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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Carnaval de la Plaine : le tribunal mod&#232;re sa s&#233;v&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe. Contre les &#171; irresponsables &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aucun des cinq carnavaliers jug&#233;s hier &#224; Marseille n'a pass&#233; la nuit derni&#232;re en prison. S'affranchissant en partie du contexte polico-m&#233;diatique et des implacables r&#233;quisitions de la procureure, le tribunal s'est essentiellement content&#233; de peines de prison avec sursis. Il a m&#234;me prononc&#233; une relaxe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contre les &#171; &lt;i&gt;irresponsables&lt;/i&gt; &#187; carnavaliers, la charge des politiques et des m&#233;dias avait &#233;t&#233; si intense que du c&#244;t&#233; de la Plaine, beaucoup s'attendaient &#224; ce que les cinq infortun&#233;s f&#234;tards jug&#233;s hier par le tribunal de Marseille passent le printemps &#224; l'ombre. Tous ont finalement &#233;vit&#233; la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carnaval ind&#233;pendant n'en a pas fini avec la r&#233;pression : l'enqu&#234;te visant &#224; identifier les organisateurs se poursuit. Plusieurs membres d'une association, La Plaine sans fronti&#232;re, ont &#233;t&#233; entendus ce matin par des policiers de la s&#251;ret&#233; d&#233;partementale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une proc' &#171; aveugl&#233;e par le contexte &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hier (mercredi), c'est donc au tribunal de Marseille qu'une foule de journalistes avait coagul&#233;. Une bonne trentaine de reporters dans la salle d'audience : &#171; &lt;i&gt;un cluster&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait un policier. Il y a la presse locale bien s&#251;r, mais aussi force m&#233;dias nationaux : jusqu'&#224; TF1 et CNews ont fait le d&#233;placement. Cinq des personnes arr&#234;t&#233;es dimanche soir vont &#234;tre jug&#233;es en comparution imm&#233;diate. Elles auraient d&#251; l'&#234;tre la veille, mais pour cause d'encombrement du planning, elles ont d&#251; patienter 24 heures de plus et, pour quatre d'entre elles, passer une nuit en d&#233;tention provisoire aux Baumettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s commence avec M., la petite trentaine. D'origine napolitaine, il passe depuis plusieurs ann&#233;es la moiti&#233; de son temps en France, o&#249; il bosse dans l'agriculture ou la restauration. Un flic assure l'avoir vu jeter des pierres sur les CRS au milieu du chantier de la place Jean-Jaur&#232;s (&lt;i&gt;aka&lt;/i&gt; &#171; la Plaine &#187;). Il jure ne pas l'avoir l&#226;ch&#233; du regard jusqu'&#224; son arrestation. M. r&#233;torque que &#231;a n'est pas vrai ; du reste, il ne comprend pas comment le fonctionnaire aurait pu le reconna&#238;tre dans la cohue et les gaz lacrymog&#232;nes, au milieu d'une charge polici&#232;re. Il ajoute qu'un agent lui a montr&#233; une photo cens&#233;e le repr&#233;senter : ce n'&#233;tait pas lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure entre en sc&#232;ne. D'abord, contre toute &#233;vidence, elle parle du carnaval comme d'un &#171; &lt;i&gt;rassemblement secret&lt;/i&gt; &#187; &#8211; alors qu'une bonne partie de la ville et de la France militante &#233;tait au courant depuis belle lurette. Elle encha&#238;ne sur la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'allusions moralisantes &#224; la crise sanitaire. Les d&#233;clarations du policier ? &#171; &lt;i&gt;Je ne vois pas comment on peut [les] remettre en question. Les fonctionnaires de police n'avaient strictement aucun int&#233;r&#234;t &#224; arr&#234;ter des gens qui n'avaient rien fait, ils avaient d&#233;j&#224; bien assez &#224; faire avec les autres qui faisaient.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les assertions de l'agent, il y a n&#233;anmoins un point faible : s'il a la certitude d'avoir vu M. jeter des cailloux dans la direction des CRS, le policier est incapable de dire si les projectiles ont atteint leur cible. Pas de souci, assure la parqueti&#232;re : d'apr&#232;s une jurisprudence de la Cour de cassation, nul besoin d'un choc physique pour que les violences soient caract&#233;ris&#233;es, un &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit. Or, au moment des faits, &#171; &lt;i&gt;depuis une heure [les CRS &#233;taient] sous le feu de projectiles qui arriv[ai]ent de toute part [&#8230;]. Qui peut croire que &#231;a ne suscite pas une peur ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle demande trois mois ferme avec maintien en d&#233;tention et trois ann&#233;es d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Giletta revient sur la jurisprudence de la Cour de cassation. Oui, le &#171; &lt;i&gt;choc &#233;motif&lt;/i&gt; &#187; suffit &#224; caract&#233;riser l'infraction, dit l'avocat, mais encore faut-il qu'il puisse &#234;tre attribu&#233; &#224; l'accus&#233;. Autrement dit, pour que la responsabilit&#233; de M. soit engag&#233;e, il aurait fallu prouver que les CRS avaient conscience d'avoir &#233;t&#233; vis&#233; par des pierres jet&#233;e personnellement par M.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'&#233;mouvant d'une logique &#171; &lt;i&gt;qui consiste &#224; cr&#233;er la responsabilit&#233; collective, &#224; attribuer &#224; un individu les agissements d'autres&lt;/i&gt; &#187;, le bavard rappelle que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas au tribunal de dire si c'est opportun&#233;ment ou non que des gens se sont r&#233;unis de mani&#232;re festive&lt;/i&gt; &#187;. Il pointe aussi que la parole du policier n'est &#233;tay&#233;e par rien &#8211; pas m&#234;me par des t&#233;moignages de coll&#232;gues &#8211; et ajoute que depuis quelques ann&#233;es, le Code p&#233;nal sp&#233;cifie que la condamnation &#224; la prison ferme ne doit &#234;tre utilis&#233;e qu'en &#171; &lt;i&gt;dernier recours&lt;/i&gt; &#187;. Pour requ&#233;rir trois mois de ge&#244;le dans cette affaire, la procureure s'est donc forc&#233;ment &#171; &lt;i&gt;fait aveugler par le contexte&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les r&#233;actions politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel argument aura le plus port&#233; ? Aucune id&#233;e. Mais M. a &#233;t&#233; relax&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La M&#233;tropole et ses containers &#224; 281 &#8364;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de V. et de E. qui n'ont pas 25 ans et vivent respectivement dans la Creuse et les Hautes-Alpes. Eux ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s tard dans la soir&#233;e non loin de la Plaine, du c&#244;t&#233; de la rue Saint-Savournin, o&#249; des f&#234;tards &#233;m&#233;ch&#233;s dansaient joyeusement autour de poubelles enflamm&#233;es. Depuis leurs &#233;crans de vid&#233;osurveillance, des policiers du Centre de supervision urbain les avaient vu embraser une poubelle et avaient transmis leur signalement aux policiers du terrain. Confront&#233;s aux images, ils ont reconnu les faits. Et font profil bas : ils &#233;taient fin saouls et sont tous les deux d&#233;sol&#233;s. D&#233;guis&#233; en licorne, V. portait une inscription rouge sur le front : &#171; ACAB &#187; (&#171; All cops are bastards &#187;, &#171; Tous les flics sont des salauds &#187;). &#192; l'audience, il dit pr&#233;f&#233;rer une signification alternative : &#171; All cats are beautiful &#187; (&#171; Tous les chats sont beaux &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; en g&#233;ographie, E. n'a pas de casier judiciaire. V. en a un : il y a un an, dit la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; condamn&#233; pour des &#171; &lt;i&gt;violences et d&#233;gradations&lt;/i&gt; &#187;, dans le contexte du &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Zad-de-la-Dune-pas-de-confinement' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;mant&#232;lement sauvage&lt;/a&gt; de la Zad de la Dune, en Vend&#233;e. Il a pass&#233; un bon bout de 2020 derri&#232;re les barreaux et reste sous la menace de plusieurs mois de sursis. S'il s'est trouv&#233; un service civique, il a semble-t-il manqu&#233; de z&#232;le pour r&#233;pondre aux convocations du Spip (Service p&#233;nitentiaire d'insertion et de probation). Consult&#233; par le tribunal de Marseille, le juge d'application des peines de Gu&#233;ret (Creuse) a recommand&#233; la r&#233;vocation de son sursis probatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirig&#233;e par la droite, la M&#233;tropole Aix-Marseille s'est port&#233;e partie civile. Son avocat, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Pierre Bruno, s'en prend tout de go &#171; &lt;i&gt;&#224; ce cort&#232;ge qu'on appelle carnaval, que je prendrai au sens p&#233;joratif du terme&lt;/i&gt; &#187;. Un &#233;v&#233;nement &#171; &lt;i&gt;&#233;minemment politique&lt;/i&gt; &#187; qui n'est manifestement pas de son go&#251;t, puisque pas de son bord. Il parle de &#171; &lt;i&gt;deux jeunes hommes qui sont venus imposer leur libert&#233; aux personnes &#224; Marseille, leur libert&#233; de s'enivrer, de casser, de br&#251;ler des poubelles...&lt;/i&gt; &#187; Et d&#233;plore : &#171; &lt;i&gt;Cette journ&#233;e d'enivrement&lt;/i&gt; &lt;i&gt;va co&#251;ter 155 547 euros &#224; la M&#233;tropole&lt;/i&gt; &#187; et &#231;a ne le fait pas rire parce qu'il paye des imp&#244;ts locaux. &#171; &lt;i&gt;Je regrette qu'on ne juge que ces deux personnes. J'esp&#232;re que les vrais responsables compara&#238;tront bient&#244;t.&lt;/i&gt; &#187; En attendant, l'institution demande le remplacement de cinq containers &#224; poubelles (les pr&#233;venus reconnaissent en avoir cram&#233; un seul chacun) valant 281 &#8364; pi&#232;ce et le remboursement du nettoyage de deux bouts de rue pour un total de 3 321 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de sursis et trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille pour E. Elle est encore plus implacable avec V. qui, assure-t-elle sur la foi de l'avis du juge d'application des peines de Gu&#233;ret, &#171; &lt;i&gt;s'affranchit de toutes les normes sociales&lt;/i&gt; &#187;. Pire &#224; ses yeux, c'est &#171; &lt;i&gt;un militant, d&#233;j&#224; condamn&#233; pour des faits commis sur une Zad &#187;&lt;/i&gt;. Elle requiert donc trois mois de prison ferme et la r&#233;vocation de son sursis probatoire, ainsi que trois ans d'interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre E., son avocate argue qu'il n'est pas un manifestant, pas un militant, qu'il est ins&#233;r&#233; socialement. Le bavard de V. donne dans la m&#234;me veine : son client n'est &#171; &lt;i&gt;plus le militant zadiste qui pouvait en venir aux mains avec les flics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. ramassera trois mois de sursis. V. s'en sortira avec 90 heures de travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, sans r&#233;vocation du sursis. Les deux devront payer solidairement 846 &#8364; de d&#233;dommagement &#224; la M&#233;tropole ainsi que 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On va te faire le cul, sale gaucho de merde &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'heure des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s se rapproche et tous les reporters t&#233;l&#233; s'esquivent pour finaliser leurs reportages. Dommage : c'est pile &#224; ce moment-l&#224; qu'il est question de violences polici&#232;res. L., un Aveyronnais d'une trentaine d'ann&#233;es au casier vierge, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; rue Saint-Savournin par un policier qui l'aurait vu jeter une bouteille sur des coll&#232;gues. L'homme aurait r&#233;sist&#233; &#224; son arrestation en se d&#233;battant violemment, blessant l&#233;g&#232;rement l'agent &#224; la tempe. Il est donc poursuivi pour &#171; violences &#187; et &#171; r&#233;bellion &#187; &#8211; ainsi que refus de pr&#233;l&#232;vement biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui parle d'une &#171; &lt;i&gt;arrestation arbitraire&lt;/i&gt; &#187;, dit qu'il a &#233;t&#233; projet&#233; au sol et qu'un m&#233;decin a constat&#233; qu'il avait &#233;t&#233; amoch&#233;. Il jure qu'il ne s'est pas d&#233;battu et que c'est involontairement, en basculant, que sa jambe a pu atteindre le policier. Ensuite ? &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; humili&#233; toute la descente de la rue, mis au milieu d'une patrouille d'une douzaine de CRS qui m'ont assen&#233; des claques au visage.&lt;/i&gt; &#187; Le tout accompagn&#233; d'insultes fleuries : &#171; &lt;i&gt;Encul&#233;, on va te faire le cul, sale gaucho de merde...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le policier s'est port&#233; partie civile et r&#233;clame 1 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;t. La procureure, qui refuse d'envisager que les policiers puissent r&#233;diger de faux PV, r&#233;clame quatre mois de prison avec maintien en d&#233;tention et, encore, une interdiction de para&#238;tre &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bonnaire rappelle que l'exploitation de la vid&#233;osurveillance n'a rien donn&#233; et que son client &#233;tait si alcoolis&#233; qu'il n'&#233;tait pas en mesure d'opposer une r&#233;sistance active &#224; son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jugement sera contrast&#233; : L. est relax&#233; pour les violences, mais condamn&#233; pour la r&#233;bellion. Quatre mois de sursis, auxquels s'ajoutent deux mois pour le refus de pr&#233;l&#232;vement. Il devra aussi payer 500 &#8364; au policier au titre du pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un acte irrationnel &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me et dernier pr&#233;venu du jour, L. (un autre) est aussi le seul Marseillais de la troupe. La cinquantaine pass&#233;e, il est au ch&#244;mage depuis quatre ans et traverse une mauvaise passe : &#171; &lt;i&gt;Je suis un peu &#224; la d&#233;rive.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tait ivre quand, sur la Canebi&#232;re, il a jet&#233; une bouteille de bi&#232;re sur les bleus. Un agent dit avoir &#233;t&#233; atteint par le projectile. Il n'a pas &#233;t&#233; bless&#233; mais demande 1 000 &#8364; au titre du pr&#233;judice moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. regrette : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait n'importe quoi, compl&#232;tement irresponsable. Un acte irrationnel.&lt;/i&gt; &#187; Il est en &#233;tat de r&#233;cidive, pour avoir d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; pour violences sur des policiers en 2017. Plusieurs autres condamnations figurent &#224; son casier, notamment pour conduite en &#233;tat d'ivresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande six mois de prison avec maintien en d&#233;tention. Le tribunal est plus mesur&#233; : six mois de sursis probatoire, plus une obligation de soin et de travail ou de formation professionnelle. Le flic obtient 500 &#8364; de pr&#233;judice moral et 300 &#8364; de frais d'avocat. L. est en fin de droits : il sera bient&#244;t au RSA.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les nouveaux d&#233;serteurs</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-nouveaux-deserteurs</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Gautier Ducatez</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;serteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On leur avait promis l'aventure. Ils ont r&#233;colt&#233; l'ennui des casernes et des patrouilles Sentinelle, les refus de permission, les brimades voire les coups. Puisqu'il est quasi impossible de r&#233;silier un contrat d'engagement, des milliers de jeunes militaires d&#233;sertent. Un d&#233;lit qui m&#232;ne tout droit au tribunal. Instantan&#233;s d'audience &#224; Marseille et &#224; Lyon. Pour Nolan, l'arm&#233;e &#233;tait &#171; un r&#234;ve de gosse &#187;. Les classes ? &#171; J'ai kiff&#233;. &#187; Le d&#233;senchantement est venu plus tard, quelques mois apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On leur avait promis l'aventure. Ils ont r&#233;colt&#233; l'ennui des casernes et des patrouilles Sentinelle, les refus de permission, les brimades voire les coups. Puisqu'il est quasi impossible de r&#233;silier un contrat d'engagement, des milliers de jeunes militaires d&#233;sertent. Un d&#233;lit qui m&#232;ne tout droit au tribunal. Instantan&#233;s d'audience &#224; Marseille et &#224; Lyon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L415xH400/-1468-20e14.jpg?1768652539' width='415' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gautier Ducatez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our Nolan, l'arm&#233;e &#233;tait &#171; &lt;i&gt;un r&#234;ve de gosse&lt;/i&gt; &#187;. Les classes ? &#171; &lt;i&gt;J'ai kiff&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le d&#233;senchantement est venu plus tard, quelques mois apr&#232;s son affectation dans l'artillerie. &#171; &lt;i&gt;Pour te recruter, ils te vendent du r&#234;ve, des photos d'h&#233;licopt&#232;re. Ils ne te disent pas que tu vas faire la boniche, passer ton temps &#224; r&#233;curer l'escalier de la caserne avec les ongles pendant que tes chefs te disent que t'es qu'une merde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, la petite amie de Nolan a &#233;t&#233; hospitalis&#233;e pour une grossesse extra-ut&#233;rine. On ne l'a pas laiss&#233; aller la voir. Le soldat n'&#233;tait pourtant pas en mission de l'autre c&#244;t&#233; du globe. Sa section &#233;tait en France, en exercice, jouant simplement &#224; &#171; &lt;i&gt;bouffer de la terre&lt;/i&gt; &#187;. Puis Nolan s'est bless&#233; au genou : &#171; &lt;i&gt;Les sous-offs me disaient que la douleur &#233;tait dans ma t&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; D&#233;pit&#233;, fatigu&#233; de ses coll&#232;gues &#171; &lt;i&gt;cassos&lt;/i&gt; &#187; (&#171; cas sociaux &#187;) qui tuent l'ennui en picolant, Nolan finit par ne pas rentrer de permission. Il est signal&#233; d&#233;serteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 17 f&#233;vrier 2020, au tribunal de Marseille, Nolan attend son proc&#232;s. En th&#233;orie, il risque trois ans de prison ferme. Pendant l'&#233;tat d'urgence, assimil&#233; &#224; un temps de guerre, les d&#233;serteurs risquaient dix ans de cabane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe plus, en France, de tribunaux militaires &#224; proprement parler. &#192; la place, il y a des chambres sp&#233;cialis&#233;es, o&#249; des magistrats civils jugent les infractions commises par les bidasses dans l'exercice de leurs fonctions et les affaires strictement militaires. Cet apr&#232;s-midi-l&#224; &#224; Marseille, sur huit affaires examin&#233;es, six concernent des d&#233;sertions. Le quota habituel.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils m'ont forc&#233; &#224; enlever mon attelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici le premier pr&#233;venu. On l'appellera William. Au terme de son premier contrat d'un an, il a rempil&#233; pour cinq ann&#233;es suppl&#233;mentaires. Quelques mois plus tard, il a tout l&#226;ch&#233;. Lors de son audition par les pandores, il a indiqu&#233; qu'il n'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;pas fait pour l'arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et qu'il voulait &#171; &lt;i&gt;reprendre ses &#233;tudes pour obtenir un bac scientifique&lt;/i&gt; &#187;. &#192; la barre, il explique qu'un jour, il s'est fractur&#233; la main, mais que ses chefs l'ont &#171; &lt;i&gt;forc&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#224; enlever son attelle. William a tent&#233; de n&#233;gocier son d&#233;part avec sa hi&#233;rarchie : en vain. Dans l'arm&#233;e, toute d&#233;mission est soumise au bon vouloir du haut commandement. Cet agr&#233;ment n'est presque jamais octroy&#233;, car l'institution a tant de mal &#224; recruter qu'elle refuse de laisser partir ses prises. Une seule solution : d&#233;serter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, la substitut du procureur de Marseille le sait. Mais elle fait la morale &#224; William, &#233;voquant la &#171; &lt;i&gt;d&#233;sorganisation de l'arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; entra&#238;n&#233;e par ces fuites en s&#233;rie (pr&#232;s de 2 000 par an, selon des donn&#233;es obtenues en 2018 par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;). Elle encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Du temps du service national, l'engagement militaire &#233;tait contraint. Aujourd'hui, c'est une arm&#233;e professionnelle d'engag&#233;s volontaires. Monsieur l'a choisi, il a r&#233;it&#233;r&#233; son engagement. Je requiers trois mois de prison avec sursis, pour qu'il comprenne les difficult&#233;s qu'il a pu poser.&lt;/i&gt; &#187; Le jugement est mis en d&#233;lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de Nolan, &#224; qui la magistrate demande si, le jour o&#249; il a d&#233;sert&#233;, il avait conscience qu'il finirait devant un tribunal. R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;&#192; ce moment-l&#224;, on ne pense pas au risque p&#233;nal. Mais juste &#224; soi, &#224; sa sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La proc' r&#233;clame trois mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me peine demand&#233;e contre Esteban, rejug&#233; en sa pr&#233;sence apr&#232;s l'avoir &#233;t&#233; en son absence : il n'avait pas re&#231;u la convocation. C'est en se faisant embarquer pour un banal exc&#232;s de vitesse qu'il a appris qu'il figurait sur la liste des personnes recherch&#233;es : sans le savoir, il avait ramass&#233; trois mois ferme. D'apr&#232;s &#201;lodie Maumont, avocate au barreau de Paris, il n'y a que quand le jugement est ainsi prononc&#233; &#171; &lt;i&gt;par d&#233;faut&lt;/i&gt; &#187;, en absence du pr&#233;venu, que des peines d'emprisonnement ferme sont inflig&#233;es &#224; des d&#233;serteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive ensuite R&#233;mi qui, au bout de six mois, a compris que la vie de caserne &#233;tait &#171; &lt;i&gt;trop calme&lt;/i&gt; &#187; pour lui. Puis Valentin qui, en trois ans de service, n'a fait &#171; &lt;i&gt;qu'une seule mission&lt;/i&gt; &#187; &#8211; Sentinelle &#8211; et a sombr&#233; dans la d&#233;pression. Enfin, il y a Youssoufa. Lui avait d&#233;j&#224; pass&#233; pr&#232;s de quatre ann&#233;es dans l'arm&#233;e et n'&#233;tait plus qu'&#224; un an de la quille ; il a d&#233;sert&#233; pour rejoindre son amoureuse &#224; l'autre bout de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parqueti&#232;re est en mode automatique : sans prendre la peine d'argumenter, elle requiert trois mois de sursis pour tout le monde. Le tribunal ne s'emb&#234;te pas plus : apr&#232;s un d&#233;lib&#233;r&#233; express, tous les d&#233;serteurs du jour &#233;copent de deux mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le tarif habituel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contraire aux grands principes de la justice, cette non-individualisation des peines est des plus habituelles. M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#201;lodie Maumont se rappelle ainsi que pendant l'&#233;tat d'urgence, le tarif standard pour les d&#233;serteurs, &#171; &lt;i&gt;c'&#233;tait quatre mois de sursis. Maintenant c'est un peu moins.&lt;/i&gt; &#187; Avec des juges qui se moquent bien de ce qui a pouss&#233; ces bidasses &#224; fuir leur r&#233;giment : l'ennui, &#171; &lt;i&gt;les brimades&lt;/i&gt; &#187;, le racisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, &lt;/i&gt;poursuit l'avocate,&lt;i&gt; les jeunes veulent bien s'engager, mais pas &#224; n'importe quel prix. Le probl&#232;me, c'est aussi qu'on ne leur explique pas clairement qu'on ne d&#233;missionne pas de l'arm&#233;e comme dans le civil.&lt;/i&gt; &#187; Elle s'agace : &#187; &lt;i&gt;La d&#233;sertion n'a rien &#224; faire devant un tribunal correctionnel, on n'est pas en guerre, les temps ont chang&#233;. C'est reporter sur le service public de la justice un probl&#232;me de ressources humaines : ce n'est pas son r&#244;le&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'aime bien t'insulter &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce 21 f&#233;vrier, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont plaide au tribunal de Lyon. Sur vingt affaires militaires, quinze d&#233;serteurs. La plupart n'ont pas d'avocat. Ceux qui disposent d'un d&#233;fenseur ouvrent le bal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le client d'&#201;lodie Maumont n'est pas l&#224;. C'est un Breton. Dix jours apr&#232;s la naissance de sa fille, on l'a envoy&#233; en Opex (op&#233;ration ext&#233;rieure) pendant quatre mois. Pour se rapprocher des siens, il a demand&#233; une mutation : refus&#233;e. Il sollicite alors la r&#233;siliation de son contrat : refus&#233;e. Un jour, il obtient un quartier libre : son r&#233;giment de Haute-Savoie ne le reverra jamais. Lors de son audition, il expliquera que sa famille passe avant son travail. Le parquet s'en indigne : &#171; &lt;i&gt;Quand on s'engage, on doit tenir parole, d'autant que la formation est longue et complexe. &#202;tre p&#232;re est &#233;videmment un &#233;v&#233;nement heureux&#8230; mais si en 1914 nos grands-parents &#233;taient retourn&#233;s chez eux parce qu'ils attendaient un enfant, o&#249; en serions-nous maintenant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa plaidoirie, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont rappelle l'absence de chauffage dans la chambr&#233;e de la caserne, les toilettes insalubres. L'&#233;change houleux avec un sergent alcoolis&#233; au petit matin. Ce chef qui crache : &#171; &lt;i&gt;J'aime bien t'insulter, &#231;a me met de bonne humeur.&lt;/i&gt; &#187; La d&#233;sertion &#233;tant ind&#233;niable, l'avocate ne peut demander la relaxe : elle sollicite donc la dispense de peine (le pr&#233;venu est reconnu coupable mais pas sanctionn&#233;) ou, en cas de condamnation, la non-inscription de celle-ci au bulletin n&#176; 2 du casier judiciaire. Les juges, tout en infligeant un mois de sursis au d&#233;serteur, rejetteront cette demande : pour exercer certains m&#233;tiers ou pour adopter un enfant, l'ex-militaire devra en passer par une fastidieuse proc&#233;dure d'effacement du casier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Interdit d'enterrement paternel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les affaires s'encha&#238;nent. Voici Geoffrey, qui a perdu son p&#232;re alors qu'il &#233;tait en mission en C&#244;te d'Ivoire : ses chefs ne l'ont pas laiss&#233; rentrer pour les obs&#232;ques. Voil&#224; Marjorie, &#224; qui l'on a promis un poste avant de lui en imposer un autre. Puis on voit d&#233;filer celui qui a subi du harc&#232;lement, celui qui a &#233;t&#233; puni pour un formulaire d'arr&#234;t-maladie mal rempli, tous ceux qui ont fini en d&#233;pression...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les condamnations pleuvent : un, deux, trois, quatre ou cinq mois de sursis &#8211; peut-&#234;tre piqu&#233;s au vif par M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Maumont qui a d&#233;nonc&#233; devant eux l'habituelle automatisation des peines et r&#233;v&#233;l&#233; notre journalistique pr&#233;sence dans la salle d'audience, les juges ont cette fois-ci vari&#233; leurs tarifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour d'&#201;ric qui, en pleine mission au Mali, s'est fait r&#233;veiller &#224; minuit par deux petits chefs voulant lui casser la gueule. Il a port&#233; plainte, mais c'est lui qui a pris quarante jours d'arr&#234;t. &#171; &lt;i&gt;Militaire est un bon m&#233;tier,&lt;/i&gt; explique-t-il au tribunal. &lt;i&gt;Mais aujourd'hui, on ne trouve plus grand plaisir &#224; servir son pays. Tout &#231;a &#224; cause de sous-officiers qui abusent de leur pouvoir&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Le pr&#233;sident l'interrompt : &#171; &lt;i&gt;Monsieur, on n'est pas l&#224; pour faire le proc&#232;s de l'arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Le pr&#233;venu se tait. Un mois de sursis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des peines de prison requises contre les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-peines-de-prison-requises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-peines-de-prison-requises</guid>
		<dc:date>2018-11-10T01:05:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>sursis</dc:subject>
		<dc:subject>mis</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Brian&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>audience fleuve</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;n&#233;ration Identitaire</dc:subject>
		<dc:subject>bande organis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>dur&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sursis simple</dc:subject>
		<dc:subject>circonstance aggravante</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors du proc&#232;s ce jeudi 8 novembre &#224; Gap, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre cinq pr&#233;venus. A l'encontre des deux autres, il a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis. La d&#233;fense a demand&#233; la relaxe. Jugement le 13 d&#233;cembre. Une audience fleuve qui a dur&#233; 17 heures. A l'ext&#233;rieur du tribunal, plusieurs centaines de personnes venues soutenir les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;, ces militants solidaires des migrants mis en cause pour avoir particip&#233; &#224; une manifestation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/audience-fleuve" rel="tag"&gt;audience fleuve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dure" rel="tag"&gt;dur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sursis-simple" rel="tag"&gt;sursis simple&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du proc&#232;s ce jeudi 8 novembre &#224; Gap, le procureur a requis six mois de prison avec sursis contre cinq pr&#233;venus. A l'encontre des deux autres, il a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis. La d&#233;fense a demand&#233; la relaxe. Jugement le 13 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une audience fleuve&lt;/strong&gt; qui a dur&#233; 17 heures. A l'ext&#233;rieur du tribunal, plusieurs centaines de personnes venues soutenir les &#034;7 de Brian&#231;on&#034;, ces militants solidaires des migrants mis en cause pour avoir particip&#233; &#224; une manifestation transfrontali&#232;re le 22 avril. Cette marche, partie d'Italie et arriv&#233;e &#224; Brian&#231;on (Hautes-Alpes), r&#233;pondait &#224; l'arriv&#233;e dans la r&#233;gion la veille du groupuscule d'extr&#234;me droite G&#233;n&#233;ration Identitaire. Des migrants s'&#233;taient joints &#224; la manifestation, traversant la fronti&#232;re avec le cort&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parquet avait vite engag&#233; des poursuites pour &#034;aide &#224; l'entr&#233;e irr&#233;guli&#232;re en France&#034;, avec cette circonstance aggravante que les faits auraient &#233;t&#233; commis en bande organis&#233;e. Trois militants passeront neuf jours en d&#233;tention provisoire avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;s. Puis, mi-juillet, quatre nouvelles personnes seront mis en cause dans cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 8 novembre, &#224; Gap, alors que les pr&#233;venus risquaient dix ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende, le procureur a finalement abandonn&#233; la circonstance aggravante de &#034;bande organis&#233;e&#034;. Il a tout de m&#234;me requis six mois de prison avec sursis simple contre les cinq pr&#233;venus dont le casier judiciaire &#233;tait vierge. Pour un autre, qui devait &#233;galement r&#233;pondre de faits pr&#233;sum&#233;s d'attroupement, le parquet a demand&#233; douze mois de prison, dont huit avec sursis simple. Pour le dernier, &#224; qui &#233;taient &#233;galement reproch&#233; des faits pr&#233;sum&#233;s de r&#233;bellion, ont &#233;t&#233; r&#233;clam&#233;s douze mois de prison, dont huit avec sursis et mise &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense, elle, a plaid&#233; la relaxe, en pointant notamment les faiblesses du dossier d'accusation et le contexte de violations &lt;i&gt;&#034;syst&#233;matiques&#034;&lt;/i&gt; des droits des exil&#233;s &#224; la fronti&#232;re franco-italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis en d&#233;lib&#233;r&#233;, le jugement sera prononc&#233; le 13 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la solidarit&#233; passe au tribunal</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-la-solidarite-passe-au</link>
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		<dc:date>2017-12-13T17:09:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Co3points</dc:subject>
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&lt;p&gt;Quatre retrait&#233;s viennent d'&#234;tre jug&#233;s pour avoir transport&#233; des migrants dans la vall&#233;e de la Roya. Dans cette zone frontali&#232;re, l'&#201;tat viole le droit d'asile au quotidien. Mais le plus souvent, ce sont les militants solidaires qui sont condamn&#233;s par la justice. &#192; la cour d'appel d'Aix-en-Provence, ce mercredi 15 novembre, on jugeait des affaires de recel et de vol avec violence. Mais aussi trois papys et une mamie, accus&#233;s d'avoir port&#233; secours &#224; des migrants. C'&#233;tait l'hiver dernier, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quatre retrait&#233;s viennent d'&#234;tre jug&#233;s pour avoir transport&#233; des migrants dans la vall&#233;e de la Roya. Dans cette zone frontali&#232;re, l'&#201;tat viole le droit d'asile au quotidien. Mais le plus souvent, ce sont les militants solidaires qui sont condamn&#233;s par la justice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la cour d'appel d'Aix-en-Provence, ce mercredi 15 novembre, on jugeait des affaires de recel et de vol avec violence. Mais aussi trois papys et une mamie, accus&#233;s d'avoir port&#233; secours &#224; des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l'hiver dernier, pr&#232;s de la fronti&#232;re italienne. Dans la vall&#233;e de La Roya (Alpes-Maritimes), le mercure plongeait en dessous de z&#233;ro. Apr&#232;s avoir d&#233;jou&#233; de s&#233;v&#232;res contr&#244;les frontaliers, des dizaines et des dizaines de migrants avaient atterri l&#224;. Les bonnes &#226;mes du coin &#233;taient d&#233;pass&#233;es : chez l'agriculteur C&#233;dric Herrou, figure embl&#233;matique de l'aide aux exil&#233;s, on h&#233;bergeait sous des tentes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1930 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH449/-223-6a63a.jpg?1768658269' width='400' height='449' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Co3points.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 6 janvier, G&#233;rard, Fran&#231;oise, Ren&#233; et Daniel prennent donc en charge six migrants, dont deux mineurs, pour les mettre au chaud. Mais &#224; Sospel, sur la route, les forces de l'ordre veillent. Pour contourner un point de contr&#244;le, les migrants sont d&#233;pos&#233;s sur un sentier. Les voitures les r&#233;cup&#233;reront de l'autre c&#244;t&#233;. H&#233;las, une randonneuse a aper&#231;u la sc&#232;ne. Elle contacte le 112. Veut-elle jouer la d&#233;latrice ? Ou s'inqui&#232;te-t-elle simplement de voir des personnes mal &#233;quip&#233;es s'aventurer sur un chemin de montagne en plein hiver ? Quoi qu'il en soit, la gendarmerie est pr&#233;venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233; du sentier, les deux v&#233;hicules sont stopp&#233;s. Exil&#233;s et b&#233;n&#233;voles sont arr&#234;t&#233;s. Qu'est-il advenu des premiers ? La proc&#233;dure p&#233;nale ne le dit pas, mais leurs soutiens en sont certains : les quatre majeurs ont &#233;t&#233; renvoy&#233;s en Italie. Pour les militants, c'est la garde &#224; vue, puis une condamnation, &#224; Nice, &#224; 800 &#8364; d'amende avec sursis, dont ils interjettent appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 15 novembre donc, retour au tribunal. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi avoir fait appel ?&lt;/i&gt; &#187;, leur demande la cour. &#171; &lt;i&gt;Je ne me sens pas coupable d'avoir aid&#233; des personnes &#224; survivre&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond Ren&#233;. Les magistrats r&#233;examinent les faits. Puis l'avocat g&#233;n&#233;ral&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En cour d'appel, le procureur est appel&#233; &#171; avocat g&#233;n&#233;ral &#187;. Il n'est pas l&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; entame son r&#233;quisitoire. &#171; &lt;i&gt;Je les consid&#232;re comme des braves gens. On ne peut pas mettre en doute la sinc&#233;rit&#233; de leur engagement.&lt;/i&gt; &#187; Oui, ils ont simplement voulu &#171; &lt;i&gt;aider leur prochain&lt;/i&gt; &#187;. Mais pour ce faire, &#171; &lt;i&gt;ils ont m&#233;connu la loi&lt;/i&gt; &#187;. C'est donc &#171; &lt;i&gt;&#224; juste titre&lt;/i&gt; &#187; que le tribunal de Nice les a condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq ans de prison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit la loi ? &#171; Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilit&#233; ou tent&#233; de faciliter l'entr&#233;e, la circulation ou le s&#233;jour irr&#233;guliers d'un &#233;tranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 euros. &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article L622-1 du Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, les socialistes au pouvoir ont ajout&#233; &#224; ce texte une &#171; immunit&#233; humanitaire &#187;. &#171; L'aide au s&#233;jour irr&#233;gulier &#187; n'est donc pas r&#233;pr&#233;hensible &#171; lorsque l'acte reproch&#233; n'a donn&#233; lieu &#224; aucune contrepartie directe ou indirecte et consistait &#224; fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d'h&#233;bergement ou de soins m&#233;dicaux destin&#233;es &#224; assurer des conditions de vie dignes et d&#233;centes &#224; l'&#233;tranger, ou bien toute autre aide visant &#224; pr&#233;server la dignit&#233; ou l'int&#233;grit&#233; physique de celui-ci &#187;.&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article L622-4 du Ces&#233;da.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formulation est floue : l'avocat g&#233;n&#233;ral s'engouffre dans la faille. Pour lui, l'immunit&#233; humanitaire ne s'applique qu'&#224; l'aide au s&#233;jour, et certainement pas &#224; l'aide &#224; la circulation &#8211; ce qui est pr&#233;cis&#233;ment reproch&#233; aux quatre retrait&#233;s. Et quand bien m&#234;me la cour ferait une analyse diff&#233;rente, &#171; &lt;i&gt;les conditions ne sont en aucun cas remplies&lt;/i&gt; &#187; pour que s'applique cette immunit&#233; humanitaire, car &#171; &lt;i&gt;ce qu'ils ont fait, c'est emp&#234;cher les migrants d'&#234;tre interpell&#233;s&lt;/i&gt; &#187;... Le magistrat demande donc la confirmation de la peine de 800 &#8364; d'amende avec sursis, qui &#171; &lt;i&gt; prend en compte&lt;/i&gt; &#187; le c&#244;t&#233; d&#233;sint&#233;ress&#233; des actes des pr&#233;venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate de la d&#233;fense, elle, plaide que &#171; &lt;i&gt; l'unique but&lt;/i&gt; &#187; des quatre papys mamie a &#233;t&#233; de &#171; &lt;i&gt; pr&#233;server la dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; des exil&#233;s. Pour elle, c'est clair : l'immunit&#233; humanitaire s'applique. Et puis, il y a &#171; &lt;i&gt; le principe de proportionnalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, qui &#233;tablit qu'une infraction n'est pas condamnable si elle a &#233;t&#233; commise dans &#171; &lt;i&gt;un but sup&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;. En l'occurrence, la pr&#233;servation de la vie des personnes transport&#233;es, car &#171; &lt;i&gt;la situation de danger dans laquelle elles se trouvaient &#233;tait r&#233;elle&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;fet hors la loi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation aggrav&#233;e par les agissements ill&#233;gaux de l'&#201;tat : dans les Alpes-Maritimes, &#171; &lt;i&gt;on emp&#234;che&lt;/i&gt; &#187; les &#233;trangers d'atteindre Nice pour &#171; &lt;i&gt;d&#233;poser une demande d'asile et on les reconduit de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#233;viter les forces de l'ordre, de nombreux migrants se sont mis en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Cette ann&#233;e, le pr&#233;fet a &#233;t&#233; condamn&#233; deux fois pour entrave au droit d'asile par le tribunal administratif. M&#234;me des mineurs non accompagn&#233;s (lire ci-dessous) sont renvoy&#233;s en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#171; &lt;i&gt;la d&#233;sob&#233;issance s'est impos&#233;e aux pr&#233;venus comme un devoir&lt;/i&gt;, explique l'avocate. &lt;i&gt;Mes clients n'ont fait que r&#233;sister &#224; l'oppression qui est subie par les plus vuln&#233;rables.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt; La protection de l'enfance et l'accompagnement des jeunes majeurs, c'&#233;tait le fondement m&#234;me de mon engagement professionnel&lt;/i&gt;, dira ensuite un des papys, Daniel, ancien &#233;ducateur. &lt;i&gt;J'&#233;tais pay&#233; pour &#231;a et aujourd'hui je suis condamn&#233;&#8230; Cherchez l'erreur !&lt;/i&gt; &#187; Conclusion de l'avocate : &#171; &lt;i&gt;La relaxe s'impose&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pr&#233;venus, la partie est loin d'&#234;tre gagn&#233;e : le 11 septembre dernier, le m&#234;me tribunal d'Aix a condamn&#233; Pierre-Alain Mannoni &#224; deux mois de prison avec sursis. En premi&#232;re instance, il avait &#233;t&#233; relax&#233; &#8211; mais le parquet avait fait appel. Le 18 octobre 2016, cet universitaire ni&#231;ois avait transport&#233; trois jeunes &#201;rythr&#233;ennes de la vall&#233;e de la Roya pour les h&#233;berger chez lui. Elles &#233;taient &#171; &lt;i&gt;bless&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il argu&#233;, ce qu'a confirm&#233; une infirmi&#232;re. Mais la cour n'y a pas cru : pour elle, l'action de Pierre-Alain Mannoni s'inscrivait &#171; &lt;i&gt; dans une d&#233;marche militante en vue de soustraire des &#233;trangers aux contr&#244;les mis en &#339;uvre par les autorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. En cons&#233;quence, il ne pouvait pas b&#233;n&#233;ficier de l'immunit&#233; humanitaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 ao&#251;t, cette m&#234;me cour d'appel jugeait une affaire semblable. Avec des justifications assez proches, elle a condamn&#233; C&#233;dric Herrou &#224; quatre mois de prison avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise &#224; jour du 13 d&#233;cembre 2017&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cour d'appel d'Aix-en-Provence a rendu sa d&#233;cision aujourd'hui. La peine est confirm&#233;e en tous points : 800 euros d'amende avec sursis. Mais les quatre papys-mamie solidaires vont se pourvoir en cassation et ils assurent que si n&#233;cessaire, ils iront jusqu'&#224; la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, &#224; Strasbourg. &#034;&lt;i&gt;C'est quelque chose d'important&lt;/i&gt;, explique Ren&#233;, l'un des condamn&#233;s. &lt;i&gt;Ce n'est pas juste notre petit cas personnel qui se joue, mais c'est sur le principe : comment un &#234;tre humain peut aider un autre &#234;tre humain, normalement, sans &#234;tre condamn&#233;. C'est &#231;a le probl&#232;me.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mineurs &#233;trangers isol&#233;s &#224; l'abandon&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 11 novembre au soir, sur une route frontali&#232;re des Hautes-Alpes, des montagnards solidaires recueillent de jeunes mineurs africains frigorifi&#233;s. Las, leurs v&#233;hicules sont stopp&#233;s par la gendarmerie. Deux journalistes se trouvent aussi &#224; bord : Rapha&#235;l Krafft, de France Culture, et Caroline Christinaz, du journal suisse &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;. Convoqu&#233;e &#224; la gendarmerie, cette derni&#232;re est copieusement interrog&#233;e sur ses sources. On lui r&#233;clame son t&#233;l&#233;phone portable et ses codes d'acc&#232;s. Enfin, elle apprend &#234;tre mise en cause dans une proc&#233;dure pour &#171; aide &#224; l'entr&#233;e, &#224; la circulation ou au s&#233;jour irr&#233;guliers d'&#233;trangers sur le territoire fran&#231;ais &#187;. Quant aux minots, ils sont reconduits en pleine montagne, et rel&#226;ch&#233;s &#224; la fronti&#232;re italienne &#224; une heure du matin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils devraient &#234;tre mis &#224; l'abri par l'aide sociale &#224; l'enfance, ces mineurs non accompagn&#233;s sont bien souvent abandonn&#233;s par les autorit&#233;s. Selon un d&#233;compte associatif, &#224; Marseille, &#224; la date du 20 novembre, 93 minots officiellement reconnus mineurs (disposant d'une ordonnance judiciaire de placement) n'&#233;taient pas pris en charge. Un chiffre qui n'inclut pas ceux qui ont injustement &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s majeurs et ceux, nombreux, qui attendent depuis des semaines (voire des mois) qu'on statue sur leur &#226;ge. Heureusement, une partie de ces mineurs est h&#233;berg&#233;e par des citoyens b&#233;n&#233;voles. Mais beaucoup d'autres restent dehors, passant leurs nuits du c&#244;t&#233; de la gare Saint-Charles, dans le froid et la faim, &#224; la merci de n'importe quel r&#233;seau mal intentionn&#233;. &#171; &lt;i&gt;Comment peut-on oser parler de lutte contre la d&#233;linquance, la prostitution et l'extr&#233;misme en les laissant comme &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne une militante. Le 21 novembre, pour faire r&#233;agir les autorit&#233;s, une &#233;glise marseillaise a &#233;t&#233; occup&#233;e sur le Vieux-Port. Ces derni&#232;res semaines, d'autres r&#233;quisitions ont eu lieu, notamment &#224; Nantes et &#224; Lyon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En cour d'appel, le procureur est appel&#233; &#171; avocat g&#233;n&#233;ral &#187;. Il n'est pas l&#224; pour d&#233;fendre les pr&#233;venus, mais joue le r&#244;le d'accusateur public.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article L622-1 du Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile (Ces&#233;da).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article L622-4 du Ces&#233;da.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour &#233;viter les forces de l'ordre, de nombreux migrants se sont mis en p&#233;ril, en cheminant sur des barres rocheuses, sur l'autoroute, la voie ferr&#233;e... Il y a eu des morts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le train-train de la justice industrielle au TGI de Lyon</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-train-train-de-la-justice-879</link>
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		<dc:date>2013-03-26T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>prison</dc:subject>
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&lt;p&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue. &#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur. Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; du march&#233; clandestin du centre ville, surnomm&#233;e &#171; la place &#187;, Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aid&#233;e par les cam&#233;ras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre &#224; d&#233;noncer leur vendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de leur interpellation, le 23 janvier 2013, les deux comp&#232;res passent en comparution imm&#233;diate.Ils reconnaissent les faits, soit treize &#224; quatorze cartouches &#233;coul&#233;es chaque jour. Achet&#233;es trente euros l'unit&#233;, elles sont stock&#233;es chez des commer&#231;ants du quartier ou dans la voiture de Yacine avant d'&#234;tre revendues entre trente-cinq et quarante euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier est s&#233;par&#233; de sa femme et vit avec les 760 euros de son allocation Adulte handicap&#233;. Quant &#224; Rachid, qui dit au juge ne pas savoir qu'il est interdit de vendre du tabac dans la rue, il travaille parfois en int&#233;rim dans le b&#226;timent ou la restauration. Il dort chez des amis, souvent &#224; l'h&#244;tel et pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt; C'est pour &#231;a que je vends des cigarettes, le logement co&#251;te tr&#232;s cher.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur affirme que le plus &#226;g&#233; des deux est l'organisateur du trafic puisqu'il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; poursuivi pour des faits similaires. Il requiert six mois de prison avec sursis pour Rachid et une peine qui &#171; &lt;i&gt;ne devra pas &#234;tre inf&#233;rieure &#224; douze mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t&lt;/i&gt; &#187;pour son ami.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH330/p07-ll_chro_jud-aa000.jpg?1768657319' width='400' height='330' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Leur avocat explique que le tabac est devenu un produit de luxe et que lui-m&#234;me, lorsqu'il part &#224; l'&#233;tranger, se fait syst&#233;matiquement harceler par ses amis pour qu'il leur ram&#232;ne des clopes. &#171; &lt;i&gt;Lorsque l'on habite &#224; proximit&#233; d'une fronti&#232;re, on la traverse pour acheter des cigarettes : &#224; Lyon on va &#224; &#8220;la place&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il avant de faire remarquer que les douanes ne se sont pas manifest&#233;es, preuve s'il en est qu'il s'agit bien d'un trafic d&#233;risoire. Il plaide pour une sanction du type jour-amende et rappelle que &#171; &lt;i&gt;le gouvernement a r&#233;cemment encourag&#233; les magistrats &#224; ne pas surcharger les prisons&lt;/i&gt;. &#187;
Le tribunal en d&#233;cide autrement. Rachid prend six mois de prison avec sursis et Yacine est envoy&#233; en prison pour une dur&#233;e similaire.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La menace de la prison et le travail gratuit comme rem&#232;de &#224; la mis&#232;re.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ginette a 62 ans. Elle habite Givors, petite ville industrielle sinistr&#233;e, &#224; 25 km au sud de Lyon. Apr&#232;s 24 heures de garde &#224; vue, elle passe en comparution imm&#233;diate, en ce 23 janvier 2013. Elle est accus&#233;e d'avoir retir&#233; 100 euros avec sa carte bleue puis de l'avoir d&#233;clar&#233;e vol&#233;e. Elle vit seule, touche 777 euros de retraite et doit payer 300 euros par mois d'indemnit&#233; judiciaire pour une pr&#233;c&#233;dente affaire. Elle fait le m&#233;nage dans les &#233;coles et les cantines aux aurores, en int&#233;rim. Ses enfants sont grands, elle ne les voit plus. Elle parle parfois au t&#233;l&#233;phone avec sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 d&#233;cembre, elle ach&#232;te deux paires de chaussons et un peu de nourriture avec les 100 euros qu'elle a retir&#233;s au distributeur automatique. Devant un tel gaspillage, un ami la r&#233;primande s&#233;v&#232;rement. Pour ne pas perdre sa consid&#233;ration, elle lui raconte qu'elle s'est fait voler sa carte bleue et va aussit&#244;t au commissariat d&#233;poser une plainte. La cam&#233;ra de surveillance du distributeur automatique la d&#233;noncera.
Le tribunal la condamne &#224; un mois de prison avec sursis et &#224; quarante-huit heures de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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