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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'espoir est une discipline</title>
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		<dc:date>2022-10-07T12:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec son film Halte, sorti en juillet 2019, soit il y a plusieurs ann&#233;es-lumi&#232;re, le r&#233;alisateur philippin Lav Diaz faisait de la science-fiction. Dans un territoire lamin&#233; par des &#233;pid&#233;mies justifiant un contr&#244;le permanent et intrusif de la population, survol&#233; de drones inquisiteurs, plong&#233; dans une nuit permanente &#233;voquant l'absence de perspective et le confinement, un pr&#233;sident schizophr&#232;ne r&#233;gnait avec un autoritarisme croissant sur une population habitu&#233;e &#224; raser les murs. L'action (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec son film &lt;i&gt;Halte&lt;/i&gt;, sorti en juillet 2019, soit il y a plusieurs ann&#233;es-lumi&#232;re, le r&#233;alisateur philippin Lav Diaz faisait de la science-fiction. Dans un territoire lamin&#233; par des &#233;pid&#233;mies justifiant un contr&#244;le permanent et intrusif de la population, survol&#233; de drones inquisiteurs, plong&#233; dans une nuit permanente &#233;voquant l'absence de perspective et le confinement, un pr&#233;sident schizophr&#232;ne r&#233;gnait avec un autoritarisme croissant sur une population habitu&#233;e &#224; raser les murs. L'action n'&#233;tait certes situ&#233;e qu'en 2034, mais tout est all&#233; un peu plus vite que pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, le virus qui a heurt&#233; de plein fouet le monde que nous connaissions acc&#233;l&#232;re, amplifie, grossit, d&#233;nude tout ce qui existait d&#233;j&#224; auparavant. Au plus profond de ce que nous sommes, il nous est d&#233;sormais de plus en plus difficile de faire semblant de ne pas voir, de ne pas entendre, de ne pas sentir, m&#234;me l&#224; o&#249; nous y &#233;tions auparavant plus ou moins contraints pour continuer &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette crise, l'ignorance, le pessimisme, le despotisme, le narcissisme, le mythe de l'homme fort et du lib&#233;rateur, la gestion des individus et des pays comme s'ils &#233;taient des entreprises, la difficult&#233; &#224; trouver du sens, le m&#233;pris pour l'environnement et l'ensemble du vivant atteignent un paroxysme. Et pourtant, si cette crise nous est si difficile &#224; vivre, c'est bien que tout n'est pas perdu. &#171; &lt;i&gt;Tant qu'on peut dire que &#231;a ne pourrait pas &#234;tre pire, c'est qu'on n'a pas encore atteint le pire&lt;/i&gt; &#187;, disait l'&#233;crivain Karl Kraus dans l'Autriche des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Halte&lt;/i&gt;, qui porte bien son titre, comme pour ordonner l'arr&#234;t d'un monde qui ne pense plus qu'&#224; se h&#226;ter vers sa fin, le leader d'un groupe de r&#233;sistants obstin&#233; dans son opposition &#224; la dictature voit sa route bifurquer alors qu'il tombe par hasard sur un camp d'enfants orphelins qui parlent, jouent et rient autour d'un feu. Il s'arr&#234;te, les regarde, se sent touch&#233; par eux. Il r&#233;oriente sa lutte, dor&#233;navant moins motiv&#233;e par ses r&#233;flexions th&#233;oriques et la destitution d'un monstre que par son sentiment de communaut&#233; avec ces &#234;tres humains qui l'entourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas nous endurcir. Ne pas cesser de nous regarder les uns les autres. Ne pas &#233;touffer notre rage face &#224; ceux qui m&#233;prisent la vie humaine au point de ne la consid&#233;rer que comme le carburant d'une &#233;conomie, notre tristesse devant ceux qui meurent seuls et dans des conditions indignes, notre joie avec ceux qui veulent continuer &#224; rire, &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; vivre avec nous. Ne c&#233;der aux pi&#232;ges ni des technocrates entrepreneurs d'eux-m&#234;mes, ni des donneurs de le&#231;ons revenus de tout, jamais d&#233;&#231;us et jamais trahis puisqu'ils avaient toujours pr&#233;vu le pire. Le soin, l'empathie, la solidarit&#233; : plus que jamais, ces comportements dont on n'a pas cess&#233; de nous faire croire qu'ils &#233;taient l'apanage des femmes nous seront n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier l'espoir, que la militante am&#233;ricaine Mariame Kaba&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son slogan &#171; Hope is a discipline &#187; a notamment &#233;t&#233; repris par la Women's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; propose de consid&#233;rer comme une discipline. Il n'interdit ni la tristesse ni le d&#233;couragement, n'emp&#234;che pas de consid&#233;rer qu'il y a des raisons l&#233;gitimes de vouloir baisser les bras ; mais il porte en lui l'id&#233;e qu'un changement est toujours possible, dans un sens comme dans l'autre ; que contrairement &#224; une minorit&#233; de personnages m&#233;prisables, une majorit&#233; souhaite un monde juste ; que nos temporalit&#233;s et nos actions sont insignifiantes au regard de la longue histoire dans laquelle nous nous inscrivons, mais peuvent changer la vie de celles et ceux qui nous entourent ; et que c'est peut-&#234;tre le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son slogan &#171; &lt;i&gt;Hope is a discipline&lt;/i&gt; &#187; a notamment &#233;t&#233; repris par la Women's March et par la future pr&#233;sidente du monde Alexandria Ocasio-Cortez.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>P&#233;n&#233;tration, j'&#233;cris ton nom</title>
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		<dc:date>2020-08-11T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>rapport</dc:subject>
		<dc:subject>s'attire actuellement</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;n&#233;tration s'attire</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;n&#233;tration</dc:subject>
		<dc:subject>femmes h&#233;t&#233;rosexuelles</dc:subject>
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		<dc:subject>p&#233;n&#233;tration n'est</dc:subject>
		<dc:subject>rapport n'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces... Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces. Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-attire-actuellement" rel="tag"&gt;s'attire actuellement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/penetration-s-attire" rel="tag"&gt;p&#233;n&#233;tration s'attire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/penetration" rel="tag"&gt;p&#233;n&#233;tration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes-heterosexuelles" rel="tag"&gt;femmes h&#233;t&#233;rosexuelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/essentiellement-heterosexuelle" rel="tag"&gt;essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/penetration-n-est" rel="tag"&gt;p&#233;n&#233;tration n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport-n-est" rel="tag"&gt;rapport n'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de domination sous-entendu dans moult insultes s'y r&#233;f&#233;rant ne va pourtant pas de soi. Dans le cadre d'un rapport h&#233;t&#233;rosexuel, la p&#233;n&#233;tration peut tout aussi bien &#234;tre v&#233;cue comme un moment o&#249; une femme prend en elle, enserre, enferme le sexe de son partenaire &#8211; et non o&#249; elle serait conquise, poss&#233;d&#233;e ou prise. Dans tous les rapports imaginables, la p&#233;n&#233;tration peut &#234;tre pratiqu&#233;e sur bien des orifices, par le biais d'objets divers, avec une imagination dont les m&#233;decins urgentistes lib&#233;rant des rectums peuvent t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative est une convention sociale certes destin&#233;e, comme toutes les autres, &#224; reproduire un ordre (injuste), mais aussi &#224; rassurer les individus qui la respectent : dans la grande vuln&#233;rabilit&#233; qu'implique souvent un rapport sexuel, et alors que rencontrer un nouveau corps nu est d&#233;j&#224; bien assez d&#233;stabilisant en soi, des partenaires peuvent avoir besoin de se montrer qu'ils connaissent la musique, suivent une chor&#233;graphie bien apprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que le faible taux de femmes h&#233;t&#233;rosexuelles prenant r&#233;guli&#232;rement leur pied gr&#226;ce &#224; cette pratique donne envie de se pendre&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il n'est pas moins s&#251;r que, mal mise en &#339;uvre, elle favorise des maux souvent r&#233;serv&#233;s aux femmes : microd&#233;chirures, mycoses, blessures. Il est certain aussi qu'un d&#233;roul&#233; s'articulant autour de la p&#233;n&#233;tration comme alpha et om&#233;ga du rapport n'est pas &#224; l'avantage de beaucoup d'entre elles. Mais est-elle pour autant la perfide coupable de toutes nos frustrations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;n&#233;tration n'est pas non plus la panac&#233;e de tous les hommes, y compris h&#233;t&#233;rosexuels. C'est, pour beaucoup d'entre eux, un crash-test de virilit&#233; dont ils se passeraient bien. C'est aussi un symbole de la fa&#231;on dont ils sont construits en tant qu'hommes : ils y sont comme ailleurs violemment simplifi&#233;s (r&#233;duits &#224; leur sexe, &#171; faciles &#224; comprendre &#187;, assign&#233;s &#224; un comportement binaire) et rendus insensibles (cens&#233;ment toujours capables &#171; d'assurer &#187;, jamais d&#233;stabilis&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut condamner une pratique pour en favoriser d'autres, comme on interdirait les chips &#224; un enfant pour l'obliger &#224; aimer les brocolis, n'est-ce pas le signe d'un manque d&#233;sastreux d'imagination ? A-t- on vraiment besoin d'une &#233;ni&#232;me moralisation de nos pratiques sexuelles, qui nous raconte encore que nous sommes de mauvaises femmes, f&#233;ministes, compagnes, partenaires par le simple fait de nos go&#251;ts et de nos pratiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; condition qu'on &#233;volue dans un cadre r&#233;ellement priv&#233;, entre adultes r&#233;ellement consentants, ne serait-on pas plus heureux si nous faisions du sexe, comme de l'humour, un espace de vraie libert&#233; o&#249; l'on pourrait se permettre de dire et de faire l'inverse (ou la m&#234;me chose) de ce qu'on d&#233;fend d'habitude, de mettre temporairement en actes nos contradictions si terriblement humaines, de l&#226;cher les chevaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas l&#224; un grave probl&#232;me de prise en compte du plaisir des femmes h&#233;t&#233;rosexuelles mais aussi, plus largement, du plaisir tout court ? Combien d'entre nous sont encore travers&#233;s par des exigences de performance, d'absurdes volont&#233;s de se prouver des choses, une morale jud&#233;o-chr&#233;tienne aussi collante qu'&#201;ric Zemmour sur un plateau de CNews et, plus largement, le refus d'&#233;prouver le bonheur m&#234;me le plus &#233;ph&#233;m&#232;re de peur qu'il se sauve ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est qu'&#224; voir &#224; quel point la morale gangr&#232;ne le monde militant, comme tous les autres, pour constater &#224; quel point la conviction que nous sommes sur terre pour souffrir reste tenace. On n'est jamais assez radicaux, assez conscients, assez angoiss&#233;s, assez mobilis&#233;s, et quiconque ose dire dans un monde comme le n&#244;tre qu'il est heureux malgr&#233; tout se voit imm&#233;diatement taxer de na&#239;vet&#233;, de b&#234;tise et d'aveuglement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part peut-&#234;tre un entra&#238;neur de footballeurs, plus personne ne peut pourtant avancer d&#233;cemment que les orgasmes emp&#234;chent de travailler, de manifester ou de r&#233;fl&#233;chir. En p&#233;n&#233;trant ou en enserrant, en doigtant, mordant, su&#231;ant, l&#233;chant, embrassant ou en ne faisant rien de tout cela, jouissons vite ou longuement, bruyamment ou silencieusement, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, mais jouissons.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De 25 &#224; 30 % selon le Nietzsche de la sexualit&#233; p&#233;n&#233;trative, Martin Page. &lt;i&gt;Au-del&#224; de la p&#233;n&#233;tration&lt;/i&gt;, Le Nouvel Attila, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux ans apr&#232;s #MeToo : un bilan intime et politique</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Deux-ans-apres-MeToo-un-bilan</link>
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		<dc:date>2020-01-21T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>J'ai pleur&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ph&#233;nom&#232;ne n'a</dc:subject>
		<dc:subject>Septembre</dc:subject>
		<dc:subject>pleur&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Diana</dc:subject>
		<dc:subject>Johanna Luyssen</dc:subject>
		<dc:subject>monde entier</dc:subject>
		<dc:subject>conscience</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Finalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s. Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017, alors que j'&#233;coutais L'Hymne des femmes, que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/J-ai-pleure" rel="tag"&gt;J'ai pleur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/phenomene-n-a" rel="tag"&gt;ph&#233;nom&#232;ne n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Septembre" rel="tag"&gt;Septembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pleure" rel="tag"&gt;pleur&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diana" rel="tag"&gt;Diana&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Johanna-Luyssen" rel="tag"&gt;Johanna Luyssen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-entier" rel="tag"&gt;monde entier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conscience" rel="tag"&gt;conscience&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;inalement, #MeToo, c'est un peu comme la mort de Diana ou le 11 Septembre : nous savons tous o&#249; nous &#233;tions et ce que nous faisions, quand bien m&#234;me le ph&#233;nom&#232;ne n'a pas consist&#233; en une d&#233;flagration r&#233;unissant le monde entier devant des &#233;crans de t&#233;l&#233;vision. Nous sommes tous et toutes marqu&#233;&#8226;es par un moment de bascule, une prise de conscience, un &#233;v&#233;nement qui dessine un avant et un apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour moi, ce moment est arriv&#233; en octobre 2017,&lt;/strong&gt; alors que j'&#233;coutais&lt;i&gt; L'Hymne des femmes&lt;/i&gt;, que la journaliste Johanna Luyssen avait plac&#233; &#224; la fin d'un article sur la vague f&#233;ministe qui commen&#231;ait &#224; enfler. J'&#233;tais dans le salon vide de l'appartement que j'&#233;tais en train de quitter apr&#232;s m'&#234;tre s&#233;par&#233;e d'un compagnon violent. J'ai pleur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai pleur&#233; d'avoir enfin r&#233;ussi &#224; m'&#233;chapper&lt;/strong&gt; de ce couple et de pouvoir commencer une vie plus libre. J'ai pleur&#233; sur la beaut&#233; de ce chant, qui m'a toujours donn&#233; la chair de poule, sur les milliards de mots qui d&#233;ferlaient alors partout dans le monde pour dire la haine et les attaques que nous subissons toutes tous les jours. J'ai pleur&#233; d'&#233;puisement, de lassitude qu'on en soit encore l&#224;. J'ai pleur&#233; en pensant &#224; notre condition commune, &#224; tout ce qui nous rassemble, nous, les femmes, quelle que soit la d&#233;finition qu'on donne &#224; ce mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'est pass&#233; tant de choses depuis. &lt;/strong&gt;Comme pour beaucoup d'entre nous, et &#224; cause d'une s&#233;rie de hasards plus ou moins li&#233;s &#224; #MeToo, mon f&#233;minisme s'est intensifi&#233;. Je me suis radicalis&#233;e. J'ai lu, &#233;crit, parl&#233;, pris conscience, manifest&#233;. J'ai fait de la p&#233;dagogie et ouvertement refus&#233; d'en faire, j'ai d&#233;cr&#233;t&#233; des journ&#233;es &#171; pauses de f&#233;minisme &#187; o&#249; je restais dans un d&#233;ni qui me reposait, j'ai engueul&#233; des hommes partout o&#249; j'en croisais, j'ai rompu avec des amis et des amants. J'ai cherch&#233; &#224; &#233;radiquer mes fantasmes de domination sans parvenir &#224; les remplacer. J'ai questionn&#233; mon h&#233;t&#233;rosexualit&#233;. J'ai fait de la boxe. J'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; des strat&#233;gies pour ne pas les d&#233;tester tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux hommes a chang&#233;.&lt;/strong&gt; Plus que jamais, j'ai envie d'y arriver avec eux et pas sans eux. Ceux &#224; qui je ne fais pas peur me racontent avec franchise et lucidit&#233; ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233; de la domination : l'angoisse qu'une compagne dont ils ne sont pas vraiment amoureux d&#233;pende d'eux financi&#232;rement, la conscience qu'ils n'ont pas toujours &#233;t&#233; irr&#233;prochables sur la question du consentement, la peur qu'un geste ou un mot mal interpr&#233;t&#233; d&#233;truise leur carri&#232;re. Le fait qu'ils ne sont plus toujours les bienvenus pour aborder certains sujets en public, le sentiment qu'il y a dans les rapports amoureux bien d'autres rapports de force que la domination masculine. La g&#234;ne de fantasmer des violences sans parvenir &#224; autre chose pour le moment, et tout cet infini bordel concernant la p&#233;n&#233;tration, dont personne ne sait si c'est en soi un geste humiliant et s'il serait pr&#233;f&#233;rable que plus personne ne p&#233;n&#232;tre personne ou, au contraire, que tout le monde soit p&#233;n&#233;tr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon rapport aux femmes a chang&#233; aussi :&lt;/strong&gt; je suis revenue de certaines illusions sur ce qu'on appelle d&#233;sormais la sororit&#233;, j'ai pris conscience que je savais bien moins r&#233;pondre &#224; la violence des femmes qu'&#224; celle des hommes. J'ai commenc&#233; &#224; cr&#233;er des choses entre femmes et observ&#233; l'incroyable &#233;nergie qui pouvait se d&#233;gager de ces instants gagn&#233;s sur le patriarcat. J'ai v&#233;cu des moments magnifiques de solidarit&#233; dans la rue, les trains, le travail, les bars et l'amiti&#233; qui sont venus plus simplement, plus puissamment qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux ans apr&#232;s cette immense d&#233;flagration&lt;/strong&gt; qui a boulevers&#233; la vie intime et politique de beaucoup d'entre nous, face &#224; tout ce qui reste &#224; faire et qui est aussi immense que d&#233;sesp&#233;rant, le danger que je redoute le plus est celui que pointent Carla Bergman et Nick Montgomery dans &#171; D&#233;faire le radicalisme rigide &#187; &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur le site Expansive.info, ce texte est la traduction d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils y racontent comment, dans une f&#234;te, un militant a interrompu Emma Goldman (1869-1940) alors qu'elle &#233;tait en train de danser, pour lui dire d'un ton lugubre qu'un tel comportement n'&#233;tait pas digne d'une militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des temps qui exigent,&lt;/strong&gt; permettent, appellent de la radicalit&#233;, m&#233;fions-nous de nos tendances &#224; traquer les erreurs en nous et chez les autres. De nos cat&#233;gories toutes faites, du plaisir de se sentir radical et de la peur de ne pas l'&#234;tre assez. De nos tendances &#224; ne juger que les actes dits et affich&#233;s et d'omettre ceux qui sont plus discrets. De notre facilit&#233; &#224; perdre notre confiance en nous et dans les autres. Dans nos radicalisations respectives, dans nos d&#233;sespoirs intimes et politiques, surtout, surtout, n'oublions pas de danser.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Disponible sur le site Expansive.info, &lt;a href=&#034;https://expansive.info/Defaire-le-radicalisme-rigide-1364&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce texte&lt;/a&gt; est la traduction d'un extrait du livre &lt;i&gt;Joyful Militancy &#8211; Building Thriving Resistance in Toxic Times&lt;/i&gt;, paru en anglais chez AK Press en 2017. Merci &#224; Maya Mihindou pour cet &#233;ni&#232;me pr&#233;cieux conseil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Voile, prostitution : pi&#232;ge &#224; cons</title>
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		<dc:date>2019-10-18T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>Sarah Fisthole</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici. Il existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no178-juillet-aout-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;178 (juillet-ao&#251;t 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/imposes" rel="tag"&gt;impos&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elles-fournissent" rel="tag"&gt;qu'elles fournissent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le voile et la prostitution ont supplant&#233; depuis longtemps, parmi les f&#233;ministes fran&#231;aises, les fameux &#171; religion et politique &#187; interdits pendant les repas de famille pour &#233;viter les bastons. On les contourne, y &#233;chappe, les repousse : et l'auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque n&#233;vrotique l'am&#232;ne &#224; en parler ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/-1291-04d4e.jpg?1768649327' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l existe pourtant un angle rarement abord&#233; qui gagnerait &#224; l'&#234;tre plus souvent &#8211; &#233;tant entendu d'embl&#233;e que nous ne parlerons ici de voile et de prostitution que dans le cas o&#249; l'un et l'autre ne sont pas impos&#233;s par un tiers. Pourquoi les femmes concern&#233;es par ces cat&#233;gories sont-elles les seules femmes de classe populaire qui &#233;meuvent la bourgeoisie&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un podcast &#224; soi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi ne s'indigne-t-on pas tout aussi bruyamment du sort fait aux assistantes maternelles et aux aides &#224; domicile, de la sant&#233; d&#233;truite des caissi&#232;res, des horaires inhumains des femmes de m&#233;nage, de la violence abyssale que vivent dans la rue les femmes sans domicile fixe ? Pourquoi ne cherche-t-on pas &#224; lib&#233;rer avec la m&#234;me urgence et la m&#234;me d&#233;termination les m&#232;res isol&#233;es condamn&#233;es &#224; un temps partiel pr&#233;caire et en proie &#224; tous les harc&#232;lements, sans recours possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un cas comme dans l'autre, &lt;/strong&gt;on le sait, ce qui s'engouffre dans ces d&#233;bats d&#233;passe largement la domination masculine et le patriarcat : bien plus que de souffrance insupportable et de veille sur la la&#239;cit&#233;, il s'agit ici de morale et de racisme institutionnalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais ces figures arch&#233;typales,&lt;/strong&gt; caricaturales et r&#233;ductrices, reproduites partout jusqu'&#224; la naus&#233;e, de la prostitu&#233;e et de la femme voil&#233;e domin&#233;es, immatures, priv&#233;es de libre arbitre, ne sont-elles pas avant tout des repoussoirs utiles &#224; maintenir le syst&#232;me en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certaines prostitu&#233;es&lt;/strong&gt; disent qu'en les faisant payer, elles ont l'impression d'&#233;tablir un rapport plus &#233;quilibr&#233; avec les hommes que dans un lien de s&#233;duction classique &#8211; voire qu'elles se sentent ainsi mieux trait&#233;es par eux, que l'absence de gentillesse, d'empathie, de douceur, les blesse moins quand ce qu'elles fournissent en retour n'est pas de surcro&#238;t gratuit. D'autres disent qu'elles pr&#233;f&#232;rent se prostituer que de travailler chez McDo. Beaucoup avancent que ce qui rend leur vie difficile est bien moins le m&#233;tier en lui-m&#234;me que l'opprobre social et l'ins&#233;curit&#233; (&#233;conomique, corporelle) soigneusement orchestr&#233;e par les pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la prostitution n'&#233;tait pas si mal consid&#233;r&#233;e,&lt;/strong&gt; est-ce que dans ce monde-l&#224; &#8211; tr&#232;s violemment patriarcal et n&#233;olib&#233;ral &#8211;, il n'y aurait pas beaucoup plus de femmes qui voudraient l'exercer ? Est-ce qu'elles ne seraient pas bien plus nombreuses &#224; choisir d'&#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;es pour ce qu'elles fournissent d&#233;j&#224; gratuitement et parfois sans joie, et &#224; consid&#233;rer rationnellement que ce m&#233;tier n'est pas pire que beaucoup d'autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prostitution est aussi tr&#232;s utile&lt;/strong&gt; pour asseoir la domination &#233;conomique exerc&#233;e sur l'ensemble des femmes. L'&#233;cart salarial moyen entre hommes et femmes en France est actuellement de 24 %, &#224; quoi s'ajoutent les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s au ch&#244;mage et &#224; la retraite dues aux p&#233;riodes non travaill&#233;es pour s'occuper des enfants, les temps partiels impos&#233;s par des modes de garde d&#233;faillants, les carri&#232;res ralenties ou bloqu&#233;es. &#192; quoi s'ajoute aussi le fait qu'&#234;tre une femme co&#251;te bien plus cher que d'&#234;tre un homme, depuis les frais incompressibles (sous peine, une fois encore, d'opprobre social) concernant l'apparence physique jusqu'&#224; ceux de sant&#233; et d'hygi&#232;ne, en passant par ceux impos&#233;s par la s&#233;curit&#233; (comme un retour en taxi la nuit par peur d'&#234;tre agress&#233;e dans la rue, si tant est qu'on puisse se le permettre). Au bout de la cha&#238;ne de cette oppression, il y a la prostitution, qui agit comme une menace agit&#233;e devant toutes les femmes : &#171; Si tu n'acceptes pas les r&#232;gles du jeu, tu sais ce qui t'attend. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le voile joue sur les m&#234;mes ressorts&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;rien de plus efficace, pour faire oublier la violence tranquille, quotidienne, unanimement tol&#233;r&#233;e, des hommes blancs, que de ne montrer que celle, pr&#233;tendument culturelle, des hommes noirs et arabes, dont seraient victimes les femmes voil&#233;es. D&#233;signer le voile comme une obligation vestimentaire dont il faudrait se lib&#233;rer de toute urgence est aussi utile &#224; faire oublier le contr&#244;le du corps auquel sont soumises les femmes qui ne sont pas voil&#233;es, de l'&#233;pilation &#224; la longueur de jupe en passant par la minceur, le maquillage et plus largement la s&#233;duction. Car c'est bien ce que le voile (entre autres) signale : le refus de s&#233;duire selon les crit&#232;res impos&#233;s par cette soci&#233;t&#233;. La fin d'une communication, de l'acceptation d'une r&#232;gle du jeu, d'une tentative de se faire aimer &#8211; y compris par ceux qui orchestrent et participent &#224; une haine raciste. Sans oublier le fait de se donner &#224; voir alors m&#234;me que son existence &#233;tait ni&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin,&lt;/strong&gt; la mise en avant constante de ces deux figures sert bien &#233;videmment &#224; rendre invisible la question de la classe, pourtant indissociable du f&#233;minisme, en mettant l'accent sur des questions de diversit&#233; et de communaut&#233;s, et &#224; d&#233;politiser ces questions, &#224; cacher les responsabilit&#233;s institutionnelles comme les mobilisations collectives, pour faire croire que ces choix ne sont qu'individuels et doivent uniquement &#234;tre trait&#233;s comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure,&lt;/strong&gt; ces quelques lignes de &lt;i&gt;L'Hymne des femmes&lt;/i&gt; ne devraient pas nous faire de mal : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont divis&#233;es, les femmes / Et de nos s&#339;urs s&#233;par&#233;es. / Le temps de la col&#232;re, les femmes / Notre temps est arriv&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marie Hermann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Question qui traverse en filigrane l'excellent &#233;pisode d'un &lt;i&gt;podcast &#224; soi&lt;/i&gt; (Arte Radio) que Charlotte Bienaim&#233; a consacr&#233; &#224; la prostitution, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.arteradio.com/son/61660960/le_prix_du_sexe_15&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prix du sexe. Prostitution, quel est le probl&#232;me ?&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Telle est prise qui croyait prendre</title>
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		<dc:date>2018-11-20T11:12:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>sexualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Catherine Deneuve</dc:subject>
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		<dc:subject>d&#233;ni consistant</dc:subject>
		<dc:subject>n'est d&#233;j&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>vie sexuelle</dc:subject>
		<dc:subject>syndrome Catherine</dc:subject>
		<dc:subject>Deneuve</dc:subject>
		<dc:subject>domination masculine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Soyons franche : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence . Pour ma part, je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no168-septembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;168 (septembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catherine-Deneuve" rel="tag"&gt;Catherine Deneuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soyons-franche" rel="tag"&gt;Soyons franche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deni-consistant" rel="tag"&gt;d&#233;ni consistant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est-deja" rel="tag"&gt;n'est d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vie-sexuelle" rel="tag"&gt;vie sexuelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syndrome-Catherine" rel="tag"&gt;syndrome Catherine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Deneuve" rel="tag"&gt;Deneuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/domination-masculine" rel="tag"&gt;domination masculine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soyons franche&lt;/strong&gt; : si on peut appeler &#171; syndrome Catherine Deneuve &#187; &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de la tribune que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; le d&#233;ni consistant &#224; refuser de se consid&#233;rer comme une victime de la domination masculine aux c&#244;t&#233;s des autres femmes afin de simplifier sa vie (qui n'est d&#233;j&#224; pas facile), cette appellation peut tout &#224; fait s'appliquer &#224; ma vie sexuelle. Autrement dit, une sorte de r&#233;flexe de survie orgasmique m'a jusque-l&#224; emp&#234;ch&#233;e de consid&#233;rer en toute d&#233;ontologie les liens qu'y entretiennent le sexe et la violence &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils sont pourtant universellement li&#233;s&lt;/strong&gt;, dans le porno le plus hard comme dans la culture la plus &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;, la saga &lt;i&gt;Fifty Shades of Grey&lt;/i&gt; n'&#233;tant qu'un exemple r&#233;cent de l'extr&#234;me banalisation de ce qu'on appelle BDSM &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bondage, discipline, sadomasochisme.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour ma part, je croyais avoir fait le tour de la question, ayant m&#234;me balay&#233; dans une chronique &lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; d'un revers de drap la contradiction apparente qu'il y a &#224; se dire f&#233;ministe et &#224; aimer les fess&#233;es. Jusqu'&#224; ce que, apr&#232;s Weinstein et #metoo, tel un t&#233;l&#233;spectateur du JT du 26 avril 1986 r&#233;alisant que le nuage de Tchernobyl n'a aucune raison rationnelle de s'arr&#234;ter aux Alpes, je prenne brutalement conscience qu'il n'y a aucune raison rationnelle que la domination masculine &#233;pargne mon lit. Et que je me repose cette douloureuse question : si nous, femmes, combattons la violence avec force et d&#233;termination dans tous les domaines de notre vie, pourquoi diable faudrait-il qu'on l'accepte, voire qu'on la d&#233;sire et qu'on en jouisse, dans notre sexualit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moins 80 % des soumis sont des femmes&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et si jolies que soient les fables qu'on se raconte sur la subversion du geste et le bonheur du jeu de r&#244;les, le fait est que tr&#232;s peu d'entre elles sont excit&#233;es &#224; l'id&#233;e de traiter leur partenaire de pute et de salope, de crier qu'il aime &#231;a petite chienne, de lui tirer les cheveux, de lui cracher au visage, de le gifler&#8230; bref, de le violenter. Comme si la sexualit&#233; offrait tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment le m&#234;me spectacle que tous les autres champs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#233;nements de ces derniers mois&lt;/strong&gt; nous obligent sans doute &#224; repenser ce que nous avions int&#233;gr&#233; comme imprescriptible. Avec la sexualit&#233; violente, nous croyions l&#226;cher prise dans une bulle hors du monde, accepter temporairement ce qu'ailleurs nous ne laissions pas passer : mais le patriarcat serait-il si puissant que nous en venions &#224; jouir pr&#233;cis&#233;ment du moment o&#249; nous abdiquons devant lui ? Nous croyions nous sentir fortes parce que nous repoussions nos limites en encaissant les coups aussi dans la sexualit&#233;, alors qu'en tant que femmes nous sommes sans arr&#234;t ramen&#233;es &#224; notre pr&#233;tendue faiblesse, incapables de nous battre et de r&#233;sister &#224; la douleur. Mais la vraie force ne se trouve-t-elle pas plut&#244;t dans la cr&#233;ation et la r&#233;sistance que dans l'endurance ? Nous croyions aimer la douleur, ou ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;es par elle, parce que la fronti&#232;re avec le plaisir est floue : mais ne sommes-nous pas conditionn&#233;es &#224; relier le d&#233;sir et la douleur depuis qu'on nous r&#233;p&#232;te qu'il faut souffrir pour &#234;tre belle et que sans beaut&#233; il n'y a pas de d&#233;sir ? Combien de r&#233;flexions, de discussions, de d&#233;bats autour de cette question avons-nous conclu par un d&#233;finitif &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, on ne peut rien y faire, ce sont nos fantasmes&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a pourtant rien d'&#233;tonnant &#224; ce que ce soient nos fantasmes&lt;/strong&gt; : on ne nous en a pas propos&#233; d'autres. D&#232;s l'enfance, nous avons grandi dans la d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre culture du viol &lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; : la litt&#233;rature, le cin&#233;ma, la publicit&#233; n'ont cess&#233; de nous r&#233;p&#233;ter que nous jouirions ligot&#233;es, frapp&#233;es, viol&#233;es, que nous coucherions contraintes, coupables et inconscientes. Et &#231;a ne va pas en s'arrangeant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Or nous ne pouvons plus nous contenter&lt;/strong&gt; de l'argument selon lequel &#171; &lt;i&gt;on n'agit pas sur le d&#233;sir&lt;/i&gt; &#187;. Certes, le d&#233;sir est compliqu&#233;, tordu, foutraque, il m&#234;le du socialement construit et de sales petits secrets de famille, il contient une chose et son contraire&#8230; Mais reformater le d&#233;sir, n'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on demande aux hommes dont on ne veut plus qu'ils nous regardent comme des proies passives et consentantes ? N'avons-nous pas l&#224;, nous aussi, un r&#244;le d&#233;terminant &#224; jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, repenser la sexualit&#233;&lt;/strong&gt; en la dissociant de la violence donne le tournis. &#192; tout le monde. Mais rien ne dit que cela emp&#234;che la fougue, les cris, les morsures et les griffures, les petits coups rapides entre deux portes, les levrettes imp&#233;tueuses, les sodomies impulsives et les orgasmes ravageurs. Il y a un monde entre la sexualit&#233; violente et la sexualit&#233; chiante : &#224; nous de l'explorer. Et au diable Catherine Deneuve. &lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette &#233;ni&#232;me pique &#224; propos de &lt;a href=&#034;https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2018/01/09/nous-defendons-une-liberte-d-importuner-indispensable-a-la-liberte-sexuelle_5239134_3232.html?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la tribune&lt;/a&gt; que l'actrice fran&#231;aise a sign&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 9 janvier, &#171; Nous d&#233;fendons une libert&#233; d'importuner, indispensable &#224; la libert&#233; sexuelle &#187;, pourrait laisser croire &#224; un acharnement de la part de l'auteure de ces lignes &#8211; il n'en est rien, mais que faire quand on a &#233;t&#233; si d&#233;&#231;ue ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos du passage aussi douloureux qu'incontournable par la case &#171; victime &#187; sur le chemin pav&#233; de cailloux du f&#233;minisme, lire &lt;a href=&#034;https://lesantifeministessonttoutafaitfascinants.wordpress.com/2018/02/08/devenir-une-victime-devenir-feministe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le billet&lt;/a&gt; &#171; Devenir une victime, devenir f&#233;ministe &#187;, publi&#233; sur le blog Les antif&#233;ministes sont tout &#224; fait fascinants, le 08/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bondage, discipline, sadomasochisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Changer-la-societe-sans-quitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Changer la soci&#233;t&#233; sans quitter son lit &#187;&lt;/a&gt;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 113 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut trouver des chiffres dans &#171; Bondage, sadomasochisme, domination, soumission : est-ce dangereux ? &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.slate.fr/story/75742/sm-bdsm-bondage-domination-soumission-danger&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; publi&#233; sur Slate le 16/08/13. Bien entendu, ceux-ci ne prennent pas en compte les pratiques de BDSM soft, pourtant tr&#232;s r&#233;pandues, ni les femmes ne se consid&#233;rant pas comme soumises mais consentant &#224; des pratiques violentes qui s'apparentent au BDSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apparue aux &#201;tats-Unis lors de la vague de f&#233;minisme des ann&#233;es 1970, l'expression &#171; culture du viol &#187; d&#233;signe un ensemble de comportements cr&#233;&#233;, organis&#233;, transmis, encourageant l'agression sexuelle et banalisant les violences faites aux femmes, montrant la violence comme &#171; sexy &#187; et la sexualit&#233; comme violente, les hommes comme agressifs et les femmes comme passives. Les discours sur les &#171; pulsions &#187; naturelles et les &#171; besoins &#187; irr&#233;pressibles des hommes, entrent dans cet ensemble. La culture du viol est intimement li&#233;e &#224; la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette chronique doit beaucoup &#224; un long entretien que m'a accord&#233; le courageux collectif Elles aiment &#231;a. Pour le suivre, voir sa &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/collectifellesaimentca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; ainsi que &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/elles-aiment-ca/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog&lt;/a&gt; du m&#234;me nom, h&#233;berg&#233; par Mediapart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trente ans dans la vie d'une femme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Trente-ans-dans-la-vie-d-une-femme</link>
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		<dc:date>2018-10-21T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; 5 ans, on est marrante : on raconte des blagues sur les crottes de nez, on a bien compris qu'on n'avait pas de zizi, mais &#231;a nous convient parfaitement, et on adore expliquer &#224; qui veut l'entendre comment on fait les b&#233;b&#233;s. &#192; 10 ans, on est contente : on a des couettes, on boit de la grenadine et on trouve les gar&#231;ons b&#234;tes, parce qu'on pr&#233;f&#232;re les chats, les chevaux, les dauphins ou les motos. &#192; 15 ans, on est l&#233;g&#232;re : on a nos r&#232;gles en plus d'un tas de boutons blancs, on a h&#226;te de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/convient-parfaitement" rel="tag"&gt;convient parfaitement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/adore-expliquer" rel="tag"&gt;adore expliquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/veut-l-entendre" rel="tag"&gt;veut l'entendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on-n-avait" rel="tag"&gt;qu'on n'avait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Est-ce-qu-a" rel="tag"&gt;Est-ce qu'&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/disparait" rel="tag"&gt;dispara&#238;t&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sur" rel="tag"&gt;s&#251;r&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-861-21d05.jpg?1768654019' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 5 ans, &lt;/strong&gt;on est marrante : on raconte des blagues sur les crottes de nez, on a bien compris qu'on n'avait pas de zizi, mais &#231;a nous convient parfaitement, et on adore expliquer &#224; qui veut l'entendre comment on fait les b&#233;b&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 10 ans, &lt;/strong&gt;on est contente : on a des couettes, on boit de la grenadine et on trouve les gar&#231;ons b&#234;tes, parce qu'on pr&#233;f&#232;re les chats, les chevaux, les dauphins ou les motos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 15 ans, &lt;/strong&gt;on est l&#233;g&#232;re : on a nos r&#232;gles en plus d'un tas de boutons blancs, on a h&#226;te de faire quelque chose de ce corps qui se d&#233;forme autant qu'il se forme, on aimerait bien rouler des pelles aux voisin, voisine, mais on ne sait pas comment s'y prendre avec cet encombrant appareil dentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 20 ans, &lt;/strong&gt;on est insouciante : on commence &#224; s'&#233;panouir sexuellement, on ma&#238;trise notre contraception, on exp&#233;rimente des choses, on en exige d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 25 ans, &lt;/strong&gt;on a la vie devant nous : on commence tant bien que mal &#224; travailler, on essuie &#8211; rapidement &#8211; nos premi&#232;res larmes de chagrins d'amour, on se demande si s'installer en couple c'est bourgeois ou &#171; romantchique &#187;, on doute d'arriver un jour &#224; arr&#234;ter de boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#224; 30 ans... &lt;/strong&gt;&#192; 30 ans ? Ben, c'est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; 30 ans, &lt;/strong&gt;on dispara&#238;t de la litt&#233;rature, du cin&#233;ma, des affiches de publicit&#233;, de la peinture, de la sculpture, des profils mis en avant sur les sites de rencontres&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment, on pourrait dire qu'avant 30 ans, les femmes sont d&#233;j&#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. On dispara&#238;t de l'entourage des hommes grisonnants (comme George Clooney), de la rue o&#249; on se faisait siffler, des bars o&#249; &#231;a draguait. On dispara&#238;t des &#233;chelles de comparaison, des magazines f&#233;minins, des podiums et des salons &lt;i&gt;hard&lt;/i&gt;. On dispara&#238;t des petites annonces et des grandes &#233;pop&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si on voulait r&#233;sumer &lt;/strong&gt;cette situation un peu brutalement, on dirait que pour qu'une femme soit baisable, visible, cr&#233;dible et per&#231;ue comme digne d'int&#233;r&#234;t, il vaut mieux qu'elle soit aussi capable d'enfanter. La bonne blague, c'est que &#231;a ne marche d&#233;j&#224; plus quand elle est pr&#233;cis&#233;ment en train d'enfanter. Et que &#231;a marche &#233;videmment encore moins une fois qu'elle l'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien s&#251;r, tout n'est pas si affreux. &lt;/strong&gt;Bien s&#251;r, il existe des hommes qui ont plus r&#233;fl&#233;chi que d'autres. Bien s&#251;r, il existe des femmes heureuses qu'on leur foute un peu la paix. Bien s&#251;r, il existe toutes sortes de variations et de r&#233;sistances individuelles &#224; ce constat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il n'emp&#234;che que l'int&#233;r&#234;t que les hommes &lt;/strong&gt;portent aux femmes, donc aussi l'int&#233;r&#234;t que le public de tout ce qui est produit par des hommes porte aux femmes, semble fortement d&#233;termin&#233; par un instinct de reproduction digne d'un v&#233;lociraptor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui nous conduit &#224; un certain nombre de questions. &lt;/strong&gt;Est-ce qu'&#224; un moment, on va pouvoir trouver belle une femme de 60 ans sans &#234;tre suspect&#233; de condescendance ? Est-ce qu'&#224; un moment, dans les films, les femmes pourront avoir &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me &#226;ge que les hommes avec qui elles couchent ? Est-ce qu'&#224; un moment, on pourra se d&#233;faire de ce sentiment si oppressant qui s'abat sur nous d&#232;s qu'on atteint la trentaine &#8211; celui de ne disposer que d'une toute petite fen&#234;tre, d'une dizaine d'ann&#233;es maximum, pour faire ce que nous voulons de nos vies amoureuse, sexuelle, professionnelle et familiale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, on pourrait dire qu'avant 30 ans, les femmes sont d&#233;j&#224; plut&#244;t absentes de la partie cr&#233;ation ou production de ces domaines (par exemple en termes de r&#233;alisatrices de cin&#233;ma) ; apr&#232;s 30 ans, elles quittent aussi la partie &#171; repr&#233;sentation &#187; (par exemple en termes d'actrices avec des r&#244;les importants).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Parlons beaucoup et parlons bien</title>
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		<dc:date>2018-06-12T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
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		<dc:subject>parole</dc:subject>
		<dc:subject>public</dc:subject>
		<dc:subject>fois</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no165-mai-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;165 (mai 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parole" rel="tag"&gt;parole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fois" rel="tag"&gt;fois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voit-preparer" rel="tag"&gt;voit pr&#233;parer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prise" rel="tag"&gt;prise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/amis-hommes" rel="tag"&gt;amis hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Meryl-Streep" rel="tag"&gt;Meryl Streep&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Washington-Post" rel="tag"&gt;Washington Post&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On la voit pr&#233;parer son intervention avec minutie. Ployant sous ses dossiers, encha&#238;nant les nuits blanches et s'exer&#231;ant aux interrogatoires pi&#233;geux avec son assistant, elle fourbit ses arguments, aff&#251;te son raisonnement, m&#233;morise une grande quantit&#233; d'informations chiffr&#233;es. Pourtant, une fois devant son auditoire &#8211; exclusivement masculin &#8211;, elle se d&#233;compose. Elle consulte fr&#233;n&#233;tiquement ses notes, formule des phrases dans sa t&#234;te sans jamais les dire, guette les silences de ses interlocuteurs pour s'y engouffrer... Et ne prononcera finalement pas un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne de &lt;i&gt;Pentagon Papers&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; o&#249; Meryl Streep doit d&#233;fendre l'entr&#233;e en Bourse du &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; devant des investisseurs et des actionnaires et s'av&#232;re trop intimid&#233;e pour s'exprimer en public, sans conteste la premi&#232;re de ce type dans un film grand public r&#233;alis&#233; par un homme, a pour toutes les femmes un amer go&#251;t de d&#233;j&#224;-vu. &#192; l'&#233;cole, nous avons mille fois renonc&#233; &#224; lever la main parce que ce que nous voulions dire ne nous paraissait finalement plus si int&#233;ressant. &#192; la fac, lors d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pendant une occupation, nous nous sommes convaincues que quelqu'un &#8211; probablement un homme &#8211; finirait bien par &#233;noncer ce que nous avions envie de dire. Au travail, pendant une r&#233;union, nous avons d&#233;sesp&#233;r&#233;ment essay&#233; de nous ins&#233;rer entre deux prises de parole masculines, sans jamais oser les interrompre ni avoir assez de temps pour intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, l'acc&#232;s des femmes &#224; la prise de parole en public est compliqu&#233; pour de multiples raisons. Elles se sentent fonci&#232;rement moins l&#233;gitimes, bien s&#251;r, mais sont aussi bien plus fr&#233;quemment interrompues par leurs interlocuteurs, et ont plus de difficult&#233; &#224; conserver leur attention&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, on pourrait penser que la prise de parole en public n'est ais&#233;e pour personne. Qu'&#224; l'&#233;vidence, elle demande de l'entra&#238;nement. Or, o&#249; s'entra&#238;ner &#224; prendre la parole, sinon dans le cadre bienveillant et familier du cercle intime ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est l&#224; que le b&#226;t blesse &#224; nouveau : avec leurs proches aussi, il est difficile pour la plupart des femmes de s'approprier un type de prise de parole (argument&#233;e, longue, construite) et des sujets (professionnels, intellectuels, politiques) qui leur permettraient de se sentir plus confiantes &#224; l'ext&#233;rieur. Et il s'agit peut-&#234;tre d'une des racines du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre amies femmes, la majorit&#233; des conversations concernent l'intimit&#233;, qu'on nous &#233;duque tant &#224; consid&#233;rer en priorit&#233;. &#201;changes certes souvent riches, b&#233;n&#233;fiques, profonds, permettant entraide et partage de connaissances, mais aussi engonc&#233;s dans ce carcan que nous avons tant de mal &#224; briser, fait d'empathie et de sacrifice, de travail constant visant &#224; se mettre puis &#224; rester en couple, de besoin d'exprimer nos humiliations, nos violences subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec nos amis hommes (g&#233;n&#233;ralement rares, parce que nombre de ces amiti&#233;s ont &#233;t&#233; entach&#233;es d'une d&#233;ception amoureuse sanctionn&#233;e par un &#233;loignement), l'intimit&#233; tient aussi une place importante. Parce que la plupart des hommes en parlent peu entre eux et se r&#233;jouissent de b&#233;n&#233;ficier de notre expertise, dont nous les faisons m&#234;me parfois profiter avec une certaine satisfaction &#8211; pour une fois, ils nous reconnaissent un savoir...Dans un contexte de s&#233;duction potentielle, il peut &#234;tre &#233;galement compliqu&#233; de se sentir prise au s&#233;rieux : combien d'entre nous ont vu une conversation de haute vol&#233;e s'achever dans une mis&#233;rable tentative de drague, donnant l'impression d&#233;sagr&#233;able que l'individu concern&#233; n'avait fait mine de participer &#224; la conversation qu'&#224; cette unique fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il n'est pas rare de surprendre une conversation entre amis hommes o&#249; s'&#233;change tout ce qui peut faire d&#233;faut &#224; la prise de confiance en elles des femmes : des r&#233;f&#233;rences, une &#233;bauche d'argumentation, des th&#232;ses avanc&#233;es &#224; la h&#226;te, une r&#233;flexion &#233;chafaud&#233;e en commun. Ce n'est sans doute que dans ce t&#226;tonnement, cette recherche, cette exp&#233;rimentation, au sein du cadre attentionn&#233; de nos proches, hommes et femmes, que l'on pourra puiser l'assurance n&#233;cessaire pour parler devant un public &#8211; certes, de toute &#233;vidence &#224; d'autres fins que la d&#233;fense de l'entr&#233;e en Bourse d'un journal&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce film r&#233;alis&#233; par Steven Spielberg en 2017 revient sur la publication dans le &lt;i&gt;Washington Post,&lt;/i&gt; alors dirig&#233; par Katharina Graham, d'extraits des Pentagon Papers, rapport secret du minist&#232;re de la D&#233;fense &#233;tatsunien montrant notamment comment il a volontairement &#233;tendu et intensifi&#233; la guerre du Vi&#234;t Nam alors qu'il la savait perdue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nous n'&#233;voquerons pas ici le probl&#232;me de la langue elle-m&#234;me, pourtant notoirement sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D'autres r&#233;acs d'outre-Rhin</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/D-autres-reacs-d-outre-Rhin</link>
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		<dc:date>2018-04-28T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Theresa K&#252;hnert</dc:creator>


		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>menant campagne</dc:subject>
		<dc:subject>von Storch</dc:subject>
		<dc:subject>Frauke Petry</dc:subject>
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		<dc:subject>Bernd H&#246;cke</dc:subject>
		<dc:subject>Storch</dc:subject>
		<dc:subject>Beatrix von</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un parti menant campagne en martelant &#171; Stop &#224; la folie du genre &#187;, &#231;a vous dit quelque chose ? Non, nous ne parlons pas des rejetons de la Manif pour tous, mais de la remont&#233;e d'&#233;gouts qui &#233;mane, aussi, de l'autre c&#244;t&#233; du Rhin. L'Alternative f&#252;r Deutschland (AfD), parti r&#233;actionnaire, homophobe et antif&#233;ministe commence &#224; gagner du terrain en Allemagne en devenant, selon un r&#233;cent sondage, la troisi&#232;me force politique du pays apr&#232;s le CDU et le SPD. Un air de FN ? M&#234;me pas : Frauke Petry, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menant-campagne" rel="tag"&gt;menant campagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/von-Storch" rel="tag"&gt;von Storch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Frauke-Petry" rel="tag"&gt;Frauke Petry&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parti-menant" rel="tag"&gt;parti menant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-AfD" rel="tag"&gt;l'AfD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bernd-Hocke" rel="tag"&gt;Bernd H&#246;cke&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Storch" rel="tag"&gt;Storch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Beatrix-von" rel="tag"&gt;Beatrix von&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/von" rel="tag"&gt;von&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un parti menant campagne en martelant &#171; &lt;i&gt;Stop &#224; la folie du genre&lt;/i&gt; &#187;, &#231;a vous dit quelque chose ? Non, nous ne parlons pas des rejetons de la Manif pour tous, mais de la remont&#233;e d'&#233;gouts qui &#233;mane, aussi, de l'autre c&#244;t&#233; du Rhin. L'Alternative f&#252;r Deutschland (AfD)&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'AfD (Alternative f&#252;r Deutschland) a &#233;t&#233; fond&#233; en 2013. Depuis 2014 le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, parti r&#233;actionnaire, homophobe et antif&#233;ministe commence &#224; gagner du terrain en Allemagne en devenant, selon un r&#233;cent sondage, la troisi&#232;me force politique du pays apr&#232;s le CDU et le SPD. Un air de FN ? M&#234;me pas : Frauke Petry, pr&#233;sidente de l'AfD en Saxe, consid&#232;re le parti frontiste plut&#244;t comme &#171; &lt;i&gt;un parti socialiste se trouvant dans l'&#233;ventail de la gauche.&lt;/i&gt; &#187; Le ton est donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 2013 sur une base lib&#233;rale, anti-euro et anti-UE, l'AfD s'est rapidement d&#233;velopp&#233; gr&#226;ce aux vieux dogmes r&#233;acs et nationalistes. Trois personnages Frauke Petry, Bernd H&#246;cke et Beatrix von Storch y ont ajout&#233; une dose d'antif&#233;minisme cors&#233;. La premi&#232;re, porte-parole &#224; l'&#233;chelon f&#233;d&#233;ral, aboie que la norme (&lt;i&gt;Leitkultur&lt;/i&gt;) devrait &#234;tre la famille &#224; trois enfants. Pour ce faire, elle recommande une &#171; &lt;i&gt;politique d&#233;mographique active&lt;/i&gt; &#187; dont le socle serait le triptyque &#171; &lt;i&gt;papa-maman-enfant&lt;/i&gt; &#187;, ce dernier &#233;tant id&#233;alement multipli&#233; par trois. Elle pr&#233;conise, donc, un r&#233;f&#233;rendum concernant le paragraphe 218 du Code p&#233;nal qui r&#233;glemente l'interruption volontaire de grossesse (IVG). On retrouve, ici, les pr&#233;occupations d'une Marion Mar&#233;chal-Le Pen p&#233;rorant que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas &#224; l'&#201;tat de r&#233;parer les inattentions des femmes !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Radio Le Mouv', 10/10/12.&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; et s'oppose au remboursement des IVG par la S&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernd H&#246;cke, pr&#233;sident de l'AfD en Thuringe, est le genre de type &#224; rentrer en sc&#232;ne en hurlant que &#171; &lt;i&gt;La famille est l&#8216;instance de la socialisation la plus importante. C'est l&#224; que les valeurs, le lien &#224; la communaut&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le concept de la communaut&#233; chez H&#246;cke et la frange la plus extr&#233;miste de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et la capacit&#233; positive d'ob&#233;issance sont transmis&lt;/i&gt; &#187;. Selon cette id&#233;ologie, la nation est un organisme dans lequel chacun et chacune sont assign&#233;s &#224; une place biologiquement d&#233;termin&#233;e. La reproduction et l'&#233;ducation des enfants pour les femmes, le reste pour les hommes. Et les enfants ? Respect et ob&#233;issance, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Last but not least&lt;/i&gt;, Beatrix von Storch si&#232;ge et vocif&#232;re au Parlement europ&#233;en pour l'AfD depuis 2014, en plus de son militantisme dans le mouvement dit &#171; pro-vie &#187;. Domin&#233; par les fondamentalistes chr&#233;tiens, ce courant lutte principalement contre l'avortement. Ses participants n'h&#233;sitent pas &#224; &#233;voquer un &#171; &lt;i&gt; Babycauste&lt;/i&gt; &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; l'Holocauste. De plus, von Storch s'engage contre le nouveau programme scolaire de Bade-Wurtemberg qui vise &#224; favoriser la connaissance et la tol&#233;rance de la diversit&#233; sexuelle. &#171; &lt;i&gt;Le poison de l'id&#233;ologie du genre n'est plus&lt;/i&gt; [administr&#233;] &lt;i&gt;goutte &#224; goutte&lt;/i&gt;, diagnostique-t-elle martialement, &lt;i&gt;mais arrive d'une mani&#232;re claire et violente, ce qui fait que la r&#233;sistance devient un devoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Von Storch est en cela tout &#224; fait dans le ton de l'AfD qui r&#233;clame la fermeture de toutes les facult&#233;s de Gender Studies d'Allemagne : mal rampant de l'&#233;galitarisme et n&#233;gation des &#171; &lt;i&gt;in&#233;luctables diff&#233;rences entre homme et femme concernant la pens&#233;e, l'&#233;motion et l'action&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Post&#233; par l'AfD sur facebook, &#171; lik&#233; &#187; par 6529 personnes et partag&#233; 1977 fois.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; ; porte ouverte &#224; &#171; &lt;i&gt;l'abrogation de l'identit&#233; des sexes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Programme de l'AfD pour les &#233;lections europ&#233;ennes.&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;, alors que tout &#231;a, c'est bien connu, c'est d'ordre biologique. Avec l'AfD, l'ingr&#233;dient antif&#233;minisme retrouve une place de choix dans les parlements allemands. Si on y ajoute la fixette anti-immigration, ces vieux r&#233;flexes racistes envers les &#171; &#233;trangers &#187; et une grosse dose d'orthodoxie lib&#233;rale, on obtient la bonne soupe populiste des familles. Travail, famille, patrie : de l'autre c&#244;t&#233; du Rhin aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'AfD (Alternative f&#252;r Deutschland) a &#233;t&#233; fond&#233; en 2013. Depuis 2014 le parti est repr&#233;sent&#233; dans le parlement europ&#233;en. En 2014 et 2015 il a fait son entr&#233;e dans les parlements de cinq L&#228;nder.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Radio Le Mouv', 10/10/12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le concept de la communaut&#233; chez H&#246;cke et la frange la plus extr&#233;miste de l'AfD recoupe &#171; la communaut&#233; du peuple &#187; et la &#171; communaut&#233; de la famille &#187;. C'est une communaut&#233; ferm&#233;e sur elle-m&#234;me, sans rapport avec un en-dehors et par cons&#233;quent coup&#233;e de l'autre. C'est une conception tr&#232;s proche de l'id&#233;e de &#171; communaut&#233; du peuple &#187; des Nazis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Post&#233; par l'AfD sur facebook, &#171; lik&#233; &#187; par 6529 personnes et partag&#233; 1977 fois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Programme de l'AfD pour les &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Il n'y a pas de consentement sans d&#233;sir</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-y-a-pas-de-consentement-sans</link>
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		<dc:date>2018-03-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Hermann</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
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		<dc:subject>derniers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois a &#233;t&#233; (au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-elle" rel="tag"&gt;qu'elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rapport" rel="tag"&gt;rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/desir" rel="tag"&gt;d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catherine-Deneuve" rel="tag"&gt;Catherine Deneuve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/consentement" rel="tag"&gt;consentement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-rapport" rel="tag"&gt;d'un rapport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/avance" rel="tag"&gt;avanc&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/visiblement" rel="tag"&gt;visiblement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniers" rel="tag"&gt;derniers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton2098-0ba3e.jpg?1768731693' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois, on a bien avanc&#233;. L'&#233;crasante industrie cin&#233;matographique am&#233;ricaine est dans un sale &#233;tat, Catherine Deneuve a enfin montr&#233; son vrai visage, les plaintes pour viol et agressions sexuelles ont explos&#233;, le seuil de tol&#233;rance face aux comportements sexistes a visiblement chut&#233; et une petite lib&#233;ration de la parole a d&#233;ferl&#233; du Pakistan au Niger en passant par le Br&#233;sil ou le Maroc. La fatigue que nous exprimions dans ces pages il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; S'il se passe quelque chose... &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; (au moins temporairement) chass&#233;e par un regain d'enthousiasme et le sentiment vertigineux que le f&#233;minisme traversait un moment historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les questions que ces bouleversements soul&#232;vent, il y a celle, &#233;pineuse, du consentement. S'il faut incontestablement une mauvaise foi d'actrice pour feindre de ne pas saisir l'ab&#238;me qui s&#233;pare la s&#233;duction du harc&#232;lement, ces moments o&#249; une femme dit oui alors qu'elle pense non sont autrement plus &#233;quivoques&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, m&#234;me en dehors d'une situation d'emprise caract&#233;ris&#233;e ou de viol avec violence, peut-on consentir en apparence &#224; une relation qu'au fond on ne souhaite pas ? D'abord, &#233;videmment, parce que nombre de femmes ont int&#233;gr&#233; tr&#232;s profond&#233;ment l'interdiction de vexer, de blesser voire de mettre mal &#224; l'aise l'homme &#224; qui elles ont affaire&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Elles peuvent aussi redouter d'&#234;tre &#233;tiquet&#233;es &#171; allumeuses &#187;, vouloir se rassurer quant &#224; leur valeur sur le &#171; &lt;i&gt;march&#233; &#224; la bonne meuf&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#169; Virginie Despentes.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, rechercher une tendresse et une &#233;coute dont elles sentent qu'elles ne les obtiendront qu'avec un rapport, s'auto-convaincre que l'app&#233;tit vient en mangeant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, dans un environnement o&#249; nous est martel&#233; en permanence que notre d&#233;sir est ill&#233;gitime, sale et dangereux&lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, il n'est pas ais&#233;, avant m&#234;me de l'assumer, de simplement le reconna&#238;tre et d'en saisir les limites. S'efforcer de rester &#224; l'&#233;coute du moindre sentiment de malaise et s'y fier, questionner les r&#233;elles motivations d'un rapport, peuvent contribuer &#224; se sentir plus s&#251;re de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons maintenant de &#171; consentement actif &#187;, c'est-&#224;-dire du fait que pour coucher avec une personne, il ne faut pas seulement qu'elle ne soit pas en train de se d&#233;battre et d'appeler &#224; l'aide, mais aussi qu'elle ait visiblement envie d'avoir un rapport. Il peut souvent suffire de guetter chez sa partenaire les manifestations de son d&#233;sir (attention, &lt;i&gt;breaking news&lt;/i&gt;, mais il n'est visiblement pas inutile de le rappeler : lubrification vaginale, dilatation des pupilles, corps d&#233;tendu, prise d'initiatives, soupirs, g&#233;missements) et de se/lui poser des questions en cas d'absence de ces signes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons aussi de &#171; consentement renouvel&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire du fait qu'une personne qui consent au d&#233;but d'un rapport peut l&#233;gitimement changer d'avis par la suite. Certes, aucun d'entre nous n'a envie de signer des formulaires &#224; chaque nouvelle pratique sexuelle ou &#224; chaque changement de position pour s'assurer de l'accord des parties impliqu&#233;es. Mais il existe tant de fa&#231;ons excitantes de demander &#224; quelqu'un s'il a envie qu'on lui fasse ci ou &#231;a, sans rien sacraliser ni pour autant nier, par exemple, le fait qu'introduire un corps &#233;tranger dans un autre n'est pas toujours d&#233;nu&#233; d'implications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la question &#171; Est-ce que je peux entrer en toi ? &#187; peut devenir joyeuse, orgasmique, complice ; elle peut aussi permettre d'&#233;viter une g&#234;ne, un malentendu... ou un traumatisme. Pos&#233;e m&#234;me de fa&#231;on non syst&#233;matique, elle peut d&#233;tendre l'ensemble des rapports, simplement en installant l'id&#233;e qu'au-del&#224; du consentement, c'est bel et bien de d&#233;sir qu'il est question.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/S-il-se-passe-quelque-chose&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il se passe quelque chose... &lt;/a&gt; &#187;, chronique publi&#233;e dans le n&#176; 159 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;voqu&#233; entre autres par Blandine Grosjean dans un bel article titr&#233; &#171; De la r&#233;signation au consentement, le probl&#232;me de la &#8220; zone grise &#8221; entourant les rapports sexuels &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 26 janvier 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une fois de plus, cela s'entend surtout dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#169; Virginie Despentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour illustration, la d&#233;claration de Nathalie Portman &#224; la Women's March de Los Angeles le 21 janvier : l'actrice a expliqu&#233; qu'elle s'&#233;tait sentie oblig&#233;e de se construire une image puritaine pour se prot&#233;ger de la sexualisation &#224; laquelle avait proc&#233;d&#233; une partie des m&#233;dias et de son public apr&#232;s la sortie de son premier film, alors qu'elle n'avait que 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Chacune cherche sa chatte</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Chacune-cherche-sa-chatte</link>
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		<dc:date>2018-02-01T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Kong Kronik</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>f&#233;ministe</dc:subject>
		<dc:subject>statut</dc:subject>
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		<dc:subject>n'est-ce</dc:subject>
		<dc:subject>envie d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>domin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>image</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me (surtout ?) en tant que f&#233;ministe, il est forc&#233;ment des femmes dont on n'appr&#233;cie pas trop la mani&#232;re d'&#234;tre femme. Par exemple, on peut trouver que celles dont la voix est toujours douce, le vocabulaire jamais agressif et l'environnement enti&#232;rement rose bonbon seraient bien inspir&#233;es de s'endurcir un peu. Tout comme on peut s'irriter des mani&#233;r&#233;es, des minaudantes et des obs&#233;d&#233;es du cheveu. On peut d'autant plus le penser que soi-m&#234;me, on fait des tas d'efforts pour &#234;tre une femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Queen-Kong-Kronik" rel="tag"&gt;Queen Kong Kronik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/feministe" rel="tag"&gt;f&#233;ministe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre" rel="tag"&gt;d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre-femme" rel="tag"&gt;d'&#234;tre femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est-ce" rel="tag"&gt;n'est-ce&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me (surtout ?) en tant que f&#233;ministe, il est forc&#233;ment des femmes dont on n'appr&#233;cie pas trop la mani&#232;re d'&#234;tre femme. Par exemple, on peut trouver que celles dont la voix est toujours douce, le vocabulaire jamais agressif et l'environnement enti&#232;rement rose bonbon seraient bien inspir&#233;es de s'endurcir un peu. Tout comme on peut s'irriter des mani&#233;r&#233;es, des minaudantes et des obs&#233;d&#233;es du cheveu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'autant plus le penser que soi-m&#234;me, on fait des tas d'efforts pour &#234;tre une femme vraiment f&#233;ministe. Bannir d&#233;finitivement la cr&#232;me antirides, le rouge &#224; l&#232;vres rose et les talons de plus de 7&#8200;centim&#232;tres, ne jamais pleurer en public, toujours faire l'amour en amazone, conserver un ton neutre voire autoritaire en toutes circonstances et, surtout, condamner celles de nos cong&#233;n&#232;res qui &#171; donnent une mauvaise image des femmes &#187;, &#171; ne font pas honneur &#224; la condition f&#233;minine &#187;, voire &#171; trahissent l'h&#233;ritage de nos m&#232;res &#187;. Manque de bol, chez les vraies f&#233;ministes, il y en a toujours de plus pures que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH410/-331-66b6d.jpg?1768654020' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans le cas d'un homosexuel consid&#233;rant que la gaypride donne une image trop vulgaire des homosexuels, ou d'une noire trouvant que se d&#233;friser les cheveux revient &#224; pactiser avec l'ennemi, se distribuer les bons et les mauvais points entre femmes sur nos mani&#232;res d'&#234;tre femme me semble tout &#224; fait suicidaire. Certes, nous aimerions tous que notre rapport &#224; notre statut de domin&#233; soit en parfaite ad&#233;quation avec nos convictions. Mais tant que cette domination existe, n'est-ce pas l'affaire de chacune de ses victimes de la vivre comme elle l'entend, le peut, le veut ? N'est-ce pas &#224; chaque femme de d&#233;cider ce qu'elle garde et ce qu'elle jette parmi les attributs dits f&#233;minins, de d&#233;cider que certains seront des stigmates et d'autres des outils ou des armes, de remettre &#224; plus tard le d&#233;tricotage de certains sch&#233;mas, d'accepter de jouer certains jeux s'ils en valent la chandelle ? Se d&#233;cerner les uns aux autres le statut de bon ou de mauvais noir, de bonne ou de mauvaise f&#233;ministe, en se fondant sur le rapport que chacun entretient avec son statut de domin&#233;, n'est-ce pas couper les racines d'un mouvement &#233;mancipateur ? Dans la mesure o&#249; ce qu'un groupe domin&#233; revendique est pr&#233;cis&#233;ment de pouvoir &#234;tre ce qu'il a envie d'&#234;tre, comment exiger de lui qu'il donne une &#171; bonne &#187; image de lui-m&#234;me ? &#202;tre f&#233;ministe, n'est-ce pas accepter que toutes n'aient pas envie d'&#234;tre des guerri&#232;res et que certaines n'aient pas toujours la force de se battre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est besoin de se bastonner entre nous, alors attaquons-nous sur nos id&#233;es, nos actes, sur ce que nous d&#233;fendons, faisons, disons. Sur ce que nous assumons et non sur nos fa&#231;ons de n&#233;gocier au quotidien avec notre domination. Il n'y a pas de mauvais domin&#233;s, il n'y a que des mauvaises id&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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