiers. Dans la bousculade qui s'ensuivit, la lance &#224; incendie fut taillad&#233;e, provoquant un geyser fa&#231;on eau d'artifice. Les flics, qui n'attendaient qu'une occasion, charg&#232;rent. Matraquage, protestations, enfants en pleurs, nuage de gaz lacrymo, grenade assourdissante. Les chaises du bar voisin et un madrier rougeoyant z&#233;br&#232;rent l'air du soir. Un temps, la farandole reprit autour du feu sauv&#233; des eaux. Puis quelqu'un cria qu'un carnavalier venait d'&#234;tre arr&#234;t&#233; et transf&#233;r&#233; au commissariat de Noailles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH253/p09-bgcarnaval009-c6d26.jpg?1779615404' width='500' height='253' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Par l'acharnement r&#233;pressif d&#233;cha&#238;n&#233; contre elle, une simple f&#234;te de quartier devient un enjeu strat&#233;gique. Ce qui met au d&#233;fi les carnavaliers, s'ils ne veulent pas voir leur joyeux charivari englouti par la parano&#239;a m&#233;diatico-polici&#232;re &#8211; l'an prochain, on pourrait brandir des kalachs en carton ! &#8211;, de d&#233;velopper une vraie r&#233;flexion collective, sans jamais perdre de vue l'essentiel : le plaisir de pr&#233;parer et de vivre ce moment de libert&#233;. La pr&#233;fecture veut r&#233;duire Carnaval &#224; une manif d&#233;guis&#233;e pour mieux l'isoler. L'affrontement a clairement &#233;t&#233; voulu par la police. Repousser le premier assaut et retarder l'extinction du feu de joie &#233;tait l&#233;gitime, mais descendre au commissariat pour &#171; &lt;i&gt;exiger la lib&#233;ration de nos camarades&lt;/i&gt; &#187; fut sans doute une erreur. C'&#233;tait aller au combat sur un terrain d&#233;favorable, dans un rituel impos&#233; o&#249; les carnavaliers avaient tout &#224; perdre &#8211; cinq d&#233;tenus de plus apr&#232;s deux heures de blocage. Ce qui a permis &#224; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; de mettre en sc&#232;ne une inversion radicale de la r&#233;alit&#233; : une foule avin&#233;e agressant des forces de l'ordre sur la d&#233;fensive. Dans un pays o&#249; l'espace public est de moins en moins public et l'&#201;tat de plus en plus omnipr&#233;sent, on oublie trop qu'il n'y a rien de plus subversif que de prendre l'initiative en ignorant le pouvoir, au lieu de toujours se d&#233;finir par rapport &#224; lui. Il y aura dix fois plus de participants aux r&#233;unions de soutien aux inculp&#233;s qu'&#224; la construction du Caramentrant. Tant mieux, si les m&#234;mes &#233;nergies sont toujours l&#224; pour pr&#233;parer, fabriquer et s'amuser l'ann&#233;e prochaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie du calendrier, une exposition sur les carnavals a &#233;t&#233; inaugur&#233; une semaine plus tard au MuCEM. On y c&#233;l&#232;bre &#171; &lt;i&gt; le rire, la d&#233;rision, la transgression&lt;/i&gt; &#187;, et le carnaval de La Plaine, matraqu&#233; et menac&#233; au-dehors, a sa place dans le mus&#233;e&#8230; Si Carnaval est symboliquement le triomphe momentan&#233; d'un renversement du monde, d'une subversion du r&#233;el, l'institution mus&#233;ale, en l'empaillant et en le sanctifiant, op&#232;re une deuxi&#232;me inversion. C'est donc bien une remise &#224; l'endroit, une mise au pas et finalement un enterrement de cette f&#234;te sauvage que, main dans la main, nous ont programm&#233;s le pr&#233;fet et le commissaire d'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p08-after-2f15c.jpg?1779615404' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo d'Arnau Bach.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi, entend-on au fil des bavardages, c'est de faire vivre et grandir le carnaval dans l'imaginaire de la ville. Renforcer les liens avec les quartiers&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La f&#234;te du Panier, vitrine client&#233;laire du cacique Gu&#233;rini, vient d'&#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les associations, les voisins, les enfants &#8211; on pourrait construire un Caramentrant des minots avec les minots. Tisser des liens avec d'autres carnavals, pr&#233;voir une conf&#233;rence de presse &#171; internationale &#187; une semaine avant l'&#233;dition 2015. Inviter des chorales et des fanfares d'autres r&#233;gions. F&#234;ter la lib&#233;ration des d&#233;tenus par un repas de bienvenue o&#249; serait publiquement expos&#233;e la version des carnavaliers sur la journ&#233;e du 16 mars. Organiser des causeries gesticul&#233;es et des projections de films sur les traditions carnavalesques &#224; travers le monde et l'histoire. Multiplier les ateliers de construction de chars, de masques, d'instruments, de chants&#8230; Imaginer des m&#233;canismes d'autod&#233;fense pour les carnavals &#224; venir, en s'inspirant de l'intelligence collective qui a permis, en 2013, de d&#233;jouer les pi&#232;ges tendus. &lt;i&gt;A l'an que ven, Carnavas !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier Carnaval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, Carnaval est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Plus-que-jamais-Carnaval-est-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une h&#233;r&#233;sie&lt;/a&gt; : interview d'Al&#232;ssi dell'Umbria.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est &#224; l'occasion d'un de ces gestes de bienvenue que la premi&#232;re arrestation a eu lieu. Pour avoir tach&#233; le pantalon d'un flic en civil, un jeune est all&#233; dormir aux Baumettes dans l'attente de son proc&#232;s, le 15 avril dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans doute sensible &#224; l'esprit carnavalier qui veut que personne ne reste en marge, la Brigade anti-criminalit&#233; mourait d'envie de devenir actrice, &#224; sa mani&#232;re et dans son propre r&#244;le, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La f&#234;te du Panier, vitrine client&#233;laire du cacique Gu&#233;rini, vient d'&#234;tre supprim&#233;e. Elle sera peut-&#234;tre r&#233;invent&#233;e, sans subventions, par les habitants du quartier qui se l'&#233;taient largement appropri&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Valls avec les bleus</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Valls-avec-les-bleus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Valls-avec-les-bleus</guid>
		<dc:date>2013-10-13T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>cam&#233;ras</dc:subject>
		<dc:subject>Manuel Valls</dc:subject>
		<dc:subject>Valls</dc:subject>
		<dc:subject>Manuel</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Hidalgo</dc:subject>
		<dc:subject>Instant &#233;motion</dc:subject>
		<dc:subject>Cl&#233;ment M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Harlem D&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Barb&#232;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Paris, le 6 juin dernier, alors que la mort de Cl&#233;ment M&#233;ric occupait toutes les attentions &#233;mues, une rafle de sans-papiers, comme on n'en avait pas vu depuis des lustres, se d&#233;roulait &#224; Barb&#232;s. Instant &#233;motion. Ce jeudi 6 juin apr&#232;s-midi toutes les cam&#233;ras sont braqu&#233;es vers les rassemblements &#224; la m&#233;moire de Cl&#233;ment M&#233;ric. La g&#244;che PS y va de son petit mot d'indignation contre l'extr&#234;me droite, m&#234;me si Harlem D&#233;sir ou Anne Hidalgo se font d&#233;gager des cort&#232;ges. Manuel Valls, lui, main (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cameras" rel="tag"&gt;cam&#233;ras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manuel-Valls" rel="tag"&gt;Manuel Valls&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Valls" rel="tag"&gt;Valls&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manuel" rel="tag"&gt;Manuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Hidalgo" rel="tag"&gt;Anne Hidalgo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Instant-emotion" rel="tag"&gt;Instant &#233;motion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement-Meric" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment M&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Harlem-Desir" rel="tag"&gt;Harlem D&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barbes" rel="tag"&gt;Barb&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L80xH31/arton1048-c3f95.jpg?1779604430' class='spip_logo spip_logo_right' width='80' height='31' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Paris, le 6 juin dernier, alors que la mort de Cl&#233;ment M&#233;ric occupait toutes les attentions &#233;mues, une rafle de sans-papiers, comme on n'en avait pas vu depuis des lustres, se d&#233;roulait &#224; Barb&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Instant &#233;motion. Ce jeudi 6 juin apr&#232;s-midi toutes les cam&#233;ras sont braqu&#233;es vers les rassemblements &#224; la m&#233;moire de Cl&#233;ment M&#233;ric. La g&#244;che PS y va de son petit mot d'indignation contre l'extr&#234;me droite, m&#234;me si Harlem D&#233;sir ou Anne Hidalgo se font d&#233;gager des cort&#232;ges. Manuel Valls, lui, main sur le c&#339;ur, &#233;voque devant les cam&#233;ras sa famille qui a fui le fascisme espagnol. Mais au m&#234;me moment, &#224; Barb&#232;s, c'est un autre rassemblement, bien loin des cam&#233;ras, qui s'op&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Vers 15 heures, on a vu d&#233;barquer depuis Gare du Nord des dizaines de fourgons de CRS, mais aussi des policiers en civil&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Moussa. &lt;i&gt;Ils &#233;taient plus d'une centaine et, par petits groupes, ils ont commenc&#233; &#224; bloquer les rues en faisant des barrages et &#224; demander les papiers &#224; tous ceux qui passaient.&lt;/i&gt; &#187; Pendant pr&#232;s de deux heures, CRS et policiers en civils quadrillent l'ensemble du quartier et mettent en place de v&#233;ritables &lt;i&gt;check-points&lt;/i&gt; o&#249; les papiers d'identit&#233;s et autres titres de s&#233;jours sont syst&#233;matiquement v&#233;rifi&#233;s pour qui rentre ou sort de la zone. Des cars vides sont stationn&#233;s le long du boulevard de La Chapelle en attendant de se remplir de ce gibier pas assez &#171; &lt;i&gt;white&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt; blancos&lt;/i&gt; &#187; pour les pandores et leur ministre. Vendeurs de clopes &#224; la sauvette, marchands ambulants de boissons et autres jeunes qui &#171; &lt;i&gt;tiennent les murs&lt;/i&gt; &#187;&#8230; la panique est de mise et ceux qui se sentent traqu&#233;s se r&#233;fugient dans les bars, les boutiques de t&#233;l&#233;phone ou au rez-de-chauss&#233;e de Tati. &#171; &lt;i&gt;De m&#233;moire, on n'avait pas vu &#231;a dans le quartier depuis vingt ans, &#224; l'&#233;poque o&#249; de nombreux sans-papiers habitaient encore dans des squats &#224; Barb&#232;s. Pour certains chibanis, le coup des check-points de CRS, &#231;a leur a m&#234;me rappel&#233; les rafles &#224; la Goutte d'or pendant la guerre d'Alg&#233;rie&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, raconte un vieux militant associatif du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH356/p16-tati-8e717.jpg?1779617780' width='400' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On comptera plus de quatre-vingts interpell&#233;s menott&#233;s et embarqu&#233;s fissa au commissariat de la rue de Clignancourt, certains sont interpell&#233;s directement dans les halls d'immeubles et les caf&#233;s. En effet, pendant l'op&#233;ration, des flics en civil balaient les rues et fouillent les moindres recoins, pr&#233;textant m&#234;me des contr&#244;les d'hygi&#232;ne dans les restaurants et les caf&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, trente-trois personnes devront passer devant le juge pour d&#233;faut de titre de s&#233;jour avec un passage, d&#232;s le lendemain, par la case Centre de r&#233;tention administrative de Vincennes&#8230; &#171; &lt;i&gt;Avec Manuel Valls, on est dans la continuit&#233; des m&#234;mes politiques que sous Sarkozy&lt;/i&gt;, t&#233;moigne Bahija, militante du 9e collectif des sans-papiers&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD N&#176;113 : &#034;Le changement dans la continuit&#233;&#034;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#192; la pr&#233;fecture, on a d&#233;pos&#233; depuis fin 2012 plusieurs dossiers de r&#233;gularisation et nous n'avons aucune nouvelle : il y a une vraie rupture du dialogue de leur part. &#192; travers une circulaire du 28 novembre 2012, Valls a annonc&#233; clairement qu'il ne r&#233;gulariserait pas plus de 30 000 personnes et n'en expulserait pas moins que sous le gouvernement de droite. Pour nous, l'arriv&#233;e de la gauche, c'est le changement dans la continuit&#233;&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Alors que les interpell&#233;s de Barb&#232;s s'entassaient &#224; vingt par cellule au commissariat de la rue de Clignancourt, le soir m&#234;me, Manuel Valls, d&#233;clarait, &#224; propos des groupuscules d'extr&#234;me droite : &#171; &lt;i&gt;Il faut s'attaquer aux id&#233;es naus&#233;abondes qui nous rappellent les pires heures de notre histoire. &lt;/i&gt; &#187; Cherchez l'erreur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir CQFD N&#176;113 : &#034;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-changement-dans-la-continuite'&gt;Le changement dans la continuit&#233;&lt;/a&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#199;a fait cher la canette</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ca-fait-cher-la-canette</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ca-fait-cher-la-canette</guid>
		<dc:date>2013-06-26T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>euros</dc:subject>
		<dc:subject>David</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>stade</dc:subject>
		<dc:subject>derby Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>peine fini</dc:subject>
		<dc:subject>canettes volent</dc:subject>
		<dc:subject>canette</dc:subject>
		<dc:subject>ans d'interdiction</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau. Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &#224; proximit&#233; des CRS &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/euros" rel="tag"&gt;euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/David" rel="tag"&gt;David&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/stade" rel="tag"&gt;stade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derby-Lyon" rel="tag"&gt;derby Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peine-fini" rel="tag"&gt;peine fini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/canettes-volent" rel="tag"&gt;canettes volent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/canette" rel="tag"&gt;canette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans-d-interdiction" rel="tag"&gt;ans d'interdiction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le derby Lyon/Saint-&#201;tienne est &#224; peine fini, le dimanche 28 avril, que des pierres et des canettes volent vers un cordon de CRS, qui r&#233;pond &#224; coups de matraque et de canon &#224; eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante-huit heures plus tard, Mathieu et Vincent, trentenaires au cr&#226;ne ras&#233; originaires de Saint-&#201;tienne, comparaissent devant le tribunal de grande instance de Lyon. Ils reconnaissent avoir lanc&#233; des canettes &#171; &lt;i&gt;&#224; proximit&#233; des CRS&lt;/i&gt; &#187;, puis avoir chang&#233; de v&#234;tements afin de n'&#234;tre pas reconnus. Mais les policiers charg&#233;s de surveiller les agit&#233;s du stade les avaient rep&#233;r&#233;s. Jug&#233;s s&#233;par&#233;ment &#171; &lt;i&gt;pour jets de pierre et de verre sur les forces de l'ordre aux abords d'un lieu sportif&lt;/i&gt; &#187;, les deux St&#233;phanois r&#233;pondent aux questions concernant leur travail, leur famille, leur &#233;ventuelle consommation de drogue et les motivations de leur geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat des deux policiers qui se sont port&#233;s parties civiles charge les pr&#233;venus : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des faits insupportables pour les policiers et la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le procureur enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Ce sont des actes gravissimes et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;intol&#233;rables !&lt;/i&gt; &#187; Il r&#233;clame deux mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade pour chaque pr&#233;venu. Vincent explique qu'apr&#232;s avoir lanc&#233; une canette &#224; un CRS sans l'atteindre, il est all&#233; s'excuser aupr&#232;s de lui. &#171; &lt;i&gt;La police m'int&#233;resse, je respecte ce m&#233;tier que je ferai peut-&#234;tre un jour.&lt;/i&gt; &#187; Son avocat plaide la cl&#233;mence : &#171; &lt;i&gt;Mouvement de foule, r&#233;action face au jet du canon &#224; eau&#8230; L'erreur est humaine.&lt;/i&gt; &#187; Mathieu est condamn&#233; &#224; quatre mois de prison avec sursis et Vincent &#224; soixante jours-amendes de quarante euros. Tous deux sont interdits de stade pendant cinq ans. Le tribunal les condamne &#224; payer 300 euros d'indemnit&#233; aux deux CRS, bien qu'aucune ITT n'ait &#233;t&#233; attribu&#233;e. Ils doivent en outre acquitter 300 euros aux avocats de ces deux policiers sans doute victimes d'un insondable traumatisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audience suivante convoque un supporter lyonnais, David. Ce m&#234;me jour de match, en attendant d'entrer dans le stade, il est assis sur une place. Soudain, des gens se font courser par des CRS et un de ses amis se fait matraquer. Il r&#233;agit en lan&#231;ant une canette : &#171; &lt;i&gt;Mon ami s'&#233;loignait et j'ai eu l'impression que&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, tente d'expliquer David, aussit&#244;t interrompu par le juge : &#171; &lt;i&gt;Les cam&#233;ras de surveillance montrent un jeune homme reculer, puis ramasser une canette avant de la jeter sur les CRS.&lt;/i&gt; &#187; Un policier partie civile d&#233;clare &#224; la barre avoir senti &#171; &lt;i&gt;une douleur sur le coup&lt;/i&gt; &#187;, mais ne pr&#233;sente ni certificat m&#233;dical, ni ITT. &#171; &lt;i&gt;Les cons&#233;quences auraient pu &#234;tre plus graves&lt;/i&gt; &#187;, plaide l'avocat de la police. Le procureur, qui r&#233;clame un mois de prison sans mandat de d&#233;p&#244;t et cinq ans d'interdiction de stade, d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Une canette &#224; moiti&#233; pleine est aussi dangereuse qu'une bouteille en verre. Dans son geste, il y a manifestement la volont&#233; de faire mal.&lt;/i&gt; &#187; L'avocat de David rappelle que les vid&#233;os montrent que &#171; &lt;i&gt;sur cette place, les CRS avancent plus vite que les gens ne reculent&lt;/i&gt; &#187; et la canette que son client &#171; &lt;i&gt;jette dans un geste irr&#233;fl&#233;chi atterrit sur un bouclier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal va plus loin que les r&#233;quisitions du procureur et condamne David &#224; quatre mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de stade. Il doit verser 300 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts au CRS au titre du pr&#233;judice moral, ainsi que&#8230; 300 euros de frais d'avocat du policier ! &#201;trange coutume judiciaire, puisque ces proc&#233;dures, qui finissent la plupart du temps par arrondir les fins de mois des fonctionnaires, sont prises en charge par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le monde &#224; l'envers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-monde-a-l-envers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-monde-a-l-envers</guid>
		<dc:date>2013-06-12T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen, Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Thomas Azu&#233;los</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille 2013 n'aura pas lieu</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>Noailles</dc:subject>
		<dc:subject>carnaval</dc:subject>
		<dc:subject>CRS</dc:subject>
		<dc:subject>Caramentran</dc:subject>
		<dc:subject>foule</dc:subject>
		<dc:subject>craignait l'orage</dc:subject>
		<dc:subject>BAC</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;dition 2013 du carnaval ind&#233;pendant de la Plaine et de Noailles a &#233;t&#233; &#8211; capitale de la culture oblige ? &#8211; plus chaude que jamais. Et pas seulement du fait des carnavaliers&#8230; Une escorte polici&#232;re disproportionn&#233;e a bien failli faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la f&#234;te en &#233;meute. On craignait l'orage, on a eu les flics. Ce 17 mars, six camions de CRS &#8211; six ! &#8211; attendaient les carnavaliers sur la Plaine. Apr&#232;s un &#233;ni&#232;me r&#232;glement de compte &#224; l'arme lourde, le sinistre Valls avait promis 350 cond&#233;s en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thomas-Azuelos" rel="tag"&gt;Thomas Azu&#233;los&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille-2013-n-aura-pas-lieu" rel="tag"&gt;Marseille 2013 n'aura pas lieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noailles" rel="tag"&gt;Noailles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/carnaval" rel="tag"&gt;carnaval&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRS" rel="tag"&gt;CRS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caramentran" rel="tag"&gt;Caramentran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foule" rel="tag"&gt;foule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/craignait-l-orage" rel="tag"&gt;craignait l'orage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/BAC" rel="tag"&gt;BAC&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;dition 2013 du carnaval ind&#233;pendant de la Plaine et de Noailles a &#233;t&#233; &#8211; capitale de la culture oblige ? &#8211; plus chaude que jamais. Et pas seulement du fait des carnavaliers&#8230; Une escorte polici&#232;re disproportionn&#233;e a bien failli faire d&#233;g&#233;n&#233;rer la f&#234;te en &#233;meute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On craignait l'orage, on a eu les flics. Ce 17 mars, six camions de CRS &#8211; six ! &#8211; attendaient les carnavaliers sur la Plaine. Apr&#232;s un &#233;ni&#232;me r&#232;glement de compte &#224; l'arme lourde, le sinistre Valls avait promis 350 cond&#233;s en renfort &#171; pour rassurer les Marseillais &#187;&#8230; On a &#233;t&#233; servi !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p16-carnaval.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH176/p16-carnaval-6f579.png?1780011296' width='500' height='176' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Thomas Azuelos
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui, venus avec leurs enfants, ont rebrouss&#233; chemin &#224; la vue de pareille occupation du territoire. C'est connu, la France a peur de la jeunesse et de ses exc&#232;s, mais &#224; ce point&#8230; Premier fait d'armes : la compagnie, harnach&#233;e comme pour un G7, tente d'emp&#234;cher le char et ses accompagnateurs de quitter la place. &#171; &lt;i&gt;On a entendu dire que des anarchistes allaient infiltrer le carnaval&lt;/i&gt; &#187;, grommelle un galonn&#233; en guise d'excuse&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La veille, pr&#232;s de la porte d'Aix, une manif contre la traque des pauvres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Malgr&#233; l'interdit, le cort&#232;ge finit par prendre la tangente, Caramentran au vent. Le Cerb&#232;re MP2013 nargue le peuple de ses trois t&#234;tes hideuses : le fric, le flic et la culture se sont associ&#233;s pour d&#233;vorer la ville. Les constructeurs b&#233;n&#233;voles du monstre promis aux flammes ne croyaient pas si bien dire ! Au pas de charge, les CRS se d&#233;ploient, puis emboitent le pas au d&#233;fil&#233;. Les enfants &#233;carquillent les yeux : qui est le m&#233;chant le plus m&#233;chant ? L'hydre de papier m&#226;ch&#233; ou la troupe arm&#233;e jusqu'aux dents ? Le vrai semble en tout cas confirmer le faux. Flashball sur le g&#226;teau, une &#233;quipe de la Brigade anti-criminalit&#233; (BAC) s'en m&#234;le aussi. On a beau leur dire qu'ils risquent d'essuyer les pl&#226;tres, les rouleurs de m&#233;caniques, tonfa gliss&#233; entre blouson et raie des fesses, se collent au plus pr&#232;s. Et ce qui devait arriver arriva : &#224; Noailles, un gars jette une poign&#233;e de farine &#224; sa copine, qui esquive, et le chef de la BAC prend le nuage poudreux en pleine poire. L'humour n'&#233;tant pas le fort de la brigade, le coupable, plaqu&#233; fissa au sol, est rou&#233; de coups. La foule r&#233;agit : les papas et les mamans s'&#233;loignent, mais les autres s'indignent et r&#233;clament la lib&#233;ration de l'enfarineur. Les baqueux dispersent alors les solidaires &#224; coups de &#171; &lt;i&gt;Casse-toi de l&#224;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Retourne &#224; ton putain de carnaval&lt;/i&gt; &#187;&#8230; La bousculade est &#224; deux doigts de virer &#224; la bataille rang&#233;e. Seule l'intelligence de la foule aura &#233;vit&#233; le pire. Car du c&#244;t&#233; de la BAC, d&#251;ment prot&#233;g&#233;e par les CRS, les gazeuses et les matraques sont prestement brandies et gageons que la pr&#233;sence enfantine n'aurait pas g&#234;n&#233; ces honn&#234;tes p&#232;res de famille une fois lanc&#233;s en mode moissonneuse-batteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour sur la Plaine, le Caramentran est pouss&#233; vers le lieu de son ch&#226;timent. Mais l&#224; encore, la pression polici&#232;re s'exerce. Une commissaire en uniforme intime l'ordre de ne pas br&#251;ler la vilaine effigie, sous pr&#233;texte que le vent pourrait propager le feu aux arbres et aux voitures. &#171; &lt;i&gt;C'est pas nous, c'est un ordre qui vient de Paris&lt;/i&gt; &#187;, se justifie un flic embarrass&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On murmure que l'&#233;moi provoqu&#233; par la fronde anti-vid&#233;osurveillance qui a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le proc&#232;s a lieu, avec r&#233;quisitoire du minist&#232;re carnavalesque et plaidoirie d'un avocat v&#233;reux. Les minots de Noailles font voler la toque du bavard et la foule hue et conspue le Caramentran qui, comme le veut la tradition, est condamn&#233;. En signe d'apaisement, le procureur a r&#233;clam&#233; que l'&#233;pouvantail soit simplement bastonn&#233; et d&#233;membr&#233;. Mais les habitudes reprennent le dessus : une allumette craque, le Cerb&#232;re part en fum&#233;e sous les vivats, le b&#251;cher est entour&#233; d'une folle farandole et les agents de la DCRI, l'air d&#233;sabus&#233;, ne peuvent que constater les d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que les gagnants du &#171; Prix du d&#233;guisement le plus nul &#187; ont pourri l'ambiance. Alors que ce &#171; jour des fous &#187; aurait d&#251; attirer tous les allergiques aux couillonnades touristico-ludiques de MP2013, la police a r&#233;ussi &#224; faire fuir un certain nombre de familles et de novices. Par voie d'affiche et de communiqu&#233;, les carnavaliers ont protest&#233; d&#232;s le lendemain contre ces man&#339;uvres comminatoires. Ils se sont n&#233;anmoins r&#233;jouis d'avoir, malgr&#233; tout, men&#233; &#224; bien leur joyeux renversement du monde. F&#234;te populaire r&#233;invent&#233;e depuis l'an 2000, ce charivari-l&#224; ne peut se r&#233;duire &#224; une manif d&#233;guis&#233;e. On ne le jauge pas au nombre de flics d&#233;ploy&#233;s autour de lui, mais &#224; son esprit canaille et &#224; son bon plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.A.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Petite histoire d'un carnaval de quartier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s sa premi&#232;re &#233;dition en l'an 2000, le carnaval de la Plaine, dans le centre de Marseille, a &#233;t&#233; le fruit de complicit&#233;s multiples entre habitants et habitu&#233;s des lieux. Tous se retrouvent de mani&#232;re informelle, les semaines pr&#233;c&#233;dant le mois de mars, pour partager quelques exp&#233;riences constructives. Le jour venu, la bataille de farine, pratique import&#233;e par la Chourmo&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association marseillaise historique regroupant quelques 1 500 adh&#233;rents (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; depuis le carnaval ind&#233;pendant de Saint-Roch (Nice), a pour effet d'interdire les spectateurs. Le proc&#232;s final de Caramentran, monstre grotesque et somme de toutes les avanies subies pendant l'ann&#233;e, est une tradition bien ancr&#233;e dans l'arri&#232;re-pays proven&#231;al, avec son tribunal en tenue, ses t&#233;moins, ses plaidoiries, son verdict, son feu et ses danses. Sans oublier le vin, qui coule &#224; flots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me ann&#233;e, les minots du quartier voisin de Noailles se sont joints au charivari et le parcours s'est &#233;tendu, l'ambiance color&#233;e et le rythme intensifi&#233;. D&#232;s l'origine, une dimension contestataire s'est affirm&#233;e &#8211; contrastant avec le pseudo-carnaval officiel, d&#233;fil&#233; bien sage des enfants des &#233;coles sous l'objectif &#233;mu des cam&#233;scopes familiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me ann&#233;e vit se formaliser le proc&#232;s de Caramentran &#224; l'occasion du r&#233;am&#233;nagement grillag&#233; de la Plaine d&#233;cid&#233; par la mairie d'arrondissement. La foule en d&#233;lire se d&#233;cha&#238;na en autant de farandoles concentriques autour de la mise &#224; feu d'un &#233;norme cochon rose sangl&#233; d'une &#233;charpe tricolore et muni d'un badge &#171; Maire du 4e/5e &#187;. Bruno Gilles, titulaire de la fonction, en fut tout chagrin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, un Sarkozy en uniforme de flic fa&#231;on Longtarin, juch&#233; sur un camion-plateau, se fit embarquer par une patrouille z&#233;l&#233;e de CRS et trimballer, un dimanche matin, &#224; travers le centre-ville jusqu'&#224; l'h&#244;tel de police &#8211; avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233; par un officier de permanence au sens du ridicule plus d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furent par la suite incendi&#233;s Eurom&#233;diterran&#233;e, vaste op&#233;ration de nettoyage urbain, le Capital personnifi&#233; en crapaud v&#234;tu de billets de banque, l'Identit&#233; nationale en coq tricolore, la vid&#233;osurveillance en &#339;il cyclop&#233;en, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans faiblir, des &#233;quipes mouvantes, dans des locaux divers et vari&#233;s, s'ing&#233;nient depuis treize ans &#224; manier bois de palettes, colle, papier et peinture de r&#233;cup' pour faire exister cette faille dans la routine du quotidien. Longue vie au Carnaval de la Plaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. L. G.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La veille, pr&#232;s de la porte d'Aix, une manif contre la traque des pauvres avait tourn&#233; &#224; la castagne et un gard&#233; &#224; vue se trouvait encore retenu au commissariat de Noailles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On murmure que l'&#233;moi provoqu&#233; par la fronde anti-vid&#233;osurveillance qui a inspir&#233; l'&#233;dition pr&#233;c&#233;dente du carnaval ainsi qu'un tumultueux charivari en juin 2012, ne serait pas &#233;tranger &#224; cette grotesque op&#233;ration polici&#232;re. Volont&#233; politique confirm&#233;e par un reportage diffus&#233; le 19 mars dans l'&#233;mission C dans l'air, sur France 5, &#171; &lt;i&gt;Marseille capitale de la violence&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; l'on voit Caroline Pozmentier, ajointe au maire d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la s&#233;curit&#233; et &#224; la pr&#233;vention de la d&#233;linquance, superviser le carnaval sur les &#233;crans de&#8230; la vid&#233;osurveillance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association marseillaise historique regroupant quelques 1 500 adh&#233;rents autour de la culture occitane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
