<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=8311&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... Emmanuel Besnier ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Emmanuel-Besnier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Emmanuel-Besnier</guid>
		<dc:date>2018-01-11T17:24:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane</dc:subject>
		<dc:subject>Emmanuel</dc:subject>
		<dc:subject>prix</dc:subject>
		<dc:subject>Foll</dc:subject>
		<dc:subject>Emmanuel Besnier</dc:subject>
		<dc:subject>Lactalis</dc:subject>
		<dc:subject>lait</dc:subject>
		<dc:subject>Besnier</dc:subject>
		<dc:subject>l'avoir jamais</dc:subject>
		<dc:subject>fromages</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Puisque Lactalis, et surtout son lait infantile contamin&#233; aux salmonelles, font la une des journaux, voici le &#034;Mais qu'est-ce qu'on va faire de... ?&#034; consacr&#233; &#224; son patron, Emmanuel Besnier, que nous avions publi&#233; il y a... juste un an. M&#234;me St&#233;phane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, avoue ne l'avoir jamais vu ni m&#234;me poss&#233;der son 06. La seule image qui circule de lui est une photo prise &#224; la sauvette dans une usine croate. Et il assisterait aux matchs de foot du Stade lavallois, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no150-janvier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;150 (janvier 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Stephane" rel="tag"&gt;St&#233;phane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emmanuel" rel="tag"&gt;Emmanuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prix-4622" rel="tag"&gt;prix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Foll" rel="tag"&gt;Foll&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emmanuel-Besnier-8309" rel="tag"&gt;Emmanuel Besnier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lactalis" rel="tag"&gt;Lactalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lait" rel="tag"&gt;lait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Besnier" rel="tag"&gt;Besnier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-avoir-jamais" rel="tag"&gt;l'avoir jamais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fromages" rel="tag"&gt;fromages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Puisque Lactalis, et surtout son lait infantile contamin&#233; aux salmonelles, font la une des journaux, voici le &#034;Mais qu'est-ce qu'on va faire de... ?&#034; consacr&#233; &#224; son patron, Emmanuel Besnier, que nous avions publi&#233; il y a... juste un an.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me St&#233;phane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, avoue ne l'avoir jamais vu ni m&#234;me poss&#233;der son 06. La seule image qui circule de lui est une photo prise &#224; la sauvette dans une usine croate. Et il assisterait aux matchs de foot du Stade lavallois, club qu'il sponsorise, dans une loge priv&#233;e aux vitres teint&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit &#187;, tel est le vieil adage mayennais auquel semble s'accrocher Emmanuel Besnier. &lt;i&gt;Big boss&lt;/i&gt; de Lactalis, le leader mondial du lait, &#171; l'&#233;mir blanc &#187; est aussi l'un des patrons les plus secrets du pays. L'empire Besnier est pourtant si &#233;tendu que quiconque a beurr&#233; une tartine ou croqu&#233; dans un fromage a forc&#233;ment rempli les poches &#224; Manu. Lactalis contr&#244;le en effet les trois quarts de nos fromages AOC, transforme les produits laitiers pour l'ensemble de la grande distribution et tient sous sa botte un tiers des producteurs laitiers fran&#231;ais&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En vrac et pour ne citer que les plus connus : Pr&#233;sident, Bridel, Brid&#233;lice, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son arriv&#233;e aux manettes du groupe mayennais, Emmanuel Besnier a internationalis&#233; l'entreprise et rachet&#233; ses concurrents europ&#233;ens, turcs ou russes. Un app&#233;tit tel que Lactalis r&#233;alise aujourd'hui un chiffre d'affaires annuel de 17 milliards d'euros, employant 75 000 personnes dans 85 pays. Des r&#233;sultats financiers estim&#233;s puisque l'entreprise refuse de publier ses comptes qui transitent par la Belgique &#224; la fiscalit&#233; plus douce. La cassette personnelle du baron du lactose est, quant &#224; elle, &#233;valu&#233;e &#224; 6 milliards d'euros, le classant douzi&#232;me fortune de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis n&#233; dans un bidon de lait. Pendant longtemps, notre cour de jeu &#224; la maison a &#233;t&#233; celle de l'usine&lt;/i&gt; &#187;, confie en 1998 le roi du fromage au magazine &lt;i&gt;Capital.&lt;/i&gt; Lactalis est avant tout une histoire de famille. La bo&#238;te est cr&#233;&#233;e &#224; Laval en 1933 par le grand-p&#232;re Andr&#233; et reprise par le p&#232;re, Michel, qui d&#233;c&#232;de brutalement en 2000. Depuis, Emmanuel poss&#232;de avec son fr&#232;re et sa s&#339;ur la totalit&#233; du capital de la soci&#233;t&#233; tout en vivant dans la plus grande discr&#233;tion &#224; Entrammes, pr&#232;s de Laval, dans un ch&#226;teau avec parc et chasse gard&#233;e achet&#233; par papa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que l'on parle &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;, le gang Besnier est loin d'&#234;tre soupe au lait. En 1982, Michel envoie ainsi un commando d'anciens paras pour r&#233;cup&#233;rer ses camemberts face &#224; quelques gr&#233;vistes qui occupaient leur usine pour exiger les 39 heures. En 2000, Lactalis est condamn&#233; pour avoir dilu&#233; &#224; l'eau pr&#232;s de 70% de son lait de consommation et huit ans plus tard la soci&#233;t&#233; avoue avoir recycl&#233; des fromages p&#233;rim&#233;s en mozzarella. M&#234;me l'in&#233;narrable Bruno Lemaire, alors ministre de l'Agriculture&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et aujourd'hui ministre de l'&#201;conomie et des Finances... justement en charge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, s'indigne en 2011 des contrats l&#233;onins que le groupe impose &#224; ses producteurs de lait. Derni&#232;re frasque et non des moindres, en 2015, Lactalis &#233;cope d'une amende record de 56 millions d'euros pour s'&#234;tre entendu en secret avec ses concurrents afin de nous vendre &#224; prix fort leurs briques de lait insipide et leurs fromages sans &#226;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; dernier, l'invisible Emmanuel Besnier &#233;tait &#224; ses d&#233;pens sous les feux de la rampe. La fin des quotas laitiers en 2015 a entra&#238;n&#233; une chute des prix mortif&#232;re et 3 000 exploitations font alors faillite en quelques mois. Marre d'&#234;tre pris pour des vaches &#224; lait, les &#233;leveurs d&#233;noncent avec col&#232;re Lactalis, qui les tue &#224; petit feu en leur achetant le lait &#224; un prix inf&#233;rieur au co&#251;t de production, concurrence internationale oblige. Mais Besnier ne l&#226;che rien : fin ao&#251;t, apr&#232;s des semaines de blocage routier et trois sessions de n&#233;gociations &#224; rendre ivre de rage les syndicalistes, un accord autour de 290 euros la tonne de lait est trouv&#233;. Un prix toujours inf&#233;rieur aux co&#251;ts de production &#233;valu&#233;s &#224; 350 euros...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terr&#233; dans son domaine d'Entrammes, Emmanuel Besnier continue ainsi de boire du petit lait. C'est pourtant dans la m&#234;me commune que les pr&#233;mices de la r&#233;sistance lact&#233;e &#224; l'h&#233;g&#233;monie de Lactalis ont vu le jour. Une coop&#233;rative de paysans du coin, Bio du Maine, produit ainsi depuis plus de cinq ans son lait et ses propres fromages fermiers tout en se r&#233;mun&#233;rant dignement. Au-del&#224; de ce v&#233;ritable contre-mod&#232;le &#224; l'ignominie agroalimentaire, une question reste n&#233;anmoins en suspens : quitte &#224; produire local, &#224; quand un fromage de t&#234;te d'Emmanuel ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En vrac et pour ne citer que les plus connus : Pr&#233;sident, Bridel, Brid&#233;lice, Lactel, Salakis, La Laiti&#232;re, Galbani, Roquefort Soci&#233;t&#233;, Rondelet, Sveltesse&#8230; Lactalis vend &#233;galement ses produits sous l'enseigne de Casino, Carrefour, Syst&#232;me U, Auchan, Aldi et Lidl. Ainsi que les laits infantiles Picot, Pepti Junior et Milumel...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et aujourd'hui ministre de l'&#201;conomie et des Finances... justement en charge du dossier Lactalis et son lait infantile contamin&#233;. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Seins ronds, ventre plat</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Seins-ronds-ventre-plat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Seins-ronds-ventre-plat</guid>
		<dc:date>2013-04-30T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Casse-noisette</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>Casse noisettes</dc:subject>
		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>lait</dc:subject>
		<dc:subject>location d'ut&#233;rus</dc:subject>
		<dc:subject>redore d'atours</dc:subject>
		<dc:subject>d'atours modernes</dc:subject>
		<dc:subject>vieilles coutumes</dc:subject>
		<dc:subject>Auvergnates</dc:subject>
		<dc:subject>GPA</dc:subject>
		<dc:subject>Auvergnates venant</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gestation pour autrui (GPA), ou plus cr&#251;ment la location d'ut&#233;rus, redore d'atours modernes les vieilles coutumes de l'exploitation du corps des femmes. Au XIXe si&#232;cle, les Auvergnates venant d'accoucher se pr&#233;cipitaient &#224; Paris pour vendre leur lait &#224; la prog&#233;niture des bourgeoises du 16e arrondissement. Il y avait des bureaux de placement, on t&#226;tait la marchandise, on vaticinait que le lait auvergnat &#233;tait de meilleure qualit&#233; que le lait breton. Et alors, me dira-t-on, puisque les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no109-mars-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;109 (mars 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Casse-noisettes" rel="tag"&gt;Casse noisettes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lait" rel="tag"&gt;lait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/location-d-uterus" rel="tag"&gt;location d'ut&#233;rus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/redore-d-atours" rel="tag"&gt;redore d'atours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-atours-modernes" rel="tag"&gt;d'atours modernes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieilles-coutumes" rel="tag"&gt;vieilles coutumes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Auvergnates" rel="tag"&gt;Auvergnates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/GPA" rel="tag"&gt;GPA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Auvergnates-venant" rel="tag"&gt;Auvergnates venant&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gestation pour autrui (GPA), ou plus cr&#251;ment la location d'ut&#233;rus, redore d'atours modernes les vieilles coutumes de l'exploitation du corps des femmes. Au XIXe si&#232;cle, les Auvergnates venant d'accoucher se pr&#233;cipitaient &#224; Paris pour vendre leur lait &#224; la prog&#233;niture des bourgeoises du 16e arrondissement. Il y avait des bureaux de placement, on t&#226;tait la marchandise, on vaticinait que le lait auvergnat &#233;tait de meilleure qualit&#233; que le lait breton.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_607 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH549/p10-sury_cqfd109-0de37.png?1779603219' width='400' height='549' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et alors, me dira-t-on, puisque les Auvergnates &#233;taient libres et qu'elles le faisaient de leur plein gr&#233; ? Sans doute auraient-elles &#233;t&#233; bien chagrines d'&#234;tre renvoy&#233;es dans leurs contr&#233;es mis&#233;rables ! Tout comme, plus pr&#232;s de nous, cet employ&#233; de Bricorama venu &#224; la t&#233;l&#233; taper du poing sur la table : &#171; &lt;i&gt;Je veux travailler le dimanche ! &lt;/i&gt; &#187; Il le voulait vraiment, mais on aurait donn&#233; &#224; cet homme l'argent du dimanche pendant la semaine, aurait-il persist&#233; dans cet aveu effarant ? C'est aussi l'un des poncifs pour justifier la prostitution : certaines femmes le &#171; veulent &#187;. Et c'est vrai, on trouvera des femmes qui tapinent sans contrainte. De m&#234;me, si la GPA est l&#233;galis&#233;e, il y aura des femmes, en Slov&#233;nie, aux USA ou en France, pour louer leur ventre &#171; librement &#187;. Mais quel &#233;chec de la pens&#233;e de s'arr&#234;ter l&#224; ! Deux si&#232;cles apr&#232;s Marx, et tout le travail de la sociologie&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le mythe de l'individu libre, lire Bernard Lahire, Dans les plis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu est une construction sociale, et nos d&#233;cisions le fruit de nos exp&#233;riences pass&#233;es et de nos positions respectives. Si quelqu'un dit &#171; &lt;i&gt; je veux&lt;/i&gt; &#187;, sans mettre en cause sa sinc&#233;rit&#233;, faut-il oublier qu'il y a des circonstances &#224; ce vouloir&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Analyser par exemple pourquoi le d&#233;sir de maternit&#233; est plus r&#233;pandu et &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ? Faut-il s'emp&#234;cher de comprendre comment cette volont&#233; est venue &#224; l'ouvrier, la femme, la jeune fille ? Pourquoi ce ne sont jamais les descendantes des bourgeoises du 16e arrondissement qui loueront leur ventre, mais les Auvergnates mondialis&#233;es d'aujourd'hui ? Le consentement mutuel intrins&#232;que &#224; tout contrat n'efface pas les in&#233;galit&#233;s sociales entre les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons que la GPA pousse cruellement &#224; bout la notion de &#171; prol&#233;taire &#187; d&#233;fini par l'&#233;tymologie : celui qui n'a pour toute richesse que ses enfants (&lt;i&gt;proles&lt;/i&gt;). Transformer des ut&#233;rus en force de travail est bien l'aboutissement de la mis&#233;rable pens&#233;e &#233;conomique : mon corps aussi est une marchandise, un capital que je peux faire fructifier. Certaines filles choisissent bien, &#171; librement &#187;, de devenir star du porno&#8230; C'est la crise, mon corps est tout ce qui me reste, j'en profite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si les f&#233;ministes ont martel&#233; &#171; mon corps m'appartient &#187; pour avoir le droit d'avorter, elles ne disaient pas : &#171; J'ai un corps et je l'exploite &#187;, mais bien &#171; Je suis un corps, personne ne peut me l'ali&#233;ner en imposant de l'ext&#233;rieur ses usages ou ses fantasmes &#187; &#8211; par exemple en me violant, me for&#231;ant &#224; la maternit&#233; ou &#224; devenir un objet sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons plus brutal : dans notre soci&#233;t&#233; de classes, il y a des corps qui peuvent acheter et des corps qui ne peuvent que se vendre. Le jour o&#249; les dominants se plairont &#224; porter les enfants des autres autant que les domin&#233;s, nous changerons peut-&#234;tre d'avis. Pour l'instant, personne, aucun couple, h&#233;t&#233;ro ou homo, m&#234;me riche, amoureux, sympa, n'a le droit d'ali&#233;ner le corps d'une femme en lui imposant son &#171; d&#233;sir d'enfant &#187; &#8211; notion qu'il faudrait d'ailleurs d&#233;construire en urgence !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le mythe de l'individu libre, lire Bernard Lahire, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Dans_les_plis_singuliers_du_social-9782707175557.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les plis singuliers du social&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, La d&#233;couverte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Analyser par exemple pourquoi le d&#233;sir de maternit&#233; est plus r&#233;pandu et &#171; naturel &#187; chez les Fran&#231;aises que chez les Allemandes, qui ne b&#233;n&#233;ficient pas outre-Rhin de cr&#232;ches, allocations et autres politiques natalistes ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tuer la vie dans l'&#339;uf</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tuer-la-vie-dans-l-oeuf</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Tuer-la-vie-dans-l-oeuf</guid>
		<dc:date>2012-02-13T06:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>B&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Louis</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;leveurs</dc:subject>
		<dc:subject>lait</dc:subject>
		<dc:subject>brebis</dc:subject>
		<dc:subject>g&#233;n&#233;tique</dc:subject>
		<dc:subject>s&#233;lection</dc:subject>
		<dc:subject>Danielle Meurot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pour les agriculteurs, ressemer sa propre r&#233;colte sera interdit ou tax&#233; &#187;, titrait Le Monde du 29 novembre 2011. Dans le meilleur des mondes, l'&#233;tape suivante serait d'interdire aux &#233;leveurs l'&#233;change de gam&#232;tes m&#226;les non certifi&#233;s&#8230; Et nous vivons dans le meilleur des mondes ! Rencontre avec un &#233;leveur ovin &#8211; premier article d'une enqu&#234;te en trois volets. Le mois dernier, CQFD vous promettait un papier sur &#171; l'interdiction des m&#226;les reproducteurs dans les fermes &#187;. Entretemps, on s'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no95-decembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;95 (d&#233;cembre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Betes" rel="tag"&gt;B&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Louis" rel="tag"&gt;Jean-Louis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/eleveurs" rel="tag"&gt;&#233;leveurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lait" rel="tag"&gt;lait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/brebis" rel="tag"&gt;brebis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/genetique" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;tique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/selection" rel="tag"&gt;s&#233;lection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Danielle-Meurot" rel="tag"&gt;Danielle Meurot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Pour les agriculteurs, ressemer sa propre r&#233;colte sera interdit ou tax&#233; &#187;, titrait &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 29 novembre 2011. Dans le meilleur des mondes, l'&#233;tape suivante serait d'interdire aux &#233;leveurs l'&#233;change de gam&#232;tes m&#226;les non certifi&#233;s&#8230; Et nous vivons dans le meilleur des mondes ! Rencontre avec un &#233;leveur ovin &#8211; premier article d'une enqu&#234;te en trois volets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mois dernier&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; vous promettait un papier sur&lt;i&gt; &#171; l'interdiction des m&#226;les reproducteurs dans les fermes &#187;&lt;/i&gt;. Entretemps, on s'est rendu compte que ce n'&#233;tait pas &#233;crit. Pas encore. Pas en ces termes. Ce qui est &#233;crit depuis 2007 dans le Code rural et de la p&#234;che maritime que Jean-Louis Meurot a sorti de ses archives et pos&#233; sur la table de sa cuisine, c'est &#231;a : &lt;i&gt;&#171; Art. L. 653-6. &#8211; &#192; compter du 1er janvier 2015, le mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique support de la voie m&#226;le acquis par les &#233;leveurs de ruminants est soumis &#224; obligation de certification, qu'il s'agisse de semence ou d'animaux reproducteurs. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis et Danielle Meurot &#233;l&#232;vent une centaine de brebis Lacaune &#224; Vach&#232;res-en-Quint, un hameau en cul-de-sac &#224; quinze kilom&#232;tres de Die, dans la Dr&#244;me. Les maisons sont regroup&#233;es au bout du chemin, ramass&#233;es les unes sur les autres comme pour se tenir chaud. Alentour, des bergeries, des pr&#233;s, des collines bois&#233;es ou non qui annoncent le Vercors. Au rez-de-chauss&#233;e de la ferme se trouve la fromagerie, &#224; l'&#233;tage l'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont pas venus ici pour devenir propri&#233;taires d'une &#171; exploitation agricole &#187; ou &#171; producteurs &#187;, mais bien &lt;i&gt;&#171; pour faire de l'&#233;levage &#187;&lt;/i&gt;, explique Danielle. &lt;i&gt;&#171; Le fromage, c'est le moyen d'en vivre. Les for&#234;ts autour, si on les p&#226;ture pas, elles vont gagner sur le village. On se rend pas compte de ce que &#231;a veut dire vivre ici, si on n'exploite pas. &#187;&lt;/i&gt;
&#192; cette heure, ledit troupeau est au pr&#233;. Avec Jean-Louis, on va voir les b&#234;tes rest&#233;es en bergerie : quelques brebis sur le point d'agneler qu'il examine en leur soulevant la queue, une autre qui vient de mettre bas, trois b&#233;liers en service achet&#233;s dans un centre de s&#233;lection dans l'Aveyron et deux jeunes m&#226;les, des &#171; non conformes &#187; aux standards de la race qu'il vient de ramener du Calvados : &lt;i&gt;&#171; Ils viennent de chez un copain. Leur p&#232;re est un b&#233;lier non conforme aussi. Ils ont les onglons noirs, ce qui est un signe de rusticit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Le cahier des charges de la race Lacaune stipule&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH543/95jean-louis_encre-4bc0e.jpg?1779603908' width='400' height='543' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;que les b&#234;tes n'ont pas de cornes, pas de laine sur la t&#234;te, les pieds blancs, pas de taches. Les b&#234;tes non-conformes co&#251;tent moins cher. Elles ont aussi des r&#233;surgences de caract&#233;ristiques anciennes qui int&#233;ressent quelques &#233;leveurs &#224; contre-courant, comme Jean-Louis. &lt;i&gt;&#171; On tient compte des capacit&#233;s d'adaptation au milieu, pour avoir des troupeaux plus rustiques et moins de recours &#224; la m&#233;dication. On verra ce qu'ils donnent : il faut les faire reproduire, puis observer le rendement de leur descendance femelle. C'est un travail au long cours. &#187;&lt;/i&gt; Lorsqu'ils seront matures, il faudra les parquer avec des brebis identifi&#233;es par collier de couleur, pour s'assurer des lign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rusticit&#233; n'est pas un objectif prioritaire dans les centres de s&#233;lection, qui sont pilot&#233;s par le dispositif d'am&#233;lioration g&#233;n&#233;tique des animaux d'&#233;levage, en place depuis 1966. &#171; &lt;i&gt; &#199;a pourrait changer, mais pour l'instant la tendance est de faire un maximum de lait avec de forts taux de prot&#233;ines et de mati&#232;re grasse, donc plus facilement fromageable. &#187; &lt;/i&gt; Qu'est-ce qu'on peut redire &#224; &#231;a ? Plus de lait, moins de travail&#8230; Jean-Louis n'est pas pass&#233;iste. &lt;i&gt;&#171; Le progr&#232;s g&#233;n&#233;tique dans cette race laiti&#232;re permet une augmentation de la production de lait de 2 % par an. Alors des &#233;leveurs cherchent &#224; avoir uniquement des b&#234;tes jeunes, car plus les b&#234;tes sont jeunes, plus tu profites de ce gain g&#233;n&#233;tique : pour une alimentation semblable, en dix ans, tu fais 20 % de lait en plus. Les &#233;leveurs fixent un niveau de production annuelle, et celles qui sont en dessous partent. &#187;&lt;/i&gt; C'est que dans ces troupeaux, &lt;i&gt;&#171; il n'y a pas l'&#233;preuve du temps, regrette-t-il. Il y a peu ou pas de brebis de 6, 7 ou 8 ans. Une b&#234;te qui a 7 ou 8 ans, qui continue &#224; faire des agneaux et du lait, c'est qu'elle est pass&#233;e &#224; travers le froid, la s&#233;cheresse, sans &#234;tre malade, c'est une bonne brebis. Ses qualit&#233;s, globalement, sont h&#233;ritables. C'est comme &#231;a qu'on progresse sur la rusticit&#233;. L'enjeu pour nous, c'est de rep&#233;rer ces bonnes brebis et de garder des descendants m&#226;les. En travaillant dans le m&#234;me esprit dans plusieurs troupeaux, on peut les &#233;changer, ce qui est n&#233;cessaire pour &#233;viter la consanguinit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article L.653-6 aux contours flous et sans d&#233;cret d'application, Jean-Louis le sent saum&#226;tre : &lt;i&gt;&#171; Si le minist&#232;re pond des d&#233;crets, il va d&#233;finir ce qu'est un m&#226;le certifi&#233;. Donc la s&#233;lection qui sera appliqu&#233;e dans les diff&#233;rentes races suivra tr&#232;s probablement un sch&#233;ma obligatoire, et de toute fa&#231;on on devra se fournir en &#8220;voie male&#8221; chez des &#233;leveurs certifi&#233;s, qui seront des &#233;leveurs sp&#233;cialistes de la s&#233;lection. &#187;&lt;/i&gt; Bref, on interdira aux &#233;leveurs de ruminants &#8211; bovin, ovins, caprins &#8211; la s&#233;lection par la voie m&#226;le, la plus rapide : un b&#233;lier a math&#233;matiquement plus de descendance qu'une brebis, donc les am&#233;liorations se r&#233;percuteront &#224; plus large &#233;chelle. Leur restera la voie femelle, qui de toute fa&#231;on int&#233;resse peu les centres de s&#233;lection. &lt;i&gt;&#171; Ce qui est grave, c'est qu'on d&#233;poss&#232;de les &#233;leveurs et les bergers de leur capacit&#233; &#224; cr&#233;er leur propre s&#233;lection et &#224; en &#234;tre les responsables. Ce que nous voulons c'est rester ma&#238;tres de notre travail et pouvoir donner les impulsions et les orientations qui conviennent &#224; nos choix. C'est comme si on for&#231;ait les gens &#224; acheter leurs l&#233;gumes chez Casino plut&#244;t que chez leur voisin. &#187;&lt;/i&gt; La comparaison est l&#233;gitime : longtemps g&#233;r&#233;e par des coop&#233;ratives d'&#233;leveurs avec un monopole de zone, la s&#233;lection animale est d&#233;sormais ouverte &#224; la concurrence et donc aux grands groupes semenciers. La certification des m&#226;les reproducteurs n'est qu'un pas de plus dans l'industrialisation du monde agricole, en m&#234;me temps que le bouclage d&#233;finitif d'un cercle infernal. Pour mesurer la port&#233;e de ce point final, il faut le consid&#233;rer comme un aboutissement : peu d'&#233;leveurs percevront la disparition d&#233;finitive d'un choix qui &#233;tait devenu de plus en plus difficile. Pourtant, il s'agit bien d'avoir le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'autre bergerie, une brebis se remet d'une blessure &#224; la patte : elle b&#234;le &#224; fendre l'&#226;me quand on arrive. &lt;i&gt;&#171; Toute seule, elle se languit. C'est gr&#233;gaire, ces bestioles. Mais l&#224;, elle va mieux. &#187;&lt;/i&gt; Jean-Louis lui donne du sainfoin. &lt;i&gt;&#171; &#199;a, c'est du g&#226;teau, pour elle ! &#187;&lt;/i&gt; Le berger stagiaire ne va pas tarder &#224; rentrer les b&#234;tes. On retourne &#224; la fromagerie avec Danielle. &lt;i&gt;&#171; Tu vois les pots en verre pour les yaourts ? J'ai pas la machine pour les st&#233;riliser, &#231;a veut dire qu'ils m'obligent &#224; en acheter chaque fois des neufs. Quand ils arrivent en palette, ils sont pleins de poussi&#232;re noire, je suis bien oblig&#233;e de les laver ! Ceux que les clients me ram&#232;nent au march&#233; sont propres, eux&#8230; &#187;&lt;/i&gt; C'est la m&#234;me histoire attrap&#233;e par un autre bout. Pots de yaourt. Puces RFID. G&#233;n&#233;tique. &lt;i&gt;&#171; Ce qu'ils veulent, c'est nous rendre d&#233;pendants &#224; tous les points de vue. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mois prochain, suite de cette enqu&#234;te : Le dispositif d'am&#233;lioration g&#233;n&#233;tique de l'&#233;levage fran&#231;ais : interview de l'auteur de l'amendement qui a cr&#233;e l'article L653-6.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De quoi rendre ch&#232;vre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-quoi-rendre-chevre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/De-quoi-rendre-chevre</guid>
		<dc:date>2010-06-19T18:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Samson</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>lait</dc:subject>
		<dc:subject>troupeau</dc:subject>
		<dc:subject>madame fabrique</dc:subject>
		<dc:subject>volontiers &#233;colos</dc:subject>
		<dc:subject>monsieur conduit</dc:subject>
		<dc:subject>chevreaux</dc:subject>
		<dc:subject>CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient</dc:subject>
		<dc:subject>CHEVRIERS</dc:subject>
		<dc:subject>fromage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le massacre annuel de 1,46 milliard d'animaux dans les abattoirs fran&#231;ais contr&#244;l&#233;s, la part de l'&#233;levage de ch&#232;vres est tr&#232;s minoritaire. L'histoire du chevreau est donc moins connue que celle du poulet en batterie, du porc, de la vache et de son veau. Parlons-en. LES CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient d'une bonne image : ils sont volontiers &#233;colos et, pendant que monsieur conduit le troupeau par monts et par vaux, madame fabrique des fromages et va les vendre sur les march&#233;s. Bien s&#251;r, il y a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no78-mai-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;78 (mai 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lait" rel="tag"&gt;lait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/troupeau" rel="tag"&gt;troupeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/madame-fabrique" rel="tag"&gt;madame fabrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/volontiers-ecolos" rel="tag"&gt;volontiers &#233;colos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monsieur-conduit" rel="tag"&gt;monsieur conduit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chevreaux" rel="tag"&gt;chevreaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CHEVRIERS-beneficient" rel="tag"&gt;CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CHEVRIERS" rel="tag"&gt;CHEVRIERS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fromage" rel="tag"&gt;fromage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le massacre annuel de 1,46 milliard d'animaux dans les abattoirs fran&#231;ais contr&#244;l&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Bidoche de Fabrice Nicolino, &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent, 2009.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la part de l'&#233;levage de ch&#232;vres est tr&#232;s minoritaire. L'histoire du chevreau est donc moins connue que celle du poulet en batterie, du porc, de la vache et de son veau. Parlons-en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient d'une bonne image : ils sont volontiers &#233;colos et, pendant que monsieur conduit le troupeau par monts et par vaux, madame fabrique des fromages et va les vendre sur les march&#233;s. Bien s&#251;r, il y a parmi eux de vilains industriels qui clo&#238;trent leurs b&#234;tes &#224; vie &#8212; l'espace carc&#233;ral r&#233;glementaire est de 1,50 m&#178;, &#231;a fait pas beaucoup pour un animal de taille comparable &#224; la n&#244;tre. Mais, globalement, la vie est belle chez les chevriers ! Sauf que la plupart sont soumis &#224; la grande division du travail qui r&#233;gente le monde. C'est-&#224;-dire qu'ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans la transformation du lait en fromage. Et cet &#233;levage-l&#224; a un sous-produit, la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'une ch&#232;vre soit en lactation, elle doit &#234;tre engross&#233;e par un bouc, passer par une gestation de cinq mois au bout de laquelle elle a son chevreau et le lait pour le nourrir. Un troupeau de 30 ch&#232;vres donne environ 50 chevreaux par an, &#231;a fait vite du monde. Se pose alors le probl&#232;me de la concurrence pour le lait : va-t-on le laisser aux m&#232;res pour nourrir les petits, ou va-t-on en faire du fromage ? Dans les premi&#232;res heures apr&#232;s la naissance,le lait appel&#233; colostrum est indispensable aux chevreaux pour acqu&#233;rir les d&#233;fenses immunitaires de la m&#232;re.Ce lait est d'ailleurs interdit de commercialisation. Mais au bout de huit jours, le chevrier devra faire un choix, qui d&#233;pend de sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord celui qui ne raisonne pas plus loin que la diff&#233;rence entre la valeur d'un litre de lait &#224; 0,45 euro, destin&#233; &#224; nourrir les chevreaux, et celle du m&#234;me litre transform&#233; en fromage, jusqu'&#224; 3 euros. Il s'en remettra &#224; l'engraisseur, qui le d&#233;barrassera des chevreaux. Empil&#233;s sur un camion dans de minuscules caisses, ils se pisseront dessus de trouille, puis seront &#233;lev&#233;s &#224; trois dans 1m2 et n'en ressortiront qu'au bout de 5 &#224; 6 semaines pour &#234;tre abattus. Cette chair dite de chevreau de lait est bourr&#233;e de toxines, tant pis pour les consommateurs imp&#233;nitents. Les m&#232;res, elles, poussent des cris d&#233;chirants pendant plusieurs jours, mais qu'importe, la production de fromage est assur&#233;e pour 9 &#224; 10 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le chevrier qui n'a pas trop bonne conscience et d&#233;cide de couper la poire en deux : une partie des chevreaux est supprim&#233;e &#224; la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH270/samson78-d32be.jpg?1779603518' width='400' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;naissance ou part &#224; l'engraisseur, une autre est engraiss&#233;e sur place au lait en poudre, ou m&#234;me &#233;lev&#233;e &#171; sous la m&#232;re &#187; : c'est mieux, les m&#232;res &#233;duquent les petits et la culture du troupeau se transmet. Nous voil&#224; enfin face &#224; celui qui d&#233;cide d'&#233;lever tous ses chevreaux sous la m&#232;re, m&#234;me s'il doit perdre de l'argent (ce mode d'&#233;levage &#171; anti-&#233;conomique &#187; lui co&#251;tera environ 5000 euros pour un troupeau de 30 bestioles), en &#171; sacrifiant &#187; une part de lait pendant quelques semaines. Le v&#233;t&#233;rinaire ne manquera pas de le mettre en garde contre les risques sanitaires que g&#233;n&#232;rent de telles promiscuit&#233;s.Par exemple le CAEV, un r&#233;trovirus qui se transmet par la salive, le sang, le sperme. Sans nier ces risques, on sait que rares sont les troupeaux non touch&#233;s par cette maladie, la situation ne d&#233;g&#233;n&#233;rant pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! Une fois les chevreaux engraiss&#233;s &#224; la ferme, il faudra les conduire &#224; l'abattoir &#8212; ou les abattre soi-m&#234;me, mais c'est interdit. On comprend que celui qui en est l&#224; est assez boulevers&#233; par ce syst&#232;me pour se mettre &#224; l'&#233;coute de ceux qui ont cherch&#233; des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, un pr&#233;curseur, Jean Pain, a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible de diminuer la fr&#233;quence de gestation et d'allonger d'autant la dur&#233;e de lactation. Quelques chevriers ont emprunt&#233; cette voie. Ainsi Catherine, install&#233;e dans les Alpes-de-Haute-Provence avec son troupeau de 60 ch&#232;vres. Au milieu des ann&#233;es 70, sans ressources et avec une poign&#233;e d'enfants &#224; &#233;lever, elle se fait berg&#232;re &#8212; c'est bucolique &#8212;, et fromag&#232;re &#8212; c'est ce qui demande le moins d'investissement en mat&#233;riel et en terres. Mais tr&#232;s vite elle est confront&#233;e &lt;i&gt;&#171; au lait en poudre d&#233;gueulasse &#187;&lt;/i&gt;, choisit alors d'&#233;lever sous la m&#232;re et&lt;i&gt; &#171; tombe dans une autre gal&#232;re, fourguer sa viande dans le r&#233;seau des bio-coops &#187;&lt;/i&gt;. Sachant ce qu'elle ne veut plus, elle deviendra &lt;i&gt;&#171; pointue au niveau technique et &#224; la recherche d'une alternative &#187;&lt;/i&gt;. Sa solution, exp&#233;riment&#233;e depuis les ann&#233;es 90, consiste &#224; confier au bouc, au printemps, &#224; peine une dizaine de jeunes filles pour renouveler le cheptel, plus quelques ch&#232;vres qui ont peu de lait. Les autres ch&#232;vres subissent un effet d'entra&#238;nement qui les maintient en lactation continue pendant plusieurs ann&#233;es, jusqu'&#224; cinq ans. Certes, il y a bien une baisse cons&#233;quente de la production en hiver, mais elle est compens&#233;e en partie par une plus grande concentration en mati&#232;re prot&#233;ique. Il semblerait que &#231;a ne puisse marcher qu'avec de bonnes laiti&#232;res et en effectuant deux traites par jour toute l'ann&#233;e (adieu les sports d'hiver !). Du coup, il y aura tout au plus une douzaine de petits boucs abattus au lieu d'une centaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&#233;cris cela, c'est pour rendre hommage &#224; Catherine,qui se qualifie d'id&#233;aliste pragmatique et a gard&#233; le sens de la libert&#233; et de la dignit&#233; humaine, et pas tant pour stigmatiser des chevriers qui se sont rendus aux raisons de ce monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Bidoche&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Fabrice Nicolino, &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
