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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On cherche &#224; nous ub&#233;riser &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Nocera</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien. C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des salles de spectacle, une seconde &#171; ann&#233;e blanche &#187; pour les intermittents, mais aussi l'annulation de la r&#233;forme du ch&#244;mage cens&#233;e entrer en vigueur au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet et qui entra&#238;nera une baisse de revenus pour plus d'un million d'allocataires. Entretien express avec Quentin, un &#233;tudiant com&#233;dien participant actuellement &#224; l'occupation du Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg (TNS).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a amen&#233;s &#224; occuper le TNS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'Od&#233;on a &#233;t&#233; occup&#233; par les syndicats et les pr&#233;caires, on en a tout de suite parl&#233; entre nous. C'&#233;tait l'une des rares fois, d'ailleurs, o&#249; les deux promotions &lt;i&gt;[de l'&#233;cole]&lt;/i&gt; du TNS se sont rassembl&#233;es (entre 40 &#224; 50 &#233;l&#232;ves) pour discuter de ce qu'il se passe actuellement, et de ce que &#231;a peut signifier pour notre avenir. Et on s'est vite rendu compte que l'occupation &#233;tait la meilleure solution &lt;i&gt;[pour porter leurs revendications actuelles, NDLR]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s un an de crise sanitaire, avec toutes les cons&#233;quences que nous connaissons, comment vivez-vous les choses en tant qu'artistes en formation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au sein de l'&#233;cole, a contrario du flou qui r&#232;gne au niveau national, nous sommes dans un vrai cocon, prot&#233;g&#233;. Malgr&#233; la crise sanitaire, nos formations sont assur&#233;es &lt;i&gt;[en pr&#233;sentiel]&lt;/i&gt;. Tout est tr&#232;s encadr&#233; et bien g&#233;r&#233; pour qu'on puisse travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, c'est autre chose. D&#233;j&#224;, il y a cet &#233;norme flou de la part de l'&#201;tat, qui a nourri notre col&#232;re et notre envie de se mobiliser. Nous n'avons pas de dates de r&#233;ouverture, mais ce n'est pas le plus grave : surtout, on ne sait pas quel sera l'&#233;tat de notre m&#233;tier par la suite. Personnellement, quand je suis rentr&#233; dans cette &#233;cole, j'avais l'espoir d'acc&#233;der au statut d'intermittent. De pouvoir jouer des pi&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes gr&#226;ce &#224; la souplesse que permet ce r&#233;gime tr&#232;s particulier qu'est l'intermittence. Et quand j'entends que l'on veut le d&#233;molir tout comme, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'assurance ch&#244;mage, &#231;a me met tr&#232;s en col&#232;re. Nous au contraire, on est partisans de l'&#233;largissement de l'intermittence. C'est une question cruciale pour nous, parce qu'il y a des m&#233;tiers fr&#232;res au n&#244;tre qui n'y acc&#232;dent pas et qui vont &#234;tre directement impact&#233;s par cette r&#233;forme. Alors, qu'en fait, ce sont des gens qui travaillent avec nous dans les th&#233;&#226;tres... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ton avis, quels seraient les leviers autres que l'occupation des th&#233;&#226;tres, pour essayer de faire changer les choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la loi Travail, c'&#233;tait un million de personnes dans la rue et malgr&#233; tout ils l'ont quand m&#234;me fait passer... On se pose ces questions. On ne sait pas si on a le bon levier d'action. Mais, au moins, on aura lanc&#233; collectivement une r&#233;flexion sur l'organisation politique de nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'il existe des alternatives, des moyens d'autogestion que l'on &#233;prouve &#224; notre petite &#233;chelle, ici au TNS. Mais c'est aussi ce que l'on invente : comment est-ce qu'on essaie de s'affranchir de cette esp&#232;ce de course &#224; la comp&#233;titivit&#233; de nos m&#233;tiers qui est toujours dans la recherche de subventions, de la constitution de dossiers, d'appels &#224; projet, etc. On cherche &#224; nous ub&#233;riser, et c'est quelque chose qu'on refuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Francesco Nocera&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Te plains pas, tu pourrais bosser &#224; l'usine &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pas de patron, pas d'horaires fixes, un fonctionnement horizontal, une cause qui a du sens : le travail associatif n'est souvent pas consid&#233;r&#233; comme un travail. Difficile alors de parler de souffrance au travail, d'exploitation, de rapports de domination, de pr&#233;carit&#233;. La suppression massive des CUI/CAE a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour un monde associatif sous perfusion. Avec leur livre Te plains pas, c'est pas l'usine, paru le 13 mars, deux travailleuses associatives lancent un pav&#233; dans la mare sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pas de patron, pas d'horaires fixes, un fonctionnement horizontal, une cause qui a du sens : le travail associatif n'est souvent pas consid&#233;r&#233; comme un travail. Difficile alors de parler de souffrance au travail, d'exploitation, de rapports de domination, de pr&#233;carit&#233;. La suppression massive des CUI/CAE &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Des contrats vraiment pas aid&#233;s &#187;, CQFD n&#176; 158, octobre 2017.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour un monde associatif sous perfusion. Avec leur livre &lt;i&gt;Te plains pas, c'est pas l'usine&lt;/i&gt;, paru le 13 mars, deux travailleuses associatives lancent un pav&#233; dans la mare sans cracher dans la soupe. Elles y posent cette question simple : et si le travail associatif &#233;tait lui aussi un travail ? Entretien avec l'une des autrices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3045 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH525/-1279-36df6.jpg?1782650861' width='400' height='525' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cherchez-vous &#224; interroger le travail associatif ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On travaille toutes les deux dans des associations et il nous arrivait parfois d'&#234;tre en souffrance. La seule r&#233;ponse qu'on nous opposait, c'&#233;tait que c'&#233;tait li&#233; &#224; un fonctionnement naturel des associations. Par ailleurs, des personnes de nos cercles amicaux, professionnels et militants nous disaient que le probl&#232;me venait plut&#244;t d'un tournant qu'auraient pris les associations en s'alignant sur une logique de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re chose et c'est la plus complexe : dans nos espaces militants, &#224; l'extr&#234;me gauche ou dans les milieux antiautoritaires, beaucoup de personnes, parce que les minimas sociaux ne leur suffisaient plus pour vivre, se sont mises &#224; monter des associations. On ne rejette pas ce mod&#232;le en bloc &#8211; on conclut d'ailleurs le livre en disant que le travail associatif est &#233;videmment moins pire qu'un boulot &#224; l'usine &#8211; mais on a constat&#233; que le fait de monter des associations amoindrit souvent le degr&#233; de subversion des pratiques. &#192; partir du moment o&#249; l'association touche des subventions publiques, elle est inf&#233;od&#233;e aux march&#233;s publics. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'agit-il alors d'une pente glissante ou est-ce intrins&#232;que au fonctionnement associatif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s la cr&#233;ation du statut des associations, en 1901, elles servent &#224; encadrer le mouvement ouvrier qui repr&#233;sente, &#224; l'&#233;poque, un pouvoir subversif fort mettant en danger l'&#201;tat et la production. Proposer aux gens de se monter en association, c'est-&#224;-dire &#234;tre minimum deux personnes, monter un conseil d'administration, s'enregistrer en pr&#233;fecture, c'est de base un moyen de contr&#244;le social. Et puis l'&#201;tat donne de plus en plus de missions aux associations dont il ne peut/veut plus se charger lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, les luttes &#8211; qu'elles soient f&#233;ministes, antipsychiatriques ou antiracistes &#8211; sont progressivement et en partie int&#233;gr&#233;es par le corps associatif. Et cela arrange bien l'&#201;tat. Ce dernier institutionnalise ces mouvements men&#233;s par des militants en poussant &#224; la cr&#233;ation d'associations et en leur octroyant des subventions : c'est toute l'histoire de SOS Racisme. Plus l'&#201;tat conna&#238;t une crise &#233;conomique, plus il s'appuie sur les associations, pour r&#233;pondre &#224; ses propres besoins : &#8220;&lt;i&gt;Cette ann&#233;e, &#231;a sera la d&#233;radicalisation, l'ann&#233;e prochaine, l'&#233;cologie.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pente glissante se situe sans doute &#224; cet endroit-l&#224; : les associations ne vivent plus qu'en r&#233;pondant &#224; des &#8220;modes&#8221;. Dans les entretiens que nous avons r&#233;alis&#233;s pour le livre, un salari&#233; nous raconte comment l'association de r&#233;duction des risques li&#233;s &#224; l'usage de stup&#233;fiants dans laquelle il travaille s'est mise &#224; r&#233;pondre &#224; des appels d'offres sur de l'h&#233;bergement de migrants&#8230; alors que ce n'est pas sa mission initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la d&#233;mat&#233;rialisation de la Caisse des allocations familiales (Caf) ou du P&#244;le emploi et la fermeture des accueils, on voit des appels d'offres pour expliquer aux gens comment s'en sortir sur les plateformes num&#233;riques. Ils se s&#233;parent d'un personnel fonctionnaris&#233; pour se tourner vers des travailleurs associatifs. Cette main-d'&#339;uvre est moins ch&#232;re et sa mission se termine en m&#234;me temps que son contrat. Elle est aussi beaucoup moins prot&#233;g&#233;e : il n'y a pas de convention collective des associations ni de r&#233;el corps associatif. Du moins pas en tant que corps de m&#233;tier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on &#224; proprement parler d'exploitation dans le secteur associatif comme le souligne le sous-titre du livre&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'exploitation en milieu associatif &#187;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne peut pas parler &#8220;d'exploitation&#8221; au sens propre du terme : il n'y a pas d'extorsion de la plus-value au d&#233;triment du travailleur. Dans le cadre des associations, on ne produit rien. Et c'est aussi pour &#231;a qu'on a du mal &#224; parler de &lt;i&gt;travail&lt;/i&gt; lorsqu'on parle du monde associatif. Ce que &lt;i&gt;produit&lt;/i&gt; la plus grande partie du secteur associatif, c'est de la paix sociale, de la culture, un monde plus tranquille pour permettre la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, il n'y a pas de patron. Il y a un directeur ou une directrice qui, dans les petites et moyennes associations, n'a souvent pas un salaire vraiment plus &#233;lev&#233; que les autres salari&#233;s, mais qui organise le travail et prend des d&#233;cisions. C'est aussi pour cela que le cadre est flou. Par ailleurs, il existe une ambigu&#239;t&#233; entre le patron et le conseil d'administration &#8211; constitu&#233; uniquement de b&#233;n&#233;voles cens&#233;s prendre les d&#233;cisions techniques et politiques, alors qu'ils sont souvent tr&#232;s &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233; du terrain. Bref, tu touches un salaire, tu es en partie dirig&#233; par des gens qui n'en ont pas, ton patron te dit qu'il n'est pas vraiment patron... Au final, qui est vraiment ton interlocuteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai donneur d'ordre, c'est finalement l'&#201;tat. Si tu bosses beaucoup, c'est aussi parce que tu dois boucler un appel &#224; projet propos&#233; par la Ville. Si tu n'y r&#233;ponds pas &#224; temps, la Ville te coupe les subventions, tu perds ton poste. Le patron associatif est triple : le directeur, le conseil d'administration et les pouvoirs publics. Et aucun ne s'identifie comme ton donneur d'ordre r&#233;el. Les rapports de pouvoir sont alors tr&#232;s diffus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce flou rend donc la lutte des salari&#233;s associatifs pour am&#233;liorer leurs conditions de travail plus compliqu&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En fait, tu ne sais pas vraiment contre qui tu luttes. R&#233;cemment, une quinzaine d'associations d'aide et d'accueil aux r&#233;fugi&#233;s dans le Nord-Est parisien se sont mises en gr&#232;ve du fait des conditions d'exercice de leur travail. On leur coupe leurs subventions tout en leur demandant de pallier les manquements de l'&#201;tat et en leur envoyant r&#233;guli&#232;rement les flics. C'est complexe de refuser de servir &#224; bouffer parce que tu es en gr&#232;ve pour d&#233;noncer tes conditions de travail, mais celles-ci seront toujours moins merdiques que les conditions de vie des gens qui vivent l&#224;. Cela cr&#233;e un sentiment de culpabilit&#233; &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il y a l&#224; quelque chose de difficilement avouable dans le secteur associatif : tu dois lutter pour la cause, pas pour am&#233;liorer tes conditions de travail ni sauvegarder ton emploi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel lien entretient le monde associatif avec l'&#233;conomie et le march&#233; du travail ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'associatif, c'est le secteur priv&#233; non marchand. Par exemple, notre &#233;diteur est dans le priv&#233; non marchand. Pourtant, il vend ce bouquin. Le discours dominant qui place les associations en dehors de l'&#233;conomie est faux. Par ailleurs, tu retrouves les m&#234;mes contrats que dans le priv&#233; : les CDI, les CDD utilis&#233;s massivement pour &#8220;accroissement temporaire de l'activit&#233;&#8221;. Et puis il y a tous les contrats de merde : les CDII (contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e intermittent) sur le mod&#232;le des CDI de chantier : tu es cens&#233; &#234;tre tout le temps disponible pour une mission, mais tu n'as jamais de fixe. Et il y a aussi les sp&#233;cificit&#233;s de l'associatif : les CUI/CAE, les PEC&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parcours emploi comp&#233;tences.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et les emplois francs... Chaque gouvernement a propos&#233; ses mod&#232;les, ses sigles, qui sont en r&#233;alit&#233; toujours des variables d'ajustement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi tous les boulots qui ne sont pas consid&#233;r&#233;s comme de l'emploi, du type service civique et b&#233;n&#233;volat&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les services civiques, il n'y a pas d'encadrement dans le temps. Tu peux travailler 35 comme 40 heures puisque ce n'est pas cens&#233; &#234;tre du travail, mais du volontariat. Le volontariat, c'est une mission que tu fais pour le sens, contre non pas une r&#233;mun&#233;ration, mais une gratification. La grande id&#233;e du volontariat, c'est l'engagement. Mais en r&#233;alit&#233;, c'est ce qui comble la suppression des emplois aid&#233;s et le manque de postes de salari&#233;s. La ministre Muriel P&#233;nicaud a d'ailleurs conseill&#233; aux associations, au moment de la suppression des emplois aid&#233;s, de se tourner vers les services civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services civiques sont parfois des personnes dipl&#244;m&#233;es, engag&#233;es, plut&#244;t blanches issues de la classe moyenne qui esp&#232;rent trouver un emploi p&#233;renne &#224; l'issue de leur service. Mais ce dispositif permet aussi &#224; l'&#201;tat, sous couvert d'engagement, de g&#233;rer ce qu'il appelle les &#8220;exc&#233;dentaires&#8221; : recaser les pauvres, sans dipl&#244;mes, issus des quartiers. Un public qui ne fait pas &#231;a par engagement &#8211; non pas parce qu'il serait moins engag&#233; que les autres &#8211; mais bien parce que c'est le seul boulot auquel il peut pr&#233;tendre. On a rencontr&#233; un habitant d'un quartier populaire qui avait plus de responsabilit&#233;s que certains salari&#233;s et g&#233;rait m&#234;me leur planning alors qu'ils sortaient tous de masters d'&#233;conomie sociale et solidaire. Lui &#233;tait en service civique, tout &#231;a pour 530 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la question du b&#233;n&#233;volat. Qui est b&#233;n&#233;vole ? Qui peut se permettre de donner du temps &#224; une association ? Pour comprendre, on s'est appuy&#233;es sur les recherches de la sociologue du travail Maud Simonet, qui d&#233;finit trois cat&#233;gories de b&#233;n&#233;voles. Il y a d'une part les retrait&#233;s, d'autre part des gens qui donnent du temps en esp&#233;rant un emploi &#224; la clef, et enfin, les b&#233;n&#233;voles contraints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re cat&#233;gorie est compos&#233;e de gens qui donnent du temps contre des miettes ou qui font &#231;a pour ne plus &#234;tre harcel&#233;s par la Caf ou le P&#244;le Emploi. D'ailleurs, de nombreuses collectivit&#233;s locales exp&#233;rimentent le fait de conditionner les minimas sociaux au temps b&#233;n&#233;vole consacr&#233; &#224; une association. Dans ce type de b&#233;n&#233;volat, on retrouve aussi les TIG (travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral). Ce ne sont &#233;videmment pas les m&#234;mes t&#226;ches que dans du volontariat : elles sont bien plus d&#233;gradantes et abrutissantes. Les services civiques de ramassage des d&#233;chets dans les quartiers en sont une bonne illustration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous abordez aussi la question du travail pair, par exemple un usager de drogue salari&#233; dans une association de r&#233;duction des risques. Ce statut constitue-t-il aussi une variable d'ajustement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne d&#233;nonce pas le travail pair en soi. Il est &#233;videmment important que les personnes concern&#233;es puissent devenir travailleuses sociales. Ce qu'on constate par contre, c'est que les travailleurs pairs n'ont souvent pas le m&#234;me statut en interne dans les associations. Soit formellement : ils sont moins pay&#233;s parce que non dipl&#244;m&#233;s. Soit socialement : ils ne sont pas convi&#233;s aux r&#233;unions d'&#233;quipe, ils ne prennent pas part aux d&#233;cisions importantes. On note dans nos entretiens que certaines personnes sont recrut&#233;es pour donner une image un peu &#8220;marginale&#8221; &#224; l'association, donc vendeuse aupr&#232;s des pouvoirs publics. Et encore une fois, on constate des situations aberrantes, notamment le cas d'une personne b&#233;n&#233;vole dans une association depuis des lustres et qui se retrouve &#224; faire une p&#233;riode d'essai pour avoir un emploi aid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travailleur pair est surtout pr&#233;sent dans le travail social, type r&#233;duction des risques, travailleuses du sexe. On t'embauche parce que tu vas nous faire accepter dans les squats de toxicos, dans la rue avec les putes, dans la cit&#233;. Mais on te fera toujours sentir qu'il ne faut pas trop monter. Une personne en service civique pour une association d'aide aux devoirs dans un quartier nous a confi&#233; qu'une fois son service termin&#233;, l'association lui a demand&#233; de continuer sa mission, mais gratuitement, parce qu'il connaissait bien les familles. &#8220;&lt;i&gt;&#192; ce moment-l&#224;, &#231;a les arrange bien que j'aie un pied dans les deux camps&lt;/i&gt;&#8221;, nous a-t-il dit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous proposez le concept d' &#187; id&#233;ologie du d&#233;vouement &#187;. Peut-on finalement parler, dans le cadre du travail associatif, d'auto-exploitation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;vouement, c'est l'huile dans les rouages de la machine associative. Il est d'abord bas&#233; sur le rapport aux b&#233;n&#233;ficiaires. Et il y a aussi celui qui repose sur la peur de mal faire son travail. Comme tu es pr&#233;caire, que tes coll&#232;gues et la structure le sont aussi, tu devras bosser davantage pour r&#233;pondre &#224; des appels &#224; projet dans un domaine auquel tu ne connais peut-&#234;tre rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a l'aspect relationnel et c'est surtout le cas dans les petites structures. Ton directeur peut &#234;tre ton ami et tu sais qu'il a su&#233; pour monter sa structure et la faire vivre. Mais cette proximit&#233; peut parfois cr&#233;er une sorte de mythologie de la grande famille et du &#8220;&lt;i&gt;On donne des heures pour que le monde aille mieux&lt;/i&gt;&#8221;. Comme le travail associatif n'est pas consid&#233;r&#233; comme un vrai travail, tu peux bien faire 40 ou 50 heures par semaine, ne jamais voir tes heures suppl&#233;mentaires pay&#233;es puisque c'est avant tout un d&#233;vouement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment alors lutter dans le secteur associatif ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne peut pas y avoir de lutte victorieuse dans le secteur associatif sauf &#224; d&#233;truire le secteur associatif, ce qui n'est pas notre objectif : on continue &#224; &#234;tre travailleuses associatives et &#224; bouffer gr&#226;ce &#224; lui. Et puis ce n'est jamais en prenant une lutte sectorielle qu'on met &#224; mal tout un syst&#232;me. La lutte contre la suppression des CUI/CAE en 2017 &#233;tait assez bord&#233;lique. Des communiqu&#233;s r&#233;unissaient des gens du CNEA (le syndicat des patrons associatifs) qui vantent les bienfaits des contrats aid&#233;s dans le cadre de la r&#233;insertion, et des gens oppos&#233;s &#224; ce type de contrats pr&#233;caires, mais qui luttaient simplement pour sauvegarder leur poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la m&#234;me absurdit&#233; lors d'une action de tractage devant un CRIJ (Centre r&#233;gional information jeunesse) pour une journ&#233;e de &#8220;&lt;i&gt;recrutement de service civique&lt;/i&gt;&#8221;. Les personnes dans un parcours d'engagement recevaient plut&#244;t bien notre discours, mais on a eu des r&#233;actions parfois violentes de la part des autres, des gal&#233;riens, ceux qui n'&#233;taient pas l&#224; par choix. &#199;a dit bien toute l'ambigu&#239;t&#233; des luttes dans ce secteur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous esp&#233;rez lib&#233;rer une parole en sortant ce bouquin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On esp&#232;re d'abord que les travailleurs associatifs seront soulag&#233;s de lire que ce qu'ils vivent est v&#233;cu par d'autres gens. L&#224;-dessus, le livre &lt;i&gt;Nous n'irons plus pointer chez Ga&#239;a, jours de travail &#224; Kokopelli&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions du Bout de la ville, 2017. &#192; ce sujet, lire l'entretien &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; nous a beaucoup marqu&#233;es, car la souffrance dans le travail associatif est souvent inavouable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, le secteur associatif est tr&#232;s avant-gardiste et a beaucoup inspir&#233; les techniques de &lt;i&gt;team building&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;n&#233;o-management&lt;/i&gt; aussi via la pr&#233;carisation des contrats ou le recours au volontariat. Des bo&#238;tes priv&#233;es du secteur marchand proposent dor&#233;navant du volontariat, le SNU (Service national universel) surfe &#224; fond sur l'id&#233;ologie de l'engagement et la d&#233;fense des valeurs, comme pour le service civique. Il nous faut plus que jamais penser ces nouvelles formes de travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;
&lt;i&gt;Te plains pas, c'est pas l'usine&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;, de Lily Zalzett et Stella Fihn, est publi&#233; chez les camarades de &lt;a href=&#034;https://nieteditions.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Niet &#201;ditions&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Des-contrats-vraiment-pas-aides' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Des contrats vraiment pas aid&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 158, octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'exploitation en milieu associatif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parcours emploi comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions du Bout de la ville, 2017. &#192; ce sujet, lire l'entretien &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Kokopelli-c-est-fini' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Kokopelli, c'est fini...&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;155, juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Faire &#233;merger l'id&#233;e du syndicalisme dans les associations &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Faire-emerger-l-idee-du</link>
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		<dc:date>2019-09-02T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>secteur</dc:subject>
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		<dc:subject>d'autres secteurs</dc:subject>
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		<dc:subject>Solidaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le secteur associatif, branche non n&#233;gligeable de l'&#233;conomie et sorte de r&#233;serve o&#249; tentent de s'&#233;panouir certains r&#233;fractaires aux rapports de production hi&#233;rarchis&#233;s, n'est pas exempt d'exploitation et de conflits. Rencontre avec Jonas, militant r&#233;cent du syndicat ASSO. Un syndicat des travailleurs et travailleuses en association lutte-t-il contre l'&#201;tat, qui finance beaucoup de ces emplois, ou contre les pr&#233;sidents d'association qui forment dans certains cas un nouveau patronat ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi-Travail" rel="tag"&gt;loi Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-autres-secteurs" rel="tag"&gt;d'autres secteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire-greve" rel="tag"&gt;faire gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/difficile" rel="tag"&gt;difficile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Solidaires" rel="tag"&gt;Solidaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le secteur associatif, branche non n&#233;gligeable de l'&#233;conomie et sorte de r&#233;serve o&#249; tentent de s'&#233;panouir certains r&#233;fractaires aux rapports de production hi&#233;rarchis&#233;s, n'est pas exempt d'exploitation et de conflits. Rencontre avec Jonas, militant r&#233;cent du syndicat ASSO.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH426/-1231-a19ec.jpg?1782651540' width='300' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;149 de CQFD, illustr&#233;e par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syndicat des travailleurs et travailleuses en association lutte-t-il contre l'&#201;tat, qui finance beaucoup de ces emplois, ou contre les pr&#233;sidents d'association qui forment dans certains cas un nouveau patronat ne disant pas son nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La lutte se joue sur les deux tableaux : lutter &#224; l'&#233;chelle de Solidaires (dont ASSO est membre) contre la Loi Travail par exemple, se montrer solidaires quand des luttes surgissent dans d'autres secteurs, et faire en sorte de s'organiser en tant que travailleur.euses associatifs.ves pour apporter conseil et soutien &#224; des pair.e.s en gal&#232;re, comme &#231;a arrive partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les probl&#233;matiques et difficult&#233;s particuli&#232;res pour un syndicat de lutte qui regroupe les salari&#233;. e.s d'associations ? Est-ce plus difficile de mobiliser ou de faire gr&#232;ve que dans d'autres secteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;C'est un secteur o&#249; le syndicalisme n'existe pas ou tr&#232;s peu, &#224; l'exception du secteur m&#233;dico-social. La principale difficult&#233; est donc de faire &#233;merger l'id&#233;e m&#234;me de syndicalisme dans ce secteur, alors que celles et ceux qui occupent les postes subissent une certaine pression sociale, et souvent se l'infligent elles et eux-m&#234;mes pour travailler dur, g&#233;n&#233;ralement pour pas grand-chose. Souvent r&#233;mun&#233;r&#233;.e.s en contrats aid&#233;s, par d&#233;finition temporaires, les salari&#233;.e.s ont du mal &#224; se sentir suffisamment l&#233;gitimes pour d&#233;fendre leurs droits, en revendiquer, se bagarrer avec des employeurs abusifs, se mettre en gr&#232;ve, etc. Et comme presque tout le monde est en situation de sur-travail, il est tr&#232;s difficile de trouver le temps suppl&#233;mentaire pour militer. Mais on sent une forte demande pour en discuter autour de nous en ce moment, c'est plut&#244;t positif... J'ai la nette impression qu'il est partout difficile de mobiliser et de faire gr&#232;ve, mais effectivement, le fait d'avoir pour employeur des b&#233;n&#233;voles, des gens qui donnent de leur temps, qui ne sont pas souvent bien form&#233;s, pas toujours tr&#232;s carr&#233;s, &#231;a peut se transformer en syndrome de Stockholm dans pas mal de situations ! Tu acceptes que &#231;a soit difficile, des conditions de travail pas toujours dans les clous, parce que, &#224; tort ou &#224; raison, tu veux du bien &#224; ton asso. Du coup, rentrer en conflit, faire cesser l'activit&#233;, non seulement, cela para&#238;t un peu schizophr&#233;nique (surtout si tu agis dans des champs sociaux, politiques, militants), mais &#231;a peut m&#234;me sembler contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;thodes d'action, le fonctionnement et les revendications diff&#232;rent-elles des syndicats traditionnels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;J'ai l'impression qu'il y a encore beaucoup &#224; inventer, et que c'est prometteur. Les sp&#233;cificit&#233;s d'un secteur comme celui- ci, et plus largement celles des pr&#233;caires, en int&#233;rim, CDD, contrats aid&#233;s divers et vari&#233;s, services civiques, rendent n&#233;cessaires l'invention de nouvelles pratiques pour pouvoir trouver des leviers de lutte f&#233;conds. Mais c'est pas de la tarte ! Je ne suis pas encore certain que le syndicalisme soit &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;solution, mais &#231;a me semble int&#233;ressant d'explorer la perspective de rencontrer des camarades, &#233;changer sur nos exp&#233;riences et v&#233;cus au travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ferdinand Cazalis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mots jaunes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-mots-jaunes</link>
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		<dc:date>2019-04-12T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>secteur</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>question</dc:subject>
		<dc:subject>mairie</dc:subject>
		<dc:subject>fortes allures</dc:subject>
		<dc:subject>cahiers</dc:subject>
		<dc:subject>nouvelle dose</dc:subject>
		<dc:subject>Macronie</dc:subject>
		<dc:subject>mairies</dc:subject>
		<dc:subject>dol&#233;ances</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a pris de fortes allures de mascarade. Les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies sont toutefois apparus comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue. &#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a de fortes allures de mascarade. Les principales r&#233;unions organis&#233;es dans la ville sont chapeaut&#233;es par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no174-mars-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;174 (mars 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a pris de fortes allures de mascarade. Les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies sont toutefois apparus comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH383/-1122-b27ff.jpg?1783604347' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; Marseille comme ailleurs, le &#171; grand d&#233;bat &#187; tricot&#233; par la Macronie aux abois a de fortes allures de mascarade. Les principales r&#233;unions organis&#233;es dans la ville sont chapeaut&#233;es par des &#233;lus LREM ou des opposants avide s de projecteurs (coucou Samia Ghali&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;natrice (PS), ex-maire des 15e et 16e arrondissements.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;), tandis que la mairie du n&#233;cros&#233; Jean-Claude Gaudin (LR agonisant), fid&#232;le &#224; sa r&#233;putation de giga-honte locale, a purement et simplement d&#233;cid&#233; de s'abstenir de participer (par peur de voir surgir des dossiers br&#251;lants tel que celui des morts de la rue d'Aubagne et du logement indigne&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tochardise rapport&#233;e par le Canard encha&#238;n&#233; (06/02/2019).&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces r&#233;unions publiques sous contr&#244;le et les questionnaires en ligne plus qu'orient&#233;s (&lt;i&gt;Pr&#233;f&#233;rez-vous une nouvelle dose de n&#233;o-lib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; ou bien une nouvelle dose de n&#233;o-lib&#233;ralisme effr&#233;n&#233; ?&lt;/i&gt;), les cahiers de dol&#233;ances distribu&#233;s dans les mairies apparaissent comme des espaces d'expression privil&#233;gi&#233;s, anim&#233;s d'une parole libre et non encadr&#233;e. Passage en revue marseillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;G&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;audin a les p&#233;toches&lt;/strong&gt;, un truc de fou. On s'en rend compte en arrivant devant l'h&#244;tel de ville, retranch&#233; derri&#232;re d'innombrables barri&#232;res de m&#233;tal, amalgam&#233;es &#224; la va-comme-je-t'embo&#238;te. Ambiance Fort Knox. Une fois l'obstacle pass&#233;, le citoyen d&#233;sireux de livrer ses dol&#233;ances doit affronter deux vigiles. Sollicit&#233;s, ils annoncent la couleur, finauds en chef :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#171; &lt;i&gt;On les a pas encore re&#231;us, les cahiers &#187;&lt;/i&gt;, ass&#232;ne le premier, en ce 19 f&#233;vrier.&lt;br&gt;
&#8211; &#171; &lt;i&gt;Ah, je croyais pourtant les avoir vus &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne son coll&#232;gue. Lequel se voit gratifi&#233; d'un regard noir de son sup&#233;rieur.&lt;br&gt;
&#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, on les a PAS re&#231;us. Revenez plus tard. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Des champions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres personnes sollicit&#233;es confirment le choix du maire autruche : pas question de laisser des paroles critiques s'exprimer dans le Saint des Saints municipal. &#171; &lt;i&gt;Il est possible qu'il ne souhaite pas que certaines questions soient abord&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, confie une secr&#233;taire. Sans d&#233;c' ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La t&#234;te sous l'eau &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour lire les contributions &#233;crites des Marseillais, il faut donc se tourner vers les huit mairies de secteur. Chacune d'elles englobe deux arrondissements et des mondes divers. On saute donc du cossu secteur 6/8, dont la mairie est install&#233;e dans la bourgeoise Villa Bagatelle, au tr&#232;s sinistr&#233; secteur 15/16, avant de rebondir souplement vers les contreforts de la Canebi&#232;re et de la mairie 1/7, toujours fortifi&#233;e de panneaux protecteurs suite &#224; une manif un chou&#239;a vandalisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur des quatre cahiers aux intitul&#233;s officiels soporifiques&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allant de &#171; D&#233;mocratie et citoyennet&#233; &#187; &#224; &#171; Imp&#244;ts, d&#233;penses et action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, c'est la grande chasse au Macron. Si les dol&#233;ances varient grandement, entre &#233;talage de confidences personnelles et passage en revue de TOUS les maux de la d&#233;mocratie fran&#231;aise, certains th&#232;mes sont r&#233;currents. Au top du top, la suppression de l'ISF, vilipend&#233;e en long en large et au stylo vert. Suivent en peloton serr&#233; la d&#233;nonciation de la CSG, la reconnaissance du vote blanc et le sacro-saint RIC. Autres chevaux de bataille : la moralisation de la vie politique, la taxation des plus riches et quelques saillies anti-flics bien senties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire ces envol&#233;es, l'&#233;vidence saute au pif : ceux et celles qui les ont r&#233;dig&#233;es sont tr&#232;s loin d'&#234;tre des analphab&#232;tes. Les caciques du r&#233;gime et ses chiens de garde m&#233;diatiques nous ont pourtant serin&#233; l'inverse, &#224; l'image du tr&#232;s m&#233;prisant Thomas Legrand : &#171; &lt;i&gt;Il y a dans le mouvement des Gilets jaunes une incapacit&#233; &#224; s'exprimer, une incapacit&#233; &#224; hi&#233;rarchiser ses revendications, une incapacit&#233; &#224; dire ce qu'ils veulent. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 11 f&#233;vrier dans l'&#233;mission &#171; 24 h Pujadas, l'info en questions &#187; sur LCI.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Sauf que l&#224; c'est tout le contraire : de longs pav&#233;s bien torch&#233;s, argument&#233;s, souvent rigoureusement hi&#233;rarchis&#233;s. Et parfois m&#234;me fichtrement maniaques en mati&#232;re de comptabilit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s avoir pay&#233; la CSG sur ma retraite de base il me reste 815,08 &#8364; par mois (ma CSG &#233;tant de 81,59 &#8364; par mois, ce qui fait 979,08 &#8364; par an) &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire en mairie du 1/7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cahiers consult&#233;s, il est d'abord question de pouvoir d'achat et de lutte quotidienne contre la d&#233;bine. &#171; &lt;i&gt;Comment voulez-vous qu'on survive dans ces conditions ? &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne l'une. &#171; &lt;i&gt;On a la t&#234;te sous l'eau &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit un autre, qui avance une belle proposition : &#171; &lt;i&gt;Chaque &#233;lu devrait vivre six mois comme un citoyen ordinaire, prendre les transports en commun, vivre dans un HLM situ&#233; dans les quartiers populaires, etc. &#187;&lt;/i&gt; Chiche ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La sensation d'&#234;tre invisible et marginalis&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parfois r&#233;p&#233;titifs, &#224; juste titre, ces t&#233;moignages &#233;crits ne sont &#233;videmment pas tous plaisants &#224; lire. Quelques-uns vrillent en bordure de racisme, obsessionnels de la question migratoire. D'autres shootent les assist&#233;s, les marginaux, les gens qui ont des chiens qui font caca sur les trottoirs ou &#8211; et comme on les comprend ! &#8211;, l'invasion des trottinettes &#233;lectriques. D'autres encore font preuve d'une po&#233;sie absurde tout &#224; fait touchante : &#171; &lt;i&gt;Trop de trait&#233;s de libre-&#233;change avec le Canada &#187;&lt;/i&gt; s'enflamme un certain Jacques. &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'en France on cultive les caf&#233;iers ou les cacaotiers ? Non ! Et c'est dommage &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe N. de l'Estaque. &#171; &lt;i&gt;Peut-on avoir des toilettes dans cette mairie hors la loi ? &#187;&lt;/i&gt;, gueule d'un stylo rouge criard un type qui en a visiblement gros sur la patate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques incursions absurdes ne sont pourtant pas la r&#232;gle. La plupart des participants ont en effet pris les choses tr&#232;s au s&#233;rieux, certains se donnant m&#234;me la peine de recopier leur longue intervention dans les quatre cahiers, et tant pis pour la crampe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart plut&#244;t &#226;g&#233;s (logique : les &lt;i&gt;ieuv &lt;/i&gt;sont moins f&#233;rus des consultations par Internet), les dol&#233;anciers prennent le taureau par le stylo, crient qu'ils ont droit &#224; parole. &#171; &lt;i&gt;La sensation d'&#234;tre invisible et marginalis&#233; est grande &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit une habitante du quartier populaire de la Belle-de-Mai, qui synth&#233;tise parfaitement le sentiment g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas au pr&#233;sident de choisir ce qu'on doit dire dans ce Grand D&#233;bat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas s&#251;r que ces voix seront &#233;cout&#233;es, voire m&#234;me relay&#233;es. Dans certaines mairies, on ignorait le 21 f&#233;vrier que les dol&#233;ances devaient &#234;tre envoy&#233;es en pr&#233;fecture le 20 f&#233;vrier. Quant aux quatre cahiers du secteur 15/16, fief de Samia Ghali, ils pr&#233;sentent l'&#233;tonnante particularit&#233; d'avoir les premi&#232;res pages arrach&#233;es, comme si certaines paroles n'avaient pas plu. Selon la secr&#233;taire interrog&#233;e, une dame peu satisfaite de ses propres interventions les aurait rageusement d&#233;chir&#233;es. Selon nos sources, la fourbasse en question aurait ensuite pris la fuite en soucoupe volante, &lt;i&gt;woush&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PS : l'auteur tient &#224; remercier la dame de la mairie du 1/7 qui lui a offert une d&#233;licieuse brioche Pitch fourr&#233;e au chocolat. Il reste donc un peu d'humanit&#233; en ce bas monde.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;S&#233;natrice (PS), ex-maire des 15&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 16&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une p&#233;tochardise rapport&#233;e par &lt;i&gt;le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (06/02/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allant de &#171; D&#233;mocratie et citoyennet&#233; &#187; &#224; &#171; Imp&#244;ts, d&#233;penses et action publique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 11 f&#233;vrier dans l'&#233;mission &#171; 24 h Pujadas, l'info en questions &#187; sur LCI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La valise &#224; roulettes, c'est le mal</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-valise-a-roulettes-c-est-le-mal</link>
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		<dc:date>2019-02-24T03:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>secteur</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>valise</dc:subject>
		<dc:subject>roulettes</dc:subject>
		<dc:subject>bagage</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Sadow</dc:subject>
		<dc:subject>valises</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;*** L'avenir de l'humanit&#233; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me. Ou presque. Si Bernard est le premier &#224; avoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1782640442' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir de l'humanit&#233;&lt;/strong&gt; se joue parfois sur pas grand-chose. Un petit rien. Le destin de la valise &#224; roulettes, lui, se noue en 1970, lors de l'escale a&#233;roportuaire d'un salari&#233; du secteur, Bernard Sadow. La vision d'un employ&#233; poussant un gros chariot lui donne l'id&#233;e d'une invention r&#233;volutionnaire : la premi&#232;re valise &#224; roulettes ! Deux ans plus tard, l'immonde chose est commercialis&#233;e &#8211; le monde du tourisme ne sera plus jamais le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ou presque&lt;/strong&gt;. Si Bernard est le premier &#224; avoir l'id&#233;e d'ajouter des roues et une lani&#232;re &#224; une valise, le c&#244;t&#233; pratique de son invention ne convainc pas. Elle se r&#233;v&#232;le instable et fait un flop. Pause jusqu'en 1987, raconte un professeur de management &#224; l'Essec &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de Capital le 26/11/15, &#171; Pourquoi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : apr&#232;s l'&#233;chec de Sadow, &#171; &lt;i&gt; il faudra encore quinze ans avant que quelqu'un pense &#224; basculer&lt;/i&gt; [la valise]&lt;i&gt; sur le c&#244;t&#233; et &#224; lui ajouter un manche t&#233;lescopique&lt;/i&gt; &#187;. Le fautif ? Un pilote de ligne &#8211; il n'y a pas de hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette fois, le bagage roulant&lt;/strong&gt; est plus stable et facile &#224; tracter. Et l'invention se r&#233;pand dans le monde entier tout au long des ann&#233;es 1990. Jusqu'&#224; devenir l'un des marqueurs les plus symboliques de l'acc&#233;l&#233;ration des transports (a&#233;rien et ferroviaire), de la civilisation des loisirs et de l'envol&#233;e du tourisme de masse. Rien d'un produit anodin &#8211; la valise &#224; roulettes, c'est le diable qui se faufile &#224; la tra&#238;ne de voyageurs toujours press&#233;s, passant d'a&#233;roport en a&#233;roport le temps d'un week-end &#171; d&#233;couverte &#187; dans une capitale europ&#233;enne ou de vacances sous les Tropiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourisme de chemin balis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a des gens qui aiment le lyrisme&lt;/strong&gt;. Ainsi de Christian Gambotti, auteur d'un &#171; &#201;loge de la valise &#224; roulettes &#187; &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du Nouvel &#201;conomiste.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui fait de l'invention de ce bagage l'un des symboles &#233;mancipateurs du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. &#171; &lt;i&gt;L'humanit&#233;, courb&#233;e sous le poids des bagages, s'est soudain redress&#233;e. Gr&#226;ce &#224; la valise &#224; roulettes, le voyageur s'est transform&#233; en un nouvel Icare. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Lib&#233;rant les cohortes de voyageurs du poids et de l'enlisement, [elle] a transform&#233; les halls des gares et des a&#233;rogares en une vaste piste de danse sur laquelle des femmes et des hommes ail&#233;s glissent avec gr&#226;ce vers des destinations vacanci&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; sa mani&#232;re surjou&#233;e&lt;/strong&gt;, Christian met le doigt sur quelque chose &#8211; c'est son interpr&#233;tation qui p&#234;che. Oui, il y a eu une &#233;poque pas si lointaine, o&#249; les gens portaient encore leur bagage &#224; la main, sur l'&#233;paule ou le dos, au lieu de tra&#238;ner une petite charrette bruyante et encombrante. Ils faisaient corps avec leurs affaires, en portaient le poids. Une pesanteur gage de libert&#233;. Avec un sac &#224; dos, le voyageur peut emprunter &#224; tout moment des sentiers de traverse ; avec une valise &#224; roulettes, il suit les chemins balis&#233;s, lisses, s'inscrivant dans le flux des transports et du tourisme de masse. L'objet accompagne ainsi la transformation du voyageur en touriste&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; No more Rollkoffer &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bagage est d&#233;sormais partout&lt;/strong&gt;. Vendu aux quatre coins du globe, il alimente un march&#233; en perp&#233;tuelle croissance, accompagnant celle du trafic a&#233;rien (+ 4 % d'ici &#224; 2020). En France, la bagagerie enregistre ainsi en 2017 un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. Dans le monde, &#171; &lt;i&gt;le nombre de voyageurs devrait m&#234;me atteindre les sept milliards d'ici 2034 : le secteur du bagage est donc en plein essor&lt;/i&gt; &#187;, se f&#233;licite la responsable du secteur au Bon March&#233; &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y en a qui ne voient pas d'un aussi bon &#339;il&lt;/strong&gt; le succ&#232;s de la valise &#224; roulettes : les habitants des principales destinations touristiques. Pour eux, le bagage est synonyme de nuisances sonores autant que symbole d'un tourisme low cost massif et d&#233;vastateur, celui des &#171; easyjeteurs &#187; d&#233;barquant pour un week-end de f&#234;te et de visites. Le mouvement de fronde se lance en 2014 &#224; Berlin (troisi&#232;me destination touristique en Europe) &#224; l'initiative d'habitants d&#233;non&#231;ant des nuisances croissantes et une gentrification galopante. &#171; &lt;i&gt;Ils ne peuvent plus dormir &#224; cause du bruit des valises &#224; roulettes la nuit &lt;/i&gt; &#187; et des touristes qui &#171; &lt;i&gt; rentrent ivres et vomissent &lt;/i&gt; &#187;, fulmine alors la maire de l'arrondissement de Kreutzberg. Sur les murs fleurissent m&#234;me des tags &#171; No more rollkoffer &#187; (stop aux valises &#224; roulettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans les villes les plus touristiques&lt;/strong&gt;, le bagage devient ainsi sympt&#244;me d'un mal, celui du tourisme de masse. Apr&#232;s Berlin, c'est Venise (25 millions de touristes par an) qui annonce des mesures d'interdiction pour pr&#233;server la tranquillit&#233; des habitants, qui se plaignent de vivre avec en fond sonore le tacatacatac continu des roulettes en plastiques sur les pav&#233;s. La municipalit&#233; fait finalement demi-tour devant la bronca des professionnels du secteur. Mais la question ne devrait manquer de se reposer. Parce que la valise &#224; roulettes, c'est le mal.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une vid&#233;o mise en ligne sur le site de &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; le 26/11/15, &#171; Pourquoi des innovations &#233;videntes sont-elles tardives ? L'exemple de la valise &#224; roulettes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chronique publi&#233;e le 30/09/13 sur le site du &lt;i&gt;Nouvel &#201;conomiste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &#199;a roule pour les bagages haut de gamme &#187;, article mis en ligne sur le site de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt; le 19/05/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les aventuriers du d&#233;veloppement</title>
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		<dc:date>2018-10-30T13:37:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#233;mie Wojtowicz et Th&#233;o Jacob</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>secteur</dc:subject>
		<dc:subject>Guyane</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Au sud de la Guyane, au c&#339;ur de la for&#234;t amazonienne, la multinationale canadienne Colombus Gold salive sur le site de la Montagne d'or. Jusqu'ici, l'&#201;tat fran&#231;ais temp&#233;rait les ardeurs des lobbies miniers, mais face &#224; la crise&#8230; Et avec un pr&#233;s' de la R&#233;p' business-friendly&#8230; Faut voir. Cach&#233; derri&#232;re ses lunettes noires, le t&#233;l&#233;phone &#224; port&#233;e de main, un repr&#233;sentant du secteur aurif&#232;re exprime avec enthousiasme sa vision d'avenir : &#171; Aujourd'hui on repr&#233;sente 4% du PIB guyanais. Avant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no155-juin-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;155 (juin 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guyane" rel="tag"&gt;Guyane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/territoire" rel="tag"&gt;territoire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lunettes-noires" rel="tag"&gt;lunettes noires&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Colombus" rel="tag"&gt;Colombus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sud de la Guyane, au c&#339;ur de la for&#234;t amazonienne, la multinationale canadienne Colombus Gold salive sur le site de la Montagne d'or. Jusqu'ici, l'&#201;tat fran&#231;ais temp&#233;rait les ardeurs des lobbies miniers, mais face &#224; la crise&#8230; Et avec un pr&#233;s' de la R&#233;p' &lt;i&gt;business-friendly&lt;/i&gt;&#8230; Faut voir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cach&#233; derri&#232;re ses lunettes noires, le t&#233;l&#233;phone &#224; port&#233;e de main, un repr&#233;sentant du secteur aurif&#232;re exprime avec enthousiasme sa vision d'avenir : &#171; &lt;i&gt; Aujourd'hui on repr&#233;sente 4% du PIB guyanais. Avant l'arriv&#233;e de Colombus, on avait calcul&#233; qu'avec une centaine d'artisans, quatre ou cinq PME et une multinationale, on montait &#224; 16%. C'est pour &#231;a que nous voulons faire de la mine le premier secteur &#233;conomique de Guyane. On peut y arriver en moins de dix ans. Et avec deux multinationales, aujourd'hui, c'est encore mieux !&lt;/i&gt; &#187; Le projet laisse r&#234;veur. Compos&#233; &#224; plus de 90% de for&#234;ts et min&#233; durablement par sa d&#233;pendance &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais, le territoire ultramarin se laisse s&#233;duire par les promesses d'un d&#233;veloppement rapide et agressif venues du secteur priv&#233;. Une tendance soutenue par la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH527/-172-49b65.jpg?1782700185' width='400' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2015, alors ministre de l'&#201;conomie, le futur pr&#233;sident Macron s'&#233;tait rendu sur le site de la Montagne d'or pour afficher sa sympathie pour le projet de la Colombus Gold. &#171; &lt;i&gt;Nous devons simplifier et acc&#233;l&#233;rer l'instruction des permis miniers&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'avenir de la France dans l'industrie mini&#232;re, selon Emmanuel Macron &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, confiait &#224; l'&#233;poque le fringant ministre. B&#233;n&#233;ficiant de soutiens sur le sol fran&#231;ais, dont le mentor de Macron, Jacques Attali, qui a si&#233;g&#233; dans son conseil consultatif [lire encadr&#233; ci-dessous], la junior canadienne&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les compagnies mini&#232;res juniors sont des entreprises de taille relativement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est au centre de montages financiers complexes o&#249; l'on retrouve les principaux acteurs mondiaux du secteur : le groupe canadien Iamgold d&#233;tient des parts de l'entreprise et la multinationale russe Nordgold est actionnaire majoritaire du site. Qualifi&#233;e de &#171; &lt;i&gt;plus grand projet aurif&#232;re jamais imagin&#233; sur le sol fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La France, le nouvel eldorado des chercheurs d'or ? &#187;, Challenges, 6 mai 2016.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, avec son permis de 190 km2 et sa fosse d'extraction de 400 m&#232;tres de profondeur, la concession permettrait d'extraire plus de 150 tonnes d'or dans les dix prochaines ann&#233;es : un pactole &#233;valu&#233; &#224; plusieurs milliards de dollars. Sur un territoire en crise, l'industriel canadien promet la cr&#233;ation de quelques centaines d'emplois directs et indirects. Une offre que les gouvernants, locaux et nationaux, ne pourraient refuser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences sud-am&#233;ricaines et africaines prouvent que le secteur minier ne participe jamais au d&#233;veloppement local. Tant pis pour les ravages &#233;cologiques et sociaux qu'il engendre : dans la langue de bois technocratique, le projet de la Montagne d'or se pr&#233;sente en fer de lance d'une exploitation &#171; durable et responsable &#187;. Pourtant, m&#234;me si l'on oublie les faibles retomb&#233;es fiscales et la promesse d'emplois pr&#233;caires et dangereux, ce projet menace &#233;galement le peu d'autonomie dont jouit la Guyane. &#192; la d&#233;pendance du d&#233;partement vis-&#224;-vis de la m&#233;tropole s'ajoutera bient&#244;t celle du territoire face aux multinationales financiaris&#233;es. Que deviendra le petit millier d'emplois cr&#233;&#233;s &#224; la fin de la p&#233;riode de concession ? D'autant qu'une chute du cours de l'or, tr&#232;s volatil, pourrait pousser le sauveur canadien vers une sortie anticip&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin un lib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un temps, l'&#201;tat avait fait mine de r&#234;ver que le d&#233;partement soit une terre de d&#233;veloppement durable. La cr&#233;ation en 2007 d'un immense parc national recouvrant le tiers sud du territoire allait t&#233;moigner des ambitions fran&#231;aises en Amazonie. En 2008, Nicolas Sarkozy, emp&#234;tr&#233; dans le Grenelle de l'Environnement, avait refus&#233; une demande de concession du groupe Iamgold, sous la pression d'une partie de la population. Cela avait v&#233;cu comme un v&#233;ritable camouflet par les professionnels du secteur et la majorit&#233; des &#233;lus locaux. Les aventuriers du d&#233;veloppement ont depuis revu leur copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients de l'impuissance de l'&#201;tat face &#224; l'orpaillage ill&#233;gal&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une centaine de sites ill&#233;gaux sont actifs sur le tiers sud du territoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les soutiens de l'exploitation mini&#232;re ont d&#233;velopp&#233; un sophisme douteux. Pour enrayer le pillage du sous-sol et mieux s&#233;curiser le territoire &#171; tout en le d&#233;veloppant &#187;, il suffirait de remplacer les sites ill&#233;gaux par des op&#233;rateurs l&#233;gaux ! Les interactions, voire les connivences entre le l&#233;gal et l'ill&#233;gal ne sont pourtant un secret pour personne. En 2015, Gauthier Horth, pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration des op&#233;rateurs miniers de Guyane (Fedomg) et r&#233;cemment &#233;lu &#224; la Collectivit&#233; unique, &#233;tait mis en examen pour &#171; exploitation ill&#233;gale d'une mine d'or &#187; et &#171; travail clandestin &#187;. L'argument a toutefois &#233;t&#233; entendu par la pr&#233;fecture qui, d&#232;s 2013, signait une convention destin&#233;e &#224; faciliter ces implantations. Comme le confie un lobbyiste d'un groupe aurif&#232;re fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Il faut, pas &#224; pas, partout o&#249; les entreprises veulent s'installer, faire en sorte qu'elles le puissent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un mauvais western contemporain sur fond de macronite aigu&#235;, les temps sont &#224; l'entrepreneuriat d&#233;complex&#233; et &#224; la &#171; lib&#233;ration des forces &#187;. Selon Jean-Marie Taubira, pr&#233;sident du Parti progressiste guyannais, &#171; &lt;i&gt;l'entrepreneur doit &#234;tre le moteur de l'&#233;mancipation guyanaise. L'entrepreneur est habitu&#233; au terrain, il a l'habitude de relever des d&#233;fis ! Pendant ce temps le fonctionnaire attend son salaire, alors m&#234;me que le pays est en crise &lt;/i&gt; &#187;. Pour les ap&#244;tres du d&#233;veloppement, l'exploitation de la Montagne d'or incarne le futur de l'&#233;conomie : du pain b&#233;nit pour une foule d'autres secteurs allant de la production &#233;nerg&#233;tique au BTP, en passant par la logistique. Ce nouveau dynamisme risque de chambouler l'am&#233;nagement du territoire, faisant peu de cas des habitants du Sud, qui tentent de se pr&#233;munir contre la sp&#233;culation fonci&#232;re. Un simple d&#233;tail aux yeux des bourgeoisies locales : &#171; &lt;i&gt;Ma vision, c'est d'abord faire les routes, puis des activit&#233;s s'implantent et apr&#232;s on voit comment on fait&lt;/i&gt; &#187;, laisse &#233;chapper l'industrielle Carole Ostor&#233;ro, ex-conseill&#232;re r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Business-friendly president&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de convaincre l'opinion, le secteur minier sait qu'il pourra compter sur le nouveau pr&#233;sident de la R&#233;publique. Comme l'annon&#231;ait publiquement le p&#233;d&#233;g&#233; de Colombus Gold au lendemain du second tour : &#171; &lt;i&gt;The Election of a business-friendly president in France is a positive development for Colombus Gold's Montagne d'Or Gold Project.&lt;/i&gt; &#187; Besoin de traduction ? Le communiqu&#233; officiel vantait les m&#233;rites de celui qui &#171; &lt;i&gt;durant sa campagne promettait de faire baisser les taxes de 33% &#224; 25% sur les grandes soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. N&#233;anmoins, malgr&#233; les promesses de croissance et de prosp&#233;rit&#233;, le reste de la Guyane aurait de quoi se sentir l&#233;s&#233;. Les services publics en surchauffe, de l'&#233;ducation &#224; la sant&#233;, risquent de ne pas b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes largesses que le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mauvaise mine d'Attali&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2013, l'&#233;minent lobbyiste Jacques Attali si&#233;geait en qualit&#233; de membre honoraire au Comit&#233; consultatif fran&#231;ais de la Colombus Gold, aux c&#244;t&#233;s d'&#233;narques pantouflards pass&#233;s par les r&#233;seaux Chirac et Jouyet. La firme canadienne se targuait d'avoir &#224; ses c&#244;t&#233;s &#8211; &#171; &lt;i&gt;l'un des trois intellectuels les plus influents en France et l'un des cent plus influents dans le monde entier &lt;/i&gt; &#187;. Jusqu'&#224; ce que&#8230; Selon le site Bloomberg, Attali a quitt&#233; ses fonctions le 9 mai 2017. Soit deux jours apr&#232;s l'&#233;lection de son prot&#233;g&#233; &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique&#8230; Contact&#233; par nos soins, l'int&#233;ress&#233; n'a pas souhait&#233; s'exprimer quant &#224; ce timing troublant. Dommage.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Canal + colonise l'imaginaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le cin&#233;ma avait d&#233;j&#224; pris l'habitude de planter ses d&#233;cors au c&#339;ur de la jungle fran&#231;aise, terrain id&#233;al pour un sc&#233;nario ultra violent sur fond de trafic d'or. En 2015, Canal + a tenu &#224; enrichir sa grille des programmes d'une grande fiction sur les enjeux miniers de la r&#233;gion : un an apr&#232;s le rachat de la cha&#238;ne par le groupe Bollor&#233;, se tournait une s&#233;rie promettant action et femmes l&#233;g&#232;res. Elle mettait en sc&#232;ne des m&#233;tropolitains venus s'enrichir dans l'&#171; enfer vert &#187;. Diffus&#233;e de janvier &#224; f&#233;vrier 2017, &lt;i&gt;Guyane&lt;/i&gt; offre un r&#233;cit &#171; tr&#232;s Canal &#187;, en &#233;vitant d'examiner de trop pr&#232;s les cons&#233;quences sociales et environnementales pourtant dramatiques de l'activit&#233; mini&#232;re industrielle. Un curieux parti pris, &#224; l'heure o&#249; les populations autochtones subissent de plein fouet la contamination des cours d'eau au mercure et au cyanure. On y rencontre Vincent, futur dipl&#244;m&#233; de la prestigieuse &#201;cole des mines, en stage chez Cayennor, entreprise mini&#232;re pour laquelle il prospecte au c&#339;ur de la for&#234;t. Le jeune h&#233;ros est vite pris dans un suspense haletant fait d'exploitations ill&#233;gales, de r&#232;glements de comptes et de prostitu&#233;es viol&#233;es. Malmen&#233; au gr&#233; des aventures et du d&#233;clin moral, Vincent retrouvera la piste de Sarah Bernhardt, une mine mythique au filon prodigieux. Un r&#233;cit bien men&#233; pour un r&#233;sultat plut&#244;t bien vu. Des parties de cache-cache avec les militaires jusqu'&#224; la vie de chantier, la fiction d&#233;passe de peu la r&#233;alit&#233;. On y retrouve jusqu'&#224; l'argument tant utilis&#233; par les professionnels du secteur, sur lequel la trame de l'histoire se trouve &#233;trangement calqu&#233;e : si le h&#233;ros et ses collaborateurs sont dans l'impossibilit&#233; d'exploiter leur filon clandestinement, alors ils devront le faire l&#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L280xH398/-873-6c6b2.jpg?1782637869' width='280' height='398' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;155 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sujet aurait de quoi faire rire s'il ne faisait pas en sous-main la promotion des int&#233;r&#234;ts industriels du propri&#233;taire de Canal +. Le groupe Bollor&#233; est en effet tr&#232;s pr&#233;sent &#224; l'international dans le secteur minier. Sa filiale Bollor&#233; Logistics, tr&#232;s implant&#233;e en Afrique de l'Ouest, g&#232;re les infrastructures d'exploitation, depuis la phase de prospection jusqu'&#224; l'export. On la retrouve &#233;galement &#224; Cayenne o&#249; elle peine jusqu'ici &#224; d&#233;velopper ses activit&#233;s. Au moment o&#249; de forts enjeux &#233;conomiques p&#232;sent sur le territoire, cette saga r&#233;pond au besoin de coloniser les esprits et de modeler l'opinion. Notamment quand une partie des projets d'extraction se cassent les dents face &#224; la mobilisation des soci&#233;t&#233;s civiles locale et nationale. C'est promis, d&#232;s la deuxi&#232;me saison, Vincent obtiendra l&#233;galement un permis de concession. Un contrat de deux ans, repr&#233;sentant quelques dizaines de millions d'euros, au terme duquel il quittera le pays. Et voil&#224; que l'aventure d'un jeune Blanc t&#233;m&#233;raire ravive le r&#233;cit d'une ru&#233;e vers l'or toute coloniale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'avenir de la France dans l'industrie mini&#232;re, selon Emmanuel Macron &#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos,&lt;/i&gt; 23 ao&#251;t 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les compagnies mini&#232;res juniors sont des entreprises de taille relativement r&#233;duite, hautement sp&#233;culatives, tablant sur la phase d'exploration pour attirer des investisseurs &#224; la veille de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La France, le nouvel eldorado des chercheurs d'or ? &#187;, &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;, 6 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une centaine de sites ill&#233;gaux sont actifs sur le tiers sud du territoire guyanais, avec entre 6 000 et 8 000 orpailleurs clandestins, pour la plupart br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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