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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Ils m'ont pris ma main ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Cinq mains coup&#233;es, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction. Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic. &#187; La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-parce" rel="tag"&gt;C'est parce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es&lt;/i&gt;, Sophie Divry donne la parole &#224; autant de manifestants fluo ayant perdu une main dans l'explosion d'une grenade Gli-F4. Quand l'Histoire fera le proc&#232;s de la Macronie, ce livre figurera en bonne place au rayon des pi&#232;ces &#224; conviction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH551/-1757-1130c.jpg?1768815809' width='500' height='551' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour, possiblement, vous croiserez dans la rue un homme &#224; une seule main. Et si vous osez lui demander ce qui lui est arriv&#233;, il vous r&#233;pondra peut-&#8202;&#234;tre : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que je suis all&#233; manifester pour la hausse du Smic.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement des Gilets jaunes a &#233;t&#233; un carnage humain. Des centaines de blessures &#224; la t&#234;te, des dizaines d'&#233;borgnements, au moins un d&#233;c&#232;s. Des corps de cr&#232;ve-la-dalle, &#231;a n'a jamais valu grand-chose aux yeux d'un pouvoir aux abois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anciennement journaliste &#224;&lt;i&gt; La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, l'&#233;crivaine Sophie Divry a rencontr&#233; cinq Gilets jaunes dont la main a &#233;t&#233; arrach&#233;e par la d&#233;flagration d'une grenade polici&#232;re. Entre septembre 2019 et f&#233;vrier 2020, elle a r&#233;colt&#233; leurs t&#233;moignages, avant de les m&#233;langer dans un livre puissant, enti&#232;rement &#233;crit &#224; la premi&#232;re personne : &lt;i&gt;Cinq mains coup&#233;es &lt;/i&gt;(Seuil, octobre 2020). Sophie Divry insiste : dans le bouquin, pas une seule phrase n'est d'elle, tout est citations. L'autrice s'est content&#233;e de r&#233;unir en une unique voix un quintet de souffrance et de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ch&#339;ur form&#233; de quatre ouvriers et un &#233;tudiant, &#226;g&#233;s de 22 &#224; 53 ans. Ils s'appellent : Gabriel, Antoine, S&#233;bastien, Fr&#233;d&#233;ric et Ayhan. &#201;coutons-les, sans savoir, donc, quels propos sont &#224; qui. Peu importe. Un chant de mutil&#233;, &#231;a a quelque chose d'universel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Touche pas ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait juste un objet par terre que je voulais &#233;carter. Je ne savais pas ce que c'&#233;tait.&lt;/i&gt; &#187; Il faut imaginer la cohue, les gaz lacrymog&#232;nes, les cris, les tirs de LBD. &#171; &lt;i&gt;La seule envie que j'avais, c'&#233;tait de l'&#233;loigner. Je n'ai pas r&#233;fl&#233;chi, j'ai voulu la prendre dans ma main pour l'&#233;loigner. C'&#233;tait un r&#233;flexe, c'est animal&#8230; Danger : j'&#233;loigne. L&#224; mon coll&#232;gue m'a cri&#233; : &#8220;Touche pas !&#8221;, mais je n'ai pas entendu.&lt;/i&gt; &#187; Et boum. &#171; &lt;i&gt;Non, en fait, je ne me rappelle m&#234;me pas avoir entendu de &#8220;boum&#8221;. Je ne me souviens pas. Je n'entends rien. Je sens un &#233;norme choc. Par r&#233;flexe, je tourne la t&#234;te et je ferme les yeux.&lt;/i&gt; &#187; Mais il faut bien les rouvrir. Et constater : &#171; &lt;i&gt;Plus de main. &#192; la place, il y a une esp&#232;ce d'amas de chair d&#233;goulinant de sang. Je voyais l'os au milieu, et des lambeaux de chair de chaque c&#244;t&#233;, comme une banane.&lt;/i&gt; &#187; Un cri : &#171; &lt;i&gt;Ils ont pris ma main&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce sont les pompiers qui te demandent de marcher parce qu'ils ne peuvent pas d&#233;plier la civi&#232;re, vu que les flics continuent de tirer dans tous les sens. C'est l'arriv&#233;e &#224; l'h&#244;pital, un gaz anesth&#233;siant : &#171; &lt;i&gt;Quand je reprends conscience, je suis nu sous une robe de tissu en salle pr&#233;op&#233;ratoire. Je regarde ma main et je comprends que c'est r&#233;el. Le m&#233;decin m'annonce qu'on va m'amputer.&lt;/i&gt; &#187; C'est l'op&#233;ration &#8211; ou les op&#233;rations. Parfois la cicatrisation se passe bien, d'autres fois &#231;a n&#233;crose. Heureusement, il y a la solidarit&#233;, les visites des amis, les petits mots des coll&#232;gues de boulot, les camarades du rond-point qui d&#233;dicacent un gilet jaune, la compagne aimante qui ne t'abandonne pas. &#171; &lt;i&gt;La seule m&#233;chancet&#233;, elle est venue des m&#233;dias, direct, le soir du 9 f&#233;vrier, un mec, un syndicaliste de la police je crois, a dit sur un plateau : &#8220;C'est bien fait pour sa gueule.&#8221; Parce que j'&#233;tais habill&#233; en noir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, il y a des questions : &#171; &lt;i&gt;Je ne savais pas comment expliquer &#224; mes enfants que c'&#233;tait la police qui m'avait fait &#231;a, parce que pour eux la police, c'est les gentils, c'est pas les m&#233;chants, et l&#224;, c'&#233;tait pas le cas du tout.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi la recherche de ce qui s'est pass&#233; : &#171; &lt;i&gt;Mon fr&#232;re m'apporte mon ordinateur et avec la main gauche je tape sur Internet. J'apprends l'existence des grenades Gli-F4, j'apprends qu'elles sont charg&#233;es de TNT, que la Gli-F4 elle est grise avec un capuchon rouge, et la lacrymo est grise avec un bandeau rouge&#8230; Autant dire que pour les distinguer, c'est pas &#233;vident.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM2L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis c'est le d&#233;but de l'enqu&#234;te : &#171; &lt;i&gt;Deux ou trois jours apr&#232;s l'amputation, des mecs de l'IGPN rentrent dans ma chambre. Ils m'apprennent que la police a d&#233;pos&#233; plainte contre moi ! Pour agression envers les forces de l'ordre, &#8220;dans l'hypoth&#232;se o&#249; vous auriez voulu relancer la grenade&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'impression d'&#234;tre un homard &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'h&#244;pital, il se peut que le s&#233;jour se d&#233;roule &#224; merveille, que le personnel soit exquis. Il se peut aussi que non : &#171; &lt;i&gt;Il a fallu que&lt;/i&gt; [ma m&#232;re] &lt;i&gt;se batte pour que j'aie un matelas &#224; escarres, car j'avais des escarres. Il a fallu qu'elle se batte pour qu'ils me remettent les gaz anesth&#233;siants pendant les changements de pansements, parce qu'une infirmi&#232;re avait d&#233;cid&#233; que je n'en avais pas besoin. C'&#233;tait l'enfer &#224; Pompidou. Il y a des milliers de chambres. C'est comme dans n'importe quel m&#233;tier o&#249; on te presse, on te presse, les nanas courent sans arr&#234;t. Ce qu'on a v&#233;cu &#224; Pompidou, c'est r&#233;v&#233;lateur justement de ce pour quoi on s'&#233;tait mobilis&#233;s : la carence du service public.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sorti de l'hosto, tu dois t'habituer &#224; ton nouveau corps. &#171; &lt;i&gt;Quand les points de suture sont tomb&#233;s, l'infirmi&#232;re m'a dit de me masser le moignon. Je lui ai dit : &#8220;Comment voulez-vous que je me masse alors que je n'arrive pas &#224; poser les yeux dessus&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Je ne l'acceptais pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient l'heure de la proth&#232;se, qui co&#251;te des dizaines de milliers d'euros. Par chance, &#171; &lt;i&gt;tout a &#233;t&#233; pris en charge par la S&#233;cu. J'ai eu droit d'avoir aussi une esp&#232;ce de grosse pince avec laquelle je peux bricoler ou jardiner, c'est pratique, m&#234;me si avec &#231;a j'ai un peu l'impression d'&#234;tre un homard.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne passes plus inaper&#231;u. &#171; &lt;i&gt;C'est assez ambivalent comme situation. Quand je suis dehors avec la proth&#232;se, &#231;a attire le regard, la curiosit&#233; et le dialogue. Les gens viennent vers moi, ils me demandent comment &#231;a marche&#8230; &#8220;Ah c'est incroyable&#8230;&#8221; Tout le monde trouve &#231;a incroyable. J'ai l'impression qu'ils en veulent tous une&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils voient que &#231;a bouge, ils s'imaginent que je peux faire tout ce qu'on fait avec une main. Mais non. On discute et je leur fais comprendre qu'on ne fait pas grand-chose avec &#231;a. J'ouvre et je ferme, c'est tout. Et si je me balade sans la proth&#232;se, ce qui est rare, alors l&#224; c'est l'inverse : les gens sont effray&#233;s. Ils ne regardent pas. Ils n'ont pas envie de voir &#231;a. Je comprends, ce n'est pas &#233;vident de voir une main coup&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une arme de guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis c'est la gal&#232;re du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Avec une main, tout prend plus de temps. S'habiller c'est faisable, mais c'est beaucoup plus long. Tout ce qui est vaisselle, ce n'est plus possible. Le linge, on ne peut pas l'&#233;tendre d'une main. Tout est beaucoup plus long. Du coup, j'ai d&#251; m'acheter un lave-vaisselle, un s&#232;che-linge, &#231;a fait encore des frais.&lt;/i&gt; &#187; Ou alors c'est la d&#233;brouille : &#171; &lt;i&gt;Je m'invente mes petites m&#233;thodes. &#201;plucher des patates, j'ai trouv&#233; le truc, c'est tout b&#234;te : je plante un couteau dans la patate, je la bloque avec mon avant-bras droit, et puis, apr&#232;s la main gauche, j'&#233;pluche une face de la patate, hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !, je la retourne et je fais l'autre face. &#199;a prend plus de temps, mais voil&#224;, je le fais tout seul, sans rien demander.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financi&#232;rement aussi, c'est compliqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux plus exercer mon m&#233;tier, bien s&#251;r : un plombier &#224; une main, &#231;a n'existe pas. &#187;&lt;/i&gt; Que reste-t-il ? Le RSA ou l'allocation aux adultes handicap&#233;s. &#171; &lt;i&gt;C'est triste, parce que la chaudronnerie, c'&#233;tait vraiment ma passion.&lt;/i&gt; &#187; L'ennui s'instille : &#171; &lt;i&gt;Je me fais chier. Il ne se passe rien. J'ai rien &#224; raconter. C'est la merde, clairement. La guitare, c'est mort, la moto, c'est mort.&lt;/i&gt; &#187; Et la douleur physique : &#171; &lt;i&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne de serrage, comme s'il y avait un &#233;tau qui englobait mon moignon et me serrait en permanence, c'est la douleur la plus insupportable, et celle qui est tout le temps l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Parfois, c'est le membre absent qui fait encore mal : &#171; &lt;i&gt;Les douleurs fant&#244;mes, il faut ne plus y penser pour pas que &#231;a gratte, mais c'est compliqu&#233; parce que plus t'essayes de ne pas penser, plus tu y penses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quid de la justice ? &#171; &lt;i&gt;Le procureur a d&#233;cid&#233; de classer l'affaire&#8230; comme &#231;a, sans jamais m'avoir entendu. J'ai rigol&#233;, j'&#233;tais choqu&#233;. Ce n'est pas possible. Je m'attendais au minimum &#224; &#234;tre re&#231;u&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Reste la possibilit&#233; de d&#233;poser une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, ce qui co&#251;te de l'argent. Est-ce que &#231;a vaut le coup ? &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il y aura vrai&lt;/i&gt;&#8202;&lt;i&gt;ment un proc&#232;s&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Franchement, j'en mettrais pas ma main au feu &#8211; celle qui me reste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mutil&#233;s, certains ont recommenc&#233; &#224; manifester, d'autres ont trop la trouille pour &#231;a. Tous, probablement, se posent la m&#234;me question sur la grenade qui a emport&#233; leur main et leur vie pass&#233;e : &#171; &lt;i&gt;C'est une arme, ce truc, c'est une arme de guerre. Pourquoi ils jettent &#231;a sur les gens&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2020, la Gli-F4 a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la GM&lt;SUP&gt;2&lt;/SUP&gt;L, &#224; la dangerosit&#233; &#233;quivalente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; la marche des &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-la-marche-des-Mutiles-pour-l</link>
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		<dc:creator>Sophie Divry</dc:creator>


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		<dc:subject>J'ai pris</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Victimes de violences polici&#232;res, particuli&#232;rement graves et nombreuses pendant le mouvement des Gilets jaunes, les &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187; ont form&#233; un collectif au printemps dernier. &#201;borgn&#233;s, amput&#233;s, traumatis&#233;s, ils doivent s'adapter &#224; la nouvelle vie qu'on leur a impos&#233;e. Le 22 septembre, ils manifestaient &#224; Bordeaux, demandant la fin de l'impunit&#233; et du carnage policier. Reportage et t&#233;moignages. Pour ceux qui ne connaissent pas Bordeaux, la visite guid&#233;e est d'un effet terrible. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Victimes de violences polici&#232;res, particuli&#232;rement graves et nombreuses pendant le mouvement des Gilets jaunes, les &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187; ont form&#233; un collectif au printemps dernier. &#201;borgn&#233;s, amput&#233;s, traumatis&#233;s, ils doivent s'adapter &#224; la nouvelle vie qu'on leur a impos&#233;e. Le 22 septembre, ils manifestaient &#224; Bordeaux, demandant la fin de l'impunit&#233; et du carnage policier. Reportage et t&#233;moignages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH449/-1360-0c6c5.jpg?1768659786' width='400' height='449' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;our ceux qui ne connaissent pas Bordeaux, la visite guid&#233;e est d'un effet terrible. La troisi&#232;me marche du collectif des &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plupart des membres du collectif ont &#233;t&#233; bless&#233;s pendant le mouvement des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; trace &#224; l'int&#233;rieur de la ville un chemin de croix de la r&#233;pression subie par les Gilets jaunes. Ce 22 septembre, le cort&#232;ge de 500 personnes s'arr&#234;te et &#233;coute &#224; chaque station comment un bless&#233; a perdu, qui son &#339;il, qui sa main, sa joue, sa vision, et dans le lot souvent son m&#233;tier et sa tranquillit&#233;, ainsi que beaucoup d'illusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a commence place de la Bourse, face au miroir d'eau de la m&#233;tropole girondine airbnbis&#233;e. Les manifestants brandissent des croix en polystyr&#232;ne jaune avec le nom des bless&#233;s. Le bilan global de la r&#233;pression des Gilets jaunes a atteint des hauteurs historiques. Officiellement, il fait &#233;tat de 2 500 bless&#233;s, mais est certainement sous-&#233;valu&#233;. En cause notamment, la grenade assourdissante Gli-F4, les grenades de d&#233;sencerclement et les tirs de flashballs&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On utilisera ici ce terme g&#233;n&#233;rique pour d&#233;signer les &#171; lanceurs de balles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les victimes sont lyc&#233;ens, secr&#233;taires m&#233;dicales, intermittents du spectacle, chauffeurs routiers, marins, ouvriers, &#233;tudiants, sans emploi. C'est la France des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les mains arrach&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce dimanche, Antoine Boudinet montre sans complexe le moignon qui lui reste &#224; la place de la main droite. Le jeune homme reste combatif et souriant &#8211; cette main manquante est pourtant tellement choquante par sa possibilit&#233; m&#234;me, vu sa jeunesse et son sourire. Il a 26 ans quand le 8 d&#233;cembre 2018, il se fait arracher la main par une grenade Gli-F4. &#171; &lt;i&gt;Moi j'&#233;tais na&#239;f, je pensais pas que je pouvais &#234;tre bless&#233; si gravement&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-il. Cette grenade est compos&#233;e de 26 grammes de TNT. Antoine, par r&#233;flexe, a voulu la repousser, sa main a explos&#233;. &#187; &lt;i&gt;Il restait les os, mais plus aucune chair.&lt;/i&gt; &#187; Animateur en p&#233;riscolaire, il a d&#251; passer trois mois en r&#233;&#233;ducation. Il est aujourd'hui d&#233;clar&#233; handicap&#233; &#224; 80 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, Antoine n'est pas le seul &#224; avoir v&#233;cu cette horreur de se faire arracher la main par cette grenade dite &#171; &#224; l&#233;talit&#233; r&#233;duite &#187; et dont les autorit&#233;s connaissaient la dangerosit&#233;. Il y a Gabriel, apprenti chaudronnier de 21 ans ; Ayhan, ouvrier de 52 ans ; S&#233;bastien, 29 ans, plombier. Et Fr&#233;d&#233;ric, ouvrier lamaneur de 35 ans, qui a perdu une main une semaine avant Antoine, comme lui &#224; Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes place de la Com&#233;die et Floriane prend la parole. Elle a re&#231;u un tir de flashball dans le mollet et dans le m&#233;gaphone raconte une longue histoire de douleurs. Sa voix vibre de col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Je fais encore des cauchemars, et je suis encore suivie psychologiquement huit mois plus tard, mais je veux t&#233;moigner. Je veux l'interdiction des flashballs. Ce n'est pas une arme &#224; utiliser contre une foule. Le gouvernement n'a pas &#224; mutiler les gens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;reng&#232;re ne prendra pas le micro ; contrairement &#224; Floriane, elle n'a pas d&#233;pos&#233; plainte, mais elle est marqu&#233;e par diverses blessures, de grenades et de matraque. &#171; &lt;i&gt;Le collectif, &#231;a me permet d'en parler, &#231;a soulage, c'est hyper important de partager.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La police fait son travail, &#231;a cr&#232;ve les yeux &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les slogans s'encha&#238;nent : &#171; &lt;i&gt;Castaner en prison&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;La police fait son travail, &#231;a cr&#232;ve les yeux&lt;/i&gt; &#187;. Des militantes du Clap33 &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif bordelais contre les abus policiers. Sur Internet : Clap33.com.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#233;gr&#232;nent les noms de personnes tu&#233;es par la police, notamment dans les banlieues. L'&#233;num&#233;ration fait froid dans le dos. Myriam a r&#233;ussi &#224; faire condamner l'&#201;tat pour un coup de tonfa qu'elle a subi. Elle aide aujourd'hui le collectif par son exp&#233;rience, mais regrette que beaucoup de Gilets jaunes ne portent pas plainte. &#171; &lt;i&gt;On en arrive &#224; un point o&#249; on est content si on rentre chez soi sans &#234;tre mutil&#233;. Pourtant, il n'y a pas de petits bless&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Tous prennent pour mod&#232;le le collectif Adama&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bas&#233; en banlieue parisienne, il demande v&#233;rit&#233; et justice pour Adama Traor&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, dont Antoine arbore le tee-shirt noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cort&#232;ge arrive cours Victor-Hugo. Sous cet abribus, Jean-Marc a pris un flashball en pleine t&#234;te, et comme 23 autres personnes, a &#233;t&#233; &#233;borgn&#233;. L'&#233;motion le submerge. Les mutil&#233;s se tombent dans les bras. C'est cela qui est frappant, de s'apercevoir que les blessures ne sont pas juste une affaire physique. C'est une atteinte &#224; l'intimit&#233;, au visage, au rapport au monde, &#224; la confiance en soi et aux autres. Gravement, le cort&#232;ge repart vers la Garonne. Je discute avec Alexandre, puis avec Franck, bless&#233;s &#224; la t&#234;te &#8211; comme plus de 300 autres. Ces deux-l&#224; ont perdu leur travail &#224; cause d'un tir de flashball, une balle en caoutchouc rigide tir&#233;e &#224; 300 km/h.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Interdire la Gli-F4 et les flashballs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le combat des &#171; Mutil&#233;s pour l'exemple &#187; ne fait que commencer. &#171; &lt;i&gt;On veut montrer &#224; tous ceux qui n'ont pas encore vu ou ne veulent pas le voir qu'il y a vraiment des bless&#233;s graves et des mutil&#233;s &#224; vie&lt;/i&gt; &#187;, dit Franck. En justice, la bataille n'est pas gagn&#233;e : &#224; notre connaissance, pr&#232;s d'un an apr&#232;s le d&#233;but du mouvement des Gilets jaunes, aucun policier n'a &#233;t&#233; mis en examen. &#192; Bordeaux, les plaintes d'Antoine Boudinet et de Fr&#233;d&#233;ric ont &#233;t&#233; class&#233;es sans suite. Mais les bless&#233;s sont pr&#234;ts &#224; aller jusqu'&#224; la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme &#8211; &#171; &lt;i&gt;m&#234;me si &#231;a doit prendre dix ans, on l&#226;chera rien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite est termin&#233;e. De retour au point de d&#233;part, le collectif insiste sur ses revendications : l'interdiction de la grenade Gli-F4 et des flashballs. Le but est de faire baisser le niveau de violence. Mais le gouvernement souhaite-t-il cette d&#233;sescalade ? Didier Lallement, le pr&#233;fet de Gironde qui dirigeait les forces de l'ordre &#224; Bordeaux l'hiver dernier, a &#233;t&#233; promu depuis pr&#233;fet de police de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sophie Divry&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; On m'a amput&#233; tout de suite &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric, ouvrier, 36 ans, a eu la main droite arrach&#233;e par une grenade Gli-F4 &#224; Bordeaux, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 2018&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis ouvrier lamaneur. Mon travail consistait &#224; tirer sur des cordes pour amarrer les bateaux dans le port de Bordeaux et autour sur la Garonne. Ce 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre, c'&#233;tait ma premi&#232;re manifestation avec les Gilets jaunes. Je venais parce qu'avec mon salaire, je ne pouvais pas faire autre chose que payer des factures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on arrive place Pey-Berland, il y a un mur de CRS derri&#232;re des grilles. Je tombe &#224; terre dans un mouvement de foule. Une grenade roule &#224; c&#244;t&#233; de moi, elle fume. Par r&#233;flexe, je cherche &#224; l'&#233;loigner de ma t&#234;te, mais je n'ai pas le temps de la toucher. Elle explose et emporte ma main. Quand j'ai vu cette horreur, c'&#233;tait tr&#232;s dur. Pendant longtemps, m&#234;me apr&#232;s l'op&#233;ration, je n'arrivais pas &#224; porter le regard sur mon moignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis rest&#233; une heure assis par terre, prot&#233;g&#233; par d'autres Gilets jaunes, &#224; souffrir, en attendant qu'on puisse faire venir les pompiers. Je me sentais mourir. On m'a dit plus tard que j'&#233;tais alors en &#8220;urgence absolue&#8221;. &#192; l'h&#244;pital, on m'a amput&#233; tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais encore alit&#233; que deux jours apr&#232;s les flics sont venus dans ma chambre m'apprendre qu'ils avaient d&#233;pos&#233; plainte contre moi, pour anticiper et faire croire que c'&#233;tait moi le probl&#232;me ! &#192; l'&#233;poque je ne savais rien de ces grenades et des flashballs. J'ai eu plusieurs mois de r&#233;&#233;ducation et de suivi psychologique. Il faut faire travailler les muscles du bras, pour que la proth&#232;se fonctionne. Au d&#233;but, ma mutuelle ne voulait pas me rembourser les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre avec une seule main, &#231;a change tout. Tout prend plus de temps. Je ne peux plus faire la vaisselle, &#233;tendre le linge, j'ai d&#251; m'&#233;quiper d'un lave-vaisselle et d'un s&#232;che-linge. C'est des frais en plus. La proth&#232;se, ce n'est pas parfait, c'est fragile. Je vis seul alors tout est compliqu&#233;. Avant je bricolais beaucoup. J'ai toujours &#233;t&#233; quelqu'un qui aimait se d&#233;brouiller tout seul. Certains gestes, je peux m'adapter, d'autres je ne peux plus les faire et &#231;a m'&#233;nerve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, j'ai mon fr&#232;re et ma s&#339;ur, des amis. Mais je n'aime pas certains regards pos&#233;s sur mon bras. Malgr&#233; tout, j'essaie de continuer &#224; regarder l'avenir. J'ai l'espoir de pouvoir reprendre mon travail dans la marine avec une proth&#232;se sp&#233;ciale. J'ai pu apprendre &#224; conduire avec mon moignon, mais pour la p&#234;che, la chasse, le jardinage, c'est plus compliqu&#233;. Je suis en col&#232;re. Je suis encore plus en col&#232;re qu'avant. On est des victimes de l'&#201;tat et pour l'instant on n'est pas reconnus. Pour eux, on est des dommages collat&#233;raux, c'est r&#233;voltant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je ne suis jamais ressortie manifester &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Floriane, secr&#233;taire m&#233;dicale, touch&#233;e par un tir de flashball au mollet &#224; Bordeaux le 12 janvier 2019.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#233;tait venus manifester avec mon mari. On &#233;tait l&#224; pour nos droits, nos salaires, nos anciens, nos handicap&#233;s, notre avenir, pour des salaires d&#233;cents. Au d&#233;but, la manif &#233;tait super sympa. Mais la tension a mont&#233; et place Pey-Berland, les forces de l'ordre ont charg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi j'&#233;tais accroupie en train d'aider un bless&#233;. Je re&#231;ois un tir de LBD dans le mollet gauche. Je ressens une &#233;norme d&#233;charge &#233;lectrique. &#199;a fait tr&#232;s mal. J'ai fui le cort&#232;ge le plus vite possible. Je me rappelle qu'on entendait les flashballs rebondir partout sur les r&#233;verb&#232;res. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rentre chez moi. &#199;a fait un gros bleu, je mets de la glace et le lendemain je vais consulter SOS M&#233;decins. On me dit que l'h&#233;matome va passer. Mais &#231;a ne passe pas. La plaie devient toute noire. Je me rends aux urgences de Bordeaux. &#199;a avait n&#233;cros&#233;. C'est une complication grave et il faut op&#233;rer. Je suis op&#233;r&#233;e deux fois. D'abord pour enlever la n&#233;crose. &#199;a fait un trou de 8 cm. Puis j'ai eu une greffe de peau. J'ai &#233;t&#233; immobilis&#233;e pendant dix jours, sans pouvoir mettre le pied par terre. On m'a mise sur un fauteuil roulant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut voir les cons&#233;quences sur votre vie : ce sont des allers-retours &#224; l'h&#244;pital, des soins infirmiers quotidiens, des longues douleurs, des piq&#251;res contre les phl&#233;bites, un arr&#234;t de travail de trois semaines, de longues journ&#233;es de pleurs&#8230; Et encore, j'ai de la chance, la greffe a pris du premier coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis jamais ressortie manifester. Malgr&#233; les bonnes convictions, la peur prend le dessus. On se dit que le danger vient de ceux qui sont cens&#233;s nous prot&#233;ger. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Quand vous &#234;tes borgne,vous devez tout r&#233;apprendre &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alexandre, 38 ans, intermittent du spectacle, a perdu son &#339;il droit suite &#224; un tir de flashball &#224; Paris le 8 d&#233;cembre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais sur les Champs-&#201;lys&#233;es. J'ai pris une balle de LBD-40 dans l'&#339;il droit. L'orbite a explos&#233;. Le truc choquant, c'est que mon &#339;il m'a coul&#233; dans ma main. Et que personne n'est venu pour m'aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis r&#233;fugi&#233; dans un sas d'immeuble. Je n'ai pas pu trouver un camion de pompiers avant trois ou quatre heures. Du coup, j'ai d&#251; me faire un bandage avec mon gilet jaune. &#199;a m'a valu 70 points de suture et une op&#233;ration de six heures. J'ai eu 90 jours d'ITT [interruption totale de travail]. J'ai perdu mon travail, qui consistait &#224; faire de la d&#233;coration sur les plateaux t&#233;l&#233;. Esth&#233;tiquement, mon visage est atteint, et dans ce milieu il y a tout un travail relationnel qui m'est devenu impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand vous &#234;tes borgne, vous devez tout r&#233;apprendre, &#224; marcher, &#224; parler, &#224; regarder, tout ! Vous vivez avec une partie de vous qui est morte. Quatre heures de travail pour vous, c'est huit heures pour moi. Je ne peux plus conduire, lire, c'est &#233;puisant. J'ai encore des douleurs, des cauchemars, des insomnies. Jamais je n'aurais pens&#233; perdre un &#339;il sur les Champs-&#201;lys&#233;es. Au Darfour je peux comprendre, mais pas sur les Champs-&#201;lys&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Je me r&#233;veille la nuit, j'y pense tout le temps &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck, 45 ans, ancien salari&#233; dans la logistique, touch&#233; par un flashball au visage le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre &#224; Paris.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait &#224; l'acte III &#224; Paris, j'ai pris un tir de LBD en plein visage. J'ai eu le nez compl&#232;tement &#233;cras&#233;. Je ne suis pas borgne, mais je ne vois presque plus rien de l'&#339;il droit. J'ai de graves probl&#232;mes de m&#233;moire et de concentration. Je me retrouve en voiture et soudain je ne sais plus d'o&#249; je viens, ni o&#249; je vais. J'oublie des pr&#233;noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a le plus dur, c'est le c&#244;t&#233; psychologique. Ce nez, ce n'est pas mon nez, je ne me reconnais pas. J'ai chang&#233;. Et j'y pense tout le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains me disent de rebondir, que c'est pas si grave. Mais on est quelques-uns &#224; avoir un syndrome post-traumatique qui ne se voit pas aussi clairement qu'un &#339;il en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais dans la logistique, je devais lire des codes tr&#232;s petits sur des pi&#232;ces. C'est impossible maintenant, je suis au ch&#244;mage et je vais &#234;tre oblig&#233; de faire une reconversion. Je ne travaille plus depuis l'accident. Je n'ai pas encore de pension d'handicap&#233; car les d&#233;marches prennent du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes proches n'ont pas tous compris. J'ai fini par me s&#233;parer. Tout est fragilis&#233; par ce genre d'accident. Je me r&#233;veille la nuit, j'y pense tout le temps. J'ai maigri de huit kilos. Je n'ai plus mon ancien travail, plus la m&#234;me famille, plus le m&#234;me visage. C'est une autre vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; J'&#233;tais venu pour dire que le pain &#233;tait trop cher &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Marc, 42 ans, ex-horticulteur, &#233;borgn&#233; le 8 d&#233;cembre 2018 &#224; Bordeaux par un flashball au visage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais venu d'Ol&#233;ron pour dire en somme que le pain &#233;tait trop cher. On en avait marre de payer trop cher l'essence. J'&#233;tais pas politis&#233;. C'&#233;tait ma premi&#232;re vraie manif, avant on faisait des ronds-points dans une ambiance cool avec des retrait&#233;s. On a &#233;t&#233; surpris par l'&#233;tat de guerre de la manif. Les flashballs sifflaient autour de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment-l&#224; on &#233;tait pr&#232;s d'un abribus, je voulais prot&#233;ger ma femme. J'ai fait un doigt d'honneur au flic car &#231;a faisait des heures qu'on nous gazait. Et j'ai pris une balle de flashball en pleine t&#234;te. &#199;a m'a &#233;clat&#233; l'&#339;il, la pommette, l'arcade, tout le tour de l'&#339;il. J'ai subi d&#233;j&#224; trois op&#233;rations, et je dois en avoir une quatri&#232;me. Les chirurgiens ont d&#251; mettre 16 plaques, 40 vis dans ma t&#234;te. J'ai perdu une grande partie de la vision &#224; l'&#339;il gauche. C'est quoi, ce pays, si pour un doigt d'honneur on prend un flashball dans la t&#234;te et on nous baise la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, on &#233;tait heureux avant. Je cr&#233;ais des fleurs. Je ne peux plus le faire car je n'ai plus la vision en trois dimensions. J'ai des difficult&#233;s pour monter des marches, on doit tout r&#233;apprendre. Je n'ai plus mon entreprise. Je suis clo&#238;tr&#233; chez moi, je suis devenu agoraphobe. Je ne sors que les samedis avec les Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne dors presque plus. &#199;a tourne tout le temps dans ma t&#234;te. J'ai beaucoup de violence en moi. Je suis suivi encore par un psy. Ma vie d'avant, elle est rest&#233;e en suspension sous l'abribus. &#192; partir du 8 d&#233;cembre 2018, je recommence une nouvelle vie. Cette vie-l&#224;, on me l'a impos&#233;e, c'est pas la mienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; vis&#233;e &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lola, 20 ans, &#233;tudiante en arts, touch&#233;e &#224; la joue par un flashball le 18 d&#233;cembre 2018 &#224; Biarritz.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais en train de filmer, la manifestation &#233;tait calme. Personne ne portait de masque ou de casque. C'&#233;tait pacifique. Quand soudain, j'ai pris un flashball dans la t&#234;te. J'ai &#233;t&#233; vis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a fait une triple fracture de la m&#226;choire. Mon visage a gonfl&#233;. On m'a op&#233;r&#233;e une premi&#232;re fois le lendemain pour mettre des plaques en m&#233;tal que j'ai gard&#233;es six mois. Puis j'ai eu une seconde op&#233;ration cet &#233;t&#233; pour les enlever. J'ai d&#251; manger mou plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement mon &#233;cole d'art m'a soutenue. Je suis quand m&#234;me retourn&#233;e manifester, mais je suis moins sereine qu'avant. On se sent en ins&#233;curit&#233;. Au d&#233;but, quand je voyais des oiseaux passer au-dessus du cort&#232;ge, &#231;a me faisait peur, je les prenais pour des grenades. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; D&#232;s que j'entends une sir&#232;ne de police, &#231;a me crispe &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#233;reng&#232;re, sans emploi, touch&#233;e au bras par une grenade Gli-F4 &#224; Toulouse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait au mois de mai &#224; Toulouse, on &#233;tait nass&#233;s. J'&#233;tais cach&#233;e derri&#232;re une voiture. J'ai senti d'un coup une &#233;norme douleur dans le bras. &#199;a saignait &#233;norm&#233;ment. Quand j'ai pu enfin trouver un coin tranquille pour relever ma manche, j'ai vu que j'avais six bouts de plastique plant&#233;s dans mon bras. Les street medics ont pu me les enlever et me faire les premiers soins. &#192; l'h&#244;pital, ils ont encore d&#233;sinfect&#233;. J'ai eu des douleurs pendant six semaines. Maintenant &#231;a fait six mois et j'ai encore des cicatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si je n'ai pas port&#233; plainte, je suis choqu&#233;e. Maintenant quand je suis chez moi, d&#232;s que j'entends une sir&#232;ne de police, &#231;a me crispe. J'ai eu une grosse p&#233;riode de cauchemars. Je revivais la sc&#232;ne, avec des r&#233;veils en panique. J'ai aussi re&#231;u un coup de matraque qui m'a d&#233;coll&#233; le m&#233;nisque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces blessures, ma vie n'est plus pareille, je vis seule avec trois enfants, &#231;a chamboule tout, faut s'organiser, c'est compliqu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La plupart des membres du collectif ont &#233;t&#233; bless&#233;s pendant le mouvement des Gilets jaunes. Certains l'ont toutefois &#233;t&#233; dans d'autres circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On utilisera ici ce terme g&#233;n&#233;rique pour d&#233;signer les &#171; lanceurs de balles de d&#233;fense &#187;. Le mod&#232;le qui a fait le plus de mal ces derniers mois est le LBD-40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif bordelais contre les abus policiers. Sur Internet : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://clap33.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Clap33.com&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bas&#233; en banlieue parisienne, il demande v&#233;rit&#233; et justice pour Adama Traor&#233;, d&#233;c&#233;d&#233; en 2016 &#224; la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise), peu apr&#232;s son interpellation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Milton Friedman (1912-2006)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Milton-Friedman-1912-2006</link>
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		<dc:date>2013-11-22T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Watkins et Jean-Pierre Le Nestour</dc:creator>


		<dc:subject>Viva la Muerte !</dc:subject>
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		<dc:subject>monde</dc:subject>
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		<dc:subject>Schwarzenegger n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Milton</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dictateurs d'anthologie, g&#233;nocidaires patent&#233;s, criminels contre l'humanit&#233;, meurtriers de masse, serial killers, snipers ultrafondamentalistes de toutes ob&#233;diences, tontons macoutes, barbouzes, mercenaires ou porte-flingues de r&#233;publique banani&#232;re, c'est qu'ils sont nombreux les ennemis du peuple, de la raison et de la vie. Sans oublier ces d&#233;mons mineurs, incubes et succubes, qui prolif&#232;rent dans les m&#233;dias, l'&#233;conomie, les arts, la politique, la religion&#8230; On doit s'&#233;tonner de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberte" rel="tag"&gt;libert&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ideologues-mortiferes" rel="tag"&gt;Id&#233;ologues mortif&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Milton" rel="tag"&gt;Milton&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dictateurs d'anthologie, g&#233;nocidaires patent&#233;s, criminels contre l'humanit&#233;, meurtriers de masse, serial killers, snipers ultrafondamentalistes de toutes ob&#233;diences, tontons macoutes, barbouzes, mercenaires ou porte-flingues de r&#233;publique banani&#232;re, c'est qu'ils sont nombreux les ennemis du peuple, de la raison et de la vie. Sans oublier ces d&#233;mons mineurs, incubes et succubes, qui prolif&#232;rent dans les m&#233;dias, l'&#233;conomie, les arts, la politique, la religion&#8230; On doit s'&#233;tonner de l'exceptionnelle long&#233;vit&#233; de nombre de ces assassins reconnus et monstres en tous genres, morts dans leur lit, sinon paisiblement, quand d'autres sont pass&#233;s pr&#233;matur&#233;ment d'avoir d&#233;fendu quelque noble id&#233;e humaniste en s'exposant sur les barricades &#224; l'arbitraire imb&#233;cile et &#224; la brutalit&#233; du pouvoir. Patrick Watkins et Jean-Pierre Le Nestour proposent ici une nouvelle rubrique dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, histoire de r&#233;gler leur compte &lt;i&gt;postmortem&lt;/i&gt; &#224; ces canailles et autres psychopathes, dont on retiendra tout de m&#234;me que, rendus au &#171; &lt;i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=IflloM9OQOs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;terminus des pr&#233;tentieux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, ils sont tous &#233;gaux &#224; pr&#233;sent du point de vue des asticots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cat&#233;gorie&lt;/strong&gt; : Id&#233;ologues mortif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mort&lt;/strong&gt; : dans son lit le 16 novembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH235/logo-viva-la-muerte-0cce6.jpg?1768649083' width='300' height='235' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le monde a perdu un vrai g&#233;ant et un d&#233;fenseur infatigable de la libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnold Schwarzenegger, gouverneur r&#233;publicain de Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On serait tent&#233; de croire que cette hom&#233;lie n'est pas celle d'un &#233;conomiste mais plut&#244;t d'un vaillant r&#233;sistant de la deuxi&#232;me guerre mondiale terrass&#233; les armes &#224; la main. D'autant que Schwarzenegger n'est pas le seul &#224; employer de tels superlatifs. Des dirigeants aussi renomm&#233;s que Thatcher ou Bush ont &#233;galement us&#233; de ce registre, la Dame de fer pleurant de conserve la disparition &#171; &lt;i&gt;d'un combattant de la libert&#233; &lt;/i&gt; &#187;. L'ex-pr&#233;sident US, quant &#224; lui, honore une &#171; &lt;i&gt;vision qui a chang&#233; l'Am&#233;rique et qui est en train de changer le monde&lt;/i&gt; &#187;. Et c'est bien l&#224; le probl&#232;me. Avec des pand&#233;mies de la pens&#233;e d'une telle port&#233;e, la mort n'est malheureusement pas un frein &#224; la propagation d'une id&#233;ologie r&#233;actionnaire dont les effets d&#233;vastateurs se font concr&#232;tement et quotidiennement sentir aux quatre coins de la plan&#232;te. Une philosophie politique toute enti&#232;re consacr&#233;e &#224; la libert&#233;, il est vrai, mais surtout &#224; celle du renard dans le poulailler. Et du commerce en particulier, moteur absolu du progr&#232;s humain. Ce qui n'emp&#234;che pas Milton de clamer que &#171; &lt;i&gt;la responsabilit&#233; sociale des entreprises est d'accro&#238;tre leurs b&#233;n&#233;fices&lt;/i&gt; &#187;. Droits humains, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, solidarit&#233;, justice, autant de concepts parfaitement secondaires pour un homme qui d&#233;clarait que &#171; l&lt;i&gt;a main invisible du march&#233; a plus fait pour le progr&#232;s que la main visible de l'&#201;tat pour le retour en arri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;r&#233;gulation des march&#233;s, d&#233;mant&#232;lement des services publics, privatisations et fin du syst&#232;me d'assistance sociale, l'ultralib&#233;ralisme s&#233;duit les patrons et dirigeants mais ne convainc pas forc&#233;ment ceux d'en bas&#8230; dont doivent &#233;pisodiquement tenir compte les &#233;lus. Que tous ceux qui sont pour la suppression imm&#233;diate de la S&#233;cu, de l'allocation ch&#244;mage et de l'&#233;ducation publique gratuite l&#232;vent la main ! Il fallait contourner l'obstacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quel meilleur endroit pour exp&#233;rimenter l'efficacit&#233; de son poison, qu'un pays o&#249; le peuple n'a plus son mot &#224; dire. Bonheur du calendrier, une d&#233;mocratie, juste &#224; c&#244;t&#233;, vient d'&#234;tre renvers&#233;e par un sympathique dictateur &#224; lunettes noires. Milton fonce donc rejoindre la junte fasciste de Pinochet pour lib&#233;rer le pays de toutes les scories redistributives mises en place par Allende. Deux des &#171; Boys de Chicago &#187;, disciples de Friedman &#233;lev&#233;s dans l'universit&#233; de cette ville mafieuse, prennent au hasard les postes de ministre de l'&#233;conomie et de pr&#233;sident de la banque centrale. Tout est pr&#234;t pour r&#233;duire les d&#233;penses publiques (privatisation de la S&#233;cu et du syst&#232;me de retraites notamment) au strict n&#233;cessaire : arm&#233;e, police, justice sommaire et exp&#233;ditive et escadrons de la mort. Ou en d'autres termes, comment transformer le train de vie de l'&#233;tat en train de mort. Comme en 1933 face au miracle &#233;conomique allemand, les industriels, la finance et les m&#233;dias sont ravis et applaudissent une pseudo-r&#233;ussite qui enrichit les multinationales et diminue de moiti&#233; la ration journali&#232;re moyenne en calories alimentaires pour les pauvres. &#171; &lt;i&gt;Manger gratis, &#231;a n'existe pas &lt;/i&gt; &#187; comme aimait &#224; r&#233;p&#233;ter Milton. Une devise d&#233;sormais adopt&#233;e par l'ensemble des dirigeants du monde &#171; libre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Graphisme, famille, patrie !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Graphisme-famille-patrie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Graphisme-famille-patrie</guid>
		<dc:date>2012-03-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>main</dc:subject>
		<dc:subject>d'Ordre Nouveau</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau lors</dc:subject>
		<dc:subject>grande main</dc:subject>
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		<dc:subject>l'immigration sauvage</dc:subject>
		<dc:subject>dessin saisissant</dc:subject>
		<dc:subject>drapeau national</dc:subject>
		<dc:subject>patriotes d'Ordre</dc:subject>
		<dc:subject>Zvonimir Novak</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur la couverture, une grande main, forte, au dessin saisissant &#8211; mais une main qui dit &#171; halte &#187;, une main blanche qui se fond dans le drapeau national, la main des patriotes d'Ordre Nouveau lors d'une campagne de 1973 contre &#171; l'immigration sauvage &#187;. Dans Tricolores, paru aux &#201;ditions l'&#201;chapp&#233;e, Zvonimir Novak propose &#171; une histoire visuelle de la droite et de l'extr&#234;me droite &#187;. De quoi changer un peu de la pl&#233;thore de bouquins ressassant l'imagerie de mai 68 ou celle des gauches qui &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/main" rel="tag"&gt;main&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Ordre-Nouveau" rel="tag"&gt;d'Ordre Nouveau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nouveau-lors" rel="tag"&gt;Nouveau lors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/grande-main" rel="tag"&gt;grande main&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/main-blanche" rel="tag"&gt;main blanche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immigration-sauvage" rel="tag"&gt;l'immigration sauvage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dessin-saisissant" rel="tag"&gt;dessin saisissant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/drapeau-national" rel="tag"&gt;drapeau national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/patriotes-d-Ordre" rel="tag"&gt;patriotes d'Ordre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zvonimir-Novak" rel="tag"&gt;Zvonimir Novak&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur la couverture, une grande main, forte, au dessin saisissant &#8211; mais une main qui dit &#171; halte &#187;, une main blanche qui se fond dans le drapeau national, la main des patriotes d'Ordre Nouveau lors d'une campagne de 1973 contre &lt;i&gt;&#171; l'immigration sauvage &#187;&lt;/i&gt;. Dans &lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/tricolores&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tricolores&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, paru aux &#201;ditions l'&#201;chapp&#233;e, Zvonimir Novak propose &lt;i&gt;&#171; une histoire visuelle de la droite et de l'extr&#234;me droite &#187;&lt;/i&gt;. De quoi changer un peu de la pl&#233;thore de&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L369xH182/s_jaune_papillon_1906_federation-des-jaunes-de-france-2ce8f.jpg?1768658862' width='369' height='182' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Papillon, F&#233;d&#233;ration des jaunes de France, 1906
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;bouquins ressassant l'imagerie de mai 68 ou celle des gauches qui &lt;i&gt;&#171; dominent aujourd'hui le graphisme politique &#187;&lt;/i&gt; : on s'int&#233;resse ici aux images de l'ennemi, pour rompre le &lt;i&gt;&#171; silence assourdissant &#187;&lt;/i&gt; qui les entoure, pour les affronter, pour les diss&#233;quer. De quoi changer, aussi, de l'histoire exclusivement vue &#224; travers les belles affiches : on trouve l&#224;, p&#234;le-m&#234;le, &lt;i&gt;&#171; tracts, papillons, vignettes, autocollants, insignes cartonn&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, &#233;tiquettes de champagne, prot&#232;ge-cahiers, pin's, cartes articul&#233;es, couvercles de Vache qui rit ou faux documents officiels. La collection trace une topographie pr&#233;cise des id&#233;ologies et des strat&#233;gies de persuasion depuis la fin du xixe si&#232;cle : agenc&#233;e selon les grands courants de la pens&#233;e r&#233;actionnaire, elle en rel&#232;ve les codes, les r&#233;f&#233;rences, les non-dits. Car le graphisme laisse para&#238;tre ce que les discours voudraient masquer ou ce qu'ils n'ont plus le droit de dire : on s'amuse de la vacuit&#233; mystique qui inspire les images centristes, beaucoup moins de la r&#233;cup&#233;ration r&#233;cente par les identitaires de l'iconographie de la gauche, ou des emprunts d'une affiche de Dieudonn&#233; &#224; celle du collaborationniste Parti Populaire Fran&#231;ais des ann&#233;es 1940. On mesure l'&#233;volution depuis la propagande &#224; l'ancienne, qui n'h&#233;sitait pas &#224; s'adresser aux &#233;coliers, jusqu'&#224; la g&#233;n&#233;ralisation des techniques publicitaires appliqu&#233;es, avec plus ou moins de finesse, &#224; la politique. Mais plus encore, on prend la mesure de l'affirmation actuelle d'un militantisme par la confusion, qu'il devient essentiel de savoir d&#233;crypter et contrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zvonimir Novak, &lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/tricolores&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tricolores, une histoire visuelle de la droite et de l'extr&#234;me droite&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#201;ditions L'&#201;chapp&#233;e, 2011. Images : DR L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH532/un_petit_francais_affiche_1943_equipe_alain_fournier-804ea.jpg?1768652641' width='400' height='532' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Affiche, &#233;quipe Alain Fournier, 1943
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e</title>
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		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines... Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/92_tanxxx-75e8d.png?1768652675' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et un peu assomm&#233;e. Elle a d&#233;j&#224; eu des gosses, elle ne comprend pas comment elle a pu d&#233;couvrir cette grossesse si tard. Elle a eu ses r&#232;gles normalement. Peut-&#234;tre &#233;taient-elles un peu plus courtes, un peu plus l&#233;g&#232;res&#8230; Elle se dit qu'elle aurait d&#251; le sentir, le savoir. Elle prend la pilule, se rappelle de l&#233;gers d&#233;calages dans ses prises, mais pas d'oubli. Elle ne comprend pas. Une autre pensait avoir &lt;i&gt;&#171; fait suffisamment attention &#187; &lt;/i&gt; et se demande, inqui&#232;te, comment elle va pouvoir avorter &#224; dix-huit semaines de grossesse. On rassure tout le monde et on attrape le classeur &#171; Espagne &#187; et celui des &#171; Pays-Bas &#187;, pour leur parler du voyage que 5 000 femmes fran&#231;aises font chaque ann&#233;e. On leur pr&#233;sente deux solutions : le Centro m&#233;dico Aragon, la &lt;i&gt;&#171; clinica de siempre &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; plus de vingt ans d'exp&#233;rience en interruption l&#233;gale de la grossesse, vasectomie, ligature des trompes&#8230; &#187; &lt;/i&gt; &#8211; qui pratique l'avortement jusqu'&#224; vingt-deux semaines de grossesse ; et la &lt;i&gt;&#171; clinique de l'interruption de grossesse &#187;&lt;/i&gt; de Het Vrelinghuis, &#224; Utrecht. Aux Pays-Bas, l'intervention est gratuite pour les r&#233;sidentes. Pour les Fran&#231;aises, selon l'avanc&#233;e de la grossesse et le prix du trajet, il faudra d&#233;bourser entre 800 et 1 600 euros environ. Parfois plus. Bus, train, voiture, on propose diff&#233;rents modes de transport. &lt;i&gt;&#171; Vous serez accompagn&#233;e ? Vous avez de quoi payer ? Il vous reste deux ou trois jours pour r&#233;unir la somme&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On liste les m&#233;dicaments qu'elles doivent emporter, on fait des photocopies : plan de la ville, transports en commun, h&#244;tels. Elles empilent leurs papiers, l'air pr&#233;occup&#233;. &lt;i&gt;&#171; En Espagne, ils demandent combien pour dix-sept semaines ? &#187;, &#171; 780 euros. &#187; &#171; Et pour vingt semaines ? &#187; &#171; 1 200 euros. &#187; &#171; C'est d&#233;gueulasse&lt;/i&gt;, soupire une nana, &lt;i&gt;il va falloir que je trouve une excuse pour emprunter du fric &#224; mes parents. &#187;&lt;/i&gt; On esp&#232;re qu'elle ne sera pas oblig&#233;e d'&#233;lever un m&#244;me qu'elle n'a pas voulu parce que, dix jours plus t&#244;t, elle a d&#251; remplacer la courroie de distribution de sa bagnole, et qu'elle n'a plus de fric de c&#244;t&#233;. Toutes vont finalement trouver une solution, cette fois-ci. Toutes vont r&#233;ussir &#224; trouver une excuse pour faire garder les m&#244;mes, s'absenter du boulot et r&#233;unir la somme demand&#233;e. Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tueurs en smoking</title>
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		<dc:creator>Georges Broussaille</dc:creator>


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&lt;p&gt;Vous pensez qu'un diplomate est une esp&#232;ce de mondain en costard qui fr&#233;quente les salons et p&#233;rore une coupe de champagne &#224; la main ? Vous avez tout faux. Le 27 janvier, Raymond Davis flingue Mohammad Faheem et Faizan Haider dans une rue de Lahore, au Pakistan. Apr&#232;s les avoir achev&#233;s de sang-froid, il appelle &#224; la rescousse ses coll&#232;gues de la CIA, qui d&#233;boulent &#224; bord d'un 4x4, renversant et tuant un pi&#233;ton au passage. Incarc&#233;r&#233; le lendemain, Davis, qui risque la peine de mort, est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pensez-qu-un" rel="tag"&gt;pensez qu'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-un-diplomate" rel="tag"&gt;qu'un diplomate&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohammad-Faheem" rel="tag"&gt;Mohammad Faheem&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/flingue-Mohammad" rel="tag"&gt;flingue Mohammad&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pensez qu'un diplomate&lt;/strong&gt; est une esp&#232;ce de mondain en costard qui fr&#233;quente les salons et p&#233;rore une coupe de champagne &#224; la main ? Vous avez tout faux. Le 27 janvier, Raymond Davis flingue Mohammad Faheem et Faizan Haider dans une rue de Lahore, au Pakistan. Apr&#232;s les avoir achev&#233;s de sang-froid, il appelle &#224; la rescousse ses coll&#232;gues de la CIA, qui d&#233;boulent &#224; bord d'un 4x4, renversant et tuant un pi&#233;ton au passage. Incarc&#233;r&#233; le lendemain, Davis, qui risque la peine de mort, est fermement soutenu par les plus hautes autorit&#233;s am&#233;ricaines qui invoquent la l&#233;gitime d&#233;fense. La position est intenable tant les preuves de l'ex&#233;cution sont accablantes. Qu'importe, Washington sort l'artillerie lourde : Davis est un diplomate qui, &#224; ce titre, b&#233;n&#233;ficie de l'immunit&#233;. Le bobard est m&#234;me martel&#233; par le canonnier en chef Barack Obama. Les indig&#232;nes, ces grands enfants qui ma&#238;trisent mal les finesses de la diplomatie, r&#233;clament le scalp du pistolero. La rue pakistanaise est sur le sentier de la guerre, embarrassant le parti au pouvoir. M&#234;me les barbouzes de l'Inter-services intelligence (ISI) &#8211; services secrets pakistanais &#8211;, qui travaillent depuis des d&#233;cennies avec la CIA, se chopent les boules : &#224; leur insu, un nombre inconnu de &#171; diplomates &#187; am&#233;ricains &#224; la g&#226;chette facile se baladent dans la nature, ce qui ne se fait pas entre amis. L'Oncle Sam se retrouve dans un beau merdier, et plus il gesticule, plus il s'enfonce. La bataille pour lib&#233;rer Davis est mal barr&#233;e&#8230; Et si Obama s'obstine, elle pourrait &#234;tre le Little Big Horn de la guerre au terrorisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Et je reste poli ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Et-je-reste-poli</link>
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		<dc:date>2010-05-12T08:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>COMPARUTION IMM&#201;DIATE</dc:subject>
		<dc:subject>COMPARUTION</dc:subject>
		<dc:subject>IMM&#201;DIATE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE, COMPARUTION IMM&#201;DIATE. Le hall du tribunal est rempli d'une foule patiente : des pr&#233;venus, des familles, des amis. La 8e chambre est pleine,mais personne n'est l&#224; pour A., un jeune homme maigre qui &#233;coute la juge depuis le box : &#171; Les policiers notent un v&#233;hicule qui bloque la circulation. Alors que vous pr&#233;tendez aller prendre les papiers, vous tentez de d&#233;marrer. Les policiers se jettent sur le frein &#224; main. Vous tentez de vous enfuir. Vous &#234;tes tr&#232;s agit&#233;. &#192; l'issue de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/main" rel="tag"&gt;main&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/COMPARUTION-IMMEDIATE" rel="tag"&gt;COMPARUTION IMM&#201;DIATE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/COMPARUTION" rel="tag"&gt;COMPARUTION&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/IMMEDIATE" rel="tag"&gt;IMM&#201;DIATE&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARSEILLE&lt;/strong&gt;, COMPARUTION IMM&#201;DIATE. Le hall du tribunal est rempli d'une foule patiente : des pr&#233;venus, des familles, des amis. La 8e chambre est pleine,mais personne n'est l&#224; pour A., un jeune homme maigre qui &#233;coute la juge depuis le box : &lt;i&gt;&#171; Les policiers notent un v&#233;hicule qui bloque la circulation. Alors que vous pr&#233;tendez aller prendre les papiers, vous tentez de d&#233;marrer. Les policiers se jettent sur le frein &#224; main. Vous tentez de vous enfuir. Vous &#234;tes tr&#232;s agit&#233;. &#192; l'issue de cette sc&#232;ne, vous vous retrouvez &#224; plat ventre sur le si&#232;ge avant. Les quatre policiers vont avoir plusieurs jours d'ITT. Il appara&#238;t ensuite que la voiture a une fausse immatriculation, et qu'elle a &#233;t&#233; vol&#233;e en 2009 sur le port autonome, parmi un lot de voitures neuves. &#187;&lt;/i&gt; Un tr&#232;s jeune agent est charg&#233; de surveiller le public. Il est poli avec tout le monde, il a l'air d&#233;bord&#233; et inquiet. A. essaye de se d&#233;fendre : &lt;i&gt;&#171; Je reconnais l'interpellation qui a &#233;t&#233; tr&#232;s violente. Le policier a cru que j'allais d&#233;marrer, il s'est agit&#233; sur moi, il m'a frapp&#233; devant les commer&#231;ants ! Je leur ai rien fait &#224; ces messieurs. J'&#233;tais en panique, moi. &#187;&lt;/i&gt; Le policier derri&#232;re A. lui jette des regards furieux. &lt;i&gt;&#171; Vous donnez votre version, mais comment expliquez-vous que les versions de tous les policiers concordent,et qu'ils expliquent que vous avez d&#233;marr&#233; ? Comment nous expliquez-vous les blessures constat&#233;es sur les fonctionnaires de police ? &#8211; Ils m'ont tellement molest&#233; ce jour-l&#224;, Madame la juge, qu'ils se sont bless&#233;s tout seuls. &#187;&lt;/i&gt; A. semble tr&#232;s nerveux. &lt;i&gt;&#171; Je les ai entendus dire, au commissariat :&#8220; Alors, tu vas demander combien d'ITT, toi ?&#8221; &#8211; Mais ce ne sont pas eux qui se mettent les ITT, monsieur ! &#8211; C'est ce qui s'est pass&#233;, c'est ce que j'ai vu ! &#8211; Je vais vous lire les rapports m&#233;dicaux : M. F. a eu un traumatisme du 4e doigt sans fracture, M. L. c'est au genou droit, M.D. un traumatisme au 3e doigt de la main droite, quatre jours d'ITT avec immobilisation, et M. R. des contractures cervicales douloureuses dans la rotation, apparemment, plus une plaie superficielle avec radiographie n&#233;cessaire. Et vous : contusions, h&#233;matomes, trois points de suture &#224; la main droite, abrasion du tibia. &#8211; En plus ils m'ont emmen&#233; tr&#232;s tard &#224; l'h&#244;pital, j'avais tout le sang s&#233;ch&#233; sur le visage ! &lt;/i&gt; &#187; Le policier derri&#232;re A. affiche un air goguenard. &lt;i&gt;&#171; Sur le fait que ce soit une voiture vol&#233;e, que pouvez-vous nous dire ? &#8211; Je suis pas au courant, c'est une personne qui me l'a pr&#234;t&#233;e ce soir-l&#224;, sachant que j'en avais besoin. &#8211; Qui &#233;tait cette personne ? &#8211; Je vais pas vous dire qui c'est ! &#8211; Alors, enqu&#234;te sociale rapide, je lis : &#8220;Il est sans emploi et sans revenu. Il souhaite trouver un emploi de magasinier. Sans adresse et sans permis de conduire, il est dans un &#233;tat de d&#233;s&#339;uvrement &#233;vident, mais il montre une grande dignit&#233; et insiste sur le fait qu'il n'est pas un marginal.&#8221; Vous avez 14 mentions au casier judiciaire : recel&#8230; refus d'obtemp&#233;rer&#8230; vol&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Pendant que la juge lit son casier, A. tousse, il est g&#234;n&#233;, met ses doigts sur ses l&#232;vres et a des tics nerveux. Le procureur, un homme au visage dur, se l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas accepter ces d&#233;n&#233;gations insolentes de monsieur qui parle d'interpellation violente. Il n'a toujours pas fl&#233;chi sous le coup des condamnations, mais ce qui est encore plus inacceptable, c'est le comportement de monsieur qui vient nous dire qu'il y a des choses inacceptables en vous parlant de violences polici&#232;res. Et je reste poli, parce que ce dossier me donne presque envie de vomir. L'assistante sociale parle de la dignit&#233; du pr&#233;venu, mais je voudrais bien voir la dignit&#233; de quelqu'un qui se comporte comme &#231;a avec des policiers qui sont des &#234;tres humains, des p&#232;res de famille, et pas encore des machines ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur fait des moues de d&#233;go&#251;t. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup de magistrats se sont cass&#233; les dents sur M. A. Je vous positionne sur une peine de quatre ans. &#187;&lt;/i&gt;
A. s'est tass&#233; dans le box. Le policier lui donne un coup sur l'&#233;paule, A. se rel&#232;ve, et se passe les mains sur la figure : il a le visage baign&#233; de larmes. Son avocate intervient : &lt;i&gt;&#171; M.A. est totalement en marge. Il n'a pas les bons r&#233;flexes au sein de cette soci&#233;t&#233;, ni les bons r&#233;flexes vis-&#224;-vis des policiers. Il n'a connu que les copains de cellule, qui ne sont pas forc&#233;ment des gens tr&#232;s convenables. &#187;&lt;/i&gt; A. est condamn&#233; &#224; une peine plancher de deux ans dont un avec sursis. Les policiers l'entra&#238;nent hors du box, il pleure, il a l'air d'avoir peur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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