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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La pepie aux Terrasses</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Sur le papier, l'id&#233;e semblait bonne : partir en qu&#234;te d'agapes alcoolis&#233;es dans le plus grand centre commercial du centre de Marseille, les terrifiantes Terrasses du Port. R&#233;sultat : une exp&#233;dition d&#233;sastreuse&#8230; Lendemain de bataille. Une perceuse dans la t&#234;te, je consulte mes notes pour mettre de l'ordre dans mes souvenirs. Pas facile. Plut&#244;t pr&#233;cises et d&#233;taill&#233;es au d&#233;but, elles se font lapidaires sur la fin, parfois incompr&#233;hensibles. &#171; Enfoir&#233; de serveur breton qui parle italien &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lendemain" rel="tag"&gt;Lendemain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le papier, l'id&#233;e semblait bonne : partir en qu&#234;te d'agapes alcoolis&#233;es dans le plus grand centre commercial du centre de Marseille, les terrifiantes Terrasses du Port. R&#233;sultat : une exp&#233;dition d&#233;sastreuse&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lendemain de bataille. Une perceuse dans la t&#234;te, je consulte mes notes pour mettre de l'ordre dans mes souvenirs. Pas facile. Plut&#244;t pr&#233;cises et d&#233;taill&#233;es au d&#233;but, elles se font lapidaires sur la fin, parfois incompr&#233;hensibles. &#171; &lt;i&gt;Enfoir&#233; de serveur breton qui parle italien&lt;/i&gt; &#187;, indique ainsi un gribouillis maladroit. Plus loin : &#171; &lt;i&gt;Impression que la conspiration bretonne prend place ici. Les terroristes, c'est eux.&lt;/i&gt; &#187; Hum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'au moment de r&#233;diger ces hi&#233;roglyphes, j'&#233;tais &#224; la toute derni&#232;re &#233;tape de mon p&#233;riple &#233;thylique en terre shopping, dans un lieu &#233;trange baptis&#233; L'Ambassade de Bretagne, avec Manau en fond sonore, des bols &#224; cidre ridicules et un pastis breton abominable. J'&#233;tais &#233;galement largement r&#233;tam&#233;, preuve de mon implication dans le sujet trait&#233;. Cerise sur le chouchen, j'en avais m&#233;chamment ras la casquette des galeries aseptis&#233;es que je venais d'arpenter de longues heures. Ce sont donc les Bretons qui ont pris. Mes excuses au peuple &lt;i&gt;kenavo&lt;/i&gt;, victime expiatoire du journalisme d'investigation. Bref.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rembobinons. Au d&#233;part, l'id&#233;e &#233;tait simple : puisque les camarades de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; se focalisaient sur de sympathiques troquets &#224; l'ancienne, il me semblait int&#233;ressant de scruter l'envers du d&#233;cor, ces antibistrots o&#249; l'on ne met jamais les pieds. Cela aurait pu &#234;tre les bars &lt;i&gt;lounge&lt;/i&gt; du quartier de l'Op&#233;ra, ou bien les brasseries &#224; touristes du Vieux-Port, mais j'ai finalement opt&#233; pour les Terrasses du Port. Ce centre commercial de 230 000 m2 situ&#233; &#224; la Joliette et ouvert en 2014 cumule tous les super-adjectifs en la mati&#232;re, drainant 15 millions de visiteurs par an&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En passant, notons qu'il existe un Conseil national des centres commerciaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un d&#233;cor suffisamment monstrueux pour m&#233;riter une exp&#233;dition, pensais-je na&#239;vement. Dont acte, d&#233;taill&#233; ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-181-5a310.jpg?1769124220' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Pierre-Yves Marzin, bar Le Royal, Brest, 2008.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13h23 /&lt;/strong&gt; Apr&#232;s une fouille par un vigile d&#233;sagr&#233;able, me voil&#224; &#224; l'int&#233;rieur. C'est samedi, il y a foule et elle n'est pas l&#224; pour rigoler. Un peu paum&#233;, j'arpente les divers &#233;tages d&#233;gueulant de marchandises et de vitrines criardes. C'est l'&#233;meute &#224; Zara, la folie &#224; H&amp;M. Press&#233;s, d&#233;termin&#233;s, les gens semblent dot&#233;s de GPS inconnus de moi. Je tourne en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14h22 /&lt;/strong&gt; D&#233;sireux de commencer le marathon de mani&#232;re &lt;i&gt;light&lt;/i&gt;, j'opte pour le dernier &#233;tage, lequel offre une vue sur la mer. Je m'installe en terrasse Chez Le Roy Ren&#233;, immense bar-restaurant de fruits de mer o&#249; se presse une foule diverse : des jeunes, des vieux, des familles. Mon pastis &#224; 3 euros 50 &#224; la main, j'observe les environs, p&#233;pouze. &#192; la table voisine, un couple semble discuter de vive voix. Que nenni, chacun entretient une conversation diff&#233;rente sur son smartphone. &#171; &lt;i&gt;J'ai pris un Schweppes&lt;/i&gt; &#187;, dit la femme. &#171; &lt;i&gt;T'inqui&#232;tes, l'OM monte en puissance&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond l'homme. Ok. Je me tourne vers ma voisine de gauche. Une vieille dame, qui vient d'Antibes, n'aime pas du tout le centre commercial mais a rendez-vous ici avec son fils. Elle adore la chanson fran&#231;aise, a rencontr&#233; Annie Cordy, p&#233;tille de joie de vivre malgr&#233; une grave maladie. De l'humanit&#233;, ici ? Chouette. On trinque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15h30 /&lt;/strong&gt; Je redescends par les escalators, passe devant le Beauty Bar One. Bien d&#233;cid&#233; &#224; m'accouder au comptoir, o&#249; tra&#238;nassent quelques jeunes filles, je subis leurs lazzis : &#171; &lt;i&gt;Non, on ne sert pas d'alcool, nous on fait les manucures.&lt;/i&gt; &#187; Rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15h44 /&lt;/strong&gt; Au rez-de-chauss&#233;e, Le Beefhouse. Un lieu cher, au d&#233;cor fonctionnel peu engageant, ainsi r&#233;sum&#233; par la marque : &#171; &lt;i&gt;une atmosph&#232;re de steak house new-yorkais o&#249; le street-art se m&#234;le &#224; la d&#233;couverte de viandes succulentes.&lt;/i&gt; &#187; Hin. Le verre de ros&#233; command&#233; arrive dans un verre en plastique. Quatre euros, go&#251;t m&#233;tallique. Cul sec, fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16h33 /&lt;/strong&gt; Trois CRS en goguette refusent de me renseigner sur leur quotidien. Et non, ils ne connaissent pas de bars sympas ici. &#171; &lt;i&gt;Veuillez circuler, Monsieur.&lt;/i&gt; &#187; D&#233;pit&#233;, je file &#224; l'immense Monoprix m'acheter une flasque de rhum ambr&#233;. 20 cl, 3,70 euros, enfin un prix raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16h55 / &lt;/strong&gt; Queue impressionnante devant le Starbuck. Sto&#239;que, je m'y ins&#232;re. Deux jeunes se montrent des photos de frappucinos sur leurs smartphones. Angoisse, plong&#233;e sur la flasque. Quand arrive mon tour, je tente le coup : &#171; &lt;i&gt;Vous servez de l'alcool ?&lt;/i&gt; &#187; Le serveur rigole. J'opte pour l'expresso. Allong&#233; au rhum ambr&#233;, il a bien meilleur go&#251;t, fait presque oublier le d&#233;cor aseptis&#233; o&#249; s'entassent des cohortes de ravis de la cr&#232;che caf&#233;in&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17h35 /&lt;/strong&gt; Au Barbarac, niveau 2, comptoir bond&#233; &#233;tal&#233; sur l'all&#233;e centrale, m&#234;me d&#233;sillusion. Pas d'alcool, mais des glaces et des smoothies hors de prix en veux-tu-en-voil&#224;. Le shopping serait-il incompatible avec l'&#233;thylisme ? Flasque &lt;i&gt;again&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18h22 /&lt;/strong&gt; Apr&#232;s avoir hant&#233; les sous-sols du centre-commercial, parkings et salles de gym, je remonte au deuxi&#232;me &#233;tage. Voil&#224; le Chi Va Piano, resto-bar au d&#233;cor italien cheapos. Il y a du monde, mais les clients tournent quasiment exclusivement au coca. Ce que confirme le barman, qui vit &#224; La Plaine et comprend mon &#233;tonnement : &#171; &lt;i&gt;Quand je reviens dans mon quartier le soir, c'est plut&#244;t ceux qui boivent du Coca qui d&#233;tonnent.&lt;/i&gt; &#187; Je m'installe. &#192; c&#244;t&#233; de moi, quelques jeunes causent technologie &#8211; &#171; &lt;i&gt;De base, je suis plus Samsung&lt;/i&gt; &#187;, dit l'un. &#171; &lt;i&gt;Ouais mais &#231;a d&#233;pend de la taille.&lt;/i&gt; &#187; D'une traite, j'engloutis mon pastis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19h27 /&lt;/strong&gt; Changement de fusil d'&#233;paule. Direction les Docks, juste en face. Une gigantesque all&#233;e cosy bourr&#233;e de boutiques pseudo-bio, de galeries d'art et de quelques caf&#233;s. Je m'arr&#234;te &#224; l'Histoire Belge, pour une bi&#232;re &#224; 3,80 euros, et note qu'un concert de Guns N' Roses est diffus&#233; sur l'&#233;cran g&#233;ant. Bon point pour eux. Le seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h15 /&lt;/strong&gt; Pause flasque &#224; la galerie Vernay, laquelle expose des tableaux qu'on ne peut voir qu'&#224; travers l'&#233;cran d'un I-Phone (sinon ils sont flous). Un mec &#224; c&#244;t&#233; de moi, cheveux blancs et gueule confite : &#171; &lt;i&gt;Vraiment g&#233;nial, ils ont exactement compris comment refl&#233;ter notre monde, incroyable.&lt;/i&gt; &#187; La flasque en prend un coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20h34 /&lt;/strong&gt; Une clope dehors, o&#249; tra&#238;nassent trois t&#233;moins de J&#233;hovah. Je lance la discussion : &#171; &lt;i&gt;Alors, les gars, &#231;a fait quoi d'&#234;tre les champions du monde de la porte claqu&#233;e au nez ?&lt;/i&gt; &#187; Ils tentent d'&#233;viter le bavardage, me renvoient &#224; Pierre, verset 18, et refusent toute gorg&#233;e de rhum ambr&#233; malgr&#233; mon insistance. Puis ils fuient en remballant leur barda. Victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;21h06 /&lt;/strong&gt; Je retourne &#224; l'int&#233;rieur en titubant, me cogne dans quelques badauds, atterrit dans une brasserie moche pour un demi express, puis je tourbillonne derechef dans ce flipper humain, qui m'envoie &#224; l'Ambassade de Bretagne. La suite, on la conna&#238;t, notamment la mise &#224; jour du complot sis en ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22h12 /&lt;/strong&gt; Alors que je gribouille sur mon carnet en grin&#231;ant des dents, le serveur s'adresse &#224; moi. &#171; &lt;i&gt;Monsieur, si vous ne consommez pas d'autre verre, il va falloir partir&lt;/i&gt;. &#187; Je rempile. Foutu complot breton.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En passant, notons qu'il existe un Conseil national des centres commerciaux et qu'en 2015 ce dernier a d&#233;cern&#233; aux Terrasses du Port le prix de la &#171; meilleure cr&#233;ation d'un centre commercial &#187;. Bal&#232;ze.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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