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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des livres et des luttes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Introduction du dossier &#034;Des livres et des luttes&#034; : douze pages de reportages, d'analyses, de cartographie et de rencontres autour du livre, de ses travailleurs et de ses combats. A retrouver dans le num&#233;ro 146 (septembre 2016) de CQFD. &#171; J'ai appris &#224; &#233;crire, et bougrement bien. Des oiseaux et des trucs dans ce go&#251;t-l&#224; ; pas seulement de l'&#233;criture de mots. Mon p&#232;re serait pas content s'il me voyait sortir un oiseau comme &#231;a d'un seul coup de crayon. (...) Les fantaisies de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bougrement" rel="tag"&gt;bougrement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction du dossier &#034;Des livres et des luttes&#034; : douze pages de reportages, d'analyses, de cartographie et de rencontres autour du livre, de ses travailleurs et de ses combats. A retrouver dans le num&#233;ro 146 (septembre 2016) de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; &lt;i&gt;J'ai appris &#224; &#233;crire, et bougrement bien. Des oiseaux et des trucs dans ce go&#251;t-l&#224; ; pas seulement de l'&#233;criture de mots. Mon p&#232;re serait pas content s'il me voyait sortir un oiseau comme &#231;a d'un seul coup de crayon. (...) Les fantaisies de ce genre-l&#224;, &#231;a lui pla&#238;t pas. D&#233;j&#224; l'&#233;criture, il aime pas &#231;a. J'ai id&#233;e qu'&#231;a lui fait un peu peur. &#192; chaque fois que Pa a vu de l'&#233;criture, y a toujours eu quelqu'un qui lui a pris quelque chose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Steinbeck, &lt;i&gt;Les Raisins de la col&#232;re&lt;/i&gt;, 1939.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lire et &#233;crire sonne encore comme l'un des premiers marqueurs sociaux, &#233;l&#233;mentaire &#233;cr&#233;mage pour s&#233;parer les aptes des inaptes, les sachants des ignares, voire les barbares des civilis&#233;s. Plus encore que le nom des rues ou les documents administratifs, l'&#233;paisseur des livres, et les jargons dont ils s'arment, exclut et divise. Selon l'Insee, en 2014, 70% des ouvriers et des agriculteurs, et 40% des employ&#233;s contre 20% des cadres n'avaient ouvert aucun livre. La &#171; d&#233;mocratisation &#187; de la culture tant d&#233;sir&#233;e par la gauche post-68 a augment&#233; les dividendes des Fnac et des Leclerc, pendant que les gens oubliaient de lire. Entre 1973 et 2008, le nombre des 15-39 ans lisant une vingtaine d'ouvrages par an a chut&#233; de 38,5 &#224; 14% pour les hommes et de 55,5 &#224; 16,5% pour les femmes. Plus que jamais, passer la porte d'une librairie ou d'une biblioth&#232;que de quartier, s'avancer nu dans ce silence sans corps, n'est pas donn&#233; &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pourtant pas le livre en tant que tel, mais les pratiques sociales qui l'entourent. L'&#233;ducation populaire a su pour un temps casser l'&#233;litisme du papier, et la lecture garde encore aujourd'hui sa promesse d'&#233;vasion. C'est avec des livres que les gens se sont organis&#233;s en communistes contre le capitalisme, en anarchistes contre l'&#201;tat, en r&#234;veurs contre les tristesses du r&#233;el. Ce n'est donc pas du livre qui domine dont ce dossier parle, mais de celui qui rassemble, et de celui qui lutte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-53.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH1085/-53-dfb75.jpg?1782676154' width='400' height='1085' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Brecht Evens.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pris dans les logiques de la modernit&#233;, le monde de l'&#233;dition ressemble fort &#224; l'accaparement des terres du roman de Steinbeck, avec le sinistre &#233;puisement des sols que nous vivons aujourd'hui. Depuis l'apr&#232;s-guerre, la concentration du march&#233; n'a cess&#233; de s'affirmer, laissant de grandes entreprises (Voir la cartographie p. VI-VII du dossier dans le journal papier) avaler les maisons d'&#233;dition qui brillaient plus par leur originalit&#233; ou leur libert&#233; &#233;ditoriales que par leur prouesses comptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le secteur de la logistique, activit&#233; &#224; faible valeur symbolique ajout&#233;e, a fini par s'imposer comme arbitre du march&#233;. Que ce soient avec Amazon ou les g&#233;ants de l'&#233;dition qui s'&#233;quipent d'un puissant outil de distribution, les lois de l'entrep&#244;t ont triomph&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2009, les dix plus gros diffuseurs-distributeurs de livres repr&#233;sentaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le marketing gouverne la production de livres, avec ses &lt;i&gt;cost-killers&lt;/i&gt;, super-managers, directeurs financiers... Et comme en agriculture, on n'h&#233;site pas &#224; surproduire pour saturer le march&#233; et mieux vendre, quitte &#224; anticiper la destruction des produits surnum&#233;raires&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le pilon ne constitue pas seulement la sanction d'une m&#233;vente. L'&#233;clatante (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Bref, dire que la mainmise des gestionnaires sur le monde de l'&#233;dition menace l'imagination et la critique contenue dans les livres rel&#232;ve du doux euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces chantres du lib&#233;ralisme charrient leur chagrin : les logiques du travail &#224; la t&#226;che et &#224; la journ&#233;e rappellent les mis&#233;rables heures de la paysannerie d'antan. Les m&#233;tiers du livre s'organisent aujourd'hui comme un grand laboratoire de l'exploitation moderne : le statut d'autoentrepreneur permet un salariat d&#233;guis&#233; &#8211; bon march&#233; et docile&#8211;, les contrats d'embauche et les CDI se font de plus en plus rares, le travail &#224; domicile via Internet emp&#234;che toute solidarit&#233; entre travailleurs et toute lutte collective en cas de conflit... La r&#233;mun&#233;ration symbolique sert alors &#224; justifier les salaires au lance-pierres, et l'usage banalis&#233; du paiement en droits d'auteur (moins on&#233;reux en charges patronales et n'ouvrant &#224; quasi aucun droit social) pour &#224; peu pr&#232;s tous les m&#233;tiers (correcteurs, graphistes, maquettistes, etc.) permet de combler les br&#232;ches. En somme, l'&#233;conomie des belles lettres carbure &#224; la crasse pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi le monde du livre pourrait-il &#234;tre un autre laboratoire, celui des luttes sociales &#224; venir, des organisations loin des syndicats &#224; papa qui ne parviennent pas &#224; penser l'en dehors du salariat et de l'usine. &#192; travers des t&#233;moignages de libraires, d'&#233;diteurs ou de distributeurs engag&#233;s, des rencontres avec des collectifs de pr&#233;caires et des reportages dans des lieux menac&#233;s, ce dossier explore cette piste : penser l'&#233;crit comme une lib&#233;ration de la parole r&#233;volt&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2009, les dix plus gros diffuseurs-distributeurs de livres repr&#233;sentaient 95 % du march&#233;. Et ils r&#233;alisaient plus de quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit pr&#232;s du double de celui des 10 000 &#233;diteurs fran&#231;ais, et &#224; peu pr&#232;s autant que celui des 15 000 librairies du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le pilon ne constitue pas seulement la sanction d'une m&#233;vente. L'&#233;clatante r&#233;ussite d'un auteur produit autant de pilonnage que l'&#233;chec. Cela fait partie d'une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e de surproduction. Il n'est pas rare qu'un &#233;diteur prenne d&#232;s le d&#233;part le parti de faire imprimer des milliers de livres pour les pilonner. Car leur r&#244;le consistera &#224; impressionner, &#224; donner le sentiment de l'importance de l'&#339;uvre. Il faut se montrer, faire masse dans les Fnac, &#233;craser la concurrence par le poids. L'entassement de 100 000 livres sert &#224; en faire acheter 50 000. Les 50 000 autres seront broy&#233;s. Car le pilon co&#251;te moins cher que le stockage. Il rapporte, m&#234;me : 100 euros la tonne de papier.&lt;/i&gt; &#187;, &#171; Le cauchemar du pilon &#187;, Pierre Jourde, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 30 oct. 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Balade dans une poudri&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Balade-dans-une-poudriere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Balade-dans-une-poudriere</guid>
		<dc:date>2012-09-10T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
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		<dc:subject>Moussa</dc:subject>
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		<dc:subject>J'ai appris</dc:subject>
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		<dc:subject>Kersignan&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>ATT</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cheminant depuis son village proche de la fronti&#232;re mauritanienne jusqu'&#224; Bamako, Moussa nous raconte ce qu'il a vu et entendu durant le coup d'&#201;tat au Mali. Entre sentiment d'abandon, autonomie v&#233;cue plus que revendiqu&#233;e et pr&#233;sence militaire qui se renforce &#224; mesure que l'on approche de la capitale. R&#233;cit. &#171; J'ai appris l'existence du coup d'&#201;tat &#224; la radio, le lendemain, le 22 mars. &#187; &#192; Kersignan&#233;, dans l'ouest du Mali, &#224; quelque six cents kilom&#232;tres de Bamako, la d&#233;claration des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/appris-l-existence" rel="tag"&gt;appris l'existence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bamako" rel="tag"&gt;Bamako&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ATT" rel="tag"&gt;ATT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cheminant depuis son village proche de la fronti&#232;re mauritanienne jusqu'&#224; Bamako, Moussa nous raconte ce qu'il a vu et entendu durant le coup d'&#201;tat au Mali. Entre sentiment d'abandon, autonomie v&#233;cue plus que revendiqu&#233;e et pr&#233;sence militaire qui se renforce &#224; mesure que l'on approche de la capitale. R&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai appris l'existence du coup d'&#201;tat &#224; la radio, le lendemain, le 22 mars. &lt;/i&gt; &#187; &#192; Kersignan&#233;, dans l'ouest du Mali, &#224; quelque six cents kilom&#232;tres de Bamako, la d&#233;claration des mutins a caus&#233; de vives discussions. &lt;i&gt;&#171; Pour beaucoup&lt;/i&gt;, raconte Moussa &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'ex-pr&#233;sident Amadou Toumani Tour&#233; [ATT] est un homme bien. La plupart des gens pensent que le coup d'&#201;tat est une connerie. &#187;&lt;/i&gt; Surnomm&#233; le &#171; militaire d&#233;mocrate &#187;, ATT a v&#233;cu et p&#233;ri &#8211; politiquement &#8211; par les armes. Instigateur du coup d'&#201;tat de 1991 qui renversa Moussa Traor&#233;, il fit le geste rare de rendre le pouvoir aux civils apr&#232;s avoir assur&#233; l'int&#233;rim. En 2002, il d&#233;missionne de l'arm&#233;e afin de se pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidentielle. Il sera &#233;lu en affichant, pour seul programme, la volont&#233; de travailler avec tout le monde, au-del&#224; des barri&#232;res partisanes. R&#233;&#233;lu en 2007, sa mauvaise gestion de l'insurrection touareg et salafiste&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH538/97lldemars-f682e.png?1782720596' width='400' height='538' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;lui co&#251;tera le pouvoir, le 21 mars dernier, &#224; un mois de la fin de son mandat. &#192; &#234;tre trop consensuel, &#224; trop vouloir faire des grands &#233;carts, ATT a fini par se p&#233;ter les adducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faisait pourtant pas non plus consensus, &#224; Kersignan&#233;. Quelques griefs &#224; son &#233;gard sont, ici, rest&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Les gens ici ne cherchent pas les raisons politiques, ils voient seulement la t&#234;te. Mais qu'est-ce qu'il a fait, ATT, pour notre village ? &#187;&lt;/i&gt; Selon Moussa, pas grand-chose. On pourrait chercher, en revanche, ce qu'il a fait plus ou moins directement contre eux. Un exemple : le sympathique accueil qu'il r&#233;serva &#224; Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Int&#233;rieur, venu pr&#233;senter son projet d'immigration choisie et le durcissement des conditions d'entr&#233;e sur le territoire fran&#231;ais. Un coup dur lorsque l'on conna&#238;t l'importance de l'&#233;migration dans l'&#233;conomie des villages.
&#192; Kersignan&#233;, il n'est pas &#233;vident de trouver trace du pouvoir &#233;tatique. Son &#233;conomie n'est aucunement branch&#233;e sur Bamako, mais repose davantage sur les flux migratoires, l'&#233;levage et la culture des sols :&lt;i&gt; &#171; L'&#233;cole comme le puits, c'est nous, les travailleurs immigr&#233;s, qui les avons financ&#233;s. Nous produisons nous-m&#234;mes notre nourriture, et ni l'&#201;tat, ni le pr&#233;sident ne se sont jamais occup&#233;s de notre village. &#187;&lt;/i&gt; L'ann&#233;e derni&#232;re, tout comme cette ann&#233;e, la s&#233;cheresse a ravag&#233; les r&#233;coltes et d&#233;cim&#233; les troupeaux. Lorsque ce genre de catastrophe arrive, le village doit s'organiser seul face aux al&#233;as climatiques. &lt;i&gt;&#171; Nous, on est un village qui n'a pas recours &#224; l'&#201;tat, on peut cr&#233;er par nos propres moyens. Par exemple, lorsqu'il y a la s&#233;cheresse, on met en place un r&#233;seau de solidarit&#233; qui nous permet de tenir. &#187;&lt;/i&gt; Seule demeure, au seuil du territoire malien, la douane qui taxe de mani&#232;re abusive toute marchandise arrivant de Mauritanie. On peut se demander ce qui, dans les bouleversements du pouvoir, peut affecter la vie de Kersignan&#233;. Loin de Bamako, la vie s'y d&#233;roule dans une relative autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences du coup d'&#201;tat, c'est &#224; Y&#233;liman&#233;, &#224; cinquante kilom&#232;tres de son village, que Moussa les a rencontr&#233;es. En toute logique, plus l'on se rapproche des centres de pouvoir, plus la pr&#233;sence militaire est forte, m&#234;me au plus petit &#233;chelon administratif, comme ce vieil h&#233;ritage de l'administration coloniale qu'est le commandement de cercle. Et c'est la pr&#233;sence de cette courroie de distribution &#233;tatique qui expliquait la pr&#233;sence massive de militaires, et l'encerclement de toute la population dans la ville pendant une petite heure. C'est dans le dernier cercle, en arrivant &#224; Bamako, que toute l'intensit&#233; se fait sentir. Il y a beaucoup de militaires en armes, et des coups de feu se font entendre tous les soirs. Vols, pillages, agressions sont le quotidien de ces quelques semaines de tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt;, nous dit Moussa, &lt;i&gt;la vie n'a que peu chang&#233; dans l'Ouest du Mali. &#187;&lt;/i&gt; Seul Bamako, lieu du pouvoir politique, a ressenti la d&#233;flagration du coup d'&#201;tat. Mais plus violente encore a &#233;t&#233; celle du Nord Mali, devenu l'Azawad le 6 avril dernier, depuis la d&#233;claration d'ind&#233;pendance des Touaregs du Mouvement national de lib&#233;ration de l'Azawad (MNLA). Mais si personne ne sait vraiment qui, des salafistes ou des Touaregs, contr&#244;le ces territoires, la situation n'est gu&#232;re plus claire &#224; Bamako. Entendu de Kersignan&#233;, le croassement des institutions internationales qui en appellent, inlassablement, &#224; cette vieille rengaine de &#171; l'unit&#233; nationale &#187;, doit sembler bien abstrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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