<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=9768&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Tunis, le printemps est l&#224;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-Tunis-le-printemps-est-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-Tunis-le-printemps-est-la</guid>
		<dc:date>2015-05-13T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandrine Lana</dc:creator>


		<dc:subject>Tawfiq Omrane</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sertent l'&#233;v&#233;nement</dc:subject>
		<dc:subject>tunisois craignaient</dc:subject>
		<dc:subject>attentat meurtrier</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>Occidentaux</dc:subject>
		<dc:subject>Tawfiq Omrane</dc:subject>
		<dc:subject>souffert d'un</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tunis, c'est fini. &#187; Eh bien non, Lib&#233; (18/03) s'est tromp&#233;. Tunis est vivante. Vivante et chaotique. Les avenues bruissent au rythme des taxis jaunes et de la foule d'&#233;trangers venue des quatre coins du monde pour assister au Forum social mondial (FSM). Les tunisois craignaient que les Occidentaux ne d&#233;sertent l'&#233;v&#233;nement, une semaine apr&#232;s que le mus&#233;e du Bardo a souffert d'un attentat meurtrier. Mais la vie ne s'est pas arr&#234;t&#233;e. &#171; Quatre ans apr&#232;s la r&#233;volution, on en a vu de toutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tawfiq-Omrane" rel="tag"&gt;Tawfiq Omrane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desertent-l-evenement" rel="tag"&gt;d&#233;sertent l'&#233;v&#233;nement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tunisois-craignaient" rel="tag"&gt;tunisois craignaient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/attentat-meurtrier" rel="tag"&gt;attentat meurtrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberte-d-expression" rel="tag"&gt;libert&#233; d'expression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Occidentaux" rel="tag"&gt;Occidentaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tawfiq-Omrane-9771" rel="tag"&gt;Tawfiq Omrane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/souffert-d-un" rel="tag"&gt;souffert d'un&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tunis, c'est fini.&lt;/i&gt; &#187; Eh bien non, &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; (18/03) s'est tromp&#233;. Tunis est vivante. Vivante et chaotique. Les avenues bruissent au rythme des taxis jaunes et de la foule d'&#233;trangers venue des quatre coins du monde pour assister au Forum social mondial (FSM).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les tunisois craignaient que les Occidentaux ne d&#233;sertent l'&#233;v&#233;nement, une semaine apr&#232;s que le mus&#233;e du Bardo a souffert d'un attentat meurtrier. Mais la vie ne s'est pas arr&#234;t&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Quatre ans apr&#232;s la r&#233;volution, on en a vu de toutes les couleurs et ce n'est pas cet attentat qui va nous abattre.&lt;/i&gt; &#187; Pour Tawfiq Omrane, &#233;diteur et caricaturiste tunisien &#8211; qui s&#233;vit dans ces pages &#8211; comme pour la majorit&#233; de la population, la r&#233;volution doit porter ses fruits, co&#251;te que co&#251;te. &#192; deux pas de l'avenue Bourguiba, sur la terrasse d'un caf&#233;, il parle avec ferveur de son pays devant un th&#233; &#224; la menthe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH521/p07_bardo-150b7.png?1782718721' width='400' height='521' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tawfiq Omrane.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chute de Ben Ali en janvier 2011 lui a permis de reprendre les crayons. &#171; &lt;i&gt; Notre grande victoire, c'est la libert&#233; d'expression. Avant, les rues &#233;taient plus propres, plus s&#251;res, mais c'&#233;tait la dictature. Maintenant, on vit dans l'absent&#233;isme de l'&#201;tat et il faut en payer le prix : le terrorisme qui, bien entendu, a de nombreuses causes.&lt;/i&gt; &#187; La libert&#233; d'expression retrouv&#233;e n'est pas la priorit&#233; des plus d&#233;munis &#224; Tunis. Deux heures avant la r&#233;ouverture officielle du mus&#233;e du Bardo, un ancien flic tentait de sauter du haut d'un b&#226;timent face au mus&#233;e, tandis que d'autres manifestaient pour d&#233;noncer leur licenciement. Depuis 2011, un grand nettoyage a &#233;t&#233; fait parmi eux. Et ces ex-policiers sont une client&#232;le de choix pour les antennes de l'&#201;tat islamique, qui gonflent leurs rangs de ces professionnels en contrepartie d'un salaire mettant les familles &#224; l'abri du besoin (on parle de 5 000 euros/mois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tawfiq pointe &#233;galement la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution vol&#233;e&lt;/i&gt; &#187; aux jeunes. &#171; I&lt;i&gt;ci, on l'appelle la r&#233;volution des pieds nus car c'est la r&#233;volution des pauvres. La chute de Ben Ali nous a offert la libert&#233; d'expression, certes, c'est important pour nous intellectuels, cela nous permet de travailler &#224; nouveau. Mais pour les jeunes sans emploi, rien n'a chang&#233;. Et personne ne les repr&#233;sente &#224; l'Assembl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Haikel a 22 ans et est venu de Sfax, dans le Sud, pour parler des populations rurales au Forum. &#171; &lt;i&gt;La r&#233;volution nous a &#233;t&#233; vol&#233;e. Les partis ont impos&#233; une r&#233;cup&#233;ration politique sans programme. Ils cherchaient juste &#224; &#234;tre &#233;lus et n'ont pas su am&#233;liorer le sort de la population. Alors on s'organise au niveau local, c'est de l&#224; que doit venir la solution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs (UDC) confirme le d&#233;calage. &#171; &lt;i&gt;On est 300 000 &#224; &#234;tre dipl&#244;m&#233;s des hautes &#233;coles ou de l'universit&#233; et sans emploi&lt;/i&gt; &#187;, explique Rais Hafed, trente-cinq ans, en possession d'une ma&#238;trise d'histoire, chez ses parents et &#224; la recherche d'un boulot depuis dix ans. &#171; &lt;i&gt; M&#234;me si tu r&#233;ussis aux concours, tu n'auras pas de poste si tu n'es pas le cousin ou le beau-fr&#232;re d'un ponte.&lt;/i&gt; &#187; Tawfiq Omrane confirme. &#171; &lt;i&gt;Dans l'Administration, il y a surpopulation&#8230; Il faut attendre cinq &#224; dix ans pour d&#233;crocher un emploi&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#192; Zaghouan, &#224; 60 km du grand rassemblement mondial, dix-neuf &#171; dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs &#187; sont en gr&#232;ve de la faim depuis dix jours pour le droit au travail. Hafed est malgr&#233; tout optimiste, tout en r&#234;vant de rejoindre l'Europe, et m&#234;me s'il est conscient que la situation s'aggrave de l'autre c&#244;t&#233; de la mer aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mars, le Bardo rouvrait ses portes en pr&#233;sence d'officiels et de journalistes. Dehors, les participants au Forum, tremp&#233;s jusqu'aux os par un orage, terminent symboliquement la marche d'inauguration devant le mus&#233;e meurtri. Les gens sont l&#224; pour d&#233;noncer la surp&#234;che ou les d&#233;rives du micro-cr&#233;dit, apprendre &#224; cr&#233;er une radio pirate, faire parler des peuples sahraoui et palestinien ou de l'annulation de la dette. Ils sont vieux, jeunes, intellos ou adeptes de l' &#171; action directe &#187;. Ils sont catho, musulmans, islamistes, ath&#233;es, juifs&#8230; Peu importe. Vu la proximit&#233; g&#233;ographique et le prix des billets, beaucoup de Fran&#231;ais sont l&#224;, aux c&#244;t&#233;s des Belges, Canadiens, Burkinab&#233;s, Maliens et Tunisiens venus par milliers. Puis, 116 autres nationalit&#233;s et quelque 4 000 associations sont repr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi, &#171; on est tous tunisiens &#187;. Herbert, un Chilien exil&#233;, conclut la boule au ventre : &#171; &lt;i&gt; Il faut aider ces Tunisiens, quoi qu'on fasse, mais il faut les aider.&lt;/i&gt; &#187; Quand on voit cette masse attroup&#233;e, on oscille entre espoir et doute. Mimoun Rehmani, &#233;conomiste et membre de l'organisation, r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;Si vous venez au FSM pour discuter et que rien ne suit, je n'en vois pas l'int&#233;r&#234;t. Si vous &#234;tes l&#224;, marquez votre solidarit&#233; avec des causes qui doivent devenir communes. La solidarit&#233; internationale, c'est aussi se soucier de ces dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs en gr&#232;ve de la faim&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que demande le peuple ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Que-demande-le-peuple</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Que-demande-le-peuple</guid>
		<dc:date>2013-06-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>musulmans</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#232;res musulmans</dc:subject>
		<dc:subject>exploration radicale</dc:subject>
		<dc:subject>salafistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, Le Peuple veut (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions. CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe. Il s'agit d'une analyse (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Benoit-Guillaume" rel="tag"&gt;Benoit Guillaume&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Freres" rel="tag"&gt;Fr&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/musulmans" rel="tag"&gt;musulmans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Freres-musulmans" rel="tag"&gt;Fr&#232;res musulmans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/exploration-radicale" rel="tag"&gt;exploration radicale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salafistes" rel="tag"&gt;salafistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Le Peuple veut&lt;/i&gt; (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; &lt;i&gt;Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une analyse mat&#233;rialiste des rapports sociaux et &#233;conomiques qui ont jou&#233; un r&#244;le dans ces insurrections populaires. En quoi est-elle radicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : Les m&#233;dias ont insist&#233; sur l'aspect le plus imm&#233;diat et le plus visible, ce vers quoi ces soul&#232;vements ont culmin&#233; avec le d&#233;part de Ben Ali et Moubarak, pour finalement l'inscrire dans une perspective d&#233;mocratique, rassurante pour l'Occident. Qualifi&#233; de &#171; printemps arabe &#187;, de &#171; r&#233;volution de jasmin &#187; ou de &#171; r&#233;volution Facebook &#187;, il s'agirait d'un seul &#233;v&#233;nement qui se terminerait par des &#233;lections et o&#249; tout rentrerait dans l'ordre. C'&#233;tait refuser de voir le profond mouvement social qui porte ce processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme. En premier lieu, l'accumulation des tensions sociales a conduit la situation &#224; son point explosif, et s'inscrit dans un contexte &#233;conomique de blocage du d&#233;veloppement, de lib&#233;ralisation des prix, de privatisations, de hausse des prix des denr&#233;es alimentaires, de crise mondiale. Les pays arabes d&#233;tiennent depuis plusieurs d&#233;cennies les records mondiaux de taux de ch&#244;mage. On a vu aussi la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res en Tunisie et en &#201;gypte, qui portaient toutes sur des revendications sociales pour l'emploi, le pain, la justice. Le ras-le-bol des Tunisiens et la fuite de Ben Ali ont produit un formidable effet boule de neige, qui a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une parole nouvelle pour ces pays &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le peuple veut renverser le r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, qui elle-m&#234;me a chang&#233; la donne. Il n'y a pas eu un seul pays arabe qui n'ait pas &#233;t&#233; affect&#233; par cette vague.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH649/p04_dessin_achcar-e6bda.png?1782644062' width='500' height='649' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dressez un portrait de la jeunesse arabe, acteur de premier plan des mobilisations, et la d&#233;crivez comme une jeunesse de dipl&#244;m&#233;s pr&#233;caires qui ma&#238;trisent les derni&#232;res technologies de communication, finalement plus proches des &#171; indign&#233;s &#187; du monde occidental que de leurs compatriotes salafistes. N'y a-t-il pas un clivage social entre les jeunes modernes et les couches populaires plus traditionnalistes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e re&#231;ue et erron&#233;e. Il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; les pauvres salafistes et de l'autre les riches progressistes. Le ch&#244;mage massif touche principalement les jeunes, les femmes &#8211; en g&#233;n&#233;ral et comme cat&#233;gorie de la jeunesse &#8211;, et les dipl&#244;m&#233;s. La proportion de jeunes dipl&#244;m&#233;-e-s au ch&#244;mage est plus &#233;lev&#233;e que dans le reste de la population active. Il faut prendre en compte la d&#233;mocratisation de l'enseignement, qui fait que le taux des dipl&#244;m&#233;s a consid&#233;rablement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es : ce n'est pas un enseignement r&#233;serv&#233; aux nantis. De m&#234;me, les plus pauvres ne sont pas n&#233;cessairement salafistes. Ni Mohamed Bouazizi &#8211; le jeune ch&#244;meur et vendeur ambulant qui s'est immol&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#8211; ni les jeunes de Sidi Bouzi qui se sont r&#233;volt&#233;s n'&#233;taient salafistes. Les salafistes n'ont surgi sur la sc&#232;ne qu'apr&#232;s les mobilisations de masse. Ils n'ont jamais constitu&#233; l'&#226;me du mouvement, ils s'y sont greff&#233;s comme une fraction sectaire tr&#232;s minoritaire et repr&#233;sentent une forme de frustration sociale d&#233;voy&#233;e. En Tunisie, la majorit&#233; des jeunes r&#233;volutionnaires sont souvent militants de base du syndicat UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;gypte, si les formes d'expression religieuse sont plus pr&#233;sentes, cela ne signifie pas pour autant une emprise r&#233;elle des salafistes. Les signes ext&#233;rieurs de religiosit&#233; n'expriment pas forc&#233;ment une conception religieuse de la lutte politique. Le Mouvement de la jeunesse du 6-Avril s'est d'abord constitu&#233; comme jonction entre la jeunesse &#233;tudiante et les ouvriers de El-Mahalla El-Kubra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Fr&#232;res musulmans, loin d'incarner la contestation populaire, constituent une nouvelle classe affairiste, dont le puritanisme est compatible avec le n&#233;olib&#233;ralisme. Comment expliquer que dans certains milieux anti-imp&#233;rialistes, on continue &#224; leur conc&#233;der un blanc-seing malgr&#233; un programme socio-&#233;conomique hostile au changement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces soul&#232;vements, les Fr&#232;res musulmans ont aussi pris le train en marche. En r&#233;alit&#233;, les instances dirigeantes de la confr&#233;rie se sont consid&#233;rablement embourgeois&#233;es : sa direction est aujourd'hui compos&#233;e de richissimes capitalistes comme Khairat Al-Shater ou Hassan Malek. Leur opposition &#224; l'ancien r&#233;gime se pla&#231;ait sur le terrain de la critique du n&#233;potisme qui faussait le jeu du march&#233;, mais pas d'une remise en cause de l'ordre socio-&#233;conomique. Quant au volet anti-imp&#233;rialiste, Morsi a d&#233;montr&#233; qu'il pouvait faire pire que Moubarak en laissant l'arm&#233;e inonder les tunnels qui relient l'&#201;gypte &#224; Gaza, alors m&#234;me que le Hamas au pouvoir &#224; Gaza est une branche de la Confr&#233;rie. Aujourd'hui, les Fr&#232;res musulmans sont les garants de l'ordre dans la r&#233;gion et le capitalisme mondial mise sur eux pour se conformer aux exigences du FMI, m&#234;me s'ils n'en ont pas encore tout &#224; fait les moyens politiques. Le 16 juin 2012, la revue britannique &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, qui est la r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de discours lib&#233;ral, avait clairement pris parti pour Morsi lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles &#233;gyptiennes en titrant son &#233;ditorial &#171; &lt;i&gt;Vote for the Brother&lt;/i&gt; &#187;. Voir en eux un mouvement anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste est absurde. Une chose est de se battre contre l'islamophobie et le racisme en France, o&#249; il existe une discrimination &#224; l'encontre des musulmans ; une autre chose est de d&#233;guiser en progressistes des courants qui sont purement r&#233;actionnaires tant sur le plan social que culturel et moral. D'autant qu'ils sont aujourd'hui au pouvoir et utilisent la religion comme moyen d'oppression sociale, notamment &#224; l'encontre de la minorit&#233; copte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a vu dans la r&#233;gion le Qatar jouer le r&#244;le de bailleur de fonds de ces nouveaux pouvoirs. Quelle est sa strat&#233;gie selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il joue un r&#244;le de m&#233;diateur oblig&#233; avec les Fr&#232;res musulmans vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis, dont il est le suppl&#233;tif dans la r&#233;gion, mais il n'y a pas d'explication mat&#233;rialiste &#224; la politique du Qatar. Elle est li&#233;e aux extravagances de l'&#233;mir et &#224; sa passion pour les affaires &#233;trang&#232;res, qui l'a conduit &#224; faire de grands &#233;carts entre les relations qu'il a nou&#233;es aussi bien avec Al-Qa&#239;da ou l'Iran qu'avec Isra&#235;l. Aujourd'hui, avec la principale base militaire r&#233;gionale des &#233;tats-Unis sur son territoire et son r&#244;le de sponsor des Fr&#232;res musulmans, il appara&#238;t comme une pi&#232;ce ma&#238;tresse dans le dispositif am&#233;ricain au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez aussi les th&#233;ories du complot qui ne manquent jamais de fleurir lors de bouleversements de cet ordre et qui trouvent une grande proportion d'&#171; &lt;i&gt;adeptes chez les anti-imp&#233;rialistes et les Moyen-Orientaux&lt;/i&gt; &#187;. Le mythe d'un complot pour d&#233;stabiliser la r&#233;gion et asseoir les int&#233;r&#234;ts &#171; am&#233;ricano-sionistes &#187; est &#233;videmment au c&#339;ur de tous les fantasmes, notamment concernant la Syrie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;riser ces prises de position de &#171; th&#233;ories du complot &#187; c'est d&#233;j&#224; les condamner. L'id&#233;e que Washington puisse tout man&#339;uvrer est grotesque. D&#232;s le d&#233;part du soul&#232;vement syrien, qui est rest&#233; pendant plusieurs mois un mouvement populaire et pacifique tout en subissant une r&#233;pression des plus f&#233;roces, Bachar al-Assad a d&#233;sign&#233; Al-Qa&#239;da comme responsable de la contestation&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ce qu'a fait aussi Kadhafi en Libye. C'&#233;tait clairement un discours destin&#233; &#224; l'Occident, avec lequel ils n'&#233;taient pas en si mauvais termes, pour leur signifier : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes vos alli&#233;s, sans nous, vous aurez Al-Qa&#239;da !&lt;/i&gt; &#187; Washington soutient une n&#233;gociation au sommet pour le d&#233;part de Bachar dans de bonnes conditions et refuse de donner son feu vert &#224; des livraisons d'armes &#171; qualitatives &#187; pour les insurg&#233;s syriens. Ils craignent &#233;videmment que ces armes ne tombent dans les mains d'Al-Qa&#239;da, qui est une composante av&#233;r&#233;e de l'insurrection. Or, plus on temporise, plus c'est ce qui risque d'arriver. Je suis pour ma part hostile &#224; toute forme d'intervention militaire directe dans le conflit syrien, mais favorable &#224; une aide &#224; l'armement de l'insurrection syrienne dans sa composante majoritaire. En refusant l'aide &#224; cette insurrection, on privil&#233;gie les milieux les plus fanatiques qui, eux, re&#231;oivent un financement des monarchies p&#233;troli&#232;res. Si l'Occident continue &#224; laisser faire le massacre [qui, depuis mars 2011, a co&#251;t&#233; la vie &#224; plus de 70 000 personnes, 6 000 rien qu'au mois de mars dernier, et fait 2,5 millions de d&#233;plac&#233;s &#8211; ndlr], tandis que l'Iran et la Russie continuent &#224; approvisionner Bachar en mat&#233;riel militaire, elle portera en partie la responsabilit&#233; de crimes contre l'humanit&#233;. Quant &#224; Isra&#235;l, si l'autodestruction de la Syrie est une aubaine pour le gouvernement d'extr&#234;me droite de Netanyahou, il craint aussi les d&#233;bordements du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir aux soul&#232;vements arabes, vous parliez d'un &#171; &lt;i&gt;processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme &lt;/i&gt; &#187;. Est-ce que la polarisation entre la&#239;cs et cl&#233;ricaux ne risque pas de couper l'&#233;lan des mouvements sociaux ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce clivage existe, je ne crois pas en effet qu'il soit le plus important. C'est certes important de lutter contre l'ing&#233;rence du religieux dans le politique, mais la question sociale doit rester pr&#233;dominante. En Tunisie, la capacit&#233; du mouvement ouvrier &#224; se porter &#224; l'avant-sc&#232;ne politique doit &#234;tre l'aiguillon du changement. Il ne faut pas oublier que c'est sa force d'organisation [l'UGTT r&#233;unit 750 000 adh&#233;rents sur une population active de 3,6 millions de personnes &#8211; ndlr] qui a &#233;t&#233; le moteur du soul&#232;vement qui a culmin&#233; avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 janvier 2011, pr&#233;cipitant ainsi la fuite de Ben Ali. En revanche, le pouvoir d'attraction de l'extr&#234;me gauche en tant que force politique et ind&#233;pendamment de la centrale syndicale est tr&#232;s limit&#233; &#8211; parce qu'elle est trop fragment&#233;e et porte les tares de son origine &#233;tudiante. Face &#224; une opposition politique encore peu cr&#233;dible, le pr&#233;sident Marzouki s'enfonce dans l'opportunisme politique le plus flagrant, &#224; la fois marionnette d'Ennahdha et m&#251; par ses ambitions personnelles. En &#201;gypte, la situation est diff&#233;rente. Le mouvement ouvrier organis&#233; est plus jeune et m&#234;me si la F&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants r&#233;unit aujourd'hui la somme consid&#233;rable de deux millions d'adh&#233;rents, elle n'a pas, compte tenu de la taille et de l'histoire du pays, le poids de l'UGTT. L'opposition politique, elle, se discr&#233;dite aussi par des alliances entre la gauche, les n&#233;olib&#233;raux et des anciens complices des r&#233;gimes renvers&#233;s. Seul le nass&#233;rien Hamdeen Sabahi a acquis une cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des jeunes r&#233;volutionnaires, notamment au Caire et &#224; Alexandrie. Il s'est oppos&#233; aux conditions du FMI et a refus&#233; de rencontrer John Kerry en mars dernier. Pour voir &#233;merger une r&#233;elle alternative, les r&#233;volutionnaires devront se distinguer autant des oppositions compos&#233;es de lib&#233;raux ou pire d'ex-partisans de l'ancien r&#233;gime, que du pouvoir islamiste, qui ont en commun de n'avoir rien &#224; proposer sur le terrain social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; l'&#233;cole des &#233;tudes orientales et africaines (SOAS) de l'Universit&#233; de Londres, il est notamment l'auteur de &lt;i&gt;Les Arabes et la Shoah&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2009) et, avec Noam Chomsky, de &lt;i&gt;La Poudri&#232;re du Moyen-Orient&lt;/i&gt; (Fayard, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de financer Al-Qa&#239;da : &#171; &lt;i&gt;Les Occidentaux combattent Al-Qa&#239;da au Mali et le soutiennent en Syrie. C'est la politique de deux poids deux mesures&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; le 18 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un crime &#224; r&#233;veiller les morts</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-crime-a-reveiller-les-morts</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-crime-a-reveiller-les-morts</guid>
		<dc:date>2013-04-25T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amin Allal</dc:creator>


		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>fois</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Chokri Bela&#239;d</dc:subject>
		<dc:subject>Bela&#239;d</dc:subject>
		<dc:subject>Chokri</dc:subject>
		<dc:subject>adolescent tunisien</dc:subject>
		<dc:subject>Baba Ali</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;couvert Bela&#239;d</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'assassinat de Chokri Bela&#239;d a plong&#233; la Tunisie dans une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la r&#233;volution de 2011. Le Premier ministre a d&#233;missionn&#233;, mais c'est le ministre de l'Int&#233;rieur, une des cibles pr&#233;f&#233;r&#233;es de Bela&#239;d, qui a &#233;t&#233; charg&#233; de former un nouveau gouvernement&#8230; &#171; On a tu&#233; la marionnette des guignols ! &#187;, prof&#232;re un adolescent tunisien apr&#232;s l'assassinat de Chokri Bela&#239;d. La phrase, d&#233;sinvolte, peut choquer. Comme beaucoup, le jeune homme a d&#233;couvert Bela&#239;d pour la premi&#232;re fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chokri-Belaid" rel="tag"&gt;Chokri Bela&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Belaid" rel="tag"&gt;Bela&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chokri" rel="tag"&gt;Chokri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/adolescent-tunisien" rel="tag"&gt;adolescent tunisien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baba-Ali" rel="tag"&gt;Baba Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decouvert-Belaid" rel="tag"&gt;d&#233;couvert Bela&#239;d&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'assassinat de Chokri Bela&#239;d a plong&#233; la Tunisie dans une crise sans pr&#233;c&#233;dent depuis la r&#233;volution de 2011. Le Premier ministre a d&#233;missionn&#233;, mais c'est le ministre de l'Int&#233;rieur, une des cibles pr&#233;f&#233;r&#233;es de Bela&#239;d, qui a &#233;t&#233; charg&#233; de former un nouveau gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On a tu&#233; la marionnette des guignols !&lt;/i&gt; &#187;, prof&#232;re un adolescent tunisien apr&#232;s l'assassinat de Chokri Bela&#239;d. La phrase, d&#233;sinvolte, peut choquer. Comme beaucoup, le jeune homme a d&#233;couvert Bela&#239;d pour la premi&#232;re fois en mars 2011 &#224; la t&#233;l&#233;vision, quelques semaines apr&#232;s la fuite du dictateur Ben Ali. Il pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Bela&#239;d, c'est comme un h&#233;ros de cin&#233;ma d'un genre nouveau, &#224; la fois dr&#244;le et grave, avant on ne connaissait pas &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Tel un moderne h&#233;ros de trag&#233;die, Bela&#239;d a surgi de fa&#231;on spectaculaire dans la petite lucarne. Avec la chute du r&#233;gime autoritaire et &#224; la faveur de la lib&#233;ralisation des m&#233;dias, la majorit&#233; des Tunisiens d&#233;couvre qu'on peut d&#233;sormais parler politique, s'indigner, critiquer et avoir des d&#233;bats contradictoires. Voil&#224; ce qu'incarnait Bela&#239;d pour la majorit&#233; de l'auditoire du &#171; spectacle d&#233;mocratique &#187;. Cela explique en partie l'immense &#233;motion populaire suscit&#233;e par sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que Chokri &#233;tait tout sauf une marionnette. Militant et responsable syndical, &#233;tudiant dans les ann&#233;es 80, il est vite devenu l'un des leaders nationaux de la gauche radicale. Pourtant, il se distingue des autres dirigeants de gauche qui ont connu la p&#233;riode des proc&#232;s politiques de 1968 &#224; 1975 &#8211; comme Hamma Hammami, Mohamed Kilani, N&#233;jib Chebbi&#8230; Chokri &#233;tait alors trop jeune. Il commence &#224; militer lors d'une p&#233;riode o&#249; le reflux de la vague gauchiste se fait de plus en plus net face &#224; la mont&#233;e des militants de l'islam politique. Devenu chef d'un groupuscule ill&#233;gal, il s'oppose au r&#233;gime de Ben Ali. Avocat, il plaide contre le r&#233;gime r&#233;pressif, comme en 2008 lorsqu'il d&#233;fend les mobilis&#233;s du bassin minier de Gafsa en r&#233;volte. Il fait partie de cette grande famille d'avocats tunisiens engag&#233;s en politique, mais se situe dans sa frange combative. Celle qui a marqu&#233; les esprits en prenant position en toge le 14 janvier 2011 devant le portail du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur quelques heures avant l'aller simple pr&#233;sidentiel Tunis-Djeddah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bela&#239;d va ensuite trouver mati&#232;re &#224; contester la nouvelle donne marqu&#233;e par la domination d'Ennahdha et ses orientations &#224; la fois n&#233;olib&#233;rales et conservatrices. Ces derniers mois, il avait multipli&#233; les performances m&#233;diatiques. &#171; Bon client &#187; avec sa d&#233;gaine d&#233;bonnaire, sa moustache qui d&#233;voilait qu'il &#233;tait d'abord un nationaliste arabe et son &#171; parler vrai &#187;, Chokri n'&#233;tait pas l&#224; pour minauder. Avec sa voix gutturale, son accent rappelant &#224; la fois ses origines du Nord-Ouest paysan et son enfance dans un quartier populaire de Tunis, il d&#233;non&#231;ait la responsabilit&#233; du gouvernement dans la mis&#232;re des gens. Dossiers sous le coude et documents &#224; l'appui, il fustigeait les liens ambivalents des responsables gouvernementaux avec les turbulentes Ligues de protection de la r&#233;volution &#8211; qui op&#232;rent des interventions muscl&#233;es contre tout ce qui n'est pas islamiste &#8211;, l'abandon des r&#233;gions pauvres, les risques de d&#233;rive autoritaire et n&#233;potique&#8230; Bela&#239;d avait le sens de la formule : &#171; &lt;i&gt;On ne s'est pas d&#233;barrass&#233; d'Ali Baba&lt;/i&gt; [Ben Ali] &lt;i&gt;pour que Baba Ali&lt;/i&gt; [&#171; Papa &#187; Ali (Elarayedh, alors ministre de l'Int&#233;rieur)] &lt;i&gt;prenne sa place&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;non&#231;ait-il en imputant au ministre la responsabilit&#233; des d&#233;lits impliquant des membres de sa famille dans le Sud tunisien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Tunisie semblait enlis&#233;e dans les manigances de technocrates, politiciens, patrons et oligarchie syndicale, protagonistes attitr&#233;s de la &#171; transition d&#233;mocratique &#187;, l'assassinat de Chokri Bela&#239;d est un &#233;v&#232;nement perturbateur. Les souvenirs &#233;mus de l'assassinat du leader syndical Farhat Hached en 1952 ont ressurgi. Des cort&#232;ges immenses se sont mis en branle, masquant les contradictions avant-gardistes de la gauche radicale tunisienne. Les masses populaires paup&#233;ris&#233;es, dont Chokri Bela&#239;d &#233;tait l'un des brillants porte-voix, et qui peinaient &#224; se mobiliser &#224; nouveau, se sont pour un temps ressoud&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort tragique du tribun, qui a provoqu&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, semble avoir eu un effet paradoxalement salutaire. En sommeil, l'effervescence contestataire semble aujourd'hui stimul&#233;e par la vivacit&#233; de cet &#233;ternel emp&#234;cheur de &#171; d&#233;mocratiser &#187; en rond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des moments de r&#233;volution</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-moments-de-revolution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-moments-de-revolution</guid>
		<dc:date>2012-10-08T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>JMB</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>moment</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>moment r&#233;volutionnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Quand on voit ce qu'il se passe aujourd'hui, on peut se dire que ce n'&#233;tait pas la peine de virer les dictateurs &#187;, arrive-t-il d'entendre un an et demi apr&#232;s le d&#233;but des &#171; Printemps &#187; arabes. N'en d&#233;plaise aux z&#233;lateurs mystiques du grand soir dont le mot d'ordre serait &#171; tout sinon rien &#187;, deux chercheurs en sciences sociales reviennent pour CQFD sur les &#171; moments r&#233;volutionnaires &#187; qu'ont connus la Tunisie et la Libye. Amin Allal, chercheur &#224; l'Institut d'&#233;tudes politiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no102-juillet-aout-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;102 (juillet-ao&#251;t 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/JMB" rel="tag"&gt;JMB&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Libye" rel="tag"&gt;Libye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/revolutionnaire" rel="tag"&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/moment" rel="tag"&gt;moment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/moment-revolutionnaire" rel="tag"&gt;moment r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand on voit ce qu'il se passe aujourd'hui, on peut se dire que ce n'&#233;tait pas la peine de virer les dictateurs &#187;&lt;/i&gt;, arrive-t-il d'entendre un an et demi apr&#232;s le d&#233;but des &#171; Printemps &#187; arabes. N'en d&#233;plaise aux z&#233;lateurs mystiques du grand soir dont le mot d'ordre serait &#171; tout sinon rien &#187;, deux chercheurs en sciences sociales reviennent pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur les &lt;i&gt;&#171; moments r&#233;volutionnaires &#187;&lt;/i&gt; qu'ont connus la Tunisie et la Libye. Amin Allal, chercheur &#224; l'Institut d'&#233;tudes politiques d'Aix-en-Provence, a observ&#233; les mouvements protestataires de 2008 &#224; Gafsa (Tunisie) et, en janvier 2011, a suivi des insurg&#233;s dans la banlieue populaire de Tunis. Arthur Quesnay, chercheur en science politique, &#233;tait en Libye depuis deux mois quand les combats se sont &#233;tendus &#224; tout le pays &#224; la fin de l'hiver dernier. Il s'est alors immerg&#233; au sein d'une unit&#233; combattante de Misrata. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Un an et demi apr&#232;s, peut-on parler de r&#233;volutions &#224; propos de la Libye et de la Tunisie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amin Allal :&lt;/strong&gt; La Tunisie a-t-elle connu une &#171; vraie &#187; r&#233;volution ? Il me semble que la question est impossible &#224; trancher pour les sciences sociales. On a tout de m&#234;me une certitude, la situation tunisienne pr&#233;sente l'int&#233;r&#234;t d'&#233;carter le biais de l'avant-garde r&#233;volutionnaire. Contrairement &#224; ce qu'il a souvent &#233;t&#233; dit, la multitude de Tunisiens mobilis&#233;s contre le r&#233;gime de Ben Ali en janvier 2011 d&#233;borde largement les bases sociales des oppositions &#8211; tr&#232;s &#233;litaires &#8211; partisanes, syndicales ou associatives. Le soul&#232;vement populaire est d'abord le fait d'ouvriers journaliers, de jeunes ch&#244;meurs dipl&#244;m&#233;s ou non, de d&#233;brouillards de la &#171; g&#233;n&#233;ration Ben Ali &#187; qui n'&#233;taient pas organis&#233;s et qui vont parfois payer de leurs vies leur r&#233;volte. Des Tunisiens de la classe moyenne des centres urbains s'engagent aussi ne supportant plus la d&#233;rive pr&#233;tendument mafieuse et inculte des &#171; cliques &#187; au pouvoir. En d&#233;finitive, la force du soul&#232;vement r&#233;side justement dans le fait qu'il n'y ait pas de chef, pas de commandement, ni de coordination unifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arthur Quesnay :&lt;/strong&gt; J'ajouterai que dans le cas de la Libye, le rideau de la guerre civile, d&#233;partageant r&#233;volutionnaires et pro-Kadhafistes, n'est pas tomb&#233; d'un seul coup. La plupart des Libyens sont rest&#233;s dans une position attentiste tandis que la mobilisation contre le r&#233;gime s'est propag&#233;e progressivement dans le pays. Au-del&#224; du mythe d'un engagement dans une lutte contre l'oppression, les motivations des individus ont &#233;t&#233; d'abord d'ordre local. Chacun a eu ses objectifs et a ses b&#233;n&#233;fices &#224; d&#233;fendre une fois le conflit fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pourquoi ne parvenons-nous pas &#224; dire si ce sont des r&#233;volutions ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. A. :&lt;/strong&gt; Tout d'abord parce qu'on est le nez dans le guidon, trop proches de cette multitude d'&#233;v&#233;nements protestataires, insurrectionnels de diff&#233;rentes factures et ampleurs pour &#171; trancher &#187;. Il est pr&#233;f&#233;rable de parler de processus r&#233;volutionnaire, ce qui pr&#233;sente l'avantage de penser le lent et long d&#233;veloppement de ces dynamiques en n'excluant pas de possibles phases de restauration dictatoriale, une direction militaire ou polici&#232;re de l'&#201;tat&#8230; mais aussi des moments r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. Q. :&lt;/strong&gt; Parmi les acteurs de ladite &#171; R&#233;volution libyenne &#187;, il n'y a pas une d&#233;finition unique de ce qu'a &#233;t&#233; le moment r&#233;volutionnaire. Dans le Sud libyen &#224; la fronti&#232;re avec le Tchad et le Niger, les Toubous, population noire autochtone de la Libye, se sont r&#233;volt&#233;s contre le r&#233;gime pour mettre fin &#224; leur discrimination ethnique et revendiquer leur int&#233;gration &#233;conomique et politique. Mais les Toubous continuent d'&#234;tre pers&#233;cut&#233;s du fait de la persistance de la politique d'arabisation h&#233;rit&#233;e de l'ancien r&#233;gime. Pour eux rien n'a chang&#233; et cette r&#233;volution n'en est pas une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple est celui des villes de Zintan (situ&#233;e dans le Djebel Nefoussa) et Misrata, tr&#232;s actives dans la lib&#233;ration du pays. Toutes les deux cherchent &#224; peser de tout leur poids sur le processus de transition post-r&#233;volutionnaire. Minoritaires du point de vue d&#233;mographique, ces deux localit&#233;s ont pourtant r&#233;ussi gr&#226;ce &#224; la guerre &#224; devenir des acteurs politiques incontournables. Revendiquant la d&#233;fense de leurs acquis r&#233;volutionnaires, certaines milices de ces deux localit&#233;s n'h&#233;sitent pas &#224; occuper l'a&#233;roport international de Tripoli dans le cas de Zintan, ou &#224; bloquer les routes acc&#233;dant &#224; la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. A. :&lt;/strong&gt; Il me semble qu'il est appropri&#233; de parler, en Tunisie aussi, de moment r&#233;volutionnaire concernant le soul&#232;vement populaire de l'hiver 2010-2011. C'est-&#224;-dire un moment au cours duquel le jaillissement de groupes importants de la population dans la rue va dicter l'agenda politique, d&#233;faire des gouvernements&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/97jmb-0eda3.png?1782644062' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;nationaux successifs, entra&#238;ner une rupture du commandement s&#233;curitaire (retrait de l'arm&#233;e), chasser des repr&#233;sentants des autorit&#233;s locales, des policiers et militants de l'ancien parti h&#233;g&#233;monique, le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique (RCD), occuper et &#233;largir un espace public jusqu'ici prohib&#233;. Ce moment r&#233;volutionnaire s'&#233;tend de d&#233;but janvier &#224; f&#233;vrier 2011. Le &#171; reflux &#187; date du mois de f&#233;vrier 2011 au cours duquel la marginalisation progressive des mobilisations protestataires &#8211; ce qui ne veut pas dire la diminution de celles-ci puisqu'elles restent importantes &#8211; fait suite &#224; la r&#233;pression du rassemblement du 25 f&#233;vrier sur la place du Gouvernement (&lt;i&gt;El Kasbah 2&lt;/i&gt;)&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kasbah 1 d&#233;signe le mouvement qui a rassembl&#233; devant le palais du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La nomination du Premier ministre B&#233;ji Ca&#239;d Essebsi &#8211; ancien ministre de Habib Bourguiba &#8211; comme le souligne &#224; juste titre Sadri Khiari&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Membre de l'opposition tunisienne &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et cofondateur en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, fera &lt;i&gt;&#171; rentrer la r&#233;volution dans le cadre de l'&#201;tat &#187;&lt;/i&gt;. &#192; partir de ce moment-l&#224;, la &lt;i&gt;&#171; transition d&#233;mocratique &#187;&lt;/i&gt; se met en marche. Le proc&#233;d&#233; &#233;cul&#233; fait porter l'attention progressivement sur l'organisation des &#233;lections pour un retour &#224; &lt;i&gt;&#171; l'ordre politique et moral &#187;&lt;/i&gt;. De la rue aux urnes donc, mais pour autant, les actions protestataires li&#233;es aux conditions de travail p&#233;nibles (gr&#232;ves non organis&#233;es pr&#233;alablement dans d'innombrables secteurs) mais aussi les actions contre le ch&#244;mage et plus fondamentalement les luttes pour une meilleure r&#233;partition des richesses dans une Tunisie dite de &#171; l'int&#233;rieur &#187; laiss&#233;e pour compte du d&#233;veloppement &#233;conomique continuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait penser que la somme de &#171; moments r&#233;volutionnaires &#187; finit par faire une r&#233;volution, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. Q. :&lt;/strong&gt; En Libye, l'espace politique est tr&#232;s segment&#233;. Les Libyens semblent pourtant avoir choisi l'unit&#233; pour abattre le r&#233;gime et construire une transition politique viable. Durant le conflit, toute l'organisation des &#171; r&#233;volutionnaires &#187;, comme ils se d&#233;nomment eux-m&#234;mes, a &#233;t&#233; construite dans ce but. Les &#233;lections du 7 juillet sont un autre exemple pertinent de cette volont&#233; d'unit&#233;. Ces derni&#232;res sont auto-organis&#233;es au niveau local mais dans un seul but, &#233;lire une repr&#233;sentation nationale, preuve d'une tentative de la population de se d&#233;finir comme un seul corps.
Dans ce sens, il s'agit d'un mouvement r&#233;volutionnaire puisque chacun a conscience qu'il faut red&#233;finir radicalement les institutions et d&#233;cider d'une nouvelle redistribution sociale, politique et &#233;conomique. Mais encore une fois, ce moment r&#233;volutionnaire est in&#233;gal selon les r&#233;gions et ce n'est qu'avec le recul de l'histoire que nous pourrons parler ou non de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. A. :&lt;/strong&gt; En d&#233;finitive, la question de la qualification de &#171; r&#233;volution &#187; ou pas est un enjeu tellement pr&#233;gnant pour les acteurs politiques, syndicaux, qu'ils soient proches de l'ancien r&#233;gime ou pas, qu'il est difficile de d&#233;m&#234;ler tout cela. Pour autant je pense aussi, comme le dit bien Arthur, qu'on doit s'atteler d'abord &#224; comprendre les perceptions, repr&#233;sentations et donc les luttes de sens que se livrent les multiples acteurs dans les diff&#233;rentes sc&#232;nes sociales et politiques arabes actuellement. Cela est une pr&#233;misse pour comprendre pourquoi les gens luttent vraiment, sont parfois enclins &#224; mettre leurs vies en p&#233;ril&#8230; Finalement, la question pertinente est simple dans son &#233;nonciation : comment des individus et des groupes de populations nombreux en viennent-ils &#224; un moment &#8211; souvent &#233;ph&#233;m&#232;re &#8211; &#224; se r&#233;volter malgr&#233; le co&#251;t &#233;lev&#233; de telles actions et quels effets cela a-t-il sur le gouvernement des gens et de l'&#233;conomie dans une p&#233;riode donn&#233;e ? Alors r&#233;volution ou pas en Tunisie ? Il nous faudrait s&#251;rement beaucoup plus de recul avant de pouvoir fournir une r&#233;ponse pertinente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Kasbah 1&lt;/i&gt; d&#233;signe le mouvement qui a rassembl&#233; devant le palais du gouvernement, en janvier 2011, une dizaine de jours apr&#232;s la fuite de Ben Ali, des milliers de manifestants. Le 20 f&#233;vrier, la place, jusqu'alors occup&#233;e par l'arm&#233;e, est reprise par les manifestants qui montent un vaste campement et exigent le d&#233;part du Premier ministre et la liquidation totale du r&#233;gime Ben Ali. Les 25 et 26, la police attaque des manifestants. Le 27, le gouvernement d&#233;missionne. Ce mouvement prend le nom de &lt;i&gt;Kasbah 2&lt;/i&gt;. Cf &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Degagitude-et-tunisification'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;87&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Membre de l'opposition tunisienne &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et cofondateur en France du mouvement des Indig&#232;nes de la R&#233;publique en 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un coup de morale dans l'eau</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-coup-de-morale-dans-l-eau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-coup-de-morale-dans-l-eau</guid>
		<dc:date>2011-12-07T07:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Broussaille</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
		<dc:subject>droits</dc:subject>
		<dc:subject>susceptibles d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Septembre</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>l'homme</dc:subject>
		<dc:subject>cause sacr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>parlementaires europ&#233;ens</dc:subject>
		<dc:subject>fliquer Internet</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;solution moralisant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 27 septembre, les parlementaires europ&#233;ens ont fait avancer la cause sacr&#233;e des droits de l'homme ! R&#233;unis en conclave, ils ont adopt&#233; par 567 voix contre 89 une r&#233;solution moralisant les exportations de produits &#171; susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;s &#224; des fins civiles et militaires &#187;, dont les technologies de t&#233;l&#233;communication pouvant avoir &#171; une utilisation impliquant une violation des droits de l'homme, des principes d&#233;mocratiques ou de la libert&#233; d'expression &#187;. Les entreprises europ&#233;ennes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Billets" rel="tag"&gt;Billets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droits" rel="tag"&gt;droits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/susceptibles-d-etre" rel="tag"&gt;susceptibles d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Septembre" rel="tag"&gt;Septembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberte-d-expression" rel="tag"&gt;libert&#233; d'expression&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-homme" rel="tag"&gt;l'homme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cause-sacree" rel="tag"&gt;cause sacr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parlementaires-europeens" rel="tag"&gt;parlementaires europ&#233;ens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fliquer-Internet" rel="tag"&gt;fliquer Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/resolution-moralisant" rel="tag"&gt;r&#233;solution moralisant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 27 septembre, les parlementaires europ&#233;ens ont fait avancer la cause sacr&#233;e des droits de l'homme ! R&#233;unis en conclave, ils ont adopt&#233; par 567 voix contre 89 une r&#233;solution moralisant les exportations de produits &lt;i&gt;&#171; susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;s &#224; des fins civiles et militaires &#187;&lt;/i&gt;, dont les technologies de t&#233;l&#233;communication pouvant avoir&lt;i&gt; &#171; une utilisation impliquant une violation des droits de l'homme, des principes d&#233;mocratiques ou de la libert&#233; d'expression &#187;&lt;/i&gt;. Les entreprises europ&#233;ennes ne pourront plus fourguer aux gouvernements peu sensibles aux sermons humanitaires des syst&#232;mes permettant de fliquer Internet et de mettre le nez dans les courriels des opposants. Cela aurait-il emp&#234;ch&#233; les soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises Amesys et Thales de livrer ce type de mat&#233;riel &#224; la Libye en 2007 et 2008 ? L'on peut en douter&#8230; Si cette r&#233;solution est aussi efficace que le code europ&#233;en de bonne conduite relatif aux ventes d'armes de 1998, les dictateurs et leurs fournisseurs pourront continuer &#224; commercer tranquilles. Ce texte stipule qu'en mati&#232;re de transferts d'armement, les pays membres &lt;i&gt;&#171; ne d&#233;livreront pas d'autorisation d'exportation s'il existe un risque manifeste que le bien dont l'exportation est envisag&#233;e serve &#224; la r&#233;pression interne &#187;&lt;/i&gt;. Or, plusieurs d'entre eux ont vendu du mat&#233;riel militaire aux tyrans d&#233;chus Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, qui n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; s'en servir quand le sirocco de la r&#233;volte s'est lev&#233;. Difficile de virer les marchands de canons du temple d&#233;mocratique tant que les bons Samaritains si&#233;geant &#224; Strasbourg ne pr&#233;voiront pas de sanction. L'enfer dictatorial est pav&#233; de bonnes r&#233;solutions sans lendemain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du 94</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-94</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Breves-du-94</guid>
		<dc:date>2011-11-17T07:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>petit</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Petit d&#233;tail</dc:subject>
		<dc:subject>islamiste Ennahda</dc:subject>
		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>listes &#233;lectorales</dc:subject>
		<dc:subject>Ennahda repr&#233;sente</dc:subject>
		<dc:subject>Very Indign&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Indign&#233; Person</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Islam &#224; mod&#233;rer &#187; &gt; Petit d&#233;tail qui a son importance : en Tunisie, seules 55 % des personnes en &#226;ge de voter se sont inscrites sur les listes &#233;lectorales. La majorit&#233; remport&#233;e par le parti islamiste Ennahda repr&#233;sente donc un peu moins de 21 % des Tunisiens de plus de vingt ans, soit la proportion de conservateurs que l'on retrouve lors d'&#233;lections dans nombre de pays. De quoi temp&#233;rer la belle unanimit&#233; de caf&#233; du Commerce &#224; propos des &#233;lections en Tunisie : &#171; Tout &#231;a pour &#231;a, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit" rel="tag"&gt;petit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunisie" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Petit-detail" rel="tag"&gt;Petit d&#233;tail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/islamiste-Ennahda" rel="tag"&gt;islamiste Ennahda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Islam" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/listes-electorales" rel="tag"&gt;listes &#233;lectorales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ennahda-represente" rel="tag"&gt;Ennahda repr&#233;sente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Very-Indigne" rel="tag"&gt;Very Indign&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Indigne-Person" rel="tag"&gt;Indign&#233; Person&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Islam &#224; mod&#233;rer &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Petit d&#233;tail qui a son importance : en Tunisie, seules 55 % des personnes en &#226;ge de voter se sont inscrites sur les listes &#233;lectorales. La majorit&#233; remport&#233;e par le parti islamiste Ennahda repr&#233;sente donc un peu moins de 21 % des Tunisiens de plus de vingt ans, soit la proportion de conservateurs que l'on retrouve lors d'&#233;lections dans nombre de pays. De quoi temp&#233;rer la belle unanimit&#233; de caf&#233; du Commerce &#224; propos des &#233;lections en Tunisie : &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a, pour finalement voter pour les islamistes ! Pfff, faire une r&#233;volution et en arriver l&#224; ! &#187;&lt;/i&gt; C'est vrai, &#231;a, on &#233;tait quand m&#234;me plus tranquille quand les Tunisiens survivaient sous le joug de Ben Ali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Very Indign&#233; Person &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Trop cool ! Georges Soros, financier philanthrope ; Warren Buffet, milliardaire cynique ; Jeffrey Immelt, patron de General Electric ; Jean-Claude Trichet, ex-boss de la Banque centrale europ&#233;enne, et son rempla&#231;ant, Mario Draghi ; Angela Merkel, tauli&#232;re teutonne ; Vladimir Poutine, tsar post-sovi&#233;tique ; Barack Obama, sauveur t&#233;l&#233;g&#233;nique&#8230; Tous, et bien plus encore, affirment qu'ils comprennent, et parfois soutiennent, le mouvement des Indign&#233;s ! Nous sommes donc en droit de nous demander si, derri&#232;re les foulards prot&#233;geant les protestataires des gaz de la police, ne se cachent pas quelques-uns des puissants de ce monde. Une chose est s&#251;re : &#224; Oakland (Californie), le 26 octobre, aucun d'entre eux n'a &#233;t&#233; signal&#233; parmi les personnes bless&#233;es, dont certaines gri&#232;vement, par les forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Y en a, des sous &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Si le Rapport au Parlement sur les exportations d'armement de 2009 constatait que &lt;i&gt;&#171; la France conforte sa position de quatri&#232;me exportateur mondial d'armement &#187;&lt;/i&gt;, celui de 2010, publi&#233; en octobre, est plus circonspect. Mais, rassurons-nous, l'Hexagone maintient sa position malgr&#233; la baisse substantielle de cette ann&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Dans un secteur marqu&#233; par la crise &#233;conomique et financi&#232;re, la France a su consolider sa dynamique d'exportation &#187;&lt;/i&gt;, ce qui est crucial&lt;i&gt; &#171; pour la survie du tissu industriel d'armement &#187;&lt;/i&gt;. Avec trois cents milliards d'euros d'achats et soixante dix-neuf milliards d'exportations en 2010, le march&#233; mondial de l'armement &lt;i&gt;&#171; r&#233;siste aux crises financi&#232;re et g&#233;opolitique &#187;&lt;/i&gt;. Au fait, on cherchait pas du fric pour ces histoires de dette, l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le droit, j'y crois ! &#187; &gt;&lt;/strong&gt; L'inf&#226;me &lt;a href=&#034;http://www.cqfd-journal.org/Nardo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nardo&lt;/a&gt;, qui dessine dans nos colonnes et quelques autres, pourra s&#233;vir encore longtemps : le tribunal de Paris, qui le jugeait aux c&#244;t&#233;s de deux coll&#232;gues de Bakchich pour diffamation de l'honorable Fran&#231;ois-Marie Banier, l'a relax&#233;. &lt;i&gt;&#171; La caricature et la satire, m&#234;me d&#233;lib&#233;r&#233;ment provocantes et grossi&#232;res, participent de la libert&#233; d'expression &#187;&lt;/i&gt;, a-t-on statu&#233; en se pin&#231;ant le nez. En revanche, on a bl&#226;m&#233; le manque d'&lt;i&gt;&#171; enqu&#234;te s&#233;rieuse &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; prudence dans l'expression &#187;&lt;/i&gt; de la journaliste et, par extension, du directeur de publication, lesquels devront d&#233;bourser un euro pour Banier, cinq cents pour l'&#201;tat et deux mille pour l'avocat de la partie adverse. Un dessinateur, &#231;a peut tout se permettre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Histoire de la presse &#187; &gt;&lt;/strong&gt; La presse poursuit son infatigable travail d'investigation historique. Ainsi, la &lt;i&gt;Voix du Nord&lt;/i&gt; nous apprend, le 4 novembre, que la Gr&#232;ce&lt;i&gt; &#171; a d&#233;j&#224; fait faillite en 1893 ! &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; &lt;i&gt;La Tribune de Gen&#232;ve&lt;/i&gt;, elle nous assure dans son &#233;dition du 2 novembre que &lt;i&gt;&#171; Strauss-Kahn descend d'un bagnard qui avait g&#233;r&#233; une maison close &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Qui a dit que les anc&#234;tres de &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;La Tribune de Gen&#232;ve&lt;/i&gt; &#233;taient d&#233;j&#224; des cons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Bavure sans fronti&#232;res &#187; &gt;&lt;/strong&gt; En juin dernier, en Mac&#233;doine, une unit&#233; de police sp&#233;ciale a battu &#224; mort un jeune homme qui f&#234;tait la victoire &#233;lectorale du parti au pouvoir. Pendant deux jours, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a ni&#233; la bavure, provoquant le plus gros mouvement social spontan&#233; depuis l'ind&#233;pendance du pays. Quelques mois plus tard, la coop&#233;ration fran&#231;aise d&#233;boulait avec son troisi&#232;me stage de formation pour les robocops locaux sur &lt;i&gt;&#171; les connaissances techniques d'intervention d&#233;velopp&#233;es par les CRS fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;. Les policiers form&#233;s ont cl&#244;tur&#233; leur stage par une belle d&#233;monstration lors de laquelle ils ont &lt;i&gt;&#171; brillamment utilis&#233; les techniques de ma&#238;trise des individus arm&#233;s sans faire usage d'armes l&#233;tales &#187;,&lt;/i&gt; gazouille l'ambassade fran&#231;aise dans son communiqu&#233; de presse. Boah&#8230; Avec nos bleus, pas besoin de quincaillerie pour faire une bavure ! Une bonne clef d'&#233;tranglement suffit&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'avenir ? On ne voit rien, y a trop de lacrymo ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-avenir-On-ne-voit-rien-y-a-trop</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-avenir-On-ne-voit-rien-y-a-trop</guid>
		<dc:date>2011-10-18T07:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;gis Arriet</dc:creator>


		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>justice</dc:subject>
		<dc:subject>n'a</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>ministre</dc:subject>
		<dc:subject>comit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ao&#251;t</dc:subject>
		<dc:subject>Tunis</dc:subject>
		<dc:subject>avenue Bourguiba</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tiens, mais au fait&#8230; Et la Tunisie ? O&#249; en est-elle, neuf mois apr&#232;s sa R&#233;volution de jasmin ? &#192; Tunis, Sedjenene ou Ghardimaou, les quidams rencontr&#233;s par notre envoy&#233; sp&#233;cial partagent le m&#234;me constat : &#231;a n'a pas assez chang&#233; ! Heureusement, l'enthousiasme est toujours l&#224;. Reportage estival. L&#8216;avenue Bourguiba, au centre de Tunis. Quelque temps forum permanent de la r&#233;volution, elle s'est transform&#233;e en parking de la police anti&#233;meute tunisienne. Une ambiance persistante de fin de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ministre" rel="tag"&gt;ministre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comite" rel="tag"&gt;comit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aout" rel="tag"&gt;ao&#251;t&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunis" rel="tag"&gt;Tunis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avenue-Bourguiba" rel="tag"&gt;avenue Bourguiba&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tiens, mais au fait&#8230; Et la Tunisie ? O&#249; en est-elle, neuf mois apr&#232;s sa R&#233;volution de jasmin ? &#192; Tunis, Sedjenene ou Ghardimaou, les quidams rencontr&#233;s par notre envoy&#233; sp&#233;cial partagent le m&#234;me constat : &#231;a n'a pas assez chang&#233; ! Heureusement, l'enthousiasme est toujours l&#224;. Reportage estival.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH342/92_nardo_tunisie2-5b9e5.png?1782792593' width='400' height='342' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#8216;avenue Bourguiba&lt;/strong&gt;, au centre de Tunis. Quelque temps forum permanent de la r&#233;volution, elle s'est transform&#233;e en parking de la police anti&#233;meute tunisienne. Une ambiance persistante de fin de manif y r&#232;gne, entre des fourgons encore ab&#238;m&#233;s par la grosse gr&#234;le insurrectionnelle de janvier, et d'autres, flambant neufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certes, c'est la crise&lt;/strong&gt;, mais il faut bien avoir des investissements prioritaires, et l'automobile bleu marine en fait partie. Mohamed, &#233;tudiant aux beaux-arts, explique que &lt;i&gt;&#171; la police se concentre &#224; Tunis, noyau de la dictature &#187;.&lt;/i&gt; Chars, Humvee, et automitrailleuses de l'arm&#233;e stationnent devant les b&#226;timents officiels, derri&#232;re des rang&#233;es de barbel&#233;s. La r&#233;volution n'a jamais &#233;t&#233; aussi bien prot&#233;g&#233;e&#8230; d'elle-m&#234;me. Par chance, de nombreux graffitis &#171; Acab &#187; (&lt;i&gt;&#171; All cops are bastards &#187;&lt;/i&gt;) sont l&#224; pour rassurer le passant r&#233;volutionnaire anglophone. Vu de France, on peut parfois avoir l'impression que, le m&#233;chant dictateur ayant pris la poudre d'escampette, r&#232;gnent ici paix et d&#233;mocratie. Mais de Tunis jusqu'&#224; la fronti&#232;re alg&#233;rienne, au fil des rencontres, le refrain est sensiblement diff&#233;rent : ch&#244;mage, passe-droits, r&#233;pression, &lt;i&gt;&#171; rien n'a chang&#233; &#187;&lt;/i&gt;&#8230; ou alors pas grand-chose. Sameh, &#233;tudiante en architecture d'int&#233;rieur et photographe : &lt;i&gt;&#171; Il y a toujours des pages censur&#233;es, des personnes surveill&#233;es, des gens arr&#234;t&#233;s, tabass&#233;s, des journalistes qui sont agress&#233;s, qu'ils soient tunisiens ou &#233;trangers, qui se font confisquer leur mat&#233;riel. Les choses n'ont pas beaucoup chang&#233;. La diff&#233;rence, c'est qu'aujourd'hui les gens osent parler. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tunis, 15 ao&#251;t 2011&lt;/strong&gt;, &#231;a sent le gaz lacrymog&#232;ne. Deux manifs sont pr&#233;vues en ville. La premi&#232;re marche, bien encadr&#233;e par l'Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail (l'UGTT, unique centrale syndicale) parcourt rapidement l'avenue Mohamed-V tel un docile d&#233;fil&#233; syndical europ&#233;en. La seconde manif, appel&#233;e notamment par des organisations de jeunes &#8211; la Ligue tunisienne des droits de l'homme, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie et les conservateurs islamiques d'Ennahda &#8211; se fait bastonner &#224; peine sortie de la rue Mohamed-Ali&#8230; De l'ex-roi du Maroc ou du boxeur impertinent, choisis ton camp, camarade ! Les deux manifs avaient pourtant les m&#234;mes revendications : &lt;i&gt;&#171; On va demander que d&#233;gagent le ministre de l'Int&#233;rieur et le ministre de la Justice. On va demander l'ind&#233;pendance de la justice, l'arrestation des criminels qui ont tu&#233; les martyrs. On n'a pas encore ouvert ce dossier et on va insister pour qu'il le soit &#187;&lt;/i&gt;, raconte Salem, employ&#233; d'un petit commerce familial, venu du nord du pays pour l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tunis, 15 ao&#251;t 2011&lt;/strong&gt;, encore un mort en manif, alors que s'affiche d&#233;j&#224; sur les timbres-poste tunisiens le portrait du martyr Mohamed Bouazizi, l'&#233;tincelle immol&#233;e de la r&#233;volution. Le mort, celui de la manifestation pour l'ind&#233;pendance de la Justice, aurait eu l'id&#233;e saugrenue de se jeter au milieu de la foule depuis le cinqui&#232;me &#233;tage d'un immeuble. Les membres de sa famille font part de leur &#233;tonnement dans un texte relay&#233; sur Facebook et par l'association d'avocats &#201;quit&#233; et justice : &lt;i&gt;&#171; Il est cens&#233; s'&#234;tre jet&#233; du cinqui&#232;me &#233;tage, poursuit Sameh, et on a dit qu'il &#233;tait psychologiquement instable. Par contre, il n'a pas d'os bris&#233;, pas de dents cass&#233;es, il a juste une blessure &#224; la t&#234;te. On ne sait pas comment quelqu'un peut chuter du cinqui&#232;me &#233;tage sans &#234;tre compl&#232;tement amoch&#233;. Voil&#224;, on attend toujours des r&#233;ponses qui tardent &#224; venir et qui ne viendront probablement jamais. &#187;&lt;/i&gt; Des dents, il en manque par contre &#224; Beji Ca&#239;d Essebsi. Cet ancien ministre de Bourguiba &#8211; il va sur ses 85 ans quand m&#234;me, le ministre transitoire &#8211;, s'emporte face aux critiques. Premier sinistre du gouvernement de transition, il en a m&#234;me perdu son dentier en direct &#224; la t&#233;l&#233; le 19 ao&#251;t dernier !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_202 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH550/92_nardo_tunisie1-1c66e.png?1782660851' width='400' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pr&#233;sident de l'Instance sup&#233;rieure ind&#233;pendante pour les &#233;lections&lt;/strong&gt;, Kamel Jendoubi, a lui-m&#234;me jug&#233; le 16 ao&#251;t que &lt;i&gt;&#171; le climat de tension et de r&#233;pression que conna&#238;t actuellement le pays n'est pas du tout favorable pour la bonne tenue des &#233;lections &#187;&lt;/i&gt; de l'Assembl&#233;e constituante, qui auront lieu le 23 octobre prochain. Avec plus d'une centaine de partis, dont beaucoup cr&#233;&#233;s de toutes pi&#232;ces par d'ex-cadres du Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique (RCD, parti de l'ex-pr&#233;sident Zine el-Abidine Ben Ali), la Tunisie a bascul&#233; dans un multipartisme effr&#233;n&#233; qui n'emballe pas pour autant ses citoyens.&lt;i&gt; &#171; Mais je ne peux quand m&#234;me pas appeler au boycott&lt;/i&gt;, confie Tarek, &#233;tudiant tunisois, &lt;i&gt;parce que de toute fa&#231;on c'est une &#233;ch&#233;ance qui va changer la donne. On a besoin d'avoir de nouvelles donn&#233;es parce que l&#224;, on s'enlise vraiment. On peut dire que les &#233;lections m'int&#233;ressent car elles sont inscrites dans un certain processus. Mais elles ne m'int&#233;ressent pas en tant que telles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'int&#233;rieur du pays&lt;/strong&gt;, les comit&#233;s de protection de la r&#233;volution sont l'autre face du processus, celle qui r&#233;voque, celle qui d&#233;gage, celle qui r&#233;clame justice. Collectifs autonomes n&#233;s au lendemain de la chute de Ben Ali, quand les habitants avaient d&#251; organiser eux-m&#234;mes la s&#233;curit&#233; de leurs quartiers, ils ont perdur&#233; dans de nombreuses villes et campagnes. &#192; Sedjenene, bourg rural du Nord, dans le gouvernorat de Bizerte, le comit&#233; de protection de la r&#233;volution a anim&#233; l'&#233;t&#233; en faisant d&#233;gager le d&#233;l&#233;gu&#233; du gouverneur (&#233;quivalent du sous-pr&#233;fet), le directeur de l'h&#244;pital et celui de l'administration des for&#234;ts. &lt;i&gt;&#171; On a voulu nettoyer les institutions de l'&#201;tat o&#249; il restait des hommes de Ben Ali, des hommes qui avaient commis des crimes contre des citoyens &#187;&lt;/i&gt;, s'enthousiasme Salem. Il voudrait ainsi &lt;i&gt;&#171; nettoyer les institutions des voleurs et des criminels avant que n'ait lieu la Constituante &#187;&lt;/i&gt;. Ces comit&#233;s s'emparent aussi des questions &#233;conomiques et sociales longtemps contr&#244;l&#233;es par les caciques du RCD. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas une r&#233;volution pour d&#233;gager quelqu'un&lt;/i&gt;, affirme Meher, dipl&#244;m&#233; ch&#244;meur du comit&#233; de Sedjenene, &lt;i&gt;c'est une r&#233;volution pour changer la politique, l'&#233;conomie, d&#233;velopper la soci&#233;t&#233;, pour que les gens vivent mieux que sous le r&#233;gime de Ben Ali. &#187; &#171; Par exemple&lt;/i&gt;, poursuit Houssem, &lt;i&gt;nous avons un projet autour de la production et la commercialisation des poteries berb&#232;res de Sedjenene, pour am&#233;liorer le niveau de vie des femmes rurales. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ghardimaou, &#224; deux pas de l'Alg&#233;rie&lt;/strong&gt;, autre ville rurale du Nord-Ouest. Le comit&#233; du coin y publie un journal mensuel gratuit et profite de l'&#233;t&#233; et de quelques subventions gratt&#233;es au gouvernorat pour am&#233;liorer l'&#233;tat des &#233;coles. Il essaie aussi de r&#233;organiser une ferme qui h&#233;berge un centre de formation professionnelle pour des personnes handicap&#233;es, mais ce n'est pas simple : les derniers responsables de l'Association parents et amis des handicap&#233;s sont partis avec la caisse ! &lt;i&gt;&#171; Les gros n'ont pas &#233;t&#233; jug&#233;s, et tu crois qu'ils vont juger les petits ? Nous, on veut r&#233;former toute l'association. On veut essayer de trouver des ressources. Dans la ferme, il y a plus de 700 oliviers, des vaches, il y a tout ! &#187;&lt;/i&gt;, s'emporte Hassan, instit et membre du comit&#233; de Ghardimaou. Ch&#244;meurs, dipl&#244;m&#233;s ou non, ouvriers, profs, p&#234;cheurs, avocats, comptables, petits commer&#231;ants, les membres de ces comit&#233;s de protection de la r&#233;volution partagent avec les activistes tunisois le sentiment que peu de choses ont chang&#233;, mais aussi celui que la rentr&#233;e sera chaude, comme on dit dans les officines syndicales. &lt;i&gt;&#171; Quand on aura entam&#233; une autre r&#233;volution, on pourra dire que celle-l&#224; est finie &lt;/i&gt; &#187;, murmure Ka&#239;s &#224; la terrasse d'un caf&#233;, entre clope et th&#233; &#224; la menthe. La musique de Bella ciao r&#233;sonne soudain sur la terrasse&#8230; Qu'est-ce qu'y s'passe ?! La rentr&#233;e sociale ? La deuxi&#232;me r&#233;volution ? Non, ce n'est que l'air de la derni&#232;re pub pour Danette&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie, le business de l'exil</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tunisie-le-business-de-l-exil</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Tunisie-le-business-de-l-exil</guid>
		<dc:date>2011-06-27T07:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathaly Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Nathaly Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>Zarzis</dc:subject>
		<dc:subject>passeurs</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ville c&#244;ti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>vague</dc:subject>
		<dc:subject>harragas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage. D&#232;s le 27 d&#233;cembre, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no89-mai-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;89 (mai 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathaly-Saint-Hilaire-64" rel="tag"&gt;Nathaly Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zarzis" rel="tag"&gt;Zarzis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/passeurs" rel="tag"&gt;passeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ville-cotiere" rel="tag"&gt;ville c&#244;ti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vague" rel="tag"&gt;vague&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/harragas" rel="tag"&gt;harragas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/Dauphins89-7740a.png?1782640935' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nathaly Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le 27 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux personnes sont tu&#233;es et dix-sept bless&#233;es par les forces de l'ordre. Le lendemain, le Conseil populaire de la r&#233;volution est form&#233; et le si&#232;ge du RCD est saccag&#233;. Les deux commissariats sont &#233;galement incendi&#233;s, mais cette fois par les policiers eux-m&#234;mes afin de ne laisser aucune trace des exactions pass&#233;es. Pr&#233;c&#233;dant de peu Ben Ali et sa famille, les forces de police et de la Garde nationale s'enfuient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zarzis lib&#233;r&#233;e, profitant opportun&#233;ment de l'absence soudaine des gardes-c&#244;tes, les premiers harragas&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; partent le 17 janvier. D'apr&#232;s les estimations, entre 4 000 &#224; 6 000 Zarzissiens mettent les bouts dans les semaines suivantes. Les d&#233;parts de bateaux, parfois au nombre de cinq &#224; six par jour, ne vont pas discontinuer. Et &#224; partir du 17 f&#233;vrier, c'est une seconde vague de milliers de personnes venues cette fois de toute la Tunisie qui s'embarque &#224; Zarzis pour tenter de rejoindre l'&#238;le italienne de Lampedusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adib, professeur d'allemand, rappelle qu'&lt;i&gt;&#171; au d&#233;but, c'&#233;tait une impulsion, mais en ce qui concerne cette deuxi&#232;me vague, il ne s'agit plus que de profit et rien d'autre. L'id&#233;e &#233;tait l&#224;, avant la r&#233;volution. Les passeurs ont profit&#233; du rel&#226;chement policier. Les d&#233;parts avaient lieu en plein jour. Toutes les transactions se faisaient sur les terrasses des caf&#233;s, dans la rue. &#187;&lt;/i&gt; Le prix de la travers&#233;e se n&#233;gociait d'abord autour de 2 000 dinars (1 008 euros), puis 1 000 lors de la deuxi&#232;me vague, pour atteindre actuellement 2 500 dinars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#234;cheurs vendaient leurs bateaux quand ils ne partaient pas avec, pour ne pas se les faire voler ou pour faire rapidement fortune. Lors de la premi&#232;re vague, les harragas n&#233;gociaient directement avec les capitaines des bateaux, ensuite ce sont souvent des commer&#231;ants de la ville et des &#233;migr&#233;s de retour au pays qui ont investi dans ce nouveau business. &#192; 70 000 dinars (35 300 euros) le prix de vente moyen d'un bateau d&#233;barrass&#233; de tous ses &#233;quipements et pouvant embarquer de soixante-dix &#224; cent vingt personnes, les profits &#233;taient maximaux. Les passeurs ont &#233;galement d&#233;velopp&#233; un autre business : la location de v&#233;hicules au personnel des organisations internationales et aux journalistes afin de desservir les h&#244;tels, l'a&#233;roport de Djerba-Zarzis et les camps de r&#233;fugi&#233;s libyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trafics prennent un tel essor qu'ils en bouleversent l'&#233;conomie locale, la premi&#232;re vague d'exil engendrant une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre dans tous les secteurs : la p&#234;che surtout, mais aussi les caf&#233;s et le b&#226;timent. Les habitants de Zarzis sont d&#233;sempar&#233;s par ce bouleversement &#233;conomique et social. La plupart de ceux qui restent veulent construire &lt;i&gt;&#171; une nouvelle Tunisie &#187;&lt;/i&gt; et refusent toute forme de complicit&#233; avec &lt;i&gt;&#171; les riches de guerre &#187;, &#171; ces profiteurs de la r&#233;volution qui se sont enrichis avec le commerce des harragas &#187;&lt;/i&gt;, explique Ali Fellah, repr&#233;sentant de la coordination locale de l'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs. La situation est toutefois complexe car ici personne ne peut ignorer ce que chacun fait et pense : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si je ne te connais pas, ce qui est s&#251;r c'est que je connais ton fr&#232;re, ou ton cousin, ou ton beau-fr&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Moez, un ancien officier de l'arm&#233;e. De plus, on trouve parmi les passeurs tous les profils : ch&#244;meurs, employ&#233;s, p&#234;cheurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les d&#233;parts impliquent le recours &#224; de nombreuses petites mains.
Mais aujourd'hui, les passeurs ont de plus en plus de peine &#224; trouver de bons bateaux. Les meilleurs sont d&#233;j&#224; tous partis pour Lampedusa, o&#249; ils sont syst&#233;matiquement d&#233;truits. Restent les embarcations les moins s&#251;res et les naufrages, souvent mortels, se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res semaines. Les harragas commencent aussi &#224; manquer. Le trafic d&#233;cline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil populaire de la r&#233;volution interpelle fr&#233;quemment la d&#233;l&#233;gation de Zarzis et le gouvernorat de M&#233;denine, afin qu'ils mettent un terme &#224; l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par les trafics. Sans succ&#232;s. La Garde nationale maritime est bien revenue, mais reste aussi passive que l'arm&#233;e. Le 11 avril, des passeurs ont m&#234;me r&#233;cup&#233;r&#233; un bateau saisi par les gardes nationaux. Ces derniers, retranch&#233;s dans leur poste sur le port, les ont laiss&#233;s remettre le navire &#224; flot et pousser leur 4x4 dans le bassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup pensent que les harragas constituent pour le gouvernement tunisien un atout majeur dans le cadre de ses n&#233;gociations avec l'Union europ&#233;enne afin d'obtenir de nouveaux cr&#233;dits et autres pr&#234;ts. D'o&#249; l'inaction des forces de s&#233;curit&#233;, qui serait une fa&#231;on de mettre le peuple au pied du mur : l'obliger &#224; choisir entre libert&#233; et s&#233;curit&#233;. Et en laissant partir des dizaines de milliers de harragas, l'&#201;tat tunisien se d&#233;barrasse &#224; peu de frais d'une partie de la jeunesse dont il ne sait finalement que faire.
Tous souhaitent que les politiques europ&#233;ennes de restriction en mati&#232;re de visas changent radicalement. &lt;i&gt;&#171; On est coinc&#233;s ici&lt;/i&gt;, explique Zyed, &lt;i&gt;un jeune m&#233;decin, on ne peut pas partir en Europe l&#233;galement et quand je vois des touristes fran&#231;ais me regarder de haut, j'enrage. Nous n'avons m&#234;me pas le droit de faire du tourisme. On veut juste voir quelque chose de diff&#233;rent. Faire la m&#234;me chose que vous, prendre un sac &#224; dos et partir. Vous pouvez quand m&#234;me comprendre qu'avec l'Alg&#233;rie et la Libye &#224; c&#244;t&#233;, on ait envie d'aller voir ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;NDLR : Une fois n'est pas coutume, une version longue de ce texte est disponible sur &lt;a href=&#034;http://setrouver.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://setrouver.wordpress.com&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ne pas en rester l&#224; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ne-pas-en-rester-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ne-pas-en-rester-la</guid>
		<dc:date>2011-06-07T07:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>partie</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Takrizo ergo</dc:subject>
		<dc:subject>ergo sum</dc:subject>
		<dc:subject>Takrizo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Takriz ! En dialecte tunisien, l'expression veut dire sans ambages &#171; Ras les couilles ! &#187;. Il y a plus de 600 000 visiteurs quotidiens sur cette page Facebook avec une pointe &#224; 2 millions dans la semaine qui a suivi le d&#233;part de Ben Ali. Les &#171; Libres &#187;, comme ils s'appellent, sont sur Internet, mais aussi dans la rue, les manifs et les &#233;meutes. Rencontre avec F&#339;tus, l'un des animateurs de ce r&#233;seau. CQFD : Votre slogan est &#171; Takrizo ergo sum &#187;, mais qui &#234;tes-vous ? F&#339;tus : D'un groupe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/partie" rel="tag"&gt;partie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Takrizo-ergo" rel="tag"&gt;Takrizo ergo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ergo-sum" rel="tag"&gt;ergo sum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Takrizo" rel="tag"&gt;Takrizo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Takriz ! En dialecte tunisien, l'expression veut dire sans ambages &#171; Ras les couilles ! &#187;. Il y a plus de 600 000 visiteurs quotidiens sur cette &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/takrizo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; avec une pointe &#224; 2 millions dans la semaine qui a suivi le d&#233;part de Ben Ali. Les &#171; Libres &#187;, comme ils s'appellent, sont sur Internet, mais aussi dans la rue, les manifs et les &#233;meutes. Rencontre avec F&#339;tus, l'un des animateurs de ce r&#233;seau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Votre slogan est &#171; Takrizo ergo sum &#187;, mais qui &#234;tes-vous ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#339;tus&lt;/strong&gt; : D'un groupe de potes de quartier, &#224; Tunis, impliqu&#233;s dans diverses actions de contestation du pouvoir en 1998, on est pass&#233;s &#224; la cr&#233;ation d'un r&#233;seau en 2002 suite au d&#233;part forc&#233; de plusieurs d'entre nous. Nous sommes comme des araign&#233;es qui tissent une toile, une esp&#232;ce d'organisation anarchique de groupes de potes dans laquelle il n'y a pas beaucoup d'interdit. Takriz a imprim&#233; une gazette et beaucoup de textes qui ont &#233;t&#233; distribu&#233;s dans les caf&#233;s et les bo&#238;tes aux lettres au d&#233;but de la R&#233;volution. Nous n'&#233;tions pas les seuls. Apr&#232;s le d&#233;part de Ben Ali, les jeunes se sont empar&#233;s d'imprimantes dans les lyc&#233;es, les facs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et quelles sont vos actions aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'attaque &#224; toute forme d'injustice. On trouve des jeunes qui se reconnaissent dans Takriz partout dans le pays. Le 25 mars, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a diffus&#233; un communiqu&#233; contre les r&#233;seaux qui appellent &#224; faire des sit-in, qui &lt;i&gt;&#171; incitent &#224; la violence et &#224; des &#233;meutes &#187;&lt;/i&gt;, et les menace d'arrestation. On est, &#233;videmment, directement vis&#233;s. Une de nos forces, c'est notre clandestinit&#233;. Avec &#231;a, on les baise, et &#231;a les &#233;nerve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la R&#233;volution tunisienne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu du courage parti d'une impulsion sentimentale devant les morts et les bless&#233;s. Mais depuis le d&#233;part de Ben Ali, rien n'a &#233;t&#233; fait par rapport aux snipers, &#224; la police, &#224; ce qui s'est pass&#233; le 14 janvier. Le ministre de l'Int&#233;rieur, limog&#233; le 28 mars, a supprim&#233; la police politique, mais personne n'est pass&#233; devant les juges. Il a dissous le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique [RCD, parti de Ben Ali] sans qu'il n'y ait aucune poursuite contre ces gens. C'&#233;tait du bluff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos revendications sont celles de beaucoup de jeunes. Que ceux de la police ayant tir&#233; ou donn&#233; l'ordre de tirer soient arr&#234;t&#233;s et que l'&#201;tat reconnaisse ses crimes. Qu'il y ait un audit des grands patrons pour qu'ils expliquent d'o&#249; ils tiennent leur fortune. Que les gens du comit&#233; central du RCD, tous les hauts fonctionnaires, soient d&#233;finitivement cass&#233;s politiquement, et qu'on chope Ben Ali. Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en trois parties. Le RCD et les profiteurs qui constituent la partie la plus mena&#231;ante. La partie inculte de la population qui a peur de tout et qui regrette la Tunisie d'avant. Et une troisi&#232;me partie qui est en train de bouillir, comme les jeunes et ceux &#224; l'int&#233;rieur du pays, qui sont plus d&#233;favoris&#233;s et rejettent ces op&#233;rations de manipulations par la peur. Ils se sont encore fait avoir, et ils le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que ce qui a fait partir Ben Ali, ce ne sont pas les marches de l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs tunisiens [UGTT, syndicat unique sous Ben Ali] : ce sont tous les commissariats qui ont br&#251;l&#233;, les maisons des benalistes qui ont &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;es. Quand tu casses leur ordre, c'est l&#224; que les choses changent. S'il n'y a pas d'&#233;meutes, rien ne va changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que va-t-il se passer maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse ne s'est pas lib&#233;r&#233;e, la t&#233;l&#233; est encore pire. Elles parlent sans arr&#234;t de la peur et du d&#233;sordre. &#192; propos de la Constituante, personne ne conna&#238;t les gens qui sont en train de pr&#233;parer le Code &#233;lectoral. L'arm&#233;e n'est pas claire. Il y a des preuves qui montrent qu'elle a prot&#233;g&#233; les snipers. Il ne faut pas oublier que le g&#233;n&#233;ral Rachid Ammar&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; avait &#233;t&#233; nomm&#233; par Ben Ali apr&#232;s l'an&#233;antissement de tout l'&#233;tat-major lors d'un accident d'h&#233;licopt&#232;re en 2002&#8230; Le gouvernement dit qu'il va donner de l'argent pour des projets de d&#233;veloppement. Mais ce n'est pas le probl&#232;me de la bouffe qui a fait la R&#233;volution. Comme on dit, &#171; on ne veut pas qu'on nous offre du poisson, on veut apprendre &#224; p&#234;cher &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu dresses un tableau tr&#232;s sombre de la situation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est positif, c'est que dans une grande partie de la population, la peur est partie. Les conseils de protection de la R&#233;volution, ind&#233;pendants et autonomes, qui g&#232;rent des villes et des r&#233;gions risquent, h&#233;las, de ne pas durer&#8230; &#192; long terme les jeunes ne vont pas accepter la transition qui est impos&#233;e aujourd'hui. Mais cela va prendre du temps pour que les mentalit&#233;s changent. Les jeunes disent que ce sont eux qui ont fait la R&#233;volution. Qu'ils soient ignor&#233;s fait que &#231;a ne peut pas en rester l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la plate-forme politique de Takriz ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons avant tout un &#201;tat de droit avec un vote libre et transparent, avec une participation &#233;quitable de tous. La d&#233;mocratie, c'est la souverainet&#233; du peuple avec la s&#233;paration des pouvoirs. Il faudrait inventer un syst&#232;me propre &#224; la Tunisie et que tout soit reconstruit sur des bases d&#233;mocratiques. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le basculement d'un monde</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-basculement-d-un-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-basculement-d-un-monde</guid>
		<dc:date>2011-05-12T07:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisienne</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>jeune Tunisienne</dc:subject>
		<dc:subject>l'apr&#232;s-midi rejoindre</dc:subject>
		<dc:subject>Ounss</dc:subject>
		<dc:subject>voitures</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le 14 janvier [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays], avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur, raconte Ounss, une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune" rel="tag"&gt;jeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunisienne" rel="tag"&gt;Tunisienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-Tunisienne" rel="tag"&gt;jeune Tunisienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-apres-midi-rejoindre" rel="tag"&gt;l'apr&#232;s-midi rejoindre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ounss" rel="tag"&gt;Ounss&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voitures" rel="tag"&gt;voitures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 14 janvier&lt;/i&gt; [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays],&lt;i&gt; avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; raconte Ounss, &lt;i&gt;une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187;&lt;/i&gt; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, accompagn&#233;es d'un jeune gar&#231;on, dans un parking souterrain. Depuis leur cachette, ils entendent les tirs et les coups. Au bout de plusieurs heures, le p&#232;re du jeune homme vient les chercher et les emm&#232;ne chez lui pour y passer la nuit. Alors que la famille semble tr&#232;s religieuse, la m&#232;re, qui porte le hidjeb, l&#226;che dans la conversation :&lt;i&gt; &#171; Il ne faut surtout pas que les islamistes arrivent au pouvoir. &#187; &#171; C'est un sentiment extr&#234;mement r&#233;pandu ici &#187;&lt;/i&gt;, confirme Ounss.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 15 janvier, les deux amies d&#233;cident de regagner leur quartier, en traversant le quartier du Kram. En une nuit, le monde a bascul&#233;. Partout des voitures br&#251;l&#233;es, parfois entass&#233;es les unes sur les autres. Les postes de police, les banques et le si&#232;ge du RCD fument encore. Certains sont all&#233;s sur le port de la Goulette s'emparer des Porsche dans un garage flambant neuf, appartenant &#224; Sahker el Materi, gendre de Ben Ali, et se livrent &#224; de joyeux rod&#233;os dans les rues du quartier. Des jeunes s'&#233;changent les voitures de luxe pour un ou deux dinars, avant d'en d&#233;monter quelques pi&#232;ces et d'y mettre le feu, sous l'&#339;il ahuri de la police de la route. Les comit&#233;s de vigilance du quartier ont dress&#233; des barrages et, sous les &#233;clats de rire de la foule, se r&#233;galent &#224; arr&#234;ter les rares camions de flics pour les contr&#244;ler et les fouiller, non sans exiger que les fonctionnaires les saluent respectueusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les points de contr&#244;le &#233;tablis par les comit&#233;s de quartiers, l'habituel gibier des forces de s&#233;curit&#233; se transforme en chasseur. Eya, une jeune femme de Rad&#232;s, raconte : &lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais sur un barrage. Un gros Toyota est arriv&#233; avec cinq types dedans. On les a arr&#234;t&#233;s. Le chauffeur a dit qu'ils travaillaient au port. On les a laiss&#233; passer tout en se disant qu'ils ne semblaient pas clairs. Ils sont revenus quelques instants plus tard. On leur a demand&#233; de sortir de la voiture. On n'avait que des couteaux et des barres de bois et de fer. Un des types a sorti une arme et s'est mis &#224; tirer. La panique a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, mais les soldats sont arriv&#233;s rapidement. Deux des types ont &#233;t&#233; abattus imm&#233;diatement. Un autre a &#233;t&#233; retrouv&#233; au matin par des habitants, cach&#233; dans un jardin&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques jours, snipers, membres de la garde pr&#233;sidentielle de Ben Ali et miliciens arm&#233;s du RCD vont se r&#233;pandre dans la ville et ses faubourgs, semant le chaos et la mort. Selon Ounss, un grand nombre d'entre eux venaient du palais du dictateur, &#224; Carthage. Leur but : cr&#233;er la panique et des diversions afin d'aller lib&#233;rer Ali Seriati, leur chef arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233;. Tirs au hasard dans les rues, depuis les toits et des voitures lanc&#233;es &#224; grande vitesse. Sept personnes sont tu&#233;es au Kram par des rafales de fusils-mitrailleurs l&#226;ch&#233;es en passant. Dans le quartier d'El Khadra, Eya montre les impacts sur les b&#226;timents et explique que des balles ont travers&#233; les murs et tu&#233; des gens chez eux&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
