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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Priv&#233;s de langue</title>
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		<dc:creator>Mathilde Bl&#233;zat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin du XIXe si&#232;cle, les personnes Sourdes ont &#233;t&#233; successivement priv&#233;es du droit puis de la possibilit&#233; d'apprendre (dans) leur langue, la langue des signes. Entrav&#233;es, elles n'ont cess&#233; de lutter pour s'exprimer et la faire vivre. &#171; Viva la parola ! &#187; Une mise &#224; mort qui tient dans un cri, lanc&#233; en septembre 1880 par un chapelet d'eccl&#233;siastiques, d'instituteurs et de directeurs d'&#233;tablissements en cl&#244;ture du Congr&#232;s de Milan. Cri aussit&#244;t transcrit en loi par la r&#233;publique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin du XIXe si&#232;cle, les personnes Sourdes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le choix de la majuscule au mot Sourd pour cet article s'inscrit dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont &#233;t&#233; successivement priv&#233;es du droit puis de la possibilit&#233; d'apprendre (dans) leur langue, la langue des signes. Entrav&#233;es, elles n'ont cess&#233; de lutter pour s'exprimer et la faire vivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Viva la parola !&lt;/i&gt; &#187; Une mise &#224; mort qui tient dans un cri, lanc&#233; en septembre 1880 par un chapelet d'eccl&#233;siastiques, d'instituteurs et de directeurs d'&#233;tablissements en cl&#244;ture du Congr&#232;s de Milan. Cri aussit&#244;t transcrit en loi par la r&#233;publique jules-ferriste : la langue des signes est interdite dans les &#233;coles pour personnes Sourdes en France avant la fin de l'ann&#233;e. Cette sentence n'est que le funeste aboutissement de la pathologisation progressive des Sourds au cours du XIX e si&#232;cle, alors que les m&#233;decins gagnent en influence dans une III e R&#233;publique qui sacralise l'id&#233;e de progr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un dossier d&#233;taill&#233; sur la m&#233;dicalisation des Sourds et leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La langue des signes venait pourtant de vivre un si&#232;cle d'or &#8211; et de duels. &#192; la suite de l'Abb&#233; de l'&#201;p&#233;e, qui ouvre en 1755 le premier institut du monde &#224; enseigner dans cette langue, des dizaines d'&#233;coles sont cr&#233;&#233;es par une communaut&#233; intellectuelle, artistique et scientifique Sourde tr&#232;s dynamique. S'institutionnalisant, elle devient langue de transmission de savoirs. En face, se tiennent les disciples d'une vision de la surdit&#233; comme d&#233;ficience, comme maladie &#224; &#171; soigner &#187; par la p&#233;dagogie oraliste &#8211; en attendant d'avoir mis au point un rem&#232;de miracle. Pour eux, la langue des signes n'est gu&#232;re plus qu'un vulgaire amas de mimiques empreintes d'animalit&#233; et forg&#233;es par la n&#233;cessit&#233; humaine d'une communication primaire. Au tournant du si&#232;cle, leur paradigme s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mains indociles et linguistique dissidente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1886 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH596/-182-8f41c.jpg?1782666726' width='400' height='596' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Seule langue qui permette r&#233;ellement aux personnes Sourdes&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est question ici des Sourds profonds de naissance ou pr&#233;linguaux.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; de s'exprimer, de se d&#233;velopper cognitivement et de communiquer, elle entre alors en r&#233;sistance. Dans les internats notamment. Regroup&#233;s entre eux, les &#233;l&#232;ves Sourds, priv&#233;s de langue et contraints d'apprendre &#224; oraliser avec d'aust&#232;res orthophonistes des sons qu'ils n'entendent pas, bravent les punitions et la pratiquent clandestinement. En classe, d&#232;s que le professeur a les yeux plant&#233;s dans le tableau noir. Ou encore au r&#233;fectoire, dans les dortoirs et les couloirs, remisant fissa leurs mains sit&#244;t que le parquet vibre sous les pas autoritaires du dirlo. Interdite, la langue des signes vit, se d&#233;ploie, se d&#233;(sen)cha&#238;ne. Se rabougrit aussi parfois, quand la r&#233;pression est trop dure. Face &#224; l'oralisme rigoriste, les signes sont un maquis dans lequel la culture Sourde continue de s'affirmer en attendant des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre plus d'un si&#232;cle, 1991 plus pr&#233;cis&#233;ment, avant que l'&#233;ducation en langue des signes soit autoris&#233;e dans la loi, suite aux luttes men&#233;es par les personnes Sourdes. En effet, les ann&#233;es 1970 ont connu un fort renouveau culturel et militant &#8211; le R&#233;veil Sourd. L'un des combats phares porte sur la reconnaissance de la langue des signes comme v&#233;ritable langue. Au XIXe, des linguistes avaient amorc&#233; ce travail, mais la linguistique structurale h&#233;riti&#232;re de Ferdinand de Saussure avait maintenue &#224; la porte du club des langues l&#233;gitimes cet idiome d&#233;j&#224; banni par l'&#201;tat. Le v&#233;ritable pionnier en la mati&#232;re est le linguiste entendant &#233;tats-unien William Stokoe. C'est en observant ses &#233;tudiants Sourds communiquer, comme l'Abb&#233; de l'&#201;p&#233;e en son temps, qu'il a le d&#233;clic. Dans les ann&#233;es 1960, il s'attelle alors &#224; prouver le caract&#232;re linguistique de l'American Sign Language&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Langue des signes am&#233;ricaine.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en la faisant entrer dans les crit&#232;res d'analyse d'une linguistique structurale qui ne reconna&#238;t que des langues vocales et lin&#233;aires&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une langue est lin&#233;aire quand elle se construit par une suite de mots (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; et s'attire ainsi les foudres des puristes. Son travail r&#233;volutionne litt&#233;ralement la discipline. Il d&#233;cortique minutieusement les signes en trois &#171; param&#232;tres &#187; ou &#171; ch&#233;r&#232;mes &#187;, &#224; la fa&#231;on du d&#233;coupage en phon&#232;mes des langues vocales : la configuration de la main (forme), son emplacement et son mouvement. Deux autres param&#232;tres, l'orientation de la paume et l'expression faciale, seront ajout&#233;s par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, o&#249; la langue des signes n'a jamais &#233;t&#233; mise au ban, sa reconnaissance en tant que langue fait son chemin. En France, en revanche, la pilule est dure &#224; avaler dans la profession. C'est donc aux c&#244;t&#233;s des militants Sourds des ann&#233;es 1970&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et d'un Sourd &#233;tats-unien, Alfredo Corrado, qui, effar&#233; des d&#233;sastres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, que la r&#233;volution linguistique se fera. V&#233;ritable outil de lutte, elle ne s'en tient pas &#224; une marotte de linguistes en mal d'idiome &#224; diss&#233;quer. Christian Cuxac, linguiste entendant qui lui aussi se passionne pour la question suite &#224; l'observation de ses &#233;l&#232;ves Sourds, est de ceux qui vont sensiblement enrichir l'analyse. S'appuyant sur les corpus du grand po&#232;te et militant Sourd Guy Bouchauveau qu'il a longuement film&#233;, il distingue un autre type de structure syntaxique, sp&#233;cifique celui-ci aux langues sign&#233;es : les structures de grande iconicit&#233;. Ayant une vis&#233;e illustrative, celles-ci se combinent aux signes pour constituer la langue des signes. Les personnes Sourdes effectuent un va-et-vient constant entre ces deux types de structures, qu'on peut r&#233;sumer en &#171; dire en disant &#187; et &#171; dire en faisant &#187; : par exemple, on peut faire le signe de &#171; voiture &#187;, celui de &#171; conduire &#187; puis, de fa&#231;on tr&#232;s iconique, on peut prendre le r&#244;le d'un pi&#233;ton et signer sa peur &#8211; une palette tr&#232;s fine des manifestations de celle-ci &#8211; face &#224; cette voiture lanc&#233;e &#224; pleine vitesse en sa direction. La grande iconicit&#233; est par ailleurs ce qui rend relativement ais&#233;s les &#233;changes langagiers entre les Sourds du monde entier, m&#234;me si, d'une langue des signes &#224; l'autre, les signes peuvent &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ligoter l'alt&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, cent ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bannie de l'enseignement, la langue des signes y revient en douce. Dans six villes de France, des &#233;ducateurs Sourds et des parents d'enfants Sourds, militants chevronn&#233;s, montent des classes bilingues autog&#233;r&#233;es. Toutes les mati&#232;res y sont enseign&#233;es en langue des signes fran&#231;aise (LSF) et le fran&#231;ais &#233;crit y est appris comme une langue &#233;trang&#232;re. &#192; mesure que les gamins grandissent, ils ouvrent des niveaux de la maternelle au lyc&#233;e. Avec la loi de 1991, le principe de l'&#233;ducation en langue des signes gagne une existence l&#233;gale mais la LSF n'est officiellement reconnue comme langue qu'en 2005, alors que le cursus bilingue entre dans le giron de l'&#201;ducation nationale. Autant de bonnes intentions qui ne sont pas suivies en moyens : aujourd'hui, quatorze villes accueillent au moins une classe bilingue, uniquement en primaire pour la plupart, et seules trois villes proposent un cursus de la maternelle au lyc&#233;e. Ces classes sont par ailleurs r&#233;guli&#232;rement menac&#233;es de fermeture. Pour la quasi-totalit&#233; des enfants Sourds, la scolarit&#233; s'effectue soit en &#171; int&#233;gration en milieu ordinaire &#187;, qui consiste &#224; les parachuter un &#224; un dans des classes de &#171; normo-entendants &#187; sans l'ombre d'un compagnon Sourd, soit en institut m&#233;dico-&#233;ducatif pour &#171; jeunes d&#233;ficients auditifs &#187;. Des termes comme la langue m&#233;dicale en raffole et qui portent en eux toute la violence v&#233;cue par les personnes Sourdes : la r&#233;duction d'une diff&#233;rence &#224; un handicap. Dans les deux cas, l'accent est mis sur l'apprentissage de l'oralisation du fran&#231;ais et de la lecture sur les l&#232;vres, au moyen d'inlassables heures de &#171; r&#233;&#233;ducation &#187; orthophonique &#8211; aux d&#233;pens de l'insouciance, des d&#233;couvertes et du jeu, essentiels &#224; la vie d'un enfant. Dans le premier, perle de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise, la volont&#233; est d'&#171; &lt;i&gt;assimiler l'autre jusqu'&#224; gommer en lui toute alt&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Meynard, Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds, &#201;ditions &#201;r&#232;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;. Dispers&#233;s, les enfants Sourds ne peuvent plus faire vivre leur langue, n'ont plus de contact avec elle. Dans le deuxi&#232;me, la r&#232;gle est plus floue : certains &#233;tablissements sont purement oralistes, d'autres distillent des touches &#233;parses de fran&#231;ais sign&#233; et de rudiments de LSF, au gr&#233; des convictions des professeurs. D'une proscription p&#233;remptoire, on est pass&#233; &#224; un interdit masqu&#233; bien plus pernicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : aujourd'hui, 80 % de Sourds seraient illettr&#233;s et 30 % au ch&#244;mage, ceux qui travaillent ayant g&#233;n&#233;ralement des emplois peu stables et mal r&#233;mun&#233;r&#233;s. Le probl&#232;me commence d&#232;s la prime enfance. Aucun espace pour se rencontrer, esquisser des &#233;changes langagiers et ainsi se construire cognitivement, intellectuellement et socialement n'est &#224; leur disposition dans le monde entendant, alors que c'est ainsi qu'ils entreront dans la langue, pour ensuite &#234;tre en mesure d'apprendre le fran&#231;ais, les maths ou la g&#233;ographie. 90 % des enfants Sourds naissent de parents entendants, et une fois le diagnostic de la surdit&#233; pos&#233;, m&#233;decins, orthophonistes et professionnels de la p&#233;dagogie leur mart&#232;lent qu'ils doivent s'emp&#234;cher de toute gestualit&#233; dans la communication avec leur enfant, sinon celui-ci sera &#224; tout jamais perdu pour l'apprentissage oral du fran&#231;ais, comp&#233;tence &#233;rig&#233;e en condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; &#224; l'acc&#232;s &#224; d'autres savoirs et &#224; une vie &#171; normale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont alors ceux qui, d&#233;sempar&#233;s, cessent les &#233;changes gestuels et visuels qui s'&#233;tablissent spontan&#233;ment avec un nourrisson, et ne communiquent pour ainsi dire plus avec elle ou lui. Or, &#171; &lt;i&gt;ce qui fait vivre un humain est de pouvoir habiter la langue qui l'attire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Meynard, Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds, &#201;ditions &#201;r&#232;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;, et les personnes Sourdes ne per&#231;oivent pas l'int&#233;r&#234;t du langage oral et du monde sonore &#8211; leur imaginaire s'abreuve dans d'autres canaux, visuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le choix de la majuscule au mot Sourd pour cet article s'inscrit dans la d&#233;marche militante, initi&#233;e par le linguiste Sourd am&#233;ricain James Woodward dans les ann&#233;es 1970, de distinguer le point de vue m&#233;dical de l'identit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour un dossier d&#233;taill&#233; sur la m&#233;dicalisation des Sourds et leurs r&#233;sistances, se r&#233;f&#233;rer &#224; la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; n&#176;9 (2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est question ici des Sourds profonds de naissance ou pr&#233;linguaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Langue des signes am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une langue est lin&#233;aire quand elle se construit par une suite de mots dispos&#233;s les uns apr&#232;s les autres, alors qu'en langue des signes, plusieurs choses peuvent &#234;tre dites simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et d'un Sourd &#233;tats-unien, Alfredo Corrado, qui, effar&#233; des d&#233;sastres de l'interdiction sur l'expression des personnes Sourdes, vient cr&#233;er l'International Visual Theater &#224; Vincennes. Ce th&#233;&#226;tre deviendra l'un des piliers de la culture Sourde en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Andr&#233; Meynard, &lt;i&gt;Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds&lt;/i&gt;, &#201;ditions &#201;r&#232;s, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Andr&#233; Meynard, &lt;i&gt;Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds&lt;/i&gt;, &#201;ditions &#201;r&#232;s, 2010.&lt;/p&gt;
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		<title>&#171; Continuons les d&#233;g&#226;ts ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Continuons-les-degats</link>
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		<dc:date>2014-03-06T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
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&lt;p&gt;Opter pour les utopies chouettes, c'est aussi veiller &#224; vivre tout de suite des &#171; rapports &#233;galitaires, respectueux et fraternels &#187;, ajoutons &#171; jouissifs &#187;, dans des groupes autonomes libertaires ponctuels &#171; transparents et affinitaires &#187;. Dans Toulouse, ann&#233;es 80, un go&#251;t certain pour le sabotage (Le Coquelicot), la craquante Anne Carrati&#233; fait revivre avec fougue l'une des mouvances antiautoritaires les plus inspir&#233;es de la France post-68, &#224; laquelle nous devons : &#8211; bien des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Toulouse-Matin" rel="tag"&gt;Toulouse Matin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Carratie" rel="tag"&gt;Anne Carrati&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Royer" rel="tag"&gt;Jean Royer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Opter pour les utopies chouettes, c'est aussi veiller &#224; vivre tout de suite des &#171; &lt;i&gt;rapports &#233;galitaires, respectueux et fraternels&lt;/i&gt; &#187;, ajoutons &#171; &lt;i&gt;jouissifs&lt;/i&gt; &#187;, dans des groupes autonomes libertaires ponctuels &#171; &lt;i&gt; transparents et affinitaires&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_935 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH439/p14-couvtlse-fea01.jpg?1782655621' width='300' height='439' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lecoquelicot.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toulouse, ann&#233;es 80, un go&#251;t certain pour le sabotage&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (Le Coquelicot), la craquante Anne Carrati&#233; fait revivre avec fougue l'une des mouvances antiautoritaires les plus inspir&#233;es de la France post-68, &#224; laquelle nous devons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; bien des d&#233;tournements &#171; &lt;i&gt;subversifs, po&#233;tiques ou rigolos&lt;/i&gt; &#187;, d'affiches de spectacles, de chansons, de &#171; &lt;i&gt;manifs acad&#233;miques&lt;/i&gt; &#187;, de colloques somnif&#232;res ou de panneaux de signalisation sur la route de la transhumance touristique vers l'Espagne franquiste. M&#234;me un fourgon de police, pourra-t-on constater, peut-&#234;tre d&#233;tourn&#233; en &#233;tant &#171; &lt;i&gt;chang&#233; en panneau publicitaire pour slogans libertaires&lt;/i&gt; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; de nombreux faux ayant foutu le bordel, comme un &lt;i&gt;Toulouse Matin&lt;/i&gt; ressemblant &#224; s'y m&#233;prendre au vrai, o&#249; l'ex-maire de Toulouse, Bazerque, d&#233;voile ses micmacs ou comme l'affaire du faux cur&#233; qui, pendant un office &#224; la basilique Saint-Sernin, monta &#224; l'autel pour y exhorter les fid&#232;les &#224; en finir avec la religion ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; beaucoup d'actes gonflagas de r&#233;appropriation individuelle et de sabotage anti-EDF (trucage de leurs compteurs, injection d'&#339;ufs durs dans le r&#233;servoir de leurs v&#233;hicules, coulage &#224; pic de leurs p&#233;niches) ou anti-jet-set (multiplication surprise des trous dans les terrains de golf).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, on doit encore aux guillerets rebelles toulousains de l'&#233;poque bon nombre de grisantes occupations sauvages, comme celle du QG du Parti socialiste de la rue du Taur en 1981, o&#249; l'on pilla les r&#233;serves de roteuses du b&#226;timent ; de gratin&#233;es provocations m&#233;cr&#233;antes (une p&#233;troleuse du coin pr&#233;figure les Femen en montrant tout d'un coup ses seins au maire Jean Royer) et d'enjou&#233;s blocages de train (le hautain Talgo stopp&#233; plusieurs fois, &#224; la western, par des bombeurs masqu&#233;s anti-nucl&#233;aires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On f&#233;licite &#233;galement les gu&#233;rilleros ludiques de ces temps-l&#224; d'avoir su joliment baptiser leurs associations de joyeux malfaiteurs. Ce furent m&#234;me les meilleurs en ce domaine. Viva &#171; Clodo &#187; (Comit&#233; liquidant ou d&#233;tournant les ordinateurs) et &#171; Laser &#187; (Les auteurs sont encore recherch&#233;s), qui bout&#232;rent le feu aux locaux de C. I. I. Honeywell-Bull et du Centre informatique de la pr&#233;fecture de Colomiers. Viva le groupe &#171; Arr&#234;t cur&#233;s &#187;, qui fit sauter la statue de Ponce Pilate &#224; Lourdes lors de la venue du pape. Viva les &#171; Enrag&#233;s de la paresse &#187; murant les portes des Agences pour l'emploi et des Assedic. Viva les flemmardistes de &#171; Grasses Matin&#233;es &#187;, bousillant les horloges pointeuses. Et tous les autres insurg&#233;s ayant su conjuguer l'ire avec le rire. Et puis, bien s&#251;r, viva l'&#233;pastrouillant &lt;i&gt;Nouveau Monde amoureux&lt;/i&gt; de Charles Fourier, r&#233;&#233;dit&#233; par les Presses du r&#233;el.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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