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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Ex-Fralib : vers une libre fraternit&#233; ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Toute cette exp&#233;rience, c'est une &#233;mancipation. &#187; Jet&#233;s &#224; la rue par Unilever, les Fralib ont repris l'outil de travail. En mai 2014, apr&#232;s quatre ans d'occupation et de d&#233;m&#234;l&#233;s judiciaires, ils ont fond&#233; la Scop-Ti et une nouvelle gamme de th&#233;s et tisanes, baptis&#233;e &#171; 1336 &#187; en m&#233;moire de leurs 1336 jours de combat opini&#226;tre. Cap sur l'avenir ! Comment passe-t-on d'ouvrier-Kleenex &#224; coop&#233;rateur ? Par dignit&#233;, affirme Rim, comptable en devenir. Gr&#226;ce &#224; une conscience sociale, soutient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Toute cette exp&#233;rience, c'est une &#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jet&#233;s &#224; la rue par Unilever, les Fralib ont repris l'outil de travail. En mai 2014, apr&#232;s quatre ans d'occupation et de d&#233;m&#234;l&#233;s judiciaires, ils ont fond&#233; la &lt;a href=&#034;http://www.scop-ti.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Scop-Ti&lt;/a&gt; et une nouvelle gamme de th&#233;s et tisanes, baptis&#233;e &#171; 1336 &#187; en m&#233;moire de leurs 1336 jours de combat opini&#226;tre. Cap sur l'avenir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment passe-t-on d'ouvrier-Kleenex &#224; coop&#233;rateur ? Par dignit&#233;, affirme Rim, comptable en devenir. Gr&#226;ce &#224; une conscience sociale, soutient Olivier, ex-d&#233;l&#233;gu&#233; syndical &#233;lu directeur g&#233;n&#233;ral : &#171; &lt;i&gt;Un homme, une voix. On est 57 coop&#233;rateurs ex-Fralib&lt;/i&gt; [sur 182 employ&#233;s &#224; l'annonce de la fermeture en 2010],&lt;i&gt; plus l'association Force et Bon Th&#233;, qui r&#233;unit les coop&#233;rateurs ext&#233;rieurs, mais qui n'a qu'une voix, pour que les travailleurs de la Scop ne perdent jamais le contr&#244;le. L'AG a &#233;lu un conseil d'administration pour quatre ans, r&#233;vocable &#224; tout moment.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH292/1508_mickomix_cqfd_autogestion_01-2-7062a.jpg?1779603177' width='400' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Rim raconte son histoire, celle des Fralib, celle de la condition d'ouvri&#232;re des temps modernes : &#171; &lt;i&gt;J'ai eu un CDD &#224; Fralib en mars 2008, apr&#232;s six ans d'int&#233;rim. Il faut bien vivre, alors tu commences au bas de l'&#233;chelle, manutentionnaire, op&#233;ratrice, puis au laboratoire. Lors de l'entretien, on te parle de possibilit&#233; d'&#233;voluer. Sous contrat chez Unilever, c'est rassurant, tu peux t'acheter la maison, et c'est ce que j'ai fait. Tu prends un cr&#233;dit sur vingt-cinq ans et, un an plus tard, on te met &#224; la rue ! Alors l&#224;, tu as un peu la col&#232;re !&lt;/i&gt; &#187; La gorge de la jeune femme s'est nou&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Avec ma formation d'assistante de direction, j'&#233;tais format&#233;e. Je connaissais la strat&#233;gie des bo&#238;tes, mais la subir dans ta chair, c'est autre chose. Je savais qu'une fermeture se d&#233;cide cinq ou six ans avant, alors j'ai vraiment eu du mal &#224; dig&#233;rer. J'ai fait une grosse d&#233;pression, je me cachais pour pleurer. Et puis j'ai pens&#233; : si tu t'enfermes chez toi, ils auront gagn&#233; deux fois ! C'&#233;tait ma premi&#232;re bo&#238;te, je n'&#233;tais pas syndiqu&#233;e. Mon mari m'a soutenue. Je crois qu'avec des enfants, j'aurais eu encore plus la haine. Il y a des m&#232;res qui ont tenu pendant quatre ans. C'est aussi un moteur, les enfants.&lt;/i&gt; &#187; La voix se fait rauque : &#171; &lt;i&gt;Les grosses bo&#238;tes, elles te mettent la faute sur toi. On te dit que tu co&#251;tes trop cher. Mais tu sens bien que ce n'est pas vrai. J'ai parl&#233; aux coll&#232;gues, &#224; ceux qu'on avait reclass&#233;s ici apr&#232;s la fermeture de l'usine du Havre. Ils m'ont expliqu&#233; que sur les 2,50 euros que co&#251;te une bo&#238;te de th&#233;, la masse salariale n&#233;cessaire &#224; sa production repr&#233;sentait 14 centimes !&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, la direction voulait concentrer la production d'Europe de l'Ouest sur trois sites au lieu de quatre, pour augmenter les marges des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Cette lutte a marqu&#233; ma vie&lt;/i&gt;, constate Rim. &lt;i&gt;Ma vision des choses. J'&#233;tais une fille assez introvertie, je ne risquais pas de parler en public. Et j'ai appris &#224; le faire. J'&#233;tais plut&#244;t casani&#232;re, et l&#224;, j'ai fait le tour de la France ! On &#233;tait les mieux plac&#233;s pour raconter notre histoire !&lt;/i&gt; &#187; En 2012, pour diviser, Unilever propose une &#171; prime &#224; la valise &#187; de 60 000 euros &#8211; en plus de l'indemnit&#233; de licenciement. &#171; &lt;i&gt;J'aurais pu accepter l'argent et payer mon cr&#233;dit, mais je n'ai pas voulu, le sentiment d'injustice &#233;tait trop fort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On a fait un pari collectif&lt;/i&gt;, souligne Olivier.&lt;i&gt; C'est un choix qui s'est fait naturellement, &#224; cause de l'histoire du syndicat dans la bo&#238;te. Le cabinet d'expertise comptable qui nous a aid&#233;s &#224; construire notre projet est le m&#234;me qui analysait les comptes pour les &#233;lus du CE depuis trente ans. Pour pr&#233;parer la fermeture, Unilever nous avait d&#233;shabill&#233;s en amont et en aval : achats et ventes se g&#233;raient depuis le si&#232;ge. Mais on a continu&#233; &#224; calculer la r&#233;elle valeur ajout&#233;e, ce qui nous permettait d'argumenter. Avec Unilever, on n'&#233;tait jamais bons, puisqu'ils ne prenaient en compte que les co&#251;ts, pas les profits ! On a remis en question l'abandon de certaines activit&#233;s, comme ces types d'aromatisation que nous &#233;tions les seuls &#224; faire, ou la fili&#232;re plantes aromatiques &#8211; tilleul, verveine, camomille &#8211;, pour laquelle nous pouvions nous approvisionner ici au lieu d'importer de l'autre bout du monde. On n'a pas attendu que &#231;a ferme pour avoir cette r&#233;flexion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013,&lt;/strong&gt; les Fralib invitaient des coop&#233;ratives d'Am&#233;rique latine et d'Europe &#224; venir parler autogestion dans leur usine occup&#233;e. Pourtant, la CGT a toujours eu du mal &#224; envisager une r&#233;appropriation de l'outil industriel par la base&#8230; &#171; &lt;i&gt;La conf' n'&#233;tait pas emball&#233;e par notre projet, mais elle n'a pas mis de frein. La r&#233;appropriation me para&#238;t moins utopique que la renationalisation, qui ne fait plus partie du paysage. Au moment du conflit &#224; Florange, les copains sid&#233;rurgistes n'&#233;taient gu&#232;re convaincus par Montebourg. Ils disaient &#8220;On a d&#233;j&#224; vu ce que &#231;a donne&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me actuel, c'est qu'on pense que le travail ne fait pas partie de la personne&lt;/i&gt;, remarque Rim. &lt;i&gt;C'est comme une parenth&#232;se, mais qui occupe pourtant une bonne partie de tes journ&#233;es, de ta vie ! Moi, je ne savais pas qu'un jour j'allais me battre autant pour mon travail. Tellement qu'aujourd'hui, il fait partie de moi. En fait, dans ce syst&#232;me, l'ouvrier est consid&#233;r&#233; comme un robot qu'on actionne en appuyant sur un bouton marche-arr&#234;t. Un jour, il y en a un qui va d&#233;cider d'&#233;teindre la lumi&#232;re. Voil&#224; pourquoi il y a autant de suicides dans les bo&#238;tes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unilever n'a pas voulu l&#226;cher la marque &#201;l&#233;phant, Scop-Ti a donc cr&#233;&#233; la sienne. &#171; &lt;i&gt;La partie commerciale, nous l'inventons &#224; partir de z&#233;ro, car c'&#233;tait Unilever qui g&#233;rait &#231;a. &lt;/i&gt; &#187; Un professionnel, ancien d&#233;l&#233;gu&#233; CGT chez Nestl&#233;, va mettre son r&#233;seau &#224; disposition. La comptabilit&#233; &#233;tait un point faible : la copine qui avait g&#233;r&#233; les finances pendant le conflit a fait le choix de ne pas tenter l'aventure. L'ancienne chef du service finances d'Haribo, &#224; la retraite, a alors form&#233; b&#233;n&#233;volement Rim. &#171; &lt;i&gt;Sans la lutte, je n'aurais jamais rencontr&#233; une experte-comptable, moi qui n'ai aucun patrimoine et qui viens d'un quartier difficile ! Pour moi, ces exp&#233;riences, c'est une &#233;mancipation. Ces quatre ans m'ont ouvert aux autres. Dans la lutte, on apprend &#224; &#233;couter, &#224; d&#233;battre, chose inconnue dans les entreprises de notre monde capitaliste&#8230; Pourtant, &#231;a para&#238;t &#233;vident : on r&#233;fl&#233;chit mieux &#224; plusieurs ! C'est la base de la d&#233;mocratie &#224; l'origine, non ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier reste lucide : &#171; &lt;i&gt;Les Scops, ce n'est pas la panac&#233;e. Leur statut permet la r&#233;mun&#233;ration du capital, mais nous, on s'est battus pendant des ann&#233;es contre la dictature des actionnaires, alors on a d&#233;cid&#233; de ne pas le r&#233;mun&#233;rer. On &#233;tait ouverts &#224; toute forme juridique qui corresponde &#224; cette id&#233;e un peu na&#239;ve, au d&#233;but, de cr&#233;er un mod&#232;le &#233;conomique dimensionn&#233; comme on voulait, avec nos valeurs. Mais en France, on a beau dire qu'on est le pays des droits de l'homme et de l'invention, tu ne peux pas faire ce que tu veux. Si on avait pu choisir, on n'aurait pas mis de pr&#233;sident, ni de directeur. Moi, je n'ai pas besoin du titre de directeur g&#233;n&#233;ral pour faire ce que je fais. Coop&#233;rateur, ou &#224; la limite porte-parole, &#231;a m'irait tr&#232;s bien. Mais dans ce pays tout doit &#234;tre pyramidal.&lt;/i&gt; &#187; Rim abonde : &#171; &lt;i&gt; On est tenus de respecter la grille des salaires, par rapport aux comp&#233;tences. Il y a trois cat&#233;gories : cadre, agent de ma&#238;trise et op&#233;rateur. Chez nous, ce seront des diff&#233;rences de 70 euros par mois, &#224; part le directeur, qui est &#224; un coefficient de 1,25. La politique salariale a &#233;t&#233; d&#233;battue en assembl&#233;e. On est tous polyvalents, de toute fa&#231;on. &lt;/i&gt; &#187; Pour r&#233;duire les co&#251;ts, Unilever avait brandi ce concept de polyvalence. &#171; &lt;i&gt;&#192; l'&#233;poque, on l'avait combattu pour ce que &#231;a supposait de surexploitation&lt;/i&gt;, se souvient Olivier,&lt;i&gt; qui &#233;tait technicien. Aujourd'hui, &#231;a nous permet d'avoir une vision d'ensemble.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;On vise quelque chose de plus horizontal&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, insiste-t-il. &lt;i&gt;Ce n'est pas gagn&#233; : pour certains, c'est plus commode de s'en tenir au r&#244;le d'ex&#233;cutant. Un exemple : hier, on a eu une r&#233;union pour organiser les &#233;quipes du matin et de l'apr&#232;s-midi. Un copain s'est &#233;tonn&#233; : mais qui va &#234;tre chef d'&#233;quipe ? On lui a dit : tout le monde. Je crois qu'&#224; ce moment-l&#224;, il a r&#233;alis&#233; que l'usine &#233;tait &#224; nous. Elle n'appartient &#224; personne, ni &#224; G&#233;rard, ni &#224; moi, mais &#224; nous tous.&lt;/i&gt; &#187; Les Scop-Ti vont &#233;viter de revenir aux 3x8, trop usants. Priorit&#233; &#224; la cr&#233;ation d'emploi. &#171; &lt;i&gt;C'est dur &#224; faire vivre, cette d&#233;mocratie, mais on en a la volont&#233;. On veut une hi&#233;rarchie horizontale ! C'est encore un id&#233;al, mais on doit y travailler d&#232;s aujourd'hui. Et &#231;a ne veut pas dire que chacun fera comme &#231;a lui chante.&lt;/i&gt; &#187; Le gars qui s'est document&#233; durant le conflit sur la s&#233;curit&#233; et l'hygi&#232;ne en a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; responsable. Rim : &#171; &lt;i&gt;Quand tu es employ&#233;e, le contrema&#238;tre te dit fais-ci, fais &#231;a, tu n'as pas &#224; donner ton avis. Par contre, quand tu pars sur les routes pour populariser la lutte, ta parole n'engage pas que toi, tu te sens investie.&lt;/i&gt; &#187; Olivier est assis dans la salle de r&#233;union ; derri&#232;re lui, des photos des Fralib accroch&#233;es au mur. Sur l'une d'elles, on le voit devant un portrait du Che. &#171; &lt;i&gt;La longueur du conflit nous a pr&#233;par&#233;s, parce qu'on a assur&#233; la maintenance des machines, la production militante pour financer la lutte, les assembl&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette humiliation du licenciement, je ne veux pas la revivre&lt;/i&gt;, conclut Rim. &lt;i&gt;Et c'est pour &#231;a qu'on s'est appropri&#233;s la chose &#8211; Unilever nous traitait de mafieux et de voyous au tribunal ! Beaucoup esp&#233;raient au d&#233;but voir venir un repreneur, c'&#233;tait la solution la plus facile. Mais moi je ne me voyais pas repartir sous contrat. Je ne mets pas tous les patrons dans le m&#234;me sac, il y a des petits patrons qui se battent pour survivre, en particulier les sous-traitants, mais je ne m'imagine plus mettre mon destin entre les mains d'un PDG. Il y a un contrat moral entre nous qui est bien plus fort que tous les contrats de travail !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dossier &#034;Reprendre l'outil ! Repenser la Machine ?&#034; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier se d&#233;vore dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 135, en kiosque jusqu'au vendredi 02 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laine sans cha&#238;nes : Ardelaine, coop&#233;rative en milieu rural &gt;&lt;/strong&gt; Saint-Pierreville, en haute Ard&#232;che, de la tonte en passant par le cardage, le filage, le tissage, c'est toute une fili&#232;re laine que la Scop Ardelaine, fond&#233;e en 1982, a patiemment remont&#233;e. Plut&#244;t tourn&#233;e vers la literie, mais aussi les pulls, robes, chaussettes... Reportage chez les &#171; moutons rebelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la roue des soviets : Bus autog&#233;r&#233;s et &#233;dification des masses &gt;&lt;/strong&gt; Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Scop toujours ! : L'&#233;thique protestante et l'esprit du coop&#233;rativisme &gt;&lt;/strong&gt; Ambiance Bois affiche fi&#232;rement sa couleur utopique et ses r&#233;alisations concr&#232;tes. Travaillant en autogestion depuis 1988, 25 &#171; patrons-salari&#233;s &#187; prouvent que travailler &#233;cologiquement au pays et vivre ensemble sans chef, c'est possible ! Reportage sur le plateau de Millevaches, Limousin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaffe &#224; la charge de l'&#201;l&#233;phant</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gaffe-a-la-charge-de-l-Elephant</link>
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		<dc:date>2012-05-15T06:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard</dc:subject>
		<dc:subject>gars</dc:subject>
		<dc:subject>Unilever</dc:subject>
		<dc:subject>Escort s&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>s'appelle Escort</dc:subject>
		<dc:subject>gardent l'entr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te s'appelle</dc:subject>
		<dc:subject>Escort</dc:subject>
		<dc:subject>gros bras</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ne comptez pas sur une multinationale pour vous encourager &#224; monter une coop&#233;rative ouvri&#232;re. Surtout si elle a en projet de d&#233;localiser votre usine vers des contr&#233;es au dumping social plus sexy. Mais faut-il vraiment demander la permission ? Chez Fralib, on se demande. &#171; Ce sont des mercenaires, leur bo&#238;te s'appelle Escort s&#233;curit&#233; &#187;, grince un ouvrier en d&#233;signant les gros bras qui gardent l'entr&#233;e de l'usine. En ce jeudi 5 avril, il faut montrer patte blanche &#224; quatre gorilles arborant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne comptez pas sur une multinationale pour vous encourager &#224; monter une coop&#233;rative ouvri&#232;re. Surtout si elle a en projet de d&#233;localiser votre usine vers des contr&#233;es au dumping social plus sexy. Mais faut-il vraiment demander la permission ? Chez Fralib, on se demande.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce sont des mercenaires, leur bo&#238;te s'appelle Escort s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, grince un ouvrier en d&#233;signant les gros bras qui gardent l'entr&#233;e de l'usine. En ce jeudi 5 avril, il faut montrer patte blanche &#224; quatre gorilles arborant un brassard rouge pour p&#233;n&#233;trer sur le site. Malgr&#233; tout, l'ambiance est plut&#244;t d&#233;contract&#233;e, m&#234;me si les gars et les filles de Fralib savent qu'ils ne sont pas &#224; l'abri d'un mauvais coup de leur direction. En novembre dernier, Angel Llovera, le taulier de la bo&#238;te, s'est point&#233; avec une vingtaine de vigiles pour prendre possession des lieux, en bousculant quelques salari&#233;s au passage. Depuis, le matin,&lt;i&gt; &#171; il vient au bureau accompagn&#233; de ses gardes du corps, comme un pr&#233;sident ou comme un&#8230; grand voyou ! &#187;&lt;/i&gt;, persifle un des gars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis septembre 2010, cette usine de G&#233;menos (Bouches-du-Rh&#244;ne) qui conditionnait th&#233;s et infusions aromatis&#233;s des marques &#201;l&#233;phant et Lipton, est le th&#233;&#226;tre d'une longue guerre d'usure. D'un c&#244;t&#233; le propri&#233;taire, la multinationale Unilever &#8211; Lipton, donc, mais aussi Sun, Dove, Signal, Cif, Amora&#8230; &#8211;, qui a d&#233;cid&#233; de fermer le site pour raisons &#233;conomiques, et de d&#233;localiser la production &#224; Bruxelles (Belgique) et Katowice (Pologne). &lt;i&gt;&#171; Unilever affirme que nous ne sommes pas assez comp&#233;titifs, que nous co&#251;tons trop cher. Mais ils ont organis&#233; notre surcapacit&#233; en nous retirant des produits. Et Unilever, en 2010 et 2011, est largement b&#233;n&#233;ficiaire ! &#187; &lt;/i&gt; explique G&#233;rard Cazorla. Lui, il est secr&#233;taire du Comit&#233; d'&#233;tablissement (CE), dans le camp d'en face, celui des cent trois salari&#233;s&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ils &#233;taient cent quatre-vingt-deux au d&#233;part, mais certains ont accept&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui tiennent la drag&#233;e haute au g&#233;ant de l'industrie agro-alimentaire depuis plus d'un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/99lamoulere-9c299.png?1779603329' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par deux fois, la justice leur a donn&#233; raison en retoquant les plans sociaux successifs de la direction. Ils attendent le rendu du troisi&#232;me proc&#232;s le 20 avril prochain, mais, pour le moment, les licenciements sont annul&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Nous ne travaillons plus&#8211; il n'y a pas de mati&#232;re premi&#232;re ! &#8211; mais nous touchons toujours nos salaires &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ceci pr&#232;s qu'ils pr&#233;f&#233;reraient bosser. Voil&#224; pourquoi, au lieu de pointer sagement chez P&#244;le, ils ont &#233;labor&#233; un projet de reprise de l'activit&#233; sous forme de coop&#233;rative. &lt;i&gt;&#171; On veut relancer la production du th&#233; &#201;l&#233;phant, une marque cr&#233;&#233;e &#224; Marseille il y a cent vingt ans. Mais pour cela, Unilever doit nous c&#233;der l'outil de production, ainsi que la c&#233;l&#232;bre marque &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;taille G&#233;rard. Une entreprise s&#233;duisante que la multinationale juge &#234;tre &lt;i&gt;&#171; une impasse &#187;&lt;/i&gt;. Depuis une salle du premier &#233;tage, o&#249; se tient l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) hebdomadaire des salari&#233;s, on peut apercevoir l'int&#233;rieur du b&#226;timent &#224; travers une fen&#234;tre. En contrebas, les cha&#238;nes de conditionnement semblent en parfait &#233;tat, pr&#234;tes &#224; red&#233;marrer au moindre coup sec sur le gros bouton On. D'ici, rien &#224; voir avec une impasse ! L'air est encore charg&#233; de l'odeur du th&#233; aromatis&#233;, alors que l'usine est &#224; l'arr&#234;t depuis plus d'un an. &lt;i&gt;&#171; Avant, on travaillait avec des ar&#244;mes naturels, puis Unilever a tout fait remplacer par de la chimie&lt;/i&gt;, poursuit le secr&#233;taire du CE. &lt;i&gt;Si on r&#233;cup&#232;re l'&#201;l&#233;phant, on r&#233;tablira des circuits courts avec des producteurs locaux de plantes aromatiques, on refera de l'ar&#244;me naturel. On a encore des gars qui ont le savoir-faire. &#187;&lt;/i&gt; C'est le cas de Fran&#231;ois, cinquante-quatre ans, dont vingt-cinq &#224; Fralib. Et qui n'a pas envie que &#231;a s'arr&#234;te l&#224; : &lt;i&gt;&#171; Moi, prendre l'argent que propose Unilever et partir ? Mais je n'en veux pas, de leur pognon ! Ce que je veux, c'est du travail. Pour moi, et puis pour les minots, ceux qui arrivent derri&#232;re nous. Qu'est-ce qu'ils vont faire, comme boulot ? Toutes les usines ferment ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'AG, tout le monde descend sur le parking, o&#249; on discute par petits groupes, un peu de tout&#8230; Des &#233;lections, notamment, car les Fralibs ont re&#231;u tous les candidats. &#171; Ceux de gauche, pr&#233;cise un barbu &#224; lunette, car on a bien vu ce que &#231;a donnait, avec la droite, avec Xavier Bertrand ministre du Travail ! &#187; Tous sont persuad&#233;s que &lt;i&gt;&#171; si Sarko repasse, le lendemain, ici, on a les CRS &#187;&lt;/i&gt;. Parmi les t&#234;tes d'affiche qui sont venues, c'est &lt;i&gt;&#171; M&#233;lenchon qui a &#233;t&#233; le plus convaincant &#187;&lt;/i&gt; mais, attention, &lt;i&gt;&#171; ils sont tous en campagne &#233;lectorale ! On le sait, et on a tout enregistr&#233;, tout ce qu'ils nous ont promis. Celui qui est &#233;lu, on ira le voir le 7 mai ! On verra, s'il tient parole ! &#187;&lt;/i&gt;, garantit Jean-Marc, qui a d&#233;j&#224; v&#233;cu la fermeture de l'usine du Havre (Seine-Maritime) en 1998. Cependant, leur situation d&#233;licate ne les poussera pas tous jusque dans l'isoloir. L'un d'entre eux confie ne plus voter depuis 1981 : &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; trop d&#233;&#231;u par les socialistes. Se faire avoir par la droite, on sait, c'est de bonne guerre. Mais par la gauche, &#231;a troue le cul&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 15 heures pass&#233;es quand des gars viennent pr&#233;venir G&#233;rard :&lt;i&gt; &#171; Ils ne veulent pas laisser entrer l'&#233;tudiant, tu sais, celui qui fait une th&#232;se sur les ouvriers. Il vient toutes les semaines, pourquoi ils ne le laissent pas passer ? Il est gentil comme tout, en plus, ce jeune&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Llovera, le patron, fait un exc&#232;s de z&#232;le. &lt;i&gt;&#171; On a le droit de recevoir qui on veut, mais ils font &#231;a r&#233;guli&#232;rement, pour nous mettre la pression, pour nous pousser &#224; la faute &#187;&lt;/i&gt;, l&#226;che G&#233;rard avant d'appeler leur huissier pour faire constater la situation. Un autre maugr&#233;e, suffisamment fort pour que les gars de la milice patronale entendent : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on, quand on aura d&#233;cid&#233; de r&#233;cup&#233;rer l'usine, ils peuvent &#234;tre cinquante, on la r&#233;cup&#233;rera. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ils &#233;taient cent quatre-vingt-deux au d&#233;part, mais certains ont accept&#233; de partir avec l'&#233;paisse enveloppe propos&#233;e par Unilever.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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