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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On cherche &#224; nous ub&#233;riser &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Nocera</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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		<dc:subject>&#233;conomique li&#233;e</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien. C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des salles de spectacle, une seconde &#171; ann&#233;e blanche &#187; pour les intermittents, mais aussi l'annulation de la r&#233;forme du ch&#244;mage cens&#233;e entrer en vigueur au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet et qui entra&#238;nera une baisse de revenus pour plus d'un million d'allocataires. Entretien express avec Quentin, un &#233;tudiant com&#233;dien participant actuellement &#224; l'occupation du Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg (TNS).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a amen&#233;s &#224; occuper le TNS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'Od&#233;on a &#233;t&#233; occup&#233; par les syndicats et les pr&#233;caires, on en a tout de suite parl&#233; entre nous. C'&#233;tait l'une des rares fois, d'ailleurs, o&#249; les deux promotions &lt;i&gt;[de l'&#233;cole]&lt;/i&gt; du TNS se sont rassembl&#233;es (entre 40 &#224; 50 &#233;l&#232;ves) pour discuter de ce qu'il se passe actuellement, et de ce que &#231;a peut signifier pour notre avenir. Et on s'est vite rendu compte que l'occupation &#233;tait la meilleure solution &lt;i&gt;[pour porter leurs revendications actuelles, NDLR]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s un an de crise sanitaire, avec toutes les cons&#233;quences que nous connaissons, comment vivez-vous les choses en tant qu'artistes en formation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au sein de l'&#233;cole, a contrario du flou qui r&#232;gne au niveau national, nous sommes dans un vrai cocon, prot&#233;g&#233;. Malgr&#233; la crise sanitaire, nos formations sont assur&#233;es &lt;i&gt;[en pr&#233;sentiel]&lt;/i&gt;. Tout est tr&#232;s encadr&#233; et bien g&#233;r&#233; pour qu'on puisse travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, c'est autre chose. D&#233;j&#224;, il y a cet &#233;norme flou de la part de l'&#201;tat, qui a nourri notre col&#232;re et notre envie de se mobiliser. Nous n'avons pas de dates de r&#233;ouverture, mais ce n'est pas le plus grave : surtout, on ne sait pas quel sera l'&#233;tat de notre m&#233;tier par la suite. Personnellement, quand je suis rentr&#233; dans cette &#233;cole, j'avais l'espoir d'acc&#233;der au statut d'intermittent. De pouvoir jouer des pi&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes gr&#226;ce &#224; la souplesse que permet ce r&#233;gime tr&#232;s particulier qu'est l'intermittence. Et quand j'entends que l'on veut le d&#233;molir tout comme, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'assurance ch&#244;mage, &#231;a me met tr&#232;s en col&#232;re. Nous au contraire, on est partisans de l'&#233;largissement de l'intermittence. C'est une question cruciale pour nous, parce qu'il y a des m&#233;tiers fr&#232;res au n&#244;tre qui n'y acc&#232;dent pas et qui vont &#234;tre directement impact&#233;s par cette r&#233;forme. Alors, qu'en fait, ce sont des gens qui travaillent avec nous dans les th&#233;&#226;tres... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ton avis, quels seraient les leviers autres que l'occupation des th&#233;&#226;tres, pour essayer de faire changer les choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la loi Travail, c'&#233;tait un million de personnes dans la rue et malgr&#233; tout ils l'ont quand m&#234;me fait passer... On se pose ces questions. On ne sait pas si on a le bon levier d'action. Mais, au moins, on aura lanc&#233; collectivement une r&#233;flexion sur l'organisation politique de nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'il existe des alternatives, des moyens d'autogestion que l'on &#233;prouve &#224; notre petite &#233;chelle, ici au TNS. Mais c'est aussi ce que l'on invente : comment est-ce qu'on essaie de s'affranchir de cette esp&#232;ce de course &#224; la comp&#233;titivit&#233; de nos m&#233;tiers qui est toujours dans la recherche de subventions, de la constitution de dossiers, d'appels &#224; projet, etc. On cherche &#224; nous ub&#233;riser, et c'est quelque chose qu'on refuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Francesco Nocera&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-n-existe-pas-de-vrai-homme</link>
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		<dc:date>2020-09-02T19:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Alexis Le Roux</dc:subject>
		<dc:subject>masculinit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>homme</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>bear</dc:subject>
		<dc:subject>culture bear</dc:subject>
		<dc:subject>Bears</dc:subject>
		<dc:subject>gay</dc:subject>
		<dc:subject>culture gay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture bear (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear. Comment d&#233;finirais-tu la culture bear ? Quand et o&#249; est-elle n&#233;e ? &#171; C'est une culture qui valorise le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homme" rel="tag"&gt;homme&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/-1591-c3a7e.jpg?1782641165' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Romain, Monsieur Ours Occitanie M&#233;diterran&#233;e 2019 / Photo Alexis Le Roux
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finirais-tu la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; ? Quand et o&#249; est-elle n&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une culture qui valorise le corps des hommes gros, avec une pilosit&#233; corporelle assum&#233;e ainsi qu'un certain d&#233;braillement. Elle &#233;rotise des traits de masculinit&#233; li&#233;s aux personnes &#226;g&#233;es ou matures, comme la barbe ou la corpulence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une sous-culture gay qui est n&#233;e en Californie &#224; la fin des ann&#233;es 1980. Elle rassemblait au d&#233;part un m&#233;lange de motards gays, de personnes issues de la communaut&#233; &#8220;cuir&#8221; et d'autres hommes qui ne se sentaient pas repr&#233;sent&#233;s dans la culture gay am&#233;ricaine dominante : ils ne se reconnaissaient ni dans le quartier Castro &#224; San Francisco, ni dans les films ou les magazines qui montraient toujours des hommes athl&#233;tiques, jeunes et glabres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette culture s'est rapidement &#233;tendue &#224; d'autres pays. En Espagne, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, il existait d&#233;j&#224; des associations comme Gorditos (&#8220;Petits gros&#8221;), dont je faisais partie, et il y a eu des bars d&#233;di&#233;s &#224; cette communaut&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; la port&#233;e subversive des &#171; ours &#187; au sein de la communaut&#233; gay mais aussi dans le milieu h&#233;t&#233;rosexuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que cette sous-culture a &#233;t&#233; subversive parce qu'elle a rompu avec une image st&#233;r&#233;otyp&#233;e du monde gay : jusqu'alors, le gay &#233;tait le personnage eff&#233;min&#233;, &#224; plumes, la &#8220;folle&#8221; &#8211; ou le minet qui fr&#233;quente le gymnase. Tout &#224; coup, les h&#233;t&#233;rosexuels se sont rendu compte qu'un gros homme barbu, ressemblant en tout point &#224; un homme h&#233;t&#233;ro, pouvait &#234;tre homo. Qu'un boucher, un chauffeur de camion, un travailleur agricole, un homme qui a l'air tr&#232;s masculin, peut potentiellement &#234;tre gay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image est tr&#232;s d&#233;rangeante parce que l'homosexuel n'est plus l'&lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; absolu. Il n'est pas un extraterrestre habill&#233; en rose, il peut &#234;tre n'importe qui : votre voisin, votre oncle, votre partenaire de travail ou de football. C'est en cela que le &lt;i&gt;bear &lt;/i&gt;est subversif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En termes de films, de revues ou d'iconographie, quelles sont les principales r&#233;f&#233;rences culturelles &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le film &lt;i&gt;Cachorro&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diffus&#233; en fran&#231;ais sous le titre Le Gamin.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Miguel Albaladejo, sorti en 2004, a &#233;t&#233; une r&#233;f&#233;rence c&#233;l&#232;bre dans toute l'Europe. La s&#233;rie TV sur les &#8220;ours&#8221; anglais &lt;i&gt;Where the Bears are&lt;/i&gt; (2012-2018) est vraiment dr&#244;le et assez c&#233;l&#232;bre. Aux &#201;tats-Unis, il existe des dizaines de revues, de sites web, de rassemblements, etc., ainsi que tout un tas de soci&#233;t&#233;s de production pornographique sp&#233;cialis&#233;es dans le porno &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; depuis les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images des grands rassemblements &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; sont &#233;galement tr&#232;s connues : la &lt;i&gt;Bear Pride &lt;/i&gt;de Cologne, &lt;i&gt;Mad Bear&lt;/i&gt; &#224; Madrid, Bearcelona... mais ce ne sont peut-&#234;tre pas des &#233;v&#233;nements culturels &#224; proprement parler, plut&#244;t des f&#234;tes de plaisir, de danse, de sexe. Il y a aussi les campagnes de lutte contre le sida que j'ai men&#233;es en 2003 et 2007 et qui ont eu du succ&#232;s dans toute l'Europe en termes de diffusion. La premi&#232;re s'intitulait &#8220;Pelos s&#237;, a pelo no&#8221; &lt;i&gt;[litt&#233;ralement : &#8220;Des poils oui, &#224; poil (sans capote), non&#8221;]&lt;/i&gt; et la seconde &#233;tait &#8220;Osos : especie protegida&#8221;&lt;i&gt; [&#8220;Ours, esp&#232;ce prot&#233;g&#233;e&#8221;]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La culture &lt;i&gt;bear &lt;/i&gt; joue beaucoup sur une masculinit&#233; id&#233;alis&#233;e, li&#233;e &#224; la nature sauvage, l'animalit&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une relation paradoxale. D'un c&#244;t&#233;, cela entretient quelque chose d'&#233;rotique, une certaine id&#233;e de l'homme naturel, de l'homme sauvage de la for&#234;t, de la montagne, du b&#251;cheron... mais en r&#233;alit&#233;, ce n'est qu'un fantasme. La plupart des gens de la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; sont des hommes de la classe moyenne, urbains, qui n'ont jamais vu un arbre de leur vie et qui ne savent m&#234;me pas faire un feu ou utiliser une hache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes cens&#233;s &#234;tre &#8220;naturels&#8221;, c'est-&#224;-dire ne pas porter de fioritures ou ne pas prendre soin de nous. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, il y a toute une gamme de fringues, de produits de beaut&#233;, d'huiles pour barbe, d'accessoires tels que des bretelles, des chemises &#224; carreaux, des slips avec le petit drapeau &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;... C'est en fait tr&#232;s artificiel, nous ressemblons &#224; Barbie Bear, &lt;i&gt;Bearbie [rires]&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a des gens qui se passent tr&#232;s bien de tout cela et n'ach&#232;tent pas ces choses : ceux qui habitent dans des petites villes et qui sont indiff&#233;rents &#224; ce marketing ; les plus pauvres qui ne peuvent pas d&#233;penser d'argent pour cela... Et il y a les autres, ceux qui passent leurs journ&#233;es &#224; acheter les derniers accessoires &#224; la mode et assistent &#224; tous les rassemblements &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; du monde &#8211; des hommes riches qui sont g&#233;n&#233;ralement blancs aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, pour moi, cela d&#233;montre le sens performatif de la masculinit&#233;, c'est-&#224;-dire qu'elle est le r&#233;sultat d'une s&#233;rie d'actes r&#233;p&#233;t&#233;s, de mani&#232;res de se comporter, de parler, de s'habiller... Bien entendu, la masculinit&#233; h&#233;t&#233;rosexuelle est comme &#231;a aussi : ses fondements sont fragiles. Dans notre mouvement &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;, il est clairement &#233;tabli que la masculinit&#233; est une performance, qu'il n'y a pas d'essence masculine tout comme il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221;. Elle se construit au moyen d'objets ou de r&#233;p&#233;titions, et c'est en quelque sorte paradoxal que les &lt;i&gt;bears &lt;/i&gt;r&#233;cup&#232;rent ces codes pour la culture gay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En se r&#233;appropriant les codes masculins virils, les &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; ne se font-ils pas assimiler par le monde h&#233;t&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, ce qui &#233;tait au d&#233;part tr&#232;s lib&#233;rateur a une face sombre et, d'une certaine mani&#232;re, nous participons aussi &#224; renforcer les traditionnels codes masculins machistes. En fait, nous sommes g&#233;n&#233;ralement beaucoup plus accept&#233;s que d'autres dans le milieu h&#233;t&#233;rosexuel parce que nous ne donnons pas l'image typique du gay eff&#233;min&#233;. Cela a parfois conduit &#224; des discours&lt;i&gt; follophobes&lt;/i&gt; merdiques qui reproduisent le machisme et l'homophobie et s'attaquent &#224; nos fr&#232;res homosexuels eff&#233;min&#233;s, victimes de violences. Il faut aussi se rappeler qu'il y a des &lt;i&gt;bears &lt;/i&gt;&#8220;folles&#8221;, ce que j'adore parce que je trouve &#231;a vraiment agr&#233;able de voir un homme grand et tr&#232;s masculin qui a en m&#234;me temps des gestes ou une voix f&#233;minine. C'est quelque chose qui m'attire &#233;norm&#233;ment et pour lequel j'ai beaucoup d'affection. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'existe-t-il pas le danger que le mouvement &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; soit aussi une culture de &#171; dissimulation &#187; en ne remettant pas en cause la masculinit&#233; et la binarit&#233; du genre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour certains gays, &#234;tre &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; peut &#234;tre une sorte de placard, qui permet de se cacher derri&#232;re un aspect masculin ou h&#233;t&#233;rosexuel afin de passer inaper&#231;u ou de pouvoir insulter et pers&#233;cuter les p&#233;d&#233;s eff&#233;min&#233;s. Il y a un aspect assez macho dans la communaut&#233; &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt;. Il ne concerne pas tout le monde bien s&#251;r, mais on peut y entendre des commentaires contre les femmes, contre les lesbiennes, contre les transsexuels, contre les gays &#8220;folles&#8221;. C'est un discours tr&#232;s conservateur que j'ai d&#233;nonc&#233; &#224; maintes reprises dans des articles. J'ai &#233;galement r&#233;dig&#233; un manifeste&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte intitul&#233; &#171; Manifiesto BearPride 2007 &#187;, &#224; lire en espagnol sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; pour avertir de ce danger tout en demandant aux associations &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; de le signer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, c'est une culture tr&#232;s traditionnelle ; aujourd'hui, il n'y a que des rassemblements autour du sexe ou de la danse, ce qui est bien, j'y vais aussi, mais je ne vois pas beaucoup de r&#233;flexions sur la solidarit&#233;, l'homophobie ou les activit&#233;s culturelles. Je pense donc que le capitalisme a &#233;norm&#233;ment absorb&#233; la culture &lt;i&gt;bear&lt;/i&gt; ; il faut le reconna&#238;tre et ne pas l'id&#233;aliser. Nous sommes devenus un ph&#233;nom&#232;ne de mode dans de nombreux endroits et nous devons d&#233;sormais vivre avec ce paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, le mouvement a &#233;t&#233; tr&#232;s actif contre le sida et pour aider les personnes atteintes du VIH dans les ann&#233;es 1990. Aujourd'hui, c'est fini, nous ne voyons plus de campagnes ou de discours politiques au sein de notre communaut&#233;. Mais j'esp&#232;re toujours que les &lt;i&gt;bears&lt;/i&gt; pourront &#224; nouveau se montrer plus solidaires, aller au-del&#224; de la simple consommation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&gt;&gt;&gt; Cet article est extrait d'un dossier de 17 pages consacr&#233; aux sexualit&#233;s, publi&#233; sur papier dans le num&#233;ro 189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; (juillet-ao&#251;t 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Diffus&#233; en fran&#231;ais sous le titre&lt;i&gt; Le Gamin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Texte intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://archivo.dosmanzanas.com/index.php/archives/2896&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manifiesto BearPride 2007&lt;/a&gt; &#187;, &#224; lire en espagnol sur le site &lt;i&gt;DosManzanas.com&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Picasso &#224; Perpignan</title>
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&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique. Place Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/musee-Rigaud" rel="tag"&gt;mus&#233;e Rigaud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ville pauvre, Perpignan a d&#233;cid&#233; de jouer dans la cour des grandes et s'offre (temporairement) Picasso pour gagner en attractivit&#233; touristique. En attendant de virer un jour ces gueux dont la pr&#233;sence reste une insulte &#224; son centre historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/-1430-381d9.jpg?1782638783' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;lace Rigaud &#224; Perpignan. 40&#176; &#224; l'ombre, le b&#233;ton pr&#234;t &#224; bouillir. La terrasse de la Brasserie Rigaud d&#233;serte ; tout autour, les derniers bars ont baiss&#233; le rideau depuis des lustres. Place Rigaud, zone grise. D'un c&#244;t&#233;, les rues de l'Argenterie et du Th&#233;&#226;tre, qui descendent vers les quartiers bourgeois o&#249; touristes et chalands font chauffer la carte bleue. De l'autre, les rues Petite la Real, de la Fusterie et &#201;mile-Zola, qui s'enfoncent dans les quartiers populaires o&#249; une pl&#232;be bigarr&#233;e bricole sa d&#232;che au jour le jour. Pour comprendre Perpignan, il faut se repr&#233;senter un territoire o&#249; la s&#233;gr&#233;gation spatiale a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par chacun. Gitans, Arabes, blancos, zonards, rupins, bobos. Chacun sait o&#249; est son quartier, sa zone de vie. Nul besoin de p&#233;riph' ou de mur pour d&#233;limiter les fronti&#232;res : la cartographie sociale s'exp&#233;rimente d'elle-m&#234;me en parcourant la ville. Il suffit d'une rue, d'un carrefour pour passer d'une zone ais&#233;e &#224; une friche aux vitrines condamn&#233;es et aux fades odeurs de pisse. Bien s&#251;r, le processus de ghetto&#239;sation n'a rien d'&#233;tanche : des vell&#233;it&#233;s de mixit&#233; sociale bourgeonnent &#231;&#224; et l&#224;. Mais les fondations d'un violent parcage humain demeurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la mairie, le d&#233;fi est l&#224; : virer cette masse de pauvres qui squattent une partie de la vieille ville. On sait combien les touristes sont friands de ruelles moyen&#226;geuses et d'immeubles trapus. La patrimonialisation des centres historiques est ce nouveau su-sucre dans laquelle les villes investissent pour attirer les devises &#233;trang&#232;res : le moindre bout de rempart, la moindre vieille pierre est mise en valeur pour r&#233;-ancrer la ville dans un pass&#233; prestigieux o&#249; se r&#233;invente quelque gloriole locale. Une &#171; mise en art &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, lire Enrichissement. Une critique de la marchandise de Luc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; assur&#233;e par am&#233;nageurs et d&#233;cideurs politiques.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gitans vs &#233;tudiants&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, on y revient. Le collectif &#171; Citoyennes et citoyens solidaires &#187; a bard&#233; les lieux de calicots o&#249; se lisent des dol&#233;ances. Exemple : &#171; Le centre-ville est en train de mourir car il n'y a pas assez de lieux sociaux &#187;. Un restaurateur agripp&#233; &#224; son micro met en garde : &#171; &lt;i&gt;Si &#231;a continue, on va tous crever !&lt;/i&gt; &#187; Depuis des ann&#233;es, l'&#233;pid&#233;mie continue : boutiques et enseignes ferment les unes apr&#232;s les autres dans le c&#339;ur de ville. En cause, la paup&#233;risation de la population et la densit&#233; des grandes surfaces en p&#233;riph&#233;rie urbaine. Infatigable militante, St&#233;phanie parle du dernier hochet en date de la municipalit&#233; pour ressusciter le cadavre perpignanais : &#171; &lt;i&gt;La mairie a le projet de faire venir 1 500 &#233;tudiants en centre-ville. Plut&#244;t que de r&#233;habiliter le vieux centre pour que les gens y vivent dans des conditions d&#233;centes avec des commerces &#224; taille humaine et des infrastructures sociales, on pousse les classes populaires vers la sortie.&lt;/i&gt; &#187; Le quartier Saint-Jacques, o&#249; r&#233;side la communaut&#233; gitane, voit d'un &#339;il assez inquiet la future arriv&#233;e d'&#233;tudiants aux portes de son &lt;i&gt;home sweet home&lt;/i&gt; d&#233;labr&#233;. &#171; &lt;i&gt;Les Gitans sont conscients du risque d'embourgeoisement de leur quartier. Ils sont chez eux et pr&#233;viennent que &#231;a risque de mal se passer. On sait qu'au nom d'une pr&#233;tendue mixit&#233; sociale, on chasse les pauvres hors de la ville&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Josiane, enseignante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la manne &#233;tudiante est un atout non n&#233;gligeable dans la reconqu&#234;te des quartiers populaires, l'autre m&#226;choire de l'&#233;tau &#171; gentrificateur &#187; est plus sournoise. Depuis quelques mois, des panneaux munis de pictogrammes &#224; forme de pi&#233;ton farcissent la ville, indiquant en minutes les temps de trajet pour rejoindre tel site digne d'int&#233;r&#234;t touristique : la Casa Xanxo, la cath&#233;drale, le Castillet, etc. Un processus de mus&#233;ification se dessine sous nos yeux : des grappes de touristes, le nez coll&#233; &#224; leur plan, arpentent des venelles typiques (et authentiquement mis&#233;reuses !) sous l'&#339;il apaisant de presque 200 cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance. La ville offerte aux sucs gastriques des tour-op&#233;rateurs. Un ph&#233;nom&#232;ne qui n'a rien de nouveau, mais qui conna&#238;t ces derni&#232;res ann&#233;es un inqui&#233;tant processus d'acc&#233;l&#233;ration. Le 24 juin, le mus&#233;e Rigaud rouvrait ses portes apr&#232;s un lifting &#224; plus de 9 millions d'euros. En guise de &lt;i&gt;guest-star&lt;/i&gt; : une cinquantaine de tableaux de Picasso &lt;i&gt;himself&lt;/i&gt;. Avant d'&#234;tre recycl&#233; en monospace Citro&#235;n, le peintre a s&#233;journ&#233; dans la cit&#233; catalane au d&#233;tour des ann&#233;es 1950. Voil&#224; pour l'alibi. Il n'en fallait pas plus pour r&#233;cup&#233;rer l'aura du peintre andalou et saturer l'espace public d'affiches annon&#231;ant cet incontournable ramdam artistico-publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant un &#233;ni&#232;me caoua, le journaliste Nicolas Caudeville&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Animateur du site l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; prend un air d&#233;licieusement narquois : &#171; &lt;i&gt;Tout &#231;a n'est qu'une grossi&#232;re affaire de &lt;/i&gt;merchandising. &lt;i&gt;La mairie a ferm&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re l'&#233;cole des Beaux-Arts, qui aurait eu 200 ans cette ann&#233;e, car elle ne rapportait rien. Perpignan est une ville pauvre &#233;conomiquement, parce qu'il n'y a pas d'industrie et de commerce. Donc la seule solution, comme pour tout pays du tiers-monde, c'est le tourisme. Pourquoi le patrimoine ? Ben d&#233;j&#224;, parce qu'il y en a un ! Et puis le patrimoine, c'est contr&#244;lable : c'est pas une vieille pierre qui va manifester ou prendre position. Au contraire, &#231;a fait tourner le BTP. &#192; Perpignan, quand on leur parle de culture, ils ne sortent pas leur revolver mais leur b&#233;tonni&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une vaccine de culture &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2011 sortait de terre le th&#233;&#226;tre de l'Archipel. Ensemble architectural imagin&#233; par Jean Nouvel &#8211; vu de loin, le machin ressemble &#224; une grosse couille de mammouth et d&#233;lire m&#233;galomaniaque du maire pr&#233;c&#233;dent, Jean-Paul Alduy. &#171; &lt;i&gt;C'est un investissement pour les g&#233;n&#233;rations futures. Pour r&#233;ussir, il faut &#234;tre ambitieux. Ce th&#233;&#226;tre sera &#224; Perpignan ce que le Guggenheim est &#224; Bilbao &#187;&lt;/i&gt;, s'enflammait l'&#233;dile de centre droit&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Le Point du 10/10/2011.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Parlons-en, des g&#233;n&#233;rations futures : un partenariat public-priv&#233; sur trente ans, chiffr&#233; &#224; quelque 44 millions d'euros, avec un montage financier tellement limpide que la Cour des comptes est venue tirer la sonnette d'alarme en 2013... Mais pour la baronnie perpignanaise, la captation touristique impliquait de &lt;i&gt;booster&lt;/i&gt; l'image de l'indolente pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Chez la voisine Barcelone, la manne touristique p&#232;serait dans les 2 milliards d'euros. On pourrait pas s'offrir le luxe de quelques miettes ? &#171; &lt;i&gt;Ici, la culture, c'est du folklore,&lt;/i&gt; poursuit un Caudeville en grande forme caustique. &lt;i&gt;Le folklore, c'est la culture sans le danger de la culture. C'est une vaccine de culture. C'est pas Picasso qui va leur cracher &#224; la gueule. Y a aucun risque. Picasso, on sait que &#231;a rapporte, on fait comme toutes les grandes villes. Et on organise &#231;a au mus&#233;e Rigaud alors qu'on aurait pu faire une expo Rigaud ! Ce n'&#233;tait pas n'importe qui, Rigaud. D&#233;but XVIIIe si&#232;cle, le portraitiste a mis en majest&#233; l'absolutisme royal. Rigaud nous a fait le portrait en pied de Louis XIV alors qu'il &#233;tait Roi-Soleil. C'&#233;tait un propagandiste, c'&#233;tait le Goeb-bels catalan !&lt;/i&gt; &#187; Rires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place Rigaud, derni&#232;re. Fich&#233;e &#224; c&#244;t&#233; d'une agence immobili&#232;re, la galerie d'art Artrial. Local discret et &#233;troit qui a inaugur&#233; le 20 juin l'accrochage de &#171; deux artistes exceptionnels et internationaux : Philippe Dequesne, peintre, est pr&#233;sent en permanence &#224; New York City, &#224; Paris et Bruxelles, tandis que le sculpteur Philippe Gauberti arpente les tapis rouges de Cannes et Meg&#232;ve &#187;. La galerie Artrial ne s'adresse pas aux bourses plates du coin. Au sein d'un environnement de mis&#232;re, elle est un abc&#232;s bourgeois qui fait le pari d'une future mont&#233;e en gamme du quartier. Pas du go&#251;t de Pierre Guyot. Chapeau noir et voix ravaud&#233;e &#224; la Gauldo, l'artiste-peintre tra&#238;ne sa mauvaise humeur. Mais se marre quand m&#234;me : il d&#233;tient une lettre o&#249; Picasso avoue s'&#234;tre foutu de la gueule du monde avec le cubisme. Guyot vit de ses &#339;uvres. Difficilement. Pendant des ann&#233;es, il a &#233;t&#233; &#224; la man&#339;uvre pour faire vivre des galeries ind&#233;pendantes avec des artistes locaux. Il l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;La peinture est maqu&#233;e par le syst&#232;me bancaire. Je me bats dans mon coin et les emmerde superbement. Je leur dois rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Tentative-de-putsch-a-la-place-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tentative de putsch &#224; la place du Puig&lt;/a&gt; &#187; : comment la mairie de Perpignan tente de faire main basse sur le quartier gitan, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;168 (septembre 2018).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, lire &lt;i&gt;Enrichissement. Une critique de la marchandise&lt;/i&gt; de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (Gallimard, f&#233;vrier 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Animateur du site &lt;a href=&#034;http://l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l.archipel.contre-attaque.over-blog.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 10/10/2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des grains de sable dans la m&#233;ga-machine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-grains-de-sable-dans-la-mega</link>
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		<dc:date>2019-12-19T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En 2010 paraissait Divertir pour dominer, critique cinglante de &#171; la culture de masse contre les peuples &#187;. Cette ann&#233;e, un second opus s'en prend aux nouveaux avatars du capitalisme culturel. Parmi les g&#233;ants mondiaux des industries culturelles, on compte Time Warner, Viacom, Walt Disney Company (&#201;tats-Unis), Bertelsmann (Allemagne), Vivendi (France) et Sony Corporation (Japon), auxquels il faut ajouter de nouveaux acteurs issus de l'Internet comme Netflix ou Amazon Prime Video. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no179-septembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;179 (septembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Time-Warner" rel="tag"&gt;Time Warner&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Walt-Disney" rel="tag"&gt;Walt Disney&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Disney-Company" rel="tag"&gt;Disney Company&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sony-Corporation" rel="tag"&gt;Sony Corporation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Prime-Video" rel="tag"&gt;Prime Video&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amazon-Prime" rel="tag"&gt;Amazon Prime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compte-Time" rel="tag"&gt;compte Time&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France-n-est" rel="tag"&gt;France n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/critique" rel="tag"&gt;critique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2010 paraissait &lt;i&gt;Divertir pour dominer&lt;/i&gt;, critique cinglante de &#171; &lt;i&gt;la culture de masse contre les peuples&lt;/i&gt; &#187;. Cette ann&#233;e, un second opus s'en prend aux nouveaux avatars du capitalisme culturel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L220xH340/-1272-8b215.jpg?1782644879' width='220' height='340' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;armi les g&#233;ants mondiaux des industries culturelles, on compte Time Warner, Viacom, Walt Disney Company (&#201;tats-Unis), Bertelsmann (Allemagne), Vivendi (France) et Sony Corporation (Japon), auxquels il faut ajouter de nouveaux acteurs issus de l'Internet comme Netflix ou Amazon Prime Video. Le secteur est ainsi largement domin&#233; par les &#201;tats-Unis, mais la France n'est pas en reste : &#171; &lt;i&gt;Le monde de la culture&lt;/i&gt; [y] &lt;i&gt;p&#232;se plus lourd que l'industrie automobile&lt;/i&gt; &#187;, repr&#233;sente 1,3 million d'emplois (soit le double de cette derni&#232;re) et pr&#232;s de 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le monde de la culture p&#232;se plus lourd que l'industrie automobile &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et personne n'&#233;chappe &#224; ces industries qui g&#233;n&#232;rent du cash et formatent les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, certains ne se r&#233;signent pas &#224; leur domination et se livrent &#224; une critique sans concession de leurs productions. Ainsi, il y a dix ans, un volume collectif intitul&#233;&lt;i&gt; Divertir pour dominer &#8211; La culture de masse contre les peuples &lt;/i&gt;(L'&#201;chapp&#233;e, 2010) s'&#233;tait livr&#233; &#224; un examen roboratif du &#171; lavage de cerveaux &#187; t&#233;l&#233;visuel et de la publicit&#233;. On y trouvait aussi une critique de l'id&#233;ologie sportive et de l'horreur touristique. Le livre se voulait dans le sillage des &#233;crits situationnistes et des analyses de l'&#201;cole de Francfort&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Max Horkheimer, Theodor Adorno, &#171; La production industrielle des biens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Aujourd'hui, un second volume, &lt;i&gt;Divertir pour dominer 2 &lt;/i&gt;(sous la direction de C&#233;dric Biagini et Patrick Marcolini, L'&#201;chapp&#233;e, 2019) &#8211; un &#171; 2 &#187; en forme de clin d'&#339;il ironique aux suites des blockbusters hollywoodiens ? &#8211; s'en prend avec une rare pertinence &#224; de nouveaux sujets : les s&#233;ries, les jeux vid&#233;o, le porno, le consum&#233;risme comme culture, l'art contemporain et l'introduction du virtuel dans l'art et les mus&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le sujet abord&#233;, le plus petit d&#233;nominateur commun de ce volume est la d&#233;nonciation de la posture qui consiste, pour nombre d'intellectuels et de &#171; faiseurs d'opinion &#187;, &#224; voir dans ces formes originales d'ali&#233;nation et de formatage, de nouvelles cat&#233;gories d'une culture populaire qui apporterait son lot de transgression, de subversion, de d&#233;construction, etc., et m&#233;riterait des &#233;tudes savantes sp&#233;cifiques. On retrouve l&#224; la derni&#232;re trahison des clercs qui s'emploient &#224; r&#233;pandre ce &#171; &lt;i&gt;conformisme de la r&#233;bellion qui s'&#233;panouit dans le monde intellectuel, et qui est le meilleur complice de l'ordre &#233;tabli&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Scarpetta, &#171; Pasolini, un r&#233;fractaire exemplaire &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Les auteurs s'emploient &#224; montrer l'inanit&#233; de cette attitude ridicule pour donner une critique sociale renouvel&#233;e de ces productions industrielles&#8230; C'est le premier des grains de sable dans la m&#233;ga-machine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, les multiples tentatives d'&#233;ducation populaire en sont d'autres. Ainsi, le renouveau des universit&#233;s populaires, dans le lointain prolongement d'une tradition initi&#233;e &#224; la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en marge de l'&#339;uvre &#233;ducative du mouvement ouvrier, peut contribuer &#224; enrayer la m&#233;ga-machine. Ainsi l'&lt;a href=&#034;http://Universit&#233;-populaire-de-marseille.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Universit&#233; populaire de Marseille&lt;/a&gt; a prouv&#233; depuis 2013 qu'il &#233;tait possible, sans appel aux institutions ni moyens mat&#233;riels, de proposer un enseignement de qualit&#233; aux antipodes des produits format&#233;s fournis par le march&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'entretien avec Annick Stevens : &#171; Les Universit&#233;s populaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Outre la philosophie, elle aborde l'histoire, la litt&#233;rature, la musicologie et la biologie. Elle met &#224; disposition le contenu de ses cours sous forme de fichiers texte ou vid&#233;o et se prolonge par une collection d'ouvrages&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annick Stevens, Nietzsche, la passion des sommets (2018) ; Aristote, un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un peu d'esprit critique et beaucoup d'huile de coude, il est possible, et recommand&#233;, de mettre de nouveaux grains de sable dans les rouages&#8230; Avis aux amateurs !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Jacquier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/2013/11/le-monde-de-la-culture-pese-plus-lourd-que-lindustrie-automobile-331116&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le monde de la culture p&#232;se plus lourd que l'industrie automobile&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; (07/11/2013) ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/france/la-culture-ce-poids-lourd-de-l-economie-francaise-en-quatre-chiffres-530722.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La culture, ce poids lourd de l'&#233;conomie fran&#231;aise en quatre chiffres&lt;/a&gt; &#187;, LaTribune.fr (27/11/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire Max Horkheimer, Theodor Adorno, &#171; La production industrielle des biens culturels, raison et mystification des masses &#187;, in &lt;i&gt;La dialectique de la Raison &#8211; Fragments philosophiques&lt;/i&gt;, Gallimard, 1974, p. 129-176.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Guy Scarpetta, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/SCARPETTA/13180&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pasolini, un r&#233;fractaire exemplaire&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; (02/2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire l'entretien avec Annick Stevens : &#171; Les Universit&#233;s populaires aujourd'hui : l'exemple de Marseille &#187; dans &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, n&#176; 802 (09/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Annick Stevens, &lt;i&gt;Nietzsche, la passion des sommets&lt;/i&gt; (2018) ; &lt;i&gt;Aristote, un fondateur m&#233;connu&lt;/i&gt; (2019), chez l'Atinoir. &#192; para&#238;tre : Christine Escoffier, &lt;i&gt;Mille ans de r&#233;volte paysanne. Contre le servage et la privatisation des communs&lt;/i&gt; ; Jacques van Helden, &lt;i&gt;Parlez-moi de vos g&#232;nes. M&#233;thodes, d&#233;couvertes et limites de la g&#233;n&#233;tique de la personnalit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui veut la peau des skins ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Qui-veut-la-peau-des-skins</link>
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		<dc:date>2019-10-08T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>skins</dc:subject>
		<dc:subject>skin</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement skin</dc:subject>
		<dc:subject>skinhead</dc:subject>
		<dc:subject>National Front</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement skinhead</dc:subject>
		<dc:subject>style skin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Gildas Lescop, sociologue, auteur d'une th&#232;se sur le mouvement skinhead, qui d&#233;cortique comment a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le clich&#233; skins=nazis. Les faits divers donnent du skinhead une image raciste, li&#233;e au n&#233;o-nazisme, associ&#233;e &#224; des ratonnades. Pourtant &#224; l'origine, ces jeunes prolos britanniques fans de foot &#233;coutent du ska et du rocksteady avec leurs potes jama&#239;cains. Qu'en est-il du mouvement skin &#224; son origine ? La question que je me suis pos&#233;e pour ma th&#232;se, c'est ce glissement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/medias-1347" rel="tag"&gt;m&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/skins" rel="tag"&gt;skins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/skin" rel="tag"&gt;skin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-skin" rel="tag"&gt;mouvement skin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/skinhead" rel="tag"&gt;skinhead&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/National-Front" rel="tag"&gt;National Front&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-skinhead" rel="tag"&gt;mouvement skinhead&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/style-skin" rel="tag"&gt;style skin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Gildas Lescop, sociologue, auteur d'une th&#232;se sur le mouvement skinhead, qui d&#233;cortique comment a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le clich&#233; skins=nazis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3070 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1304.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH317/-1304-ac1e1.jpg?1782740700' width='500' height='317' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait de &#171; The Story of Skinhead &#187; (2016) splendide documentaire de Don Letts sur BBC two / D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les faits divers donnent du skinhead une image raciste, li&#233;e au n&#233;o-nazisme, associ&#233;e &#224; des ratonnades. Pourtant &#224; l'origine, ces jeunes prolos britanniques fans de foot &#233;coutent du ska et du rocksteady avec leurs potes jama&#239;cains. Qu'en est-il du mouvement skin &#224; son origine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je me suis pos&#233;e pour ma th&#232;se, c'est ce glissement d'image, partant d'une sous-culture de jeunes prolos britanniques passionn&#233;s de reggae. Au d&#233;part, le mouvement skin des ann&#233;es 1960 n'est pas politis&#233;. Il proclame son attachement &#224; la classe ouvri&#232;re par son style vestimentaire, esth&#233;tisant un sentiment d'appartenance sociale plut&#244;t qu'une vraie conscience de classe. Les skins sont aussi tr&#232;s influenc&#233;s par la culture noire jama&#239;caine, la musique, l'attitude, la d&#233;gaine de ces fils d'immigr&#233;s qu'ils c&#244;toient dans les m&#234;mes quartiers. Ce mouvement na&#238;t donc de ce m&#233;lange culturel. Symbole de ce m&#233;tissage : la vogue du &lt;i&gt;skinhead reggae &lt;/i&gt;(1969-1971) agit comme un trait d'union entre jeunes noirs et jeunes blancs, jusqu'au virage rasta que prendra la musique jama&#239;caine : les th&#232;mes mystiques et ethnocentr&#233;s vont &#233;loigner les skins. Cette &#233;volution musicale contribue &#224; un essoufflement du mouvement skinhead, par ailleurs vilipend&#233; par les m&#233;dias et surveill&#233; de pr&#232;s par les flics, notamment &#224; cause de la pr&#233;sence massive et tumultueuse des ras&#233;s dans les stades de foot, temples de la culture ouvri&#232;re britannique. Les &lt;i&gt;bobbies &lt;/i&gt;confisquent alors les lacets puis les boots des skins qui se retrouvent en chaussettes dans les stades ! &#202;tre skinhead, &#231;a devient difficile. Sans la bande-son du d&#233;part et du fait d'un look qui attire l'attention de la police, beaucoup passent &#224; autre chose. L'arriv&#233;e du punk permettra aux skins de faire &#224; nouveau parler d'eux. Non plus seulement pour leur violence mais aussi pour les id&#233;es racistes qu'on leur pr&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La violence et l'affirmation patriotique de l'origine, ainsi que le &lt;i&gt;pakibashing&lt;/i&gt;, forment-ils le terreau du nationalisme et de la d&#233;rive raciste ult&#233;rieure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Les m&#233;dias ont beaucoup cogn&#233; sur le mouvement. Apr&#232;s les teddy boys, les mods et les rockers, les skins sont pr&#233;sent&#233;s comme le symbole du d&#233;clin de l'Angleterre, de l'&#233;croulement des valeurs. Politiciens et journaux de droite d&#233;noncent les effets permissifs de l'&#201;tat-providence sur cette jeunesse d&#233;soeuvr&#233;e. Les journaux vendent du papier en d&#233;non&#231;ant leur comportement &#171; animal &#187;, les pr&#233;sentent comme les champions de l'atteinte &#224; l'ordre public &#8211; une vraie cons&#233;cration pour eux ! &#8211; et s'offusquent des violences faites au Pakistanais, le &lt;i&gt;pakibashing&lt;/i&gt;, qui, cependant, n'est pas une pratique g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Mais c'est vrai, certains skins alli&#233;s &#224; des rude boys jama&#239;cains ont agress&#233; des Pakistanais &#224; qui ils reprochaient leur manque d'int&#233;gration, leur mode de vie communautaire ressenti comme une atteinte &#224; la coh&#233;sion du monde ouvrier. C'est vrai aussi que la culture skin est une culture du localisme centr&#233;e sur son quartier, son pub, son &#233;quipe de foot. Et la culture ouvri&#232;re n'est pas toujours exempte de machisme, d'homophobie, d'anti-intellectualisme, de rejet de l'alt&#233;rit&#233;&#8230; Ce &#224; quoi s'ajoute, au sommet, la culture insulaire britannique. Tout cela fait que le skin, au-del&#224; de son amour des rythmes jama&#239;cains, n'est pas plus ouvert sur le monde que nombre de ses compatriotes &#224; l'&#233;poque. Dans les ann&#233;es 1980, la britannicit&#233; affirm&#233;e du mouvement skin va prendre une dimension politique, sous l'influence du &lt;i&gt;National Front &lt;/i&gt;et par m&#233;dias interpos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel r&#244;le ont jou&#233; le &lt;i&gt;National Front &lt;/i&gt;et les m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Fin des ann&#233;es 1970, le &lt;i&gt;National Front &lt;/i&gt;(NF) profite de la crise &#233;conomique pour sortir de son isolement. Il m&#232;ne une campagne de s&#233;duction envers la jeunesse en investissant stades de foot et salles de concert. Le NF tente de recruter des skins pour en faire une troupe de choc en s'appuyant sur leur temp&#233;rament violent et leur veine patriotique. Il fait la promo de groupes de musique tel Skrewdriver pour mieux faire passer ses id&#233;es. Pour le NF, la musique skin n'est qu'un moyen tandis qu'&#224; l'extr&#234;me droite, le style skin se trouve r&#233;duit &#224; un accessoire vestimentaire qui s&#233;duit par son aspect guerrier. Tous les skins ne vont pas devenir nazis mais tous les nazis vont adopter le style skin. Et les m&#233;dias enfoncent le clou. Par un travail de simplification &#8211; tous les skins sont des nazis &#8211; et d'amplification &#8211; en n'accordant d'importance qu'aux naziskins &#8211;, les m&#233;dias participent directement &#224; la construction et &#224; l'exportation en Europe du ph&#233;nom&#232;ne naziskin. Figure repoussoir id&#233;ale et par ailleurs inauthentique, frauduleuse, l'image du naziskin &#171; b&#234;te et m&#233;chant &#187; s'ancre d&#232;s lors dans l'imaginaire collectif, au travers de nombre de romans, s&#233;ries, films, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais l'extr&#234;me droite va aussi l&#226;cher les skins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;En Angleterre, le NF qui veut se pr&#233;senter comme &#171; le parti de l'ordre &#187; s'aper&#231;oit vite que les skins recrut&#233;s sont partout source de d&#233;sordre. D'autant que beaucoup de skins qui s'affirment nazis le sont souvent plus par provocation que par conviction. Comme le FN en France plus tard, le NF va s'en d&#233;faire, poussant les naziskins &#171; purs et durs &#187; &#224; s'autonomiser, &#224; monter leurs propres r&#233;seaux. Le NF ne se cantonnera pas au milieu skin et utilisera toujours la musique (rock, m&#233;tal et m&#234;me rap) comme vecteur de son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il aujourd'hui du skinhead et de son image ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;On assiste plut&#244;t &#224; un recentrage du mouvement skinhead, au retour du skinhead traditionnel et &#224; une rectification d'image port&#233;e par un film comme &lt;i&gt;This Is England &lt;/i&gt;ou le roman de John King &lt;i&gt;Skinhead&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, d&#233;barrass&#233; des croix gamm&#233;es, la figure du skin se trouve progressivement r&#233;int&#233;gr&#233;e dans la mode et la pop culture avec des marques comme Dr Marten's ou Fred Perry qui pour assoir leur &lt;i&gt;street credibility &lt;/i&gt;associent leur image &#224; celle du skin. M&#234;me strat&#233;gie avec le clip du morceau &lt;i&gt;Flawless &lt;/i&gt;de Beyonc&#233;. Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; qui a toujours besoin de se d&#233;signer des ennemis s'est trouv&#233;e une autre figure repoussoir en la personne de l'islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Nicolas De La Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rap et politique, l'idylle impossible</title>
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		<dc:date>2019-09-03T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cerna, Cizif</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Absolute Negative</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Cerna et Cizif, ce sont deux rappeurs hors des circuits commerciaux, qui pratiquent leur musique en toute ind&#233;pendance. Cizif est membre du groupe Dialectik Musik et vient de sortir le projet Le Bousier . Cerna a quand &#224; lui sorti son premier album Sur Terre en 2015 . Bref, des passionn&#233;s qui interrogent ici le rapport entre leur pratique et la sph&#232;re politique radicale. *** Cizif : &#171; Le rap, c'est d'la merde, le rap, c'est ma vie... &#187; &#171; &#199;a fait des lustres que je n'ai pas &#233;crit autre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rap-n-en" rel="tag"&gt;rap n'en&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH257/-1222-afc2b.jpg?1782961978' width='500' height='257' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Absolute Negative
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;erna et Cizif, ce sont deux rappeurs hors des circuits commerciaux, qui pratiquent leur musique en toute ind&#233;pendance. Cizif est membre du groupe Dialectik Musik et vient de sortir le projet Le Bousier &lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Album disponible, ainsi que toute sa discographie sur Mix-down.net.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cerna a quand &#224; lui sorti son premier album &lt;i&gt;Sur Terre&lt;/i&gt; en 2015 &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut guetter ses clips NRBC et Sans rem&#232;de sur YouTube.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Bref, des passionn&#233;s qui interrogent ici le rapport entre leur pratique et la sph&#232;re politique radicale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cizif : &#171; Le rap, c'est d'la merde, le rap, c'est ma vie... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;&#171; &#199;&lt;/petitelettrine&gt;a fait des lustres que je n'ai pas &#233;crit autre chose que des textes de rap. J'ai arr&#234;t&#233; de r&#233;diger des textes politiques au moment o&#249; j'ai d&#233;finitivement d&#233;sesp&#233;r&#233; de l'action militante, aussi radicale soit-elle. Cependant je n'attends plus rien du rap, lequel a &#233;t&#233; dig&#233;r&#233; par l'industrie de la culture. J'aurais m&#234;me tendance &#224; dire qu'il se situe de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant&lt;/strong&gt;, le rap est au centre de ma vie depuis bient&#244;t vingt ans, notamment pour ce qu'il contient de &#8220;subversif&#8221;. Parce qu'il m'a rendu possible une forme d'expression politique qui me &lt;i&gt;touche&lt;/i&gt;. En m&#234;me temps il correspond aussi &#224; ma frustration de ne pas savoir comment changer les choses. Il comble le vide, il est ersatz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ado&lt;/strong&gt;, je pensais qu'on pouvait agir sur le monde dans une perspective r&#233;volutionnaire en faisant du rap. En bon puriste je voulais combattre sa commercialisation et revenir &#224; ses &#8220;vrais valeurs&#8221; hip-hop &#8211; selon le fameux &#171; &lt;i&gt;keep it real&lt;/i&gt; &#187;. Le &#8220;vrai&#8221; rap ne correspondait en r&#233;alit&#233; qu'&#224; ce que j'y projetais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rap est n&#233; mort-vivant&lt;/strong&gt;. D&#232;s le d&#233;part intrins&#232;quement commercialisable, il a toujours servi de soupape et transmis des normes compatibles avec la soci&#233;t&#233; marchande &#8211; &#224; travers l'approche festive et le culte de la comp&#233;tition notamment &#8211; tout en d&#233;gageant des espaces de vie s'articulant dans une certaine opposition &#224; la culture dominante. Le rap pose la question de la contre-culture, qui intervient l&#224; o&#249; la perspective r&#233;volutionnaire se dissout. Elle est simultan&#233;ment le lieu o&#249; r&#233;siste ce qui vit encore et la tombe o&#249; gisent les d&#233;pouilles des mouvements de lutte d&#233;funts. Pour moi, c'est le sensible qui constitue l'aspect subversif du rap, bien plus que le degr&#233; de radicalit&#233; de ses discours. Ce n'est pas juste un genre de musique que l'on pratique, c'est quelque chose qui &lt;i&gt;se vit&lt;/i&gt;. Il y a deux dimensions : l'approche introspective, sorte d'autoth&#233;rapie exutoire, et la cr&#233;ation de communs, d'espaces publics de communication sensible. Sur les deux plans le sujet peut se formuler ainsi : comment trouver du plaisir dans un univers moribond ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rap &lt;/strong&gt; se d&#233;finissant comme r&#233;volutionnaire est, depuis Public Enemy, un ph&#233;nom&#232;ne marginal. Il s'est d'ailleurs r&#233;pandu tardivement dans les milieux radicaux. Quand on a commenc&#233; &#224; faire des concerts dans les squats, on &#233;tait souvent les seuls. Maintenant il y a en France un v&#233;ritable milieu rap militant, sorte de pendant radicalis&#233; du rap conscient, dans lequel je ne me reconnais pas. Je pr&#233;f&#232;re un bon morceau de&lt;i&gt; gangsta rap &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-genre du hip-hop ayant &#233;merg&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980 aux &#201;tats-Unis. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#224; un morceau de rap militant pourri. D'abord parce que la description d'un quotidien affreux m'affecte plus que la juxtaposition rim&#233;e de slogans, d'autre part parce que je trouve le rap militant g&#233;n&#233;ralement fade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Dialectik Muzik&lt;/strong&gt;, il nous semblait &#233;vident de faire du rap gratuit. Nous rappons pour le plaisir, pour nous, pour les copains, pour cracher la merde&#8230; Nous avons m&#234;me arr&#234;t&#233; les concerts &#224; une &#233;poque en voyant que la gratuit&#233; ne suffisait pas &#224; emp&#234;cher que notre musique soit &lt;i&gt;consomm&#233;e&lt;/i&gt;. Nous avons recommenc&#233; puis trouv&#233; des complices autour de la plate forme Mix-Down Production. Une dynamique commune s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; travers des &lt;i&gt;mix-tapes&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;open-mics&lt;/i&gt;, des concerts et autres&lt;i&gt; freestyles&lt;/i&gt;. Nous partageons l'amour d'un rap qui vient des tripes et la haine d'un monde qui nous d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'oscille toujours&lt;/strong&gt; entre le m&#233;pris pour mon r&#244;le de rappeur et le besoin de m'accrocher &#224; ce vieux fusil us&#233; que je me tend &#224; moi-m&#234;me et qui me permet de ne pas couler... Parce qu'il me fait du bien. Le rap est un fruit pourri des &#233;checs r&#233;volutionnaires, un repli sur la contre-culture qui s'est tr&#232;s bien int&#233;gr&#233; &#224; la culture dominante. Il y en a pour tous les go&#251;ts, comme sur Netflix, jusqu'&#224; la marchandise pour les petits rebelles. Le rap ne change rien &lt;i&gt;&#224; la&lt;/i&gt; merditude, mais en m&#234;me temps qu'il la renforce, il offre aussi &#224; d'innombrables personnes un exutoire, un semblant de sens. Ce n'est pas rien &lt;i&gt;dans &lt;/i&gt;la merditude&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cerna : &#171; Toujours &#231;a de pris pour cette voix qu'on n'aurait jamais d&#251; entendre &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;&#171; J&lt;/petitelettrine&gt;'ai beau faire du rap &#233;tiquet&#233; &#8220;conscient&#8221;, je n'en ai jamais attendu grand-chose au niveau politique. Ni en tant qu'auditeur ni en tant que rappeur, je n'ai jamais cru qu'on puisse changer le monde avec de la musique. Encore moins qu'une musique &#8220;alternative&#8221; puisse exister hors le monde, et tout ce qui va avec en termes de domination, marchandisation, idol&#226;trie&#8230; &#192; vrai dire, je n'aime pas le concept d'avant-garde. Les proph&#232;tes et les grands gourous, on en a soup&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma rencontre&lt;/strong&gt; avec le hip-hop date de bien avant mes premiers engagements politiques, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; le quartier o&#249; j'ai grandi, St-Blaise (Paris, 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;). Nos textes n'&#233;taient pas moins contestataires que la bande-son de l'&#233;poque, mais notre r&#233;volution &#224; nous &#233;tait avant tout musicale et po&#233;tique. Pour moi, la politisation s'est jou&#233;e apr&#232;s, et dans d'autres espaces (contre-sommets, squats&#8230;), des milieux alors herm&#233;tiques &#224; mon courant musical. Cette indiff&#233;rence, je m'en accommodais tr&#232;s bien : ne pas investir mon rapport au rap de trop de consid&#233;ration politique, c'&#233;tait une fa&#231;on de tenir mon kif &#224; l'abri des jugements d&#233;finitifs que j'entendais dans les milieux politis&#233;s. C'&#233;tait aussi un bras d'honneur &#224; cette injonction qui nous &#233;tait faite partout de r&#233;pondre aux crit&#232;res et exigences des non-initi&#233;s pour se voir accorder un tant soit peu de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt;, pas mal de choses ont chang&#233; dans la fa&#231;on dont s'entrem&#234;lent rap et politique dans ma vie. Apr&#232;s les &#233;meutes de 2005, les questions politiques et sociales li&#233;es aux quartiers populaires se sont petit &#224; petit impos&#233;es &#224; l'ordre du jour, port&#233;es en partie par une g&#233;n&#233;ration qui a grandi avec le rap pour bande-son. Au d&#233;but, on en blaguait en mode &#8220;le milieu fait les yeux doux au rap pour s'acheter une street-cr&#233;dibilit&#233;&#8221;, mais j'ai vite pig&#233; que c'&#233;tait du s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les plan&#232;tes&lt;/strong&gt; s'alignaient enfin. Ces espaces o&#249; nous tenions nos assembl&#233;es pouvaient aussi accueillir ateliers d'&#233;criture, &lt;i&gt;open-mics &lt;/i&gt;et concerts ! Sans &#231;a, je crois que j'aurais arr&#234;t&#233; la musique depuis longtemps. J'ai rencontr&#233; des complices et un auditoire, ce qui m'a donn&#233; une finalit&#233; et plus d'exigence, dans un cadre pas (trop) oppressif, pas (trop) spectaculaire, pas marchand du tout et en soutien &#224; de justes causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &lt;i&gt;blocks parties&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire page III de ce dossier, &#171; Premiers brasiers &#187;, CQFD n&#176;176, mai 2019.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; originelles &#224; nos&lt;i&gt; open-mics&lt;/i&gt; sans fin, une certaine histoire se boucle peut-&#234;tre. Bien que devenu une culture mondiale et un &#233;norme march&#233;, le rap n'en reste pas moins une musique de pirates, avec ses instrumentaux qui agglom&#232;rent des boucles musicales pill&#233;es un peu partout, et sa culture&lt;i&gt; do it yourself&lt;/i&gt;. Pour rapper, il ne faut qu'une voix et une instru, et pour &#233;crire un stylo et du papier. Ni solf&#232;ge ni instrument : difficile d'imaginer une pratique musicale plus partageable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni plus solitaire&lt;/strong&gt;. Un texte de rap s'&#233;crit et s'interpr&#232;te seul, &#224; la premi&#232;re personne la plupart du temps &#8211; &lt;i&gt;dans son d&#233;lire&lt;/i&gt;. On se met plus volontiers &#224; nu quand on est face &#224; soi. Le moment de gr&#226;ce, c'est quand cette subjectivit&#233; rencontre son public. Rapper, &#231;a n'est jamais que tenter de fabriquer du commun &#224; partir de nos solitudes et s&#233;parations et du beau avec nos stigmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est en jeu&lt;/strong&gt;, c'est &#224; la fois le&lt;i&gt; je&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt;concerne et l'alt&#233;rit&#233; qui &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; convoque. Qui parle fort et exige r&#233;paration. Qui en arrache d&#233;j&#224; une, symbolique, en obtenant la parole et l'&#233;coute de l'assembl&#233;e. Toujours &#231;a de pris pour cette voix qu'on n'aurait jamais d&#251; entendre. Quelques complicit&#233;s se tissent, quelques lignes s'ajoutent &#224; notre liste de griefs contre ce monde et quelques poings se l&#232;vent. Le micro tourne, l'&lt;i&gt;open-mic&lt;/i&gt; est mondial. Le rap n'en finit pas d'&#234;tre renouvel&#233; de fond en comble par ses marges, innombrables. Je ne sais pas si c'est politique, mais c'est bouleversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si la grande erreur&lt;/strong&gt; des rappeurs conscients &#233;tait d'avoir voulu mettre la po&#233;sie au service de la r&#233;volution quand il fallait mettre la r&#233;volution au service de la po&#233;sie ?&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hommage, plagiat ou d&#233;tournement d'un certain Guy Debord, je vous laisse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Album disponible, ainsi que toute sa discographie sur &lt;a href=&#034;http://mix-down.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mix-down.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut guetter ses clips &lt;a href=&#034;https://youtu.be/oKaPXklJuog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;NRBC&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/BB2bRAXmarc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sans rem&#232;de&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sous-genre du hip-hop ayant &#233;merg&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980 aux &#201;tats-Unis. Il fut notamment v&#233;hicul&#233; par des artistes comme Dr. Dre, Tupac et Snoop Dogg, avec des clips souvent remplis d'argent, d'armes et de femmes-objets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire page III de ce dossier, &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Rap-premiers-brasiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Premiers brasiers&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; n&#176;176, mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hommage, plagiat ou d&#233;tournement d'un certain Guy Debord, je vous laisse seul.e.s juges.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire... du monde parall&#232;le de Nicolas Demorand ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-du</link>
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		<dc:date>2019-08-12T03:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas</dc:subject>
		<dc:subject>brancher l'auto-radio</dc:subject>
		<dc:subject>Hillary Clinton</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>
		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
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		<dc:subject>fader Rire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Certains soirs, en rentrant de l'usine, il arrive qu'on soit trop fatigu&#233; pour brancher l'auto-radio sur France Culture. Mais pas non plus assez abruti pour se fader Rire et Chansons. Cet &#233;tat de semi-conscience peut conduire &#224; &#233;chouer sur les ondes de France Inter. Et sur Le t&#233;l&#233;phone sonne, l'&#233;mission &#171; pionni&#232;re de l'interactivit&#233; &#187; anim&#233;e par Nicolas Demorand. Et l&#224;, c'est un coup &#224; tomber dans un univers parall&#232;le, o&#249; le monde r&#233;el dispara&#238;t pour devenir tel que l'imagine l'animateur. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France-Culture" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas" rel="tag"&gt;Nicolas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/brancher-l-auto-radio" rel="tag"&gt;brancher l'auto-radio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hillary-Clinton" rel="tag"&gt;Hillary Clinton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Demorand" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clinton" rel="tag"&gt;Clinton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fader-Rire" rel="tag"&gt;fader Rire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;ertains soirs, en rentrant de l'usine, il arrive qu'on soit trop fatigu&#233; pour brancher l'auto-radio sur France Culture. Mais pas non plus assez abruti pour se fader Rire et Chansons. Cet &#233;tat de semi-conscience peut conduire &#224; &#233;chouer sur les ondes de France Inter. Et sur &lt;i&gt;Le t&#233;l&#233;phone sonne&lt;/i&gt;, l'&#233;mission &lt;i&gt;&#171; pionni&#232;re de l'interactivit&#233; &#187; &lt;/i&gt;anim&#233;e par Nicolas Demorand. Et l&#224;, c'est un coup &#224; tomber dans un univers parall&#232;le, o&#249; le monde r&#233;el dispara&#238;t pour devenir tel que l'imagine l'animateur. Vous avez pens&#233;, &#224; un moment donn&#233;, que le Royaume-Uni ne sortirait pas de l'Europe ? C'est la faute &#224; Nicolas. Vous &#233;tiez persuad&#233;e qu'Hillary Clinton allait s'installer &#224; la Maison Blanche ? C'est encore la faute &#224; Demorand. Ce gars passe la plupart de son temps &#224; mystifier ses auditeurs, &#224; les persuader que ses souhaits vont devenir r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La preuve ? &lt;/strong&gt;Il suffit de r&#233;&#233;couter l'&#233;mission qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le Brexit (&#171; Brexit or not Brexit &#187;, 23 juin 2016) et, surtout, celle diffus&#233;e la veille de la victoire de Donald Trump (&#171; Election day today &#187;, le 8 novembre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 23 juin 2016, &lt;/strong&gt;jour du r&#233;f&#233;rendum pour la sortie du Royaume-Uni de l'Europe. Les r&#233;sultats ne sont pas encore connus. Apr&#232;s vingt minutes d'&#233;mission diffus&#233;e pour l'occasion depuis Londres, l'un des invit&#233;s &#8211; tous sont pour le maintien dans l'Union &#8211; finit par craquer : &lt;i&gt;&#171; Je vais vous dire, je pense qu'on se pause des questions inutiles. Les Anglais vont rester. &#187; &lt;/i&gt;Quelques instants plus tard, c'est Dominique Grive, d&#233;put&#233; conservateur britannique, qui affirme : &lt;i&gt;&#171; 70 % des jeunes de moins de 30 ans vont certainement voter pour rester. &#187; &lt;/i&gt;Or, selon les premiers r&#233;sultats, la majorit&#233; des jeunes se sont abstenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On retrouve les m&#234;mes &lt;/strong&gt;pr&#233;dictions erron&#233;es &#8211; en pire &#8211; dans l'&#233;mission du soir des &#233;lections am&#233;ricaines. D'abord, Nicolas Demorand et ses invit&#233;s ont int&#233;gr&#233; &#224; ce point le bipartisme qu'ils s'embrouillent honteusement sur le nombre de candidats en lice : &lt;i&gt;&#171; Il y a quatre candidats&#8230; &#8211; Trois&#8230; &#8211; Trois, pardon&#8230; &#8211; Non, quatre. &#8211; Quatre&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Puis, au fil de la discussion, &lt;/strong&gt;ils &#233;changent gaiement, comme si l'affaire &#233;tait pli&#233;e. Acquise. Hillary Clinton est install&#233;e &#224; la t&#234;te de la premi&#232;re puissance mondiale. Et George Ugeux, PDG d'une banque d'affaires internationale &#224; New York, d'affirmer : &lt;i&gt;&#171; Le monde des Clinton est un monde pas clair. J'esp&#232;re que la pr&#233;sidence l'am&#232;nera &#224; faire autre chose. Et nous devons &#234;tre vigilant pour ne pas la laisser faire n'importe quoi. &#187; un &lt;/i&gt;autre invit&#233; interroge le m&#234;me Ugeux : &lt;i&gt;&#171; Si Hillary Clinton est &#233;lue, que lui conseillerez- vous ? &#8211; Je lui dirai : &#8220;Ne sois pas na&#239;ve.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;En tout cas, &lt;/strong&gt;lui n'aurait pas d&#251; croire na&#239;vement les sondages en faveur de sa favorite. Mais le bougre ne l&#226;che rien, et poursuit : &lt;i&gt;&#171; Nous allons vers une continuit&#233;, car Hillary Clinton, ayant &#233;t&#233; ministre des Affaires &#233;trang&#232;res pendant quatre ans d'Obama, est dans une ligne qui fait que nous n'allons pas avoir d'&#233;normes changements de politique. &#187; &lt;/i&gt;Et le m&#234;me d'insister : &lt;i&gt;&#171; Nous allons avoir une Pr&#233;sidente des &#201;tats-Unis qui a &#233;t&#233; ministre. &#187; &lt;/i&gt;Au matin, la casquette de plomb trumpesque, on la doit &#224; Nicolas. Pas le marchand de vin qui nous bourre la gueule. Mais le &#171; journaliste &#187;. Qui nous bourre le mou.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Legars&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du dossier &#034;Mauvaises Langues&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-dossier-Mauvaises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Breves-du-dossier-Mauvaises</guid>
		<dc:date>2018-07-28T09:23:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke, Bruno Le Dantec, Julia Zortea, L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>langues</dc:subject>
		<dc:subject>langue turque</dc:subject>
		<dc:subject>Pasolini</dc:subject>
		<dc:subject>Langue vulgaire</dc:subject>
		<dc:subject>langues vulgaires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Baleini&#233; Vous connaissez Le Baleini&#233;, dictionnaire des tracas (&#233;ditions Points), cet admirable petit lexique de n&#233;ologismes invent&#233;s par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Gr&#233;goire Oestermann pour nommer diff&#233;rents d&#233;sagr&#233;ments de la vie quotidienne ? Deux exemples : &#171; Plute : prix oubli&#233; sur un cadeau &#187; ou &#171; D&#233;dz&#233;zer : songer qu'il est temps d'arr&#234;ter sa sieste &#187;. D'autres mots sont apparus de mani&#232;re incontr&#244;l&#233;e par l'Acad&#233;mie, comme ce magnifique verbe : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langues" rel="tag"&gt;langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue-turque" rel="tag"&gt;langue turque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pasolini" rel="tag"&gt;Pasolini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Langue-vulgaire" rel="tag"&gt;Langue vulgaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langues-vulgaires" rel="tag"&gt;langues vulgaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH103/-780-82dbc.jpg?1782679841' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Baleini&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vous connaissez &lt;i&gt;Le Baleini&#233;, dictionnaire des tracas&lt;/i&gt; (&#233;ditions Points), cet admirable petit lexique de n&#233;ologismes invent&#233;s par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Gr&#233;goire Oestermann pour nommer diff&#233;rents d&#233;sagr&#233;ments de la vie quotidienne ? Deux exemples : &#171; &lt;i&gt;Plute : prix oubli&#233; sur un cadeau&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;D&#233;dz&#233;zer : songer qu'il est temps d'arr&#234;ter sa sieste&lt;/i&gt; &#187;. D'autres mots sont apparus de mani&#232;re incontr&#244;l&#233;e par l'Acad&#233;mie, comme ce magnifique verbe : &#171; &lt;i&gt;Procraf&#233;inier : remettre une d&#233;cision ou l'ex&#233;cution de quelque chose apr&#232;s avoir pris son caf&#233;&lt;/i&gt; &#187;. A &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et parmi nos proches, nous avons r&#233;colt&#233; les mots invent&#233;s que nous utilisons quotidiennement. En voil&#224; une s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accumoncellement :&lt;/strong&gt; accumulation et amoncellement r&#233;unis. Ce qui fait beaucoup !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abstrut :&lt;/strong&gt; (n.m.) passage de texte qu'on comprend pas bien ce qu'il veut dire. (adj.) Qui pourrait &#234;tre clarifi&#233; ou pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abolixer :&lt;/strong&gt; feindre de conna&#238;tre le latin quand on ne l'a crois&#233; que par la lecture d'Ast&#233;rix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barkolover :&lt;/strong&gt; tenter d'exposer une id&#233;e scientifique ou politique compliqu&#233;e en &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233; avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bleau :&lt;/strong&gt; judicieuse contraction des mots &#171; beau &#187; et &#171; bleue &#187; car dire &#171; beau bleue &#187;, c'est pas facile. Ex : &#171; &lt;i&gt;T'as de bleaux yeux tu sais ?&lt;/i&gt; &#187; Variante : &#171; &lt;i&gt;Les gars, sortez vos tonfas, on va leur coller des gros bleaux !&lt;/i&gt; &#187; (Adjudant CRS Petipapon &#224; ses hommes, peu avant d'aller s&#233;curiser une manif lyc&#233;enne.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouchoum-bouchoum (&#234;tre)&lt;/strong&gt; : m&#233;lange de &#171; &lt;i&gt;je ne suis pas dans mon assiette&lt;/i&gt; &#187; et de &#171; &lt;i&gt;je suis un peu triste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chamchater&lt;/strong&gt; : (&#233;tym. arabe libyen) signifie taxer, gratter quelque chose &#224; quelqu'un. Un chamchatte est un gratteur, un taxeur (de clopes, de briquet, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chkarkay&lt;/strong&gt; : Petits r&#233;sidus secs accumul&#233;s autour des yeux au r&#233;veil, compos&#233;s de liquide lacrymal, de mucus, de poussi&#232;res et de cellules mortes, autrement appel&#233;s &#171; cacas d'&#339;il &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Descriner (se) (variante : se descriner la gueule)&lt;/strong&gt; : (verbe intr.) Chute d'un pi&#233;ton plus occup&#233; &#224; mater l'&#233;cran de son smartphone qu'&#224; regarder o&#249; il marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;baroulades, d&#233;barouler :&lt;/strong&gt; faire des roulades sur des pentes herbeuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Draculiser (se faire) :&lt;/strong&gt; se faire ridiculiser par un vampire. (usage plut&#244;t rare).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire le &#171; mari pourri &#187; (prononcer avec l'accent anglais &#171; mawoui pouwoui &#187;) :&lt;/strong&gt; d&#233;signe un compagnon qui trompe sa femme et lui ment, qui abandonne sa famille, qui ne veut pas partager les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#233;lobre :&lt;/strong&gt; &#224; prononcer av&#233; l'accent, &#231;a veut juste dire raide ou bourr&#233;. Ex : &#171; &lt;i&gt;Ouah putaing, je suis compl&#232;tement f&#233;lobre ! &lt;/i&gt; &#187; Usage limit&#233; &#224; une petite ethnie affinitaire dans la r&#233;gion de Montpellier dans les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Foutard (&#234;tre en) &lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Je suis en retard, mais je m'en fous !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grenotter&lt;/strong&gt; : grogner, r&#226;ler mais pas trop fort quand m&#234;me, juste pour exprimer un petit d&#233;sagr&#233;ment. S'utilise en particulier pour les b&#233;b&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moutte (n. f.) :&lt;/strong&gt; se dit de l'&#233;tat naus&#233;eux post-cuite qui monte progressivement tout au long de la journ&#233;e. Ex : &#171; &lt;i&gt;Je savais pas ce qu'il y avait avec ce rhum de la veille, mais j'avais une de ces mouttes ce jour-l&#224; ! &lt;/i&gt; &#187; (Capitaine Haddock, &lt;i&gt;De quoi Tintin est-il le nom ?&lt;/i&gt;, &#233;d. Libertalia, 1999)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panach&#233; :&lt;/strong&gt; nom d&#233;signant une personne m&#233;tiss&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Ma fille, c'est une petite panach&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pantoufle :&lt;/strong&gt; le mec ou la nana avec qui l'on reste en couple par flemme de changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire du spoute :&lt;/strong&gt; c'est quand t'as envie de faire du sport, &#233;ventuellement un foot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strainss :&lt;/strong&gt; angoisse irrationnelle de rater le d&#233;part de son train qui oblige le voyageur &#224; se pr&#233;senter tr&#232;s en avance et en sueur &#224; la gare tout ayant oubli&#233; son billet ou ses enfants &#224; la maison. Ex : &#171; &lt;i&gt;J'avais tellement le strainss que j'ai pris le train de la veille.&lt;/i&gt; &#187; (Ma m&#232;re, &lt;i&gt;Texto &#224; mon fils&lt;/i&gt;, &#233;d. des Familles, 2016)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Super-zu :&lt;/strong&gt; un mec qui fait tout tr&#232;s bien mais qui est du coup tr&#232;s chiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Textaver :&lt;/strong&gt; envoyer &#224; une heure indue, dans un &#233;tat inappropri&#233;, un SMS inadapt&#233; &#224; la mauvaise personne. Ex : &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ois, j'ai fait une connerie : cette nuit j'ai textav&#233; Myriam en lui disant qu'elle est &#8220;la plus lib&#233;rale des plus lib&#233;rales de ses copines.&#8221; Et depuis, elle me regarde bizarre.&lt;/i&gt; &#187; (Manuel V. )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;daction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Colonialisme : Comment dicter sa loi aux indig&#232;nes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1900, le bon Louis Machuel, directeur honoraire de l'Enseignement public en Tunisie et inspecteur g&#233;n&#233;ral honoraire de l'Universit&#233;, publiait chez Armand Colin&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les domaines agricoles que Machuel et Colin poss&#233;daient pr&#232;s de Tunis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; un opus au titre ambigu : &lt;i&gt;L'Arabe sans Ma&#238;tre&lt;/i&gt;. Pour qui aurait cru &#224; un pamphlet &#224; la Frantz Fanon, le sous-titre en page de garde dissipe tout malentendu : il s'agit d'un Guide de conversation arabe &#224; l'usage des colons, des militaires et des voyageurs. &#171; &lt;i&gt;Un petit livre de poche permettant&lt;/i&gt; [&#224; nos compatriotes] &lt;i&gt;d'arriver &#224; &#233;changer quelques mots avec les indig&#232;nes&lt;/i&gt; &#187;, clarifie l'avant-propos. Comment ? En transcrivant phon&#233;tiquement l'arabe dialectal en caract&#232;res latins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le chapitre X, &#171; &lt;i&gt;Conjugaison de certains verbes d'un usage fr&#233;quent, expressions diverses&lt;/i&gt; &#187;, on p&#233;n&#232;tre au c&#339;ur de l'&#233;poque. &#171; &lt;i&gt;Le verbe z&#226;d suivi d'un autre verbe traduit le mot encore.&lt;/i&gt; &#187; Phrases pratiques : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi n'avez-vous pas encore moissonn&#233; ce bl&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Il ne veut plus travailler&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Nous ne pouvons plus vous laisser entrer dans notre propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Plus loin, &#171; l&lt;i&gt;'id&#233;e de &#8220;faire faire&#8221; peut se rendre aussi &#224; l'aide du verbe amer, ordonner&lt;/i&gt; &#187;. Exemple : &#171; &lt;i&gt;Le ca&#239;d fit mettre le voleur en prison.&lt;/i&gt; &#187; Pour illustrer l'id&#233;e de r&#233;ciprocit&#233;, trois propositions posent l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;Ils se sont frapp&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Ils se sont entretu&#233;s&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et, finalement, &#171; I&lt;i&gt;ls se sont rencontr&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au chapitre XV, &#171; &lt;i&gt;Conversations simples&lt;/i&gt; &#187;, le lecteur est mis en situation : &#171; &lt;i&gt;Mohamed, va me chercher des ouvriers dans le dou&#226;r. Am&#232;ne six ouvriers, je leur donnerai 2&#8239;piastres par jour. Choisis des hommes travailleurs et tranquilles.&lt;/i&gt; &#187; Puis, Machuel imagine cet &#233;difiant dialogue : &#171; &#8211; &lt;i&gt;Ali, combien as-tu de journ&#233;es ? &#8211; Je ne sais pas, monsieur, c'est toi qui inscris. Nous autres, Arabes, nous ne savons pas compter. &#8211; Je te dois 22 journ&#233;es &#224; 2 piastres, cela fait 44 piastres ou 26 francs 40 centimes. Je t'ai avanc&#233; 22 frs. Il te reste donc 4 frs 40. Les voici. &#8211; C'est bien, monsieur. Merci. &#8211; Compte bien pour ne pas me dire ensuite que je ne t'ai pas donn&#233; ce qui te revient. &#8211; Non, monsieur, vous en &#234;tes incapable. Vous &#234;tes un homme de bien ; vous ne voudriez pas faire de tort aux gens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis la mentalit&#233; coloniale et les monnaies qui n'ont plus cours, ce langage n'est pas si martien : il colle de fa&#231;on troublante &#224; l'article 2 de l'actuelle loi Travail sur les n&#233;gociations d'entreprise&#8230; Mais Sidi Machuel n'&#233;tant plus de ce monde, il ne pourra pas poser la question &#224; un million de piastres : de quoi la loi El Khomri est-elle le nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Le Dantec.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/-779-d13f3.jpg?1782639244' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes sur &lt;i&gt;La Langue vulgaire&lt;/i&gt; de Pasolini : S'&#233;teindre pour se rallumer vers la fin des cr&#233;puscules&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 21 octobre 1975, une dizaine de jours avant d'&#234;tre sauvagement assassin&#233; sur la plage d'Ostie, Pier Paolo Pasolini se trouvait dans les Pouilles, &#224; Lecce. Invit&#233; par un groupe d'enseignants pour discuter des rapports entre les &lt;i&gt;dialetti&lt;/i&gt; et l'&#233;cole, il rage &#8211; comme dans ses &lt;i&gt;&#201;crits corsaires&lt;/i&gt; et ses &lt;i&gt;Lettres luth&#233;riennes&lt;/i&gt; &#8211; contre la tragique disparition des lucioles&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La luciole est l'image po&#233;tique de la r&#233;sistance erratique, de la joie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; dans l'aveuglante lumi&#232;re des projecteurs. &lt;i&gt;Volgar'eloquio&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Langue vulgaire, &#201;ditions La Lenteur, 2013. Pasolini &#8211;&#8239;mort trop t&#244;t &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; est la fid&#232;le retranscription de cet &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les lecteurs fran&#231;ais qui, pour la plupart, n'ont que peu go&#251;t&#233; aux dialectes et &#224; leurs cultures, nous noterons que l'Italie est autre. Point de r&#233;volution unificatrice et uniformisante, comparable &#224; ce que la France a connu. La standardisation culturelle s'est en effet op&#233;r&#233;e &#224; travers l'&#233;mergence de la soci&#233;t&#233; de consommation. Pour Pasolini, les ann&#233;es 70 marquent une v&#233;ritable rupture anthropologique caract&#233;ris&#233;e par l'entr&#233;e des dialectes et de leur monde dans l'&#232;re de la survivance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic de Pasolini est cinglant. On ne peut plus, nous dit-il, penser les langues vulgaires comme on le faisait dans les ann&#233;es 60 &#8211; dans une soci&#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;cl&#233;ricale-fasciste&lt;/i&gt; &#187; dont le pouvoir centralis&#233; reposait uniquement sur la r&#233;pression. Avant le tournant des ann&#233;es 70, il existait une culture pluraliste en Italie, une culture romaine, une culture sicilienne, napolitaine, frioulane ou encore pi&#233;montaise. &#171; &lt;i&gt;La culture italienne &#233;tait ni plus ni moins qu'une abstraction, c'&#233;tait une culture impos&#233;e par le haut, par les Pi&#233;montais avec l'Unit&#233; nationale&lt;/i&gt; &#187;. Le florentin, pourtant &#233;lu &#171; &lt;i&gt;langue totalitaire et totalisante&lt;/i&gt; &#187; n'a pas du tout pollu&#233; &#8211; &#171; &lt;i&gt;voil&#224;, c'est le mot&lt;/i&gt; &#187; &#8211; les &lt;i&gt;dialetti,&lt;/i&gt; c&#339;urs battants des cultures populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, Pasolini semble cat&#233;gorique : les langues vulgaires sont &#171; &lt;i&gt;destin&#233;es &#224; n'&#234;tre plus&lt;/i&gt; &#187;. Condamn&#233;es &#224; la survivance, tu&#233;es, &#224; petit feu, par la culture de masse, par la soci&#233;t&#233; de consommation et le d&#233;veloppement de ses instruments de diffusion : la t&#233;l&#233;vision et l'&#233;cole. Le consum&#233;risme &#171; &lt;i&gt;est parvenu &#224; perp&#233;trer des g&#233;nocides du m&#234;me ordre que ceux que le capitalisme a sans doute perp&#233;tr&#233;s en France&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; l'&#233;poque de Marx.&lt;/i&gt; &#187; Lecteur de la &lt;i&gt;Critique de l'&#233;conomie politique&lt;/i&gt;, Pasolini sait qu'un nouveau type d'&#233;conomie cherche avant tout &#224; produire de nouveaux rapports sociaux. C'est en cela qu'il qualifie de &#171; &lt;i&gt;v&#233;ritable fascisme&lt;/i&gt; &#187; ce ph&#233;nom&#232;ne qui s'en prend aux langages, aux valeurs, aux gestes, aux corps du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arpenteur des &lt;i&gt;borgate&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom donn&#233; &#224; ces quartiers autoconstruits ill&#233;galement &#8211;&#8239;souvent qualifi&#233;s de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; romaines, il fait l'amer constat de la frustration des jeunes de ces quartiers face &#224; l'impossibilit&#233; d'atteindre les mod&#232;les existentiels propos&#233;s par la t&#233;l&#233;vision. Dans la balance, l'h&#233;donisme marchand ne compensera jamais la destruction d'un monde et de sa culture : &#171; &lt;i&gt;Le pire des maux c'est la mis&#232;re du pseudo-bien-&#234;tre ; ils sont maintenant bien plus pauvres qu'il y a dix ans, proportionnellement&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Avant d'ajouter, quelques minutes plus tard, &#171; &lt;i&gt;ce sont d&#233;j&#224; des cadavres au regard de ce qu'ils &#233;taient. Il me semble que leur destin historique est de vivre cet &#233;tat de mort et ressusciter&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;je ne sais pas quand, parce que je ne suis pas proph&#232;te ni ne veux l'&#234;tre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noir constat qui n'est pas sans rappeler sa fun&#232;bre lamentation de &#171; L'article des lucioles&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crits corsaires, Flammarion, 1976.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187; o&#249;, pessimiste, il conclut &#224; leur disparition. Pourtant, il perdure ici une lueur d'espoir. Pasolini, dans &lt;i&gt;La Langue vulgaire&lt;/i&gt;, semble poser le probl&#232;me de l'extinction des lucioles d'une autre mani&#232;re, celui &#171; &lt;i&gt;de la lutte entre une culture que nous n'acceptons pas et une culture caduque.&lt;/i&gt; &#187; Une fa&#231;on, peut-&#234;tre, d'appeler &#224; dialectiser les cultures dialectales. Appel &#224; trouver &#171; &lt;i&gt;un nouveau mode d'&#234;tre libre&lt;/i&gt; &#187;, en dehors, ou plut&#244;t en plus, des deux solutions habituelles que sont la mus&#233;ification des dialectes et le s&#233;paratisme &#8211; &#224; l'image des Basques ou des Irlandais. Quarante ann&#233;es apr&#232;s ce &#171; &lt;i&gt;g&#233;nocide culturel&lt;/i&gt; &#187;, les lucioles survivent encore... Et tout reste &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Momo Br&#252;cke.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Turquie : petit pr&#233;cis de n&#233;gation linguistique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La carri&#232;re des id&#233;es et des sentiments transmet les cultures et les traditions ; c'est pourquoi ceux qui parlent la m&#234;me langue partagent les m&#234;mes aspirations, la m&#234;me conscience, et la m&#234;me mentalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Ziya G&#246;kalp, en 1918, dans son ouvrage &lt;i&gt;Turquifier, islamiser, moderniser&lt;/i&gt;. Principal id&#233;ologue de la nation turque, cr&#233;&#233;e en 1923 suite au d&#233;litement de l'Empire ottoman, G&#246;kalp d&#233;fend une vision assimilationniste de la &#171; turcit&#233; &#187;, fond&#233;e sur le partage d'une langue et d'une culture &#8211; et non du sang ou de la race.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Langue officielle de l'Empire ottoman depuis 1876, la langue turque est inscrite comme telle dans la premi&#232;re Constitution de la R&#233;publique de Turquie, en 1924. Dans les textes fondateurs de la nation, rien n'interdit formellement l'usage des langues autres que le turc, nombreuses sur le territoire (une trentaine). Pour cause, interdire reviendrait en effet &#224; reconna&#238;tre, indirectement, des appartenances concurren&#231;ant l'identit&#233; nationale naissante, articul&#233;e autour de l'intention de &#171; &lt;i&gt;T&#252;rk yapmak&lt;/i&gt; &#187; (fabriquer des Turcs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fervents d&#233;fenseurs de la r&#233;volution k&#233;maliste, les intellectuels Munis Tekinalp et Hamdullah Suphi mettent en pratique les th&#232;ses de G&#246;kalp dans les premiers temps de la R&#233;publique. En 1928, Tekinalp r&#233;dige les &#171; &lt;i&gt;dix commandements&lt;/i&gt; &#187; de l'homme turc, lesquels commencent ainsi : &#171; &lt;i&gt;Turquifie ton nom de famille &#187;, &#171; Parle turc &#187;, &#171; Prie en turc &#187;, &#171; Turquifie les &#233;coles &#187;&lt;/i&gt;. Peu apr&#232;s, ce dernier organise des campagnes de propagande afin d'imposer la langue turque aux populations non turcophones dans les lieux publics &#8211; jusque dans les ann&#233;es 1960, certaines municipalit&#233;s sanctionneront par une amende chaque mot prononc&#233; dans une autre langue. Ces campagnes sont soutenues par des associations promouvant la culture nationale : les Foyers turcs, dirig&#233;s depuis 1924 et pendant 28 ans par Suphi, lequel estime que &#171; &lt;i&gt;notre nationalit&#233; est dans notre langue plus que dans toute autre chose&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t n&#233;anmoins, la politique assimilationniste bute sur les revendications kurdes. La r&#233;volte de 1925, men&#233;e par Cheik Said contre l'av&#232;nement de la R&#233;publique et l'abolition du sultanat, marque le d&#233;but d'une politique de r&#233;pression localis&#233;e, notamment linguistique, dans les r&#233;gions kurdophones. La m&#234;me ann&#233;e est secr&#232;tement &#233;labor&#233; le Plan de r&#233;forme de l'Est, dans lequel le &#171; &lt;i&gt;parler kurde&lt;/i&gt; &#187; est &#171; &lt;i&gt;imm&#233;diatement&lt;/i&gt; &#187; interdit. Pour s'en assurer et promouvoir l'&#171; &lt;i&gt;unit&#233; nationale&lt;/i&gt; &#187; au del&#224; de l'action uniformisante des &#233;coles de la R&#233;publique, des Foyers turcs sont implant&#233;s &#224; l'est. Ce sont ces m&#234;mes Foyers qui &#233;laborent, d&#232;s les ann&#233;es 1930, les premi&#232;res &#171; &lt;i&gt;th&#232;ses d'histoire turque&lt;/i&gt; &#187; cherchant &#224; prouver la &#171; &lt;i&gt;turcit&#233;&lt;/i&gt; &#187; des Kurdes et de leurs langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup d'&#201;tat militaire de 1980 et alors m&#234;me que des universitaires patent&#233;s s'emploient encore &#224; d&#233;montrer que le kurde est une forme de proto-turc, la nouvelle Constitution de 1982 interdit finalement les langues autres (sans les nommer) que la langue turque et consacre cette derni&#232;re &#171; &lt;i&gt;langue maternelle&lt;/i&gt; &#187; de tous les habitants du pays. Paradoxalement, cette interdiction constitue l'aveu d'&#233;chec de la politique assimilationniste de l'&#201;tat, et institue alors, par la n&#233;gative, l'existence des minorit&#233;s kurdes, ce qui renforcera les rapports de force ult&#233;rieurs. L'interdiction linguistique sera partiellement lev&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Julia Zortea.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce billet se fonde sur la lecture de l'excellent ouvrage de Cl&#233;mence Scalbert Y&#252;cel, &lt;i&gt;Engagement, langue et litt&#233;rature. Le champ litt&#233;raire kurde en Turquie (1980-2000)&lt;/i&gt;, &#201;dition P&#233;tra, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les domaines agricoles que Machuel et Colin poss&#233;daient pr&#232;s de Tunis &#233;taient voisins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La luciole est l'image po&#233;tique de la r&#233;sistance erratique, de la joie innocente, face aux diff&#233;rentes formes de fascismes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Langue vulgaire&lt;/i&gt;, &#201;ditions La Lenteur, 2013. Pasolini &#8211;&#8239;mort trop t&#244;t &#8211;&#8239;n'a pu relire le contenu de cette transcription, qu'il aurait sans aucun doute quelque peu remani&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nom donn&#233; &#224; ces quartiers autoconstruits ill&#233;galement &#8211;&#8239;souvent qualifi&#233;s de &#171; &lt;i&gt;quartiers d'irr&#233;ductibles&lt;/i&gt; &#187; &#8211; qui ont vu naitre de v&#233;ritables r&#233;sistances populaires face aux autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;crits corsaires&lt;/i&gt;, Flammarion, 1976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Langue des signes : Sous les signes, de l'info !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Langue-des-signes-Sous-les-signes</link>
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		<dc:date>2018-06-19T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Pauline Stroesser</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Sandrine Allier-Gu&#233;pin</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>signes</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>LSF</dc:subject>
		<dc:subject>Sourds</dc:subject>
		<dc:subject>information plurielle</dc:subject>
		<dc:subject>information</dc:subject>
		<dc:subject>Sourdes</dc:subject>
		<dc:subject>culture Sourde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Allumez votre t&#233;l&#233;vision, ordinateur, t&#233;l&#233;phone, ou tout autre support &#224; partir duquel vous pourriez visionner les informations. Coupez le son, et regardez&#8230; Que comprenez-vous ? Que ressentez-vous ? Pour les personnes Sourdes et malentendantes, acc&#233;der &#224; une information plurielle est un parcours du combattant. La langue des signes, langue minoritaire, peine &#224; &#234;tre reconnue sur nos &#233;crans. M&#234;me si certains programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s sont propos&#233;s avec des interpr&#232;tes en LSF comme le journal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sandrine-Allier-Guepin" rel="tag"&gt;Sandrine Allier-Gu&#233;pin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/signes" rel="tag"&gt;signes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/LSF" rel="tag"&gt;LSF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sourds" rel="tag"&gt;Sourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/information-plurielle" rel="tag"&gt;information plurielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/information" rel="tag"&gt;information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sourdes" rel="tag"&gt;Sourdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-Sourde" rel="tag"&gt;culture Sourde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Allumez votre t&#233;l&#233;vision, ordinateur, t&#233;l&#233;phone, ou tout autre support &#224; partir duquel vous pourriez visionner les informations. Coupez le son, et regardez&#8230; Que comprenez-vous ? Que ressentez-vous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les personnes Sourdes et malentendantes, acc&#233;der &#224; une information plurielle est un parcours du combattant. La langue des signes, langue minoritaire, peine &#224; &#234;tre reconnue sur nos &#233;crans. M&#234;me si certains programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s sont propos&#233;s avec des interpr&#232;tes en LSF comme le journal T&#233;l&#233;matin sur France&#8239;2, ou quelques journaux d'It&#233;l&#233;, LCI ou BFM, est-ce r&#233;ellement l&#224; qu'est propos&#233;e une information plurielle et de qualit&#233; ? Il s'agit, pour ces trois derni&#232;res, de cha&#238;nes d'&#171; information en continu &#187; o&#249; les messages passent et tr&#233;passent rapidement. Exit l'analyse, la mise en contexte. Le t&#233;l&#233;spectateur Sourd devra se contenter de faits, &#233;num&#233;r&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; la minute. Sans oublier que sur BFM, on joue un peu &#224; &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; : l'interpr&#232;te est plac&#233; dans un petit recoin de l'&#233;cran, perdu entre les phrases flash et les images intempestives. Sinon, on pourra toujours se consoler sur France 3 le mercredi apr&#232;s-midi. Depuis 1998, les questions parlementaires &#224; l'Assembl&#233;e nationale sont traduites en LSF dans une vignette o&#249; l'interpr&#232;te fait l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 janvier 2016, &#224; l'occasion de la dixi&#232;me commission nationale &#171; Culture et handicap &#187; l'ancienne ministre de la Culture, Fleur Pellerin, annon&#231;ait diff&#233;rentes mesures pour &#171; &lt;i&gt;donner la priorit&#233; &#224; l'accessibilit&#233; dans l'audiovisuel public&lt;/i&gt; &#187; dont &#171; &lt;i&gt;le d&#233;ploiement, d&#232;s juin 2016, d'un lecteur (player) permettant la mise &#224; disposition, sur la t&#233;l&#233;vision connect&#233;e, de l'interpr&#233;tation de certains programmes en langue des signes fran&#231;aise, et d&#232;s octobre 2016, de l'accessibilit&#233; en langue des signes des journaux d'information de 13 h et de 20 h.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce jour, pourtant, aucune initiative concr&#232;te n'a &#233;t&#233; annonc&#233;e publiquement. Si certains cherchent &#224; cr&#233;er une cha&#238;ne int&#233;gralement en langue des signes, c'est non sans mal. Depuis 4 ans, Signes.tv cherche des financeurs pour pouvoir se lancer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2454 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/-720-43c33.jpg?1782751197' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sandrine Allier-Gu&#233;pin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quid des autres m&#233;dias qui fleurissent chaque jour sur Internet ? Websourd, un site d'information en LSF a d&#251; mettre les cl&#233;s sous la porte &#224; l'&#233;t&#233; 2016, pour des raisons financi&#232;res. Depuis un an, la WebTv, &#171; &lt;i&gt;BABDP, la cha&#238;ne pas si b&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, men&#233;e par une &#233;quipe de Sourds et d'entendants, propose des reportages en LSF, mais presque exclusivement autour de la culture Sourde. Par ailleurs, lorsqu'un sujet sur la surdit&#233; ou la langue des signes est &#233;voqu&#233; dans un &#171; grand m&#233;dia &#187;, l'&#233;mission est exceptionnellement rendue accessible et traduite. Louable effort, mais pourquoi les Sourds devraient-ils se contenter des th&#233;matiques les concernant ? Ne peuvent-ils pas &#234;tre inform&#233;s des actualit&#233;s br&#251;lantes, des d&#233;bats qui traversent la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui ont suivi le 13 novembre 2015, aucune info, ni aucune annonce publique n'ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;es en LSF. En France, les journalistes Sourds se comptent sur les doigts de la main. J'en fais partie. Face &#224; l'urgence d'informer, nous avons cr&#233;&#233; une page Facebook dans la nuit de l'&#233;v&#233;nement avec ma cons&#339;ur Laur&#232;ne Loctin. Par la suite, nous avons cr&#233;&#233;, avec une &#233;quipe &#233;largie, un site Internet &#233;ph&#233;m&#232;re pour couvrir la COP21. L'occasion d'exp&#233;rimenter diff&#233;rentes formes de pr&#233;sentation en LSF et d'analyses dans une langue qui nous est propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en encourageant l'accessibilit&#233; des Sourds aux &#171; grands m&#233;dias &#187;, &#224; nous de poursuivre ces initiatives de couverture militante de l'actualit&#233; afin d'&#233;largir les champs de perception et de compr&#233;hension du monde. Sans d&#233;pendre uniquement de l'&#201;tat et des ineffables cha&#238;nes d'information priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauline Stroesser&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D'&#339;il &#224; main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; une poign&#233;e de linguistes iconoclastes, les langues des signes sont sorties du carcan d'analyse classique pour &#234;tre &#233;tudi&#233;es &#224; partir de leurs sp&#233;cificit&#233;s (quadridimensionnalit&#233;, iconicit&#233;, utilisation de l'espace, canal visuo-gestuel, etc.), notamment par de jeunes linguistes, Sourds cette fois. En France, si la LSF a gagn&#233; quelques lettres de noblesse, que des cursus d'&#233;tudes universitaires en linguistique et interpr&#233;tation ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s et des manuels &#233;dit&#233;s, elle se transmet toujours essentiellement d'&#339;il &#224; main. Les Sourds et les Sourdes inventent des signes au quotidien et, en se les &#233;changeant, les affinent. Historiquement, l'une de ses sp&#233;cificit&#233;s, c'est l'absence de traces : elle ne s'&#233;crit pas. Des signes pioch&#233;s &#231;&#224; et l&#224; ont &#233;t&#233; consign&#233;s dans des livres, mais, en les gravant sur du papier, on les a d&#233;pouill&#233;s de leur chair et du mouvement, des &#171; accents &#187; des mains, des sourcils ou des l&#232;vres. Pour l'archiver, il faut la filmer. Mille fins d&#233;tails ne sauraient se laisser &#233;craser en pleine danse entre les pages d'un feuillet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sous-titrage ne remplace pas une langue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Supposons que le sous-titrage s'affiche sans probl&#232;me de d&#233;calage, ni fautes d'orthographes et de syntaxe (ce qui n'est pas fr&#233;quent). Pour de nombreuses personnes Sourdes dont le fran&#231;ais est la seconde langue, le sous-titrage restera malgr&#233; tout insatisfaisant. Le discours ne sera pas transmis avec la m&#234;me logique, ni per&#231;u avec la m&#234;me aisance. Jeux de mots, expressions figur&#233;es, intonations de voix, langue de bois&#8230; Autant de finesses de la langue et de tournures rh&#233;toriques qui sont fr&#233;quemment utilis&#233;es par les journalistes. Ces nuances ne sont pas des d&#233;tails et permettent &#224; l'auditeur de prendre conscience du caract&#232;re juste, incongru, dr&#244;le, faux ou encore &#233;mouvant d'une situation. Seule une interpr&#233;tation en LSF peut rendre compte de la richesse de la langue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>2005-2015 : 10 ans apr&#232;s les &#233;meutes en banlieues</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/2005-2015-10-ans-apres-les-emeutes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/2005-2015-10-ans-apres-les-emeutes</guid>
		<dc:date>2018-03-03T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>discours</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>biblioth&#233;caires</dc:subject>
		<dc:subject>culturelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'en prendre aux forces de l'ordre, cela va de soi. Mais &#224; une biblioth&#232;que, c'est moins &#233;vident &#224; appr&#233;hender. Au cours des &#233;meutes de l'automne 2005, 32 biblioth&#232;ques auraient &#233;t&#233; caillass&#233;es ou incendi&#233;es sur tout le territoire national. Charlotte Perrot-Dessaux, doctorante en sociologie (Paris-7), &#233;tudie depuis plusieurs ann&#233;es la place et la perception de ces lieux de culture dans les quartiers populaires. Entretien. CQFD : Les biblioth&#232;ques sont parfois la cible de violences dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no138-decembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;138 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pratiques" rel="tag"&gt;pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bibliotheque" rel="tag"&gt;biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bibliothecaires" rel="tag"&gt;biblioth&#233;caires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/culturelle" rel="tag"&gt;culturelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'en prendre aux forces de l'ordre, cela va de soi. Mais &#224; une biblioth&#232;que, c'est moins &#233;vident &#224; appr&#233;hender. Au cours des &#233;meutes de l'automne 2005, 32 biblioth&#232;ques auraient &#233;t&#233; caillass&#233;es ou incendi&#233;es sur tout le territoire national. Charlotte Perrot-Dessaux, doctorante en sociologie (Paris-7), &#233;tudie depuis plusieurs ann&#233;es la place et la perception de ces lieux de culture dans les quartiers populaires. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH551/-448-433ec.jpg?1782641444' width='400' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Les biblioth&#232;ques sont parfois la cible de violences dans les quartiers populaires. Pourquoi sont-elles aussi mal per&#231;ues ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Charlotte Perrot-Dessaux :&lt;/strong&gt; J'ai travaill&#233; sur diff&#233;rents terrains, mais je retrouve &#224; chaque fois les m&#234;mes dynamiques. Pourquoi s'en prendre aux biblioth&#232;ques ? Je crois que la r&#233;ponse vient de l'&#233;tat lui-m&#234;me, et de la culture qu'il souhaite dispenser dans les quartiers. Quels sont les objectifs des politiques publiques ? Que veut-on faire quand on construit une biblioth&#232;que dans un quartier ? Dans les r&#233;ponses apport&#233;es, on retrouve toujours le m&#234;me discours : nous allons &#171; am&#233;liorer et transformer le quartier &#187;, &#171; cr&#233;er du lien social &#187;, &#171; favoriser la mixit&#233; sociale &#187;, mais aussi &#171; modifier les pratiques des jeunes &#187;. Leur objectif est clair : il s'agit de pacifier les rapports sociaux dans des territoires d&#233;crits comme violents, avec des probl&#232;mes de d&#233;linquance, de trafic, d'incivilit&#233;s, mais aussi de &#171; communautarisme &#187;. Cela appara&#238;t dans les textes, les discours des &#233;lus locaux et des biblioth&#233;caires. Finalement, il y a une distance &#233;norme entre l'institution et le quartier, et cela se traduit concr&#232;tement sur le terrain par une opposition entre les biblioth&#233;caires et certains adolescents. Cette opposition est aliment&#233;e par la diff&#233;rence d'&#226;ge, d'origine et de lieu de r&#233;sidence&#8200;&#8211; souvent, les biblioth&#233;caires n'habitent pas le quartier. Du coup, ils sont per&#231;us comme des envahisseurs. Leur l&#233;gitimit&#233; est questionn&#233;e en tant qu'adultes et en tant que professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, les livres devraient &#234;tre des outils d'&#233;mancipation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le discours, les biblioth&#232;ques d&#233;mocratisent l'acc&#232;s &#224; la culture et, th&#233;oriquement, les usagers en font ce qu'ils veulent. Ils doivent, selon les textes, s'approprier cet espace. Mais dans les faits, c'est diff&#233;rent : des normes sont impos&#233;es, tr&#232;s rigides. Interdiction de garder la casquette, ses &#233;couteurs, interdit de se saluer en langue &#233;trang&#232;re au sein de la biblioth&#232;que. En th&#233;orie, l'acc&#232;s &#224; la biblioth&#232;que est gratuit. Mais c'est faux, on le &#171; paye &#187; physiquement. Il y a un v&#233;ritable travail de normalisation envers les conduites et les pratiques linguistiques de certains individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les choix culturels port&#233;s au sein des biblioth&#232;ques ne jouent-ils pas aussi un r&#244;le dans ces tensions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, car on trouve encore des r&#233;sistances dans le domaine des hi&#233;rarchies culturelles. Il existe deux positions : soit offrir aux gens la culture telle que d&#233;finie depuis Andr&#233; Malraux, dans une perspective de d&#233;mocratisation culturelle, soit offrir ce que le public attend, demande, dans le cadre d'une d&#233;mocratie culturelle. Quand certains souhaitent lire le dernier Marc Levy, des biblioth&#233;caires affirment que &#171; ce n'est pas un livre, ce n'est pas de la culture &#187;. Mais tous n'ont pas ce discours : si des gens aiment &#231;a, pourquoi ne pas le mettre &#224; disposition ? Dans les &#233;quipes que j'ai rencontr&#233;es, une partie provient du mouvement d'&#233;ducation populaire, et ces gens affirment &#234;tre l&#224; pour &#171; &#233;lever le niveau &#187;. De fait, c'est surtout dans les nouvelles g&#233;n&#233;rations que l'on trouve des personnes l&#233;gitimant tous les go&#251;ts. Dans la pratique, il faut ajouter &#224; cela les nombreux conflits inh&#233;rents au fait que la relation &#224; l'autre ne fait pas partie de la formation des biblioth&#233;caires. Lesquels reprennent les repr&#233;sentations sur les &#171; jeunes des cit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hi&#233;rarchisation culturelle, les comportements de certains usagers et le fait que la biblioth&#232;que soit per&#231;ue comme un outil de changement parachut&#233; par les pouvoirs publics conduisent &#224; des conflits diffus, quotidiens. Les violences contre les biblioth&#232;ques ne sont que la dimension spectaculaire de ce qui se distille le reste du temps. Au jour le jour, ce sont une multitude de petites diff&#233;rences, incompr&#233;hensions qui cristallisent une distance entre des groupes sociaux qui ne se reconnaissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La biblioth&#232;que n'est-elle pas aussi per&#231;ue comme superflue par rapport aux difficult&#233;s pratiques des habitants de ces quartiers populaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des habitants pensent que c'est un projet qui vient d'en haut, qui n'a pas &#233;t&#233; pens&#233; par eux. On ne leur a pas demand&#233; s'ils avaient besoin de cela. Et, &#233;tant donn&#233; leurs conditions de vie, le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233;, ils se demandent si la priorit&#233; &#233;tait vraiment d'avoir une biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les adolescents analysent-ils leurs rapports &#224; la biblioth&#232;que en termes de classes sociales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ados qui la fr&#233;quentent sont convertis &#224; la valeur &#171; lecture &#187;, et ils sont les premiers &#224; dire qu'il est normal qu'il y ait des normes, m&#234;me s'ils &#171; foutent le bordel &#187; et se font parfois exclure. Quant &#224; ceux qui ne s'y rendent pas, ils expliquent que la biblioth&#232;que est une institution de &#171; Blancs &#187;. Mais en discutant avec eux, on se rend compte que le mot &#171; Blanc &#187; d&#233;signe &#224; la fois les &#171; pouvoirs politiques &#187;, les &#171; &#233;lites &#187;, les &#171; intellectuels &#187;, les &#171; bourgeois &#187;, voire les &#171; Parisiens &#187;. On trouve donc une imbrication des classes sociales, de l'ethnicit&#233; et des territoires. Il existe donc une lecture de classe, mais qui est plus large et plus complexe que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des biblioth&#232;ques ne cherchent-elle pas &#224; embaucher des gens des quartiers populaires, et modifier leur image ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; je travaille, la direction est assez attentive &#224; ce que les habitants aient leur place dans le recrutement. Mais elle est aussi tr&#232;s attentive &#224; ce que cela ne soit pas le premier crit&#232;re. Les biblioth&#233;caires ext&#233;rieurs au territoire restent majoritaires. Et quand ils sont embauch&#233;s, les habitants des quartiers ont souvent les grades les plus subordonn&#233;s, faute de niveaux de dipl&#244;me et de formation suffisants&#8230; Cela dit il faut souligner que de r&#233;els efforts sont faits pour d&#233;sacraliser la biblioth&#232;que et l'ouvrir au plus grand nombre, dans le cadre de la constitution des collections ou de l'action culturelle. L'introduction des jeux, des jeux vid&#233;os, de multiples supports s'inscrivent dans cette dynamique d'ouverture. Toutefois, une certaine conception de la lecture et de la culture persiste, conduisant bien souvent &#224; d&#233;l&#233;gitimer les pratiques et go&#251;ts culturels de certains groupes sociaux, alors qu'un des enjeux premiers des biblioth&#232;ques publiques est de participer &#224; la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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