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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Argentine : La sale blague du gaz de schiste</title>
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		<dc:creator>Martin Barzilai</dc:creator>


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&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres. Ici, en f&#233;vrier, c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Neuquen" rel="tag"&gt;Neuqu&#233;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, en f&#233;vrier,&lt;/strong&gt; c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 et les camions en tout genre de traverser la petite agglom&#233;ration &#224; toute berzingue. Sur la place, en face de la mairie, une femme et une adolescente accompagn&#233;es de trois enfants quittent l'ombre pour rentrer chez elles. Depuis trois ans, avec le boum du gaz de schiste, la population masculine a largement d&#233;pass&#233; la proportion habituelle et les cas de m&#232;res adolescentes se multiplient, a pu constater Ruben, m&#233;decin du village. Faute de logements suffisants, les compagnies ont mont&#233; des campements de &#171; &lt;i&gt;trailers&lt;/i&gt; &#187; (conteneurs habitables) &#171; &lt;i&gt;tout confort&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#233;quip&#233;s du c&#226;ble et d'Internet. Un gymnase a &#233;t&#233; construit pour une main-d'&#339;uvre exclusivement masculine. Felipe, trente-sept ans, travaille sur un puits comme man&#339;uvre. Il gagne l'&#233;quivalent de 2 500&#8200;euros par mois et vit pendant la moiti&#233; du temps dans l'une de ces maisons de fer. &#171; &lt;i&gt;On travaille &#233;norm&#233;ment pendant deux semaines, mais ensuite, on peut retourner chez nous le reste du mois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bord de route, un casino s'est install&#233;, et un autre, plus grand, est en construction juste en face. Les vendredis et samedis soirs peuvent &#234;tre agit&#233;s, l'alcool aidant. Du coup, des policiers sont en faction d&#232;s la nuit tomb&#233;e devant la station-service, qui fait office de centre n&#233;vralgique de la bourgade.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p17-barm0569011-c1bab.jpg?1780009276' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Albino Campos, &lt;i&gt;longko&lt;/i&gt; (chef de clan) de la communaut&#233; Mapuche de Campo Maripe, visite un puits non conventionnel et constate le d&#233;bordement de mati&#232;res polluantes. Dans ce cas, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiant pour l'extraction. Des couvertures en plume sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pedro,&lt;/strong&gt; la cinquantaine joviale et le sourire quelque peu &#233;dent&#233;, travaille &#224; la voirie de la municipalit&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est qu'ils p&#232;sent lourd, tous ces camions qui transitent dans tous les sens ! &#199;a craqu&#232;le l'asphalte et les autorit&#233;s de Neuqu&#233;n ne veulent pas mettre un sou pour refaire les routes. Les compagnies p&#233;troli&#232;res donnent quelques miettes, mais ce n'est pas suffisant ! Avec la circulation, les accidents se multiplient et le dispensaire de sant&#233; ne peut pas faire face. Il faut aller &#224; plus de cinquante kilom&#232;tres pour trouver un v&#233;ritable h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e d'une pharmacie, une dame d&#233;charge des cartons remplis de produits de beaut&#233; d'un 4x4. &#171; &lt;i&gt;Nous, &#231;a va, on est commer&#231;ants ici depuis trente ans. Alors l'argent des travailleurs du p&#233;trole, on en b&#233;n&#233;ficie un peu. Mais pour l'avenir, je pense surtout &#224; mes petits-enfants qui vont &#234;tre oblig&#233;s de partir. Il faut voir dans quel &#233;tat ils vont laisser tout &#231;a quand ce sera termin&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour acc&#233;der&lt;/strong&gt; &#224; Loma Campana, site o&#249; se dressent les puits de p&#233;trole et de gaz non conventionnels de Vaca Muerta, pr&#232;s d'A&#241;elo, il faut prendre une route qui monte sur un plateau. Une fois l&#224;-haut, la premi&#232;re chose que l'on aper&#231;oit est une caravane d&#233;fra&#238;chie repeinte de couleurs criardes dont la devanture annonce hot-dogs et hamburgers. Depuis presque un an, Norma, vingt-neuf ans, vit sur place. Pour un salaire &#233;quivalent &#224; 600&#8200;euros par mois, elle vend aux camionneurs press&#233;s de la nourriture bon march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Depuis qu'un autre kiosque vend de la viande grill&#233;e un peu plus loin, ici, &#231;a marche moins bien.&lt;/i&gt; &#187; Le soleil frappe dur et Norma a d&#251; batailler des mois pour que le propri&#233;taire consente &#224; installer un tissu entre les caravanes pour avoir un peu d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt; de l&#224;, la communaut&#233; am&#233;rindienne mapuche de Campo Maripe est sous tension depuis qu'YPF (soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re argentine), associ&#233;e &#224; Chevron (&#233;tats-Unis), est venue s'installer sur ses terres, en 2013, pour extraire du p&#233;trole et du gaz de schiste. Albino Campos, chef de la communaut&#233;, explique entre deux gorg&#233;es de mat&#233; : &#171; &lt;i&gt;Avec leur syst&#232;me de fracturation, ils polluent les nappes phr&#233;atiques et nous emp&#234;chent de faire pa&#238;tre nos animaux comme avant.&lt;/i&gt; &#187; Les responsables d'YPF, eux, d&#233;mentent toutes fuites, arguant que leurs puits sont ciment&#233;s. Les forages plongent &#224; plus de trois kilom&#232;tres de profondeur, puis se ramifient &#224; l'horizontale. Des produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; du sable et &#224; plusieurs millions de litres d'eau sont inject&#233;s sous pression pour fracturer la roche et r&#233;cup&#233;rer ensuite les hydrocarbures. Ces puits particuli&#232;rement profonds provoquent des micros&#233;ismes qui peuvent fissurer le ciment et laisser filtrer aussi bien les produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; l'eau que le p&#233;trole ou le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s&lt;/strong&gt; s'&#234;tre encha&#238;n&#233;s &#224; des puits ; apr&#232;s diverses manifestations &#224; Neuqu&#233;n, capitale de la province ; apr&#232;s une longue bagarre juridique, les Mapuche ont obtenu le droit de circuler librement sur le site de Loma Campana. R&#233;guli&#232;rement, Albino arpente ce paysage semi-d&#233;sertique pour d&#233;tecter tout d&#233;bordement de produits polluants. Checho, vingt-deux ans, l'accompagne et prend des photos qu'il publie ensuite sur Facebook pour d&#233;noncer le non-respect de l'environnement par les compagnies p&#233;troli&#232;res. Ce jour-l&#224;, alors qu'une tour de fracturation est d&#233;mont&#233;e, un liquide br&#251;natre et malodorant s'est r&#233;pandu sur le sol alentours. Selon le chef de puits d'YPF, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiants pour faciliter l'extraction. M&#234;me si des couvertures contenant des plumes de canards sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts, il suffit de passer &#224; c&#244;t&#233; pour constater que ce bricolage est insuffisant : le sol sablonneux absorbe une bonne partie du gasoil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;chets&lt;/strong&gt; qui ne sont pas bus par la terre sont dispers&#233;s dans diff&#233;rents lieux de stockage de la r&#233;gion, o&#249; des compagnies &#171; environnementales &#187; se chargent de les traiter. En apparence, tout semble donc sous contr&#244;le. Fin octobre 2014, &#224; Neuqu&#233;n, sur le site d'Indarsa, g&#233;r&#233; par une des entreprises habilit&#233;es pour retraiter les d&#233;chets p&#233;troliers, un bassin qui n'&#233;tait pas aux normes a d&#233;bord&#233;. Les r&#233;sidus polluants se sont &#233;coul&#233;s sur cinq cents m&#232;tres, &#224; proximit&#233; de quartiers d&#233;favoris&#233;s. De son c&#244;t&#233;, l'entreprise Comarsa &#233;tait suppos&#233;e planter des arbres autour de ses bassins afin qu'ils absorbent les &#233;manations de gaz toxiques, mais elle n'en a rien fait. Pis encore, l'ironiquement nomm&#233;e soci&#233;t&#233; Real Work entrepose &#224; m&#234;me le sol, et &#224; l'air libre, ces couvertures en plumes de canard imbib&#233;es de diff&#233;rents poisons, dans une propri&#233;t&#233; de plusieurs hectares situ&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de la ville de Cutral C&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; l'adversit&#233;&lt;/strong&gt;, &#224; Loma Campana, les Mapuche ne se laissent pas abattre. Depuis janvier 2015, ils ont install&#233; une caravane &#224; l'entr&#233;e du site o&#249; sont install&#233;s les puits non conventionnels, &#224; proximit&#233; des p&#226;turages de leurs troupeaux. Ils contr&#244;lent ainsi la circulation des diff&#233;rents v&#233;hicules sur ce point strat&#233;gique. Marta, la s&#339;ur d'Albino, observe &#224; l'horizon le nuage de poussi&#232;re soulev&#233; par un poids lourd affr&#233;t&#233; par une des compagnies p&#233;troli&#232;res. &#171; &lt;i&gt;Le passage de ces camions d&#233;t&#233;riore nos chemins. Ils deviennent impraticables. Nous devons bloquer r&#233;guli&#232;rement la circulation pendant quelques heures pour les obliger &#224; arroser la route. C'est la seule fa&#231;on de l'entretenir un tant soit peu sans asphalter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, Auca Mahuida, zone prot&#233;g&#233;e abritant des esp&#232;ces en voie d'extinction, a vu fleurir quelques puits d'extraction non conventionnelle sous le patronnage de Total. Les &#233;cologistes sont mont&#233;s au cr&#233;neau, mais le gouvernement provincial et le secr&#233;tariat &#224; l'Environnement ne trouvent rien &#224; redire&#8230; Mutique, le gouvernement de la province empoche quelques pauvres deniers chaque fois que l'on creuse pour extraire du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p19-barm0568980-3d086.jpg?1780009276' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une rue du quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural, en p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuquen, d&#233;bouche sur des chevalets de pompage. Une partie importante du quartier n'a pas l'eau courante.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaca Muerta&lt;/strong&gt; n'est pas seule &#224; subir ces puits non conventionnels diss&#233;min&#233;s un partout dans la r&#233;gion. Il en pousse jusqu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuqu&#233;n, dans le quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural. &#192; quelques p&#226;t&#233;s de maisons de l'&#233;cole primaire, les chevalets de pompage (ou &#171; cigognes &#187;) marquent le rythme de l'extraction. Mart&#237;n, de l'organisation Observatorio Petroleo Sur, se scandalise de la proximit&#233; entre les puits et les lieux d'habitation : &#171; &lt;i&gt;Il se produit r&#233;guli&#232;rement des explosions sur ce genre de site, mais ce danger n'inqui&#232;te ni les compagnies p&#233;troli&#232;res, ni les autorit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Pendant qu'on extrait des millions de dollars des sous-sols, la majorit&#233; des habitants du quartier n'ont pas l'eau courante. Un camion citerne avance dans la rue non goudronn&#233;e et distribue de l'eau non potable. Nicolas, qui voyage accroch&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule, saute et rempli le r&#233;servoir d'une maison. Il travaille onze heures par jour pour une soci&#233;t&#233; priv&#233;e, sous-traitante de la municipalit&#233;, et gagne moins de 400&#8200;euros par mois. &#171; &lt;i&gt;Cette eau sert pour l'arrosage et la lessive uniquement. Elle est rationn&#233;e. Une famille dont l'enfant est malade a demand&#233; quelques litres de plus, mais on lui a refus&#233;&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il, l'air d&#233;go&#251;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; une trentaine de kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, la municipalit&#233; d'Allen a toujours compt&#233; sur ses poires, pommes et p&#234;ches comme principale source de revenus. Mais, depuis l'arriv&#233;e de l'extraction de p&#233;trole non conventionnelle en 2013, tout a chang&#233;. Les compagnies p&#233;troli&#232;res ach&#232;tent les terrains pour des fortunes. Depuis, les vergers c&#244;toient les puits. Si certaines associations &#233;cologistes s'inqui&#232;tent de la qualit&#233; des fruits, comme &#224; Auca Mahuida, les autorit&#233;s font l'autruche. Au d&#233;tour d'un chemin, entre un verger de poiriers et un chevalet de pompage particuli&#232;rement bruyant, vit Irene, cinquante-sept ans, et sa famille. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours v&#233;cu ici. Ils ont install&#233; leur appareillage sans nous demander notre avis. Le plus d&#233;sagr&#233;able, c'est le bruit. Mais on finit par s'habituer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt; les ann&#233;es cinquante, les habitants de ces r&#233;gions se sont r&#233;sign&#233;s avec fatalisme &#224; subir les m&#233;faits du p&#233;trole, conventionnel ou non. Mais pas leur organisme : nombreux cas de cancer, de pr&#233;sence de m&#233;taux lourds dans le sang, etc. Le &lt;i&gt;fracking&lt;/i&gt; (extraction non conventionnelle) n'est v&#233;cu que comme une nuisance ajout&#233;e aux autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin 2014&lt;/strong&gt;, la pr&#233;sidente Cristina Kirchner faisait la retape pour attirer les investisseurs en pr&#233;sentant son pays comme une nouvelle Arabie saoudite regorgeant de gaz et de p&#233;trole. &#171; &lt;i&gt;&#192; une nuance pr&#232;s&lt;/i&gt;, croyait-elle bon de pr&#233;ciser, &lt;i&gt;nous ne sommes pas encercl&#233;s par les guerres, il n'y a pas d'affrontement religieux, ni de diff&#233;rences ethniques.&lt;/i&gt; &#187; Pour calmer ses ardeurs, Paolo Rocca, le patron d'un consortium argentin du secteur de l'&#233;nergie avait &#233;mis un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt;Non, Vaca Muerta n'est pas l'Arabie saoudite&lt;/i&gt; &#187;, car l'enthousiasme pr&#233;sidentiel oubliait un peu vite la baisse du prix du baril sur les march&#233;s internationaux. L'extraction du gaz de schiste co&#251;te en d&#233;finitive tr&#232;s cher et l'Argentine risque bien de ne pas en profiter pour redresser sa balance &#233;nerg&#233;tique. En revanche, le saccage &#233;cologique de la Patagonie est, lui, exponentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.opsur.org.ar/blog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatorio Petroleo Sur&lt;/a&gt; (en espagnol).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p17-gaz-de-schiste.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH693/p17-gaz-de-schiste-87916.jpg?1780009276' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Total ratage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire de deux copains qui d&#233;cident un beau jour de subtiliser une pastille radioactive sur un site d'extraction de p&#233;trole dans la r&#233;gion de Vaca Muerta. Celles-ci sont utilis&#233;es sur les puits non conventionnels pour r&#233;aliser des sortes de radiographie du sous-sol. L'un des deux comparses, ancien employ&#233; de Total, rep&#232;re l'emplacement de l'objet convoit&#233; et part avec. Puis il appelle d'un portable pour demander une &#171; &lt;i&gt;ran&#231;on&lt;/i&gt; &#187; de 500&#8200;000 dollars&#8200;&#8211; alors que la valeur de la pastille ne d&#233;passe pas les 5&#8200;000. L'appel est g&#233;olocalis&#233;. Il suffit ensuite aux services de s&#233;curit&#233; nucl&#233;aire de rep&#233;rer les radiations pour faire arr&#234;ter les malheureux chapardeurs. L'irradiante pastille est retrouv&#233;e dans le coffre du taxi dans lequel les lascars tentaient de s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Esquivel, secr&#233;taire &#224; l'Environnement de la province de Neuqu&#233;n, est furax. Selon la loi, l'entreprise est tenue de signaler dans les 24&#8200;heures toute perte ou vol de ce genre de produits hautement dangereux. Or, Total avait pr&#233;f&#233;r&#233; faire motus pendant plus d'une semaine. Ricardo a de quoi l'avoir mauvaise : c'est la deuxi&#232;me pastille que l'entreprise fran&#231;aise &#233;gare en moins d'un an. Dur &#224; avaler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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