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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Litt&#233;rature : Twain, le Yankee et Camelot</title>
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		<dc:creator>William Blanc</dc:creator>


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&lt;p&gt;Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque. L'histoire de Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur, &#233;crit par Mark Twain en 1889, peut se r&#233;sumer simplement : un am&#233;ricain, Hank Morgan, d&#233;barque on ne sait trop comment &#224; Camelot, en plein Moyen &#194;ge mythique. L&#224;, il se pla&#238;t &#224; ridiculiser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin XIXe si&#232;cle, Mark Twain publie &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;. A travers un voyage dans les temps de la l&#233;gende arthurienne, le c&#233;l&#232;bre conteur am&#233;ricain saisit l'occasion de moquer les poss&#233;dants de son &#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire de &lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, &#233;crit par Mark Twain en 1889, peut se r&#233;sumer simplement : un am&#233;ricain, Hank Morgan, d&#233;barque on ne sait trop comment &#224; Camelot, en plein Moyen &#194;ge mythique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/p13-yankee_dan_beard-075dd.jpg?1768654924' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Dan Beard pour l'&#233;dition am&#233;ricaine de 1889 du Connecticut Yankee.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, il se pla&#238;t &#224; ridiculiser les chevaliers de la Table ronde en les transformant en homme sandwich publicitaire. Le texte, plein d'humour, est savoureux, comme le montre la r&#233;cente traduction propos&#233;e par l'&#233;diteur L'&#338;il d'Or. Mais, comme souvent chez Twain, l'humour potache sert un propos politique. En effet, en se moquant des guerriers f&#233;odaux, l'auteur des&lt;i&gt; Aventures de Huckleberry Finn&lt;/i&gt; (1885) parodie en fait l'Angleterre victorienne, notamment son aristocratie qui prend pour mod&#232;le, depuis l'&#233;dition des &lt;i&gt;Idylles du roi&lt;/i&gt; &#233;crit par le po&#232;te Alfred Tennyson, une version id&#233;alis&#233;e de la chevalerie arthurienne. Twain r&#232;gle aussi ses comptes avec la noblesse sudiste qui, jusqu'aux pires ann&#233;es de la guerre de S&#233;cession (1861-1865), s'est elle aussi plu &#224; s'imaginer, berc&#233;e notamment par la lecture du roman &lt;i&gt;Ivanho&#233;&lt;/i&gt; (1819) de Walter Scott, comme une nouvelle chevalerie devant r&#233;sister &#224; la populace d&#233;mocratique venue du nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le roman de Twain, et c'est toute sa richesse, est aussi l'occasion d'une tr&#232;s verte critique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine contemporaine, alors en plein boom &#233;conomique. En effet, Hank Morgan, triomphant des chevaliers, loin d'apporter la d&#233;mocratie &#224; la cour d'Arthur, se contente de transformer le pays en une gigantesque usine. La r&#233;volte des chevaliers qui finit par &#233;clater entra&#238;ne le massacre de milliers d'entre eux &#224; la mitrailleuse, sort qui renvoie aux Am&#233;rindiens&#8200;&#8211;&#8200;Twain fait explicitement la comparaison&#8200;&#8211;&#8200;dont les derni&#232;res poches de r&#233;sistance sont au m&#234;me moment &#233;cras&#233;es &#224; l'arme automatique. Le nom m&#234;me de Morgan renvoie &#224; celui de J.&#8200;P.&#8200;Morgan, un des grands banquiers am&#233;ricains repr&#233;sentatifs du Gilded Age (&#171; &#226;ge de la dorure &#187;), expression invent&#233;e par Twain qui d&#233;crit une &#232;re o&#249; les richesses apparentes d'une petite minorit&#233; cachent la mis&#232;re de l'immense majorit&#233; de la population. L'illustrateur de la premi&#232;re &#233;dition du &lt;i&gt;Yankee du Connecticut&lt;/i&gt;, Dan Beard, prend d'ailleurs un malin plaisir &#224; repr&#233;senter un marchand d'esclaves du temps du roi Arthur sous les traits de Jay Gould, un des grands sp&#233;culateurs du rail, figure embl&#233;matique de la caste des &lt;i&gt;robber barons&lt;/i&gt; (&#171; les barons voleurs &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le roman de Twain sonne comme un avertissement. L'utopie am&#233;ricaine, qui &#233;tait cens&#233;e lib&#233;rer les peuples de l'oppression monarchique anglaise, est en train de devenir un nouveau f&#233;odalisme o&#249; les &#171; barons &#187; de l'industrie ont remplac&#233; ceux de l'aristocratie traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un Yankee du Connecticut &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt; est devenu un des grands classiques de la litt&#233;rature arthurienne et a suscit&#233; de tr&#232;s nombreuses adaptations dans la culture de masse, notamment au cin&#233;ma. N&#233;anmoins, dans l'immense majorit&#233; de ces versions, la charge critique de Twain contre la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dispara&#238;t. L'histoire se r&#233;sume alors aux exploits d'un h&#233;ros venu apporter, gr&#226;ce &#224; la technologie, les lumi&#232;res du progr&#232;s &#233;tatsunien dans les &#171; &#226;ges sombres &#187; m&#233;di&#233;vaux. En 1946, au rayon comics, Batman vient pr&#234;ter main forte au roi Arthur contre le tra&#238;tre Mordred : la parabole incarne l'Am&#233;rique venue aider l'Angleterre contre les nazis. Dans le film de 1949, &lt;i&gt;Un Yankee &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, le crooner Bing Crosby fait swinguer la cour du roi Arthur en chantant un titre jazzy, &#224; l'instar des &#201;tats-Unis exportant leurs produits culturels dans une Europe en ruine via le plan Marshall.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ph&#233;nom&#232;nes viennent secouer cette longue s&#233;rie d'adaptations, qui se poursuit par exemple avec &lt;i&gt;Evil Dead&#8200;3&lt;/i&gt; (1992) de Sam Raimi&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au cours de ce troisi&#232;me volet, le h&#233;ros remonte le temps jusqu'en 1300, une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Tout d'abord, &#224; partir de 1979, les versions s'infantilisent et le Yankee prend souvent l'apparence d'un enfant. Ces versions, ce n'est pas un hasard, sont parfois produites par les studios Disney qui ont fait du Moyen &#194;ge un de leurs produits d'appel&#8200;&#8211; les ch&#226;teaux de Blanche Neige et de Cendrillon sont devenus des attractions majeures des parcs Disney depuis les ann&#233;es 1950 et la base du logo de la multinationale. La charge critique de Twain contre l'aristocratie et ses privil&#232;ges fait place &#224; une image f&#233;&#233;rique du Moyen &#194;ge plus vendeuse. Le temps des chevaliers n'est plus qu'un espace d'aventures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la fin des ann&#233;es 1980 cependant, certains longs m&#233;trages, en mettant en sc&#232;ne des Africains-Am&#233;ricains dans le r&#244;le du Yankee, auraient pu amener un peu de fra&#238;cheur. Certes ni aussi bons (et de loin) ni aussi caustiques que le roman de 1889, des films comme &lt;i&gt;Le Chevalier black&lt;/i&gt; (2001) de Gil Junger n'en sont pas moins l'occasion d'une critique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine contemporaine. La situation des habitants du ghetto y est ainsi compar&#233;e avec humour avec celle des serfs du Moyen &#194;ge. Mais format&#233;s pour un public familial, ces films gomment tout propos critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, il faut traverser un oc&#233;an pour trouver l'une des rares versions fid&#232;les au texte originel du &lt;i&gt;Yankee &#224; la cour du roi Arthur&lt;/i&gt;, en Union sovi&#233;tique pr&#233;cis&#233;ment o&#249; les &#339;uvres de Twain ont &#233;t&#233; immens&#233;ment populaires. En 1964, dans leur roman de science-fiction &lt;i&gt;Il est difficile d'&#234;tre un dieu&lt;/i&gt;, Arcadi et Boris Strougatski d&#233;crivent le dilemme de Don Rumata, terrien en mission sur une plan&#232;te vivant encore dans un &#233;tat f&#233;odal qui menace de tomber sous la coupe d'un groupe de fanatiques. Que faire ? Rien, ou bien intervenir ? Le h&#233;ros, usant de son avance technologique, se d&#233;cide pour la seconde option, avec des cons&#233;quences dramatiques. Pas plus qu'Hank Morgan, le socialiste du futur&#8200;&#8211;&#8200;car il s'agit bien de critiquer la pr&#233;tention sovi&#233;tique d'amener de mani&#232;re brutale des soci&#233;t&#233;s vues comme arri&#233;r&#233;es vers la modernit&#233;&#8200;&#8211;&#8200;n'est mieux arm&#233; pour communiquer avec l'autre. Si le livre de Twain conna&#238;t une adaptation sovi&#233;tique en 1988&#8200;&#8211; une des rares &#224; &#234;tre &#224; peu pr&#232;s fid&#232;le au texte et qui permet, au passage, de se moquer des Am&#233;ricains&#8200;&#8211;&#8200;c'est le livre des fr&#232;res Strougatski qui va susciter deux adaptations. La derni&#232;re, sortie en salle en 2013 et r&#233;alis&#233;e par Alexe&#239; Guerman, ne laisse, &#224; l'image du Yankee &#224; la cour du roi Arthur, aucun doute. Entre le f&#233;odalisme sombre et superstitieux et la modernit&#233; destructrice et m&#233;canis&#233;e, l'alternative est ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au cours de ce troisi&#232;me volet, le h&#233;ros remonte le temps jusqu'en 1300, une tron&#231;onneuse en guise de main et un fusil &#224; canon sci&#233; dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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