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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le troquet de Jack London</title>
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		<dc:date>2016-11-22T15:44:44Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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&lt;p&gt;Cela fait un sie&#768;cle que John Griffith Chaney alias Jack London a vide&#769; son dernier godet. A&#768; Oakland subsistent les planches du troquet ou&#768; l'auteur du Loup des mers trai&#770;na ses gue&#770;tres. Ambiance. Fin d'apr&#232;s-midi sur le front de mer d'Oakland, le soleil se couche. De l'autre co&#770;te&#769; de la baie, a&#768; quelques kilome&#768;tres, il y a San Francisco la libe&#769;rale, la bourgeoise. De ce co&#770;te&#769;-ci, un port de plaisance, une promenade ame&#769;nage&#769;e, beaucoup de be&#769;ton. C'est kitsch et laid. Il y a un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait un sie&#768;cle que John Griffith Chaney alias Jack London a vide&#769; son dernier godet. A&#768; Oakland subsistent les planches du troquet ou&#768; l'auteur du &lt;i&gt;Loup des mers&lt;/i&gt; trai&#770;na ses gue&#770;tres. Ambiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH305/-82-254f0.jpg?1768648918' width='400' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin d'apr&#232;s-midi sur le front de mer d'Oakland, le soleil se couche. De l'autre co&#770;te&#769; de la baie, a&#768; quelques kilome&#768;tres, il y a San Francisco la libe&#769;rale, la bourgeoise. De ce co&#770;te&#769;-ci, un port de plaisance, une promenade ame&#769;nage&#769;e, beaucoup de be&#769;ton. C'est kitsch et laid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un sie&#768;cle, Oakland e&#769;tait une ville de prolos, une cite&#769; industrielle, un port de pe&#770;che ; aujourd'hui, elle est en voie de gentrification acce&#769;le&#769;re&#769;e. Au milieu de ce de&#769;cor aseptise&#769;, et comme sorti de nulle part, tro&#770;ne un vieux bistrot tout de bois ba&#770;ti, et tout de&#769;gingande&#769;. Il affiche presque 140 ans au compteur. Fabrique&#769; a&#768; partir de l'e&#769;pave d'un baleinier en 1880, il a servi de gi&#770;te pour les pe&#770;cheurs d'hui&#770;tres pendant trois ans, avant d'e&#770;tre transforme&#769; en bistrot par Johnny Heinold, taulier du lieu jusqu'en 1939. Depuis le tremblement de terre de 1906 qui de&#769;truisit Frisco et ses alentours, le sol penche tant qu'on se croirait en pleine mer, un soir de grain. Et si c&#807;a tangue, c'est peut-e&#770;tre la faute de ce mauvais rouge de la Sonoma, ou de la Napa issu des valle&#769;es viticoles toutes proches qui produisent un vin uniforme et trop sucre&#769; a&#768; base de Merlot et de Cabernet-Sauvignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les locaux viennent y tomber quelques verres en sortant du boulot, la bie&#768;re est frai&#770;che, la rousse relevant le niveau. On craignait de croiser quelques retraite&#769;s frique&#769;s descendus de leur yacht, il n'en est rien. Les gueules sont casse&#769;es, tatoue&#769;es, patibulaires a&#768; souhait. On s'y sent bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois gars d'une trentaine d'anne&#769;es entrent pour la premie&#768;re fois dans le &lt;i&gt;First and Last Chance Saloon&lt;/i&gt; et le serveur affable se jette sur eux pour leur expliquer l'histoire du troquet d'Oakland. On parlait de &#171; &lt;i&gt;first and last chance&lt;/i&gt; &#187; parce que c'e&#769;tait le premier rade ouvert au matin, quand les pe&#770;cheurs prenaient la mer, et le dernier a&#768; fermer ses portes, a&#768; l'heure ou&#768; la nuit n'e&#769;tait plus du tout jeune. Et puis c'e&#769;tait aussi le bar ou&#768; les habitants d'Alameda, l'i&#770;le voisine mais &lt;i&gt;dry&lt;/i&gt;, pouvaient boire un coup en toute le&#769;galite&#769;, juste avant d'embarquer. Le serveur insiste : &#171; &lt;i&gt;C'e&#769;tait surtout le bistrot de Jack London, vous savez, l'auteur de&lt;/i&gt; White Fang (Croc-Blanc) &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Les trois gars opinent du chef. Ce bouquin-la&#768;, oui vraiment, c&#807;a leur dit quelque chose. &lt;i&gt;Cheers Jack !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend la peine de regarder un peu attentivement, le fils prodigue (1876-1916) de Frisco et d'Oakland est partout : peint sur une affreuse fresque d'un co&#770;te&#769; exte&#769;rieur ; sur l'enseigne puisque le bar a e&#769;te&#769; rebaptise&#769; &lt;i&gt;Jack London's rendez-vous&lt;/i&gt;, derrie&#768;re le comptoir ou&#768; Johnny Heinold avait installe&#769; un des plus fameux portraits de l'auteur, mais aussi en salle, avec la table sur laquelle il re&#769;digea le synopsis de &lt;i&gt;Call of the Wild&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;The Sea Wolf&lt;/i&gt; (c'est ici que London rencontra Alexander McLean, mode&#768;le du personnage de Wolf Larsen). En re&#769;alite&#769;, me&#770;me s'il est reste&#769; lie&#769; toute sa vie avec le patron (il lui envoyait ses livres de&#769;dicace&#769;s, et celui-ci a finance&#769; sa reprise d'e&#769;tudes a&#768; Berkeley), London a surtout trai&#770;ne&#769; ses gue&#770;tres dans ce bistrot a&#768; la fin de son adolescence, entre 1891 et 1894. Il le raconte dans &lt;i&gt;John Barleycorn&lt;/i&gt; (1913), exceptionnel re&#769;cit autobiographique relatant son addiction a&#768; l'alcool. Il mentionne le &lt;i&gt;First and Last Chance&lt;/i&gt; a&#768; 17 reprises ! E&#769;voquant ses beuveries avec les autres
&lt;i&gt;bad boys&lt;/i&gt; d'Oakland, il e&#769;crit : &#171; &lt;i&gt;C'est ainsi que j'ai gagne&#769; mes galons d'homme. Ma situation sur les quais et dans le milieu des pilleurs d'hui&#770;tres est aussito&#770;t devenue excellente. On me regardait comme un brave garc&#807;on qui n'avait pas froid aux yeux.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mieux vaut re&#769;gner en prince sur des pochards bagarreurs que trimer douze heures par jour sur une machine pour dix cents de l' heure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce temps-la&#768;, le jeune Jack avait faim, e&#769;tait dur au mal et voulait bru&#770;ler son temps. Sa conscience socialiste s'affirmera plus tard, a&#768; l'ore&#769;e du nouveau sie&#768;cle, avant de laisser place, sur le tard, a&#768; un conformisme confondant. Ce troquet a fait office d'instance de socialisation : il y a fait des rencontres, y a exacerbe&#769; une certaine virilite&#769;, y a surtout glane&#769; des anecdotes pour des re&#769;cits futurs qui deviendront des best-sellers, parfois des chefs-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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