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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On cherche &#224; nous ub&#233;riser &#187;</title>
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		<dc:creator>Francesco Nocera</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien. C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteur" rel="tag"&gt;secteur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parti d&#233;but mars de l'Od&#233;on, &#224; Paris, le mouvement d'occupation des th&#233;&#226;tres a essaim&#233; dans plusieurs r&#233;gions. Et notamment en Alsace, o&#249; le Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg est occup&#233; &#224; son tour. Trois questions &#224; Quentin, &#233;tudiant com&#233;dien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un mouvement pour la culture, certes, mais aussi pour les pr&#233;caires du secteur &#8211; et les autres, tous ceux qui sont frapp&#233;s de plein fouet par la crise &#233;conomique li&#233;e au Covid-19. Les revendications ? Multiples. Entre autres : la r&#233;ouverture des salles de spectacle, une seconde &#171; ann&#233;e blanche &#187; pour les intermittents, mais aussi l'annulation de la r&#233;forme du ch&#244;mage cens&#233;e entrer en vigueur au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet et qui entra&#238;nera une baisse de revenus pour plus d'un million d'allocataires. Entretien express avec Quentin, un &#233;tudiant com&#233;dien participant actuellement &#224; l'occupation du Th&#233;&#226;tre national de Strasbourg (TNS).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a amen&#233;s &#224; occuper le TNS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand l'Od&#233;on a &#233;t&#233; occup&#233; par les syndicats et les pr&#233;caires, on en a tout de suite parl&#233; entre nous. C'&#233;tait l'une des rares fois, d'ailleurs, o&#249; les deux promotions &lt;i&gt;[de l'&#233;cole]&lt;/i&gt; du TNS se sont rassembl&#233;es (entre 40 &#224; 50 &#233;l&#232;ves) pour discuter de ce qu'il se passe actuellement, et de ce que &#231;a peut signifier pour notre avenir. Et on s'est vite rendu compte que l'occupation &#233;tait la meilleure solution &lt;i&gt;[pour porter leurs revendications actuelles, NDLR]&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s un an de crise sanitaire, avec toutes les cons&#233;quences que nous connaissons, comment vivez-vous les choses en tant qu'artistes en formation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au sein de l'&#233;cole, a contrario du flou qui r&#232;gne au niveau national, nous sommes dans un vrai cocon, prot&#233;g&#233;. Malgr&#233; la crise sanitaire, nos formations sont assur&#233;es &lt;i&gt;[en pr&#233;sentiel]&lt;/i&gt;. Tout est tr&#232;s encadr&#233; et bien g&#233;r&#233; pour qu'on puisse travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, c'est autre chose. D&#233;j&#224;, il y a cet &#233;norme flou de la part de l'&#201;tat, qui a nourri notre col&#232;re et notre envie de se mobiliser. Nous n'avons pas de dates de r&#233;ouverture, mais ce n'est pas le plus grave : surtout, on ne sait pas quel sera l'&#233;tat de notre m&#233;tier par la suite. Personnellement, quand je suis rentr&#233; dans cette &#233;cole, j'avais l'espoir d'acc&#233;der au statut d'intermittent. De pouvoir jouer des pi&#232;ces tr&#232;s diff&#233;rentes gr&#226;ce &#224; la souplesse que permet ce r&#233;gime tr&#232;s particulier qu'est l'intermittence. Et quand j'entends que l'on veut le d&#233;molir tout comme, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'assurance ch&#244;mage, &#231;a me met tr&#232;s en col&#232;re. Nous au contraire, on est partisans de l'&#233;largissement de l'intermittence. C'est une question cruciale pour nous, parce qu'il y a des m&#233;tiers fr&#232;res au n&#244;tre qui n'y acc&#232;dent pas et qui vont &#234;tre directement impact&#233;s par cette r&#233;forme. Alors, qu'en fait, ce sont des gens qui travaillent avec nous dans les th&#233;&#226;tres... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; ton avis, quels seraient les leviers autres que l'occupation des th&#233;&#226;tres, pour essayer de faire changer les choses ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la loi Travail, c'&#233;tait un million de personnes dans la rue et malgr&#233; tout ils l'ont quand m&#234;me fait passer... On se pose ces questions. On ne sait pas si on a le bon levier d'action. Mais, au moins, on aura lanc&#233; collectivement une r&#233;flexion sur l'organisation politique de nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'il existe des alternatives, des moyens d'autogestion que l'on &#233;prouve &#224; notre petite &#233;chelle, ici au TNS. Mais c'est aussi ce que l'on invente : comment est-ce qu'on essaie de s'affranchir de cette esp&#232;ce de course &#224; la comp&#233;titivit&#233; de nos m&#233;tiers qui est toujours dans la recherche de subventions, de la constitution de dossiers, d'appels &#224; projet, etc. On cherche &#224; nous ub&#233;riser, et c'est quelque chose qu'on refuse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Francesco Nocera&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour l'h&#244;pital : de la maille, pas des m&#233;dailles !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pour-l-hopital-de-la-maille-pas</link>
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		<dc:date>2020-06-15T18:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, Francesco Nocera, Iffik Le Guen, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Serge D'Ignazio</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>soignants</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans notre num&#233;ro d'avril, nous donnions la parole &#224; plusieurs travailleuses et travailleurs hospitaliers. C'&#233;tait le d&#233;but de la crise sanitaire et nos interlocuteurs se pr&#233;paraient au pire, tout en maudissant les gouvernements successifs responsables du piteux &#233;tat de l'h&#244;pital public. Deux mois plus tard, nous r&#233;cidivons. En cette fin mai, le pic de l'&#233;pid&#233;mie semble pass&#233; ; suivant les r&#233;gions, il a &#233;t&#233; plus ou moins intense. Mais chez les soignant&#183;es d'un peu partout, restent la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans notre num&#233;ro d'avril, nous donnions la parole &#224; plusieurs travailleuses et travailleurs hospitaliers. C'&#233;tait le d&#233;but de la crise sanitaire et nos interlocuteurs se pr&#233;paraient au pire, tout en maudissant les gouvernements successifs responsables du piteux &#233;tat de l'h&#244;pital public. Deux mois plus tard, nous r&#233;cidivons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH510/-1547-d2efd.jpg?1782638466' width='400' height='510' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge D'Ignazio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En cette fin mai, le pic de l'&#233;pid&#233;mie semble pass&#233; ; suivant les r&#233;gions, il a &#233;t&#233; plus ou moins intense. Mais chez les soignant&#183;es d'un peu partout, restent la fatigue, le traumatisme des moments durs et une m&#233;fiance solide envers les fumeuses promesses du gouvernement. Une &#233;vidence : les probl&#232;mes structurels du service public de la sant&#233; demeurent. Une certitude : dans le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, rien ne sera obtenu sans lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce &#8220;merci&#8221; nous fait une belle jambe &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Prud'homme est infirmier anesth&#233;siste et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Force ouvri&#232;re aux H&#244;pitaux universitaires de Strasbourg. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La &#8220;m&#233;daille de l'engagement&#8221; serait de l'ordre du risible si la situation n'&#233;tait pas aussi s&#233;rieuse &#8211; ce &#8220;merci&#8221; nous fait une belle jambe. Ce n'est pas faute d'avoir averti les gouvernements qui se sont succ&#233;d&#233; depuis vingt ans. Ce que nous avons toujours revendiqu&#233;, ce sont justement des conditions de travail correctes. En clair : mettre fin &#224; la gestion &#224; flux tendu, &#233;puisante pour l'ensemble des personnels et qui a fait que la priorit&#233; aux soins a recul&#233; devant les logiques purement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prime est une bonne chose et la revalorisation salariale annonc&#233;e ne peut que nous satisfaire. Il reste &#224; d&#233;couvrir ce que contiendra effectivement le plan S&#233;gur. Car si la question reste uniquement salariale, sans r&#233;ponse de fond, les probl&#232;mes de l'ensemble de la cha&#238;ne hospitali&#232;re publique resteront les m&#234;mes. L'h&#244;pital public a vu son financement ass&#233;ch&#233; par la baisse et le gel des cotisations sociales depuis des ann&#233;es. Des h&#244;pitaux ont d&#251; contracter des emprunts toxiques qui n'ont fait que d&#233;multiplier leurs difficult&#233;s. R&#233;sultat : les patients et les personnels en paient le prix aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Leurs annonces ne valent rien ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille* est infirmi&#232;re aux urgences dans un h&#244;pital priv&#233; des Bouches-du-Rh&#244;ne. Fin mars, elle nous expliquait que la crise sanitaire &#233;tait le r&#233;sultat de choix politiques d&#233;sastreux. Deux mois plus tard, elle ne d&#233;col&#232;re pas. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous mes coll&#232;gues, je suis &#233;puis&#233;e. Fatigu&#233;e par le climat anxiog&#232;ne et par nos nouvelles conditions de travail : bosser avec un masque, transpirer dans ses couches de v&#234;tements, sa blouse et sa surblouse, puis se changer entre chaque patient. G&#233;rer l'anxi&#233;t&#233; des patients, augment&#233;e par l'interdiction des visites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne jamais conna&#238;tre son emploi du temps d'une semaine sur l'autre, ne jamais pouvoir se projeter, &#231;a aussi c'est &#233;reintant. C'est l&#224; que tu te rends compte que la conscience professionnelle des soignants est dingue. Au mois de mai, j'ai travaill&#233; 180 heures et aucune n'a &#233;t&#233; pay&#233;e en heure suppl&#233;mentaire. Je n'ai pas non plus touch&#233; la prime Urgences alors que j'y travaille depuis plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre motif de fatigue : le cirque m&#233;diatique et les fausses r&#233;ponses politiques. Chez les soignants, on a us&#233; de l'&#233;nergie en s'&#233;nervant sur les discours autour des masques d'abord jug&#233;s inutiles, puis bient&#244;t obligatoires. On est dans une politique du spectacle : il y a eu des TGV et des avions affr&#233;t&#233;s, un h&#244;pital militaire parce que &#231;a fait bien &#224; la t&#233;l&#233;. Mais la base &#233;l&#233;mentaire, l'&#233;ducation &#224; la sant&#233; publique, n'a pas &#233;t&#233; dispens&#233;e. Personne n'a vraiment expliqu&#233; aux gens comment se laver les mains, comment retirer un masque ou des gants. Il aurait fallu mettre en place des tentes en ext&#233;rieur dans lesquels des soignants auraient renseign&#233; sur la conduite &#224; tenir. Au lieu de &#231;a, on a eu droit &#224; des flashs info en boucle qui ont paniqu&#233; la population et ne lui ont pas permis de s'autonomiser. Pourtant, il y avait du personnel disponible pour &#231;a : les soignants dont les services avaient ferm&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il faut d&#233;fendre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un h&#244;pital ne fonctionne pas sans brancardiers, sans aides-soignantes, sans travailleurs des services d'hygi&#232;ne. Ce qu'on veut, c'est la revalorisation de l'h&#244;pital entier. Et puis quand ils parlent d'une prime aux soignants, c'est qui pour eux les soignants ? Pourquoi cette prime ne concerne-t-elle que l'h&#244;pital ? L'aide-soignante en Ehpad ne l'a pas m&#233;rit&#233;e, peut-&#234;tre ? Cette prime, c'est pas ce qu'on demande, on n'en a d'ailleurs pas encore vu la couleur. Leurs annonces ne valent rien : le vendredi avant le d&#233;confinement ils ont enlev&#233; les renforts, des fois qu'on voudrait se reposer. Et puis aucun repr&#233;sentant des soignants n'a &#233;t&#233; invit&#233; pour pr&#233;parer leur grand plan S&#233;gur de la sant&#233;. Il n'y a que des PDG et des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, le gouvernement est en train d'essayer de casser le soutien aux soignants. La crise du Covid est arriv&#233;e sur fond de climat social tendu et elle a notamment mis un stop aux mobilisations des Gilets jaunes qui &#233;taient attentifs &#224; la question des soignants. Tout comme l'&#233;tait le mouvement contre la r&#233;forme des retraites. Quand le gouvernement annonce une prime de 1 500 &#8364; pour nous, c'est violent pour les personnes qui ont subi de plein fouet la crise sanitaire, qui n'ont plus de revenus ou sont pay&#233;es au Smic. Pareil pour le dispositif permettant aux travailleurs de nous offrir leurs cong&#233;s. Jamais on ne voudrait des cong&#233;s des gens ! Ils en remettent une couche en expliquant que la revalorisation des salaires des soignants va demander un effort &#224; tout le monde. En fait, ils sont en train de faire croire que les soignants sont devenus des privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tirait la sonnette d'alarme depuis longtemps. Maintenant on n'en est plus l&#224; : c'est arriv&#233;. On a maltrait&#233; les soignants, donc maltrait&#233; les patients. Le bilan est dramatique. On compte les morts mais la souffrance, elle, n'est pas quantifiable. Dans les Ehpad ou dans les centres pour personnes handicap&#233;es, on a laiss&#233; les gens souffrir, voire mourir seuls. On les a abandonn&#233;s parce qu'on a tout mobilis&#233; sur la sant&#233; de ceux qui repr&#233;sentent la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant il faut un recrutement massif, arr&#234;ter de traiter l'h&#244;pital comme une entreprise. Le fric est l&#224; mais ils l'injectent pour sauver Air France ou Renault. Je suis d&#233;go&#251;t&#233;e. Si &#231;a continue comme &#231;a, on va se retrouver avec un syst&#232;me de sant&#233; &#224; l'am&#233;ricaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Prot&#233;ger les riches et laisser crever les pauvres, c'est fini &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Euphrasie* est &#233;tudiante infirmi&#232;re en Occitanie. &#201;puis&#233;e apr&#232;s deux mois intenses en service de r&#233;animation, elle estime qu'il n'y a rien &#224; attendre des promesses gouvernementales. Et que la lutte passera par la rue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cette fin mai, tu es en arr&#234;t-maladie pour cause d'&#233;puisement. Qu'est-ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une sorte d'&#233;puisement psychique, ou &#233;motionnel. Je n'ai pas trop vu les choses venir : il y a eu ma &#8220;r&#233;quisition&#8221; ainsi que celle de mes camarades, la derni&#232;re semaine de mars, dans le service de r&#233;animation en tant que stagiaire &#8220;en renfort&#8221;. S'adapter &#224; une &#233;quipe en place n'est jamais facile &#8211; surtout quand certains titulaires m&#233;prisent les stagiaires &#8211; et encore moins dans ce contexte. Il y a eu de la tension en permanence, les restrictions de mat&#233;riel, ma propre peur, celle de mes proches, les malades en souffrance, les angoisses des familles&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que &#171; stagiaire &#187;, tu as boss&#233; &#224; plein temps. &#192; quel tarif as-tu &#233;t&#233; pay&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon indemnit&#233; de stage &#233;tait de 38 &#8364; par semaine. Nous sommes en attente d'une augmentation de prime allou&#233;e par la R&#233;gion. Il a fallu des p&#233;titions et des pressions syndicales importantes pour &#234;tre reconnus comme &#8220;aidants&#8221; et non plus comme &#8220;esclaves&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels moments t'ont marqu&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au niveau des choses positives, il y a eu tout ce qu'on a fait pour que l'humain ait sa place. Si les familles sont interdites en r&#233;a, il n'&#233;tait pas envisageable que la restriction de mat&#233;riel (masques, surblouses) pr&#233;vale sur la d&#233;tresse des patients et de leur famille. On s'est donc rapidement &#8220;arrang&#233;&#8221; pour que les patients gardent un contact avec leurs proches. Via les &#8220;visio&#8221; ou t&#233;l&#233;phones, mails et exceptionnellement des visites. Dans l'ensemble, notre &#233;quipe &#233;tait tr&#232;s soud&#233;e, avec de belles solidarit&#233;s. D'ailleurs, on a &#233;t&#233; nourris par des restos ou des gens de l'ext&#233;rieur pendant plusieurs semaines. Je garde aussi en t&#234;te le souvenir du premier patient sorti de r&#233;a avec une haie d'honneur sous nos applaudissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi eu des moments terribles. Par exemple la d&#233;tresse des patients qui arrivent encore conscients et pour qui r&#233;animation &#233;tait synonyme de mort. Les m&#233;dias hyper anxiog&#232;nes ont d'ailleurs bien contribu&#233; &#224; majorer leurs angoisses. Cela s'est traduit par des refus de soins, ce qui nous a demand&#233; beaucoup de patience et de n&#233;gociation. Et puis on recrachait un discours rassurant sans avoir aucun recul sur le coronavirus, ne sachant pas vers quoi nous allions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont d'apr&#232;s toi les le&#231;ons &#224; tirer de cette &#171; crise Covid &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La sant&#233; est affaire de gros sous. Le gouvernement ne fera rien pour nous. Nous avons manifest&#233; sous les coups de la police pendant de longs mois auparavant. D&#233;j&#224; &#224; Nancy ou ailleurs, des suppressions de lits et de postes sont pr&#233;vues. Il n'y a rien &#224; attendre de ces politiques. Ce que je veux ? Prot&#233;ger les riches et laisser crever les pauvres, c'est fini. La lutte est dans la rue, elle est violente. L'h&#244;pital est totalement d&#233;labr&#233; et les soignants continuent de bosser, s'appuyant sur leurs ressources personnelles et certaines convictions encore vivantes pour le secteur public. Mais jusqu'&#224; quand ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Cette prime n'endort personne &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour avec Greg, infirmier et syndicaliste au Centre hospitalier universitaire (CHU) de la Timone, sur la fa&#231;on dont les &#233;quipes soignantes ont affront&#233; les deux mois d'&#233;pid&#233;mie &#224; Marseille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'estimer chanceux que l'&#233;pid&#233;mie ait touch&#233; Marseille en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#233;picentre alsacien. Cela a permis de profiter des mesures de confinement pour freiner la circulation du virus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai, nous avons hiss&#233; sur la fa&#231;ade du CHU une banderole au slogan &#233;vocateur : &#8220;&lt;i&gt;Ni m&#233;daille ni charit&#233;&lt;/i&gt;&#8221;. Et qu'a fait le directeur g&#233;n&#233;ral de l'AP-HM lors d'un de ses d&#233;placements ext&#233;rieurs ? Il s'est affich&#233; visitant un local dans lequel s'activaient des couturi&#232;res b&#233;n&#233;voles pour confectionner des surblouses de protection. Qu'a promis Emmanuel Macron le 13 mai ? Une m&#233;daille et une place pour les soignants lors du d&#233;fil&#233; du 14 juillet. On n'est jamais compl&#232;tement arm&#233; contre un foutage de gueule &#224; ce point d&#233;complex&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu prendre le pouls de l'ensemble du personnel d&#232;s que les &#8220;cellules Covid&#8221; nous ont autoris&#233;s &#224; nous r&#233;unir physiquement en respectant les mesures de s&#233;curit&#233; sanitaire. Tous et toutes, administratifs compris, ont parl&#233; du poids de la fatigue et de l'angoisse face au manque de mat&#233;riel, de la col&#232;re aussi. Tous et toutes ont dit s'&#234;tre sentis abandonn&#233;.es par des employeurs incapables de les prot&#233;ger. La d&#233;fiance est grande envers le gouvernement, le directeur g&#233;n&#233;ral de la Sant&#233;, les responsables de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; et leurs discours remplis de h&#233;ros, de sacrifices et de vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a la fameuse prime de 1 500 &#8364;. Mais il s'agit surtout d'une op&#233;ration de communication pour faire taire les revendications et diviser les soignants. Tout d'abord, une distinction macabre est faite entre les d&#233;partements en fonction du nombre de morts. Les plus &#8220;l&#233;taux&#8221; seront bien dot&#233;s tandis que les autres n'auront rien &#8211; alors qu'ils ont peut-&#234;tre tout simplement bien g&#233;r&#233; la crise. Ensuite, l'enveloppe budg&#233;taire est insuffisamment provisionn&#233;e au niveau national et c'est aux dirigeants locaux de la compl&#233;ter. Mais comme ils savent que l'&#201;tat leur demandera de rendre des comptes sur leurs d&#233;penses, que leur carri&#232;re reste &#233;troitement li&#233;e aux &#233;conomies budg&#233;taires, ils essayent de gratter sur le montant de la prime en multipliant les crit&#232;res d'exclusion et de r&#233;duction. Cette prime n'endort personne, m&#234;me si elle va mettre du beurre dans les &#233;pinards de celles et ceux qui ont les r&#233;mun&#233;rations les plus faibles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Blouses blanches, col&#232;re noire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les r&#233;unions reprenant entre nous et la direction, on s'est attel&#233;s &#224; faire le bilan de la crise. Dans notre ligne de mire, le Comit&#233; interminist&#233;riel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo) qui pr&#233;voit la suppression de 1 000 postes (soignants et administratifs) et la fermeture de 400 lits &#224; Marseille. Pour l'instant, nous n'avons obtenu que sa suspension. Par ailleurs, si les mots ont chang&#233; avec la crise sanitaire et ses cons&#233;quences sur l'organisation du travail &#8211; retours d'exp&#233;rience, t&#233;l&#233;travail, t&#233;l&#233;consultation, coordination avec le priv&#233; &#8211;, les objectifs demeurent. Leur r&#233;alisation conna&#238;tra peut-&#234;tre m&#234;me une nouvelle ardeur &#224; l'occasion du grand S&#233;gur de la sant&#233; lanc&#233; le 25 mai. L&#224; aussi le lexique employ&#233; n&#233;cessite un d&#233;codeur : promotion de la &#8220;souplesse&#8221; des &#233;quipes ou de la &#8220;mobilit&#233;&#8221; des agents &#8211; pour ne pas dire &#8220;flexibilit&#233;&#8221;, terme d&#233;sormais trop connot&#233;. Comme le gouvernement l'avait fait avec les instituteurs pr&#233;c&#233;demment, on sent pointer &#224; l'horizon une vieille lune des technocrates n&#233;olib&#233;raux : en finir avec les 35 heures en conditionnant une augmentation des salaires &#224; un assouplissement du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, pas un mot sur l'&#233;volution de la grille indiciaire qui permettrait une v&#233;ritable revalorisation des traitements dans la fonction publique hospitali&#232;re. &lt;i&gt;Nada&lt;/i&gt; &#233;galement sur l'arr&#234;t des fermetures de lits et des fusions de services. &#192; la place, un discours ahurissant sur des r&#233;formes qui n'ont pas &#233;t&#233; assez rapides ! &#192; 20 h 05 &#224; la t&#233;l&#233;, un assaut de bonnes intentions pour renforcer l'&#201;tat-providence. Dans les coulisses, une note de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations d&#233;bordant de propositions favorables &#224; la privatisation du syst&#232;me de sant&#233; : du d&#233;veloppement des partenariats public-priv&#233; au rapprochement entre m&#233;decine de ville (lib&#233;rale) et h&#244;pital public en passant par la place grandissante accord&#233;e aux soins ambulatoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le carton plein pour le pouvoir actuel serait le d&#233;mant&#232;lement du statut de la fonction publique d&#233;j&#224; partiellement engag&#233; avec le plan de r&#233;formes &#8220;Action publique 2022&#8221; qui facilite le recours aux contractuels. Concernant l'h&#244;pital, ils ont d&#233;j&#224; un cheval de Troie id&#233;al : le statut d'&#233;tablissement priv&#233; &#224; but non lucratif, lequel a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; adopt&#233; par l'H&#244;pital europ&#233;en et l'h&#244;pital Saint-Joseph &#224; Marseille. Les salari&#233;s y sont sous contrat comme dans une clinique et ne disposent plus d'aucun des droits protecteurs associ&#233;s au statut de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation est en train de monter et devrait culminer lors de la manifestation intersyndicale du 16 juin &#8211; malgr&#233; la fatigue, la crainte d'&#234;tre r&#233;prim&#233;, les divisions traditionnelles qui peuvent ressortir &#224; tout moment... Parce qu'alors que la direction ne cesse de dire &#8220;&lt;i&gt;On a bien g&#233;r&#233; la situation&lt;/i&gt;&#8221;, les coll&#232;gues savent bien qu'ils ont &#233;t&#233; les seuls &#224; devoir faire face &#224; cette crise. Nous &#233;tions plusieurs centaines le 26 mai pour l'action men&#233;e lors du premier &#8220;mardi de la col&#232;re&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ce qui nous a permis de tenir, c'est l'entraide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne* est cadre de sant&#233; en canc&#233;rologie dans un h&#244;pital du Grand Est. En charge de deux &#233;quipes, elle estime que le gouvernement a failli dans sa gestion de crise &#8211; et pas qu'un peu.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, mes coll&#232;gues ont peur qu'une m&#233;daille remplace une augmentation salariale et les recrutements qui s'imposent pour bien faire fonctionner les services. On se dit que c'est encore un &#233;cran de fum&#233;e. Ce que les gens attendent autour de moi, c'est des moyens pour bien travailler, en termes de mat&#233;riel et de conditions de travail, ainsi que la reconnaissance de leur total investissement depuis le d&#233;but de cette crise. Et depuis bien avant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous a permis de tenir, c'est l'entraide. Nous avons re&#231;u des visi&#232;res imprim&#233;es en 3D par un collectif alsacien et tout un tas de mat&#233;riel qui ne venait pas de l'&#201;tat, mais par exemple d'entreprises. Je ne sais pas ce que &#231;a aurait donn&#233; si on avait d&#251; compter uniquement sur la r&#233;action du gouvernement. En fait, toutes ses mises en place logistiques ont tr&#232;s peu servi &#224; mes &#233;quipes. Pour le dire vite, c'est le r&#233;seau d'entraide qui a &#233;t&#233; le plus efficace et le plus r&#233;actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des annonces et du plan S&#233;gur, je suis dubitative. Surtout, j'ai entendu des membres de la majorit&#233; dire des choses d&#233;montrant qu'ils ne vivent pas dans le m&#234;me monde. Encore ce matin &lt;i&gt;[26 mai]&lt;/i&gt;, j'ai entendu l'un d'eux affirmer que les 35 heures &#224; l'h&#244;pital &#233;taient une b&#234;tise et que les infirmi&#232;res sont oblig&#233;es de faire des m&#233;nages parce qu'on ne leur propose pas de travailler plus. &#199;a, quand m&#234;me, il faut se l'entendre dire ! Quand on sait que le nombre d'heures suppl&#233;mentaires effectu&#233;es d&#233;passe largement les quotas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une prime ponctuelle ne va calmer personne. Ce que nous voulons, nous le crions haut et fort depuis des ann&#233;es. Et malgr&#233; tout, tu en as qui sont capables de dire que ce que le personnel soignant r&#233;clame d'abord avant tout, c'est de pouvoir travailler plus. C'est compl&#232;tement fou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret, Iffik Le Guen, Francesco Nocera &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;188</title>
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&lt;p&gt;En couverture : &#171; D&#233;confiner les luttes &#187; (illustr&#233; par &#201;milie Seto). Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... Actu d'ici Violences polici&#232;res racistes : &#171; On est toujours assign&#233;s au statut de colonis&#233;s &#187; &#8211; Pendant le confinement, un concentr&#233; de brutalit&#233; polici&#232;re s'est abattu sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathieu-Rigouste-1953" rel="tag"&gt;Mathieu Rigouste&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3136-c3ead.jpg?1782744718' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; D&#233;confiner les luttes &#187; (illustr&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.emilieseto.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;milie Seto&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020'&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu d'ici&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Violences polici&#232;res racistes : &#171; On est toujours assign&#233;s au statut de colonis&#233;s &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Pendant le confinement, un concentr&#233; de brutalit&#233; polici&#232;re s'est abattu sur les quartiers populaires de l'Hexagone, des propos d'un racisme crasse accompagnant bien souvent les coups. Pourtant, la France officielle continue de nier l'&#233;vidence. Entretien avec le militant antiraciste Omar Slaouti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Mathieu Rigouste : &#171; Les policiers sont dress&#233;s &#224; diff&#233;rencier les proies dont ils peuvent ab&#238;mer les corps &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis son premier ouvrage, &lt;i&gt;L'ennemi int&#233;rieur : la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine&lt;/i&gt;, le sociologue Mathieu Rigouste d&#233;cortique les faces cach&#233;es du maintien de l'ordre et des marchands de peur. Dans cet entretien, il replace dans le temps long l'explosion des violences polici&#232;res qui touche les quartiers populaires au temps du Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Impunit&#233; polici&#232;re : qui gardera les gardiens ?&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;i&gt;Quis custodiet ipsos custodes ?&lt;/i&gt; L'interrogation du po&#232;te antique Juv&#233;nal n'a pas pris une ride en ces temps de fi&#232;vre s&#233;curitaire. Deux r&#233;centes condamnations de &#171; gardiens de la paix &#187; pour des faits de violence &#224; Marseille pourraient constituer un d&#233;but de r&#233;ponse. H&#233;las fort exceptionnelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'h&#233;licopt&#232;re, la cam&#233;ra thermique et les &#171; chasseurs de morilles &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Les campagnes et les espaces naturels n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; la surveillance qui a d&#233;ferl&#233; pendant le confinement. Cluster du coronavirus, Izaut-de-l'H&#244;tel a m&#234;me pris des allures de laboratoire r&#233;pressif. Dans ce village du pi&#233;mont pyr&#233;n&#233;en, au motif de l'injonction &#224; &#171; rester chez soi &#187;, les autorit&#233;s ont encore accentu&#233; la militarisation du maintien de l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le virus de la t&#233;l&#233; servile : Covid-ORTF&lt;/strong&gt; &#8211; Samuel Gontier est journaliste &#224; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, pour lequel il tient notamment une chronique caustique de l'incurie t&#233;l&#233;visuelle, &#171; Ma vie au poste &#187;. Un travail &#224; la fois d&#233;sopilant et navrant, permettant de saisir l'ampleur de la soumission des grandes cha&#238;nes d'information aux pouvoirs en place. Pour CQFD, il d&#233;crit ici leur servilit&#233; par temps de Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Gwen Fauchois : &#171; Les citoyens ne d&#233;cident de rien mais sont responsables de tout &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Ancienne vice-pr&#233;sidente d'Act Up-Paris, Gwen Fauchois a particip&#233; en premi&#232;re ligne aux luttes de la &#171; communaut&#233; Sida &#187; dans les ann&#233;es 1990. &#192; l'aune de cette exp&#233;rience militante, elle d&#233;cortique l'incurie des autorit&#233;s dans la gestion de la crise sanitaire actuelle. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH510/-1547-d2efd.jpg?1782638466' width='400' height='510' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Serge D'Ignazio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pour l'h&#244;pital : de la maille, pas des m&#233;dailles !&lt;/strong&gt; &#8211; Dans notre num&#233;ro d'avril, nous donnions la parole &#224; plusieurs travailleuses et travailleurs hospitaliers. C'&#233;tait le d&#233;but de la crise sanitaire et nos interlocuteurs se pr&#233;paraient au pire, tout en maudissant les gouvernements successifs responsables du piteux &#233;tat de l'h&#244;pital public. Deux mois plus tard, nous r&#233;cidivons. Une &#233;vidence : les probl&#232;mes structurels du service public de la sant&#233; demeurent. Une certitude : dans le &#171; monde d'apr&#232;s &#187;, rien ne sera obtenu sans lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dans l'enfer de la psychiatrie covidienne&lt;/strong&gt; &#8211; Tout autant que les autres services m&#233;dicaux, l'h&#244;pital psychiatrique est &#224; l'agonie depuis des ann&#233;es. Il n'a pas non plus &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; par le Covid-19. Pourtant, tout au long de la crise sanitaire, il est rest&#233; cantonn&#233; au silence. Pire, les murs de l'asile n'attendaient que cet &#233;pisode pour se redresser, condamnant les patients &#224; encore plus d'enfermement dans l'enfermement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Couturi&#232;res d&#233;ter' : &#171; Si l'&#201;tat a des besoins de main-d'oeuvre, qu'il nous embauche &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s avoir pass&#233; plus de deux mois &#224; confectionner masques et surblouses b&#233;n&#233;volement, de nombreuses couturi&#232;res ont pris conscience que leur &#233;lan de solidarit&#233; &#233;tait en passe d'&#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;. Des mairies qui font &#339;uvrer des professionnelles sans les r&#233;mun&#233;rer et des entreprises qui les paient moins de 3 &#8364; de l'heure : bienvenue dans le monde merveilleux du travail gratuit au f&#233;minin, mis en lumi&#232;re par la crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Dans les faits, l'&#233;cole n'a toujours pas rouvert &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Entretien avec Karim Bacha, directeur de l'&#233;cole &#233;l&#233;mentaire Samira-Bellil &#224; l'&#206;le-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et porte-parole du syndicat SNUipp-FSU 93.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actu d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Au Congo-Kinshasa, c'est le rem&#232;de qui risque de tuer le malade&lt;/strong&gt; &#8211; En R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Covid-19 reste encore discret. Mais les mesures prises pour &#233;viter sa propagation ont des effets secondaires n&#233;fastes. Entre autres ph&#233;nom&#232;nes, la fermeture des fronti&#232;res, le ralentissement de l'&#233;conomie et la r&#233;duction des budgets humanitaires d&#233;di&#233;s &#224; d'autres maladies pourraient faire bien plus de morts que le coronavirus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Courrier d'une autre Am&#233;rique : &#171; La &#8220;race&#8221;, la classe et le Covid-19 &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Aux &#201;tats-Unis, les Am&#233;rindiens, les Latinos et les Afro-Am&#233;ricains meurent du Covid-19 &#224; un taux beaucoup plus &#233;lev&#233; que la population blanche. Cette surmortalit&#233; a des raisons historiques : in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s &#224; la sant&#233;, exposition accrue &#224; la pollution, pauvret&#233; et stress li&#233; &#224; la vie dans une soci&#233;t&#233; raciste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-1549-a444b.jpg?1782644611' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mc McGill
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fuck da Minneapolice&lt;/strong&gt; &#8211; Dans un contexte de crise sociale sans pr&#233;c&#233;dent depuis 1929, la col&#232;re provoqu&#233;e par l'&#233;tranglement de George Floyd par un flic &#224; Minneapolis est en train de mettre le feu aux poudres de l'Am&#233;rique de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Bouquins et id&#233;es...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Tout est &#224; inventer pour un service bancaire au service de la population &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans le fort punchy &lt;i&gt;Force de vente : dans la peau d'un conseiller financier&lt;/i&gt;, publi&#233; aux belles &#233;ditions du Monde &#224; l'envers, Damien Leli&#232;vre (un pseudo) raconte son quotidien d'employ&#233; de banque et d&#233;crypte son malaise grandissant face aux r&#244;les qu'on lui fait jouer. Une certitude : son t&#233;moignage, pourtant touchant et sensible, ne va pas aider &#224; r&#233;habiliter l'image du secteur bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des f&#233;minismes islamiques&lt;/strong&gt; &#8211; &#171; &lt;i&gt;Retourner les textes sacr&#233;s contre le patriarcat&lt;/i&gt; &#187;. C'est le plan audacieux mis sur pied par des musulmanes qui refusent de laisser aux promoteurs d'un islam r&#233;solument misogyne le monopole de l'interpr&#233;tation des textes. Ce mouvement de pens&#233;e aux contours vari&#233;s est pr&#233;sent&#233; par Zahra Ali dans son livre &lt;i&gt;F&#233;minismes islamiques&lt;/i&gt;, publi&#233; initialement en 2012 et r&#233;cemment r&#233;&#233;dit&#233;. Aper&#231;u express d'un propos qui interpelle, quand il ne d&#233;range pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : &#224; l'assaut des saints offices&lt;/strong&gt; &#8211; Les &#233;ditions Alia ressortent l'ensemble, colossal, des &#233;crits anthumes (1922-1967) du surr&#233;aliste de combat belge Paul Noug&#233;. &#199;a s'appelle &lt;i&gt;Au palais des images les spectres sont rois&lt;/i&gt; et c'est, dans leur ordre chronologique, une temp&#234;te force 10 de tracts, articles, pr&#233;faces, manifestes, notes, po&#232;mes, ex&#233;g&#232;ses ou invectives s'&#233;tant abattue sur les chafouineries dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Queen Kong : l'espoir est une discipline&lt;/strong&gt; &#8211; Avec son film &lt;i&gt;Halte&lt;/i&gt;, sorti en juillet 2019, soit il y a plusieurs ann&#233;es-lumi&#232;re, le r&#233;alisateur philippin Lav Diaz faisait de la science-fiction. Dans un territoire lamin&#233; par des &#233;pid&#233;mies justifiant un contr&#244;le permanent et intrusif de la population, survol&#233; de drones inquisiteurs, plong&#233; dans une nuit permanente &#233;voquant l'absence de perspective et le confinement, un pr&#233;sident schizophr&#232;ne r&#233;gnait avec un autoritarisme croissant sur une population habitu&#233;e &#224; raser les murs. L'action n'&#233;tait certes situ&#233;e qu'en 2034, mais tout est all&#233; un peu plus vite que pr&#233;vu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fiction : &#171; Ta gueule, Olaf ! &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Le Chien Noir a r&#233;cidiv&#233;. Comme le mois dernier, il nous a envoy&#233; une nouvelle, en l'occurrence une petite improvisation sur un futur qui s'annonce m&#233;chamment b&#233;tonn&#233;, &#224; faire flipper Tonton Orwell. Et comme personne ne s'appelle Olaf &#224; la r&#233;dac', on a d&#233;cid&#233; de la publier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Penurie-de-decence' class=&#034;spip_in&#034;&gt;P&#233;nurie de d&#233;cence&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3357 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1545-e3b3d.jpg?1782644611' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;188 de CQFD, illustr&#233;e par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le n&#176;188 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est en kiosque du 5 juin au 2 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez pr&#232;s de 3 000 marchands de journaux partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_3358 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-22.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 937.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;188 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; quelle sauce le Covid-capitalisme va-t-il nous bouffer ?</title>
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		<dc:date>2020-06-05T01:54:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En d&#233;pit des d&#233;clarations socialisantes d'un Macron plus hypocrite que jamais, le n&#233;olib&#233;ralisme, touch&#233; mais pas coul&#233;, est d&#233;j&#224; repass&#233; &#224; l'offensive. Quelles nouvelles formes prendra-t-il ? Peut-on esp&#233;rer infl&#233;chir l'histoire ? Trois chercheurs critiques font leur pronostic. La sortie du confinement poignait &#224; peine &#224; l'horizon que le patron des patrons, Geoffroy Roux de B&#233;zieux, promettait d&#233;j&#224; de nous faire cravacher, afin de r&#233;cup&#233;rer une plus-value gripp&#233;e depuis de longues (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kalem" rel="tag"&gt;Kalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deja" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sociale" rel="tag"&gt;sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politiques" rel="tag"&gt;politiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;pit des d&#233;clarations socialisantes d'un Macron plus hypocrite que jamais, le n&#233;olib&#233;ralisme, touch&#233; mais pas coul&#233;, est d&#233;j&#224; repass&#233; &#224; l'offensive. Quelles nouvelles formes prendra-t-il ? Peut-on esp&#233;rer infl&#233;chir l'histoire ? Trois chercheurs critiques font leur pronostic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/-1529-3bf4f.jpg?1782641148' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La sortie du confinement poignait &#224; peine &#224; l'horizon que le patron des patrons, Geoffroy Roux de B&#233;zieux, promettait d&#233;j&#224; de nous faire cravacher, afin de r&#233;cup&#233;rer une plus-value gripp&#233;e depuis de longues semaines : &#171; &lt;i&gt;Il faudra bien se poser t&#244;t ou tard la question du temps de travail, des jours f&#233;ri&#233;s et des cong&#233;s pay&#233;s pour accompagner la reprise &#233;conomique et faciliter, en travaillant un peu plus, la cr&#233;ation de croissance suppl&#233;mentaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette d&#233;claration du 11 avril, le boss du Medef a choisi de temporiser au nom du &#171; pacte r&#233;publicain &#187;, mais l'agenda patronal a d&#233;j&#224; pris ses marques. Dans un grand &#171; yakafokon &#187;, un chroniqueur des &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt; fustige les syndicats qui &#233;voqueraient le &#171; droit de retrait &#187; face &#224; l'&#233;pid&#233;mie : &#171; &lt;i&gt;Il faut dire aux salari&#233;s fran&#231;ais qu'il faut retourner au travail, que &#8220;le risque z&#233;ro&#8221; n'existe pas, que l'empirisme et le relativisme doivent &#234;tre les nouveaux principes directeurs, bref qu'il faut faire &#8220;au mieux&#8221;.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Le Boucher, &#171; D&#233;confinement : la responsabilit&#233; historique des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Dans le m&#234;me temps, les inspecteurs du travail sont vent debout contre Muriel P&#233;nicaud, leur ministre de tutelle, accus&#233;e d' &#187; &lt;i&gt;organiser la paralysie de l'inspection du travail&lt;/i&gt; &#187;, notamment par la mise &#224; pied, le 15 avril, d'un inspecteur du travail de la Marne qui avait &#171; &lt;i&gt;saisi le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s contre une entreprise d'aide &#224; domicile qui ne respectait pas &#224; ses yeux les mesures de protection&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erwan Manac'h, &#171; Salari&#233;s expos&#233;s au Covid : &#8220;Le minist&#232;re du Travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Et les milieux patronaux, Medef inclus, m&#232;nent un intense lobbying pour que Bruxelles revoie &#224; la baisse les normes concernant la r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et les avanc&#233;es en faveur d'une gestion durable des ressources. Bref, rien n'a chang&#233; du c&#244;t&#233; du culte de l'effort et de la course au profit irresponsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe que la crise du Covid-19 ait r&#233;v&#233;l&#233; aux yeux de tous l'inutilit&#233; sociale et la nuisance des &#171; premiers de cord&#233;e &#187; pour rendre enfin visible le r&#244;le indispensable des &#171; premiers de corv&#233;e &#187; &#8211; soignants, agents du nettoyage, facteurs, enseignants, cheminots, routiers, caissi&#232;res, livreurs, manutentionnaires, saisonniers agricoles, etc. &#8211;, en m&#234;me temps qu'&#233;tait expos&#233;e m&#233;diatiquement l'intol&#233;rable pr&#233;carit&#233; de ces petites mains, qui constituent au passage la grande partie du salariat f&#233;minin. Si cette &#171; r&#233;v&#233;lation &#187; a mis un coup &#224; la th&#233;orie du ruissellement, les managers de l'exploitation, eux, voudraient vite reprendre les r&#234;nes par crainte qu'elles ne leur &#233;chappent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'&#201;tat et de son argent magique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Disruptif dans sa &#171; disruption &#187;, Macron d&#233;clare d&#233;sormais qu'il &#171; &lt;i&gt;est des biens et des services qui doivent &#234;tre plac&#233;s en dehors des lois du march&#233;&lt;/i&gt; &#187; (12 mars) et que &#171; &lt;i&gt;le pays tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos &#233;conomies reconnaissent et r&#233;mun&#232;rent si mal&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On vient d'ailleurs d'apprendre par FO et la CFDT qu'Auchan n'octroiera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; (13 avril). Copiant le lexique m&#233;lenchonien, il parle tout de go de &#171; &lt;i&gt;b&#226;tir une strat&#233;gie o&#249; nous retrouverons le temps long, la possibilit&#233; de planifier, la sobri&#233;t&#233; carbone, la pr&#233;vention, la r&#233;silience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises &#224; venir&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que Bruno Le Maire, ministre de l'&#201;conomie, avertissait le 10 avril : &#171; &lt;i&gt;Je ne signerai aucun pr&#234;t garanti par l'&#201;tat pour une entreprise qui verserait des dividendes &#224; ses actionnaires.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter le 23 avril : &#171; &lt;i&gt;Il va de soi que si une entreprise a son si&#232;ge fiscal ou des filiales dans un paradis fiscal, je veux le dire avec beaucoup de force, elle ne pourra pas b&#233;n&#233;ficier des aides de tr&#233;sorerie de l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187; Avant de r&#233;trop&#233;daler en moins de 24 heures dans la plus grande confusion. Voil&#224; qui illustre &#224; merveille une des applications concr&#232;tes du n&#233;olib&#233;ralisme pendant la crise de 2008-2009 : privatisation des profits et mutualisation des pertes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne nous laissons pas avoir par ces soudaines prises de conscience vertueuses &#224; l'&#233;gard des exc&#232;s de la mondialisation capitaliste : si l'interventionnisme d'&#201;tat cherche &#224; emp&#234;cher la banqueroute g&#233;n&#233;ralis&#233;e, garantir la solvabilit&#233; des entreprises et permettre une indemnisation aux travailleurs en ch&#244;mage partiel, il n'augure en rien une meilleure organisation sociale. On sait &#224; quel point les choix strat&#233;giques de l'industrie fran&#231;aise &#8211; priorit&#233; &#224; l'armement au d&#233;triment de la sant&#233;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Serfati, &#171; Les choix industriels amplifient la catastrophe sociale &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#8211; ont amplifi&#233; la catastrophe sanitaire actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, &#224; l'heure o&#249; la r&#233;cession menace des millions de personnes du ch&#244;mage et de la faillite, on entend moins les id&#233;ologues du n&#233;o-lib&#233;ralisme assumer leur darwinisme social en vantant ouvertement la &#171; destruction cr&#233;atrice &#187; induite par le Covid-19, qui permettrait de rebattre les cartes, d&#233;truire les maillons faibles et cr&#233;er encore plus de capital. Les z&#233;lateurs de la main invisible ne font plus secret que la seule option de sauvetage, temporairement du moins, est l'&#233;conomie mixte &#8211; davantage d'intervention &#233;tatique, donc. C'est ce que pr&#244;ne Willem Buiter, ancien &#233;conomiste en chef pour Citigroup (neuvi&#232;me entreprise financi&#232;re mondiale&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le magazine Forbes (classement 2019).&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;)... quitte &#224; forcer un peu le trait sur le caract&#232;re &#171; socialiste &#187; de ce revirement : &#171; &lt;i&gt;Comme l'indique la trajectoire de la crise Covid-19, les &#233;conomies de march&#233; capitalistes devront c&#233;der la place, au moins temporairement, &#224; une forme improvis&#233;e de socialisme visant &#224; restaurer les flux de revenus des m&#233;nages et des entreprises.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Willem Buiter, &#171; Pandemic Socialism &#187;, Project-Syndicate.org (09/04/2020).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, quand l'&#233;conomiste social-d&#233;mocrate Thomas Piketty se demande si &#171; &lt;i&gt;la crise &#233;pid&#233;mique Covid-19 va pr&#233;cipiter la fin de la mondialisation marchande et lib&#233;rale et l'&#233;mergence d'un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement, plus &#233;quitable et plus durable&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Piketty, &#171; L'urgence absolue est de prendre la mesure de la crise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;, on se dit plut&#244;t qu' &#187; &lt;i&gt;au bout du compte et en derni&#232;re analyse&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me le plus bal&#232;ze des plans keyn&#233;siens repeint en vert fa&#231;on Green New Deal ne servira qu'&#224; remettre en selle une machine capitaliste r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, sans doute sur le mode d'une relocalisation des industries et d'un nationalisme &#233;conomique renouvel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quels possibles malgr&#233; tout ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face au d&#233;sastre annonc&#233; de la pire crise &#233;conomique depuis 1929 (selon le FMI), quelles perspectives s'offrent &#224; nous ? L'historien J&#233;r&#244;me Baschet pr&#233;conise de redoubler nos pratiques &#171; &lt;i&gt;d'entraide et d'auto-organisation&lt;/i&gt; &#187; et aussi de nous poser concr&#232;tement la question de l'autoproduction, notamment alimentaire. Alors, le tissu renforc&#233; de l'autonomie en actes &#171; &lt;i&gt;devrait conduire assez logiquement &#224; amplifier le d&#233;sir de faire &#233;merger des formes d'autogouvernement communal&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, comme avant le virus, se pose l'urgence du choix entre deux mod&#232;les de soci&#233;t&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les possibles d'avant deviennent un peu plus possibles qu'avant. Bien s&#251;r, cela vaut tout autant pour le renforcement des formes de domination &#8211; qui pourraient bien ajouter &#224; leur panoplie d&#233;j&#224; fournie l'&#233;tat d'exception sanitaire permanent &#8211; que pour toutes celles et ceux qui sont pr&#234;ts &#224; &#339;uvrer s&#233;rieusement pour retrouver des mondes vivables, d&#233;barrass&#233;s de la tyrannie de l'&#201;conomie.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; Qu'est-ce qu'il nous arrive ? &#187;, Lundi matin (13/04/2020).&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Quand c'est vraiment important, le march&#233; ne sert &#224; rien &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trois regards crois&#233;s sur la grande d&#233;pression qui vient. &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;C&#233;dric Durand&lt;/strong&gt; fait partie du collectif des &#201;conomistes atterr&#233;s et a publi&#233; en 2014 &lt;i&gt;Le capital fictif : comment la finance s'approprie notre avenir&lt;/i&gt; aux &#233;ditions Les Prairies ordinaires. Il y pr&#233;face &#233;galement le classique du g&#233;ographe marxiste David Harvey, &lt;i&gt;Les Limites du capital&lt;/i&gt; (1981), qui sera republi&#233; dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Francine Mestrum&lt;/strong&gt; est une chercheuse en sciences sociales belge, administratrice du Cetri (Centre tricontinental) et membre du Conseil international du Forum social mondial. Elle est l'auteure de la brochure &lt;i&gt;Le commun social &#8211; R&#233;flexions sur une justice sociale post-n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt; (disponible sur &lt;a href=&#034;http://socialcommons.eu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Socialcommons.eu&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Christian Laval&lt;/strong&gt; est sociologue et sp&#233;cialiste du lib&#233;ralisme. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages en collaboration avec le philosophe Pierre Dardot, dont &lt;i&gt;Commun &#8211; Essai sur la r&#233;volution au XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; (2014, La D&#233;couverte) et &lt;i&gt;L'ombre d'Octobre &#8211; La R&#233;volution russe et le spectre des soviets&lt;/i&gt; (2017, Lux &#233;diteur).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH563/-1542-bd72e.jpg?1782672582' width='400' height='563' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fin du n&#233;olib&#233;ralisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Peut-on voir dans l'annonce d'un r&#233;investissement de l'&#201;tat, d'une relocalisation industrielle strat&#233;gique et de la reconsid&#233;ration des services publics de sant&#233;, une inflexion g&#233;n&#233;rale de la politique n&#233;olib&#233;rale men&#233;e depuis une trentaine d'ann&#233;es ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Sans aucun doute. La crise de 2008 a d&#233;finitivement enterr&#233; l'id&#233;e que les march&#233;s financiers pouvaient s'autor&#233;guler. Le choc du coronavirus, c'est la seconde mort du n&#233;olib&#233;ralisme. Et cette fois il ne s'en rel&#232;vera pas. Certes, l'origine virale de l'effondrement &#233;conomique en cours ne peut pas &#234;tre directement imput&#233;e &#224; telle ou telle version du capitalisme &#8211; c'est bien le productivisme en tant que tel qui, du fait de la pression croissante sur la biosph&#232;re, a accru la vuln&#233;rabilit&#233; biologique de notre esp&#232;ce. Cependant, les politiques n&#233;olib&#233;rales n'ont pas arrang&#233; les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique du z&#233;ro stock qui accompagne la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, c'est d'abord un arr&#234;t brutal de toute une s&#233;rie de secteurs d&#232;s les premi&#232;res toux meurtri&#232;res. La secousse suivante est bien pire, puisque cette fois c'est la logique du moindre co&#251;t appliqu&#233;e &#224; la sant&#233; qui expose directement les corps sociaux &#224; l'attaque du Covid-19 : depuis des mois, les personnels m&#233;dicaux d&#233;non&#231;aient la d&#233;gradation des conditions de soin &#224; l'h&#244;pital public. Mais il y a plus : l'absence de stocks de m&#233;dicaments, les semaines de cafouillage sur le gel hydroalcoolique, les masques et les tests ont r&#233;v&#233;l&#233; cr&#251;ment les d&#233;g&#226;ts de d&#233;cennies de d&#233;nigrement et d'&#233;conomies sur le dos de la fonction publique. L'impr&#233;paration, le manque de coordination &#224; tous les niveaux et les retards pour mobiliser l'appareil productif au service de l'urgence sanitaire ont sobrement rappel&#233; que, quand c'est vraiment important, le march&#233; ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la gestion du choc &#233;conomique du confinement ne laisse d'autre choix au gouvernement que de mettre en &#339;uvre des politiques aux antipodes de ses hochets id&#233;ologiques habituels : l'argent magique coule &#224; flots et on se rend compte que l'&#201;tat peut sans coup f&#233;rir indemniser du jour au lendemain la moiti&#233; des salari&#233;s du secteur priv&#233;. M&#234;me si le patronat essaie de sauver la face en brandissant la rh&#233;torique des sacrifices pour des lendemains qui d&#233;chantent, le pouvoir macronien a compris qu'il allait falloir inventer autre chose, pour sauver l'essentiel. Le fond de l'air porte un parfum de n&#233;o-dirigisme, une forme de r&#233;gulation dont le capitalisme a d&#233;j&#224; su s'accommoder par le pass&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; Les n&#233;olib&#233;raux ont tellement menti apr&#232;s 2008, jurant que &#8220;rien ne serait plus pareil&#8221;, que nous ne devons pas croire sur parole leur soudaine conversion &#224; l'&#201;tat-providence. Quand l'&#233;conomie capitaliste s'enraye ou s'effondre, l'&#201;tat-pompier fait son travail pour sauver ce qu'il peut de la logique d'accumulation du capital. Vieille histoire. Il y a trente ans, Anicet Le Pors &lt;i&gt;[ancien ministre communiste]&lt;/i&gt; parlait des &#8220;&lt;i&gt;b&#233;quilles du capital&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus nouveau, et c'est ce que Pierre Dardot et moi-m&#234;me montrions dans notre livre &lt;i&gt;Le cauchemar qui n'en finit pas &lt;/i&gt;(La D&#233;couverte, 2016) : le n&#233;olib&#233;ralisme, &#233;tant devenu un vrai syst&#232;me mondial cristallis&#233; dans des institutions, des r&#232;gles, des l&#233;gislations, ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une simple id&#233;ologie ou une doctrine qui pourrait dispara&#238;tre d'un coup de vent. En r&#233;alit&#233;, ce &#224; quoi nous avons affaire depuis tr&#232;s longtemps, c'est &#224; un &#8220;gouvernement par la crise&#8221;, c'est-&#224;-dire un mode de renforcement tr&#232;s particulier du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral &#224; partir des crises qu'il engendre. Ce m&#233;canisme d'autorenforcement s'est bien s&#251;r observ&#233; apr&#232;s 2008, mais aussi &#224; travers les crises sociales et politiques de ces derni&#232;res ann&#233;es. La vraie r&#233;ponse aux Gilets jaunes, &#231;a a &#233;t&#233; quoi ? La r&#233;forme de l'indemnisation ch&#244;mage et la r&#233;forme des retraites. L'enfumage ne va pas durer longtemps : d&#233;j&#224; le Code du travail a explos&#233;, des inspecteurs du travail sont sanctionn&#233;s quand ils d&#233;fendent la s&#233;curit&#233; des salari&#233;s, et la facture sera pr&#233;sent&#233;e d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; la masse des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des fonctionnaires. Et surtout pas question d'augmenter les imp&#244;ts sur les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est assez &#233;vident que les lacunes &#233;normes de l'&#201;tat, cons&#233;quences &#233;videntes des politiques d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es &#224; la sant&#233;, entra&#238;nent une formidable col&#232;re dans la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dette&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La pr&#233;sidente de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), Christine Lagarde, a estim&#233; &#171; &lt;i&gt;totalement impensable&lt;/i&gt; &#187; l'id&#233;e d'une annulation globale des dettes contract&#233;es par les &#201;tats de la zone euro. Peut-on imaginer au contraire une remise &#224; z&#233;ro des compteurs de la dette &#8211; notamment celles des pays africains comme l'a fallacieusement &#233;voqu&#233; Macron &#8211; un &#171; &lt;i&gt;jubil&#233;&lt;/i&gt; &#187;, tel que l'a d&#233;fini l'anthropologue David Graeber ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Le monde croule sous les dettes et celles-ci seront moins soutenables que jamais au sortir de la d&#233;pression actuelle. C'est en particulier le cas pour la dette des entreprises, qui vont donc b&#233;n&#233;ficier d'une perfusion longue dur&#233;e. C'est aussi le cas pour des pays du Sud, &#233;trangl&#233;s par l'effondrement en cours et certains pays europ&#233;ens comme l'Italie. La situation &#233;conomique et financi&#232;re de ce pays est insoluble dans le cadre des institutions actuelles. Nous ne ferons pas l'&#233;conomie d'une nouvelle crise existentielle de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez bien raison de brandir l'id&#233;e d'un jubil&#233;. Politiquement, il est essentiel de faire tomber le mur de la dette pour couper l'herbe sous le pied de tous ceux qui, &#224; l'instar de Fran&#231;ois Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, commencent d&#233;j&#224; &#224; nous seriner avec la perspective de &#8220;&lt;i&gt;d&#233;penses publiques enfin plus s&#233;lectives&lt;/i&gt;&#8221;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il n'y a pas de miracle : nous devrons porter plus longtemps des dettes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire ? Il y a principalement trois m&#233;thodes. La moins douloureuse pour le capital, c'est le r&#233;&#233;chelonnement perp&#233;tuel. Et le grand int&#233;r&#234;t d'une telle solution pour les cr&#233;anciers &#8211; en l'occurrence la BCE qui d&#233;tient une part consid&#233;rable et croissante des dettes publiques de la zone euro &#8211;, c'est qu'ils peuvent &#224; tout moment brandir de nouvelles exigences : la dette roule &lt;i&gt;ad vitam &#230;ternam&lt;/i&gt;, elle est inactive financi&#232;rement, mais elle demeure comme arme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde solution, c'est l'inflation. C'est extr&#234;mement efficace et, relativement aux autres solutions, indolore : &#224; 5 ou 10 % de hausse des prix et des revenus, la dette contract&#233;e &#224; des taux proches de z&#233;ro est rapidement ramen&#233;e &#224; des proportions du revenu tr&#232;s raisonnables, comme on l'a vu apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me solution, la plus int&#233;ressante politiquement, serait une r&#233;pudiation unilat&#233;rale de tout ou partie des dettes publiques, accompagn&#233;e &#233;ventuellement d'une mesure directe pour les m&#233;nages jusqu'&#224; un certain montant, 50 000 &#8364; par exemple. &#201;videmment le syst&#232;me financier actuel ne pourrait absorber un tel choc. Mais n'est-il pas d&#233;j&#224; soutenu &#224; bout de bras par les banques centrales ? Ce serait l'occasion de le faire passer sous contr&#244;le public et de saisir l'opportunit&#233; des effets en cha&#238;ne d'une telle mesure pour r&#233;injecter une tr&#232;s s&#233;rieuse dose de d&#233;mocratie dans notre syst&#232;me &#233;conomique, par exemple en donnant les moyens &#233;conomiques d'imposer au capital une planification publique de la transition &#233;cologique et sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pauvret&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Selon un rapport d'Oxfam, la r&#233;cession g&#233;n&#233;ralis&#233;e et les effondrements des PIB li&#233;s au Covid-19 risquent de faire basculer un demi-milliard de personnes de plus dans la pauvret&#233;. Par quelles politiques de justice sociale pourrait-on endiguer l'extr&#234;me d&#233;nuement ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Francine Mestrum :&lt;/strong&gt; &#171; La seule fa&#231;on de s'attaquer &#224; la pauvret&#233; est de stopper les processus d'appauvrissement et d'introduire des politiques universelles, ce qui ne signifie pas les m&#234;mes politiques pour tous. Tous ceux qui ne cessent d'attirer l'attention sur les &#8220;plus vuln&#233;rables&#8221; ne font que renforcer les id&#233;ologies et les politiques des n&#233;olib&#233;raux &#8211; Banque mondiale en t&#234;te &#8211; qui veulent seulement une &#8220;protection sociale&#8221; pour les plus pauvres. Or, les pauvres ne sont pas les seules victimes de la crise : les femmes, les handicap&#233;s, les peuples indig&#232;nes le sont &#233;galement. C'est pourquoi il faut des politiques universelles, une protection sociale publique et universelle avec une prise en compte des besoins sp&#233;cifiques de chacun, bas&#233;e sur les droits et sur la solidarit&#233;. La protection sociale indispensable r&#233;sulte de la s&#233;curit&#233; sociale, de l'assistance, du droit du travail et, &#233;l&#233;ment essentiel, des services publics. Dans la crise actuelle, un acc&#232;s aux soins de sant&#233; pour tous, gratuit ou quasi gratuit, est essentiel. Et tout cela, bien entendu, dans un contexte &#233;conomique diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me semble &#234;tre plus important encore est que nous r&#233;examinions les politiques de &#8220;d&#233;veloppement&#8221; et de &#8220;coop&#233;ration&#8221;, car jusqu'ici les pays du Sud n'ont jamais eu une possibilit&#233; de &#8220;se d&#233;velopper&#8221;, ni dans les ann&#233;es 1960 et encore moins dans les d&#233;cennies de la &#8220;mondialisation&#8221;. Si les vieilles th&#233;ories sur le d&#233;veloppement m&#233;ritent d'&#234;tre critiqu&#233;es &#8211; car focalis&#233;es sur la croissance, en l'absence de la dimension &#233;cologique et avec une faible attention pour le social &#8211; ces grands principes restent tout &#224; fait valables. Il doit s'agir dans tous les cas d'une modernisation et d'une diversification des &#233;conomies soutenables, d'une transformation sociale, d'une coresponsabilit&#233; du Nord et du Sud et de solidarit&#233;. Les choix doivent &#234;tre faits par les peuples eux-m&#234;mes, car ni le d&#233;veloppement ni la modernit&#233; ne peuvent &#234;tre impos&#233;s par l'ext&#233;rieur. Ce dont il s'agit, c'est de changer les relations de pouvoir entre le Nord et le Sud et de s'attaquer aux grandes in&#233;galit&#233;s qui rendent toute politique alternative impossible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;dric Durand :&lt;/strong&gt; &#171; Pour des millions de personnes, la crise du coronavirus signifie une pr&#233;carisation accrue. Dans un tel contexte, toutes les garanties qui pourraient &#234;tre apport&#233;es sont bienvenues : ch&#244;mage partiel int&#233;gral, augmentation des minima sociaux, suspension des loyers et des factures, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette crise est aussi un moment de questionnement des valeurs : qu'est-ce que le travail utile ? Comment est-il reconnu et r&#233;mun&#233;r&#233; ? C'est le moment de tordre d&#233;finitivement le cou au mythe des &#8220;premiers de cord&#233;e&#8221; et de revenir sur les privil&#232;ges exorbitants arrach&#233;s par les tr&#232;s riches au cours de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale. Des mesures fortes de justice fiscale et la restauration de m&#233;canismes de contr&#244;le sur la circulation des capitaux seraient un tsunami glac&#233; sur la cupidit&#233; chauff&#233;e &#224; blanc des classes dominantes. &#192; l'inverse, un tel contre-choc pourrait restituer un peu de la confiance perdue des classes populaires dans leur propre puissance politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH403/-1543-48f34.jpg?1782672582' width='400' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gie du choc&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Faut-il aussi redouter ce que la journaliste et essayiste Naomi Klein d&#233;finit comme une &#171; &lt;/i&gt;strat&#233;gie du choc&lt;i&gt; &#187;, &#224; savoir que la sid&#233;ration provoqu&#233;e par le coronavirus peut servir d'aubaine pour parachever la d&#233;molition des droits sociaux ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; L'expression de Naomi Klein est tr&#232;s parlante, m&#234;me si elle a une petite connotation complotiste assez g&#234;nante. Il ne s'agit pas en l'occurrence d'une &#8220;strat&#233;gie&#8221;. Et il ne faut surtout pas tomber dans le d&#233;lire d'un &lt;i&gt;[philosophe tel que Giorgio] &lt;/i&gt;Agamben qui a parl&#233; dans le journal italien &lt;i&gt;Il Manifesto&lt;/i&gt;, puis dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'&#233;pid&#233;mie montre clairement que l'&#233;tat d'exception est devenu la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, d'&#8220;&lt;i&gt;invention de l'&#233;pid&#233;mie&lt;/i&gt;&#8221; ou de &#8220;&lt;i&gt;conspirations pour ainsi dire objectives&lt;/i&gt;&#8221;. Ce qu'on a vu pr&#233;c&#233;demment, c'&#233;tait plut&#244;t une s&#233;rie d'opportunit&#233;s qui n'&#233;taient absolument pas programm&#233;es, et dont surent se saisir les gouvernants pour acc&#233;l&#233;rer des transformations d&#233;j&#224; en cours, et ceci sous pr&#233;texte &#8220;d'adaptation&#8221;, pour que le pays ne &#8220;prenne pas de retard&#8221; ou &#8220;ne perde pas sa comp&#233;titivit&#233;&#8221;, etc. On conna&#238;t maintenant par c&#339;ur cette m&#233;thode de gouvernement, qui renvoie &#224; l'existence d'un syst&#232;me mondial organis&#233; pour la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'accumulation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on peut donc craindre un nouveau sc&#233;nario de ce genre, ainsi qu'une d&#233;gradation de la situation des salari&#233;s, il faut aussi rappeler que rien n'est jou&#233; d'avance, qu'un renversement historique est toujours possible. Le n&#233;olib&#233;ralisme n'a pas toujours &#233;t&#233; cette normativit&#233; triomphante, et d'ailleurs, au cours de son d&#233;ploiement mondial, il a toujours rencontr&#233; des obstacles, des r&#233;sistances. Je l'ai dit : je crois immense la col&#232;re contre les politiques n&#233;olib&#233;rales. Et on peut m&#234;me esp&#233;rer que &#8220;&lt;i&gt;l'espace public oppositionnel&lt;/i&gt;&#8221; &lt;i&gt;[titre d'un ouvrage du philosophe Oskar Negt]&lt;/i&gt; sorte consid&#233;rablement renforc&#233; de l'&#233;preuve. Le moins que l'on puisse dire est que la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir est s&#233;rieusement atteinte, et cela ouvre des possibilit&#233;s in&#233;dites &#224; &#8220;l'insurrection des consciences&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Communs&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'urgence &#171; &lt;/i&gt;de l'institution des communs mondiaux&lt;i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Dardot et Christian Laval, &#171; L'&#233;preuve politique de la pand&#233;mie &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; s'impose face &#224; une crise telle que celle que nous traversons. Que mettez-vous derri&#232;re cette notion et comment les mettre en place afin que cette id&#233;e ne reste pas un v&#339;u pieux ?&lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Laval :&lt;/strong&gt; &#171; Cela saute aux yeux. Tous les grands probl&#232;mes qui se posent &#224; l'humanit&#233;, et qui sont en train de la d&#233;truire, au sens strict du terme, ont une dimension mondiale. &#192; commencer par la domination de la finance, le r&#233;chauffement climatique, les migrations, les oc&#233;ans qui s'&#233;l&#232;vent, les for&#234;ts qui br&#251;lent et les pand&#233;mies. Cela veut dire tout simplement : il n'y aura pas de solutions strictement nationales aux enjeux vitaux qui s'imposent &#224; l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;souverainet&#233; de l'&#201;tat&#8221; fait partie du probl&#232;me. Le monde est organis&#233; politiquement en &#201;tats rivaux, en guerre larv&#233;e les uns contre les autres, m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne. Il faut d&#233;passer cette organisation inter&#233;tatique, et c'est maintenant devenu tr&#232;s urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de la sant&#233; publique. La pand&#233;mie nous oblige &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que devrait &#234;tre un commun mondial de la sant&#233;, lib&#233;r&#233; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s et des rivalit&#233;s inter&#233;tatiques, dont la vocation serait la protection de la sant&#233; de tous en ces temps de catastrophe mondiale. Suffira-t-il que dans chaque pays la gauche nationale cherche &#224; renforcer la seule sant&#233; publique locale sans s'occuper de ce qui se passe ailleurs ? Ce serait parfaitement vain. L'utopie au mauvais sens du terme, c'est de croire que l'&#201;tat est un rempart, et que les fronti&#232;res nous prot&#232;gent. L'objectif central de cette nouvelle gauche cosmopolitique doit &#234;tre l'institution de communs mondiaux dans le domaine du climat, de la sant&#233;, de l'alimentation, des migrations, et de beaucoup d'autres &#8220;biens communs&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces communs mondiaux, il faut les inventer, nous n'avons pas la description compl&#232;te de ce qui n'existe pas. Mais qui nous interdit d'imaginer des institutions mondiales permanentes, en lien de type f&#233;d&#233;ratif, contr&#244;l&#233;es par des assembl&#233;es d&#233;mocratiques de citoyens, d'activistes et de professionnels &#233;lues sur des bases r&#233;gionales, nationales ou continentales repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; dans son ensemble ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Francine Mestrum :&lt;/strong&gt; &#171; Sans pouvoir entrer dans les d&#233;tails sur le concept des &#8220;communs&#8221;, disons que deux &#233;l&#233;ments essentiels sont n&#233;cessaires en mati&#232;re de protection sociale : une implication des citoyens dans la d&#233;finition, la mise en &#339;uvre et le contr&#244;le des politiques en leur faveur, et l'appropriation citoyenne de ces politiques. C'est-&#224;-dire que les gens sachent que ces politiques sont &#224; eux et ne sont pas un cadeau tomb&#233; du ciel, gentiment mis en place par un gouvernement. C'est tr&#232;s clair dans les politiques de sant&#233; : des centres communautaires et multidisciplinaires sont d&#233;j&#224; mis en place dans diff&#233;rentes villes europ&#233;ennes. Cela va bien au-del&#224; du &lt;i&gt;bottom-up&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[approche sociale ascendante de la base vers le sommet]&lt;/i&gt; ou de l'autogestion, car en mati&#232;re de sant&#233;, de m&#233;dicaments, d'infrastructure et autres, il faut une coop&#233;ration entre les autorit&#233;s publiques, les m&#233;decins, pharmaciens et chercheurs, et les citoyens. Cela existe d&#233;j&#224;, notamment en Belgique, et cela marche tr&#232;s bien. C'est une question de d&#233;mocratie et de participation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par M. L.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ric Le Boucher, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/deconfinement-la-responsabilite-historique-des-syndicats-1195733&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;confinement : la responsabilit&#233; historique des syndicats&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt; (17/04/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Erwan Manac'h, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/salaries-contamines-covid-inspection-du-travail-deconfinement-masques-depistage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Salari&#233;s expos&#233;s au Covid : &#8220;Le minist&#232;re du Travail organise la paralysie de l'inspection du travail&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Bastamag &lt;/i&gt;(20/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On vient d'ailleurs d'apprendre par FO et la CFDT qu'Auchan n'octroiera finalement une prime de 1 000 &#8364; d&#233;fiscalis&#233;e qu'aux salari&#233;s ayant travaill&#233; plus de 28 heures par semaine pendant la crise sanitaire. Selon les syndicats, les employ&#233;s ayant trim&#233; moins de 10 heures par semaine ne toucheront que... 50 &#8364; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claude Serfati, &#171; &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/europe/france/france-les-choix-industriels-amplifient-la-catastrophe-sociale-contribution-au-debat-pour-le-plus-jamais-ca.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les choix industriels amplifient la catastrophe sociale&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Alencontre.org&lt;/i&gt; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon le magazine &lt;i&gt;Forbes&lt;/i&gt; (classement 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Willem Buiter, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/covid19-pandemic-requires-socialism-by-willem-h-buiter-1-2020-04/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pandemic Socialism&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Project-Syndicate.org&lt;/i&gt; (09/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thomas Piketty, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/10/thomas-piketty-l-urgence-absolue-est-de-prendre-la-mesure-de-la-crise-en-cours-et-de-tout-faire-pour-eviter-le-pire_6036282_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'urgence absolue est de prendre la mesure de la crise en cours et de tout faire pour &#233;viter le pire&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(10/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Qu-est-ce-qu-il-nous-arrive-par-Jerome-Baschet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'il nous arrive ?&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Lundi matin&lt;/i&gt; (13/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/08/il-n-y-a-pas-de-miracle-nous-devrons-porter-plus-longtemps-des-dettes-publiques-plus-elevees_6035976_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il n'y a pas de miracle : nous devrons porter plus longtemps des dettes publiques plus &#233;lev&#233;es&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (08/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/24/giorgio-agamben-l-epidemie-montre-clairement-que-l-etat-d-exception-est-devenu-la-condition-normale_6034245_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;pid&#233;mie montre clairement que l'&#233;tat d'exception est devenu la condition normale&lt;/a&gt; &#187; (24/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Dardot et Christian Laval, &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190320/l-epreuve-politique-de-la-pandemie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;preuve politique de la pand&#233;mie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Blogs.mediapart.fr&lt;/i&gt;(19/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face au virus, &#171; un arsenal techno-s&#233;curitaire d&#233;mesur&#233; et absurde &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-au-virus-un-arsenal-techno</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Face-au-virus-un-arsenal-techno</guid>
		<dc:date>2020-05-02T22:24:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re, &#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>surveillance</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>L'application</dc:subject>
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		<dc:subject>surveillance num&#233;rique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 2008, l'association La Quadrature du Net joue un r&#244;le essentiel dans la d&#233;nonciation des d&#233;rives en mati&#232;re de technologie &#8211; sur Internet et ailleurs. Elle a r&#233;cemment lanc&#233; une campagne intitul&#233;e Technopolice, visant &#224; documenter les visages inqui&#233;tants de la ville dite &#171; intelligente &#187;, o&#249; tous les comportements sont scrut&#233;s, enregistr&#233;s, fliqu&#233;s . Le contexte actuel formant une parfaite rampe de lancement pour de nouvelles technologies invasives, nous avons demand&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-etat" rel="tag"&gt;l'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surveillance" rel="tag"&gt;surveillance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaissance-faciale" rel="tag"&gt;reconnaissance faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faciale" rel="tag"&gt;faciale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reconnaissance" rel="tag"&gt;reconnaissance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-application" rel="tag"&gt;L'application&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drones" rel="tag"&gt;drones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surveillance-numerique" rel="tag"&gt;surveillance num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation en 2008, l'association La Quadrature du Net joue un r&#244;le essentiel dans la d&#233;nonciation des d&#233;rives en mati&#232;re de technologie &#8211; sur Internet et ailleurs. Elle a r&#233;cemment lanc&#233; une campagne intitul&#233;e Technopolice, visant &#224; documenter les visages inqui&#233;tants de la ville dite &#171; intelligente &#187;, o&#249; tous les comportements sont scrut&#233;s, enregistr&#233;s, fliqu&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer publi&#233; dans CQFD n&#176; 183 (janvier 2020) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le contexte actuel formant une parfaite rampe de lancement pour de nouvelles technologies invasives, nous avons demand&#233; &#224; des militants de l'association ce qu'ils pensaient de l'emballement en cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH379/-1532-3b5d1.jpg?1782748796' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Citation : Emmanuel Macron, 13 avril 2020 / Illustration : Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, &#201;tats et grosses entreprises d&#233;veloppent des syst&#232;mes de surveillance num&#233;rique &#224; m&#234;me d'&#233;pier chaque citoyen jusque dans ses espaces les plus intimes. Pour faire passer la pilule, le risque terroriste a longtemps &#233;t&#233; le pr&#233;texte id&#233;al. L'arriv&#233;e du coronavirus est pour les tenants de la surveillance et de la r&#233;pression une chance inesp&#233;r&#233;e d'acc&#233;l&#233;rer le mouvement et d'empi&#233;ter fermement sur les libert&#233;s. Il y a fort &#224; parier que les mesures et outils d&#233;velopp&#233;s pendant la crise sanitaire resteront en place &#224; la fin de l'&#233;pid&#233;mie. Le p&#233;ril &#171; coronavirus &#187; pass&#233;, ils pourront servir &#224; maintes basses besognes, comme le fichage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines en tout cas, pas un jour ne passe sans qu'une nouvelle fronti&#232;re ne soit all&#232;grement franchie. Du tra&#231;age num&#233;rique aux cam&#233;ras thermiques, des drones policiers &#224; la reconnaissance faciale, se d&#233;veloppe &#224; une vitesse affolante un maillage de surveillance de plus en plus dense. Pour les militants de &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Quadrature du Net&lt;/a&gt;, il est plus que temps de mettre le hol&#224; &#224; cette course en avant men&#233;e sous pr&#233;texte sanitaire. Et de &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; interroger, voire d&#233;truire, les soubassements de l'emballement technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kenneth Roth, le directeur g&#233;n&#233;ral de Human Rights Watch, &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/the-day-in-human-rights/2020/04/07&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a d&#233;clar&#233;&lt;/a&gt; le 7 avril : &#171; Le coronavirus est le nouveau terrorisme. C'est le dernier pr&#233;texte en date pour des violations de droits qui persisteront [...] longtemps apr&#232;s la fin de la crise. &#187; Partagez-vous cette analyse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le constat est av&#233;r&#233; : quelle que soit leur forme, les crises pass&#233;es ont souvent &#233;t&#233; propices &#224; l'&#233;tablissement de nouvelles mesures liberticides et de violations des droits humains. Elles induisent en effet une situation d'urgence qui permet aux autorit&#233;s de prendre des mesures de restriction des libert&#233;s individuelles au nom de la gestion de crise. Il y a donc forc&#233;ment des d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a &#233;t&#233; le cas aux &#201;tats-Unis apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001, qui ont non seulement engendr&#233; des guerres bas&#233;es sur des mensonges, mais &#233;galement le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/USA_PATRIOT_Act&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patriot Act&lt;/a&gt;, loi qui a permis aux autorit&#233;s d'acc&#233;der sans restriction &#224; toutes sortes de fichiers de donn&#233;es personnelles (m&#233;dicales ou bancaires, par exemple) et de placer sans mandat tout citoyen sur &#233;coute. Initialement mis en place pour quatre ans, le Patriot Act est toujours en vigueur dix-huit ans apr&#232;s. Les pr&#233;sidents successifs n'ont fait qu'&#233;tendre son champ d'application, institutionnalisant les abus et les d&#233;rives s&#233;curitaires en toute opacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, en France, les attentats terroristes de 2015 ont permis le vote de la loi Renseignement. Ils ont aussi entra&#238;n&#233; la mise en place de l'&#233;tat d'urgence, lequel a &#233;t&#233; utilis&#233; pour interpeller des militants et manifestants n'ayant aucun rapport avec le terrorisme... avant que certaines de ses mesures liberticides ne soient introduites dans le droit commun en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle et l'&#233;tat d'urgence sanitaire ne semblent pas &#233;chapper &#224; la r&#232;gle. L'application des mesures anti-coronavirus ne va pas sans abus : interpellations violentes non justifi&#233;es, caract&#232;re flou des interdictions, interpr&#233;tations hasardeuses et abusives des r&#232;gles &#224; suivre de la part des forces de l'ordre&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment la lettre ouverte au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur sign&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, etc. En parall&#232;le, la population est surveill&#233;e via des drones dont l'utilisation est peu (voire pas) encadr&#233;e l&#233;galement&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet le r&#233;cent article de La Quadrature du Net (www.laquadrature.net)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, tandis que des h&#233;licopt&#232;res et des avions&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le cas &#224; Marseille, o&#249; la police utilise un petit avion pour d&#233;tecter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; survolent les airs et veillent au confinement. Dans le m&#234;me temps, des dispositifs crois&#233;s m&#234;lant policiers, cam&#233;ras de surveillance et drones servent &#224; interpeller des individus qui ont omis de remplir une attestation de sortie. Et puis il y a cette application de &#8220;backtracking&#8221; que l'&#201;tat aimerait qu'on installe sur nos smartphones pour s'autotracer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette acc&#233;l&#233;ration de la surveillance technologique, on a l'impression que la sid&#233;ration est de mise...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors m&#234;me que la situation sanitaire perturbe notre quotidien et suscite notre inqui&#233;tude, pour nous et nos proches, nous voyons se d&#233;ployer un arsenal techno-s&#233;curitaire d&#233;mesur&#233; et absurde. Or, &#224; aucun moment on ne discute de son impact social, ni du climat de peur et de d&#233;shumanisation qu'il g&#233;n&#232;re. Comme si la pand&#233;mie n'&#233;tait pas d&#233;j&#224; en soi suffisamment traumatisante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, on constate dans les h&#244;pitaux le manque d'&#233;quipements, de protections pour le personnel soignant, de lits, de tests de d&#233;pistages et de moyens. Pire : on regarde les plus d&#233;munis, les plus pauvres, les plus &#226;g&#233;s, souffrir et p&#226;tir d'une crise sanitaire et sociale, sans r&#233;ponse claire et coordonn&#233;e de la part des autorit&#233;s, avec comme rares r&#233;confort et soutien la solidarit&#233; collective admirable qu'on voit &#233;merger sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble en tout cas que l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de sid&#233;ration du d&#233;but a laiss&#233; la place &#224; une prise de conscience croissante de ce fait &#233;vident : la principale r&#233;ponse de l'&#201;tat &#224; cette crise est s&#233;curitaire et tout bonnement inhumaine. Les d&#233;nonciations en la mati&#232;re se multiplient, m&#234;me si ce travail militant se d&#233;ploie dans des conditions tr&#232;s contraintes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Pologne, les personnes en quarantaine sont contraintes d'envoyer via une application mobile des selfies prouvant qu'elles sont chez elles, sous peine de voir la police d&#233;barquer pour contr&#244;ler. En France, le projet d'application &#171; Stop-Covid &#187; port&#233; par le gouvernement semble un peu moins intrusif. Quel est, d'apr&#232;s vous, son degr&#233; de dangerosit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'application Stop-Covid, telle qu'elle est pr&#233;sent&#233;e, semble collecter et traiter les donn&#233;es en &lt;i&gt;pseudonymat&lt;/i&gt; &#8211; il n'y a pas d'anonymat pur&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le travail men&#233; sur la plateforme Risques-tracage.fr par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Pour se garantir contre les d&#233;rives, il faudrait &lt;i&gt;a minima &lt;/i&gt;que le code source de l'application soit publi&#233; sous licence libre et disponible suffisamment &#224; l'avance pour permettre un audit technique pr&#233;alable. Mais m&#234;me avec ces garanties, tout laisse penser que cette application sera non seulement inefficace, mais aussi qu'elle fera courir le risque de d&#233;rives s&#233;curitaires ou sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il est probable que le gouvernement souhaite un jour la rendre obligatoire. En effet, les mod&#232;les th&#233;oriques de l'algorithme derri&#232;re une telle application demandent, pour &#234;tre efficaces, une participation massive (en France le chiffre minimum de 60 % est souvent &#233;voqu&#233;, mais en r&#233;alit&#233; il s'approcherait davantage des 70 % de la population). Ceci en supposant que les personnes soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre malades puissent &#234;tre test&#233;es rapidement et efficacement, ce qui ne semble pas d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, une fois l'application d&#233;ploy&#233;e, il sera facile pour le gouvernement de lui adjoindre des fonctions coercitives comme en Pologne &#8211; avec contr&#244;le individuel du confinement, v&#233;rifications et alertes r&#233;guli&#232;res si non-connexion &#224; la base de donn&#233;es centrale li&#233;e &#224; l'application, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect dangereux de cette application est le sentiment de fausse s&#233;curit&#233; sanitaire qu'elle peut cr&#233;er. C'est un effet connu des solutions technologiques qui offrent une illusion de ma&#238;trise et de contr&#244;le : son usage pourrait inciter &#224; r&#233;duire les gestes barri&#232;res, tout en &#233;chouant &#224; lancer des alertes suffisamment fiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'application renforce la croyance aveugle dans la technologie et la surveillance comme principales r&#233;ponses aux crises sanitaires, &#233;cologiques ou &#233;conomiques, alors qu'elles d&#233;tournent au contraire l'attention des r&#233;flexions profondes sur nos politiques et des solutions de bon sens &#8211; la recherche scientifique, le financement du service public ainsi que la pr&#233;servation des syst&#232;mes de sant&#233; solidaires et des biens communs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ditocrate Christophe Barbier a sugg&#233;r&#233; que les personnes ayant install&#233; l'appli aient prioritairement acc&#232;s aux tests s&#233;rologiques &#8211; quand ils seront disponibles. Va-t-on vers un mod&#232;le o&#249; des outils de surveillance num&#233;rique seront de facto obligatoires ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, ce danger est bien r&#233;el. M&#234;me si l'application n'est pas formellement obligatoire, une pression sociale trop importante pourrait entra&#238;ner de graves formes de discriminations envers les personnes qui ne l'utilisent pas. L'application deviendrait ainsi une sorte de socle de &#8220;cr&#233;dit social&#8221; tel qu'on le voit exp&#233;riment&#233; en Chine : des employeurs pourraient exiger que l'application soit install&#233;e sur notre t&#233;l&#233;phone et qu'elle montre que &#8220;nous allons bien&#8221;. De m&#234;me, l'entr&#233;e dans certains lieux pourrait &#234;tre conditionn&#233;e par le recours &#224; cette application et &#224; des informations sur notre &#233;tat de sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Estrosi, le maire de Nice, a demand&#233; &#224; ce qu'Enedis fournisse les donn&#233;es d'utilisation du compteur &#233;lectrique Linky pour pouvoir d&#233;noncer les gens partis dans leur r&#233;sidence secondaire en violation du confinement. Le coronavirus montre &#224; quel point sans m&#234;me avoir besoin d'aller plus loin, l'&#201;tat et les entreprises disposent d&#233;j&#224; de nombreuses donn&#233;es permettant de nous fliquer. Quels en sont les exemples les plus marquants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le croisement du fichier TAJ (Traitement des ant&#233;c&#233;dents judiciaires) et du fichier TES (Titres &#233;lectroniques s&#233;curis&#233;s) ainsi que des dispositions de la loi Renseignement rendent d&#233;j&#224; possible la reconnaissance faciale des manifestants en toute opacit&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur son site, La Quadrature du Net a publi&#233; un article d&#233;taillant cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Si on ajoute &#224; cela les cam&#233;ras de surveillance &#8220;intelligentes&#8221; de nos villes et les drones, nous pouvons toutes et tous potentiellement subir une identification et surveillance individuelle importante. Linky n'est qu'une pi&#232;ce de plus dans le maillage d&#233;j&#224; tr&#232;s dense de la surveillance aujourd'hui et Estrosi rappelle par sa provocation bravache les possibilit&#233;s qu'offrent les compteurs dits &#8220;intelligents&#8221; en termes de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des entreprises, les grandes multinationales du num&#233;rique comme Google ou Facebook utilisent d&#233;j&#224; largement nos donn&#233;es de localisation : nos d&#233;placements n'ont plus aucun secret pour elles, nos attitudes et affinit&#233;s sociales sont pass&#233;es au crible, nos photos et vid&#233;os nourrissent leurs algorithmes d'intelligence artificielle et de reconnaissance faciale. Et depuis les r&#233;v&#233;lations d'Edward Snowden en 2013, nous savons que les &#201;tats et ces entreprises travaillent main dans la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement juteux, le march&#233; de la s&#233;curit&#233; est souvent tributaire de projets fonctionnant sur la base de partenariats public-priv&#233;. Les Jeux olympiques de Paris 2024 seront ainsi une occasion en or pour les entreprises du secteur de travailler avec l'&#201;tat pour faire prolif&#233;rer les dispositifs techno-s&#233;curitaires. &#199;a a &#233;t&#233; le cas &#224; P&#233;kin en 2008 et &#224; Londres en 2012. Paris est la prochaine sur la liste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans des dizaines de villes de France, la police s'est mise &#224; utiliser des drones dans la rue pour intimer aux gens l'ordre de rentrer chez eux. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur vient d'ailleurs de passer commande de plusieurs centaines de nouveaux drones. Dans quel but et selon quelles modalit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le d&#233;but, le confinement a &#233;t&#233; pour le gouvernement une occasion en or de d&#233;ployer ces nouveaux gadgets de surveillance, imitant ainsi les usages qu'en faisaient les autorit&#233;s chinoises d&#232;s le tout d&#233;but de cette ann&#233;e. Le 10 avril dernier, un appel d'offres a &#233;t&#233; publi&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur : il porte sur l'acquisition de plus de 650 drones. D'apr&#232;s nos estimations, cela correspondrait &#224; un doublement du nombre de drones actuellement disponibles pour les forces de police. Alors qu'une r&#233;cession sans pr&#233;c&#233;dent est annonc&#233;e et que notre syst&#232;me de sant&#233; est exsangue, ce sont 4 millions d'euros qui vont &#234;tre d&#233;pens&#233;s par l'&#201;tat pour surveiller la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de cette commande porte sur 565 &#8220;&lt;i&gt;micro-drones du quotidien&lt;/i&gt;&#8221;. Le nom m&#234;me de ces derniers trahit la volont&#233; politique de banaliser la surveillance a&#233;rienne et de l'inscrire dans la dur&#233;e. Leurs capacit&#233;s techniques laissent pourtant entrevoir leur potentiel liberticide. L'appel d'offres explique par exemple que ces engins devront permettre une &#8220;&lt;i&gt;discr&#233;tion visuelle et sonore&lt;/i&gt;&#8221; tout en assurant une capacit&#233; de &#8220;&lt;i&gt;reconnaissance humaine &#224; une hauteur de vol de cent m&#232;tres&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 66 &#8220;&lt;i&gt;drones de capacit&#233; nationale&lt;/i&gt;&#8221; et 20 &#8220;&lt;i&gt;nano-drones&lt;/i&gt;&#8221; seront aussi fournis aux autorit&#233;s. Les premiers doivent permettre de suivre une cible situ&#233;e &#224; 500 m&#232;tres, tandis que les seconds p&#232;seront moins de 50 grammes et seront encore plus difficilement d&#233;tectables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une phase d'utilisation exceptionnelle suivie d'une exp&#233;rimentation &#224; grande &#233;chelle &#224; l'occasion du confinement, l'&#201;tat est en train de profiter d'un vide juridique pour les d&#233;ployer massivement et les imposer sur le long terme. La France n'est &#233;videmment pas la seule dans ce cas : on voit des processus similaires &#224; l'&#339;uvre au Royaume-Uni, au Portugal, en Italie... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant la &#171; crise &#187;, il semblait y avoir acc&#233;l&#233;ration du processus d' &#187; acceptation &#187; concernant la reconnaissance faciale en France. C'est la prochaine &#233;tape ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, dans l'ombre du Covid-19 la reconnaissance faciale continue &#224; avancer. Au mois de mars, C&#233;dric O, le secr&#233;taire d'&#201;tat au num&#233;rique, &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/direct/element/reconnaissance-faciale-la-bonne-idee-du-gouvernement-contre-le-coronavirus_110386/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expliquait&lt;/a&gt; que &#8220;&lt;i&gt;la reconnaissance faciale peut apporter un certain nombre de b&#233;n&#233;fices &#224; la fois dans l'ordre public mais &#233;galement dans la gestion de maladies&lt;/i&gt;&#8221;. Aux &#201;tats-Unis, la police explique qu'il s'agit d'une solution plus hygi&#233;nique que les papiers d'identit&#233; pour identifier les gens, car &#8220;&lt;i&gt;sans contact&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette technologie progresse &#233;galement dans le cadre d'utilisations en apparence moins polici&#232;res. Dans plusieurs universit&#233;s par exemple, des dispositifs de surveillance d'examens par vid&#233;o et reconnaissance faciale sont envisag&#233;s. Plus largement, d'autres applications de la &#8220;&lt;i&gt;vid&#233;osurveillance automatis&#233;e&lt;/i&gt;&#8221; prolif&#232;rent &#224; l'occasion de cette crise, par exemple dans l'utilisation d'images issues de la vid&#233;osurveillance afin de d&#233;tecter automatiquement les attroupements, le non-respect de la distanciation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, on a aussi remarqu&#233; une explosion d'offres de certaines entreprises pour des cam&#233;ras thermiques qui seraient capables de d&#233;tecter &#224; une certaine distance les personnes fi&#233;vreuses. Des a&#233;roports commencent d&#233;j&#224; &#224; en installer. &#192; Cannes, la mairie a &#233;quip&#233; des commerces de thermom&#232;tres laser qui conditionnent l'entr&#233;e. Ces dispositifs pr&#233;sentent des incertitudes significatives, mais encore une fois leur efficacit&#233; r&#233;elle n'est pas discut&#233;e, ni les cons&#233;quences humaines de leur utilisation. C'est la surench&#232;re techno-sanitaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a l'impression d'une forme de &#171; strat&#233;gie du choc &#187; appliqu&#233;e &#224; la surveillance de masse. Comme si au moindre &#233;v&#233;nement majeur (terrorisme, &#233;pid&#233;mie...), plus aucune remise en cause ne pouvait &#234;tre &#233;nonc&#233;e. Comment r&#233;sister &#224; cette fuite en avant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons plus que jamais rester lucides et vigilants, nous informer, questionner les mesures qu'on nous impose. Il est vrai qu'en temps de confinement, alors que les manifestations classiques ne sont pas possibles et que nos d&#233;placements physiques sont drastiquement r&#233;duits, il appara&#238;t difficile de s'opposer, hormis via quelques moyens limit&#233;s, comme les banderoles aux fen&#234;tres. La solidarit&#233; associative envers les plus d&#233;munis, alors que l'aide des autorit&#233;s fait cruellement d&#233;faut, est &#233;galement remarquable et t&#233;moigne de notre capacit&#233; &#224; g&#233;rer les urgences de fa&#231;on collective, organis&#233;e et humaine. Profitons &#233;galement de ce moment de confinement pour r&#233;fl&#233;chir autant que possible &#224; mieux organiser et pr&#233;parer notre r&#233;ponse d&#232;s que nous retrouverons un peu de marge de man&#339;uvre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard &amp; Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'entretien avec F&#233;lix Tr&#233;guer publi&#233; dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 183 (janvier 2020) : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Felix-Treguer-La-technopolice' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La technopolice progresse partout &#187;&lt;/a&gt; ou encore notre article de f&#233;vrier (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 184) : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Videosurveillance-automatisee-on' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Vid&#233;osurveillance automatis&#233;e : on ne pourra plus faire un pet de travers&lt;/a&gt;. Le site de la campagne, fortement recommand&#233; : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://technopolice.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technopolice.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment la lettre ouverte au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur sign&#233;e notamment par la Ligue des droits de l'homme : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ldh-france.org/pour-un-respect-de-letat-de-droit-en-matiere-de-verbalisations-amendes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour un respect de l'&#233;tat de droit en mati&#232;re de verbalisations/amendes&lt;/a&gt; &#187; (10/04/2020). Voir aussi en page 6 du pr&#233;sent journal l'article sur les incarc&#233;rations li&#233;es au non-respect du confinement : &#171; La prison sans attestation &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;187 (mai 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet le r&#233;cent article de La Quadrature du Net (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.laquadrature.net&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2020/04/01/covid-19-lattaque-des-drones/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Covid-19, l'attaque des drones&lt;/a&gt; &#187; (01/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est le cas &#224; Marseille, o&#249; la police utilise un petit avion pour d&#233;tecter d'&#233;ventuels attroupements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment le travail men&#233; sur la plateforme &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://risques-tracage.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Risques-tracage.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; par des chercheurs s'inqui&#233;tant des risques sociaux engendr&#233;s par l'application.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur son site, La Quadrature du Net a publi&#233; un article d&#233;taillant cette question : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.laquadrature.net/2019/11/18/la-reconnaissance-faciale-des-manifestants-est-deja-autorisee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La reconnaissance faciale des manifestant&#183;e&#183;s est d&#233;j&#224; autoris&#233;e&lt;/a&gt; &#187; (18/11/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;186</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Nous sommes en guerre... sociale &#187; (illustr&#233; par L.L. de Mars). Au menu : quelques implications politiques et sociales de la crise sanitaire, et un dossier pour ne pas oublier les migrants. En ces temps de crise sanitaire, les articles de l'actualit&#233; la plus mouvante seront mis en ligne dans les prochains jours. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement. Pendant tout le mois d'avril, le journal papier sera disponible chez de nombreux marchands de journaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3084-717c4.jpg?1782744718' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Nous sommes en guerre... sociale &#187; (illustr&#233; par L.L. de Mars). Au menu : quelques implications politiques et sociales de la crise sanitaire, et un dossier pour ne pas oublier les migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En ces temps de crise sanitaire, les articles de l'actualit&#233; la plus mouvante seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020'&gt;dans les prochains jours&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement. Pendant tout le mois d'avril, le journal papier sera disponible chez de nombreux &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marchands de journaux restant ouverts&lt;/a&gt; pendant le confinement. Exceptionnellement, vous pouvez aussi vous procurer le journal &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-en-PDF-a-prix-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en version num&#233;rique&lt;/a&gt; (format PDF). Pour recevoir les num&#233;ros suivants &#224; la maison, il y a aussi la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Virus partout, justice sociale nulle part&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La Macronie confine le droit du travail&lt;/strong&gt; &#8211; Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail. Semaine de 60 heures, journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos, possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s... Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Soignantes et soignants : une arm&#233;e sans munitions&lt;/strong&gt; &#8211; Il ne faudrait pas que les applaudissements qu'on leur doit couvrent la parole des soignant&#183;es. T&#233;moignages d'une rage encore contenue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L457xH400/-1510-f4404.jpg?1782647055' width='457' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Rezon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Justice confin&#233;e : &#171; Les principes protecteurs des personnes inculp&#233;es sont violent&#233;s &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; L'&#233;tat d'urgence sanitaire a laiss&#233; les mains libres au gouvernement pour l&#233;gif&#233;rer par ordonnances. En premi&#232;re ligne, le syst&#232;me judiciaire. Si la majorit&#233; des proc&#232;s a &#233;t&#233; report&#233;e, certaines r&#232;gles ont chang&#233; pour ceux qui continuent &#224; se tenir. Rapha&#235;l Kempf, avocat au barreau de Paris et auteur du livre &lt;i&gt;Ennemis d'&#201;tat : les lois sc&#233;l&#233;rates, des anarchistes aux terroristes&lt;/i&gt;, pointe plusieurs dangers de ce nouvel &#233;tat d'exception. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Face au Covid-19 en prison : amnistie g&#233;n&#233;rale !&lt;/strong&gt; &#8211; Puisque que les prisons sont un miroir de nos soci&#233;t&#233;s et qu'elles endurent actuellement une terrible crise sanitaire et sociale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;cid&#233; de laisser carte blanche &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, pour une double page d'analyses et de t&#233;moignages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Deux menaces p&#232;sent sur les quartiers : le coronavirus et la police &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Le 10 mars dernier, le collectif Urgence notre police assassine lan&#231;ait une application permettant de filmer les interventions des forces de l'ordre sans que celles-ci puissent effacer les images. Le but ? Disposer de preuves opposables &#224; la justice en cas de violences polici&#232;res. Un outil d'autant plus pr&#233;cieux que depuis le d&#233;but du confinement, les exactions se multiplient dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Crise sanitaire au f&#233;minin&lt;/strong&gt; &#8211; Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH514/-1511-de906.jpg?1782680715' width='400' height='514' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tommy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Du fric pour la recherche publique !&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Coronap&#233;dagogie&lt;/strong&gt; &#8211; Alors que le gouvernement a sorti la grosse artillerie technologique, beaucoup d'enseignants s'interrogent sur le sens et la possibilit&#233; de l'apprentissage &#224; distance dans un contexte o&#249; la crise sanitaire creuse les injustices sociales et scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Confin&#233; dehors&lt;/strong&gt; &#8211; Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La peste &#224; Marseille : &#171; Pendant l'&#233;pid&#233;mie, les barri&#232;res sociales se sont maintenues &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Entre 1720 et 1722, la peste tue pr&#232;s de la moiti&#233; des habitants de Marseille. &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, les autorit&#233;s ont recours &#224; la tactique du confinement, d&#233;veloppant au passage des outils de police et de r&#233;pression qui survivront pour partie &#224; l'&#233;pid&#233;mie...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; Migrants : des barbel&#233;s et quelques mains tendues &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1507-6e94f.jpg?1782744718' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jungle autour du camp de M&#243;ria, Lesbos, novembre 2019 / Tessa Kraan
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En pleine crise sanitaire, ne pas oublier les migrant&#183;es&lt;/strong&gt; &#8211; Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer&lt;/strong&gt; &#8211; Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre en Syrie, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la r&#233;pression et la brutalit&#233; du r&#233;gime n'ont jamais cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils ont fait l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Elles racontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas&lt;/strong&gt; &#8211; Actes de haine, incendies criminels, refoulement de bateaux vers la Turquie, enfermement arbitraire et brutalit&#233; aveugle : ces derni&#232;res semaines, les &#233;v&#233;nements dramatiques se sont succ&#233;d&#233; &#224; une vitesse folle du c&#244;t&#233; de l'&#238;le de Lesbos. Une forme exacerb&#233;e du rejet syst&#233;mique et de la violence que vivent, chaque jour, les exil&#233;&#183;es cherchant asile en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Auvergne : le &#171; maire &#224; migrants &#187; qui h&#233;risse les fachos&lt;/strong&gt; &#8211; Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233;&lt;/strong&gt; &#8211; Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L487xH400/-1509-d8b9b.jpg?1782680715' width='487' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre l'inflation technologique : &#171; Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec sa r&#233;cente &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt;, le journaliste et &#233;crivain Rapha&#235;l Meltz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Deux-virus-pour-le-prix-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux virus pour le prix d'un&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le ! : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-devins-de-Marseille' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les devins de Marseille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1504-899c6.jpg?1782680715' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;186 de CQFD, illustr&#233;e par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le num&#233;ro 186 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; du 3 au 29 avril.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez plus de 2 000 marchands de journaux toujours ouverts partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Exceptionnellement, vous pouvez aussi vous procurer ce num&#233;ro &#224; prix libre &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-en-PDF-a-prix-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en version num&#233;rique&lt;/a&gt; (format PDF).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez &#233;galement la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_3311 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-20.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 532.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783456042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;186 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soignantes et soignants : une arm&#233;e sans munitions</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Soignantes-et-soignants-une-armee</link>
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		<dc:date>2020-04-03T20:53:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard, Martin Barzilai, Mathieu L&#233;onard, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>public</dc:subject>
		<dc:subject>crise</dc:subject>
		<dc:subject>Emmanuel Macron</dc:subject>
		<dc:subject>soignants</dc:subject>
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		<dc:subject>personnel soignant</dc:subject>
		<dc:subject>personnel</dc:subject>
		<dc:subject>soignant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il ne faudrait pas que les applaudissements qu'on leur doit couvrent la parole des soignant&#183;es. Extraits d'une rage encore contenue. Ce sont de vrais h&#233;ros et h&#233;ro&#239;nes sans pouvoirs. &#192; Mulhouse, le mercredi 25 avril, tout en multipliant les appels &#224; une unit&#233; factice et les fausses promesses de sauvetage du secteur de la sant&#233;, Emmanuel Macron imaginait d&#233;j&#224; dresser un monument &#224; &#171; la m&#233;moire des soignants qui ont pay&#233; de leur vie leur engagement, pour sauver d'autres vies &#187;. Mais cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/public" rel="tag"&gt;public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/personnel" rel="tag"&gt;personnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soignant" rel="tag"&gt;soignant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il ne faudrait pas que les applaudissements qu'on leur doit couvrent la parole des soignant&#183;es. Extraits d'une rage encore contenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L443xH400/-1505-84393.jpg?1782641456' width='443' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e sont de vrais h&#233;ros et h&#233;ro&#239;nes sans pouvoirs. &#192; Mulhouse, le mercredi 25 avril, tout en multipliant les appels &#224; une unit&#233; factice et les fausses promesses de sauvetage du secteur de la sant&#233;, Emmanuel Macron imaginait d&#233;j&#224; dresser un monument &#224; &#171; &lt;i&gt;la m&#233;moire des soignants qui ont pay&#233; de leur vie leur engagement, pour sauver d'autres vies &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette h&#233;ro&#239;sation &#171; &lt;i&gt;n'est pas un geste neutre, elle a une fonction bien pr&#233;cise : d&#233;politiser la crise de l'h&#244;pital public &#187;&lt;/i&gt;, comme le note le sociologue Pierre-Andr&#233; Juven sur le site &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour Emmanuel Macron, tout l'enjeu consiste &#224; sauver le capitalisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnel soignant des h&#244;pitaux publics en a bien conscience : le manque de moyens auquel il est cruellement confront&#233; aujourd'hui dans cette crise &#8211; certes exceptionnelle &#8211; est largement la cons&#233;quence de vingt ans de politiques d'aust&#233;rit&#233; et de management lib&#233;ral. En 2015 par exemple, le ministre de l'&#201;conomie avait resserr&#233; le budget des h&#244;pitaux, ce qui s'&#233;tait traduit par &#171; &lt;i&gt;la suppression de 22 000 postes, soit 2 % des effectifs &#187;&lt;/i&gt;. Le ministre d'alors s'appelait&#8230; Emmanuel Macron. Il ne faudrait pas que les applaudissements qu'on leur doit couvrent la parole des soignant&#183;es. Extraits d'une rage encore contenue.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les h&#233;ros du peuple sont sous-pay&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Euphrasie* est &#233;tudiante infirmi&#232;re en deuxi&#232;me ann&#233;e. &#171; R&#233;quisitionn&#233;e &#187; en r&#233;animation depuis le 17 mars dans un h&#244;pital d'Occitanie, elle a vu la vague gonfler, pr&#234;te &#224; engloutir jusqu'au personnel soignant sous-pay&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 25 mars, Euphrasie d&#233;crivait un service de r&#233;animation satur&#233; : &#171; &lt;i&gt;On est en train de remplir le service, quand je suis partie hier, il restait cinq places en r&#233;animation. Je suis pas s&#251;re que les patients en r&#233;a survivent... Le bloc et la salle de r&#233;veil ont &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;s pour cr&#233;er une autre salle de r&#233;a, mais quid du mat&#233;riel ? Les masques manquent, ainsi que les respirateurs. Franchement, c'est pitoyable le peu de moyens et les &#233;conomies sur tout&#8230; sauf sur le personnel r&#233;quisitionn&#233;. Ils font d&#233;sormais appel &#224; tous les m&#233;decins retrait&#233;s et &#224; des &#233;tudiants gratos&#8230; Tout &#231;a parce qu'ils ont supprim&#233; 20 000 postes depuis quinze ans. On subit de plein fouet la casse du service public. Ce serait bien que les gens qui nous applaudissent le soir &#224; 20 h r&#233;fl&#233;chissent &#224; comment ils votent la prochaine fois. On ne les a pas beaucoup vus dans la rue soutenir les soignants, les profs ou les Gilets jaunes qui se faisaient taper dessus par la police. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incurie, &lt;/strong&gt;pour Euphrasie, est &#233;videmment politique : &#171; &lt;i&gt;On a un gouvernement totalement incons&#233;quent et condescendant, obs&#233;d&#233; par le profit, qui n'a rien appris de la Chine ni de l'Italie. Beaucoup de choses auraient pu &#234;tre anticip&#233;es par Agn&#232;s Buzyn : formation des professionnels, stocks de mat&#233;riel, fric pour les soignants et la recherche... L&#224; tous les soignants naviguent &#224; vue. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tudiante infirmi&#232;re &lt;/strong&gt;constate l'impr&#233;paration psychologique d'un personnel soignant &#224; bout de course : &#171; &lt;i&gt;Hier, j'ai failli chialer pour une petite dame tout &#224; fait consciente qui disait en pleurant qu'elle savait qu'elle n'allait pas se r&#233;veiller. &#199;a m'arrache les tripes et le coeur. On est comme des cons, pas du tout pr&#233;par&#233;s &#224; cette violence psychologique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comble du comble, &lt;/strong&gt;l'absence de d&#233;pistage concerne aussi le personnel soignant : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, c'est aussi la contamination des soignants : on ne teste plus personne. Par exemple, j'ai une amie dans un autre service de r&#233;animation dont un des coll&#232;gues s'est r&#233;v&#233;l&#233; positif. Il est maintenant confin&#233; chez lui. Elle a pass&#233; beaucoup de temps avec lui. Elle n'a pas de sympt&#244;mes, mais, sans avoir &#233;t&#233; test&#233;e, elle continue &#224; travailler au risque de contaminer d'autres soignants et &#233;ventuellement des membres de sa famille. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Euphrasie pense aussi &lt;/strong&gt;&#224; la compagne avec qui elle vit, potentiellement une &#171; personne &#224; risque &#187; : &#171; &lt;i&gt;Je fais hyper gaffe pour elle, on a install&#233; un sas de d&#233;contamination &#224; la maison : je me change compl&#232;tement, je me douche et enferme toutes mes fringues dans un sac de linge &#8220;sp&#233;cial Covid&#8221;. Si la situation empire, faudra que j'aille dormir ailleurs... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'infirmi&#232;re &#171; b&#233;n&#233;vole &#187;&lt;/strong&gt;, cette crise sanitaire &#171; &lt;i&gt;r&#233;v&#232;le bien toutes les exploitations du monde capitaliste &#187;&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Il faudrait qu'on parle un peu de la r&#233;quisition des &#233;tudiants en m&#233;decine ou des infirmiers qui sont envoy&#233;s au front, sans &#234;tre pay&#233;s. Tous les &#233;tudiants p&#232;tent les plombs en ce moment car ils sont consid&#233;r&#233;s comme des &#8220;stagiaires&#8221;. On aurait d&#251; avoir des contrats, mais profitant de l'aubaine, ils ont fait passer &#231;a sous forme de stage&#8230; donc tout b&#233;nef. &#8220;&#199;a vous fera une exp&#233;rience&#8221;, entend-on... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;pid&#233;mie, ce &#171; surligneur &#187; de la casse hospitali&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samuel* est m&#233;decin r&#233;animateur dans un h&#244;pital public d'Auvergne-Rh&#244;ne-Alpes. Jusqu'au d&#233;clenchement de l'&#233;pid&#233;mie, il &#233;tait tr&#232;s impliqu&#233; dans le mouvement de contestation des politiques gouvernementales. Dans l'attente anxiog&#232;ne du &#171; pic &#187; &#224; venir, il d&#233;nonce des politiques irresponsables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Contrairement &#224; certains h&#244;pitaux d'Alsace ou d'&#206;le-de-France, nous sommes loin d'avoir atteint la p&#233;riode la plus grave, qui d'apr&#232;s nos calculs devrait advenir d'ici neuf &#224; onze jours &lt;i&gt;[entretien r&#233;alis&#233; le jeudi 26 mars]&lt;/i&gt;. Mais c'est en train de prendre de l'ampleur. Depuis hier, il y a beaucoup de cas graves qui arrivent et le service de r&#233;animation &#8220;classique&#8221; est presque plein. Mais on s'organise : on a fait en sorte de pouvoir accueillir quatre fois plus de cas, soit soixante personnes, en empruntant des locaux &#224; d'autres services. Je ne suis pas s&#251;r que ce sera suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au fond&lt;/strong&gt;, je vois cette &#233;pid&#233;mie comme une forme de surligneur. Elle met en &#233;vidence cette casse de l'h&#244;pital public qu'on d&#233;nonce depuis tant de temps. On voit bien qu'on manque de places, de personnels, de mat&#233;riel, que tout est satur&#233;, qu'on pourrait faire bien mieux, et tout cela souligne l'absurdit&#233; de la gestion financi&#232;re de l'h&#244;pital. C'est une violente mise en lumi&#232;re des d&#233;rives. Et m&#234;me si Macron reprend d&#233;sormais nos &#233;l&#233;ments de langage, parce qu'il a le nez dedans, ce sont juste des effets d'annonce. Quand il annonce un futur &#8220;plan massif d'investissement pour l'h&#244;pital&#8221;, personne ne le prend au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut noter que dans mon h&#244;pital&lt;/strong&gt;, le nouveau directeur semble mieux g&#233;rer la situation que d'autres. &#192; Versailles par exemple, la direction a mis du temps &#224; se ranger &#224; l'avis des soignants &#8211; sachant qu'un retard de quelques jours dans la pr&#233;paration, ce sont des morts en plus. Pas ici. Depuis qu'on sait qu'on ne va pas &#234;tre &#233;pargn&#233;s, le mode de relation entre administration et soignants a compl&#232;tement chang&#233;. Si on demande du mat&#233;riel, du personnel ou des locaux, on a vite une r&#233;ponse, un dialogue. Alors qu'avant il fallait batailler pour tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour le personnel, &lt;/strong&gt;c'est tr&#232;s dur car la situation se d&#233;grade vite : les aides-soignants et infirmiers sont d&#233;j&#224; dans le dur. Ainsi, les infirmiers anesth&#233;sistes deviennent des infirmiers de r&#233;animation, ce qui n'est pas la m&#234;me chose. En gros, on va faire appel &#224; un peu tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'ai l'impression &lt;/strong&gt;que cette mani&#232;re de nous traiter en h&#233;ros est compl&#232;tement surjou&#233;e, qu'elle ne correspond en rien &#224; la r&#233;alit&#233;. Parce qu'en pratique on n'a pas le mat&#233;riel pour se prot&#233;ger, ni les ressources humaines. On va avoir plein de gens en &#233;puisement. Pour l'instant on dispose de masques, mais &#231;a ne durera pas forc&#233;ment. Sachant que les r&#232;gles n'arr&#234;tent pas de changer et que leur &#8220;long&#233;vit&#233;&#8221; augmente : d&#233;sormais, un masque peut faire la journ&#233;e. Dans le m&#234;me temps, les consignes d'hygi&#232;ne ont chang&#233;, avec un niveau d'exigence &#224; la baisse. On n'est plus oblig&#233;s de mettre de gants ou de charlottes, m&#234;me au contact des malades. Autre probl&#232;me : on pourrait manquer de respirateurs, alors que c'est la cl&#233; en cas d'insuffisance respiratoire aigu&#235; et qu'en moyenne il faut quatorze jours de respiration artificielle. C'est clairement une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je m'entretiens &lt;/strong&gt;fr&#233;quemment avec des coll&#232;gues de toute la France et ceux qui travaillent dans les h&#244;pitaux les plus touch&#233;s me disent que les crit&#232;res d'admission changent, que le &#8220;tri&#8221; devient drastique. En Alsace, par exemple, ils ont commenc&#233; par prendre des patients de plus de 70 ans et &#224; les mettre sous respirateur, puis ils ont regrett&#233; devant l'afflux de patients plus jeunes qu'ils ne pouvaient plus prendre. C'est tr&#232;s dur. Sachant que le tri ne se fait pas que sur l'&#226;ge, il y a d'autres crit&#232;res : on essaye de distribuer les ressources l&#224; o&#249; il y a la meilleure chance de survie. En tout cas, jusqu'ici on trouvait toujours une solution quand on nous amenait un jeune de 20 ans avec une m&#233;ningite. L&#224;, pour les d&#233;tresses respiratoires des moins de 70 ans, &#231;a risque de n'&#234;tre plus le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les effets d'annonce &lt;/strong&gt;du gouvernement me semblent totalement hypocrites. Je suis convaincu que leur syst&#232;me de pens&#233;e n'est pas remis en cause, qu'ils reprennent juste un discours conciliant. Au fond, c'est la suite qui va &#234;tre importante. Il y aura des comptes &#224; rendre. C'est ce que je vois par exemple au sein du collectif Inter-H&#244;pitaux : tout le monde pr&#233;voit de passer &#224; l'offensive, avec des personnes qui ont d&#233;j&#224; port&#233; plainte contre des membres du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour ma part, &lt;/strong&gt;j'envisage la p&#233;riode &#224; venir avec beaucoup d'inqui&#233;tude. Il y a cette impression qu'on est l&#226;ch&#233;s en pleine d&#233;b&#226;cle et que notre sant&#233; &#224; nous importe peu. Quand on voit qu'ils ont tard&#233; &#224; fermer les &#233;coles et ont tenu &#224; organiser les municipales, on se dit qu'ils vivent dans un autre monde &#8211; c'est criminel. Comme &#233;tait criminelle cette premi&#232;re communication visant &#224; faire passer le virus pour une grosse grippe. Ok, ce n'est pas la peste. Mais beaucoup de gens vont mourir. Et les gens au pouvoir et ceux qui ont d&#233;mantel&#233; l'h&#244;pital public porteront une grande responsabilit&#233; dans ce d&#233;sastre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On est en train de chercher des cotons-tiges dans le septi&#232;me pays le plus riche du monde ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille* est infirmi&#232;re aux urgences dans un h&#244;pital priv&#233; des Bouches-du-Rh&#244;ne. Elle a fait une partie de sa carri&#232;re en r&#233;animation. Pour elle aussi, la crise sanitaire est le r&#233;sultat de choix politiques d&#233;sastreux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a &#233;t&#233; un peu pr&#233;serv&#233;s au d&#233;but, mais l&#224; c'est fini : on fonctionne en mode d&#233;grad&#233;. On a arr&#234;t&#233; toutes les hospitalisations qui n'&#233;taient pas urgentes. &#192; &#8220;pas urgentes&#8221;, on peut commencer &#224; mettre de gros guillemets : on voit des gens sortir alors qu'ils sont tr&#232;s malades. On annule toutes les op&#233;rations programm&#233;es, de la cataracte aux chimioth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En termes de gestion &lt;/strong&gt;du personnel, c'est &#233;galement chaotique. Ce qui est aberrant c'est qu'il y a actuellement des infirmi&#232;res au ch&#244;mage technique. Les filles qui faisaient les endoscopies, les coloscopies, la chirurgie ambulatoire, la gyn&#233;co... tous ces secteurs ont ferm&#233;. Dans le public, elles ont droit &#224; un &#8220;cong&#233; Covid&#8221;. Un repos qui ne sera pas d&#233;compt&#233; de leurs cong&#233;s pay&#233;s. Dans le priv&#233;, c'est les cong&#233;s pay&#233;s forc&#233;s, alors qu'on aurait pu r&#233;quisitionner ce personnel pour le former &#224; la r&#233;a plut&#244;t que de le larguer au dernier moment. En parall&#232;le, on a r&#233;quisitionn&#233; les &#233;l&#232;ves infirmiers qui &#233;taient en stage en les payant 12 &#8364; par jour. Nous, on est pay&#233;es 12 &#8364; de l'heure. Malgr&#233; les discours, ils en sont encore &#224; faire des &#233;conomies sur les soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parce qu'on parle du Covid, &lt;/strong&gt;mais &#231;a fait un an que le collectif Inter-Urgences est en gr&#232;ve. On n'&#233;tait d&#233;j&#224; pas en mesure de faire face avant, comment veux-tu que ce soit le cas aujourd'hui ? Ce qui se passe maintenant, ce n'est pas la crise du coronavirus, c'est la crise d'un syst&#232;me public de sant&#233; qu'on a &#233;trangl&#233; depuis vingt ans, petit &#224; petit. On dit que la sant&#233; n'a pas de prix, mais qu'elle a un co&#251;t, on le mesure davantage aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour nous, &lt;/strong&gt;c'est dur physiquement et surtout &#233;motionnellement. &#192; cause du confinement hospitalier, les gens sont tout seuls dans leur chambre, n'ont pas droit aux visites. Les patients te supplient d'aller voir leur m&#232;re, te menacent. Quand ils n'agonisent pas tout seuls. C'est tr&#232;s &#233;prouvant. Autre chose violente : dans certains h&#244;pitaux, on en est au tri &#8211; c'est&#224;- dire que la personne la plus vuln&#233;rable va rester sur le carreau. C'est l'antith&#232;se de notre m&#233;tier. Face &#224; cette situation, il y a des soignants qui p&#232;tent les plombs. J'ai en t&#234;te la r&#233;action hyst&#233;rique d'un m&#233;decin qui s'est barr&#233; au d&#233;but de la journ&#233;e en disant : &#8220;&lt;i&gt;Je ne peux pas.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi la question &lt;/strong&gt;du mat&#233;riel. Clairement l'h&#244;pital est en manque. On doit compter nos blouses tout comme les femmes qui font l'entretien des locaux sont oblig&#233;es de rendre des comptes. Pareil pour le mec qui travaille au sous-sol, s'occupe des d&#233;chets et transporte toute la journ&#233;e des bombes bact&#233;riologiques. Mais le vrai probl&#232;me, c'est la m&#233;decine en dehors de l'h&#244;pital. Je pense aux infirmi&#232;res lib&#233;rales qui vont contaminer tous les gens vuln&#233;rables qu'elles visitent. C'est juste aberrant qu'on n'ait pas suffisamment de masques. On vient t'expliquer qu'on est en train de chercher des cotons-tiges pour des d&#233;pistages dans le septi&#232;me pays le plus riche du monde ! Ils ne sont pas incomp&#233;tents : ils ont fait des choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En parlant de choix capitalistes, &lt;/strong&gt;depuis les urgences je vois bien qui bosse : des chauffeurs-livreurs, des caissi&#232;res, des &#233;boueurs... Le t&#233;l&#233;travail ne concerne pas les smicards. Ces gens-l&#224;, les pauvres, ils respectent le confinement, ne voient pas leur famille, mais vont au travail et chopent le Covid. Apr&#232;s on vient te dire qu'on est en guerre&#8230; C'est un lexique martial qui insupporte les soignants. &#201;pid&#233;mie, c'est un mot qui se suffit &#224; lui-m&#234;me : nous on a du respect pour les gens qui se prennent en ce moment des balles dans la t&#234;te et des bombes dans leur salon. Macron est clairement en train de se griller chez les soignants. Pour l'instant on g&#232;re la crise, mais lui et son gouvernement peuvent d&#233;j&#224; se pr&#233;parer au retour de b&#226;ton ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Martin Barzilai, &#201;milien Bernard, Tiphaine Gu&#233;ret &amp; Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* : pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Macron-plan-massif-pour-hopital-Etat-providence-Big-Pharma-covid19-neoliberalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour Emmanuel Macron, tout l'enjeu consiste &#224; sauver le capitalisme sanitaire et ses grandes industries&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Bastamag.net&lt;/i&gt; (27/03/2020). Pierre-Andr&#233; Juven est l'auteur, avec Fr&#233;d&#233;ric Pierru et Fanny Vincent, du livre &lt;i&gt;La Casse du si&#232;cle : &#224; propos des r&#233;formes de l'h&#244;pital public&lt;/i&gt;, Raison d'agir, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Folie et pr&#233;carit&#233; : la double peine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Folie-et-precarite-la-double-peine</link>
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		<dc:date>2020-02-24T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand Marcel a d&#233;barqu&#233; de Roumanie, il a v&#233;cu quatre ans &#224; la rue. Marcel a parfois du mal &#224; se faire comprendre, parce qu'il n'a plus de dents et que le fran&#231;ais est une langue compliqu&#233;e. Parfois, Marcel p&#232;te les plombs. Bien comme il faut. Il est aussi capable de t'offrir une mini-sculpture en bois en forme de c&#339;ur dans un couloir des urgences psychiatriques, au milieu des hurlements. Au fil de notre relation, Marcel m'a &#233;galement fait conna&#238;tre le r&#233;seau marseillais d'alternatives &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand Marcel a d&#233;barqu&#233; de Roumanie, il a v&#233;cu quatre ans &#224; la rue. Marcel a parfois du mal &#224; se faire comprendre, parce qu'il n'a plus de dents et que le fran&#231;ais est une langue compliqu&#233;e. Parfois, Marcel p&#232;te les plombs. Bien comme il faut. Il est aussi capable de t'offrir une mini-sculpture en bois en forme de c&#339;ur dans un couloir des urgences psychiatriques, au milieu des hurlements. Au fil de notre relation, Marcel m'a &#233;galement fait conna&#238;tre le r&#233;seau marseillais d'alternatives &#224; la psychiatrie et sa nouvelle approche bas&#233;e sur le r&#233;tablissement, qui est au c&#339;ur de cet article. Comme des milliers d'autres personnes, il vit le duo infernal de la grande pr&#233;carit&#233; et de la souffrance psychique. Mais Marcel, il s'accroche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L485xH400/-1459-240b1.jpg?1782642110' width='485' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marcel Pitu
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a celui qu'on appelle Diog&#232;ne, qui trie les poubelles nuit et jour en habit de ramoneur, ou ce jeune homme qui traverse inlassablement le m&#234;me passage pi&#233;ton devant l'&#233;glise des R&#233;form&#233;s, toute la sainte journ&#233;e. &#192; Marseille, on les appelle avec condescendance les &#171; fatigu&#233;s &#187;. Sauf que derri&#232;re ces &#171; fatigues &#187;, se cachent souvent des vies ultra-pr&#233;caires, un isolement terrible et de r&#233;elles souffrances psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me ville de France, l'estimation la plus courante fait &#233;tat de quelque 14 000 personnes &#224; la rue, 30 % &#233;tant touch&#233;es par des troubles psychiatriques s&#233;v&#232;res : schizophr&#233;nie, bipolarit&#233;, d&#233;pression s&#233;rieuse, etc. Des troubles qui ne peuvent qu'&#234;tre aggrav&#233;s par la duret&#233; de la vie &#224; la rue et la difficult&#233; de l'acc&#232;s au soin. Au-del&#224; des chiffres, on comprend que c'est souvent le traitement social de la folie qui exacerbe voire provoque ce genre de situations. Exclues, ces personnes sont emp&#234;ch&#233;es de vivre comme les autres. Des passages &#224; l'asile, parfois, mais surtout : condamn&#233;es &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel, la rue, il conna&#238;t bien. Arriv&#233; de Roumanie en 2010 pour rejoindre son fr&#232;re, il &#233;choue dans un recoin pr&#232;s de la gare Saint-Charles. Il y vivra quatre ans et fr&#233;quentera le centre de soins de M&#233;decins du Monde, &#224; la Belle-de-Mai. Un des rares endroits o&#249; les exclus peuvent trouver un peu d'aide sans qu'on ne leur demande quoi que ce soit en &#233;change. Tous ont en commun le fait de ne pas avoir acc&#232;s aux soins, parce qu'ils sont sans-papiers et / ou n'ont pas de couverture sant&#233;. Pendant un mois, Marcel pr&#233;vient quotidiennement les &#233;quipes : &#171; &lt;i&gt;Aidez-moi, ma t&#234;te va exploser, mon pancr&#233;as aussi, je veux mourir.&lt;/i&gt; &#187; Jusqu'au jour o&#249; il ramasse un tesson de bouteille pour en finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cet acte d&#233;sesp&#233;r&#233;, les &#233;quipes de M&#233;decins du Monde le mettent en relation avec l'&#233;quipe mobile de psychiatrie Marss (Mouvement et action pour le r&#233;tablissement social et sanitaire). Trois semaines apr&#232;s, Marcel est enfin re&#231;u par la psychiatre de l'association. Pas tir&#233; d'affaire, mais enfin &#233;cout&#233;, il sort peu &#224; peu de l'isolement, mais pas de la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marseille, capitale du &#171; r&#233;tablissement &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2005 se d&#233;veloppent &#224; Marseille des dispositifs alternatifs &#224; la psychiatrie classique, bas&#233;s sur le &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt;. Une approche qui s'oppose &#224; l'id&#233;e que les troubles psychiques seraient incurables ou qu'on ne pourrait pas vivre avec, mettant en lumi&#232;re la double peine que subissent les personnes concern&#233;es : d'une part celle de la maladie et de ses sympt&#244;mes, d'autre part, celle de ses cons&#233;quences sociales (violence, exclusion et stigmatisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt;, ce sont entre autres les &#233;quipes de Marss qui l'importent des &#201;tats-Unis &#224; Marseille, o&#249; sont lanc&#233;es plusieurs exp&#233;rimentations innovantes. Des voyages d'&#233;tudes avaient permis aux acteurs de ces diff&#233;rents projets (psychiatres, chercheurs, etc.) de comprendre l'importance du &#171; travail pair &#187; qui reconna&#238;t les usagers de la psychiatrie comme des experts en la mati&#232;re. Les personnes qui ont connu la rue, la psychiatrie ou les addictions sont souvent bien plus l&#233;gitimes que d'autres &#224; travailler dans les structures de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, compte tenu des difficult&#233;s inh&#233;rentes au soin des personnes &#224; la rue, un collectif d&#233;cide d'ouvrir un squat rue Curiol, en plein centre-ville. L'objectif du &lt;i&gt;Marabout&lt;/i&gt; : proposer &#224; des sans-abris vivant avec des troubles psychiatriques s&#233;v&#232;res une alternative aux foyers de SDF et &#224; l'h&#244;pital psychiatrique. Apr&#232;s la visite de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Sant&#233;, le squat devient moins exp&#233;rimental et s'institutionnalise. Par ailleurs, ses &#233;quipes obtiennent une subvention pour lancer l'exp&#233;rimentation &#171; Un chez soi d'abord &#187;, qui procure des logements sociaux aux personnes sans-abri en souffrance psychique. Leur d&#233;marche : renverser la philosophie des plans de lutte contre le &#171; sans-abrisme &#187;, lesquels pr&#244;nent le traitement et l'abstinence de drogue et d'alcool avant de (ou sans) prendre en compte la question du logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, Marcel s'installe &#224; &lt;i&gt;La R&#233;quiz'&lt;/i&gt;, un squat tout juste ouvert par l'association Marabout, dans lequel logent une trentaine d'habitants&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Marseille : occupy la psychiatrie &#187;, CQFD n&#176; 148 (novembre 2016).&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Je m'y sentais bien, les gens faisaient parfois de grosses crises, mais j'avais ma chambre et un espace pour dessiner&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Marcel. Sa situation se stabilise et lui permet enfin de s'attaquer, avec l'aide de l'association Marss, &#224; sa situation administrative et &#224; l'ouverture de ses droits pour obtenir l'Allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH). Il est r&#233;guli&#232;rement suivi par la psychiatre de l'&#233;quipe, &#224; qui il voue un amour inconditionnel, et soigne enfin son pancr&#233;as d&#233;glingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s, &lt;i&gt;La R&#233;quiz'&lt;/i&gt; est honteusement expuls&#233;e. Traumatis&#233; par l'&#233;pisode, Marcel prend ses affaires et trouve refuge &#224; l'&#233;tage d'un caf&#233; associatif marseillais dans lequel il se sent bien. Cette situation pr&#233;caire dure plus d'un an. Les proc&#233;dures administratives kafka&#239;ennes pour obtenir des aides auxquelles il a droit, la difficult&#233; &#224; comprendre le fran&#231;ais et &#224; pouvoir r&#233;ellement exprimer ce qu'il veut, les &#233;quipes de Marss d&#233;bord&#233;es et un traumatisme li&#233; &#224; une piq&#251;re qui lui a &#233;t&#233; administr&#233;e aux urgences psychiatriques, provoquent chez lui une souffrance terrible et un profond sentiment d'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, Marcel int&#232;gre&lt;i&gt; Le Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;. Poussant la d&#233;marche du &lt;i&gt;Marabout&lt;/i&gt; un cran plus loin, cet espace, premier du genre, exp&#233;rimente un accueil des personnes en pleine crise psychotique afin de limiter le recours aux hospitalisations sans consentement &lt;i&gt;[lire pp. 6 &amp; 7 du pr&#233;sent dossier notre entretien avec Andr&#233; Bitton : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/On-peut-parler-de-barbarie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;On peut parler de barbarie hospitali&#232;re&lt;/a&gt; &#187;]&lt;/i&gt;. Il propose un refuge calme et communautaire o&#249; se poser le temps de traverser l'&#233;pisode de d&#233;compensation. L'objectif est aussi de donner du sens &#224; cette crise, sans qu'elle soit d'embl&#233;e m&#233;dicalis&#233;e et psychiatris&#233;e. Marcel vivra au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt; un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L490xH400/-1458-d7805.jpg?1782642110' width='490' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marcel Pitu
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Accueillir la crise&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le salon du &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, qui accueille une dizaine de r&#233;sidents, tr&#244;ne cette phrase de Pr&#233;vert : &#171; &lt;i&gt;L'ordre des choses est dans le d&#233;sordre des &#234;tres.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; qui pose l'ambiance. Dans ce nouveau refuge, Marcel a de la place pour dessiner, sculpter et m&#234;me exposer ses &#339;uvres dans la pi&#232;ce commune. Il entame un stage dans un atelier de menuiserie et gagne enfin un salaire. En revanche, il trouve l'atmosph&#232;re du lieu anxiog&#232;ne : &#171; &lt;i&gt;C'est dur de r&#233;unir autant de souffrances sous un m&#234;me toit.&lt;/i&gt; &#187; Les r&#233;sidents, orient&#233;s par les &#233;quipes mobiles de Marss et de l'Ulice (Unit&#233; locale d'intervention de crise et d'&#233;valuation&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quipe mobile de psychiatrie qui intervient au domicile des personnes dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;) ou par des proches, arrivent parfois bien caboss&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est effectivement tr&#232;s vivant, &lt;/i&gt;souligne Jodi, salari&#233; depuis quelques mois en tant qu'intervenant en sant&#233; mentale communautaire.&lt;i&gt; On navigue constamment entre des moments de fortes tensions et d'autres plus l&#233;gers.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'&#233;quipe, compos&#233;e de professionnels de sant&#233;, chercheurs, &#233;ducateurs, b&#233;n&#233;voles et travailleurs pairs ? Accueillir la crise. Et surtout, la d&#233;cortiquer. Saphir Desvignes, chercheuse au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt; et elle-m&#234;me usag&#232;re de la psychiatrie, explique qu'il s'agit surtout &#171; &lt;i&gt;d'orienter le regard de la personne sur ses forces et son autonomie plut&#244;t que sur ses vuln&#233;rabilit&#233;s, d&#233;couvrir au quotidien ce qui fait du bien et ce qui fait monter en pression&lt;/i&gt; &#187;. La pr&#233;sence de travailleurs pairs et l'absence de psychiatre sur le lieu renversent consid&#233;rablement les sch&#233;mas institutionnels. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;quit&#233; dans la relation est fondamentale&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Saphir. Le soin, ici, sera tout autre : &#171; &lt;i&gt;Accueillir la crise, &#231;a peut consister &#224; aller fumer une clope avec la personne ou la laisser exploser trois assiettes sans intervenir de fa&#231;on coercitive,&lt;/i&gt; poursuit Saphir. &lt;i&gt;C'est un travail relationnel. L'important, c'est d'abord de reconna&#238;tre cette crise, car elle a toujours une cause. C'est souvent un signal inconscient et incontr&#244;l&#233; pour exprimer un besoin ou une attente insatisfaite... Mais certains professionnels de la sant&#233; n'ont pour seule r&#233;ponse qu'une piq&#251;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle approche est parfois compliqu&#233;e &#224; appr&#233;hender pour les r&#233;sidents qui n'ont pas forc&#233;ment fait le choix du communautaire et pour qui les concepts d'&lt;i&gt;open dialogue&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'open dialogue est une approche psychoth&#233;rapeutique qui trouve son origine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; et de &lt;i&gt;r&#233;tablissement &lt;/i&gt;sont souvent floues. Marcel en a &#233;t&#233; lui-m&#234;me d&#233;stabilis&#233; durant son s&#233;jour : &#171; &lt;i&gt;&#199;a se dit lieu de soin, mais il n'y m&#234;me pas de m&#233;dicament, m&#234;me quand tu as mal &#224; la t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la crise s'av&#232;re trop forte pour &#234;tre &#171; accueillie &#187;. En novembre dernier, Marcel a de nouveau d&#233;goupill&#233; &#8211; &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait dix jours que je mange plus, j'ai trop de col&#232;re en moi&lt;/i&gt; &#187;, me confiait-il &#224; l'&#233;poque. Encore une fois : pr&#233;carit&#233;, fatigue nerveuse et une tension avec un des salari&#233;s du lieu le replongent dans un lancinant sentiment d'injustice. La suite ? Flics, pompiers, Samu : direction les urgences psychiatriques. Dix minutes d'entretien, et le psychiatre lui demande de quitter les lieux. &#171; &lt;i&gt;J'ai refus&#233; la piq&#251;re&lt;/i&gt; &#187;, me dira-t-il en sortant des urgences, tout tremblant. Il retournera au &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, pour &#171; finir &#187; sa crise. Et les choses se tasseront. &#192; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion des r&#233;sidents au projet &#233;tant parfois compliqu&#233;e, le contrat de d&#233;part doit &#234;tre clair. Jodi rappelle d'ailleurs que le lieu ne peut offrir qu'un r&#233;pit temporaire : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas repr&#233;senter un logement sur la dur&#233;e, on bosse comme des fous, mais on fait avec les moyens du bord.&lt;/i&gt; &#187; Avec un 115 constamment satur&#233; et la crise des logements (sociaux) marseillais, il est souvent tr&#232;s compliqu&#233; de proposer une solution d'h&#233;bergement satisfaisante &#224; la fin du s&#233;jour : &#171; &lt;i&gt;Au bout d'une semaine, un ou trois mois maximum, les gens repartent dans leur famille, chez des potes, &#224; l'hosto... ou retournent &#224; la rue. C'est &#233;videmment une situation de merde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La libert&#233; d'exp&#233;rimenter ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a un gros enjeu autour de cette exp&#233;rimentation,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Saphir. &lt;i&gt;Le fait de pratiquer une recherche qualitative, quantitative et m&#233;dico-&#233;conomique permet de montrer &#224; l'Agence r&#233;gionale de Sant&#233; &lt;/i&gt;[ARS] &lt;i&gt;l'int&#233;r&#234;t qu'elle &#224; financer &lt;/i&gt;Le Lieu de r&#233;pit &lt;i&gt;et &#224; d&#233;velopper ce type d'initiative sur tout le territoire&lt;/i&gt; &#187;. L'ind&#233;pendance et la r&#233;elle libert&#233; d'exp&#233;rimenter sont forc&#233;ment ternies par ces enjeux financiers : le lieu est financ&#233; par un organisme et un programme d&#233;pendant du minist&#232;re de la Sant&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La CNSA (Caisse nationale des solidarit&#233;s et de l'autonomie) et le PRPSS (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Anne, ancienne travailleuse paire des d&#233;buts, ne d&#233;col&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;Le lieu a re&#231;u un million d'euros pour r&#233;habiliter cet ancien squat. &#199;a ne peut pas &#234;tre totalement un projet alternatif si c'est financ&#233; par l'ARS.&lt;/i&gt; &#187; Par ailleurs, Anne d&#233;plore un certain manque de confiance accord&#233; aux premiers r&#233;sidents du lieu &#224; qui il avait &#233;t&#233; promis des postes salari&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Le choix de la sant&#233; communautaire est ambitieux, il implique de prendre des risques. Par exemple, un dessinateur professionnel a &#233;t&#233; engag&#233; alors que Marcel aurait tr&#232;s bien pu &#234;tre l'art-th&#233;rapeute du lieu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel a finalement quitt&#233; &lt;i&gt;Le Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, fin 2019. Saphir se souvient de sa derni&#232;re crise o&#249; la violence escaladait entre les murs du dispositif : &#171; &lt;i&gt;De nouveau, il voulait tout l&#226;cher et notamment son stage qui devait pourtant garantir son futur logement.&lt;/i&gt; &#187; La tribu marseillaise s'est alors r&#233;unie en urgence : Marss, l'&#233;quipe du &lt;i&gt;Lieu de r&#233;pit&lt;/i&gt;, ses proches : tous l'ont convaincu de poursuivre et de s'accrocher. Ce qu'il a fait. Il y a quelques jours, Marcel &#233;tait rayonnant au caf&#233; du coin, l&#224; o&#249; le jeune traverse le passage pi&#233;ton devant l'&#233;glise des R&#233;form&#233;s. Il loge enfin dans son propre appartement, pas loin du fameux recoin pr&#232;s de la gare o&#249; il s'&#233;tait abrit&#233; &#224; son arriv&#233;e &#224; Marseille. Son travail &#224; &#171; &lt;i&gt;la fabrique de chocolat&lt;/i&gt; &#187; lui pla&#238;t plut&#244;t. Il est m&#234;me amoureux. Surtout, il s'est remis &#224; dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Marseille-Occupy-la-psychiatrie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Marseille : occupy la psychiatrie&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 148 (novembre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quipe mobile de psychiatrie qui intervient au domicile des personnes dans trois arrondissements du sud de Marseille, pour &#233;viter les hospitalisations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;open dialogue&lt;/i&gt; est une approche psychoth&#233;rapeutique qui trouve son origine en Finlande. Elle repose sur une philosophie de travail en &#233;quipe, un partage des comp&#233;tences entre soignants, une gestion de la crise centr&#233;e sur le patient et ses &#233;motions plut&#244;t que sur le sympt&#244;me en essayant de recourir le moins possible &#224; un traitement antipsychotique ou &#224; une hospitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La CNSA (Caisse nationale des solidarit&#233;s et de l'autonomie) et le PRPSS (Programme de recherche sur la performance des syst&#232;mes de soin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Il faut casser le consensus environnemental &#187;</title>
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		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Tous unis contre la fin du monde ? Oui... et non. D&#233;j&#224;, parce qu'&#224; vue de nez, on n'y sera pas tous en m&#234;me temps. Pauvres en avant, riches en arri&#232;re. Et puis parce que la fin de ce monde, il va falloir aller la chercher. Para&#238;trait que le syst&#232;me est coriace. Racisme (environnemental), imp&#233;rialisme (environnemental) et in&#233;galit&#233;s (environnementales) : oui, la crise &#233;cologique ravive des choses anciennes, et cr&#233;e des luttes nouvelles. Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue engag&#233; et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/inegalites-environnementales" rel="tag"&gt;in&#233;galit&#233;s environnementales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement-ouvrier" rel="tag"&gt;mouvement ouvrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous unis contre la fin du monde ? Oui... et non. D&#233;j&#224;, parce qu'&#224; vue de nez, on n'y sera pas tous en m&#234;me temps. Pauvres en avant, riches en arri&#232;re. Et puis parce que la fin de &lt;i&gt;ce&lt;/i&gt; monde, il va falloir aller la chercher. Para&#238;trait que le syst&#232;me est coriace. Racisme (environnemental), imp&#233;rialisme (environnemental) et in&#233;galit&#233;s (environnementales) : oui, la crise &#233;cologique ravive des choses anciennes, et cr&#233;e des luttes nouvelles. Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue engag&#233; et auteur d'ouvrages sur l'&#233;cologie politique, mais aussi sur les pens&#233;es critiques &#224; gauche et plus r&#233;cemment sur la consommation&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Longtemps adh&#233;rent au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il s'est ensuite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH285/-1347-de454.jpg?1782743690' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que tu entends par &#171; in&#233;galit&#233;s environnementales &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le discours &#233;cologique dominant consiste &#224; dire que la crise environnementale est quelque chose de radicalement nouveau dans l'histoire de l'humanit&#233;, notamment car c'est un type de p&#233;ril qui concerne l'humanit&#233; dans son ensemble, ind&#233;pendamment des classes sociales, du genre, des divisions qui ont caract&#233;ris&#233; les soci&#233;t&#233;s modernes depuis qu'elles existent. C'est ce que j'appelle le consensus environnemental, c'est le discours de l'&#233;cologie &lt;i&gt;mainstream &lt;/i&gt;dominante. Et c'est d&#233;politisant au possible. L'histoire des mouvements sociaux montre que ces derniers se d&#233;clenchent quand il y a de la division, du conflit, quand une partie de l'humanit&#233; se sent l&#233;s&#233;e, victime d'une injustice &#8211; les classes populaires par rapport &#224; la bourgeoisie, les femmes par rapport aux hommes, les colonis&#233;s par rapport aux colonisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc absolument critiquer ce consensus. Et le premier angle d'attaque, ce sont les in&#233;galit&#233;s environnementales : non seulement l'empreinte carbone des diff&#233;rentes classes sociales n'est pas la m&#234;me (les riches d&#233;truisent la plan&#232;te beaucoup plus que les classes populaires), mais en plus les effets de la crise environnementale ne sont pas ressentis de la m&#234;me mani&#232;re selon la classe sociale &#224; laquelle on appartient. Les classes populaires souffrent davantage des catastrophes naturelles, des cyclones, des canicules, mais aussi des pollutions, de l'effondrement de la biodiversit&#233;, de la rar&#233;faction des ressources naturelles comme l'eau.
C'est une &lt;i&gt;connerie &lt;/i&gt;sur le plan analytique de dire qu'il faut que l'humanit&#233; suspende ses divisions. Car ce que fait la crise environnementale, c'est aggraver ces in&#233;galit&#233;s environnementales, sachant que ces in&#233;galit&#233;s-l&#224; viennent s'empiler, s'ajouter aux autres : les in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, de genre et de race. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a se traduit de mani&#232;re g&#233;ographique &#224; l'int&#233;rieur des pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En France, assez peu d'&#233;tudes ont &#233;t&#233; produites sur les in&#233;galit&#233;s environnementales, mais parmi celles publi&#233;es aux &#201;tats-Unis, il y en a une qui concerne l'Hexagone. Elle compare la localisation des incin&#233;rateurs de d&#233;chets, polluants et canc&#233;rig&#232;nes, et la proportion de populations immigr&#233;es dans les zones d'habitation alentour. R&#233;sultat : ces incin&#233;rateurs sont install&#233;s de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e l&#224; o&#249; vivent les immigr&#233;s (et les classes populaires). Souvent, c'est un choix d&#233;lib&#233;r&#233; de la part des pouvoirs publics ou des entreprises, mais pas forc&#233;ment. La d&#233;cision peut r&#233;pondre &#224; une logique comme le prix du m&#232;tre carr&#233; ; elle peut aussi tenir au fait que les cat&#233;gories dominantes ont davantage la capacit&#233; de se mobiliser, d'avoir recours au droit, &#224; leurs r&#233;seaux politiques pour emp&#234;cher l'installation. C'est une logique syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons une catastrophe naturelle, l'une des plus d&#233;vastatrices de l'histoire : l'ouragan Katrina, en 2005 &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans. Les fractions de la population qui ont majoritairement morfl&#233; sont les pauvres et les Noirs. Pour la raison simple que les classes dominantes r&#233;sident sur les hauteurs de la ville depuis tr&#232;s longtemps. Les classes populaires s'&#233;taient install&#233;es l&#224; o&#249; elles pouvaient, l&#224; o&#249; le prix du m&#232;tre carr&#233; &#233;tait le plus faible, sur le bord de mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, il y a aussi la dimension raciale. Exemple : le chlord&#233;cone, un insecticide chimique. On l'a utilis&#233; en Martinique et en Guadeloupe alors qu'on savait depuis longtemps qu'il &#233;tait canc&#233;rig&#232;ne. C'est un scandale sanitaire de type amiante. On l'a interdit en m&#233;tropole, mais pas chez les pauvres et les ex-colonis&#233;s. Pareil pour les essais nucl&#233;aires aux &#201;tats-Unis, beaucoup ont &#233;t&#233; effectu&#233;s dans des r&#233;gions o&#249; vivent principalement les Am&#233;rindiens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette domination a aussi une dimension Nord-Sud...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Nord s'est d&#233;velopp&#233; en pillant les ressources naturelles du Sud : c'est ce que l'on nomme l'imp&#233;rialisme environnemental. Il existe &#233;galement le concept de dette environnementale. Ce ne sont pas les pays du Sud qui ont une dette financi&#232;re envers les pays du Nord &#8211; cette fameuse dette du tiers-monde &#8211; mais c'est exactement l'inverse : les pays du Nord ont une dette environnementale envers les pays du Sud, une dette issue de toute l'histoire du colonialisme mais qui s'aggrave encore par d'autres biais. Par exemple, les pays du Nord viennent d&#233;verser leurs d&#233;chets industriels, nucl&#233;aires ou chimiques dans les pays du Sud [&lt;i&gt;lire aussi page VI&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension environnementale de cette domination permet de faire la connexion entre le th&#232;me classique du mouvement ouvrier qu'est l'imp&#233;rialisme et la question &#233;cologique. Cela permet de connecter les deux et donc &#233;ventuellement de penser aussi quelles pourraient &#234;tre les conditions d'une convergence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, il existe un discours ambiant qui affirme que les pauvres, et notamment ceux des pays pauvres, polluent plus&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un discours qui est souvent li&#233; &#224; un argument d&#233;mographique : les pauvres seraient non seulement pollueurs mais en plus ils sont nombreux, &#8220;&lt;i&gt;ils se reproduisent &#224; une telle vitesse&lt;/i&gt;&#8221;, ce genre d'arguments... Bien s&#251;r, les riches aussi seront affect&#233;s par la crise environnementale, mais dans une certaine mesure seulement. Dans le centre-ville de Paris par exemple, on constate des taux de pollution de l'air &#233;lev&#233;s, alors m&#234;me que des quartiers tr&#232;s riches s'y trouvent. Mais le bilan global, c'est quand m&#234;me que de mani&#232;re &#233;crasante, ce sont les classes populaires qui vont morfler. Alors m&#234;me que l'origine de la crise environnementale vient du mode de vie des dominants. Les classes populaires sont aussi consum&#233;ristes, il n'est pas question de le nier. Mais en termes d'empreinte &#233;cologique, ce sont clairement les dominants qui sont les plus responsables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir sur l'id&#233;e du consensus environnemental, tu as &#233;crit &lt;i&gt;La nature est un champ de bataille&lt;/i&gt;, il y a cinq ans. Depuis, des mouvements comme les ZAD (Zones &#224; d&#233;fendre) ont pris de l'ampleur et ils remettent de la conflictualit&#233;, non ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r, l&#224; il y a de la conflictualit&#233;, et aussi des exp&#233;rimentations de modes de vie diff&#233;rents. Avec une limite selon moi : cette id&#233;e que construire des alternatives &#233;cologistes suppose de quitter la soci&#233;t&#233; et d'aller s'installer dans un ailleurs. C'est probl&#233;matique : il y a plein de gens qu'on laisse derri&#232;re et une politique r&#233;volutionnaire doit &#234;tre faite l&#224; o&#249; est la majorit&#233; des gens sont, c'est-&#224;-dire dans les villes, dans les campagnes. Pas &#224; l'&#233;cart. Cette esp&#232;ce de s&#233;paratisme est &#224; la fois extr&#234;mement int&#233;ressante car elle permet d'exp&#233;rimenter des modes de vie nouveaux, de cr&#233;er des r&#233;seaux, mais les ZAD ne sont pas des lieux d'exp&#233;rimentations populaires. Ce qu'il faut, comme le disent eux-m&#234;mes plein de gens qui participent &#224; ces mouvements, c'est g&#233;n&#233;raliser la ZAD . Et g&#233;n&#233;raliser la ZAD suppose forc&#233;ment de la transformer en autre chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concernant le mouvement ouvrier, tu prends l'exemple d'AZF &#224; Toulouse : apr&#232;s la catastrophe (31 morts dans l'explosion de l'usine chimique en 2001), il y a eu une bataille entre les associations de citoyens et les syndicats qui d&#233;fendaient les emplois. Ce qui montre &#224; quel point le mouvement ouvrier peut &#234;tre productiviste. Est-ce que depuis, il y a eu un changement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le mouvement ouvrier, les fractions majoritaires ont souvent &#233;t&#233; productivistes, et par cons&#233;quent peu sensibles &#224; la question &#233;cologique. Mais il faut s'empresser de dire que ce n'est pas le cas de tout le monde. Depuis longtemps, le mouvement ouvrier est travaill&#233; par la question de la qualit&#233; de vie, par la question d'un rapport plus sobre &#224; la nature... Ces th&#233;matiques sont pr&#233;sentes depuis le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Mais aujourd'hui, les d&#233;bats ont lieu. Il y a eu une prise de conscience que les travailleurs sont apr&#232;s tout les premi&#232;res victimes du risque industriel et la question des emplois verts a fait bouger les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a un autre &#233;l&#233;ment &#224; prendre en consid&#233;ration. Aujourd'hui, les classes ouvri&#232;res &#233;mergentes dans des pays comme la Chine, l'Inde ou le Br&#233;sil, se forment un peu sur le mod&#232;le de la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, mais avec une diff&#233;rence : elles naissent alors que la crise &#233;cologique est d&#233;j&#224; l&#224;. Par exemple en Chine, la connexion entre les luttes ouvri&#232;res et les luttes &#233;cologiques est beaucoup plus forte parce que les gens ont conscience des pollutions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discours sur la fin du monde est tr&#232;s fort en ce moment... Le syst&#232;me pourrait s'effondrer par lui-m&#234;me. Qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le capitalisme est un syst&#232;me qui a quand m&#234;me fait la preuve de sa r&#233;sistance, de sa r&#233;silience. Il n'a pas besoin que l'on soit heureux. Au contraire, il peut &lt;i&gt;marchandiser&lt;/i&gt; notre malheur et tr&#232;s bien prosp&#233;rer dans des &#233;cosyst&#232;mes d&#233;vast&#233;s. Bien s&#251;r il y a Trump, mais les capitalistes &lt;i&gt;s&#233;rieux &lt;/i&gt;ont compris qu'il y a une crise environnementale&#8230; et qu'elle peut &#234;tre source de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois un autre probl&#232;me : il n'est pas certain que l'id&#233;e de l'effondrement ait des effets politiques positifs. Elle cr&#233;e des effets de sid&#233;ration et peut conduire &#224; un repli sur soi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque part, en lui permettant de se r&#233;inventer, la crise &#233;cologique pourrait presque aider le capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette r&#233;invention du capitalisme passe par la finance, qui peut cr&#233;er des nouveaux instruments, des d&#233;riv&#233;s ou des obligations, et les faire fonctionner sur tel ou tel aspect de la crise environnementale. Par exemple, sur la survenue ou non d'une catastrophe naturelle, les financiers misent de l'argent. Parfois ils perdent, parce que la catastrophe survient et qu'il faut d&#233;bourser de l'argent, en d&#233;dommageant les assur&#233;s notamment. Mais c'est un secteur qui ne cesse de grandir, donc ils y gagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'&#234;tre attentif au secteur des assurances pour comprendre les &#233;volutions du capitalisme ; comprendre comment les assureurs r&#233;fl&#233;chissent, c'est aussi anticiper ce qui va se passer. Non seulement ils ont conscience de la crise environnementale, mais ils r&#233;fl&#233;chissent &#224; long terme. On dit toujours que le capitalisme est court-termiste ; c'est en partie vrai, mais &#233;galement faux. Les tenants du capitalisme savent que leur syst&#232;me g&#233;n&#232;re des risques, de l'instabilit&#233; et, de fait, des in&#233;galit&#233;s. Ils sont m&#234;me capables de faire des choses qui contreviennent &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale, comme faire le contraire de la doctrine mon&#233;tariste et r&#233;injecter du fric dans le syst&#232;me. M&#234;me si &#233;videmment, cet argent va aux financiers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur cette id&#233;e que les classes dominantes se pr&#233;parent &#224; la crise environnementale, tu vois d'autres aspects que la finance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, toute la dimension s&#233;curitaire, la mont&#233;e en puissance &#224; laquelle on assiste aujourd'hui des appareils s&#233;curitaires, militaires, policiers... Bien s&#251;r, cet ensemble n'a pas pour seule origine la crise environnementale, mais il est certain qu'il va servir aussi dans les ann&#233;es qui viennent &#224; en g&#233;rer les cons&#233;quences, comme les migrations climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le s&#233;paratisme accru des classes dominantes : elles ont une tendance de plus en plus grande &#224; vivre dans des enclos &#8211; dans les pays du Sud surtout, mais pas seulement. L'une des pointes, c'est le Br&#233;sil. Les &lt;i&gt;gated communities&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;sidences ou quartiers ferm&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; existaient avant, mais c'est aussi le fruit de la crise environnementale. C'est une mani&#232;re de pr&#233;parer les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la crise a des effets sanitaires massifs. Elle met une pression de plus en plus grande sur la S&#233;curit&#233; sociale, les syst&#232;mes hospitaliers, etc. Et cela conduit &#224; des syst&#232;mes de sant&#233; &#224; deux vitesses, avec des h&#244;pitaux d&#233;labr&#233;s, en crise permanente, pour les classes populaires&#8230; et des syst&#232;mes priv&#233;s hautement performants, mais payants, pour ceux qui ont les moyens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton dernier livre, sorti en septembre, &lt;i&gt;Les Besoins artificiels&lt;/i&gt;, traite de questions de consommation. En quoi c'est li&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous vivons sont des soci&#233;t&#233;s de consommation, c'est une banalit&#233; de le dire, et c'est l'une des causes de la crise environnementale. Comment on en sort ? Plusieurs pistes sont propos&#233;es, notamment des pistes imm&#233;diates, comme un allongement de la garantie des marchandises de deux &#224; dix ans, une proposition d'associations comme le R&#233;seau action climat et les Amis de la Terre. &#199;a n'a l'air de rien, mais &#231;a permettrait de rendre les objets durables. Les industries sont contre, bien entendu. L&#224; encore, la question de la dur&#233;e de vie des marchandises est une lutte. Sur du plus long terme, il est int&#233;ressant de se pencher sur l'histoire des associations de consommateurs, comme l'UFC - Que choisir. Aujourd'hui, ce sont des associations qui n'ont pas l'air d'&#234;tre tr&#232;s politiques ; elles recommandent telle marque plut&#244;t que telle autre. Mais avant, au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, elles &#233;taient assez li&#233;es aux syndicats ; autrement dit elles ne se limitaient pas &#224; intervenir dans le champ de la consommation, elles &#233;taient aussi int&#233;ress&#233;es par des enjeux productifs, li&#233;s aux conditions de travail, au niveau des salaires, qu'est-ce qui est produit et dans quelle proportion. Tout producteur est un consommateur, et l'inverse est vrai. Il faudrait trouver le moyen d'institutionnaliser le lien entre les deux, de faire des associations communes. Et ce qui sous-tend ce lien entre consommateur et producteur, c'est la question des besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se d&#233;barrasser des besoins artificiels ? Il faut trouver le moyen de faire en sorte que tout un chacun soit partie prenante de la d&#233;lib&#233;ration, pour &#233;viter la dictature. Bien s&#251;r, il faut utiliser les ressources de la loi, de l'&#201;tat, mais il faut qu'&#224; la base il y ait des formes de d&#233;mocratie directe, de conseil, o&#249; la d&#233;lib&#233;ration sur les besoins a lieu. Il n'y a pas beaucoup d'exemples historiques, car on est dans une situation nouvelle, mais il y a quand m&#234;me toute la tradition r&#233;volutionnaire bas&#233;e sur cette id&#233;e de conseils. De toute fa&#231;on, on est dans une situation tellement compliqu&#233;e qu'il faut balancer des hypoth&#232;ses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a dix ans, tu avais fait dans &lt;i&gt;H&#233;misph&#232;re gauche&lt;/i&gt; un panorama des luttes et des pens&#233;es critiques, avec un constat : celui du manque d'un mouvement ambitieux plus global... Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si en dix ans, rien ne s'&#233;tait pass&#233;, il y aurait de quoi se flinguer. Mais ce n'est pas vrai, il y a plein de choses positives. On n'a pas chang&#233; le monde : le capitalisme est toujours l&#224;. Pareil pour la crise environnementale. Mais si on fait le bilan, on trouve Occupy, le mouvement des places en Espagne, en Gr&#232;ce, les ZAD, les Gilets jaunes... Le panorama a beaucoup chang&#233;, dans un sens de mobilisation accrue. Si on m'avait dit en 2010 qu'au Royaume-Uni, Jeremy Corbyn, un gauchiste, serait &#224; la t&#234;te du Labour, j'aurais dit : &#8220;&lt;i&gt;C'est impossible.&lt;/i&gt;&#8221; Bien s&#251;r, tout n'est pas parfait dans le Labour, loin de l&#224;. Pareil pour Bernie Sanders aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes vient de la fragmentation entre des partis institutionnels et des mouvements tr&#232;s anti-institutionnels, comme les ZAD ou les Gilets jaunes. Il n'y a pas encore de synth&#232;se, sans parler de convergence des luttes. C'est normal. C'est ainsi que s'est d&#233;roul&#233;e l'&#233;mergence du mouvement ouvrier au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'abord une prolif&#233;ration de luttes, et puis avec le temps, et &#231;a prend du temps, des &#233;l&#233;ments de synth&#232;se, des secteurs qui passent des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de mettre tout le monde sous le m&#234;me chapeau. De toute &#233;vidence, les marches pour le climat, c'est un ph&#233;nom&#232;ne en partie m&#233;diatique, bien s&#251;r &#231;a a ses limites mais il y a une &#233;nergie, m&#234;me confuse. Politiquement, ce n'est pas un d&#233;sert. Les crises sont toujours un champ de lutte. Elles conduisent &#224; la r&#233;surgence de trucs vraiment tr&#232;s r&#233;acs, mais ouvrent des possibles. Et donc il faut bosser pour multiplier les exp&#233;riences communes, pour faire le lien entre des th&#233;matiques diff&#233;rentes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Longtemps adh&#233;rent au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il s'est ensuite rapproch&#233; de la France insoumise, avant de s'en &#233;loigner. Aux &#233;ditions La D&#233;couverte, il a publi&#233; &lt;i&gt;H&#233;misph&#232;re gauche &#8211; Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques&lt;/i&gt; (2010),&lt;i&gt; La Nature est un champ de bataille&lt;/i&gt; (2014) et &lt;i&gt;Les Besoins artificiels&lt;/i&gt; (septembre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;sidences ou quartiers ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Debout partout</title>
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&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187; Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestations-d-avril" rel="tag"&gt;manifestations d'avril&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ceci n'est pas un exercice &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/-574-04ea8.jpg?1782641446' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une crise, c'est un syst&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, dit un slogan des manifestations d'avril et de mai 2016, appel&#233;es &#224; durer. Uni.e.s contre la loi Travail et le trait&#233; transatlantique en arri&#232;re-plan, beaucoup partagent la m&#234;me d&#233;sillusion : comment a-t-on pu voter PS ? Et face &#224; la proposition carri&#233;riste de devenir fakir &#224; la place du fakir des plus &#171; progressistes &#187; (Front de Gauche, Podemos, Syriza, etc.), on ne sent plus que la d&#233;composition de la verticalit&#233;, de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative et de la personnalisation du pouvoir. Le d&#233;ferlement des violences polici&#232;res, l'ultralib&#233;ralisme et la malhonn&#234;tet&#233; des &#171; socialistes &#187; ont tellement d&#233;charn&#233; les mots politiques de leur sens, qu'il ne reste plus qu'&#224; tout inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous pensiez vraiment qu'on resterait sur Twitter&lt;/i&gt; &#187;, lisait-on sur des banderoles lyc&#233;ennes de Bourg-en-Bresse. Ce sont les plus jeunes, celles et ceux qu'on croyait r&#233;sign&#233;.e.s &#224; la vie 2.0 et la concurrence g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui ont su les premiers d&#233;border le syndicalisme &#224; papa sur sa gauche pour enflammer la rue. Dans cette br&#232;che de jouvence se sont engouffr&#233;s les intermittents, la base syndicale (postiers, femmes de m&#233;nage, restauration, etc.) et toute une frange qu'on pensait endormie ou accabl&#233;e par les r&#233;cents conflits int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs : les non organis&#233;.e.s, freelances, stagiaires, auto-entrepreneur.se.s, non syndiqu&#233;.e.s, &#233;tudiant.e.s pauvres, etc. Bref, le pr&#233;cariat qui a su prendre les places en une constellation incertaine de Nuits Debouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce jour&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, 180 villes en France et 15 pays dans le monde ont embo&#238;t&#233; le pas de la place de la R&#233;publique parisienne, avant le Global Debout pr&#233;vu le 15 mai, date anniversaire de l'occupation de la Puerta del Sol qui, &#224; partir du constat que les politiciens ne nous repr&#233;sentent pas, avait permis d'organiser de puissants combats contre la crise du logement et les politiques d'aust&#233;rit&#233; de l'&#201;tat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Que revive la Commune&lt;/i&gt; &#187;, ce tag tr&#244;ne depuis les d&#233;buts du mouvement sur la bouche de m&#233;tro de la place de la R&#233;publique, et nomme un d&#233;sir qui s'affine et se socialise. Le chemin sera long, mais &#224; travers l'organisation autonome de groupes d'action, l'appui aux r&#233;fugi&#233;.e.s, la place r&#233;affirm&#233;e des femmes ou des quartiers populaires, ce sont des valeurs de solidarit&#233; qui reviennent en force. Sur les places, la parole a &#233;t&#233; prise. Sans &#233;vidence : au milieu des revendications particuli&#232;res et des mises en commun, &#233;mergent des maladresses, des d&#233;saccords, des conflits m&#234;me. Quoi de plus logique quand les murs des chapelles militantes se fissurent ? Au final, les occupations de l'espace public s'ajoutent aux manifestations, ZAD, actions directes, entraides de quartier, repaires associatifs et autres outils de lutte pour fabriquer un monde d&#233;barrass&#233; du capitalisme. &#192; la suite des attentats de 2015, politiciens, journalistes et animateurs nous exhortaient &#224; retourner le plus vite possible &#224; la vie normale. Rat&#233;. Apr&#232;s ce beau mois de mars, nous serons beaucoup &#224; ne plus retourner ni &#224; la normale, ni &#224; l'&#233;tat d'exception. Contre leurs guerres, leurs profits et leur tristesse, continuons de scander : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, on fait ce qu'on veut ! &lt;/i&gt; &#187;
*Banderole rennaise lors des manifestations d'avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au sommaire :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rennes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Rennes-La-bataille-du-centre-ville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bataille du centre-ville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Lille-Convergence-des-nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Convergence des nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille et la CGT : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Un-Pastis-bien-noye&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Pastis... bien noy&#233; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Marseille-Le-S-O-fait-son-chaud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le S.O. fait son chaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit Debout : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-le-mois-le-plus-long&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le mois le plus long&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubervilliers, Place des F&#234;tes : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/A-l-aube-de-nouvelles-Nuits&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'aube de nouvelles Nuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyse : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-le-monde-apprend-avec-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-degre-de-violence-rare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un degr&#233; de violence rare &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nuit-Debout-La-greve-c-est-relever&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/En-bref-mais-debout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En bref mais debout&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un jour de mai 2016, donc. (Note du webmaster en gr&#232;ve.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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