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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>F&#233;minisme Debout : Oui &#224; la non-mixit&#233; !</title>
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		<dc:creator>Doriane Grey</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Paris Apr&#232;s un mois de mars dense en manifestations et l'&#233;mergence des premi&#232;res Nuit Debout, je me suis rendue &#224; Paris en avril. J'&#233;tais plut&#244;t impatiente d'aller voir ce qui se passait sur l'effervescente place de la R&#233;publique. C'est l'apr&#232;s-midi avant la grande AG, je me faufile d'un groupe &#224; l'autre, en d&#233;couvrant les diff&#233;rentes commissions pr&#233;sentes (f&#233;minisme, &#233;ducation, &#233;conomie, &#233;cologie, constitution...). J'&#233;coute ce qui se dit, mais je papillonne, je voudrais &#234;tre partout &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commission" rel="tag"&gt;commission&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commission-feminisme" rel="tag"&gt;commission f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions" rel="tag"&gt;r&#233;unions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un mois de mars dense en manifestations et l'&#233;mergence des premi&#232;res Nuit Debout, je me suis rendue &#224; Paris en avril. J'&#233;tais plut&#244;t impatiente d'aller voir ce qui se passait sur l'effervescente place de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'apr&#232;s-midi avant la grande AG, je me faufile d'un groupe &#224; l'autre, en d&#233;couvrant les diff&#233;rentes commissions pr&#233;sentes (f&#233;minisme, &#233;ducation, &#233;conomie, &#233;cologie, constitution...). J'&#233;coute ce qui se dit, mais je papillonne, je voudrais &#234;tre partout &#224; la fois. Je choisis de m'arr&#234;ter &#224; la commission f&#233;minisme. Sans doute parce que je tourne autour du sujet depuis un moment sans le prendre &#224; bras le corps. Ces derniers temps, j'avais de plus en plus de discussions autour des questions du genre, de la place des femmes dans la soci&#233;t&#233;, dans la rue, dans le couple, le travail, le sexe... Il y a quelques ann&#233;es, je m'&#233;tais aussi int&#233;ress&#233;e aux repr&#233;sentations du sexe f&#233;minin dans l'art. J'avais abandonn&#233; ce travail, non sans regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis curieuse. Attentive. J'&#233;coute et j'observe le petit groupe que nous constituons. Au d&#233;but, nous sommes une petite dizaine. Assez rapidement, des gens s'arr&#234;tent, la commission f&#233;minisme suscite un int&#233;r&#234;t certain des hommes comme des femmes, toutes g&#233;n&#233;rations confondues. On y parle entre autres de sexualit&#233;, de prostitution, de prise de parole en public, de contraception, etc. Et de la n&#233;cessit&#233; ou non de r&#233;unions non mixtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de non-mixit&#233; m'est un peu &#233;trang&#232;re. Au d&#233;part, je ne comprends pas bien de quoi il est question, et puis, apr&#232;s les d&#233;bats et arguments d&#233;velopp&#233;s, cela devient plus clair, coh&#233;rent, l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fille nous explique que les r&#233;unions non mixtes sont un outil d'&#233;mancipation qui permet de lib&#233;rer la parole des femmes entre femmes. Christine Delphy&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire : La non-mixit&#233; : une n&#233;cessit&#233; politique ou encore : De l'utilit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est cit&#233;e de nombreuses fois comme r&#233;f&#233;rence. Elle poursuit en expliquant que dans un rapport de domination, quel qu'il soit, l'opprim&#233; ne peut pas s'exprimer sur l'oppression qu'il subit en pr&#233;sence de l'oppresseur. En effet, on imagine mal une r&#233;union syndicale en pr&#233;sence de patrons. C'est un outil et non une fin en soit. Certaines n'adh&#232;rent pas &#224; cette id&#233;e, parce qu'elles trouvent que c'est une forme d'exclusion &#224; l'&#233;gard des hommes. Il est rappel&#233; &#224; plusieurs reprises que la commission f&#233;minisme organise aussi et principalement des r&#233;unions mixtes o&#249; les hommes sont les bienvenus, les r&#233;unions non mixtes se limitant &#224; 1h30 par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis revenue plusieurs jours &#224; la commission f&#233;minisme, j'ai assist&#233; &#224; des r&#233;unions mixtes et non-mixtes. Le temps de ces fameuses r&#233;unions non-mixtes, qui ont suscit&#233; quelques &#233;mois dans la presse&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde du 21.04.16, par exemple.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &#233;tait en fait pass&#233; &#224; expliquer aux hommes le pourquoi de la n&#233;cessit&#233; d'un temps de non-mixit&#233;. Certains hommes avaient m&#234;me des r&#233;actions assez violentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'apaiser les tensions et de dissiper l'incompr&#233;hension, une fille propose de former un autre groupe &#224; c&#244;t&#233; pour expliquer ce principe de non-mixit&#233; &#224; qui souhaite en savoir plus, afin que la r&#233;union non mixte puisse se poursuivre dans de bonnes conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais certains n'en d&#233;mordent pas et restent plant&#233;s l&#224;. Un homme crie haut et fort au scandale : &#171; &lt;i&gt; J'ai le droit d'&#234;tre l&#224;, c'est une place publique, je reste l&#224; si j'ai envie de rester pour &#233;couter.&lt;/i&gt; &#187; Il d&#233;fend sa position comme par principe, se sentant priv&#233; d'un droit (ou d'un privil&#232;ge ?). En monopolisant l'attention, il ne se rend m&#234;me pas compte qu'il couvre la voix d'une jeune fille racontant le viol dont elle a &#233;t&#233; victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, je suis g&#234;n&#233;e par deux jeunes hommes derri&#232;re moi : ils font des commentaires, des blagues, ou bien discutent d'autre chose. J'hallucine compl&#232;tement lorsque j'entends l'un d'eux glisser &#224; l'oreille de l'autre quelque chose comme : &#171; &lt;i&gt;Toutes ces filles, c'est que des nanas qui n'ont pas trouv&#233; de mecs pour leur l&#233;cher la chatte.&lt;/i&gt; &#187; Le regard d'une voisine assise &#224; c&#244;t&#233; croise le mien, atterr&#233;. On a bien entendu la m&#234;me chose. Pourtant on ne dit rien. Je me sens l&#226;che et en col&#232;re de ne pas &#234;tre capable de r&#233;agir. Encore une &#171; blague &#187; bien sexiste qui n'est rien d'autre qu'une forme de domination masculine et qui me semble illustrer merveilleusement la n&#233;cessit&#233; d'un temps de r&#233;union en non-mixit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais aim&#233; prendre la parole pendant les r&#233;unions, mais il m'aurait fallu plus de temps, et sans doute que je me serai sentie plus &#224; l'aise en petit comit&#233; et en non-mixit&#233;. Finalement, pour moi, il me semblait tr&#232;s important que ces r&#233;unions aient lieu ici dans l'espace public. Car, en effet, elles permettent &#224; des femmes comme moi, non militantes mais sensibles au sujet du f&#233;minisme, d'&#233;couter des discussions trop souvent r&#233;serv&#233;es &#224; des groupes militants plus ou moins accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH495/-44-7457e.jpg?1768652423' width='400' height='495' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais tr&#232;s enthousiasm&#233;e par ces &#233;changes amorc&#233;s &#224; Paris. Je cogitais beaucoup. Un tas de questions se bousculaient. J'avais envie de rapporter ces exp&#233;riences de la commission f&#233;minisme &#224; la Nuit Debout et de les partager avec mes proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la plupart du temps, lorsque le mot &#171; f&#233;minisme &#187; &#233;tait l&#226;ch&#233;, je sentais une pointe de suspicion ; et quand j'abordais la question de la non-mixit&#233;, c'&#233;tait clairement le mot de trop. Sans m&#234;me me laisser le temps de raconter jusqu'au bout mon histoire, j'avais droit &#224; quelques bons vieux clich&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Mais le f&#233;minisme c'est un peu dat&#233; non ? Depuis 68, quand m&#234;me, les femmes ont beaucoup plus de droits, il faut arr&#234;ter avec &#231;a ! Et puis, la non-mixit&#233;, c'est une histoire de femmes ultra radicales qui mettent en place une strat&#233;gie d'exclusion des hommes. C'est de la misogynie invers&#233;e, donc c'est absurde. Elles font exactement ce qu'elles reprochent aux hommes.&lt;/i&gt; &#187; Cela irrite, &#231;a &#233;nerve, &#231;a suscite de vives &#233;motions. Un sujet sensible, quoi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens accul&#233;e &#224; convaincre encore certains et certaines de la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre f&#233;ministe aujourd'hui. Je dois argumenter, mais je ne suis pas tr&#232;s forte pour &#231;a. On me demande des preuves, alors j'essaie de prendre quelques exemples simples : la diff&#233;rence de salaires &#224; poste &#233;gal, la diff&#233;rence qu'il existe entre la place des hommes et des femmes dans l'espace public, le temps de prise de parole, etc. Je me retrouve &#224; devoir me justifier de penser que la soci&#233;t&#233; est encore fa&#231;onn&#233;e par et pour les hommes. Il existe une forme de d&#233;ni du sexisme jusque chez les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res me semblent mal &#224; l'aise avec la notion m&#234;me de f&#233;minisme. Elles le sont pourtant pour la plupart, f&#233;ministes, dans leur quotidien, sans toujours l'identifier ou le revendiquer. Ce qui revient souvent, c'est la volont&#233; de ne pas &#234;tre assimil&#233;e &#224; une victime du fait d'&#234;tre une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les hommes, bien que certains soient plus sensibilis&#233;s que d'autres &#224; la question, cela reste majoritairement difficile pour eux de prendre conscience de cette place dominante qu'ils occupent au sein de la soci&#233;t&#233;, et encore moins de se d&#233;faire de ces privil&#232;ges inscrits culturellement depuis fort longtemps. C'est ce qu'on retrouve dans la posture du &#171; &lt;i&gt; c'est pas moi, c'est les autres&lt;/i&gt; &#187;. Un refus de consid&#233;rer que le genre est une construction sociale &#224; laquelle nous sommes tous soumis. On pr&#233;f&#232;re se voir comme des individus libres non assujettis &#224; ces normes culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s toutes ces aventures et ces petites claques, je suis d&#233;cid&#233;e &#224; continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir l&#224;-dessus. Mon (court) passage par la commission f&#233;minisme m'aura permis d'appuyer mes convictions personnelles et de passer &#224; un champ politique par la rencontre avec le collectif, et l'&#233;change autour d'outils (r&#233;f&#233;rences, ateliers, etc). Le f&#233;minisme reste un vaste chantier. Cr&#233;ons des ouvertures, des espaces de discussion : il y a encore tant de choses &#224; en dire et &#224; faire ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; lire : La non-mixit&#233; : &lt;a href=&#034;http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une n&#233;cessit&#233; politique&lt;/a&gt; ou encore : &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/210416/de-l-utilite-de-la-non-mixite-dans-le-militantisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De l'utilit&#233; de la non-mixit&#233;&lt;/a&gt; dans le militantisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 21.04.16, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cecosesola : la r&#233;flexion permanente !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cecosesola-la-reflexion-permanente</link>
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		<dc:date>2013-09-11T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Grysol</dc:creator>


		<dc:subject>Simon Grysol</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'extasier sur le pr&#233;tendu mod&#232;le chaviste du Venezuela, les observateurs de &#171; gauche &#187; devraient parfois d&#233;caler leur regard sur le c&#244;t&#233;. Dans l'&#201;tat de Lara, un r&#233;seau coop&#233;ratif m&#232;ne sa barque autog&#233;r&#233;e depuis 40 ans avec un millier de travailleurs et des dizaines de milliers de membres. Reportage. &#171; La force du peuple r&#233;side dans son union. &#187; Le slogan est inscrit le long d'un vieux bus hors service des ann&#233;es 1960 qui stationne fi&#232;rement &#224; l'entr&#233;e de la centrale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Simon-Grysol-111" rel="tag"&gt;Simon Grysol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reseau" rel="tag"&gt;r&#233;seau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecosesola" rel="tag"&gt;Cecosesola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative" rel="tag"&gt;coop&#233;rative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/services-sociaux" rel="tag"&gt;services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions" rel="tag"&gt;r&#233;unions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Processus" rel="tag"&gt;Processus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/appelee-Cecosesola" rel="tag"&gt;appel&#233;e Cecosesola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/stationne-fierement" rel="tag"&gt;stationne fi&#232;rement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jorge" rel="tag"&gt;Jorge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'extasier sur le pr&#233;tendu mod&#232;le chaviste du Venezuela, les observateurs de &#171; gauche &#187; devraient parfois d&#233;caler leur regard sur le c&#244;t&#233;. Dans l'&#201;tat de Lara, un r&#233;seau coop&#233;ratif m&#232;ne sa barque autog&#233;r&#233;e depuis 40 ans avec un millier de travailleurs et des dizaines de milliers de membres. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La force du peuple r&#233;side dans son union.&lt;/i&gt; &#187; Le slogan est inscrit le long d'un vieux bus hors service des ann&#233;es 1960 qui stationne fi&#232;rement &#224; l'entr&#233;e de la centrale de coop&#233;rative des services sociaux de Lara, appel&#233;e Cecosesola. &#192; l'origine, Cecosesola s'est constitut&#233;e &#224; travers dix coop&#233;ratives du centre-ouest du Venezuela qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;es dans une structure commune en 1967, &#224; l'origine pour cr&#233;er un service fun&#233;raire. D&#233;sormais, d&#233;veloppant un r&#233;seau de sant&#233;, plusieurs march&#233;s alimentaires, des caisses d'&#233;pargne et de cr&#233;dit, une soci&#233;t&#233; de transport, des coop&#233;ratives agricoles et de productions diverses, la centrale est devenue incontournable pour des dizaines de milliers de personnes de la ville de Barquisimeto et de ses alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, une cinquantaine d'organisations &#171; communautaires &#187; rassemblent 1 200 travailleurs et 20 000 associ&#233;s. Le salaire est le m&#234;me pour tous et un fonds d'aide solidaire a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en cas de maladie ou de coups durs. Cecosesola est compl&#232;tement ind&#233;pendante, &#224; la fois des banques comme du gouvernement. Jorge, un ancien de l'organisation, est cat&#233;gorique : &#171; &lt;i&gt;Notre projet est autogestionnaire, il n'y a pas d'argent du gouvernement, et nous n'en voulons pas. Nous avons cr&#233;&#233; notre propre syst&#232;me d'auto-financement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;March&#233;s populaires et r&#233;seau de sant&#233;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/p04-cecosesola-4ecda.jpg?1768650455' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Simon Grysol.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les march&#233;s populaires appel&#233;s &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt; sont l'une des activit&#233;s centrales du r&#233;seau. La &lt;i&gt;feria&lt;/i&gt; centrale, la plus importante, est &#224; la fois un march&#233; de fruits et l&#233;gumes et un supermarch&#233; social qui couvre tous les produits. Une grande partie de l'approvisionnement provient des dizaines de coop&#233;ratives agricoles et des &#171; unit&#233;s de production communautaires &#187; qui appartiennent au r&#233;seau Cecosesola&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a ainsi des organisations &#171; partenaires &#187; et des coop&#233;ratives cr&#233;&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. De prime abord, cet immense hangar aux allures de supermarch&#233; discount, avec ses 180 caissiers faisant face &#224; de longues files d'attente, ne paye pas trop de mine. Mais le fonctionnement coop&#233;ratif, les prix &#171; solidaires &#187; souvent 30 % inf&#233;rieurs aux prix du march&#233;, le microphone communautaire o&#249; chacun peut aller dire un mot ou encore les caisses de soutien aux luttes indig&#232;nes sont parmi les d&#233;tails qui changent consid&#233;rablement l'impression initiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de son r&#233;seau de sant&#233;, Cecosesola ne fait pas non plus dans la demi-mesure : apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de travaux et la r&#233;colte des millions de bolivars n&#233;cessaires &#224; leur financement, le &#171; centre int&#233;gral coop&#233;ratif de sant&#233; &#187; a ouvert ses portes dans l'Ouest populaire de la ville, en 2009. Ils avaient d&#233;j&#224; six centres de soins &#224; leur actif, voici d&#233;sormais un grand h&#244;pital ouvert pour toute la population &#8211; ce qui en fait le plus important de cette ville d'un million d'habitants &#8211; avec tous les services n&#233;cessaires et davantage : de la chirurgie &#224; la m&#233;decine chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de fanfaronner sur les chiffres de sa r&#233;ussite &#8211; 50 000 familles approvisionn&#233;es en produits agricoles, 150 000 visites annuelles dans leur r&#233;seau de sant&#233; &#8211;, pour les membres de Cecosesola, la priorit&#233; n'est pas celle-l&#224;. Jorge, qui travaille &#224; l'h&#244;pital, insiste : &#171; &lt;i&gt;Nous croyons que le succ&#232;s &#233;conomique de Cecosesola vient du fait que ce n'est pas notre int&#233;r&#234;t principal !&lt;/i&gt; &#187; C'est avant tout une &#171; &lt;i&gt; exp&#233;rience communautaire de transformation sociale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une coop&#233;rative sans patron&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Petit retour dans le temps. En 1974, le r&#233;seau coop&#233;ratif est encore organis&#233; de fa&#231;on traditionnelle : la direction dirige, les travailleurs ob&#233;issent. Mais lorsque le g&#233;rant de l'&#233;poque s'autorise un l&#233;ger d&#233;tournement de fonds, les coop&#233;rateurs lancent une AG extraordinaire : les chefs sont vir&#233;s. De nouveaux mandat&#233;s favorisent alors un changement de cap. Au fil des ans, ils s'engagent &#171; &lt;i&gt;&#224; r&#233;duire l'organisation verticale, pyramidale des organisations&lt;/i&gt; [du r&#233;seau] &#187; et des r&#233;unions p&#233;riodiques ont lieu entre les travailleurs associ&#233;s, raconte Jorge &#171; &lt;i&gt;afin de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que nous voulions&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui Cecosesola n'a plus de direction, plus de g&#233;rant, aucun signe de hi&#233;rarchie formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jes&#250;s, un jeune s'occupant de la gestion des &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt;, raconte que &#171; &lt;i&gt; dans le travail quotidien, il n'y a pas de surveillant, tout fonctionne au travers de la conversation, en r&#233;union, et en dehors des r&#233;unions. Pour certaines activit&#233;s, il y a des groupes de coordination, qui sont rotatifs entre tous les travailleurs : la transmission de l'information entre eux permet que ce soit le collectif qui s'instruise, se responsabilise, se dynamise&lt;/i&gt; &#187;. De la m&#234;me mani&#232;re, si chacun a un poste principal, une personne peut &#234;tre affect&#233;e dans un centre de soins et tenir une caisse dans une&lt;i&gt; feria&lt;/i&gt; certains jours. Le but est qu'ils &#171; &lt;i&gt;partagent tous les m&#234;mes fonctions, les m&#234;mes connaissances et une vision globale et int&#233;gr&#233;e de leur coop&#233;rative&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La solution &#224; tous les probl&#232;mes est dans la discussion permanente. Nous nous r&#233;unissons donc de nombreuses fois, au moins 3 ou 4 fois dans la semaine&lt;/i&gt; &#187;, explique Jorge. Un travailleur peut ainsi y consacrer autour de 20 % de son temps de travail&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les auteurs de &#171; Cecosesola ou l'Autogestion totale &#187;, hors-s&#233;rie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, entre les r&#233;unions de secteur pour l'organisation du travail quotidien et les r&#233;unions de gestion qui concernent l'ensemble de Cecosesola et qui peuvent rassembler jusqu'&#224; deux cents personnes. Quant &#224; la prise de d&#233;cision, elle se fait par consensus, de mani&#232;re &#171; &lt;i&gt; &#224; lui donner plus de force&lt;/i&gt; &#187;. Chose rare &#224; signaler, toutes les r&#233;unions se font sans ordre du jour et sans animateur. Sourire aux l&#232;vres, Jes&#250;s admet que &#171; &lt;i&gt;pour les gens qui viennent nous voir, nos r&#233;unions paraissent un peu folles !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus troublant est peut-&#234;tre l'absence de r&#232;gles &#233;crites. Tout repose sur la transmission verbale. Ainsi la r&#232;gle tacite est que chacun participe &#224; une r&#233;union par semaine minimum, mais ce n'est inscrit nulle part : pas de charte, pas d'organigramme, pas de texte qui d&#233;finisse l'organisation collective. De la m&#234;me mani&#232;re le contrat de travail est banni de Cecosesola, &#171; &lt;i&gt;car nous pensons que nous sommes une communaut&#233; et nous travaillons donc sur la base de la confiance et non dans la m&#233;fiance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein m&#234;me de Cecosesola, l'&#233;cole coop&#233;rative Rosario Arjona mat&#233;rialise l'importance donn&#233;e &#224; la r&#233;flexion et &#224; la discussion. Son animation se fait &#224; tour de r&#244;le, et Jorge et Jes&#250;s sont dans l'&#233;quipe du moment. &#171; &lt;i&gt;Ici c'est comme le carrefour des chemins, le r&#233;seau qui fait Cecosesola&lt;/i&gt; &#187;. Chaque nouveau pr&#233;tendant y passera quinze journ&#233;es de formation &#224; son entr&#233;e dans la coop&#233;rative. Dans cette &#233;cole d'apprentissage, il s'agit autant d'int&#233;grer les principes de fonctionnement que de &#171; &lt;i&gt;partager une culture commune&lt;/i&gt; &#187;. Les publications&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rechercher une convivialit&#233; harmonique (2003), Construire ici et maintenant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#233;dit&#233;es par l'&#233;cole tentent de rendre compte de la trajectoire de leur &#171; &lt;i&gt;organisation en mouvement&lt;/i&gt; &#187; qui se base sur &#171; &lt;i&gt; l'analyse permanente et la syst&#233;matisation des exp&#233;riences de vie au quotidien&lt;/i&gt; &#187;. Jorge admet que c'est un processus qui prend du temps, et qu'il ne faut pas se tromper : &#171; &lt;i&gt;Ici ce n'est pas un paradis, encore aujourd'hui il y a des coop&#233;ratives partenaires de Cecosesola qui fonctionnent avec un pr&#233;sident-directeur, le vote&#8230; Nous sommes une organisation constitu&#233;e de nombreuses petites organisations, et nous en formons une seule mais pas d'une mani&#232;re uniforme, avec des rythmes d'&#233;volution diff&#233;rents. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un processus de transformation social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes dans une soci&#233;t&#233; qui est marqu&#233;e par la m&#233;fiance, la comp&#233;tition, la hi&#233;rarchie, la pyramide&lt;/i&gt; &#187; et Jes&#250;s admet que &#171; &lt;i&gt;tous et toutes sont des fils et des filles de cette civilisation et de cette soci&#233;t&#233; capitaliste&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, une partie des r&#233;flexions men&#233;es concerne l'analyse de la culture v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, consid&#233;r&#233;e comme un m&#233;lange de la &#171; &lt;i&gt;culture patriarcale occidentale&lt;/i&gt; &#187; et de cultures ancestrales. C'est pour eux un pr&#233;alable puisque &#171; &lt;i&gt;tout processus de transformation devrait partir et s'appuyer sur ce que nous sommes et non sur ce que nous aimerions &#234;tre&lt;/i&gt; &#187;. Et de penser ainsi le coop&#233;ratisme comme &#171; &lt;i&gt;un mode de vie&lt;/i&gt; &#187;, une fa&#231;on de s'organiser permettant &#171; &lt;i&gt; l'union et la lutte du peuple&lt;/i&gt; &#187; au-del&#224; du simple cadre de Cecosesola. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e de faire na&#238;tre &#171; &lt;i&gt;des relations solidaires dans la production et l'&#233;mergence de la possibilit&#233; d'un processus auto-organis&#233;, d'une organisation ouverte et flexible, en permanent mouvement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233; du livre de l'&#233;cole, Construire ici et maintenant le monde que nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coop&#233;rateurs de Cecosesola soutiennent que &#171; &lt;i&gt; la d&#233;cadence d'un processus autogestionnaire se manifeste quand le groupe reste dans le monde des choses&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;et qu'il ne se pr&#233;occupe pas d'alimenter son processus interne, pour analyser collectivement les relations qui se jouent dans le travail quotidien&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi &#171; &lt;i&gt;La relation patron-ouvrier, la tendance au profit individualiste, font partie de notre culture. Il ne s'agit pas de comportements externes &#224; nous-m&#234;mes. Par cons&#233;quent, &#233;liminer la pr&#233;sence du patron n'est pas suffisant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;. Jorge, en vieux briscard, conclut l'entretien par ce r&#233;sum&#233; : &#171; &lt;i&gt;La concurrence c'est :&lt;/i&gt; &#8220;je dois gagner ce que &#231;a te co&#251;te&#8221;. L&lt;i&gt;a comp&#233;tition c'est&lt;/i&gt; &#8220;je gagne pendant que tu perds&#8221;. &lt;i&gt;Nous, nous voulons construire un monde o&#249; tout le monde gagne ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour une critique bien sentie du r&#233;gime bolivarien, lire : &#171; Venezuela, &#224; la recherche du processus r&#233;volutionnaire &#187;,&lt;a href=&#034;http://labrique.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; La Brique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mai-juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la participation de Diane et Sandie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a ainsi des organisations &#171; partenaires &#187; et des coop&#233;ratives cr&#233;&#233;es &#224; l'initiative de l'entit&#233; Cecosesola qui en d&#233;pendent directement, repr&#233;sentant 550 travailleurs, dont notamment les &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt;, le r&#233;seau de sant&#233; et de transport. D'o&#249; des possibles diff&#233;rences de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les auteurs de &#171; Cecosesola ou l'Autogestion totale &#187;, hors-s&#233;rie du &lt;i&gt;Monde Libertaire&lt;/i&gt;, mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rechercher une convivialit&#233; harmonique&lt;/i&gt; (2003), &lt;i&gt;Construire ici et maintenant le monde que nous voulons&lt;/i&gt; (2007) et &lt;i&gt;Vers un cerveau collectif ?&lt;/i&gt; (2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tir&#233; du livre de l'&#233;cole, &lt;i&gt;Construire ici et maintenant le monde que nous voulons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Envies de meurtres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Envies-de-meurtres</link>
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		<dc:date>2013-02-07T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;fense</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;unions</dc:subject>
		<dc:subject>style impos&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>si&#232;ge social</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil d'administration</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et voil&#224; que je me retrouve une fois de plus &#224; la D&#233;fense, au si&#232;ge social de la bo&#238;te, pour un exercice de style impos&#233; que j'appr&#233;cie tout particuli&#232;rement. Personne ne voulant assister &#224; ce type de r&#233;union, mon c&#244;t&#233; cur&#233; a fait que je me suis propos&#233; : &#234;tre repr&#233;sentant syndical au Conseil d'administration (CA) de l'entreprise. D&#233;j&#224; que je d&#233;teste toutes ces r&#233;unions paritaires au si&#232;ge qui ne servent pas &#224; grand-chose, si ce n'est &#224; nous &#233;loigner du lieu d'exploitation et des coll&#232;gues, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deja" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFDT" rel="tag"&gt;CFDT&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil-d-administration" rel="tag"&gt;Conseil d'administration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et voil&#224; que je me retrouve une fois de plus &#224; la D&#233;fense, au si&#232;ge social de la bo&#238;te, pour un exercice de style impos&#233; que j'appr&#233;cie tout particuli&#232;rement. Personne ne voulant assister &#224; ce type de r&#233;union, mon c&#244;t&#233; cur&#233; a fait que je me suis propos&#233; : &#234;tre repr&#233;sentant syndical au Conseil d'administration (CA) de l'entreprise. D&#233;j&#224; que je d&#233;teste toutes ces r&#233;unions paritaires au si&#232;ge qui ne servent pas &#224; grand-chose, si ce n'est &#224; nous &#233;loigner du lieu d'exploitation et des coll&#232;gues, les r&#233;unions de CA, c'est pire que tout. Ce sont juste des &#233;tapes oblig&#233;es de la part de la direction g&#233;n&#233;rale vis-&#224;-vis de l'administration et de l'actionnaire principal. Tout est d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; &#224; l'avance, les d&#233;cisions sont prises en amont, dans les bureaux feutr&#233;s ou dans les couloirs. Ceux qui participent sont tous des cadres dirigeants, habitu&#233;s des CA, avec costards sur mesure ou tailleurs de couturiers pour les rares &#233;l&#233;ments f&#233;minins. On y sent une connivence, un entre-soi, un autre monde. Il y a deux ou trois r&#233;unions par an et pour moi c'est d&#233;j&#224; trop. Notez que cela m'aura permis de trouver mati&#232;re pour &#233;crire &lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/Tue-ton-patron.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tue Ton Patron&lt;/a&gt; 1&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;2&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu leur tronche et leur fa&#231;on d'&#234;tre, on a plus envie de leur envoyer un pain plut&#244;t que de leur serrer la main, mais il faut faire bonne figure. Parfois, j'ai m&#234;me des envies de Kalaschnikov ou de P.38.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, je me retrouve, avec des repr&#233;sentants syndicaux de chacun des syndicats de la bo&#238;te. Nous faisons de la figuration, puisque nous sommes l&#224; uniquement, en tant que &#171; repr&#233;sentants des salari&#233;s &#187;, pour &#233;couter et observer. Si l'un de nous pose une question, il se fait renvoyer dans les cordes sans m&#233;nagement. Il va sans dire que nous ne b&#233;n&#233;ficions pas de jeton de pr&#233;sence. Heureusement. Il suffit d'attendre que ce soit fini pour retourner &#224; nos activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'est que depuis que nous avons ce nouveau DG, celui-ci en profite toujours&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/106efix-6c6b8.png?1768667303' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;pour recadrer les organisations syndicales. Histoire de faire passer un message. De montrer &#224; ses confr&#232;res qu'il tient ses troupes et qu'il sait manager. Ce CA se tient &#224; peine deux semaines apr&#232;s la journ&#233;e de gr&#232;ve du 9 octobre (cf. &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Pays-de-merde'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; du mois dernier&lt;/a&gt;) et l'arr&#234;t de notre usine lui est encore rest&#233; en travers de la gorge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le DG entame avec moi, repr&#233;sentant de la CGT, une assidue bataille de regards. Exercice pas simple mais dont je me fiche carr&#233;ment. Et puis, une fois que le directeur de la comptabilit&#233; a donn&#233; des chiffres, pour nous inv&#233;rifiables, mais approuv&#233;s par le commissaire aux comptes, voil&#224; que le DG se lance et m'attaque sur les pratiques gauchistes des ouvriers de la bo&#238;te o&#249; je bosse. Il me cherche mais ne me trouve pas. J'affiche juste un sourire &#171; narquois &#187;, comme il dit, n'ayant pas envie de lui r&#233;pondre. Si je vais sur son terrain, je risque de ne pas avoir le dernier mot. Je lui dis juste qu'on n'est pas du m&#234;me c&#244;t&#233; et qu'on n'a pas les m&#234;mes objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, pour &#233;viter de perdre la face, il s'en prend au repr&#233;sentant de la CFDT qui ne s'y attendait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous ne me servez &#224; rien &#187;&lt;/i&gt;, crache le directeur.
L'autre est surpris.
&lt;i&gt;&#171; Non, je n'ai plus besoin de vous. Vous ne me servez &#224; rien. Vous n'avez m&#234;me pas emp&#234;ch&#233; que la gr&#232;ve ait lieu. Vous n'avez m&#234;me pas sorti un tract pour critiquer la gr&#232;ve et l'arr&#234;t des ateliers. &#224; quoi servez-vous ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, il a attaqu&#233; le syndicaliste complaisant o&#249; &#231;a fait mal. Pendant le mouvement des retraites, la CFDT avait appel&#233; &#224; ne pas arr&#234;ter les ateliers, placards d'affiches sur le risque de fermeture de l'usine &#224; l'appui. R&#233;sultat : d&#233;missions et renvois de cartes dans la figure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Directeur, en pointant son inutilit&#233;, sait qu'il touche le fondement de ce syndicat qui se vante d'aider &#224; la gestion de la bo&#238;te de fa&#231;on responsable, c'est-&#224;-dire tr&#232;s &#224; l'aise dans les tractations de couloir. Et puis c'est attaquer leur statut : dans l'usine, &#234;tre &#224; la CFDT a permis &#224; la plupart de ses adh&#233;rents de pouvoir monter dans la hi&#233;rarchie et de se retrouver contrema&#238;tre ou chef d'&#233;quipe. Alors s'ils ne servent &#224; rien, finies les accessions &#224; des postes plus &#233;lev&#233;s, finies les primes exceptionnelles.
Le c&#233;d&#233;tiste ne r&#233;pond pas. Physiquement, c'est m&#234;me visible : il fait le dos rond. De mon c&#244;t&#233;, je pr&#233;f&#232;re quitter la salle, entra&#238;nant les autres syndicalistes, ce qui met fin &#224; la r&#233;union et &#224; la mise &#224; mort du coll&#232;gue. D'autant que si c'est un adversaire dans certains cas et dans certaines luttes, ce n'est pas lui l'ennemi principal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La D&#233;fense, zone immunod&#233;ficitaire ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Defense-zone-immunodeficitaire</link>
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		<dc:date>2008-01-14T09:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;LE QUARTIER DE LA D&#201;FENSE devient presque mon deuxi&#232;me lieu de travail en ce moment, avec toutes ces r&#233;unions paritaires : comit&#233;s centraux d'entreprise,expertises et j'en passe. C'est s&#251;r qu'il y a des pr&#233;rogatives, qu'il y a des informations &#224; recevoir, mais en m&#234;me temps ces r&#233;unions ne servent qu'&#224; nous occuper, nous &#233;loigner des coll&#232;gues. Elles ne sont utiles que lorsqu'on a le rapport de force vis-&#224;-vis du patron, quand on a les coll&#232;gues &#224; nos c&#244;t&#233;s. Sinon ce ne sont que des chambres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no51-decembre-2007" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;51 (d&#233;cembre 2007)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-en-passe" rel="tag"&gt;j'en passe&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE QUARTIER DE LA D&#201;FENSE devient presque mon deuxi&#232;me lieu de travail en ce moment, avec toutes ces r&#233;unions paritaires : comit&#233;s centraux d'entreprise,expertises et j'en passe. C'est s&#251;r qu'il y a des pr&#233;rogatives, qu'il y a des informations &#224; recevoir, mais en m&#234;me temps ces r&#233;unions ne servent qu'&#224; nous occuper, nous &#233;loigner des coll&#232;gues. Elles ne sont utiles que lorsqu'on a le rapport de force vis-&#224;-vis du patron, quand on a les coll&#232;gues &#224; nos c&#244;t&#233;s. Sinon ce ne sont que des chambres d'enregistrement o&#249; les patrons font ce qu'ils veulent, m&#234;me si ces r&#233;unions sont parfois anim&#233;es. Quelle id&#233;e j'ai eu d'accepter de venir &#224; ces r&#233;unions ! En fait, j'ai accept&#233; pour observer ce petit monde, peut-&#234;tre aussi pour t&#233;moigner. Je sais que certains syndicalistes s'y complaisent. Sans doute que c&#244;toyer les &#171; puissants &#187; leur fait tourner la t&#234;te. Et je ne vous dis pas ces pseudo syndicalistes qui viennent en r&#233;union avec le costard et la cravate pour singer le boss. Peut-&#234;tre croient-ils faire partie du s&#233;rail ? Moi,je ne supporte ni les uns ni les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au quartier de la D&#233;fense. Je ne sais pas s'il y a eu des &#233;tudes de faites sur ce lieu et sur sa faune,mais &#231;a vaudrait le coup de s'y int&#233;resser. La D&#233;fense, c'est un autre monde. Total et ses filiales y trustent plusieurs immeubles ; EDF s'affiche sur un &#233;difice monumental ; la plupart des banques jouent &#224; qui aura la tour la plus haute. Ici, les d&#233;cideurs squattent les lieux dans un enchev&#234;trement d'immeubles tout en verre, b&#233;ton et acier. Les vitriers ont encore de beaux jours devant eux, d'autant que la tendance est aux immenses patios vitr&#233;s, o&#249; essaient de survivre quelques palmiers fam&#233;liques. Dans cet imbroglio qui pr&#233;figure, aujourd'hui, les villes futures d&#233;j&#224; annonc&#233;es dans quelques films d'anticipation, on pourrait penser qu'il n'y a plus de place pour qu'un nouveau building soit construit. Pourtant, la D&#233;fense est toujours en travaux. De nouveaux immeubles &#233;mergent encore, toujours plus hauts, toujours plus clinquants. Et lorsqu'ils paraissent trop vieux (vingt ans), que les vitres dor&#233;es ne sont plus &#224; la mode,tout est chang&#233; pour que la bo&#238;te &#224; qui appartiennent ces locaux paraisse encore dans le coup. Devant toutes ces tours, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; Ben Laden. Crainte et fantasme &#224; la fois.Les cibles sont tellement nombreuses, repr&#233;sentent tellement le syst&#232;me capitaliste occidental, qu'il ne serait pas surprenant qu'un avion vienne s'y planter. Depuis le 11-Septembre, tout le monde y pense. Et m&#234;me si les flics sont l&#224;, nombreux, &#224; pied par groupe de trois ou en fourgonnette, cela n'emp&#234;cherait rien. Au pied de ces tours, un centre commercial vulgaire, de maigres espaces verts, en guise de notes bucoliques dans cet univers trop gris. Des sculptures colossales de Miro, Calder et autres qu'on ne voit m&#234;me plus. L'&#233;t&#233; a lieu un &#171; festival &#187; de jazz guimauve sur une petite pelouse-moquette gorg&#233;e d'engrais. Tout est fondu dans un d&#233;cor froid et aseptis&#233; &#224; la seule gloire du capitalisme, o&#249; quelques &#233;crans g&#233;ants distillent des spots publicitaires &#224; longueur de journ&#233;e : seules vraies touches de couleurs. D'autres couleurs sont coll&#233;es sur les fa&#231;ades des immeubles par des types qui, accroch&#233;s &#224; des filins et en rappel, travaillent &#224; faire conna&#238;tre encore davantage des marques de fringues de sport (l'alpinisme m&#232;ne &#224; &#231;a, ici). Il y a cette grande Arche, aussi, pendant gigantesque de l'Arc de Triomphe et repr&#233;sentation b&#233;tonn&#233;e du mitterrandisme florissant et arrogant.Enfin, sur les parvis et les esplanades, l&#224; o&#249; r&#232;gnent les courants d'air, il y a les gens. Hommes et femmes press&#233;s, courant comme dans les couloirs du m&#233;tro &#8211;il y en a m&#234;me qui lisent des romans en marchant &#224; longues enjamb&#233;es. Pas de temps &#224; perdre, pas de temps pour fl&#226;ner (ou si peu : parfois, le midi, lorsqu'il fait beau). Par terre tra&#238;nent des emballages de McDo, ainsi que des journaux gratuits pris &#224; la sauvette &#224; la sortie du m&#233;tro, survol&#233;s et aussit&#244;t jet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez ces gens qui courent, on remarquera l'uniformit&#233;. Si les femmes se distinguent,pour les hommes, la tenue de travail est identique : tous portent le costard-cravate des d&#233;cideurs et des commerciaux, avec (en prime) dans une main, la serviette ou l'attach&#233;-case et dans l'autre le t&#233;l&#233;phone portable. Parfois,fendant la foule,un de ces types en uniforme passe, juch&#233; sur une trottinette infantile. Le midi, ils mangent tous rapidement des sandwichs Panini aux prix prohibitifs ou se rendent dans ces multiples restaurants-cantines, aux plats lourds et peu raffin&#233;s. Les prix y sont abusifs &#233;galement, mais d'autant plus facilement accept&#233;s que la plupart de ceux qui y mangent fonctionnent &#224; la note de frais. Le midi aussi, pour &#171; d&#233;stresser &#187; les cadres et les secr&#233;taires, il est possible de pratiquer quelque sport. Lorsqu'il fait beau, certains, cravates au vent, jouent &#224; la p&#233;tanque ; d'autres s'initient &#224; un stage de rollers ; d'autres enfin peuvent parcourir des simulateurs de golf. Sur les murs, des messages publicitaires &#224; la gloire du quartier, comme autant de slogans s'adressant &#224; tous ces gens stress&#233;s : &#171; Exigez le meilleur &#187;, &#171; Sortir du rang &#187;, comme un continuel rappel &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est interdit de fumer sur les lieux de travail,on observe fr&#233;quemment des troupeaux entiers de salari&#233;s,en bas des immeubles, en train de cloper, parlant, prenant du temps au patron. Seul moment de pause dans ce monde de brutes. &#199;a donne presque envie de commencer &#224; fumer. Le soir,lorsque la journ&#233;e de travail est finie, avant le m&#233;tro et les embouteillages, la foule se retire, passant devant les succursales commerciales qui font r&#234;ver sur des paysages exotiques ou sur de nouvelles grosses voitures. Seules issues possibles propos&#233;es pour se remettre de tant de journ&#233;es harassantes, perdues. La consommation comme lot de consolation. Plus tard encore, lorsque les esplanades se d&#233;sertifient, restent ceux qui habitent l&#224;.Oui, parmi ces tours ultramodernes et ultra chicos, se trouvent quelques immeubles d'habitation qui n'ont rien &#224; envier aux HLM. Il n'y a jamais rien qui pend &#224; ces fen&#234;tres, peut-&#234;tre est-ce stipul&#233; sur le contrat d'habitation ? Rien, il ne doit y avoir rien qui d&#233;passe.La nuit,enfin,il ne reste plus que quelques chats semi-sauvages, des flics et des jeunes en recherche de sensations fortes. Un autre monde encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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