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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Parti sans laisser d'adresse</title>
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		<dc:date>2015-06-12T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute ! Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFTC" rel="tag"&gt;CFTC&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, je dois vous pr&#233;venir que je n'ai pas &#233;t&#233; trop &#224; l'usine ces derni&#232;res semaines et que &#231;a ne va pas aller en s'arrangeant d'ici ma retraite, car je d&#233;couvre que j'ai plein de jours &#224; r&#233;cup&#233;rer et de cong&#233;s &#224; prendre. Mais je serai l&#224; pour vous, sans faute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma derni&#232;re d&#233;fection n'&#233;tait pas en lien avec un quelconque vestige de l'&#233;tat-providence. Plut&#244;t avec un b&#234;te malaise au boulot. Infirmerie. Urgences. Et tout le tremblement. R&#233;sultat des exams : ce n'&#233;tait pas grave, juste une petite alerte, comme des fusibles qui sautent. D'apr&#232;s ce que toute la gent m&#233;dicale m'a dit, j'arriverais &#224; un &#226;ge o&#249; on ne peut plus essayer de caser 30&#8200;heures dans une journ&#233;e. La chose s'annonce d&#233;licate car depuis que je me connais, c'est comme &#231;a que je vis. Au moins, cet arr&#234;t m'aura permis de la jouer plus cool pendant quelques jours et de me rappeler que c'est vachement bien de ne pas bosser. Pour l'heure, j'y retourne et on remet &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/p07-cqfd60-cb456.jpg?1782638370' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Donc, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jesus-reviens&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;previously&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, comme diraient nos top-managers, dans l'&#233;pisode du mois dernier je vous racontais que la CFDT de ma bo&#238;te avait tra&#238;n&#233; un repr&#233;sentant de la CFTC, de ma bo&#238;te itou, devant le tribunal d'instance, pour de sombres histoires de repr&#233;sentativit&#233;. Na&#239;vement, nous &#233;tions nombreux &#224; penser que la juge se laisserait aller &#224; prendre une d&#233;cision qui ferait jurisprudence et permettrait &#224; des petits syndicats de pouvoir contourner la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale. Que nenni ! Application de la loi : la CFTC repr&#233;sentant moins de 10 % des voix aux &#233;lections professionnelles, son d&#233;l&#233;gu&#233; est &#233;ject&#233; de toutes les instances. A cette annonce, les militants CFDT ne se sont plus sentis de joie. Ils ont eu la banane. Une grande victoire syndicale : &#171; &lt;i&gt;&#199;a y est, on est d&#233;barrass&#233;s d'eux&lt;/i&gt; &#187;, s'est exclam&#233; le secr&#233;taire CFDT de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re encore plus radicale que le c&#233;d&#233;tiste ne le pensait car on voyait le repr&#233;sentant du syndicat chr&#233;tien, trois jours avant le rendu du tribunal, chercher &#224; rencontrer la responsable RH pour lui d&#233;poser un courrier de d&#233;mission. Quelques jours plus tard, lors de ce qui s'est av&#233;r&#233; &#234;tre sa derni&#232;re nuit de travail, il est arriv&#233;, comme d'habitude. Il a salu&#233; tous ses coll&#232;gues, sans rien dire. Puis il s'est install&#233; &#224; son poste, devant ses &#233;crans. Sauf qu'il n'a pas mis ses bleus. Tout le monde l'a senti un peu excit&#233;, mais sans plus. Il a beaucoup parl&#233;, de tout et de rien, mais pas de son d&#233;part. Il faut dire qu'il est rarement &#224; son poste de travail : seul r&#233;el militant de son syndicat, il a r&#233;ussi &#224; se trouver des heures de d&#233;l&#233;gation dans diverses instances nationales et professionnelles. Du coup, il n'a pas vraiment de copains au travail. A minuit, il a sorti une bouteille de whisky, ce qui d&#233;lie toujours les langues, mais il n'a toujours rien dit sur son d&#233;part. Il a critiqu&#233; des coll&#232;gues, s'est fichu de la trombine d'autres&#8230; et la nuit s'est termin&#233;e. Le syndicaliste catho a quitt&#233; son poste de travail, &#224; cinq heures du mat', comme si de rien n'&#233;tait. En partant, il a m&#234;me &#233;t&#233; jusqu'&#224; retirer toutes les affiches et tracts CFTC des panneaux syndicaux et des murs du r&#233;fectoire. La veille de son d&#233;part, il a &#233;t&#233; vu en train de vider compl&#232;tement son local syndical, mais qui pouvait savoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que le lendemain que ses coll&#232;gues ont appris sa d&#233;mission, par la voix du chef de service qui a ajout&#233; que ce n'&#233;tait pas une grande perte. Le militant a m&#234;me &#233;t&#233; invit&#233; &#224; faire son pr&#233;avis chez lui, officiellement pour &#233;cluser ses cong&#233;s. Au niveau de son syndicat, dans la bo&#238;te, malgr&#233; un faible effectif, il n'a m&#234;me pas pr&#233;venu ses syndiqu&#233;s. Ces derniers se sont d'ailleurs sentis trahis. D'autant plus trahis que c'est aupr&#232;s d'eux qu'on cherche des explications sur ce d&#233;part et qu'ils ne savent rien de rien. Personne parmi eux n'a envie de reprendre sa place ni son flambeau. Ils disent m&#234;me ne plus se consid&#233;rer comme adh&#233;rents de la CFTC. Ce syndicat, a priori, cesse donc d'exister sur l'usine. Je dirais que ce n'est pas une grosse perte &#233;tant donn&#233; son passif mais la joie manifest&#233;e par les militants de la CFDT fait qu'il y a quelque chose qui cloche...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part repr&#233;sentera donc un myst&#232;re pendant quelque temps. Est-il parti par d&#233;go&#251;t du travail et de l'ambiance ? Avait-il des choses &#224; cacher ? Des probl&#232;mes de fausses facturations de d&#233;placements syndicaux (si je l'&#233;cris c'est que c'est d&#233;j&#224; arriv&#233;) ? On &#233;tait plusieurs &#224; s'&#234;tre rendu compte que l'assignation au tribunal d'instance l'avait carr&#233;ment fait stresser. Ou d'autres causes. La direction, elle, reste tr&#232;s silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un myst&#232;re qui ne durera pas longtemps. On a d'autres chats &#224; fouetter. Il se passe toujours quelque chose dans une usine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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