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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Gr&#232;ce : Voies barr&#233;es</title>
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		<dc:creator>Simon Rico</dc:creator>


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&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187; en dur. &#171; Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plus de 20 000 hommes, femmes et enfants sont bloqu&#233;s dans le nord de la Gr&#232;ce. La moiti&#233; survit dans la d&#233;tresse la plus totale au camp d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine. Pour &#171; d&#233;saturer &#187; la zone et pr&#233;parer l'accueil &#224; long terme, le gouvernement d'Alexis Tsipras a ouvert plusieurs camps de &#171; relocalisation &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en dur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon grand-p&#232;re a pass&#233; quatre ans dans un camp comme celui-ci au d&#233;but des ann&#233;es 1920. Il avait d&#251; quitter son village d'Anatolie &#224; cause de la guerre entre la Gr&#232;ce et la Turquie. &#192; l'&#233;poque, il y a eu un &#233;change de population forc&#233; entre les deux pays : plus d'un million de chr&#233;tiens sont arriv&#233;s de Turquie pendant que 500 000 musulmans quittaient la Gr&#232;ce. Ici, on appelle &#231;a la Grande Catastrophe.&lt;/i&gt; &#187; Odysseas Chiliditis est l'un des responsables de Symbiosis, une ONG &#233;cologiste bas&#233;e &#224; Thessalonique, le grand port du nord-est de la p&#233;ninsule hell&#233;nique. Quand la crise migratoire a commenc&#233; en 2015, il a imm&#233;diatement d&#233;cid&#233; de lancer un programme d'aide aux r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin du mois de f&#233;vrier, il se rend presque tous les jours au camp de Diavata, &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Thessalonique sur la route de Kilkis, pour distribuer de la nourriture, des v&#234;tements et des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Plus de 2 500 personnes sont accueillies dans cette ancienne caserne militaire am&#233;nag&#233;e &#224; la h&#226;te en camp de r&#233;fugi&#233;s. Les soldats grecs ont mont&#233; de grandes tentes chauff&#233;es et recouvert le sol de graviers pour &#233;viter que la terre ne se transforme en boue ou en poussi&#232;re. Les r&#233;fugi&#233;s sont, en th&#233;orie, libres de leurs mouvements, mais la police et l'arm&#233;e contr&#244;lent rigoureusement la barri&#232;re qui ferme l'entr&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Moi, je ne sors presque jamais d'ici, parce que de toute fa&#231;on, il n'y a rien &#224; faire autour. Et puis, je pr&#233;f&#232;re &#233;conomiser mon argent pour continuer la route&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Amir, jeune Afghan de 15 ans, les cheveux roux et le visage couvert de petites taches de rousseur. Avec ses parents, il a fui la r&#233;gion de Kaboul. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la guerre comme en Syrie, c'est vrai, mais dans mon village, la vie est devenue insoutenable avec la pression des Talibans&lt;/i&gt; &#187;, poursuit le lyc&#233;en dans un anglais parfait. Son r&#234;ve : rejoindre l'Allemagne ou la Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre Diavata, les autorit&#233;s grecques ont ouvert trois autres camps de &#171; relocalisation &#187; dans le nord de la Gr&#232;ce &#8211; &#224; Nea Kavala, Herso-Kilkis et dans le port de Thessalonique. L'objectif est clair : d&#233;saturer la zone d'Idomeni, &#224; la fronti&#232;re avec la Mac&#233;doine, o&#249; se pressent plus de 10 000 personnes dont 4 000 enfants, dans des conditions sanitaires ind&#233;centes. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un v&#233;ritable camp de r&#233;fugi&#233;s, il s'agit avant tout d'une zone de fronti&#232;re. Plus de 80% des gens vivent dans de minuscules tentes igloo, alors que les conditions climatiques sont mauvaises, avec la pluie et le vent qui ne cessent de balayer la zone&lt;/i&gt; &#187;, soupire Babar Baloch, le porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies aux R&#233;fugi&#233;s pour l'Europe. &#171; &lt;i&gt;Les r&#233;fugi&#233;s doivent supporter une situation inacceptable et tout bonnement invivable. Il est absolument n&#233;cessaire de les reloger dans un vrai camp en dur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Idomeni, tout le monde conna&#238;t le quinquag&#233;naire originaire du Bangladesh, avec ses petites lunettes, sa moustache et sa calvitie. Son nom a m&#234;me &#233;t&#233; tagu&#233; en rouge sur des pr&#233;fabriqu&#233;s des ONG. Chaque jour, il arpente les all&#233;es du camp du matin au soir, r&#233;pondant aux questions incessantes des journalistes et des r&#233;fugi&#233;s. Deux phrases reviennent sans cesse : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ont-ils ferm&#233; la fronti&#232;re ?&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Que va-t-on devenir ?&lt;/i&gt; &#187; La signature le 18 mars de l'accord entre l'Union europ&#233;enne et la Turquie visant &#224; endiguer le flux des arriv&#233;es sur les &#238;les de la mer &#201;g&#233;e inqui&#232;te beaucoup les habitants du camp. Pour eux, il est hors de question de retourner en arri&#232;re comme le pr&#233;voit le texte, au m&#233;pris des conventions internationales sur le droit d'asile. L'espoir s'amenuisant, ils sont de plus en plus nombreux &#224; se laisser tenter par la &#171; relocalisation &#187; propos&#233;e par l'Union europ&#233;enne. Le probl&#232;me, c'est qu'il n'y a d&#233;j&#224; plus de places pour ce programme, dont la mise en &#339;uvre divise les 28. &#192; peine 2 000 ont &#233;t&#233; propos&#233;es en Gr&#232;ce alors que plus de 50 000 candidats &#224; l'exil sont bloqu&#233;s, sans aucune perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'incertitude qui ronge les r&#233;fugi&#233;s, pour le moment, l'ambiance est relativement calme &#224; Idomeni et dans les autres camps du nord de la Gr&#232;ce. Pour combien de temps encore ? Le 23 mars, deux Syriens se sont immol&#233;s par le feu pour d&#233;noncer la fermeture des fronti&#232;res des Balkans. La veille, des manifestants avaient bloqu&#233; la voie ferr&#233;e menant en Mac&#233;doine aux cris de : &#171; &lt;i&gt;Merkel, tu nous as trahis !&lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus t&#244;t, plusieurs centaines de r&#233;fugi&#233;s venus de Diavata d&#233;filaient dans les rues de Thessalonique avec des pancartes &#171; Open the borders &#187;. Coinc&#233;s dans la sourici&#232;re grecque, les candidats &#224; l'exil cherchent par tous les moyens &#224; poursuivre leur route. &#192; la mi-mars, plus de mille personnes, dont des vieillards et des enfants en bas &#226;ge, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; traverser une rivi&#232;re en crue &#224; quelques kilom&#232;tres d'Idomeni pour entrer en Mac&#233;doine. De l'autre c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e les attendait. Tous ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement renvoy&#233;s en Gr&#232;ce, non sans avoir &#233;t&#233; brutalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, c'est la Gr&#232;ce elle-m&#234;me qui souffle une porte de sortie. Juste avant le sommet crucial du 18 mars entre Bruxelles et Ankara, le gouvernement Tsipras a achemin&#233; quelque 160 Syriens &#224; l'extr&#234;me ouest du pays, dans un centre d'accueil du minist&#232;re des Affaires sociales de la petite ville de Konitsa, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de la fronti&#232;re albanaise. Imm&#233;diatement, l'Italie s'est inqui&#233;t&#233;e de l'ouverture d'une nouvelle route menant &#224; sa c&#244;te orientale et a d&#233;p&#234;ch&#233; une &#233;quipe de policiers en Albanie. Mais pour l'instant, il n'y a personne. &#171; &lt;i&gt; C'est m&#234;me plus calme qu'avant 2015&lt;/i&gt; &#187;, rassure le chef de la police frontali&#232;re de Kapshtic&#235;. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les migrants passeraient-ils par ici ? Il n'y a pas de bateaux en Albanie, et c'est plus simple de s'&#233;chapper par Corfou...&lt;/i&gt; &#187; L'accord UE-Turquie &#224; peine sign&#233;, Ath&#232;nes a install&#233; 1 200 personnes dans un centre de Ioannina, &#224; 50 km au sud de Konitsa. Pour mettre la pression sur l'Europe ? Les r&#233;fugi&#233;s d'Idomeni, eux, ont entendu le message : aujourd'hui, le mot &#171; Albanie &#187; revient souvent quand il est question de fuite. &#171; &lt;i&gt;Pour le moment, je pr&#233;f&#232;re attendre ici. En Turquie, je me suis fait arr&#234;ter alors que je tentais de passer ill&#233;galement. Les policiers m'ont frapp&#233; avec leurs matraques et m'ont laiss&#233; pour mort. Je ne veux pas revivre &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, raconte Yazad, un jeune Syrien de Konitsa qui tente de rejoindre sa m&#232;re d&#233;j&#224; en Allemagne. &#171; &lt;i&gt; Je n'ai pas pu partir avec elle, nous n'avions pas assez d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion sinistr&#233;e de Konitsa, certains habitants regardent avec m&#233;fiance l'arriv&#233;e de ces nouveaux venus. Depuis que la crise a commenc&#233;, la bourgade se vide de ses habitants, qui partent dans les grandes villes chercher du travail. &#171; &lt;i&gt;Regardez la place du village : il y a trois ans encore, elle &#233;tait pleine tous les matins, maintenant il n'y a plus personne&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Trifon, qui tient un caf&#233;-p&#226;tisserie joliment d&#233;cor&#233;. Pourtant, ici comme dans le reste de la Gr&#232;ce, les habitants font preuve d'une &#233;tonnante solidarit&#233;, apportant sans compter des vivres ou des v&#234;tements. &#192; Kozani, la pr&#233;fecture de la Mac&#233;doine occidentale, la municipalit&#233; &#233;cologiste accueille m&#234;me 500 personnes dans le gymnase municipal, sans aucune aide du gouvernement, du HCR ou des ONG. Des dizaines de volontaires locaux se mobilisent jour et nuit pour accueillir au mieux les Syriens et les Irakiens. &#171; &lt;i&gt;Le nord de la Gr&#232;ce a beaucoup souffert des guerres mondiales et de la guerre civile&lt;/i&gt; &#187;, explique Giannis Kostarelas, le responsable de la communication de la mairie. &#171; &lt;i&gt;Les gens d'ici savent bien ce qu'&#234;tre r&#233;fugi&#233; veut dire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le plan de relocalisation adopt&#233; par l'Union europ&#233;enne pr&#233;voit une nouvelle r&#233;partition des r&#233;fugi&#233;s entre les 28 &#201;tats membres. Pour l'instant, 160 000 personnes devraient &#234;tre concern&#233;es, mais plusieurs pays ralentissent sa mise en &#339;uvre, dont la France. En 2015, plus d'un million de candidats &#224; l'exil sont pass&#233;s par la route des Balkans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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