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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La maman et la pute Vierge</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tu parles d'une langue maternelle ! Une mar&#226;tre, oui. Avec son s&#233;paratisme draconien entre oralit&#233; et &#233;crit, le fran&#231;ais prend la t&#234;te d&#232;s l'&#233;cole. Pour les enfants, les patoisants, les &#233;trangers, son orthographe, sa grammaire, mais aussi la neutralisation des accents qui chantent, rel&#232;vent carr&#233;ment de la maltraitance. Une histoire d'amour/haine. &#171; Pute Vierge ! &#187;, c'est le juron pr&#233;f&#233;r&#233; de ma m&#232;re, celui des grandes occasions, quand elle se br&#251;le ou casse une assiette. Petit, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langues" rel="tag"&gt;langues&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pute-Vierge" rel="tag"&gt;Pute Vierge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tu parles d'une langue maternelle ! Une mar&#226;tre, oui. Avec son s&#233;paratisme draconien entre oralit&#233; et &#233;crit, le fran&#231;ais prend la t&#234;te d&#232;s l'&#233;cole. Pour les enfants, les patoisants, les &#233;trangers, son orthographe, sa grammaire, mais aussi la neutralisation des accents qui chantent, rel&#232;vent carr&#233;ment de la maltraitance. Une histoire d'amour/haine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pute Vierge !&#8239;&lt;/i&gt; &#187;, c'est le juron pr&#233;f&#233;r&#233; de ma m&#232;re, celui des grandes occasions, quand elle se br&#251;le ou casse une assiette. Petit, j'imaginais que la cr&#233;ature invoqu&#233;e &#233;tait une sorte de Gorgone, une sorci&#232;re. Puis, inconscient de la majuscule, j'ai cru qu'on parlait d'une prostitu&#233;e encore vierge. Plus tard, j'ai compris qu'il s'agissait d'un blasph&#232;me, un gros mot d'esprit qui couve sous la langue avant de cogner l'air, l'ennemi, le destin. Des blasph&#232;mes, on n'en entend plus beaucoup, en France, vu que l'&#201;tat s'est pos&#233; en arbitre entre Dieu et les m&#233;cr&#233;ants. Il y a par contre des &#233;quivalents en Italie &#8211; &#171; &lt;i&gt;Porca Madonna !&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, ou en Espagne &#8211;&#8239;&#171; &lt;i&gt;&#161;Ostia puta, me cago en la Virgen !&lt;/i&gt; &#187;&#8230; En tout cas, cette Vierge d&#233;vergond&#233;e a berc&#233; mon enfance, tout comme les verbes hauts qu'on se balan&#231;ait &#224; la r&#233;cr&#233;. Le &#171; &lt;i&gt;nique tes morts&lt;/i&gt; &#187; des Arabes et des pieds-noirs, le &#171; &lt;i&gt;vafanculo&lt;/i&gt; &#187; des Italo-Marseillais, le &#171; &lt;i&gt;&#8239;chien des quais&#8239;&lt;/i&gt; &#187; de la faune portuaire, c'&#233;tait pour nous une seule et m&#234;me langue, la n&#244;tre. On malmenait all&#232;grement le fran&#231;ais, qui se faisait &lt;i&gt;escagasser, estramasser, ensuquer, aganter&lt;/i&gt; par les &lt;i&gt;alibofis&lt;/i&gt;. Et tout &#231;a sans malice aucune : nous &#233;tions chez nous, en place. &#192; la maison, on disait &#171; &lt;i&gt;passe-moi les cueill&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, pour mieux cueillir la soupe et s'&#233;viter du coup une minauderie d'&#233;cuy&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; part &#231;a, ma relation avec le fran&#231;ais n'a pas &#233;t&#233; aussi blessante que pour la plupart des copains et copines. Gr&#226;ce &#224; mon p&#232;re, fils d'ouvriers immigr&#233;s (maman pi&#233;montaise, papa breton) devenu instituteur, et &#224; ma m&#232;re, qui posait des livres &#224; c&#244;t&#233; de mon lit pour que je la laisse tranquille le matin &#8211;&#8239;elle venait d'une famille o&#249; l'on croyait que la lecture &#233;tait un vice de feignant&#8239;&#8211; j'ai vite pris comme un jeu le d&#233;cryptage des mots et l'agencement de leur petite musique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH621/-40-7701c.jpg?1782639244' width='400' height='621' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le parler marseillais, alors qu'il est aujourd'hui en net reflux, fait encore ricaner certains. Rigolo, un peu vulgaire, trop macho&#8230; Dire quelque chose avec l'accent du Sud, c'est forc&#233;ment pas tr&#232;s fin, et on risque d'&#234;tre &#233;cout&#233; avec condescendance, comme un attard&#233; ou une b&#234;te de foire. On est un peu le cha&#238;non manquant entre l'indig&#232;ne et le citoyen de premi&#232;re&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est bien connu, les M&#233;ridionaux sont les &#171; N&#232;gres de l'Europe &#187; &#8211; selon&#8230; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Quand Rastignac monte &#224; Paris, il camoufle son accent rocailleux pour briller en soci&#233;t&#233;. &#192; la radio, on tol&#232;re l'&#233;loquence m&#233;ridionale juste pour commenter le foot. Si Louis-Ferdinand C&#233;line a r&#233;ussi &#224; se forger un style litt&#233;raire en s'inspirant de la gouaille des faubourgs parisiens, une tentative similaire venant du Midi aurait &#233;t&#233; tax&#233;e de folklorique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, la France m&#233;prise les patois et les accents parce qu'elle en a peur. La langue unique, bidouill&#233;e comme un monstre de Frankenstein &#224; partir du dialecte francilien, craint les parlers vivants, les langues minoris&#233;es, communautaris&#233;es, populaires. Faut dire qu'il est m&#233;chamment pataud, leur idiome officiel. Dans le Sud, de par l'h&#233;ritage culturel de la langue d'oc, on se sentirait plus proches du nonante-sept des Belges et des Suisses que du grotesque quatre-vingt-dix sept, ce casse-t&#234;te vig&#233;simal impos&#233; par des acad&#233;miciens naphtalin&#233;s, sans doute soucieux de rendre les comptes publics imbuvables pour la pl&#232;be. C'est comme si, apr&#232;s avoir compt&#233; sur leurs doigts, on obligeait les gens &#224; mettre leurs pieds sur la table pour additionner aussi leurs orteils !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette langue venue d'en haut est d&#233;lib&#233;r&#233;ment absconse, tarabiscot&#233;e, imperm&#233;able aux inventions de la rue. Et si elle a la r&#233;putation d'&#234;tre parfaite pour formuler des concepts, elle est bien trop c&#233;r&#233;brale, se croit bien trop capitale pour &#234;tre belle et sensuelle. &#171; &lt;i&gt;La crainte d'&#234;tre ridicule en anglais, c'est la crainte d'&#234;tre p&#233;dant. Il faut convenir que c'est souvent l'inverse en fran&#231;ais : on craint d'&#234;tre ridicule en utilisant un langage trop clair qui est compris par tout le monde. Plus on est abstrait, p&#233;dant, et donc plus on s'adresse &#224; une &#233;lite, plus on a de chances d'&#234;tre pris au s&#233;rieux.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Duneton, Parler croquant, Stock 1973.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; En Espagne, les adjectifs &lt;i&gt;afrancesado&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;amanerado&lt;/i&gt; &#8211;&#8239;&#171; francis&#233; &#187; et &#171; mani&#233;r&#233; &#187; &#8211; sont synonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour paraphraser l'historien des migrations G&#233;rard Noiriel, l'universalisme fran&#231;ais est un provincialisme parisien. Celui qui s'est fait raboter l'esprit par ce chauvinisme &#224; vis&#233;es globales croit qu'il n'a ni accent, ni terroir. Et il en est fier, le pauvre : &#234;tre sans racines lui donne des ailes, il plane dans des limbes virtuelles, surplombant les bouseux qui parlent mal et sont attach&#233;s &#224; leur lieu de naissance. Ce chevalier &#224; la triste figure de l'&#226;ge post-moderne s'auto-d&#233;finit citoyen du monde. Il est en fait un imb&#233;cile heureux qui est n&#233; nulle part&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La palme de cette cagade existentielle revient &#224; l'anthropologue Jean-Loup (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, incapable de communiquer avec l'autre sur un pied d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bataill&#233; longtemps avec/contre cette langue insuffisante. J'ai pass&#233; des ann&#233;es &#224; noircir des petits carnets, griffonn&#233;s sur le coin d'une table de bar ou dans les cahots d'un bus, sans jamais les faire lire &#224; personne &#8211;&#8239;un compagnon de voyage m'a dit un jour que mes l&#232;vres fr&#233;missaient quand je prenais des notes, comme pour embrasser les mots. Il m'aura fallu partir loin, et aimer d'autres langues, pour faire cavaler la mienne. Ce n'est pas un hasard si mon premier bouquin publi&#233; a &#233;t&#233; une chronique mexicaine, depuis un pays o&#249; les gens du peuple, malgr&#233; le m&#233;pris et la violence, parlent des dizaines de langues indig&#232;nes &#8211;&#8239;langues qui v&#233;hiculent des cultures fortes, une m&#233;moire parall&#232;le, des musiques, des danses, des luttes sociales, des formes de d&#233;mocratie communautaires, et tout cela en dehors des filtres du pouvoir et de l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le divorce du fran&#231;ais dit correct d'avec le parler populaire est une plaie. M&#234;me en anglais, j'ai eu moins de mal. Avec l'espagnol, j'ai appris une musicalit&#233; et des tournures proches de l'occitan, la langue perdue de mes grands-parents. Apprenti en tout et ma&#238;tre de rien&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aprendiz de mucho, maestro de nada, beau dicton andalou.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, j'ai savour&#233; le passage sans heurt ni douleur de l'oralit&#233; &#224; l'&#233;criture. La langue de la rue irrigue le style des &#233;crivains hispanophones, alors qu'en France, elle est toujours soup&#231;onn&#233;e d'ab&#226;tardir, d'appauvrir, d'enlaidir. L'espagnol m'a habit&#233; et j'ai pu l'habiter &#224; mon tour : c'est une langue hospitali&#232;re, pas bourgeoise pour un sou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle est vivante, une langue vibre, tremble, invente, r&#233;siste. En France, on a honte de la faire chanter. L'accent tonique est atone, il met un point d'honneur &#224; toujours tomber &#224; plat sur la derni&#232;re syllabe, comme pour &#233;touffer un &#233;ventuel d&#233;part de feu. Le phras&#233; de nos anc&#234;tres nous a &#233;t&#233; vol&#233;. Et ce n'est pas la faute des grands-parents qui, en venant vivre en ville, ont abandonn&#233; le patois de l'arri&#232;re-pays. C'est &#224; cause de cette fieff&#233;e &#233;cole r&#233;publicaine qui, au nom de l'&#233;galit&#233; et de la fraternit&#233;, a colonis&#233; les marges de la m&#233;tropole &#8211;&#8239;majoritaires jusqu'&#224; la guerre de 14-18 &#8211;, puis l'outre-mer&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet J&#233;r&#233;my Piolat, Portrait du colonialiste, La D&#233;couverte 2011.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Ainsi tronqu&#233;es, les histoires familiales se r&#233;duisent &#224; peau de chagrin, perdent le fil qui les liait &#224; un territoire, des savoir-faire, une m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors les livres, j'ai d&#233;couvert la puissance des mots dans la bouche d'habitants des quartiers de Marseille, d'indig&#232;nes mexicains, de griots africains, d'ouvriers agricoles andalous&#8230; S'y m&#234;lent subjectivit&#233;, humour, l&#233;gendes et histoire populaire dans un m&#234;me r&#233;cit, exprimant une conscience commune que les livres d'&#233;cole ignorent. L'Acad&#233;mie est bien plus ignorante de l'histoire du monde que la somme des langues, contes, chansons, exp&#233;riences v&#233;cues et transmises de m&#232;re en fils, de grand-p&#232;re en petite-fille. La piraterie et le commerce transm&#233;diterran&#233;en avaient leur sabir, le marronnage des esclaves en fuite son langage cod&#233; et ses palabres, les Gitans le cal&#243;, les compagnons-artisans et les voyous leurs jargons, argots, verlan&#8230; Contre ce foisonnement, ces maquis de paroles d&#233;brid&#233;es, l'unicit&#233; du fran&#231;ais a fait le lit de la novlangue m&#233;diatique et du discours totalitaire de l'argent. D&#233;pit&#233;e par un tel r&#233;sultat, l'Acad&#233;mie &lt;i&gt;roum&#232;gue&lt;/i&gt; contre l'invasion de termes anglo-saxons. H&#233; oui, engonc&#233; dans ses r&#232;gles biscornues et son orthographe tortur&#233;e, le fran&#231;ais r&#233;siste moins bien que les langues proches de la rue, qui touillent et tripatouillent l'anglicisme jusqu'&#224; le faire fondre dans leur grande gamelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pute Vierge&lt;/i&gt; &#187;, c'est la langue verte de mon arri&#232;re-grand-p&#232;re, Z&#232;ne Vague, charretier du pays de Lambesc, qui jurait en occitan qu'il n'avait gu&#232;re besoin d'aller &#224; la messe ou &#224; confesse pour bavarder avec le bon Dieu, qu'il &#233;tait mieux en face, au caf&#233;, avec les coll&#232;gues. Il para&#238;t qu'il avait le verbe vif et le sang chaud, l'a&#239;eul &#8211;&#8239;un jour, on l'aurait vu mordre un mulet r&#233;tif &#224; l'encolure. Sur son lit de mort, il a tendu ses paluches vers moi en murmurant &#171; &lt;i&gt;Brouno !&lt;/i&gt; &#187;, et m&#234;me si sa belle-s&#339;ur, la bigote Jeanne Decanis, m'&#233;loigna des bras du moribond, j'aime croire que son dernier souffle, avec l'accent tonique sur la premi&#232;re syllabe, a &#233;t&#233; mon vrai bapt&#234;me. L'&#233;cho de ce &#171; &lt;i&gt;Brouno&lt;/i&gt; &#187;, je suis all&#233; le chercher au Mexique, &#224; Naples, en Andalousie. Aujourd'hui, je sais que cr&#233;oliser le fran&#231;ais, &lt;i&gt;boul&#232;guer&lt;/i&gt; cette langue de marquise, c'est encore la meilleure fa&#231;on de nous faire justice et puis, franchement, de finir par l'aimer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C'est bien connu, les M&#233;ridionaux sont les &#171; &lt;i&gt;N&#232;gres de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; &#8211; selon&#8230; Adolf Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Claude Duneton, &lt;i&gt;Parler croquant&lt;/i&gt;, Stock 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La palme de cette &lt;i&gt;cagade&lt;/i&gt; existentielle revient &#224; l'anthropologue Jean-Loup Amselle qui, dans un pamphlet o&#249; il s'acharne &#224; mettre dans le m&#234;me sac identitaires d'extr&#234;me droite, &#171; islamo-gauchistes &#187; et Indiens zapatistes du Chiapas, se d&#233;clare &#234;tre &#171; &lt;i&gt;un nomade sans racine aucune, que celle-ci soit originaire ou r&#233;implant&#233;e dans une r&#233;sidence secondaire proven&#231;ale, et qui n'a pour territoire que&lt;/i&gt; [le 9&#232;me arrondissement parisien].&lt;i&gt; Autant dire une identit&#233; oxymorique &#8211;&#8239;car que peut bien vouloir dire &#234;tre &#8220;originaire&#8221; de la capitale, c'est-&#224;-dire de nulle part, alors que tout un chacun s'emploie &#224; d&#233;cliner une identit&#233; bretonne, alsacienne, savoyarde, que sais-je encore ?&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Les Nouveaux rouges-bruns&lt;/i&gt;, Lignes 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aprendiz de mucho, maestro de nada&lt;/i&gt;, beau dicton andalou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet J&#233;r&#233;my Piolat, &lt;i&gt;Portrait du colonialiste&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte 2011.&lt;/p&gt;
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