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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Du blues au dancehall : musiques en r&#233;sistance</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/tradition-musicale" rel="tag"&gt;tradition musicale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les musiques &#171; noires &#187; ou &#171; afro-am&#233;ricaines &#187; d&#233;signent les musiques &#233;labor&#233;es au sein des diasporas des Africains d&#233;port&#233;s sur le continent am&#233;ricain et dans les Cara&#239;bes. Musiques de r&#233;sistance n&#233;es dans l'esclavage et d&#233;velopp&#233;es dans la s&#233;gr&#233;gation, elles se sont brass&#233;es et diffus&#233;es &#224; travers le monde &#224; la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini, chercheur et sp&#233;cialiste des musiques jama&#239;caines, qui a coordonn&#233; le recueil d'articles &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2016).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-105-3519c.jpg?1779603023' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; : Le terme &#171; musiques noires &#187; n'&#233;chappe pas aux controverses sur l'usage des cat&#233;gories raciales. Votre texte &#171; Musique noire : un pl&#233;onasme ? &#187; est une r&#233;ponse &#224; un article du musicologue britannique Philip Tagg &#171; Lettre ouverte sur les musiques &#8220;noires&#8221;, &#8220;afro-am&#233;ricaines&#8221; et &#8220;europ&#233;ennes&#8221; &#187;, qui, derri&#232;re le refus affirm&#233; de l'essentialisation, dissimule mal, selon vous, un &#171; ethnocentrisme exacerb&#233; &#187;. Comment d&#233;finir les &#171; musiques noires &#187; ? Et pourquoi le fait de les qualifier ainsi peut faire pol&#233;mique ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;J&#233;r&#233;mie Kroubo Dagnini :&lt;/strong&gt; Scientifiquement parlant, tout le monde s'accorde &#224; dire que l'utilisation des termes &#171; race &#187;, &#171; Noir &#187; ou &#171; Blanc &#187; est aberrante. La g&#233;n&#233;tique a montr&#233; qu'il n'existe qu'une seule race, la race humaine. Ainsi, il para&#238;t clairement inappropri&#233; pour un chercheur de faire preuve d'ethnocentrisme. Mais pour autant, il doit &#234;tre en mesure, le cas &#233;ch&#233;ant, de reconna&#238;tre et d'accepter les diff&#233;rences socioculturelles des groupes humains. Des principes fondamentaux que Philip Tagg feint d'ignorer, et c'est ce que je lui reproche au fond.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'expression &#171; musique noire &#187; n'a rien d'incongru, il s'agit seulement d'un terme g&#233;n&#233;rique englobant l'ensemble des genres musicaux cr&#233;&#233;s et influenc&#233;s par les Afro-Am&#233;ricains, ces descendants d'esclaves africains qui appartiennent &#224; un groupe ethnique important de la population &#233;tasunienne. Il faut rappeler que l'expression &#171; musique noire &#187; est apparue aux &#201;tats-Unis et qu'il convient donc de d&#233;finir les mots &#171; Noir &#187; et &#171; Blanc &#187;, non pas de mani&#232;re &#171; g&#233;n&#233;rale &#187;, comme le fait Philip Tagg dans son article, mais conform&#233;ment &#224; la tradition intellectuelle am&#233;ricaine dans laquelle un &#171; Noir &#187; repr&#233;sente une personne &#224; la peau fonc&#233;e d'ascendance africaine et un &#171; Blanc &#187; une personne &#224; la peau claire d'ascendance europ&#233;enne. Il faut aussi ajouter qu'&#171; &#234;tre noir &#187; aux &#201;tats-Unis ne se r&#233;duit pas au taux de m&#233;lanine, mais c'est aussi le fruit d'un processus historique. C'est un fait social, ancr&#233; dans la traite n&#233;gri&#232;re et g&#233;n&#233;r&#233; par des rapports sociaux discriminants. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour en revenir aux musiques noires, il s'agit des genres musicaux apparus dans les communaut&#233;s afro-am&#233;ricaines et qui puisent dans des traditions musicales issues d'Afrique noire. De la sorte, le blues, le gospel, le jazz, le swing, le bebop, le rhythm and blues, le rock and roll, la soul, le funk et le rap parmi tant d'autres sont consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant des musiques noires puisque, jusqu'&#224; preuve du contraire, ces musiques sont n&#233;es et se sont d&#233;velopp&#233;es au sein des populations afro-am&#233;ricaines. Il semble toutefois maladroit de cantonner l'expression &#171; musiques noires &#187; ou &#171; musiques afro-am&#233;ricaines &#187; aux &#201;tats-Unis. Il est plus judicieux de l'&#233;tendre &#224; toutes les musiques ayant pris corps dans les diasporas africaines telles que la rumba afro-cubaine, la samba afro-br&#233;silienne, le merengue afro-dominicain, le calypso afro-trinidadien, le zouk afro-antillais et le reggae afro-jama&#239;cain pour ne citer qu'elles. Et pourquoi pas m&#234;me &#233;tendre l'expression aux musiques populaires ayant pris directement corps en Afrique comme le zouglou ivoirien ou la rumba congolaise ? En continuant d'&#233;tirer cette formule langagi&#232;re, la musique &#233;lectronique, elle-m&#234;me, pourrait aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une musique noire puisqu'elle d&#233;rive du dub jama&#239;cain. En fait, il semblerait que la tr&#232;s grande majorit&#233; des musiques populaires contemporaines soient des musiques noires et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui semble d&#233;ranger ce cher Philip Tagg !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, ces musiques noires ne sont-elles pas aussi le produit d'hybridations ? Dans une soci&#233;t&#233; s&#233;gr&#233;gationniste comme les &#201;tats-Unis, la musique a &#233;t&#233; l'une des seules possibilit&#233;s d'un &#233;change, par-del&#224; l'interdit social, entre des cultures diverses qui ont emprunt&#233; les unes aux autres. Pour simple exemple : le creuset musical de la Nouvelle-Orl&#233;ans d'o&#249; a &#233;merg&#233; le jazz au d&#233;but du XXe si&#232;cle. &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Tout &#224; fait, elles sont clairement le fruit d'une hybridit&#233; interculturelle. On retrouve bien entendu des caract&#233;ristiques musicales europ&#233;ennes dans ces genres musicaux, des instruments europ&#233;ens, mais on parle de &#171; musiques noires &#187; tout simplement parce que, quand on &#233;coute ces musiques, ce qui &#171; saute aux oreilles &#187;, ce sont des caract&#233;ristiques musicales issues de la tradition musicale africaine, comme l'appel-r&#233;ponse ou l'improvisation. D'apr&#232;s P. Tagg, la pr&#233;sence de ces traits musicaux dans les musiques &#171; noires &#187; am&#233;ricaines n'est pas forc&#233;ment la cons&#233;quence d'une tradition musicale africaine car, dit-il, on les retrouve &#233;galement dans la tradition musicale europ&#233;enne. D'une certaine mani&#232;re, il n'a pas tort, mais de l&#224; &#224; dire que la pr&#233;sence de l'appel-r&#233;ponse, de l'improvisation, de la syncope ou des &lt;i&gt;blue notes&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La blue note, ou note bleue en fran&#231;ais, est une note interpr&#233;t&#233;e avec une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dans le blues ou le jazz est le fruit du bagage culturel europ&#233;en, je trouve qu'il fait preuve de mauvaise foi. M&#234;me si ces &#233;l&#233;ments existent ci et l&#224; dans la tradition musicale europ&#233;enne, cela ne fait aucun doute qu'ils appartiennent plus que jamais &#224; la tradition musicale africaine, et notamment aux musiques d'Afrique de l'Ouest, d'o&#249; proviennent beaucoup des esclaves d&#233;port&#233;s aux &#201;tats-Unis. Ainsi, bien que m&#233;tiss&#233;es, ces musiques sont qualifi&#233;es de &#171; noires &#187; car les &#233;l&#233;ments musicaux qui dominent sont &#171; noirs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1800 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-107-959ad.jpg?1779646548' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1956, Franz Fanon &#233;voque bri&#232;vement le blues dans sa conf&#233;rence &#171; Racisme et culture &#187; : &#171; &lt;i&gt;Sans oppression et sans racisme pas de blues. La fin du racisme sonnerait le glas de la grande musique noire&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Que pensez-vous de cette affirmation ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Sans esclavage, sans racisme, sans souffrance, pas de blues et pas de musiques noires en g&#233;n&#233;ral. Toutes ces musiques sont apparues comme des exutoires &#224; la captivit&#233; et aux s&#233;vices dont &#233;taient victimes ces Africains d&#233;port&#233;s. Ces musiques permettaient aux esclaves et descendants d'esclaves d'&#233;chapper &#224; la mis&#232;re de leur quotidien. La souffrance est donc effectivement l'essence m&#234;me du blues et de toutes ces musiques issues des Am&#233;riques cr&#233;&#233;es, il faut bien l'avouer, de mani&#232;re compl&#232;tement impr&#233;visible. Car qui aurait pu pr&#233;voir qu'en quelques d&#233;cennies seulement, ces populations noires r&#233;duites &#224; l'&#233;tat de b&#234;tes, traqu&#233;es, viol&#233;es, pendues et br&#251;l&#233;es vives pendant des si&#232;cles allaient cr&#233;er des musiques joyeuses, dansantes, pertinentes, engag&#233;es, spirituelles, nouvelles, transcendantales et universelles comme le blues, le jazz ou le reggae, devenus finalement patrimoine mondial ? Le titre du livre &lt;i&gt;Musiques noires : l'histoire d'une r&#233;sistance sonore&lt;/i&gt;, n'a d'ailleurs rien d'anodin, car le d&#233;nominateur commun de toutes ces musiques est la r&#233;sistance, ce refus de capituler m&#234;me encha&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rock'n'roll, le reggae ou le rap se sont d&#233;clin&#233;s sur tous les continents, en toutes les langues. Finalement ces musiques noires se sont elles-m&#234;mes d&#233;tach&#233;es de leur contexte d'origine pour devenir langage universel. Y voyez-vous un rayonnement ou une forme d'&#171; appropriation culturelle &#187; (selon un concept en vogue sur les campus am&#233;ricains) ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Personnellement, je n'ai rien contre ce que certains critiquent comme &#171; appropriation culturelle &#187;. Tout le monde a le droit de jouer de tout type d'instruments ou de musiques, et encore heureux ! Un monde dans lequel les Blancs joueraient de la cithare, les Noirs du djemb&#233; et les Aborig&#232;nes du didgeridoo serait bien triste et plus que caricatural. En revanche, je suis contre le r&#233;visionnisme. Quand P. Tagg dit que le jazz n'est plus une musique noire parce que, je cite, &#171; &lt;i&gt;le jazz traditionnel&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;a eu un auditoire majoritairement blanc depuis la guerre et le &#8220;Motown&#8221;&lt;/i&gt; [une] &lt;i&gt;majorit&#233; d'auditeurs blancs depuis le milieu des ann&#233;es 1960&lt;/i&gt; &#187;, c'est du r&#233;visionnisme ! Le fait qu'une pr&#233;tendue majorit&#233; de &#171; Blancs &#187; &#233;coute ou joue du jazz n'efface pas soudainement les origines de ce genre musical. Quand bien m&#234;me Elvis Presley fut baptis&#233; par la critique blanche &#171; le roi du rock and roll &#187;, le rock and roll reste une musique noire, un point un trait !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/-106-b7d49.jpg?1779646548' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons le cas de la musique jama&#239;caine &#224; laquelle vous avez consacr&#233; votre th&#232;se. Ce que l'on souligne assez peu, c'est l'extraordinaire vitalit&#233; de la production musicale qui irrigue toute la vie sociale et politique d'une &#238;le &#224; peine plus grande que la Corse. Comment expliquez-vous le ph&#233;nom&#232;ne jama&#239;cain ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;On en revient &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne de r&#233;sistance culturelle. La musique en Jama&#239;que a plus que jamais jou&#233; un r&#244;le de r&#233;sistance pour ces descendants d'Africains d&#233;port&#233;s. Tous les genres musicaux jama&#239;cains, sans exception, ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s par les couches sociales les plus d&#233;favoris&#233;es et, hormis le mento, qui est apparu dans les zones rurales jama&#239;caines &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, sont n&#233;s dans les ghettos de Kingston. Le ska, le rocksteady, le reggae et le dancehall sont des genres musicaux urbains apparus, &#224; l'instar du blues, comme des &#233;chappatoires &#224; la pression sociale. Ils se sont &#233;rig&#233;s comme des sortes d'exutoires &#224; la duret&#233; de la vie, d&#233;non&#231;ant chacun &#224; leur mani&#232;re les maux qui rongent la soci&#233;t&#233; postcoloniale jama&#239;caine. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans mon livre &lt;i&gt;Vibrations jama&#239;caines&lt;/i&gt; (Camion blanc, 2011), je montre comment l'histoire de la musique jama&#239;caine est ancr&#233;e dans l'histoire sociopolitique de l'&#238;le. Les implications sociales et politiques de la musique jama&#239;caine sont l&#233;gion. Je pourrais citer un tas d'exemples &#224; commencer par le morceau &lt;i&gt;Slavery Days&lt;/i&gt; (1975) de Burning Spear qui d&#233;nonce les horreurs de l'esclavage. Dans un autre registre, le titre &lt;i&gt;Forward March&lt;/i&gt; (1962) de Derrick Morgan symbolise l'ind&#233;pendance de l'&#238;le le 6 ao&#251;t 1962. &lt;i&gt;Socialism is Love&lt;/i&gt; (1974) de Max Romeo &#233;voque l'&#232;re socialiste de Michael Manley dans les ann&#233;es 1970. Quant &#224; &lt;i&gt;Trench Town Rock&lt;/i&gt; (1971) des Wailers, c'est la chanson embl&#233;matique de la &#171; &lt;i&gt;ghetto life&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Jama&#239;que. Les artistes jama&#239;cains sont des sortes de journalistes informels qui s'adressent directement aux laiss&#233;s-pour-compte avec un sens aigu du commentaire social. &lt;br class='manualbr' /&gt;Enfin, pourquoi la musique jama&#239;caine a eu un tel impact dans le monde ? C'est plus un concours de circonstances, je pense. Mais il faut bien avouer aussi que le succ&#232;s plan&#233;taire de Bob Marley a contribu&#233; &#224; mettre en lumi&#232;re cette petite &#238;le des Cara&#239;bes ainsi que son vivier musical dense et vari&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; de la musique s'est consid&#233;rablement transform&#233;. Qu'est-ce qui maintient aujourd'hui encore l'esprit de r&#233;sistance des musiques noires ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Le monde &#233;volue tout comme la musique &#233;volue. Peut-&#234;tre que cette notion de &#171; r&#233;sistance &#187; est moins explicite dans la musique noire contemporaine qu'elle ne l'&#233;tait dans le jazz, le blues ou le reggae des ann&#233;es 1970, mais pour autant les musiques noires d'aujourd'hui restent profond&#233;ment subversives. Prenons le cas du dancehall. Avec ses paroles en patois jama&#239;cain &#224; couper au couteau, son rythme fr&#233;n&#233;tique et ses th&#233;matiques ancr&#233;es dans la r&#233;alit&#233; de la rue jama&#239;caine, il se d&#233;marque tr&#232;s clairement des autres genres musicaux urbains comme le rap et r&#233;siste en quelque sorte &#224; l'imp&#233;rialisme culturel anglo-am&#233;ricain. Je pense donc que la r&#233;sistance a simplement chang&#233; de visage, tout comme le monde change continuellement de visage, mais qu'elle reste porteuse de la continuit&#233; et de l'&#233;nergie des musiques noires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La &lt;i&gt;blue note&lt;/i&gt;, ou note bleue en fran&#231;ais, est une note interpr&#233;t&#233;e avec une alt&#233;ration d'un demi-ton au maximum vers le haut ou le bas, qu'on retrouve typiquement dans le blues puis le jazz. On parle aussi de notes tordues, floues ou flottantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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