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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'horloge de l'Apocalypse nucl&#233;aire</title>
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		<dc:creator>Georges Broussaille</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Nous ne sommes plus qu'&#224; 3 minutes de la fin du monde. Ce n'est pas un d&#233;lire de mill&#233;nariste allum&#233;, une proph&#233;tie inca, ou autre baliverne, c'est l'avis du tr&#232;s s&#233;rieux Bulletin of the Atomic Scientists de l'universit&#233; de Chicago. Depuis 1947, il &#233;value, sous la forme d'une horloge, les dangers bien r&#233;els qui menacent l'existence de l'humanit&#233;, quand sonnent les douze coups de minuit, boom ! tout est fini. Au d&#233;part l'horloge de l'Apocalypse repr&#233;sentait uniquement le risque de guerre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/the-Atomic" rel="tag"&gt;the Atomic&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous ne sommes plus qu'&#224; 3 minutes de la fin du monde. Ce n'est pas un d&#233;lire de mill&#233;nariste allum&#233;, une proph&#233;tie inca, ou autre baliverne, c'est l'avis du tr&#232;s s&#233;rieux &lt;i&gt;Bulletin of the Atomic Scientists&lt;/i&gt; de l'universit&#233; de Chicago. Depuis 1947, il &#233;value, sous la forme d'une horloge, les dangers bien r&#233;els qui menacent l'existence de l'humanit&#233;, quand sonnent les douze coups de minuit, boom ! tout est fini. Au d&#233;part l'horloge de l'Apocalypse repr&#233;sentait uniquement le risque de guerre nucl&#233;aire mondiale, en 2007 elle a int&#233;gr&#233; au compte &#224; rebours les menaces &#233;cologiques et technologiques. Elle est mise &#224; jour selon l'air du temps ; en 2015, il est f&#233;tide : &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;chauffement climatique incontr&#244;l&#233; et la course aux armes nucl&#233;aires, r&#233;sultant de la modernisation des &#233;normes arsenaux, repr&#233;sentent des menaces extraordinaires et ind&#233;niables &#224; la survie de l'humanit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois minutes, cela lui laisse &#224; peine le temps de boire un verre cul sec et de tirer quelques taffes de la cigarette du condamn&#233;. En 1991, l'horloge de l'Apocalypse indiquait 17&#8200;minutes, assez pour s'en boire plusieurs et m&#234;me fumer un joint. L'euphorie de la fin de la Guerre froide, l'arr&#234;t de la course aux armements et la diminution du nombre d'armes nucl&#233;aires faisaient reculer le spectre de l'an&#233;antissement. Aujourd'hui les m&#233;dias parlent d'une nouvelle guerre froide entre les &#233;tats-Unis et la Russie. Que s'est-il pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de se reposer sur les lauriers de la victoire sur l'URSS, les USA se sont auto-proclam&#233;s gendarmes du monde. L'OTAN a absorb&#233; les anciens pays du Pacte de Varsovie, malgr&#233; la promesse faite &#224; Gorbatchev par Bush p&#232;re, en &#233;change de son acceptation de la r&#233;unification allemande. Sa boulimie d'extension ne s'en contente pas, l'alliance occidentale courtise aussi les anciennes r&#233;publiques socialistes de G&#233;orgie, de Moldavie et d'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, Washington se retirait du trait&#233; ABM (Anti-Ballistic Missile) pour cr&#233;er un syst&#232;me d'interception de missiles intercontinentaux, rendant ainsi inutile l'arsenal nucl&#233;aire de l'adversaire, car on peut l'atomiser sans craindre une riposte. Une menace prise tr&#232;s au s&#233;rieux par Moscou, d'autant que le Pentagone projette d'installer son bouclier antimissile en Pologne, Roumanie, Turquie. Mais promis jur&#233;, crach&#233;, il n'est absolument pas tourn&#233; contre la Russie, il s'agit de prot&#233;ger l'Europe d'une hypoth&#233;tique attaque de chim&#233;riques missiles &#224; ogives nucl&#233;aires iraniens.
Seulement, la Russie de Poutine n'est plus celle d'Eltsine, l'&#233;conomie s'est redress&#233;e, le niveau de vie a augment&#233;, les caisses de l'&#201;tat sont bien garnies, ce qui permet de moderniser l'arm&#233;e et l'arsenal nucl&#233;aire. Aujourd'hui le Kremlin a les moyens et la volont&#233; de dire &lt;i&gt;niet&lt;/i&gt; &#224; la Maison Blanche. L'Ukraine fait les frais de ce regain d'animosit&#233;, elle est le th&#233;&#226;tre d'une guerre par procuration entre les deux puissances nucl&#233;aires, avec le risque d'escalade jusqu'&#224; l'irr&#233;parable. La Der des ders, pour de vrai celle-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7&#8200;f&#233;vrier, le pessimisme suintait de la 51e&#8200;Conf&#233;rence sur la s&#233;curit&#233;, un pince-fesses r&#233;unissant chaque ann&#233;e &#224; Munich le gratin de la diplomatie internationale. On pouvait y croiser Igor Ivanov, ancien ministre des Affaires &#233;trang&#232;res russe. Interrog&#233; par le site &lt;i&gt;Spiegel Online&lt;/i&gt; (Markus Becker, 13/02/2015), il donnait la m&#233;t&#233;o du jour : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui la menace de guerre est plus &#233;lev&#233;e que durant la Guerre froide.&lt;/i&gt; &#187; Les choses en sont &#224; un tel point qu'une simple &#233;tincelle peut d&#233;clencher la java des bombes atomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, le tir d'une fus&#233;e scientifique &#224; partir du nord de la Norv&#232;ge fit croire au Kremlin &#224; une possible attaque nucl&#233;aire. Le locataire de l'&#233;poque activa les cl&#233;s de lancement, il avait moins de 10 minutes pour prendre une d&#233;cision. Cette ann&#233;e-l&#224;, l'euphorie commen&#231;ait &#224; retomber, mais l'horloge de l'Apocalypse marquait encore 14&#8200;minutes avant minuit. Eltsine n'appuya pas sur le bouton. Dix ans plus tard, qu'en serait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Ivanov, nous pouvons nous faire du mouron : &#171; &lt;i&gt;5 ou 6 minutes peuvent &#234;tre assez si la confiance existe, quand les canaux de communications existent et que vous pouvez les activer imm&#233;diatement.&lt;/i&gt; &#187; Quand ce n'est plus le cas, tic, tac, tic&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-vue-du-ciel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre vue du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rumeurs de Guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Guerres-Bilans-macabres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerres : Bilans macabres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeremy Scahill : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jeremy-Scahill%E2%80%88-Pietiner-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#233;tiner la propagande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/BHL-En-Libye-J-ai-interet-a-ne-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BHL : En Libye&lt;/a&gt;, &#171; J'ai int&#233;r&#234;t &#224; ne pas m'&#234;tre tromp&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-tout-contre-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre tout contre nous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le cul des autres</title>
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		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sandrine et H&#233;l&#233;na grappillent toutes les deux le Revenu de solidarit&#233; active (RSA). Sandrine a un enfant de huit ans, vit en couple et travaille quelques heures par jour dans le &#171; service &#224; la personne &#187;. Toute la journ&#233;e, elle court entre la maison, les courses, le m&#233;nage, la bouffe, l'&#233;cole et les personnes &#226;g&#233;es qu'elle lave, fait manger et &#233;coute se plaindre. Elle bosse deux heures par jour, quarante-cinq minutes le matin, quarante-cinq minutes le midi, et une demi-heure le soir. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quarante-cinq-minutes" rel="tag"&gt;quarante-cinq minutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quarante-cinq" rel="tag"&gt;quarante-cinq&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sandrine et H&#233;l&#233;na grappillent toutes les deux le Revenu de solidarit&#233; active (RSA). Sandrine a un enfant de huit ans, vit en couple et travaille quelques heures par jour dans le &#171; service &#224; la personne &#187;. Toute la journ&#233;e, elle court entre la maison, les courses, le m&#233;nage, la bouffe, l'&#233;cole et les personnes &#226;g&#233;es qu'elle lave, fait manger et &#233;coute se plaindre. Elle bosse deux heures par jour, quarante-cinq minutes le matin, quarante-cinq minutes le midi, et une demi-heure le soir. &#201;videmment, avec les temps de trajet, ce boulot n'est absolument pas rentable, puisqu'elle passe deux heures sur vingt-quatre dans sa voiture&#8230; soit autant qu'au boulot ! Sans compter qu'elle se casse le dos et se coltine souvent des cas assez lourds, comme M. D., qui pisse partout et se&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH399/98tanxxx-59fea.png?1768652476' width='400' height='399' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;comporte comme un gros d&#233;gueulasse. Elle le supporte pourtant tous les matins, du lundi au dimanche compris. Au total, elle travaille environ quarante-cinq heures par mois, ce qui l'aide vaguement &#224; mettre du beurre dans les coquillettes. Mais il para&#238;t qu'elle a plut&#244;t de la chance, car elle n'est pas seule, m&#234;me si son mari ne fait pas grand-chose &#224; la maison et que le gamin est suffisamment grand pour &lt;i&gt;&#171; se garder tout seul &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est pas le cas d'H&#233;l&#233;na, qui a une enfant de deux ans et qui est &#171; parent isol&#233; &#187;, comme on dit. Elle s'est toujours demand&#233; pourquoi on appelait cela &#171; parent isol&#233; &#187;, parce que jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; chaque fois qu'elle rencontre quelqu'un qui &#233;l&#232;ve seul ses gamins, c'est une femme. Comme beaucoup d'entre elles, H&#233;l&#233;na essaie de courir apr&#232;s son ex pour toucher une pension alimentaire qui ne vient jamais. Elle re&#231;oit 778 euros de RSA et, en plus, cumule deux petits boulots. Ce n'est pas que &#231;a l'enchante, mais elle s'est sentie oblig&#233;e d'accepter la derni&#232;re proposition qu'on lui a faite, pour ne pas avoir l'air de rechigner &#224; la t&#226;che. Du coup, elle encha&#238;ne des journ&#233;es marathon et mange dans sa voiture, en cinq minutes, en esp&#233;rant que les heures effectu&#233;es ne lui fassent pas baisser les aides qu'elle touche. Ce serait la catastrophe, avec la nounou &#224; payer et le prix de l'essence. Faire garder les mioches, c'est la grande pr&#233;occupation des femmes qui se d&#233;battent avec les minimas, comme on dit, et auxquelles on demande d'accepter des petits boulots mal pay&#233;s pour montrer qu'elles font preuve de bonne volont&#233; dans leur d&#233;marche de &#171; retour &#224; l'emploi &#187;. L'une d'entre elles, l'air morne, me r&#233;sume sa vie ainsi : &lt;i&gt;&#171; Comme boulot, on me propose toujours de m'occuper du cul des vieux&#8230; &#199;a ne me change pas, &#224; la maison, je torche d&#233;j&#224; celui de mon mec et de mon gamin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>22, v'la la presse !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/22-v-la-la-presse</link>
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		<dc:date>2011-05-09T05:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens. Belleville. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Belleville" rel="tag"&gt;Belleville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/marches" rel="tag"&gt;march&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parisien" rel="tag"&gt;Parisien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/janvier" rel="tag"&gt;janvier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brigade" rel="tag"&gt;Brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/minutes" rel="tag"&gt;minutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/janvier-dernier" rel="tag"&gt;janvier dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nouvelle-brigade" rel="tag"&gt;nouvelle brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/BST" rel="tag"&gt;BST&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belleville&lt;/strong&gt;. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, leur arriv&#233;e s'accompagne d'op&#233;rations visant &#224; chasser les plus gueux. En janvier dernier, une nouvelle &#233;tape a &#233;t&#233; franchie avec la cr&#233;ation d'une &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale. D&#233;sormais, la bleusaille, accompagn&#233;e de suppl&#233;tifs municipaux, quadrille le quartier pour mettre fin aux &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne de presse, illustr&#233;e de jolies photos, a escort&#233; l'arriv&#233;e de ces nouveaux k&#233;pis chasse-mis&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Nom de code : BST, pour brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain de Belleville. Le pr&#233;fet de police de Paris a annonc&#233; hier la cr&#233;ation de cette unit&#233; de police et son entr&#233;e en fonction d&#232;s lundi &#187;&lt;/i&gt;, claironnait &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 22 janvier dernier. En f&#233;vrier, ce sont les gratuits &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt; qui bombardent l'&#233;v&#232;nement en une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients de la dimension sociale des march&#233;s de la mis&#232;re, conc&#233;daient les &#233;lus du Xe et du XIe arrondissement dans Le Parisien du 20 janvier. Mais, dans l'imm&#233;diat, notre priorit&#233;, c'est de lib&#233;rer l'espace occup&#233; par le march&#233; sauvage. &#187;&lt;/i&gt; Au journaliste, plus l&#232;che-cul que fouille-merde, de conclure que &lt;i&gt;&#171; la solution viendra peut-&#234;tre de la BST du bas-Belleville que la pr&#233;fecture de police va mettre en place. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 janvier, le jour de la premi&#232;re patrouille, Patrick Bloche, le maire socialiste du XIe arrondissement, soutient dans &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; que les pauvres sont ravis d'&#234;tre expuls&#233;s : &lt;i&gt;&#171; La population de Belleville, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;e, a parfois le sentiment d'&#234;tre d&#233;laiss&#233;e, abandonn&#233;e. La visibilit&#233; de cette brigade sera d&#233;terminante pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie dans le quartier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s la mise en place de la brigade, les journalistes du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; (20/02/11) et de &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; (11/02/11) retournent sur le terrain. Tout en flagornerie, le quotidien du groupe Amaury tresse des colliers de fleurs &#224; la gent polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; La nouvelle brigade [&#8230;] &#233;tait en effet tr&#232;s attendue par les habitants&lt;/i&gt; [Ha ?] &lt;i&gt;et les &#233;lus des environs du carrefour Belleville. &#187;&lt;/i&gt; Les deux journaux citent les m&#234;mes propos du pr&#233;fet, pour qui ses troupes doivent &lt;i&gt;&#171; &#233;tablir un contact plus affirm&#233; avec la population. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, le brave homme semble un peu honteux : &lt;i&gt;&#171; Notre but n'est pas de devenir une brigade anti-vente &#224; la sauvette &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il, tout en soulignant que &lt;i&gt;&#171; ce sera bien &#233;videmment une de nos priorit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop occup&#233; &#224; avaler les couleuvres pr&#233;fectorales, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; peine &#224; percevoir l'efficacit&#233; toute relative de la pr&#233;sence polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; &#192; la sortie du m&#233;tro, les hommes de la BST pressent les derniers vendeurs de partir. Menace de contr&#244;les, &#233;clats de voix, cohue et confusion&#8230; L'ambiance est &#233;lectrique, mais le carrefour Belleville finira par s'&#233;claircir. Le march&#233; de la mis&#232;re se reformera quelques minutes plus tard un peu plus loin. &#8220;C'est vrai que &#231;a ne fait que d&#233;placer les probl&#232;mes. Mais au moins&#8230; plus devant chez nous&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, commente un riverain satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son confr&#232;re sert la soupe, &lt;i&gt;20 Minute&lt;/i&gt;s se veut l&#233;g&#232;rement plus ironique : &lt;i&gt;&#171; Les Bellevillois n'avaient jamais vu autant de bleu dans la rue &#187;&lt;/i&gt;, note-t-il, n'h&#233;sitant pas &#224; &#233;crire que cette nouvelle brigade&lt;i&gt; &#171; se veut plus muscl&#233;e &#187;&lt;/i&gt; que l'Unit&#233; territoriale de quartier (Uteq) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Au d&#233;tour d'un verbe, le quotidien gratuit doute m&#234;me de la performance du dispositif : &lt;i&gt;&#171; Des rondes quotidiennes cens&#233;es affirmer une pr&#233;sence polici&#232;re forte, endiguer le ph&#233;nom&#232;ne des march&#233;s &#224; la sauvette et lutter contre les trafics. &#187;&lt;/i&gt; Et m&#234;me s'il ne peut s'emp&#234;cher de conclure sur une agression de policiers &#224; Asni&#232;res-Gennevilliers &#8211; qui subit la m&#234;me exp&#233;rience &#8211;, le quotidien donne aussi la parole aux biffins et &#224; une habitante les soutenant, ce que son coll&#232;gue payant se garde bien de faire. Alors, &#224; quoi bon payer pour cette presse-l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le v&#233;ritable visage de la tumeur</title>
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&lt;p&gt;LE HANGAR dans lequel on bosse est ouvert &#224; tous les vents, il y r&#232;gne un froid terrible et nous pataugeons dans les produits chimiques. Il para&#238;t que c'est sans risques,mais l'usine est tout de m&#234;me class&#233;e Seveso. Depuis une semaine, je suis derri&#232;re cette &#171; ligne &#187;, puisqu'on ne dit plus &#171; cha&#238;ne &#187;, qu'on n'est plus des ouvriers, qu'ils n'existent plus. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la hi&#233;rarchie, qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme &#231;a. Tout ce que je connais d'elle, c'est la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/froid-terrible" rel="tag"&gt;froid terrible&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE HANGAR dans lequel on bosse est ouvert &#224; tous les vents, il y r&#232;gne un froid terrible et nous pataugeons dans les produits chimiques. Il para&#238;t que c'est sans risques,mais l'usine est tout de m&#234;me class&#233;e Seveso. Depuis une semaine, je suis derri&#232;re cette &lt;i&gt;&#171; ligne &#187;&lt;/i&gt;, puisqu'on ne dit plus &lt;i&gt;&#171; cha&#238;ne &#187;&lt;/i&gt;, qu'on n'est plus des ouvriers, qu'ils n'existent plus. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la hi&#233;rarchie, qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme &#231;a. Tout ce que je connais d'elle, c'est la grosse voiture aux vitres noires que j'aper&#231;ois parfois &#224; l'heure de la pause-d&#233;jeuner. Je ne l'ai jamais vue t&#244;t le matin, quand je cours pour &#234;tre &#224; mon poste avant la sonnerie. Parce qu'ils ont remis les sonneries, &#224; cause de nous, incapables que nous &#233;tions&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L359xH357/77tanxxx-2874c.jpg?1768649328' width='359' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d'&#234;tre &#224; la minute pr&#232;s devant notre poste. Maintenant, &#231;a sonne quand on arrive, une premi&#232;re fois pour nous dire qu'il faut courir, puis une deuxi&#232;me fois pour nous dire que la ligne va se mettre en marche. Et il vaut mieux &#234;tre l&#224; quand le tapis se remet &#224; d&#233;rouler, sinon les bouteilles d'engrais reprennent leur danse sans nous,avant de s'&#233;crouler sur le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon boulot n'est pas compliqu&#233; selon le gars qui m'a accueillie : &lt;i&gt;&#171; Tout ce que t'as &#224; faire, c'est d'visser, tu vas y arriver ? &#187;&lt;/i&gt;. J'ai dit &lt;i&gt;&#171; Oui &#187;&lt;/i&gt;, et j'ai viss&#233;, viss&#233;, et viss&#233; pendant des heures, de gros bouchons jaunes sur de petites bouteilles d'engrais vertes. Compliqu&#233;, non, mais &#231;a fait tr&#232;s mal au dos et au pouce. Avant l'&#233;tape visseuse, il y a cette fille qui remplit les bidons. Habitu&#233;e de la ligne, elle m'a conseill&#233; de la mettre en veilleuse, parce que &lt;i&gt;&#171; l'atelier des cires, l&#224;-bas, il est bien pire &#187;&lt;/i&gt;. Donc je sais que si je d&#233;conne, ils vont m'y coller et que &#231;a va &#234;tre ignoble. Alors je visse et j'emballe. Je construis les cartons qui seront envoy&#233;s au magasin. J'ai un mec pour m'aider, mais il se partage entre plusieurs lignes, alors il faut anticiper,parce que la cha&#238;ne ne doit jamais s'arr&#234;ter. Jamais. Il faut aussi trier &lt;i&gt;&#171; nos &#187;&lt;/i&gt; d&#233;chets, nettoyer &lt;i&gt;&#171; notre &#187;&lt;/i&gt; poste, compter &lt;i&gt;&#171; nos &#187;&lt;/i&gt; produits pass&#233;s, par heure, par jour, et tout noter. Entre midi et treize heures, je rentre chez moi, je n'habite pas trop loin. J'ai de la chance, la fille qui remplit les bidons mange dans sa voiture, elle. Je ne sais pas comment elle tient le coup, j'ai tellement de mal &#224; me r&#233;chauffer, qu'en rentrant, je mange coll&#233;e contre le radiateur, les l&#232;vres bleuies par le froid. Quarante minutes pour retrouver un visage humain, quarante minutes avant d'y retourner, quarante minutes avant de passer en courant devant la limousine du patron. En fin de journ&#233;e, une femme viendra demander &#224; notre petit chef la permission de s'absenter une matin&#233;e, pour un examen m&#233;dical. Il lui dira non. Elle lui expliquera qu'elle est en suivi cancer. Il ne voudra rien savoir, parce que c'est impossible de ne pas se pr&#233;senter au travail une matin&#233;e lorsqu'on est int&#233;rimaire. Il ajoutera cyniquement que s'il &#233;tait &#224; sa place, il ne ferait pas passer son travail avant sa sant&#233;. La femme &#233;l&#232;ve seule ses trois gosses, et comme nous tous, elle est renouvel&#233;e toutes les semaines. Un &#233;cart et elle ne rempilerait pas. Elle choisira le boulot, et moi, en rentrant chez moi, rompue et gel&#233;e, je me demanderai quel est le v&#233;ritable visage de la tumeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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