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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Ils m'ont pris ma main ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Cinq mains coup&#233;es, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction. Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic. &#187; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-parce" rel="tag"&gt;C'est parce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es&lt;/i&gt;, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH551/-1757-1130c.jpg?1782716417' width='500' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement des Gilets jaunes a &#233;t&#233; un carnage humain. Des centaines de blessures &#224; la t&#234;te, des dizaines d'&#233;borgnements, au moins un d&#233;c&#232;s. Des corps de cr&#232;ve-la-dalle, &#231;a n'a jamais valu grand-chose aux yeux d'un pouvoir aux abois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anciennement journaliste &#224;&lt;i&gt; La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, l'&#233;crivaine Sophie Divry a rencontr&#233; cinq Gilets jaunes dont la main a &#233;t&#233; arrach&#233;e par la d&#233;flagration d'une grenade polici&#232;re. Entre septembre 2019 et f&#233;vrier 2020, elle a r&#233;colt&#233; leurs t&#233;moignages, avant de les m&#233;langer dans un livre puissant, enti&#232;rement &#233;crit &#224; la premi&#232;re personne : &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es &lt;/i&gt;(Seuil, octobre 2020). Sophie Divry insiste : dans le bouquin, pas une seule phrase n'est d'elle, tout est citations. L'autrice s'est content&#233;e de r&#233;unir en une unique voix un quintet de souffrance et de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ch&#339;ur form&#233; de quatre ouvriers et un &#233;tudiant, &#226;g&#233;s de 22 &#224; 53 ans. Ils s'appellent : Gabriel, Antoine, S&#233;bastien, Fr&#233;d&#233;ric et Ayhan. &#201;coutons-les, sans savoir, donc, quels propos sont &#224; qui. Peu importe. Un chant de mutil&#233;, &#231;a a quelque chose d'universel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Touche pas ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait juste un objet par terre que je voulais &#233;carter. Je ne savais pas ce que c'&#233;tait.&lt;/i&gt; &#187; Il faut imaginer la cohue, les gaz lacrymog&#232;nes, les cris, les tirs de LBD. &#171; &lt;i&gt;La seule envie que j'avais, c'&#233;tait de l'&#233;loigner. Je n'ai pas r&#233;fl&#233;chi, j'ai voulu la prendre dans ma main pour l'&#233;loigner. C'&#233;tait un r&#233;flexe, c'est animal&#8230; Danger : j'&#233;loigne. L&#224; mon coll&#232;gue m'a cri&#233; : &#8220;Touche pas !&#8221;, mais je n'ai pas entendu.&lt;/i&gt; &#187; Et boum. &#171; &lt;i&gt;Non, en fait, je ne me rappelle m&#234;me pas avoir entendu de &#8220;boum&#8221;. Je ne me souviens pas. Je n'entends rien. Je sens un &#233;norme choc. Par r&#233;flexe, je tourne la t&#234;te et je ferme les yeux.&lt;/i&gt; &#187; Mais il faut bien les rouvrir. Et constater : &#171; &lt;i&gt;Plus de main. &#192; la place, il y a une esp&#232;ce d'amas de chair d&#233;goulinant de sang. Je voyais l'os au milieu, et des lambeaux de chair de chaque c&#244;t&#233;, comme une banane.&lt;/i&gt; &#187; Un cri : &#171; &lt;i&gt;Ils ont pris ma main&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce sont les pompiers qui te demandent de marcher parce qu'ils ne peuvent pas d&#233;plier la civi&#232;re, vu que les flics continuent de tirer dans tous les sens. C'est l'arriv&#233;e &#224; l'h&#244;pital, un gaz anesth&#233;siant : &#171; &lt;i&gt;Quand je reprends conscience, je suis nu sous une robe de tissu en salle pr&#233;op&#233;ratoire. Je regarde ma main et je comprends que c'est r&#233;el. Le m&#233;decin m'annonce qu'on va m'amputer.&lt;/i&gt; &#187; C'est l'op&#233;ration &#8211; ou les op&#233;rations. Parfois la cicatrisation se passe bien, d'autres fois &#231;a n&#233;crose. Heureusement, il y a la solidarit&#233;, les visites des amis, les petits mots des coll&#232;gues de boulot, les camarades du rond-point qui d&#233;dicacent un gilet jaune, la compagne aimante qui ne t'abandonne pas. &#171; &lt;i&gt;La seule m&#233;chancet&#233;, elle est venue des m&#233;dias, direct, le soir du 9 f&#233;vrier, un mec, un syndicaliste de la police je crois, a dit sur un plateau : &#8220;C'est bien fait pour sa gueule.&#8221; Parce que j'&#233;tais habill&#233; en noir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, il y a des questions : &#171; &lt;i&gt;Je ne savais pas comment expliquer &#224; mes enfants que c'&#233;tait la police qui m'avait fait &#231;a, parce que pour eux la police, c'est les gentils, c'est pas les m&#233;chants, et l&#224;, c'&#233;tait pas le cas du tout.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi la recherche de ce qui s'est pass&#233; : &#171; &lt;i&gt;Mon fr&#232;re m'apporte mon ordinateur et avec la main gauche je tape sur Internet. J'apprends l'existence des grenades Gli-F4, j'apprends qu'elles sont charg&#233;es de TNT, que la Gli-F4 elle est grise avec un capuchon rouge, et la lacrymo est grise avec un bandeau rouge&#8230; Autant dire que pour les distinguer, c'est pas &#233;vident.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM2L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est le d&#233;but de l'enqu&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Deux ou trois jours apr&#232;s l'amputation, des mecs de l'IGPN rentrent dans ma chambre. Ils m'apprennent que la police a d&#233;pos&#233; plainte contre moi ! Pour agression envers les forces de l'ordre, &#8220;dans l'hypoth&#232;se o&#249; vous auriez voulu relancer la grenade&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'impression d'&#234;tre un homard &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'h&#244;pital, il se peut que le s&#233;jour se d&#233;roule &#224; merveille, que le personnel soit exquis. Il se peut aussi que non : &#171; &lt;i&gt;Il a fallu que&lt;/i&gt; [ma m&#232;re] &lt;i&gt;se batte pour que j'aie un matelas &#224; escarres, car j'avais des escarres. Il a fallu qu'elle se batte pour qu'ils me remettent les gaz anesth&#233;siants pendant les changements de pansements, parce qu'une infirmi&#232;re avait d&#233;cid&#233; que je n'en avais pas besoin. C'&#233;tait l'enfer &#224; Pompidou. Il y a des milliers de chambres. C'est comme dans n'importe quel m&#233;tier o&#249; on te presse, on te presse, les nanas courent sans arr&#234;t. Ce qu'on a v&#233;cu &#224; Pompidou, c'est r&#233;v&#233;lateur justement de ce pour quoi on s'&#233;tait mobilis&#233;s : la carence du service public.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sorti de l'hosto, tu dois t'habituer &#224; ton nouveau corps. &#171; &lt;i&gt;Quand les points de suture sont tomb&#233;s, l'infirmi&#232;re m'a dit de me masser le moignon. Je lui ai dit : &#8220;Comment voulez-vous que je me masse alors que je n'arrive pas &#224; poser les yeux dessus&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Je ne l'acceptais pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient l'heure de la proth&#232;se, qui co&#251;te des dizaines de milliers d'euros. Par chance, &#171; &lt;i&gt;tout a &#233;t&#233; pris en charge par la S&#233;cu. J'ai eu droit d'avoir aussi une esp&#232;ce de grosse pince avec laquelle je peux bricoler ou jardiner, c'est pratique, m&#234;me si avec &#231;a j'ai un peu l'impression d'&#234;tre un homard.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne passes plus inaper&#231;u. &#171; &lt;i&gt;C'est assez ambivalent comme situation. Quand je suis dehors avec la proth&#232;se, &#231;a attire le regard, la curiosit&#233; et le dialogue. Les gens viennent vers moi, ils me demandent comment &#231;a marche&#8230; &#8220;Ah c'est incroyable&#8230;&#8221; Tout le monde trouve &#231;a incroyable. J'ai l'impression qu'ils en veulent tous une&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils voient que &#231;a bouge, ils s'imaginent que je peux faire tout ce qu'on fait avec une main. Mais non. On discute et je leur fais comprendre qu'on ne fait pas grand-chose avec &#231;a. J'ouvre et je ferme, c'est tout. Et si je me balade sans la proth&#232;se, ce qui est rare, alors l&#224; c'est l'inverse : les gens sont effray&#233;s. Ils ne regardent pas. Ils n'ont pas envie de voir &#231;a. Je comprends, ce n'est pas &#233;vident de voir une main coup&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une arme de guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis c'est la gal&#232;re du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Avec une main, tout prend plus de temps. S'habiller c'est faisable, mais c'est beaucoup plus long. Tout ce qui est vaisselle, ce n'est plus possible. Le linge, on ne peut pas l'&#233;tendre d'une main. Tout est beaucoup plus long. Du coup, j'ai d&#251; m'acheter un lave-vaisselle, un s&#232;che-linge, &#231;a fait encore des frais.&lt;/i&gt; &#187; Ou alors c'est la d&#233;brouille : &#171; &lt;i&gt;Je m'invente mes petites m&#233;thodes. &#201;plucher des patates, j'ai trouv&#233; le truc, c'est tout b&#234;te : je plante un couteau dans la patate, je la bloque avec mon avant-bras droit, et puis, apr&#232;s la main gauche, j'&#233;pluche une face de la patate, hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !, je la retourne et je fais l'autre face. &#199;a prend plus de temps, mais voil&#224;, je le fais tout seul, sans rien demander.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financi&#232;rement aussi, c'est compliqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux plus exercer mon m&#233;tier, bien s&#251;r : un plombier &#224; une main, &#231;a n'existe pas. &#187;&lt;/i&gt; Que reste-t-il ? Le RSA ou l'allocation aux adultes handicap&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est triste, parce que la chaudronnerie, c'&#233;tait vraiment ma passion.&lt;/i&gt; &#187; L'ennui s'instille : &#171; &lt;i&gt;Je me fais chier. Il ne se passe rien. J'ai rien &#224; raconter. C'est la merde, clairement. La guitare, c'est mort, la moto, c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; Et la douleur physique : &#171; &lt;i&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne de serrage, comme s'il y avait un &#233;tau qui englobait mon moignon et me serrait en permanence, c'est la douleur la plus insupportable, et celle qui est tout le temps l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Parfois, c'est le membre absent qui fait encore mal : &#171; &lt;i&gt;Les douleurs fant&#244;mes, il faut ne plus y penser pour pas que &#231;a gratte, mais c'est compliqu&#233; parce que plus t'essayes de ne pas penser, plus tu y penses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid de la justice ? &#171; &lt;i&gt;Le procureur a d&#233;cid&#233; de classer l'affaire&#8230; comme &#231;a, sans jamais m'avoir entendu. J'ai rigol&#233;, j'&#233;tais choqu&#233;. Ce n'est pas possible. Je m'attendais au minimum &#224; &#234;tre re&#231;u&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Reste la possibilit&#233; de d&#233;poser une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, ce qui co&#251;te de l'argent. Est-ce que &#231;a vaut le coup ? &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il y aura vrai&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;ment un proc&#232;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Franchement, j'en mettrais pas ma main au feu &#8211; celle qui me reste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mutil&#233;s, certains ont recommenc&#233; &#224; manifester, d'autres ont trop la trouille pour &#231;a. Tous, probablement, se posent la m&#234;me question sur la grenade qui a emport&#233; leur main et leur vie pass&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'est une arme, ce truc, c'est une arme de guerre. Pourquoi ils jettent &#231;a sur les gens&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM&lt;SUP&gt;2&lt;/SUP&gt;L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Psychiatrie insurg&#233;e : &#171; Instituer un autre rapport au temps &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Psychiatrie-insurgee-Instituer-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Psychiatrie-insurgee-Instituer-un</guid>
		<dc:date>2020-02-21T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>temps</dc:subject>
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		<dc:subject>patients</dc:subject>
		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>
		<dc:subject>psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Mathieu Bellahsen</dc:subject>
		<dc:subject>soignants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour le psychiatre Mathieu Bellahsen, la psychiatrie publique est bien malade, mais pas moribonde, tant la r&#233;volte s'y diffuse. Entretien. Il y a deux mani&#232;res de consid&#233;rer le champ de la psychiatrie publique actuelle. D'un c&#244;t&#233; on peut d&#233;plorer la d&#233;gringolade acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'id&#233;al soignant, avec un &#201;tat d&#233;missionnaire misant tout sur la privatisation et les neurosciences. De l'autre on peut se r&#233;jouir du nombre impressionnant de services psychiatriques en lutte contre cette d&#233;gradation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le psychiatre Mathieu Bellahsen, la psychiatrie publique est bien malade, mais pas moribonde, tant la r&#233;volte s'y diffuse. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L480xH400/-1457-2a8e6.jpg?1782640035' width='480' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;l y a deux mani&#232;res de consid&#233;rer le champ de la psychiatrie publique actuelle. D'un c&#244;t&#233; on peut d&#233;plorer la d&#233;gringolade acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'id&#233;al soignant, avec un &#201;tat d&#233;missionnaire misant tout sur la privatisation et les neurosciences. De l'autre on peut se r&#233;jouir du nombre impressionnant de services psychiatriques en lutte contre cette d&#233;gradation depuis 2018, et de la propagation de ce refus de l'indignit&#233;.&lt;i&gt; La R&#233;volte de la psychiatrie&lt;/i&gt;, essai de la journaliste Rachel Knaebel&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui m&#232;ne un excellent travail sur la question pour le site Bastamag.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et du psychiatre Mathieu Bellahsen &#224; para&#238;tre en mars (aux &#233;ditions La D&#233;couverte), oscille sur cette ligne de cr&#234;te, d&#233;non&#231;ant le pr&#233;sent et misant sur l'avenir. La d&#233;ploration n'est pas de mise, disent-ils, tant le champ bouillonne, infuse vers une approche aux antipodes de l'existant. C'est bien ce que dit Mathieu Bellahsen, dans cet entretien visant &#224; ouvrir les possibles.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce livre que l'on a port&#233; &#224; trois &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loriane Bellahsen a en effet &#233;crit le chapitre consacr&#233; &#224; l'autisme.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est parti d'un constat : il fallait prendre le contrepoint du r&#233;cent ouvrage &lt;i&gt;Psychiatrie &#233;tat d'urgence&lt;/i&gt;, sign&#233; Marion Leboyer et Pierre-Michel Lorca, co-directeurs de la fondation Fondamental&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Financ&#233;e en partie par de l'argent public et par de gentils m&#233;c&#232;nes comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, qui en France joue un r&#244;le majeur dans le d&#233;bat public sur la question. Cet ouvrage est en effet l'exemple-type de la r&#233;cup&#233;ration du constat catastrophe sur le d&#233;litement de la psychiatre. Ses auteurs pointent les carences pour renforcer encore le n&#233;olib&#233;ralisme, le tri des patients, les solutions d&#233;shumanisantes. Et comme ce sont syst&#233;matiquement les porteurs de cette parole qui sont invit&#233;s &#224; s'exprimer dans les m&#233;dias, il y a confiscation du d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, j'avais une obsession : &#233;voquer la mani&#232;re dont les espaces de lutte r&#233;cents en mati&#232;re de psychiatrie ont r&#233;invent&#233; la clinique, en y multipliant les liens entre soignants, patients, familles et citoyens. Le simple fait de proposer un espace de parole ouvert, o&#249; les patients et les familles peuvent se m&#234;ler aux soignants et militants autour d'un caf&#233; change la donne. On l'a vu par exemple avec les &#8220;perch&#233;s&#8221; du Havre, des soignants qui ont install&#233; un campement pendant dix-huit jours sur le toit de leur h&#244;pital pour d&#233;noncer les conditions de soin scandaleuses, en juin 2018 : les premiers qui sont all&#233;s leur offrir de l'eau, ce sont les patients. Parce que oui : les patients peuvent prendre soin des soignants. C'est connu dans les lieux qui pratiquent la psychoth&#233;rapie institutionnelle&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; &#224; l'asile de Saint-Alban (Loz&#232;re) au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Mais c'est une d&#233;couverte pour beaucoup. Et un moteur de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachel a interview&#233; beaucoup de ces gens qui d'h&#244;pital en h&#244;pital sont entr&#233;s en r&#233;sistance. Et moi je me suis beaucoup investi dans le mouvement. Parce que j'&#233;tais ravi de voir ce qui s'y est construit d&#232;s le d&#233;but. Ce n'&#233;taient pas les militants aguerris sur ces questions qui &#233;taient mis en avant, comme &#231;a avait &#233;t&#233; le cas jusqu'ici, par exemple avec le Collectif des 39 contre la nuit s&#233;curitaire&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professionnels de la psychiatrie unis en 2008 par leur opposition &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, mais des infirmiers, des aides-soignants, le personnel qui est au turbin. Et ils &#8211; et plus souvent &lt;i&gt;elles&lt;/i&gt; d'ailleurs &#8211; se r&#233;voltaient sur des questions fondamentales, celles de la dignit&#233;, de l'accueil impossible, de la honte de ce qui est inflig&#233; aux patients. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'une certaine mani&#232;re, &#231;a annon&#231;ait ce qui allait arriver avec les Gilets jaunes quelques mois plus tard. On peut d'ailleurs dire que l'occupation des ronds-points a aussi commenc&#233; dans les HP : les Pinel en Lutte de l'h&#244;pital Pinel d'Amiens ont occup&#233; celui situ&#233; devant l'&#233;tablissement pendant 120 jours, mi-2018. Pour moi, ce fond de l'air s'est en quelque sorte cristallis&#233; en psychiatrie avant de se g&#233;n&#233;raliser. Des personnes qui ne s'&#233;taient jamais soulev&#233;es disaient : &#8220;&lt;i&gt;&#199;a suffit, cette honte que vous nous imposez n'est plus tenable.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chez les Gilets jaunes, il y avait aussi une contestation de la repr&#233;sentation. Dans la sant&#233;, et plus sp&#233;cifiquement dans la psychiatrie, on a voulu d&#233;noncer la fausse d&#233;mocratie sanitaire. Notre constat : le syst&#232;me bas&#233; sur les repr&#233;sentants des usagers, des familles ou des personnels est bien souvent une farce. D'o&#249; la cr&#233;ation de collectifs porteurs d'un autre imaginaire, d'une forme de r&#233;invention de la d&#233;mocratie. Il ne s'agit plus de demander quelques r&#233;formes mais de dire que tout ce que porte le n&#233;olib&#233;ralisme va contre une vision du sens de la vie propice &#224; la vie elle-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut bien voir qu'on sort de trente ans de catastrophe, bas&#233;e notamment sur un rapport au temps : le temps compress&#233;, fragment&#233;, du n&#233;olib&#233;ralisme. Pour la psychiatrie, il s'agit d'abord d'instituer un autre rapport au temps. Comme le dit l'association Huma-Psy : &#8220;&lt;i&gt;Plus la consultation est courte plus l'ordonnance est longue.&lt;/i&gt;&#8221; Et les soins propos&#233;s sont de plus en plus bas&#233;s sur le court terme. Une aberration : le soin, c'est le temps qu'il faut, que ce soit une semaine ou toute la vie. Et si on tient cet imp&#233;ratif, &#231;a remet en question tout l'&#233;difice actuel. Le&lt;i&gt; temps qu'il faut&lt;/i&gt;, c'est l'ind&#233;termin&#233;, le non soumis &#224; la logique gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constat de base : la psychiatrie est tr&#232;s poreuse &#224; l'air du temps. Et quand la soci&#233;t&#233; se referme, se cloisonne, se fragmente, la psychiatrie fait de m&#234;me. C'est tr&#232;s clair dans son histoire. Longtemps, l'&#201;tat a soutenu un r&#233;gime asilaire, mais dans les ann&#233;es 1960 et 1970 il s'est mis &#224; d&#233;fendre un mod&#232;le progressiste, humaniste, d&#233;sali&#233;niste. Ensuite il y a eu cette p&#233;riode de trente ans o&#249; s'est impos&#233;e la vision gestionnaire, greff&#233;e sur le n&#233;olib&#233;ralisme. Et l'on arrive &#224; la phase actuelle, o&#249; l'&#201;tat cr&#233;e un march&#233; concurrentiel en d&#233;truisant l'h&#244;pital et la psychiatrie publics. Cela nous place dans une position o&#249; l'on doit composer avec la d&#233;mission de l'institution, cr&#233;ant ainsi de nouveaux champs. Mais composer ne veut pas dire &#8220;faire avec&#8221; ; il s'agit aussi de lutter pour instituer autrement nos espaces de travail, de soins et de vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'h&#244;pital o&#249; je travaille, on a mont&#233; un partenariat avec l'&#233;quipe du th&#233;&#226;tre de Gennevilliers. Il s'agissait de d&#233;velopper des pratiques artistiques pour les patients et les soignants. Ce qui au d&#233;part s'&#233;tait construit du d&#233;sir des patients et d'une compagnie a d&#251; en passer par la novlangue des demandes de subvention, mais a vite &#233;chapp&#233; aux objectifs de la tutelle administrative. Et le th&#233;&#226;tre est finalement devenu un lieu de nouvelles circulations pour les &#8220;usagers&#8221;, avec un personnel th&#233;&#226;tral tr&#232;s investi et ouvert aux patients. Un lien d'amiti&#233; et de confiance s'est donc d&#233;velopp&#233; sur deux sc&#232;nes distinctes, un milieu propice o&#249; la rencontre permet la production de nouvelles formes. C'est ainsi qu'on a pu y organiser des rassemblements de collectifs de soin, o&#249; soignants, &#233;lus, familles et patients venus de toute la France ont pu s'exprimer, soulevant des paroles fortes. Je me souviens d'une personne pass&#233;e par la psychiatrie qui est intervenue pour d&#233;noncer la contention, disant que cette pratique lui &#244;tait sa dignit&#233;. Un infirmier s'est alors lev&#233; pour livrer son t&#233;moignage, expliquant qu'il pratiquait parfois la contention contre son gr&#233; et que lui aussi y avait perdu sa dignit&#233;, que c'&#233;tait abject.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je parle surtout de l'h&#244;pital public, c'est parce que j'y travaille. Mais il y a d'autres lieux plus p&#233;riph&#233;riques o&#249; se d&#233;fend aussi la psychiatrie, des groupes d'entraide mutuelle aux lieux de r&#233;pit. Et ils sont extr&#234;mement importants, parce qu'ils portent &#233;galement en eux une possibilit&#233; d'autres imaginaires, de pratiques alt&#233;rant l'institu&#233;, le monde tel qu'il est. Je crois &#233;norm&#233;ment &#224; cela, que ce soit &#224; un niveau macro-politique ou micro-politique &#8211; les deux fronts me semblant tout aussi importants &#224; articuler pour les luttes &#224; venir, que ce soit dans le champ de la psychiatrie ou plus largement dans les luttes au sein de la soci&#233;t&#233;. Certes, nous faisons face &#224; un pouvoir puissant. Mais si on d&#233;place la lutte au niveau de l'imaginaire sur lequel s'institue la soci&#233;t&#233;, &#231;a devient non plus quantitatif mais qualitatif. Dans la s&#233;quence pr&#233;sente, il me semble essentiel de pousser l'intensification d'autres formes de liens entre les gens et entre les lieux pour cr&#233;er de nouveaux milieux instituant, pour reprendre la formule de l'&#233;crivain Alain Damasio, un devenir &#8220;archipel&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui m&#232;ne un excellent travail sur la question pour le site &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bastamag&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Loriane Bellahsen a en effet &#233;crit le chapitre consacr&#233; &#224; l'autisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Financ&#233;e en partie par de l'argent public et par de gentils m&#233;c&#232;nes comme Dassault, ainsi que par des entreprises pharmaceutiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement critique de la psychiatrie n&#233; &#224; l'asile de Saint-Alban (Loz&#232;re) au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agissait notamment d'encourager les relations entre soignants et soign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Professionnels de la psychiatrie unis en 2008 par leur opposition &#224; la politique sarkozyste en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Coaching &#252;ber alles</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Coaching-uber-alles</link>
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		<dc:date>2016-06-20T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sillonnant &#171; les routes de la francophonie &#187;, John Harvey Marwanny &#233;tait en mai dans le village de Fillols (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales). Le temps d'une soir&#233;e, il r&#233;ussit le pari de convertir un peuple r&#233;tif et insoumis aux joies du D&#233;veloppement personnel sans douleur. Ambiance. Dans cinquante ans, lorsque des biographes patent&#233;s se pencheront sur le parcours hors norme de John Harvey Marwanny, ils se casseront la t&#234;te pour comprendre par quel caprice du destin, l'initiateur du D&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foyer-laique" rel="tag"&gt;foyer la&#239;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seminaire-8983" rel="tag"&gt;s&#233;minaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sillonnant &#171; les routes de la francophonie &#187;, John Harvey Marwanny &#233;tait en mai dans le village de Fillols (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales). Le temps d'une soir&#233;e, il r&#233;ussit le pari de convertir un peuple r&#233;tif et insoumis aux joies du D&#233;veloppement personnel sans douleur. Ambiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH410/-29-5dd88.jpg?1782923321' width='500' height='410' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans cinquante ans, lorsque des biographes patent&#233;s se pencheront sur le parcours hors norme de John Harvey Marwanny, ils se casseront la t&#234;te pour comprendre par quel caprice du destin, l'initiateur du D&#233;veloppement personnel sans douleur est all&#233; offrir, un 21&#8239;mai&#8239;2016, son digne s&#233;minaire &#224; une palanqu&#233;e de ploucs planqu&#233;s dans les contreforts du Canigou. &#192; Fillols pourtant, un signe ne trompe pas : l'&#233;glise, d&#233;finitivement f&#226;ch&#233;e avec le populo, tourne le dos &#224; la place du village, si&#232;ge de toutes les bacchanales et autres joyeuses conspirations. Ici, un peuple de moins de deux cents &#226;mes, &#233;prouve au jour le jour le tissu r&#234;che de sa nerveuse coh&#233;sion. Les murs des humbles b&#226;tisses racontent une histoire : au d&#233;part-village de mineurs-paysans extrayant le fer de la montagne, le lieu a surv&#233;cu &#224; la fermeture des mines et &#224; l'exode rural d'apr&#232;s-guerre, et sa d&#233;mographie a r&#233;ussi &#224; m&#233;taboliser les jeunes pousses n&#233;orurales issues de la flamb&#233;e soixante-huitarde. Alors que le village aurait d&#251; devenir, dans le meilleur des cas, un havre min&#233;ralis&#233; de r&#233;sidences secondaires et de g&#238;tes ruraux, il flamboie d'une vitalit&#233; insolente : on cultive des patates en commun, on multiplie les manifestations brouillant les lignes d'une culture tout &#224; tour locale, populaire et iconoclaste, on s'&#233;puise dans des f&#234;tes interminables, on s'engueule, on s'embrasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attabl&#233; &#224; la terrasse du Caf&#233; de l'Union, Marwanny boit un caf&#233;. Puis un demi. Il fait beau, il s'impr&#232;gne du lieu. En face, Hubert&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des raisons tactiques, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; ub&#233;ris&#233;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; s'est charg&#233; de la com' du s&#233;minaire. Canaille, il a maintenu jusqu'au bout l'aura ambigu&#235; du s&#233;minariste moustachu. Il montre une affiche scotch&#233;e sur un portail et se fait l'&#233;cho de la perplexit&#233; des villageois : &#171; &lt;i&gt;C'est quoi cette esp&#232;ce d'Hafez el-Assad sur un timbre-poste ? C'est s&#233;rieux ou quoi ? Parce que &#231;a se passe quand m&#234;me &#224; l'heure de l'ap&#233;ro.&lt;/i&gt; &#187; Hubert fait partie du foyer la&#239;que de Fillols, association n&#233;e dans les ann&#233;es 1950 en pleine pouss&#233;e d'&#233;ducation populaire. Le foyer la&#239;que est une sorte d'organe vital qui irrigue toute la vie culturelle du village. &#171; &lt;i&gt;Foyer la&#239;que &#252;ber alles !&lt;/i&gt; &#187;, germanise-t-on avec malice dans l'enclave catalane. &#192; 18 heures, la salle des f&#234;tes est pr&#234;te. Des draps noirs couvrent les fen&#234;tres pour maintenir une fra&#238;che obscurit&#233; : c'est que le s&#233;minaire de Marwanny ne serait rien sans le support de son p&#233;tillant PowerPoint. Face &#224; un public aux aguets, le roi du coaching jaillit de sa chrysalide : son torse poilu est couvert d'une chemise blanche, le garrot d'une cravate vient soutenir la glotte et une main secourable l'aide &#224; noircir le poivre et sel de ses bacchantes. Marwanny ajuste le postiche brun sur son cr&#226;ne ras&#233; de pr&#232;s. Le voil&#224; pr&#234;t. Un violent riff de guitare l&#233;zarde et fige la salle. Le s&#233;minaire musical commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INSULTER DANS LES R&#200;GLES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes-vous d&#233;j&#224; demand&#233; pourquoi, Madame, vous avez rat&#233; votre vie ? Non ? Ben il serait temps, non ?
&#8211; Pourquoi vous n'avez pas le succ&#232;s escompt&#233; aupr&#232;s du sexe oppos&#233; ?
&#8211; Pourquoi vous ne roulez pas en 4x4 comme le monsieur sur la photo ?
&#8211; Pourquoi vous &#234;tes petit, gros et mal habill&#233; alors que vous pourriez &#234;tre riche, c&#233;l&#232;bre et incroyablement sexy&#8230; comme moi ! Pourquoi ? Vous ne savez pas ? Pourtant la r&#233;ponse est simple : c'est parce que vous n'avez pas b&#233;n&#233;fici&#233; des enseignements de la Marwanny Corporation&lt;/i&gt;&#8239;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://marwanny.biz&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; &#192; savoir : le D&#233;veloppement personnel sans douleur. Un concept qui permet &#224; tout un chacun d'&#233;vacuer &#171; &lt;i&gt;frustrations&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;pollutions&lt;/i&gt; &#187; pour atteindre pl&#233;nitude int&#233;rieure et r&#233;ussite sociale. Parmi les nombreux outils propos&#233;s par Marwanny, on trouve ses recueils de lettres d'insultes &#224; adresser &#224; son banquier, son conseiller P&#244;le emploi, liste non limitative. Sauf qu'on n'insulte pas n'importe qui n'importe comment. Il y a des r&#232;gles. Marwanny s'approche d'un homme : &#171; &lt;i&gt;Gros p&#233;d&#233; !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Monsieur, pourquoi est-ce que je ne peux pas vous traiter de gros p&#233;d&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; L'insult&#233; h&#233;site tandis qu'autour &#231;a pouffe de rire. &#171; &lt;i&gt;Non j'ai pas le droit, parce que c'est une insulte homophobe.&lt;/i&gt; &#187; &#192; une femme : &#171; &lt;i&gt;Sale pute ? Non, j'ai pas le droit non plus parce que c'est prostituphobe. &#199;a sous-tend que les personnes qui se prostituent sont moins bien que moi et &#231;a, on n'a pas le droit. Vous comprenez ?&lt;/i&gt; &#187; Jamais &#224; cours de carburant, l'homme adresse &#224; un p&#233;kin : &#171; &lt;i&gt;Trou du cul ? &#199;a, j'ai le droit, pas parce que c'est vous, mais parce que je ne d&#233;nigre personne en particulier. Tout le monde en a un.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vulgaire. Outrancier. Provocateur. Soyons honn&#234;tes : Marwanny nous malm&#232;ne. L'impression de revivre ces &#233;pisodes de fin de banquet o&#249; l'alcool aidant, les blagues fusent dans une surench&#232;re galopante. Au mal de c&#244;te et aux crampes des zygomatiques suivent immanquablement des moments de r&#233;flexivit&#233;. De qui ou de quoi rit-on ? Et surtout avec qui ? Si le rire est avant tout affaire de connivence et si on ne rit jamais autant que lorsqu'on &#233;gratigne les tabous, o&#249; situer les bornes dans une France post-Charlie avec des tristes sires de la trempe de Dieudonn&#233; ? Sexisme, p&#233;dophilie, racisme. Marwanny fout les mains dans le cambouis, aligne les path&#233;tiques trombines de S&#233;gu&#233;la, Elkabbach, Sarkozy et de&#8230; sa tante qui a vot&#233; Robert M&#233;nard &#224; B&#233;ziers. Plus tard, la bande annonce du blockbuster Socialiste Holocauste, nous clouera sur nos si&#232;ges. Imaginez un pastiche de Walking Dead avec un Jospin d&#233;figur&#233; en chef zombie pr&#244;nant une premi&#232;re r&#233;publique sociale-lib&#233;rale des tr&#233;pass&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Un monde o&#249; la croissance pourrait enfin &#234;tre &#233;ternelle, puisque tout est d&#233;j&#224; d&#233;truit !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Mon travail&lt;/i&gt;, plaide Marwanny, &lt;i&gt;c'est de d&#233;construire les discours du marketing, de la politique, de la publicit&#233;. Je joue beaucoup avec l'absurde, c'est moins plombant et puis surtout &#231;a me permet d'aller vers des gens qui ne sont pas forc&#233;ment des convaincus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TYRANNIES NARCISSIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus globalement, les salves marwannesques &#233;pinglent un ph&#233;nom&#232;ne en pleine expansion : le &lt;i&gt;coaching&lt;/i&gt;. Dans un essai vivifiant, les chercheurs Carl Cederstr&#246;m et Andr&#233; Spicer dressent l'anatomie de ce qu'ils appellent &#171; &lt;i&gt;le syndrome du bien-&#234;tre&lt;/i&gt;&#8239;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syndrome du bien-&#234;tre, Carl Cederstr&#246;m et Andr&#233; Spicer, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Non contents d'&#234;tre atomis&#233;s par le tsunami n&#233;olib&#233;ral, les individus seraient les proies d'une biomorale faisant du bien-&#234;tre un objectif que tout un chacun est somm&#233; d'atteindre, un &#171; &lt;i&gt;imp&#233;ratif moral&lt;/i&gt; &#187;. Les d&#233;pressifs, les mangeurs de gras, les ch&#244;meurs et autres fumeurs constituent autant de marges parasitaires. Surtout : ils sont responsables de leur propre rel&#233;gation, incapables qu'ils sont &#224; mobiliser leur &#171; &lt;i&gt;potentiel int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;s'am&#233;liorer&lt;/i&gt; &#187;. Que la qu&#234;te du bonheur ne soit plus affaire d'&#233;mancipation collective, et la voil&#224; sous-trait&#233;e par des arm&#233;es de coaches cens&#233;s piloter des vies &#224; la recherche d'un perfectionnement absurde. 45 000&#8239;coaches fourmillent dans le monde pour un chiffre d'affaires de 2&#8239;milliards d'euros annuels. C'est comment le proverbe d&#233;j&#224; ? Le bonheur ne fait pas l'argent ?
&#171; &lt;i&gt;Surveiller sa vie comme s'il s'agissait d'une v&#233;ritable entreprise correspond &#224; tous points de vue &#224; la mentalit&#233; de &#8220;l'agent id&#233;al du n&#233;olib&#233;ralisme&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sument les chercheurs qui mettent &#224; nu une &#233;poque o&#249; l'exacerbation des narcissismes fait figure de nouvelles tyrannies. Jouant avec les codes de la beaufitude, Marwanny nous invite &#224; d&#233;nouer les fils de ces intimes ali&#233;nations. Ceux qui ne pigeront pas le second degr&#233; s'&#233;clipseront en douce de la salle. &#192; Fillols, ils furent rares. Pass&#233; le spectacle, le public colonisait la terrasse du bar du Canigou o&#249; on peut profiter jusque tard des ultimes rayons de soleil. De quoi ou de qui avions-nous ri ? On n'&#233;tait s&#251;r de rien. &#192; part d'une chose : la bi&#232;re &#233;tait fra&#238;che et le maire &#8211; socialiste &#8211; coinc&#233; dans un public d&#233;sinhib&#233;, en avait pris pour son grade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour des raisons tactiques, le pr&#233;nom a &#233;t&#233; ub&#233;ris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://marwanny.biz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://marwanny.biz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le syndrome du bien-&#234;tre&lt;/i&gt;, Carl Cederstr&#246;m et Andr&#233; Spicer, &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;mocratie patronale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Democratie-patronale</link>
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		<dc:date>2009-06-15T09:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
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&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no67-mai-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;67 (mai 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction-generale" rel="tag"&gt;Direction g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directeur" rel="tag"&gt;directeur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-juste" rel="tag"&gt;c'est juste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble croire que lui seul d&#233;tient la v&#233;rit&#233; et que nous ne sommes que des boeufs. Le &#171; dialogue social &#187;, pour lui, c'est juste assener ses v&#233;rit&#233;s et que nous appliquions sans broncher. Une s&#233;ance de &#171; n&#233;gociations &#187; consiste &#224; ce qu'il entende les revendications et dise ensuite : &lt;i&gt;&#171; Bon, maintenant, voil&#224; ce que vous devrez dire aux salari&#233;s : c'est ma volont&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et il n'y a aucune r&#233;ponse concr&#232;te, juste des infos pseudo-&#233;conomiques &#226;nonn&#233;es. On sait qu'au jeu des n&#233;gociations, on est toujours un peu perdant, mais l&#224;, c'est le bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un type &#171; droit dans ses bottes &#187; qui applique sans r&#233;fl&#233;chir les directives de la direction g&#233;n&#233;rale. Je ne sais pas si c'est comme &#231;a que sont form&#233;s les nouveaux directeurs dans les stages de management, si c'est parce que la DG veut nous casser (le site de Rouen &#233;tant plus revendicatif que les autres), ou si c'est une fa&#231;on d'&#234;tre naturelle chez Total, dont notre groupe est une fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur, le doigt sur la couture du pantalon, applique sans se pr&#233;occuper du comment et du pourquoi, ni de comment nous, prolos, acceptons ou pas. &lt;i&gt;&#171; C'est comme &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, semble &#234;tre sa philosophie. Il n'est plus qu'une bo&#238;te aux lettres qui n'a aucun pouvoir. &#201;videmment, pour un cadre de ce niveau, ne plus &#234;tre qu'un appliquant cr&#233;e des probl&#232;mes d'ordre psychologique qui le rendent encore plus rigide. Cette fa&#231;on d'&#234;tre s'est impos&#233;e petit &#224; petit, avec une direction g&#233;n&#233;rale parisienne particuli&#232;rement r&#233;ac. Le PDG disant quasiment &#224; chaque r&#233;union :&lt;i&gt; &#171; La d&#233;mocratie s'arr&#234;te aux bornes de l'entreprise &#187;&lt;/i&gt;, ce qui n'est pas une information, mais qui, &#224; force d'&#234;tre assen&#233;, donne une id&#233;e des gens qui nous dirigent. Les autres patrons la jouent un peu plus hypocrites et pousseraient des cris d'orfraie si on leur disait qu'ils ne sont pas d&#233;mocrates. L&#224;, au moins, les choses sont claires et &#231;a met dans l'ambiance. Du coup,le climat dans la bo&#238;te est &#224; la col&#232;re. Partout, dans tous les secteurs, &#231;a grogne et il y a quasi quotidiennement des mouvements sporadiques de gr&#232;ve ou de refus de travail. M&#234;me les cadres et les contrema&#238;tres s'en m&#234;lent et s'&#233;nervent face au directeur, sentant bien que &#231;a va devenir de plus en plus difficile de tenir les gars et de se faire respecter. &#199;a grogne d'autant plus que le dernier conflit de d&#233;cembre (voir les num&#233;ros de CQFD de d&#233;cembre et janvier dernier) a &#233;t&#233; mat&#233; durement et qu'aujourd'hui la direction se trouve avec trois proc&#232;s devant les prud'hommes sur le dos, ainsi qu'une plainte de l'inspection du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de calmer le jeu, le directeur a instaur&#233; une politique de primes octroy&#233;es suivant de tels crit&#232;res qu'elles aggravent encore davantage les choses.Il a voulu pousser au bout la logique du lib&#233;ralisme,mais,c'est b&#234;te pour lui, il s'est encore fourvoy&#233; et ce n'est pas tendance actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, vous passez dans n'importe quel secteur, bureau et atelier de l'usine et vous tombez sur des gens qui veulent faire la peau du dirlo.Il y en a qui parlent de coup de boule,d'autres qui sont plus radicaux. On parle aussi de goudron et de plumes.&lt;i&gt; &#171; Comment se d&#233;barrasser de son patron ? &#187;&lt;/i&gt; est devenu le questionnement r&#233;current. Reste &#224; franchir le pas. C'&#233;tait l'ambiance dans l'usine ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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