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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Que fait la prison &#224; nos corps ?</title>
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		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;C'est un petit bouquin &#233;dit&#233; par le collectif anticarc&#233;ral lillois La Br&#232;che. Sous-titr&#233; &#171; Notes sur l'enfermement sensoriel &#187;, un peu de bon sens, que diable !, r&#233;unit des textes initialement publi&#233;s dans le journal du collectif, Ligne 12B, qui a paru entre 2003 et 2005. Des membres de ce collectif ainsi que des prisonniers et prisonni&#232;res y &#233;voquent comment leurs cinq sens per&#231;oivent l'univers carc&#233;ral et l'enfermement. Extraits. L'odorat &#171; La prison pue. Pue la mort. Beaucoup le disent. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no197-avril-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;197 (avril 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un petit bouquin &#233;dit&#233; par le collectif anticarc&#233;ral lillois La Br&#232;che. Sous-titr&#233; &#171; Notes sur l'enfermement sensoriel &#187;, un peu de bon sens, que diable !, r&#233;unit des textes initialement publi&#233;s dans le journal du collectif, &lt;i&gt;Ligne 12B&lt;/i&gt;, qui a paru entre 2003 et 2005. Des membres de ce collectif ainsi que des prisonniers et prisonni&#232;res y &#233;voquent comment leurs cinq sens per&#231;oivent l'univers carc&#233;ral et l'enfermement. Extraits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3621 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1763-ffa0d.jpg?1782716416' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de LMG N&#233;vroplasticienne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'odorat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La prison pue. Pue la mort. Beaucoup le disent. Mais plus directement la bouffe en d&#233;composition, celle que les d&#233;tenu&#183;es jettent par la fen&#234;tre de leur cellule, et qui pourrit au pied des murs. Elle sert de nourriture au chats, aux rats ou aux mouettes. Toute une faune qui participe, elle aussi, &#224; l'odeur d&#233;testable qui r&#232;gne autour des taules et dont les relents p&#233;n&#232;trent cellules et couloirs. &#199;a pue le renferm&#233; et la moisissure. Les chiottes &#233;videmment. La merde dont certains badigeonnent les murs. Mais aussi le d&#233;tergent. &lt;i&gt;[&#8230;] &lt;/i&gt;Odeurs corporelles aussi. Celle des cod&#233;tenu&#183;es &#233;videmment, qui peuvent &#234;tre aussi p&#233;nibles qu'agr&#233;ables ou rassurantes. Celle aussi des matons, leur haleine, f&#233;tide, lorsqu'ils vous gueulent dessus, ou l'odeur de leurs semelles lorsqu'ils vous &#233;crasent la t&#234;te par terre avant de vous foutre au mitard. Celles des auxiliaires et des diff&#233;rents intervenants ext&#233;rieurs, source de joie ou d'angoisse. Mais jamais innocentes. Le parfum discret de l'avocat bien propre sur lui. Celui de son ch&#233;ri, de sa copine, sa m&#232;re ou son enfant. Celui enfin du directeur de taule. Celui qui sent le plus fort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'ou&#239;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui frappe lorsqu'on entre en prison, c'est le bruit des portes qui claquent, celui des verrous qui se tournent derri&#232;re vous, le rythme des chasses d'eau, les braillements du personnel, le cri des d&#233;tenu&#183;es, le bruit des mouettes et des pigeons, les insultes, les t&#233;l&#233;s qui gueulent, les parloirs sauvages, les bagarres, les pri&#232;res, les crises de pleurs, la musique du voisin, l'&#233;cho dans les coursives, les structures m&#233;talliques, tous ces &#233;l&#233;ments contribuent &#224; faire de la taule une &#233;norme caisse de r&#233;sonance. &lt;i&gt;[&#8230;]&lt;/i&gt; La promiscuit&#233;, ce n'est pas seulement le regard que l'autre porte sur moi. Ce n'est pas le fait de le voir tout le temps devant ma gueule. Ce ne sont pas que ses odeurs qu'il faut supporter. Ce ne sont pas que son corps et les craintes qu'il soul&#232;ve qu'il faut &#233;viter. C'est aussi ce qu'il raconte et qu'on n'a pas forc&#233;ment envie d'entendre, ses commentaires qui vous embarquent dans des trucs que vous auriez pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;viter, ce sont ses ronflements, sa musique, le son de sa t&#233;l&#233; ou de la console. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le go&#251;t&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le deuxi&#232;me plaisir de la vie, c'est sans doute la gastronomie. Or, en prison, on mange de la merde. Le vin et la bi&#232;re n'existent pas. On ne re&#231;oit pas de boisson aux repas de midi. &#192; la prison de Forest (ailes A et B) et &#224; Saint-Gilles (ailes C et D), &lt;i&gt;[&#8230;]&lt;/i&gt; il n'y a m&#234;me pas de robinet : on boit l'eau croupie d'une cruche. Le matin et le soir, on re&#231;oit du caf&#233;, mais il est imbuvable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Paul Depouchon, prison de Saint-Gilles, Bruxelles, f&#233;vrier 1999. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le toucher&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le toucher n'est pas absent de taule. Il est quotidien et obligatoire. Le corps en d&#233;tention est objet de suspicion jusque dans ses orifices. Les gardien&#183;nes s'emploient donc &#224; fouiller au corps chaque d&#233;tenu&#183;e &#224; l'occasion des mouvements &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;tablissement ou des fouilles de cellules. La fouille intime comprend souvent le touch&#233; rectal chez les hommes et vaginal chez les femmes. Cela s'accompagne de violences et de sanctions pour ceux et celles qui s'y refusent. Car l'autre versant des contacts physiques qui lient les prisonnier&#183;es aux gardien&#183;nes est la bastonnade, lorsqu'il ne s'agit pas de torture ou de viol. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La vue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des mois d&#233;j&#224; que je ne vois plus les &#233;toiles. La lumi&#232;re des r&#233;flecteurs est trop puissante... Peut-&#234;tre que, si je m'allonge par terre, sur les dalles, et que je colle mon visage contre le mur de cette cellule, juste sous la fen&#234;tre, je pourrais chercher un angle o&#249; la lumi&#232;re soit refl&#233;t&#233;e par la vitre, et qui sait ! Je pourrais peut-&#234;tre voir quelques-uns de ces petits points brillants qui nous ont tant fait r&#234;ver... Mais j'avais oubli&#233; le barbel&#233;, au-dessus de la fen&#234;tre. Ce qui brille, ce ne sont pas les &#233;toiles. Ce sont les lames. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Idoia&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos choisis par C&#233;cile Kiefer&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quand les matons bastonnent</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-les-matons-bastonnent</link>
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		<dc:date>2019-09-20T01:30:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Riousse</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>prison</dc:subject>
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		<dc:subject>surveillants</dc:subject>
		<dc:subject>l'OIP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un rapport fleuve, l'Observatoire international des prisons d&#233;nonce et analyse les ressorts de la violence des surveillants &#224; l'&#233;gard des d&#233;tenus. Derri&#232;re les murs des ge&#244;les fran&#231;aises, les coups pleuvent et l'impunit&#233; r&#232;gne. M&#233;ticuleusement, l'administration p&#233;nitentiaire recense le nombre d'agressions perp&#233;tr&#233;es par les prisonniers envers leurs gardes-chiourmes. Elle s'int&#233;resse aussi aux tabassages entre d&#233;tenus. Mais les violences inflig&#233;es par les surveillants restent un &#171; trou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un rapport fleuve, l'Observatoire international des prisons d&#233;nonce et analyse les ressorts de la violence des surveillants &#224; l'&#233;gard des d&#233;tenus. Derri&#232;re les murs des ge&#244;les fran&#231;aises, les coups pleuvent et l'impunit&#233; r&#232;gne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/-1273-48b43.jpg?1782641228' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eug&#232;ne Riousse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;&#233;ticuleusement, l'administration p&#233;nitentiaire recense le nombre d'agressions perp&#233;tr&#233;es par les prisonniers envers leurs gardes-chiourmes. Elle s'int&#233;resse aussi aux tabassages entre d&#233;tenus. Mais les violences inflig&#233;es par les surveillants restent un &#171; &lt;i&gt;trou noir&lt;/i&gt; &#187;, un &#171; &lt;i&gt;impens&#233;&lt;/i&gt; &#187; : &#224; ce sujet, &#171; &lt;i&gt;il n'existe aucune donn&#233;e officielle, aucune statistique&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore l'Observatoire international des prisons (OIP) dans un rapport publi&#233; le 3 juin. C'est &#171; &lt;i&gt;comme si, une fois encore, le sort r&#233;serv&#233; aux personnes d&#233;tenues n'int&#233;ressait personne. Comme si, &#233;galement, leur statut de prisonniers les privait de la possibilit&#233; d'&#234;tre per&#231;ues et reconnues comme des victimes&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'association dans ce document de 114 pages intitul&#233; &lt;i&gt;Omerta, opacit&#233;, impunit&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : enqu&#234;te sur les violences commises par des agents p&#233;nitentiaires sur les personnes d&#233;tenues&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bas&#233; sur 190 signalements, 100 entretiens, plusieurs questionnaires &#233;crits ainsi que l'&#233;tude de dizaines d'affaires m&#233;diatis&#233;es, rapports du D&#233;fenseur des droits et autres d&#233;cisions de justice, le texte en arrive &#224; cette accablante conclusion : en d&#233;tention, la violence physique des surveillants est ordinaire et souvent l&#233;gitim&#233;e. Le silence r&#232;gne : les d&#233;tenus d&#233;non&#231;ant ces agissements &#171; &lt;i&gt;risquent des repr&#233;sailles en tout genre&lt;/i&gt; &#187;, tandis que les gardiens qui refusent de couvrir leurs coll&#232;gues violents sont menac&#233;s et mis au ban. Et quand, miraculeusement, une affaire parvient jusqu'au tribunal, les peines prononc&#233;es sont d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils sont venus me tabasser&#8230; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le premier soir au quartier disciplinaire, quand ils m'ont frapp&#233;, j'ai pass&#233; la nuit sans v&#234;tements, sans sweat, rien. J'&#233;tais en cale&#231;on sur le matelas, je n'avais ni drap ni couverture&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne une victime. &#171; &lt;i&gt;Mon fr&#232;re a &#233;t&#233; frapp&#233; et insult&#233; par des surveillants qui ont appris je ne sais comment son homosexualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, rapporte un proche de prisonnier. &#171; &lt;i&gt;Ce que je craignais le plus vient d'arriver. Les gardiens sont venus me tabasser, habill&#233;s en tenue d'intervention avec casques et boucliers&lt;/i&gt; &#187;, confie encore un autre d&#233;tenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la grande majorit&#233; des cas recens&#233;s par l'OIP, les violences surviennent &#171; &lt;i&gt;dans un contexte de tension, &#224; l'issue d'une altercation&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;en r&#233;ponse &#224; une agression, ou dans une situation de crise&lt;/i&gt; &#187;. Parfois, les coups sont punitifs ou vengeurs, tant&#244;t ils sont gratuits : &#171; &lt;i&gt;Combien de fois j'ai assist&#233; &#224; une intervention o&#249; les personnels sont sur un type, il a &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;, il est au sol, on est en train de le menotter, tout se passe &#8220;bien&#8221;, les menottes sont pass&#233;es, les entraves, et l&#224; vous avez un agent qui arrive et qui lui donne un coup dans les c&#244;tes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne un agent p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'OIP, il arrive aussi que des agents se rendent complices de r&#232;glements de compte entre d&#233;tenus. Autre pratique &#233;l&#233;gante : certains surveillants provoquent des violences afin d'obtenir des arr&#234;ts maladies et indemnit&#233;s. Il en a &#233;t&#233; ainsi d'une gardienne qui poussait &#224; bout les d&#233;tenus jusqu'&#224; l'incident. Ensuite, elle d&#233;posait plainte : &#171; &lt;i&gt;Le d&#233;tenu prenait une peine suppl&#233;mentaire et elle prenait 1 000&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8364;, &lt;/i&gt;relate un de ses anciens coll&#232;gues.&lt;i&gt; Ce sont les conseils qu'elle prodiguait &#224; un autre agent. Elle disait&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &#8216;&#8216;Si tu veux &#234;tre s&#251;r de partir en vacances sur le compte d'un d&#233;tenu, les insultes &#231;a vaut que dalle, il faut qu'il te menace de mort et compagnie.''&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La &#171; &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;justice&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face aux violences (parfois racistes) des surveillants, ce sont en g&#233;n&#233;ral les plus vuln&#233;rables qui trinquent : &#171; &lt;i&gt;Prenez les d&#233;tenus basques par exemple&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : les mecs refusent d'aller au tribunal, et c'est le chef du b&#226;timent qui vient s'asseoir avec eux dans la cellule pour discuter. Ce serait n'importe quel autre d&#233;tenu, ils enverraient des surveillants avec les boucliers pour les tra&#238;ner par terre jusqu'au camion,&lt;/i&gt; raconte une ancienne intervenante juridique en d&#233;tention. &lt;i&gt;&#192; l'inverse, sont particuli&#232;rement expos&#233;s ceux dont on sait qu'ils ne parlent pas fran&#231;ais. Ils ne demanderont rien. Ceux qui ont des probl&#232;mes psy aussi, et on met tout &#231;a sur le fait qu'ils sont fous. La parole du gars est d&#233;j&#224; d&#233;cr&#233;dibilis&#233;e, les surveillants savent qu'ils ne risquent pas grand-chose.&lt;/i&gt; &#187; Une avocate confirme : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai un gros trafiquant plein de fric, tout va toujours bien pour lui. C'est l'indigent qu'on tape le plus facilement, ce sont les plus fragiles sur lesquels on peut l&#226;cher ses nerfs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avantage pour les gardiens cogneurs : ces d&#233;tenus ont encore moins de chances que les autres de r&#233;ussir le &#171; &lt;i&gt;v&#233;ritable parcours du combattant&lt;/i&gt; &#187; que sont les d&#233;marches pour obtenir justice. &#171; &lt;i&gt;Il faut conna&#238;tre ses droits, pouvoir d&#233;poser plainte, &#233;tayer les faits par un certificat m&#233;dical, des t&#233;moignages ou des images de vid&#233;osurveillance,&lt;/i&gt; d&#233;taille l'OIP.&lt;i&gt; Autant d'obstacles difficiles et parfois impossibles &#224; surmonter dans l'univers contraint et ferm&#233; de la prison. Et une fois la plainte d&#233;pos&#233;e, encore faut-il qu'elle donne lieu &#224; une enqu&#234;te effective. C'est rarement le cas et, l&#224; encore, une accumulation d'obstacles &#8211; auxquels peut s'ajouter le faible cr&#233;dit apport&#233; &#224; la parole du d&#233;tenu &#8211; entra&#238;ne le plus souvent des classements sans suite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rares fois o&#249; l'affaire va jusqu'au tribunal, les condamnations sont bien plus cl&#233;mentes que quand il s'agit de surveillants impliqu&#233;s dans des trafics (alcool, cannabis, t&#233;l&#233;phones...) en prison. Depuis dix ans, l'OIP n'a relev&#233; aucune peine d'emprisonnement ferme : 24 peines de prison avec sursis (de un mois &#224; un an) et sept amendes. Quand ce sont les prisonniers qui agressent des surveillants, la justice n'a g&#233;n&#233;ralement pas la m&#234;me mansu&#233;tude. Certes, la &#171; logique du casier &#187; (on condamne plus durement quelqu'un qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233;) explique en partie ces disproportions, mais tout de m&#234;me : en 2017, &#224; Roanne (Loire), un d&#233;tenu a pris trois mois ferme pour outrage, alors que &#171; &lt;i&gt;le surveillant qui lui a ass&#233;n&#233; un coup de poing, occasionnant une fracture de la m&#226;choire et dix jours d'incapacit&#233; totale de travail&lt;/i&gt; &#187;, n'a &#233;cop&#233; que d'une amende.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Erreurs de casting&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de l'OIP ne le nie pas : la prison est un milieu insupportable, m&#234;me pour ceux qui ne font qu'y travailler &#8211; l'architecture et l'organisation d&#233;shumanisantes des nouvelles taules, focalis&#233;es sur &#171; la s&#233;curit&#233; &#187;, n'arrangent rien. Il est aussi des d&#233;tenus particuli&#232;rement difficiles. Mais l'ampleur des violences des matons s'expliquerait &#233;galement par des difficult&#233;s de recrutement, qui font que des personnalit&#233;s &#171; &lt;i&gt;fragiles ou probl&#233;matiques&lt;/i&gt; &#187; sont embauch&#233;es. &#171; &lt;i&gt;On va chercher des gens qui sont dans des logiques de s&#233;curit&#233; et &#224; mon avis, c'est une connerie,&lt;/i&gt; regrette un directeur p&#233;nitentiaire. &lt;i&gt;Ils croient que c'est un m&#233;tier de maintien de l'ordre, d'autorit&#233; et on oublie compl&#232;tement le reste, c'est &#224; dire que c'est un m&#233;tier d'accompagnement.&lt;/i&gt; &#187; On en est loin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les mauvais de Beauvais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes couverts par les surveillants de base et leur hi&#233;rarchie dans un contexte de banalisation de la violence, la plupart des abus relev&#233;s par l'OIP semblent relever de comportements isol&#233;s. Mais il existe aussi des syst&#232;mes d'exactions organis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en fut ainsi au centre p&#233;nitentiaire de Beauvais (Oise) o&#249;, &#224; la fin des ann&#233;es 1990, une enqu&#234;te interne a r&#233;v&#233;l&#233; que &#171; &lt;i&gt;pendant plusieurs ann&#233;es, le chef d'&#233;tablissement et une &#233;quipe de surveillants ont multipli&#233; insultes, violences, brimades, humiliations, harc&#232;lements et pressions &#224; l'encontre de la population p&#233;nale, mais aussi de certains de leurs coll&#232;gues&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Alors que des d&#233;tenus accus&#233;s d'agressions envers d'autres prisonniers d&#233;claraient &#234;tre &#171; &lt;i&gt;couverts par le directeur &lt;/i&gt; &#187;, des personnels indiquaient que &#171; &lt;i&gt;le chef d'&#233;tablissement les incit[ait] parfois &#224; porter des coups &#224; certains d&#233;tenus&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a qu'&#224; mettre une bonne branl&#233;e aux d&#233;tenus qui posent probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, aurait-il eu l'habitude de dire. Au-del&#224; des coups, brimades et humiliations &#233;taient courantes. Un surveillant avouera pisser sur le plateau des m&#233;dicaments destin&#233;s aux d&#233;tenus ou dans les casiers r&#233;serv&#233;s aux avocats. Les noms d'oiseaux &#233;taient la norme. Les personnes d'origine &#233;trang&#232;re ? Des &#171; &lt;i&gt;bougnoules &lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;n&#233;gros&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;des primates&lt;/i&gt; &#187;. Les prisonni&#232;res, elles, &#233;taient qualifi&#233;es de &#171; &lt;i&gt;salopes&lt;/i&gt; &#187;, voire m&#234;me de &#171; &lt;i&gt;putains&lt;/i&gt; &#187;. Quand il se rendait au quartier des femmes, le directeur avait coutume de lancer : &#171; &lt;i&gt;Venez, on va se faire sucer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'enqu&#234;te, des sanctions internes seront prises contre certains surveillants. En justice, l'affaire sera class&#233;e sans suite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Surench&#232;re de souffrances et soif de sang</title>
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		<dc:date>2014-04-24T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>prison</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre. A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centre-penitentiaire" rel="tag"&gt;centre p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faute de ne pouvoir r&#233;tablir la peine de mort, mesure proscrite par la Communaut&#233; europ&#233;enne, les intoxications politiques, relay&#233;es dans le bon sens populaire, ne cessent d'inventer des techniques in&#233;dites d'enfermement. Et in&#233;vitablement de fabriquer des personnes d&#233;tenues qui n'ont plus rien &#224; perdre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A croire que le nom du lieu &#233;tait pr&#233;destin&#233;. Cond&#233; ! Ou plus exactement Cond&#233;-sur-Sarthe, petit bourg de deux mille habitants &#224; l'ouest d'Alen&#231;on dans le d&#233;partement de l'Orne. C'est l&#224; qu'a &#233;t&#233; b&#226;ti un lieu de d&#233;tention ultra s&#233;curitaire &#8211; con&#231;u par des cervelles exsangues&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; concentrant &#171; &lt;i&gt;les r&#233;sultats de douze ann&#233;es d'&#233;tudes minist&#233;rielles sur les types d'&#233;tablissement cens&#233;s tenir enferm&#233;s des prisonniers difficiles et condamn&#233;s &#224; de tr&#232;s longues peines&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Envol&#233;e n&#176; 38.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Install&#233; sur presque trois hectares, compos&#233; de trois b&#226;timents dont seuls deux sont pour l'heure en fonction, ce dernier n&#233; des centres p&#233;nitentiaires se distingue, ainsi que le pr&#233;cise la plaquette promotionnelle du produit, par &#171; &lt;i&gt;la haute technologie des moyens de suret&#233; et la gestion en petits groupes de personnes d&#233;tenues&lt;/i&gt; &#187;. Dans les faits, aucune communication n'est possible entre les b&#226;timents, les soixante-huit d&#233;tenus actuels, encadr&#233;s par cent quatre-vingt neufs surveillants, sont maintenus dans un quartier d'isolement ayant la taille d'une prison. Les fen&#234;tres ont &#233;t&#233; faites de telle mani&#232;re que les prisonniers ne puissent ni voir &#224; l'ext&#233;rieur, ni &#234;tre vus. Contrairement aux maisons centrales o&#249; l'usage permettait auparavant une relative circulation entre les cellules, ici les portes sont closes en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH546/p07-cqdfmarsprison2014-263c4.jpg?1782641189' width='400' height='546' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rares contacts entre d&#233;tenus, omnipr&#233;sence des surveillants, cam&#233;ras de surveillance, promenades et activit&#233;s ne tol&#233;rant que la pr&#233;sence maximum de sept prisonniers, administration massive de tranquillisants de gr&#233; ou de force et parfois par injection, ouvertures &#233;lectroniques des portes afin de limiter les contacts entre matons et d&#233;tenus et acc&#232;s tr&#232;s difficiles pour les familles d&#233;sirant rendre visite &#224; leur proche, &#171; &lt;i&gt;cet &#233;tablissement a &#233;t&#233; con&#231;u pour nous casser psychologiquement et physiquement, car &#224; l'isolement les agents sont en permanence casqu&#233;s pour le moindre mouvement, on nous fait des fouilles &#224; corps pour rien&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Christophe B., un d&#233;tenu de cette prison. La raison de son transfert dans cette version moderne des quartiers de haute de s&#233;curit&#233;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; lui avait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e par l'administration : &#171; &lt;i&gt;Votre placement &#224; l'isolement s'av&#232;re&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;strictement n&#233;cessaire au centre p&#233;nitentiaire d'Alen&#231;on, car il constitue l'unique moyen d'assurer l'ordre au sein de l'&#233;tablissement et de pr&#233;server la s&#233;curit&#233; de l'ensemble du personnel.&lt;/i&gt; &#187; Contre toute attente, le pari aura &#233;t&#233; tenu au del&#224; de toutes les pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e des premiers prisonniers le 29 mai 2013, cet &#233;tablissement n'a eu de cesse de conna&#238;tre des actes de r&#233;volte. Les motifs sont toujours les m&#234;mes : demande de transfert, application des am&#233;nagements de peine. Mi-septembre, un enferm&#233; projette de l'huile bouillante sur des surveillants. &#192; la fin de ce m&#234;me mois, deux gardiens sont hospitalis&#233;s apr&#232;s qu'un d&#233;tenu a refus&#233; d'&#234;tre fouill&#233;. Le 16 d&#233;cembre, un mouvement collectif r&#233;clame la libre circulation entre les cellules pendant la journ&#233;e. Le 30 d&#233;cembre, ce sont deux prisonniers qui retiennent &#224; l'aide d'un couteau artisanal deux matons, avant que n'interviennent les cagoul&#233;s des &#233;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (Eris). Le 30 d&#233;cembre et le 1er janvier dernier, des cam&#233;ras et du mat&#233;riel d'une salle sont d&#233;grad&#233;s pendant qu'un encag&#233; poursuit un surveillant avec une barre de fer &#224; la main. Le 2 janvier, un officier du personnel est bless&#233; avec un poin&#231;on artisanal. L'apr&#232;s-midi, les prisonniers refusent de rejoindre leur cellule. Le 8, une porte est fracass&#233;e. Le jour suivant, un gardien re&#231;oit une vol&#233;e de coups de poings provoquant une luxation de l'&#233;paule et dix jours d'incapacit&#233; totale de travail. Le 10, Fabrice Morot, directeur adjoint de l'&#233;tablissement, est frapp&#233; &#224; plusieurs reprises au dos et &#224; la t&#234;te avec un objet pointu par un d&#233;tenu qu'il tentait de calmer suite &#224; une &#233;ni&#232;me fouille corporelle. Des avocats, venus d&#233;fendre des prisonniers devant la quasi quotidienne commission interne de discipline, tribunal interne nomm&#233; pr&#233;toire, s'inqui&#232;tent &#224; leur tour de l'agressivit&#233; ambiante r&#233;gnant dans l'&#233;tablissement. Apr&#232;s que deux d'entre-eux affirment avoir subi des incidents de la part de d&#233;tenus, le b&#226;tonnier de l'Ordre des avocats d'Alen&#231;on, oubliant que la place des avocats est aux c&#244;t&#233;s de leurs clients, invoque, le 7 f&#233;vrier, le droit de retrait et demande le r&#233;tablissement de parloirs s&#233;par&#233;s par un hygiaphone&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les syndicats de la p&#233;nitentiaire r&#233;clament, comme &#224; l'habitude, effectifs, armements, et&#8230; respect. Quant &#224; l'administration, elle admet du bout des l&#232;vres que les &#171; &lt;i&gt;difficult&#233;s actuelles&lt;/i&gt; &#187; sont le r&#233;sultat &#171; &lt;i&gt;d'une p&#233;riode de rodage&lt;/i&gt; &#187; n&#233;cessaire avant l'exploitation compl&#232;te de ce premier laboratoire &#224; taille inhumaine destin&#233; aux longues peines et &#224; toutes celles &#224; venir, selon les orientations forcen&#233;es de la politique carc&#233;rale de gauche comme de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui devrait donc combler de satisfaction les lyncheurs anonymes et autres politiciens qui r&#233;clament toujours plus de f&#233;rocit&#233; et de brutalit&#233; contre les prisonniers. Et aussi, calmer leur v&#233;h&#233;mence contre la ministre de la Justice accus&#233;e de laxisme et souhaitant pr&#233;tendument ouvrir les prisons. Mais voil&#224; surtout, avec ce centre p&#233;nitentiaire, premier d'une g&#233;n&#233;ration de prisons d&#233;di&#233;e aux longues peines &#233;liminatoires, de quoi &#233;baucher une nouvelle solution pour ces emmur&#233;s vivants : tenter de les soumettre d&#233;finitivement &#224; des conditions inhumaines de survie. Et feindre d'ignorer, pour satisfaire les toxicomanes de l'enfermement, que la violence g&#233;n&#233;r&#233;es par ces mesures ne peut que provoquer des explosions l&#233;gitimes, dedans comme dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le nombre de d&#233;tenus effectuant une peine allant de vingt &#224; trente ans de prison a &#233;t&#233; multipli&#233; par 3,5 entre 1996 et 2006&lt;/i&gt; &#187;, constate Annie Kensey&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Croix, le 2 juin 2009.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, responsable du p&#244;le statistique &#224; la direction de l'Administration p&#233;nitentiaire. Description que compl&#232;te Barbara Liaras de l'Observatoire international des prisons : &#171; &lt;i&gt;P&#233;riodes de s&#251;ret&#233;, obstacles &#224; la lib&#233;ration conditionnelle, mesures de s&#251;ret&#233; apr&#232;s la peine&#8230; semblent &#234;tre venues compenser l'abolition de la peine de mort. Dans une m&#234;me logique d'&#233;limination. Les syst&#232;mes p&#233;nal et p&#233;nitentiaire aggravent ainsi, voire fabriquent de la &#8220;dangerosit&#233;&#8221;, avec des personnes qui n'ont rien &#224; perdre, ne peuvent plus se projeter dans une &#233;chelle de temps accessible et voient leur capacit&#233; &#224; retourner &#224; la vie libre fortement amoindrie apr&#232;s une, deux, voire trois d&#233;cennies de d&#233;tention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi mieux comprendre les gourmandes saillies de Nicolas Dhuicq, d&#233;put&#233; UMP de l'Orne qui, au sortir d'une visite de Cond&#233;-sur-Sarthe le 11 f&#233;vrier, rajoutait sa petite couche de perversit&#233;, en d&#233;clarant sur les ondes de la radio locale Tendance-Ouest : &#171; &lt;i&gt;Je souhaiterais que les d&#233;tenus portent un uniforme, &#233;ventuellement qu'ils saluent le drapeau et les surveillants. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous avons des fauves dans toutes les centrales de France et encore on les renforce, puisqu'on leur apprend la boxe et la musculation&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je suis psychiatre de formation&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et je trouve que cela est totalement fou et irresponsable&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pari sur le futur ? L'&#233;levage industriel mutile le bec des poussins pour &#233;viter qu'ils ne s'entretuent, rendus fous par la claustration. A Cond&#233;-sur-Sarthe, on attend les premiers dentistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le cabinet Archi5Prod et Bernard Guillien, un de ses architectes, multir&#233;cidiviste dans la construction d'&#233;tablissement de d&#233;tention et d&#233;bordant d'imagination sur l'am&#233;nagement de lieux de souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://lenvolee.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Envol&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176; 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le ministre de la Justice Robert Badinter a &#171; d&#233;cid&#233; &#187; la suppression des QHS le 26 f&#233;vrier 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; une mise en garde d'un collectif d'avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit p&#233;nitentiaire, les avocats du barreau d'Alen&#231;on maintiendront leur position. Ces derniers obtiendront satisfaction : dor&#233;navant, et d'une mani&#232;re in&#233;dite, les entretiens ont lieu en pr&#233;sence d'un surveillant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, le 2 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Nos services, s'&#233;tant livr&#233; &#224; quelques investigations, n'ont trouv&#233; aucune trace d'une quelconque inscription &#224; l'Ordre des M&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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