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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>J&#233;sus, reviens !</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te. Ce 16 mars, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars, au matin, tous les militants syndicaux &#233;lus, CGT, CFDT, CFTC et CGC, ainsi que la direction de Borealis, sont convoqu&#233;s au tribunal d'instance de Rouen, salle des contentieux professionnels. La salle n'est pas tr&#232;s remplie et la plupart des convoqu&#233;s ont d&#233;clin&#233; l'invitation. Quelques affaires passent rapidement. La plupart sont des conflits entre des salari&#233;s et leurs dirigeants, pour des &#233;lections professionnelles douteuses, pour des heures suppl&#233;mentaires non reconnues ou encore pour des rapports houleux entre patrons et syndicats sur des chantiers du BTP. Le quotidien du salariat. Concernant Borealis, on se trouve sur un autre registre et d'ailleurs la pr&#233;sidente s'en &#233;tonne. C'est une jeune juge plut&#244;t marrante (si !) qui se moque un peu de la CFDT qui est &#224; l'origine de la plainte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p12-cqfd59-29528.png?1779602743' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons un peu en arri&#232;re sur les &#233;v&#232;nements qui ont conduit tout ce beau monde devant la justice. En d&#233;cembre dernier ont eu lieu les &#233;lections professionnelles. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le m&#234;me que les autres ann&#233;es, &#224; savoir que la CGT (m&#234;me en l&#233;g&#232;re perte de vitesse) reste en t&#234;te, suivie par la CFDT, et la CGC qui progresse timidement. La CFTC, malgr&#233; une campagne d&#233;magogique, n'a r&#233;ussi &#224; gratter que peu de bulletins en sa faveur. La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale est impitoyable : avec moins de 10% des voix, l'organisation de d&#233;fense des travailleurs chr&#233;tiens n'a plus d'heures de d&#233;l&#233;gation dans les instances, comme le comit&#233; d'&#233;tablissement, et se retrouve donc dans un &#233;tat de nudit&#233; des plus christiques. Pour autant, son d&#233;l&#233;gu&#233; a fait une demande pour avoir un repr&#233;sentant syndical au CE. C'est une question d'usage. Cela se faisait auparavant dans la bo&#238;te et la CFDT, en son temps, en avait &#233;galement profit&#233;. La CGC a appuy&#233; dans ce sens de m&#234;me que la direction, pleine de mansu&#233;tude envers ce syndicat qui signe tous les accords qu'on lui pr&#233;sente. La CGT aurait eu de bonnes raisons de marquer son refus : la CFTC, avec son discours populiste et clivant (montant les fabricants contre les administratifs, par exemple), n'avait-elle pas tent&#233; de capter quelques-uns de ses soutiens en s'adressant &#224; la m&#234;me population de prolos ? Elle s'est pourtant abstenue de tirer sur l'ambulance. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc de la CFDT que l'estocade judiciaire est venue. Histoire d'enfoncer le clou dans la croix de la CFTC, les c&#233;d&#233;tistes ont port&#233; l'affaire devant le tribunal, eux qui n'ont jamais attaqu&#233; la direction de la bo&#238;te ! La juge s'est d'ailleurs inqui&#233;t&#233;e de cette absence d'am&#233;nit&#233; envers des &#171; camarades de lutte &#187;. Dans la salle, les avocats d&#233;blat&#232;rent pour savoir par quel bout prendre cette affaire tant le vide jurisprudentiel est intersid&#233;ral, du fait que c'est une loi r&#233;cente. En qu&#234;te d'une issue, la juge demande &#224; la CGT son sentiment. On parle d'usages, de d&#233;mocratie et tout le tralala. La juge semble acquiescer, mais osera-t-elle cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent ? On ne le saura que dans un mois. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel acharnement de la CFDT &#224; l'encontre d'un alli&#233; d&#232;s qu'il s'agit de s'aplatir devant la direction de l'usine ? Rappelons que la CFDT est un syndicat de contrema&#238;tres qui go&#251;tent assez peu la pr&#233;sence de prolos dans les r&#233;unions feutr&#233;es avec le patron. Les militants CFTC font taches dans le paysage avec leurs mani&#232;res grossi&#232;res et leurs esclandres qui tombent &#224; plat. Les voir d&#233;barrasser le plancher semble &#234;tre une opportunit&#233; &#224; saisir. &#199;a c'est du syndicalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re fourberie en date des c&#233;d&#233;tistes, leur participation, le 20&#8200;mars dernier, aux c&#244;t&#233;s des dirigeants du secteur de la plasturgie et des industries papeti&#232;res au &#171; premier symposium inter-conventionnel du dialogue social &#187;. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents, avec le Medef, les ministres Macron et Rebsamen pour &#171; &lt;i&gt; red&#233;finir les p&#233;rim&#232;tres et les limites de l'action syndicale&lt;/i&gt; &#187;. Surtout les limites, puisque cet ar&#233;opage &#233;tait invit&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;fl&#233;chir sur l'existence des conventions collectives en supprimant la culture des avantages acquis&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, une manif de salari&#233;s venus d'entreprises en lutte tentait de ramener les d&#233;bats &#224; quelques urgences plus concr&#232;tes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Direction zoo de la D&#233;fense</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>Pascal</dc:subject>
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		<dc:subject>Fin ao&#251;t</dc:subject>
		<dc:subject>CGC</dc:subject>
		<dc:subject>Eni&#232;me r&#233;union</dc:subject>
		<dc:subject>long mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>Eni&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat CGC</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L239xH239/92_Efix-101a8.png?1779602780' width='239' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 ao&#251;t, p&#233;riode habituelle des coups fourr&#233;s, mais personne ne s'est pr&#233;sent&#233; &#224; la table de n&#233;gociation (sauf la CGC, of course).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, aujourd'hui, c'est encore une r&#233;union pour rien. D'autres sont pr&#233;vues dans quelques jours, histoire de plier le dossier fin septembre. On va sans doute, sauf si les copains r&#233;ussissent &#224; se mettre en gr&#232;ve, vers une application unilat&#233;rale des volont&#233;s de la direction sans accord syndical. Le midi, avec Bruno et Pascal, on quitte les bureaux pour aller se sustenter. Pas facile, dans ce quartier de la D&#233;fense de trouver un restau sympa. Les quelques boutiques populaires ont &#233;t&#233; chass&#233;es il y a bient&#244;t un an. Le &#171; petit arabe &#187;, le kebab, le restau pakistanais et quelques autres, qui ne d&#233;figuraient m&#234;me pas le paysage puisqu'ils &#233;taient sous terre, ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour construire un nouvel espace commercial de luxe, plus en phase avec l'image de l'endroit. Donc on se retrouve dans un restaurant sans charme, avec une d&#233;co de pseudo bistrot parisien et une carte hors de prix qui sent le surgel&#233; et le micro-ondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, une grande tabl&#233;e rassemble une douzaine de personnes. Des hommes, la trentaine, tous en uniforme de cadre ou de commercial. Comme il fait tr&#232;s lourd dans la salle, presque tous ont fait tomber la veste et arborent chemisettes blanches (ou &#224; fines rayures) et cravates l&#233;g&#232;rement desserr&#233;es. Au plat du jour, tous semblent avoir pr&#233;f&#233;r&#233; le &#171; hamburger maison &#187; accompagn&#233; de feuilles de laitue et de frites surgel&#233;es. Peut-&#234;tre qu'ainsi ils se croient &#224; Wall Street. Ils parlent fort et, pour nous trois, c'est difficile de discuter. Pascal veut m&#234;me se lever pour les faire taire mais je lui fais signe de laisser tomber. &#171; Oui, je vois, tu observes ce groupe de primates &#187;, me dit-il. Et c'est exactement &#231;a.
Il semble qu'il y ait un chef de meute, un meneur. Il parle beaucoup, tient des propos guerriers sur les objectifs de l'entreprise. Les autres boivent ses paroles, ou du moins, veulent le faire croire. Le ros&#233; aidant, la tabl&#233;e se fait de plus en plus bruyante. Il y a beaucoup de frime aussi avec l'abus de pseudo-anglicismes. Peut-&#234;tre se croient-ils dans un film ? Il y a aussi un m&#233;lange particulier de connivence et de rivalit&#233; entre ces personnages. Tout le monde parle r&#233;sultats et &#171; r&#232;gle d'or &#187;, concurrence et clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ? Non. Je remarque que l'un d'eux ne se m&#234;le pas &#224; la conversation. Il a l'air mal &#224; l'aise et reste le seul &#224; ne pas avoir quitt&#233; sa veste. Il est en retrait par rapport &#224; tous ses coll&#232;gues. Et puis, profitant d'un moment de silence, voil&#224; qu'il lance &#224; l'assembl&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Je crois que ma femme me trompe. &#187;&lt;/i&gt; Oups. Personne ne s'attendait &#224; &#231;a. Il continue : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas assez souvent &#224; la maison, je fais des heures en pagaille pour la bo&#238;te&#8230; Du coup Delphine a trouv&#233; quelqu'un. &#187;&lt;/i&gt; Il se tait de nouveau, balaie une longue m&#232;che rebelle qui lui cache les yeux puis conclut : &lt;i&gt;&#171; Je le sais, j'ai lu ses SMS. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces mots, il se l&#232;ve et quitte la table et le restaurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance reste coite. Plus un mot. Peut-&#234;tre a-t-il touch&#233; ses coll&#232;gues l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : leur temps vendu &#224; l'entreprise les fait passer &#224; c&#244;t&#233; d'autres choses. Mais le meneur reprend vite la main. Il est rouge, au bord d'&#233;clater, le vin, le manque d'a&#233;ration et cette sc&#232;ne qu'on croirait tir&#233;e d'un film&#8230; c'est trop pour lui. Il enl&#232;ve sa cravate et tout de suite &#231;a va mieux. Alors il peut parler : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on c'est un looser. Il ne pourra pas rester dans la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et tous de reprendre la discussion, en parlant encore plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps pour Pascal, Bruno et moi de quitter ce lieu pas fait pour nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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