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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le travail mort-vivant</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Introduction du dossier &#034;Le travail mort-vivant&#034;, &#224; retrouver dans le num&#233;ro 147 (octobre 2016) de CQFD. Le ch&#244;mage fait partie de CQFD. C'est comme &#231;a, c'est notre histoire : celle d'un d&#233;sir d'ind&#233;pendance qui nous a fait proscrire publicit&#233; et subvention. Sans pognon, il a fallu nous mettre au boulot, nous, les r&#233;fractaires qui aurions pu nous d&#233;finir avec ces mots d'Albert Londres : &#171; Ces novateurs se sont dit, avec l'&#233;ccl&#233;siaste, que le travail &#233;tant la punition de l'homme, ils ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction du dossier &#034;Le travail mort-vivant&#034;, &#224; retrouver dans le num&#233;ro 147 (octobre 2016) de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le ch&#244;mage fait partie de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. C'est comme &#231;a, c'est notre histoire : celle d'un d&#233;sir d'ind&#233;pendance qui nous a fait proscrire publicit&#233; et subvention. Sans pognon, il a fallu nous mettre au boulot, nous, les r&#233;fractaires qui aurions pu nous d&#233;finir avec ces mots d'Albert Londres : &#171; &lt;i&gt; Ces novateurs se sont dit, avec l'&#233;ccl&#233;siaste, que le travail &#233;tant la punition de l'homme, ils ne travailleraient pas. Pour eux, la question est d'honneur. S'ils ne font rien, ce n'est pas uniquement par paresse, c'est tout juste pour la m&#234;me raison que l'honn&#234;te homme ne vole pas, afin de ne pas avoir de remords de conscience&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Londres, Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches), 1927.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187; Bon... Londres, ici, &#233;voque le milieu des marlous. Attention, pas d'amalgame, ne nous faites pas dire ce que l'on n'a pas dit ! &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, on est davantage Liabouviste &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1910, injustement accus&#233; par des ripoux de la police des m&#339;urs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; que souteneur... et gare &#224; quiconque dira le contraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#233;videmment, ne souhaitant ni exploiter, ni &#234;tre exploit&#233;, on se retrouve, une fois le ch&#244;mage termin&#233;, oblig&#233; de passer par un certain nombre de boulots de merde : restauration, pigiste, vacataire &#224; droite &#224; gauche, ma&#231;on ou peintre au black, graphiste pay&#233; au lance-pierre, etc. Et nous sommes bien loin d'&#234;tre une exception. En France, 3,2 millions de personnes ont un emploi pr&#233;caire (CDD, int&#233;rim, etc.), et la loi Travail n'apportera rien d'autre qu'une pr&#233;carisation de l'emploi consid&#233;r&#233; comme stable (CDI). La v&#233;rit&#233;, c'est qu'aujourd'hui, le ch&#244;mage n'est plus qu'un moment du travail perdu dans un oc&#233;an de boulots de merde ! Et c'est le grand m&#233;rite du livre de Julien Brygo et Olivier Cyran, &lt;i&gt;Boulots de merde ! Du cireur au trader. Enqu&#234;te sur l'utilit&#233; et la nuisance sociales des m&#233;tiers&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte) &#8211; dont vous trouverez, en exclusivit&#233;, un bref aper&#231;u en pages 12 et 13 &#8211; de nous exposer cette condition commune faite de maux sourds, tol&#233;rables qui font partie de notre train-train quotidien et qui nous sapent lentement, aussi consciencieusement qu'un accident de travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1748 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH263/-65-8ab10.jpg?1782641267' width='400' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par LL de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais un boulot de merde, c'est quoi au juste ? Eh bien, il &#171; &lt;i&gt;se reconna&#238;t souvent &#224; cette condition humiliante qui consiste &#224; devoir se mettre &#8220;au service d'individus que l'on aimerait &#233;trangler &#224; deux mains&#8221;, comme le dit une amie anciennement femme de chambre dans un h&#244;tel&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julien Brygo et Olivier Cyran, Boulots de merde ! Du cireur au Trader. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; . &#187; Pr&#233;carit&#233;, flexibilit&#233;, r&#233;p&#233;tition et duret&#233; de la t&#226;che, isolement, humiliation, discrimination, despotisme patronal, etc. Celui-l&#224;, on le conna&#238;t tous et toutes. Mais il y a un autre crit&#232;re d'importance : un boulot de merde doit aussi s'appr&#233;hender &#224; l'aune de son utilit&#233; ou de sa nuisance potentielle. Comment mesure-t-on cette nuisance ? &#171; &lt;i&gt;Il fait un boulot de merde, pourrait-on dire, parce qu'il &#8220;fait de la merde&#8221; &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p. 25.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#187; Nous sommes tent&#233;s d'avancer ainsi avec Brygo et Cyran. Apr&#232;s tout, dans un monde o&#249; tout est quantifiable, nous pourrions bien &#171; &lt;i&gt;quantifier la valeur d'un m&#233;tier en fonction de ses effets positifs ou n&#233;gatifs sur la collectivit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, comme l'ont fait ces chercheurs anglais en 2009&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eilis Lawlor, Helen Kersley et Susan Steed, &#171; A bit rich. Calculating the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; . Le r&#233;sultat de leur enqu&#234;te pourrait se r&#233;sumer ainsi : &#171; &lt;i&gt;Pour les uns, leur boulot de merde est le corollaire d'un m&#233;tier socialement noble, pour les autres, le tas d'or sur lequel ils s'ennuient (ou pas) r&#233;compense un m&#233;tier socialement n&#233;faste. &lt;/i&gt; &#187; Traduction : agente de nettoyage ou ouvrier du recyclage &#8211; tous deux pay&#233;s a minima &#8211; fournissent un travail socialement utile et noble, alors qu'un publicitaire, par exemple, est socialement nuisible &#8211; augmentation de la consommation et donc de l'endettement, de l'ob&#233;sit&#233;, de la pollution, de l'enlaidissement de nos espaces de vie, etc. En faisant du travail de publicitaire le pire boulot de merde existant et en valorisant les deux premiers, peut-&#234;tre arr&#234;terions-nous le cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons&#8230; Reste le cas, pas si rare, du boulot de merde dans lequel on se retrouve contraint &#224; faire de la merde. Ainsi de l'agent de s&#233;curit&#233;. Pour ces boulots-l&#224;, il n'y a d'autre solution que leur &#233;radication pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'en sommes pas &#8211; encore &#8211; l&#224;. Actuellement, le travail lui-m&#234;me est un produit &#224; fabriquer. Sa production est devenue, depuis les ann&#233;es 1970, le leitmotiv des risibles, et inutiles, politiques de luttes contre le ch&#244;mage. Pour fabriquer du travail, rien de plus simple &#8211; et notre publicitaire merdeux est un des rouages de la machine : cr&#233;er des produits interm&#233;diaires qui deviendront de nouveaux besoins gr&#226;ce au savoir-faire des publicitaires. Une fois produits ces nouveaux besoins, un nouveau travail est rendu possible et n&#233;cessaire. Ici et maintenant, l'&#233;norme r&#233;servoir de boulots de merde &#224; utilit&#233; sociale z&#233;ro se trouve dans le secteur des services. C'est d'ailleurs &#171; &lt;i&gt;sous l'angle de la compl&#233;mentarit&#233; entre les industries et les services&lt;/i&gt; &#187; que doit &#234;tre analys&#233;e la comp&#233;titivit&#233; de &#171; &lt;i&gt;notre &#233;conomie&lt;/i&gt; &#187; &#8211; peut-on lire sur le site de la Direction g&#233;n&#233;rale des entreprises (DGE). Alors que le salariat est en voie de pr&#233;carisation, que l'on veut faire de nous des entreprises adaptables au cours aveugle de la concurrence &#8211; au risque de se voir corriger par la logique de rentabilit&#233; &#8211;, on se demande bien comment faire entendre raison &#224; ces malades qui nous gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de solutions miracles, ni de v&#339;ux pieux dans ce dossier. Juste un modeste &#233;tat des lieux &#224; travers des t&#233;moignages. Une volont&#233; de donner la parole au travail pour illustrer cette c&#233;sure fondamentale qui nous traverse tous, celle qui &#171; &lt;i&gt;se situe par l&#224;, entre travailler sous la contrainte ou esquiver avec obstination tout encasernement du corps et de l'esprit&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Arraitz, &#171; &#201;loge du d&#233;busqueur andalou &#187;, Manifeste des ch&#244;meurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albert Londres, &lt;i&gt;Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches)&lt;/i&gt;, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1910, injustement accus&#233; par des ripoux de la police des m&#339;urs (pl&#233;onasme) pour prox&#233;n&#233;tisme, Jean-Jacques Liabeuf d&#233;cida de se venger munit de brassards clout&#233;s, d'une lame et d'un flingue. Le proc&#232;s du &#171; tueur de flics &#187; divisa l'opinion et son ex&#233;cution donna lieu &#224; l'une des plus incroyables &#233;meutes populaires du xxe si&#232;cle. cf. Yves Pag&#232;s, &lt;i&gt;L'homme h&#233;riss&#233;. Liabeuf, tueur de flics&lt;/i&gt;, L'Insomniaque et La Baleine (r&#233;&#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Julien Brygo et Olivier Cyran, &lt;i&gt;Boulots de merde ! Du cireur au Trader. Enqu&#234;te sur l'utilit&#233; et la nuisance sociales des m&#233;tiers&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ibid. p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Eilis Lawlor, Helen Kersley et Susan Steed, &#171; A bit rich. Calculating the real value to society of different professions &#187;, New Economic Foundation, Londres, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nicolas Arraitz, &#171; &#201;loge du d&#233;busqueur andalou &#187;, &lt;i&gt;Manifeste des ch&#244;meurs heureux&lt;/i&gt;, Le Chien rouge, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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