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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>David Graeber : Occupy Saturne</title>
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		<dc:creator>Renaud Garcia</dc:creator>


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		<dc:subject>David Graeber</dc:subject>
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&lt;p&gt;Qu'advient-il lorsqu'un brillant universitaire &#224; l'&#339;uvre d&#233;j&#224; foisonnante acc&#232;de au statut de r&#233;f&#233;rence internationale de la contestation, brinquebal&#233; de colloques en conf&#233;rences, d'&#233;missions en manifestations ? On peut se le demander &#224; la lecture de Bureaucratie, le dernier livre de David Graeber, figure du mouvement Occupy, traduit en fran&#231;ais aux &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent. Lecteur attentif de Graeber depuis assez longtemps maintenant, d&#232;s sa p&#233;riode &#171; underground &#187;, pourrais-je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technologies" rel="tag"&gt;technologies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'advient-il lorsqu'un brillant universitaire &#224; l'&#339;uvre d&#233;j&#224; foisonnante acc&#232;de au statut de r&#233;f&#233;rence internationale de la contestation, brinquebal&#233; de colloques en conf&#233;rences, d'&#233;missions en manifestations ? On peut se le demander &#224; la lecture de &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt;, le dernier livre de David Graeber, figure du mouvement Occupy, traduit en fran&#231;ais aux &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH493/-46-87a07.jpg?1782663740' width='400' height='493' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Lecteur attentif de Graeber depuis assez longtemps maintenant, d&#232;s sa p&#233;riode &#171; &lt;i&gt;underground&lt;/i&gt; &#187;, pourrais-je dire, il m'a fallu revenir plusieurs fois sur ce livre, constitu&#233; principalement de trois articles dat&#233;s de 2012, pour me rendre &#224; cette f&#226;cheuse &#233;vidence : notre &#171; anthropologue-anarchiste &#187; peut d&#233;sormais tout se permettre, y compris exhumer ses fonds de tiroir de fa&#231;on &#233;hont&#233;e. Entendons-nous bien cependant : &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt; contient dans son premier article des d&#233;veloppements int&#233;ressants qui manient le paradoxe avec go&#251;t. On pense d'ordinaire une opposition entre l'&#201;tat et le march&#233; ? Il n'en est rien : la rationalit&#233; marchande se coule parfaitement dans le principe d'efficacit&#233; de la bureaucratie. Efficacit&#233; seulement pr&#233;tendue, car dans une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement r&#233;gie par des contrats (un r&#234;ve libertarien !), la n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; des rapports bureaucratiques serait multipli&#233;e et non limit&#233;e, segmentant les relations collectives entre d&#233;p&#244;t de projets et r&#233;ponse &#224; des contr&#244;les. Voil&#224; des &#233;l&#233;ments ind&#233;niablement int&#233;ressants et bien tourn&#233;s. Ils ne doivent pas pour autant occulter l'inanit&#233; du deuxi&#232;me article reproduit dans ce recueil, &#171; Des voitures volantes et de la baisse du taux de profit &#187;, qui ne s'est gu&#232;re attir&#233; de commentaires critiques alors qu'il encha&#238;ne &#233;normit&#233;s sur &#233;normit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une question ouverte : ch&#232;re lectrice et cher lecteur, &#234;tes-vous aujourd'hui profond&#233;ment amers de ne pas &#234;tre entr&#233;s totalement dans l'&#232;re des voitures volantes sans chauffeurs, de la t&#233;l&#233;portation, des robots andro&#239;des et autres &#233;lixirs d'immortalit&#233; ? Avez-vous, de fait, l'impression qu'une m&#233;chante clique a d&#233;tourn&#233; les technologies les plus prometteuses pour vous voler votre futur ? David Graeber y r&#233;pond pour vous, par l'affirmative. La technologie, avance-t-il, est tiss&#233;e de l'&#233;toffe de nos r&#234;ves. C'est notre capacit&#233; imaginante qui pr&#233;side &#224; la mise en &#339;uvre du monde dans lequel nous voulons vivre. Et l'anthropologue-anarchiste de se demander : par quel malheureux accident a-t-il pu se faire qu'en 2016 nous demeurions en attente des robots blanchisseurs et des r&#233;acteurs dorsaux qui peuplaient l'imaginaire futuriste des ann&#233;es 1960 ? Curieuse disposition d'esprit, tout de m&#234;me, dans cette fa&#231;on de tourner les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, lorsqu'on &#233;voque la question de la technologie, une personne &#224; l'esprit un tant soit peu critique ne manquera pas de s'interroger &#224; la fois sur le sens du progr&#232;s technique et sur la finalit&#233; de la production en rapport avec les besoins. Questions absolument cruciales, qui tiennent &#224; une volont&#233; minimale de ma&#238;triser nos conditions d'existence. Or, &#233;trangement, l'article d&#233;marre pour ainsi dire &lt;i&gt;in medias res&lt;/i&gt; : il ne s'agit jamais de revenir en amont des pr&#233;tendus progr&#232;s technologiques pour discerner ce qu'ils apportent et ce qu'ils saccagent, mais bien d'estimer scandaleux, ma bonne dame, d'avoir encore &#224; conduire une automobile, alors que l'on pourrait tr&#232;s bien d&#233;l&#233;guer cette t&#226;che fastidieuse &#224; un algorithme en se repaissant pendant ce temps de la lecture d'un ouvrage remarquablement stimulant sign&#233; David Graeber !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de telles possibilit&#233;s ne nous sont pas offertes, comprenez-vous, ce n'est pas une question d'inventivit&#233; (il y aura toujours, parmi les 99%, des gens brillants), mais bien une question politique : &#171; ils &#187; n'en ont pas voulu, des technologies &#171; po&#233;tiques &#187; ! Ces moyens rationnels, techniques et bureaucratiques mis au service de r&#234;ves fous. &#171; Ils &#187; ont pr&#233;f&#233;r&#233; orienter les cr&#233;dits de recherche vers les technologies bureaucratiques, bridant le potentiel &#233;mancipateur des meilleurs dispositifs, comme lorsque Internet se trouve r&#233;duit essentiellement &#224; une centrale d'achats en ligne, &#224; un analogue de la poste et &#224; une grande biblioth&#232;que. On le saisit : Graeber n'inscrit en rien son analyse de la bureaucratie dans une critique g&#233;n&#233;rale des rapports r&#233;ifi&#233;s au monde, aux autres et &#224; soi-m&#234;me rendus possibles par le d&#233;veloppement technologique aveugle. Il ne critique pas une forme de vie intrins&#232;quement li&#233;e aujourd'hui au capitalisme, mais un type de contr&#244;le politique et social orchestr&#233; par les &#171; 1% &#187;. C'est que les dirigeants ont int&#233;r&#234;t &#224; contr&#244;ler les masses par le truchement du travail, en laissant faire aux humains ce que des robots auraient pu depuis belle lurette leur &#233;pargner. &lt;i&gt;Ergo &lt;/i&gt; : le fond de l'affaire, c'est une lutte de classes, et la technique, somme toute, reste neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le point de me laisser embarquer par cet optimisme technologique sans faille, une malheureuse citation est revenue doucher ma naissante euphorie : &#171; &lt;i&gt;Durant un si&#232;cle, l'humanit&#233; s'est livr&#233;e &#224; une exp&#233;rience fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se suivante : l'outil peut remplacer l'esclave. Or, il est manifeste qu'employ&#233; &#224; de tels desseins, c'est l'outil qui de l'homme fait son esclave. La dictature du prol&#233;tariat et la civilisation des loisirs sont deux variantes politiques de la m&#234;me domination par un outillage industriel en constante expansion&lt;/i&gt;. &#187; Ces lignes d'Ivan Illich, dans &lt;i&gt;La Convivialit&#233;&lt;/i&gt;, datent de 1973, lorsque le jeune Graeber devait d&#233;vorer tout Asimov en r&#234;vant de laisser un andro&#239;de sur Mars. Or, des r&#233;flexions de cet acabit n'existent tout bonnement pas dans la galaxie de notre anthropologue-anarchiste. &#192; ses yeux, il est au contraire &#233;tonnant que nous n'ayons pas d&#233;j&#224; per&#231;u &#224; quel point le capitalisme freine l'innovation, au lieu de favoriser pr&#233;cis&#233;ment sa constante expansion. L'iPhone, objet r&#233;v&#233;r&#233; de notre &#233;poque, ne serait ainsi qu'une &#171; modeste am&#233;lioration &#187; con&#231;ue pour amuser la galerie. Qu'il soit utile, incidemment, pour tracer, g&#233;olocaliser, conserver le salari&#233; sous pression perp&#233;tuelle et exploiter par consentement les dynamiques auto-entrepreneurs de la nouvelle &#233;conomie : de tout cela, pas un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce marasme technologique qui signe l'&#233;chec du capitalisme &#8211; &#233;chec d'une cristalline &#233;vidence, n'est-ce pas ? &#8211;, soyons audacieux, nous enjoint David Graeber. Sa vision n&#233;buleuse d'un socialisme d&#233;centralis&#233; rencontre en toute logique les technologies d'imprimantes 3D, porteuses d'un avenir d'initiatives et de cr&#233;ativit&#233; d&#233;multipli&#233;es. Avec un tel argumentaire, nul doute que l'ic&#244;ne alternative sera intronis&#233;e chouchou des s&#233;minaires sur le num&#233;rique collaboratif ou la croissance verte, sur le th&#232;me &#171; Les fablabs, moteurs d'une &#233;cologie subversive &#187;. De l'audace, toujours de l'audace : ouvrons de nouveau l'avenir de la technologie, contre tous ces gens au profil &#171; &lt;i&gt;anticivilisation&lt;/i&gt; &#187; qui affirment que la &#171; &lt;i&gt;lib&#233;ration humaine n'est r&#233;alisable que par un retour &#224; l'&#226;ge de pierre &lt;/i&gt; &#187;. Pass&#233; ce point d'&#233;lucubrations interstellaires, on en vient &#224; se dire que le sagace et virevoltant David Graeber s'est retrouv&#233; coinc&#233; dans le monde r&#233;el, pendant que les cyniques agents nous envoyaient, &#224; nous, prisonniers de la Matrice, son image digitale &#171; Luc Ferry &#187; pour nous sermonner sur les errances de la critique du progr&#232;s technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, ma d&#233;ception fut grande &#224; la lecture de ce chapitre de &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt;. L'inqui&#233;tant, c'est d'imaginer les prochains enthousiasmes &#224; courte vue de son auteur. Pour cela, je crains fort que nous n'ayons m&#234;me pas &#224; nous t&#233;l&#233;porter dans le futur. Mais sait-on jamais. Comme dans tout bon sc&#233;nario de science-fiction, ceux qui anticipent l'avenir sont susceptibles d'en modifier le cours : David Graeber remettra peut-&#234;tre un jour les pieds sur terre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le capitalisme ou la vie !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-capitalisme-ou-la-vie</link>
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		<dc:date>2015-05-22T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>David Graeber</dc:subject>
		<dc:subject>meilleurs ouvrages</dc:subject>
		<dc:subject>ouvrages r&#233;cents</dc:subject>
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		<dc:subject>propos offensifs</dc:subject>
		<dc:subject>critique ac&#233;r&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Baschet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques-uns des meilleurs ouvrages r&#233;cents de critique ac&#233;r&#233;e des saloperies tr&#244;nantes prennent &#224; c&#339;ur de ne pas glandouiller, de d&#233;cocher d&#233;j&#224; l'essentiel de leurs propos offensifs dans leur 4e de couv' ou dans leur pr&#233;face. C'est le cas du tr&#232;s r&#233;ussi Adieux au capitalisme de J&#233;r&#244;me Baschet (La D&#233;couverte) qui atteint d'entr&#233;e de jeu sa vitesse de sustentation s&#233;ditieuse (comme on aurait dit d'un h&#233;licopt&#232;re flibustier) : &#171; Affirmer la critique de l'existant et donner consistance &#224; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/David-Graeber" rel="tag"&gt;David Graeber&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/meilleurs-ouvrages" rel="tag"&gt;meilleurs ouvrages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ouvrages-recents" rel="tag"&gt;ouvrages r&#233;cents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/saloperies-tronantes" rel="tag"&gt;saloperies tr&#244;nantes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tronantes-prennent" rel="tag"&gt;tr&#244;nantes prennent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/decocher-deja" rel="tag"&gt;d&#233;cocher d&#233;j&#224;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/deja-l-essentiel" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224; l'essentiel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/propos-offensifs" rel="tag"&gt;propos offensifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/critique-aceree" rel="tag"&gt;critique ac&#233;r&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerome-Baschet-9727" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Baschet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelques-uns des meilleurs ouvrages r&#233;cents de critique ac&#233;r&#233;e des saloperies tr&#244;nantes prennent &#224; c&#339;ur de ne pas glandouiller, de d&#233;cocher d&#233;j&#224; l'essentiel de leurs propos offensifs dans leur 4e de couv' ou dans leur pr&#233;face. C'est le cas du tr&#232;s r&#233;ussi &lt;i&gt;Adieux au capitalisme&lt;/i&gt; de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Jerome-Baschet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Baschet&lt;/a&gt; (La D&#233;couverte) qui atteint d'entr&#233;e de jeu sa vitesse de sustentation s&#233;ditieuse (comme on aurait dit d'un h&#233;licopt&#232;re flibustier) : &#171; &lt;i&gt;Affirmer la critique de l'existant et donner consistance &#224; des univers alternatifs sont des moyens compl&#233;mentaires de faire vaciller et d'affaiblir le mode de production dominant de la r&#233;alit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Estimant qu'on peut pratiquer tout de suite &#171; &lt;i&gt;une d&#233;mocratie radicale d'autogouvernement et concevoir un mode de construction du commun lib&#233;r&#233; de la forme &#201;tat et appelant &#224; l'&#233;panouissement des subjectivit&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, Baschet, dont les axes de r&#233;f&#233;rence r&#233;jouissent (Marcos, David Graeber, Holloway, Jappe, Klein, Sahlins, Pannekoek, Riesel, Semprun), pr&#233;sente les territoires zapatistes du Chiapas comme &#171; &lt;i&gt;l'une des plus remarquables &#8220;utopies r&#233;elles&#8221; mises en &#339;uvre actuellement &#224; travers le monde&lt;/i&gt; &#187;. Baschet nous r&#233;gale encore : &#171; &lt;i&gt;Le fonctionnement rotatif des Conseils de bon gouvernement permet d'amorcer une forme de &#8220;gouvernement collectif&#8221; (&#8220;tous, nous avons &#233;t&#233; gouvernement&#8221;, ont dit certains de leurs membres) afin de mettre en pratique le principe zapatiste du &#8220;mandar obedeciendo&#8221; (&#8220;diriger en ob&#233;issant&#8221;). M&#234;me s'il convient de se garder de toute id&#233;alisation, il s'agit bel et bien d'une &#8220;&#233;cole de gouvernement&#8221; par laquelle les communaut&#233;s rebelles construisent leur autogouvernement et, indissociablement, une r&#233;alit&#233; sociale neuve&lt;/i&gt; &#187;. Et l'on voit bien que le pr&#233;cepte conseilliste m&#234;me de la d&#233;l&#233;gation de pouvoir est malicieusement ajust&#233;e : consultation fr&#233;quente des assembl&#233;es de zones et de communaut&#233;s, contr&#244;le populaire constant des d&#233;cisions prises, r&#233;vocabilit&#233; permanente des mandats, d&#233;sp&#233;cialisation &#224; tous les niveaux, absence de r&#233;mun&#233;ration des parties prenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, les communaut&#233;s exp&#233;rimentales indiennes en question ont bien conscience qu'il ne s'agit l&#224; que d'un &#171; &lt;i&gt;espace de possibilit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, toutes ces mesures de &#171; &lt;i&gt;d&#233;capitalisation&lt;/i&gt; &#187; pouvant &#234;tre perp&#233;tuellement am&#233;lior&#233;es, d&#233;pass&#233;es et burlesquement chahut&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En route donc pour une &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; de l'intensification des plaisirs et des joies&lt;/i&gt; &#187;, un &#171; &lt;i&gt;monde fait de nombreux mondes&lt;/i&gt; &#187; faisant la nique &#224; la tyrannie de la marchandise et de l'&#201;tat, de l'argent et du travail asservissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ya basta ! &lt;/i&gt; Je promets d'&#234;tre un peu plus &#171; youplaboum &#187; la prochaine fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Analyses et actions</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Analyses-et-actions</link>
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&lt;p&gt;Faut pas payer ! &#171; Il faut honorer ses dettes &#187;, c'est une question d'honn&#234;tet&#233;, donc d'honneur. De cette obligation de r&#233;ciprocit&#233; en th&#233;orie &#233;galitaire &#8211; &#171; rendre la pareille &#187; &#8211; la dette est devenue une question de devoir moral et de subordination. Ne nous sentons-nous pas sur cette terre redevables &#224; tout un tas de &#171; cr&#233;anciers &#187; : Dieu, nos parents, la soci&#233;t&#233;, notre employeur, notre proprio ? D'ailleurs, tout le vocabulaire reli&#233; &#224; la dette est religieusement oint des dimensions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut pas payer !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH461/p14-bookdette-ba6db.jpg?1782673866' width='300' height='461' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; Il faut honorer ses dettes &#187;, c'est une question d'honn&#234;tet&#233;, donc d'honneur. De cette obligation de r&#233;ciprocit&#233; en th&#233;orie &#233;galitaire &#8211; &#171; rendre la pareille &#187; &#8211; la dette est devenue une question de devoir moral et de subordination. Ne nous sentons-nous pas sur cette terre redevables &#224; tout un tas de &#171; cr&#233;anciers &#187; : Dieu, nos parents, la soci&#233;t&#233;, notre employeur, notre proprio ? D'ailleurs, tout le vocabulaire reli&#233; &#224; la dette est religieusement oint des dimensions de p&#234;ch&#233;, de culpabilit&#233;, de faute : Geld (argent en allemand) a la m&#234;me racine germanique que guilt (culpabilit&#233; en anglais) ; should (devoir en anglais) ressemble &#233;trangement &#224; Schuld (&#224; la fois faute et dette en allemand) ; on remercie en &#233;tant l'oblig&#233; de quelqu'un (obliged, obrigado, etc&#8230;), donc &#224; sa merci (mercy, piti&#233; en anglais) en esp&#233;rant sa gr&#226;ce (gracias) soit sa mis&#233;ricorde ; payer vient du latin pacare qui signifie pacifier, etc. Capt&#233; par l'&#201;tat, les usuriers et les poss&#233;dants, l'endettement devient un moyen d'asservissement et un instrument de domination. &#171; &lt;i&gt;Un substitut ing&#233;nieux pour la cha&#238;ne et le fouet de l'esclavagiste&lt;/i&gt; &#187;, notait l'&#233;crivain Ambrose Bierce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage roboratif et passionnant, d&#233;j&#224; &#233;coul&#233; &#224; des centaines de milliers d'exemplaires, l'anthropologue David Graeber analyse l'histoire de la dette sous un angle radical et propose de remettre les compteurs &#224; z&#233;ro. Extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est plus que temps, je pense, de proc&#233;der &#224; un jubil&#233; de style biblique &#8211; un jubil&#233; qui concernerait &#224; la fois la dette internationale et la dette des consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait salutaire parce qu'il all&#233;gerait quantit&#233; de v&#233;ritables souffrances humaines, mais aussi parce qu'il serait notre fa&#231;on de nous rem&#233;morer certaines r&#233;alit&#233;s : l'argent n'est pas sacr&#233;, payer ses dettes n'est pas l'essence de la morale, ces choses-l&#224; sont des arrangements humains, et, si la d&#233;mocratie a un sens, c'est de nous permettre de nous mettre d'accord pour r&#233;agencer les choses autrement. Il me para&#238;t significatif que, depuis Hammourabi, les grands &#201;tats imp&#233;riaux aient invariablement r&#233;sist&#233; &#224; ce type de politique. Ath&#232;nes et Rome ont &#233;tabli le paradigme : m&#234;me confront&#233;es &#224; d'incessantes crises de la dette, elles n'ont voulu l&#233;gif&#233;rer que pour arrondir les angles, adoucir l'impact, &#233;liminer les abus &#233;vidents comme l'esclavage pour dettes, utiliser le butin de l'empire pour distribuer toutes sortes d'&#224;-c&#244;t&#233;s &#224; leurs citoyens pauvres (qui, apr&#232;s tout, fournissaient les soldats de leurs arm&#233;es) afin de les maintenir plus ou moins &#224; flot &#8211; mais tout cela pour ne jamais autoriser aucune remise en cause du principe de la dette. La classe dirigeante des &#201;tats-Unis semble avoir adopt&#233; une strat&#233;gie remarquablement similaire : &#233;liminer les pires abus (par exemple les prisons pour dettes), utiliser les fruits de l'empire pour verser des subventions, visibles ou non, au gros de la population, ces derni&#232;res ann&#233;es manipuler les taux de change pour inonder le pays de produits bon march&#233; venus de Chine, mais ne jamais permettre &#224; quiconque de d&#233;fier le principe sacr&#233; : nous devons tous payer nos dettes. Toutefois, &#224; ce stade, ce principe a &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233; comme un mensonge flagrant. En fait, nous n'avons pas &#171; tous &#187; &#224; payer nos dettes. Seulement certains d'entre nous. Rien ne serait plus b&#233;n&#233;fique que d'effacer enti&#232;rement l'ardoise pour tout le monde, de rompre avec notre morale coutumi&#232;re et de prendre un nouveau d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce qu'une dette, en fin de compte ? Une dette est la perversion d'une promesse. C'est une promesse doublement corrompue par les math&#233;matiques et la violence. Si la libert&#233; (la vraie) est l'aptitude &#224; se faire des amis, elle est aussi, forc&#233;ment, la capacit&#233; de faire de vraies promesses. Quelles sortes de promesses des hommes et des femmes authentiquement libres pourraient-ils se faire entre eux ? Au point o&#249; nous en sommes, nous n'en avons pas la moindre id&#233;e. La question est plut&#244;t de trouver comment arriver en un lieu qui nous permettra de le d&#233;couvrir. Et le premier pas de ce voyage est d'admettre que, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, comme nul n'a le droit de nous dire ce que nous valons, nul n'a le droit de nous dire ce que nous devons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Graeber, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=73&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dette, 5 000 ans d'histoire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2011), &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faut occuper !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/p03-bullbeginningisnear-c3c14.jpg?1782673866' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le 17 septembre 2011, un peu plus de 1 000 personnes r&#233;pondent &#224; un appel &#224; occuper Wall Street, lanc&#233; quelques mois avant par le magazine anticonsum&#233;riste &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.adbusters.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Adbusters&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Ces activistes, bient&#244;t rejoints par des milliers d'autres, se rassemblent dans un parc du sud de Manhattan, &#224; New York et finissent par &#233;tablir un campement (avec cuisine collective, biblioth&#232;ques, tentes, etc.) qui se prolongera jusqu'&#224; sa brutale &#233;vacuation par la police, dans la nuit du 14 au 15 novembre suivant. Dans l'intervalle, Occupy Wall Street aura essaim&#233; un peu partout aux &#201;tats-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde, prolongeant la dynamique d'occupation des places popularis&#233;es par les Indign&#233;s espagnols, eux-m&#234;mes inspir&#233;s par l'occupation de la place Tahrir au Caire. Les activistes d'Occupy se sont refus&#233;s &#224; formuler des revendications pr&#233;cises, pr&#233;f&#233;rant d&#233;noncer le pouvoir des &#171; 1 % &#187; contre le reste de la population, les &#171; 99 % &#187; et faisant le choix de l'exp&#233;rimentation directe d'une d&#233;mocratie radicale, fonctionnant par consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite du dossier : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/You-re-not-a-loan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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