<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=9171&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La parole est &#224; la d&#233;fonce</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-parole-est-a-la-defonce</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-parole-est-a-la-defonce</guid>
		<dc:date>2022-07-22T12:15:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>m'a</dc:subject>
		<dc:subject>J'&#233;tais</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>J'ai pris</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>m'a dit</dc:subject>
		<dc:subject>l'h&#233;ro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mati&#232;re de drogues, toute exp&#233;rience est singuli&#232;re. Quel que soit le produit, chacun, chacune y vient et le consomme &#224; sa mani&#232;re. Voil&#224; ce que racontent les r&#233;cits intimes qui suivent, r&#233;colt&#233;s aupr&#232;s de personnes de notre entourage : des histoires de conso &#8211; pass&#233;e ou pr&#233;sente &#8211; et les raisons qui y ont pouss&#233; les unes et les autres. Si on a choisi de faire figurer ici alcool et antid&#233;presseurs, c'est qu'&#224; CQFD, l'id&#233;e selon laquelle il y aurait des drogues plus propres que d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-a" rel="tag"&gt;m'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/J-etais" rel="tag"&gt;J'&#233;tais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/J-ai-pris" rel="tag"&gt;J'ai pris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-a-dit" rel="tag"&gt;m'a dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-hero" rel="tag"&gt;l'h&#233;ro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH106/duras_picole1-b45d8.jpg?1782957373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re de drogues, toute exp&#233;rience est singuli&#232;re. Quel que soit le produit, chacun, chacune y vient et le consomme &#224; sa mani&#232;re. Voil&#224; ce que racontent les r&#233;cits intimes qui suivent, r&#233;colt&#233;s aupr&#232;s de personnes de notre entourage : des histoires de conso &#8211; pass&#233;e ou pr&#233;sente &#8211; et les raisons qui y ont pouss&#233; les unes et les autres. Si on a choisi de faire figurer ici alcool et antid&#233;presseurs, c'est qu'&#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'id&#233;e selon laquelle il y aurait des drogues plus propres que d'autres nous para&#238;t bien hypocrite. Place aux mots des premi&#232;res et premiers concern&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je me croyais plus forte que tout &#187; / (&lt;i&gt;P&#233;n&#233;lope, ex-consommatrice d'h&#233;ro&#239;ne et de crack&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai commenc&#233; par prendre de l'h&#233;ro &#224; 16 ans, le jour o&#249; une copine qui avait essay&#233; m'a dit : &#8220;C'est trop g&#233;nial, je connais le dealer, viens, je te le pr&#233;sente !&#8221; J'&#233;tais dans un coll&#232;ge de bourges dans le Marais &#224; Paris, ann&#233;es 1980, o&#249; d&#233;j&#224; on sniffait de la colle. Quand je voyais les punks aux Halles, je voulais tra&#238;ner avec eux, leur ressembler. Alors je suis vite tomb&#233;e dans l'h&#233;ro. J'avais un rituel : un gros trait avant le caf&#233; du matin, &#231;a lan&#231;ait la journ&#233;e. Je me croyais plus forte que tout : j'&#233;tais belle, jeune, j'allais conqu&#233;rir le monde. Et puis le monde des gens normaux ne m'int&#233;ressait pas, tandis que la drogue m'en ouvrait un autre, avec la musique &#8211; en t&#234;te The Stranglers &#8211;, l'art&#8230; Dans le m&#234;me temps, je tra&#238;nais souvent dans un milieu un peu snob, et l'h&#233;ro &#231;a avait un c&#244;t&#233; politique, &#231;a me mettait ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces dix ans de consommation, il y a eu &#233;videmment des drames, notamment avec ma famille. Mais il y a eu autant de d&#233;couvertes, avec des lieux et des gens un peu fous, en bien comme en mal. &#199;a cr&#233;ait des situations. Tu connais les queues de renard ? C'est quand t'as pris de l'h&#233;ro, que t'as la gerbe et que t'as pas le temps d'arriver jusqu'aux chiottes du bar o&#249; tu es &#8211; &#231;a fait un vomi en forme de queue de renard. Ceci dit, l'h&#233;ro, surtout quand tu te l'injectes pas, &#231;a peut rester relativement g&#233;rable. C'est aussi plus subtil que d'autres drogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, j'ai d&#233;couvert le crack. Je pensais na&#239;vement que &#231;a me ferait arr&#234;ter l'h&#233;ro. R&#233;sultat : &#224; 24 ans je me suis retrouv&#233;e accro aux deux. Je vivais &#224; Paris, &#224; Stalingrad, avec mon mec de l'&#233;poque, et je pense dans le fond que j'ai pris du crack pour le d&#233;go&#251;ter, parce qu'il ne voulait pas me quitter. Niveau plaisir, c'est le seul truc qui peut d&#233;passer l'h&#233;ro. Par contre, tu bascules vite. T'es d&#233;gueulasse, tu fais des trucs d&#233;gueulasses. J'ai consomm&#233; &#231;a pendant environ deux ans. J'&#233;tais de plus en plus grill&#233;e dans le quartier, sans thunes, avec plein d'embrouilles craignos. Un dealer gentil dont j'&#233;tais proche m'a dit un jour : &#8220;Il y a trop de contrats sur ta t&#234;te, tu dois te casser.&#8221; Il m'a fil&#233; un billet de train pour Londres et pas mal de dope pour &#233;viter le manque &#8211; j'ai tout pris dans le train. Et c'est &#224; partir de Londres que je me suis &#233;loign&#233;e de tout &#231;a. J'ai &#233;t&#233; en cure de d&#233;sintox', j'ai repris le contr&#244;le &#8211; depuis, je me suis refait une sant&#233; et une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai souffert, mais la drogue m'a aussi port&#233;e. J'ai toujours gard&#233; un optimisme. Et je voyais l'addiction comme une forme de subversion. &#192; chaque fois que je me sentais pas en ad&#233;quation, j'utilisais la drogue, avec un c&#244;t&#233; fuck you ! &#8211; sauf que c'est moi que je d&#233;truisais... Ensuite c'est quelque chose qui te constitue, que tu gardes en toi. &lt;i&gt;Once an addict, always an addict.&lt;/i&gt; Malgr&#233; tout, je me rappellerai toujours des kifs et du c&#244;t&#233; lumineux de tout &#231;a. Les probl&#232;mes ne sont pas termin&#233;s, maintenant c'est l'alcool, mais je me soigne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Comme une potion magique &#187; / (&lt;i&gt;Greg, consommateur outrancier d'alcool depuis quinze ans&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi j'ai bu et je bois ? Pas facile &#224; r&#233;sumer. Je crois que &#231;a me renvoie d'abord &#224; la sensation ressentie quand j'ai d&#233;couvert, au lyc&#233;e, qu'il existait ce produit capable de me sortir temporairement d'une angoisse sociale carabin&#233;e qui me pourrissait la vie. J'&#233;tais pas bien dans mon corps, tout me stressait, et voil&#224; qu'ing&#233;rer ce liquide rose, rouge ou blanc (j'ai commenc&#233; au vin) rendait l'existence plus facile, plus fluide. Le ticket d'or ! Comme une potion magique qui aidait &#224; repousser ce qui me raidissait, tout en envoyant bouler les convenances pour peu qu'on pousse un chou&#239;a le bouchon &#8211; &#224; la punk. D'autant que je m'abreuvais dans le m&#234;me temps d'une contre-culture assoiff&#233;e, de Bukowski aux Sex Pistols, et que &#231;a donnait une aura &#224; la d&#233;glingue, presque une mystique. Pendant des ann&#233;es, ma sociabilit&#233; sous quasiment toutes ses formes, qu'il s'agisse d'amiti&#233;, de concerts, de manifs, de r&#233;seau pro ou d'amour, a donc &#233;t&#233; forc&#233;ment li&#233;e &#224; l'horizon du boire &#8211; des petits verres ou de grandes bouteilles, selon l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, &#231;a n'a pas toujours &#233;t&#233; une r&#233;ussite, entre r&#233;veils en cellule de d&#233;grisement et trous noirs &#224; r&#233;p&#233;tition, mais &#231;a a aussi cr&#233;&#233; pas mal d'envol&#233;es chouettes, de moments gris&#233;s, d'&#233;lans po&#233;tiques &#8211; une mani&#232;re de flouter le monde pour mieux l'enchanter. Et puis, c'est parfois agr&#233;able de s'effacer, de s'oublier dans la lourde ivresse &#8211; enfin dans mon cas. Sachant aussi que je ne me suis jamais r&#233;v&#233;l&#233; violent ou agressif dans mes ivresses, seulement con et balbutiant &#8211; &#231;a aide. Le probl&#232;me c'est qu'au fil du temps, l'aspect magique dispara&#238;t. Que les r&#233;veils sont toujours plus durs. Que les marques physiques commencent &#224; poindre sur le visage (et le foie ?). Et que j'en arrive souvent &#224; boire pour boire, sans cr&#233;ation, sans magie. Chez soi, les jours d'angoisse, &#231;a donne parfois des strat&#233;gies sous forme d'arithm&#233;tique bien triste &#8211; combien de verres avant de sortir de l'appart' ? Et en soci&#233;t&#233;, une r&#233;currence du boire trop vite qui efface tout le c&#244;t&#233; chaleureux et festif de la picole, tout en te propulsant dans la honte au r&#233;veil. C'est pour &#231;a qu'&#224; un moment j'ai essay&#233; de creuser, via une d&#233;marche psy, ce qu'ainsi j'essayais d'effacer, d'anesth&#233;sier. Sauf que j'ai jamais mis le doigt sur une cause &#233;vidente. C'est sans doute un tas de trucs amalgam&#233;s. En tout cas, j'ai de plus en plus l'impression d'avoir fait le tour de ce que l'alcool pouvait m'apporter et j'ai en t&#234;te d&#233;sormais d'&#234;tre plus malin dans mon rapport &#224; lui, tout en trouvant d'autres b&#233;quilles &#8211; que &#231;a ne finisse pas par me d&#233;finir comme individu, ou par m'envoyer dans la tombe. Quinze ans pour tirer ce constat, c'est pas glorieux, je sais, mais on fait comme on peut&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sortir de soi et y retourner tr&#232;s vite &#187; / (&lt;i&gt;Louise, consommatrice de coca&#239;ne et d'amph&#233;tamines&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les premi&#232;res fois o&#249; je rencontre vraiment la drogue, les produits chelous bien dos&#233;s de l'internet mondial, c'est avec mon amoureux de l'&#233;poque. J'ai la vingtaine, je suis coinc&#233;e, un peu prude, assez timide et, du haut de mon m&#232;tre quatre-vingts, assez impressionn&#233;e par les grandes personnes. Alors je sniffe, je gobe. Un peu, beaucoup. Puis &#231;a devient syst&#233;matique dans l'intimit&#233; que je partage avec cet homme. C'est l'explosion : je sors de ce corps qui me fait d&#233;faut, je me sens plus int&#233;ressante, plus curieuse, plus cultiv&#233;e, plus d&#233;sirable. Mes blocages sexuels volent en &#233;clat, mes complexes s'&#233;vanouissent. Alors je continue, je m'ab&#238;me, je me d&#233;fonce, je fais des trucs que j'ai pas forc&#233;ment envie de faire. La drogue devient l'&#233;quation de ma sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ma consommation se fait plus solitaire, moins intense dans le champ de bataille de ma sexualit&#233;, voire parfois bien glauque. Je me mets &#224; la 3-MMC, une mol&#233;cule de synth&#232;se de la famille des cathinones, bien d&#233;gueu, bien addictive. Je me coupe de moi, de mes &#233;motions, de mes sensations. En r&#233;alit&#233;, je tombe dans une grosse d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, c'est la coca&#239;ne qui m'accompagne dans mes journ&#233;es solitaires. Caf&#233;-trace le matin, le petit-d&#233;j' des championnes : je vais la bouffer, cette journ&#233;e ! Un rendez-vous avec un pote ? Hop, une petite trace ! Un mail &#224; &#233;crire ? Allez, une autre ! La vaisselle &#224; faire ? Bon OK, une derni&#232;re. Mais la motivation dispara&#238;t toujours au bout de la deuxi&#232;me. D'une drogue sociale j'ai fait une drogue solitaire, une d&#233;fonce qui me permet de m'affronter, moi et mes d&#233;mons, sans les diluer dans une pseudo-sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'envisagerai toujours ma vie avec des trucs &#224; sniffer pas loin. Parce que j'y cherche toujours ce d&#233;calage, ce &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; l&#226;cher-prise, ce moment o&#249; ton corps et ta t&#234;te d&#233;cident ensemble de te foutre un peu la paix. En fait, une d&#233;fonce r&#233;ussie, c'est comme l'orgasme, on sait qu'il existe mais on l'attend toujours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je me fous la paix &#187; / (&lt;i&gt;Edith, consommatrice d'antid&#233;presseurs&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;cemment, apr&#232;s un &#233;pisode d&#233;pressif plus s&#233;v&#232;re que d'habitude, je me suis retrouv&#233;e &#224; amorcer un traitement d'ISRS&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inhibiteur s&#233;lectif de recapture de s&#233;rotonine.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la dose minimum : 20 mg. J'ai toujours eu un temp&#233;rament triste mais je n'avais jamais vraiment envisag&#233; la prise d'antid&#233;presseurs. J'avais l'impression que c'&#233;tait pas pour moi, mais pour ceux qui &#233;taient plus gravement touch&#233;s. Moi j'avais appris &#224; vivre avec, et m&#234;me &#224; en faire un trait central de mon identit&#233; : je faisais rire de mon manque d'entrain. Bien s&#251;r j'avais suivi un nombre cons&#233;quent de th&#233;rapies en tous genres depuis mon adolescence. Mais il est sacr&#233;ment long, le chemin de la r&#233;paration et de l'acceptation de son pass&#233;. Et puis le Covid m'a bien mise dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers jours du traitement, j'ai la sensation, &#224; juste titre, d'&#234;tre en descente de drogue. En mode zombie, affal&#233;e sur mon canap&#233;, je suis trop mal. Mais &#224; la fin de la semaine, je pars prendre des vacances avec des amies. J'&#233;tais r&#233;solue &#224; ne pas boire d'alcool, et je m'y suis tenue &#8211; cela devait faire dix ans que je n'avais pas fait de cure de plus de dix jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, coup de baguette chimique, &#231;a marche vraiment, j'ai l'impression d'&#234;tre non stop en mont&#233;e de MDMA. Le pied. Exit les angoisses permanentes et le stress g&#233;n&#233;r&#233; par le moindre truc. Je me fous la paix. Et surtout, je vois les diff&#233;rents aspects de ma vie sous un angle positif. &#199;a me perturbe, surtout au d&#233;but. Je ne me reconnais pas, et les autres non plus. Mon amoureux me dit m&#233;tamorphos&#233;e. Euphorique. Je me sens l&#233;g&#232;re, rien ne m'atteint assez pour que je me prenne la t&#234;te comme je faisais avant. Ma m&#233;moire op&#232;re un tri drastique, je ne retiens plus qu'un dixi&#232;me de ce que les gens me racontent. Je d&#233;limite mieux, en termes d'affects, ce qui est de mon ressort et ce qui ne m'appartient pas. Je m'extirpe de noeuds dans lesquels j'&#233;tais bloqu&#233;e, pour certains depuis des ann&#233;es. L'impression d'&#234;tre sur un petit nuage, que tout glisse sur moi. C'est fluide, quoiqu'un peu dans le brouillard. Je me sens bien, &#224; ma place, l&#233;gitime. Mue par la toute-puissance que conf&#232;re la drogue, en somme. Les sentiments n&#233;gatifs de g&#234;ne sociale, de culpabilit&#233; &#233;ternelle, de honte ultime n'ont plus droit de cit&#233;. Les choses sont &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un truc me chiffonne cependant : depuis le d&#233;but du traitement, je n'atteins plus l'orgasme. Ma libido est plus ou moins intacte mais je reste neutralis&#233;e, maintenue &#224; un seuil maximum d'excitation. Je p&#232;se rapidement le pour et le contre, et j'en conclus que le reste en vaut la peine, tant pis pour la jouissance. Enfin, &#224; moyen terme. Faut pas d&#233;conner. &#199;a renforce quand m&#234;me mon d&#233;sir de ne pas poursuivre ind&#233;finiment les antid&#233;p'. &#199;a, et puis le reste : la fatigue, d'abord. Mais aussi le fait que la m&#233;moire imm&#233;diate soit consid&#233;rablement amoch&#233;e. Et puis toujours cette impression de planer, d'avoir deux de tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ressens parfois cette sensation fugace d'&#234;tre comme anesth&#233;si&#233;e. Et je ne sais plus quoi penser de ce lien de causalit&#233; qui revient &#224; se faire aider par la chimie. Je crois que je ne veux plus me sentir autant d&#233;connect&#233;e de la r&#233;alit&#233;, si agr&#233;able que ce soit. Je suis ravie d'avoir atteint un tel degr&#233; de d&#233;tachement et de confiance en moi, mais j'en per&#231;ois les limites. Au bout de trois mois, je commence &#224; r&#233;duire de moiti&#233; les doses. Je redescends rapidement de mon petit nuage, &#224; regret il faut l'avouer. Mais j'ai en t&#234;te que cette b&#233;quille existe. Et je sais d&#233;sormais intimement &#224; quoi peut ressembler la vie quand on est bien, avec la ferme intention de garder &#231;a pr&#233;cieusement au fond de moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Percuter son rapport &#224; la r&#233;alit&#233; &#187; / (&lt;i&gt;Simon, un temps consommateur de k&#233;tamine&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai tir&#233; mes premi&#232;res lignes de k&#233;tamine dans un environnement festif. C'&#233;tait agr&#233;able, d&#233;sinhibant et &#231;a faisait voyager. C'est le propre de ce produit qui entra&#238;ne une forte euphorie, une modification de la r&#233;alit&#233; per&#231;ue, des hallucinations visuelles, une perte de contr&#244;le sur son corps ou, &#224; plus forte dose, une anesth&#233;sie compl&#232;te. J'ai vite appr&#233;ci&#233; les sensations que &#231;a m'apportait, ces moments de pause... Et j'ai aussi tellement ri avec des potes que quand &#231;a se pr&#233;sentait, je sautais sur l'occasion. Puis la consommation s'est banalis&#233;e. De plus en plus. Jusqu'au tous les jours, et trop. Ce que je cherchais ? Creuser toujours plus profond dans les m&#233;andres de ma conscience. J'ai aussi v&#233;cu plein d'exp&#233;riences intrigantes dans ces univers d'ailleurs. Par exemple, sous l'emprise de la k&#233;ta, j'avais l'impression d'&#234;tre en contact avec l'histoire des objets qui m'entouraient. Si je jouais du piano, je m'imaginais comment on avait invent&#233; cet instrument, et je me sentais en connexion avec son histoire et celle des gens qui l'avaient utilis&#233; avant moi. Les effets visuels sont assez sympas aussi. Au piano encore, selon les gammes et l'ambiance de ce que je jouais, j'ai d&#233;j&#224; vu les touches se colorer, tout en g&#233;om&#233;trie, comme en harmonie avec la couleur de la musique jou&#233;e. La curiosit&#233; m'a pouss&#233; &#224; vouloir en permanence mettre ce filtre pour voir l'autre face du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recherche de soi, compr&#233;hension des autres, appr&#233;hension du monde... Je trouvais des raisons pour justifier ma consommation, qui en cachaient finalement d'autres. Je prenais de la k&#233;ta parce qu'elle m'envoyait loin des soucis du quotidien, chassait l'angoisse, adoucissait le pr&#233;sent. Je profitais pleinement de l'instant, m&#234;me si la r&#233;alit&#233; &#233;tait une montagne de trucs gal&#232;res &#224; g&#233;rer. Sous l'effet, j'ai pu d&#233;lirer des heures sur de la musique, une peinture, des plantes&#8230; Les imp&#233;ratifs &#8211; r&#233;pondre aux messages, faire le m&#233;nage, payer mes factures ou passer ce coup de fil urgent &#8211; perdaient toute importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris de la k&#233;tamine parce qu'elle me faisait du bien. Je sais pourquoi je n'en prends plus. Un ami m'a dit un jour : &#8220;Si Jules Verne a d&#233;crit le tour du monde en 80 jours, vous, vous faites le tour du jour en 80 mondes.&#8221; Et c'&#233;tait vrai. Je crois qu'aucun ancrage n'est possible lorsque l'on percute autant son rapport &#224; la r&#233;alit&#233;. Pour moi, au final, la k&#233;tamine est une fausse amie des passionn&#233;s de psych&#233;d&#233;liques. Tous ses effets r&#233;pondent &#224; premi&#232;re vue &#224; ce qu'on attend d'un psych&#233;d&#233;lique comme, par exemple, le LSD : modifications visuelles et sensorielles, changement de point de vue... Et aussi : pas de descente, pas de contrecoup direct. Mais ce n'est qu'une impression : &#224; faible dose, elle est en fait un puissant anxiolytique, ce qui change tout. Finalement, ce sont ces effets que je recherchais, car j'&#233;tais dans une p&#233;riode assez compliqu&#233;e et dark apr&#232;s une douloureuse s&#233;paration, et &#224; un moment o&#249; je ne savais pas du tout quelle &#233;tait ma direction. Or cette famille de m&#233;dicaments (dont la pharmacop&#233;e moderne raffole) ne cible pas les causes du mal-&#234;tre, mais ses sympt&#244;mes. Quand on en abuse, ils emp&#234;chent le cerveau et l'esprit de r&#233;tablir un fonctionnement sain par un travail de fond. De mon exp&#233;rience d'amateur de substances en tout genre, la k&#233;tamine devrait garder sa place d'anesth&#233;siant : j'en ai en t&#234;te des sc&#232;nes o&#249; j'aurais voulu r&#233;agir vivement, affirmer ma position, tenter de d&#233;nouer une situation, me concentrer sur ce qui me semblait important, et qui se sont d&#233;roul&#233;es sous mes yeux sans que les mots ne me viennent o&#249; que j'aie l'&#233;nergie d'intervenir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense aussi que l'usage r&#233;cr&#233;atif de plus en plus r&#233;pandu de la k&#233;tamine risque de nuire grandement &#224; la sc&#232;ne alternative. On en trouve partout ! Dans les lieux autog&#233;r&#233;s, les f&#234;tes, les milieux militants. Et &#231;a reste quelque chose qui ralentit. On r&#233;agit moins, on pense diff&#233;remment, et les r&#233;flexes sont&#8230; anesth&#233;si&#233;s. Pour une contre-culture, qui voudrait construire d'autres bases que le monde de merde qui nous entoure, et r&#233;agir avec les dents quand l'oppresseur opprime trop, la k&#233;ta n'est s&#251;rement pas la meilleure arme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Faire durer l'enfance &#187; / (&lt;i&gt;Pablo, longtemps consommateur d'h&#233;ro&#239;ne&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai connu l'h&#233;ro&#239;ne peu apr&#232;s &#234;tre parti de chez mes parents pour m'installer dans un quartier populaire de Marseille. J'&#233;tais tr&#232;s jeune, 17 ans, et la drogue &#233;tait partout dans la ville. Il y avait les suites de la French Connection, les d&#233;buts du punk, une ville alors sinistr&#233;e &#8211; tout &#233;tait r&#233;uni pour que les jeunes consomment, si bien qu'autour de moi, &#231;a tournait beaucoup. J'ai tout de suite aim&#233; les effets de l'h&#233;ro, mais j'adorais aussi les drogues psych&#233;d&#233;liques, notamment les acides. Et je crois que je prenais de l'h&#233;ro&#239;ne dans la m&#234;me optique que les produits plus &#8220;psych&#233;&#8221; : m'ouvrir au monde, sortir de mes blocages. Je d&#233;couvrais le Velvet Underground et Lou Reed, le cin&#233;ma de John Cassavetes, des univers autres, tr&#232;s tentants. C'&#233;tait une &#233;poque d'effervescence ; j'avais l'impression de faire durer l'enfance, de go&#251;ter au fruit d&#233;fendu. Et je me souviens m&#234;me d'une forme de d&#233;ception apr&#232;s ma premi&#232;re exp&#233;rience d'h&#233;ro : &#231;a n'allait pas assez loin, &#231;a manquait de visions. &#192; l'&#233;poque on prenait tout, on sniffait aussi de l'&#233;ther, de l'eau &#233;carlate, du trichlo &#8211; on n'&#233;tait pas regardants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais &#233;t&#233; vraiment accro, question de chance. Parce qu'autour de moi, beaucoup de gens sont morts, d'overdose ou du sida. Mais quelque chose m'a emp&#234;ch&#233; de tomber totalement dedans, m&#234;me s'il m'est arriv&#233; de me shooter tous les jours pendant une semaine. Le simple fait de voir une shooteuse me donnait directement ce go&#251;t de m&#233;tal si caract&#233;ristique dans la bouche&#8230; Je me rappelle de cette fois o&#249; un ami m'a rembours&#233; une dette en me filant dix grammes d'h&#233;ro pure. Ce jour-l&#224;, on s'est regard&#233;s avec ma copine et on s'est dit que si on gardait tout pour nous, on n'en sortirait jamais. Alors on a voulu la revendre, mais &#231;a a &#233;t&#233; un fiasco, on l'a mal coup&#233;e&#8230; Reste que &#231;a a sans doute &#233;vit&#233; qu'on devienne des junkies. Tout &#231;a, c'est des coups de chance. Ou l'instinct de survie. Comme cette fois o&#249; la soeur de ma copine, morte peu apr&#232;s du sida dont elle &#233;tait infect&#233;e sans le savoir, m'a propos&#233; de me faire un shoot avec sa seringue : j'en avais tr&#232;s envie, mais j'ai d&#233;clin&#233;. Je me souviens aussi de Frenzy, un copain rockeur de cit&#233; que j'adorais, beau comme un dieu, qui un jour m'a secou&#233; par le colbac en pleine rue en m'engueulant : &#8220;On m'a dit que tu tombais dans l'h&#233;ro&#239;ne, t'as pas de figure !&#8221; Lui aussi est mort du sida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, ce qui m'a sauv&#233;, c'est de partir. La curiosit&#233; que j'avais pour la drogue, je l'ai appliqu&#233;e aux voyages. Je suis parti en Angleterre, au Mexique, en Andalousie, une bonne quinzaine d'ann&#233;es en tout. Loin de Marseille, du travail en int&#233;rim et des gens qui tombaient comme des mouches &#8211; morts, en HP, en d&#233;tention... J'ai continu&#233; &#224; prendre des drogues, &#224; exp&#233;rimenter, notamment le peyotl au Mexique, qui m'a vraiment marqu&#233; &#8211; ceci dit, ce n'est pas une drogue ! &#8211; et &#224; boire beaucoup d'alcool, par p&#233;riodes. Mais &#231;a n'a jamais pris le pas sur ma vie. Il n'emp&#234;che qu'encore aujourd'hui, je peux &#234;tre tent&#233; par des exp&#233;riences de ce genre. Je me suis rendu compte par exemple qu'en cas de mal de dos ou de coup de stress, j'adorais le tramadol et ses effets. Et r&#233;cemment, je me suis d&#233;fonc&#233; avec une amie en phase terminale d'un cancer, qui avait lou&#233; un appart' en bord de mer. On s'est pay&#233; un bel hommage &#224; la vie : hu&#238;tres, petits g&#226;teaux arabes, th&#233; au gingembre et&#8230; de la morphine de synth&#232;se. C'&#233;tait un beau moment, une mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e de se dire au revoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Parce que Dieu n'existe pas &#187; / (&lt;i&gt;Marguerite, six litres de rouge par jour&lt;/i&gt;) &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4665 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/duras_picole.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH478/duras_picole-df417.jpg?1782957373' width='500' height='478' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Inhibiteur s&#233;lectif de recapture de s&#233;rotonine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petit ab&#233;c&#233;daire hallucin&#233; de la guerre contre la drogue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Petit-abecedaire-hallucine-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Petit-abecedaire-hallucine-de-la</guid>
		<dc:date>2022-07-15T12:26:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Noirs</dc:subject>
		<dc:subject>Black Panthers</dc:subject>
		<dc:subject>trafic</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>CIA</dc:subject>
		<dc:subject>CIA am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes Noirs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; il est question, p&#234;le-m&#234;le, d'empoisonnement au LSD par la CIA, de soldats du IIIe Reich d&#233;fonc&#233;s &#224; la pervitine, de banques qui blanchissent, de plantes interdites&#8230; Et de la vaste hypocrisie de la politique r&#233;pressive. CIA Si les services secrets russes sont connus pour leur app&#233;tence pour les poisons, la CIA am&#233;ricaine a tremp&#233; dans pas mal de coups tordus li&#233;s au trafic de drogue pour financer ses guerres secr&#232;tes. Le plus hallucinant est sans doute le projet MK-Ultra : une s&#233;rie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Noirs" rel="tag"&gt;Noirs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Black-Panthers" rel="tag"&gt;Black Panthers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trafic" rel="tag"&gt;trafic&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogues" rel="tag"&gt;drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CIA" rel="tag"&gt;CIA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CIA-americaine" rel="tag"&gt;CIA am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes-Noirs" rel="tag"&gt;jeunes Noirs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH120/1200abecedaireprohibtion_resultat-e3fe2.jpg?1782668470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; il est question, p&#234;le-m&#234;le, d'empoisonnement au LSD par la CIA, de soldats du III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich d&#233;fonc&#233;s &#224; la pervitine, de banques qui blanchissent, de plantes interdites&#8230; Et de la vaste hypocrisie de la politique r&#233;pressive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200abecedaireprohibtion_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH632/1200abecedaireprohibtion_resultat-8a2c9.jpg?1782668470' width='500' height='632' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;CIA&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les services secrets russes sont connus pour leur app&#233;tence pour les poisons, la CIA am&#233;ricaine a tremp&#233; dans pas mal de coups tordus li&#233;s au trafic de drogue pour financer ses guerres secr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus hallucinant est sans doute le projet MK-Ultra : une s&#233;rie d'exp&#233;riences sous LSD men&#233;es entre 1953 et les ann&#233;es 1970 pour &#233;laborer une &#171; arme de contr&#244;le mental &#187;... Avant que la drogue sortie des labos ne devienne le carburant f&#233;tiche de la r&#233;volte psych&#233;d&#233;lique (cf. Martin A. Lee &amp; Bruce Shlain, LSD et CIA &#8211; &lt;i&gt;Quand l'Am&#233;rique &#233;tait sous acide&lt;/i&gt;, &#201;ditions du l&#233;zard, 1994).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de parvenir &#224; manipuler les consciences, l'agence a rapidement compris l'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique que repr&#233;sentait le trafic de drogues. En 1972, la parution de l'enqu&#234;te d'Alfred McCoy, &lt;i&gt;La Politique de l'h&#233;ro&#239;ne &#8211; L'implication de la CIA dans le trafic de drogues &lt;/i&gt;(&#201;ditions du L&#233;zard, 1999), documente la complicit&#233; des services am&#233;ricains avec les trafiquants birmans du Triangle d'or et la mafia am&#233;ricaine, depuis les ann&#233;es 1940 jusqu'&#224; la guerre du Vietnam, et ses cons&#233;quences sur le d&#233;veloppement du trafic d'h&#233;ro&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre guerre, autre drogue. En finan&#231;ant la gu&#233;rilla anticommuniste des Contras au Nicaragua, la CIA a sponsoris&#233; indirectement la coke (pour la jeunesse bourgeoise) et le crack (pour celle des ghettos) qui inondaient de mani&#232;re in&#233;dite le march&#233; am&#233;ricain dans les ann&#233;es 1980. En effet, les Contras se finan&#231;aient par le biais du narcotrafic de coca&#239;ne, parrain&#233; par le dictateur bolivien Tejada. Le lanceur d'alerte Gary Webb qui avait r&#233;v&#233;l&#233; la corr&#233;lation entre la guerre sale de la CIA au Nicaragua et l'&#233;pid&#233;mie de crack des quartiers noirs de Los Angeles y laissera quelques plumes, perdant son job de journaliste, avant de se suicider en 2004 (cf. &lt;i&gt;Secret d'&#201;tat&lt;/i&gt;, film de Michael Cuesta, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contre-r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1969, Michael Tabor, membre du Black Panthers Party, voyait dans les ravages provoqu&#233; par la circulation massive de l'h&#233;ro&#239;ne dans les ghettos noirs et chicanos de New York, ni plus ni moins qu'une &#171; &lt;i&gt;forme de g&#233;nocide o&#249; les victimes paient pour &#234;tre tu&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. Dans son pamphlet &lt;i&gt;Capitalisme plus drogue &#233;gale g&#233;nocide&lt;/i&gt;, il &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Les porcs racistes, les politiciens d&#233;magogues et les gros hommes d'affaires avares contr&#244;lant les politiciens, sont ravis de voir les jeunes Noirs sombrer, victimes de la &lt;/i&gt;peste. &lt;i&gt;Et ce pour deux raisons : d'abord c'est tr&#232;s profitable &#233;conomiquement, et ensuite car ils r&#233;alisent qu'aussi longtemps qu'ils pourront garder les jeunes Noirs qu&#233;mandant un shoot d'h&#233;ro&#239;ne au coin des rues, ils n'auront aucun souci &#224; se faire &#224; propos de la lutte de lib&#233;ration que nous pourrions mener. &#187;&lt;/i&gt; L'incarc&#233;ration de masse &#8211; cons&#233;quence de la &lt;i&gt;War on drugs &lt;/i&gt;initi&#233;e par Nixon en 1970, et prolong&#233;e par Reagan &#8211;, compl&#232;te cette guerre faite aux pauvres et aux minorit&#233;s. Dans les ann&#233;es 1980, la peine pour trente grammes de crack, &#233;tait aussi lourde que pour trois kilos de coca&#239;ne. En vingt ans, la population carc&#233;rale a pu ainsi quadrupler, atteignant les deux millions de prisonniers en 2001, dont 878 400 Afro-am&#233;ricains. Le 22 ao&#251;t 1989, l'ancien leader des Black Panthers, Huey Newton, accro au crack, &#233;tait assassin&#233; &#224; Oakland par un dealer...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Guerre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec l'art, la guerre a sans doute &#233;t&#233; depuis l'Antiquit&#233; le plus large laboratoire des drogues, &#224; la fois pour leur int&#233;r&#234;t stimulant, anesth&#233;siant, d&#233;sinhibant ou s&#233;datif. Si, durant la campagne en &#201;gypte, Napol&#233;on interdit &#224; ses hommes de consommer ce haschisch qui les rendaient incontr&#244;lables, on sait en revanche que les soldats du IIIe Reich carburaient &#224; une m&#233;ta-amph&#233;tamine puissante, la pervitine sous forme de &lt;i&gt;Panzershokolade &lt;/i&gt;(chocolat du tankiste) ou de &lt;i&gt;Fliegermarzipan &lt;/i&gt;pour les pilotes (cf. Norman Ohler, &lt;i&gt;L'Extase totale : le IIIe Reich, les Allemands et la drogue&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2016). Lors du d&#233;barquement, les lib&#233;rateurs am&#233;ricains ne furent pas en reste d'une autre amph&#232;te, la benz&#233;drine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pass&#233;e l'adr&#233;naline du front et les horreurs qu'il charrie, il faut g&#233;rer le stress post-traumatique : l'addiction &#224; l'h&#233;ro&#239;ne aurait touch&#233; 20 % du contingent am&#233;ricain au Vietnam. Et aujourd'hui, certains v&#233;t&#233;rans d'Irak et d'Afghanistan peuvent avoir recours &#224; la MDMA de mani&#232;re exp&#233;rimentale (cf. Lukasz Kamienski &lt;i&gt;Les Drogues et la guerre &#8211; De l'Antiquit&#233; &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Nouveau Monde &#233;ditions, 2017). Quant au captagon, modeste amph&#233;tamine rebaptis&#233;e m&#233;diatiquement &#171; drogue des djihadistes &#187;, son trafic &#8211; qui a g&#233;n&#233;r&#233; 5 milliards de dollars en 2021 &#8211; profite essentiellement &#224; l'&#201;tat syrien et au Hezbollah.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marihuana Tax Act&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fin de la prohibition aux &#201;tats-Unis (1933), le directeur du bureau des narcotiques s'ennuie et, d&#233;cide de porter son d&#233;volu, non plus sur l'interdiction de l'alcool, mais sur celle du chanvre. Avec l'appui d'une presse raciste et d'une intense propagande qui stigmatise entre autres les travailleurs mexicains et les musiciens de jazz, Harry J. Anslinger va jusqu'&#224; pr&#233;tendre que le &#171; &lt;i&gt;cannabis est plus dangereux que l'h&#233;ro&#239;ne et la coca&#239;ne &#187;&lt;/i&gt;, le rendant responsable de tous les crimes. Avec le soutien de l'industrie p&#233;trochimique, une taxation prohibitive est vot&#233;e en 1937 sans distinguo entre cannabis r&#233;cr&#233;atif et chanvre agricole, dont l'usage &#224; bon march&#233; concurrence l'industrie du coton, du nylon et du papier. Quant &#224; Anslinger, il finit ses jours accro &#224; la morphine pour soulager une prostate douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Narcotrafic&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2012, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, &#233;valuait les revenus g&#233;n&#233;r&#233;s par le trafic de drogue &#224; 320 milliards de dollars, soit peu ou prou le PIB du Portugal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a par ailleurs belle lurette que les revenus de la drogue alimentent les caisses noires de la finance mondiale. En 2012 toujours, la banque HSBC reconna&#238;t avoir blanchi 881 millions de dollars provenant des cartels mexicains, mais pr&#233;f&#232;re payer une amende de 1,92 milliard de dollars pour couper court aux poursuites &#8211; qui, de l'avis du d&#233;partement am&#233;ricain de la Justice, auraient pu provoquer un &#171; &lt;i&gt;d&#233;sastre financier mondial &#187;&lt;/i&gt;. D&#232;s sa fondation en 1865, le groupe britannique trempait d&#233;j&#224; jusqu'aux oreilles dans le commerce florissant de l'opium avec l'Asie. Pas facile de d&#233;crocher de vieilles accoutumances.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Peyotl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction du peyotl en 1620 au Mexique par l'Inquisition pr&#233;figure en partie la politique men&#233;e par l'Occident contre les drogues naturelles. La prohibition des plantes magiques, assimil&#233;es &#224; l'idol&#226;trie, aux plaisirs de la chair et &#224; la sorcellerie, permettait aux missionnaires de dresser les murs de la soci&#233;t&#233; coloniale, derri&#232;re lesquels &#233;taient rel&#233;gu&#233;s les indig&#232;nes, les m&#233;tis, les mul&#226;tres, les Noirs et les femmes (cf. Alessandro Stella, &lt;i&gt;L'Herbe du diable ou la chair des dieux ? La prohibition des drogues et l'Inquisition&lt;/i&gt;, Divergences, 2019). Si la coca &#233;chappe en partie &#224; la prohibition, c'est qu'elle permettait de doper l'exploitation dans les mines. De m&#234;me, l'abrutissement par l'alcool servait les int&#233;r&#234;ts des colonisateurs, comme en t&#233;moignait le vice-roi du Mexique en 1786, qui disait voir dans l'alcoolisation des indig&#232;nes &#171; &lt;i&gt;le meilleur moyen de cr&#233;er un nouveau besoin qui les contraigne &#233;troitement &#224; reconna&#238;tre leur d&#233;pendance oblig&#233;e &#224; notre endroit &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toxicomanie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'extraction des alcalo&#239;des d'opium et de coca accompagne une v&#233;ritable r&#233;volution th&#233;rapeutique contre la douleur. Pourtant, comme un retour de b&#226;ton colonial, alors que l'opium, fer de lance de l'imp&#233;rialisme en Asie, se r&#233;pand dans la marge des m&#233;tropoles occidentales, les &#171; paradis artificiels &#187; c&#232;dent la place &#224; la &#171; toxicomanie &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le fl&#233;au est identifi&#233;, la lutte contre la drogue peut commencer. Le corps m&#233;dical demande une loi qui assimile les toxicomanes aux ali&#233;n&#233;s et qui permette leur internement d'office &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit l'historien Jean-Jacques Yvorel (cf. &lt;i&gt;Les Poisons de l'esprit &#8211; Drogues et drogu&#233;s au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, Quai Voltaire, 1992). Malgr&#233; le flou scientifique qui le d&#233;finit, le toxicomane est vu comme un d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, un d&#233;viant, un intoxiqu&#233; et un criminel qui doit &#234;tre puni et sevr&#233;. En France, il est consid&#233;r&#233; comme un individu &#224; la fois malade et d&#233;linquant selon la loi de 1970 toujours en vigueur. Le d&#233;bat sur la d&#233;p&#233;nalisation semble toujours dans une impasse tandis que, partout, la logique prohibitionniste &#8211; impos&#233;e &#224; l'&#233;chelle internationale sous patronage am&#233;ricain depuis la Convention de Shanghai en 1909 &#8211;, n'a fait que renforcer l'essor du crime organis&#233; et de la corruption politico-financi&#232;re tout en exposant les usagers aux risques, souvent mortels, des produits alt&#233;r&#233;s et sans contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Drogu&#233;s de tous les pays, unissez-vous !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Drogues-de-tous-les-pays-unissez</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Drogues-de-tous-les-pays-unissez</guid>
		<dc:date>2022-07-01T11:58:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>usagers</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;duction</dc:subject>
		<dc:subject>Fabrice Olivet</dc:subject>
		<dc:subject>Anne-Sophie Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>risques</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelle Aube</dc:subject>
		<dc:subject>Sang d'encre</dc:subject>
		<dc:subject>VIH</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'agir face &#224; l'&#233;pid&#233;mie de sida des ann&#233;es 1980, les militants de la r&#233;duction des risques ont fait preuve d'un pragmatisme vital pour d&#233;pister et accompagner les usagers de drogue injectable. Il aura fallu la mort de nombre d'entre eux et un combat de longue haleine pour revoir le mod&#232;le de soin en addictologie et faire &#233;voluer les repr&#233;sentations des usagers de drogues, quelles qu'elles soient. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, les contaminations au VIH explosent en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no211-juillet-aout-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;211 (juillet-ao&#251;t 2022)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogues" rel="tag"&gt;drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/usagers" rel="tag"&gt;usagers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reduction" rel="tag"&gt;r&#233;duction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fabrice-Olivet" rel="tag"&gt;Fabrice Olivet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Sophie-Lacombe" rel="tag"&gt;Anne-Sophie Lacombe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/risques" rel="tag"&gt;risques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nouvelle-Aube" rel="tag"&gt;Nouvelle Aube&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sang-d-encre" rel="tag"&gt;Sang d'encre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/VIH" rel="tag"&gt;VIH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'agir face &#224; l'&#233;pid&#233;mie de sida des ann&#233;es 1980, les militants de la r&#233;duction des risques ont fait preuve d'un pragmatisme vital pour d&#233;pister et accompagner les usagers de drogue injectable. Il aura fallu la mort de nombre d'entre eux et un combat de longue haleine pour revoir le mod&#232;le de soin en addictologie et faire &#233;voluer les repr&#233;sentations des usagers de drogues, quelles qu'elles soient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200sang_d_encre3_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH622/1200sang_d_encre3_resultat-e24fa.jpg?1783327100' width='500' height='622' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Anne-Sophie Lacombe (&lt;i&gt;Sang d'encre&lt;/i&gt; n&#176;3)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u d&#233;but des ann&#233;es 1980, les contaminations au VIH explosent en France, tandis que le virus de l'h&#233;patite C constitue une v&#233;ritable bombe &#224; retardement. Un tournant. &#171; &lt;i&gt;Voir nos amis mourir inutilement du sida nous a donn&#233; la rage &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Nothing about us without us ? Je demande &#224; voir ! &#187;, article paru dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, explique Jude Byrne, militante et usag&#232;re de drogue depuis la fin des ann&#233;es 1980. &#192; l'&#233;poque, il y a urgence : le sida est un angle mort de la prise en charge des toxicomanes, la r&#233;pression des usagers fait rage, et ces derniers sont condamn&#233;s &#224; une forme d'abandon par les instances de sant&#233;. Partant de ce constat et s'inspirant de pratiques exp&#233;riment&#233;es &#224; Liverpool, des professionnels du sanitaire et social, des usagers de drogues et des militants de la lutte contre le VIH inventent alors les premiers dispositifs de r&#233;duction des risques (RDR). L&#789;enjeu : sensibiliser les usagers aux conduites &#224; risques et leur permettre de consommer avec du mat&#233;riel st&#233;rile. Pas dans l'air du temps : &#224; l'&#233;poque, l'id&#233;e m&#234;me que les usagers de drogues re&#231;oivent gratuitement le mat&#233;riel n&#233;cessaire pour consommer un produit prohib&#233; est un v&#233;ritable blasph&#232;me. Et le cadre l&#233;gislatif va alors clairement en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des seringues et des traitements de substitution !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 1970, un an apr&#232;s la d&#233;claration de &#171; guerre &#224; la drogue &#187; par le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis Richard Nixon, la France adopte une loi r&#233;primant la toxicomanie, fortement inspir&#233;e de cette dangereuse croisade. Le 13 mars 1972, elle signe un d&#233;cret r&#233;glementant le commerce et l'importation de seringues qui, dans les faits, interdit la vente de mat&#233;riel st&#233;rile aux h&#233;ro&#239;nomanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus tard, cette l&#233;gislation prouve son caract&#232;re meurtrier : au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la France est en t&#234;te des contaminations VIH par habitant et le partage des seringues usag&#233;es entre h&#233;ro&#239;nomanes est identifi&#233; comme un important vecteur de contamination : plus de 60 % d'entre eux sont s&#233;ropositifs&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La &#8220;l&#233;gende noire&#8221; du d&#233;cret Barzach &#187;, Swpas n&#176; 66, 2012.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;C'est ce d&#233;cret &#8211; aujourd'hui quasi oubli&#233; &#8211; qui est &#224; l'origine de l'&#233;pid&#233;mie de sida et secondairement des h&#233;patites parmi les h&#233;ro&#239;nomanes en France &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'autosupport des usagers de drogues, une histoire de tox &#187;, paru dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;, estime Fabrice Olivet, un des fondateurs d'Asud, la premi&#232;re association fran&#231;aise d'auto-support par et pour les usagers de drogue. L'interdiction de se procurer des seringues d&#233;coule de cette guerre faite &#224; la drogue et condamne les usagers &#224; une forme d'apartheid. &#192; ce sujet, au milieu des ann&#233;es 1980, une commission de sp&#233;cialistes va jusqu'&#224; &#233;mettre des doutes sur la volont&#233; des h&#233;ro&#239;nomanes de se fournir en mat&#233;riel st&#233;rile dans les pharmacies, m&#234;me pour &#233;chapper au sida. Une stigmatisation alors bien r&#233;sum&#233;e par les propos du Professeur Roger Planche, &#224; l'&#233;poque chef de service psychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans RDR, tome 1 : l'histoire, documentaire de Laurent Appel et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;C'est bien connu, le toxicomane n'&#233;coute aucun conseil. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, en mai 1987, l'explosion du VIH pousse la ministre de la Sant&#233; Mich&#232;le Barzach &#224; faire sauter le d&#233;cret sur la vente de seringues et lib&#233;ralise enfin leur commerce. Six mois apr&#232;s, les contaminations au VIH entre usagers de drogues ont baiss&#233; de 80 %. Une avanc&#233;e tardive mais repr&#233;sentative d'un d&#233;but d'&#233;volution dans l'approche : &#171; &lt;i&gt;Le succ&#232;s de la RDR impose un changement de paradigme qui rompt avec une approche ant&#233;rieure &#8220;psychologisante&#8221; fond&#233;e sur &#8220;la pulsion de mort&#8221; &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 3.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;, poursuit Fabrice Olivet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir milit&#233; pour les programmes d'&#233;changes de seringues, consistant &#224; mettre &#224; la disposition des usagers de drogues le mat&#233;riel st&#233;rile dont ils ont besoin, les associations de r&#233;duction des risques participent activement &#224; la g&#233;n&#233;ralisation de l'acc&#232;s aux traitements de substitution aux opiac&#233;s (TSO)&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;dicaments qui rendent possible la diminution ou l'arr&#234;t de la consommation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Ces traitements, comme la m&#233;thadone ou le Subutex, sont d'abord pens&#233;s pour limiter les risques d'exposition au VIH en diminuant la fr&#233;quence des injections. Mais ils repr&#233;sentent tr&#232;s vite l'espoir d'une vie meilleure et d'un confort jusque-l&#224; inaccessible pour nombre d'usagers de drogues. &#171; &lt;i&gt;Avant la substitution, un h&#233;ro&#239;nomane devait trouver chaque jour de quoi calmer une b&#234;te vorace qui, pour les plus gourmands, r&#233;clamait l'&#233;quivalent de 300 ou 400 euros quotidiens &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fabrice Olivet. En 1994, M&#233;decins du Monde participe au premier programme de distribution de m&#233;thadone &#224; Paris et sillonne la ville en bus, au contact des publics concern&#233;s. Cette ann&#233;e-l&#224;, le nombre de surdose d'h&#233;ro&#239;ne est divis&#233; par trois, du simple fait de l'acc&#232;s aux TSO. Une usag&#232;re du bus Ga&#239;a-Paris, association partenaire de M&#233;decins du Monde dans la r&#233;duction des risques, explique la r&#233;volution qu'a repr&#233;sent&#233; pour elle la m&#233;thadone : &#171; &lt;i&gt;Je prenais 5 grammes d'h&#233;ro&#239;ne par jour. Quand j'ai connu la m&#233;tha' et que j'ai vu ce que &#231;a me faisait, j'ai tout arr&#234;t&#233;&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RDR, tome 2 : le dispositif, documentaire de Laurent Appel et Philippe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la vague sida&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Inscrite au Code de la sant&#233; publique en 2004 apr&#232;s avoir prouv&#233; son efficacit&#233; dans la lutte contre le sida, la r&#233;duction des risques a depuis &#233;tendu son action &#224; l'ensemble des consommations de drogues. Elle a notamment investi le milieu de la &lt;i&gt;free party &lt;/i&gt;(voir p.IV) tout en continuant d'aller &#224; la rencontre de publics marginalis&#233;s , rel&#233;gu&#233;s en p&#233;riph&#233;rie, coup&#233;s du syst&#232;me de soins. Ce travail, c'est entre autres Nouvelle Aube qui le m&#232;ne depuis 2010 dans les rues marseillaises ainsi qu'en prison. Issus du monde de la rue, des squats ou du milieu festif, les membres de cette association d'auto-support pratiquent &#171; l'aller-vers &#187;, soit le fait d'aller &#224; la rencontre des usagers, &lt;i&gt;l&#224; o&#249; ils sont&lt;/i&gt;. Ces rencontres se font alors sur les lieux de manche, d'approvisionnement en drogue et de consommation, sur des campements, abris et en squat sur invitation des personnes qui y vivent. Pas toujours &#233;vident, explique Joachim, un des membres fondateurs, qui n'aurait jamais eu acc&#232;s &#224; ces espaces sans l'aide d'un ancien camarade d'Asud : &#171; &lt;i&gt;Nasser &#233;tait issu de la r&#233;duction des risques des ann&#233;es 1980, de l'&#233;poque du sida et de la flamb&#233;e de l'h&#233;ro&#239;ne &#224; Marseille. Il m'a pr&#233;sent&#233; tout le r&#233;seau, les lieux de deal, de conso. Je n'aurais pas pu monter Nouvelle Aube sans cette pr&#233;cieuse transmission. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui devient ali&#233;nation, ce qui l'a toujours &#233;t&#233; et le sera toujours, ce sont les conditions infamantes et d&#233;gradantes dans lesquels la soci&#233;t&#233; maintient cet usage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce travail de rue permet &#233;galement &#224; l'association de faire sortir des murs les professionnels du soin pour apporter une aide directe &#224; des personnes qui ne peuvent pas se d&#233;placer. Lors des maraudes, ils emportent mat&#233;riel de prise de sang rapide, programme d'&#233;change de seringues, sacoche de bricolage quand il s'agit de s&#233;curiser un squat, ou encore tickets services&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titres de paiement distribu&#233;s aux personnes en situation de pr&#233;carit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;La RDR c'est aussi travailler &#224; la socialisation de personnes qui sont dans un isolement total &#187;&lt;/i&gt;, ajoute Jihane, charg&#233;e de projet &lt;i&gt;SaNg d'EnCRe &lt;/i&gt;&#224; Nouvelle Aube. L'enjeu est de taille : cette situation de rel&#233;gation condamne les usagers de drogue &#224; se cacher pour consommer, les exposant par exemple &#224; des risques d'agression, ou mettant leur vie en danger quand ils doivent g&#233;rer seuls une surdose. Ce que d&#233;noncent des militants d'Asud qui rappellent un de leurs principes de base : &#171; &lt;i&gt;Ce qui devient ali&#233;nation, ce qui l'a toujours &#233;t&#233; et le sera toujours, ce sont les conditions infamantes et d&#233;gradantes dans lesquelles la soci&#233;t&#233; maintient cet usage. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Historique de l'auto-support &#187;, &#224; lire sur asud.org.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Guerre &#224; la drogue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre cheval de bataille des associations de r&#233;duction des risques, la lutte contre la p&#233;nalisation et la criminalisation des usagers de drogue, contraire &#224; leur d&#233;marche : l'usager doit &#234;tre accompagn&#233; par des structures relevant de la sant&#233; plut&#244;t que de la justice. Pourtant, la loi du 31 d&#233;cembre 1970, encore en vigueur, condamne et enferme toujours plus. Le nombre d'arrestations pour infraction &#224; la loi sur les stup&#233;fiants a &#233;t&#233; multipli&#233; par 60 depuis 1970, tandis que le nombre de condamnations pour usage simple a quadrupl&#233; en vingt ans. &#171; &lt;i&gt;La prohibition criminalise l'offre dans un premier temps et pathologise la demande &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 3.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &#187;, explique Fabrice Olivet, qui ajoute que cette guerre &#224; la drogue freine aussi l'acc&#232;s au soin et &#224; une offre plus large concernant les traitements de substitution. En r&#233;action, les associations de r&#233;duction des risques se positionnent en faveur de la d&#233;p&#233;nalisation et appellent &#224; sortir de l'hypocrisie concernant les drogues licites et illicites : pourquoi les amateurs de vin seraient-ils mieux consid&#233;r&#233;s que les consommateurs de drogues ill&#233;gales ? Un combat port&#233; par Asud depuis sa cr&#233;ation en 1992 &lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au moment de sa fondation en 1992, Asud est d'abord une revue. Elle se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt; , comme en t&#233;moigne la fa&#231;on dont elle se d&#233;finit : une association d'auto-sup port qui r&#233;unit &#171; &lt;i&gt;quelques allum&#233;s pr&#234;ts &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e que l'usage de drogues n'est ni une perversion, ni un crime, ni m&#234;me une maladie, mais l'expression d'un besoin d'ivresse profond&#233;ment ancr&#233; au c&#339;ur du psychisme humain &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 3.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200sangd_encre9_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH702/1200sangd_encre9_resultat-2-47170.jpg?1783327100' width='500' height='702' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Andro Malis (&lt;i&gt;Sang d'encre&lt;/i&gt; n&#176;9)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quand usagers et chercheurs collaborent&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En se basant sur le savoir exp&#233;rientiel des usagers de drogue, la r&#233;duction des risques a aussi contribu&#233; &#224; renverser les r&#244;les soignant/soign&#233;. C'est bien &#224; partir de la confrontation de leurs deux savoirs que le projet de soin peut &#234;tre n&#233;goci&#233;. &#171; &lt;i&gt;L'institution s'adapte &#224; l'usager, pas le contraire &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le documentaire cit&#233; en note 7.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt; &#187;, pr&#233;cise &#201;lisabeth Avril, m&#233;decin et directrice de Ga&#239;a-Paris. Une collaboration n&#233;cessaire, notamment face &#224; la d&#233;ferlante de nouveaux produits accessibles sur Internet, dont la composition et les effets sont parfois moins connus et impr&#233;visibles. Les &#233;l&#233;ments fournis par le consommateur deviennent alors le seul outil disponible pour accompagner l'usage. Il existe d'ailleurs de nombreux forums o&#249; circulent entre usagers les informations concernant les produits, leurs consommations, leurs effets.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; En se basant sur le savoir exp&#233;rientiel des usagers de drogue, la r&#233;duction des risques a aussi contribu&#233; &#224; renverser les r&#244;les soignant/soign&#233;. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, les &#233;quipes de Nouvelle Aube ont aussi &#224; coeur de favoriser la collaboration entre usagers de drogues et chercheurs : &#171; &lt;i&gt;Lorsque l'on constate des effets inhabituels apr&#232;s la prise d'une drogue, on la fait tester et, en cas de danger, on fait remonter les informations &#187;&lt;/i&gt;, indique Sophie, la pr&#233;sidente. L'association participe aussi &#224; des &#171; groupes experts &#187;, notamment &#224; l'initiative de l'&#233;quipe de chercheurs du Sesstim&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Unit&#233; de l'universit&#233; d'Aix-Marseille regroupant des sp&#233;cialistes en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt; / Inserm&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt; pour travailler ensemble sur des sujets pr&#233;cis ; c'est ce genre d'approche qui permet de faire avancer la r&#233;duction des risques. &#171; &lt;i&gt;Par exemple, de nombreux usagers s'injectent du Subutex alors que ce n'est pas pr&#233;vu pour &#234;tre inject&#233; : &#231;a d&#233;fonce les veines. En travaillant au plus pr&#232;s des usagers, les chercheurs ont r&#233;fl&#233;chi &#224; transformer le produit pour qu'il soit injectable, &lt;/i&gt;explique Sophie. &lt;i&gt;Si les personnes continuent &#224; injecter, alors c'est le produit qu'il faut adapter. &#187;&lt;/i&gt; Leurs efforts ont pay&#233; : il existe d&#233;sormais un produit de substitution injectable.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cloisonner les savoirs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour faire entendre la voix des usagers et d&#233;cloisonner les savoirs des scientifiques, Nouvelle Aube a aussi mont&#233; en juin 2017 la pr&#233;cieuse revue d'expression collective &lt;i&gt;SaNg d'EnCRe&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;On a r&#233;alis&#233; que c'&#233;tait vraiment n&#233;cessaire de faire dialoguer toutes ces envies d'expressions et de m&#233;langer diff&#233;rentes formes d'&#233;crits, que ce soient des po&#232;mes, des nouvelles, des articles scientifiques, du pratico-pratique &#187;&lt;/i&gt;, explique Jihane. Dans &lt;i&gt;SaNg d'EnCRe&lt;/i&gt;, on peut voir cohabiter un costaud dossier sur le virus de l'h&#233;patite C, une histoire des drogues psych&#233;d&#233;liques en Occident ou un focus sur le CBD ; mais aussi des articles sur le logement insalubre, des techniques pour &#233;radiquer les punaises de lit, des collages et de nombreux t&#233;moignages d'usagers sur leur consommation. &#171; &lt;i&gt;L'addiction est un th&#232;me qui revient souvent parce que les gens ont compris que c'&#233;tait un espace pour en parler. Pour causer pr&#233;carit&#233;, marginalit&#233;, stigmatisation, et du manque d'acc&#232;s au droit et au soin &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Jihane. La revue, tir&#233;e &#224; 6 000 exemplaires et imprim&#233;e trois fois par an, est distribu&#233;e gratuitement dans plus de 200 lieux &#224; Marseille et en R&#233;gion PACA, envoy&#233;e en France et &#224; l'&#233;tranger dans plus de 150 structures et associations, principalement de soin et de solidarit&#233;, mais aussi dans des bars ou des librairies. En faisant se rencontrer des mondes qui ne se croisent jamais, dans la revue mais aussi lors d'ateliers et d'&#233;v&#233;nements en acc&#232;s libre, &lt;i&gt;SaNg d'EnCRe &lt;/i&gt;r&#233;alise un v&#233;ritable tour de force. &#171; &lt;i&gt;Les f&#234;tes de lancement de chaque nouveau num&#233;ro sont des espaces d'&#233;changes pr&#233;cieux, &lt;/i&gt;raconte Sophie. &lt;i&gt;On est heureux de voir r&#233;unis usagers, militants et chercheurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer la RDR&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la r&#233;duction des risques est riche de cette alliance entre pouvoir m&#233;dical et voix des usagers. Pourtant, son aspect militant est menac&#233; depuis l'&#233;mergence, dans les ann&#233;es 2000, de la discipline scientifique de l'addictologie. Pour Fabrice Olivet, il est clair qu'elle &#171; &lt;i&gt;emprunte &#224; la RDR son rationalisme mais ignore son combat citoyen. Tout devient addiction : le jeu, le sexe, l'h&#233;ro&#239;ne, l'ordinateur, le crack, le caf&#233;...&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir note 3.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt; &#187; L'usager est renvoy&#233; &#224; la place de patient souffrant d'une pathologie, ce qui aggrave encore l'exclusion sociale. Un tournant pris par certaines associations de RDR que d&#233;nonce Fabrice Olivet, citant le cas d'Asud : &#171; &lt;i&gt;En quarante ans, nous sommes pass&#233;s des notions transgressives de d&#233;linquance, de contre-culture, de marginalit&#233;, au monde de la pr&#233;carit&#233; sociale, de la maladie mentale et du traitement &#224; vie. [&#8230;] D'une association de drogu&#233;s militant pour le droit de se droguer, Asud est devenue une association de malades chroniques destin&#233;e &#224; relayer des demandes de prise en charge.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat a beau &#234;tre s&#233;v&#232;re, il rappelle en creux que la r&#233;duction des risques aura aussi contribu&#233; &#224; transformer en profondeur le syst&#232;me de sant&#233; et la prise en charge des usagers de drogues. Mais dans son l&#233;gitime combat pour transformer les repr&#233;sentations li&#233;es aux usages de drogues et de ceux qui les consomment, la route reste longue. Qui de mieux plac&#233; alors que les premiers concern&#233;s pour le mener ?&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;C&#233;cile Kiefer&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Nothing about us without us ? Je demande &#224; voir ! &#187;, article paru dans le recueil &lt;a href=&#034;https://www.medecinsdumonde.org/publication/histoire-et-principes-de-la-reduction-des-risques/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Histoire &amp; Principes de la r&#233;duction des risques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (M&#233;decins du Monde, 2013), &#224; lire sur &lt;i&gt;m&#233;decinsdumonde.org&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pistes.fr/swaps/66_4.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La &#8220;l&#233;gende noire&#8221; du d&#233;cret Barzach &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Swpas &lt;/i&gt;n&#176; 66, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; L'autosupport des usagers de drogues, une histoire de tox &#187;, paru dans le recueil &lt;a href=&#034;https://www.medecinsdumonde.org/publication/histoire-et-principes-de-la-reduction-des-risques/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Histoire &amp; Principes de la r&#233;duction des risques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2013), &#224; lire sur &lt;i&gt;medecinsdumonde.org&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &lt;i&gt;RDR, tome 1 : l'histoire&lt;/i&gt;, documentaire de Laurent Appel et Philippe Lachambre, produit par ASUD en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;dicaments qui rendent possible la diminution ou l'arr&#234;t de la consommation du produit en &#233;vitant les effets physiques du manque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;RDR, tome 2 : le dispositif&lt;/i&gt;, documentaire de Laurent Appel et Philippe Lachambre, produit par Asud en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Titres de paiement distribu&#233;s aux personnes en situation de pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Historique de l'auto-support &#187;, &#224; lire sur &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.asud.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;asud.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au moment de sa fondation en 1992, Asud est d'abord une revue. Elle se constitue en association l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le documentaire cit&#233; en note 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Unit&#233; de l'universit&#233; d'Aix-Marseille regroupant des sp&#233;cialistes en sciences humaines et sociales et en sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Institut national de la sant&#233; et de la recherche m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir note 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerres de la drogue au Mexique : &#171; Si un corps n'a ni nom ni histoire&#8230; &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Guerres-de-la-drogue-au-Mexique-Si</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Guerres-de-la-drogue-au-Mexique-Si</guid>
		<dc:date>2016-01-18T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Marche</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>L'autre</dc:subject>
		<dc:subject>John Gibler</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>Gibler</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>drogue produit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Mourir au Mexique &#8211; Narcotrafic et terreur d'&#201;tat, John Gibler s'attaque &#224; beaucoup plus fort que lui. Des dizaines de journalistes sont morts pour avoir mis le nez dans l'&#233;conomie de la drogue et sa sale guerre. D&#232;s les premi&#232;res pages de sa chronique &#233;crite au plus pr&#232;s du terrain, entre investigation, r&#233;flexion critique et rencontres avec des journalistes menac&#233;s ou des proches de victimes refusant l'impunit&#233;, John Gibler met en garde contre toute lecture culturaliste : ce qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no139-janvier-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;139 (janvier 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/USA" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mexique" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-autre" rel="tag"&gt;L'autre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/John-Gibler" rel="tag"&gt;John Gibler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gibler" rel="tag"&gt;Gibler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogues" rel="tag"&gt;drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue-produit" rel="tag"&gt;drogue produit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Mourir au Mexique &#8211; Narcotrafic et terreur d'&#201;tat&lt;/i&gt;, John Gibler s'attaque &#224; beaucoup plus fort que lui. Des dizaines de journalistes sont morts pour avoir mis le nez dans l'&#233;conomie de la drogue et sa sale guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/momx-chapeau1_0207.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH175/momx-chapeau1_0207-fdd45.jpg?1783498528' width='500' height='175' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s les premi&#232;res pages&lt;/strong&gt; de sa chronique&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Gibler, Mourir au Mexique. Narcotrafic et terreur d'&#201;tat, &#233;d. CMDE, , 2015.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#233;crite au plus pr&#232;s du terrain, entre investigation, r&#233;flexion critique et rencontres avec des journalistes menac&#233;s ou des proches de victimes refusant l'impunit&#233;, John Gibler met en garde contre toute lecture culturaliste : ce qui se joue au Mexique a plus &#224; voir avec l'&#233;conomie mondiale qu'avec la fascination des Mexicains pour la Faucheuse. &lt;i&gt;Mourir au Mexique&lt;/i&gt; a comme toile de fond un conflit de basse intensit&#233; &#224; l'&#339;uvre partout, dans les quartiers noirs de Ferguson comme dans les quartiers Nord de Marseille. Il se fait l'&#233;cho d'une entreprise globale de maintien de l'ordre et d'hyperconcentration de richesses qui se d&#233;ploie aussi bien dans que hors la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque Felipe Calder&#243;n&lt;/strong&gt; arrive au pouvoir en 2006, &#171; &lt;i&gt;le Mexique &#233;tait le th&#233;&#226;tre de puissantes mobilisations sociales, comme l'Autre campagne, impuls&#233;e par les zapatistes, et le soul&#232;vement des enseignants &#224; Oaxaca. Calder&#243;n a ax&#233; sa pr&#233;sidence sur le d&#233;ploiement de l'arm&#233;e dans les rues pour faire la &#8220;guerre&#8221; aux narcotrafiquants et envoyer un message explicite de la puissance militaire aux mouvements massifs de contestation qui avaient &#233;merg&#233; dans tout le pays au cours des mois pr&#233;c&#233;dents&lt;/i&gt; &#187;. Mais quand, en butte &#224; des soup&#231;ons de fraude &#233;lectorale, le nouveau pr&#233;sident d&#233;clare la guerre &#224; la drogue, ignore-t-il qu'il ouvre une bo&#238;te de Pandore ? Avec un appareil d'&#201;tat infiltr&#233; &#224; tous les &#233;tages par le narcotrafic, le pays a depuis sombr&#233; dans un chaos inou&#239;, o&#249; il est difficile de d&#233;m&#234;ler qui tue qui, pour qui et pour quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Selon les statistiques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;du gouvernement mexicain, sur les 138 520 meurtres perp&#233;tr&#233;s entre 2007 et 2014, 83 259 &#233;taient des ex&#233;cutions extrajudiciaires li&#233;es &#224; la pr&#233;tendue guerre contre la drogue.&lt;/i&gt; &#187; Plus 50 000 disparitions forc&#233;es. La surench&#232;re des faits-divers devient acte de propagande. Tlatlaya, juin 2014 : 22 suppos&#233;s narcos ex&#233;cut&#233;s par l'arm&#233;e. Iguala, septembre 2014 : 5 personnes abattues et 43 &#233;tudiants disparus du fait de la police et de suppos&#233;s membres du cartel Guerreros unidos. Apatzing&#225;n, janvier 2015 : 16 suppos&#233;s d&#233;linquants ex&#233;cut&#233;s par la police f&#233;d&#233;rale. Tanhuato, mai 2015 : 43 suspects massacr&#233;s par la police f&#233;d&#233;rale. L'impunit&#233; est quasi totale : pas un cas sur cent n'a &#233;t&#233; jug&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains grad&#233;s de l'arm&#233;e&lt;/strong&gt; ou hauts responsables de la lutte antidrogue roulaient m&#234;me pour les narcotrafiquants, ou jouaient un cartel contre l'autre. Le paradigme de l'officielle guerre contre le narco &#8211; emm&#234;l&#233;e avec l'autre guerre, que Gibler nomme guerre du narco, c'est-&#224;-dire les sanglantes batailles entre&#171; familles &#187; pour le contr&#244;le territorial &#8211;, ce sont les Zetas, les &#171; Z &#187;. Cette bande paramilitaire, form&#233;e par d'anciens flics sp&#233;cialis&#233;s dans les op&#233;rations anti-insurrectionnelles, est pass&#233;e avec armes et bagages du c&#244;t&#233; (encore plus) obscur de la force. D'abord garde pr&#233;torienne du cartel du Golfe, les Z se sont mis &#224; leur compte lorsque leur parrain s'est vu affaibli par une r&#233;pression polici&#232;re au service du cartel de Sinaloa. Ils ont alors fond&#233; l'organisation criminelle la plus gore du paysage, avec ses enl&#232;vements, massacres, tortures et mises en sc&#232;ne macabres qui n'ont rien &#224; envier aux clich&#233;s d'Abou Ghraib ni &#224; la porno-propagande de Daech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;This is an american war&lt;/i&gt;&#8230; &lt;/strong&gt; Gibler &#233;largit le d&#233;bat : aux USA, le prohibitionnisme anticannabis a rempli les prisons de pauvres &#8211; 2,2 millions de taulards, dont une majorit&#233; d'Afro-Am&#233;ricains, auxquels il faut ajouter, par exemple, les 1 202 homicides commis par la police en 2014. Cette doctrine a engraiss&#233; des mafias tentaculaires et surarm&#233;es, dont les capos ne sont connus que lorsqu'ils sont photog&#233;niquement latinos. La drogue a &#233;t&#233;, depuis Nixon et Reagan, un des alibis favoris de la politique &#233;trang&#232;re des USA &#8211; Colombie, Panama&#8230; &#8211;, bien avant que l'administration Bush ne se sorte l'islam du revers de son k&#233;pi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; principal&lt;/strong&gt; de la coca&#239;ne se situe aux USA. D'interm&#233;diaire des cartels colombiens, les narcotrafiquants mexicains sont pass&#233;s &#224; diriger une des &#233;conomies les plus florissantes de la plan&#232;te. Au point que la crise financi&#232;re de 2008 a &#233;t&#233; largement &#233;pong&#233;e par le blanchiment de milliards de narcodollars. &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on appelle &#8220;l'&#233;chec&#8221; de la guerre contre la drogue est souvent pr&#233;sent&#233; comme la destin&#233;e tragique de la politique face &#224; la puissance du march&#233;. Mais s'agit-il de deux entit&#233;s si distinctes ? La politique, la guerre, cr&#233;ent un march&#233;.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les drogues cr&#233;ent un march&#233;. Ces deux march&#233;s sont unis comme des siamois. Ins&#233;parables, la drogue et la guerre contre la drogue partagent des organes vitaux.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Tuez-en une, et l'autre mourra aussi. Nourrissez-en une, et l'autre mangera &#233;galement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si la guerre contre la drogue&lt;/strong&gt; est un &#233;chec, c'est qu'elle n'a pas pour but de vaincre, mais de s'&#233;terniser. &#171; &lt;i&gt;Le march&#233; de la drogue produit des stup&#233;fiants, qui a leur tour produisent une grande vari&#233;t&#233; de sensations et d'&#233;motions &#8211; joie, euphorie, oubli, &#233;nergie, motivation, etc. &#8211; chez leurs consommateurs directs, ceux qui se piquent, inhalent, sniffent ou gobent les drogues. Le march&#233; de la guerre contre la drogue produit des arrestations et de la mort, qui &#224; leur tour produisent une grande vari&#233;t&#233; de sensations et d'&#233;motions &#8211; douleur, terreur, d&#233;sespoir, sid&#233;ration, etc. &#8211; chez leurs consommateurs directs, ceux qui regardent la t&#233;l&#233;vision, lisent les journaux, parlent avec des amis ou attendent au coin de la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Mexique,&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;le contr&#244;le social et les activit&#233;s contre-insurrectionnelles ont fusionn&#233; avec les activit&#233;s d'accumulation du capital. La guerre contre la drogue a permis la croissance et l'expansion des march&#233;s ill&#233;gaux dans tous les domaines de la soci&#233;t&#233;, les domaines de la juridiction d'&#201;tat et, en particulier, les domaines de la vie et de la mort. La terreur est devenue l'aspect central non seulement de la domination, mais aussi de l'expansion des march&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Mais on aurait tort d'observer le chaos mexicain comme un effarant carnage exotique. Car si son intensit&#233; n'a de parangon qu'en Syrie et en Irak, certains de ses m&#233;canismes intimes nous touchent de pr&#232;s. Si Calder&#243;n a adopt&#233;, comme le dit l'essayiste Juan Villoro, &#171; &lt;i&gt; la politique ext&#233;rieure des USA comme politique int&#233;rieure du Mexique&lt;/i&gt; &#187;, quelque chose de comparable se joue actuellement en France : le concept empoisonn&#233; de &#171; choc des civilisations &#187;, qui sustente les guerres US au Moyen-Orient, est devenu l'ergot de seigle id&#233;ologique qui alimente ici une hallucination collective distordant toutes les autres questions. De m&#234;me que Gibler d&#233;crit une complicit&#233; objective entre le business de la drogue et son ennemi spectaculaire &#8211; l'&#201;tat et ses bras arm&#233;s &#8211;, il faudrait ici, au plus vite, d&#233;velopper une critique fine &#8211; sans d&#233;lire complotiste &#8211;, de l'antiterrorisme en tant que technique de gouvernement. Gibler cite la &#171; &lt;i&gt;n&#233;cropolitique&lt;/i&gt; &#187; et l'&#233;tat d'urgence permanent du philosophe Achille Mbembe, th&#233;oricien postcolonialiste. Nous y sommes. Se d&#233;voile ainsi la nature radicalement pr&#233;datrice d'un capitalisme de guerre qui n'a pas besoin de la moustache de Staline ou d'Hitler pour signer l'arr&#234;t de mort de soci&#233;t&#233;s humaines, et s'il le faut de toute vie sur terre, puisque son pouvoir est devenu aussi aveugle qu'anonyme. &#171; &lt;i&gt; Les drogues et la guerre men&#233;e &#224; leur encontre forment une seule et m&#234;me &#233;conomie&lt;/i&gt; &#187;, conclut Gibler. Dira-t-on la m&#234;me chose du p&#233;trole et des atrocit&#233;s de Daech jumel&#233;s aux bombardements alli&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/nad_pancho-villa-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH421/nad_pancho-villa-4-83e54.jpg?1783498528' width='500' height='421' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le crime organis&#233;&lt;/strong&gt; qui s&#233;questre les migrants en route vers les USA pour les enr&#244;ler de force dans ses plantations de cannabis ou d'opium r&#233;actualise l'esclavage des &lt;i&gt;monter&#237;as&lt;/i&gt; du porfirisme d&#233;crit par B. Traven dans &lt;i&gt;La r&#233;volte des pendus&lt;/i&gt;. Barbarie qui, &#224; l'&#233;poque, semblait &#234;tre l&#224; pour durer toujours. Pourtant&#8230; &#171; &lt;i&gt;On disait de Villa qu'il voulait faire la r&#233;volution pour les pauvres&lt;/i&gt;, rappelle Paco I. Ta&#239;bo II, &lt;i&gt;avec beaucoup d'&#233;coles et beaucoup de tortillas de ma&#239;s ou de bl&#233;, et des haricots et de la viande pour tout le monde, tous les jours&#8230;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de Pancho Villa. La bataille de Zacatecas, de Paco Ignacio Taibo II (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Plus pr&#232;s de nous, et sur des terres encore habit&#233;es par la langue vive de Traven, un zapatiste raconte : &#171; &lt;i&gt;Pour regarder et pour lutter, il ne suffit pas de savoir o&#249; diriger le regard, la patience et les efforts, me dit le vieil Antonio. Il faut aussi appeler et rencontrer d'autres regards qui, &#224; leur tour, en appelleront et en rencontreront d'autres&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sub &#187; Marcos, Chiapas. Insurrection zapatiste au Mexique, tr&#232;s beau livre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187; Le livre de John Gibler participe de cette r&#233;sistance-l&#224;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me s'il se fourvoie en consid&#233;rant que les initiatives d'autod&#233;fense des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J. Gibler, &lt;i&gt;Mourir au Mexique. Narcotrafic et terreur d'&#201;tat&lt;/i&gt;, &#233;d. CMDE, , 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de &lt;i&gt;Pancho Villa. La bataille de Zacatecas&lt;/i&gt;, de Paco Ignacio Taibo II avec les grandioses gravures d'Eko, chez Nada &#233;ditions, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Sub &#187; Marcos, Chiapas. Insurrection zapatiste au Mexique&lt;/i&gt;, tr&#232;s beau livre du photographe Mat Jacob, chez Actes Sud, collection Photo Poche Histoire, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me s'il se fourvoie en consid&#233;rant que les initiatives d'autod&#233;fense des communaut&#233;s indig&#232;nes font partie du probl&#232;me de la violence end&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dossier : Rumeurs de Guerre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dossier-Rumeurs-de-Guerre</guid>
		<dc:date>2015-04-23T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Thierry Guitard</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>paix</dc:subject>
		<dc:subject>guerre froide</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>guerres</dc:subject>
		<dc:subject>guerres irr&#233;guli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelles guerres</dc:subject>
		<dc:subject>guerre n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Boko Aram</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La paix, c'est la guerre ! Les rumeurs de paix se font rares ces derniers temps. &#171; Nous sommes en guerre &#187;, r&#233;p&#232;tent en boucle chroniqueurs du d&#233;sastre et fantassins de la d&#233;mocratie. Mais cette rh&#233;torique belliqueuse est-elle vraiment nouvelle ? Apr&#232;s la guerre froide et ses cadavres chauds en p&#233;riph&#233;rie des blocs ; apr&#232;s la &#171; guerre contre la drogue &#187; d&#233;cr&#233;t&#233;e par Nixon en 1971, dont ses instigateurs admettent commun&#233;ment aujourd'hui qu'elle est perdue ; apr&#232;s &#171; la guerre contre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no130-mars-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;130 (mars 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thierry-Guitard" rel="tag"&gt;Thierry Guitard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paix" rel="tag"&gt;paix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre-froide" rel="tag"&gt;guerre froide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerres" rel="tag"&gt;guerres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerres-irregulieres" rel="tag"&gt;guerres irr&#233;guli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nouvelles-guerres" rel="tag"&gt;Nouvelles guerres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre-n-est" rel="tag"&gt;guerre n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Boko-Aram" rel="tag"&gt;Boko Aram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La paix, c'est la guerre !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rumeurs de paix se font rares ces derniers temps. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;p&#232;tent en boucle chroniqueurs du d&#233;sastre et fantassins de la d&#233;mocratie. Mais cette rh&#233;torique belliqueuse est-elle vraiment nouvelle ? Apr&#232;s la guerre froide et ses cadavres chauds en p&#233;riph&#233;rie des blocs ; apr&#232;s la &#171; guerre contre la drogue &#187; d&#233;cr&#233;t&#233;e par Nixon en 1971, dont ses instigateurs admettent commun&#233;ment aujourd'hui qu'elle est perdue ; apr&#232;s &#171; la guerre contre le terrorisme &#187;, officiellement abandonn&#233;e en 2013 par Obama puis recycl&#233;e au profit du terme plus vague de &#171; &lt;i&gt;overseas contingecy operations&lt;/i&gt; &#187; ; apr&#232;s &#171; la guerre contre la piraterie &#187; qui s'est ouverte en Somalie en 2008 ; nous sommes d&#233;sormais mobilis&#233;s &#171; &lt;i&gt;contre la barbarie&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;l'islamo-fascisme&lt;/i&gt; &#187;. Les exactions criminelles de groupes djihadistes comme Daech et Boko Aram alimentent cette interminable chasse aux &lt;i&gt;bad guys&lt;/i&gt; qu'on adore ha&#239;r.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH481/une-cqfd001-fe589.jpg?1782644623' width='400' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Thierry Guitard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que ses contours se font de plus en plus flous, la guerre est un ph&#233;nom&#232;ne qui se propage partout et devient permanent. Malgr&#233; la promesse de d&#233;sengagement au sol en Irak et en Afghanistan, la strat&#233;gie militaire am&#233;ricaine s'inscrit dans la continuit&#233; de cette guerre sans fin, &#224; la reddition introuvable, commenc&#233;e apr&#232;s le 11-septembre ainsi que dans le prolongement des guerres coloniales contre des combattants &#171; irr&#233;guliers &#187;. Comme le note l'historien Elie Tenenbaum dans l'ouvrage collectif &lt;i&gt;Nouvelles guerres, L'&#233;tat du monde 2015&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte), les guerres irr&#233;guli&#232;res de notre si&#232;cle viendraient rompre avec celles du XIXe et XXe si&#232;cles dans la mesure o&#249; elles participeraient bien plus &#224; l'affaiblissement de l'&#233;tat-nation qu'&#224; sa structuration. Les nouveaux acteurs des conflits actuels&#8200;&#8211;&#8200;comme les milices arm&#233;es ou les cartels de la drogue &#8211;&#8200;ne visent pas &#224; prendre les r&#234;nes de l'&#233;tat l&#233;gal auquel ils se sont largement substitu&#233;s. Dans le m&#234;me ouvrage, le chercheur Laurent Gayer prolonge l'observation en soulignant que derri&#232;re le chaos apparent des guerres irr&#233;guli&#232;res se met en place une &#171; &lt;i&gt;&#233;conomie politique du d&#233;sordre&lt;/i&gt; &#187;, impliquant un ordre &#233;mergent ainsi que de nouvelles souverainet&#233;s fragment&#233;es. Et de citer les exemples &#224; Karachi d'un grand groupe industriel qui a fait appel &#224; une milice djihadiste contre des syndicalistes, ou de celui du business florissant des assurances et de l'industrie du risque cons&#233;cutif &#224; la guerre &#224; la piraterie. On pense &#233;galement &#224; la gestion des flux de barils irakiens par Daech ou aux cartels de la drogue au Mexique, dont les b&#233;n&#233;fices sont &#233;videmment revers&#233;s dans les flux financiers mondiaux. En somme, la guerre n'est pas seulement la continuation de la &#171; &lt;i&gt;politique par d'autres moyens&lt;/i&gt; &#187;, selon la formule de Clausewitz, mais aussi celle de &#171; l'&#233;conomie par d'autres moyens &#187;. En attendant le d&#233;clenchement de v&#233;ritables petites guerres priv&#233;es entre multinationales agissant au grand jour par le biais de nouveaux ou bien rod&#233;s entrepreneurs en mercenariat pour acc&#233;der &#224; des ressources toujours plus rares ou pour emporter davantage de parts de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effacement de la distinction entre s&#233;curit&#233; int&#233;rieure et s&#233;curit&#233; ext&#233;rieure &#8211; rendu clairement visible avec les d&#233;ploiements de bidasses aux quatre coins de l'Hexagone &#8211; au profit d'un tr&#232;s vague et donc tr&#232;s large concept de s&#233;curit&#233; globale promet les plus graves atteintes &#224; ce qui nous reste de garanties des libert&#233;s publiques ou de promotion du droit international. L'usage de la force et de moyens irr&#233;guliers se veut d&#233;complex&#233; : surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous nos faits et gestes via logiciels espions ou cam&#233;ras au nom de la s&#233;curit&#233;, assassinats cibl&#233;s (&lt;i&gt;targeting&lt;/i&gt;) par drones interpos&#233;s au nom de l'efficience, interventions au sol sous-trait&#233;es &#224; diverses forces arm&#233;es, &#233;tatiques ou non (&lt;i&gt;proxy wars&lt;/i&gt;), au nom du z&#233;ro mort dans le camp occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout fonctionne comme si, n'ayant pu r&#233;ussir &#224; conqu&#233;rir les c&#339;urs et les esprits &#224; l'aide des colifichets de la d&#233;mocratie de march&#233;, les USA cherchaient d&#233;sormais &#224; affirmer une puissance accablante, suscitant choc, effroi et r&#233;signation chez l'imprudent adversaire. Mais cette strat&#233;gie semble d&#233;j&#224; rencontrer de nombreuses limites : aggravation des troubles politiques dans les zones cibles de l'intervention US, dissension interne &#224; la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, &#171; falaise &#187; budg&#233;taire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les rivalit&#233;s inter&#233;tatiques, soit le mod&#232;le classique ou westphalien des guerres, pourraient conna&#238;tre un spectaculaire regain &#233;tant donn&#233; l'envol&#233;e des d&#233;penses militaires chez les puissances &#233;mergentes ou plut&#244;t r&#233;-&#233;mergentes, les &#171; grands &#187; jeux d'influence turc, iranien et saoudien au Moyen-Orient, les app&#233;tits russes quant aux bas ou nobles morceaux de son empire d&#233;mantel&#233;. Tout cela dans un contexte de prolif&#233;ration nucl&#233;aire toujours non ma&#238;tris&#233;e qui place l'humanit&#233; &#224; quelques dizaines de secondes de l'Apocalypse. Le pire n'est jamais certain mais&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marseille : Au-dessous du &#171; cocotier &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marseille-Au-dessous-du-cocotier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Marseille-Au-dessous-du-cocotier</guid>
		<dc:date>2013-10-31T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>enjeu national</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmes suppl&#233;mentaires</dc:subject>
		<dc:subject>l'affectation r&#233;cente</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement voudrait</dc:subject>
		<dc:subject>voudrait laisser</dc:subject>
		<dc:subject>laisser entendre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 ao&#251;t, au lendemain de l'assassinat d'un jeune de 25 ans &#224; l'Estaque, dans le 16e arrondissement de Marseille, Ayrault plastronnait devant la presse : &#171; Il faut s'attaquer &#224; la racine du mal [&#8230;]. S'il y a ces r&#232;glements de comptes, c'est parce que la police est en train de faire son travail. C'est parce que nous d&#233;rangeons. On secoue le cocotier et on s'attaque au portefeuille. &#187; Ce jour-l&#224;, la fanfaronnade n'&#233;tait pas du c&#244;t&#233; marseillais. Avec le d&#233;ploiement de 230 policiers et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enjeu-national" rel="tag"&gt;enjeu national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gendarmes-supplementaires" rel="tag"&gt;gendarmes suppl&#233;mentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-affectation-recente" rel="tag"&gt;l'affectation r&#233;cente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gouvernement-voudrait" rel="tag"&gt;gouvernement voudrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voudrait-laisser" rel="tag"&gt;voudrait laisser&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/laisser-entendre" rel="tag"&gt;laisser entendre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 ao&#251;t, au lendemain de l'assassinat d'un jeune de 25 ans &#224; l'Estaque, dans le 16e arrondissement de Marseille, Ayrault plastronnait devant la presse : &#171; &lt;i&gt; Il faut s'attaquer &#224; la racine du mal&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;S'il y a ces r&#232;glements de comptes, c'est parce que la police est en train de faire son travail. C'est parce que nous d&#233;rangeons. On secoue le cocotier et on s'attaque au portefeuille.&lt;/i&gt; &#187; Ce jour-l&#224;, la fanfaronnade n'&#233;tait pas du c&#244;t&#233; marseillais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH504/p08-kalach-70e9f.jpg?1782709248' width='400' height='504' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Avec le d&#233;ploiement de 230 policiers et gendarmes suppl&#233;mentaires en mars et l'affectation r&#233;cente de 24 limiers de la police judiciaire &#224; Marseille, le gouvernement voudrait laisser entendre que la lutte contre la violence &#224; Marseille, enjeu national de premier plan, serait en passe d'&#234;tre remport&#233;e par la seule tactique r&#233;pressive. Pour preuve avanc&#233;e, en juin, apr&#232;s dix-huit mois d'enqu&#234;te, une descente de deux cents policiers &#224; la cit&#233; de La Castellane (16e) &#8211; &#171; &lt;i&gt;supermarch&#233; du deal&lt;/i&gt; &#187;, selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, o&#249; le &#171; &lt;i&gt;biz&lt;/i&gt; &#187; avait la r&#233;putation de fonctionner 24 heures sur 24 &#8211; a permis d'interpeller vingt-trois personnes et de faire main basse sur un magot de 1,3 million d'euros&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui correspondrait &#224; trois semaines de b&#233;n&#233;fices d'activit&#233;, avant le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pourtant, loin de l'auto-satisfecit des autorit&#233;s, ces descentes spectaculaires ne font que d&#233;placer le probl&#232;me. Pis encore, elle renforcerait la &#171; comp&#233;tition &#224; mort &#187; entre quartiers : mettre temporairement hors jeu La Castellane revient &#224; renforcer La Bricarde, qui prend le relais, et ainsi de suite, avec &#224; la cl&#233; une amplification des motifs de r&#232;glements de compte par la mise en concurrence des cit&#233;s entre elles. De plus, toute dette impay&#233;e aupr&#232;s des gros fournisseurs met le dealer en danger de mort. Dans ce genre d'activit&#233; &#224; haut risque, la maison ne fait jamais cr&#233;dit et les d&#233;biteurs doivent rembourser fissa ou tr&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trafic de drogue, et principalement de cannabis, s'est consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Il touche d&#233;sormais la plupart des quartiers populaires de la cit&#233; phoc&#233;enne : La Castellane, Font-Vert, Bassens, La Busserine, La Bricarde, La Cayolle, les Micocouliers, Frais-Vallon, etc. La voyoucratie traditionnelle, qui se tient &#233;loign&#233;e des lieux de revente, a laiss&#233; le &lt;i&gt;biz&lt;/i&gt; quotidien &#224; une myriade de petites &#233;quipes de cit&#233;s, interchangeables &#224; tout moment. Le deal, qui constituait jusqu'il y a peu une &#233;conomie de subsistance, tend d&#233;sormais &#224; aspirer toute l'activit&#233; des jeunes qui s'y adonnent dans un &lt;i&gt;turn-over&lt;/i&gt; incessant, provoquant d&#233;crochages scolaires (30 % d'absent&#233;isme dans les coll&#232;ges des quartiers Nord) et spirales d'endettement parfois fatales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui tue qui ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, ces trois derni&#232;res ann&#233;es, c'est l'&#233;mergence d'une violence in&#233;dite &#8211; boost&#233;e par l'arriv&#233;e de la coca&#239;ne &#8211; qui a frapp&#233; les consciences. &#192; chaque fait divers, les m&#233;dias &#233;gr&#232;nent leur comptabilit&#233; macabre de victimes souvent &#226;g&#233;es de moins de 25 ans : en 2010, on a d&#233;nombr&#233; dix-sept homicides &#224; Marseille li&#233;s &#224; des r&#232;glements de comptes ; vingt en 2011 et, vingt-quatre en 2012. L'assassinat de L'Estaque constituait le treizi&#232;me r&#232;glement de comptes mortel depuis d&#233;but 2013 &#8211; et il y en a eu deux autres depuis. Les m&#233;thodes utilis&#233;es, kalachnikov ou &#171; barbecue &#187; &#8211; les corps sont br&#251;l&#233;s dans des voitures vol&#233;es &#8211;, alimentent un sentiment d'effroi. Au-del&#224; des poncifs sur des jeunes de cit&#233;s pr&#233;sent&#233;s comme des b&#234;tes f&#233;roces, le journaliste de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; Philippe Pujol&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ses s&#233;ries d'enqu&#234;tes sur son blog &#171; Vu de Marseille &#187;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; distingue trois causes directement li&#233;es au trafic : &#233;craser la concurrence, &#233;liminer l'endett&#233; perp&#233;tuel, punir le carotteur &#8211; qui tenterait une arnaque &#8211; ou le racketteur ; auxquelles se greffent des vendettas et contre-vendettas pour l'honneur &#8211; comme dans le cas du p&#232;re de Kader Berouag, petit dealer des Micocouliers assassin&#233;, jurant de le venger et qui sera lui-m&#234;me ex&#233;cut&#233; par les assassins de son fils. Face &#224; cette logique meurtri&#232;re et insaisissable&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que l'on dit moins dans les m&#233;dias, c'est qu'il y aurait 80 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les r&#233;actions hypocrites, diffus&#233;es par les autorit&#233;s et recycl&#233;es par le &#171; bon sens populaire &#187;, alimentent le d&#233;lire collectif. Au comptoir des bars, on &#233;voque le recours au Milieu d'antan, sublim&#233; pour l'occasion, &#171; &lt;i&gt;qui saurait, lui, remettre de l'ordre dans tout &#231;a&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que Samia Ghali, maire PS des 15e et 16e arrondissements, s'acquiert une petite notori&#233;t&#233; m&#233;diatique en pr&#244;nant l'intervention de l'arm&#233;e et la mise au pas militaire des d&#233;linquants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;conomie de survie &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pour une poign&#233;e d'aspirants ca&#239;ds cupides et impitoyables, le commun de la main-d'&#339;uvre fait plut&#244;t figure d'un lumpenprol&#233;tariat des plus vuln&#233;rables. Le r&#234;ve du dealer raisonnable, qui a renonc&#233; au mod&#232;le de flambe type Tony Montana&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mars 2006, derni&#232;re figure d'envergure du bandit de cit&#233;, Farid Berrahma (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, c'est celui d'une reconversion dans le petit commerce de proximit&#233; : snack ou taxiphone. Et bien peu y parviendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exag&#233;ration des chiffres &#8211; Le Figaro parlait en 2011 de 6 000 euros par mois pour un guetteur et de 5 000 pour une nourrice&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus vraisemblablement, &#224; Marseille, les choufs tournent entre 20 et 50 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#8211; a pour vocation d'alimenter la machine &#224; fantasmes sur l'argent facile brass&#233; par les jeunes des cit&#233;s, avec la volont&#233; de faire oublier les conditions sociales qui servent de toile de fond &#224; ces trafics et de justifier la seule logique r&#233;pressive. Pourtant, le d&#233;cor, qui se confond avec les d&#233;combres de la d&#233;sindustrialisation, est bien visible : ch&#244;mage de masse, ascenseur social en panne, vacuit&#233; des dipl&#244;mes, discrimination g&#233;ographique, racisme, sentiment d'abandon des familles. &#192; Marseille, un tiers de la population vit avec moins de 954 euros par mois et dans certains quartiers plus de la moiti&#233; de la population est au ch&#244;mage. La moiti&#233; de la population marseillaise n'est pas soumise &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. Le terreau de l'&#233;conomie de la drogue est celui de la d&#233;tresse sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un tel constat de d&#233;solation, les retomb&#233;es du commerce ill&#233;gal apparaissent souvent comme la seule opportunit&#233; de s'en sortir : &#171; &lt;i&gt;Nos enfants ne vont pas vers la drogue, c'est la drogue qui vient les chercher !&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Malika, une habitante de la cit&#233; des Bleuets&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, collectif du 1er-Juin, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Il n'est pas rare d'entendre dire : &#171; &lt;i&gt;C'est gr&#226;ce au shit qu'on paie les loyers.&lt;/i&gt; &#187; Un t&#233;moin nous rapportait la r&#233;ponse d&#233;bonnaire d'un commissaire de police &#224; un commer&#231;ant du Merlan qui r&#226;lait contre le deal : &#171; &lt;i&gt; De quoi vous plaignez-vous, ce qu'ils d&#233;pensent chez vous, c'est l'argent du haschich !&lt;/i&gt; &#187; Reste que s'il est difficile de savoir combien de personnes vivent concr&#232;tement des circuits ill&#233;gaux, la plupart des habitants des quartiers populaires, m&#234;me en se tenant &#224; l'&#233;cart de cette &#233;conomie parall&#232;le, en subissent directement ou indirectement les effets.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH739/p08-cqfd-gros-bonnet-dc252.jpg?1782641444' width='400' height='739' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paix sociale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;tabli que le trafic de drogue constitue la face obscure et brutale du lib&#233;ralisme&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Milton Friedman, gros dealer de dope ultra-lib&#233;rale, ayant toujours plaid&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, est-il vraiment souhaitable pour la &#171; paix sociale &#187; d'&#233;radiquer le deal ? &#192; l'instar de l'immigration clandestine, il g&#233;n&#232;re dans les quartiers une importante plus-value en termes de pression et de r&#233;gulation sociales. Si pour la premi&#232;re, derri&#232;re la lutte officiellement men&#233;e contre elle se dissimulent les b&#233;n&#233;fices du travail au noir, de l'embauche de travailleurs pr&#233;caires et de la mise en concurrence entre salari&#233;s, le second permet en partie une survie &#233;conomique de ces quartiers vides d'&#233;quipements sociaux et laiss&#233;s &#224; l'abandon. De plus, tenus par la loi du trafic, les habitants des quartiers renoncent &#224; se r&#233;volter. On a souvent pr&#233;sent&#233; le fait que le d&#233;sordre soit incompatible avec le &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;, comme une des clefs d'explication du calme relatif des cit&#233;s marseillaises lors des &#233;meutes de 2005. Aussi, en juin 2010, lorsque des proches du collectif de soutien aux inculp&#233;s de Villiers-le-Bel avaient voulu improviser une rencontre avec les jeunes de Frais-Vallon, ils avaient senti un vent de d&#233;fiance autour d'eux. &#171; &lt;i&gt;Personne ne viendra &#224; votre truc, il vaut mieux que vous d&#233;gagiez&lt;/i&gt; &#187;, avait-on lanc&#233; depuis les cages d'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les morts des r&#232;glements de compte passent par pertes et profits dans la guerre plus globale men&#233;e contre les pauvres. La guerre contre la drogue permet en outre de donner une image terrifiante des populations des quartiers, accentuant le processus d'apartheid social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2013, &#224; la suite d'une altercation dans une &#233;picerie, Yassin A&#239;beche, un jeune de 19 ans de la cit&#233; F&#233;lix-Pyat, est tu&#233; par un policier sous l'emprise de l'alcool et du shit &#8211; le flic l'abat avec son arme de service, mais pendant ses heures de repos. Pass&#233; le moment de l'affliction, un collectif de m&#232;res de famille d&#233;cide de briser l'omerta des quartiers. Apr&#232;s une manifestation qui r&#233;unit plusieurs milliers de Marseillais-e-s, le collectif du 1er-Juin adresse un manifeste aux autorit&#233;s pour questionner une soci&#233;t&#233; qui produit de telles d&#233;rives : &#171; &lt;i&gt;Si le d&#233;sespoir est si patent et la frustration si forte que le deal para&#238;t &#234;tre l'unique solution, c'est que nous n'avons pas su lutter contre une soci&#233;t&#233; de consommation qui fait croire aux jeunes que r&#233;ussir et exister, c'est exhiber une richesse apparente. Nous les m&#232;res, nous sommes issues de familles d'ouvriers immigr&#233;s qui ont su nous inculquer que l'argent n'&#233;tait pas une valeur de r&#233;f&#233;rence.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, Ibid.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Nous savons que&lt;/i&gt; [la drogue] &lt;i&gt;est &#8220;l'eau de feu&#8221; de nos quartiers populaires&lt;/i&gt;, &#233;crit Mohamed Bensaada, de l'association Quartiers nord/Quartiers Forts, &lt;i&gt;cette fum&#233;e qui anesth&#233;sie une partie de notre jeunesse, l'entrave dans sa conscientisation, d&#233;truit ses r&#234;ves et compromet son avenir.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Chroniques des jours de sang &#187;, Mohamed Bensaada, blogs.mediapart.fr, 21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions restent &#224; inventer pour que la vie des quartiers cesse d'&#234;tre rythm&#233;e par la pression conjointe des trafiquants et des flics. On se doute bien que ce ne sont ni les raids &#224; grand spectacle, ni le harc&#232;lement quotidien, ni une politique d&#233;magogique d'&#233;lu-e-s locaux purs produits du client&#233;lisme, ni m&#234;me l'injection de quelques poign&#233;es d'emplois aid&#233;s qui r&#233;soudront la v&#233;ritable violence sociale, celle qui sous-tend toutes les autres. Et que rien ne se fera sans les habitants des quartiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce qui correspondrait &#224; trois semaines de b&#233;n&#233;fices d'activit&#233;, avant le r&#232;glement des fournisseurs et la paie des &#171; charbonneurs &#187; (vendeurs), des &#171; choufs &#187; (guetteurs) et des &#171; nourrices &#187; qui planquent la came dans leur appartement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire ses s&#233;ries d'enqu&#234;tes sur son blog &#171; &lt;a href=&#034;http://philippepujol.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vu de Marseille&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce que l'on dit moins dans les m&#233;dias, c'est qu'il y aurait 80 % d'&#233;lucidation dans les affaires d'homicides. Ainsi dans la guerre des Micocouliers qui a secou&#233; la cit&#233; en 2010, on impute au principal suspect, chef d'une fratrie, pas moins de sept ex&#233;cutions &#224; lui seul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mars 2006, derni&#232;re figure d'envergure du bandit de cit&#233;, Farid Berrahma se faisait mitrailler par dix tueurs encagoul&#233;s, histoire de lui faire passer l'envie de devenir le premier gros ca&#239;d issu des quartiers Nord.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus vraisemblablement, &#224; Marseille, les choufs tournent entre 20 et 50 euros par jour, qui sont aussit&#244;t d&#233;pens&#233;s pour moiti&#233; dans l'achat du shit dont ils sont eux-m&#234;mes consommateurs. Retour au pourvoyeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, collectif du 1er-Juin, &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 26 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Milton Friedman, gros dealer de dope ultra-lib&#233;rale, ayant toujours plaid&#233; en faveur de la d&#233;p&#233;nalisation, ne s'y trompait pas en affirmant que &#171; &lt;i&gt;les trafiquants&lt;/i&gt; [sont] &lt;i&gt;des gens comme les autres, si ce n'est le fait qu'ils ont un instinct entrepreneurial plus aigu, ainsi qu'une plus grande indiff&#233;rence quant &#224; la sant&#233; d'autrui.&lt;/i&gt; &#187; (Interview t&#233;l&#233;vis&#233;e &#224; l'occasion de l'America's Drug Forum en 1991).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Chroniques des jours de sang&lt;/i&gt; &#187;, Mohamed Bensaada, blogs.mediapart.fr, 21 mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;conomie : Quand l'argent part en fum&#233;e&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Economie-Quand-l-argent-part-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Economie-Quand-l-argent-part-en</guid>
		<dc:date>2013-10-30T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>question</dc:subject>
		<dc:subject>millions d'euros</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Vaillant</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>cannabis</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Lakhdar</dc:subject>
		<dc:subject>Christian Ben</dc:subject>
		<dc:subject>trafiquants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;March&#233; colossal d'un c&#244;t&#233;, guerre sans fin de l'autre, le commerce de la drogue remue des masses consid&#233;rables d'argent. Interrog&#233; par CQFD, l'&#233;conomiste Christian Ben Lakhdar rectifie quelques contre-v&#233;rit&#233;s sur ce business coinc&#233; entre caricature et omerta d'&#201;tat. CQFD : Quel est le co&#251;t de la guerre contre la drogue pour l'&#201;tat fran&#231;ais ? Christian Ben Lakhdar : Si le cannabis n'existait pas, on &#233;conomiserait globalement 919 millions d'euros en France. Plus de la moiti&#233; de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions-d-euros" rel="tag"&gt;millions d'euros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daniel-Vaillant" rel="tag"&gt;Daniel Vaillant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cannabis" rel="tag"&gt;cannabis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Lakhdar" rel="tag"&gt;Ben Lakhdar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Christian-Ben" rel="tag"&gt;Christian Ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trafiquants" rel="tag"&gt;trafiquants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;March&#233; colossal d'un c&#244;t&#233;, guerre sans fin de l'autre, le commerce de la drogue remue des masses consid&#233;rables d'argent. Interrog&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'&#233;conomiste Christian Ben Lakhdar rectifie quelques contre-v&#233;rit&#233;s sur ce business coinc&#233; entre caricature et omerta d'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel est le co&#251;t de la guerre contre la drogue pour l'&#201;tat fran&#231;ais ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Ben Lakhdar&lt;/strong&gt; : Si le cannabis n'existait pas, on &#233;conomiserait globalement 919 millions d'euros en France. Plus de la moiti&#233; de cette somme est consacr&#233;e &#224; la mobilisation des ressources polici&#232;res, judiciaires et p&#233;nitentiaires. Cette chasse concerne principalement les usagers. On a interpell&#233; dans les ann&#233;es 2009-2010 plus de 100 000 usagers de cannabis : un travail policier qui ne sert &#224; rien. Pour l'&#233;conomiste que je suis, c'est un pur gaspillage d'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/p07-cokecqfd-114-64e20.jpg?1782638374' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le march&#233; du cannabis g&#233;n&#232;re combien d'argent ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime que les consommateurs d&#233;pensent entre 800 et 900 millions d'euros pour s'approvisionner. Ce qui est &#224; peu pr&#232;s &#233;quivalent au co&#251;t social. Seuls les petits grossistes et les trafiquants internationaux r&#233;coltent des revenus importants. Plus l'on descend vers la transaction avec le consommateur, plus les revenus de trafic s'amenuisent. En bas de l'immeuble, dans le quartier, le dernier revendeur va recevoir &#8211; ce que confirment des enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es aux &#201;tats-Unis, en Nouvelle-Z&#233;lande, en Norv&#232;ge et en France &#8211; &#224; peine l'&#233;quivalent d'un salaire minimum l&#233;gal. En faisant une moyenne, pour la France, entre les divers lieux de vente du cannabis &#8211; cit&#233;s, quartiers, milieu rural &#8211; un vendeur de cannabis en bas de l'&#233;chelle gagne annuellement de 6 &#224; 7 000 euros, bien en dessous des 10 ou 12 000 euros du Smig. Pour un guetteur, on parle de 50 &#224; 60 euros par jour, Il s'agit essentiellement, pour le gros de la troupe, d'un salaire de subsistance, d'une &#233;conomie de la d&#233;brouille&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Termes utilis&#233;s dans le rapport r&#233;alis&#233; au milieu des ann&#233;es 1990 par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'&#201;tat continue de d&#233;penser 500 millions d'euros pour une guerre perdue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de l'ordre appliquent la loi du 31 d&#233;cembre 1970. Hormis Daniel Vaillant en 2003, ancien ministre de l'Int&#233;rieur, aucun politique n'a essay&#233; de proposer une alternative. D&#232;s l'instant o&#249; cette loi sera modifi&#233;e ou abrog&#233;e, il y aura peut-&#234;tre plus d'argent pour la sant&#233; publique et pour la pr&#233;vention. C'est ce qui s'est pass&#233; au Portugal, et aujourd'hui dans des &#201;tats nord-am&#233;ricains ou dans des &#201;tats d'Am&#233;rique du Sud. Des d&#233;bats et des r&#233;f&#233;rendums ont mis en avant la question de la faillite des finances publiques pour justifier la l&#233;galisation du cannabis : elle rapporterait des milliards de dollars gr&#226;ce aux taxes collect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la question de la drogue il n'est toujours question publiquement que de r&#233;pression. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos politiques, depuis le maire de la petite ville jusqu'aux d&#233;put&#233;s et aux ministres ne connaissent rien &#224; la question de la drogue. Quand Daniel Vaillant a pr&#244;n&#233; l'instauration du monopole d'&#201;tat, j'avais &#233;t&#233; frapp&#233; de sa propre m&#233;connaissance sur le cannabis. Les d&#233;put&#233;s fran&#231;ais connaissent l'alcool de poire, le whisky, le vin, mais ignorent ce qu'est un joint. Ils en ont une image terrifiante. Ils oublient qu'il y a un si&#232;cle, la R&#233;gie des tabacs fran&#231;ais g&#233;rait le kif marocain, que l'opium &#233;tait principalement produit par la France dans ses colonies, et que la coca&#239;ne &#233;tait un gros march&#233; allemand gr&#226;ce &#224; son industrie pharmaceutique. Avec l'arriv&#233;e des &#233;lections municipales, on sait que personne n'aura de courage politique. &#192; titre d'exemple, le gouvernement de gauche a autoris&#233;, malgr&#233; le toll&#233; g&#233;n&#233;ral, l'installation de salles d'injection supervis&#233;e, dites &#171; &lt;i&gt;salles de shoot&lt;/i&gt; &#187;, mais la proc&#233;dure veut que ce soient les maires qui en fassent la demande au minist&#232;re de la Sant&#233;. &#192; Marseille, alors que le maire Jean-Claude Gaudin &#233;tait favorable &#224; l'ouverture de ces salles, au point de faire d'en faire une ville pilote de cet outil de r&#233;duction des risques, il ne fera rien avant les &#233;lections municipales. Tout le monde se renvoie la responsabilit&#233; : le minist&#232;re accuse les villes qui elles-m&#234;mes pr&#233;f&#232;reraient qu'il y ait un texte national qui leur &#233;vite de faire la demande. Politiquement, le combat contre la drogue est le fonds de commerce par excellence : prot&#233;ger les enfants et les adolescents qui tombent au fond du gouffre parce que de vilains trafiquants les incitent &#224; la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En visite &#224; Marseille, Ayrault s'est vant&#233; r&#233;cemment d'une r&#233;ussite dans la guerre &#224; la drogue, affirmant que les r&#232;glements de compte &#233;taient la preuve que les diverses op&#233;rations de police d&#233;rangeaient l'activit&#233; des trafiquants. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a serait bien que les policiers et les politiques ne se r&#233;jouissent pas de la mort des personnes. Sans parler des balles perdues. Plus g&#233;n&#233;ralement, que se passe-t-il, en termes de parts de march&#233; ? Dans le domaine du cannabis, les usagers cultivent de plus en plus, et les trafiquants vendent peut-&#234;tre moins. Il y a aussi des cultures &#224; grande &#233;chelle qui s'installent en France dans des hangars, avec de nouveaux trafiquants qui alimentent le march&#233; fran&#231;ais. Dans ce domaine d'activit&#233;, il n'y a pas de tribunal de commerce pour r&#233;gler les litiges&#8230; Et ce sont &#233;videmment ceux qui vivent dans les quartiers populaires qui en p&#226;tissent le plus. M&#234;me si la consommation de cannabis se retrouve dans toutes les classes et professions, ce sont principalement les jeunes des quartiers populaires qui sont arr&#234;t&#233;s pour usage ou d&#233;tention. Dans une &#233;tude du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions p&#233;nales, Marie-Dani&#232;le Barr&#233;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; La r&#233;pression de l'usage de produits illicites : &#233;tat des lieux &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; explique qu'il existe aussi une client&#232;le polici&#232;re qui est jeune, arabe et noire. Incidemment, il faut savoir que cette situation est reconnue &#224; demi-mot par les services de police.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Termes utilis&#233;s dans le rapport r&#233;alis&#233; au milieu des ann&#233;es 1990 par le Conseil national des villes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#171; La r&#233;pression de l'usage de produits illicites : &#233;tat des lieux &#187;. Marie-Dani&#232;le Barr&#233;. &lt;i&gt;&#201;tudes et donn&#233;es p&#233;nales&lt;/i&gt;, n&#176; 105, Cesdip, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;gulation : Sortir du cercle vicieux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Regulation-Sortir-du-cercle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Regulation-Sortir-du-cercle</guid>
		<dc:date>2013-10-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>trafic</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>cannabis</dc:subject>
		<dc:subject>prohibition</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le mouvement antiprohibitionniste appara&#238;t relativement atone, Anne Coppel fait figure d' infatigable militante de la r&#233;duction des risques. Auteur de Drogues, sortir de l'impasse (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2012) avec Olivier Doubre, elle r&#233;pond aux questions de CQFD. CQFD : Vous pensez que nous sommes &#224; un tournant de la guerre contre la drogue. &#192; quelle inflexion de la politique des &#201;tats doit-on s'attendre ? Anne Coppel : Ce tournant vient du continent am&#233;ricain qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/USA" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trafic" rel="tag"&gt;trafic&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogues" rel="tag"&gt;drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cannabis" rel="tag"&gt;cannabis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prohibition" rel="tag"&gt;prohibition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le mouvement antiprohibitionniste appara&#238;t relativement atone, Anne Coppel fait figure d' infatigable militante de la r&#233;duction des risques. Auteur de &lt;i&gt;Drogues, sortir de l'impasse&lt;/i&gt; (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2012) avec Olivier Doubre, elle r&#233;pond aux questions de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous pensez que nous sommes &#224; un tournant de la guerre contre la drogue. &#192; quelle inflexion de la politique des &#201;tats doit-on s'attendre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH529/p06-marihuana-poster-89bd5.jpg?1782638374' width='400' height='529' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne Coppel&lt;/strong&gt; : Ce tournant vient du continent am&#233;ricain qui a men&#233; la guerre &#224; outrance jusqu'&#224; constater ses effets catastrophiques. Aux USA, la politique de tol&#233;rance z&#233;ro a abouti &#224; une incarc&#233;ration de masse des Noirs [plus de 30 millions de personnes sont pass&#233;es par la case prison entre 1986 et 2006] mais n'a pas r&#233;ussi &#224; limiter ni la consommation ni le trafic. Le changement a commenc&#233; &#224; partir de 2008, avec la d&#233;p&#233;nalisation de l'usage de cannabis dans quatorze &#233;tats, et le d&#233;veloppement du cannabis th&#233;rapeutique, surtout en Californie. Derni&#232;re bonne nouvelle, le 12 ao&#251;t 2013, les juges f&#233;d&#233;raux ont d&#233;cid&#233; de ne plus utiliser les peines de prison syst&#233;matiques pour r&#233;cidive. Au Sud, quatorze pays se sont prononc&#233;s, &#224; Antigua en 2013, en faveur de solutions alternatives. L'Europe avait &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde dans la sant&#233;, mais depuis plus de dix ans, la d&#233;magogie l'a emport&#233;. La France a m&#234;me adopt&#233; en 2007 des peines plancher pour les r&#233;cidivistes sur le mod&#232;le des USA. Heureusement, la nouvelle loi p&#233;nale pr&#233;voit de les supprimer, mais le d&#233;bat sur la politique des drogues est au point mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les cons&#233;quences des interventions polici&#232;res sur l'organisation du trafic ? Peut-on &#233;viter les r&#232;glements de compte meurtriers ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ont &#233;t&#233; attentivement &#233;tudi&#233;es en comparant les r&#233;sultats obtenus selon les villes et r&#233;gions ; remplacer la criminalisation de l'usage par une approche de sant&#233; publique, exp&#233;rimenter des modes de r&#233;gulation qui limitent l'emprise du march&#233; noir, telles sont les principales recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que la guerre &#224; la drogue aurait pu r&#233;ussir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d'&#233;radication des drogues s'est r&#233;v&#233;l&#233; irr&#233;aliste, car malgr&#233; son co&#251;t plus &#233;lev&#233; chaque ann&#233;e (soit plus de mille milliards d&#233;pens&#233;s par les &#201;tats-Unis) consommation et trafic n'ont cess&#233; de progresser dans le monde entier. Principal r&#233;sultat de cette guerre meurtri&#232;re, l'escalade de la violence et le renforcement de l'emprise des mafias. En Am&#233;rique latine, cette guerre a d'abord servi &#224; justifier la pr&#233;sence militaire des USA, mais aucune arm&#233;e n'a r&#233;ussi &#224; mettre un frein &#224; l'explosion des trafics de drogues, qui sont avant tout des produits qui r&#233;pondent &#224; une demande. Les psychotropes ont beau &#234;tre dangereux, l'humanit&#233; en a toujours consomm&#233;, que ce soit pour faire la f&#234;te, pour soulager une souffrance ou comme dopant. La prohibition de l'alcool a &#233;chou&#233; dans les ann&#233;es 1930, parce que les Am&#233;ricains n'ont pas voulu y renoncer. &#192; quelques exceptions pr&#232;s &#8211; la Chine de Mao ! &#8211;, l'exp&#233;rience montre que la r&#233;pression ne parvient pas &#224; limiter les consommations. C'est pourtant ce qu'on continue &#224; faire croire &#224; l'opinion. Des politiques exploitent la peur des drogues, qui aux &#233;tats-Unis a d'abord &#233;t&#233; une peur des &#233;trangers pour devenir une peur des jeunes. La s&#233;v&#233;rit&#233; des sanctions pour usage est cens&#233;e rassurer les parents, mais il est impossible de sanctionner les millions de consommateurs. Plus la guerre augmente, plus le trafic est violent et plus l'opinion a peur des drogues. C'est un cercle vicieux. Dans les faits, seuls les plus vuln&#233;rables sont sanctionn&#233;s, qui, aux &#233;tats-Unis, sont essentiellement des Noirs, si bien que la guerre &#224; la drogue est devenue une guerre raciale contre les ghettos. Ceux qui tirent un profit direct de cette guerre sont d'abord les trafiquants, mais l'argent de la drogue est utilis&#233; dans toutes les guerres, par les terroristes comme par les services secrets, en France comme aux USA. L'argent sale a en outre sauv&#233; les banques de la crise de 2008, et il est peu douteux que cet argent continue &#224; circuler dans les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_790 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH574/p06-drugaddict-6829f.jpg?1782654012' width='400' height='574' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prohibition r&#233;sulte-t-elle d'une conception id&#233;ologique des autorit&#233;s ou d'une v&#233;ritable volont&#233; de protection de la sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prohibition repose sur une conception occidentale qui oppose l'alcool, le tabac et les m&#233;dicaments dont l'Occident avait l'exp&#233;rience, &#224; l'opium, la coca, ou le cannabis cultiv&#233;s hier dans les pays colonis&#233;s. Il n'y a donc pas de justification m&#233;dicale &#224; la prohibition. C'est une question culturelle. L'Occident ne veut pas renoncer &#224; consommer ses drogues l&#233;gales, bien plus mena&#231;antes pour la sant&#233;. C'est aussi une question commerciale, car l'Occident tire de grands profits en vendant ses drogues au monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que la l&#233;galisation ou la d&#233;p&#233;nalisation des drogues puisse porter atteinte au trafic international ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;radiquer le trafic international, il faut sortir de la prohibition, ce qui exige un changement radical. Or, que ce changement soit souhaitable ou non, il faut commencer par faire ce qu'il est possible dans le syst&#232;me actuel. D&#233;p&#233;naliser l'usage et la d&#233;tention associ&#233;e, c'est d'abord sortir de la guerre aux usagers de drogues. Actuellement, la police consacre l'essentiel de ses forces &#224; l'interpellation des usagers et petits trafiquants de rue, ce qui ne porte aucune atteinte au trafic international. Pour le moment, on ne sait pas bien comment porter une atteinte majeure &#224; ce trafic ; on sait en revanche limiter l'emprise du march&#233; noir avec des prescriptions m&#233;dicales d'h&#233;ro&#239;ne ou de cannabis. On peut esp&#233;rer une l&#233;galisation du cannabis, peut-&#234;tre dans la d&#233;cennie pour la France, mais pour les autres drogues, le seul outil est l'information des consommateurs, et c'est particuli&#232;rement le cas des drogues qui se vendent sur Internet, un march&#233; qui sonne le glas de la prohibition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que la crise &#233;conomique pourrait se r&#233;v&#233;ler une opportunit&#233; pour un virage majeur des politiques vis-&#224;-vis des drogues. Est-ce &#224; dire que c'est la raison &#233;conomique qui influe &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; sur ces derni&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des drogues est une r&#233;ponse d&#233;magogique &#224; l'ins&#233;curit&#233; sociale, engendr&#233;e par le d&#233;ficit de politique sociale. &lt;i&gt;A minima&lt;/i&gt;, la crise impose une &#233;valuation du co&#251;t des politiques r&#233;pressives au regard de leurs r&#233;sultats. La Gr&#232;ce a ainsi renonc&#233; &#224; la p&#233;nalisation de l'usage et de la d&#233;tention de petites quantit&#233;s, pour &#233;viter des incarc&#233;rations co&#251;teuses et contre-productives. Le cannabis th&#233;rapeutique rapporte 18 milliards de dollars &#224; la Californie qui ne peut plus y renoncer. En France, avec les m&#234;mes taxes que le tabac, la l&#233;galisation du cannabis rapporterait 1 milliard d'euros&#8230; Mais rien n'est jou&#233; : tout d&#233;pend des choix politiques face &#224; la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le futur est dans le chanvre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-futur-est-dans-le-chanvre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-futur-est-dans-le-chanvre</guid>
		<dc:date>2013-10-18T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>JMB</dc:subject>
		<dc:subject>fran&#231;ais</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>fin</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>drogues</dc:subject>
		<dc:subject>cannabis</dc:subject>
		<dc:subject>Harry Anslinger</dc:subject>
		<dc:subject>Anslinger</dc:subject>
		<dc:subject>am&#233;ricaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un rapide historique de la politique de prohibition des drogues dans le monde occidental permet de bien mettre en avant la responsabilit&#233; des &#233;tats dans l'instrumentalisation du d&#233;bat. Et nous &#233;claire sur leur pr&#233;visible revirement. Le bannissement du cannabis au cours du XXe si&#232;cle doit beaucoup &#224; l'obsession d'un homme, Harry Anslinger, directeur du bureau des narcotiques aux &#201;tats-Unis de 1930 &#224; 1962. &#192; la fin de la prohibition anti-alcoolique, Anslinger doit justifier son budget et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/JMB" rel="tag"&gt;JMB&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/francais" rel="tag"&gt;fran&#231;ais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin" rel="tag"&gt;fin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogues" rel="tag"&gt;drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cannabis" rel="tag"&gt;cannabis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Harry-Anslinger" rel="tag"&gt;Harry Anslinger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anslinger" rel="tag"&gt;Anslinger&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/americaine" rel="tag"&gt;am&#233;ricaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un rapide historique de la politique de prohibition des drogues dans le monde occidental permet de bien mettre en avant la responsabilit&#233; des &#233;tats dans l'instrumentalisation du d&#233;bat. Et nous &#233;claire sur leur pr&#233;visible revirement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH245/logo-dossier-drogue-3-61bbe.jpg?1782647566' width='400' height='245' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le bannissement du cannabis au cours du XXe si&#232;cle doit beaucoup &#224; l'obsession d'un homme, Harry Anslinger, directeur du bureau des narcotiques aux &#201;tats-Unis de 1930 &#224; 1962. &#192; la fin de la prohibition anti-alcoolique, Anslinger doit justifier son budget et trouve avec le cannabis le nouveau fl&#233;au qui menace l'Am&#233;rique. Appuy&#233; par des campagnes de presse de la plus basse d&#233;magogie raciste du magnat William Randolph Hearst, il d&#233;signe les migrants mexicains, les Noirs, les musiciens de jazz, puis, apr&#232;s guerre, les communistes, comme responsables de la d&#233;pravation de la jeunesse am&#233;ricaine et pr&#233;tend m&#234;me que le &#171; &lt;i&gt;cannabis plus dangereux que l'h&#233;ro&#239;ne et la coca&#239;ne&lt;/i&gt; &#187;. L'&#233;crivain Jack Herer, qui vantait les multiples vertus du chanvre dans son best-seller &lt;i&gt;L'Empereur est nu&lt;/i&gt; (1985), voulut mettre en lumi&#232;re la collusion d'Anslinger avec l'industrie p&#233;trochimique. Cette derni&#232;re voulait surtout rendre ill&#233;gal le chanvre agricole, qui, gr&#226;ce &#224; de nouvelles machines &#224; d&#233;fibrer, s'av&#233;rait un redoutable concurrent potentiel du coton, du Nylon et du papier. Une preuve ? Anslinger &#233;tait li&#233; indirectement &#224; Du Pont de Nemours par son oncle par alliance, Andrew Mellon, lui-m&#234;me secr&#233;taire d'&#233;tat au Tr&#233;sor et banquier de la firme. Si la th&#232;se reste controvers&#233;e, il n'en demeure pas moins qu'une fois vot&#233;e en 1937, la loi de prohibition ne fit aucun distinguo entre le cannabis &#171; stup&#233;fiant &#187; et le chanvre agricole, et ruina les agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le grand &#233;cart entre une croisade morale affich&#233;e et la r&#233;alit&#233; d'une instrumentalisation coloniale et militaire des drogues &#8211; &#171; dures &#187; et chimiques pour la plupart &#8211; suffirait &#224; lui seul &#224; annihiler l'hypocrisie de la prohibition. On peut citer parmi les nombreux usages sales : les guerres de l'opium men&#233;es par la Couronne d'Angleterre, qui d&#233;tenait le monopole du commerce du pavot par lequel elle avait r&#233;ussi &#224; intoxiquer un quart des Chinois m&#226;les et adultes &#224; la fin du XIXe si&#232;cle ; ou encore l'enjeu anti-insurrectionnel du trafic d'h&#233;ro&#239;ne, aux mains des services fran&#231;ais durant la guerre d'Indochine puis par la CIA durant la guerre du Vietnam, qui a contribu&#233; au d&#233;veloppement du triangle d'or en Asie du Sud-Est.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand enfermement &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH578/p06-cocainepulp-54ef1.jpg?1782647566' width='400' height='578' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d'abord une r&#233;pression visant une partie de la population am&#233;ricaine que va amorcer Nixon en d&#233;cr&#233;tant la &#171; guerre &#224; la drogue &#187; en 1971. Cette guerre insidieuse va conduire &#224; marginaliser la jeunesse contestataire blanche, f&#233;rue de d&#233;fonces, et criminaliser les classes dangereuses, hispaniques et noires, alors que le p&#233;ril du Black Power hante les dirigeants blancs. Cette guerre particuli&#232;rement retorse se r&#233;v&#233;lera &#234;tre une machine &#224; cr&#233;er et &#224; enfermer les junkies ou suppos&#233;s tels. Ainsi dans les ann&#233;es 1980, le crack sera d&#233;vers&#233; par kilos dans les ghettos noirs de Los Angeles. En 1996, le journaliste Gary Webb r&#233;v&#232;lera l'implication d'agents de la CIA de retour du Nicaragua, o&#249; l'argent de la coca&#239;ne avait servi &#224; financer les contras antisandinistes, dans cette &#233;pid&#233;mie. De 1982 &#224; 2006, l'incarc&#233;ration de masse pour des infractions li&#233;es &#224; la drogue aura fait cro&#238;tre la population carc&#233;rale am&#233;ricaine d'un demi-million &#224; pr&#232;s de 2,3 millions. Du fait de la l&#233;gislation anti-drogue, plus de 55 % de la population noire am&#233;ricaine poss&#232;de aujourd'hui un casier judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus fort de cette guerre, en 1986, une loi f&#233;d&#233;rale anti-crack imposant des peines planchers avait fait bondir de 800 % le nombre d'incarc&#233;ration. Nancy Reagan, la &lt;i&gt;first lady&lt;/i&gt; de l'&#233;poque qui accompagnait les op&#233;rations muscl&#233;es et m&#233;diatiques du LAPD dans les &lt;i&gt;crack houses&lt;/i&gt;, d&#233;clarait alors au sujet des &lt;i&gt;crackheads&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Pour ces gens-l&#224;, toute tentative de r&#233;&#233;ducation ou de r&#233;insertion n'est m&#234;me plus envisageable.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mike Davis, City of quartz, Los Angeles, capitale du futur, La D&#233;couverte, 1997.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Par une certaine ironie, son nom allait bient&#244;t &#234;tre utilis&#233; dans le jargon des dealers pour d&#233;signer le kilo de coca&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le verrou fran&#231;ais &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, la loi en mati&#232;re de stup&#233;fiants est une des plus s&#233;v&#232;res d'Europe, depuis la loi de 1970, jamais remise en cause, les &#171; drogu&#233;s &#187; sont assimil&#233;s d'abord &#224; des d&#233;linquants puis &#224; des malades. Les dix derni&#232;res ann&#233;es ont co&#239;ncid&#233; avec un durcissement s&#233;curitaire. En imitateur provincial et retardataire de la politique am&#233;ricaine, Sarkozy a voulu mettre en place une politique de tol&#233;rance z&#233;ro qui a conduit &#224; une hausse de 70 % des condamnations durant cette p&#233;riode. L'&#171; interpellation des shiteux &#187; est devenue la mission quotidienne des flics pouss&#233;s &#224; faire du chiffre. Dans les prisons, 40 % des d&#233;tenus sont incarc&#233;r&#233;s pour des affaires li&#233;es &#224; la drogue. Les courageux socialistes au pouvoir, fid&#232;les &#224; l'attitude de Mitterrand qui proclamait : &#171; &lt;i&gt;La drogue, il vaut mieux ne pas en parler car si on en parle, il faut hurler avec les loups&lt;/i&gt; &#187;, annoncent clairement une volont&#233; de ne pas faire de vagues, malgr&#233; une intervention dissonante du ministre Vincent Peillon, s'&#233;tonnant &#171; &lt;i&gt;du c&#244;t&#233; un peu retardataire de la France&lt;/i&gt; &#187;. Valls veut m&#234;me mettre en place un syst&#232;me d'amende imm&#233;diate pour les consommateurs qui devrait avoir l'avantage de remplir les caisses et de d&#233;sengorger les tribunaux. Seule avanc&#233;e, depuis le 7 juin, l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament autorise de d&#233;livrer des &#171; &lt;i&gt;m&#233;dicaments contenant du cannabis ou ses d&#233;riv&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. La reconnaissance des propri&#233;t&#233;s th&#233;rapeutiques du cannabis &#8211; qui aident &#224; traiter plus de 200 pathologies ou troubles associ&#233;s (naus&#233;es, spasme, glaucome, &#233;pilepsie, d&#233;pression, anorexie, etc.) &#8211; est en soi un s&#233;rieux d&#233;menti de l'interdiction de pr&#233;senter le cannabis &#171; &lt;i&gt;sous un jour favorable&lt;/i&gt; &#187; qui a cherch&#233; &#224; b&#226;illonner toute voix dissonante, jug&#233;e &#171; &lt;i&gt;irresponsable&lt;/i&gt; &#187;, dans le concert prohibitionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que les jeunes Fran&#231;ais sont les premiers consommateurs de shit et de beuh d'Europe, le d&#233;bat semble compl&#232;tement verrouill&#233;. Selon les sondages, environ deux tiers des Fran&#231;ais seraient oppos&#233;s &#224; la d&#233;p&#233;nalisation. Il faut dire que l'opinion publique est r&#233;guli&#232;rement travaill&#233;e au corps par les discours les plus d&#233;magogiques. La propagande anti-cannabique, orchestr&#233;e par &#171; &lt;i&gt;une partie de l'establishment hospitalo-universitaire li&#233;e aux partis de droite&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mensuel La Recherche, mars 2003, cit&#233; par l'Observatoire fran&#231;ais des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; et largement relay&#233;e par des campagnes m&#233;diatiques sur &#171; &lt;i&gt; les ravages du cannabis au volant&lt;/i&gt; &#187; ou sur des situations psycho-sanitaires alarmantes de jeunes toxicomanes, contribue &#224; hyst&#233;riser le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tournant ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce climat hexagonal de d&#233;magogie s&#233;curitaire et d'obsession sanitaire, partout ailleurs, les signaux de fum&#233;e marquant une inflexion dans l'appr&#233;hension ultra-r&#233;pressive du ph&#233;nom&#232;ne des drogues se multiplient. En 2001, le Portugal fait figure de pionnier en d&#233;p&#233;nalisant toutes les drogues, exp&#233;rience jug&#233;e aujourd'hui plut&#244;t positive. En 2011, en pleine banqueroute, la Gr&#232;ce a aussi d&#233;p&#233;nalis&#233; l'usage des drogues, jusque-l&#224; passible de cinq ans de prison &#8211; le trafic restant un crime passible de 10 ans de prison. Ce qui permit de d&#233;sengorger dans un premier temps les prisons de pr&#232;s de la moiti&#233; de leurs occupants&#8230; quitte &#224; les remplir par la suite avec les r&#233;volt&#233;s de la politique de la tro&#239;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2012, le Guatemala a d&#233;clar&#233; abandonner la guerre contre la drogue pour se consacrer &#224; la lutte contre la famine. En Colombie, en mai 2012 les cultures de la coca, de la marijuana et de l'opium ont &#233;t&#233; d&#233;criminalis&#233;es. Fin juillet, l'ex-pr&#233;sident lib&#233;ral du Mexique, Vicente Fox, &#224; qui les &#201;tats-Unis avaient reproch&#233; son laxisme face au d&#233;veloppement des cartels de narcos, a, lui, pris l'initiative d'organiser le premier symposium pour la l&#233;galisation du cannabis. Avec un opportunisme &#233;hont&#233;, celui qui fut l'ancien directeur de Coca-Cola au Mexique affirmait qu'il &#233;tait &#171; &lt;i&gt;pr&#234;t si c'&#233;tait l&#233;gal, &#224; en cultiver et en exporter&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, les conditions de l&#233;galisation de la culture du cannabis sont &#224; l'&#233;tude en mettant en avant ses aspects th&#233;rapeutiques. Avec une production de 2 760 tonnes de r&#233;sine, le Maroc est le principal pourvoyeur de haschich pour l'Europe et l'&#233;conomie informelle li&#233;e au kif est &#233;valu&#233;e &#224; 10 milliards de dollars par an, soit l'&#233;quivalent de 10 % du PIB du pays. Elle fait vivre au moins 800 000 Marocains&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeune Afrique, 6 ao&#251;t 2013.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis m&#234;me, le vent est en train de tourner doucement mais s&#251;rement. D&#232;s 2004, Obama, alors s&#233;nateur de l'Illinois, d&#233;clarait que &#171; &lt;i&gt;la guerre contre la drogue&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;un &#233;chec complet&lt;/i&gt; &#187; et qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;d&#233;p&#233;naliser le cannabis&lt;/i&gt; &#187;. Fin 2012, le Colorado et l'&#201;tat de Washington ont l&#233;galis&#233; par voie r&#233;f&#233;rendaire la consommation de cannabis &#171; &lt;i&gt;&#224; des fins r&#233;cr&#233;atives&lt;/i&gt; &#187;, ce qui vient d'&#234;tre valid&#233; au niveau f&#233;d&#233;ral, tandis qu'il est autoris&#233; &#224; des fins m&#233;dicales dans dix-huit autres &#233;tats. Dans l'&#201;tat de Californie, o&#249; l'on autorise l'usage th&#233;rapeutique mais qui doit se prononcer &#224; nouveau en 2016 sur l'usage r&#233;cr&#233;atif, la production de cannabis dans ce qu'on appelle d&#233;sormais le Triangle d'&#233;meraude, a explos&#233;, ce qui n'est pas sans poser des probl&#232;mes environnementaux li&#233;s &#224; l'irrigation sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle gouvernance &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH235/p06-cqfcanabis-1-e9325.jpg?1782647558' width='400' height='235' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par J.M.B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout, en juin 2011, un rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues, diligent&#233; par d'anciens responsables de l'ONU, qui a donn&#233; la tonalit&#233; g&#233;n&#233;rale. Il y &#233;tait affirm&#233; tout de go que la &#171; &lt;i&gt;guerre contre la drogue avait &#233;chou&#233;&lt;/i&gt; &#187;. On y pr&#233;conisait de &#171; &lt;i&gt;mettre fin &#224; la criminalisation, la marginalisation et la stigmatisation des personnes consommant des drogues mais qui ne causent pas de dommage aux autres&lt;/i&gt; &#187;. Une conclusion qui sera reprise lors du Sommet des Am&#233;riques, le 20 avril 2012, par Gil Kerlikowske, le responsable &#233;tatsunien de la lutte contre la drogue, qui d&#233;clarait que &#171; &lt;i&gt;l'incarc&#233;ration de masse&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;une politique du pass&#233; qui ignorait la n&#233;cessit&#233; d'avoir une approche plus &#233;quilibr&#233;e face &#224; la drogue, entre sant&#233; et s&#233;curit&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Le constat d'&#233;chec est patent : la consommation mondiale n'a pas baiss&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'ONU, depuis 1998, la consommation mondiale d'opiac&#233;s a augment&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ; les cartels se sont non seulement renforc&#233;s mais ont totalement noyaut&#233; l'&#233;conomie formelle. Depuis belle lurette, les &#171; &lt;i&gt;capitaux de la drogue viennent alimenter une sorte de caisse noire de la finance mondiale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constat que faisaient d&#233;j&#224; en 1992 Myl&#232;ne Sauloy et Yves Le Bonniec dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;, et m&#234;me les banques les plus officielles, &#233;chappant aux poursuites, servent de blanchisseuses. Antonio Maria Costa, ex-directeur de l'Office de l'ONU contre la drogue, d&#233;clarait m&#234;me en pleine crise mondiale que l'argent du narcotrafic avait servi de bou&#233;e de sauvetage pour les banques europ&#233;ennes : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, la crise financi&#232;re est l'occasion extraordinaire d'une plus grande p&#233;n&#233;tration par la mafia des &#233;tablissements financiers qui se retrouvent &#224; court de cash : avec la crise bancaire qui a &#233;touff&#233; le cr&#233;dit, ces groupes criminels&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;sont devenus la seule source de cr&#233;dit. &lt;/i&gt; &#187; Selon les chiffres du FMI, les b&#233;n&#233;fices annuels li&#233;s au march&#233; de la drogue correspondent &#224; 2 voire 5 % du PIB mondial, entre 1 000 et 3 000 milliards de dollars&#8230; de quoi donner une id&#233;e de la capacit&#233; de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e par l'argent de la drogue et des possibilit&#233;s d'injection de liquidit&#233;s dans l'&#233;conomie l&#233;gale. Parall&#232;lement, l'ONU estime &#171; &lt;i&gt;qu'il faudrait entre 200 et 250 milliards de dollars (0,3 &#224; 0,4 % du PIB mondial) pour couvrir tous les co&#251;ts li&#233;s au traitement de la toxicomanie dans le monde&lt;/i&gt; &#187;. Les &#201;tats, pour endiguer le crime et renforcer leur contr&#244;le, ont-ils d'autre choix que de devenir des dealers l&#233;gaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche dominante de &#171; bonne gouvernance &#187; en mati&#232;re de drogue serait d&#233;sormais de &#171; &lt;i&gt;remplacer la criminalisation de l'usage de drogues par une approche de sant&#233; publique&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;exp&#233;rimenter des mod&#232;les de r&#233;gulation l&#233;gale visant &#224; saper le pouvoir du crime organis&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;gulons le trafic de drogues pour lutter contre la violence et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;. Dans ce contexte de crise budg&#233;taire et de recherche tous azimuts de nouveaux gisements de croissance, ce sont les arguments &#233;conomiques et s&#233;curitaires qui orientent&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; la logique r&#233;formatrice des politiques sur les drogues : le co&#251;t global de la prohibition est d&#233;cid&#233;ment trop lourd en regard de ses b&#233;n&#233;fices. &#224; moins que, dans une tr&#232;s dystopique perspective de meilleur des mondes, la pr&#233;vention &#233;tatique d'une s&#233;dition g&#233;n&#233;rale s'accomplisse dans la s&#233;dation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Gare &#224; la descente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Anne Coppel et Olivier Doubre, &lt;i&gt;Drogues : sortir de l'impasse&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnaud Aubron, &lt;i&gt;Drogues store, Dictionnaire rock, historique et politique des drogues&lt;/i&gt;, Don Quichotte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jonak Raskin, &lt;i&gt;Marijuanaland&lt;/i&gt;, Les Fondeurs de briques, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue'&gt;La guerre perdue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-futur-laboratoire-de-la'&gt;Le futur laboratoire de la d&#233;p&#233;nalisation ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mike Davis, &lt;i&gt;City of quartz, Los Angeles, capitale du futur&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mensuel &lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt;, mars 2003, cit&#233; par l'&lt;a href=&#034;http://www.ofdt.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire fran&#231;ais des drogues et des toxicomanies&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, 6 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'ONU, depuis 1998, la consommation mondiale d'opiac&#233;s a augment&#233; de 35,5 %, celle de coca&#239;ne de 27 % et celle de cannabis de 8,5 %. Depuis cinq ans, ces consommations se seraient stabilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Constat que faisaient d&#233;j&#224; en 1992 Myl&#232;ne Sauloy et Yves Le Bonniec dans leur livre, &lt;i&gt;&#192; qui profite la coca&#239;ne ?&lt;/i&gt;, Calmann-Levy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;R&#233;gulons le trafic de drogues pour lutter contre la violence et la corruption&lt;/i&gt; &#187; est un appel lanc&#233; par un ar&#233;opage de dirigeants lib&#233;raux et conservateurs, anciens chefs d'&#201;tat d'Am&#233;rique du Sud et dignitaires am&#233;ricains : Fernando Cardoso (Br&#233;sil) ; Cesar Gaviria (Colombie) ; Ricardo Lagos ; (Chili) ; George Shultz, ancien secr&#233;taire d'Etat sous Reagan et Nixon (sic !) ; Paul Volcker, ancien pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis et fossoyeur des politiques keyn&#233;siennes ; Louise Arbour, ancien haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme ; Ernesto Zedillo (Mexique). &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 7 juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre perdue</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue</guid>
		<dc:date>2013-09-13T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>fin</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Entretien</dc:subject>
		<dc:subject>drogue</dc:subject>
		<dc:subject>drogue impuls&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>terrorisme</dc:subject>
		<dc:subject>l'instar</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du dossier sp&#233;cial &#034;Drogues, la guerre perdue&#034; du num&#233;ro 114 de CQFD. Cinq pages d'enqu&#234;tes, d'analyses, d'interviews... En kiosque &#224; partir du 14 septembre 2013. &#192; l'instar de celle contre le terrorisme, la lutte contre la drogue impuls&#233;e par les Etats-Unis, il y a quarante ann&#233;es, est cette autre guerre sans fin. Avec le d&#233;veloppement de ce march&#233; particulier &#8211; o&#249; la captation de client&#232;le est des plus pernicieuses &#8211;, il est vrai que l'usage des drogues peut jouer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin" rel="tag"&gt;fin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etats-Unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Entretien" rel="tag"&gt;Entretien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue" rel="tag"&gt;drogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drogue-impulsee" rel="tag"&gt;drogue impuls&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terrorisme" rel="tag"&gt;terrorisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-instar" rel="tag"&gt;l'instar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du dossier sp&#233;cial &#034;Drogues, la guerre perdue&#034; du num&#233;ro 114 de CQFD. Cinq pages d'enqu&#234;tes, d'analyses, d'interviews...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du 14 septembre 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'instar de celle contre le terrorisme, la lutte contre la drogue impuls&#233;e par les Etats-Unis, il y a quarante ann&#233;es, est cette autre guerre sans fin. Avec le d&#233;veloppement de ce march&#233; particulier &#8211; o&#249; la captation de client&#232;le est des plus pernicieuses &#8211;, il est vrai que l'usage des drogues peut jouer en partie comme m&#233;canisme de pacification sociale par le bas par la s&#233;dation auto-administr&#233;e des consommateurs. Mais surtout, durant quarante ann&#233;es, la guerre &#224; la drogue a renforc&#233; la militarisation de certains pays et quartiers et provoqu&#233; une v&#233;ritable incarc&#233;ration de masse des &#171; classes dangereuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH245/logo-dossier-drogue-2-1974b.jpg?1782647558' width='400' height='245' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans cette strat&#233;gie de contr&#244;le social &#224; double tranchant et &#224; mesure que le trafic de stup&#233;fiants explose &#8211; jusqu'&#224; constituer la part sombre de l'activit&#233; marchande et financi&#232;re mondiale &#8211; de nombreux &#201;tats, en Am&#233;rique du Sud notamment, ont depuis peu commenc&#233; &#224; admettre que la guerre &#233;tait perdue. Le tournant actuel du discours dominant, si l'hypoth&#232;se est bonne, serait d'abandonner en partie le tout-r&#233;pressif contre les usagers pour une approche plus rationnelle et &#233;conomique, alliant pr&#233;vention et r&#233;gulation du march&#233;, ce qui permettrait au passage de r&#233;cup&#233;rer d'&#233;normes capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propos de ce dossier n'est pas de porter un regard &#8211; qu'il soit moralisateur ou complaisant &#8211; sur ce qui pousse des gens &#224; se d&#233;foncer depuis la nuit des temps, mais sur ce que sous-tend, en termes d'hypocrisie et de g&#226;chis &#224; la fois humain et social, la politique actuelle de la drogue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SOMMAIRE DU DOSSIER&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-futur-laboratoire-de-la'&gt;Uruguay : Le futur laboratoire de la d&#233;p&#233;nalisation ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : l'Uruguay se pose en pionnier dans le projet de l&#233;galisation du cannabis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le futur est dans le chanvre&lt;/strong&gt; &#8211; Historique de la politique de prohibition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir du cercle vicieux&lt;/strong&gt; &#8211; Entretien avec &lt;a href=&#034;http://www.reductiondesrisques.fr/annecoppel/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Coppel&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'argent part en fum&#233;e&lt;/strong&gt; &#8211; Entretien avec l'&#233;conomiste Christian Ben Lakhdar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille&lt;/strong&gt; : Au-dessous du &#171; cocotier &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mexique : Les zetas font oublier les zapatistes&lt;/strong&gt; &#8211; Entretien avec Siete Nubes du &lt;a href=&#034;http://cspcl.ouvaton.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CSPCL&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michoacan&lt;/strong&gt; : Quand le narco fait la loi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
