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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Bosnie : &#171; Plus jamais &#231;a &#187; (bis repetita)</title>
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		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs. C'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays . Des graffitis au pochoir : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite de notre excursion en Bosnie-Herz&#233;govine, o&#249; les nationalistes sont en roue libre. Face au spectre d'une nouvelle guerre, les grandes puissances occidentales, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes, regardent ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;'est un bruit de fond, une sorte de rumeur, qui parcourt les r&#233;seaux sociaux et les conversations en Bosnie-Herz&#233;govine. Une inqui&#233;tude un peu incr&#233;dule, qui l'emporte parfois sur la lassitude &#233;norme des Bosniens devant le marasme o&#249; est plong&#233; leur pays&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; Sarajevo : rester, r&#233;sister &#187;, CQFD n&#176; 205 (janvier 2022).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Des graffitis au pochoir : &#171; &lt;i&gt;Je suis pour la paix&lt;/i&gt; &#187; sur les murs de Ferhadija, la principale rue commer&#231;ante de Sarajevo. Le niveau de violence des discours politiques qui augmente soudain, et les nationalistes qui passent progressivement des points de non-retour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les touristes qui pi&#233;tinent le pont de Mostar reconstruit, ou zigzaguent d'un pub de Sarajevo &#224; l'autre, en ont peu conscience, mais les progr&#232;s ont &#233;t&#233; maigres depuis la fin de la guerre en 1995. Et la lassitude a peu &#224; peu &#233;teint les espoirs de r&#233;conciliation. Le pays reste en effet soumis &#224; l'usine &#224; gaz ethnocratique n&#233;e des accords de paix de Dayton, qui ent&#233;rinent sur le terrain les conqu&#234;tes de l'agresseur serbe (orthodoxe) et le &#171; nettoyage ethnique &#187; des Bosniaques (musulmans). La Bosnie est ainsi partag&#233;e en deux &#171; entit&#233;s &#187; &lt;i&gt;(voir carte ci-dessous)&lt;/i&gt; : la Republika Srpska, (serbe), et la F&#233;d&#233;ration de Bosnie-Herz&#233;govine (bosniaque et croate). Ennemis jur&#233;s d'une Bosnie multiethnique, les nationalistes &#224; la t&#234;te de la Republika Srpska n'ont pas renonc&#233; &#224; leur but de guerre : l'ind&#233;pendance et le rattachement &#224; la Serbie. Sur cette partie du territoire bosnien, une autre vision du monde s'est mise en place sous l'influence des m&#233;dias &#224; la botte du r&#233;gime, tourn&#233;e vers la Serbie et la Russie, fantasmant les Bosniaques comme une improbable tribu djihadiste. Vingt-cinq ans que la question se pose : combien de temps &#231;a dure, l'apr&#232;s-guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;tricoter les accords de Dayton&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet automne, le leader nationaliste de la Republika Srpska Milorad Dodik, arriv&#233; au pouvoir en 2006 et habitu&#233; des rodomontades s&#233;cessionnistes, a brusquement chang&#233; de braquet. Il faut dire que l'environnement s'y pr&#234;te&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s. En premi&#232;re ligne, le pr&#233;sident de Serbie Aleksandar Vu&#269;i&#263;, qui s&#232;me la zizanie dans les pays voisins au nom de la d&#233;fense des minorit&#233;s serbes ; la Croatie se tient en embuscade, toujours pr&#234;te &#224; r&#233;cup&#233;rer un os qui tomberait de la table &#8211; quitte &#224; l'aider &#224; tomber.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Autour du Premier ministre hongrois Viktor Orb&#225;n, une n&#233;buleuse de kleptocrates ultrar&#233;acs se ferait bien les dents sur la Bosnie, petit &#201;tat &#224; majorit&#233; musulmane, faible et sans alli&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Dodik est aux abois apr&#232;s une gamelle aux &#233;lections municipales de 2020 et une lourde d&#233;faite symbolique, &#224; l'&#233;t&#233; 2021, lorsque le Haut repr&#233;sentant international&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Valentin Inzko a interdit la n&#233;gation du g&#233;nocide de Srebrenica, refrain favori des nationalistes serbes. Le satrape contre-attaque en octobre et r&#233;clame le retour &#224; la lettre de Dayton, c'est-&#224;-dire le d&#233;tricotage de toutes les mesures prises depuis 1995 pour rapprocher les deux &#171; entit&#233;s &#187;. En jeu, la r&#233;cup&#233;ration par la Republika Srpska de son administration fiscale et de ses biens forestiers et agraires (par ici la monnaie...), et surtout de son syst&#232;me judiciaire et de son arm&#233;e. L'inqui&#233;tude est r&#233;elle. Dodik roule des m&#233;caniques, &#233;voque la mise en place de contr&#244;les de police autour de Sarajevo et l'expulsion par la force des troupes f&#233;d&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre, il passe la seconde. Le parlement de la Republika Srpska ouvre une p&#233;riode de six mois au terme de laquelle le gouvernement devra pr&#233;senter les lois n&#233;cessaires &#224; son projet. La population ne sait pas sur quel pied danser : la rh&#233;torique nationaliste est si routini&#232;re que peu croient &#224; la guerre &#8211; mais beaucoup rappellent qu'en 1992 non plus, personne n'y croyait. Pendant les f&#234;tes du No&#235;l serbe, d&#233;but janvier, la tension explose. Dans le Sand&#382;ak, r&#233;gion &#224; majorit&#233; bosniaque de la Serbie voisine, des bandes d&#233;filent en chantant &#171; &lt;i&gt;Tirons sur les mosqu&#233;es&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; et des flics en vacances sont film&#233;s en train de brailler des chants appelant &#224; infliger aux musulmans locaux le sort des victimes de Srebrenica. Juste apr&#232;s No&#235;l, le 9 janvier, c'est aussi la &#171; f&#234;te nationale &#187; (et ill&#233;gale) de la Republika Srpska. &#171; &lt;i&gt;Pour la plupart des Serbes de Bosnie, ce n'est qu'une f&#234;te populaire, une sorte de 14-Juillet&lt;/i&gt; &#187;, raconte la photographe Jeanne Frank, qui y assistait cette ann&#233;e &lt;i&gt;(voir photo).&lt;/i&gt; Cette fois, cependant, Dodik met en sc&#232;ne dans sa capitale Banja Luka une d&#233;monstration de force, et la t&#233;l&#233; locale retransmet un flippant d&#233;fil&#233; de v&#233;hicules blind&#233;s et d'uniformes rutilants, survol&#233;s par des h&#233;licopt&#232;res. L'&#233;v&#233;nement est abondamment relay&#233; par une multitude de fils Twitter abasourdis. Aux c&#244;t&#233;s des dignitaires locaux, le d&#233;put&#233; europ&#233;en du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani a emmen&#233; une d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise. La nuit venue, une horde de hooligans manifeste bruyamment en hommage au &#171; boucher des Balkans &#187;, Ratko Mladi&#263;. Idem dans la petite ville de Prijedor, dont le nom &#233;voque certaines des pires exactions commises par l'arm&#233;e serbe dans les ann&#233;es 1990, et habit&#233;e par une importante minorit&#233; bosniaque. La guerre est-elle in&#233;luctable ? &#192; cette question, Aline Cateux, correspondante du&lt;i&gt; Courrier des Balkans&lt;/i&gt; &#224; Sarajevo, rappelle volontiers qu'elle n'est pas Madame Irma. Ce que, d'apr&#232;s elle, on peut raisonnablement craindre en revanche, c'est une escalade sporadique, des provocations de la police serbe, surarm&#233;e et compos&#233;e de nombreux v&#233;t&#233;rans de l'arm&#233;e g&#233;nocidaire, et des attaques isol&#233;es de membres de la minorit&#233; bosniaque de Republika Srpska, par exemple dans la r&#233;gion &#233;minemment symbolique de Srebrenica&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;379&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/120020220109_nationalday_pravdazadavida-16_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/120020220109_nationalday_pravdazadavida-16_resultat-81e37.jpg?1782959585' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Banja Luka, 9 janvier 2022. F&#234;te nationale de la Republika Srpska. En 2015, le Tribunal constitutionnel de Bosnie-Herz&#233;govine a d&#233;clar&#233; cette c&#233;l&#233;bration ill&#233;gale, de m&#234;me que le r&#233;f&#233;rendum convoqu&#233; l'ann&#233;e suivante par la RS pour confirmer son organisation. La RS continue d'organiser cette f&#234;te chaque ann&#233;e, en d&#233;pit de son caract&#232;re inconstitutionnel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo de Jeanne Frank
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Citoyens et commentateurs essaient de d&#233;crypter cette vaste partie de billard &#224; mille bandes, o&#249; les acteurs tiennent leur jeu couvert. La Serbie et la Croatie d&#233;fendent officiellement l'int&#233;grit&#233; territoriale de la Bosnie tout en soutenant les s&#233;cessionnistes sur le terrain. En Serbie, les m&#233;dias proches du r&#233;gime feignent d'observer de loin une situation qui ne les concernerait pas vraiment. En Croatie, le pr&#233;sident Zoran Milanovi&#263; accumule les d&#233;clarations provocatrices (du genre : &#171; &lt;i&gt;Il y a g&#233;nocide et g&#233;nocide&lt;/i&gt; &#187;), dont la presse fait ses choux gras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sarajevo, les Bosniaques livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes esp&#232;rent l'intervention de grandes puissances divis&#233;es et attentistes. Comme aux pires heures de la guerre. Les m&#233;dias et les r&#233;seaux sociaux relaient et d&#233;cryptent les moindres d&#233;clarations des diplomates qui se succ&#232;dent dans les Balkans et soufflent le chaud et le froid. En visite en Bosnie en d&#233;cembre, le copr&#233;sident des Verts au Parlement europ&#233;en, Thomas Waitz, affirme avoir re&#231;u l'assurance de l'Otan qu'en cas de besoin, 6 000 hommes pouvaient &#234;tre d&#233;ploy&#233;s sur le terrain en 24 heures. L'Allemagne et le Royaume-Uni condamnent clairement Dodik et le menacent de sanctions. Mais la France s'en tient au service minimum et l'Union europ&#233;enne persiste &#224; s'appuyer sur les diff&#233;rents leaders nationalistes au nom de la &#171; stabilit&#233; r&#233;gionale &#187;, tandis que son commissaire &#224; l'&#201;largissement, le Hongrois Oliv&#233;r V&#225;rhelyi, soutient Dodik en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux observer la situation, on prend un peu de recul dans les mus&#233;es de Sarajevo. &#192; la Vije&#263;nica, l'ancienne biblioth&#232;que nationale incendi&#233;e en 1992 par les Serbes, des aquarelles du d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle montrent la vie quotidienne d'une ville cosmopolite, o&#249; les paysans orthodoxes f&#234;tent P&#226;ques sur la place du bazar, sous les yeux placides de bourgeois autrichiens. Dans la salle voisine, d'immenses photos de charniers documentent le travail du tribunal p&#233;nal international de La Haye. Pour relier ces deux s&#233;ries d'images, on se d&#233;place au mus&#233;e historique, o&#249; une photo montre les regards stup&#233;faits de ces manifestants pacifistes, au premier jour de la guerre, qui constatent qu'on est en train de leur tirer dessus. Dans une autre salle, cet appel des Saraj&#233;viens assi&#233;g&#233;s aux Occidentaux : &#171; En 1945, vous disiez &#8220;&lt;i&gt;Plus jamais &#231;a&#8221;. Mais en Bosnie, c'est &#8220;&#231;a&#8221; qui se passe !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &#199;a &#187; menace, &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Laurent Perez&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;div class='spip_document_4358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200cartebosnie-def_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/1200cartebosnie-def_resultat-62dc7.jpg?1782959585' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Carte de C&#233;cile Kiefer
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sarajevo-rester-resister' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Sarajevo : rester, r&#233;sister &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 205 (janvier 2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur la crise actuelle et son contexte international, lire le remarquable rapport d'Aline Cateux et Lo&#239;c Tr&#233;gour&#232;s&lt;a href=&#034;https://www.jean-jaures.org/publication/bosnie-herzegovine-vers-un-eclatement-du-pays/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bosnie-Herz&#233;govine : vers un &#233;clatement du pays ? &#187;&lt;/a&gt;, sur le site de la Fondation Jean-Jaur&#232;s (13/01/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus haute autorit&#233; constitutionnelle en Bosnie-Herz&#233;govine, le Haut repr&#233;sentant international dispose de pouvoirs discr&#233;tionnaires, qui l'autorisent &#224; d&#233;mettre tout responsable et &#224; annuler toute loi qui menacerait la paix ainsi qu'&#224; prendre toute d&#233;cision n&#233;cessaire &#224; sa mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vi&#353;egrad : La ville qui a coup&#233; le pont avec son pass&#233;</title>
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&lt;p&gt;En 1992, des milices serbes ont massacr&#233; les populations musulmanes de Vi&#353;egrad, dans l'est de la Bosnie-Herz&#233;govine. Une histoire terrible, beaucoup moins connue que d'autres &#233;pisodes du conflit yougoslave. Et pour cause : tout est fait pour occulter ce pass&#233;, des actions de la municipalit&#233; aux d&#233;lires d'un certain Kusturica. Reportage. &#192; premi&#232;re vue, Vi&#353;egrad (&#1042;&#1080;&#1096;&#1077;&#1075;&#1088;&#1072;&#1076; en serbe cyrillique) est une petite ville paisible, qu'il fait bon arpenter d'un pas fol&#226;tre et gaillard. Travers&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1992, des milices serbes ont massacr&#233; les populations musulmanes de Vi&#353;egrad, dans l'est de la Bosnie-Herz&#233;govine. Une histoire terrible, beaucoup moins connue que d'autres &#233;pisodes du conflit yougoslave. Et pour cause : tout est fait pour occulter ce pass&#233;, des actions de la municipalit&#233; aux d&#233;lires d'un certain Kusturica. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, Vi&#353;egrad (&#1042;&#1080;&#1096;&#1077;&#1075;&#1088;&#1072;&#1076; en serbe cyrillique) est une petite ville paisible, qu'il fait bon arpenter d'un pas fol&#226;tre et gaillard. Travers&#233;e par la belle Drina, entour&#233;e de massifs verdoyants, cette bourgade d'environ 6 000 habitants situ&#233;e dans l'est de la Bosnie &#8211; la Serbie est &#224; deux pas &#8211; d&#233;gage une atmosph&#232;re bucolique, sereine. Cerise sur le d&#233;cor, elle abrite l'un des deux monuments du pays class&#233;s au patrimoine mondial de l'Unesco : le pont Mehmed Pacha Sokolovi&#263;, ouvrage du XVIe si&#232;cle, aussi impressionnant que symbolique. Enfant de la ville, feu l'&#233;crivain Ivo Andri&#263;, prix Nobel de litt&#233;rature en 1961, y voyait le symbole de la cohabitation apais&#233;e des communaut&#233;s de la ville, notamment des Serbes orthodoxes et des Bosniaques musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On dirait&lt;/i&gt;, &#233;crivit-il&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le bien nomm&#233; Le Pont sur la Drina.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;que sous les arches amples du pont blanc coule et se d&#233;verse non seulement la verte Drina, mais aussi tout ce paysage harmonieux et parfaitement domestiqu&#233;, avec tout ce qu'il abrite, et aussi le ciel m&#233;ridional au-dessus de lui.&lt;/i&gt; &#187; Bref : des faux airs de paradis. Si bien qu'on s'&#233;touffe un chou&#239;a en lisant le commentaire d'un journaliste de &lt;i&gt;Vanity Fair&lt;/i&gt; d&#233;crivant en un article r&#233;cent&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Emir Kusturica, au c&#339;ur de t&#233;n&#232;bres &#187;, mai 2015.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt;une ville crasseuse, pauvre et d&#233;primante&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Crasseuse, pauvre&lt;/i&gt; &#187; ? Loin d'&#234;tre le cas. Mais &#171; &lt;i&gt;d&#233;primante&lt;/i&gt; &#187; : pas faux, &#224; condition de conna&#238;tre l'histoire du lieu. Justement celle que la ville et ses habitants s'&#233;chinent &#224; dissimuler. Car Vi&#353;egrad est parvenue &#224; planquer sous le tapis m&#233;moriel urbain ce que d'autres villes bosniaques &#8211; &#224; commencer par Sarajevo et Srebrenica &#8211; ont le courage d'affronter : un pass&#233; baignant dans le sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le conflit yougoslave (1992-1995), la ville et ses environs ont en effet &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de massacres syst&#233;matiques des populations musulmanes par des soldats et policiers serbes fanatis&#233;s. Selon le Tribunal p&#233;nal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), ceux-ci ont fait plus de 2 000 victimes, dont des centaines de femmes et d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps pour le bucolique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-277-388ec.jpg?1782821760' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo d'Emilien Bernard.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Amn&#233;sie urbaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire ? On peut tr&#232;s bien parcourir Vi&#353;egrad et passer &#224; c&#244;t&#233; de tout &#231;a. Pas de monument notable, ni de mus&#233;e. Aucun signe de ce pass&#233; soigneusement occult&#233; par la municipalit&#233; et les habitants. La proportion de musulmans vivant ici est pass&#233;e de deux tiers de la population en 1991 &#224; moins de 1 % en 1997 ? Pas grave : il suffit de faire comme si de rien n'&#233;tait. Et tant pis si les deux mosqu&#233;es pourtant reconstruites n'accueillent pas un pel&#233; &#8211; et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un charmant petit bar donnant sur la Drina, quelques habitants du coin ont beau se montrer chaleureux envers les touristes, ils rechignent &#224; parler des &#171; &#233;v&#233;nements &#187;. Certes, il y aurait eu des massacres, ils ne le nient pas. Mais enfin, &#171; &lt;i&gt;tout le monde sait que la main de la CIA n'y est pas &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt; &#187;... Et puis, disent-ils, il n'y avait pas que des saints dans le camp d'en face (ce n'est pas faux, mais pas ici). D'ailleurs, les bombardements du Kosovo par l'OTAN montrent bien que... Bref : circulez, il n'y a rien &#224; comm&#233;morer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des associations de victimes ont certes tent&#233; de r&#233;agir, faisant notamment b&#226;tir un petit monument dans l'excentr&#233; cimeti&#232;re musulman pour signaler les exactions. Las : la municipalit&#233; a envoy&#233; en 2014 des agents effacer &#224; la ponceuse le terme &#171; g&#233;nocide &#187; qui y &#233;tait appos&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La phrase enti&#232;re : &#171; M&#233;morial &#224; tous les Bosniaques tu&#233;s et disparus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. On ne fait pas plus symbolique. Juste &#224; c&#244;t&#233;, des dizaines et dizaines de tombes orn&#233;es d'un croissant et d'une date de d&#233;c&#232;s identique, 1992. Pas loin, un grand drapeau serbe claque au vent, triomphant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne savais pas qu'on pouvait tout nettoyer et faire comme si de rien n'&#233;tait&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne &#224; juste titre un personnage des &lt;i&gt;Femmes de Vi&#353;egrad&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jasmila &#381;bani&#263;, 2013.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Ce film raconte l'histoire v&#233;ridique d'une touriste ayant s&#233;journ&#233; dans un h&#244;tel des environs sans savoir que de terribles exactions y avaient &#233;t&#233; commises : environ 200 femmes bosniaques ont &#233;t&#233; viol&#233;es et massacr&#233;es dans l'&#233;tablissement. Apprenant la v&#233;rit&#233; &#224; son retour en Australie, elle d&#233;cide de revenir enqu&#234;ter sur place, o&#249; police et population lui mettent des b&#226;tons dans la cam&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le film a contribu&#233; &#224; faire conna&#238;tre les massacres de Vi&#353;egrad, le touriste de passage peut toujours s&#233;journer dans l'h&#244;tel en question en ignorant tout de son pass&#233;. Nich&#233; dans un creux de for&#234;t, le Vilina Vlas a en effet tout de l'h&#244;tel-spa de base, luxueux et mastoc, sans attrait particulier. Banal, en somme. Nulle plaque ne rappelle les atrocit&#233;s qu'il a abrit&#233;es, ni &#224; l'ext&#233;rieur ni &#224; la r&#233;ception. Gla&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andricgrad &#8211; Disney sur G&#233;nocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cet apr&#232;s-midi d'automne, Ivo Andri&#263; baisse la t&#234;te, l'air piteux. Autour de lui, un parvis clinquant et laid, des boutiques vides, des fa&#231;ades en toc, des touristes encha&#238;nant les selfies. &#199;a fait quelques ann&#233;es qu'il tr&#244;ne ici, statue symbole du projet m&#233;galomane du c&#233;l&#232;bre Emir Kusturica, et d&#233;j&#224; c'est visible : l'&#233;crivain n'en peut plus de ce r&#244;le qu'on lui fait endosser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 28 juin 2012 qu'a &#233;t&#233; fond&#233;e Andri&#263;grad (traduction : la ville d'Andric), bled artificiel tr&#244;nant en plein de c&#339;ur de Vi&#353;egrad. Aux commandes de ce d&#233;lire urbanistique cens&#233; restituer le Vi&#353;egrad d'antan, le r&#233;alisateur deux fois prim&#233; &#224; Cannes, m&#233;galomane en chef et fervent orthodoxe (pour ne pas dire nationaliste serbe&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sujet m&#233;riterait un article &#224; lui seul, tant Kusturica a multipli&#233; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;) : Emir Kusturica, donc. Pris de folie des grandeurs, il a investi son &#233;nergie et une partie de sa fortune dans le projet&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La R&#233;publique serbe de Bosnie (entit&#233; f&#233;d&#233;rale &#224; ne pas confondre avec la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Addition globale : environ 20 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher pay&#233;, tant chaque pas dans ce village Potemkine de l'identit&#233; serbe h&#233;risse le poil. Tout ici est choquant. Le portrait de Poutine genre pop-art dans le caf&#233; principal, accroch&#233; &#224; c&#244;t&#233; de celui de Gandhi (bah tiens...). L'&#233;gotique fresque surplombant le th&#233;&#226;tre, o&#249; l'on voit un Kusturica souriant participer &#224; un tournoi de tir &#224; la corde&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ses c&#244;t&#233;s est repr&#233;sent&#233; son pote Milorad Dodik, flippant pr&#233;sident de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, sous le regard de na&#239;ades en robes blanches s'&#233;brouant dans un verger. La gigantesque &#233;glise orthodoxe surplombant la Drina. La statue de Petar II Petrovi&#263;-Njego&#353;, prince-&#233;v&#234;que du Mont&#233;n&#233;gro de 1830 &#224; 1851, chantre de la nation serbe et po&#232;te &#233;pique ayant ainsi &#233;voqu&#233; le r&#233;cit d'une victoire sur les Turcs : &#171; &lt;i&gt;Nous avons fait br&#251;ler les maisons turques / Pour qu'il n'y ait plus de restes ni de traces de ces serviteurs du diable.&lt;/i&gt; &#187; Et tout &#224; l'avenant, r&#233;&#233;criture de l'histoire de la Bosnie-Herz&#233;govine sous la seule lumi&#232;re serbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se balader &#224; Andri&#263;grad, c'est rapidement s'&#233;touffer. Tout est toc et artificiel, m&#233;lange de caf&#233;s hors de prix, de boutiques d&#233;biles, de faux artisanat, de souvenirs pour touristes. Voulant rendre hommage &#224; un &#233;crivain cher &#224; son c&#339;ur, Kusturica l'a doublement trahi. En niant sa vision multiculturelle de la Bosnie (aucune trace de mosqu&#233;e dans son parc d'attractions, bien s&#251;r). Et en le plongeant dans une atmosph&#232;re mercantile d&#233;nu&#233;e de la moindre profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie de ce Disneyland pro-serbe, difficile de ne pas ressentir un profond d&#233;go&#251;t pour un projet aussi manipulateur, dans une ville qui devrait justement accueillir des espaces de comm&#233;moration. Et les mots de la r&#233;alisatrice des &lt;i&gt;Femmes de Vi&#353;egrad&lt;/i&gt; viennent se planter dans le cr&#226;ne : &#171; &lt;i&gt;Le village de Kusturica ? &#199;a revient &#224; construire une galerie d'art &#224; Auschwitz.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le bien nomm&#233; &lt;i&gt;Le Pont sur la Drina&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Emir Kusturica, au c&#339;ur de t&#233;n&#232;bres &#187;, mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La phrase enti&#232;re : &#171; M&#233;morial &#224; tous les Bosniaques tu&#233;s et disparus, enfants, femmes et hommes, victimes du g&#233;nocide de Vi&#353;egrad &#187;. Lors de mon passage, en octobre 2017, quelqu'un avait r&#233;inscrit le terme &#171; g&#233;nocide &#187; au feutre noir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jasmila &#381;bani&#263;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le sujet m&#233;riterait un article &#224; lui seul, tant Kusturica a multipli&#233; les prises de position nationalistes, de la d&#233;fense du bourreau Radovan Karad&#382;i&#263; &#224; la minimisation des massacres du conflit yougoslave.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La R&#233;publique serbe de Bosnie (entit&#233; f&#233;d&#233;rale &#224; ne pas confondre avec la Serbie) et la Serbie ont fourni le reste, soit la majeure partie des fonds.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; ses c&#244;t&#233;s est repr&#233;sent&#233; son pote Milorad Dodik, flippant pr&#233;sident de la R&#233;publique serbe de Bosnie et thurif&#233;raire d'un nationalisme exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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