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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Parti sans laisser d'adresse</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute ! Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste une petite alerte, comme des fusibles qui sautent. D'apr&#232;s ce que toute la gent m&#233;dicale m'a dit, j'arriverais &#224; un &#226;ge o&#249; on ne peut plus essayer de caser 30&#8200;heures dans une journ&#233;e. La chose s'annonce d&#233;licate car depuis que je me connais, c'est comme &#231;a que je vis. Au moins, cet arr&#234;t m'aura permis de la jouer plus cool pendant quelques jours et de me rappeler que c'est vachement bien de ne pas bosser. Pour l'heure, j'y retourne et on remet &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p07-cqfd60-cb456.jpg?1782638370' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jesus-reviens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;previously&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, comme diraient nos top-managers, dans l'&#233;pisode du mois dernier je vous racontais que la CFDT de ma bo&#238;te avait tra&#238;n&#233; un repr&#233;sentant de la CFTC, de ma bo&#238;te itou, devant le tribunal d'instance, pour de sombres histoires de repr&#233;sentativit&#233;. Na&#239;vement, nous &#233;tions nombreux &#224; penser que la juge se laisserait aller &#224; prendre une d&#233;cision qui ferait jurisprudence et permettrait &#224; des petits syndicats de pouvoir contourner la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale. Que nenni ! Application de la loi : la CFTC repr&#233;sentant moins de 10 % des voix aux &#233;lections professionnelles, son d&#233;l&#233;gu&#233; est &#233;ject&#233; de toutes les instances. A cette annonce, les militants CFDT ne se sont plus sentis de joie. Ils ont eu la banane. Une grande victoire syndicale : &#171; &lt;i&gt;&#199;a y est, on est d&#233;barrass&#233;s d'eux&lt;/i&gt; &#187;, s'est exclam&#233; le secr&#233;taire CFDT de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re encore plus radicale que le c&#233;d&#233;tiste ne le pensait car on voyait le repr&#233;sentant du syndicat chr&#233;tien, trois jours avant le rendu du tribunal, chercher &#224; rencontrer la responsable RH pour lui d&#233;poser un courrier de d&#233;mission. Quelques jours plus tard, lors de ce qui s'est av&#233;r&#233; &#234;tre sa derni&#232;re nuit de travail, il est arriv&#233;, comme d'habitude. Il a salu&#233; tous ses coll&#232;gues, sans rien dire. Puis il s'est install&#233; &#224; son poste, devant ses &#233;crans. Sauf qu'il n'a pas mis ses bleus. Tout le monde l'a senti un peu excit&#233;, mais sans plus. Il a beaucoup parl&#233;, de tout et de rien, mais pas de son d&#233;part. Il faut dire qu'il est rarement &#224; son poste de travail : seul r&#233;el militant de son syndicat, il a r&#233;ussi &#224; se trouver des heures de d&#233;l&#233;gation dans diverses instances nationales et professionnelles. Du coup, il n'a pas vraiment de copains au travail. A minuit, il a sorti une bouteille de whisky, ce qui d&#233;lie toujours les langues, mais il n'a toujours rien dit sur son d&#233;part. Il a critiqu&#233; des coll&#232;gues, s'est fichu de la trombine d'autres&#8230; et la nuit s'est termin&#233;e. Le syndicaliste catho a quitt&#233; son poste de travail, &#224; cinq heures du mat', comme si de rien n'&#233;tait. En partant, il a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; retirer toutes les affiches et tracts CFTC des panneaux syndicaux et des murs du r&#233;fectoire. La veille de son d&#233;part, il a &#233;t&#233; vu en train de vider compl&#232;tement son local syndical, mais qui pouvait savoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que le lendemain que ses coll&#232;gues ont appris sa d&#233;mission, par la voix du chef de service qui a ajout&#233; que ce n'&#233;tait pas une grande perte. Le militant a m&#234;me &#233;t&#233; invit&#233; &#224; faire son pr&#233;avis chez lui, officiellement pour &#233;cluser ses cong&#233;s. Au niveau de son syndicat, dans la bo&#238;te, malgr&#233; un faible effectif, il n'a m&#234;me pas pr&#233;venu ses syndiqu&#233;s. Ces derniers se sont d'ailleurs sentis trahis. D'autant plus trahis que c'est aupr&#232;s d'eux qu'on cherche des explications sur ce d&#233;part et qu'ils ne savent rien de rien. Personne parmi eux n'a envie de reprendre sa place ni son flambeau. Ils disent m&#234;me ne plus se consid&#233;rer comme adh&#233;rents de la CFTC. Ce syndicat, a priori, cesse donc d'exister sur l'usine. Je dirais que ce n'est pas une grosse perte &#233;tant donn&#233; son passif mais la joie manifest&#233;e par les militants de la CFDT fait qu'il y a quelque chose qui cloche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part repr&#233;sentera donc un myst&#232;re pendant quelque temps. Est-il parti par d&#233;go&#251;t du travail et de l'ambiance ? Avait-il des choses &#224; cacher ? Des probl&#232;mes de fausses facturations de d&#233;placements syndicaux (si je l'&#233;cris c'est que c'est d&#233;j&#224; arriv&#233;) ? On &#233;tait plusieurs &#224; s'&#234;tre rendu compte que l'assignation au tribunal d'instance l'avait carr&#233;ment fait stresser. Ou d'autres causes. La direction, elle, reste tr&#232;s silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un myst&#232;re qui ne durera pas longtemps. On a d'autres chats &#224; fouetter. Il se passe toujours quelque chose dans une usine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>J&#233;sus, reviens !</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te. Ce 16 mars, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on pense CFDT, tout de suite viennent les qualificatifs de &#171; tra&#238;tres &#187; ou de &#171; vendus &#187;. Il se dit aussi que pendant l'esclavage, la CFDT aurait n&#233;goci&#233; le poids des cha&#238;nes. Existerait-il quand m&#234;me, dans la maison dirig&#233;e par Notat, Ch&#233;r&#232;que et maintenant Laurent Berger, des syndicalistes c&#233;d&#233;tistes soucieux de vraiment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s ? La question est loin d'&#234;tre incongrue, surtout lorsqu'on fr&#233;quente les repr&#233;sentants de ce syndicat dans ma bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 16 mars, au matin, tous les militants syndicaux &#233;lus, CGT, CFDT, CFTC et CGC, ainsi que la direction de Borealis, sont convoqu&#233;s au tribunal d'instance de Rouen, salle des contentieux professionnels. La salle n'est pas tr&#232;s remplie et la plupart des convoqu&#233;s ont d&#233;clin&#233; l'invitation. Quelques affaires passent rapidement. La plupart sont des conflits entre des salari&#233;s et leurs dirigeants, pour des &#233;lections professionnelles douteuses, pour des heures suppl&#233;mentaires non reconnues ou encore pour des rapports houleux entre patrons et syndicats sur des chantiers du BTP. Le quotidien du salariat. Concernant Borealis, on se trouve sur un autre registre et d'ailleurs la pr&#233;sidente s'en &#233;tonne. C'est une jeune juge plut&#244;t marrante (si !) qui se moque un peu de la CFDT qui est &#224; l'origine de la plainte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p12-cqfd59-29528.png?1782643786' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Revenons un peu en arri&#232;re sur les &#233;v&#232;nements qui ont conduit tout ce beau monde devant la justice. En d&#233;cembre dernier ont eu lieu les &#233;lections professionnelles. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; le m&#234;me que les autres ann&#233;es, &#224; savoir que la CGT (m&#234;me en l&#233;g&#232;re perte de vitesse) reste en t&#234;te, suivie par la CFDT, et la CGC qui progresse timidement. La CFTC, malgr&#233; une campagne d&#233;magogique, n'a r&#233;ussi &#224; gratter que peu de bulletins en sa faveur. La nouvelle loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale est impitoyable : avec moins de 10% des voix, l'organisation de d&#233;fense des travailleurs chr&#233;tiens n'a plus d'heures de d&#233;l&#233;gation dans les instances, comme le comit&#233; d'&#233;tablissement, et se retrouve donc dans un &#233;tat de nudit&#233; des plus christiques. Pour autant, son d&#233;l&#233;gu&#233; a fait une demande pour avoir un repr&#233;sentant syndical au CE. C'est une question d'usage. Cela se faisait auparavant dans la bo&#238;te et la CFDT, en son temps, en avait &#233;galement profit&#233;. La CGC a appuy&#233; dans ce sens de m&#234;me que la direction, pleine de mansu&#233;tude envers ce syndicat qui signe tous les accords qu'on lui pr&#233;sente. La CGT aurait eu de bonnes raisons de marquer son refus : la CFTC, avec son discours populiste et clivant (montant les fabricants contre les administratifs, par exemple), n'avait-elle pas tent&#233; de capter quelques-uns de ses soutiens en s'adressant &#224; la m&#234;me population de prolos ? Elle s'est pourtant abstenue de tirer sur l'ambulance. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc de la CFDT que l'estocade judiciaire est venue. Histoire d'enfoncer le clou dans la croix de la CFTC, les c&#233;d&#233;tistes ont port&#233; l'affaire devant le tribunal, eux qui n'ont jamais attaqu&#233; la direction de la bo&#238;te ! La juge s'est d'ailleurs inqui&#233;t&#233;e de cette absence d'am&#233;nit&#233; envers des &#171; camarades de lutte &#187;. Dans la salle, les avocats d&#233;blat&#232;rent pour savoir par quel bout prendre cette affaire tant le vide jurisprudentiel est intersid&#233;ral, du fait que c'est une loi r&#233;cente. En qu&#234;te d'une issue, la juge demande &#224; la CGT son sentiment. On parle d'usages, de d&#233;mocratie et tout le tralala. La juge semble acquiescer, mais osera-t-elle cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent ? On ne le saura que dans un mois. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel acharnement de la CFDT &#224; l'encontre d'un alli&#233; d&#232;s qu'il s'agit de s'aplatir devant la direction de l'usine ? Rappelons que la CFDT est un syndicat de contrema&#238;tres qui go&#251;tent assez peu la pr&#233;sence de prolos dans les r&#233;unions feutr&#233;es avec le patron. Les militants CFTC font taches dans le paysage avec leurs mani&#232;res grossi&#232;res et leurs esclandres qui tombent &#224; plat. Les voir d&#233;barrasser le plancher semble &#234;tre une opportunit&#233; &#224; saisir. &#199;a c'est du syndicalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re fourberie en date des c&#233;d&#233;tistes, leur participation, le 20&#8200;mars dernier, aux c&#244;t&#233;s des dirigeants du secteur de la plasturgie et des industries papeti&#232;res au &#171; premier symposium inter-conventionnel du dialogue social &#187;. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents, avec le Medef, les ministres Macron et Rebsamen pour &#171; &lt;i&gt; red&#233;finir les p&#233;rim&#232;tres et les limites de l'action syndicale&lt;/i&gt; &#187;. Surtout les limites, puisque cet ar&#233;opage &#233;tait invit&#233; &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;fl&#233;chir sur l'existence des conventions collectives en supprimant la culture des avantages acquis&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, une manif de salari&#233;s venus d'entreprises en lutte tentait de ramener les d&#233;bats &#224; quelques urgences plus concr&#232;tes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Bonjour chez vous &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bonjour-chez-vous</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>Total</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat</dc:subject>
		<dc:subject>CFDT</dc:subject>
		<dc:subject>CFTC</dc:subject>
		<dc:subject>l'industrie chimique</dc:subject>
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		<dc:subject>d'un syndicat</dc:subject>
		<dc:subject>faire adh&#233;rer</dc:subject>
		<dc:subject>CFTC scissionne</dc:subject>

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&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit depuis quelque temps, dans les usines de l'industrie chimique, de l'arriv&#233;e ou de la remont&#233;e aux affaires d'un syndicat qui passe pour ringard, &#224; savoir la CFTC. C'est encore marginal, mais le mal semble bien revenir. La CFTC, syndicat des travailleurs &#171; chr&#233;tiens &#187; se cr&#233;e en 1919 avec comme objectif avou&#233; de contrer la toute puissante CGT dans le milieu ouvrier. Peu revendicative, elle garde comme image du patron celle de &#171; not' bon ma&#238;tre &#187; tout en s'agenouillant devant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit depuis quelque temps, dans les usines de l'industrie chimique, de l'arriv&#233;e ou de la remont&#233;e aux affaires d'un syndicat qui passe pour ringard, &#224; savoir la CFTC. C'est encore marginal, mais le mal semble bien revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFTC, syndicat des travailleurs &#171; chr&#233;tiens &#187; se cr&#233;e en 1919 avec comme objectif avou&#233; de contrer la toute puissante CGT dans le milieu ouvrier. Peu revendicative, elle garde comme image du patron celle de &#171; not' bon ma&#238;tre &#187; tout en s'agenouillant devant l'&#233;glise et ses encycliques. En 1964, suite &#224; la guerre d'Alg&#233;rie, la tendance gauche de la CFTC scissionne pour former la CFDT. Pouss&#233; sur sa droite, le syndicat chr&#233;tien p&#233;riclite et ne se retrouve quasiment que dans le Nord et en Alsace-Lorraine. En 1997, la CFTC perd encore un tiers de ses conseillers prud'homaux au profit de la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH527/p12-efix-cqfd55-a8fd6.jpg?1782866322' width='500' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais les patrons qui ont besoin d'une organisation maison n'h&#233;sitent pas &#224; faire adh&#233;rer &#224; ce syndicat (et m&#234;me &#224; payer les cotisations) des salari&#233;s soumis et pr&#234;ts &#224; signer n'importe quel accord bidon ou plan de restructuration. Plus facile m&#234;me que de les faire adh&#233;rer &#224; FO qui a parfois des r&#233;actions ing&#233;rables pour un dirigeant d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, le FN a essay&#233; de faire de l'entrisme chez ces grenouilles de b&#233;nitiers mais sans r&#233;sultats probants, hormis une CFTC-police bien infiltr&#233;e et des revendications d'appartenance de la part de candidats frontistes aux &#233;lections municipales rest&#233;es sans d&#233;saveu de la hi&#233;rarchie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma bo&#238;te, la CFTC est apparue il y a une vingtaine d'ann&#233;es &#224; la faveur de la fermeture d'une usine d'engrais du Pas-de-Calais et du transfert de quelques coll&#232;gues sur notre site. En fait, c'&#233;tait un seul et unique militant. Voyant un danger possible, la CFDT a essay&#233; de lui mettre le grappin dessus, sans r&#233;sultat. Le type en question, que nous appellerons N&#176;1 par commodit&#233; autant que par go&#251;t pour les s&#233;ries anglaises des sixties, aurait eu trop &#224; y perdre : &#233;tant un syndicat &#224; lui tout seul, il b&#233;n&#233;ficiait d'heures de d&#233;l&#233;gation dans toutes les instances possibles et ne se retrouvait quasiment jamais &#224; l'usine. Jamais l&#224;, mais se faisant payer des heures suppl&#233;mentaires qu'il ne faisait pas ! Il fallait bien que la direction le remercie pour les services rendus dans le maintien de la paix sociale ! N&#176;1 &#233;tait tellement appr&#233;ci&#233; par la direction que, lors de son d&#233;part en retraite, il fut invit&#233; par le PDG pour boire un dernier verre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, N&#176;1 s'est trouv&#233; un successeur (appelons-le N&#176;2, donc) qui a tout de suite profit&#233; des multiples heures de d&#233;l&#233;gation mais qui, lui, a une strat&#233;gie de progression de son village de vacances. M&#234;me si elle reste balbutiante, son initiative commence &#224; rassembler quelques &#233;l&#233;ments effray&#233;s par une CGT jug&#233;e trop gauchisante et surtout par une CFDT qui ne repr&#233;sente plus que des contrema&#238;tres. N&#176;2 est jeune, pr&#233;sente comme un commercial un peu bas du front et communique sans cesse, m&#234;me lorsqu'il n'est pas pr&#233;sent sur le terrain, &#224; coup de mels, de SMS et de tracts. Il organise surtout, gr&#226;ce au renfort des N&#176;3 et 4, beaucoup de sondages (m&#234;me pas des p&#233;titions) qui donnent l'impression &#224; certains qu'on s'occupe d'eux, mais ce ne sont, &#233;videmment, que d'&#233;ph&#233;m&#232;res bulles de savon. L'un de ces coups de com' demandait par exemple &#224; ce que les gens puissent faire davantage d'heures suppl&#233;mentaires. En revanche, il n'est jamais question d'augmentation de salaires, de gr&#232;ve ou m&#234;me d'actions et de bagarres. Le discours vise surtout &#224; r&#233;pandre un climat de m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, entre ceux qui travaillent en poste et ceux qui bossent &#224; la journ&#233;e, entre le personnel de fabrication et celui de la maintenance. Une m&#233;fiance qui est dans l'air du temps et qui participe &#224; faire perdre aux salari&#233;s le go&#251;t de la lutte et de la solidarit&#233;. Cependant, ce discours ne trouve pas, pour l'instant, une adh&#233;sion franche et massive de la part des salari&#233;s de l'usine. &#171; Nous ne sommes pas [encore] des num&#233;ros ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Condol&#233;ances prol&#233;tariennes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que tu vas au boulot, le matin, coinc&#233; dans une circulation soutenue, voil&#224; que l'autoradio t'apprend que ton ancien PDG vient de passer l'arme &#224; gauche. Tout de suite, ta journ&#233;e prend un autre air. Un m&#233;lange de plaisir et de d&#233;ception. D&#233;ception parce que tu aurais plut&#244;t aim&#233; voir sa t&#234;te au bout d'une pique pendant qu'on aurait dans&#233; une joyeuse Carmagnole. Tu pensais aussi que, vu les accointances du sieur avec Poutine, son go&#251;t tr&#232;s marqu&#233; pour la vodka et ses magouilles sur le prix du gaz, ce serait plut&#244;t la mafia russe qui le dessouderait. M&#234;me pas. Un banal accident du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que celui-l&#224; on en parle (quoiqu'on ne sache rien des membres du personnel du Falcon qui sont morts avec lui). La presse et les politiques sont intarissables sur la mort de de Margerie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sa mort fait revenir Desmarets aux commandes, le PDG de l'&#233;poque d'AZF, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, bien plus que sur les accidents mortels qui ont eu lieu dans les raffineries Total de Feyzin ou Gonfreville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'usine, c'est le sujet de discussion et de rigolade. Tout le monde se l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Il n'avait pas encore son parachute dor&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Il n'aura pas de probl&#232;me avec l'amiante &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;C'est Depardieu qui conduisait la d&#233;neigeuse ou bien ?&lt;/i&gt; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont &#233;voqu&#233;s l'Erika, AZF, la Birmanie et l'Ouganda, les Cr&#233;dits d'imp&#244;t touch&#233;s par Total qui ne paie pas d'imp&#244;ts en France&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a n'arr&#234;te pas. On est dans une jubilation, d'autant que Total a revendu notre bo&#238;te, l'an dernier, sans &#233;tats d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, pour finir (faut bien aller bosser), il y a cet autre copain qui demande, sans rire, que le CHSCT fasse une enqu&#234;te sur l'accident : &#171; &lt;i&gt;Que faisait-il l&#224;-bas alors que les relations avec la Russie sont gel&#233;es pour cause d'Ukraine ? A-t-il agi de sa propre initiative ? A-t-il respect&#233; le r&#232;glement interne sur les grands d&#233;placements ? Pourquoi utilisait-il son v&#233;hicule personnel ? Peut-on envisager une piste terroriste comme pour AZF ? La mort du PDG va-t-elle influer sur la cotisation Accidents du Travail Maladies Professionnelles que Total paye &#224; la S&#233;cu ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, &#231;a nous fait rire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, &#224; chaud, comment on a r&#233;agi, &#224; l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH465/actu-margerie-cqfd-126-5828d.jpg?1782651561' width='400' height='465' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sa mort fait revenir Desmarets aux commandes, le PDG de l'&#233;poque d'AZF, qui aimait tant ses salari&#233;s que lorsqu'ils avaient voulu le voir &#224; La D&#233;fense, il s'&#233;tait sauv&#233; par une fen&#234;tre. Quant &#224; Pouyannet, il acc&#233;l&#232;rera sans doute la fermeture des raffineries europ&#233;ennes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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