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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>C'est une Maison Verte&#8230;</title>
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		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance &#224; Marseille depuis 29&#8200;ans, une Maison Verte est menac&#233;e de fermeture par le Centre communal d'action sociale (CCAS), de plus en plus avide question &#171; phynance &#187;. Petite visite de ce lieu &#8211;&#8200;dans l'espoir qu'il perdure ! On entre &#224; la Maison du Vallon par la porte d'un ancien ouvroir aux murs tagu&#233;s. Une fois franchi le seuil, on d&#233;couvre une jolie cour agr&#233;ment&#233;e d'arbres, de plantes, et au fond un b&#226;timent d'un &#233;tage. En plein centre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no133-juin-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;133 (juin 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance &#224; Marseille depuis 29&#8200;ans, une Maison Verte est menac&#233;e de fermeture par le Centre communal d'action sociale (CCAS), de plus en plus avide question &#171; phynance &#187;. Petite visite de ce lieu &#8211;&#8200;dans l'espoir qu'il perdure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On entre &#224; la Maison du Vallon par la porte d'un ancien ouvroir aux murs tagu&#233;s. Une fois franchi le seuil, on d&#233;couvre une jolie cour agr&#233;ment&#233;e d'arbres, de plantes, et au fond un b&#226;timent d'un &#233;tage. En plein centre de Marseille, la Maison du Vallon est l'un de ces trop rares endroits d&#233;di&#233;s aux minots (de 0 &#224; 4&#8200;ans) et &#224; leurs parents, ou accompagnants. Elle a vu le jour en 1986 et revendique sa filiation avec la Maison Verte parisienne, ouverte sept ans plus t&#244;t. Pens&#233;e et cr&#233;&#233;e par Fran&#231;oise Dolto et d'autres psychanalystes, la Maison Verte est un lieu d'accueil et d'&#233;coute pour la petite enfance qui va rapidement &#234;tre imit&#233; dans les grandes agglom&#233;rations en France (Strasbourg, Lyon, Aix-en-Provence, etc.) et &#224; l'&#233;tranger (Espagne, Suisse, Belgique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p15-photo-mdv-7249c.jpg?1782650292' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que l'on passe la porte du b&#226;timent, la m&#234;me sc&#232;ne se rejoue. Un accueillant arrive : &#171; &lt;i&gt;Bonjour, comment t'appelles-tu ?&lt;/i&gt; &#187;, le regard tourn&#233; vers l'enfant. &#171; &lt;i&gt;Et quel &#226;ge as-tu ?&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Chaque fois, le pr&#233;nom et l'&#226;ge de l'enfant sont inscrits, &#224; la craie, sur le tableau. Outre l'inscription symbolique, il est surtout question, comme nous l'expliquent Maryvonne et Nadia, deux accueillantes de la Maison du Vallon, &#171; &lt;i&gt;de consid&#233;rer l'enfant comme un &#234;tre &#224; part enti&#232;re, comme un sujet&lt;/i&gt; &#187;. C'est d'ailleurs la seule inscription existante dans cet espace. L'anonymat y est de rigueur, seul le pr&#233;nom de l'enfant est demand&#233; et aucune autre information ne passera les murs : &#171; &lt;i&gt;Le principe d'anonymat est une question d'&#233;thique&lt;/i&gt;, poursuivent-elles, &lt;i&gt;pour ne pas inscrire l'enfant dans le suivi social.&lt;/i&gt; &#187; Et ainsi permettre &#224; chacun de se sentir libre de venir : &#171; &lt;i&gt; Ici, les personnes viennent et repartent quant elles veulent. Elles peuvent parler avec des m&#232;res, des p&#232;res&#8230; ou des accueillants, sans qu'il n'y ait pour autant aucune obligation de le faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les enfants partis dans leur monde, les accueillants se font discrets mais disponibles. &#171; &lt;i&gt;Ils se fondent assez bien, au milieu des parents pr&#233;sents&lt;/i&gt;, remarque Sophie, habitu&#233;e du lieu.&lt;i&gt; Quand on est pris dans la discussion avec d'autres parents, on les oublie presque.&lt;/i&gt; &#187; Car le patronage de Dolto implique n&#233;cessairement une certaine vision du lieu, &#171; &lt;i&gt;une incarnation de la psychanalyse dans la cit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, selon Nadia. Pour Maryvonne, la question est de &#171; &lt;i&gt;d&#233;ployer autrement le nouage de la relation enfants-parents ; on ne vient pas ici parce qu'il y a un sympt&#244;me, mais simplement pour l'&#233;coute. On est l&#224; pour accompagner dans la s&#233;paration, dans le lien &#224; l'autre, et finalement, dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Maison du Vallon voit d&#233;filer chaque ann&#233;e 2 500 petits, et il n'est pas rare d'y entendre plusieurs langues, en toute coh&#233;rence avec la diversit&#233; marseillaise. R&#232;gle num&#233;ro&#8200;1 ici : ne pas franchir la ligne jaune trac&#233;e au sol, s&#233;parant l'espace des b&#233;b&#233;s (un grand tapis rond) du reste de la pi&#232;ce. Aucun v&#233;hicule, poussette, camion, tricycle ne doit passer ! Imaginez un bambin qui, du haut de son camion &#224; p&#233;dales, fonce droit sur le tapis o&#249; gazouille un b&#233;b&#233; de trois mois&#8230; ! &#201;videmment, il est aussi question de s&#233;paration symbolique et d'accompagnement &#224; la vie sociale. Dans un monde d'adultes press&#233;s qui accueillent difficilement le rythme des enfants, la Maison du Vallon est une structure pr&#233;cieuse et privil&#233;gi&#233;e. Lorsque, par choix ou par n&#233;cessit&#233;, on consacre une grande partie de son temps &#224; s'occuper des enfants, on se retrouve vite &#224; l'&#233;cart, isol&#233;. &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai d&#233;couvert ce lieu&lt;/i&gt;, nous raconte Sophie,&lt;i&gt; j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s impressionn&#233;e. Il m'a paru unique dans ce qu'il proposait. Non pas en termes d'activit&#233;s, mais de possibilit&#233;s d'&#233;changes, de fa&#231;ons d'y &#234;tre et de se servir du lieu. Tr&#232;s peu d'indications sont donn&#233;es en arrivant, donc chacun peut se l'approprier selon ce qu'il cherche : un espace pour passer du temps avec son enfant, pour jouer avec lui. Pour qu'il rencontre d'autres enfants. Un espace pour soi, pour sortir du foyer, pour voir d'autres enfants et prendre du recul sur le sien. C'est un moment o&#249; l'&#233;nergie de son enfant est canalis&#233;e par les autres petits, et o&#249; l'on peut alors partager avec les gens pr&#233;sents, tranquillement, se livrer, se d&#233;-livrer m&#234;me parfois.&lt;/i&gt; &#187; Ni cr&#232;che, ni PMI (Protection maternelle infantile), de telles structures sont d'une importance consid&#233;rable pour les enfants, et les adultes qui en prennent soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au 13, rue de Lodi, &#224; Notre-Dame-du-Mont qu'il est install&#233; depuis maintenant 25&#8200;ans, dans des locaux d&#233;tenus par le CCAS. Mais peut-&#234;tre plus pour longtemps : les propri&#233;taires annoncent la vente de leur patrimoine priv&#233;. La Maison du Vallon, cette petite b&#226;tisse et sa cour ombrag&#233;e sont sur la touche. On imagine la juteuse op&#233;ration immobili&#232;re que se paye le CCAS&#8230; sur le dos des minots, et de leurs parents. C'est un marchand de biens qui rach&#232;te, avec r&#233;novation et remise sur le march&#233; pour projet. La belle affaire. Et sans aucune concertation avec les premiers concern&#233;s. Un comit&#233; de soutien a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par des parents, pour accompagner les 15&#8200;accueillants dans leur lutte pour continuer d'exister&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous pouvez prendre contact avec eux via cette adresse mail : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Leur exigence : soit se voir offrir un relogement dans un lieu adapt&#233;, soit obtenir les finances n&#233;cessaires pour retrouver un tel lieu sur le march&#233; priv&#233;. Pour le moment, aucune proposition satisfaisante n'a &#233;t&#233; apport&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;occup&#233; par l'assainissement de son budget que par les minots marseillais, le CCAS n'entend rien. &#192; croire que Gaudin, maire de Marseille&#8200;&#8211;&#8200;et pr&#233;sident du CCAS !&#8200;&#8211;, n'aurait pas assez fr&#233;quent&#233; de Maison Verte pour r&#233;gler son probl&#232;me avec la &#171; s&#233;paration &#187;. Cette ligne jaune qui s&#233;pare la question &#233;conomique de la question politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vous pouvez prendre contact avec eux via cette adresse mail : sos.maisonduvallon@gmail.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>ZAD &#224; venir au pays des santons</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/ZAD-a-venir-au-pays-des-santons</link>
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		<dc:date>2013-06-15T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malik Tournon, Roger Foulques</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cinq jours durant, le FL&#233;O (Fabuleux laboratoire d'exp&#233;riences et d'occupations), rassemblant des collectifs proches et lointains du r&#233;seau Reclaim the Fields, s'est affair&#233; &#224; faire vivre une nouvelle zone &#224; d&#233;fendre (ZAD), menac&#233;e depuis 40 ans par un contournement routier. Depuis quelques mois couvait le projet d'une action concr&#232;te en ceinture verte d'Avignon pour d&#233;noncer un saccage &#224; venir : la construction d'une 2x2 voies devant relier, d'ici 15 ans, l'A9 &#224; l'A7 (ou LEO pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres-agricoles" rel="tag"&gt;terres agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Verte" rel="tag"&gt;Verte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liaison-est-ouest" rel="tag"&gt;liaison est-ouest&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ceinture-verte" rel="tag"&gt;ceinture verte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/verte-d-Avignon" rel="tag"&gt;verte d'Avignon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place-d-habitations" rel="tag"&gt;place d'habitations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cinq jours durant, le FL&#233;O (Fabuleux laboratoire d'exp&#233;riences et d'occupations), rassemblant des collectifs proches et lointains du r&#233;seau Reclaim the Fields, s'est affair&#233; &#224; faire vivre une nouvelle zone &#224; d&#233;fendre (ZAD), menac&#233;e depuis 40 ans par un contournement routier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques mois couvait le projet d'une action concr&#232;te en ceinture verte d'Avignon pour d&#233;noncer un saccage &#224; venir : la construction d'une 2x2 voies devant relier, d'ici 15 ans, l'A9 &#224; l'A7 (ou LEO pour liaison est-ouest), en lieu et place d'habitations, de terres agricoles. &#201;chafaud&#233;e depuis un an, cette mont&#233;e en puissance d'une contestation locale fut le souhait de collectifs, r&#233;solus &#224; bousculer l'apparente indiff&#233;rence face au projet autoroutier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p03_carte_leo.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/p03_carte_leo-89761.png?1782766615' width='500' height='349' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ceinture verte d'Avignon, enserr&#233;e entre les digues du TGV, une poign&#233;e de lotissements, l'affairisme en Courtine, et la zone commerciale de Cap Sud, est un &#238;lot agricole d'ores et d&#233;j&#224; mus&#233;ifi&#233; par la pression fonci&#232;re et le d&#233;lire de croissance qui anime les &#233;lus. Largement m&#233;connue des gens du cr&#251;, dot&#233;s pour oublier de la plus grande surface d'hypermarch&#233;s par habitant &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, cette tache verte au milieu des infrastructures peut donc dispara&#238;tre, le d&#233;sir de nature &#233;tant toujours plus verdoyant ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants, eux, le per&#231;oivent de fa&#231;on plus aigu&#235;. Ils ont &#224; c&#339;ur de rappeler la qualit&#233; exceptionnelle de ces terres limoneuses mise en p&#233;ril par l'urbanisation galopante qui accompagnerait la rocade sit&#244;t construite. La plupart d'entre eux reconnaissent les m&#233;faits et le caract&#232;re ubuesque du projet LEO. Pour autant, les divergences d'approches et de pratiques contestataires &#233;tant manifestes, il n'existe pas de dynamique prompte &#224; rassembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issue de cette situation chaotique, le groupe LEOpart s'est constitu&#233; avec des priorit&#233;s : occuper des terres en vue de les cultiver, redonner vie aux multiples friches, susciter soutien et confiance envers les locaux, pour nombre d'entre eux d&#233;sabus&#233;s. Puis, le souhait d'associer plus largement des populations de la ville &#224; cette occupation-plantation a rendu n&#233;cessaire un appel &#224; rassemblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 27 avril. Place Pie, 9h. La pluie commence pour quatre jours. Entre le d&#233;ploiement d'un barnum et l'agitation des talkies-walkies de la police municipale, nous sommes bient&#244;t plus de deux cents &#224; nous r&#233;unir sous les platanes. Atmosph&#232;re flottante d'une manif sauvage, binettes, fourches, poucettes, banderoles et batucada. Une sono est d&#233;ball&#233;e, un texte lu &#224; plusieurs voix. Un petit groupe ass&#232;ne ses arguments &#224; la presse locale, &#171; &lt;i&gt;sortir de l'isolement face aux rouleaux compresseurs de l'am&#233;nagement du territoire&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;opposer &#224; la m&#233;tropolisation de la ville des pratiques collectives et cr&#233;atives&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge quitte la place, sous bonne escorte de motards. Il est vite rejoint par tracteurs, camions, et dizaines d'autres copains-copines. &#201;trange cort&#232;ge qui sort de la ville, traverse la rocade et s'enfonce dans cette campagne si proche. Une petite heure de marche en suivant le chemin de ceux qui allaient p&#234;cher en bord de Durance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camp a &#233;t&#233; plant&#233;, par la centaine de personnes arriv&#233;e la veille pour d&#233;fricher, d&#233;baller, transformer l'amas de palettes en sc&#232;ne, buvette et toilettes s&#232;ches. &#192; cent m&#232;tres de ce qui symbolise ici l'arrogant management du territoire : un pont-rail, cens&#233; permettre la travers&#233;es de la route express, et construit avant m&#234;me que l'enqu&#234;te publique ne soit ouverte. Face au monstre de b&#233;ton, une plantation collective de patates, premi&#232;re action de fin de cort&#232;ge. Les pieds dans la boue, un petit air de Notre-Dame-des-Landes. Sous le grand chapiteau, la fanfare r&#233;chauffe l'air. La cantine est aliment&#233;e par une cueillette sauvage, info-kiosque et coin-m&#244;mes se remplissent. Les tentes se montent, on s'abrite o&#249; on peut. Avant la soir&#233;e festive, une AG rassemble plus de cent personnes pour organiser le campement et discuter de la suite. Poulailler collectif ou anti-sp&#233;cisme ? Domination ? Chantiers non mixtes, point l&#233;gal, luttes locales ? Pourquoi on est l&#224; ? Le sens des actions ? Et des attentions singuli&#232;res sont rappel&#233;es : un &#171; groupe oreille &#187; se rendra disponible pour entendre ce qui se vit ou se dit difficilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 28 avril. Sous la pluie, un rucher collectif et un poulailler sortent de terre. Une maison abandonn&#233;e sur le trac&#233;, propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat, est retap&#233;e pour devenir &#171; maison de lutte(s) &#187;. On file la main &#224; une amie mara&#238;ch&#232;re, &#233;ject&#233;e par la route, qui se r&#233;installe non loin de l&#224;. Un jeu de piste historique et botanique propose de d&#233;couvrir les alentours et le trac&#233; suppos&#233; de la route. Chacun amende l'info-point de sa proposition d'atelier, de discussion, de covoiturage&#8230; Une assembl&#233;e rassemble large. Mises au pot de la journ&#233;e et esquisses du lendemain. Perspectives &#224; plus long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 29 et mardi 30 avril. Un peu moins de monde sur le camp (retour au turbin oblige), une bonne centaine quand m&#234;me. Un groupe part au march&#233; d'un quartier voisin pousser la chansonnette. Reclaim the Fields propose des rencontres autour du r&#233;seau, de ses actions, des rendez-vous &#224; venir. Discussions sur la m&#233;thode : produire quoi, pour qui, comment ? S'ensuit une rencontre entre collectifs de la r&#233;gion Paca qui bataillent pour la d&#233;fense des terres agricoles. Tandis que la bourse aux graines se met en place, une petite serre s'&#233;difie et le champ de patates s'agrandit. On regarde le plan des lieux alentours avec les voisins amis. On retrace les histoires, celles de familles locales, de personnalit&#233;s du coin, les liens existants, les strat&#233;gies et choses &#224; faire pour emp&#234;cher, &#224; terme, la construction d'avoir lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 1er mai. 9 h le matin, un rideau de pluie s'abat sur le bourbier. Coup de semonce, qui c&#233;dera n&#233;anmoins la place au soleil et &#224; un ap&#233;ro revivifiant avec quelques figures locales, certes intimid&#233;es. La cl&#233;mence retrouv&#233;e et la digestion n'alt&#232;reront pas l'attention pr&#234;t&#233;e &#224; la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.zite.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Z&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dernier num&#233;ro en date : gouverner par la dette dans la Gr&#232;ce d'aujourd'hui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Grand beau, presque trop chaud, et d&#233;j&#224; la pens&#233;e du d&#233;montage maill&#233;e aux pr&#233;paratifs de ceux bien d&#233;cid&#233;s &#224; rester. La soir&#233;e de cl&#244;ture du campement, festive, se transforme en un clin d'&#339;il &#224; une cantine locale qui f&#234;te six ans d'existence. &#199;a joue, &#231;a danse, &#231;a devise au &#171; LEObar &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 2 mai. R&#233;veil au chant du coq. Beaucoup de choses se d&#233;montent, c'est pourtant l&#224; que tout commence et s'amorce&#8230; Tentes et palettes restent en nombre et se remod&#232;lent pour les jours qui suivent. Un rendez-vous est pos&#233; pour une AG-chantier dix jours plus tard, sur le lieu du camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pilogue. La promiscuit&#233;, la multiplication des visites, des coups de main, faisaient dire r&#233;cemment &#224; un habitant enracin&#233;, &#171; &lt;i&gt;on a l'impression que la ceinture verte revit &lt;/i&gt; &#187;. Une vision qui vient bousculer la r&#233;signation, la repr&#233;sentation moribonde du &#171; m&#233;chant squatteur &#187;. Ici, qu'on soit paysan sans terre ou sans habitat fixe, on repose la question d'une propri&#233;t&#233; collective des terres agricoles, on exp&#233;rimente concr&#232;tement des formes d'entraide, on rejette la marchandisation du moindre arpent au b&#233;n&#233;fice de soci&#233;t&#233; priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La LEO, un projet &#171; b&#233;ton &#187;, en passe de devenir un sac de n&#339;uds br&#251;lant pour les candidats &#224; la municipale de 2014 ? Ing&#233;nierie co&#251;teuse et inachev&#233;e, bluff institutionnel autour d'un budget pr&#233;tendument boucl&#233;, d&#233;claration d'utilit&#233; publique b&#226;cl&#233;e, troisi&#232;me tranche &#224; p&#233;age, autant de points litigieux qui laissent &#224; penser qu'une opposition bien men&#233;e peut porter ses fruits. &#192; quoi sert la LEO, se demande-t-on ? La r&#233;ponse d'un riverain r&#233;v&#232;le les enjeux sous-jacents qui ont anim&#233; la chambre de commerce et d'industrie &#224; vanter les bienfaits du projet : &#171; &lt;i&gt;Nous disons qu'il est urgent que les tomates d'Andalousie puissent voyager sans contraintes jusqu'en Sicile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lourde machine administrative poursuit sa marche forc&#233;e, les rachats pour expropriation sont en cours, des g&#233;om&#232;tres marquent le sol de leurs pr&#233;sences, sauf interposition comme ce vendredi 3 mai au petit matin. Vu d'en ville c'est le festival qu'on pr&#233;pare. Vu d'ici, une nouvelle mobilisation doit se mettre en place, les liens avec les locaux se renforcer, &#171; &lt;i&gt; ils peuvent encore refuser de vendre et freiner cette ultime &#233;tape avant que la d&#233;claration d'utilit&#233; publique ne s'ach&#232;ve fin octobre ; ce qui serait un co&#251;t s&#233;v&#232;re pour le projet&lt;/i&gt; &#187;, souligne un occupant. Inauguration de la maison LEOpart &#224; venir, dates &#224; suivre sur le blog.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infos : &lt;a href=&#034;http://leopart.noblogs.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;LEOpart&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dernier num&#233;ro en date : gouverner par la dette dans la Gr&#232;ce d'aujourd'hui, point de vue depuis Thessalonique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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