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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Aux racines du lissage des cheveux afro</title>
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		<dc:creator>Daphn&#233; B&#233;dinad&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mehrake Ghodsi</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tant&#244;t appr&#233;hend&#233;e comme une forme d'ali&#233;nation de l'identit&#233; noire, tant&#244;t comme une pratique esth&#233;tique parmi d'autres, la transformation de la texture et de l'apparence du cheveu afro au travers du lissage n'est pas politiquement neutre. L'histoire de cette pratique peut difficilement &#234;tre pens&#233;e sans prendre en consid&#233;ration celle du colonialisme et de l'esclavage. Des pubs avec des femmes noires aux cheveux raides comme des baguettes et des produits lissants qui envahissent les rayons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mehrake-Ghodsi" rel="tag"&gt;Mehrake Ghodsi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes-noires" rel="tag"&gt;femmes noires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bresil" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/afro" rel="tag"&gt;afro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/esthetiques" rel="tag"&gt;esth&#233;tiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etats-Unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tant&#244;t appr&#233;hend&#233;e comme une forme d'ali&#233;nation de l'identit&#233; noire, tant&#244;t comme une pratique esth&#233;tique parmi d'autres, la transformation de la texture et de l'apparence du cheveu afro au travers du lissage n'est pas politiquement neutre. L'histoire de cette pratique peut difficilement &#234;tre pens&#233;e sans prendre en consid&#233;ration celle du colonialisme et de l'esclavage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/-1760-d1913.jpg?1782697842' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Mehrake Ghodsi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des pubs avec des femmes noires aux cheveux raides comme des baguettes et des produits lissants qui envahissent les rayons des salons de coiffure afro : pour les personnes afro-descendantes, le lissage des cheveux s'est impos&#233; comme pratique presque dominante en France, aux &#201;tats-Unis ou encore au Br&#233;sil. Mais loin de se borner &#224; de purs choix esth&#233;tiques, cette pratique s'inscrit dans une histoire : celle de l'esclavage et du colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque esclavagiste en effet, diff&#233;rentes mani&#232;res de styliser ainsi le cheveu apparaissent : les personnes esclavis&#233;es ont recours, entre autres, &#224; la technique du peigne chaud (que l'on pourrait consid&#233;rer comme l'anc&#234;tre du fer &#224; lisser) ainsi qu'&#224; des ingr&#233;dients tels que la graisse animale, le beurre ou encore la soude caustique afin d'hydrater et de lisser le cheveu mis en contact avec la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques ne peuvent clairement pas &#234;tre pens&#233;es en dehors du contexte qui a permis leur existence : pour maintenir son efficacit&#233;, le syst&#232;me esclavagiste a peu &#224; peu &#233;tabli des hi&#233;rarchies de couleur et de marqueurs corporels au sein desquelles le cheveu le plus cr&#233;pu se trouvait au bas de l'&#233;chelle. Dans la plupart des soci&#233;t&#233;s esclavagistes (au Br&#233;sil, aux &#201;tats-Unis et en France, particuli&#232;rement ultra-marine), ces cat&#233;gorisations se sont conjugu&#233;es &#224; des repr&#233;sentations de la beaut&#233; mais aussi &#224; des structurations sp&#233;cifiques en termes de division du travail et de statut social, faisant de la peau claire et du cheveu plus souple &#8211; moins cr&#233;pu donc &#8211;, au travers d'une perspective eug&#233;niste, une mani&#232;re d'occuper une place moins p&#233;nible dans ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un symbole d'&#233;mancipation transform&#233; en argument marketing&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, des entrepreneur&#183;es noir&#183;es, le plus souvent des femmes, commencent &#224; investir le march&#233; des cosm&#233;tiques en proposant des produits d&#233;frisants et des accessoires sp&#233;cifiquement destin&#233;s aux femmes noires. C'est le cas de la pommade &lt;i&gt;Wonderful Hair Grower &lt;/i&gt;de Madam C. J. Walker aux &#201;tats-Unis ou encore du &lt;i&gt;Cabelisador&lt;/i&gt;, un peigne en m&#233;tal &#224; chauffer, vendu avec ses &#171; pommades magiques &#187; au Br&#233;sil. &#192; cette &#233;poque, les produits destin&#233;s aux femmes noires valorisent le cheveu lisse et r&#233;pondent &#224; une volont&#233; de participer &#224; la construction d'une image positive et respectable des Noir&#183;es. Ces fa&#231;ons de coiffer le cheveu afro s'opposent alors aux coiffures h&#233;rit&#233;es de traditions africaines telles que les tresses, associ&#233;es &#224; la pauvret&#233; des populations rurales et &#224; la n&#233;gligence de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques d&#233;cennies plus tard, les mouvements politiques noirs qui se sont d&#233;velopp&#233;s, entre autres, dans les &#201;tats-Unis des ann&#233;es 1960 et 1970, proposent, par le biais du fameux slogan &#171; &lt;i&gt;Black Is Beautiful&lt;/i&gt; &#187; et l'apparition de la coupe afro&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Caract&#233;ris&#233;e par sa forme arrondie, volumineuse et r&#233;guli&#232;re.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, de revaloriser toutes les dimensions de l'identit&#233; noire. Notamment en refusant de se conformer aux injonctions des normes esth&#233;tiques &#171; blanches &#187;. Mais rapidement, la coupe afro se voit r&#233;cup&#233;r&#233;e par un processus de marchandisation au cours duquel les marques de cosm&#233;tiques capillaires se r&#233;approprient le mantra &#171; &lt;i&gt;Black Is Beautiful&lt;/i&gt; &#187; pour en faire un argument marketing. Et la coiffure de perdre de son caract&#232;re politique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheveux des Noir&#183;es deviennent en revanche un business juteux : &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1970, la production des d&#233;frisants chimiques est industrialis&#233;e et ceux-ci sont d&#233;sormais commercialis&#233;s par le biais de la grande distribution. Ces produits &#233;tant dor&#233;navant &#224; la port&#233;e de tous et toutes, leur entr&#233;e dans la sph&#232;re priv&#233;e conduit &#224; ce que la pratique du port du cheveu dit &#171; naturel &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est n&#233;cessaire de souligner que le cheveu &#171; naturel &#187; n'est pas &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; soit de moins en moins r&#233;pandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des marques telles que &lt;i&gt;Capirelax &lt;/i&gt;apparaissent alors sur le march&#233; fran&#231;ais et concordent avec le d&#233;veloppement des boutiques de distribution de produits cosm&#233;tiques capillaires provenant principalement d'Am&#233;rique du Nord et de salons sp&#233;cialis&#233;s dans le traitement du cheveu afro. Ces boutiques, qui ouvrent les unes apr&#232;s les autres, sont d'abord tenues par des Ultramarin&#183;es install&#233;&#183;es en m&#233;tropole puis, plus tard, par des immi&#8202;gr&#233;&#183;es ouest-afri&#8202;cain&#183;es dont une des sp&#233;cialit&#233;s est le d&#233;frisage chimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la moiti&#233; des ann&#233;es 2000 et au d&#233;but des ann&#233;es 2010, rebelote : on assiste de nouveau &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement de revalorisation du cheveu &#171; naturel &#187;. Un cheveu non transform&#233; par le d&#233;frisage chimique ou par des pratiques qui tendraient &#224; masquer sa nature cr&#233;pue ou boucl&#233;e : port d'extensions, tissage&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Technique consistant &#224; plaquer sur le cr&#226;ne des tresses r&#233;alis&#233;es &#224; partir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, brushings, usage de produits permettant d'assouplir le cheveu pour lui donner une apparence plus boucl&#233;e... N&#233; sur la Toile &#233;tats-unienne, ce mouvement a rapidement pris une dimension internationale. En &#233;tablissant un lien entre identit&#233; noire et pratiques esth&#233;tiques, il a r&#233;actualis&#233; l'esprit du &#171; &lt;i&gt;Black Is Beautiful&lt;/i&gt; &#187;. Lisser ses cheveux, au m&#234;me titre que s'&#233;claircir la peau par le recours &#224; des cr&#232;mes de d&#233;pigmentation ou des cosm&#233;tiques qui pr&#233;tendent &#171; uniformiser le teint &#187;, est alors consid&#233;r&#233; comme une forme d'ali&#233;nation, de n&#233;gation non consciente de son identit&#233; noire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; une norme excluante, des r&#233;actions diverses&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous apprend cette &#171; petite histoire du cheveu afro &#187;, c'est que les diverses pratiques de lissage, de m&#234;me que les revendications drain&#233;es par le recours aux coiffures &#171; naturelles &#187;, doivent &#234;tre pens&#233;es comme des productions de soci&#233;t&#233;s post-esclavagistes et postcoloniales, dans la mesure o&#249; elles ont &#233;merg&#233; dans des contextes o&#249; la norme en vigueur est associ&#233;e &#224; des standards eurocentr&#233;s. Ces productions esth&#233;tiques peuvent alors &#234;tre appr&#233;hend&#233;es comme des r&#233;ponses et des techniques cr&#233;atives visant &#224; composer avec ces canons esth&#233;tiques dominants qui ne les int&#232;grent pas. Que ce soit en se les appropriant, en les transformant ou en les rejetant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daphn&#233; B&#233;dinad&#233;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;*Doctorante en ethnologie et anthropologie sociale. Sa th&#232;se s'intitule : &#171; &#8220;Race&#8221; et beaut&#233;, l'industrie cosm&#233;tique et le march&#233; de la beaut&#233; dit ethnique en France et au Br&#233;sil &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Caract&#233;ris&#233;e par sa forme arrondie, volumineuse et r&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est n&#233;cessaire de souligner que le cheveu &#171; naturel &#187; n'est pas &#224; proprement dit naturel : coiffer ce cheveu implique des manipulations, des mises en forme et transformations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Technique consistant &#224; plaquer sur le cr&#226;ne des tresses r&#233;alis&#233;es &#224; partir des cheveux naturels sur lesquels sont cousues des m&#232;ches d'extension.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Femmes de m&#233;nage : un travail qui empoisonne</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Femmes-de-menage-un-travail-qui</link>
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		<dc:date>2019-12-21T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Elzazimut</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Des agents de nettoyage, on conna&#238;t les salaires de mis&#232;re et les emplois pr&#233;caires. Ce que l'on sait moins, c'est que leur sant&#233; est directement menac&#233;e par l'utilisation quotidienne de produits toxiques. Sur fond de m&#233;pris social et racial, ce danger r&#233;el est trop souvent balay&#233;. Question produits m&#233;nagers et risque chimique associ&#233;, l'indignation est souvent s&#233;lective. Et s'il suffisait d'un exemple pour s'en persuader, on opterait volontiers pour ce papier du Monde (26/04/2019) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-menagers" rel="tag"&gt;produits m&#233;nagers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/risque-chimique" rel="tag"&gt;risque chimique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francoise-Verges" rel="tag"&gt;Fran&#231;oise Verg&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/risque" rel="tag"&gt;risque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/agents" rel="tag"&gt;agents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gants" rel="tag"&gt;gants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des agents de nettoyage, on conna&#238;t les salaires de mis&#232;re et les emplois pr&#233;caires. Ce que l'on sait moins, c'est que leur sant&#233; est directement menac&#233;e par l'utilisation quotidienne de produits toxiques. Sur fond de m&#233;pris social et racial, ce danger r&#233;el est trop souvent balay&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1393.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH167/-1393-ca37d.jpg?1782644738' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uestion produits m&#233;nagers et risque chimique associ&#233;, l'indignation est souvent s&#233;lective. Et s'il suffisait d'un exemple pour s'en persuader, on opterait volontiers pour ce papier du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;(26/04/2019) intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/emploi/article/2019/04/26/alerte-aux-polluants-au-bureau_5455417_1698637.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alerte aux polluants au bureau !&lt;/a&gt; &#187; un article qui s'inqui&#233;tait entre autres des dangers que pr&#233;sente, pour les employ&#233;s de bureau, l'exposition quotidienne aux traces de produits chimiques utilis&#233;s pour nettoyer open spaces et autres salles de r&#233;union. Quant &#224; la sant&#233; des agents de nettoyage, en contact continu et bien plus &#233;troit avec ces m&#234;mes substances ? Silence de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en 2005 d&#233;j&#224;, l'Institut national de recherche et de s&#233;curit&#233; pour la pr&#233;vention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) connaissait les dangers qui planent sur la sant&#233; des professionnels de la propret&#233;. C'est en tout cas ce qu'indique une fiche de s&#233;curit&#233; &#233;dit&#233;e &#224; leur attention&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Risque chimique pendant les activit&#233;s de nettoyage &#187;, publication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#234;me avec les gants, mes mains me br&#251;laient &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au palmar&#232;s des bombes &#224; retardement manipul&#233;es par les agents de nettoyage, les produits d&#233;sinfectants figurent en bonne place. Parce que compos&#233;s d'ald&#233;hydes, certains sont r&#233;put&#233;s provoquer des r&#233;actions cutan&#233;es s&#233;v&#232;res. Les nettoyants pour murs pulv&#233;risables, eux, contiennent souvent des &#233;thers de glycol, qui peuvent irriter les muqueuses. Quant aux tensioactifs pr&#233;sents dans les lave-vitres, il suffit parfois d'un contact avec la peau pour risquer l'intoxication. Ces produits et leurs effets, Anastasia&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; les conna&#238;t bien. Pendant plusieurs mois, elle a travaill&#233; comme technicienne de surface dans un village-vacances appartenant &#224; un grand groupe : &#171; &lt;i&gt;Les d&#233;sinfectants me grattaient les bras la nuit. Tous les soirs j'avais des maux de cr&#226;ne, je me sentais vaseuse avec le nez impr&#233;gn&#233; de l'odeur chimique. M&#234;me avec les gants de protection, mes mains me br&#251;laient. &lt;/i&gt; &#187; Rien d'&#233;tonnant : les gants eux-m&#234;mes ont le talent d'ab&#238;mer l'&#233;piderme &#224; cause des additifs de vulcanisation du caoutchouc pr&#233;sents dans leur composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus inqui&#233;tant encore, d'apr&#232;s l'INRS, le secteur de la propret&#233; pr&#233;sente &#171; des risques particuliers d'exposition &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le &#171; Dossier agents chimiques CMR &#187; mis en ligne sur le site de l'INRS.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#224; certaines substances canc&#233;rog&#232;nes, mutag&#232;nes ou toxiques pour la reproduction. Une enqu&#234;te men&#233;e en 2019 par l'Institut national de la consommation (INC) et effectu&#233;e sur un large panel de produits m&#233;nagers domestiques vient &#233;galement de r&#233;v&#233;ler que la moiti&#233; de ces produits &#233;taient &#224; consid&#233;rer comme &#171; &lt;i&gt; dangereux, voire tr&#232;s dangereux&lt;/i&gt; &#187; pour la sant&#233; et l'environnement. Au moins une partie des produits test&#233;s contient des &#171; &lt;i&gt;substances suspect&#233;es d'&#234;tre des perturbateurs endocriniens, par exemple le butylph&#233;nyl-m&#233;thylproprional ou lilial, utilis&#233; comme parfum &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Produits m&#233;nagers nocifs : les premiers pas du M&#233;nag'Score &#187;, site du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Oubli&#233;es parce que femmes, pr&#233;caires et racis&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;niable, le risque concerne donc des centaines de milliers de personnes, surtout des femmes, salari&#233;es du secteur de la propret&#233;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les statistiques de la F&#233;d&#233;ration des entreprises de la propret&#233;.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Malgr&#233; l'ampleur du danger, les rares &#233;tudes scientifiques consacr&#233;es au sujet sont loin de faire la une des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Dominique Lhuilier, psychologue sp&#233;cialiste du &lt;i&gt;dirty-work&lt;/i&gt;, le peu d'attention port&#233;e aux conditions de travail (et donc &#224; la sant&#233;) de ces employ&#233;es pourrait s'expliquer par le fait que &#171; &lt;i&gt;toutes les t&#226;ches qui entretiennent une proximit&#233; trop &#233;troite avec l'activit&#233; domestique sont expos&#233;es au m&#234;me sort que celles traditionnellement r&#233;serv&#233;es aux femmes dans la sph&#232;re m&#233;nag&#232;re et familiale : l'invisibilit&#233; &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le &#8220;sale boulot&#8221; &#187;, revue Travailler, n&#176; 14 (2005).&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre piste : de l'avis de la politologue Fran&#231;oise Verg&#232;s, ce d&#233;sint&#233;r&#234;t tiendrait au fait qu'il s'agit pour beaucoup de travailleuses racis&#233;es. Des femmes dont on d&#233;grade la sant&#233; au profit de ce que l'auteure de l'ouvrage &lt;i&gt;Un f&#233;minisme d&#233;colonial&lt;/i&gt; appelle &#171; &lt;i&gt; l'&#233;conomie d'usure de corps racialis&#233;s, d'&#233;puisement des forces, dans laquelle des individus sont d&#233;sign&#233;s par le capital et l'&#201;tat comme &#233;tant propres &#224; &#234;tre us&#233;s, &#224; &#234;tre victimes de maladies, de d&#233;bilitations et handicaps&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions La Fabrique (2019).&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une l&#233;gislation en carton-p&#226;te&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seul filet de s&#233;curit&#233; pour ces travailleuses et travailleurs oubli&#233;s, le Code du travail, qui reconna&#238;t la dangerosit&#233; de l'exposition aux agents chimiques. Probl&#232;me : rares sont les entreprises qui l'appliquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi pr&#233;voit notamment que les patrons dont les employ&#233;s sont en contact avec de tels produits organisent &#171; &lt;i&gt;une formation pratique et appropri&#233;e en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Anastasia n'en a jamais vu la couleur : &#171; &lt;i&gt;Sur certains emballages de produits m&#233;nagers, il y avait des pictogrammes de nocivit&#233;, ou de risque de corrosion pour la peau. Je m'en servais tous les jours mais je n'ai jamais eu de formation sur leur dangerosit&#233;. Quand j'ai embauch&#233;, on m'a juste donn&#233; une bo&#238;te de gants en me conseillant de m'en servir. &lt;/i&gt; &#187; Cet exemple parmi d'autres fait &#233;cho au rapport Frimat&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport sur la prise en compte du risque chimique r&#233;dig&#233; en 2018 par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, qui r&#233;v&#233;lait en 2018 que seules 3 % des entreprises dont les salari&#233;s sont expos&#233;s au risque chimique dispensent la formation obligatoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand ce n'est pas la l&#233;gislation qui n'est pas respect&#233;e, ce sont les cadences infernales qui mettent la sant&#233; en p&#233;ril. Anastasia raconte qu'elle se servait tous les jours d'un nettoyant pour vitres de chemin&#233;e particuli&#232;rement inflammable : &#187; &lt;i&gt;Il aurait fallu que j'attende que la chemin&#233;e soit &#233;teinte pour nettoyer la vitre, sauf que je n'avais pas le temps. Le rythme impos&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; compliqu&#233; &#224; tenir. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du combat des agents de nettoyage des gares SNCF &#224; Paris en 2017 &#224; celui, plus r&#233;cent, des femmes de chambre du NH H&#244;tel de Marseille, les gr&#232;ves se sont succ&#233;d&#233; dans le secteur de la propret&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es. Apr&#232;s les heures de travail impay&#233;es, la sous-traitance syst&#233;matis&#233;e et les mi-temps salement r&#233;mun&#233;r&#233;s, la toxicit&#233; des produits m&#233;nagers nourrira-t-elle un jour le brasier de la contestation ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me th&#232;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Notre entretien avec Fran&#231;oise Verg&#232;s&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Femmes-de-menage-Le-capitalisme' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Femmes de m&#233;nage : &#8220;Le capitalisme fait des corps racis&#233;s des sources d'exploitation jusqu'&#224; leur &#233;puisement&#8221;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Risque chimique pendant les activit&#233;s de nettoyage &#187;, publication &lt;a href=&#034;http://www.inrs.fr/dms/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-59/ed59.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible&lt;/a&gt;sur le site de l'INRS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s le &#171; Dossier agents chimiques CMR &#187; &lt;a href=&#034;http://www.inrs.fr/risques/cmr-agents-chimiques/ce-qu-il-faut-retenir.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mis en ligne&lt;/a&gt; sur le site de l'INRS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.60millions-mag.com/2019/08/27/produits-menagers-nocifs-les-premiers-pas-du-menag-score-16406&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Produits m&#233;nagers nocifs : les premiers pas du M&#233;nag'Score&lt;/a&gt; &#187;, site du magazine &lt;i&gt;60 millions de consommateurs&lt;/i&gt; (27/08/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les statistiques de la F&#233;d&#233;ration des entreprises de la propret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-travailler-2005-2-page-73.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#8220;sale boulot&#8221;&lt;/a&gt; &#187;, revue &lt;i&gt;Travailler&lt;/i&gt;, n&#176; 14 (2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions La Fabrique (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rapport sur la prise en compte du risque chimique &lt;a href=&#034;https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_professeur_frimat.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;dig&#233; en 2018&lt;/a&gt; par le professeur Paul Frimat &#224; la demande du minist&#232;re du Travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les ordis ne naissent pas dans les choux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-ordis-ne-naissent-pas-dans-les</link>
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		<dc:date>2019-04-25T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Krief</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les outils informatiques, si minuscules et miraculeux soient-ils, n'en n&#233;cessitent pas moins de grandes quantit&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, d'&#233;nergie et de travail pour &#234;tre mis au point et fonctionner. Tour d'horizon de l'envers infernal du monde num&#233;rique. Les machines sophistiqu&#233;es qui nous entourent sont fabriqu&#233;es &#224; partir de mat&#233;riaux qu'il faut aller extraire des entrailles de la Terre avec des proc&#233;d&#233;s industriels n&#233;cessitant beaucoup de m&#233;taux lourds et de produits chimiques, tous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dechets" rel="tag"&gt;d&#233;chets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/donnees" rel="tag"&gt;donn&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chine" rel="tag"&gt;Chine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metaux-lourds" rel="tag"&gt;m&#233;taux lourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metaux" rel="tag"&gt;m&#233;taux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/data-centers" rel="tag"&gt;data centers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fabrication" rel="tag"&gt;fabrication&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-extraction" rel="tag"&gt;l'extraction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les outils informatiques, si minuscules et miraculeux soient-ils, n'en n&#233;cessitent pas moins de grandes quantit&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res, d'&#233;nergie et de travail pour &#234;tre mis au point et fonctionner. Tour d'horizon de l'envers infernal du monde num&#233;rique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L220xH294/-1132-71c75.jpg?1782666162' width='220' height='294' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;151 de CQFD, illustr&#233;e par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es machines sophistiqu&#233;es qui nous entourent sont fabriqu&#233;es &#224; partir de mat&#233;riaux qu'il faut aller extraire des entrailles de la Terre avec des proc&#233;d&#233;s industriels n&#233;cessitant beaucoup de m&#233;taux lourds et de produits chimiques, tous tr&#232;s toxiques, ainsi que des quantit&#233;s tr&#232;s importantes de p&#233;trole et d'eau. Il faut &#233;galement un outillage technologique tr&#232;s pointu. Par exemple, la fabrication d'une tablette ou d'un smartphone n&#233;cessite 62 m&#233;taux diff&#233;rents et beaucoup de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Qui dit informatique, dit extractivisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, des populations enti&#232;res se voient sacrifi&#233;es sur l'autel de l'extractivisme, inh&#233;rent au progr&#232;s technologique. En Am&#233;rique du Sud, en Afrique, en Chine comme aux quatre coins du globe, l'exploitation industrielle de la nature s'intensifie sans aucune consid&#233;ration pour les peuples qui vivent sur les territoires concern&#233;s par l'extraction des minerais, m&#233;taux, terres rares, sable, p&#233;trole, gaz de schiste ou sables bitumineux. Priv&#233;s de leur autonomie et de l'acc&#232;s &#224; leurs terres ancestrales pour s'alimenter, ils sont contraints de rejoindre des bidonvilles ou de boire une eau pollu&#233;e et de respirer un air vici&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour les minerais, le p&#233;trole, le gaz ou les aliments industriels produits en masse pour &#234;tre export&#233;s, on pi&#233;tine les &#233;conomies locales pr&#233;existantes, les cultures, la nature, le mode de vie et l'organisation sociale. Le seul complexe minier de Yanacocha (P&#233;rou) est autoris&#233; &#224; pomper jusqu'&#224; 900 litres d'eau par seconde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anna Bednik, Extractivisme, &#233;d. Le Passager clandestin, 2015.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film de Franck Piasecki Poulsen &lt;i&gt;Du sang dans nos portables&lt;/i&gt; montre de mani&#232;re &#233;loquente comment l'extraction du tantale au Congo, n&#233;cessaire &#224; la fabrication des cartes m&#232;res et des circuits imprim&#233;s, ravage le pays, poussant les enfants &#224; la guerre, les adultes &#224; mourir ensevelis dans des mines et les habitants des villages voisins &#224; contracter de nombreuses maladies li&#233;es &#224; la pollution de l'air et des rivi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne se produit en Chine avec l'extraction du n&#233;odyme, &#233;l&#233;ment indispensable &#224; la fabrication des aimants des haut-parleurs. La ville de Baotou produit 97 % du n&#233;odyme mondial en utilisant des bains d'acide, de m&#233;taux lourds et de soude ; ce qui a un impact d&#233;sastreux sur l'environnement. La production d'une tonne de n&#233;odyme entra&#238;ne une tonne de d&#233;chets et rejette 75 000 litres d'eau acide. Le taux annuel de d&#233;chets atteint 600 000 tonnes. Ce qui a des cons&#233;quences terribles pour la sant&#233; des habitants. Cette ville est ainsi surnomm&#233;e &#171; ville des cancers &#187; par l'&#233;quipe m&#233;dicale de l'h&#244;pital local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet extractivisme mondial, qui pr&#233;levait 40 milliards de tonnes de ressources en 1980, aura doubl&#233; de volume en 2020, alors que les ressources sont de plus en plus difficiles d'acc&#232;s, n&#233;cessitant pour leur extraction de plus en plus d'&#233;nergie et de produits toxiques et donc g&#233;n&#233;rant de plus en plus de pollutions&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : ecoinfo.cnrs.fr&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour r&#233;pondre &#224; cette p&#233;nurie annonc&#233;e, la loi Macron a lanc&#233;, suite &#224; une directive europ&#233;enne sur les m&#233;taux critiques, une grande campagne d'ouverture de mines sur le territoire fran&#231;ais. Ce qui revient &#224; dire que cette destruction et son lot de pollutions viendront s'ajouter &#224; toutes celles que nous subissons d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, les travaux du professeur S&#233;ralini sont pr&#233;cieux. une &#233;tude r&#233;cente sur les effets des polluants sur la sant&#233; des f&#339;tus r&#233;v&#232;le la pr&#233;sence de plus de 400 polluants, r&#233;sidus de gaz de moteur, de pesticides et de m&#233;taux lourds. Ce qui explique l'augmentation vertigineuse des cancers, des maladies cardio-vasculaires et neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives ainsi que de l'autisme dans nos soci&#233;t&#233;s industrielles&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : criigen.org&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue &#224; Smartphone-City&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'extraction achev&#233;e, il faut assembler les pi&#232;ces. Les proc&#233;d&#233;s de fabrication employ&#233;s cr&#233;ent un nouvel esclavage moderne. Les sous-traitants des multinationales implantent en Chine (et maintenant en &#201;thiopie, Vietnam, Tch&#233;quie ou encore Slovaquie) des usines qui sont de v&#233;ritables villes dans lesquelles travaillent les ouvriers fabricant les objets num&#233;riques. Leur situation est extr&#234;mement pr&#233;caire et les directions utilisent des m&#233;thodes de gestion autoritaires et violentes. Peu de t&#233;moignages arrivent jusqu'&#224; nous &#224; l'exception de deux reportages diffus&#233;s sur France T&#233;l&#233;vision (&#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; en d&#233;cembre 2012 et &#171; Cash Investigation &#187; en novembre 2015) et d'un livre bouleversant, &lt;i&gt;La Machine est ton seigneur et ton ma&#238;tre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi &#8211; &#233;d. Agone 2015.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Ils r&#233;v&#232;lent des cadences de travail infernales, des conditions de vie d&#233;plorables et des salaires ind&#233;cents. Ils montrent des dortoirs sans commodit&#233;s ni intimit&#233;, un isolement terrible et une vie soumise. Nombreux sont les enfants chinois contraints de travailler dans ces &#171; usines-dortoirs &#187;, 12 heures par jour, de jour comme de nuit, avec seulement 2 jours de repos mensuels. C'est une vague de suicides sans pr&#233;c&#233;dent qui amena les journalistes &#224; s'int&#233;resser &#224; ces usines g&#233;antes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ravages &#233;cologiques et humains se poursuivent dans la main des utilisateurs. En effet, l'activit&#233; principale d'une majorit&#233; de terriens, qui ne cesse d'augmenter, est de scruter un petit &#233;cran tenu &#224; bout de bras tout en tapant dessus compulsivement (1,5 milliard de smartphones vendus dans le monde en 2015). Ainsi, le monde r&#233;el dispara&#238;t et chacun peut &#224; sa guise naviguer et acheter sur Internet, lire et &#233;crire des courriels et des &#171; SMS &#187;, visionner des &#233;missions de t&#233;l&#233;vision ou des films, jouer &#224; des jeux et t&#233;l&#233;phoner. Or, pour se livrer &#224; ces occupations de plus en plus nombreuses, les possesseurs de ces merveilles connect&#233;es sollicitent en permanence des &#171; centres de donn&#233;es &#187; (&lt;i&gt;data centers&lt;/i&gt;), la &#171; salle des machines &#187; ou la face cach&#233;e de nos vies virtuelles. une &#233;nergie &#233;lectrique consid&#233;rable est n&#233;cessaire pour faire fonctionner leurs disques durs g&#233;ants et les ventilateurs indispensables pour les refroidir. Cela cr&#233;e des nuisances sonores importantes et r&#233;cemment, un premier proc&#232;s a &#233;t&#233; intent&#233; par des riverains contre un &lt;i&gt;data center&lt;/i&gt; &#224; Saint-Denis (93).&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les &lt;i&gt;data centers&lt;/i&gt;, des ogres insatiables&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un journal de Radio France de d&#233;cembre 2012 estimait que les centres de donn&#233;es consommaient alors 9% de l'&#233;lectricit&#233; totale fournie en France. Il citait &#233;galement le rapport remis au gouvernement &#171; D&#233;veloppement &#233;coresponsable et TIC &#187;, dans lequel est pr&#233;vu que la consommation &#233;lectrique des data centers augmentera de 10% chaque ann&#233;e. Par ailleurs, si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'Arcep (Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des postes), le volume de donn&#233;es consomm&#233;es par nos connexions est pass&#233; de 90 000 t&#233;raoctets en 2012 &#224; 310 000 t&#233;raoctets en 2014. Soit une multiplication par 3,4 en 3 ans. La consommation &#233;nerg&#233;tique des centres de donn&#233;es &#233;tant proportionnelle &#224; ce volume, elle continuera d'augmenter consid&#233;rablement dans les temps prochains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos connexions et tous nos gestes &#171; num&#233;riques &#187; fabriquent des donn&#233;es collect&#233;es gr&#226;ce &#224; des algorithmes surpuissants appartenant au Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et leur permettent de s'enrichir par la publicit&#233; et de contr&#244;ler tous nos faits et gestes ; tout en n&#233;cessitant encore des machines sophistiqu&#233;es, de l'&#233;nergie et des mat&#233;riaux pour les fabriquer et les faire fonctionner. C'est un puits sans fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cons&#233;quence des nouvelles pratiques num&#233;riques, addictions aux smartphones et temps tr&#232;s long pass&#233; devant les &#233;crans (8 heures en moyenne pour les 16-25 ans en 2015 &lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau Morph&#233;e, cit&#233; par Philippe Bihouix et Karine Mauvilly, Le D&#233;sastre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, est l'atomisation du cerveau humain. Ces engins nous mettent en suractivit&#233; permanente sans aucun temps libre pour notre esprit. Leur arborescence uniformise notre pens&#233;e, construisant un monde int&#233;rieur et intime uniforme. Cette nouvelle unicit&#233; de l'&#234;tre s'accompagne d'une perte progressive et in&#233;luctable de nos facult&#233;s &#224; nous situer dans le monde, contribuant ainsi &#224; faire de chaque usager un spectateur passif de son &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'horizon sera complet lorsqu'on aura &#233;voqu&#233; les d&#233;chets provoqu&#233;s par l'obsolescence programm&#233;e pratiqu&#233;e depuis plus d'un si&#232;cle par les industriels. Chaque Fran&#231;ais produit 20kg de d&#233;chets &#233;lectroniques et &#233;lectriques par an dont moins de 5% sont recycl&#233;s. Le reste finit pour l'essentiel dans des d&#233;charges sauvages en Afrique, notamment au Ghana (500 containers de d&#233;chets &#233;lectroniques arrivent tous les mois au port ghan&#233;en de Tema) ou au Nig&#233;ria&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, sur Bastamag, &#171; D&#233;chets &#233;lectroniques : l'envers du d&#233;cor de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; Krief&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anna Bednik, &lt;i&gt;Extractivisme&lt;/i&gt;, &#233;d. Le Passager clandestin, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://ecoinfo.cnrs.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ecoinfo.cnrs.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://criigen.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;criigen.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi &#8211; &#233;d. Agone 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;seau Morph&#233;e, cit&#233; par Philippe Bihouix et Karine Mauvilly, &lt;i&gt;Le D&#233;sastre de l'&#233;cole num&#233;rique,&lt;/i&gt; &#233;d. Le Seuil, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir, sur &lt;i&gt;Bastamag&lt;/i&gt;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Comment-l-Europe-fait-passer-ses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;chets &#233;lectroniques : l'envers du d&#233;cor de l'industrie des smartphones, ordinateurs et tablettes&lt;/a&gt; &#187;, f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les pesticides de la col&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-pesticides-de-la-colere</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le Bordelais. Ses vignes, ses tonnes de pesticides. Depuis le d&#233;c&#232;s de son vigneron de p&#232;re, imput&#233; &#224; l'ars&#233;nite de sodium, Val&#233;rie Murat guerroie contre les firmes phytosanitaires. Et c'est toute une r&#233;gion qui d&#233;couvre la face cach&#233;e de ses grands crus : une terre empoisonn&#233;e. Une voix claire, pos&#233;e. Une voix qui a promis au p&#232;re mourant qu'elle ne l&#226;cherait pas l'affaire. James-Bernard Murat &#233;tait viticulteur dans le Libournais. Il est mort en d&#233;cembre 2012 d'un cancer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no142-avril-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;142 (avril 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Antony-Huchette" rel="tag"&gt;Antony Huchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pere" rel="tag"&gt;p&#232;re&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/firmes" rel="tag"&gt;firmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/James-Bernard-Murat" rel="tag"&gt;James-Bernard Murat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-arsenite" rel="tag"&gt;l'ars&#233;nite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cancer" rel="tag"&gt;cancer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Bordelais. Ses vignes, ses tonnes de pesticides. Depuis le d&#233;c&#232;s de son vigneron de p&#232;re, imput&#233; &#224; l'ars&#233;nite de sodium, Val&#233;rie Murat guerroie contre les firmes phytosanitaires. Et c'est toute une r&#233;gion qui d&#233;couvre la face cach&#233;e de ses grands crus : une terre empoisonn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH431/-852-09360.jpg?1782643855' width='400' height='431' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Antony Huchette
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une voix claire, pos&#233;e. Une voix qui a promis au p&#232;re mourant qu'elle ne l&#226;cherait pas l'affaire. James-Bernard Murat &#233;tait viticulteur dans le Libournais. Il est mort en d&#233;cembre 2012 d'un cancer broncho-pulmonaire. Sa fille, Val&#233;rie, explique : &#171; &lt;i&gt;Le cancer de mon p&#232;re a &#233;t&#233; reconnu en lien avec une exposition &#224; l'ars&#233;nite de sodium, de 1958 &#224; 2000, par la Mutualit&#233; sociale agricole (MSA). L'ars&#233;nite &#233;tait le seul produit efficace pour lutter contre l'esca, un champignon qui ravage les vignobles depuis l'Antiquit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1955, la MSA &#233;pingle l'ars&#233;nite de sodium dans son tableau des maladies professionnelles. Il faudra attendre 1973 pour que le poison soit banni de l'arboriculture et de la culture de la pomme de terre. Las, une d&#233;rogation autorise son utilisation dans la viticulture jusqu'en 2001, date o&#249; la substance sera compl&#232;tement interdite car reconnue officiellement canc&#233;rog&#232;ne en d&#233;pit des &#233;quipements de protection individuels. Un demi-si&#232;cle de propagation chimique durant lequel James-Bernard Murat n'est inform&#233; de rien. &#171; &lt;i&gt; Ni les distributeurs, ni les revendeurs, ni les commerciaux, ni les repr&#233;sentants de la MSA, personne n'a pr&#233;venu mon p&#232;re de la dangerosit&#233; des produits. Il n'a jamais rencontr&#233; de m&#233;decin de la MSA. Pendant 42 ans, on a dit aux vignerons : &#8220;Si vous vous prot&#233;gez, il n'y a pas de danger&#8221;. Quatre mois apr&#232;s le diagnostic du service de pathologie professionnelle, &#231;a a &#233;t&#233; le gros coup de bambou&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tiquettes foireuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006. La p&#232;gre du pesticide a d&#233;j&#224; effectu&#233; son &lt;i&gt;green washing&lt;/i&gt; et s'appelle d&#233;sormais Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Elle met sur pied le r&#233;seau Adivalor qui va r&#233;cup&#233;rer chez les vignerons les bidons contenant de l'ars&#233;nite, rest&#233;s sous cl&#233; depuis cinq ans. &#171; &lt;i&gt;Chaque vigneron se voyait remettre un bon : Monsieur Machin a ramen&#233; tel jour 28 kilos de Midipyral et 4 de Pyralesca. Ensuite des camions venaient r&#233;cup&#233;rer les stocks.&lt;/i&gt; &#187; La suite est floue : enfouissement ou destruction des bidons ? Les recherches de Val&#233;rie sont rest&#233;es vaines. Mais le probl&#232;me est ailleurs : en faisant dispara&#238;tre tous les contenants d'ars&#233;nite, ce sont les preuves de la connivence entre services &#233;tatiques et firmes phytosanitaires qui disparaissent &#233;galement. Val&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Les demandes d'homologation de mise sur le march&#233; sont faites par les firmes. Depuis 1955, elles savaient que les produits &#233;taient canc&#233;rog&#232;nes, mais &#231;a ne les a pas emp&#234;ch&#233;s de continuer &#224; les commercialiser avec des &#233;tiquetages erron&#233;s et incomplets. Les &#233;tiquettes auraient d&#251; porter la recommandation &#8220;R45&#8221; du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) : &#8220;canc&#233;rog&#232;ne av&#233;r&#233;, cat&#233;gorie 1&#8221;. Or, il y &#233;tait &#233;crit &#8220;R40, canc&#233;rog&#232;ne suspect&#233;, preuves insuffisantes. Peut provoquer le cancer&#8221;. Non seulement elles ont continu&#233; &#224; mettre sur le march&#233; des produits dont elles savaient la dangerosit&#233; mais elles ont tromp&#233;, dup&#233; les paysans sur les &#233;tiquettes. Les services de l'&#201;tat avaient un r&#244;le de police phytosanitaire qu'ils n'ont pas rempli. Erreur d'un gratte-papier ou bien preuve d'une collusion entre l'&#201;tat et les firmes ? Je penche pour cette seconde hypoth&#232;se. Les firmes ont pris un tel pouvoir gr&#226;ce au lobbying que les services &#233;tatiques sont v&#233;rol&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La preuve par neuf apport&#233;e par Fabrice Nicolino et Fran&#231;ois Veillerette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2014. Vingt-trois &#233;coliers de Villeneuve-de-Blaye (Gironde) sont pris de malaise et hospitalis&#233;s. L'&#233;cole est bord&#233;e de vignes o&#249; des &#233;pandages ont eu lieu. La FDSEA&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration d&#233;partementale des syndicats d'exploitants agricoles.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;gaine et accuse&#8230; un viticulteur bio d'avoir balanc&#233; du soufre. On n'est plus &#224; une couleuvre pr&#232;s. Du c&#244;t&#233; assos environnementales, on a dans le collimateur le traitement de parcelles conventionnelles : entre les deux camps, la guerre est d&#233;clar&#233;e. Val&#233;rie raconte comment le Comit&#233; interprofessionnel des vignerons de Bordeaux a communiqu&#233; &#224; ses troupes : &#171; &lt;i&gt;Les journalistes sont sur les dents. Surtout si vous pulv&#233;risez, respectez bien la vitesse du vent, &#233;quipez-vous bien, ne donnez pas une mauvaise image de la profession.&lt;/i&gt; &#187; Dans leur com', pas eu une ligne sur les gosses hospitalis&#233;s. La fuite d'un document interne de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) vient laver le vigneron bio de tout soup&#231;on. Extrait : &#171; &lt;i&gt;Des tracteurs ont r&#233;pandu le jour m&#234;me des produits fongicides&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;contenant les substances actives suivantes : le mancoz&#232;be, le mefenoxam, la spiroxamine&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les effets connus des fongicides identifi&#233;s sont concordants avec les sympt&#244;mes d&#233;crits par les enfants et personnels de cette &#233;cole.&lt;/i&gt; &#187; L'enfumage de la FDSEA aura fait long feu. Et surtout, la question de l'empoisonnement phytosanitaire commence s&#233;rieusement &#224; inqui&#233;ter. &#171; &lt;i&gt;Le docu &#8220;Cash Investigation&#8221;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Cash Investigation - Produits chimiques, nos enfants en danger &#187;, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; diffus&#233; le 2 f&#233;vrier a agi comme un &#233;lectrochoc dans la population. Dans la foul&#233;e, on a organis&#233; une marche blanche contre les pesticides le 14 f&#233;vrier.&lt;/i&gt; &#187; Six cents personnes ont battu le pav&#233; &#224; Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux soldats de la chimie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons, coinc&#233;s entre omerta du milieu et survie &#233;conomique, fr&#244;lent la schizophr&#233;nie, comme le confirme Val&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Ils continuent &#224; traiter leurs vignes alors qu'ils savent que ces produits sont dangereux. Mais on leur a tellement bourr&#233; le cr&#226;ne qu'ils acceptent de sacrifier leur sant&#233;. Ils culpabilisent car ils connaissent ces histoires de gosses intoxiqu&#233;s, de fausses-couches, de malformations de b&#233;b&#233;s ; ils ont entendu parler des perturbateurs endocriniens, des produits canc&#233;rog&#232;nes, mutag&#232;nes et reprotoxiques. Ceux qui traitent &#224; c&#244;t&#233; d'&#233;coles ou d'habitations se disent : &#8220;Mais putain, combien j'en ai empoisonn&#233;s ?&#8221; On ne leur permet pas d'exprimer le fait qu'ils se sont fait avoir. J'ai vu mon p&#232;re se l'avouer. C'est pas facile de t'avouer que tu t'es fait entuber pendant 42 ans. L'avouer &#224; ta femme, &#224; ta famille, &#224; tes confr&#232;res.&lt;/i&gt; &#187; Paysans-pollueurs, voil&#224; les vignerons marqu&#233;s du sceau d'infamie. Un stigmate bien pratique qui absout les principaux coupables et profiteurs. &#171; &lt;i&gt;Les premiers responsables, ce sont les firmes qui continuent &#224; foutre ces saloperies sur le march&#233;. Ce sont des entreprises pr&#233;datrices qui ont transform&#233; l'agriculture en une activit&#233; mortif&#232;re et ont fait des paysans de bons petits soldats de la chimie. Et aujourd'hui, on voudrait leur faire porter toute la responsabilit&#233; ? Mais moi je dis non !&lt;/i&gt; &#187; Le 27 avril, cela fera un an que Val&#233;rie a d&#233;pos&#233; plainte pour homicide involontaire. L'enqu&#234;te pr&#233;liminaire suit son cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La preuve par neuf apport&#233;e par Fabrice Nicolino et Fran&#231;ois Veillerette dans &lt;i&gt;Pesticides. R&#233;v&#233;lation sur un scandale fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Fayard, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration d&#233;partementale des syndicats d'exploitants agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Cash Investigation - Produits chimiques, nos enfants en danger &#187;, de Martin Boudot, diffus&#233;e le mardi 2 f&#233;vrier 2016 sur France 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argentine : La sale blague du gaz de schiste</title>
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		<dc:creator>Martin Barzilai</dc:creator>


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&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres. Ici, en f&#233;vrier, c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no132-mai-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;132 (mai 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/produits-863" rel="tag"&gt;produits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/compagnies" rel="tag"&gt;compagnies&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Neuquen" rel="tag"&gt;Neuqu&#233;n&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vaca Muerta, un territoire grand comme la Belgique situ&#233; au sud de l'Argentine, rec&#233;lerait une des plus importantes r&#233;serves de p&#233;trole et de gaz de schiste du sous-continent. Depuis 2013, la compagnie p&#233;troli&#232;re nationale YPF, &#233;paul&#233;e par Chevron et Total (entre autres), exploite ces gisements. Au menu : pollution, mis&#232;re sociale et spoliation de terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, en f&#233;vrier,&lt;/strong&gt; c'est l'&#233;t&#233; austral et le soleil tape dur sur le village d'A&#241;elo &#224; l'heure de la sieste. Cela n'emp&#234;che pas les 4x4 et les camions en tout genre de traverser la petite agglom&#233;ration &#224; toute berzingue. Sur la place, en face de la mairie, une femme et une adolescente accompagn&#233;es de trois enfants quittent l'ombre pour rentrer chez elles. Depuis trois ans, avec le boum du gaz de schiste, la population masculine a largement d&#233;pass&#233; la proportion habituelle et les cas de m&#232;res adolescentes se multiplient, a pu constater Ruben, m&#233;decin du village. Faute de logements suffisants, les compagnies ont mont&#233; des campements de &#171; &lt;i&gt;trailers&lt;/i&gt; &#187; (conteneurs habitables) &#171; &lt;i&gt;tout confort&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire &#233;quip&#233;s du c&#226;ble et d'Internet. Un gymnase a &#233;t&#233; construit pour une main-d'&#339;uvre exclusivement masculine. Felipe, trente-sept ans, travaille sur un puits comme man&#339;uvre. Il gagne l'&#233;quivalent de 2 500&#8200;euros par mois et vit pendant la moiti&#233; du temps dans l'une de ces maisons de fer. &#171; &lt;i&gt;On travaille &#233;norm&#233;ment pendant deux semaines, mais ensuite, on peut retourner chez nous le reste du mois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bord de route, un casino s'est install&#233;, et un autre, plus grand, est en construction juste en face. Les vendredis et samedis soirs peuvent &#234;tre agit&#233;s, l'alcool aidant. Du coup, des policiers sont en faction d&#232;s la nuit tomb&#233;e devant la station-service, qui fait office de centre n&#233;vralgique de la bourgade.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p17-barm0569011-c1bab.jpg?1782766580' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Albino Campos, &lt;i&gt;longko&lt;/i&gt; (chef de clan) de la communaut&#233; Mapuche de Campo Maripe, visite un puits non conventionnel et constate le d&#233;bordement de mati&#232;res polluantes. Dans ce cas, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiant pour l'extraction. Des couvertures en plume sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pedro,&lt;/strong&gt; la cinquantaine joviale et le sourire quelque peu &#233;dent&#233;, travaille &#224; la voirie de la municipalit&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est qu'ils p&#232;sent lourd, tous ces camions qui transitent dans tous les sens ! &#199;a craqu&#232;le l'asphalte et les autorit&#233;s de Neuqu&#233;n ne veulent pas mettre un sou pour refaire les routes. Les compagnies p&#233;troli&#232;res donnent quelques miettes, mais ce n'est pas suffisant ! Avec la circulation, les accidents se multiplient et le dispensaire de sant&#233; ne peut pas faire face. Il faut aller &#224; plus de cinquante kilom&#232;tres pour trouver un v&#233;ritable h&#244;pital.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e d'une pharmacie, une dame d&#233;charge des cartons remplis de produits de beaut&#233; d'un 4x4. &#171; &lt;i&gt;Nous, &#231;a va, on est commer&#231;ants ici depuis trente ans. Alors l'argent des travailleurs du p&#233;trole, on en b&#233;n&#233;ficie un peu. Mais pour l'avenir, je pense surtout &#224; mes petits-enfants qui vont &#234;tre oblig&#233;s de partir. Il faut voir dans quel &#233;tat ils vont laisser tout &#231;a quand ce sera termin&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour acc&#233;der&lt;/strong&gt; &#224; Loma Campana, site o&#249; se dressent les puits de p&#233;trole et de gaz non conventionnels de Vaca Muerta, pr&#232;s d'A&#241;elo, il faut prendre une route qui monte sur un plateau. Une fois l&#224;-haut, la premi&#232;re chose que l'on aper&#231;oit est une caravane d&#233;fra&#238;chie repeinte de couleurs criardes dont la devanture annonce hot-dogs et hamburgers. Depuis presque un an, Norma, vingt-neuf ans, vit sur place. Pour un salaire &#233;quivalent &#224; 600&#8200;euros par mois, elle vend aux camionneurs press&#233;s de la nourriture bon march&#233;. &#171; &lt;i&gt;Depuis qu'un autre kiosque vend de la viande grill&#233;e un peu plus loin, ici, &#231;a marche moins bien.&lt;/i&gt; &#187; Le soleil frappe dur et Norma a d&#251; batailler des mois pour que le propri&#233;taire consente &#224; installer un tissu entre les caravanes pour avoir un peu d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt; de l&#224;, la communaut&#233; am&#233;rindienne mapuche de Campo Maripe est sous tension depuis qu'YPF (soci&#233;t&#233; p&#233;troli&#232;re argentine), associ&#233;e &#224; Chevron (&#233;tats-Unis), est venue s'installer sur ses terres, en 2013, pour extraire du p&#233;trole et du gaz de schiste. Albino Campos, chef de la communaut&#233;, explique entre deux gorg&#233;es de mat&#233; : &#171; &lt;i&gt;Avec leur syst&#232;me de fracturation, ils polluent les nappes phr&#233;atiques et nous emp&#234;chent de faire pa&#238;tre nos animaux comme avant.&lt;/i&gt; &#187; Les responsables d'YPF, eux, d&#233;mentent toutes fuites, arguant que leurs puits sont ciment&#233;s. Les forages plongent &#224; plus de trois kilom&#232;tres de profondeur, puis se ramifient &#224; l'horizontale. Des produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; du sable et &#224; plusieurs millions de litres d'eau sont inject&#233;s sous pression pour fracturer la roche et r&#233;cup&#233;rer ensuite les hydrocarbures. Ces puits particuli&#232;rement profonds provoquent des micros&#233;ismes qui peuvent fissurer le ciment et laisser filtrer aussi bien les produits chimiques m&#233;lang&#233;s &#224; l'eau que le p&#233;trole ou le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s&lt;/strong&gt; s'&#234;tre encha&#238;n&#233;s &#224; des puits ; apr&#232;s diverses manifestations &#224; Neuqu&#233;n, capitale de la province ; apr&#232;s une longue bagarre juridique, les Mapuche ont obtenu le droit de circuler librement sur le site de Loma Campana. R&#233;guli&#232;rement, Albino arpente ce paysage semi-d&#233;sertique pour d&#233;tecter tout d&#233;bordement de produits polluants. Checho, vingt-deux ans, l'accompagne et prend des photos qu'il publie ensuite sur Facebook pour d&#233;noncer le non-respect de l'environnement par les compagnies p&#233;troli&#232;res. Ce jour-l&#224;, alors qu'une tour de fracturation est d&#233;mont&#233;e, un liquide br&#251;natre et malodorant s'est r&#233;pandu sur le sol alentours. Selon le chef de puits d'YPF, il s'agit de gasoil et d'eau, produits utilis&#233;s comme lubrifiants pour faciliter l'extraction. M&#234;me si des couvertures contenant des plumes de canards sont utilis&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;&#233;ponger&lt;/i&gt; &#187; les d&#233;g&#226;ts, il suffit de passer &#224; c&#244;t&#233; pour constater que ce bricolage est insuffisant : le sol sablonneux absorbe une bonne partie du gasoil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;chets&lt;/strong&gt; qui ne sont pas bus par la terre sont dispers&#233;s dans diff&#233;rents lieux de stockage de la r&#233;gion, o&#249; des compagnies &#171; environnementales &#187; se chargent de les traiter. En apparence, tout semble donc sous contr&#244;le. Fin octobre 2014, &#224; Neuqu&#233;n, sur le site d'Indarsa, g&#233;r&#233; par une des entreprises habilit&#233;es pour retraiter les d&#233;chets p&#233;troliers, un bassin qui n'&#233;tait pas aux normes a d&#233;bord&#233;. Les r&#233;sidus polluants se sont &#233;coul&#233;s sur cinq cents m&#232;tres, &#224; proximit&#233; de quartiers d&#233;favoris&#233;s. De son c&#244;t&#233;, l'entreprise Comarsa &#233;tait suppos&#233;e planter des arbres autour de ses bassins afin qu'ils absorbent les &#233;manations de gaz toxiques, mais elle n'en a rien fait. Pis encore, l'ironiquement nomm&#233;e soci&#233;t&#233; Real Work entrepose &#224; m&#234;me le sol, et &#224; l'air libre, ces couvertures en plumes de canard imbib&#233;es de diff&#233;rents poisons, dans une propri&#233;t&#233; de plusieurs hectares situ&#233;e &#224; quelques kilom&#232;tres de la ville de Cutral C&#243;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malgr&#233; l'adversit&#233;&lt;/strong&gt;, &#224; Loma Campana, les Mapuche ne se laissent pas abattre. Depuis janvier 2015, ils ont install&#233; une caravane &#224; l'entr&#233;e du site o&#249; sont install&#233;s les puits non conventionnels, &#224; proximit&#233; des p&#226;turages de leurs troupeaux. Ils contr&#244;lent ainsi la circulation des diff&#233;rents v&#233;hicules sur ce point strat&#233;gique. Marta, la s&#339;ur d'Albino, observe &#224; l'horizon le nuage de poussi&#232;re soulev&#233; par un poids lourd affr&#233;t&#233; par une des compagnies p&#233;troli&#232;res. &#171; &lt;i&gt;Le passage de ces camions d&#233;t&#233;riore nos chemins. Ils deviennent impraticables. Nous devons bloquer r&#233;guli&#232;rement la circulation pendant quelques heures pour les obliger &#224; arroser la route. C'est la seule fa&#231;on de l'entretenir un tant soit peu sans asphalter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; quelques kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, Auca Mahuida, zone prot&#233;g&#233;e abritant des esp&#232;ces en voie d'extinction, a vu fleurir quelques puits d'extraction non conventionnelle sous le patronnage de Total. Les &#233;cologistes sont mont&#233;s au cr&#233;neau, mais le gouvernement provincial et le secr&#233;tariat &#224; l'Environnement ne trouvent rien &#224; redire&#8230; Mutique, le gouvernement de la province empoche quelques pauvres deniers chaque fois que l'on creuse pour extraire du p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p19-barm0568980-3d086.jpg?1782766580' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une rue du quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural, en p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuquen, d&#233;bouche sur des chevalets de pompage. Une partie importante du quartier n'a pas l'eau courante.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaca Muerta&lt;/strong&gt; n'est pas seule &#224; subir ces puits non conventionnels diss&#233;min&#233;s un partout dans la r&#233;gion. Il en pousse jusqu'&#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville de Neuqu&#233;n, dans le quartier d&#233;favoris&#233; de Valentina Norte Rural. &#192; quelques p&#226;t&#233;s de maisons de l'&#233;cole primaire, les chevalets de pompage (ou &#171; cigognes &#187;) marquent le rythme de l'extraction. Mart&#237;n, de l'organisation Observatorio Petroleo Sur, se scandalise de la proximit&#233; entre les puits et les lieux d'habitation : &#171; &lt;i&gt;Il se produit r&#233;guli&#232;rement des explosions sur ce genre de site, mais ce danger n'inqui&#232;te ni les compagnies p&#233;troli&#232;res, ni les autorit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Pendant qu'on extrait des millions de dollars des sous-sols, la majorit&#233; des habitants du quartier n'ont pas l'eau courante. Un camion citerne avance dans la rue non goudronn&#233;e et distribue de l'eau non potable. Nicolas, qui voyage accroch&#233; &#224; l'arri&#232;re du v&#233;hicule, saute et rempli le r&#233;servoir d'une maison. Il travaille onze heures par jour pour une soci&#233;t&#233; priv&#233;e, sous-traitante de la municipalit&#233;, et gagne moins de 400&#8200;euros par mois. &#171; &lt;i&gt;Cette eau sert pour l'arrosage et la lessive uniquement. Elle est rationn&#233;e. Une famille dont l'enfant est malade a demand&#233; quelques litres de plus, mais on lui a refus&#233;&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-il, l'air d&#233;go&#251;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; une trentaine de kilom&#232;tres&lt;/strong&gt;, la municipalit&#233; d'Allen a toujours compt&#233; sur ses poires, pommes et p&#234;ches comme principale source de revenus. Mais, depuis l'arriv&#233;e de l'extraction de p&#233;trole non conventionnelle en 2013, tout a chang&#233;. Les compagnies p&#233;troli&#232;res ach&#232;tent les terrains pour des fortunes. Depuis, les vergers c&#244;toient les puits. Si certaines associations &#233;cologistes s'inqui&#232;tent de la qualit&#233; des fruits, comme &#224; Auca Mahuida, les autorit&#233;s font l'autruche. Au d&#233;tour d'un chemin, entre un verger de poiriers et un chevalet de pompage particuli&#232;rement bruyant, vit Irene, cinquante-sept ans, et sa famille. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours v&#233;cu ici. Ils ont install&#233; leur appareillage sans nous demander notre avis. Le plus d&#233;sagr&#233;able, c'est le bruit. Mais on finit par s'habituer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis&lt;/strong&gt; les ann&#233;es cinquante, les habitants de ces r&#233;gions se sont r&#233;sign&#233;s avec fatalisme &#224; subir les m&#233;faits du p&#233;trole, conventionnel ou non. Mais pas leur organisme : nombreux cas de cancer, de pr&#233;sence de m&#233;taux lourds dans le sang, etc. Le &lt;i&gt;fracking&lt;/i&gt; (extraction non conventionnelle) n'est v&#233;cu que comme une nuisance ajout&#233;e aux autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin 2014&lt;/strong&gt;, la pr&#233;sidente Cristina Kirchner faisait la retape pour attirer les investisseurs en pr&#233;sentant son pays comme une nouvelle Arabie saoudite regorgeant de gaz et de p&#233;trole. &#171; &lt;i&gt;&#192; une nuance pr&#232;s&lt;/i&gt;, croyait-elle bon de pr&#233;ciser, &lt;i&gt;nous ne sommes pas encercl&#233;s par les guerres, il n'y a pas d'affrontement religieux, ni de diff&#233;rences ethniques.&lt;/i&gt; &#187; Pour calmer ses ardeurs, Paolo Rocca, le patron d'un consortium argentin du secteur de l'&#233;nergie avait &#233;mis un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt;Non, Vaca Muerta n'est pas l'Arabie saoudite&lt;/i&gt; &#187;, car l'enthousiasme pr&#233;sidentiel oubliait un peu vite la baisse du prix du baril sur les march&#233;s internationaux. L'extraction du gaz de schiste co&#251;te en d&#233;finitive tr&#232;s cher et l'Argentine risque bien de ne pas en profiter pour redresser sa balance &#233;nerg&#233;tique. En revanche, le saccage &#233;cologique de la Patagonie est, lui, exponentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en savoir plus :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.opsur.org.ar/blog/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatorio Petroleo Sur&lt;/a&gt; (en espagnol).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p17-gaz-de-schiste.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH693/p17-gaz-de-schiste-87916.jpg?1782766580' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Total ratage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire de deux copains qui d&#233;cident un beau jour de subtiliser une pastille radioactive sur un site d'extraction de p&#233;trole dans la r&#233;gion de Vaca Muerta. Celles-ci sont utilis&#233;es sur les puits non conventionnels pour r&#233;aliser des sortes de radiographie du sous-sol. L'un des deux comparses, ancien employ&#233; de Total, rep&#232;re l'emplacement de l'objet convoit&#233; et part avec. Puis il appelle d'un portable pour demander une &#171; &lt;i&gt;ran&#231;on&lt;/i&gt; &#187; de 500&#8200;000 dollars&#8200;&#8211; alors que la valeur de la pastille ne d&#233;passe pas les 5&#8200;000. L'appel est g&#233;olocalis&#233;. Il suffit ensuite aux services de s&#233;curit&#233; nucl&#233;aire de rep&#233;rer les radiations pour faire arr&#234;ter les malheureux chapardeurs. L'irradiante pastille est retrouv&#233;e dans le coffre du taxi dans lequel les lascars tentaient de s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Esquivel, secr&#233;taire &#224; l'Environnement de la province de Neuqu&#233;n, est furax. Selon la loi, l'entreprise est tenue de signaler dans les 24&#8200;heures toute perte ou vol de ce genre de produits hautement dangereux. Or, Total avait pr&#233;f&#233;r&#233; faire motus pendant plus d'une semaine. Ricardo a de quoi l'avoir mauvaise : c'est la deuxi&#232;me pastille que l'entreprise fran&#231;aise &#233;gare en moins d'un an. Dur &#224; avaler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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