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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Il faut repolitiser les conflits africains &#187;</title>
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		<dc:date>2015-05-06T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'action humanitaire depuis les ann&#233;es 1970 coupl&#233; aux &#171; guerres justes &#187; contre le terrorisme a gomm&#233; la dimension politique des conflits arm&#233;s en Afrique.&#8200;Marielle Debos, chercheuse en science politique, nous &#233;claire sur la n&#233;cessit&#233; de renouer avec une pens&#233;e du politique. CQFD : Quel sens donnez-vous aux conflits qui ont &#233;clat&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es en Afrique ? Marielle Debos : Les discours dominants tendent &#224; les d&#233;politiser. Ces conflits sont trait&#233;s soit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boko-Haram" rel="tag"&gt;Boko Haram&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tchad" rel="tag"&gt;Tchad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Haram" rel="tag"&gt;Haram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'action humanitaire depuis les ann&#233;es 1970 coupl&#233; aux &#171; guerres justes &#187; contre le terrorisme a gomm&#233; la dimension politique des conflits arm&#233;s en Afrique.&#8200;Marielle Debos, chercheuse en science politique, nous &#233;claire sur la n&#233;cessit&#233; de renouer avec une pens&#233;e du politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH397/pxx-plonk-guerres-d_amazonie-697d2.jpg?1782967944' width='500' height='397' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel sens donnez-vous aux conflits qui ont &#233;clat&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es en Afrique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marielle Debos : &lt;/strong&gt; Les discours dominants tendent &#224; les d&#233;politiser. Ces conflits sont trait&#233;s soit comme des questions s&#233;curitaires&#8200;&#8211;&#8200;&#171; il faut s'y int&#233;resser parce qu'ils repr&#233;sentent une menace au-del&#224; du continent africain &#187; &#8211;, soit comme des questions humanitaires &#8211; &#171; il faut s'y int&#233;resser parce qu'il faut aller sauver les Africains &#187; &#8211;, beaucoup plus rarement comme des questions politiques. Or, si l'on veut cr&#233;er les conditions d'une solidarit&#233; internationale qui ne fonctionne pas uniquement sur le mode de la charit&#233;, il faut rendre ces conflits lisibles et restituer leur dimension politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre article &#171; Milices et sous-traitance de l'(in)s&#233;curit&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelles guerres, La D&#233;couverte, 2014.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; vous soulignez les dangers des grilles de lecture exclusivement ethniques ou religieuses. Quelle place faites-vous aux questions identitaires dans votre analyse ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les conflits africains &#233;taient d'embl&#233;e &#233;tiquet&#233;s &#171; ethniques &#187;. Aujourd'hui, la violence est pr&#233;sent&#233;e comme un probl&#232;me avant tout religieux. Par exemple, les affrontements qui ont &#233;clat&#233; en Centrafrique en 2013 ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;s comme inter-religieux, alors m&#234;me que les lignes de clivage entre les forces politiques et les groupes arm&#233;s &#233;taient plus complexes qu'une simple opposition entre chr&#233;tiens et musulmans. Cette vision du conflit r&#233;ifie les identit&#233;s et n&#233;glige le r&#244;le des entrepreneurs politiques qui jouent la carte de la religion : les rebelles de la S&#233;l&#233;ka, les milices dites anti-balaka, mais aussi, avant eux, l'ancien pr&#233;sident Fran&#231;ois Boziz&#233;. La religion est un registre de la mobilisation politique, mais elle n'est pas la cause du conflit&#8200;&#8211; encore moins sa cause unique. Expliquer le conflit par la religion revient &#224; le d&#233;politiser : la focalisation sur les questions identitaires cr&#233;e un &#233;cran de fum&#233;e sur les ressorts &#233;conomiques et politiques de la violence. La Centrafrique est l'un des pays les plus pauvres du monde en d&#233;pit de l'exploitation des diamants, les ressources sont concentr&#233;es dans la capitale laissant les zones rurales dans des conditions d'extr&#234;me aust&#233;rit&#233;. Les services publics, qui n'ont jamais bien fonctionn&#233;, ont &#233;t&#233; affaiblis par les programmes d'ajustement structurel impos&#233;s par les institutions financi&#232;res internationales. Ces &#233;l&#233;ments sont cruciaux si l'on veut comprendre la violence politique qui a marqu&#233; l'histoire du pays et le conflit extr&#234;mement violent qui a &#233;clat&#233; en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la religion ne peut &#224; elle seule tenir lieu d'explication, comment faut-il appr&#233;hender le d&#233;veloppement des groupes djihadistes comme Boko Haram au Nigeria ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boko Haram a un discours djihadiste. Sa communication s'inspire de celle de l'&#201;tat islamique m&#234;me si les deux groupes se sont d&#233;velopp&#233;s dans des situations tr&#232;s diff&#233;rentes. La radicalisation religieuse n'est cependant pas un processus qui se d&#233;roulerait uniquement sur le plan de la religion ou des id&#233;es. Pour comprendre comment des gens finissent par s'enr&#244;ler (ou par &#234;tre enr&#244;l&#233;s) dans de tels groupes, il faut prendre en compte leurs trajectoires sociales et le poids des contextes. S'int&#233;resser &#224; l'histoire des gens ordinaires qui &#224; un moment de leur vie s'engagent dans des groupes violents permet une compr&#233;hension plus fine de la dynamique de ces groupes que la seule hypoth&#232;se d'une adh&#233;sion &#171; id&#233;ologique &#187; au &#171; projet djihadiste. &#187; On a besoin d'analyses qui consid&#232;rent la religion comme un fait social comme un autre et qui prennent en compte les processus multiples qui participent de la cr&#233;ation et du d&#233;veloppement des groupes arm&#233;s. Dans le cas du Nigeria, il faut notamment r&#233;fl&#233;chir &#224; la position des populations qui se retrouvent prises au pi&#232;ge entre la violence de Boko Haram et celle de la contre-insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre ouvrage, &lt;i&gt;Le m&#233;tier des armes au Tchad&lt;/i&gt; (Karthala, 2013), vous montrez que l'arm&#233;e tchadienne a un fonctionnement milicianis&#233; et qu'elle est connue au Tchad pour ses pratiques ill&#233;gales et violentes. Pourtant, elle ne cesse d'&#234;tre salu&#233;e par les politiques et les m&#233;dias occidentaux pour son efficacit&#233; au Mali et plus r&#233;cemment au Nig&#233;ria. &#192; quoi ressemble cette arm&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a effectivement un d&#233;calage entre les discours tr&#232;s positifs tenus sur l'arm&#233;e tchadienne &#224; l'ext&#233;rieur du pays et l'exp&#233;rience v&#233;cue par les civils. Au Tchad, l'arm&#233;e n'a pas bonne r&#233;putation. Elle est gouvern&#233;e par l'impunit&#233; : les exactions des officiers les plus puissants ne sont jamais sanctionn&#233;es. Il ne s'agit pas d'un simple dysfonctionnement mais plut&#244;t d'un mode de gouvernement : octroyer l'impunit&#233; &#224; certains individus est un moyen de remercier les affid&#233;s et de freiner les vell&#233;it&#233;s de r&#233;volte des autres. L'impunit&#233; et les ill&#233;galismes d'&#233;tat participent du contr&#244;le de la population. On parle beaucoup des actions des militaires tchadiens au Mali (ils se sont battus aux c&#244;t&#233;s des militaires fran&#231;ais dans le cadre de l'op&#233;ration Serval) et dans le bassin du lac Tchad o&#249; ils affrontent Boko Haram. Mais on parle moins du r&#244;le de la m&#234;me arm&#233;e en Centrafrique : en avril 2014, les soldats tchadiens ont d&#251; se retirer du pays apr&#232;s avoir &#233;t&#233; accus&#233;s par l'ONU d'avoir tir&#233; sur des civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous &#234;tes int&#233;ress&#233;e au lien entre justification humanitaire et ing&#233;rence occidentale. Vous mettez en cause la rh&#233;torique de la &#171; stabilit&#233; &#187;. D'o&#249; vient cette rh&#233;torique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le cas du Tchad. Le pays est consid&#233;r&#233; depuis quelques ann&#233;es comme un &#201;tat stable amen&#233; &#224; jouer un r&#244;le stabilisateur dans la r&#233;gion. Or, on peut douter du degr&#233; de &#171; stabilit&#233; &#187; d'un r&#233;gime qui &#233;tait sur le point d'&#234;tre renvers&#233; il y a seulement sept ans et dont la gestion des revenus p&#233;troliers a surtout permis d'enrichir une nouvelle classe d'entrepreneurs et d'alimenter les m&#233;contentements. Parier sur son r&#244;le stabilisateur dans la r&#233;gion, c'est ensuite oublier un peu rapidement son r&#244;le dans la d&#233;stabilisation de son voisin centrafricain. Ce qui a permis au Tchad d'obtenir aussi rapidement ce nouveau statut d'&#201;tat stable, ce sont moins les r&#233;alit&#233;s politiques et sociales du pays que le contexte de la &#171; guerre contre le terrorisme &#187;&#8200;&#8211;&#8200;une expression invent&#233;e par l'administration Bush et que Fran&#231;ois Hollande a utilis&#233;e &#224; propos de l'intervention arm&#233;e au Mali. Le pr&#233;sident tchadien, Idriss D&#233;by, a bien compris ce qu'il avait &#224; gagner de ce nouveau r&#244;le d'alli&#233;, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Hiss&#232;ne Habr&#233; avait su tirer les b&#233;n&#233;fices de sa position anti-libyenne au temps de la Guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi l'interventionnisme occidental en Afrique peut provoquer l'aggravation des violences existantes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut faire de g&#233;n&#233;ralit&#233;s : ces interventions ne se d&#233;roulent pas toutes dans les m&#234;mes contextes politiques, n'ont pas toutes les m&#234;me cadres juridiques, ni les m&#234;mes effets sur le terrain. Mais elles peuvent effectivement avoir des effets d&#233;sastreux. On a atteint des sommets d'aventurisme en 2011 avec l'intervention arm&#233;e en Libye, quand Nicolas Sarkozy a mobilis&#233; une coalition internationale pour acc&#233;l&#233;rer la chute de Kadhafi&#8200;&#8211;&#8200;quatre ann&#233;es apr&#232;s avoir re&#231;u le m&#234;me Kadhafi avec faste &#224; Paris. Cette intervention a des cons&#233;quences lourdes en Libye mais aussi dans le Sahara et le Sahel : la Libye est en guerre et cette situation a profit&#233; aux groupes arm&#233;s djihadistes de la r&#233;gion. Et la r&#233;ponse &#224; la prolif&#233;ration de ces groupes est &#224; nouveau militaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-vue-du-ciel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre vue du ciel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rumeurs de Guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Guerres-Bilans-macabres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerres : Bilans macabres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeremy Scahill : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jeremy-Scahill%E2%80%88-Pietiner-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#233;tiner la propagande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/BHL-En-Libye-J-ai-interet-a-ne-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BHL : En Libye&lt;/a&gt;, &#171; J'ai int&#233;r&#234;t &#224; ne pas m'&#234;tre tromp&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-guerre-tout-contre-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre tout contre nous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horloge de l'&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-horloge-de-l-Apocalypse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apocalypse nucl&#233;aire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/American-Sniper-Kill-them-all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;American Sniper&lt;/a&gt; : Kill them all&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Des-chiffres-et-des-guerres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chiffres&lt;/a&gt; et des guerres&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nouvelles guerres&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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