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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand la musique cogne</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Les fanfares, l'une apr&#232;s l'autre, soulignent la fin de chaque prise de parole, scellent les d&#233;cisions prises par l'assembl&#233;e et chauffent les esprits pour une guerre sans armes. Quand l'&#233;motion est &#224; son comble, la musique interrompt les palabres. [&#8230;] La musique, le chant, la danse accompagnent le d&#233;bat comme quelque chose d'essentiel, pas d&#233;coratif, indispensable. &#187; On prend cette intensit&#233; mexicaine en pleine gueule quand, enfant, on a connu la musique de salon en observant son oncle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-99-19a14.jpg?1782656383' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Martin Barzilai. Uruguay. Montevideo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les fanfares, l'une apr&#232;s l'autre, soulignent la fin de chaque prise de parole, scellent les d&#233;cisions prises par l'assembl&#233;e et chauffent les esprits pour une guerre sans armes. Quand l'&#233;motion est &#224; son comble, la musique interrompt les palabres.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La musique, le chant, la danse accompagnent le d&#233;bat comme quelque chose d'essentiel, pas d&#233;coratif, indispensable.&lt;/i&gt;&#8202;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Arraitz, Tendre Venin &#8211; de quelques rencontres dans les montagnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On prend cette intensit&#233; mexicaine en pleine gueule quand, enfant, on a connu la musique de salon en observant son oncle savourer la voix d'Ella Fitzgerald, confortablement assis sur son divan et ses pr&#233;jug&#233;s racistes. Qu'&#224; la maison, moins snobs, on &#233;coutait Brel, Brassens ou Ferr&#233;, mais le cul &#233;galement cal&#233; sur une chaise. Et que pour les frissons et l'ivresse, on a d&#251; attendre les pogos du punk &#8211; comme un retour des tribus iroquoises dans les angles morts de la ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; la communaut&#233; a fait faux bond, les lascars s'inventent des rites initiatiques, des tempos transgressifs, en rupture avec une soci&#233;t&#233; qui redoute de les voir grandir et veut les enfermer dans la posture d'&#233;ternels immatures picoreurs de vari&#233;t&#233;s, de nouveaut&#233;s, d'&#233;lectro-gadgets&#8230; &#171; &lt;i&gt;L'ensemble de la vie musicale contemporaine est domin&#233; par la forme de la marchandise&lt;/i&gt;, &#233;crit Adorno d&#232;s 1956. &lt;i&gt;Les derniers vestiges pr&#233;capitalistes ont disparu. La musique, &#224; laquelle on accorde avec g&#233;n&#233;rosit&#233; tous les attributs des choses &#233;th&#233;r&#233;es et sublimes, sert essentiellement &#224; la publicit&#233; des marchandises que l'on doit pr&#233;cis&#233;ment acqu&#233;rir pour pouvoir &#233;couter de la musique&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Theodor W. Adorno, Le Caract&#232;re f&#233;tiche dans la musique, Allia, 2001.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le punk a bouscul&#233; l'absorption du rock'n'roll et de l'insatisfaction juv&#233;nile par le show biz, avant d'y basculer &#224; son tour &#8211; &#171; &lt;i&gt;Know your product&lt;/i&gt; &#187;, raillaient The Saints en 1978. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;coute r&#233;gressive&lt;/i&gt; &#187; que vomit Adorno &#233;loigne la pulsion dionysiaque et les sentiments communs. &#171; &lt;i&gt;La technicisation en tant que telle peut entrer au service de la r&#233;action la plus grossi&#232;re d&#232;s qu'on en fait un f&#233;tiche et qu'elle donne l'impression, par sa perfection, que les questions sociales en suspens ont, en fait, d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;solues&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant fui le nazisme, Adorno &#233;crit depuis son exil am&#233;ricain, effar&#233; par l'uniformisante culture de masse. Mais la noirceur d&#233;finitive de son analyse ne doit pas cacher la for&#234;t des sons de la rue, que l'estampillage &lt;i&gt;world music&lt;/i&gt; n'enbaumera qu'&#224; la marge. Une m&#233;moire et du d&#233;sir, autant que du sang, de la sueur et des larmes, persistent dans ces rythmes, qu'ils se nomment blues, flamenco, cumbia, latin soul, ska, gnawa, klezmer, java, tzig, mandingue, hip-hop, reb&#233;tiko ou maloya. Et c'est ce qui rend leur souffle universel. Parce que la musique populaire, comme la chante l'ami Fantazio, n'est pas un fond sonore pour galerie marchande. Elle est l&#224; pour tout chambouler, tout faire valser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Deux fanfares se d&#233;fient au centre de la place d'Iguala. Les femmes dansent par deux, face &#224; face, ou toute seule, un b&#233;b&#233; endormi au creux de l'&#233;paule. Parfois avec un homme, s'il insiste. Elles sautillent et balancent leurs bras comme pour le d&#233;but d'une bagarre&lt;/i&gt;. [&#8230;] &lt;i&gt;Tout autour de la piste improvis&#233;e qui s'&#233;largit au fur et &#224; mesure que les gens entrent dans la danse, ceux qui reprennent leur souffle invitent les timides &#224; se joindre &#224; la f&#234;te. Et chaque fois que quelqu'un esquisse le premier pas, un torrent de vivats et de sifflets l'accompagne. Le but, c'est d'unir toute la foule, qu'il y ait de moins en moins de spectateurs et de plus en plus de corps en transe frappant le sol en cadence&lt;/i&gt;.&#8202;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Arraitz, Ibid.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans la musique aussi, les puissances collectives liquident l'individualit&#233; condamn&#233;e, mais seuls les individus s'y r&#233;v&#232;lent en revanche capables de repr&#233;senter clairement le d&#233;sir de collectivit&#233;&lt;/i&gt;. &#187; (Adorno encore, dans un sursaut d'optimisme.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'imposant Gertulio, moustache d'une autre r&#233;volution et joues gr&#234;l&#233;es par la variole, fait son entr&#233;e dans le cercle, ventre en avant. Cet homme ne rit jamais, mais les cris l'encouragent &#224; faire un tour d'honneur. &#192; ce moment-l&#224;, tout est permis. Il bouscule les danseurs, s&#233;pare les couples et agite son foulard au-dessus de sa t&#234;te&#8230;&lt;/i&gt;&#8202;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Punk's not dead.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nicolas Arraitz, &lt;i&gt;Tendre Venin &#8211; de quelques rencontres dans les montagnes indiennes du Chiapas et du Guerrero&lt;/i&gt;, Le Ph&#233;romone, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Theodor W. Adorno, &lt;i&gt;Le Caract&#232;re f&#233;tiche dans la musique&lt;/i&gt;, Allia, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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