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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Non-candidature indig&#232;ne contre projets de mort</title>
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		<dc:creator>Louise Wailly, TomJo</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;La proposition zapatiste d'une candidature indig&#232;ne aux pr&#233;sidentielles mexicaines de 2018 aura surpris tout le monde. &#192; commencer par les membres du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI). Mais la force de l'arm&#233;e zapatiste (EZLN) n'est-elle pas d'&#234;tre toujours l&#224; o&#249; on ne l'attend pas ? Et d'ailleurs, sera-t-elle vraiment de la partie &#233;lectorale ? CQFD a envoy&#233; deux reporters dans les montagnes du Sud-Est mexicain pour tirer cette histoire au clair. Aguas Azules, chiapas, Mex., 9 janvier 2015 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La proposition zapatiste d'une candidature indig&#232;ne aux pr&#233;sidentielles mexicaines de 2018 aura surpris tout le monde. &#192; commencer par les membres du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI). Mais la force de l'arm&#233;e zapatiste (EZLN) n'est-elle pas d'&#234;tre toujours l&#224; o&#249; on ne l'attend pas ? Et d'ailleurs, sera-t-elle vraiment de la partie &#233;lectorale ? &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; deux reporters dans les montagnes du Sud-Est mexicain pour tirer cette histoire au clair.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1833 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH352/-135-30069.jpg?1768700644' width='500' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;I hope today money doesn't make me do stupid things&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Artemio Rodriguez
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aguas Azules, chiapas, Mex., 9 janvier 2015 &lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Les communaut&#233;s tzeltales acquises au zapatisme bloquent la route d'acc&#232;s &#224; cinq magnifiques cascades. L&#224;, o&#249; les touristes ont pour habitude de se baigner avant de repartir avec quelque artisanat local, le gouvernement mexicain a en projet des complexes h&#244;teliers luxueux et des golfs, apr&#232;s spoliation des territoires indiens. Il envoie donc mille de ses militaires tirer &#224; balles r&#233;elles sur ces familles impudentes qui veulent rester ma&#238;tres en leur demeure. Deux ans plus tard, au pied des cascades, nous croisons un artisan : &#171; &lt;i&gt;Ils peuvent toujours revenir, ils n'auront pas nos terres&lt;/i&gt; &#187;, nous dit-il avec assurance. Son regard, pourtant paisible, p&#232;se autant qu'un communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme &#231;a partout, tout le temps. Quand l'&#201;tat mexicain d&#233;cide de &#171; d&#233;velopper &#187; un territoire indig&#232;ne, il enl&#232;ve, torture, emprisonne, viole ou livre aux narcos les r&#233;calcitrants. Ici, tout le monde se souvient des 43 &#233;tudiants d'Ayotzinapa, toujours port&#233;s disparus. &#171; &lt;i&gt;Depuis 2009-2010, la violence d'&#201;tat a explos&#233;&lt;/i&gt;, nous explique Oscar, libraire de la Cosecha &#224; San Crist&#243;bal de las Casas. &lt;i&gt;On ne peut plus parler de guerre de basse intensit&#233;, comme on le faisait il y a vingt ans, mais de guerre asym&#233;trique&lt;/i&gt;. &#187; Ici, la moindre patrouille de police municipale ressemble &#224; un commando de forces sp&#233;ciales. Et pas seulement au Chiapas. C'est contre ces violences impunies et la militarisation galopante du Mexique que le Congr&#232;s national indig&#232;ne, appuy&#233; par l'EZLN, se pr&#233;sente aux pr&#233;sidentielles de 2018 : comme le dernier moyen de r&#233;soudre &#224; peu pr&#232;s pacifiquement la question des spoliations et violences faites aux Indiens. &#192; ceci pr&#232;s que&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceci n'est pas une candidature&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est un coup d'&#233;checs. Pass&#233;e la surprise de cette annonce, alors qu'on en &#233;tait rest&#233;s &#224; la position zapatiste d'un rejet d&#233;finitif de toute la classe politique, les sous-commandants insurg&#233;s Galeano et Moises doivent mettre les points sur les i. Le CNI et l'EZLN ne gagneront pas les &#233;lections, tant &#171; &lt;i&gt;la fraude n'est pas une anomalie du syst&#232;me &#233;lectoral mexicain&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ici une voix s'ach&#232;te avec 500 pesos (25 euros). Ils disent surtout que &#171; &lt;i&gt;s'ils gagnent&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;ils ne pourront rien faire de transcendant, car l&#224;-bas en haut, il n'y a rien &#224; faire&lt;/i&gt;. &#187; Mais alors pourquoi, est-on en droit de se demander ? Ce qui compte finalement, c'est &#171; &lt;i&gt;le d&#233;fi, l'irr&#233;v&#233;rence, l'insoumission, le dynamitage de l'image de l'indig&#232;ne objet d'aum&#244;ne et de piti&#233;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; de l'EZLN, &#171; Une histoire pour essayer de comprendre &#187;, 17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Certes, la candidature sera port&#233;e par une femme &#8211; plus qu'un symbole au pays des f&#233;minicides massifs et banalis&#233;s &#8211; , mais elle le sera surtout par un Conseil indig&#232;ne de gouvernement repr&#233;sentatif de &#171; &lt;i&gt;ces Mexiques d'en bas &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187;, comme on dit dans les bistrots de San Crist&#243;bal. Quand bien m&#234;me le gouvernement mexicain utilise le repoussant Donald Trump pour faire diversion, l'ennemi reste Pe&#241;a Nieto, le pr&#233;sident mexicain. Et c'est bien ici que les indig&#232;nes font face aux mensonges et aux vilenies racistes et misogynes colport&#233;es par des m&#233;dias qui ne savent pas lire un communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceci n'est pas une candidature zapatiste&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est celle de milliers de communaut&#233;s indig&#232;nes qui, contrairement &#224; l'image qu'on voudrait bien garder d'elles, n'ont pas besoin d'&#234;tre manipul&#233;es par une obscure avant-garde pour penser strat&#233;gie. Certes, l'id&#233;e vient de l'EZLN, mais elle a &#233;t&#233; discut&#233;e pendant trois mois dans tout le Mexique par des communaut&#233;s qui n'ont rien &#224; envier aux zapatistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que nous le raconte le &lt;i&gt;compa&#241;ero&lt;/i&gt; Siete Nubes, du Comit&#233; de soutien aux peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) : &#171; &lt;i&gt;Le CNI a une longue histoire de vingt ans, et il regroupe de nombreuses communaut&#233;s indiennes de tout le pays, avec des exp&#233;riences de lutte extr&#234;mement fortes, et totalement autonomes dans leur mode d'organisation par rapport &#224; l'EZLN : les Yaquis, Cher&#225;n, Ostula, Xochistlahuaca, Amilcingo, les Chinant&#232;ques, les Mayas du Yucat&#225;n, Tila, les communaut&#233;s du Guerrero et beaucoup d'autres... Chacune avec ses combats, ses morts, ses disparus, son histoire de r&#233;cup&#233;ration des terres, d'organisation communautaire autonome, ses propres langues, usages, traditions&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Cette candidature d&#233;passe donc le seul Chiapas et se diff&#233;rencie de tout parti politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &lt;strong&gt;ceci n'est pas une promesse de changement&lt;/strong&gt; comme le ferait n'importe quel sauveur charismatique de la gauche, du genre de ceux qu'on trouve au Mexique ou en Europe. Quand ils pr&#233;tendent &#171; &lt;i&gt;d&#233;monter le pouvoir d'en haut pour le reconstruire d'en bas&lt;/i&gt; &#187;, ce n'est pas un programme mais une r&#233;alit&#233; qui veut se faire conna&#238;tre &#224; travers toute la g&#233;ographie am&#233;ricaine, des Sioux du Dakota aux Mapuche du Chili. Comme l'affirme J&#233;r&#244;me Baschet, rencontr&#233; &#224; San Crist&#243;bal, &#171; &lt;i&gt;cette candidature ne signifie aucun renoncement &#224; l'autonomie, elle est un moyen de trouver un biais offensif et d&#233;fensif pour permettre aux communaut&#233;s attaqu&#233;es par l'&#201;tat et les narcotrafiquants de se retrouver et de tisser des liens. Le but n'est pas d'&#234;tre &#233;lu mais de continuer &#224; inventer une autre r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Passer par un village zapatiste, c'est croiser une &#233;cole et une clinique autonomes, mais aussi une &lt;i&gt;junta de buen gobierno&lt;/i&gt; dans laquelle &#171; &lt;i&gt;le peuple commande et le gouvernement ob&#233;it&lt;/i&gt; &#187;. Pour programme, il y a donc 23 ans de r&#233;bellion zapatiste, 500 ans de r&#233;sistance indig&#232;ne. La campagne aura pour enjeu principal de faire conna&#238;tre ceux qui s'organisent d&#233;j&#224;, et de sortir de la marginalisation m&#233;diatique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceci n'est pas un projet de gouvernement indig&#232;ne de &#171; d&#233;veloppement &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme le craignent les plus farouches anti-&#233;lectoralistes. Partout et tout le temps, disions-nous, l'&#201;tat mexicain attaque les Indiens et les &#233;vince de leurs terres. Mais que ce soit contre des projets miniers ou de gazoduc dans le Michoac&#225;n, que ce soit les Mayas contre l'agriculture transg&#233;nique dans le Yucat&#225;n, ou contre des projets d'autoroute et d'h&#244;tel dans le Quintana Roo ou le Chiapas, les communaut&#233;s ne luttent pas contre ce qu'elles appellent des &#171; projets de mort &#187; pour les g&#233;rer elles-m&#234;mes et en r&#233;cup&#233;rer les fruits pourris. &#171; &lt;i&gt;Les Indiens sont attach&#233;s &#224; ce qu'ils appellent leur Terre-m&#232;re &lt;/i&gt; &#187;, nous rappelle Oscar. Et ils entretiennent avec elle un respect mutuel et un &#233;quilibre dict&#233;s par une cosmologie qu'un Occidental peine &#224; saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre les mots du &lt;i&gt;compa&lt;/i&gt; du CSPCL, &#171; &lt;i&gt;les gens qui vont participer au Conseil indig&#232;ne de gouvernement, c'est Tila, qui a br&#251;l&#233; et d&#233;truit son palais municipal apr&#232;s en avoir chass&#233; les fonctionnaires ; c'est Cher&#225;n, qui a pris les armes contre les narcos et banni les partis politiques au profit d'un gouvernement coll&#233;gial nomm&#233; par assembl&#233;es de quartier ; c'est les Yaquis et leur gouvernement traditionnel ; c'est Xochistlahuaca qui avait cr&#233;&#233; sa commune autonome, etc&lt;/i&gt;. &#187; Bref, pas vraiment des courtisans de palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceci n'est pas un article sur une candidature...&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;ou une non - candidature - d'un groupe arm&#233;, ou d'un groupe arm&#233; qui soutient un conseil indig&#232;ne, ou d'autre chose encore. C'est plut&#244;t, si l'on a bien saisi les motifs du CNI et de l'EZLN, une occasion saisie de profiter du coup de projecteur port&#233; sur le Mexique pour faire part de ces exp&#233;riences d'autonomie et de r&#233;sistances - qui sont peut-&#234;tre plus puissantes ici que nulle part ailleurs dans le monde - &#224; la d&#233;possession, au saccage environnemental et culturel, &#224; la prol&#233;tarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec aussi quand m&#234;me des doutes, comme ceux qu'&#233;met Felipe, de l'association Espoir Chiapas : &#171; &lt;i&gt;Voyons s'ils vont r&#233;ussir &#224; se rapprocher des groupes de luttes citoyennes et des syndicats, voyons s'ils vont r&#233;ussir &#224; rassembler au-del&#224; du CNI&lt;/i&gt;. &#187; Et faire de cette lutte contre le &#171; syst&#232;me-monde capitaliste &#187;, comme on dit ici, une lutte universelle qui d&#233;passe la question indienne, tant le rouleau compresseur industriel d&#233;truit le monde, partout et tout le temps. Paroles de non-Indig&#232;nes de passage dans le Sud-Est mexicain, et en lutte contre le syst&#232;me-monde depuis le sud-est des Flandres !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Communiqu&#233; de l'EZLN, &#171; Une histoire pour essayer de comprendre &#187;, 17 novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise au pays du p&#233;tro-chavisme</title>
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		<dc:date>2014-03-17T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Oscar Ratito</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; La pr&#233;sentation des faits est si souvent m&#234;l&#233;e &#224; la propagande des factions en pr&#233;sence qu'il est difficile de prendre une position critique &#187;, observe Simon Rodriguez Porras[[Porras est membre du parti Socialismo y Libertad. &#171; Que se passe-t-il au Venezuela ? &#187;, sur le site du centre Tricontinental cetri.be] dans un texte s&#233;v&#232;re sur la responsabilit&#233; du r&#233;gime post-Ch&#225;vez dans les r&#233;centes manifestations du mois de f&#233;vrier. Dans ce contexte de guerre m&#233;diatique et de bipolarisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Venezuela" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maduro" rel="tag"&gt;Maduro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/San-Cristobal" rel="tag"&gt;San Crist&#243;bal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rafael-Uzcategui" rel="tag"&gt;Rafael Uzc&#225;tegui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestent-suite" rel="tag"&gt;manifestent suite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emiliano-Teran" rel="tag"&gt;Emiliano Teran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etat-frontalier" rel="tag"&gt;&#233;tat frontalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viol-d-une" rel="tag"&gt;viol d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Maduro" rel="tag"&gt;Nicol&#225;s Maduro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rente-petroliere" rel="tag"&gt;rente p&#233;troli&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La pr&#233;sentation des faits est si souvent m&#234;l&#233;e &#224; la propagande des factions en pr&#233;sence qu'il est difficile de prendre une position critique&lt;/i&gt; &#187;, observe Simon Rodriguez Porras&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Porras est membre du parti Socialismo y Libertad. &#171; Que se passe-t-il au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dans un texte s&#233;v&#232;re sur la responsabilit&#233; du r&#233;gime post-Ch&#225;vez dans les r&#233;centes manifestations du mois de f&#233;vrier. Dans ce contexte de guerre m&#233;diatique et de bipolarisation extr&#234;me, nous avons essay&#233; de recueillir quelques clefs d'analyse aupr&#232;s de plusieurs observateurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens pour mieux comprendre ces signes d'&#233;rosion du chavisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour remonter &#224; l'origine du mouvement de contestation actuel, le 4 f&#233;vrier dernier, des &#233;tudiants de San Crist&#243;bal dans le T&#225;chira &#8211; un &#233;tat frontalier de la Colombie qui conna&#238;t des services publiques d&#233;ficients &#8211;, manifestent suite au viol d'une de leurs camarades et subissent la r&#233;pression de la police qui se solde par 6 arrestations. Un mouvement de solidarit&#233; s'&#233;tend &#224; d'autres universit&#233;s du pays et tr&#232;s vite, les protestations d&#233;bordent le sujet de l'ins&#233;curit&#233; pour cibler la politique &#233;conomique du pr&#233;sident Nicol&#225;s Maduro. Fin janvier, avec le soutien du patronat, Maduro avait annonc&#233; de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233;, augment&#233; les imp&#244;ts et d&#233;valu&#233; la monnaie &#8211; l'ann&#233;e 2013 ayant enregistr&#233; une inflation de 56 %. Le 12 f&#233;vrier 2014, les manifestations touchent 18 villes. Leopoldo L&#243;pez ou Mar&#237;a Corina Machado, figures de l'opposition de droite ultralib&#233;rale, saisissent l'occasion pour se poser en d&#233;fenseurs des droits de l'homme et r&#233;clamer la destitution de Maduro, sans pour autant r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer toute la contestation. Le 18 f&#233;vrier, Leopoldo L&#243;pez, accus&#233; d'incitation &#224; la d&#233;linquance pour la manifestation du 12 f&#233;vrier, laquelle a caus&#233; la mort de trois personnes, joue la carte de la victimisation et met en sc&#232;ne sa reddition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH414/p03-venezuelacqfd-120-7f26e.jpg?1768658203' width='500' height='414' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un mois de manifestations, on comptait une vingtaine de morts, dont au moins dix tue&#769;s par les forces de l'ordre et les groupes paramilitaires pro-gouvernement, plusieurs centaines de blesse&#769;s, parfois par armes &#224; feu, et des cas av&#233;r&#233;s de traitements d&#233;gradants contre des manifestants arr&#234;t&#233;s, ainsi que des arrestations arbitraires &#224; l'encontre de journalistes. Deux policiers ont &#233;galement perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pays, on s'accorde &#224; dire que Maduro n'a pas le charisme de Chavez et que, si les classes populaires n'ont pas d&#233;fil&#233; avec les &#233;tudiants, le pouvoir n'a pas non plus obtenu l'appui des masses chavistes, que son pr&#233;d&#233;cesseur aurait imm&#233;diatement activ&#233; dans pareille situation. A l'extr&#234;me gauche, certains observent une droitisation du r&#233;gime. Simon Rodriguez Porras &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;On assiste&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#224; une utilisation accrue de l'appareil r&#233;pressif et administratif pour r&#233;soudre les conflits sociaux.&lt;/i&gt; &#187; Rafael Uzc&#225;tegui, membre du journal anarchiste&lt;i&gt; El Libertario&lt;/i&gt;, joint par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous fait observer que &#171; &lt;i&gt; le peu de manifestations en faveur de Maduro &#8211; exclusivement &#224; Caracas &#8211; ont mobilis&#233; essentiellement les fonctionnaires publics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, beaucoup de compagnons de route du &#171; processus bolivarien &#187; gardent en m&#233;moire le &#171; Caracazo &#187; de f&#233;vrier 1989, o&#249; 3 000 pauvres des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; avaient &#233;t&#233; abattus sommairement par la police d'un gouvernement social-d&#233;mocrate &#8211; qui appliquait docilement les mesures du FMI &#8211;, mais aussi la tentative de coup d'&#201;tat contre Chavez en 2002, ressentent une grande inqui&#233;tude et un profond malaise face aux &#233;v&#233;nements r&#233;cents. Ainsi, Emiliano Teran, socioloque et &#233;cologiste, contact&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, d&#233;plore &#224; la fois &#171; &lt;i&gt;les regrettables exc&#232;s&lt;/i&gt; &#187; de la Garde nationale bolivarienne &#8211; sorte de milice politique &#8211; et condamne &#171; &lt;i&gt;la r&#233;alit&#233; de l'agression fasciste que vit le Venezuela &lt;/i&gt; &#187;. Liliane Blaser&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a r&#233;alis&#233; le documentaire La Otra mirada, sur le regard des enfants des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, anthropologue et cin&#233;aste d'origine suisse, r&#233;sidente v&#233;n&#233;zu&#233;lienne depuis trente ans, nous confie : &#171; &lt;i&gt;La police et l&#180;arm&#233;e v&#233;n&#233;zu&#233;liennes ont fait un grand effort pour se former au respect des droits humains, cela ne veut pas dire que c&#180;est acquis une fois pour toutes.&lt;/i&gt; &#187; Pour autant, ils partagent l'id&#233;e que ces manifestations, dont le caract&#232;re de classe &#8211; c'est-&#224;-dire rassemblant majoritairement des fractions de la bourgeoisie&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela a &#233;t&#233; le cas surtout &#224; Caracas. Dans le reste du pays, touch&#233; par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; leur para&#238;t incontestable, ne sont pas un &#171; &lt;i&gt;soul&#232;vement populaire spontan&#233;&lt;/i&gt; &#187;, nous dit Emiliano Teran. &#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, Maduro cherche la carte de l'apaisement tout en d&#233;non&#231;ant un complot international contre le Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'enjeu du conflit r&#233;side dans la gestion de la rente p&#233;troli&#232;re, v&#233;ritable cas d'&#233;cole en &#233;conomie, comme nous l'explique Emiliano Teran Mantovani : &#171; &lt;i&gt;Au Venezuela, on assiste &#224; un affrontement id&#233;ologique clair depuis la mort de Ch&#225;vez : tout tourne autour du contr&#244;le de la rente p&#233;troli&#232;re, du maintien ou du d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me de captation de cette rente, &#224; la fois par les &#233;lites locales et par des puissances &#233;trang&#232;res. Il faut &#234;tre ing&#233;nu pour ne pas y voir, par-dessus tout, un affrontement g&#233;opolitique o&#249; les USA jouent un r&#244;le-cl&#233;.&lt;/i&gt; &#187; En effet, l'interventionnisme US en son pr&#233; carr&#233; latino fait du risque de &lt;i&gt;golpe&lt;/i&gt; (coup d'&#233;tat) autre chose qu'un simple fantasme parano&#239;aque ou qu'une grosse ficelle politicarde pour faire silence dans les rangs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, Rafael Uzc&#225;tegui rappelle que &#171; &lt;i&gt; la vraie ambassade des &#201;tats-Unis au Venezuela se nomme Chevron&lt;/i&gt; [deuxi&#232;me compagnie p&#233;troli&#232;re &lt;i&gt;yankee&lt;/i&gt; &#8211; ndlr], &lt;i&gt;dont le responsable pour l'Am&#233;rique latine, Al&#237; Moshiri, a d&#233;clar&#233; &#224; de multiples reprises n'avoir aucun type de probl&#232;mes pour faire des affaires avec le gouvernement bolivarien&lt;/i&gt; &#187;. Rafael souligne les failles structurelles d'un syst&#232;me rentier qui n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;pondre aux besoins &#233;conomiques les plus &#233;l&#233;mentaires de sa population : &#171; &lt;i&gt; Le Venezuela vend son &#233;nergie au monde entier et importe 80 % des produits qui se consomment dans le pays. Comme jamais auparavant, l'&#233;conomie d&#233;pend du dollar, qui profite &#224; une bourgeoisie parasite &#233;tatique, dont l'activit&#233; principale est de sp&#233;culer sur les importations au march&#233; noir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est alors la responsabilit&#233; de l'&#201;tat chaviste dans la corruption et la p&#233;nurie auxquelles le pays fait face ? &#171; &lt;i&gt;Ch&#225;vez avait lui-m&#234;me qualifi&#233; son projet de &#8220;socialisme p&#233;trolier&#8221;&lt;/i&gt;, souligne Rafael Uzc&#225;tegui, qui pr&#233;cise que &#171; &lt;i&gt;l'argent du p&#233;trole a corrompu jusqu'aux mouvements sociaux qui ont abandonn&#233; leur autonomie pour go&#251;ter au produit de la rente p&#233;troli&#232;re. Pour r&#233;sumer &#224; l'extr&#234;me, depuis les quinze derni&#232;res ann&#233;es, la bipolarit&#233; politique du Venezuela est le produit de l'affrontement de deux bourgeoisies, l'une lib&#233;rale, l'autre bureaucratique, pour le contr&#244;le de la rente p&#233;troli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la d&#233;cennie d'Hugo Chavez a &#233;t&#233; une p&#233;riode de la lutte contre les in&#233;galit&#233;s montr&#233;e comme exemplaire sur le continent sud-am&#233;ricain avec un recul de la proportion de pauvres passant de 48,6 % &#224; 27,8 %, soit encore neuf millions de personnes. Les r&#233;formes sociales sont-elles toujours &#224; l'agenda du gouvernement Maduro ? &#171; [Le processus bolivarien] &lt;i&gt;a fait plus qu'aucun gouvernement ant&#233;rieur en mati&#232;re d'alimentation, d'&#233;ducation, de sant&#233;, et d'habitat&lt;/i&gt;, appuie Liliane Blaser. &lt;i&gt;Cependant il y reste encore une grande &#8220;dette sociale&#8221; &lt;/i&gt; [vis-&#224;-vis des plus pauvres]. &#187; L'analyse mat&#233;rialiste de Rafael Uzc&#225;tegui est plus s&#232;che : &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; la hausse des prix p&#233;troliers sur le march&#233; international de 2004 &#224; 2009, le gouvernement Ch&#225;vez a dispos&#233; des plus grandes recettes &#233;tatiques de l'histoire v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de ces trente derni&#232;res ann&#233;es. &#192; partir du 2005, on a effectivement promu des politiques sociales compensatoires, qui ont ind&#233;niablement eu un impact positif sur le niveau de vie des plus pauvres, gr&#226;ce &#224; une augmentation du pouvoir d'achat. Cependant, ces programmes &#233;taient d&#233;pendants du prix mondial du p&#233;trole et ils ont laiss&#233; de c&#244;t&#233; les r&#233;formes structurelles n&#233;cessaires &#224; la r&#233;sorption des causes profondes de la pauvret&#233; dans le pays. Depuis deux ans, ces programmes sont stagnants voire en baisse. L'&#233;tat d&#233;sastreux du r&#233;seau d'h&#244;pitaux publics dans le pays en est un exemple. Cela permet de soulever encore un paradoxe au sein de ce gouvernement autoproclam&#233; socialiste : tous les employ&#233;s de l'&#201;tat ont recours &#224; des assurances dans les cliniques du secteur priv&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simon Rodriguez Porras se montre sans concessions sur la situation sociale du pays : &#171; &lt;i&gt;Pr&#232;s des trois quarts des travailleurs du secteur public gagnent des salaires inf&#233;rieurs au co&#251;t du panier alimentaire, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de deux fois le montant du salaire minimum. C'est seulement chez les militaires que les augmentations de salaires sont sup&#233;rieures &#224; l'inflation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, aujourd'hui, l'arm&#233;e contr&#244;le de larges secteurs de l'administration publique et des affaires, l&#233;gales ou non. Plus encore que le soutien populaire dont b&#233;n&#233;ficiait feu Ch&#225;vez, l'arm&#233;e est aujourd'hui la v&#233;ritable &#233;pine dorsale du syst&#232;me et peut-&#234;tre l'ultime b&#233;n&#233;ficiaire du post-chavisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://remycattelain.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Porras est membre du parti Socialismo y Libertad. &#171; Que se passe-t-il au Venezuela ? &#187;, sur le site du centre &lt;a href=&#034;http://www.cetri.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tricontinental cetri.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a r&#233;alis&#233; le documentaire &lt;i&gt;La Otra mirada&lt;/i&gt;, sur le regard des enfants des quartiers populaires apr&#232;s la grande r&#233;volte sociale du 27 f&#233;vrier 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cela a &#233;t&#233; le cas surtout &#224; Caracas. Dans le reste du pays, touch&#233; par les p&#233;nuries, les manifestations drainent un ensemble social plus populaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les zapatistes sont toujours l&#224; !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> J&#233;r&#244;me Baschet</dc:creator>


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&lt;p&gt;Loin des leaders charismatiques et des causes purement exotiques, les zapatistes refont parler d'eux. Des habitants de San Crist&#243;bal de Las Casas tirent un premier bilan de la r&#233;cente action d'&#233;clat &#8211; bien que silencieuse &#8211; des communaut&#233;s rebelles du Chiapas. Depuis la grande marche du 13 Baktun, ce jour du 21 d&#233;cembre 2012 o&#249; plus de quarante mille zapatistes ont occup&#233; silencieusement plusieurs villes du Chiapas, la marmite maya n'a cess&#233; de bouillir. Dans les villages tzeltales, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baktun" rel="tag"&gt;Baktun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin des leaders charismatiques et des causes purement exotiques, les zapatistes refont parler d'eux. Des habitants de San Crist&#243;bal de Las Casas tirent un premier bilan de la r&#233;cente action d'&#233;clat &#8211; bien que silencieuse &#8211; des communaut&#233;s rebelles du Chiapas&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire CQFD n&#176; 107.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la grande marche du 13 Baktun, ce jour du 21 d&#233;cembre 2012 o&#249; plus de quarante mille zapatistes ont occup&#233; silencieusement plusieurs villes du Chiapas, la marmite maya n'a cess&#233; de bouillir. Dans les villages tzeltales, tzotziles, tojolabales et choles, on s'affaire. Dans les Caracoles, on construit de nouveaux b&#226;timents, de nouvelles places. Les r&#233;unions se succ&#232;dent. On consulte, on redistribue les t&#226;ches. &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de travail&lt;/i&gt; &#187;, rapportent les bases d'appui zapatistes. &#171; &lt;i&gt;On se pr&#233;pare depuis longtemps&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#199;a va bient&#244;t commencer&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH297/p04-zapata-097ae.png?1768657581' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui, &#224; San Crist&#243;bal de Las Casas, vivent dor&#233;navant entre soulagement, euphorie et attente. Les adh&#233;rents de la Sixi&#232;me D&#233;claration de la Selva Lacandona, lanc&#233;e par l'EZLN en 2005, &#233;changent leurs impressions : &#171; &lt;i&gt;Enfin ! Il &#233;tait temps ! &#199;a fait un moment qu'on attendait &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Paolo, c&#233;l&#233;brant la fin de quatre ann&#233;es de silence quasi complet de l'Ejercito zapatista et de repli relatif des communaut&#233;s indiennes. &#171; &lt;i&gt;Ils ont bris&#233; le blocus m&#233;diatique, et cela de mani&#232;re surprenante, imaginative, en associant politique et po&#233;sie ; c'est pour cela qu'ils ont r&#233;ussi &#224; toucher le c&#339;ur des gens.&lt;/i&gt; &#187; Pour Jasm&#237;n, habitante de San Crist&#243;bal, c'est &#171; &lt;i&gt;une bouff&#233;e d'air frais, dans un moment de d&#233;sesp&#233;rance pour le pays, avec le retour du PRI.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti r&#233;volutionnaire institutionnel, qui a tenu le pouvoir pendant des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Je suis &#233;mue de penser qu'ils peuvent toujours construire des r&#233;seaux d'espoir. Ils ont des propositions. Ils ont avec eux plein de jeunes qui n'&#233;taient pas l&#224; en 1994. Ils ont beaucoup avanc&#233; avec l'autonomie.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;C'est le moment d'apprendre de l'exp&#233;rience des communaut&#233;s zapatistes, de leur g&#233;n&#233;rosit&#233;, de leur force&lt;/i&gt;, s'enthousiasme son amie No&#233;mi. &lt;i&gt;C'est incroyable ce qu'ils arrivent &#224; faire avec si peu de moyens. Ce qu'ils sont capables de montrer, nous n'en avons pas encore mesur&#233; la valeur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les doutes et l'inqui&#233;tude sont &#224; fleur de peau. Forte d'une longue exp&#233;rience due &#224; sa participation &#224; des mouvements de lutte en Am&#233;rique centrale, Victoria reste dubitative : &#171; &lt;i&gt;On attend toujours de comprendre o&#249; ils veulent en venir !&lt;/i&gt; &#187; Paolo, lui, craint qu'ils ne s'enferrent &#224; nouveau &#171; &lt;i&gt;dans le petit jeu du pugilat avec la gauche &#233;lectorale&lt;/i&gt; &#187;, qui a tant contribu&#233; &#224; l'isolement des zapatistes apr&#232;s l'Autre campagne de 2006. Pour Jasm&#237;n, le risque est que la soci&#233;t&#233; civile mexicaine ne soit pas &#224; la hauteur des propositions zapatistes. Mais Victoria, pour le coup, met ses doutes de c&#244;t&#233; : &#171; L&lt;i&gt;a soci&#233;t&#233; civile va peut-&#234;tre enfin se mobiliser, apr&#232;s toutes les invitations qu'ils nous ont faites. Je pense que cela va arriver&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'impressionnante mobilisation surprise du solstice d'hiver, les communiqu&#233;s de l'EZLN se succ&#232;dent &#224; un rythme quasi quotidien. Rien &#224; voir avec l'abstinence communicative des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, dont on comprend aujourd'hui qu'elle ne t&#233;moignait pas d'une d&#233;composition de l'EZLN &#8211; comme les m&#233;dias et les intellectuels bien-pensants l'avaient un peu trop vite proclam&#233; &#8211; mais d'un travail silencieux de pr&#233;paration. Tant&#244;t il s'agit de fac&#233;ties du sup Marcos qui se croque, &#224; moiti&#233; nu, sous une pluie de fl&#232;ches lanc&#233;es par ses critiques. Tant&#244;t c'est un tr&#232;s officiel communiqu&#233; adress&#233; au pr&#233;sident de la R&#233;publique et &#224; son gouvernement, rebaptis&#233;s Ali Baba et les quarante voleurs, comportant seulement le dessin d'un vigoureux doigt d'honneur au pr&#233;sident Pe&#241;a Nieto, en r&#233;ponse au lancement tr&#232;s m&#233;diatique de sa croisade nationale contre les pauvres&#8230; pardon, contre la faim, et ce, rien moins qu'&#224; Las Margaritas, l'une des villes occup&#233;es par l'EZLN en 1994 et, &#224; nouveau, &#224; la fin de l'an dernier. Une vraie provocation, &#224; la lisi&#232;re de la zone d'influence zapatiste ! Tant&#244;t, encore, l'EZLN annonce la nomination d'un deuxi&#232;me sous-commandant en la personne de l'ex-lieutenant-colonel tzeltal Mois&#233;s, signe d'une importante r&#233;organisation interne. Le tout accompagn&#233;, &#224; chaque fois, de clips, pour le plaisir de la danse, pour faire un tour du monde des r&#233;f&#233;rences musicales zapatistes, ou encore de dessins anim&#233;s politico-humoristiques&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme celui, inspir&#233; de Thomas C. Douglas, o&#249; des souris, heureuses de leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette nouvelle &#233;tape de la lutte zapatiste, qui se d&#233;voile en prenant son temps &#8211; ce qui met &#224; l'&#233;preuve bien des impatiences occidentales &#8211;, ce que l'on sait est d&#233;j&#224; substantiel. Les deux organes n&#233;s de la Sixi&#232;me d&#233;claration de la Selva Lacandona, en 2005, l'Autre Campagne, rassemblant organisations et collectifs mexicains, et la Zesta Internacional &#8211; qui aurait d&#251; mener &#224; l'organisation d'une nouvelle rencontre &#171; &lt;i&gt;intergalactique&lt;/i&gt; &#187; &#8211; fusionnent dans ce qui se d&#233;nomme d&#233;sormais &#171; La Sexta &#187; : non pas une organisation centralis&#233;e, mais un r&#233;seau de luttes anticapitalistes. Il est mis fin ainsi &#224; une s&#233;paration entre les actions propres au Mexique et celles qui se d&#233;roulent ailleurs. Il n'y a plus m&#234;me lieu de parler du &#171; national &#187; et de &#171; l'international &#187; : la Sexta nouvelle version se donne un seul terrain d'action, la plan&#232;te Terre. Certes, la dimension internationale du mouvement zapatiste n'est pas nouvelle et remonte &#224; la Rencontre intercontinentale pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme de 1996. Mais, pour une organisation comme l'EZLN, dont le nationalisme visc&#233;ral a pu d&#233;concerter nombre de sympathisants europ&#233;ens, c'est un pas consid&#233;rable. De fait, le sous-commandant Marcos ne signe plus ses messages de son traditionnel &#171; &lt;i&gt;Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain&lt;/i&gt; &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;Depuis n'importe quel recoin de n'importe quel monde&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communiqu&#233;s soulignent qu'il n'est plus gu&#232;re n&#233;cessaire de d&#233;battre du Non qui nous rassemble, &#224; savoir un anticapitalisme cons&#233;quent, &#171; &lt;i&gt;en bas &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187; et hors de la voie &#233;tatique et &#233;lectorale. Il convient d&#233;sormais de nous concentrer sur les Oui, sur ce que nous voulons construire. D'o&#249; les questions : &#171; &lt;i&gt;Quel monde voulons-nous ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Que faut-il faire ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Comment ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Quand ?&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Avec qui ?&lt;/i&gt; &#187; Ce qui suppose, par exemple, d'intensifier la r&#233;flexion sur ce que peut &#234;tre un monde post-capitaliste, d&#232;s &#224; pr&#233;sent. Et d'insister sur le fait que ces Oui ne sont pas acquis et qu'ils se construiront collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la fa&#231;on de proc&#233;der, on ne sait pas tout encore. Cette t&#226;che, propos&#233;e dans un premier temps principalement aux adh&#233;rents de la Sexta, associera des personnes du monde entier et des bases d'appui zapatistes dans les villages du Chiapas qui, manifestement, d&#233;sirent partager leur exp&#233;rience de dix ans d'autogouvernement. Ils ont du reste r&#233;dig&#233; un manuel intitul&#233; &lt;i&gt;Gouvernement autonome&lt;/i&gt; (tome I et II). En tout cas, une grande f&#234;te est annonc&#233;e, en ao&#251;t, pour c&#233;l&#233;brer une d&#233;cennie de Conseils de bon gouvernement. &#171; &lt;i&gt;Il est temps que nous fassions vraiment le monde que nous d&#233;sirons&lt;/i&gt;, insiste le sous-commandant Mois&#233;s. &lt;i&gt;Ici, on entend dire souvent : &#8220;Quand le pauvre croira dans le pauvre, nous pourrons chanter libert&#233;&#8221;. Sauf qu'ici, non seulement nous l'avons entendu mais nous sommes en train de le mettre en pratique. Voil&#224; le fruit que veulent partager nos compa&#241;er@s&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces propositions, les zapatistes jouent le tout pour le tout. Ils sont pr&#234;ts &#224; risquer ce qu'ils ont patiemment construit depuis 1994. Avec les dix ans des &lt;i&gt;Juntas&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juntas de buen gobierno : organes d'autogouvernement dont se sont dot&#233;es les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les trente ans de la fondation de l'EZLN, puis les vingt ans du soul&#232;vement arm&#233;, l'ann&#233;e 2013 sera une ann&#233;e d&#233;cisive pour les zapatistes et pour la Sexta. Et pour nous tous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-bruit-de-votre-monde-qui-s'&gt;Lire CQFD n&#176; 107&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parti r&#233;volutionnaire institutionnel, qui a tenu le pouvoir pendant des d&#233;cennies jusqu'en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme celui, inspir&#233; de Thomas C. Douglas, o&#249; des souris, heureuses de leur belle d&#233;mocratie, glissent dans l'urne un bulletin pour &#233;lire un chat blanc ou un chat noir. Voir &lt;a href=&#034;http://www.lavoiedujaguar.net/Eux-et-nous-I-Les-de-raisons-d-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224; !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Juntas de buen gobierno&lt;/i&gt; : organes d'autogouvernement dont se sont dot&#233;es les communaut&#233;s rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le bruit de votre monde qui s'&#233;croule &#187;</title>
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		<dc:date>2013-03-04T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; l'aube du 21 d&#233;cembre 2012, alors que les m&#233;dias du monde entier s'amusaient &#224; se faire peur avec la proph&#233;tie maya de &#171; la fin du monde &#187;, plus de 40 000 indiens zapatistes envahissaient silencieusement cinq chefs-lieux du Chiapas. Deux t&#233;moins nous racontent . CQFD : Vous &#233;tiez &#224; San Crist&#243;bal de Las Casas, le 21 d&#233;cembre, le jour o&#249; plus de 20 000 zapatistes, le visage dissimul&#233; par des passe-montagnes et des bandanas, ont d&#233;fil&#233; dans la ville. Cela a-t-il &#233;t&#233; une v&#233;ritable surprise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chaparro" rel="tag"&gt;Chaparro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'aube du 21 d&#233;cembre 2012, alors que les m&#233;dias du monde entier s'amusaient &#224; se faire peur avec la proph&#233;tie maya de &#171; la fin du monde &#187;, plus de 40 000 indiens zapatistes envahissaient silencieusement cinq chefs-lieux du Chiapas. Deux t&#233;moins nous racontent&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; El Chaparro &#187; est membre du collectif mexicain De Boca en boca, qui &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous &#233;tiez &#224; San Crist&#243;bal de Las Casas, le 21 d&#233;cembre, le jour o&#249; plus de 20 000 zapatistes, le visage dissimul&#233; par des passe-montagnes et des bandanas, ont d&#233;fil&#233; dans la ville. Cela a-t-il &#233;t&#233; une v&#233;ritable surprise ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Une alerte avait &#233;t&#233; publi&#233;e sur &lt;a href=&#034;http://enlacezapatista.ezln.org.mx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Enlace zapatista &#187;&lt;/a&gt;, le site internet de l'EZLN, au sujet d'un prochain communiqu&#233;. Mais tr&#232;s peu de gens savaient que les zapatistes allaient r&#233;occuper de fa&#231;on symbolique les cinq villes qu'ils avaient prises les armes &#224; la main le 1er janvier 1994, lors de leur premi&#232;re apparition publique. En mai 2011, il y avait d&#233;j&#224; eu une grande manifestation mais d'une moindre ampleur. Elle &#233;tait destin&#233;e &#224; soutenir le &#171; Mouvement pour la paix avec justice et dignit&#233;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement initi&#233; en mars 2011 par le po&#232;te mexicain Javier Sicilia, apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Cette fois-ci, ce sont plus de 40 000 zapatistes &#8211; des femmes, des hommes, des enfants et des personnes &#226;g&#233;es, qui ont manifest&#233; dans cinq villes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; La veille, ils s'&#233;taient rassembl&#233;s dans les caracoles, sortes de centres politico-culturels du mouvement, o&#249; si&#232;gent notamment les assembl&#233;es de &#171; bon gouvernement &#187; zapatistes. Certains ont d&#251; faire jusqu'&#224; dix heures de route pour rejoindre ces lieux de regroupements. C'est s&#251;r que &#231;a a d&#251; demander de sacr&#233;s efforts ! Pour le transport, la nourriture, et puis au niveau des communaut&#233;s et des familles, pour remplacer ceux qui &#233;taient partis manifester&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; &#192; San Crist&#243;bal, ils sont arriv&#233;s &#224; l'entr&#233;e de la ville &#224; l'aube avec leurs redillas &#8211; ces &#233;normes pick-up dans lesquels on voyage debout. Ils se sont alors rassembl&#233;s, puis ont march&#233; en direction du centre. Afin de faciliter leur organisation, chacun portait un num&#233;ro se rapportant aux caracoles et aux municipios dont ils font partie. Ils marchaient en silence dans les rues, sans rien dire, sous une pluie permanente. Leur formation semblait tr&#232;s militaire. Dans chaque ville, ils ont fait le tour de la place centrale. Un pick-up avait amen&#233; une estrade sur&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH298/107zapata-cad86.png?1768680954' width='400' height='298' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;laquelle chaque personne est pass&#233;e en levant le poing. Aucun commandant zapatiste ne s'est manifest&#233;. Personne n'a pris la parole. Ce n'est que le soir qu'a circul&#233; ce communiqu&#233; du Comit&#233; clandestin r&#233;volutionnaire indig&#232;ne qui disait : &lt;i&gt;&#171; Vous avez entendu ? C'est le bruit de votre monde qui s'&#233;croule. C'est celui du n&#244;tre qui resurgit. Le jour o&#249; le jour fut, c'&#233;tait la nuit. Et ce sera la nuit le jour o&#249; ce fera le jour. D&#233;mocratie ! Libert&#233; ! Justice ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; En 2003, 20 000 zapatistes s'&#233;taient d&#233;j&#224; rassembl&#233;s toute une nuit &#224; San Crist&#243;bal, torche &#224; la main, pour annoncer la cr&#233;ation des caracoles. En mai 2011, ils &#233;taient pr&#232;s de 25 000. Mais ce 21 d&#233;cembre, il s'agit du plus gros rassemblement public organis&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent par l'EZLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les r&#233;actions dans le pays ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; Depuis plusieurs ann&#233;es il y avait des rumeurs dans les m&#233;dias selon lesquelles l'EZLN &#233;tait agonisant, qu'il y avait des d&#233;sertions, des conflits internes&#8230; De l'ext&#233;rieur, beaucoup de monde connaissait des communaut&#233;s o&#249; la pr&#233;sence des zapatistes semblait s'&#234;tre affaiblie. Mais on ignore g&#233;n&#233;ralement que beaucoup de communaut&#233;s o&#249; les zapatistes n'&#233;taient pas ou peu pr&#233;sents avant 1994 se sont joints depuis au mouvement. Au quotidien l'autonomie zapatiste, ce sont des centaines d'&#233;coles, de centres de soins, des dizaines de micro-cliniques, des ateliers, des coop&#233;ratives de production&#8230; Tout un mouvement organis&#233; en cinq r&#233;gions et plus d'une quarantaine de &#171; communes autonomes &#187;, seules autorit&#233;s politiques reconnues par les zapatistes &#8211; qui refusent tout autant d'accepter l'argent de l'&#201;tat que de payer les imp&#244;ts officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Les partis et dirigeants politiques, de gauche comme de droite, pariaient sur la disparition du mouvement. Aujourd'hui, tous font des d&#233;clarations pour tenter d'apaiser les choses. Les politiques parlent de remettre en place la Commission de concorde et de pacification, le S&#233;nat et le gouverneur du Chiapas ont m&#234;me demand&#233; l'application des accords de San Andr&#233;s&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accords de San Andr&#233;s sur les &#171; droits et la culture indig&#232;ne &#187;, sign&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; . Mais je pense que les Zapatistes n'ont pas l'intention de se laisser bluffer. Ils ont compl&#232;tement abandonn&#233; ce c&#244;t&#233;-l&#224; de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas : &lt;/strong&gt; Pour ce qui est de la gauche sociale et politique, c'est une le&#231;on. Au moment des pr&#233;sidentielles de 2006, les zapatistes avaient remis en question le jeu &#233;lectoral, en affirmant que les &#233;lections officielles et la candidature de L&#243;pez Obrador (gauche nationaliste) ne servaient &#224; rien. Au travers de leur &#171; Autre campagne &#187;, ils avaient cherch&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer les r&#233;sistances &#171; d'en bas et &#224; gauche &#187;, en proposant aux mouvements sociaux de d&#233;laisser le champ &#233;lectoral. Au d&#233;but, la proposition a rencontr&#233; beaucoup d'&#233;cho, mais la r&#233;pression a fragilis&#233; la dynamique. Et les intellectuels de gauche ont ensuite reproch&#233; aux zapatistes d'avoir fait perdre L&#243;pez Obrador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Durant la campagne &#233;lectorale de ces six derniers mois, qui a abouti &#224; l'imposition d'Enrique Pe&#241;a Nieto comme nouveau pr&#233;sident du Mexique, tout un mouvement social &#8211; principalement &#233;tudiant &#8211; s'est mis en place pour tenter d'emp&#234;cher sa candidature. La gauche pariait sur L&#243;pez Obrador pour r&#233;sister, et tout le monde criait : &lt;i&gt;&#171; S'il y a imposition, il y aura r&#233;volution ! &#187;&lt;/i&gt; Au final, Pe&#241;a Nieto a achet&#233; les votes, les recours juridiques n'ont rien donn&#233; et les quelques milliers de personnes dans les rues, d&#233;cid&#233;es &#224; protester contre l'investiture de Pe&#241;a Nieto le 1er d&#233;cembre, se sont fait durement r&#233;primer, aussi bien par la droite que par la gauche &#8211; qui est &#224; la t&#234;te du pouvoir municipal dans la capitale. Du coup, la mobilisation du 21 d&#233;cembre a montr&#233; que si les zapatistes se mobilisent, ce n'est pas trois ou m&#234;me dix mille personnes r&#233;volt&#233;es pour le seul jour des &#233;lections. Comme un rappel de ce que signifie v&#233;ritablement lutter et s'organiser, dans la dur&#233;e, et non pas juste en r&#233;action spontan&#233;e et &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, le 21 d&#233;cembre aurait-il annonc&#233; v&#233;ritablement la fin du monde ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; Les zapatistes ont toujours dit qu'il n'y avait pas un mais plusieurs mondes. &lt;i&gt;&#171; Vous avez entendu ? C'est le bruit de votre monde qui s'&#233;croule. C'est celui du n&#244;tre qui resurgit. &#187;&lt;/i&gt; Le propos est assez clair&#8230; La crise, elle concerne le monde capitaliste. &#192; l'oppos&#233;, le mouvement indig&#232;ne ne cesse de s'affirmer et de se renforcer depuis les ann&#233;es 70, pas seulement au Chiapas, dans tout le territoire des Am&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Le calendrier est important. Les zapatistes, indig&#232;nes d'origine maya, en parlent depuis longtemps. Mais ils disent que leur calendrier n'est pas celui d'en haut, et qu'ils ne vont rien se laisser imposer, pas plus avec l'&#233;lection de Pe&#241;a Nieto qu'avec quelques questions politiciennes ou l'arriv&#233;e de nouvelles lois. Ils font leur chemin, avec leurs convictions et leurs propres remises en question. On sait plus ou moins que depuis un moment, il y avait des discussions internes au sein de l'EZLN, mais &#224; l'ext&#233;rieur rien ne filtrait. Cette mobilisation et les communiqu&#233;s r&#233;cents visent aussi &#224; rendre public le bilan qu'ils font de la situation, afin d'annoncer leurs prochaines initiatives&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le communiqu&#233; &#171; l'EZLN annonce ses prochains pas &#187; sur le site du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Tout comme les zapatistes ont repens&#233; la g&#233;ographie en instaurant une conception des territoires totalement &#233;trang&#232;re &#224; celle de l'&#201;tat, c'est aussi la dimension du temps qu'ils se r&#233;approprient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; El Chaparro &#187; est membre du collectif mexicain De Boca en boca, qui &lt;i&gt;&#171; construit des ponts entre les luttes &#187;&lt;/i&gt;. Thomas est un intermittent du Mexique &#8211; et un int&#233;rimaire du Comit&#233; de soutien aux peuples du Chiapas en lutte, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement initi&#233; en mars 2011 par le po&#232;te mexicain Javier Sicilia, apr&#232;s l'assassinat par un cartel de la drogue de son fils et de six de ses amis. Avec plus de 80 000 morts violentes en six ans au Mexique, le mouvement d&#233;nonce la guerre des cartels de la drogue et la militarisation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les accords de San Andr&#233;s sur les &#171; droits et la culture indig&#232;ne &#187;, sign&#233;s par le gouvernement mexicain et l'EZLN le 16 f&#233;vrier 1996, devaient entra&#238;ner la &lt;i&gt;&#171; reconnaissance de la libre-d&#233;termination des peuples indig&#232;nes &#187;&lt;/i&gt;. Ils sont rest&#233;s &#224; ce jour lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le communiqu&#233; &lt;a href=&#034;http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; l'EZLN annonce ses prochains pas &#187;&lt;/a&gt; sur le site du Comit&#233; de Solidarit&#233; avec les Peuples du Chiapas en Lutte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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