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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>M&#232;re nature et p&#232;re fouettard</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Avis aux blogueurs passionn&#233;s de permaculture mais critiques sur l'&#233;volution de l'association de sauvegarde des semences Kokopelli : ils ont int&#233;r&#234;t &#224; la boucler, au risque d'un proc&#232;s en diffamation. Pour les journaux, par contre, pas de probl&#232;me. C'est que l'association choisit soigneusement qui elle d&#233;cide d'attaquer. Il y a des gens &#8211; ou des personnes morales, &#231;a marche aussi &#8211; qui font tout pour confirmer la mauvaise image qu'ils ont pu susciter. C'est plus fort qu'eux. Ainsi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no159-novembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;159 (novembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bouquin-419" rel="tag"&gt;bouquin&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avis aux blogueurs passionn&#233;s de permaculture mais critiques sur l'&#233;volution de l'association de sauvegarde des semences Kokopelli : ils ont int&#233;r&#234;t &#224; la boucler, au risque d'un proc&#232;s en diffamation. Pour les journaux, par contre, pas de probl&#232;me. C'est que l'association choisit soigneusement qui elle d&#233;cide d'attaquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a des gens &#8211; ou des personnes morales, &#231;a marche aussi &#8211; qui font tout pour confirmer la mauvaise image qu'ils ont
pu susciter. C'est plus fort qu'eux. Ainsi de l'association Kokopelli, largement mise en cause par un bouquin collectif, document&#233; et percutant, &lt;i&gt;Nous n'irons plus pointer chez Ga&#239;a &#8211; Jours de travail &#224; Kokopelli&lt;/i&gt;, paru en d&#233;but d'ann&#233;e aux &#201;ditions du Bout de la ville. Un livre qui taille un bien peu reluisant portrait de cette association pr&#233;tendant &#339;uvrer &#171; &lt;i&gt;pour la Lib&#233;ration de la semence et de l'humus et la protection de la biodiversit&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187; (elle diffuse depuis 1999 des semences de vari&#233;t&#233;s libres de droits et &#233;dite un catalogue devenu r&#233;f&#233;rence). Au fil des pages se d&#233;gage cette triste r&#233;alit&#233; : la pr&#233;tendue ic&#244;ne de la d&#233;fense des semences face &#224; l'agro-industrie se comporte comme une entreprise capitaliste classique. Au menu, exploitation des salari&#233;s et management productiviste, th&#233;orie du complot et tromperie humanitaire. Oui, bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage a connu un certain retentissement &#8211; il a &#233;t&#233; lu, relay&#233; et comment&#233;. Et notamment dans les pages de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : un entretien avec quelques-un.e.s des auteur.e.s du bouquin, titr&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Kokopelli-c-est-fini-1831&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kokopelli, c'est fini...&lt;/a&gt; &#187;, a &#233;t&#233; publi&#233; dans notre n&#176; 155. Une fois mise en ligne, cette interview a aussi tourn&#233; sur le Net, suscitant des &#233;changes (plus ou moins) vigoureux en commentaires. Puis &#224; la fin du mois de juillet, &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; en a remis une couche, avec un article intitul&#233; &#171; Graines de violence sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;action de l'association ? Elle n'a pas attaqu&#233; les auteurs du bouquin. Ni &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Et encore moins &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;. Non, Kokopelli a choisi de s'en prendre &#224; Daniel Vivas, jardinier tarnais au RSA et formateur en permaculture. En mai dernier, celui-ci avait en effet publi&#233; sur son blog &lt;a href=&#034;https://www.lejardindespossibles.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Jardin des possibles&lt;/a&gt; un billet revenant sur son exp&#233;rience peu concluante de client de Kokopelli (graines potag&#232;res ne germant pas, graines de moutarde japonaise &#224; la place de poivron...), texte &#233;maill&#233; de passages du bouquin. La plume &#233;tait alerte, le ton rentre-dedans. L'auteur y fustigeait notamment &#171; &lt;i&gt;le management autoritaire et crapuleux des Guillet&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ananda Guillet est le directeur de l'association.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; [...] &lt;i&gt;qui cultivent&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;un citoyennisme mystico-anarcho-&#233;cologiste de fa&#231;ade et une v&#233;ritable posture de petit chef tayloriste et stalinien&lt;/i&gt; &#187;. Boum !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce billet avait d'abord suscit&#233; une r&#233;action mesur&#233;e du directeur, qui avait demand&#233; (et obtenu) la publication d'un droit de r&#233;ponse. L'affaire aurait pu &#8211; aurait d&#251; &#8211; en rester l&#224;. Sauf qu'en ao&#251;t, Daniel Vivas a re&#231;u un recommand&#233; exigeant le retrait du texte. Il s'est ex&#233;cut&#233;, s'en expliquant par &#233;crit : il s'agit &#171; &lt;i&gt;de ne pas entamer une proc&#233;dure judiciaire qui serait pour notre structure bien trop lourde &#224; assumer.&lt;/i&gt; [Mais]&lt;i&gt; nous ne remettons nullement en cause ce qui est &#233;crit dans notre article&lt;/i&gt; &#187;. Fin du feuilleton ? Non, les gages de bonne volont&#233; n'ont pas suffi : Kokopelli a d&#233;cid&#233; de poursuivre le blogueur pour diffamation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s s'est tenu le 13 octobre au tribunal de grande instance de Paris. &#171; &lt;i&gt;&#199;a s'est plut&#244;t bien pass&#233;&lt;/i&gt;, explique par t&#233;l&#233;phone Daniel Vivas.&lt;i&gt; Deux des auteurs du livre &#233;taient pr&#233;sents, qui sont revenus sur les conditions de travail au sein de l'association et ont t&#233;moign&#233; de la mauvaise conservation des graines. De mon c&#244;t&#233;, j'ai dit ma surprise d'&#234;tre poursuivi pour un petit billet d'humeur sur un blog tr&#232;s confidentiel&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me &#233;tonnement chez l'&#233;diteur, qui tient quand m&#234;me un bout d'explication : &#171; &lt;i&gt;Cette plainte pourrait &#234;tre comprise comme un avertissement&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;au monde des jardiniers professionnels, des producteurs de semences, des mara&#238;chers et autres magasins bios&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt; : aucune critique &#233;manant de ce milieu ne sera tol&#233;r&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans &#171; Kokopelli voudrait-elle faire taire la cri- tique ? &#187;, communiqu&#233; du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Kokopelli, qui r&#233;clame au permaculteur 10 000 &#8364; de dommages et int&#233;r&#234;ts, et 4 000 &#8364; de frais de justice, n'a pas encore gagn&#233;. L'affaire a &#233;t&#233; mise en d&#233;lib&#233;r&#233; : la sentence tombera ce 17 novembre. Dans tous les cas, Daniel Vivas n'entend pas se laisser impressionner : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas dispos&#233; &#224; la fermer. Et je note que pour une association habitu&#233;e &#224; se pr&#233;senter comme David face au Goliath des multinationales, cette histoire la fiche mal...&lt;/i&gt; &#187; Clairement. Elle constitue surtout une confirmation &#233;clatante du propos du bouquin : il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de Kokopelli...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ananda Guillet est le directeur de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &#171; Kokopelli voudrait-elle faire taire la cri- tique ? &#187;, communiqu&#233; du 9 octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gardienne des semences</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Gardienne-des-semences</link>
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		<dc:date>2014-06-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En mars, Alba Calvache et deux de ses compagnons ont parcouru l'Europe pour populariser leur combat contre les trusts semenciers qui, s'appuyant sur le trait&#233; de libre commerce entre Colombie et &#201;tats-Unis, cherchent &#224; rendre ill&#233;gales les graines paysannes. L'&#339;il est &#224; la fois aiguis&#233; et affectueux. Sur la table de la salle &#224; manger du mas de Granier, coop&#233;rative Longo Ma&#239; install&#233;e dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rh&#244;ne), Alba examine les &#233;chantillons de bl&#233;s anciens qu'on lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlotte-Planche" rel="tag"&gt;Charlotte Planche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/paysans" rel="tag"&gt;paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre" rel="tag"&gt;libre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative-Longo" rel="tag"&gt;coop&#233;rative Longo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mars, Alba Calvache et deux de ses compagnons ont parcouru l'Europe pour populariser leur combat contre les trusts semenciers qui, s'appuyant sur le trait&#233; de libre commerce entre Colombie et &#201;tats-Unis, cherchent &#224; rendre ill&#233;gales les graines paysannes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;il est &#224; la fois aiguis&#233; et affectueux. Sur la table de la salle &#224; manger du &lt;a href=&#034;http://www.prolongomaif.ch/les-cooperatives/le-mas-de-granier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mas de Granier&lt;/a&gt;, coop&#233;rative Longo Ma&#239; install&#233;e dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rh&#244;ne), Alba examine les &#233;chantillons de bl&#233;s anciens qu'on lui tend. Bolo, expert autodidacte, cherche pour elle leurs noms latin, fran&#231;ais, espagnol, inscrits dans un cahier d'&#233;colier. La jeune femme vient du d&#233;partement de Nari&#241;o, &#224; l'extr&#234;me sud-ouest de la Colombie. Si elle voulait emporter chez elle quelques-uns de ces &#233;pis, il faudrait les faire passer en contrebande, comme dans un film de science-fiction mettant en sc&#232;ne un futur totalitaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH507/p03-trous-samson-7d211.jpg?1782641297' width='400' height='507' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fille de paysans, Alba est la porte-parole des &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://colombia.redsemillas.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guardianes de semillas de vida&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact : rgsemillasdevida@gmail.com. Contact francophone : oscinta@yahoo.es.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en Colombie. Apparu en &#201;quateur, ce r&#233;seau de sauvegarde de graines traditionnelles est aux avant-postes de la mobilisation contre la r&#233;solution 9.70&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le documentaire Colombia 9.70, de Victoria Solano.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui met hors la loi toute semence non brevet&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Je continue &#224; semer, bien que j'habite actuellement dans la ville de Cali&lt;/i&gt;, raconte Alba. &lt;i&gt;C'est un choix que nous avons fait, malgr&#233; mon peu de go&#251;t pour la vie urbaine. En ville, on th&#233;orise trop et on n'agit pas assez. Dans notre r&#233;seau, bas&#233; sur l'amiti&#233; et la confiance, il y a des paysans gardiens, des citadins avec leurs circuits courts de distribution, mais aussi des agriculteurs d&#233;sirant revenir &#224; un mode de production agro-&#233;cologique. Nous produisons, distribuons et certifions nous-m&#234;mes les graines sauvegard&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, le pr&#233;sident Santos a vendu le Trait&#233; de libre commerce (TLC) aux Colombiens avec cet argument : &#171; &lt;i&gt;Il apportera un demi-million de postes de travail d'ici cinq ans.&lt;/i&gt; &#187; Il n'en fut rien. De son c&#244;t&#233;, Obama promit &#224; ses &#233;lecteurs d'inonder le march&#233; sud-am&#233;ricain en pleine expansion de biens et services provenant majoritairement des &#201;tats-Unis. Et pour cela, il serait sans piti&#233; dans &#171; &lt;i&gt;la lutte contre la piraterie&lt;/i&gt; &#187;. Et il ne s'agit pas seulement d'intercepter les copies frauduleuses des CDs de Beyonc&#233; ou du dernier film des fr&#232;res Coen, mais aussi les graines non homologu&#233;es. Trois trusts semenciers dominent 70 % du march&#233; mondial : Monsanto, Syngenta et Dupont, qui consid&#232;rent toute utilisation ou &#233;change de graines traditionnelles comme une concurrence d&#233;loyale ou une violation de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Cela pr&#234;terait &#224; rire si Washington, puis Bogota, et bient&#244;t Bruxelles, ne leur donnaient raison, et surtout, ne fournissaient les armes l&#233;gales pour imposer cette folie. &#171; &lt;i&gt;Avec ce trait&#233;, les petits paysans vont dispara&#238;tre ou s'endetter, puis devenir les employ&#233;s des trusts, d&#233;pendant non seulement de leurs semences, mais aussi des pesticides et des engrais chimiques qui vont avec.&lt;/i&gt; &#187; Entre 2010 et 2012, avec la r&#233;solution 9.70 en main, les forces de l'ordre et l'Institut colombien d'agriculture (ICA) ont d&#233;truit plus de 4 000 tonnes de graines cr&#233;oles. Les amendes pour possession de semences non certifi&#233;es peuvent atteindre jusqu'&#224; 1 500 fois le SMIC local. S'il ne paie pas, le contrevenant encourt jusqu'&#224; huit ans de prison. Pers&#233;cution des paysans, extinction des vari&#233;t&#233;s autochtones : la guerre aux vivants est d&#233;clar&#233;e au nom du libre-&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour nous, la vie aux champs, c'est la libert&#233; : pauvres, mais sans patron. L'existence y est dure, mais l'air est pur, la nourriture saine, les liens entre les gens plus forts. Pourtant, quand un fils de paysan va &#233;tudier en ville, on lui enseigne que r&#233;ussir sa vie, c'est tourner le dos &#224; la terre et devenir m&#233;decin, professeur, ing&#233;nieur. L'acad&#233;misme a fait beaucoup de mal aux cultures populaires. Pour les citadins, paysan est synonyme d'ignorant. Et ce pr&#233;jug&#233; a fait son trou jusque dans l'esprit des gens de la campagne. Voil&#224; pourquoi une agricultrice dont plusieurs dizaines de sacs de riz venaient d'&#234;tre d&#233;truits par la police s'excusait presque : &#8220;Nous ne savions pas que nous faisions quelque chose de mal.&#8221; &#187; Avec la 9.70, s&#233;lectionner la meilleure part de sa r&#233;colte pour semer &#224; nouveau ses champs la saison suivante, geste ancestral s'il en est, devient ill&#233;gal. Les trusts imposeront leurs semences pr&#233;tendument &#171; am&#233;lior&#233;es &#187; (dont les OGM), alors que les n&#244;tres ont &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;es par des mill&#233;naires d'exp&#233;rimentation&lt;/i&gt; &#187;. En Colombie, plus de trois millions de paysans pratiquent encore cette s&#233;lection empirique et troquent leurs semences de riz, de bl&#233;, de ma&#239;s&#8230; &#171; &lt;i&gt;Ma m&#232;re peut passer des heures &#224; regarder pousser ses plants de yucca ; et moi aussi. Mon p&#232;re se moque de nous : &#8220;Assez r&#234;v&#233;, au travail !&#8221;, plaisante-t-il.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans, la r&#233;sistance au TLC gagne en intensit&#233; : en octobre 2012, vaste mobilisation indig&#232;ne contre les effets du trait&#233; et les trusts miniers ; puis en mars 2013, gr&#232;ve des producteurs de caf&#233; &#8211; depuis l'entr&#233;e en vigueur du TLC, l'ensemble des exportations ont chut&#233; de 13 % et aujourd'hui la Colombie importe m&#234;me une partie de son caf&#233; ! En septembre 2013, une gr&#232;ve nationale des paysans a paralys&#233; le pays pendant 21 jours, suivie de pr&#232;s par une nouvelle mobilisation indig&#232;ne en octobre. Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est annonc&#233;e pour avril 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour calmer les esprits, l'ICA a gel&#233; l'application de la 9.70. &#171; &lt;i&gt;Nous ne pr&#233;tendons en aucun cas contr&#244;ler ce que vous appelez les &#8220;semences cr&#233;oles&#8221; et tout ceci n'a rien &#224; voir avec une volont&#233; de limiter la souverainet&#233; et l'autonomie alimentaire des communaut&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, veut rassurer l'institut dans une lettre &#224; l'ONG Grupo Semilla. Selon la bureaucratie agricole, la r&#233;solution servirait plut&#244;t &#224; contr&#244;ler les semences industrielles import&#233;es par les grands groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, Blanche Magarinos-Rey, avocate sp&#233;cialis&#233;e dans la d&#233;fense des graines traditionnelles, souligne que, malgr&#233; certaines concessions sur la forme, le paysan devra dor&#233;navant solliciter aupr&#232;s de l'ICA l'autorisation de r&#233;utiliser ses propres graines, et ceci avant chaque semis. Pour cela, il lui faudra prouver chaque ann&#233;e que sa production n'a pas exc&#233;d&#233; les quantit&#233;s stipul&#233;es par la loi (sur cinq hectares maximum), et qu'il ne reste aucun droit de propri&#233;t&#233; intellectuelle d&#251; &#224; un tiers. D'autre part, il ne pourra plus donner, troquer ou vendre ses graines. Ce qui n'est pas du go&#251;t d'Alba et de ses compagnons : &#171; &lt;i&gt;Renier les graines traditionnelles, c'est comme renier ses propres parents. Une graine sans histoire est une coquille vide. Une semence, c'est la vie, c'est un patrimoine commun, une culture, une m&#233;moire. Elle est notre aliment, mais aussi notre pouvoir. Celui qui poss&#232;de les semences et la terre a aussi le pouvoir, et nous ne pouvons permettre qu'il soit exclusivement entre les mains de quelques-uns.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Libre commerce et guerre au vivant&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p03-semences-fachees-e0a4f.jpg?1782641969' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Planche.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;On aurait tort de croire que la brutalit&#233; des m&#233;thodes yankees dans les campagnes colombiennes n'est qu'un ph&#233;nom&#232;ne lointain d&#251; &#224; des relations n&#233;ocoloniales : en sourdine, la m&#234;me logique est &#224; l'&#339;uvre ici en Europe. En France, &#171; &lt;i&gt;depuis 1961, un catalogue officiel dresse la &#8220;liste limitative des vari&#233;t&#233;s ou types vari&#233;taux dont les semences et plants peuvent &#234;tre mis sur le march&#233; sur le territoire national&#8221;. D'outil de standardisation et de tra&#231;abilit&#233;, il est vite devenu outil de r&#233;pression : aujourd'hui, il est interdit non seulement de vendre, mais aussi d'&#233;changer les semences v&#233;g&#233;tales non inscrites dans le catalogue.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;94 et CQFD n&#176;118.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Ce catalogue, cr&#233;&#233; sous P&#233;tain, s'est enracin&#233; &#224; l'ombre de l'Union internationale pour la protection des obtentions v&#233;g&#233;tales (UPOV). Au nom de la s&#233;curit&#233; alimentaire, cet organisme exige des preuves de &#171; stabilit&#233;, distinction et homog&#233;n&#233;it&#233; &#187; aux semences traditionnelles qui, sans brevet, seront renvoy&#233;es dans les limbes d'une semi-clandestinit&#233; potag&#232;re. Ces crit&#232;res visent en fait &#224; favoriser une production m&#233;canis&#233;e et une distribution &#224; grande &#233;chelle. Seuls les grands groupes ont les moyens financiers et l'appareil bureaucratique n&#233;cessaires pour acc&#233;der ais&#233;ment au Saint-Graal de la certification, et donc de la &#171; propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187;, source de juteuses royalties. L'UPOV s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre un outil facilitant l'hyper-concentration de la production agricole entre les mains de Monsanto, Syngenta&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Multinationale franco-suisse.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; 2 et DuPont. Lors de la signature de trait&#233;s de libre commerce, les pays dominants imposent &#224; leurs nouveaux &#171; partenaires &#187; l'adh&#233;sion &#224; cette officine au service de l'industrie agrochimique&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allant jusqu'&#224; faire croire qu'elle est obligatoire pour &#234;tre admis comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, alors que celle-ci &#339;uvre clairement contre l'int&#233;r&#234;t des paysanneries locales. La n&#233;gociation en catimini autour d'un futur trait&#233; de libre &#233;change entre les USA et l'UE fait planer les m&#234;mes menaces. Bient&#244;t, les multinationales pourront tra&#238;ner les &#201;tats devant des bureaux d' &#171; arbitrage &#187; priv&#233;s si elles jugent que certaines l&#233;gislations entravent leur libre expansion&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;121.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#192; terme, Monsanto &amp; co pourraient ainsi imposer leurs OGM contre la volont&#233; populaire et, avec eux, l'appauvrissement irr&#233;versible des patrimoines g&#233;n&#233;tiques, des esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales autochtones et, tout b&#234;tement, de leurs saveurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact : rgsemillasdevida@gmail.com. Contact francophone : oscinta@yahoo.es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le documentaire &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kZWAqS-El_g&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Colombia 9.70&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de Victoria Solano.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Reclame-le-champ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;94&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Le-bon-grain-la-brute-et-le-truand&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;118&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Multinationale franco-suisse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Allant jusqu'&#224; faire croire qu'elle est obligatoire pour &#234;tre admis comme membre de l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;121&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le bon grain, la brute et le truand</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-bon-grain-la-brute-et-le-truand</link>
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		<dc:date>2014-03-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>semences</dc:subject>
		<dc:subject>Graines</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sur le papier, la r&#233;forme en cours au niveau europ&#233;en sur la commercialisation des semences, &#233;tait cens&#233;e faire une niche acceptable aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles. Dans les faits, les semenciers industriels, bien introduits &#224; Bruxelles, continuent &#224; se tailler la part du lion. En 1996, on comptait un peu moins de 300 000 cabines t&#233;l&#233;phoniques en France. Aujourd'hui, les 2/3 ont disparu. A Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), la cabine du village a &#233;vit&#233; la mise au rancart apr&#232;s avoir subi une mue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/semences" rel="tag"&gt;semences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Graines" rel="tag"&gt;Graines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/varietes" rel="tag"&gt;vari&#233;t&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/varietes-traditionnelles" rel="tag"&gt;vari&#233;t&#233;s traditionnelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cabines-telephoniques" rel="tag"&gt;cabines t&#233;l&#233;phoniques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catalogue-officiel" rel="tag"&gt;Catalogue officiel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catalogue-11611" rel="tag"&gt;Catalogue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cabine" rel="tag"&gt;cabine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sanco" rel="tag"&gt;Sanco&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le papier, la r&#233;forme en cours au niveau europ&#233;en sur la commercialisation des semences, &#233;tait cens&#233;e faire une niche acceptable aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles. Dans les faits, les semenciers industriels, bien introduits &#224; Bruxelles, continuent &#224; se tailler la part du lion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1996, on comptait un peu moins de 300 000 cabines t&#233;l&#233;phoniques en France. Aujourd'hui, les 2/3 ont disparu. A Mosset (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), la cabine du village a &#233;vit&#233; la mise au rancart apr&#232;s avoir subi une mue inattendue : cabine &#224; graines elle est devenue. &#171; &lt;i&gt;On a mont&#233; le projet il y a trois ans avec trois autres copines&lt;/i&gt;, raconte Ga&#235;lle. &lt;i&gt;L'id&#233;e de d&#233;part &#233;tait de r&#233;cup&#233;rer nos propres semences et de les &#233;changer gratuitement.&lt;/i&gt; &#187; Il y a trois ans, l'ancienne cabine a &#233;t&#233; transform&#233;e en lieu de stockage o&#249; les graines (fleurs, l&#233;gumes, c&#233;r&#233;ales, etc.) ont &#233;t&#233; mises &#224; disposition de quiconque en a besoin. &#171; &lt;i&gt;Les gens sont autonomes, ils notent dans les registres d'entr&#233;e et de sortie ce qu'ils prennent et ce qu'ils emm&#232;nent. Chacun fait ses sachets. L'id&#233;e aussi c'est de partager les savoirs en mati&#232;re de jardinage et de semences. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anecdotique ? Gentillet ? C'est ce que pourrait penser le quidam d&#233;barquant dans ce petit bourg o&#249; quelques habitants ont encore chevill&#233;e au corps cette id&#233;e selon laquelle, avant d'&#234;tre sp&#233;culative, la terre est nourrici&#232;re. Pas s&#251;r cependant que l'initiative fasse sourire les technocrates de la Commission europ&#233;enne qui planchent depuis plusieurs ann&#233;es sur une r&#233;forme de la l&#233;gislation du commerce des semences. Rappelons cette &#233;vidence : en France, la libert&#233; de semer des jardiniers et des paysans s'arr&#234;tent l&#224; o&#249; commencent les droits de propri&#233;t&#233; des semenciers industriels. Dit autrement sur le site de l'association &lt;a href=&#034;https://kokopelli-semences.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kokopelli&lt;/a&gt; qui milite pour une &#171; lib&#233;ration de la semence et de l'humus et la protection de la biodiversit&#233; alimentaire &#187; : &#171; &lt;i&gt;chacun sait qu'en dehors du Catalogue officiel &lt;a href=&#034;http://kokopelli-semences.fr/campagne_reforme_ue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il est interdit&lt;/a&gt; de vendre, &#233;changer ou donner, &#224; titre on&#233;reux ou gratuit, toute semence ou mat&#233;riel de reproduction v&#233;g&#233;tal.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Catalogue officiel des esp&#232;ces et vari&#233;t&#233;s compile quelque 30 000 vari&#233;t&#233;s s&#233;lectionn&#233;es en raison de crit&#232;res de distinction, homog&#233;n&#233;it&#233; et stabilit&#233; &#8211; le fameux test DHS. Jointe par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Blanche Magarinos-Rey, avocate charg&#233;e de suivre l'&#233;volution de la r&#233;forme &#224; Bruxelles pour le compte de Kokopelli, traduit dans un langage profane le jargon technique des d&#233;cideurs europ&#233;ens : &#171; &lt;i&gt;Homog&#233;n&#233;it&#233; cela signifie que les individus au sein d'une m&#234;me vari&#233;t&#233; sont identiques sur le plan g&#233;n&#233;tique ; la stabilit&#233; s'&#233;value sur le plan commercial en ce sens o&#249; il faut s'engager &#224; mettre sur le march&#233; chaque ann&#233;e des individus conformes &#224; la description d'origine.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la distinction, elle implique que la vari&#233;t&#233; &#233;valu&#233;e se distingue de celles existantes. &#171; &lt;i&gt;Pour les esp&#232;ces de grande culture, il faut remplir en outre un crit&#232;re de valeur agronomique et technologique, appel&#233; aussi progr&#232;s g&#233;n&#233;tique, qui impose de faire la d&#233;monstration que la vari&#233;t&#233; candidate &#224; l'inscription est meilleure en terme de rendement et d'utilisation technologique que les vari&#233;t&#233;s qui existent d&#233;j&#224; au catalogue. C'est une &#233;tude de mise en concurrence des vari&#233;t&#233;s candidates &#224; l'inscription. En fait ce dernier crit&#232;re pour les esp&#232;ces de grande culture fait la part belle &#224; un crit&#232;re de rendement qui p&#233;nalise les vari&#233;t&#233;s traditionnelles. &lt;/i&gt; &#187; Des vari&#233;t&#233;s traditionnelles qui, de par leur base g&#233;n&#233;tique plus large et leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, ne peuvent pas passer &#224; travers les fourches caudines du test DHS. Cons&#233;quence d'une s&#233;lection aussi drastique : &#171; &lt;i&gt; Le catalogue est devenu le pr&#233; carr&#233; exclusif des vari&#233;t&#233;s modernes, s&#233;lectionn&#233;es par des techniques agronomiques modernes, et a rendu ill&#233;gales toutes les vari&#233;t&#233;s traditionnelles qui ne r&#233;pondent pas &#224; ces crit&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH388/p12-semences-paysannes-b7dcc.jpg?1782639929' width='400' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En mai dernier, une affaire avait provoqu&#233; une petite &#233;motion populaire : un mara&#238;cher de Lavelanet en Ari&#232;ge s'&#233;tait vu infliger une prune de 450 euros par un agent de la r&#233;pression des fraudes. Son d&#233;lit ? Ne pas &#234;tre en possession de la carte du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis) et avoir propos&#233; &#224; la vente des plants de tomates non-inscrits au catalogue officiel. Si ce flicage de la semence porte en lui-m&#234;me une vision purement industrielle de l'agriculture, un de ses plus n&#233;fastes effets observ&#233;s au niveau plan&#233;taire reste sa contribution &#224; l'&#171; &lt;i&gt;&#233;rosion g&#233;n&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; des plantes. La Food and Agriculture Organisation estime que 75 % de la diversit&#233; g&#233;n&#233;tique des plantes a disparu depuis le d&#233;but du si&#232;cle dernier. Or, une des premi&#232;res cons&#233;quences de l'homog&#233;n&#233;isation v&#233;g&#233;tale et de la monoculture, tant promues par les experts europ&#233;ens, est une vuln&#233;rabilit&#233; accrue face aux ravageurs et autres maladies. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'infester les sols avec des doses toujours plus massives d'intrants chimiques cens&#233;s prot&#233;ger les plantes&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons qu'avec plus de 60 000 tonnes/an, la France est le troisi&#232;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ainsi boucle-t-on la boucle d'un ravage &#233;cologique qui n'en finit pas de se nourrir lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, les prises de conscience ont du mal &#224; faire le poids face &#224; des lobbies qui entendent encore faire cracher &#224; la terre de juteux retours sur investissement. &#171; &lt;i&gt; La l&#233;gislation sur le commerce des semences a &#233;t&#233; mise en place en Europe dans les ann&#233;es 1960&lt;/i&gt;, poursuit Blanche Magarinos-Rey, &lt;i&gt;si elle est en cours de r&#233;vision &#224; l'heure actuelle, tout indique que la r&#233;vision s'inscrit dans un strict principe de continuit&#233;. La proposition de la Commission europ&#233;enne, pilot&#233;e par la Direction g&#233;n&#233;rale de la sant&#233; et des consommateurs (DG Sanco), a &#233;t&#233; publi&#233;e le 6 mai dernier, apr&#232;s un arbitrage un peu difficile entre la DG Environnement et la DG Agri qui s'opposaient au texte et consid&#233;raient qu'il fallait faire une place aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles, aux vari&#233;t&#233;s du domaine public. La DG Sanco, qui est infiltr&#233;e par le Gnis, n'a pas c&#233;d&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Organisation plac&#233;e sous l'autorit&#233; du minist&#232;re de l'Agriculture, le Gnis est le garant de l'organisation du march&#233; des semences, graines et plants depuis 1941. Ouvertement pro-OGM et thurif&#233;raire de ces biotechnologies qui ont contribu&#233; &#224; la ruine des savoirs locaux et paysans, le groupement est le porte-voix de l'industrie semenci&#232;re. Cela &#233;tant dit, qui le minist&#232;re de l'Agriculture fran&#231;ais a-t-il mandat&#233; pour r&#233;diger le texte &#224; la DG Sanco ? Isabelle Cl&#233;ment-Nissou, ancienne directrice des relations internationales du Gnis. &#171; &lt;i&gt;C'est cette dame qui a bloqu&#233; toutes les ouvertures propos&#233;es par les autres DG, on a vu &#231;a lors des d&#233;bats&lt;/i&gt; &#187;, insiste l'avocate avec pugnacit&#233;. Avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;L'industrie semenci&#232;re est &#224; la DG Sanco et c'est elle qui r&#233;dige le texte.&lt;/i&gt; &#187; Pour finir par conclure que &#171; &lt;i&gt;Sous un discours faussement progressiste, la proposition de la Commission est dans la droite ligne de ce qui est applicable actuellement. Les soi-disant br&#232;ches propos&#233;es au domaine public sont une supercherie. Par contre, le texte offre des facilit&#233;s &#224; l'industrie dans le cadre des autocontr&#244;les &#224; qui on peut faire confiance pour se tailler chaussure &#224; son pied.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la place de l'&#233;glise de Mosset, la cabine &#224; graines est actuellement en pleine r&#233;novation. Manque d'espace devant ce petit succ&#232;s local ! &#224; l'instar des pollens qui f&#233;condent la vie &#224;-tout-va, l'exp&#233;rience, libre de tout droit, attend d'&#234;tre reproduite ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contrefa&#231;on&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre dernier, la loi sur les contrefa&#231;ons &#233;tait adopt&#233;e au Parlement avec toutes les voix &#233;cologistes. Ne faisant pas de d&#233;tail entre les parfums, les pi&#232;ces automobiles ou les fringues, les semences se retrouvent embarqu&#233;es dans le dispositif. Cons&#233;quence : le paysan qui conserve une partie de ses graines pour les semer l'ann&#233;e d'apr&#232;s peut tomber sous le coup de la loi si les plants concern&#233;s sont prot&#233;g&#233;s par un certificat d'obtention v&#233;g&#233;tal (COV). Le COV est un droit de propri&#233;t&#233; intellectuel qui implique pour tout utilisateur de payer une redevance au titulaire du droit, dans la majorit&#233; des cas : l'industrie semenci&#232;re. En pratique, le paysan est cens&#233; racheter ses graines chaque ann&#233;e. Dans le cas contraire, il pourra d&#233;sormais &#234;tre reconnu coupable de contrefa&#231;on. La d&#233;linquance jusque dans nos campagnes, il &#233;tait temps d'&#234;tre ferme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rappelons qu'avec plus de 60 000 tonnes/an, la France est le troisi&#232;me consommateur mondial de pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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