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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>ZAD : &#171; Refaire un d&#244;me &#187;</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes, le vote pour ou contre l'a&#233;roport n'a gu&#232;re pes&#233; sur l'unit&#233; des opposants, bien enracin&#233;e. Pour la bande son, c'est comme si une nu&#233;e de Woody woodpeckers en salopettes s'&#233;tait abattue sur les murs de la ferme de La Rolandi&#232;re, piquetant les enduits, lib&#233;rant l'appareillage des pierres, cognant &#224; qui mieux mieux pour &#233;mietter les parois. &#171; Il faut p&#233;ter le parement pour laisser la pierre respirer &#187;, explique Mathilde, marteau en main, de la poussi&#232;re beige plein (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Woody" rel="tag"&gt;Woody&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes, le vote pour ou contre l'a&#233;roport n'a gu&#232;re pes&#233; sur l'unit&#233; des opposants, bien enracin&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la bande son, c'est comme si une nu&#233;e de Woody woodpeckers en salopettes s'&#233;tait abattue sur les murs de la ferme de La Rolandi&#232;re, piquetant les enduits, lib&#233;rant l'appareillage des pierres, cognant &#224; qui mieux mieux pour &#233;mietter les parois. &#171; &lt;i&gt;Il faut p&#233;ter le parement pour laisser la pierre respirer&lt;/i&gt; &#187;, explique Mathilde, marteau en main, de la poussi&#232;re beige plein les joues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le chantier se poursuit cet &#233;t&#233; pour ouvrir &#224; l'automne un espace d'accueil, une porte d'entr&#233;e de la ZAD, avec coin librairie, infokiosque... On pourra y boire un th&#233;, trouver une carte de la ZAD, et transmettre l'histoire de la lutte, et des autres luttes. Pas vraiment un syndicat d'initiative, donc. On y proposera des formations, &#224; l'art-activisme par exemple&lt;/i&gt; &#187;, sourit Isa. Elle est l'une des sept personnes &#224; occuper cette ferme qu'un opposant historique leur a transf&#233;r&#233;e il y a deux mois, ravi que sa maison serve de lieu collectif. Un mur porteur de l'ancienne &#233;table a &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;. &#201;tay&#233;, il attend un linteau pour accueillir deux belles baies vitr&#233;es. Dans le hangar derri&#232;re, l'avenir s'&#233;crit aussi &#224; l'arrache-clou. Une &#233;quipe d'une demi-douzaine de femmes et d'hommes d&#233;coupe des palettes, retire les clous, stocke les planches qui serviront de lambris int&#233;rieur, apr&#232;s isolation &#224; la paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une ficelle arrime le portrait en pied, grandeur nature, d'Emiliano Zapata, sombrero en aur&#233;ole, moustaches pointues et carabine en main. &#171; &lt;i&gt;Pour la presse, on rajoute une rose au bout du fusil ?&lt;/i&gt; &#187; rigole John, un &#171; britiche &#187; fervent amateur d'utopie et d'autogestion. &#192; l'entr&#233;e du chemin, le plan de la ferme &#224; la craie a fait figurer des fl&#232;ches vers le Rojava kurde, le Val de Suze italien o&#249; se m&#232;ne la lutte contre le Lyon Turin, et l'Utopie qui est partout comme la ZAD. Ou les Zads, on ne sait plus. Il y a l&#224; un Am&#233;ricain venu de Barcelone, deux c&#233;g&#233;tistes, un Anglais &#233;migr&#233; du Morbihan, un Parisien en maillot &#224; rayures, tous venus donner le coup de main militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuit de boue. Une fl&#232;che &#224; la craie pointe aussi vers &#171; Le Gourbi &#187;, un lieu-dit o&#249; se construit un d&#244;me dont le jeu de mot fait un pied de nez au scrutin. C'est l'op&#233;ration &#171; Refaire un d&#244;me &#187;. Si on n'&#233;tait pas dans un espace qui accueille des sans-papiers, sert de point de ralliement aux zadistes de partout, aux militants de Bure, du Val de Suze, tisse des liens durables avec les zapatistes du Chiapas et des dizaines de comit&#233;s de toute la France, on pourrait croire qu'on y a juste r&#233;cr&#233;&#233; une colonie hippie. Symbole de l'imagerie des seventies n&#233;o-rurales, le d&#244;me g&#233;od&#233;sique est boulonn&#233; avec soin, par quelques chevelus &#224; cheval sur les croisillons de m&#233;tal noir. Au pied de cette sph&#232;re arachn&#233;enne, la terre grasse arrach&#233;e &#224; une souille devient mat&#233;riau de construction. Crott&#233;s jusqu'au ventre, les mains et les pieds jaunes, ils sont cinq &#224; pi&#233;tiner la glaise ocre dans un trou du sol, dansant d'un pied sur l'autre en rigolant. Une autre &#233;quipe m&#234;le la bouillasse &#224; de la paille, et la bourre &#224; la main aux mailles du grillage entrelac&#233; de branches souples. Apr&#232;s l'effort, certains se reposent dans des meules de foin bucoliquement pos&#233;es pr&#232;s du bassin d'argile orang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous ces gens qui normalement refusent le travail, il a fallu les arr&#234;ter, les 3x8, &#231;a les grise&lt;/i&gt; &#187;, dit Am&#233;lie. Toute la nuit, ils et elles ont mont&#233; le mur en torchis en dansant dans l'argile. &#171; &lt;i&gt;Le lever du jour, c'&#233;tait g&#233;nial. J'avais fait une sieste dans mon camion, &#224; c&#244;t&#233;. J'ai d&#233;marr&#233; dans la boue &#224; deux heures du mat'&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Lucille en se roulant une cigarette tordue. Cette nuit de boue a dop&#233; les enthousiasmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser ces chantiers collectifs est un moyen de r&#233;pondre dans les faits &#224; la question du vote. Un signe politique clair. On reste l&#224;, et on construit l'avenir. &#192; l'annonce du r&#233;f&#233;rendum, l'occupation de la quatre-voies Nantes-Vannes le 27 f&#233;vrier dernier aura &#233;t&#233; la r&#233;ponse port&#233;e par 60 000 personnes, le double si l'on compte le nombre de godasses pi&#233;tinant le bitume. Quatre mois apr&#232;s ce vote avec les pieds, celui de ce 26 juin n'entame pas la d&#233;termination. Lancer les travaux de l'a&#233;roport est inenvisageable sans une &#233;vacuation pr&#233;alable. Le soutien des opposants, citoyens, &#233;lus, paysans, comit&#233;s de toute la France rend la perspective difficile d'un point de vue militaire. Surtout apr&#232;s l'&#233;chec de l'op&#233;ration C&#233;sar &#224; l'automne 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mais faut pas dire qu'ici, ce serait le versant de la ZAD qui ne vote pas &#224; la consultation. Certains sont pass&#233;s d&#233;broussailler ce matin et vont aller voter&lt;/i&gt; &#187;, dit Mathilde. M&#234;me si beaucoup ont une aversion tenace pour toute id&#233;e de vote, m&#234;me lors des assembl&#233;es entre zadistes, personne ne jettera la pierre &#224; celles et ceux qui feront pour une fois une entorse aux principes en allant mettre un bulletin &#171; non &#187; dans une bo&#238;te. D'ailleurs, aucune campagne de boycott ou de d&#233;nigrement du &#171; r&#233;f&#233;rendum-qu'en-n'est-pas-un &#187; n'a &#233;t&#233; lanc&#233;e. Point de discorde &#224; l'horizon, donc. Le sujet est discut&#233; depuis quatre mois et tout le monde s'entend pour reconna&#238;tre que ce coup des urnes n'est qu'une belle embrouille politicarde pour tenter d'accrocher une l&#233;gitimit&#233; populaire &#224; un dossier qui en manque tant. Et que la consultation est tout autant ill&#233;gitime que le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les mots sont pi&#233;g&#233;s, notamment la d&#233;claration &#171; d'utilit&#233; publique &#187; qui laisse entendre que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral primerait celui des actionnaires de Vinci. Curieusement, ce lapin sorti du chapeau par le gouvernement n'a suscit&#233; aucune approbation, ni des partisans du projet exasp&#233;r&#233;s de voir soumettre la d&#233;cision &#224; un scrutin qui para&#238;t ne tenir aucun compte des proc&#233;dures d&#233;j&#224; engag&#233;es. Les opposants qui ont men&#233; campagne pour le non maintiennent que le r&#233;sultat ne les fera pas fl&#233;chir d'un iota.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valls a beau taper du pied en donnant des coups de menton, il en est &#224; la quatri&#232;me annonce d'&#233;vacuation des zadistes, d&#233;j&#224; promise mordicus en d&#233;cembre 2015, en janvier, en mars et d&#233;sormais en novembre. Pour Fran&#231;oise Verch&#232;re, opposante au projet et membre du Parti de gauche, ce r&#233;f&#233;rendum local, rebaptis&#233; consultation pour avis, &#171; &lt;i&gt;c'est une entourloupe de Manuel Valls en r&#233;ponse &#224; S&#233;gol&#232;ne Royal qui pr&#244;ne une remise &#224; plat du dossier avec deux &#233;tudes ind&#233;pendantes, sur l'exposition au bruit et sur une comparaison des co&#251;ts avec le maintien et le r&#233;am&#233;nagement de l'actuel a&#233;roport. La consultation arrive pile pour court-circuiter ces &#233;tudes. Elles risquaient de faire exploser les chiffres avanc&#233;s par la direction de l'aviation civile qui a truqu&#233; ses donn&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Julien Durand, porte-parole de l'association citoyenne, est clair. &#171; &lt;i&gt;On a toujours annonc&#233; la couleur : peu importe le r&#233;sultat, on n'en tiendra pas compte&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, sur les chantiers, les paris ont &#233;t&#233; ouverts. Sur un tableau noir intitul&#233; &lt;i&gt;Bookmaking&lt;/i&gt; s'alignent les scores de participation et l'issue escompt&#233;e du scrutin, oui ou non. On pouvait gagner une soupi&#232;re kitsch, un pot de miel, ou une poign&#233;e de main sans &#233;lan. 51% des 967 500 inscrits sont en fait all&#233;s voter&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au final, le &#171; oui &#187; &#224; l'a&#233;roport l'emporte avec 55, 17%.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . De quoi se d&#233;soler, sauf si on ne reconnaissait aucune l&#233;gitimit&#233; &#224; cette &#233;ni&#232;me couche de fausse d&#233;mocratie. &#192; l'annonce des scores, dans le hangar de la Vacherit, QG du mouvement, le ch&#339;ur unanime, les T-shirts macul&#233;s de la boue du mix paille-terre, a scand&#233; &#171; &lt;i&gt;R&#233;sistance !&lt;/i&gt; &#187; avec conviction. En ces terres insoumises, b&#226;tir l'avenir est un grand chantier permanent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le coin du &#034;Oui&#034; &#224; l'a&#233;roport&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-38.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH733/-38-099a0.jpg?1782764981' width='500' height='733' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-39.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH754/-39-85635.jpg?1782764981' width='500' height='754' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au final, le &#171; oui &#187; &#224; l'a&#233;roport l'emporte avec 55, 17%.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Merci Onet ! </title>
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		<dc:date>2016-03-30T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fakir</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;CQFD et d'autres m&#233;dias libres s'associent au journal Fakir, pour faire connaitre la situation de Madame Gueffar, licenci&#233;e honteusement par la soci&#233;t&#233; Onet. Le 17 d&#233;cembre dernier, Madame Gueffar &#233;tait licenci&#233;e, apr&#232;s quatorze ann&#233;es &#224; nettoyer les trains en gare d'Agen. Enqu&#234;te aupr&#232;s des cheminots, de la SNCF, et de la direction d'Onet. &#171; &#199;a fait plus de quatorze ans que je travaille &#224; la gare d'Agen, je fais le nettoyage des trains. J'ai toujours fait bien mon travail, j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mise" rel="tag"&gt;mise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Madame-Gueffar" rel="tag"&gt;Madame Gueffar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gueffar" rel="tag"&gt;Gueffar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Philippe-Lhomme" rel="tag"&gt;Philippe Lhomme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai-traverse" rel="tag"&gt;j'ai travers&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; et d'autres m&#233;dias libres s'associent au journal &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, pour faire connaitre la situation de Madame Gueffar, licenci&#233;e honteusement par la soci&#233;t&#233; Onet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 17 d&#233;cembre dernier, Madame Gueffar &#233;tait licenci&#233;e, apr&#232;s quatorze ann&#233;es &#224; nettoyer les trains en gare d'Agen. Enqu&#234;te aupr&#232;s des cheminots, de la SNCF, et de la direction d'Onet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#199;a fait plus de quatorze ans que je travaille &#224; la gare d'Agen, je fais le nettoyage des trains. J'ai toujours fait bien mon travail, j'ai toujours &#233;t&#233; pr&#233;sente, je m'absente jamais. J'ai toujours fait mon travail comme il faut, m&#234;me quand le contr&#244;le il passe, ils sont tout le temps contents de mon travail. Et un apr&#232;s-midi, j'ai travers&#233; les voies pour gagner du temps, et, apr&#232;s, je me suis rendue compte que j'ai fait une erreur. Cette apr&#232;s-midi l&#224;, il y avait beaucoup de trains &#224; faire et je voulais faire tous mes trains. Et c'est apr&#232;s que je me suis rendue compte que j'avais fait une erreur. J'ai travers&#233; pour gagner du temps. J'ai re&#231;u une lettre recommand&#233;e, c'&#233;tait le 7 d&#233;cembre, j'ai fait un entretien avec M. Loubet, le patron de l'entreprise, et il m'a dit qu'il va r&#233;fl&#233;chir et le 17 d&#233;cembre j'ai re&#231;u un licenciement. J'&#233;tais choqu&#233;e, j'&#233;tais pas bien du tout, j'ai rien compris, j'&#233;tais perdue. Alors je suis rentr&#233;e chez moi en pleurant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interview de &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=W4kDpM1xvmA&amp;feature=youtu.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madame Gueffar&lt;/a&gt; en vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/onet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/onet-f7fe0.jpg?1782764981' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8232;Depuis 2002, Rajae Gueffar nettoie les trains en gare d'Agen, et depuis 2008 pour Onet, num&#233;ro 1 du nettoyage en France, qui a repris le march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Quand elle a commenc&#233;&lt;/i&gt;, se souvient un ancien chef de gare, &lt;i&gt;il y avait quelques anomalies au niveau de son travail, mais qui ne portaient pas sur la s&#233;curit&#233;. Et puis c'est devenu une de celles qui travaillent le mieux, un &#234;tre humain, avec des hauts et des bas, mais fiable.&lt;/i&gt; &#187; Le 9 novembre 2015, Madame Gueffar traverse les voies par le parquet plancher, et non par le souterrain. La sanction tombe : non un avertissement, non pas une mise &#224; pied, mais directement le licenciement.&#8232;C'est un choc pour Madame Gueffar, qui tremble, qui ne dort plus, ne mange plus, a vendu sa voiture, doit d&#233;m&#233;nager, a perdu dix kilos, tourne aux anxiolytiques. Mais c'est un choc &#233;galement pour les cheminots du coin : &#171; &lt;i&gt;On a envahi notre CE r&#233;gional, &#224; Bordeaux, pour porter son cas&lt;/i&gt;, raconte Francis Portes, retrait&#233; cheminots et CGT. &lt;i&gt;Je leur ai dit, aux gars : 'Que tous ceux qui ont d&#233;j&#224; travers&#233; les voies au moins une fois l&#232;vent la main'. Ils l'ont tous lev&#233;e ! M&#234;me les cadres dirigeants ! &lt;/i&gt; &#187;&#8232;Contact&#233;e, la SNCF botte en touche : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas d'expression sur ce sujet-l&#224;. C'est le choix d'une entreprise qui s'appelle Onet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Onet, Philippe Lhomme &#8211; directeur d&#233;l&#233;gu&#233; au r&#233;seau France &#8211; &#233;pluche pour nous le dossier de Madame Gueffar. Il passe en revue les courriers adress&#233;s depuis son embauche, il y a quinze ans : &#171; &lt;i&gt;sacs sur le quai&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;prise de poste &#224; 9 heures &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;tenue de travail&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;port de la tenue&lt;/i&gt; &#187;, etc. Depuis 2008, depuis qu'Onet est son employeur, une seule lettre de reproche : &#171; &lt;i&gt;explication sur un train non fait&lt;/i&gt; &#187; (18/11/08). Et dans tout ce tas de papiers, le seul manquement &#224; la s&#233;curit&#233;, une &#171; &lt;i&gt;travers&#233;e de la voie&lt;/i&gt; &#187;, remonte &#224; plus de dix ans (26/04/04). Bref, gu&#232;re d'ant&#233;c&#233;dents. Philippe Lhomme, lui, se fait grave : &#171; &lt;i&gt;J'ai eu un accident mortel. Un agent, un p&#232;re de cinq enfants, qui s'est retrouv&#233; coup&#233; en deux. On n'a pas compris, il a rip&#233;, il est pass&#233; sous le train. Faut le vivre, apr&#232;s, aller l'annoncer &#224; la famille.&lt;/i&gt; &#187; D'o&#249; son mot d'ordre, qu'il r&#233;p&#232;te &#224; l'envi : &#171; &lt;i&gt; On ne peut pas avoir de demi-mesure en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; C'est ce qui nous surprend, pr&#233;cis&#233;ment, cette absence de &#171; demi-mesure &#187; : &#171; &lt;i&gt; Imaginez qu'on lui mette une mise &#224; pied&lt;/i&gt;, nous r&#233;pond Philippe Lhomme, &lt;i&gt;et un mois apr&#232;s, elle passe sous un train. L&#224;, quelles accusations on subirait de sa famille, de ses coll&#232;gues !&lt;/i&gt; &#187; En fait, en la licenciant, Onet lui a sauv&#233; la peau ! &#171; &lt;i&gt; Le picto rouge &#233;tait allum&#233;, elle a failli perdre sa vie !&lt;/i&gt; &#187;, dramatise-t-il. Et de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Comment imaginer une mise &#224; pied, alors qu'il n'y a rien qui l'arr&#234;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;-Pourquoi dites-vous que &#8216;rien ne l'arr&#234;te' alors que, justement, depuis son embauche, elle n'a re&#231;u aucun avertissement pour la s&#233;curit&#233;, aucune mise &#224; pied ? Humainement, vous ne pourriez pas la r&#233;int&#233;grer ?&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Mais comment r&#233;int&#233;grer quelqu'un qui met sa vie en jeu ?&lt;/i&gt; &#187;. A croire qu'elle a couru devant un TGV ! Le DRH, lui, Antoine Recher, est moins sentimental : &#171; &lt;i&gt;Madame Gueffar peut faire appel de cette d&#233;cision, je la comprendrais. Remettons-nous en aux juges.&lt;/i&gt; &#187; On essaie, encore, de faire vibrer la corde d'humanit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Pas sur le plan juridique, mais si on vous dit que cette femme, qui est votre salari&#233;e depuis des ann&#233;es, va tr&#232;s tr&#232;s mal, que quand on la voit elle tremble, qu'elle a deux fils au ch&#244;mage, vous ne pouvez pas envisager une solution moins dure, plus indulgente ?&lt;/i&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Qu'elle se pr&#233;sente aux prud'hommes, et peut-&#234;tre que &#231;a lui donnera droit &#224; des indemnit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Comme si elle attendait seulement un ch&#232;que : &#171; &lt;i&gt;J'aimais mon travail&#8230; Maintenant, l'avenir, je vois pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Agen, on questionne &#224; nouveau les cheminots. Notamment sur le picto au rouge : &#171; &lt;i&gt;Mais il peut rester au rouge toute la journ&#233;e ! Il suffit que le signal demeure en position d'ouverture.&lt;/i&gt; &#187; Et Samira de poursuivre : &#171; &lt;i&gt; J'ai boss&#233; au poste 4, &#224; l'aiguillage : j'en ai vu, des agents d'Onet, qui trainaient sur les voies sans avoir demand&#233; la protection. Mais pas Madame Gueffar. Et l&#224;, d'un coup, on lui tombe dessus.&lt;/i&gt; &#187; Et un train est-il pass&#233; juste apr&#232;s ? &#171; &lt;i&gt;Il faudrait avoir une copie du rapport d'incident&lt;/i&gt;, estime Victor Guerra, pour la CGT, &lt;i&gt;mais &#231;a m'&#233;tonnerait parce que, sinon, le m&#233;cano serait intervenu. L&#224;, y a rien. C'est un licenciement abusif : on aurait compris un bl&#226;me, ou une mise &#224; pied, pas plus. Surtout pour quelqu'un qui a quinze ans de bo&#238;te. Qu'ils fassent &#231;a &#224; un agent de la SNCF, et tout le secteur est bloqu&#233;, plus un train ne passe. Mais chez les sous-traitants, les salari&#233;s sont en situation de fragilit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Un cadre de la SNCF confirme : &#171; &lt;i&gt;&#199;a m&#233;ritait une sanction, une petite mise &#224; pied, d'un jour ou deux, avec retenue du salaire, pour marquer le coup, et basta. L&#224;, c'est compl&#232;tement excessif, totalement disproportionn&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tous ensemble pour Madame Gueffar !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les militants locaux d'Attac, de la FSU, de Solidaires, et des citoyens, ont mont&#233; localement, &#224; Agen, avec la CGT-cheminots, un comit&#233; de soutien, une caisse de solidarit&#233;. Les d&#233;put&#233;s socialistes du coin ont protest&#233; aupr&#232;s d'Onet, tout comme le maire UDI aupr&#232;s de la SNCF. Simple question d'humanit&#233;. Mais sans succ&#232;s jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que ce cas, par sa brutalit&#233;, cette histoire peut, doit d&#233;passer le cadre d'Agen : il t&#233;moigne, par sa violence, de la n&#233;cessit&#233; d'une loi Travail. Mais d'une loi Travail qui viendrait renforcer les droits des salari&#233;s, et non les fragiliser. Dans la masse des injustices, il faut parfois s'arr&#234;ter sur un visage, &#233;couter une voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi on est toute une galaxie de sites, de m&#233;dias alternatifs, de groupes militants ou non, &#224; publier cet article simultan&#233;ment. C'est pourquoi on fait appel &#224; tous les graphistes fakiriens ou non pour nous pondre des propositions d'affiches autour de Madame Gueffar et d'Onet. C'est pourquoi on organisera un tractage, le m&#234;me jour, devant les gares du pays, et vous pouvez vous inscrire et signer la p&#233;tition ici. Qui aime les Madame Gueffar nous suive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir Madame Gueffar, vous pouvez signez &lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/onet-licenci%C3%A9e-pour-avoir-travers%C3%A9-les-voies-mobilisons-nous-pour-sa-r%C3%A9int%C3%A9gration-imm%C3%A9diate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cette p&#233;tition&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez aussi lui filer un petit &lt;a href=&#034;https://www.lepotcommun.fr/pot/aczgcws0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;coup de pouce&lt;/a&gt; financier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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