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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les murs de la mer</title>
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		<dc:creator>Ma&#235;l Galisson</dc:creator>


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&lt;p&gt;Moins expos&#233; m&#233;diatiquement que les routes migratoires de M&#233;diterran&#233;e centrale ou de mer &#201;g&#233;e, le d&#233;troit de Gibraltar est rest&#233; un lieu de passage o&#249; les soldats marocains jouent le r&#244;le de suppl&#233;tifs des politiques europ&#233;ennes. Les voyageurs sans visa y vivent de longues p&#233;riodes d'attente, de violence et de mis&#232;re. Reportage &#224; Tanger, Ceuta et Melilla. Tarifa, extr&#234;me sud de l'Espagne, point le plus m&#233;ridional du continent. Expos&#233;e au vent d'Est, cette petite cit&#233; andalouse de 17 000 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Moins expos&#233; m&#233;diatiquement que les routes migratoires de M&#233;diterran&#233;e centrale ou de mer &#201;g&#233;e, le d&#233;troit de Gibraltar est rest&#233; un lieu de passage o&#249; les soldats marocains jouent le r&#244;le de suppl&#233;tifs des politiques europ&#233;ennes. Les voyageurs sans visa y vivent de longues p&#233;riodes d'attente, de violence et de mis&#232;re. Reportage &#224; Tanger, Ceuta et Melilla.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;arifa, extr&#234;me sud de l'Espagne, point le plus m&#233;ridional du continent. Expos&#233;e au vent d'Est, cette petite cit&#233; andalouse de 17 000 habitants, avec son joli centre historique, ses maisons blanches, ses patios remarquables, ses magasins de surf et ses boutiques de mode &#171; bio-baba-cool &#187; est connue pour &#234;tre l'un des meilleurs spots de sports de glisse d'Europe. Et c'est vrai que quand souffle le Levante, &#231;a d&#233;coiffe. Mais Tarifa, c'est aussi l'objet du d&#233;sir des migrants qui quittent les c&#244;tes marocaines &#224; bord de &lt;i&gt;pateras&lt;/i&gt;, ces embarcations de fortune. Sur ce point le plus &#233;troit du d&#233;troit de Gibraltrar, &#224; peine 13 kilom&#232;tres s&#233;parent l'Europe du continent africain. Par temps clair, des hauteurs de Tarifa, on distingue distinctement les c&#244;tes marocaines et notamment les reliefs escarp&#233;s du Djebel Musa&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du haut de ses 851 m d'altitude, le Djebel Musa, situ&#233; en territoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . En &#224; peine une demi-heure par ferry, on d&#233;barque au port de Tanger.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-81-68e13.jpg?1782656579' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#235;l Galisson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rencontr&#233; dans la m&#233;dina, Samuel [Les pr&#233;noms on &#233;t&#233; chang&#233;s, ndlr] est un trentenaire originaire du Cameroun. Quand certains font Paris/Douala en moins de sept heures, Samuel est bloqu&#233; au Maroc apr&#232;s 6 ans sur les routes. Dans le caf&#233; Najah, o&#249; il a ses habitudes, il raconte son odyss&#233;e. &#192; l'&#233;t&#233; 2010, il quitte Douala, capitale &#233;conomique du Cameroun, et part pour la ville de Maroua, &#224; la fronti&#232;re avec le Nigeria. Il cherche du boulot, mais la zone se trouve d&#233;stabilis&#233;e par la secte islamiste Boko Haram. Il d&#233;cide alors de partir au Tchad. Sans connexion l&#224;-bas, il poursuit sa route jusqu'au Mali, o&#249; r&#233;sident quelques connaissances. Il vivote huit mois &#224; Bamako. Puis, il tente de rejoindre des amis camerounais vivant &#224; Nouadhibou (Mauritanie). Sans visa, il est refoul&#233; au Mali. Un policier mauritanien accommodant &#8211; moyennant un bakchich &#8211; va jusqu'&#224; Bamako r&#233;cup&#233;rer une fausse carte d'identit&#233; malienne qu'il vend &#224; Samuel. Quasiment sans ressource, le voyage jusqu'&#224; Nouadhibou l'oblige &#224; emprunter presque tous les moyens de transport existant : charrette &#224; &#226;ne, accroch&#233;e au chargement d'un pick-up, taxi collectif, bus. Il arrive &#224; Nouadhibou &#233;puis&#233;. &#192; cet instant du voyage, la volont&#233; de rallier l'Europe n'est pas encore claire. Au contraire, apr&#232;s une ann&#233;e en Mauritanie, il opte pour rentrer au pays. Afin de faciliter ses d&#233;placements dans l'espace de la Cedeao &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats d'Afrique de l'Ouest.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, un ami guin&#233;en lui permet d'obtenir un (faux) passeport. Il quitte la Mauritanie pour le Mali, en faisant un crochet par Conakry afin de r&#233;cup&#233;rer le fameux s&#233;same.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chemin, sans trop savoir pourquoi, il modifie son itin&#233;raire. Direction : le Niger. Niamey, Agadez, puis Arlit. Sur la route, entre Agadez et Arlit, &#171; &lt;i&gt;&#224; chaque check-point, les flics te contr&#244;lent, s&#233;parent les gens par nationalit&#233; et te soutirent quelque chose&lt;/i&gt; &#187; et quand tu arrives &#171; &lt;i&gt;tout le monde sait pourquoi tu es l&#224;&lt;/i&gt; &#187;. Avec d'autres aventuriers, Samuel attend son tour dans une des maisons g&#233;r&#233;es par les passeurs. Il y fait la connaissance de trois jeunes mineurs, une fille et deux gar&#231;ons, en partance pour l'Europe. N'ayant plus d'argent, ils sont coinc&#233;s &#224; Arlit. Il les prend sous son aile et leur paye le prix du voyage en pick-up jusqu'en Alg&#233;rie. Mais peu apr&#232;s le d&#233;part, le convoi tombe dans un guet-apens : une bande de Touaregs arm&#233;s &#8211; probablement de m&#232;che avec les passeurs &#8211; d&#233;leste les voyageurs de leur argent, t&#233;l&#233;phones et bijoux. Les bandits les alignent et les fouillent sans m&#233;nagement. Ils s'attardent sur Samuel, un des plus &#226;g&#233;s du convoi. La machette d'un des hommes bleus entaille &#224; plusieurs reprises ses bras. Mais ce dernier n'a rien &#224; cacher, tout son argent a servi &#224; financer le passage. Vient justement le tour d'un des deux jeunes gar&#231;ons qui craque apr&#232;s quelques minutes de pression. Il livre la liasse de billets cach&#233;e dans la ceinture de son pantalon. Les pirates du d&#233;sert enragent : si ce jeune a r&#233;ussi &#224; dissimuler cet argent, combien dans le groupe ont pu faire de m&#234;me ? Ils engagent une nouvelle fouille, encore plus brutale. Puis, le cauchemar s'arr&#234;te. Avec soulagement : cette nuit-l&#224;, personne n'y a laiss&#233; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; remont&#233;e &#187; se poursuit : Tamanrasset, Gharda&#239;a, puis Oran, o&#249; Samuel gal&#232;re quatre mois. Il part ensuite pour Maghnia, &#224; quelques kilom&#232;tres du Maroc. Il y reste le temps de r&#233;colter l'argent n&#233;cessaire pour passer la fronti&#232;re, ses principaux &#171; sponsors &#187; &#233;tant sa famille rest&#233;e au pays et surtout ses fr&#232;res qui vivent en Europe. Il passe au Maroc, direction Tanger. Deux ans plus tard, il y est toujours bloqu&#233;. Au compteur, neuf tentatives de franchissement du d&#233;troit de Gibraltar par bateau. Et autant d'&#233;checs qui se traduisent par une double peine : non seulement les militaires marocains arraisonnent la fr&#234;le embarcation et la ram&#232;nent &#224; terre, mais les passagers, parfois apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bastonn&#233;s, sont refoul&#233;s loin de Tanger. Samuel a donc &#233;t&#233; victime de neuf &#233;loignements : 3 fois vers K&#233;nitra, 3 fois vers Agadir et 3 fois vers Tiznit (respectivement &#224; 200, 600 et 670 km de Tanger). Transport&#233;s dans des bus d&#233;glingu&#233;s, les migrants sont ensuite abandonn&#233;s &#224; la sortie des villes ou en rase campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Tanger, Samuel vit dans un de ces petits immeubles d&#233;cr&#233;pits au c&#339;ur de la m&#233;dina. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a que des Blacks qui vivent l&#224;. Camerounais, Guin&#233;ens, S&#233;n&#233;galais&lt;/i&gt; &#187;, commente-t-il. Il loue une minuscule chambre &#224; un marchand de sommeil aux activit&#233;s vari&#233;es : &#171; logeur &#187; de Subsahariens, trafiquant de haschich&#8230; Sur le pas de la porte, un de ses amis, avec qui il partage parfois la chambre, cuisine sur un r&#233;chaud &#224; gaz des morceaux de poulet plong&#233;s dans un bain d'huile. Le lieu est spartiate : un lit occupe les 2/3 de la pi&#232;ce, une petite &#233;tag&#232;re pour les effets personnels et une table basse sur laquelle est pos&#233; un &#233;cran et lecteur DVD. &#171; &lt;i&gt;J'ai veill&#233; tard cette nuit. Je voulais finir la s&#233;rie&lt;/i&gt; Game of Thrones. &#187; Il faut s'occuper l'esprit en attendant que la chance tourne. L'attente rythme le quotidien des voyageurs en qu&#234;te d'Europe. Attendre le jour du passage. Attendre le mandat qui permettra de poursuivre sa route. Attendre qu'un patron vous embauche comme journalier... Pour tuer le temps, Samuel vient souvent au caf&#233; Najah, situ&#233; &#224; quelques m&#232;tres de la place du Petit Socco, dans le c&#339;ur de la M&#233;dina. Il pose le d&#233;cor : &#171; &lt;i&gt;Les Blacks l'appellent le &#8220;caf&#233; Cloch'&#8221;, car il n'y a que les prostitu&#233;es et les clochards qui le fr&#233;quentent.&lt;/i&gt; &#187; Le lieu n'est pas tr&#232;s engageant : au fond de la salle principale plong&#233;e dans une semi-obscurit&#233;, quelques solitaires sont attabl&#233;s, la pipe de kif &#224; la main ou occup&#233;s &#224; se rouler un joint. Deux femmes passent d'une table &#224; l'autre. Dans l'entr&#233;e, la t&#233;l&#233;vision est branch&#233;e sur National Geographic et diffuse en boucle des reportages animaliers en anglais. Le caf&#233; Najah est connu des subsahariens, car un espace y a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233; pour accueillir le &#171; Restaurant Kebbe &#187;, du nom d'un ancien migrant s&#233;n&#233;galais aujourd'hui install&#233; au Maroc. De fait, il s'agit d'un des rares lieux o&#249; les Noirs sont accept&#233;s sans trop de difficult&#233;s. Pour 25 dirhams, A&#239;ssatou, qui g&#232;re la cantine, te pr&#233;pare un bon thiep ou un maff&#233;. Et les plus fortun&#233;s payent des &#171; &lt;i&gt;repas en attente&lt;/i&gt; &#187;, qui d&#233;panneront les jours de grande gal&#232;re. Assis sur une chaise, le portable en main, Samuel profite du WiFi du Najah pour prendre des nouvelles de sa femme et de son fils rest&#233;s au Cameroun. Six ans ont pass&#233; et son enfant grandit sans lui. Il &#233;change aussi avec l'un de ses fr&#232;res qui, depuis la France, l'encourage &#224; ne pas l&#226;cher prise. Malgr&#233; les &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s, Samuel reste d&#233;termin&#233;. Il a d&#233;cid&#233; de changer de strat&#233;gie. &#171; &lt;i&gt;Fini la mer, je ne veux plus risquer ma peau. J'attends d'avoir l'argent n&#233;cessaire et je pars &#224; Melilla.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/-80-44469.jpg?1782644413' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#235;l Galisson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Melilla est, comme Ceuta, une enclave espagnole situ&#233;e en territoire marocain. Ces deux villes autonomes sont les seules fronti&#232;res terrestres existantes entre l'Union europ&#233;enne et l'Afrique. Arriver &#224; Melilla en venant du Maroc, c'est se confronter &#224; la &#171; barri&#232;re &#187;, un dispositif destin&#233; &#224; emp&#234;cher l'entr&#233;e sur le territoire espagnol des migrants dits &#171; ill&#233;gaux &#187;. En une quinzaine d'ann&#233;es, elle n'a cess&#233; d'&#234;tre renforc&#233;e. Double rang&#233;e de barbel&#233;s, douves de plusieurs m&#232;tres de profondeur, postes de surveillance des soldats marocains, triple barri&#232;re de 6 m&#232;tres de haut (parfois surmont&#233;e de barbel&#233;s) avec m&#233;canisme d'entrave en cas de franchissement, vid&#233;osurveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e, d&#233;tecteurs de mouvements, rondes d'observation des militaires&#8230; Une v&#233;ritable balafre sur le paysage. Et un march&#233; juteux pour l'industrie de l'armement. C&#244;t&#233; espagnol, la concurrence est rude pour rafler le pactole du contr&#244;le de la fronti&#232;re. Entre 2005 et 2006, c'est l'entreprise Indra&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Indra, une des principales multinationales espagnoles, est une compagnie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui empoche 21 millions d'euros destin&#233;s &#224; construire 7 kilom&#232;tres de grillages. Puis, c'est Necso qui remporte le march&#233; de 1,13 million d'euros quand le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur d&#233;cide de doubler la hauteur des barri&#232;res. Indra se refait une sant&#233; entre 2007 et 2009 en s'occupant de la maintenance et des r&#233;parations de la &#171; barri&#232;re &#187; et r&#233;colte au passage 6,3 millions d'euros. Dans un r&#233;cent rapport, l'ONG n&#233;erlandaise Transnational institute (TNI) montre que le business de la fronti&#232;re est en plein boum : &#171; &lt;i&gt;Estim&#233; &#224; quelques 15 milliards d'euros en 2015, il devrait augmenter &#224; plus de 29 milliards d'euros par an en 2022&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Transnationalinstitute, Guerras de frontera, Los fabricantes y vendedores (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#187; Elle ajoute que l'UE a pr&#233;vu de d&#233;penser 4,5 milliards d'euros sur la p&#233;riode 2004-2020 afin de s&#233;curiser ses fronti&#232;res ext&#233;rieures et que &#171; &lt;i&gt;le budget de Frontex, principal organisme de contr&#244;le des fronti&#232;res, a augment&#233; de 3688% entre 2005 et 2016 (de 6,3 millions d'euros &#224; 238,7millions d'euros)&lt;/i&gt; &#187;. Ironie de l'histoire, les entreprises &#224; la pointe de la militarisation des fronti&#232;res europ&#233;ennes vendent &#233;galement des armes qui &#233;quipent les guerres actuellement en cours au Moyen-Orient et en Afrique, grandes pourvoyeuses de r&#233;fugi&#233;s. Marchands d'armes le matin, n&#233;gociants en barbel&#233;s l'apr&#232;s-midi. Et le rapport de conclure, &#171; &lt;i&gt;les entreprises qui cr&#233;ent la crise sont celles qui en profitent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La barri&#232;re de Melilla s&#233;pare deux territoires en guerre. Mais l'Espagne et le Maroc ne sont pas (ou plus) en conflit. La violence, tant symbolique que physique, est d&#233;sormais dirig&#233;e contre les migrants. Omar Naji, militant de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), d&#233;crit l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;&#192; Nador, tu ne peux pas marcher en ville si tu es Noir, la police te rafle&lt;/i&gt;. &#187; Dans les montagnes entourant l'enclave espagnole, &#171; &lt;i&gt;les descentes des forces auxiliaires marocaines s'accompagnent d'arrestations, y compris de personnes disposant de titre de s&#233;jour, et de destruction des tentes et abris&lt;/i&gt; &#187;. La surveillance et le harc&#232;lement sont constants : &#171; &lt;i&gt;Une fois par semaine, un h&#233;licopt&#232;re de l'arm&#233;e survole les bois afin d'estimer le nombre de migrants qui s'y cachent&lt;/i&gt;. &#187; &#192; coup de gourdin ou de pierres, les &#171; Alis &#187; &#8211; surnom donn&#233; par les migrants aux soldats marocains &#8211; se d&#233;cha&#238;nent. Les Subsahariens arr&#234;t&#233;s lors de ces raids sont emprisonn&#233;s, hors de tout cadre l&#233;gal et sans limitation de dur&#233;e, dans des centres de r&#233;tention (souvent des b&#226;timents publics r&#233;quisitionn&#233;s), en attendant un refoulement vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Melilla comme &#224; Ceuta, tenter de &#171; br&#251;ler &#187; la fronti&#232;re peut prendre diff&#233;rentes formes. Pour les sans-papiers ayant des ressources financi&#232;res, il y a le passage par la route et les postes-fronti&#232;res, recroquevill&#233;s dans des caches, sous les si&#232;ges, derri&#232;re un pare-chocs ou dans le r&#233;servoir d'un v&#233;hicule. Vient ensuite la voie maritime sur des barques de p&#234;che, zodiacs ou m&#234;me jet-ski te d&#233;posant &#224; proximit&#233; des plages espagnoles. Enfin, pour les sans-le-sou, reste le saut de la barri&#232;re. S'attaquer au dispositif implique une organisation quasi militaire du passage. Observer les rondes des soldats marocains, porter attention &#224; la m&#233;t&#233;o (un vent fort peut d&#233;clencher les alarmes), pr&#233;parer son &#233;quipement (chaussures &#224; crampons bricol&#233;s, multiples couches de v&#234;tements&#8230;), rep&#233;rer les faiblesses de la barri&#232;re, organiser le ravitaillement du campement&#8230; sont quelques-unes des t&#226;ches &#224; accomplir avant de tenter une &#171; boza &#187; &lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom donn&#233; &#224; la danse que les exil&#233;s improvisent pour c&#233;l&#233;brer la r&#233;ussite du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le franchissement de la barri&#232;re n'est pas une garantie. Depuis des ann&#233;es, c&#244;t&#233; espagnol, la Guardia civil proc&#232;de en toute ill&#233;galit&#233; &#224; des &#171; refoulements &#224; chaud &#187; : un migrant interpell&#233; sur la fronti&#232;re est remis aux autorit&#233;s marocaines sans examen de sa situation, en violation de la Convention de Gen&#232;ve&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 33, paragraphe 1 de la Convention de Gen&#232;ve.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Pire, le 1er avril 2015, le l&#233;gislateur espagnol a vot&#233; un amendement qui &#171; encadre &#187; ces expulsions &#224; chaud, les l&#233;gitimant de droit. D'autant qu'il n'existe aucune limite dans le temps et l'espace. Dans un rapport conjoint r&#233;alis&#233; par le collectif euro africain Migreurop, Kouma, un r&#233;fugi&#233; camerounais vivant &#224; Rabat, t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;En quatre ans de for&#234;t &#224; Nador, je suis entr&#233; cinq fois &#224; Melilla par la barri&#232;re. Mais &#224; chaque fois on nous a pris et rejet&#233;s au Maroc. C'&#233;tait tr&#232;s violent, il y a des gens qui sont morts de leurs blessures lors du refoulement. La quatri&#232;me fois, je suis entr&#233; bien loin dans la ville, j'&#233;tais proche du campo&lt;/i&gt; [centre de r&#233;tention]. &lt;i&gt;Mais la Guardia tournait. Je m'&#233;tais cach&#233; dans des touffes d'herbe, &#224; un moment j'ai vu les phares sur moi, c'&#233;tait fini. Ils m'ont mis de force dans la voiture et jet&#233; au Maroc, par une des portes de la barri&#232;re&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association marocaine des Droits de l'Homme (AMDH), Rapport annuel 2015 sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la voie, chaque tentative comporte ses risques. En 2015, la section de Nador de l'AMDH a recens&#233; 23 d&#233;c&#232;s lors de tentatives de passage, dont 21 personnes mortes noy&#233;es lors du naufrage de leur embarcation&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Asociaci&#244;n Pro Derechos Humanos de Andalucia (APDHA), Droits de l'Homme &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. L'Associacion Pro Derechos Humanos de Andaluc&#237;a (APDHA) d&#233;nombre quant &#224; elle, sur la m&#234;me ann&#233;e, 195 disparitions sur l'ensemble de la fronti&#232;re (Ceuta, Melilla et d&#233;troit de Gibraltar)&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gadem, Migreurop, APDHA, La Cimade, Ceuta et Melilla, centres de tri &#224; ciel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Et il ne s'agit l&#224; que des morts qu'on a pu recenser. Combien de corps engloutis par la M&#233;diterran&#233;e ? Combien de personnes mortes sous les coups des forces auxiliaires marocaines ou de la Guardia civil et enterr&#233;es en douce dans les montagnes surplombant Ceuta et Melilla&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; 10 ? Aux morts s'ajoutent les bless&#233;s, par les coups ou les barbel&#233;s, laissant certains infirmes ou amput&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crois&#233; &#224; Ceuta, &#224; proximit&#233; de la plage Benitez, Bertrand, 22 ans, a r&#233;ussi &#224; mettre le pied en Europe. En f&#233;vrier 2016, il a quitt&#233; la Guin&#233;e-Conakry, &#171; &lt;i&gt;pays en voie de sous-d&#233;veloppement &lt;/i&gt; &#187; dit-il d'un ton sarcastique, car il voulait &#171; &lt;i&gt;faire sa vie&lt;/i&gt; &#187; et &#233;chapper &#224; un horizon bouch&#233; par la cooptation et la corruption. Il a pris un vol Conakry-Rabat, a pass&#233; un mois dans la capitale du royaume ch&#233;rifien, log&#233; dans un appartement collectif avec d'autres candidats au d&#233;part. Puis il est parti pour Tanger et le quartier de Boukhalef, o&#249; il a s&#233;journ&#233; pendant 3 mois. Quand on l'interroge sur ces quelques mois pass&#233;s au Maroc, Bertrand raconte surtout le racisme dont sont victimes les Noirs. &#171; &lt;i&gt;Quand on montait dans le bus, les gens se bouchaient le nez ou nous aspergeaient d'eau de Cologne. Et si nous n'&#233;tions que des Blacks &#224; attendre &#224; l'arr&#234;t de bus, il arrivait que le chauffeur ne s'arr&#234;te pas. On m'a plusieurs fois crach&#233; dessus.&lt;/i&gt; &#187; Pour rien au monde il ne remettrait les pieds au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour de juin, guid&#233; par un passeur, Bertrand quitte Tanger en direction de Ceuta. &#192; la nuit tomb&#233;e, avec 11 compagnons, il se hisse dans un bateau pneumatique. Quelques heures et quelques frayeurs plus tard, l'embarcation accoste sur une des plages de Ceuta. Co&#251;t du passage : 2 800 euros. Depuis, Bertrand patiente. Les journ&#233;es se suivent et se ressemblent : ici, il n'y a rien &#224; faire qu'attendre. Car Ceuta, tout comme Melilla, c'est l'Europe... Enfin, pas vraiment. Car si les chanceux qui ont pu entrer sont de fait dans l'Union europ&#233;enne, ils ne peuvent quitter l'enclave, celle-ci &#233;tant exclue de l'espace Schengen. Une fois enregistr&#233; au Centre de s&#233;jour temporaire pour migrants (Ceti), le migrant se morfond dans l'attente d'un transfert vers un des centres d'accueil de la p&#233;ninsule. Il y a encore quelque temps, l'attente pouvait durer jusqu'&#224; une voire plusieurs ann&#233;es. Actuellement, on table sur 6 mois environ. Alors, les exil&#233;s tuent le temps. Ils fuient le plus possible le Ceti, ses dortoirs bond&#233;s et ses &#233;quipements sanitaires insuffisants. Certains proposent leurs services contre quelques pi&#233;cettes &#224; la sortie des supermarch&#233;s ou comme gardes-parkings. D'autres fr&#233;quentent les cours d'espagnol propos&#233;s par l'association Elin. Beaucoup errent simplement en ville. Ceuta, avec son air de &#171; douce prison &#187;, est le dernier sas avant d'atteindre r&#233;ellement l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de journ&#233;e approche et la nuit tombe. Bertrand quitte la plage Benitez, direction le Ceti. &#171; &lt;i&gt;Plus que 5 mois avant d'aller voir Paris&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il, le sourire aux l&#232;vres. En face, de l'autre c&#244;t&#233; du d&#233;troit et &#224; travers la brume, &#233;closent peu &#224; peu les lumi&#232;res du rocher de Gibraltar et du port d'Alg&#233;ciras. Un peu plus &#224; l'ouest, on distingue l'ombre des montagnes surplombant Tarifa.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ma&#235;l Gallisson&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ternel retour des routes clandestines&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;O&lt;/petitelettrine&gt;nze ans pr&#232;s, rien ne semble avoir chang&#233;. Ce que dit ce reportage autour du d&#233;troit de Gibraltar ravive le souvenir de l'assaut du 29 septembre 2005 sur les hautes grilles de Ceuta, le premier &#224; avoir &#233;t&#233; m&#233;diatis&#233;. un des participants &#224; cette &#233;meute sur la fronti&#232;re, Mahmoud Traor&#233;, en t&#233;moigne dans le livre &lt;i&gt;Partir et raconter &#8211; R&#233;cit d'un clandestin africain en route vers l'Europe &lt;/i&gt;(Lignes, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un temps, &lt;/strong&gt;apr&#232;s que les images de vid&#233;osurveillance diffus&#233;es sur toutes les t&#233;l&#233;s du monde (vision fantasmagorique d'une avalanche de corps noirs mena&#231;ant de submerger le jardin d'Eden) eurent accompagn&#233; les premi&#232;res op&#233;rations de l'agence Frontex, les voies clandestines se sont d&#233;port&#233;es vers les Canaries, puis Lampedusa, Malte et les &#238;les grecques. Ceuta et Melilla &#233;tait devenues des culs-de-sac o&#249; le migrant sans papiers croupissait souvent pendant des ann&#233;es avant de pouvoir gagner la p&#233;ninsule ib&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, &lt;/strong&gt;alors que les conflits arm&#233;s en Libye, Syrie, Irak, Afghanistan, Palestine et Turquie injectent des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s dans les art&#232;res du passage clandestin (avec son cort&#232;ge de trag&#233;dies et les mirifiques profits l&#233;gaux et ill&#233;gaux qu'il engendre), les routes du Maghreb sont redevenues une alternative qui saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En t&#233;moignant &lt;/strong&gt;de la vie sur les routes et de l'organisation de l'assaut par des assembl&#233;es oeuvrant &#224; l'insu des flics ripoux autant que des r&#233;seaux de passeurs, Mahmoud Traor&#233; parlait de dignit&#233;, d'union et de pers&#233;v&#233;rance. &#171; &lt;i&gt;Pour nous, un clando, c'&#233;tait un clodo, mais apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; l'histoire de Mahmoud, on sait maintenant qu'ils sont plut&#244;t des h&#233;ros &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarera une coll&#233;gienne marseillaise devant une cam&#233;ra de France 3. C'est cette dignit&#233; que l'&#201;tat fran&#231;ais tente de disperser &#224; Calais ou &#224; Menton.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Du haut de ses 851 m d'altitude, le Djebel Musa, situ&#233; en territoire marocain, surplombe la ville autonome de Ceuta.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats d'Afrique de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Indra, une des principales multinationales espagnoles, est une compagnie multisectorielle intervenant dans les domaines de la s&#233;curit&#233; et de la d&#233;fense, du transport et de la circulation, de l'&#233;nergie et de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Transnationalinstitute, Guerras de frontera, Los fabricantes y vendedores de armas que se b&#233;n&#233;ficiai ! de la tragedia de los refugiados en Europa &#187;, 04/08/16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nom donn&#233; &#224; la danse que les exil&#233;s improvisent pour c&#233;l&#233;brer la r&#233;ussite du passage de la fronti&#232;re. De fait, le terme s'applique aussi &#224; la tentative de passage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article 33, paragraphe 1 de la Convention de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association marocaine des Droits de l'Homme (AMDH), Rapport annuel 2015 sur la migration et l'asile &#224; Nador.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Asociaci&#244;n Pro Derechos Humanos de Andalucia (APDHA), Droits de l'Homme &#224; la Fronti&#232;re Sud, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gadem, Migreurop, APDHA, La Cimade, Ceuta et Melilla, centres de tri &#224; ciel ouvert aux portes de l'Afrique, d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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