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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Emplois poubelle pour prospectus jetable</title>
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		<dc:date>2016-10-10T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Brygo, Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Benoit Guillaume</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'extrait que nous vous pr&#233;sentons ici, en exclusivit&#233;, est tir&#233; du livre de Julien Brygo et Olivier Cyran, Boulots de merde ! Du cireur au trader, enqu&#234;te sur l'utilit&#233; et la nuisance sociales des m&#233;tiers (&#201;ditions La D&#233;couverte). Disponible, depuis peu, dans toutes les bonnes librairies. Les d&#233;pliants criards qui inondent votre bo&#238;te aux lettres pour vous fourguer des mezzanines en kit ou vous inviter &#224; la semaine du cassoulet de Super U ne tombent pas du ciel : ils vous sont d&#233;livr&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'extrait que nous vous pr&#233;sentons ici, en exclusivit&#233;, est tir&#233; du livre de Julien Brygo et Olivier Cyran, &lt;i&gt;Boulots de merde ! Du cireur au trader, enqu&#234;te sur l'utilit&#233; et la nuisance sociales des m&#233;tiers&lt;/i&gt; (&#201;ditions La D&#233;couverte). Disponible, depuis peu, dans toutes les bonnes librairies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;pliants criards qui inondent votre bo&#238;te aux lettres pour vous fourguer des mezzanines en kit ou vous inviter &#224; la semaine du cassoulet de Super U ne tombent pas du ciel : ils vous sont d&#233;livr&#233;s par des dizaines de milliers de paires de jambes qui sillonnent quartiers, r&#233;sidences pavillonnaires et zones rurales pour une poign&#233;e de pi&#233;cettes, le plus souvent sans qu'on les remarque. Un &#171; &lt;i&gt;capital humain&lt;/i&gt; &#187; qui fait la &#171; &lt;i&gt;force &lt;/i&gt; &#187; et la &#171; &lt;i&gt; fiert&#233; &lt;/i&gt; &#187; d'Adrexo, lit-on sur son site Internet. [...]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH459/-66-2973d.jpg?1782641267' width='400' height='459' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette industrie du remplissage de nos poubelles constitue un march&#233; hautement convoit&#233;. La Poste s'y positionne en bon deuxi&#232;me, via sa filiale priv&#233;e Mediapost, dont les dix mille colporteurs servent &#224; roder les m&#233;thodes de pressage des ressources humaines &#233;tendues ensuite au m&#233;tier de facteur. Les quelque vingt milliards d'imprim&#233;s publicitaires d&#233;vers&#233;s chaque ann&#233;e alimentent un syst&#232;me de rotation d'emplois aussi jetables que les prospectus eux-m&#234;mes. Il suffit de se promener sur le parking d'un centre de distribution Adrexo - on en compte deux cent cinquante dans le pays &#8211; et de parler avec les trimardeurs en train de charger des dizaines de kilos de paquets dans leur voiture. Ce sont tous des pauvres, fran&#231;ais ou immigr&#233;s, avec les habituelles variantes : jeunes en r&#233;insertion, allocataires des minima sociaux qui rament pour quelques sous de plus, &#233;tudiants pris &#224; la gorge par le montant de leur loyer, m&#232;res isol&#233;es qui ne trouvent pas de meilleure solution pour nourrir leurs gosses, retrait&#233;s qui ne s'en sortent pas. Ceux-l&#224;, les retrait&#233;s, sont particuli&#232;rement nombreux. Le &#171; &lt;i&gt;capital humain&lt;/i&gt; &#187; d'Adrexo ? Les naufrag&#233;s du monde du travail qui se d&#233;battent pour ne pas couler &#224; pic. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre des murs de publicit&#233;s pour Auchan, Carrefour et La Foir'fouille tout frais sortis d'imprimerie, Andr&#233;e et Florimont&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des salari&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un couple de retrait&#233;s septuag&#233;naires, entassent 194 kilos de papier dans un chariot, qu'ils vont ensuite pousser p&#233;niblement jusqu'&#224; leur voiture pour les ramener &#224; la maison. &#171; &lt;i&gt;Nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s de nous y mettre parce qu'avec notre petite retraite d'ouvriers, on n'y arrive plus. Au d&#233;but, c'&#233;tait dur. &#199;a prend du temps de bien conna&#238;tre ses tourn&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, explique Andr&#233;e. &#192; 72 ans, elle a d&#233;cid&#233; de repiquer au turbin en d&#233;couvrant une annonce de recrutement d'Adrexo d&#233;pos&#233;e... dans sa bo&#238;te aux lettres. &#171; &lt;i&gt;Nous travaillons &#224; deux une trentaine d'heures par semaine. Pour faire les tourn&#233;es, on met toujours au moins une &#224; deux heures de plus que ce qui est indiqu&#233; sur la feuille de route, poursuit-elle. Comme tout le monde ici, on travaille en moyenne 30% plus longtemps que ce qui est pr&#233;vu. On le dit chaque semaine &#224; notre direction, mais rien ne change, on est toujours pay&#233;s pareil.&lt;/i&gt; &#187; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me qui permet &#224; Adrexo de tailler en pi&#232;ces le salaire l&#233;gal d'Andr&#233;e et Florimont porte un nom : la pr&#233;quantification du temps de travail. Une merveille de r&#233;gime d&#233;rogatoire, source in&#233;puisable de &#171; merdification &#187; pour les corps de m&#233;tiers qui lui sont soumis &#8211; comme les routiers, les ouvriers du b&#226;timent ou les for&#231;ats de la restauration. Le principe est d'une simplicit&#233; lumineuse : l'employeur quantifie en amont le temps de travail qu'il juge n&#233;cessaire &#224; l'ex&#233;cution d'une t&#226;che, et tant pis pour le salari&#233; incapable de s'y tenir. Si sa dur&#233;e effective de travail sort des clous fix&#233;s par le patron, ce n'est &#233;videmment pas parce que celui-ci a op&#233;r&#233; un calcul &#233;triqu&#233; ou malhonn&#234;te : cela prouve simplement que le travailleur n'est pas assez efficace ou qu'il a un poil dans la main. En aucun cas il ne pourra r&#233;clamer le versement des heures suppl&#233;mentaires correspondant au travail r&#233;ellement fourni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur du prospectus, ce r&#233;gime d&#233;mentiel se fonde sur la convention collective de 2004, sign&#233;e apr&#232;s plus de huit ans de n&#233;gociations filandreuses par le syndicat patronal de la distribution directe (SDD) et les cinq syndicats repr&#233;sentatifs du personnel (CGT, CFTC, CGC, FO et CFDT). Ces derniers ont donc donn&#233; carte blanche au patronat pour arnaquer ses salari&#233;s tout &#224; sa guise ? Pas vraiment. Au d&#233;part, il s'agissait de corriger le syst&#232;me du paiement &#224; la t&#226;che qui r&#233;gnait jusque-l&#224; sur le secteur. Les signataires ont certes ent&#233;rin&#233; le principe de la pr&#233;quantification, mais en le dotant de garde-fous cens&#233;s &#233;viter des abus trop flagrants. Des contr&#244;les &#233;taient notamment pr&#233;vus pour v&#233;rifier l'ad&#233;quation entre la feuille de route impos&#233;e &#224; la main-d'&#339;uvre et son temps de travail effectif. En cas de distorsion notable et r&#233;p&#233;t&#233;e, il revenait &#224; l'inspection du travail et aux &#233;lus du personnel d'alerter l'employeur afin qu'il revoie son calcul. Telle &#233;tait du moins l'id&#233;e sur le papier. Dans les faits, les choses se sont pass&#233;es diff&#233;remment : les directions d'Adrexo et de Mediapost ont gard&#233; ce qui les int&#233;ressait &#8211; la pr&#233;quantification &#8211; et jet&#233; &#224; la corbeille tout le reste. En d&#233;pit des dizaines de rapports accablants pondus par les inspecteurs du travail et l'accumulation des plaintes aux prud'hommes, le patronat continue tranquillement de plumer ses volailles. Parce que le rapport de forces le lui permet. Et parce qu'on est plus &#224; l'aise pour faire la loi quand on a l'&#201;tat dans sa poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la multiplication des contentieux prud'homaux, les g&#233;ants du secteur ont re&#231;u en effet un soutien de poids : un d&#233;cret minist&#233;riel de janvier 2007 qui les autorise noir sur blanc &#224; ne &#171; &lt;i&gt;pas compter les heures de travail&lt;/i&gt; &#187; de leurs salari&#233;s et donc &#224; les voler sur leur paie. Paraph&#233; par le ministre du Travail de l'&#233;poque, G&#233;rard Larcher, ce texte est l'&#339;uvre de son directeur g&#233;n&#233;ral du Travail, Jean-Denis Combrexelle, que l'on retrouvera quelques ann&#233;es plus tard comme porte-flingue de Manuel Valls, pour les beaux yeux duquel il signera le rapport sur la &#171; r&#233;forme &#187; du Code du travail. En attendant, son r&#244;le consiste plus modestement &#224; exaucer les v&#339;ux des industriels du prospectus. &#192; l'instar de ces directives europ&#233;ennes coproduites par les lobbyistes de Bruxelles, le d&#233;cret de Combrexelle aurait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; sous la dict&#233;e de Nicolas Routier, P-DG de Mediapost de 2004 &#224; 2009. &#171; &lt;i&gt;Il ne s'en est jamais cach&#233; et nous l'a avou&#233; en r&#233;union priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, nous assure Jean-Louis Frisulli, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de SUD-PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en 2009, patatras ! Le Conseil d'&#201;tat, saisi par les syndicats, annule le d&#233;cret Mediapost-Adrexo pour cause d'infraction criante &#224; la l&#233;gislation sur le d&#233;compte du temps de travail. Qu'&#224; cela ne tienne : le 8 juillet 2010, un second d&#233;cret mitonn&#233; par le m&#234;me Combrexelle et sign&#233; cette fois par &#201;ric Woerth, successeur de G&#233;rard Larcher, restaure le patronat du tract publicitaire dans ses pr&#233;rogatives r&#233;galiennes. On ne saurait trouver illustration plus &#233;clatante du r&#244;le protecteur de l'&#201;tat... Pendant que les inspecteurs du travail s'&#233;gosillent sur le terrain contre l'exploitation forcen&#233;e du personnel, leur autorit&#233; de tutelle se plie en quatre pour servir la soupe aux exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, rebelote : le second d&#233;cret est annul&#233; &#224; son tour par le Conseil d'&#201;tat, qui enjoint le minist&#232;re de formaliser l'ad&#233;quation entre grilles pr&#233;quantifi&#233;es et heures r&#233;ellement travaill&#233;es. Mais le minist&#232;re s'en moque. De 2012 &#224; 2016, rien ne se passe. &#171; &lt;i&gt;On a beaucoup p&#226;ti de la pr&#233;sence de Combrexelle au plus haut niveau de la direction du Travail&lt;/i&gt; &#187;, nous raconte un des participants aux r&#233;unions minist&#233;rielles. &#171; &lt;i&gt;C'est lui qui a refus&#233; de remettre ses &#233;quipes d'inspecteurs du travail sur le terrain, lui encore qui a bloqu&#233; toute avanc&#233;e pour les salari&#233;s. Son seul souci a toujours &#233;t&#233; de permettre au patronat du secteur de continuer &#224; faire bosser &#224; plein les quelque trente mille colporteurs. Sa pr&#233;sence et son action &#224; la t&#234;te de la direction g&#233;n&#233;rale du Travail ont &#233;t&#233; une catastrophe pour les salari&#233;s de la distribution directe.&lt;/i&gt; &#187; Ses comp&#233;tences se sont av&#233;r&#233;es fort utiles en revanche au gouvernement &#171; socialiste &#187; de Manuel Valls, puisque Combrexelle, une fois claqu&#233;e la porte du minist&#232;re, a pr&#233;par&#233; les antis&#232;ches qui ont inspir&#233; la loi El Khomri. D'une certaine fa&#231;on, Andr&#233;e et Florimont ont servi de cobayes aux logiques d&#233;rogatoires que les pouvoirs publics entendent g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du salariat. &#192; l'image des prospectus d'Adrexo ou de Mediapost, les droits du travailleur ont vocation &#224; finir dans la benne &#224; ordures.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH450/-67-9804c.jpg?1782645813' width='400' height='450' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Jean-Denis Combrexelle. C'&#233;tait fin 2011, dans le cadre d'une &#171; pige &#187; pour France Inter. &#192; l'&#233;poque, le grand serviteur du patronat en &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; sa cinqui&#232;me ann&#233;e &#224; la t&#234;te de la direction du Travail. Il nous re&#231;oit dans son immense bureau ovale avec vue plongeante sur la Seine et la Maison de la radio. Traits ternes et regard fuyant, l'homme respire la joie de vivre d'un formulaire administratif qui attend son coup de tampon. L'interview commence sur un mode feutr&#233;, comme il sied entre un personnage de haut rang et des journalistes d'une antenne aussi respectable et arrangeante que France Inter. Mains crois&#233;es sur son bureau, il d&#233;roule en confiance son plan com' sur les d&#233;crets qui enfoncent les livreurs de prospectus : &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;part, c'&#233;tait le paiement &#224; la t&#226;che. Tout le monde &#233;tait d'accord pour dire que ce syst&#232;me portait atteinte aux droits &#233;l&#233;mentaires du salari&#233;. On a donc trouv&#233; le syst&#232;me de la pr&#233;quantification, avec quatre gros crit&#232;res pour &#233;valuer le temps de travail en fonction des zones g&#233;ographiques. C'est pas uniquement sur demande du patronat qu'on &#233;crit ces d&#233;crets. C'est apr&#232;s une large participation des partenaires sociaux. Vous savez, cette maison, c'est celle des partenaires sociaux, hein. Bon, souvent, il y a l'un des deux c&#244;t&#233;s qui trouve que c'est pas satisfaisant, hein, mais bon. Aux deux entreprises, on leur a dit, un : &#8220;Soyez vigilants pour que le d&#233;cret soit respect&#233;&#8221; ; et deux : &#8220;R&#233;fl&#233;chissez &#224; une nouvelle convention collective, qui portera aussi sur des questions de mutuelle, de protection sociale, de conditions de travail et autres.&#8221; On part de loin, c'est un secteur tr&#232;s particulier. Le temps moyen des distributeurs, c'est quinze &#224; dix-neuf heures par semaine. C'est beaucoup de temps partiel. Donc, nous, on a adoss&#233; les d&#233;crets &#224; la convention collective, voil&#224;.&lt;/i&gt; &#187; C'est confirm&#233;, le gars nous prend pour des billes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on a oubli&#233; de lui dire, &#224; Jean-Denis, c'est que le technicien qui nous accompagne est en fait un salari&#233; de Mediapost que nous avions suivi quelques semaines plus t&#244;t sur une tourn&#233;e en banlieue. Ce jour-l&#224;, Thierry se trimballait cent cinquante kilos de pub &#224; distribuer en une heure et trente-cinq minutes. Du coup, on lui a fil&#233; un coup de main. Apr&#232;s quarante minutes de route sur le p&#233;riph&#233;rique bond&#233;, on a commenc&#233; la tourn&#233;e &#224; 7h42. La batucada des claquements de bo&#238;tes aux lettres, combin&#233;e aux chants des oiseaux et aux exclamations inqui&#232;tes des habitants (&#171; &lt;i&gt;Oh ! Pas de pub, hein ! J'ai un &#8220;stop pub&#8221; sur ma bo&#238;te aux lettres !&lt;/i&gt; &#187;), conf&#233;rait &#224; l'exercice un rythme saccad&#233; un peu saoulant. Pas le temps de s'arr&#234;ter pour causer avec quiconque, encore moins de faire une pause au troquet. On a v&#233;rifi&#233; sur chrono : c'est seulement &#224; 9h45, apr&#232;s deux heures et trois minutes d'une tourn&#233;e &#224; tout berzingue partag&#233;e &#224; deux, qu'on pouvait reprendre notre souffle et faire les comptes. &#171; &lt;i&gt;Voil&#224;, vingt-huit minutes de vol&#233;es, soit 25% du temps de travail. Et, encore, on a boss&#233; &#224; deux en ne ch&#244;mant pas, tu as vu, a dit Thierry. Comment les syndicats ont-ils pu signer &#231;a ? C'est dingue, quand m&#234;me ! Ah, si je pouvais changer les choses...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bureau de Jean-Denis Combrexelle, Thierry tente d'abord de jouer le jeu dont nous &#233;tions convenus, mais au bout de quelques minutes il craque. Tombant le masque devant le directeur abasourdi, il lui ass&#232;ne une le&#231;on de choses : &#171; &lt;i&gt;&#192; la fin de la semaine vous avez d&#233;j&#224; perdu dix heures. Vous multipliez &#231;a par le nombre de semaines de travail : je perds au bas mot 3 000 euros par an. Vous voyez ?&lt;/i&gt; &#187; Moue agac&#233;e de Jean-Denis Combrexelle, que l'on sent pr&#234;t &#224; appuyer sur le bouton rouge qui rameutera la cavalerie des vigiles. Thierry embraie : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi y a-t-il un turn-over exceptionnel chez Mediapost et Adrexo, &#224; votre avis ? Parce que tout le monde constate que &#231;a ne colle pas ! Dans mon d&#233;p&#244;t, la majorit&#233; des salari&#233;s sont &#233;trangers, ils ne comprennent pas cet &#233;cart incroyable entre le temps estim&#233; et le temps r&#233;el. Ils patientent un mois, deux mois, et puis ils partent, rinc&#233;s. Ce sont des heures VOL&#201;ES ! La pr&#233;quantification du travail, c'est le travail des femmes et des enfants &#224; la maison. Pourquoi ne peut-on pas faire marcher le principe d'une heure travaill&#233;e, une heure pay&#233;e, comme dit le Code du travail ? C'est si difficile ?&lt;/i&gt; &#187; Combrexelle para&#238;t un peu sonn&#233;. Les mots de Thierry rebondissent sur la baie vitr&#233;e, cognent son gigantesque bureau et viennent susciter au bout de ses l&#232;vres exsangues un appel au calme teint&#233; d'une &#233;motion de papier m&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Oui, bon. Euh, on va faire le point avec les deux entreprises. Mais je ne suis pas s&#251;r que &#231;a soit uniquement une question de temps de travail... Quand vous dites qu'une partie du travail est r&#233;alis&#233;e par la famille, on n'est pas dans les clous, l&#224; ! Et l&#224; ce n'est pas tol&#233;rable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, la famille, &#231;a lui parle, &#224; Jean-Denis Combrexelle. Y a-t-il l&#224; une br&#232;che susceptible d'&#234;tre exploit&#233;e pour la lutte silencieuse des sherpas du prospectus ? Ne r&#234;vons pas. L'&#233;vidence d'un travail dissimul&#233; &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle laisse le directeur de glace. On le prend &#224; t&#233;moin des cinq cents proc&#233;dures prud'homales enregistr&#233;es en 2011, avant de lui reposer la question du temps de travail pill&#233;. Sur quoi il entonne la chanson du dialogue social et de la n&#233;gociation constructive : &#171; &lt;i&gt;Le premier point, c'est de travailler avec les partenaires sociaux pour savoir quelle est la r&#232;gle la plus adapt&#233;e. L'&#201;tat ne va pas prendre sa plume, comme &#231;a, pour r&#233;diger un d&#233;cret qui part de rien...&lt;/i&gt; &#187; Ah bon ? Il l'a pourtant prise par deux fois, sa plume, Jean-Denis Combrexelle, pour voler au secours du patronat, non ? &#171; &lt;i&gt;Non, non !&lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;crie-t-il. &#171; &lt;i&gt;Il faut quand m&#234;me &#224; un moment que dans notre pays, on comprenne, et notamment les m&#233;dias, que tout ne r&#233;sulte pas du...&lt;/i&gt; [Il ne finit pas sa phrase.] &lt;i&gt;Le souci que l'on a, c'est de renvoyer davantage &#224; la n&#233;gociation collective, parce qu'on pense que les accords entre partenaires sociaux sont plus proches que ce que pourrait faire le l&#233;gislateur dans son bureau. C'est pas pour faire plaisir &#224; je ne sais qui. Le sujet, c'est de trouver une norme qui soit au plus proche de la r&#233;alit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Et s'il arr&#234;tait deux secondes de se payer notre t&#234;te ? Et s'il pr&#234;tait l'oreille aux avocats de &#171; &lt;i&gt;je ne sais qui&lt;/i&gt; &#187; qui brandissent ses d&#233;crets de complaisance aux prud'hommes pour justifier la surexploitation des colporteurs ? &#171; &lt;i&gt;On a fait passer un message de responsabilit&#233; aux employeurs&lt;/i&gt; &#187;, &#226;nonne-t-il d'une voix blanche. &#171; &lt;i&gt;On leur a rappel&#233; qu'on est dans un syst&#232;me d&#233;rogatoire au Code du travail et qu'il est de la responsabilit&#233; des employeurs d'appliquer loyalement ces textes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loyaut&#233; des employeurs ? Peut-il d&#233;tailler ce concept pittoresque ? &#171; &lt;i&gt;Le but de cette maison, c'est... Bon, Xavier Bertrand&lt;/i&gt; [ministre du Travail de mai 2007 &#224; janvier 2009] &lt;i&gt;a d&#233;clar&#233; la guerre au travail ill&#233;gal, donc c'est pas la tradition de cette maison de le sanctuariser, ce travail ill&#233;gal. Voil&#224;. En revanche, il faut simplement admettre que c'est un secteur un peu particulier. C'est pas exactement la profession de facteur, donc il faut trouver une bonne r&#232;gle.&lt;/i&gt; &#187; Comme si le facteur n'&#233;tait pas assujetti lui aussi &#224; une d&#233;gradation brutale de ses conditions de travail... Une id&#233;e de &#171; bonne r&#232;gle &#187; ? &#171; &lt;i&gt;C'est pas au directeur g&#233;n&#233;ral du Travail d'&#233;crire la bonne r&#232;gle. Vous venez de d&#233;crire vos conditions de travail, il faut entendre les employeurs maintenant. Nous, si on trouve une bonne r&#232;gle, on est pr&#234;ts &#224; la valider tout de suite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela tombe bien, Thierry a justement planch&#233; sur une proposition de &#171; bonne r&#232;gle &#187;, que nous lui soumettons &#224; br&#251;le-pourpoint. &#171; &lt;i&gt;Dans ce d&#233;cret figure comme premier principe le fait que tout salari&#233; doit &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233; pour son travail effectif. Ce serait donc la fin de la pr&#233;quantification. Ensuite, toutes les heures de travail non r&#233;mun&#233;r&#233;es devront lui &#234;tre rembours&#233;es. Par exemple, Thierry s'est fait voler huit mille euros.&lt;/i&gt; &#187; Auxquels s'ajoutent bien entendu les d&#233;dommagements qui lui sont dus au titre du pr&#233;judice subi, et que l'on n'a pas eu le temps d'&#233;valuer. On poursuit : &#171; Les entreprises seront dans l'obligation de d&#233;compter le temps de travail r&#233;el par tous les moyens n&#233;cessaires dans les quinze jours suivant ce d&#233;cret. Manque plus que votre signature et c'est bon. Qu'en dites-vous ?
&#8211; Bon, si vous voulez, bon... Nous on dit : commencez par n&#233;gocier et on transposera cette r&#232;gle dans le d&#233;cret.
&#8211; Mais souvent les n&#233;gociations ne servent &#224; rien.
&#8211; Je sais, mais nous pensons que l'une des solutions de progr&#232;s, c'est d'essayer de n&#233;gocier. On pr&#233;f&#232;re une r&#232;gle qui a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e plut&#244;t qu'un d&#233;cret &#233;crit sur le bureau d'un directeur du travail. Je dis pas que le temps de travail, c'est pas important, mais bon, il n'y a pas que &#231;a ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas que &#231;a, en effet : il y a aussi les d&#233;g&#226;ts physiques et psychologiques. Thierry : &#171; &lt;i&gt;Quand vous avez fait dix ou douze kilom&#232;tres dans votre journ&#233;e et que la moiti&#233; vous est vol&#233;e, vous savez, votre corps, il fait la gueule le soir.&lt;/i&gt; &#187; Long silence de Combrexelle, qui finit par balbutier :
&#171; Oui, oui, non, mais je peux pas prendre position, ici, &#224; la radio...
&#8211; Au final, on se d&#233;barrasse de nos prospectus dans les lacs, dans les bennes, dans les rivi&#232;res. L'&#234;tre humain, au bout, il p&#232;te les plombs, vous comprenez ?
&#8211; On va faire le bilan, loyalement. Et on en tirera les cons&#233;quences... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve la sortie par nos propres moyens, sans y &#234;tre aid&#233;s par les agents de s&#233;curit&#233;, ce qui prouve bien que le dialogue social n'est pas un vain mot dans la bouche de cet homme-l&#224;. Les deux camouflets inflig&#233;s &#224; Jean-Denis Combrexelle par le Conseil d'&#201;tat &#8211; ainsi qu'un troisi&#232;me dans une affaire li&#233;e &#224; une autre gentillesse patronale, au profit cette fois d'Air France&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contre l'avis d'un inspecteur du travail, Combrexelle a autoris&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ne l'emp&#234;cheront pas, apr&#232;s dix ans de loyaux services &#224; la direction g&#233;n&#233;rale du Travail, d'int&#233;grer les rangs du... Conseil d'&#201;tat et d'y prendre, fin 2014, la pr&#233;sidence de la section &#171; sociale &#187;. La ranc&#339;ur n'est pas de mise dans le monde des boulots de merde de la haute aristocratie d'&#201;tat, o&#249; l'on trouve toujours une petite mission d'int&#233;rim &#224; faire entre deux jobs. Comme la r&#233;daction, command&#233;e en avril 2015 par le Premier ministre Manuel Valls, de quarante-quatre propositions visant &#224; &#171; &lt;i&gt;donner plus de souplesse aux entreprises&lt;/i&gt; &#187; et &#224; &#171; &lt;i&gt;&#233;largir la place de l'accord collectif dans notre droit du travail et la construction des normes sociales&lt;/i&gt; &#187;. Le rapport Combrexelle&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rapport Combrexelle sert de br&#233;viaire &#224; la r&#233;forme El Khomri, puisqu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; tr&#244;nera en bonne place &#224; c&#244;t&#233; des pav&#233;s de l'Institut Montaigne, de la fondation Terra Nova ou de Robert Badinter sur l'&#233;tag&#232;re des fossoyeurs du code du travail. [...]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH360/-68-0e6fe.jpg?1782645813' width='400' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Beno&#238;t Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le patronat, de son c&#244;t&#233;, ne cache pas sa bonne humeur. Non content de participer &#224; une exaltante aventure humaine, ses employ&#233;s ont la chance d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;r&#233;mun&#233;r&#233;s pour faire du sport&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse Fr&#233;d&#233;ric Pons, P-DG d'Adrexo de 2008 &#224; 2012, dans une interview &#224; l'hebdomadaire Marianne. &#171; &lt;i&gt;Le conditionnement puis la livraison de prospectus sont un exercice un peu physique pour cette main-d'&#339;uvre vieillissante, mais, honn&#234;tement, j'estime qu'Adrexo rend service &#224; ces gens : gr&#226;ce &#224; ce boulot, ils se maintiennent en forme et &#233;conomisent un abonnement au Gymnase Club. R&#233;mun&#233;r&#233;s pour faire du sport : il n'y a pas de quoi crier au servage&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marianne, 10 octobre 2009.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#187; Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, on pourrait envisager d'envoyer Fr&#233;d&#233;ric Pons casser des cailloux dans un bagne : cela lui &#233;conomiserait son v&#233;lo d'appartement et son abonnement au club de golf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses mots d'esprit prennent une saveur toute particuli&#232;re deux ans plus tard, lorsque Raymond, un colporteur de soixante-quinze ans pay&#233; 280 euros par mois pour vingt-six heures de travail par semaine, meurt foudroy&#233; par une crise cardiaque au milieu d'une tourn&#233;e de distribution &#224; Noisy-le-Grand. Atteint d'un diab&#232;te et d&#233;j&#224; victime d'un infarctus quelques ann&#233;es plus t&#244;t, il charriait ce jour-l&#224; vingt-cinq cartons d'imprim&#233;s pesant chacun 12,5 kilos. Adrexo avait jug&#233; inutile de lui faire passer une visite m&#233;dicale. &#171; &lt;i&gt;Bien qu'avertie le 30 ao&#251;t 2011 du d&#233;c&#232;s de Raymond par la police, la soci&#233;t&#233; a continu&#233; &#224; &#233;mettre chaque mois des bulletins de paie &#224; son nom &#224; z&#233;ro euro jusqu'en avril 2012, o&#249; elle a &#233;tabli la fin du contrat pour &#8220;absence injustifi&#233;e&#8221;. Ce qui donne une vague id&#233;e de l'attention qu'elle porte &#224; ses salari&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, note l'auteur de l'un des tr&#232;s rares articles consacr&#233;s &#224; cette affaire &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Micha&#235;l Hajdenberg, &#171; Adrexo condamn&#233; apr&#232;s la mort d'un salari&#233; de 75 ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. La famille de Raymond attendra cinq ans pour obtenir &#171; justice &#187; : en mars 2016, le conseil des prud'hommes de Bobigny a condamn&#233; Adrexo &#224; lui verser... 6 200 euros pour solde de tout compte &lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont 2 000 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts pour d&#233;faut de visite m&#233;dicale et 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contre l'avis d'un inspecteur du travail, Combrexelle a autoris&#233; le licenciement d'un pilote d'Air France en ao&#251;t 2009, sanction invalid&#233;e ensuite par le Conseil d'&#201;tat en juin 2010. Source : &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 15 octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le rapport Combrexelle sert de br&#233;viaire &#224; la r&#233;forme El Khomri, puisqu'il propose que le Code du travail se contente de &#171; &lt;i&gt;fixer seulement les grands principes relevant de l'ordre public&lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;les branches d&#233;fini(ssent) l'ordre public conventionnel&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;l'accord d'entreprise (devienne) la norme prioritaire&lt;/i&gt; &#187;. Se passer du Code du travail pour lui substituer des accords d'entreprise : une marotte que le patronat s'appr&#234;te enfin &#224; voir mise en &#339;uvre &#8211; par un gouvernement socialiste, cette fois (loi Travail, 2016, adopt&#233;e avec l'article 49.3 de la Constitution).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 10 octobre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Micha&#235;l Hajdenberg, &#171; Adrexo condamn&#233; apr&#232;s la mort d'un salari&#233; de 75 ans &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;, 25 mars 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont 2 000 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts pour d&#233;faut de visite m&#233;dicale et 3 000 euros pour manquement &#224; l'obligation de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; au travail. La mort d'un salari&#233;, c'est donn&#233;.&lt;/p&gt;
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