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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; f&#8204;leur de banlieue : Les Gracieuses, de Fatima Sissani</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<dc:subject>film inattendu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani. Apr&#232;s La Langue de Zahra, film inattendu sur sa maman analphab&#232;te &#8211; m&#232;re au foyer kabyle exil&#233;e en r&#233;gion parisienne et qu'on d&#233;couvre po&#233;tesse au fil de ses allers-retours entre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment un film sur une bande d'amies du Val-de-Marne soul&#232;ve-t-il autant de d&#233;bats lors des projections publiques ? Peut-&#234;tre parce que, tout en douceur, il met le doigt l&#224; o&#249; &#231;a saigne. Et r&#233;v&#232;le le soup&#231;on maladif auquel sont soumises les identit&#233;s multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://lalanguedezahra.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, film inattendu sur sa maman analphab&#232;te &#8211; m&#232;re au foyer kabyle exil&#233;e en r&#233;gion parisienne et qu'on d&#233;couvre po&#233;tesse au fil de ses allers-retours entre la France et le &lt;i&gt;bled&lt;/i&gt; &#8211;, la r&#233;alisatrice Fatima Sissani a r&#233;cidiv&#233; avec la troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration. &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/117809943&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Gracieuses&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; donne &#224; voir une histoire d'amiti&#233; entre filles de banlieue, dans un subtil mouvement qui va du quotidien jusqu'&#224; la r&#233;flexion sur les identit&#233;s crois&#233;es qui d&#233;rangent ce pays. &#171; &lt;i&gt;Le&#239;la est ma ni&#232;ce et je l'ai toujours vue avec sa bande. On en rit dans la famille : &#224; la moindre f&#234;te, &#224; chaque mariage, Le&#239;la demandait si elle pouvait venir avec ses sept copines. Je les ai vues grandir et pousser de plus en plus loin les limites de la solidarit&#233;. Elles ont toujours &#233;t&#233; l&#224; les unes pour les autres, dans les moments difficiles, et aussi dans les grands &#233;v&#233;nements de leur vie. Et &#231;a, ce sentiment amoureux et collectif, &#231;a m'&#233;meut beaucoup.&lt;/i&gt; &#187; Entre interviews face cam&#233;ra et sc&#232;nes de convivialit&#233; ou au travail, le film montre ce qui fait la solidit&#233; de leur joyeuse amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce qui m'a le plus &#233;tonn&#233;e, au cours du tournage, c'est l'absence de col&#232;re. Je suis de la g&#233;n&#233;ration ant&#233;rieure, et j'ai eu beaucoup de col&#232;re, &#224; leur &#226;ge, sur l'immigration, sur les quartiers populaires, sur le sort qui nous a &#233;t&#233; fait. N&#233;anmoins, il y a chez elles une hypersensibilit&#233; &#224; l'injustice. Elles ne laissent rien passer. Et puis aussi une grande g&#233;n&#233;rosit&#233;, entre elles et envers les autres. Nedjma revient r&#233;guli&#232;rement chez elle sans &#233;charpe, sans bonnet, elle les donne aux clochards.&lt;/i&gt; &#187; Pour elles, l'&#233;mancipation semble passer par le travail. &#171; &lt;i&gt;&#192; mon &#233;poque, l'outil, c'&#233;tait les &#233;tudes. Aujourd'hui, apr&#232;s deux d&#233;cennies de casse des services publics, la situation est beaucoup plus dure. &lt;/i&gt; &#187; Ind&#233;pendantes, les filles s'habillent comme &#231;a leur chante et bavardent librement au pied de leur immeuble. Khadija en rit : &#171; &lt;i&gt;Les gens te disent rarement &#8220;Ouah !, tu vis en cit&#233; ? C'est super !&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Et la pression sociale, si souvent mise sur la sellette par les m&#233;dias ? Le&#239;la raconte les grands fr&#232;res trop protecteurs, mais &#171; &lt;i&gt;elles sont chez elles&lt;/i&gt;, nuance la r&#233;alisatrice, &lt;i&gt;et puis l'&#233;tape difficile, c'est &#224; l'adolescence, quand les gamines &#233;prouvent le besoin de cacher leur corps, de passer inaper&#231;ues. Leur groupe est un lieu d'&#233;panouissement &#8211; ambiance qui manque souvent aux milieux militants, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'on y croise si peu de gens des quartiers populaires.&lt;/i&gt; &#187; Pour Fatima, &#171; &lt;i&gt;ces filles-l&#224; sont dans une belle humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djilali, fr&#232;re de Le&#239;la, se marie avec Rokia, une fille de la bande, d'origine malienne. Il n'appara&#238;t que pour les noces, comme cela arrive si souvent aux femmes dans les films. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une d&#233;marche id&#233;ologique. &#199;a traduit tout simplement une culture, o&#249; la solidarit&#233; f&#233;minine est tr&#232;s ancr&#233;e, active, quotidienne. C'est vrai que, comme dans La Langue de Zahra, il n'y a pas d'hommes dans Les Gracieuses. Je n'avais pas fait expr&#232;s pour Zahra et &#231;a m'a &#233;t&#233; renvoy&#233; lors des projections. Avec mon deuxi&#232;me film, je savais.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;unies dans une cuisine, les amies regardent des photos de leur enfance et parlent d'avenir. L'id&#233;al, pour elles, ce serait de vivre dans le m&#234;me immeuble, pour que leurs enfants grandissent ensemble. &#171; &lt;i&gt;Et on s'est dit que si jamais on se mariait pas,&lt;/i&gt; raconte Kenza, &lt;i&gt;on pourrait vivre toutes dans une grande maison ! &#199;a serait encore mieux !&lt;/i&gt; &#187; Sihem confirme au milieu des rires : &#171; &lt;i&gt;On pr&#233;f&#233;rerait cette option-l&#224; plut&#244;t que l'histoire du mari et des gosses !&lt;/i&gt; &#187;
Ce qui n'emp&#234;che pas la complicit&#233; avec les gar&#231;ons. &#171; &lt;i&gt;Leur absence dans le film tient aussi &#224; la violence avec laquelle cette soci&#233;t&#233; traite les jeunes hommes maghr&#233;bins&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fatima. &lt;i&gt;C'est dix fois plus dur pour les mecs, avec eux, la discrimination est super trash. Ils ne voulaient pas &#234;tre film&#233;s. Il faut dire qu'aujourd'hui, tu ne peux plus te pointer dans une cit&#233; et filmer. Les gens ont acquis une vraie conscience de leur image et de la manipulation qu'on peut en faire. Et ils ont bien raison, je trouve &#231;a salutaire. Juste avant le tournage, Arte a diffus&#233; un doc' scandaleux, La Cit&#233; du m&#226;le &#8211; tu pressens d&#233;j&#224; dans le titre le discours qu'on va te tenir.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Certains de leurs copains y apparaissent et ils se sont sentis pi&#233;g&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Autre explication : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas film&#233; non plus leurs amoureux, pour respecter une esp&#232;ce de consensus entre nous et nos parents, qui nous ont fait comprendre : &#8220;Fa&#238;tes ce que vous voulez, mais ne nous le dites pas.&#8221; Et puis, j'aime bien les gros plans, et ce film est un gros plan sur les femmes. Avec les mecs, il y aurait peut-&#234;tre eu plus de col&#232;re, mais surtout plus de tristesse. &lt;/i&gt; &#187; On se demande : mais o&#249; est le fr&#232;re qui deale, le cousin radicalis&#233; sur Internet, l'oncle tomb&#233; pour braquage ? Les producteurs et les diffuseurs ont d&#251; &#234;tre d&#233;sappoint&#233;s ! &#171; &lt;i&gt;Oui, ils sont d&#233;contenanc&#233;s par la bienveillance, tellement habitu&#233;s qu'ils sont &#224; maltraiter l'image des quartiers, des ch&#244;meurs, des jeunes issus de l'immigration, des femmes voil&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-18-2283d.jpg?1782641678' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Le&#239;la Sidi-Mohand. Un selfie des gracieuses.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour le coup, certains regards militants et les exigences de la production &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; co&#239;ncideraient dans la m&#234;me frustration face &#224; ce film de femmes de banlieue qui ne d&#233;crit pas l'enfer. Trop tendre, Fatima Sissani ? Disons plut&#244;t qu'elle prend &#224; contre-pied les clich&#233;s dans lesquels s'embourbe trop souvent le discours sur la condition f&#233;minine dans les quartiers. Na&#239;ves, ces jeunes femmes ? Pourtant, il suffit d'assister au d&#233;bat apr&#232;s une projection, comme le 3 mars &#224; l'Alcazar &#8211; biblioth&#232;que municipale de Marseille &#8211;, pour se rendre compte &#224; quel point le film met le doigt l&#224; o&#249; ce pays fait mal. Gr&#226;ce &#224; l'entr&#233;e libre, les questions venaient d'un public vari&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi y a pas de Blanche dans leur bande ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; sous-entendu : elles font pas du racisme anti-Blancs ? &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les faire parler de l'&#234;tre, au lieu de parler du faire ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; sous-entendu : n'y a-t-il pas l&#224; une crispation identitaire ? Le th&#232;me de l'identit&#233; est en effet abord&#233; dans le film : &#171; &lt;i&gt;On est fran&#231;aises, on est alg&#233;riennes, on est musulmanes, et on est aussi les petites-filles du FLN&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Kenza, la seule &#224; &#234;tre n&#233;e en Alg&#233;rie. &#171; &lt;i&gt;J'ai l'impression que pour eux, s'int&#233;grer, c'est oublier d'o&#249; on vient&lt;/i&gt; &#187;, s'interroge aussi Rokia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pourquoi avoir choisi un juif pour repr&#233;senter les riches ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211; cette question venant de la salle est elle aussi suspicieuse, mais surtout tordue. Dans la sc&#232;ne r&#233;crimin&#233;e, on voit Myriam rendre visite &#224; M. Bloch, chez qui elle a travaill&#233; comme aide-m&#233;nag&#232;re. Le lien &#233;tabli entre ce vieux monsieur r&#233;sidant dans le XVIe arrondissement de Paris et la jeune banlieusarde est touchant. La tendresse para&#238;t r&#233;ciproque. Assise sur un banc, Myriam raconte ensuite le choc culturel qu'ont suppos&#233; ses premiers pas dans les beaux quartiers. Elle d&#233;crit le style de vie de ces bourgeois dont elle aurait voulu, les premiers temps, imiter l'accent et la fa&#231;on de s'habiller : &#171; &lt;i&gt;J'ai fini fi&#232;re d'&#234;tre une fille de banlieue. Gr&#226;ce &#224; la cit&#233;, &#224; nos m&#232;res, on est g&#233;n&#233;reuses, on est unies. Ici, quand la femme de M. Bloch est tomb&#233;e malade, tout l'immeuble l'a su, mais il n'a eu le soutien de personne. J'ai l'impression qu'ils ne sont pas heureux, ils ne se font pas plaisir, ils sont toujours en train de compter. &lt;/i&gt; &#187; Il n'est &#224; aucun moment question de juif ou pas juif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ces gracieuses parlent de la langue comme stigmate, elles le disent dans un fran&#231;ais impeccable, &#171; &lt;i&gt;parce qu'elles sont intelligentes et qu'elles s'adaptent &lt;/i&gt; &#187;. Devant la cam&#233;ra, pas question de faire la b&#234;te de foire en parlant verlan. &#171; &lt;i&gt;Le complexe de classe que suppose ne pas savoir &#8220;bien parler&#8221;, &#231;a renvoie au sort qui a &#233;t&#233; fait dans ce pays aux langues, &#224; toutes les autres langues. Ici, &#224; la radio, tu n'as pas un accent, d'aucune r&#233;gion de France. &#192; la limite, l'accent de Marseille ou de Bordeaux est tol&#233;r&#233; pour les commentaires de foot. Une langue, un peuple, une religion.&lt;/i&gt; &#187; Ou une la&#239;cit&#233; excluante. &#171; &lt;i&gt;Oui, dr&#244;le d'universalisme !&lt;/i&gt; &#187; Fatima se souvient que &lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt; (diffus&#233; uniquement sur France3-Corse, est-ce un hasard ?) a &#233;t&#233; re&#231;u avec int&#233;r&#234;t &#224; Aurillac, &#224; Lille, partout o&#249; des parlers locaux ont &#233;t&#233; ni&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et puis, le probl&#232;me en Alg&#233;rie et en France, c'est que la m&#233;moire de la guerre nous colonise. Elle p&#232;se tr&#232;s tr&#232;s lourd, dans ma famille. En &#233;migrant apr&#232;s l'ind&#233;pendance, mes parents ont m&#234;me eu le sentiment de perdre leur l&#233;gitimit&#233; &#224; parler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fatima Sissani pr&#233;pare un troisi&#232;me film sur la m&#233;moire de la guerre d'Alg&#233;rie.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fatima Sissani pr&#233;pare un troisi&#232;me film sur la m&#233;moire de la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Vierge des clandestins</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Vierge-des-clandestins</link>
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		<dc:date>2013-06-27T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie Del Mambo</dc:subject>
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		<dc:subject>J'avais vingt-cinq</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;lerins</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pascal est venu du S&#233;n&#233;gal au Portugal pour un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. Il en conserve un souvenir narquois, entre frustration de n'avoir pas pu fausser compagnie aux flics qui les escortaient et souvenir amus&#233; des rebondissements de l'aventure. Assis sur un des derniers bancs publics de Marseille pour savourer le soleil de ce 1er mai, Pascal raconte sa premi&#232;re incursion dans l'Eldorado europ&#233;en. &#171; J'avais vingt-cinq ans, j'&#233;tais menuisier &#224; mon compte &#224; Dakar et on m'a propos&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pascal est venu du S&#233;n&#233;gal au Portugal pour un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. Il en conserve un souvenir narquois, entre frustration de n'avoir pas pu fausser compagnie aux flics qui les escortaient et souvenir amus&#233; des rebondissements de l'aventure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assis sur un des derniers bancs publics de Marseille pour savourer le soleil de ce 1er mai, Pascal raconte sa premi&#232;re incursion dans l'Eldorado europ&#233;en. &#171; &lt;i&gt;J'avais vingt-cinq ans, j'&#233;tais menuisier &#224; mon compte &#224; Dakar et on m'a propos&#233; un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. J'ai pay&#233; avec l'aide de ma famille, dans l'espoir qu'une fois au Portugal, je pourrais m'esquiver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage est organis&#233; par un avocat cap-verdien. Chaque p&#232;lerin d&#233;bourse 1 200 euros, une somme que beaucoup ne gagnent m&#234;me pas en un an. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;collage, certains ont paniqu&#233;, ils nous ont fait remarquer.&lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233;s &#224; l'a&#233;roport de Lisbonne, les quarante-quatre p&#232;lerins sont retenus par la police des fronti&#232;res pendant plus de douze heures. &#171; &lt;i&gt;On a &#233;t&#233; entour&#233;s par des flics en civil, dans les gr&#233;sillements de talkie-walkie. Je me suis dit que c'&#233;tait foutu, j'ai &#244;t&#233; mon badge et je l'ai mis dans ma poche. L'avocat en &#233;tait &#224; son troisi&#232;me p&#232;lerinage, les autorit&#233;s voulaient le faire tomber. Ils l'ont mis sur le gril pendant deux ou trois heures, mais il avait des arguments : nous &#233;tions accompagn&#233;s d'un pr&#234;tre et lui-m&#234;me avait la double nationalit&#233;, portugaise et s&#233;n&#233;galaise.&lt;/i&gt; &#187; Pendant ce temps, les p&#232;lerins passent un par un en salle d'interrogatoire. On leur tend un pi&#232;ge : &#171; &lt;i&gt;Si tu as envie de bosser, on peut t'arranger l'affaire.&lt;/i&gt; &#187; Les deux seuls na&#239;fs qui tombent dans le panneau sont imm&#233;diatement expuls&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pas dupe, la police nous a plac&#233;s sous surveillance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH550/p12-sophie_raimbault-cba41.png?1782646029' width='400' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sophie Del Mambo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Fatima, une patrouille stationne jour et nuit devant l'h&#244;tel. Les p&#232;lerins doivent sortir par groupes de cinq ou six, accompagn&#233;s par une paire de flics. &#171; &lt;i&gt;Un soir, l'un d'entre nous a picol&#233; et a essay&#233; de s'enfuir. Rattrap&#233;, ils l'ont expuls&#233;. Nous &#233;tions furax, &#224; cause de lui, la surveillance s'est encore renforc&#233;e : &#224; pr&#233;sent, chaque groupe &#233;tait escort&#233; par quatre ou cinq policiers. Ils ont fait le p&#232;lerinage avec nous ! &lt;/i&gt; &#187; Jusqu'au point de finir par les trouver attachants&#8230; &#171; &lt;i&gt;De retour &#224; Lisbonne, les flics qui dormaient dans la bagnole gar&#233;e devant notre h&#244;tel nous ont propos&#233; de traverser le pont m&#233;tallique qui enjambe le Tage pour aller visiter un monast&#232;re. Avant de rentrer en ville, nous avons mang&#233; ensemble dans un restaurant et j'ai bu de l'alcool pour la premi&#232;re fois, une poire d&#233;licieuse. En me voyant grimacer, les flics &#233;taient hilares. J'en avais pris mon parti. Perdu pour perdu, autant savourer l'aventure, je n'aurai peut-&#234;tre plus jamais l'occasion de revenir. Ces policiers portugais, qui parlaient fran&#231;ais, n'&#233;taient pas m&#233;chants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; la fin du s&#233;jour, il n'y a pas assez de place dans l'avion du retour. &#171; &lt;i&gt;Je me porte volontaire pour embarquer dans un vol de Sabena, sans savoir qu'il fait escale &#224; Bruxelles. L&#224;, gr&#226;ce &#224; ma casquette du Benfica, un douanier m'invite &#224; voir un match de foot dans sa gu&#233;rite. Pour les plus &#226;g&#233;s d'entre nous, l'aventure a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un &#233;chec cuisant. Nous, les plus jeunes, on a pris &#231;a comme des vacances, un coup d'essai&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La le&#231;on que j'en ai tir&#233;e, c'est qu'il faut passer seul. En 2001, je suis revenu avec un visa de commer&#231;ant et une invitation sign&#233;e par une bo&#238;te allemande d'export-import qui certifiait que j'allais acheter des BMW pour les revendre au pays&lt;/i&gt;. &#187; Vol Dakar-Madrid, puis Madrid-Munich. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, j'ai &#233;t&#233; mis &#224; poil et fouill&#233; au corps. J'&#233;tais le seul Black dans l'avion : ils m'ont pris pour une mule du trafic de drogue !&lt;/i&gt; &#187; Pour obtenir le visa, il faut laisser une caution de 1 500 euros &#224; l'ambassade allemande de Dakar, suppos&#233;e garantir le retour du voyageur. &#171; &lt;i&gt;Une fois en Europe, j'ai envoy&#233; mon passeport &#224; un ami rest&#233; au pays et il est pass&#233; r&#233;cup&#233;rer l'argent. Comme les Blancs ont du mal &#224; reconna&#238;tre un Noir d'un autre, les fonctionnaires lui ont rendu l'argent et le copain a pay&#233; les gars qui m'avaient fourni les fiches de paye n&#233;cessaires au dossier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; De Munich, Pascal passe en Italie, puis au Portugal et enfin &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;J'ai abandonn&#233; la menuiserie. Ici, les gens ne valorisent pas l'artisanat, ils pr&#233;f&#232;rent acheter dans les grandes surfaces. Je viens de passer mon permis poids lourds.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e du jardin d'enfants, une bande de pr&#233;-ados s'embrouille avec deux passants. Insultes, bousculade, une bouteille vide explose sur l'asphalte, &#224; deux pas des bambins qui jouent sur le toboggan. Pascal hausse les &#233;paules : &#171; &lt;i&gt;Personne ne dit rien. C'est le style de vie occidental : chacun pour soi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Esclavage patrimonial</title>
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		<dc:date>2013-03-08T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e. Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &#171; Je suis rentr&#233;e en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &lt;i&gt;&#171; Je suis rentr&#233;e en France le 30 avril 2011. Je n'avais jamais eu l'id&#233;e de vivre ici. J'&#233;tais la seule fille de mes parents, j'&#233;tais inscrite &#224; la fac de droit. Mon mari &#233;tait fran&#231;ais et m'avait promis que je pourrais poursuivre mes &#233;tudes en France, qu'on allait faire notre maison mais on est rest&#233;s dans sa famille. On est huit &#224; la maison, je suis la derni&#232;re &#224; manger. Il m'a interdit la fac, de regarder la t&#233;l&#233; ou de parler &#224; mes parents au Maroc. C'est mon beau-p&#232;re qui est m&#233;chant : si je casse quelque chose dans la cuisine, il le dit &#224; son fils et il me tape et m'insulte. &#187;&lt;/i&gt; &#193; bout de forces, Fatima a appel&#233; un cousin &#224; l'aide qui a fait intervenir une association : &lt;i&gt;&#171; Ils ont constat&#233; les bleus sur mon corps. Mais les gendarmes du village ont dit que j'&#233;tais une menteuse. Qu'est-ce qu'on peut faire ? On ne sait rien de la loi fran&#231;aise. &#187;&lt;/i&gt; Fatima s'est enfuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques nuances pr&#232;s, la m&#234;me histoire sera d&#233;clin&#233;e par les autres femmes. Jamila : &lt;i&gt;&#171; En arrivant en France, j'ai compris que mon mari m'avait menti. Il m'avait dit qu'il avait une seule fille alors qu'il avait neuf enfants ! Personne ne m'a accept&#233;e dans la belle-famille : ni les enfants, ni la belle-m&#232;re. On m'a trait&#233;e de sale &#233;trang&#232;re, de sale Marocaine. Quand j'appelais ma m&#232;re au bled, on m'obligeait &#224; parler en fran&#231;ais. Mon mari a commenc&#233; &#224; m'insulter, &#224; me taper, &#224; me cracher au visage. Un jour, il a appel&#233; l'assistante sociale : il a dit que je l'avais &#233;pous&#233; uniquement pour les papiers, que j'avais traumatis&#233; ses enfants. Alors que moi, tous les jours, de 6 heures du matin &#224; 11 heures du soir, je m'occupe d'eux et du m&#233;nage. &#187;&lt;/i&gt; La suite ? La fuite l&#224; aussi, l'h&#233;bergement dans un&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH638/107-lindingre-7fb87.png?1782651970' width='400' height='638' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;foyer, l'errance dans une ville qu'elle ne conna&#238;t pas. &lt;i&gt;&#171; Depuis le 20 ao&#251;t je suis sans papiers. Mon mari est parti &#224; Calais et je dois aller l&#224;-bas si je veux divorcer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la nasse dans laquelle sont pi&#233;g&#233;es ces femmes, il faut se r&#233;f&#233;rer au Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile, notamment &#224; son article L314-9, alin&#233;a 3, qui accorde une carte de r&#233;sident de dix ans au conjoint &#233;tranger d'un ressortissant fran&#231;ais &#224; condition que le mariage ait plus de trois ans et surtout que la communaut&#233; de vie entre les &#233;poux n'ait pas cess&#233;. En quittant le domicile conjugal avant le d&#233;lai requis, ces femmes ont rompu avec cette disposition et ne peuvent plus pr&#233;tendre &#224; un quelconque droit de s&#233;jour. Cette r&#233;glementation, adopt&#233;e en 2003, vise &#224; lutter contre ces mariages dits &#171; gris &#187; : sorte d'escroquerie sentimentale o&#249; le ressortissant fran&#231;ais se fait duper par son conjoint &#233;tranger uniquement m&#251; par le dessein de se procurer des papiers. On se souvient qu'&#201;ric Besson, alors ministre de l'Immigration sous Sarkozy, en avait fait sa marotte. En 2009, il avait nomm&#233; l'UMP Claude Greff &#224; la t&#234;te d'un groupe de travail sur la question. Co&#239;ncidence, la m&#234;me Greff fait partie de l'Anvi&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, association connue pour son lobbying sur le mariage gris et soutenue par des pointures radicales de l'UMP tels &#201;tienne Mourrut (un temps partisan du r&#233;tablissement de la peine de mort) et Jean-Marc Roubaud (favorable au d&#233;lit de blasph&#232;me). Leur credo : punir celles et ceux qui d&#233;tournent le mariage &#224; des fins migratoires. Et tant pis si le dispositif finit de pi&#233;tiner les pr&#233;tendues coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Badia se souvient de son arrestation alors qu'elle avait fui le domicile conjugal : &lt;i&gt;&#171; Un jour, j'&#233;tais dans le bus, ma belle-s&#339;ur m'a reconnue. Elle a fait un scandale et pass&#233; des coups de fil. Trois voitures de police ont d&#233;boul&#233;. Plus de vingt policiers, comme si j'avais tu&#233; quelqu'un ! La police a gard&#233; mon permis de conduire. Heureusement que je ne leur ai pas donn&#233; mon passeport, sinon je ne serais d&#233;j&#224; plus l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour au bled alors comme unique solution ? Fatima : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas retourner au Maroc. Chez nous, c'est la honte, les femmes qui divorcent. &#187;&lt;/i&gt; Et Badia de conclure : &lt;i&gt;&#171; Au Maroc on avait fait des &#233;tudes, on &#233;tait prot&#233;g&#233;es par la famille, on pouvait sortir. On imaginait qu'en France, la femme avait des droits mais c'est que des paroles. Les hommes qui partent chercher des femmes au Maghreb, ils savent qu'ils vont trouver une esclave. Personne n'accepterait cette souffrance. Il y avait ma mort contre les papiers. Il faut qu'on supprime cette loi qui nous attache aux hommes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de l'h&#244;pital et l'OQTF a &#233;t&#233; momentan&#233;ment suspendue par le pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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