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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; f&#8204;leur de banlieue : Les Gracieuses, de Fatima Sissani</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani. Apr&#232;s La Langue de Zahra, film inattendu sur sa maman analphab&#232;te &#8211; m&#232;re au foyer kabyle exil&#233;e en r&#233;gion parisienne et qu'on d&#233;couvre po&#233;tesse au fil de ses allers-retours entre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://lalanguedezahra.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, film inattendu sur sa maman analphab&#232;te &#8211; m&#232;re au foyer kabyle exil&#233;e en r&#233;gion parisienne et qu'on d&#233;couvre po&#233;tesse au fil de ses allers-retours entre la France et le &lt;i&gt;bled&lt;/i&gt; &#8211;, la r&#233;alisatrice Fatima Sissani a r&#233;cidiv&#233; avec la troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration. &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/117809943&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Gracieuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; donne &#224; voir une histoire d'amiti&#233; entre filles de banlieue, dans un subtil mouvement qui va du quotidien jusqu'&#224; la r&#233;flexion sur les identit&#233;s crois&#233;es qui d&#233;rangent ce pays. &#171; &lt;i&gt;Le&#239;la est ma ni&#232;ce et je l'ai toujours vue avec sa bande. On en rit dans la famille : &#224; la moindre f&#234;te, &#224; chaque mariage, Le&#239;la demandait si elle pouvait venir avec ses sept copines. Je les ai vues grandir et pousser de plus en plus loin les limites de la solidarit&#233;. Elles ont toujours &#233;t&#233; l&#224; les unes pour les autres, dans les moments difficiles, et aussi dans les grands &#233;v&#233;nements de leur vie. Et &#231;a, ce sentiment amoureux et collectif, &#231;a m'&#233;meut beaucoup.&lt;/i&gt; &#187; Entre interviews face cam&#233;ra et sc&#232;nes de convivialit&#233; ou au travail, le film montre ce qui fait la solidit&#233; de leur joyeuse amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui m'a le plus &#233;tonn&#233;e, au cours du tournage, c'est l'absence de col&#232;re. Je suis de la g&#233;n&#233;ration ant&#233;rieure, et j'ai eu beaucoup de col&#232;re, &#224; leur &#226;ge, sur l'immigration, sur les quartiers populaires, sur le sort qui nous a &#233;t&#233; fait. N&#233;anmoins, il y a chez elles une hypersensibilit&#233; &#224; l'injustice. Elles ne laissent rien passer. Et puis aussi une grande g&#233;n&#233;rosit&#233;, entre elles et envers les autres. Nedjma revient r&#233;guli&#232;rement chez elle sans &#233;charpe, sans bonnet, elle les donne aux clochards.&lt;/i&gt; &#187; Pour elles, l'&#233;mancipation semble passer par le travail. &#171; &lt;i&gt;&#192; mon &#233;poque, l'outil, c'&#233;tait les &#233;tudes. Aujourd'hui, apr&#232;s deux d&#233;cennies de casse des services publics, la situation est beaucoup plus dure. &lt;/i&gt; &#187; Ind&#233;pendantes, les filles s'habillent comme &#231;a leur chante et bavardent librement au pied de leur immeuble. Khadija en rit : &#171; &lt;i&gt;Les gens te disent rarement &#8220;Ouah !, tu vis en cit&#233; ? C'est super !&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Et la pression sociale, si souvent mise sur la sellette par les m&#233;dias ? Le&#239;la raconte les grands fr&#232;res trop protecteurs, mais &#171; &lt;i&gt;elles sont chez elles&lt;/i&gt;, nuance la r&#233;alisatrice, &lt;i&gt;et puis l'&#233;tape difficile, c'est &#224; l'adolescence, quand les gamines &#233;prouvent le besoin de cacher leur corps, de passer inaper&#231;ues. Leur groupe est un lieu d'&#233;panouissement &#8211; ambiance qui manque souvent aux milieux militants, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'on y croise si peu de gens des quartiers populaires.&lt;/i&gt; &#187; Pour Fatima, &#171; &lt;i&gt;ces filles-l&#224; sont dans une belle humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djilali, fr&#232;re de Le&#239;la, se marie avec Rokia, une fille de la bande, d'origine malienne. Il n'appara&#238;t que pour les noces, comme cela arrive si souvent aux femmes dans les films. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une d&#233;marche id&#233;ologique. &#199;a traduit tout simplement une culture, o&#249; la solidarit&#233; f&#233;minine est tr&#232;s ancr&#233;e, active, quotidienne. C'est vrai que, comme dans La Langue de Zahra, il n'y a pas d'hommes dans Les Gracieuses. Je n'avais pas fait expr&#232;s pour Zahra et &#231;a m'a &#233;t&#233; renvoy&#233; lors des projections. Avec mon deuxi&#232;me film, je savais.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;unies dans une cuisine, les amies regardent des photos de leur enfance et parlent d'avenir. L'id&#233;al, pour elles, ce serait de vivre dans le m&#234;me immeuble, pour que leurs enfants grandissent ensemble. &#171; &lt;i&gt;Et on s'est dit que si jamais on se mariait pas,&lt;/i&gt; raconte Kenza, &lt;i&gt;on pourrait vivre toutes dans une grande maison ! &#199;a serait encore mieux !&lt;/i&gt; &#187; Sihem confirme au milieu des rires : &#171; &lt;i&gt;On pr&#233;f&#233;rerait cette option-l&#224; plut&#244;t que l'histoire du mari et des gosses !&lt;/i&gt; &#187;
Ce qui n'emp&#234;che pas la complicit&#233; avec les gar&#231;ons. &#171; &lt;i&gt;Leur absence dans le film tient aussi &#224; la violence avec laquelle cette soci&#233;t&#233; traite les jeunes hommes maghr&#233;bins&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fatima. &lt;i&gt;C'est dix fois plus dur pour les mecs, avec eux, la discrimination est super trash. Ils ne voulaient pas &#234;tre film&#233;s. Il faut dire qu'aujourd'hui, tu ne peux plus te pointer dans une cit&#233; et filmer. Les gens ont acquis une vraie conscience de leur image et de la manipulation qu'on peut en faire. Et ils ont bien raison, je trouve &#231;a salutaire. Juste avant le tournage, Arte a diffus&#233; un doc' scandaleux, La Cit&#233; du m&#226;le &#8211; tu pressens d&#233;j&#224; dans le titre le discours qu'on va te tenir.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Certains de leurs copains y apparaissent et ils se sont sentis pi&#233;g&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Autre explication : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas film&#233; non plus leurs amoureux, pour respecter une esp&#232;ce de consensus entre nous et nos parents, qui nous ont fait comprendre : &#8220;Fa&#238;tes ce que vous voulez, mais ne nous le dites pas.&#8221; Et puis, j'aime bien les gros plans, et ce film est un gros plan sur les femmes. Avec les mecs, il y aurait peut-&#234;tre eu plus de col&#232;re, mais surtout plus de tristesse. &lt;/i&gt; &#187; On se demande : mais o&#249; est le fr&#232;re qui deale, le cousin radicalis&#233; sur Internet, l'oncle tomb&#233; pour braquage ? Les producteurs et les diffuseurs ont d&#251; &#234;tre d&#233;sappoint&#233;s ! &#171; &lt;i&gt;Oui, ils sont d&#233;contenanc&#233;s par la bienveillance, tellement habitu&#233;s qu'ils sont &#224; maltraiter l'image des quartiers, des ch&#244;meurs, des jeunes issus de l'immigration, des femmes voil&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-18-2283d.jpg?1782641678' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Le&#239;la Sidi-Mohand. Un selfie des gracieuses.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour le coup, certains regards militants et les exigences de la production &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; co&#239;ncideraient dans la m&#234;me frustration face &#224; ce film de femmes de banlieue qui ne d&#233;crit pas l'enfer. Trop tendre, Fatima Sissani ? Disons plut&#244;t qu'elle prend &#224; contre-pied les clich&#233;s dans lesquels s'embourbe trop souvent le discours sur la condition f&#233;minine dans les quartiers. Na&#239;ves, ces jeunes femmes ? Pourtant, il suffit d'assister au d&#233;bat apr&#232;s une projection, comme le 3 mars &#224; l'Alcazar &#8211; biblioth&#232;que municipale de Marseille &#8211;, pour se rendre compte &#224; quel point le film met le doigt l&#224; o&#249; ce pays fait mal. Gr&#226;ce &#224; l'entr&#233;e libre, les questions venaient d'un public vari&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi y a pas de Blanche dans leur bande ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; sous-entendu : elles font pas du racisme anti-Blancs ? &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les faire parler de l'&#234;tre, au lieu de parler du faire ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; sous-entendu : n'y a-t-il pas l&#224; une crispation identitaire ? Le th&#232;me de l'identit&#233; est en effet abord&#233; dans le film : &#171; &lt;i&gt;On est fran&#231;aises, on est alg&#233;riennes, on est musulmanes, et on est aussi les petites-filles du FLN&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Kenza, la seule &#224; &#234;tre n&#233;e en Alg&#233;rie. &#171; &lt;i&gt;J'ai l'impression que pour eux, s'int&#233;grer, c'est oublier d'o&#249; on vient&lt;/i&gt; &#187;, s'interroge aussi Rokia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pourquoi avoir choisi un juif pour repr&#233;senter les riches ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; cette question venant de la salle est elle aussi suspicieuse, mais surtout tordue. Dans la sc&#232;ne r&#233;crimin&#233;e, on voit Myriam rendre visite &#224; M. Bloch, chez qui elle a travaill&#233; comme aide-m&#233;nag&#232;re. Le lien &#233;tabli entre ce vieux monsieur r&#233;sidant dans le XVIe arrondissement de Paris et la jeune banlieusarde est touchant. La tendresse para&#238;t r&#233;ciproque. Assise sur un banc, Myriam raconte ensuite le choc culturel qu'ont suppos&#233; ses premiers pas dans les beaux quartiers. Elle d&#233;crit le style de vie de ces bourgeois dont elle aurait voulu, les premiers temps, imiter l'accent et la fa&#231;on de s'habiller : &#171; &lt;i&gt;J'ai fini fi&#232;re d'&#234;tre une fille de banlieue. Gr&#226;ce &#224; la cit&#233;, &#224; nos m&#232;res, on est g&#233;n&#233;reuses, on est unies. Ici, quand la femme de M. Bloch est tomb&#233;e malade, tout l'immeuble l'a su, mais il n'a eu le soutien de personne. J'ai l'impression qu'ils ne sont pas heureux, ils ne se font pas plaisir, ils sont toujours en train de compter. &lt;/i&gt; &#187; Il n'est &#224; aucun moment question de juif ou pas juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ces gracieuses parlent de la langue comme stigmate, elles le disent dans un fran&#231;ais impeccable, &#171; &lt;i&gt;parce qu'elles sont intelligentes et qu'elles s'adaptent &lt;/i&gt; &#187;. Devant la cam&#233;ra, pas question de faire la b&#234;te de foire en parlant verlan. &#171; &lt;i&gt;Le complexe de classe que suppose ne pas savoir &#8220;bien parler&#8221;, &#231;a renvoie au sort qui a &#233;t&#233; fait dans ce pays aux langues, &#224; toutes les autres langues. Ici, &#224; la radio, tu n'as pas un accent, d'aucune r&#233;gion de France. &#192; la limite, l'accent de Marseille ou de Bordeaux est tol&#233;r&#233; pour les commentaires de foot. Une langue, un peuple, une religion.&lt;/i&gt; &#187; Ou une la&#239;cit&#233; excluante. &#171; &lt;i&gt;Oui, dr&#244;le d'universalisme !&lt;/i&gt; &#187; Fatima se souvient que &lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt; (diffus&#233; uniquement sur France3-Corse, est-ce un hasard ?) a &#233;t&#233; re&#231;u avec int&#233;r&#234;t &#224; Aurillac, &#224; Lille, partout o&#249; des parlers locaux ont &#233;t&#233; ni&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et puis, le probl&#232;me en Alg&#233;rie et en France, c'est que la m&#233;moire de la guerre nous colonise. Elle p&#232;se tr&#232;s tr&#232;s lourd, dans ma famille. En &#233;migrant apr&#232;s l'ind&#233;pendance, mes parents ont m&#234;me eu le sentiment de perdre leur l&#233;gitimit&#233; &#224; parler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fatima Sissani pr&#233;pare un troisi&#232;me film sur la m&#233;moire de la guerre d'Alg&#233;rie.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fatima Sissani pr&#233;pare un troisi&#232;me film sur la m&#233;moire de la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;143 : sp&#233;cial &#034;Debout partout&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no143-special</link>
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		<description>
&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du samedi 7 mai 2016. En une : &#034;Debout R&#233;publique&#034;. Photo de Yann Levy. Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de t'abonner... L'&#233;dito : La police d&#233;teste tout le monde ! Paris, le 1er mai, boulevard Diderot. Les CRS font obstruction &#224; la traditionnelle journ&#233;e de solidarit&#233; des travailleurs, pensant isoler le bon grain de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L111xH150/arton1709-ca1a7.jpg?1782953088' class='spip_logo spip_logo_right' width='111' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En kiosque &#224; partir du samedi 7 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une : &#034;Debout R&#233;publique&#034;. Photo de &lt;a href=&#034;http://yannlevy.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article sera mis en ligne, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque semaine&lt;/a&gt;. Les autres articles seront archiv&#233;s sur notre site trois mois plus tard. D'ici-l&#224;, tu as tout le temps d'aller saluer ton kiosquier ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ce-qu-il-faut-debourser'&gt;t'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;dito : La police d&#233;teste tout le monde !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 1er mai, boulevard Diderot. Les CRS font obstruction &#224; la traditionnelle journ&#233;e de solidarit&#233; des travailleurs, pensant isoler le bon grain de l'ivraie, les gentils pacifistes des redoutables casseurs. En v&#233;rit&#233;, les choses sont devenues un peu plus compliqu&#233;es que cela. Qui peut pr&#233;tendre que le slogan &#171; Tout le monde d&#233;teste la police ! &#187; n'est entonn&#233; que par une infime minorit&#233; ? Par moments, au vu de la pr&#233;sence polici&#232;re massive, certains manifestants, &#224; bout de patience, croyaient assister &#224; une manif de flics encercl&#233;e par des ouvrier.e.s, &#233;tudiant.e.s, pr&#233;caires, etc. Face &#224; la rang&#233;e de robocops, sourds &#224; toute discussion &#8211; la plupart utilisent des bouchons d'oreille pour ne pas entendre les insultes et les quolibets &#8211; et prompts &#224; gazer tout ce qui s'agite, une vieille citation revient &#224; l'esprit : &#171; La question n'est pas de comprendre pourquoi il y a des gens qui se battent contre la police, mais pourquoi il n'y en a pas plus. &#187; C'est de qui d&#233;j&#224; ? Wilhem Reich ? A moins que ce ne soit apocryphe&#8230; Peu importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de casseurs qui s'infiltrent et cassent pour le fun&lt;/i&gt;, estimait ainsi un syndicaliste rennais dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 2 mai. [&#8230;]&lt;i&gt; Ils ne sont pas en marge du mouvement social, ils sont int&#233;gr&#233;s aux cort&#232;ges.&lt;/i&gt; &#187; Les mobilisations du printemps 2016 ont chang&#233; la donne. Le discours politico-m&#233;diatique sur les &#171; casseurs &#187; a de moins en moins de prise parmi les gens mobilis&#233;s. La mont&#233;e en puissance de la violence dans les cort&#232;ges est en grande partie une r&#233;action &#224; la strat&#233;gie de tension d'un pouvoir qui veut imposer ses conditions de manifester. Il s'agit aussi d'un l&#233;gitime sentiment de r&#233;volte face &#224; une r&#233;pression sans frein : plus de mille arrestations enregistr&#233;es depuis le d&#233;but de la mobilisation contre la loi El Khomri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant le sempiternel d&#233;bat sur la violence &#8211; c'est bien ou c'est pas bien ? (sondage Chien rouge/&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) &#8211; est un bourbier qui englue ceux qui s'en font les d&#233;positaires dans des postures st&#233;riles. Il y a certes des violences nuisibles au mouvement et qui mettent certains espaces de lutte en danger &#8211; ceux o&#249; l'on veut pouvoir venir avec nos enfants par exemple. Ainsi, le 1er mai au soir, prenant pr&#233;texte d'une attaque contre un magasin de sport, place de la R&#233;publique, les gaz lacrymog&#232;nes policiers ont eu raison de la tenue d'une Nuit Debout pourtant massive. Et &#231;a, c'est &#233;videmment ce que souhaitent les tenants du retour &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH711/-5-e7157.jpg?1782641678' width='400' height='711' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Graffitivre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier sp&#233;cial : Debout partout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paris-R&#233;publique : Le mois le plus long &gt;&lt;/strong&gt; Plusieurs nuits se superposent &#224; la Nuit Debout parisienne, qui a d&#233;but&#233; un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularit&#233;s et de rencontres qu'on ne peut r&#233;sumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans pr&#233;cision de calendrier, sans pr&#233;tention d'&#233;clairage, sans possibilit&#233; de mettre &#224; jour. Un humble rappel des r&#233;veils souriants, parsem&#233; d'oublis obscurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paris-Banlieues : &#192; l'aube de nouvelles Nuits &gt;&lt;/strong&gt; Non, la R&#233;publique n'est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se l&#232;vent aussi ! Reportage &#224; Aubervilliers en Seine-Saint-Denis et sur la place des F&#234;tes, &#224; Paris, o&#249;, loin des grands m&#233;dias, on fait aussi sa Nuit Debout, m&#234;me avec peu de monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rennes : La bataille du centre-ville &gt;&lt;/strong&gt; Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de s&#233;rum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : le centre-ville, interdit d'acc&#232;s par la mairie et la pr&#233;fecture, est devenu un enjeu du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lille : Convergence des nuits &gt;&lt;/strong&gt; A Lille la Nuit Debout s'oppose parfois &#224; l'activisme. Un horizon commun en perspective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille : Le S.O. fait son chaud &gt;&lt;/strong&gt; Cr&#226;nes ras&#233;s, oreillettes, gazeuses sous le bras, carrure imposante derri&#232;re des lunettes de soleil, talkies-walkies&#8230; Impossible de rater ces aficionados des manifs. Et attention, ils veillent au grain : tout doit se passer dans les clous. Enqu&#234;te sp&#233;ciale au c&#339;ur du Service d'ordre (S.O.) CGT-S&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syndicats : Un Pastis... bien noy&#233; ! &gt;&lt;/strong&gt; Lors du 51e congr&#232;s de la CGT, Martinez a install&#233; son leadership, mais sous la surveillance tendue de sa base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;cariat : &#171; Tout le monde apprend avec la crise &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Exil&#233; en France apr&#232;s les mouvements italiens des ann&#233;es 1970, auteur du &lt;i&gt;Gouvernement par la dette&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marcel Duchamp et le refus du travail,&lt;/i&gt; le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les ann&#233;es 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la g&#233;n&#233;ralisation du pr&#233;cariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignage : &#171; La gr&#232;ve, c'est relever la t&#234;te &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignage : &#171; Un degr&#233; de violence rare &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Paul s'est fait d&#233;molir la rotule par des flics lors d'une r&#233;cente manifestation parisienne contre la Loi Travail. Il raconte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-6-76f50.jpg?1782641678' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Enqu&#234;tes et reportages &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Immigration : Dieppe, l'autre Calais &gt;&lt;/strong&gt; Quand on ne peut passer par ici, il faut passer par l&#224;. La cit&#233; normande accueille elle aussi des candidats au d&#233;part pour la Grande-Bretagne. Au grand dam du maire, tout communiste qu'il soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panama Papers : Sous le chapeau, le bas de laine &gt;&lt;/strong&gt; C'est le nouveau scandale financier, la cuv&#233;e 2016. L'affaire des Panama Papers, relay&#233;e par tous les m&#233;dias, est une petite bombe &#224; fragmentation qui vient de p&#233;ter &#224; la tronche des capitalistes et politiques de tout poil. L'&#233;ni&#232;me du genre avant la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nucl&#233;aire : Du d&#233;ni &#224; l'autogestion &gt;&lt;/strong&gt; &#192; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de l'accident de Tchernobyl, l'association La qualit&#233; de vie a vu grand. De 9h &#224; minuit, plus de cinquante personnes &#8211; m&#233;decins, chercheurs, travailleurs et militants &#8211;, sont intervenus, le samedi 23 avril, &#224; la mairie du 2e arrondissement de Paris pour une conf&#233;rence-marathon intitul&#233;e &#171; Tchernobyl day and night . En voici quelques morceaux choisis pour &#233;clairer radieusement l'actualit&#233; de cet accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kurdistan : Survivre &#224; Sur &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Diyarbakir, capitale de la r&#233;gion kurde du Sud-Est anatolien, malgr&#233; toutes les violences subies par la population et la crainte des attentats, la f&#234;te du Newroz, qui c&#233;l&#232;bre le nouvel an et l'esprit de r&#233;sistance, a r&#233;uni plusieurs centaines de milliers de personnes. Reportage parmi les rescap&#233;s du quartier de Sur, qui a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de sanglants affrontements avec les forces de l'&#201;tat turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois mois en &#201;thiopie : Invitation au voyage &gt;&lt;/strong&gt; L'&#201;thiopie ? Avant de rencontrer No&#233;mie, Abel et leurs trois enfants, nous n'avions jamais pens&#233; y aller. Par contre, r&#233;volt&#233;s par la situation faite ici aux migrants, nous &#233;tions curieux. Abel est n&#233; en &#201;rythr&#233;e quand celle-ci &#233;tait encore &#233;thiopienne. Il dit la beaut&#233; de cette r&#233;gion, mais aussi le scandale des famines de 1973 et 1984 : &#171; &lt;i&gt; L'&#201;thiopie est riche, toutes les terres sont cultiv&#233;es, c'est la sp&#233;culation qui a provoqu&#233; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; (...) Abel raconte qu'en &#201;rythr&#233;e, l'enr&#244;lement militaire est obligatoire pour les hommes, toute leur vie. La dictature enl&#232;ve, torture, et de plus en plus d'&#201;rythr&#233;ens &#233;chappent &#224; cet enfer en se r&#233;fugiant dans d'autres pays africains, en particulier l'&#201;thiopie, ou tentent le grand saut vers l'Europe, les USA... Tout est dit avec col&#232;re, mais aussi en riant, comme pour relativiser, adoucir, au gr&#233; de mille anecdotes relatant la solidarit&#233;, l'humour et la force de caract&#232;re des &#201;thiopiens. Quand No&#233;mie et Abel ont d&#233;cid&#233; d'aller vivre l&#224;-bas, nous savions que nous irions les rejoindre. Et, &#224; la fin du voyage, Abel nous chargera d'une mission : &#171; &lt;i&gt;Racontez ce que vous avez vu ici !&lt;/i&gt; &#187; Reportage exclusif en cinq pages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;80&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-7-3d7c4.jpg?1782641677' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;A l'ext&#233;rieur des murailles de Harar. Photo de Mira Garou et Donatien Ducasse.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cultures et analyses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dia : Le retour du gros canard &gt;&lt;/strong&gt; En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;, &#171; Marabout &#187;. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bouquin : &lt;i&gt;Gadjo !&lt;/i&gt; Mange tes morts ! &gt;&lt;/strong&gt; &#199;a sort chez l'&#233;diteur Steinkis et vaut largement ses 20 &lt;i&gt;zorros&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Manouches&lt;/i&gt; est le cinqui&#232;me album que Kkrist Mirror consacre au peuple tsigane. C'est dense, pugnace, dramatique. &#199;a rend de la noblesse aux nomades et toute leur laideur aux notables. &lt;i&gt;Michto !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma cabane pas au Canada : D&#233;cadrer la psychiatrie &gt; &lt;/strong&gt; Depuis 2012, ils se retrouvent une fois par semaine pour un atelier photo &#224; Marseille et pour publier &lt;i&gt;Un autre journal&lt;/i&gt;. Sans clich&#233;s, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est all&#233; &#224; la rencontre de ces photographes autodidactes, qui ont en commun d'avoir connu un suivi psychiatrique en h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Film : &lt;i&gt;Les Gracieuses&lt;/i&gt;, de Fatima Sissani, &#224; fleur de banlieue &gt;&lt;/strong&gt; Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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