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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>S&#233;curit&#233; : quand la rose pique les id&#233;es de la droite</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeanne Vandenbroucke</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Alors que le gouvernement use ses rotules en courbettes vers la droite et son arsenal politico-&#233;motionnel, un retour sur les derni&#232;res d&#233;cennies montre que la conversion s&#233;curitaire du PS a d&#233;j&#224; souffl&#233; ses vingt bougies. C'est bien connu, pour combattre le FN, il faut s'en inspirer. Quiz &#224; deux balles. &#171; La s&#233;curit&#233; est la premi&#232;re des libert&#233;s &#187; : est-ce donc un slogan lep&#233;niste, une fulgurance orwellienne, ou bien une valeur socialiste ?&#8230; Les trois, mon brigadier ! C'est que, entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Quiz-9086" rel="tag"&gt;Quiz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Julien-Dray" rel="tag"&gt;Julien Dray&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le gouvernement use ses rotules en courbettes vers la droite et son arsenal politico-&#233;motionnel, un retour sur les derni&#232;res d&#233;cennies montre que la conversion s&#233;curitaire du PS a d&#233;j&#224; souffl&#233; ses vingt bougies. C'est bien connu, pour combattre le FN, il faut s'en inspirer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1665 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH435/hard-socialism-1-878c0.jpg?1782665679' width='400' height='435' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Quiz &#224; deux balles. &#171; &lt;i&gt; La s&#233;curit&#233; est la premi&#232;re des libert&#233;s&lt;/i&gt; &#187; : est-ce donc un slogan lep&#233;niste, une fulgurance orwellienne, ou bien une valeur socialiste ?&#8230; Les trois, mon brigadier ! C'est que, entre les vieilles affiches de Jean-Marie Le Pen et les sorties martiales de Manuel Valls le 19 novembre dernier&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manuel Valls a pr&#233;sent&#233;, le jeudi 19 novembre 2015, le projet de loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, l'&#233;cart s'est aminci. Tout commence en fait au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980. Pierre Mauroy joue sagement son r&#244;le d'opposant : alors que la droite vient de voter une loi liberticide comme, &#224; l'&#233;poque, elle seule sait faire, le futur Premier ministre socialiste joue de solennit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous inversons la proposition : pour nous, la premi&#232;re s&#233;curit&#233; est la libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Un autre socialiste, Gilbert Bonnemaison, maire d'&#201;pinay-sur-Seine, chapeaute quelques ann&#233;es plus tard la &#171; commission des maires sur la s&#233;curit&#233; &#187; charg&#233;e de r&#233;fl&#233;chir au sujet. Ses bouquins ne disent pas que des b&#234;tises : &#171; &lt;i&gt;Le discours politique de l'ins&#233;curit&#233; est celui pour lequel le maintien de l'ordre &#233;conomique et social est une fin en soi qui justifie tous les contr&#244;les.&lt;/i&gt; &#187; Le style est un peu lourd, mais c'est pas faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Goutte-d'or et la goutte d'eau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hic, c'est que tous les &#233;lus socialistes ne cogitent pas ainsi. &#192; la m&#234;me p&#233;riode, Lionel Jospin fr&#233;quente le quartier de la Goutte-d'Or &#224; Paris. Celui qui est &#224; la fois conseiller du XVIIIe arrondissement et d&#233;put&#233; du coin a un petit souci : quelques &#238;lots d'immeubles &#8211; plut&#244;t &#171; &lt;i&gt;white&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;blancos&lt;/i&gt; &#187;, comme dira plus tard un de ses disciples &#8211; pr&#233;f&#232;rent le Front national &#224; la gauche. Peu &#224; peu, &#224; mesure que le FN assoit ses scores &#233;lectoraux et que les ouvriers d&#233;sertent le vote PS, Jospin &#233;labore une th&#233;orie sophistiqu&#233;e. &#171; &lt;i&gt;L'ang&#233;lisme&lt;/i&gt; &#187;, voil&#224; l'ennemi : pour rassurer le peuple, il faut installer la bleusaille dans les quartiers. Au congr&#232;s de Li&#233;vin, le futur Premier ministre convoque un vocabulaire inhabituel dans un texte pass&#233; inaper&#231;u &#224; l'&#233;poque : &#171; &lt;i&gt; La s&#251;ret&#233; est la premi&#232;re des libert&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, et la pauvret&#233; &#171; &lt;i&gt; ne saurait &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme une excuse aux comportements individuels&lt;/i&gt; &#187;. On est en 1994, et Jospin vient d'&#233;crire ce qui deviendra la feuille de route des socialistes pour les deux d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1995, le nouveau Premier secr&#233;taire du parti s'entoure d'une &#233;quipe acquise &#224; la cause. Daniel Vaillant, son fid&#232;le lieutenant, dirige une &#233;quipe compos&#233;e de Bruno Le Roux, qui a pris la suite de Bonnemaison &#224; &#201;pinay-sur-Seine, Clotilde Valter, une ancienne du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, et G&#233;rard Le Gal, expert &#232;s sondages. &#192; la fin des ann&#233;es 1990, les initiatives se multiplient : Vaillant et Le Roux r&#233;digent un rapport enti&#232;rement tourn&#233; sur la chose polici&#232;re. La Fondation Jean Jaur&#232;s organise un s&#233;minaire consacr&#233; &#224; la &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187;. Le PS cr&#233;e un secr&#233;tariat national &#224; la S&#233;curit&#233;. Bruno Le Roux, Jean-Pierre Blazy, Julien Dray, Daniel Vaillant, chacun y va de son petit ouvrage : la s&#233;curit&#233; est devenue un genre socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et de droite, et de gauche &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la prose rose n'embrasse pas encore les outrances de ses adversaires. Tout le monde acquiesce bien que &#231;a se chamaille encore un peu sur la question de savoir si la s&#233;curit&#233; est vraiment une valeur de gauche. Les uns disent que oui, parce que foutre des flics dans la rue reviendrait &#224; lutter contre les in&#233;galit&#233;s ; les autres r&#233;pondent que non, mais parce que la &#171; s&#233;curit&#233; n'est ni de droite, ni de gauche &#187;. La gauche du parti, elle, est aux abonn&#233;s absents &#8211; et pour cause : Julien Dray, qui incarne alors l'opposition &#171; sociale &#187; &#224; l'int&#233;rieur du parti, est occup&#233; &#224; faire ses gammes dans les bagnoles de la BAC&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1999, Julien Dray &#171; s'invite dans les bagnoles de la BAC, se balade en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Lorsqu'au terme de son mandat, en 2002, Jospin d&#233;clare qu'il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;na&#239;f &lt;/i&gt; &#187; en pensant que la baisse du ch&#244;mage entra&#238;nerait celle de la d&#233;linquance, son ministre de l'Int&#233;rieur &#8211; un certain Daniel Vaillant &#8211; a la m&#226;choire qui pendouille : quelques mois plus t&#244;t, il a fait voter un arsenal r&#233;pressif &#224; faire bl&#234;mir Charles Pasqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pauvre Vaillant traverse d'ailleurs des heures sombres : un an plus tard, &#224; l'Assembl&#233;e, le groupe socialiste lui ordonne de voter contre la loi pour la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, sign&#233;e par Nicolas Sarkozy, mais r&#233;dig&#233;e par ses soins. L'opposition est malmen&#233;e par les tirs de Flash-Balls sarkozystes : quand il d&#233;mant&#232;le la police de proximit&#233;, le PS n'ose pas la d&#233;fendre. Quand il faut s'en prendre &#224; son discours, c'est en opposant &#224; ses statistiques frelat&#233;es d'autres chiffres discutables. Quand il faut critiquer ses actes, c'est pour lui reprocher son laxisme &#8211; comme lors de l'&#233;meute en gare du Nord, en mai 2007. Une ann&#233;e qui sera celle de la farandole s&#233;curitaire de S&#233;gol&#232;ne Royal : &#171; Ordre juste &#187;, encadrement militaire des jeunes d&#233;linquants, mise sous tutelle des allocations familiales&#8230; Au-del&#224; de l'&#233;ducation militaire dispens&#233;e par son colonel de p&#232;re, la candidate socialiste ne fait que poursuivre la strat&#233;gie de ses pr&#233;d&#233;cesseurs : parce qu'il a renonc&#233; sur les fronts &#233;conomique et social, le PS cherche &#224; rallier les votes populaires sur des rodomontades autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les visages d'un virage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Sarko s'est impos&#233; &#224; l'&#201;lys&#233;e, le PS cherche &#224; se reconstruire une doctrine. Jean-Jacques Urvoas, alors un illustre inconnu, devient secr&#233;taire national &#224; la s&#233;curit&#233;. Pour un socialiste, le type semble avoir les id&#233;es &#224; peu pr&#232;s claires, et les &#233;crit partout o&#249; il peut : ancien juriste, il reconna&#238;t que la s&#233;curit&#233; n'est pas un &#171; droit fondamental &#187;, comme le beuglent chaque jour les &#233;lus de tous bords ; que la BAC pose probl&#232;me ; que les chiffres de la d&#233;linquance sont faux ; que les Renseignements g&#233;n&#233;raux magouillent sans jamais &#234;tre inqui&#233;t&#233;s, etc. Mais ses envies de r&#233;forme font flipper le candidat Hollande, qui ne veut pas d'embrouille avec les syndicats de flics et lui pr&#233;f&#232;re finalement Valls au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Urvoas a pig&#233; la le&#231;on : trois ans plus tard, apr&#232;s les attentats de Charlie, il d&#233;fendait sa loi sc&#233;l&#233;rate sur le Renseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les &#233;v&#233;nements r&#233;cents ont compl&#232;tement occult&#233; d'autres aspects du virage s&#233;curitaire des socialistes : certaines communes sont arpent&#233;es par des municipaux arm&#233;s ; la plupart des grandes m&#233;tropoles acquises &#224; la gauche (Paris, Lyon, bient&#244;t Lille) sont bard&#233;es de cam&#233;ras ; alors que la &#171; police de proximit&#233; &#187; &#233;tait cens&#233;e &#171; &lt;i&gt; rapprocher la police du citoyen&lt;/i&gt; &#187;, elle est confi&#233;e &#224; des CRS en fourgon qui quadrillent en permanence les quartiers populaires. Dans les ann&#233;es 1930, l'immeuble qui est aujourd'hui le si&#232;ge du PS, rue de Solf&#233;rino, abritait un syndicat CGT. En 1940, le r&#233;gime de Vichy y installa son minist&#232;re de l'Information et de la Propagande. Quels fant&#244;mes hantent donc ce parti ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Manuel Valls a pr&#233;sent&#233;, le jeudi 19 novembre 2015, le projet de loi renfor&#231;ant la loi de 1955 relative &#224; l'&#233;tat d'urgence devant l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1999, Julien Dray &#171; &lt;i&gt;s'invite dans les bagnoles de la BAC, se balade en banlieue parisienne, re&#231;oit quelques caillasses, et revient plaider en faveur de ces brigadiers &#8220;soldats de la R&#233;publique&#8221; et de leur difficile m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;. Cf. &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Le-PS-rosse-au-poing&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le PS rosse au poing&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;86, f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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