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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Olivier Tesquet : &#171; Dans la rue comme sur Facebook, notre visage ne nous appartient plus &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#201;tat d'urgence technologique. Voil&#224; le titre aussi parlant qu'alarmant du dernier ouvrage du journaliste Olivier Tesquet. Il y d&#233;crit comment la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e a &#233;tendu son emprise &#224; la faveur de la pand&#233;mie, avec d'&#233;tranges acteurs aux manettes. Zoom, en sa compagnie, sur cinq entreprises m&#233;connues du grand public qui propagent le germe du flicage technologique &#224; vitesse grand V(irus). En janvier 2020, au temps d'avant donc, le journaliste Olivier Tesquet publiait &#192; la trace. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;tat d'urgence technologique&lt;/i&gt;. Voil&#224; le titre aussi parlant qu'alarmant du dernier ouvrage du journaliste Olivier Tesquet. Il y d&#233;crit comment la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e a &#233;tendu son emprise &#224; la faveur de la pand&#233;mie, avec d'&#233;tranges acteurs aux manettes. Zoom, en sa compagnie, sur cinq entreprises m&#233;connues du grand public qui propagent le germe du flicage technologique &#224; vitesse grand V(irus).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-1735-1d217.jpg?1782748795' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2020, au temps d'avant donc, le journaliste Olivier Tesquet publiait &lt;i&gt;&#192; la trace. Enqu&#234;te sur les nouveaux territoires de la surveillance &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Premier parall&#232;le, comme le deuxi&#232;me ouvrage cit&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un livre qui d&#233;j&#224; faisait office de sonnette d'alarme, volume au max. Ce sp&#233;cialiste des nouvelles technologies, qui bosse notamment pour &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, y diss&#233;quait la pr&#233;dation de nos donn&#233;es par de multiples biais, des cam&#233;ras de surveillance aux assistants vocaux en passant par les r&#233;seaux sociaux, nos achats en ligne ou nos brosses &#224; dents connect&#233;es. Il y a le feu au lac dystopique, disait-il en substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que la situation ne s'est pas am&#233;lior&#233;e depuis l'irruption plan&#233;taire du Covid. Le constat est simple : s'il y avait fuite en avant, il y a d&#233;sormais grande ru&#233;e. Car la pand&#233;mie a encore acc&#233;l&#233;r&#233; le mouvement qui voit nos espaces publics et priv&#233;s &#234;tre envahis par des cohortes de pr&#233;dateurs assoiff&#233;s de &lt;i&gt;big data&lt;/i&gt;, ce nouvel or noir. Olivier Tesquet a donc planch&#233; sur un nouvel opus, publi&#233; en f&#233;vrier : &lt;i&gt;&#201;tat d'urgence technologique. Comment l'&#233;conomie de la surveillance tire parti de la pand&#233;mie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se compl&#233;tant parfaitement, les deux ouvrages laissent une impression de grande foire d'empoigne &#8211; presque de m&#234;l&#233;e furieuse. D'un c&#244;t&#233;, vuln&#233;rables et esseul&#233;es, nos donn&#233;es personnelles &#8211; ce qu'on consomme, ce qu'on aime, ce qu'on voit, mais aussi nos visages, nos d&#233;marches, nos maladies, nos &#233;motions. Et de l'autre, pr&#234;te &#224; tout pour nous les piquer afin de les monnayer : une meute de charognards, excit&#233;s par la crise et les opportunit&#233;s qu'elle offre. Il y a les acteurs habituels bien s&#251;r, au premier rang desquels les &#201;tats, ravis de donner un &#233;ni&#232;me tour de vis s&#233;curitaire, notamment en mati&#232;re de flicage des rues. Les GAFAM&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ne sont pas en reste, eux qui ont fait sauter tous les verrous, op&#233;rant de grandes razzias sur les informations de leurs utilisateurs. Et il y a les autres, qu'on ne conna&#238;t pas, ou si peu, start-up aux crocs aiguis&#233;s, bataillant pour chiper une part du g&#226;teau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semblant droit sorties de la s&#233;rie &lt;i&gt;Black Mirror&lt;/i&gt;, ces entreprises portent des noms barbares tels que Hikvision, Humanyze ou Clearview AI. Pour les besoins de cet entretien, j'en ai s&#233;lectionn&#233; cinq, dont j'ai soumis le nom &#224; Olivier Tesquet. Voil&#224; ce qu'il m'en a dit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Palantir : le loup dans l'h&#244;pital&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Palantir est une entreprise positionn&#233;e sur le traitement des donn&#233;es. Tir&#233; du &lt;i&gt;Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt;, son nom dit bien sa raison d'&#234;tre, puisqu'il renvoie &#224; des &#8220;&lt;i&gt;pierres de vision&lt;/i&gt;&#8221; qui, dans l'univers de la saga, permettent de voir partout et tout le temps. Il s'agit bien de &#231;a : que rien ne lui &#233;chappe... Depuis sa cr&#233;ation, Palantir vend sa capacit&#233; &#224; compiler de gigantesques quantit&#233;s de donn&#233;es pour les concasser et en extraire du sens, avec des vis&#233;es pr&#233;dictives et de d&#233;tection des menaces. C'est ainsi qu'elle a beaucoup travaill&#233; avec la police et les services de renseignement de nombreux pays. En France, elle est depuis 2015 sous contrat avec la DGSI (Direction g&#233;n&#233;rale de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure), sa mission &#233;tant de travailler sur les signaux faibles de terrorisme. Pendant le mandat de Trump, elle a aussi &#233;t&#233; le bras arm&#233; de la politique migratoire extr&#234;mement dure de l'administration am&#233;ricaine, aidant &#224; identifier, traquer et expulser les clandestins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie gr&#226;ce au Covid, Palantir a v&#233;cu une ann&#233;e 2020 exceptionnelle, avec une hausse de 35 % de son chiffre d'affaires, une introduction en bourse r&#233;ussie et des contrats importants d&#233;croch&#233;s. Contrairement &#224; d'autres soci&#233;t&#233;s abord&#233;es dans cet entretien, elle est l&#224; depuis longtemps, puisqu'elle a &#233;t&#233; fond&#233;e en 2004, en pleine Am&#233;rique post-11 Septembre, dans une optique s&#233;curitaire et gr&#226;ce notamment au fonds d'investissement de la CIA, In-Q-Tel. Elle est aujourd'hui consid&#233;r&#233;e comme une des &lt;i&gt;licornes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Start-up valoris&#233;es &#224; plus d'un milliard de dollars.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; de la Silicon Valley &#8211; une valeur s&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, son champ d'action s'est &#233;largi, &#224; tel point qu'elle s'est impos&#233;e comme partenaire cl&#233; de certains &#201;tats dans la gestion de la crise sanitaire et &#233;conomique. C'est en quelque sorte un McKinsey&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cabinet de conseil &#233;tasunien, mastodonte de son secteur. En France, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; relook&#233; comme un m&#233;chant de James Bond : la p&#233;riode lui a permis de consolider sa place aux c&#244;t&#233;s d'institutions publiques qui lui d&#233;l&#232;guent de plus en plus de fonctions r&#233;galiennes. Le meilleur exemple est sans doute le National Health Service [&lt;i&gt;NHS, le service public britannique de sant&#233;&lt;/i&gt;], lequel lui a ouvert son r&#233;servoir de donn&#233;es sanitaires. Alors qu'elle vient du renseignement, Palantir est d&#233;sormais en charge de pans entiers du syst&#232;me de sant&#233; outre-Manche. Ce n'est pas anodin comme mutation : une fois que l'on a commenc&#233; &#224; d&#233;l&#233;guer &#224; ce type d'entreprise, que ce soit pour lutter contre le terrorisme ou contre un virus, il est difficile de se d&#233;sengager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce genre de n&#233;gociations avec des acteurs &#233;tatiques, Palantir sait ne pas brusquer les choses. En fait, l'entreprise commence par &#8220;offrir&#8221; ses services avec des produits d'appel, avant de finalement proposer des contrats sonnants et tr&#233;buchants. C'est exactement ce qui s'est pass&#233; avec le NHS. Au d&#233;part, Palantir devait toucher une livre symbolique. Puis un million. D&#233;sormais il est question de 23 millions de livres pour la fourniture de toute une infrastructure d'analyse. Alors m&#234;me que la compagnie est d&#233;sormais solidement install&#233;e au c&#339;ur de l'appareil d'&#201;tat, avec ses donn&#233;es &#224; disposition. Un pouvoir immense. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clearview AI : trois milliards de visage en solde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si on n'a jamais autant gouvern&#233; par les donn&#233;es, les acteurs de cette gouvernance sont souvent dissimul&#233;s. Clearview AI repr&#233;sente parfaitement cette partie longtemps invisible et clandestine de la surveillance. Mais l'entreprise a &#233;t&#233; plac&#233;e sous les projecteurs en janvier 2020, quand un article du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The Secretive Company That Might End Privacy as We Know It &#187;, 18/01/2020.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; qu'elle avait aspir&#233; 3 milliards de visages sur les r&#233;seaux sociaux, afin de construire la plus grosse base de donn&#233;es de reconnaissance faciale de la plan&#232;te &#8211; 7,5 fois plus importante que celle du FBI. Et elle a op&#233;r&#233; ce vol avec des bouts de ficelles, quelques millions de dollars, dont certains investis par Peter Thiel, personnalit&#233; pour le moins sulfureuse : cofondateur de PayPal et de Palantir, si&#233;geant au conseil d'administration de Facebook, Thiel est par ailleurs libertarien revendiqu&#233; et ne voit pas vraiment la d&#233;mocratie comme un horizon ind&#233;passable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Clearview AI a revendu ces donn&#233;es &#224; des forces de police souhaitant s'appuyer sur ces visages pour identifier les contrevenants, aux &#201;tats-Unis d'abord, mais aussi dans d'autres pays, notamment le Canada et la Su&#232;de&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ces deux pays, l'utilisation du logiciel par la police a d'ailleurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Une catastrophe : cela a permis de l&#233;gitimer ce gigantesque rapt, sans que l'entreprise ne soit traduite en justice. Le pire ? Dans le m&#234;me temps, elle continue &#224; prospecter de nouveaux clients sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'elle r&#233;pond &#224; une demande, accrue depuis la crise sanitaire : contr&#244;ler la circulation des corps possiblement malades dans l'espace public. On aurait pu croire qu'au niveau mondial, l'essor de la reconnaissance faciale serait ralenti par le port syst&#233;matique du masque. Ce n'est pas le cas : les algorithmes ont simplement &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;s et la capacit&#233; de traitement renforc&#233;e. Au sein de ce petit monde et dans cette guerre qui se joue autour de l'intelligence artificielle, la Chine a souvent un coup d'avance, ajoutant sans cesse de nouvelles fonctionnalit&#233;s : on l'a vu notamment avec une entreprise nomm&#233;e Hanwang Technology, qui annon&#231;ait d&#232;s mars 2020 &#234;tre en mesure de faire fonctionner son logiciel sur des personnes masqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la France, je suis assez pessimiste, avec notamment la perspective des Jeux olympiques de 2024 &#224; Paris, &#233;v&#233;nement annonc&#233; comme un eldorado s&#233;curitaire. C'est &#233;crit noir sur blanc dans le &lt;i&gt;Livre blanc de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure&lt;/i&gt;, r&#233;cemment publi&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur : &#8220;&lt;i&gt;La reconnaissance faciale en temps r&#233;el dans l'espace public devra avoir &#233;t&#233; &#233;prouv&#233;e&lt;/i&gt;&#8221; d'ici les JO, notamment &#224; l'occasion de la Coupe du monde de rugby en 2023. Sachant qu'industriels et politiques tiennent toujours le m&#234;me discours : il faudrait exp&#233;rimenter, car la technologie existe et ne pourrait &#234;tre &#8220;d&#233;sinvent&#233;e&#8221;, puis seulement ensuite &#233;laborer un cadre l&#233;gal. C'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas avec les drones : les usages ont pr&#233;c&#233;d&#233; le droit. Une mani&#232;re d'assurer l'in&#233;luctabilit&#233; de cette fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; jamais rassasi&#233;e de donn&#233;es. Et ceux qui se concentrent exclusivement sur l'&#233;ventuelle &lt;i&gt;efficacit&#233; &lt;/i&gt;de ces dispositifs d&#233;politisent la question, car on ne d&#233;bat alors plus de leur l&#233;gitimit&#233;. Il faut pourtant regarder les choses en face : la reconnaissance faciale est d'abord &#8220;&lt;i&gt;un contr&#244;le d'identit&#233; permanent et g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt;&#8221;, ainsi que l'a r&#233;cemment formul&#233; un colonel de gendarmerie dans une note exploratoire. Je ne peux pas le formuler plus clairement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Hubstaff : ton patron sur ton canap&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Concernant l'invasion de l'intime par le travail, on est l&#224; aussi dans une logique d'acc&#233;l&#233;ration assez impressionnante. D&#232;s le d&#233;but de la pand&#233;mie, il y a eu une v&#233;ritable explosion de l'utilisation de logiciels &#8220;mouchards&#8221;, qui d&#233;comptent le temps de travail des employ&#233;s, voire installent des &lt;i&gt;keyloggers &lt;/i&gt;enregistrant tout ce qui est &#233;crit sur le clavier. On parle d'une croissance de 400 voire 500 %. Hubstaff, l'un des leaders en la mati&#232;re, incarne bien ce retour de la pointeuse, mais &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que le t&#233;l&#233;travail est devenu la norme, ce nouveau r&#233;gime de surveillance s'est r&#233;pandu comme une vague, avec un envahissement du foyer par ces technologies. Que l'espace urbain soit d&#233;sormais fa&#231;onn&#233; en &lt;i&gt;safe city&lt;/i&gt;, ville s&#251;re, lieu o&#249; tout est rationalis&#233; avec cam&#233;ras et capteurs, sans angles morts, est d&#233;j&#224; probl&#233;matique. Mais l&#224;, il y a d&#233;sormais une certaine continuit&#233; entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, dans une forme de &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; carc&#233;ral, pour reprendre une terminologie foucaldienne. En pleine rue comme &#224; la maison, on n'est plus jamais vraiment chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logiciels espions de type Hubstaff se pr&#233;sentent en outre comme des solutions conviviales. On dit aux salari&#233;s que &#231;a va fluidifier les &#233;changes. Cette psychologisation des rapports hi&#233;rarchiques me fait penser &#224; une entreprise que j'&#233;tudiais dans &lt;i&gt;&#192; la trace&lt;/i&gt; : Humanyze. L'un de ses produits phares est une sorte de badge que l'employ&#233; porte autour du cou et qui enregistre des donn&#233;es pour son &#8220;bien-&#234;tre&#8221;. Cela va tr&#232;s loin, car il peut rep&#233;rer des variations de la voix ou de la vitesse de d&#233;placement. La victoire du t&#233;l&#233;travail accentue le ph&#233;nom&#232;ne, dans la mesure o&#249; nos vies sont essentiellement m&#233;di&#233;es par les machines depuis un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le virus a accentu&#233; des dynamiques. On peut croire qu'elles dispara&#238;tront quand il sera vaincu. Sauf qu'il faut consid&#233;rer l'effet &#8220;cliquet&#8221;. Une fois un m&#233;canisme enclench&#233;, il n'y a pas de retour en arri&#232;re possible. L'histoire r&#233;cente des dispositifs s&#233;curitaires et antiterroristes le prouve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Hikvision : la Chine, repoussoir ou aimant ? &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Florissante entreprise chinoise de vid&#233;osurveillance, Hikvision a particip&#233; &#224; l'&#233;laboration de cam&#233;ras et logiciels permettant de reconna&#238;tre les Ou&#239;ghours dans la rue, mat&#233;rialisation technologique d'un g&#233;nocide culturel. Dans le m&#234;me temps, elle vend des cam&#233;ras &#224; la France, notamment les cam&#233;ras-pi&#233;tons &#233;quipant les policiers. C'est d'autant plus hypocrite que, sous nos cieux, la Chine est pos&#233;e &#8211; &#224; raison &#8211; comme l'arch&#233;type d'une dictature technologique et l'avatar des dystopies d&#233;crites dans la s&#233;rie &lt;i&gt;Black Mirror&lt;/i&gt;. Mais s'il y a bien une diff&#233;rence fondamentale de r&#233;gime politique, nous ne sommes pas si loin de suivre la m&#234;me voie, surtout avec l'acc&#233;l&#233;ration due &#224; la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de reconnaissance faciale, par exemple, on ne peut pas postuler une neutralit&#233; d'usage. Ce n'est pas un marteau, que l'on peut employer de diverses mani&#232;res, mais une technologie &lt;i&gt;m&#233;caniquement&lt;/i&gt; autoritaire. Et qu'il faut absolument rattacher aux logiques &#233;conomiques pr&#233;datrices et mondialis&#233;es des grandes plateformes, d&#233;crites par Shoshana Zuboff dans son ouvrage &lt;i&gt;L'&#194;ge du capitalisme de surveillance&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Zulma, 2020.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Car, dans la rue comme sur Facebook, notre visage ne nous appartient plus. On peut donc gloser sur certaines pratiques autoritaires chinoises, &#224; l'image de la g&#233;n&#233;ralisation l&#224;-bas du &#8220;cr&#233;dit social&#8221;, rien ne dit que nous n'adapterons pas ces pratiques dans nos d&#233;mocraties lib&#233;rales aux institutions encore &#224; peu pr&#232;s fonctionnelles. Aux &#201;tats-Unis, par exemple, o&#249; chaque citoyen est affect&#233; d'un score de solvabilit&#233; depuis les ann&#233;es 1960, des assureurs travaillent en &#233;troite relation avec les grandes entreprises technologiques et des courtiers en donn&#233;es, afin de dresser des profils sanitaires &#233;largis des clients &#8211; une situation qui a des effets tr&#232;s concrets sur la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Two-I : tes &#233;motions dans le viseur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Two-I est une start-up cr&#233;&#233;e &#224; Metz et active dans le secteur &#233;mergent de la d&#233;tection des &#233;motions. Elle a par exemple d&#233;march&#233; la mairie de Nice pour installer des dispositifs de ce type dans le tramway. Elle souhaite &#233;galement s'implanter dans les stades et y proposer des outils de gestion des foules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces projets n'ont pas encore abouti, ils ne rencontrent pas de r&#233;sistances politiques ou institutionnelles, alors que la d&#233;tection des &#233;motions pose &#233;norm&#233;ment de questions. Sa promesse marketing : deviner ce que ressent une personne. La singularit&#233; d'un individu est alors concass&#233;e en une s&#233;rie d'expressions &#233;l&#233;mentaires et darwiniennes : col&#232;re, joie, peur&#8230; Ce n'est pas au point mais &#231;a progresse, sachant bien qu'on demande l&#224; &#224; une technologie de faire ce qu'elle est incapable de &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; faire : interpr&#233;ter des &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le r&#233;el probl&#232;me est ailleurs. Cette technologie s'inscrit dans une longue tradition de pseudosciences racistes du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : physiognomonie, phr&#233;nologie&#8230; Il s'agissait alors d'interpr&#233;ter la personnalit&#233; de quelqu'un en fonction des traits de son visage, afin d'&#233;laborer par exemple un morphotype du criminel r&#233;cidiviste. D&#233;consid&#233;r&#233;es, ces disciplines dangereuses sont remises au go&#251;t du jour par la biom&#233;trie, comme en Chine avec la surveillance faciale appliqu&#233;e aux Ou&#239;ghours. Chez nous, cela passe par des itin&#233;raires plus subtils mais tout aussi contestables. Ainsi, un r&#233;cent article du site de CNN&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; In Hong-Kong, This AI Reads Childrens Emotions as They Learn &#187;, Cnn.com (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; s'enthousiasmait pour une intelligence artificielle qui permettrait &#224; un professeur d'analyser le visage de ses &#233;l&#232;ves afin notamment de d&#233;tecter les d&#233;crocheurs dans un contexte d'enseignement &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; Two-I, elle travaille sur une technologie &#233;mergente, encore faillible. Mais en la mati&#232;re, les promesses marketing suffisent d&#233;j&#224; &#224; s&#233;duire les &#201;tats, les collectivit&#233;s ou certains acteurs du monde du football, qui ont fait part de leur int&#233;r&#234;t. Et cela semble ent&#233;riner le changement de paradigme : nous entrons dans une nouvelle phase du bio pouvoir &#224; l'&#232;re technologique. Il ne s'agit plus seulement de collecter des traces num&#233;riques et de reconstituer des doubles math&#233;matiques qui ne nous appartiennent plus, mais d'analyser le moindre de nos faits et gestes. Dans cette optique, des &#233;l&#233;ments comme la d&#233;marche, le visage ou les &#233;motions doivent forc&#233;ment se traduire en signaux informatiques exploitables ou mon&#233;tisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de P&#233;kin ou de Nice, de la reconnaissance faciale ou de la d&#233;tection des &#233;motions, le fond de l'air est donc clairement dystopique. Face &#224; cela, &#224; cette mont&#233;e annonc&#233;e comme in&#233;luctable de la surveillance et de ses avatars, il est n&#233;cessaire de trouver des lignes de fuite, de repli. Ce n'est pas par hasard que l'&#233;crivain Alain Damasio soit dans ce contexte une voix qui porte : ses fictions dessinent un futur tr&#232;s proche et inqui&#233;tant, tout en cherchant des voies de d&#233;gagement. &#192; ce niveau, la science-fiction est une pr&#233;cieuse alli&#233;e, sachant que l'on vit un pr&#233;sent dilat&#233;, pesant, o&#249; l'imagination peut servir de rempart. C'est pour cela que je conclus &lt;i&gt;&#201;tat d'urgence technologique&lt;/i&gt; en convoquant la figure du dessinateur G&#233;b&#233; et de son &lt;i&gt;An&lt;/i&gt; &lt;i&gt;01&lt;/i&gt;, ou bien la pens&#233;e du philosophe G&#252;nther Anders, l'un des p&#232;res de la technocritique contemporaine, qui nous enjoint &#224; devenir des &#8220;semeurs de panique&#8221;. Nous avons besoin d'autres horizons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Premier parall&#232;le, comme le deuxi&#232;me ouvrage cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Start-up valoris&#233;es &#224; plus d'un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cabinet de conseil &#233;tasunien, mastodonte de son secteur. En France, le gouvernement a eu recours &#224; ses services pour &#233;laborer sa strat&#233;gie vaccinale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2020/01/18/technology/clearview-privacy-facial-recognition.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Secretive Company That Might End Privacy as We Know It&lt;/a&gt; &#187;, 18/01/2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans ces deux pays, l'utilisation du logiciel par la police a d'ailleurs suscit&#233; de vives controverses et d&#233;clench&#233; des poursuites judiciaires, mais aucune contre l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Zulma, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://edition.cnn.com/2021/02/16/tech/emotion-recognition-ai-education-spc-intl-hnk/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In Hong-Kong, This AI Reads Childrens Emotions as They Learn&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Cnn.com &lt;/i&gt;(17/02/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans la vall&#233;e de l'h&#233;donisme harmonieux</title>
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		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
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		<dc:subject>Florent Bussy</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Je sors compl&#232;tement ext&#233;nu&#233; et d&#233;bandant de la lecture en vol plan&#233; de L'Utopie entre id&#233;al et r&#233;alit&#233; (&#233;d. Libre et solidaire) du docteur en philosophie Florent Bussy : c'est un chalet de n&#233;cessit&#233; dans lequel s'agglutinent les plus pesantes &#233;vidences &#171; citoyennes &#187;. &#192; savoir, jambon &#224; cornes !, que l'utopie est plus que jamais n&#233;cessaire, qu'elle n'a d'ailleurs jamais disparu &#171; cheminant parall&#232;lement &#224; la modernit&#233; &#187; (sic), qu'elle tente de se lib&#233;rer de ses ambigu&#239;t&#233;s, qu'elle indique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charles-Fourier" rel="tag"&gt;Charles Fourier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sors-completement" rel="tag"&gt;sors compl&#232;tement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/completement-extenue" rel="tag"&gt;compl&#232;tement ext&#233;nu&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fourier" rel="tag"&gt;Fourier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/philosophie-Florent" rel="tag"&gt;philosophie Florent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-Utopie" rel="tag"&gt;L'Utopie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;e sors compl&#232;tement ext&#233;nu&#233; et d&#233;bandant de la lecture en vol plan&#233; de &lt;i&gt;L'Utopie entre id&#233;al et r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; (&#233;d. Libre et solidaire) du docteur en philosophie Florent Bussy : c'est un chalet de n&#233;cessit&#233; dans lequel s'agglutinent les plus pesantes &#233;vidences &#171; citoyennes &#187;. &#192; savoir, jambon &#224; cornes !, que l'utopie est plus que jamais n&#233;cessaire, qu'elle n'a d'ailleurs jamais disparu &#171; &lt;i&gt;cheminant parall&#232;lement &#224; la modernit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (sic), qu'elle tente de se lib&#233;rer de ses ambigu&#239;t&#233;s, qu'elle indique ce qui est possible et souhaitable &#224; la lumi&#232;re du &#171; &lt;i&gt;rationalisme des Lumi&#232;res et du spiritualisme personnaliste&lt;/i&gt; &#187; (sic). Tout en fin de parcours, l'emphatique professeur Bussy nous attendrit tout de m&#234;me un peu en rappelant succinctement qu'il y a eu au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des exp&#233;riences stimulantes de communaut&#233;s utopiques &#224; Auroville en Inde, &#224; Damanhur en Italie, &#224; Christiana, c'est plus connu, au Danemark et qu'il y a quelque chose de &#171; &lt;i&gt;radicalement d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; dans les Zad de Notre-Dame-des-Landes ou de Sivens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'inverse&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Les Cahiers Charles Fourier&lt;/i&gt; repris en mains par les Presses du r&#233;el me mettent &#224; chaque coup les doigts de pied en bouquets de violettes. Au sommaire du n&#176;26, un focus sur la charit&#233; chr&#233;tienne &#171; &lt;i&gt;qui h&#233;b&#232;te la multitude pour la fa&#231;onner aux privations&lt;/i&gt; &#187; &#224; laquelle Fourier oppose la philanthropie sexuelle phalanst&#233;rienne ; un reportage sur un essai de cr&#233;ation de boulangerie &#171; soci&#233;taire &#187; &#224; Chalon-sur-Sa&#244;ne en 1851 ; une g&#233;niale exploration de l'anarchisme passionnel transatlantique (1840-1861), un courant s&#233;ditieux am&#233;ricano-fran&#231;ais peu &#233;tudi&#233; encore aux crois&#233;es du fouri&#233;risme et du d&#233;jacquisme. Ainsi qu'une enqu&#234;te acerbe sur la mauvaise r&#233;ception marxiste de la pens&#233;e Fourier. En effet, moins r&#233;tifs a priori que D&#252;hring qui ne voyait en Fourier qu'un &#171; &lt;i&gt;indicible imb&#233;cile&lt;/i&gt; &#187;, Marx et Engels ne prirent en consid&#233;ration les propos du &#171; &lt;i&gt;r&#234;veur sublime&lt;/i&gt; &#187; qu'en tant que phase pr&#233;paratoire &#224; l'entr&#233;e en sc&#232;ne de leur socialisme scientifique. Bien d'autres historiens se r&#233;clamant du mat&#233;rialisme dialectique comme le pourtant sympathique E. J. Hobsbawn leur embo&#238;teront le pas en pr&#233;sentant l'auteur du &lt;i&gt;Nouveau Monde amoureux&lt;/i&gt; comme un pr&#233;curseur de Karl et Friedrich &#171; &lt;i&gt;n&#233;cessairement d&#233;pass&#233; par le marxisme&lt;/i&gt; &#187;. &#192; part &#231;a, la plupart des pourfendeurs professoraux du fouri&#233;risme croassent que, malgr&#233; ses promesses, il ne peut engendrer qu'une soci&#233;t&#233; du goulag &#171; &lt;i&gt;en raison de son obsession d'homog&#233;n&#233;it&#233; sociale et de paix civile parfaites&lt;/i&gt; &#187;. &#192; quoi il est ais&#233; de r&#233;pliquer comme le pol&#233;miste Miguel Abensour que, tout au contraire, &#171; &lt;i&gt;c'est une soci&#233;t&#233; priv&#233;e d'utopie qui est tr&#232;s exactement une soci&#233;t&#233; totalitaire prise dans l'illusion de l'accomplissement, du retour chez soi, de l'utopie r&#233;alis&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puis&lt;/strong&gt; il y a dans la revue une analyse bien allum&#233;e par Michel Antony des &lt;i&gt;Nouvelles de nulle part&lt;/i&gt; post-fouri&#233;ristse (1888) du communiste libertaire british William Morris qui d&#233;non&#231;a toute sa vie le socialisme &#233;tatique &#171; &lt;i&gt;centralisateur et gendarme qui ne peut finir que dans un bourbier &lt;/i&gt; &#187;. La &#171; craft utopia &#187; morrissienne est excitante : r&#233;g&#233;n&#233;ration &#233;cologique d'une contr&#233;e et d'une rivi&#232;re ; &#233;panouissement de chacun dans la libert&#233; de tous ; libre f&#233;d&#233;ration de brotherhoods (confr&#233;ries) &#171; &lt;i&gt;ouvri&#232;res, agricoles, artistiques, scientifiques qui s'&#233;changent des produits et des services sur la base de pactes spontan&#233;s&lt;/i&gt; &#187; ; g&#233;n&#233;ralisation du &lt;i&gt;work pleasure&lt;/i&gt; (travail attrayant) ; av&#232;nement de l'imagination et de la fantaisie en tout domaine (habillement, nourriture, logement, d&#233;coration&#8230;) ; &#233;ducation non directive int&#233;grale dans les bois ; h&#233;donisme harmonieux &#224; la Rabelais, lib&#233;ration de l'amour, &#233;clatement du couple capsul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Faute de correcteurs, y a des erreurs</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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		<dc:subject>Muriel Gilbert</dc:subject>
		<dc:subject>Gilbert</dc:subject>
		<dc:subject>Librairie Vuibert</dc:subject>
		<dc:subject>phrase</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le petit bouquin d'une correctrice du Monde nous plonge dans les affres de l'orthographe. Et le pire, c'est qu'on y prend plaisir. L'orthographe, nous ne l'aimions pas. Pas plus qu'elle ne nous appr&#233;ciait. Jusqu'au jour o&#249; on s'est mis &#224; publier ce journal. Si, depuis, la grammaire, la syntaxe et la typographie ne nous ch&#233;rissent gu&#232;re davantage, nous prenons un r&#233;el plaisir &#224; les triturer. Jouer au correcteur, sans en avoir les comp&#233;tences&#8230; Muriel Gilbert, elle, les poss&#232;de. Correctrice (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/phrase" rel="tag"&gt;phrase&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le petit bouquin d'une correctrice du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;nous plonge dans les affres de l'orthographe. Et le pire, c'est qu'on y prend plaisir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2902 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH225/-1146-203c8.jpg?1782642342' width='180' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;Au bonheur des fautes &#8211; Confessions d'une dompteuse de mots&#034; de Muriel Gilbert
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;'orthographe, nous ne l'aimions pas. Pas plus qu'elle ne nous appr&#233;ciait. Jusqu'au jour o&#249; on s'est mis &#224; publier ce journal. Si, depuis, la grammaire, la syntaxe et la typographie ne nous ch&#233;rissent gu&#232;re davantage, nous prenons un r&#233;el plaisir &#224; les triturer. Jouer au correcteur, sans en avoir les comp&#233;tences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Muriel Gilbert&lt;/strong&gt;, elle, les poss&#232;de. Correctrice au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, elle a publi&#233; en 2017 &lt;i&gt;Au Bonheur des fautes&lt;/i&gt; (&#233;ditions La Librairie Vuibert), o&#249; elle narre son quotidien professionnel au sein du journal balladurien. Mais le principal int&#233;r&#234;t de l'ouvrage est ailleurs, dans les r&#232;gles de fran&#231;ais qu'elle y &#233;graine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques-unes&lt;/strong&gt;, relev&#233;es au fil de la lecture, valent d'&#234;tre rappel&#233;es ici. Comme cette petite phrase qui &#233;vite un circonflexe (les pros disent &#171; flexe &#187;) intempestif, et l'oblige par ailleurs : &#171; &lt;i&gt;L'accent sur le i de cime est tomb&#233; dans l'ab&#238;me.&lt;/i&gt; &#187; Trop connue ? une autre. Muriel Gilbert rappelle que &#171; &lt;i&gt;le verbe &#8220; bayer &#8221; ne s'emploie que d'une fa&#231;on&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;dans l'expression &#8220; bayer aux corneilles &#8221;, qui signifie &#8220; r&#234;vasser &#8221;&lt;/i&gt; &#187;. &#192; ne pas confondre avec b&#226;iller, les fatigu&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et celle-ci&lt;/strong&gt;, qui nous tient &#224; c&#339;ur, car tr&#232;s r&#233;pandue dans la presse : la signification de l'adjectif &#171; &#233;ponyme &#187; n'est pas &#8211; du tout &#8211; &#171; du m&#234;me nom &#187;, mais bien &#171; qui a donn&#233; son nom &#224; &#187;. Impossible, donc, de parler de la famille Rothschild et de la banque &#233;ponyme. Compris ? Et &#171; esp&#232;ce &#187;, soit-dit en passant, est toujours &#8211; toujours &#8211; f&#233;minin, m&#234;me s'il est suivi d'un masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant &#224; l'anacoluthe&lt;/strong&gt;, elle n'est autre qu'une &#171; &lt;i&gt;rupture ou discontinuit&#233; dans la construction d'une phrase&lt;/i&gt; &#187;, explique Larousse. un exemple ? &#171; &lt;i&gt;Rentr&#233; chez lui, sa femme &#233;tait malade.&lt;/i&gt; &#187; Le sujet change apr&#232;s la virgule, laissant pendouiller la phrase. On lui pr&#233;f&#233;rera : &#171; &lt;i&gt;Lorsqu'il rentra chez lui, sa femme &#233;tait malade.&lt;/i&gt; &#187; Ha mais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage contient bien d'autres r&#232;gles croquignoles, et bien plus compliqu&#233;es &#8211; aux futurs lecteurs de les d&#233;couvrir. Allez, pour finir, cette m&#233;chante coquille publi&#233;e en une du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; en octobre 2008, et relev&#233;e par Muriel Gilbert : &#171; &lt;i&gt;Nicolas Sarkozy a renonc&#233; &#224; extrader l'ancienne militante des Brigades rouges Marina Petrella&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;C&#233;cilia Bruni-Sarkozy lui a annonc&#233; personnellement la nouvelle.&lt;/i&gt; &#187; C'est bon ? Vous l'avez ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Legars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;sastreuse tentation de l'huile de palme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-desastreuse-tentation-de-l</link>
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		<dc:date>2019-03-15T02:37:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>projet</dc:subject>
		<dc:subject>Total</dc:subject>
		<dc:subject>qu'elle</dc:subject>
		<dc:subject>M&#232;de</dc:subject>
		<dc:subject>palme</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Hulot</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;localisation sociale</dc:subject>
		<dc:subject>M&#232;de n'est</dc:subject>
		<dc:subject>L'huile</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'huile de palme est critiqu&#233;e pour son impact sur la d&#233;forestation et le climat. Si elle sort peu &#224; peu des assiettes, elle tente de s'imposer dans les r&#233;servoirs de carburant. En France, Total veut en accro&#238;tre les importations de plus de 50 %, pour sa &#171; bioraffinerie &#187; de La M&#232;de. Un projet vivement critiqu&#233;, y compris au sein de LREM, mais pas encore enterr&#233;. En France, il existe un projet industriel controvers&#233; jusque dans les rangs de la majorit&#233;. &#192; La M&#232;de (Bouches-du-Rh&#244;ne), Total (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-huile" rel="tag"&gt;L'huile&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'huile de palme est critiqu&#233;e pour son impact sur la d&#233;forestation et le climat. Si elle sort peu &#224; peu des assiettes, elle tente de s'imposer dans les r&#233;servoirs de carburant. En France, Total veut en accro&#238;tre les importations de plus de 50 %, pour sa &#171; bioraffinerie &#187; de La M&#232;de. Un projet vivement critiqu&#233;, y compris au sein de LREM, mais pas encore enterr&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;146&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1084-7f2f1.jpg?1783431440' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;forestation caus&#233;e par la culture de l'huile de palme &#224; Sumatra, en Indon&#233;sie, en 2007 (Photo Hayden / Flickr / Wikimedia Commons / CC.BY.2.0)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n France, il existe un projet industriel controvers&#233; jusque dans les rangs de la majorit&#233;. &#192; La M&#232;de (Bouches-du-Rh&#244;ne), Total esp&#232;re convertir sa raffinerie de p&#233;trole en &#171; &lt;i&gt;bioraffinerie &lt;/i&gt; &#187;, pour qu'elle produise des carburants &#224; base d'huiles v&#233;g&#233;tales. L'huile de palme repr&#233;senterait plus de la moiti&#233; des mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la confection de 500 000 tonnes annuelles de &#171; &lt;i&gt;biodiesel &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait de doute pour grand monde que pousser &#224; la production d'huile de palme encourage le crime environnemental. La culture du palmier &#224; huile d&#233;foreste massivement, surtout en Indon&#233;sie et en Malaisie, mettant notamment en danger les derni&#232;res populations d'orangs-outans. Les millions d'hectares en monoculture ont trop souvent &#233;t&#233; gagn&#233;s sauvagement, parfois par de gigantesques incendies volontaires. L'huile que les industriels affectionnent, parce qu'elle est la moins ch&#232;re et qu'elle est facilement transformable, est de moins en moins utilis&#233;e dans l'agroalimentaire, car progressivement mise au ban par les consommateurs. Mais son boum mondial se poursuit gr&#226;ce aux agrocarburants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; D&#233;localisation sociale et environnementale &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour le seul app&#233;tit de La M&#232;de (450 000 tonnes par an), les importations d'huile de palme en France bondiraient d'au moins 50 %. Pourtant, &#171; &lt;i&gt;la reconversion de La M&#232;de est un projet vertueux &lt;/i&gt; &#187;, consid&#232;re Patrick Pouyann&#233;, le PDG de Total&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien donn&#233; au Figaro (13/01/2019).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes engag&#233;s sur les plus hauts standards de tra&#231;abilit&#233;, de durabilit&#233; et de certification&lt;/i&gt; &#187;, assure-t-il. &#171; &lt;i&gt;Aucune certification ne peut garantir qu'il n'y aura pas de d&#233;forestation &lt;/i&gt; &#187;, oppose Sylvain Angerand, de l'association Canop&#233;e, membre de la f&#233;d&#233;ration des Amis de la Terre&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;cologiste appuie notamment son argumentaire sur un rapport de la Cour des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la pointe de la d&#233;nonciation du projet de &#171; &lt;i&gt;bioraffinerie &lt;/i&gt; &#187;, les Amis de la Terre forment une coalition, assez in&#233;dite en la mati&#232;re, avec la CGT. Depuis fin 2016, la raffinerie de La M&#232;de n'est plus en production. 180 emplois y ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; supprim&#233;s. Le d&#233;l&#233;gu&#233; CGT Fabien Cros ne veut pas d'une &#233;ni&#232;me &#171; &lt;i&gt;d&#233;localisation sociale et environnementale &lt;/i&gt; &#187; qui impacterait l'Asie du Sud-Est. Des agriculteurs, tendance FNSEA&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat professionnel majoritaire, partisan d'une agriculture productiviste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, sont aussi venus contester le projet. En juin dernier, ils ont bloqu&#233; plusieurs sites de Total pour d&#233;noncer une &#171; &lt;i&gt;distorsion de concurrence &lt;/i&gt; &#187; &#224; la d&#233;faveur des producteurs fran&#231;ais d'ol&#233;agineux, comme le colza.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Huile de palme contre avions Rafale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mai, Nicolas Hulot, alors ministre &#171; &lt;i&gt;de la Transition &#233;cologique &lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;), signait d'une main l'autorisation pour le projet, et prenait de l'autre le micro pour clamer son affinit&#233; avec &#171; &lt;i&gt;la tendance, irr&#233;versible, de s'affranchir des huiles de palme et d'&#233;viter la d&#233;forestation import&#233;e &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt;. &#192; terme, l'Europe prendra &#233;videmment ses responsabilit&#233;s &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la matinale de BFM et RMC (16/05/2018).&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. L'interdiction par l'Union europ&#233;enne de l'huile de palme dans les carburants interviendra au plus tard en 2030. En attendant, si l'ex&#233;cutif fran&#231;ais a fait avaler cette couleuvre suppl&#233;mentaire &#224; Nicolas Hulot, c'est parce que la Malaisie mena&#231;ait de ne pas donner suite &#224; sa promesse d'achat de 18 avions de combat Rafale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, en d&#233;cembre 2018, ce sont des d&#233;put&#233;s qui sont venus troubler la f&#234;te de Total. Ils ont vot&#233; un amendement retirant des avantages fiscaux aux carburants &#224; base d'huile de palme, en les excluant de la liste des &#171; biocarburants &#187; &#8211; la mesure doit entrer en vigueur au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2020. Et pour que l'amendement, propos&#233; par le Modem, obtienne un vote majoritaire &#224; l'Assembl&#233;e, les parlementaires s'y sont mis de tous les bords : du PCF Pierre Dharr&#233;ville, &#233;lu sur la circonscription o&#249; se trouve La M&#232;de, &#224; Anne-Laurence Petel, d&#233;put&#233;e d'Aix-en-Provence et membre du bureau ex&#233;cutif de LREM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cela remet potentiellement en cause la viabilit&#233; de l'unit&#233;, la rentabilit&#233; globale du site &lt;/i&gt; &#187;, a menac&#233; le PDG de Total&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me entretien au Figaro (13/01/2019).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; pour inciter les d&#233;put&#233;s &#224; revenir sur leur choix. &#171; &lt;i&gt;Je ne fais pas de chantage &#224; l'emploi. Mais soyons clairs : ce n'est pas parce que Total est riche qu'il a vocation &#224; faire tourner des usines &#224; perte &lt;/i&gt; &#187;, assume celui qui est &#224; la t&#234;te d'un groupe qui g&#233;n&#232;re plus de 8 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices annuels. Et si les Gilets jaunes (qui d&#232;s novembre &#233;taient install&#233;s sur le rond-point de la raffinerie), rouges et verts se chargeaient de lui remettre les pieds sur terre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Isnard-Dupuy (Collectif Presse-Papiers)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entretien donn&#233; au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; (13/01/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;cologiste appuie notamment son argumentaire sur un rapport de la Cour des comptes europ&#233;enne de 2016 pointant &#171; &lt;i&gt;les faiblesses du syst&#232;me de certification des biocarburants&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syndicat professionnel majoritaire, partisan d'une agriculture productiviste gu&#232;re respectueuse de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la matinale de BFM et RMC (16/05/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me entretien au &lt;i&gt;Figaro &lt;/i&gt; (13/01/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Aude Lancelin ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Aude-Lancelin-2256</link>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Elle est l&#224;. Debout. Poing lev&#233;. Vibrante de col&#232;re et d'indignation. R&#233;volt&#233;e foulant aux pieds la presse aux ordres, ces m&#233;dias &#171; &#224; la main des avionneurs, des b&#233;tonneurs, des g&#233;ants du luxe et du CAC 40 &#187;. Et fustigeant &#171; un syst&#232;me de connivence avec le pouvoir, de renoncement intellectuel, de qu&#234;te du clic &#187;. Tremble, critique radicale des m&#233;dias &#8211; Aude Lancelin est dans la place ! &#199;a va faire mal. Il y a quelques mois, elle publiait Le Monde Libre, pamphlet d&#233;zinguant &#224; tout-va. Bim, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aude-Lancelin" rel="tag"&gt;Aude Lancelin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Obs" rel="tag"&gt;Obs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle est l&#224;. Debout. Poing lev&#233;. Vibrante de col&#232;re et d'indignation. R&#233;volt&#233;e foulant aux pieds la presse aux ordres, ces m&#233;dias &#171; &lt;i&gt;&#224; la main des avionneurs, des b&#233;tonneurs, des g&#233;ants du luxe et du CAC 40&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un entretien mis en ligne sur le site du Point le 13/10/2016.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et fustigeant &#171; &lt;i&gt;un syst&#232;me de connivence avec le pouvoir, de renoncement intellectuel, de qu&#234;te du clic &lt;/i&gt; &#187;. Tremble, critique radicale des m&#233;dias &#8211; Aude Lancelin est dans la place ! &#199;a va faire mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois, elle publiait &lt;i&gt;Le Monde Libre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, pamphlet d&#233;zinguant &#224; tout-va. Bim, les journaleux serviles. Bam, les patrons de presse d&#233;gueulasses. Boum, les actionnaires avides. Tous align&#233;s pour le compte. Un jeu de massacre efficace, m&#234;me si le constat n'a rien de neuf : il est peu ou prou le m&#234;me depuis que la critique des m&#233;dias est critique des m&#233;dias. Le CQFDiste moyen &#8211; familier du travail d'Acrimed et des films de Carles, ayant lu &lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Raisons d'agir, 1997.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Les Petits soldats du journalisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Ruffin, Les Ar&#232;nes, 2003.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et tous les num&#233;ros du &lt;i&gt;Plan B&lt;/i&gt; &#8211; n'apprendra pas grand-chose de l'ouvrage, mais le lira peut-&#234;tre avec plaisir. C'est d&#233;j&#224; &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile, par contre, de se montrer laudateur concernant le parcours de l'auteure. En 2000, cette jeune agr&#233;g&#233;e de philo rejoint le plus grand attrape-pub des newsmagazines fran&#231;ais, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, h&#233;raut d'une social-d&#233;mocratie hyper-vaguement de gauche. Elle s'y fait un nom en traitant de &#171; La vie des id&#233;es &#187; avant d'&#234;tre d&#233;bauch&#233;e en 2011 par l'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, titre souvent &#224; la limite d'une rance d&#233;magogie. Elle y d&#233;barque en fanfare, invit&#233;e &#224; rejoindre la chefferie comme directrice-adjointe de la r&#233;daction, en charge des pages &#171; Id&#233;es &#187;. Avant de retourner trois ans plus tard au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, pour y exercer la m&#234;me fonction. Bref, Aude Lancelin est alors une vive incarnation de ce qu'elle d&#233;noncera plus tard : une journaliste d'influence, respect&#233;e (si ce n'est crainte), exer&#231;ant des responsabilit&#233;s au sein d'un titre qui promeut cette &#171; &lt;i&gt;gauche trompeuse &#339;uvrant sans rel&#226;che &#224; la d&#233;molition de la vraie&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation issue du Monde Libre, de m&#234;me que la suivante.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2016, patatras. Fin des haricots : Aude Lancelin est &#233;vinc&#233;e du magazine. Trop &#224; gauche, plus assez raccord avec la ligne &#233;ditoriale &#8211; difficile, il est vrai, de promouvoir Alain Badiou et Slavoj &#381;i&#382;ek dans un canard tournant &#224; l'eau ti&#232;de... Un licenciement qu'elle &#233;voque largement dans son dernier livre, sortant les violons pour sangloter sur son terrible destin, ouin-ouin. &#171; &lt;i&gt;On est venu me chercher, une meute d'hommes m'a entra&#238;n&#233;e vers une esp&#232;ce de martyre, m'infligeant le licenciement que tout salari&#233; contemporain redoute&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit-elle notamment. Et de comparer son sort &#224; celui des femmes tondues &#224; la fin de la guerre. Puis de sugg&#233;rer que son limogeage serait d&#251; &#224; sa relation avec l'&#233;conomiste Fr&#233;d&#233;ric Lordon, figure de Nuit Debout. Ou encore &#224; l'intervention du pr&#233;sident Hollande &#8211; Aude Lancelin a l'ego cons&#233;quent. &#192; sa suite, une quarantaine d'intellectuels en vue signent une tribune dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; L'Obs, un licenciement tr&#232;s politique &#187;, mis en ligne le 25/05/16.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, attaquant bille en t&#234;te : &#171; &lt;i&gt;&#192; l'&#233;tat d'urgence, &#224; la d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233;, au 49.3, il manquait encore une vilenie pour achever le quinquennat, et la voici : la presse aux ordres.&lt;/i&gt; &#187; Bah alors, les enfants, vous &#233;tiez o&#249; ces quarante derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois apr&#232;s ce licenciement tout en vilenie, Lancelin d&#233;gaine son livre qui fleure bon le r&#232;glement de comptes avec L'Obsol&#232;te (nom donn&#233; au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;). L'ouvrage s'&#233;coule comme des petits pains et permet &#224; son auteure de multiplier les entretiens dans ces m&#233;dias pourtant honnis, du &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; &#224; RMC en passant par &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;. C'est d'ailleurs gr&#226;ce aux suffrages des tr&#232;s r&#233;acs Franz-Olivier Giesbert et Patrick Besson qu'elle d&#233;croche fin 2016 le prix &#171; Renaudot Essai &#187; &#8211; les deux piliers du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, membres influents du jury, ayant habilement saisi l'occasion de mettre des stylos dans les jambes du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;. &#212; presse, ton univers impitoyable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impitoyable, Aude Lancelin l'est assur&#233;ment &#8211; au long de son ouvrage, elle n'a pas de mots assez durs pour qualifier le magazine qu'elle a un temps dirig&#233;. Mais cette nouvelle contemptrice de &#171; &lt;i&gt; la servitude des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187; serait plus convaincante si elle n'avait attendu d'en &#234;tre exclue pour brandir sa rageuse plume. En mati&#232;re de critique des m&#233;dias, la coh&#233;rence personnelle dit beaucoup. Sans elle, il ne s'agit plus de d&#233;noncer le syst&#232;me, mais d'en tirer profit autrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans un entretien mis en ligne sur le site du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; le 13/10/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aux &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Serge Halimi, Raisons d'agir, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Ruffin, Les Ar&#232;nes, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Citation issue du &lt;i&gt;Monde Libre&lt;/i&gt;, de m&#234;me que la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#192; L'Obs, un licenciement tr&#232;s politique &#187;, mis en ligne le 25/05/16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il n'y a pas de consentement sans d&#233;sir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-y-a-pas-de-consentement-sans</link>
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		<dc:date>2018-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois a &#233;t&#233; (au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desir" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catherine-Deneuve" rel="tag"&gt;Catherine Deneuve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-rapport" rel="tag"&gt;d'un rapport&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiblement" rel="tag"&gt;visiblement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniers" rel="tag"&gt;derniers&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2098-0ba3e.jpg?1783162224' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; S'il se passe quelque chose... &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; (au moins temporairement) chass&#233;e par un regain d'enthousiasme et le sentiment vertigineux que le f&#233;minisme traversait un moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les questions que ces bouleversements soul&#232;vent, il y a celle, &#233;pineuse, du consentement. S'il faut incontestablement une mauvaise foi d'actrice pour feindre de ne pas saisir l'ab&#238;me qui s&#233;pare la s&#233;duction du harc&#232;lement, ces moments o&#249; une femme dit oui alors qu'elle pense non sont autrement plus &#233;quivoques&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, m&#234;me en dehors d'une situation d'emprise caract&#233;ris&#233;e ou de viol avec violence, peut-on consentir en apparence &#224; une relation qu'au fond on ne souhaite pas ? D'abord, &#233;videmment, parce que nombre de femmes ont int&#233;gr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment l'interdiction de vexer, de blesser voire de mettre mal &#224; l'aise l'homme &#224; qui elles ont affaire&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Elles peuvent aussi redouter d'&#234;tre &#233;tiquet&#233;es &#171; allumeuses &#187;, vouloir se rassurer quant &#224; leur valeur sur le &#171; &lt;i&gt;march&#233; &#224; la bonne meuf&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#169; Virginie Despentes.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, rechercher une tendresse et une &#233;coute dont elles sentent qu'elles ne les obtiendront qu'avec un rapport, s'auto-convaincre que l'app&#233;tit vient en mangeant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, dans un environnement o&#249; nous est martel&#233; en permanence que notre d&#233;sir est ill&#233;gitime, sale et dangereux&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, il n'est pas ais&#233;, avant m&#234;me de l'assumer, de simplement le reconna&#238;tre et d'en saisir les limites. S'efforcer de rester &#224; l'&#233;coute du moindre sentiment de malaise et s'y fier, questionner les r&#233;elles motivations d'un rapport, peuvent contribuer &#224; se sentir plus s&#251;re de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant de &#171; consentement actif &#187;, c'est-&#224;-dire du fait que pour coucher avec une personne, il ne faut pas seulement qu'elle ne soit pas en train de se d&#233;battre et d'appeler &#224; l'aide, mais aussi qu'elle ait visiblement envie d'avoir un rapport. Il peut souvent suffire de guetter chez sa partenaire les manifestations de son d&#233;sir (attention, &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt;, mais il n'est visiblement pas inutile de le rappeler : lubrification vaginale, dilatation des pupilles, corps d&#233;tendu, prise d'initiatives, soupirs, g&#233;missements) et de se/lui poser des questions en cas d'absence de ces signes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons aussi de &#171; consentement renouvel&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire du fait qu'une personne qui consent au d&#233;but d'un rapport peut l&#233;gitimement changer d'avis par la suite. Certes, aucun d'entre nous n'a envie de signer des formulaires &#224; chaque nouvelle pratique sexuelle ou &#224; chaque changement de position pour s'assurer de l'accord des parties impliqu&#233;es. Mais il existe tant de fa&#231;ons excitantes de demander &#224; quelqu'un s'il a envie qu'on lui fasse ci ou &#231;a, sans rien sacraliser ni pour autant nier, par exemple, le fait qu'introduire un corps &#233;tranger dans un autre n'est pas toujours d&#233;nu&#233; d'implications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la question &#171; Est-ce que je peux entrer en toi ? &#187; peut devenir joyeuse, orgasmique, complice ; elle peut aussi permettre d'&#233;viter une g&#234;ne, un malentendu... ou un traumatisme. Pos&#233;e m&#234;me de fa&#231;on non syst&#233;matique, elle peut d&#233;tendre l'ensemble des rapports, simplement en installant l'id&#233;e qu'au-del&#224; du consentement, c'est bel et bien de d&#233;sir qu'il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/S-il-se-passe-quelque-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il se passe quelque chose... &lt;/a&gt; &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la r&#233;signation au consentement, le probl&#232;me de la &#8220; zone grise &#8221; entourant les rapports sexuels &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 26 janvier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#169; Virginie Despentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de Los Angeles le 21 janvier : l'actrice a expliqu&#233; qu'elle s'&#233;tait sentie oblig&#233;e de se construire une image puritaine pour se prot&#233;ger de la sexualisation &#224; laquelle avait proc&#233;d&#233; une partie des m&#233;dias et de son public apr&#232;s la sortie de son premier film, alors qu'elle n'avait que 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#201;tude de CAF : Avis de gros temps sur les m&#232;res isol&#233;es</title>
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		<dc:date>2018-03-02T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ren&#233;e Cossette</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage. G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/APL" rel="tag"&gt;APL&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le charcutage des aides personnalis&#233;es au logement (APL) va permettre &#224; l'&#233;tat d'&#233;conomiser 225 millions d'euros en 2016. Ce n'est pas cher payer le plaisir de mettre les pauvres un peu plus sur la paille. Et ce sont surtout les m&#232;res isol&#233;es qui vont morfler. T&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;raldine ? Sophie ? Nous sommes si nombreuses, il y a le choix&#8230; Disons Sophie. Sophie aimait Marc, ils pr&#233;voyaient de vivre heureux et d'avoir de nombreux enfants. Les enfants parurent, au nombre r&#233;glementaire de deux, mais en guise de bonheur Sophie perdit son travail, se retrouva au foyer contre son gr&#233; et Marc s'av&#233;ra &#234;tre une crapule capitaliste de la pire esp&#232;ce, du genre qui te fait payer ce que tu lui co&#251;tes, comme il le disait souvent &#224; Sophie, qui demanda finalement le divorce car ce ne serait pas pire, pensait-elle fort na&#239;vement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-440-0e506.jpg?1782659416' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nadia Berz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, elle contacta les associations de d&#233;fense des femmes dans l'espoir fou d'obtenir quelque logement d'urgence pour s'&#233;loigner de Marc, devenu plus qu'irritable &#224; l'annonce de son d&#233;sir de le quitter. On lui apprit alors que faute de subventions les foyers &#173;d'accueil d'urgence &#233;taient pleins. Sophie se vit donc pri&#233;e de se diriger vers &#171; [son] &lt;i&gt;entourage&lt;/i&gt; &#187;. L'envie de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;si j'avais &#233;t&#233; entour&#233;e j't'aurais pas t&#233;l&#233;phon&#233; !&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait forte, mais Sophie n'avait pas le temps d'&#233;duquer plus privil&#233;gi&#233; qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Les femmes seules, &#231;a d&#233;grade les logements &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre m&#232;re Courage, comme disent les condescendants, aussi d&#233;termin&#233;e que coinc&#233;e maintenant que Marc avait pris bonne note de ses vell&#233;it&#233;s rebelles, se mit donc en qu&#234;te d'un logement. Les agences immobili&#232;res eurent t&#244;t fait de lui apprendre que chez eux, ce ne serait pas possible. Pas d'emploi, pas de ressources stables, fin des d&#233;bats. Sophie se dirigea donc vers les particuliers et commen&#231;a &#224; passer des coups de fil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois qu'un propri&#233;taire lui raccrocha au nez en entendant le mot divorce, elle se dit qu'elle &#233;tait probablement tomb&#233;e sur un militant de La Manif pour tous (LMPT). &#199;a arrive. La trenti&#232;me fois qu'on lui indiqua par le menu tout ce qu'il fallait penser des &#171; &lt;i&gt; gens comme vous&lt;/i&gt; &#187; et de quelle mani&#232;re &#171; &lt;i&gt;les femmes seules &#231;a d&#233;grade les logements&lt;/i&gt; &#187;, puisque aussi bien &#171; &lt;i&gt;les enfants sans p&#232;re c'est des petits sauvages&lt;/i&gt; &#187;, Sophie raccrocha la premi&#232;re, petite victoire morale sur la vacherie de son prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un trimestre long comme un jour sans pain, une propri&#233;taire bien intentionn&#233;e apprit &#224; Sophie que le probl&#232;me &#233;tait purement technique, son assureur ne couvrant pas le risque d'impay&#233; pour &#171; &lt;i&gt;ces cas-l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Fiat Lux !&lt;/i&gt; Sophie d&#233;couvrit la loi Boutin. Inutile de contacter les propri&#233;taires de logements r&#233;cents ou simplement d&#233;cents, puisqu'ils avaient tous souscrit une assurance aux loyers impay&#233;s et que, faute de justifier de ressources fixes &#233;quivalent &#224; trois fois le montant du loyer hors charges, Sophie ne pouvait b&#233;n&#233;ficier de cette couverture et donc pr&#233;tendre &#224; un toit. Dress&#233;s &#224; la peur de l'impay&#233; (qui, au moment du vote de la loi en mars 2009, s'&#233;levait &#224; 1 % de l'ensemble des loyers, selon la f&#233;d&#233;ration des requins de l'immobilier FNAIM), les proprios avaient appris &#224; &#171; s&#233;lectionner &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique H&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle apprit &#224; reconna&#238;tre les annonces donnant mati&#232;re &#224; esp&#233;rer : taudis de cat&#233;gorie &#233;nerg&#233;tique G ou H quand cela &#233;tait mentionn&#233;, sans prise terre, avec pour tout chauffage un grille-pain dans un couloir venteux, annonces sans photos. Apr&#232;s avoir &#233;chapp&#233; de justesse &#224; quelques &#171; arrangements &#187; propos&#233;s main sur son &#233;paule ou plus bas par des propri&#233;taires d&#233;sireux d'aider une femme seule, Sophie parvint &#224; d&#233;nicher une petite vieille sans plus aucune libido qui acceptait de lui louer sa ruine, pardon, &#171; &lt;i&gt;la maison de ma m&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loyer s'&#233;levait &#224; plus de la moiti&#233; des ressources de Sophie, le logement &#233;tait myst&#233;rieusement conventionn&#233; APL, &#224; se demander si quelqu'un &#233;tait venu un jour sentir le courant d'air frais que la porte d'entr&#233;e en bois du si&#232;cle pass&#233; fente-&#224;-lettre incluse diffusait au salon, mais &#231;a faisait un an que Sophie cohabitait avec son futur ex hurlant et vagissant sous le nez des enfants terroris&#233;s, elle avait perdu dix kilos, elle &#233;tait &#233;puis&#233;e et n'avait pas encore eu d'audience devant le juge aux affaires familiales, parce que la justice n'avait plus de budget non plus. Moyennant la fourniture de trois lits et d'une table, ce qui de toute mani&#232;re l'arrangeait, Marc n'ayant aucune envie de partager le mobilier, elle signa un bail meubl&#233; qui rassurait la propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 2015 et Sophie a d&#233;j&#224; pass&#233; deux hivers dans le cong&#233;lateur qui lui sert de logis, les factures d'&#233;lectricit&#233; ayant parfois &#233;t&#233; suffisamment contondantes pour lui faire penser &#224; &#233;courter ses jours sur cette terre mais elle tient bon, les enfants vont presque mieux, elle a trouv&#233; un accord &#224; l'amiable avec Marc &#8211;&#8200;amiable surtout pour lui &#8211;&#8200;pour gagner du temps de proc&#233;dure, leur maison d'avant est en vente, un jour tout &#231;a prendra fin, on ne va pas l&#226;cher maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvre donc forc&#233;ment tricheuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voil&#224;, &#231;a ne va pas se passer comme &#231;a, et pourtant &#171; comme &#231;a &#187; c'&#233;tait d&#233;j&#224; rude. La loi de finances 2016 a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e et elle pr&#233;voit de r&#233;former les aides personnalis&#233;es au logement (APL) parce que les pauvres, tout de m&#234;me, &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure vise &#224; faire les poches aux jeunes actifs de moins de 25 ans. Leur APL ne sera plus calcul&#233;e sur leur premi&#232;re fiche de paie mais sur leur revenu r&#233;el. Ce coup vicieux ne concerne pas trop Sophie, ses 25&#8200;ans sont loin, comme on ne manque pas de le lui rappeler au cours de ses recherches d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la deuxi&#232;me mesure qu'elle va se prendre droit dans la tronche. Il s'agit d'int&#233;grer au calcul des droits aux APL la propri&#233;t&#233; d'un capital, f&#251;t-il mesur&#233; en biens ou en argent sonnant et tr&#233;buchant. L&#224; &#231;a devient moins dr&#244;le pour Sophie, car la baraque de feu son couple id&#233;al constitue un bien qui lui appartient partiellement. Certes, elle n'est pas encore vendue et Sophie n'en tire aucun b&#233;n&#233;fice (Marc ne lui paie aucun loyer), sans compter qu'elle ne peut non plus y vivre (y a un ours dedans, souviens-toi). Mais la loi est la loi et Sophie risque donc de perdre tout ou partie de son aide au logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me mesure s'av&#232;re encore plus sc&#233;l&#233;rate pour notre h&#233;ro&#239;ne du combat ordinaire. Elle pr&#233;voit de plafonner l'aide au logement en fonction du prix du loyer. Vois-tu, pour nos gouvernants, si Sophie consacre une trop grande partie de ses ressources &#224; son loyer, ou si ledit loyer est sup&#233;rieur &#224; la moyenne du secteur, ce n'est pas parce que Sophie n'a pas acc&#232;s au march&#233; locatif ordinaire ni parce que des chacals abusent des locataires en situation de faiblesse sociale, non : pour nos gouvernants, si Sophie paie si cher son droit d'exister quelque part, c'est parce qu'elle cache des ressources &#224; l'Administration. Forc&#233;ment. &#171; Tricheuse, on t'a rep&#233;r&#233;e, hahaha ! &#187;, jubilent les chevaliers de l'ordre du m&#233;rite des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie, elle, ne sait juste pas o&#249; elle vivra en 2016. Elle a entrepris de recontacter les agences pour tenter de trouver moins cher. Sans trop de conviction parce qu'elle n'a de toute mani&#232;re pas les moyens de payer un d&#233;m&#233;nagement et ce ne sont pas ses enfants qui vont porter le frigo ou la machine &#224; laver. Un nouvel hiver approche, l'&#233;lectricit&#233; a encore augment&#233;, il faut de nouveaux manteaux aux enfants, la t&#233;l&#233; leur crache d&#233;j&#224; les publicit&#233;s pour les jouets de No&#235;l que Sophie ne pourra pas leur offrir, ils disent que c'est pas grave mais qu'ils ne veulent pas d&#233;m&#233;nager encore, ils se sont fait des copains dans le quartier... Fallait justement qu'ils s'acoquinent avec les gosses d'une autre divorc&#233;e contrainte au ch&#244;mage par l'obligation du &#171; &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; &#187;, dans une autre maison tout aussi co&#251;teuse en charges n'ouvrant pas droit aux aides, avec aussi une ex-maison et un ex-mari, ou bien une petite &#233;pargne r&#233;cup&#233;r&#233;e &#224; la vente du bien, dans laquelle elle pioche tous les mois pour une facture, une cantine ou un appareil dentaire. Tandis que les enfants pleurent &#233;galement qu'ils ne veulent pas encore d&#233;m&#233;nager parce qu'ils se sont fait des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps un type notoire&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a dit que si on coupait l'acc&#232;s aux allocations des femmes, elles divorceraient moins et la famille fran&#231;aise, cette valeur si ch&#232;re &#224; tous sauf &#224; ces garces qui ne font rien qu'&#224; refuser les baffes, serait sauv&#233;e. Sophie et ses voisines ont plut&#244;t l'impression que cette r&#233;forme veut achever les leurs, de familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 9 avril 2010, le d&#233;nomm&#233; &#201;ric Zemmour, scribouillard d'extr&#234;me droite, vomissait ces propos dans &#171; &#231;a se dispute &#187; sur iT&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#8230;&#224; l'alternative &#224; l'&#233;cole</title>
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		<dc:date>2014-11-06T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Camille Burger</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Livradois Forez</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;ronik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a aussi ces parents qui prennent la d&#233;cision de faire l'&#233;cole &#224; la maison. D'affreux cathos qui conditionnent leurs m&#244;mes &#224; longueur de journ&#233;e ? Des contestataires un peu perch&#233;s qui rejettent tout ce qui vient de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Ou des parents jaloux de l'&#233;panouissement de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces &#171; autres &#187; parents d'&#233;l&#232;ves . Instruction &#224; domicile Pom m'accueille dans une cuisine install&#233;e dans la grange. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Veronik" rel="tag"&gt;V&#233;ronik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a aussi ces parents qui prennent la d&#233;cision de faire l'&#233;cole &#224; la maison. D'affreux cathos qui conditionnent leurs m&#244;mes &#224; longueur de journ&#233;e ? Des contestataires un peu perch&#233;s qui rejettent tout ce qui vient de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Ou des parents jaloux de l'&#233;panouissement de l'enfant &#224; l'int&#233;rieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces &#171; autres &#187; parents d'&#233;l&#232;ves .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH241/p08-09-cqfd-ecole-def02-3-8f640.jpg?1782683166' width='400' height='241' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Camille Burger.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Instruction &#224; domicile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pom m'accueille dans une cuisine install&#233;e dans la grange. J'ai eu du mal &#224; trouver, derri&#232;re le camion bariol&#233; install&#233; dans ce hameau du Livradois Forez. Elle pr&#233;pare le repas et imm&#233;diatement m'indique qu'elle a accouch&#233; l&#224;, dans un bassin. Le ton est donn&#233;. Trois de ses filles sont &#224; table et l'&#233;coutent raconter son cheminement vers une instruction en famille car on se place du c&#244;t&#233; de l'institution si l'on parle de d&#233;scolarisation. Les mots sont importants. Pom a tout revu dans sa vie &#224; commencer par ses accouchements. Son m&#233;tier aussi qu'elle a quitt&#233; pour vivre en camion. Cette infirmi&#232;re urgentiste a cess&#233; le travail au troisi&#232;me enfant : &#171; &lt;i&gt;Je n'avais pas envie d'accoucher &#224; l'h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187; Entendez sur son lieu de travail. Premi&#232;re naissance et renaissance aussi. Mais Pom a plut&#244;t l'impression qu'on lui a indiqu&#233; la porte. &#171; &lt;i&gt;J'ai quitt&#233; ce m&#233;tier car je devais remplir des dossiers pour justifier mon activit&#233;. On a th&#233;oriquement une heure pour allaiter sur le lieu de travail mais, &#224; l'&#233;poque, on m'a fait comprendre que ce n'&#233;tait pas compatible.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pom a cherch&#233; du soutien aupr&#232;s de l'association Les Enfants D'Abord (LED'A). Aux rencontres de LED'A, &#171; &lt;i&gt; les enfants parlaient avec aisance aux adultes. Ils ne sont pas dans la comp&#233;tition. &lt;/i&gt; &#187; La rencontre avec l'association permet aux parents d'envisager ce que c'est que de vivre 24h/24 avec ses enfants. Faire l'instruction &#224; la maison mais sans se couper du reste du monde, un pari difficile. Pom a multipli&#233; les rencontres de familles qui le pratiquent : une mani&#232;re aussi de s'affirmer face aux inspecteurs qui une fois l'an passent contr&#244;ler les familles. &#171; &lt;i&gt;Je n'agis pas contre le syst&#232;me, je ne prends pas les gens de front. Les inspecteurs m&#233;connaissent trop souvent les choix p&#233;dagogiques alternatifs.&lt;/i&gt; &#187; Pour les familles ce passage oblig&#233; est souvent source de stress. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent pas s'emp&#234;cher d'&#233;valuer nos enfants !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de d&#233;socialisation, Pom r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Notre a&#238;n&#233;e a aujourd'hui 15 ans et demi et suit une section Arts appliqu&#233;s au lyc&#233;e. Elle est interne. C'est un grand &#233;cart qui a demand&#233; quelques ajustements, mais globalement elle l'a fait avec aisance. Elle a altern&#233; cours par correspondance et &#8220;unschooling&#8221;. A un moment donn&#233;, elle a souhait&#233; rejoindre un cursus plus formel qui lui permettait de donner corps &#224; ses projets.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai construit une bulle s&#233;curis&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, avoue-t-elle, refusant p&#234;le-m&#234;le l'&#233;cole de l'entreprise, de la comp&#233;tition de tous contre tous, du fichage g&#233;n&#233;ralis&#233;. Aujourd'hui, son militantisme est davantage orient&#233; sur les droits des femmes : &#171; &lt;i&gt;Je milite au planning familial et trouve important que les enfants re&#231;oivent une information sur la sexualit&#233;. Trop de violence na&#238;t de la domination d'un groupe sur les autres. Je vise l'&#233;quilibre.&lt;/i&gt; &#187; Entre refus d'une soci&#233;t&#233; qui s'&#233;loigne du vivant et d&#233;sir d'accompagner ses enfants selon les valeurs qui sont les siennes, Pom s'affirme donc &#171; &lt;i&gt;unschool&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;cole en pyjama &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronik Leray a particip&#233; durant des ann&#233;es &#224; une &#233;cole en pyjama, comprenez qu'elle a &#233;lev&#233; ses enfants &#224; la maison&#8230; mais pas tous ! &#171; &lt;i&gt; C'est un r&#233;seau de familles d&#233;scolaris&#233;es que j'ai anim&#233; durant neuf ans lorsque j'ai habit&#233; &#224; All&#232;gre en Haute-Loire.&lt;/i&gt; &#187; Sa fille a des soucis &#224; l'&#233;cole. Elle la retire alors. &#171; &lt;i&gt;J'avais souffert aussi de l'&#233;cole &#233;tant enfant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mes enfants ont pass&#233; leur bac playmobil tr&#232;s vite&lt;/i&gt; &#187;, aime &#224; raconter V&#233;ronik qui a eu sept enfants dont quatre ont connu une d&#233;scolarisation. Si son premier fils vit sur les routes et a construit sa cabane &#224; la ZAD, le second a choisi de devenir pompier. Ces deux-l&#224; sont all&#233;s &#224; l'&#233;cole. Judith, elle, voulait faire de la musique mais sans les &#233;tudes qui alourdissent les notes. Elle travaille aujourd'hui comme technicienne lumi&#232;re sur Lyon. Abigael, graphiste en Italie et Yann, champion de p&#234;che &#224; la mouche, ont manifest&#233; tr&#232;s t&#244;t un rejet de l'&#233;cole. Les deux derniers, Samuel au coll&#232;ge de Langeac et A&#233;lin dans la Calandreta&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'image des Iskatola basques et des &#233;coles Diwan en Bretagne, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; du Puy-en-Velay sont certes scolaris&#233;s mais f&#226;ch&#233;s avec l'autorit&#233;. V&#233;ronik s'est donc consacr&#233;e enti&#232;rement &#224; l'&#233;ducation de ses enfants en s'appuyant sur un petit r&#233;seau de parents ayant fait le m&#234;me choix qu'elle. &#171; &lt;i&gt;J'ai squeez&#233; ma carri&#232;re professionnelle mais nous n'avons pas r&#233;fl&#233;chi&#8230; c'est venu comme &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; A 40 ans, elle a trouv&#233; n&#233;anmoins son premier job sans cursus professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, qui sont donc ces parents qui choisissent la d&#233;scolarisation ? Des ruraux isol&#233;s mais aussi des convaincus au spectre large tels qu'ils sont d&#233;crits dans le film &lt;i&gt;&#202;tre et Devenir&lt;/i&gt; de Clara Bellar : &#171; &lt;i&gt;On avait un parent cr&#233;ationniste et des gens qui font pousser des ch&#232;vres, des anarchistes catholiques et geeks comme nous !&lt;/i&gt; &#187; Des familles pour lesquelles la question du rythme des enfants est importante, leur &#233;coute aussi. Mais les r&#233;ticences institutionnelles restent vives : &#224; propos du film, le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; regrette que l'on ne donne pas la parole aux adversaires de l'instruction en famille tandis que &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; parle de &#171; &lt;i&gt; manifeste anti-&#233;cole sans nuance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier &#201;cole :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vive-la-rentree-des-classes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vive la rentr&#233;e des classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ecole-reac-vs-ecole-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;cole r&#233;ac cs &#233;cole libre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/De-l-ecole-alternative&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De l'&#233;cole alternative...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH344/p08-09-cqfd-ecole-def-3-89301.jpg?1782643508' width='400' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Camille Burger.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A l'image des Iskatola basques et des &#233;coles Diwan en Bretagne, les Calandretas sont des &#233;coles bilingues en occitan et fran&#231;ais &#224; statut associatif, int&#233;gr&#233;es &#224; l'&#233;ducation nationale. Elles comptent 55 &#233;tablissements sur le territoire et s'appuient largement sur une p&#233;dagogie Freinet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;caires hors d'Europe !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Precaires-hors-d-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Precaires-hors-d-Europe</guid>
		<dc:date>2014-05-14T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile F&#233;vrier</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La Belgique expulse. Pas seulement des Afghans, des Maliens ou des Roumains, mais aussi des Fran&#231;ais, des Italiens. Pas G&#233;rard Depardieu, mais des pr&#233;caires ou des ch&#244;meurs repr&#233;sentant &#171; une charge d&#233;raisonnable &#187;. C'est le cas de Silvia Guerra. On l'accuse d'&#234;tre &#171; une charge d&#233;raisonnable &#187;. Il faut dire qu'elle est d&#233;raisonnable, cette Italienne d'une trentaine d'ann&#233;es. C'est vrai quoi, &#224; dix-sept ans, elle a troqu&#233; ses patins &#224; roulettes contre un accord&#233;on, puis elle a jou&#233; dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yohanne-Lamoulere-56" rel="tag"&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Belgique" rel="tag"&gt;Belgique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-accuse-d-etre" rel="tag"&gt;l'accuse d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deraisonnables-qu-elle" rel="tag"&gt;d&#233;raisonnables qu'elle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Belgique expulse. Pas seulement des Afghans, des Maliens ou des Roumains, mais aussi des Fran&#231;ais, des Italiens. Pas G&#233;rard Depardieu, mais des pr&#233;caires ou des ch&#244;meurs repr&#233;sentant &#171; &lt;i&gt;une charge d&#233;raisonnable&lt;/i&gt; &#187;. C'est le cas de Silvia Guerra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On l'accuse d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;une charge d&#233;raisonnable&lt;/i&gt; &#187;. Il faut dire qu'elle est d&#233;raisonnable, cette Italienne d'une trentaine d'ann&#233;es. C'est vrai quoi, &#224; dix-sept ans, elle a troqu&#233; ses patins &#224; roulettes contre un accord&#233;on, puis elle a jou&#233; dans des tas d'endroits &#224; des heures d&#233;raisonnables de la musique &#224; faire perdre la raison, elle cuisine des p&#226;tes avec des sauces que peu de di&#233;t&#233;ticiens conseilleraient, elle s'est mari&#233;e avec un Roumain (&#224; l'&#233;poque sans papiers), elle n'a pas la langue dans sa poche et plusieurs langues dans sa t&#234;te, elle monte des spectacles abracadabrants et fait des galipettes dans des cirques tout en &#233;levant un beau, un tendre enfant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de trois ann&#233;es bruxelloises, un beau matin de novembre, le 20, m&#234;me, alors qu'elle vient de d&#233;poser son fils &#224; l'&#233;cole, l'avis d'expulsion l'attend dans la bo&#238;te aux lettres : vous avez trente jours pour quitter le territoire. C'est qu'en Belgique, la lib&#233;rale Maggie de Block, secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Politique de migration et d'asile, n'h&#233;site pas &#224; expulser, sous couvert d'une directive europ&#233;enne, ces personnes &#171; &lt;i&gt;exer&#231;ant leur droit de s&#233;jour mais qui deviennent une charge d&#233;raisonnable pour le syst&#232;me d'assistance sociale de l'&#201;tat membre d'accueil&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Directive 2004/38/CE du Parlement europ&#233;en et du Conseil du 29 avril 2004.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; [sic] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit comprendre &#171; d&#233;raisonnable &#187; comme &#171; pr&#233;caire &#187;, puisque sont victimes de cette reconduite &#224; la fronti&#232;re des personnes embauch&#233;es via des emplois aid&#233;s &#8211; dont une partie du salaire est prise en charge par l'&#201;tat, aidant ainsi l'employeur &#8211;, appel&#233;s &#171; contrats article 60 &#187; et consid&#233;r&#233;s comme des allocations. Comme le dit un enseignant fran&#231;ais, lui-m&#234;me expulsable, lors d'un reportage diffus&#233; sur ArteTV le 19 f&#233;vrier 2014 : &#171; &lt;i&gt; Il fallait le dire, alors, que l'Europe ce n'&#233;tait pas la libert&#233; de circulation des biens et des personnes, mais la libert&#233; de circulation des biens et des personnes riches !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silvia s'est d&#233;fendue. Elle a saisi les m&#233;dias, en Italie, en France et en Belgique ; elle a saisi son droit de parole et a parl&#233;. Elle a &#233;crit aussi, aux amis ou aux d&#233;put&#233;s, des lettres comme celle-ci, publique et adress&#233;e au d&#233;put&#233; et bourgmestre de la commune o&#249; elle r&#233;side, qui font autant rire que pleurer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Avec la pr&#233;sente je ne tiens pas &#224; vous informer de mon expulsion, car j'imagine que vous &#234;tes d&#233;j&#224; au courant, vu qu'elle porte votre signature. Tout d'abord, je veux vous dire que la seule expulsion que je tiens pour l&#233;gitime, pour moi et pour n'importe qui d'autre, c'est celle qui, &#224; travers ma propre m&#232;re, m'a permis de venir au monde. &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Je suis bien consciente que mon expulsion ne d&#233;pend pas de vos valeurs personnelles, que vous &#234;tes seulement un repr&#233;sentant du pouvoir public et que vous suivez des ordres. D'ailleurs, pour cette raison, je vous plains. J'imagine que le fait que votre position vous oblige &#224; vous confronter bien souvent &#224; des actions qui d&#233;passent vos croyances &#233;thiques et politiques doit &#234;tre dur. Tout en &#233;tant consid&#233;r&#233;e &#224; la fois expuls&#233;e, cas social ou marginale (&#224; votre guise je vous en prie, moi je m'aime tout de m&#234;me), dans mes droits de citoyenne membre d'un pays qui se dit libre, je fais appel &#224; mon droit de parole, bien plus librement que vous dans votre position. Je me permets de vous signaler que cette mesure politique, mise en vigueur suite &#224; des dispositifs europ&#233;ens, mais que VOUS, les administrateurs publics, rendez EFFECTIVE et POSSIBLE avec VOTRE signature, est le grave symbole d'un syst&#232;me effrayant qui est en train de se mettre en place en Belgique, et dont vous &#234;tes acteur. Les lois que vous appliquez sont (j'esp&#232;re) en contradiction profonde avec la pens&#233;e socialiste qui vous identifie aux yeux des citoyens. Elles sont symboles d'une grave attaque aux droits sociaux, humains et professionnels des citoyens pour lesquels (et gr&#226;ce &#224; qui) tous les jours vous &#234;tes dans votre bureau. Elles sont le miroir d'un d&#233;but de n&#233;gation d'acc&#232;s &#224; la culture, &#224; la cr&#233;ation et &#224; l'int&#233;gration. Je croyais que la Belgique aurait r&#233;sist&#233; &#224; &#231;a. Je croyais que Saint-Gilles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commune bruxelloise.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;se d&#233;finissait par excellence comme un lieu de promotion de culture. Pour moi, tout ceci veut dire que la Belgique accepte seulement ceux qui produisent, consomment ou acceptent une condition d'esclavage. J'ai confiance en votre r&#233;action, et j'esp&#232;re qu'un jour vous pourrez me voir jouer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Silvia est dans l'attente d'un recours. En guerre la journ&#233;e, parce qu'elle n'a plus ni droit au travail, ni couverture m&#233;dicale. Fatigu&#233;e le soir. Rassurante pour son fils. Inqui&#232;te pour les autres, pour tous ceux qui sont moins d&#233;raisonnables qu'elle et font leurs bagages&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2010, 343 citoyens de l'UE ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de Belgique. 989 en 2011. 1 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p08-11-yoh_6-ae5fb.jpg?1782648086' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#233;dit Photo&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette photo est extraite du travail intitul&#233; La Roue, un voyage r&#233;alis&#233; entre 2003 et 2005 par &lt;a href=&#034;http://yohanne.lamoulere.book.picturetank.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yohanne Lamoul&#232;re&lt;/a&gt; au c&#339;ur de diff&#233;rentes zones de production de fruits et l&#233;gumes en Europe. &lt;i&gt;La Roue, ou la noria des saisonniers agricoles&lt;/i&gt;, textes de Patrick Herman, &#233;ditions &lt;a href=&#034;http://www.khiasma.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Khiasma&lt;/a&gt;, 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Directive 2004/38/CE du Parlement europ&#233;en et du Conseil du 29 avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Commune bruxelloise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2010, 343 citoyens de l'UE ont &#233;t&#233; expuls&#233;s de Belgique. 989 en 2011. 1 918 en 2012. 1 130 les 8 premiers mois de 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cul des autres</title>
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		<dc:date>2012-05-01T07:19:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sandrine et H&#233;l&#233;na grappillent toutes les deux le Revenu de solidarit&#233; active (RSA). Sandrine a un enfant de huit ans, vit en couple et travaille quelques heures par jour dans le &#171; service &#224; la personne &#187;. Toute la journ&#233;e, elle court entre la maison, les courses, le m&#233;nage, la bouffe, l'&#233;cole et les personnes &#226;g&#233;es qu'elle lave, fait manger et &#233;coute se plaindre. Elle bosse deux heures par jour, quarante-cinq minutes le matin, quarante-cinq minutes le midi, et une demi-heure le soir. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-entrailles-de-Mademoiselle" rel="tag"&gt;Les entrailles de Mademoiselle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tanxxx" rel="tag"&gt;Tanxxx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quarante-cinq-minutes" rel="tag"&gt;quarante-cinq minutes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quarante-cinq" rel="tag"&gt;quarante-cinq&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sandrine et H&#233;l&#233;na grappillent toutes les deux le Revenu de solidarit&#233; active (RSA). Sandrine a un enfant de huit ans, vit en couple et travaille quelques heures par jour dans le &#171; service &#224; la personne &#187;. Toute la journ&#233;e, elle court entre la maison, les courses, le m&#233;nage, la bouffe, l'&#233;cole et les personnes &#226;g&#233;es qu'elle lave, fait manger et &#233;coute se plaindre. Elle bosse deux heures par jour, quarante-cinq minutes le matin, quarante-cinq minutes le midi, et une demi-heure le soir. &#201;videmment, avec les temps de trajet, ce boulot n'est absolument pas rentable, puisqu'elle passe deux heures sur vingt-quatre dans sa voiture&#8230; soit autant qu'au boulot ! Sans compter qu'elle se casse le dos et se coltine souvent des cas assez lourds, comme M. D., qui pisse partout et se&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH399/98tanxxx-59fea.png?1782641959' width='400' height='399' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;comporte comme un gros d&#233;gueulasse. Elle le supporte pourtant tous les matins, du lundi au dimanche compris. Au total, elle travaille environ quarante-cinq heures par mois, ce qui l'aide vaguement &#224; mettre du beurre dans les coquillettes. Mais il para&#238;t qu'elle a plut&#244;t de la chance, car elle n'est pas seule, m&#234;me si son mari ne fait pas grand-chose &#224; la maison et que le gamin est suffisamment grand pour &lt;i&gt;&#171; se garder tout seul &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'est pas le cas d'H&#233;l&#233;na, qui a une enfant de deux ans et qui est &#171; parent isol&#233; &#187;, comme on dit. Elle s'est toujours demand&#233; pourquoi on appelait cela &#171; parent isol&#233; &#187;, parce que jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; chaque fois qu'elle rencontre quelqu'un qui &#233;l&#232;ve seul ses gamins, c'est une femme. Comme beaucoup d'entre elles, H&#233;l&#233;na essaie de courir apr&#232;s son ex pour toucher une pension alimentaire qui ne vient jamais. Elle re&#231;oit 778 euros de RSA et, en plus, cumule deux petits boulots. Ce n'est pas que &#231;a l'enchante, mais elle s'est sentie oblig&#233;e d'accepter la derni&#232;re proposition qu'on lui a faite, pour ne pas avoir l'air de rechigner &#224; la t&#226;che. Du coup, elle encha&#238;ne des journ&#233;es marathon et mange dans sa voiture, en cinq minutes, en esp&#233;rant que les heures effectu&#233;es ne lui fassent pas baisser les aides qu'elle touche. Ce serait la catastrophe, avec la nounou &#224; payer et le prix de l'essence. Faire garder les mioches, c'est la grande pr&#233;occupation des femmes qui se d&#233;battent avec les minimas, comme on dit, et auxquelles on demande d'accepter des petits boulots mal pay&#233;s pour montrer qu'elles font preuve de bonne volont&#233; dans leur d&#233;marche de &#171; retour &#224; l'emploi &#187;. L'une d'entre elles, l'air morne, me r&#233;sume sa vie ainsi : &lt;i&gt;&#171; Comme boulot, on me propose toujours de m'occuper du cul des vieux&#8230; &#199;a ne me change pas, &#224; la maison, je torche d&#233;j&#224; celui de mon mec et de mon gamin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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