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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Bus autog&#233;r&#233;s et &#233;dification des masses</title>
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		<dc:creator>Cheru Corisco, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;. Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rivas" rel="tag"&gt;Rivas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-ABC-coop" rel="tag"&gt;d'ABC coop&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les Argentins fuient la tumultueuse m&#233;gapole de Buenos Aires, traversent le Rio de la Plata en ferry pour se mettre au vert le temps d'un week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance nonchalante de vacances, le visiteur ne peut qu'&#234;tre interloqu&#233; par l'apparition de bus aux couleurs criardes, avec des grosses &#233;toiles rouges ou jaunes peintes sur les c&#244;t&#233;s et des inscriptions en grosses lettres : &#171; &lt;i&gt; gestion ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;entreprise r&#233;cup&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, coll&#233;es au nom de la compagnie : ABC coop.
Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, mon pote Gustavo (un gars du coin) et moi-m&#234;me (&#233;ternel gringo) avons pris le bus depuis le centre historique gentrifi&#233; et polic&#233; jusqu'au si&#232;ge social d'ABC coop dans un quartier populaire p&#233;riph&#233;rique, pour y rencontrer Luis Rivas, pr&#233;sident de la coop&#233;rative et z&#233;lateur de la &lt;i&gt;gesti&#243;n obrera&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-288-6b89f.jpg?1782642601' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;DR.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En attendant son arriv&#233;e, on fl&#226;ne sur le parking en terre battue devant le local. On s'amuse des num&#233;ros et petits noms attribu&#233;s &#224; chacun des quatre bus gar&#233;s l&#224;. Deux gars s'occupent visiblement de l'entretien des v&#233;hicules. Sur la fa&#231;ade du local, une citation de Jos&#233; Artigas&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nous ne devons rien attendre si ce n'est de nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Rivas arrive enfin, accompagn&#233; de deux autres gars de la coop&#233;rative. Serrages de pognes et petite caresse respectueuse sur le capot de leur &#233;norme molosse nomm&#233; Gasoil, et on va s'installer dans une des trois pi&#232;ces au confort minimal du local. Tandis que le Dictaphone tourne, Luis revient sur les d&#233;buts de cette aventure : &#171; &lt;i&gt; &#192; l'&#233;poque de la crise de 2001, les compagnies de transport COTUC et ABC S.A bataillent pour &#234;tre avantag&#233;es sur l'attribution de lignes de bus par la municipalit&#233;. &#199;a allait plut&#244;t mal pour le propri&#233;taire d'ABC. Comme tout bon capitaliste proche de la fin, le patron a d&#233;cid&#233; de retirer son capital et de rendre la ligne &#224; la municipalit&#233;. Lors d'une assembl&#233;e qui a dur&#233; des heures, nous, travailleurs de l'entreprise, nous sommes convaincus qu'en cette p&#233;riode de crise, aller encaisser l'argent d'un licenciement ne servirait pas bien longtemps. On pr&#233;f&#233;rait plut&#244;t garder l'outil de travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cup&#233;ration de l'entreprise est donc le fruit d'une n&#233;gociation avec le patron. &#171; &lt;i&gt; Et m&#234;me d'une n&#233;gociation acharn&#233;e au bout de laquelle nous avons obtenu qu'en compensation de tout ce qui nous &#233;tait d&#251; comme les salaires en retard, les contributions sociales ou les primes de licenciement, nous pouvions r&#233;cup&#233;rer trois autobus. Un en pleine propri&#233;t&#233; et deux pr&#234;t&#233;s pour trois ans, avec outils et infrastructure. Petit &#224; petit, &#224; force de travail, nous avons pu rendre les deux bus et le premier local pour commencer &#224; nous d&#233;velopper nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; Sur le nom de la structure, Luis Rivas s'amuse : &#171; &lt;i&gt;Si nous nous appelons ainsi, c'est pour des raisons &#233;conomiques. Lorsque nous avons enfin pu acheter des bus d'occasion &#224; la coop&#233;rative RAIN coop de Montevideo, nous n'avions plus assez d'argent pour les repeindre ; du coup, on a juste effac&#233; les lettres &#8220;RAIN&#8221; sur les flancs pour les remplacer par &#8220;ABC&#8221; : ABC coop.&lt;/i&gt; &#187; Et le statut de coop&#233;rative ? &#171; &lt;i&gt;On n'a pas eu le choix ! Jamais nous n'avons eu l'intention d'&#234;tre une coop&#233;rative. Il faut que ce soit bien clair, nous nous d&#233;finissons comme une entreprise en gestion ouvri&#232;re. Comme ce statut n'existe pas dans la l&#233;gislation uruguayenne, le seul qui nous reste est celui de la coop&#233;rative. Dans la r&#233;alit&#233;, nous sommes tr&#232;s &#233;loign&#233;s de ce qui s'entend habituellement comme coop&#233;rative de travail dans ce pays.&lt;/i&gt; &#187; Mais encore ? &#171; &lt;i&gt; Le fameux coop&#233;rativisme id&#233;al uruguayen est compl&#232;tement d&#233;voy&#233;. Ici, les coop&#233;ratives sont bureaucratis&#233;es. Le travailleur ach&#232;te son poste de travail pour environ 60 000 dollars US&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ce syst&#232;me pr&#234;te le flanc &#224; la corruption. Les dirigeants ne travaillent pas, ils ne montent m&#234;me pas dans les bus. Du coup, les travailleurs n'aspirent qu'&#224; acc&#233;der &#224; des postes de direction. Lors d'&#233;lections internes, ils forment des listes et se battent entre eux pour les privil&#232;ges des dirigeants. Notre gestion ouvri&#232;re est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de tout cela. Au d&#233;but, nous &#233;tions neuf &#224; n&#233;gocier les outils de travail contre ce qui nous &#233;tait d&#251;. Au fur et &#224; mesure qu'on est devenus propri&#233;taires, d'abord d'un bus puis de tout ce qu'on a pu acheter pour la coop&#233;rative, personne ne pouvait plus pr&#233;tendre &#224; une part de propri&#233;t&#233;. L'outil reste commun. On entre sans rien, et on sort sans rien ; tous les efforts visent &#224; d&#233;gager des salaires. Le but d'ABC coop est que cette source de travail se perp&#233;tue. Que des camarades puissent prendre leur retraite, et d'autres reprendre les postes. De plus, chez nous, le vote est direct, &#224; main lev&#233;e, et doit &#234;tre argument&#233;. Les autres pratiquent le vote secret, qui peut &#234;tre hypocrite ou achet&#233;. En gestion ouvri&#232;re, ce sont les assembl&#233;es qui dirigent vraiment la coop&#233;rative.&lt;/i&gt; &#187; Et le respect de l'organigramme des coop&#233;ratives ? &#171; &lt;i&gt;C'est pour la forme ! Sur le papier, je suis pr&#233;sident. Mais dans notre organisation, on peut r&#233;voquer la direction &#224; tout moment lors d'une assembl&#233;e. Il est arriv&#233; que certains membres soient chang&#233;s. Les assembl&#233;es sont obligatoires, ceux qui ne s'y pr&#233;sentent pas encourent des sanctions : une p&#233;nalit&#233; en argent ou des jours de mise &#224; pied. Quant &#224; ceux qui viennent, ils ont l'obligation d'intervenir. &#201;videmment, il y a toujours des opportunistes pour critiquer notre syst&#232;me et pr&#233;tendre qu'on a un fonctionnement dictatorial parce qu'on oblige les gens. Mais la seule fa&#231;on de s'assurer que le compa&#241;ero est conscient de ce que la coop&#233;rative se propose de faire, c'est sa participation. Si tu n'es pas d'accord avec un responsable, tu dois l'exprimer. Et apr&#232;s, on vote. Nous votons absolument tout, augmentations ou ajustements de salaires, attributions de postes s'il y a lieu... Le r&#244;le du dirigeant se limite strictement &#224; conduire les r&#233;solutions de l'assembl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, qu'en est-il des salaires ? &#171; &lt;i&gt; Ils s'&#233;chelonnent en fonction du degr&#233; de responsabilit&#233;. Un responsable gagne 2% de plus qu'un chauffeur, soit 11% de l'argent d&#233;gag&#233;. Pour le chauffeur, 9%, et pour le gardien, 6%. Il y a donc un &#233;cart de 5% entre la plus haute et la plus basse cat&#233;gorie. Mais &#231;a tourne, on passe tous au volant&lt;/i&gt;. &#187; Et lors de ces assembl&#233;es, il est d&#233;j&#224; arriv&#233; de devoir sanctionner un compagnon de travail ? &#171; &lt;i&gt;C'est toujours tr&#232;s compliqu&#233;. En 14 ans, personne n'a jamais &#233;t&#233; exclu. Pour que cela se produise, il faudrait parvenir &#224; l'unanimit&#233; en assembl&#233;e. Il est d&#233;j&#224; arriv&#233; que des camarades commettent des fautes graves, comme des vols. Dans ces cas, nous essayons de leur faire comprendre qu'ils n'ont pas &#224; faire &#231;a, que le v&#233;ritable voleur, c'est le capitaliste.&lt;/i&gt; &#187; La coop&#233; d&#233;fend aussi un projet politique : &#171; &lt;i&gt; Notre organisation de travail pr&#233;tend &#234;tre comme une &#233;cole, dans laquelle nos travailleurs peuvent d&#233;velopper une conscience de classe, pour qu'ils finissent par entrevoir le chemin que nous suivons, inscrit dans un processus r&#233;volutionnaire. C'est aux travailleurs de prendre le pouvoir, il n'y a pas d'autre alternative. Nous formons des cadres de la lutte, en quelque sorte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;coutant ce discours avant-gardiste, nos regards se posent sur une affiche au mur qui reprend une citation du Che : &#171; &lt;i&gt;Il est temps de mod&#233;rer nos divergences et de tout consacrer &#224; la lutte !&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi quelques drapeaux qui d&#233;corent la pi&#232;ce, celui du POYCU, Parti ouvrier et paysan d'Uruguay, du PBU, Parti bolchevique uruguayen ou encore celui de l'Unit&#233; populaire&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Luis Rivas poursuit : &#171; &lt;i&gt; Nous connaissons aussi des divergences au sein d'ABC coop. Il y en a m&#234;me qui on vot&#233; pour le Frente Amplio&lt;/i&gt; (FA)&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt; aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles.&lt;/i&gt; &#187; Comprenant que Luis Rivas a tendance &#224; donner le ton, nous lui demandons ce qu'il pense de la gauche dite &#171; progressiste &#187; au pouvoir. &#171; &lt;i&gt;C'est une v&#233;ritable catastrophe ! Depuis qu'il est au pouvoir, le FA n'a fait qu'aggraver des situations qu'il &#233;tait cens&#233; combattre. Il brade terres et ressources au profit de grosses multinationales. Et comme nous sommes une zone franche, ces derni&#232;res ne paient pas d'imp&#244;ts. Quand on pense que, dans les ann&#233;es 1960, Raul Sendic&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;5 s'attaquait au latifundisme, d&#233;non&#231;ant l'existence d'exploitations de 10 000 hectares, et qu'aujourd'hui, ceux qui se r&#233;clament de lui n'h&#233;sitent pas &#224; octroyer 250 000 hectares &#224; la multinationale Montes del Plata&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;121 (avril 2014).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;i&gt; pour planter leurs eucalyptus ! Pr&#232;s de 13 000 familles de paysans se sont retrouv&#233;es sans rien. Sans parler de la culture extensive du soja ou des m&#233;gaprojets miniers. Le FA a r&#233;ussi &#224; faire passer toute critique &#224; son &#233;gard pour un p&#233;ch&#233; originel : les contestataires se font taxer de tra&#238;tres, jouant le jeu de la droite !&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me si le syndicalisme reste tr&#232;s fort en Uruguay, la coop&#233; s'en est &#233;loign&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tous les syndicats sont repr&#233;sent&#233;s dans une centrale unique, la PIT-CNT&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; Elle constitue la base sociale du FA, ses dirigeants font aujourd'hui partie de l'oligarchie. Ils m&#232;nent r&#233;guli&#232;rement de faux combats qui ne servent, de fa&#231;on plus ou moins tordue, qu'&#224; ent&#233;riner les ajustements du gouvernement en mati&#232;re de droit du travail. Les postures critiques d'ABC coop vis-&#224;-vis de cette politique nous ont valu d'&#234;tre d&#233;finitivement exclus.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, la coop&#233; songe &#224; cr&#233;er une organisation syndicale parall&#232;le pour continuer &#224; d&#233;fendre son id&#233;e de la gestion ouvri&#232;re. Pour finir, Luis Rivas revient sur les num&#233;ros et les petits noms des autobus. &#171; &lt;i&gt; L'attribution des noms et num&#233;ros de nos bus s'est faite dans un souci de bien nous d&#233;marquer des entreprises priv&#233;es. Les bus des entreprises priv&#233;es servent aussi de supports publicitaires. Nous, nous refusons toute concession id&#233;ologique, et faisons en sorte que ce soit bien visible sur nos v&#233;hicules. Les noms et les num&#233;ros sont en relation avec les luttes historiques des travailleurs. Notre premier bus s'est appel&#233; Karl Marx. Puis nous avons eu la ligne 17 nomm&#233;e Vladimir pour L&#233;nine en 1917, il y a aussi le 59, ann&#233;e de la r&#233;volution cubaine qui se nomme &#8220;Dignidad&#8221; sur fond de drapeau cubain... Notre dernier bus est noir, il s'appelle Ayotzinapa et porte le n&#186;43, pour les 43 &#233;tudiants mexicains disparus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entretien termin&#233;, nous reprenons, Gustavo et moi, un bus de l'ABC coop. Ticket de retour offert vers le centre historique. Tr&#232;s beau coucher de soleil rouge sur le Rio de la Plata. Les touristes d&#233;sertent les rues et les commer&#231;ants ferment leurs boutiques. Pour dig&#233;rer tout &#231;a, on d&#233;cide d'aller se boire un petit godet &#8211; de rouge &#233;videmment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cheru Corisco&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Empresas recuperadas ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;cennie de gestion n&#233;olib&#233;rale (d&#233;sinflation favorable au syst&#232;me financier, privatisation des secteurs les plus rentables et surendettement des m&#233;nages), la crise financi&#232;re argentine (1998-2002) a provoqu&#233; un chaos &#233;conomique et politique in&#233;dit. Dans ce contexte de d&#233;sastre social&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, plusieurs pratiques de lutte et de survie se sont d&#233;velopp&#233;es : les mouvements de ch&#244;meurs (&lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;), le recours &#224; l'&#233;conomie informelle autour des &lt;i&gt;cartoneros&lt;/i&gt;, les expropriations d'entreprises via les ERT (&lt;i&gt;Empresas recuperadas por sus trabajadores&lt;/i&gt; &#8211; Entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es par leurs travailleurs). Celles-ci se sont forg&#233;es au travers d'affrontements acharn&#233;s contre un patronat adepte du &lt;i&gt;vaciamento&lt;/i&gt;, l'organisation frauduleuse de la faillite des entreprises sur le dos du fisc et des travailleurs (d&#233;m&#233;nagement des moyens de production sans payer arri&#233;r&#233;s de salaires, indemnit&#233;s de licenciement ni cotisations sociales). Nombre de salari&#233;s ont pr&#233;f&#233;r&#233; prendre les devants en occupant leurs entreprises pendant plusieurs mois avec le soutien des voisins du quartier pour r&#233;sister aux incessantes attaques des flics, des juges et des milices patronales. La plupart des ERT sont n&#233;es ainsi de la n&#233;cessit&#233; de sauvegarder la source de travail, du sentiment de r&#233;volte face &#224; l'impunit&#233; des patrons et des institutions publiques comme syndicales largement corrompues et d'un &#233;lan de solidarit&#233; aux niveaux local, national et m&#234;me international&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir de documentaire de Naomi Klein, The Take, 2004.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. En 2002, les ouvri&#232;res de l'ERT de confection Brukman, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;es par leur ex-employeur devant les tribunaux sous l'accusation de &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration &#224; main arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; de leur usine, ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es par les militaires qui plac&#232;rent le quartier en &#233;tat de si&#232;ge. Elles se sont regroup&#233;es alors sur une place et ont tenu le haut du pav&#233; pendant plus de 8 mois avant de r&#233;occuper les ateliers. Une fois le processus de r&#233;cup&#233;ration &#224; peu pr&#232;s stabilis&#233;, les travailleurs des ERT ont pu relancer l'activit&#233; dans une perspective autogestionnaire. Pour l'anthropologue Andr&#233;s Ruggeri&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, l'affirmation de deux principes &#8211; &#233;galitarisme salarial et d&#233;mocratisation par la prise de d&#233;cision en assembl&#233;e &#8211; permet de les distinguer du coop&#233;rativisme traditionnel argentin. Sur les plus de 300 ERT, regroupant 15 000 travailleurs, pr&#232;s de la moiti&#233; respecte une stricte &#233;galit&#233; salariale. L'&#233;preuve de la lutte en commun et le d&#233;part de presque tous les cadres y participant grandement. Alors que dans la plupart des coop&#233;ratives classiques, les assembl&#233;es sont devenues purement formelles, le pouvoir r&#233;el &#233;tant exerc&#233; par les conseils d'administration, celles convoqu&#233;es dans les entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es d&#233;cident de tout : la strat&#233;gie par rapport au march&#233; ou &#224; l'&#201;tat, la r&#233;partition de l'argent quant il rentre, la dur&#233;e de la journ&#233;e de turbin, les rythmes de travail, etc. Mais l'exp&#233;rience autogestionnaire avan&#231;ant &#224; t&#226;tons, un certain nombre de d&#233;rives sont apparues dans ce tiers secteur ni public ni priv&#233;. Les tentatives de normalisation &#233;manant du pouvoir, en particulier sous les mandats de Cristina Kirchner, pourraient contribuer &#224; la cr&#233;ation d'une &#233;conomie pour les pauvres agr&#233;geant les d&#233;fauts des secteurs formel et informel : pressions du march&#233;, tr&#232;s bas salaires, absence de protection sociale et domestication du mouvement social. En interne, la reconstitution de hi&#233;rarchies implicites entre anciens et nouveaux travailleurs, les premiers reprochant aux seconds leur manque d'engagement dans les assembl&#233;es, a pu voir r&#233;&#233;merger des pratiques de sabotage (vols, absent&#233;isme&#8230;) en vigueur dans les entreprises capitalistes. N&#233;anmoins, pour Ruggeri, les exp&#233;riences d'ERT doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme &#171; &lt;i&gt; des alternatives viables pour la formation d'une &#233;conomie con&#231;ue en fonction d'un d&#233;veloppement national et latino-am&#233;ricain bas&#233; sur le travail et l'autogestion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 en exil, est un des h&#233;ros de l'ind&#233;pendance dans la r&#233;gion, et consid&#233;r&#233; par la plupart des Uruguayens comme un p&#232;re fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; 900 euros). Le coop&#233;rateur des entreprises de transports publics, lesquelles se livrent par ailleurs &#224; une concurrence acharn&#233;e au d&#233;triment des usagers, se comporte ainsi davantage comme un actionnaire de sa bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la gauche au pouvoir, on y trouve une kyrielle de partis. En plus de ceux cit&#233;s plus haut, on trouve aussi Refondation communiste, Intransigeance socialiste, Communistes r&#233;volutionnaires, Assembl&#233;e populaire, Parti humaniste et quelques autres dont j'ai oubli&#233; les noms.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux pr&#233;mices de la dictature, il a &#233;t&#233; rapidement interdit et pers&#233;cut&#233;. Depuis sa premi&#232;re victoire historique en 2004, il rassemble 9 partis ou mouvances dont le Parti socialiste, le Parti communiste, des anciens Tupamaros, le Parti de la Victoire du peuple...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en France &#224; Paris. H&#233;ros des luttes sociales dans son pays, p&#232;re fondateur de la gu&#233;rilla urbaine (mais pas que) MLN Tupamaro, il a &#233;t&#233; bless&#233; au combat et enferm&#233; pendant 12 ans dans des conditions inhumaines par la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-contrats-fantomes-de-Montes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CQFD&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;121 (avril 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de Trabajadores) est la seule conf&#233;d&#233;ration syndicale uruguayenne. Son nom actuel provient d'une part de la Convention nationale des travailleurs (CNT) cr&#233;&#233;e en 1964, et interdite apr&#232;s le coup d'&#201;tat du 27 juin 1973, d'autre part de l'Intersyndicale pl&#233;ni&#232;re des travailleurs (PIT), cr&#233;&#233;e en 1982, alors que la junte militaire accordait une lib&#233;ralisation relative du r&#233;gime. Le 1er mai 1984, la conf&#233;d&#233;ration reprit son nom initial de CNT, sans abandonner le sigle PIT. La PIT-CNT compte aujourd'hui 64 f&#233;d&#233;rations syndicales, avec 200 000 affili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans entiers de la classe moyenne ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du pseudo-miracle argentin rejoignent les 20% de la population d&#233;j&#224; noy&#233;s dans la marginalisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir de documentaire de Naomi Klein, &lt;i&gt;The Take&lt;/i&gt;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>AureaSocial : fleur de tous les possibles</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'Espagne &#224; terre &#233;conomiquement, quelques centaines d'utopistes occupent un immeuble &#224; Barcelone esp&#233;rant en faire le point de d&#233;ploiement de structures autog&#233;r&#233;es : les coop&#233;ratives int&#233;grales. Conjuguant imagination et lucidit&#233; politique, ils exp&#233;rimentent et posent les jalons de nouveaux rapports humains. Quand on passe devant la fa&#231;ade de l'immeuble sis au 262 de la rue Sardenya, &#224; Barcelone, on ne se doute pas de ce qu'on va trouver &#224; l'int&#233;rieur. &#192; quelques encablures, l'inachev&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cooperative-integrale" rel="tag"&gt;Coop&#233;rative int&#233;grale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble" rel="tag"&gt;l'immeuble&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-immeuble-sis" rel="tag"&gt;l'immeuble sis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne &#224; terre &#233;conomiquement, quelques centaines d'utopistes occupent un immeuble &#224; Barcelone esp&#233;rant en faire le point de d&#233;ploiement de structures autog&#233;r&#233;es : les coop&#233;ratives int&#233;grales. Conjuguant imagination et lucidit&#233; politique, ils exp&#233;rimentent et posent les jalons de nouveaux rapports humains.&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec l'aide de Nectar pour la traduction.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on passe devant la fa&#231;ade de l'immeuble sis au 262 de la rue Sardenya, &#224; Barcelone, on ne se doute pas de ce qu'on va trouver &#224; l'int&#233;rieur. &#192; quelques encablures, l'inachev&#233;e Sagrada Fam&#237;lia, basilique au baroque d&#233;jant&#233; imagin&#233;e par l'architecte Antoni Gaudi, &#233;lance ses fl&#232;ches vers un ciel plomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH341/p16-bertoyas-d76ca.jpg?1782648406' width='400' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On entre dans l'immeuble de la coop&#233;rative. En ce samedi 29 mars, l'endroit est ferm&#233; au &#171; public &#187; ; seuls quelques militants s'y activent. En semaine la donne est diff&#233;rente. &#171; &lt;i&gt;Il y a des jours o&#249; il y a six, sept activit&#233;s ici ; des centaines de personnes viennent chaque semaine&lt;/i&gt;, indique Jos&#233;, militant anar d'origine andalouse. &lt;i&gt;On peut dire que &#231;a commence &#224; prendre une certaine ampleur. AureaSocial est le point de d&#233;part, le c&#339;ur de toute la Coop&#233;rative int&#233;grale catalane (CIC). &#192; partir d'ici, le r&#233;seau s'&#233;tend jusqu'&#224; l'ensemble de la p&#233;ninsule ib&#233;rique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le hall d'entr&#233;e, on est saisi par le design aseptis&#233; des lieux. &#171; &lt;i&gt;Le propri&#233;taire de l'immeuble voulait en faire un centre th&#233;rapeutique alternatif&lt;/i&gt;, explique Ana.&lt;i&gt; Entre les travaux de r&#233;novation et le prix d'achat du b&#226;timent, l'homme a d&#233;pens&#233; quatre millions d'euros.&lt;/i&gt; &#187; Incapable de faire face &#224; ses dettes, l'homme &#233;tait sur le point de voir les banquiers faire main-basse sur son bien. La suite vire au romanesque. Nous sommes en 2011, depuis le 15 mai (15-M), les &#171; indign&#233;s &#187; espagnols occupent la Puerta del Sol &#224; Madrid et accessoirement le devant de la sc&#232;ne mondiale contestataire. Le Catalan &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vers-une-internationale-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enric Duran&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enric vit dans la clandestinit&#233; depuis un an, estimant que les conditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; , apr&#232;s avoir d&#233;lest&#233; en douceur une quarantaine de banques d'environ 500 000 euros entre 2006 et 2008, porte le projet de mettre sur pied une coop&#233;rative int&#233;grale, espace autogestionnaire voulu comme une transition post-capitaliste. Sortir les gens du carcan &#233;tatique et des griffes des banquiers, tisser entre eux un nouveau maillage &#233;conomico-social solidaire, le d&#233;fi est de taille. Le propri&#233;taire de l'immeuble a vent du projet et pr&#233;f&#232;re alors louer le b&#226;timent &#224; une poign&#233;e d'utopistes plut&#244;t que de le voir confisqu&#233; par les banques. On passe sur les in&#233;vitables p&#233;rip&#233;ties judiciaires. Le 19 mars 2014, le juge de premi&#232;re instance a fini par confirmer la l&#233;galit&#233; du contrat de location. Petite victoire, temps de r&#233;pit. Jusqu'&#224; la suite : l'immeuble a &#233;t&#233; mis en vente pour un montant de 600 000 euros et la CIC a lanc&#233; un processus d'acquisition collective par le biais d'une &#233;mission de bons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rez-de-chauss&#233;e, Ana s'arr&#234;te devant une fleur. Une grande fleur en papier m&#226;ch&#233; coll&#233;e au mur et orn&#233;e de p&#233;tales multicolores. Si on veut comprendre la coop&#233;rative int&#233;grale, si on veut cerner les arrogantes ambitions du peuple d'AureaSocial, alors il faut comprendre la fleur. Prenez un humain de nos soci&#233;t&#233;s contemporaines, isolez l'ensemble des activit&#233;s et besoins qui segmentent sa vie et vous approcherez la cosmogonie de la fleur. Sant&#233;, &#233;ducation, alimentation, communication, v&#234;tements, num&#233;rique, r&#233;habilitations d'appartement, vie collective, etc. Tout y est. Ana : &#171; &lt;i&gt;Quand on a con&#231;u le logo d'AureaSocial, on a choisi une fleur dont chaque p&#233;tale repr&#233;senterait un domaine d'intervention de la coop&#233;rative. Au centre, nous avons le c&#339;ur : l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se r&#233;unit mensuellement et fonctionne de mani&#232;re horizontale. Nous sommes &#224; peu pr&#232;s 2 000 adh&#233;rents. C'est au cours de cette assembl&#233;e que se prennent les d&#233;cisions d'ordre g&#233;n&#233;ral qui vont aller irriguer les diff&#233;rents p&#233;tales. Ici, il y a la banque &#233;thique. L&#224;, ce sont les bureaux li&#233;s &#224; la sant&#233; dont nous avons aussi une vision &#8220;int&#233;grale&#8221;, c'est-&#224;-dire surtout pr&#233;ventive. On essaie de faire en sorte que les gens g&#232;rent eux-m&#234;mes leur sant&#233;. L&#224;, c'est le bureau o&#249; s'&#233;labore le manuel de d&#233;sob&#233;issance &#233;conomique. &lt;/i&gt; &#187; Extrait de la version 2013 de l'opuscule : &#171; &lt;i&gt;Actuellement, beaucoup de personnes sont en situation d'insolvabilit&#233;, certaines par choix id&#233;ologique, la majorit&#233; subissant cet &#233;tat. Au moment o&#249; nous sommes des millions de mauvais payeurs, c'est en nous regroupant en tant que d&#233;biteurs que nous pourrons cesser d'&#234;tre mal vus.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous pr&#233;senterons ici l'insolvabilit&#233; comme un outil de transformation sociale. Si tu veux en &#234;tre, voici ce qu'il te faut savoir&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p16-aureasocial_-8f1e3.jpg?1782643802' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'immeuble d'AureaSocial s'&#233;tale sur 2 500 m&#232;tres carr&#233;s. Un labyrinthe aux allures de ruche. Des bureaux partout, o&#249; se pense et s'&#233;labore une mise en pratique concr&#232;te des id&#233;es port&#233;es par la CIC. Ceux qui s'impliquent dans la coop&#233;rative int&#233;grale ne font que &#231;a. L'engagement, on nous le fait comprendre, est lui-m&#234;me int&#233;gral tant sont vastes les chantiers en cours. Avant de rejoindre la coop&#233;rative, Ana enseignait le graphisme : &#171; &lt;i&gt;J'ai connu la coop&#233;rative int&#233;grale &#224; travers Enric Duran, il y a trois ans. Le personnage m'a plu, notamment son action d'exproprier les banques. &#192; l'&#233;poque, il m'a expliqu&#233; le processus de la coop&#233;rative. Ce qui m'a convaincu, c'est de m'impliquer dans un mouvement constructif qui nous sortait de la simple protestation. Je suis venue ici il y a un an et demi et peu de temps apr&#232;s, j'ai rejoint la commission communication. Gr&#226;ce &#224; mes connaissances graphiques, j'ai pu travailler sur le &lt;a href=&#034;http://www.cooperativaintegral.cat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site web&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &#187; On passe devant la cuisine, puis la cr&#232;che o&#249; les parents peuvent laisser leurs enfants le temps de leur participation aux diff&#233;rentes activit&#233;s. Rigoureuse utilisation de l'espace, comme si rien n'avait &#233;t&#233; laiss&#233; au hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le toit, une terrasse. Les potagers pr&#233;sents ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s lors d'une journ&#233;e sur la permaculture. &#171; &lt;i&gt;Notre but est de tendre vers la souverainet&#233; alimentaire&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne notre guide sur le ton de la d&#233;sarmante &#233;vidence. En quelques mots : une production locale, de pr&#233;f&#233;rence biologique, avec des circuits courts, le tout coordonn&#233; par le CAC (Central de Abastecimiento Catalana &#8211; centre de ravitaillement catalan). La t&#234;te prise dans un certain tournis, on regarde la fa&#231;ade des immeubles qui entourent la terrasse d'AureaSocial : les voisins du 262, rue de la Sardenya ont-ils conscience de l'ampleur de ce qui s'exp&#233;rimente ici ? On redescend. Premier &#233;tage. Kapo, hackeur de son &#233;tat, et Daniel, ancien &#233;tudiant en sciences politiques, nous rejoignent. On croyait avoir fait le tour de la question. Pas tout &#224; fait. Reste &#224; aborder la question du nerf de la guerre. L'argent. Sur le site de la coop&#233;rative, il est question d'une banque &#233;thique. C'est quoi &#231;a ? &#171; &lt;i&gt;Un oxymore !&lt;/i&gt; &#187;, plaisante Ana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel a quitt&#233; Grenade pour rejoindre la coop&#233;rative barcelonaise : &#171; &lt;i&gt;Une banque peut &#234;tre &#233;thique dans la mesure o&#249; elle fonctionne sans int&#233;r&#234;ts. Depuis le 15-M, on a mis en place une structure qui collecte l'&#233;pargne pour financer des projets sociaux. La banque &#233;thique part du principe que les gens ne doivent pas payer pour qu'on conserve leur argent, de m&#234;me lorsque quelqu'un demande un pr&#234;t pour un projet, il n'a pas &#224; payer d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/i&gt; &#187; Nom de l'Ovni : CASX [prononcer Cash] pour Cooperativa d'Autofinan&#231;ament Social en Xarxa (R&#233;seau de coop&#233;ratives d'autofinancement social). Sur la table tra&#238;nent quelques exemplaires de &lt;i&gt;Rebelaos !&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Rebellez-vous !&lt;/i&gt;), journal gratuit tir&#233; &#224; 500 000 exemplaires. &#192; la page 18 de ce br&#251;lot sont d&#233;taill&#233;s la logique et le fonctionnement de la CASX et notamment comment les fonds r&#233;cup&#233;r&#233;s servent &#224; faire tourner des projets en cours quand d'autres viendront financer de nouvelles initiatives d'autogestion. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde peut pr&#233;senter un projet ou participer &#224; l'&#233;valuation du projet dans la commission &#233;conomique&lt;/i&gt;, poursuit Daniel.&lt;i&gt; L'assembl&#233;e est ouverte. En d&#233;but de r&#233;union, on dit combien d'argent il reste, combien a &#233;t&#233; investi, combien de projets sont en cours. On fournit toute information sur l'argent d&#233;tenu par les adh&#233;rents. On a m&#234;me des gens qui viennent nous voir car ils sont surendett&#233;s et rejet&#233;s par les banques traditionnelles.&lt;/i&gt; &#187; Mettant les points sur les derniers i, Ana conclut : &#171; &lt;i&gt;Notre objectif est de cr&#233;er un syst&#232;me compl&#232;tement en marge du syst&#232;me capitaliste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'autre bout de la table, Kapo sort de son mutisme et nous taquine : &#171; &lt;i&gt;Vous connaissez bitcoin ?&lt;/i&gt; &#187; N'&#233;tant plus &#224; &#231;a pr&#232;s, on laisse le hackeur d&#233;tailler par le menu cet &#233;ni&#232;me projet sur lequel il travaille. &#171; &lt;i&gt; Bitcoin est un syst&#232;me de monnaie virtuelle qui permet de faire des transactions sur Internet sans passer par les banques. Les transactions se font sans interm&#233;diaire. Ce qui nous int&#233;resse au niveau de la coop&#233;rative, c'est le fait que personne ne peut avoir le contr&#244;le du r&#233;seau. C'est l'ensemble des participants qui constituent le service&lt;/i&gt;. &#187; Si actuellement cette crypto-monnaie est plut&#244;t l'apanage de la mouvance &#171; libertarienne &#187;, quelques cerveaux de la CIC voient dans cette monnaie &#171; horizontale &#187; une nouvelle br&#232;che dans laquelle phosphorer. On quitte l'immeuble d'AureaSocial sur un &#233;trange nuage, qui jure avec ce fatalisme ambiant que d'aucuns voudraient couler en chape de plomb sur la vieille Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, une &#233;ni&#232;me et monstrueuse manifestation contre la r&#233;gression sociale part de la place de Catalogne. H&#233;licopt&#232;re en maraude, flics en tenue anti-&#233;meute, fumig&#232;nes : le d&#233;cor est plant&#233;. Perch&#233; sur le balcon de l'h&#244;tel quatre &#233;toiles Gran Hotel Havana, un couple de bourgeois regarde cet interminable d&#233;fil&#233;. Avant de se calfeutrer derri&#232;re le double-vitrage de leur fen&#234;tre. Il est une classe pour laquelle il ne se passe rien &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Derni&#232;re (mauvaise) nouvelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embl&#233;matique squat barcelonais &lt;a href=&#034;http://gimenologues.org/spip.php?article605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Can Vies&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; violemment expuls&#233; le 26 mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est construit, vaillamment et patiemment par certains et certaines praticiens utopistes d'un c&#244;t&#233;, est attaqu&#233;, combattu et peut &#234;tre abattu par la force polici&#232;re de l'autre. Mais &#224; AureaSocial comme &#224; Can Vies, &#224; Notre Dame des Landes et ailleurs&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme, &#224; notre petite &#233;chelle, chez nous &#224; CQFD.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ils n'ont pas dit leurs derniers mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec l'aide de Nectar pour la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Enric vit dans la clandestinit&#233; depuis un an, estimant que les conditions impos&#233;es lors de son proc&#232;s ne lui permettait pas d'organiser sa d&#233;fense. Sur les 39 banques qu'il a escroqu&#233;es, huit ont port&#233; plainte et r&#233;clament jusqu'&#224; trente mille euros de d&#233;dommagements. Huit ans de prison ont &#233;t&#233; requis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme, &#224; notre petite &#233;chelle, chez nous &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Cecosesola : la r&#233;flexion permanente !</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'extasier sur le pr&#233;tendu mod&#232;le chaviste du Venezuela, les observateurs de &#171; gauche &#187; devraient parfois d&#233;caler leur regard sur le c&#244;t&#233;. Dans l'&#201;tat de Lara, un r&#233;seau coop&#233;ratif m&#232;ne sa barque autog&#233;r&#233;e depuis 40 ans avec un millier de travailleurs et des dizaines de milliers de membres. Reportage. &#171; La force du peuple r&#233;side dans son union. &#187; Le slogan est inscrit le long d'un vieux bus hors service des ann&#233;es 1960 qui stationne fi&#232;rement &#224; l'entr&#233;e de la centrale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no112-Juin-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;112 (Juin 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Simon-Grysol-111" rel="tag"&gt;Simon Grysol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reseau" rel="tag"&gt;r&#233;seau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cecosesola" rel="tag"&gt;Cecosesola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative" rel="tag"&gt;coop&#233;rative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/services-sociaux" rel="tag"&gt;services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions" rel="tag"&gt;r&#233;unions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Processus" rel="tag"&gt;Processus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/appelee-Cecosesola" rel="tag"&gt;appel&#233;e Cecosesola&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/stationne-fierement" rel="tag"&gt;stationne fi&#232;rement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jorge" rel="tag"&gt;Jorge&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plut&#244;t que de s'extasier sur le pr&#233;tendu mod&#232;le chaviste du Venezuela, les observateurs de &#171; gauche &#187; devraient parfois d&#233;caler leur regard sur le c&#244;t&#233;. Dans l'&#201;tat de Lara, un r&#233;seau coop&#233;ratif m&#232;ne sa barque autog&#233;r&#233;e depuis 40 ans avec un millier de travailleurs et des dizaines de milliers de membres. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La force du peuple r&#233;side dans son union.&lt;/i&gt; &#187; Le slogan est inscrit le long d'un vieux bus hors service des ann&#233;es 1960 qui stationne fi&#232;rement &#224; l'entr&#233;e de la centrale de coop&#233;rative des services sociaux de Lara, appel&#233;e Cecosesola. &#192; l'origine, Cecosesola s'est constitut&#233;e &#224; travers dix coop&#233;ratives du centre-ouest du Venezuela qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;es dans une structure commune en 1967, &#224; l'origine pour cr&#233;er un service fun&#233;raire. D&#233;sormais, d&#233;veloppant un r&#233;seau de sant&#233;, plusieurs march&#233;s alimentaires, des caisses d'&#233;pargne et de cr&#233;dit, une soci&#233;t&#233; de transport, des coop&#233;ratives agricoles et de productions diverses, la centrale est devenue incontournable pour des dizaines de milliers de personnes de la ville de Barquisimeto et de ses alentours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, une cinquantaine d'organisations &#171; communautaires &#187; rassemblent 1 200 travailleurs et 20 000 associ&#233;s. Le salaire est le m&#234;me pour tous et un fonds d'aide solidaire a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en cas de maladie ou de coups durs. Cecosesola est compl&#232;tement ind&#233;pendante, &#224; la fois des banques comme du gouvernement. Jorge, un ancien de l'organisation, est cat&#233;gorique : &#171; &lt;i&gt;Notre projet est autogestionnaire, il n'y a pas d'argent du gouvernement, et nous n'en voulons pas. Nous avons cr&#233;&#233; notre propre syst&#232;me d'auto-financement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;March&#233;s populaires et r&#233;seau de sant&#233;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/p04-cecosesola-4ecda.jpg?1782651027' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Simon Grysol.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les march&#233;s populaires appel&#233;s &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt; sont l'une des activit&#233;s centrales du r&#233;seau. La &lt;i&gt;feria&lt;/i&gt; centrale, la plus importante, est &#224; la fois un march&#233; de fruits et l&#233;gumes et un supermarch&#233; social qui couvre tous les produits. Une grande partie de l'approvisionnement provient des dizaines de coop&#233;ratives agricoles et des &#171; unit&#233;s de production communautaires &#187; qui appartiennent au r&#233;seau Cecosesola&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a ainsi des organisations &#171; partenaires &#187; et des coop&#233;ratives cr&#233;&#233;es &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. De prime abord, cet immense hangar aux allures de supermarch&#233; discount, avec ses 180 caissiers faisant face &#224; de longues files d'attente, ne paye pas trop de mine. Mais le fonctionnement coop&#233;ratif, les prix &#171; solidaires &#187; souvent 30 % inf&#233;rieurs aux prix du march&#233;, le microphone communautaire o&#249; chacun peut aller dire un mot ou encore les caisses de soutien aux luttes indig&#232;nes sont parmi les d&#233;tails qui changent consid&#233;rablement l'impression initiale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de son r&#233;seau de sant&#233;, Cecosesola ne fait pas non plus dans la demi-mesure : apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de travaux et la r&#233;colte des millions de bolivars n&#233;cessaires &#224; leur financement, le &#171; centre int&#233;gral coop&#233;ratif de sant&#233; &#187; a ouvert ses portes dans l'Ouest populaire de la ville, en 2009. Ils avaient d&#233;j&#224; six centres de soins &#224; leur actif, voici d&#233;sormais un grand h&#244;pital ouvert pour toute la population &#8211; ce qui en fait le plus important de cette ville d'un million d'habitants &#8211; avec tous les services n&#233;cessaires et davantage : de la chirurgie &#224; la m&#233;decine chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de fanfaronner sur les chiffres de sa r&#233;ussite &#8211; 50 000 familles approvisionn&#233;es en produits agricoles, 150 000 visites annuelles dans leur r&#233;seau de sant&#233; &#8211;, pour les membres de Cecosesola, la priorit&#233; n'est pas celle-l&#224;. Jorge, qui travaille &#224; l'h&#244;pital, insiste : &#171; &lt;i&gt;Nous croyons que le succ&#232;s &#233;conomique de Cecosesola vient du fait que ce n'est pas notre int&#233;r&#234;t principal !&lt;/i&gt; &#187; C'est avant tout une &#171; &lt;i&gt; exp&#233;rience communautaire de transformation sociale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une coop&#233;rative sans patron&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Petit retour dans le temps. En 1974, le r&#233;seau coop&#233;ratif est encore organis&#233; de fa&#231;on traditionnelle : la direction dirige, les travailleurs ob&#233;issent. Mais lorsque le g&#233;rant de l'&#233;poque s'autorise un l&#233;ger d&#233;tournement de fonds, les coop&#233;rateurs lancent une AG extraordinaire : les chefs sont vir&#233;s. De nouveaux mandat&#233;s favorisent alors un changement de cap. Au fil des ans, ils s'engagent &#171; &lt;i&gt;&#224; r&#233;duire l'organisation verticale, pyramidale des organisations&lt;/i&gt; [du r&#233;seau] &#187; et des r&#233;unions p&#233;riodiques ont lieu entre les travailleurs associ&#233;s, raconte Jorge &#171; &lt;i&gt;afin de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que nous voulions&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui Cecosesola n'a plus de direction, plus de g&#233;rant, aucun signe de hi&#233;rarchie formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jes&#250;s, un jeune s'occupant de la gestion des &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt;, raconte que &#171; &lt;i&gt; dans le travail quotidien, il n'y a pas de surveillant, tout fonctionne au travers de la conversation, en r&#233;union, et en dehors des r&#233;unions. Pour certaines activit&#233;s, il y a des groupes de coordination, qui sont rotatifs entre tous les travailleurs : la transmission de l'information entre eux permet que ce soit le collectif qui s'instruise, se responsabilise, se dynamise&lt;/i&gt; &#187;. De la m&#234;me mani&#232;re, si chacun a un poste principal, une personne peut &#234;tre affect&#233;e dans un centre de soins et tenir une caisse dans une&lt;i&gt; feria&lt;/i&gt; certains jours. Le but est qu'ils &#171; &lt;i&gt;partagent tous les m&#234;mes fonctions, les m&#234;mes connaissances et une vision globale et int&#233;gr&#233;e de leur coop&#233;rative&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La solution &#224; tous les probl&#232;mes est dans la discussion permanente. Nous nous r&#233;unissons donc de nombreuses fois, au moins 3 ou 4 fois dans la semaine&lt;/i&gt; &#187;, explique Jorge. Un travailleur peut ainsi y consacrer autour de 20 % de son temps de travail&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les auteurs de &#171; Cecosesola ou l'Autogestion totale &#187;, hors-s&#233;rie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, entre les r&#233;unions de secteur pour l'organisation du travail quotidien et les r&#233;unions de gestion qui concernent l'ensemble de Cecosesola et qui peuvent rassembler jusqu'&#224; deux cents personnes. Quant &#224; la prise de d&#233;cision, elle se fait par consensus, de mani&#232;re &#171; &lt;i&gt; &#224; lui donner plus de force&lt;/i&gt; &#187;. Chose rare &#224; signaler, toutes les r&#233;unions se font sans ordre du jour et sans animateur. Sourire aux l&#232;vres, Jes&#250;s admet que &#171; &lt;i&gt;pour les gens qui viennent nous voir, nos r&#233;unions paraissent un peu folles !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus troublant est peut-&#234;tre l'absence de r&#232;gles &#233;crites. Tout repose sur la transmission verbale. Ainsi la r&#232;gle tacite est que chacun participe &#224; une r&#233;union par semaine minimum, mais ce n'est inscrit nulle part : pas de charte, pas d'organigramme, pas de texte qui d&#233;finisse l'organisation collective. De la m&#234;me mani&#232;re le contrat de travail est banni de Cecosesola, &#171; &lt;i&gt;car nous pensons que nous sommes une communaut&#233; et nous travaillons donc sur la base de la confiance et non dans la m&#233;fiance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein m&#234;me de Cecosesola, l'&#233;cole coop&#233;rative Rosario Arjona mat&#233;rialise l'importance donn&#233;e &#224; la r&#233;flexion et &#224; la discussion. Son animation se fait &#224; tour de r&#244;le, et Jorge et Jes&#250;s sont dans l'&#233;quipe du moment. &#171; &lt;i&gt;Ici c'est comme le carrefour des chemins, le r&#233;seau qui fait Cecosesola&lt;/i&gt; &#187;. Chaque nouveau pr&#233;tendant y passera quinze journ&#233;es de formation &#224; son entr&#233;e dans la coop&#233;rative. Dans cette &#233;cole d'apprentissage, il s'agit autant d'int&#233;grer les principes de fonctionnement que de &#171; &lt;i&gt;partager une culture commune&lt;/i&gt; &#187;. Les publications&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rechercher une convivialit&#233; harmonique (2003), Construire ici et maintenant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#233;dit&#233;es par l'&#233;cole tentent de rendre compte de la trajectoire de leur &#171; &lt;i&gt;organisation en mouvement&lt;/i&gt; &#187; qui se base sur &#171; &lt;i&gt; l'analyse permanente et la syst&#233;matisation des exp&#233;riences de vie au quotidien&lt;/i&gt; &#187;. Jorge admet que c'est un processus qui prend du temps, et qu'il ne faut pas se tromper : &#171; &lt;i&gt;Ici ce n'est pas un paradis, encore aujourd'hui il y a des coop&#233;ratives partenaires de Cecosesola qui fonctionnent avec un pr&#233;sident-directeur, le vote&#8230; Nous sommes une organisation constitu&#233;e de nombreuses petites organisations, et nous en formons une seule mais pas d'une mani&#232;re uniforme, avec des rythmes d'&#233;volution diff&#233;rents. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un processus de transformation social&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes dans une soci&#233;t&#233; qui est marqu&#233;e par la m&#233;fiance, la comp&#233;tition, la hi&#233;rarchie, la pyramide&lt;/i&gt; &#187; et Jes&#250;s admet que &#171; &lt;i&gt;tous et toutes sont des fils et des filles de cette civilisation et de cette soci&#233;t&#233; capitaliste&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, une partie des r&#233;flexions men&#233;es concerne l'analyse de la culture v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, consid&#233;r&#233;e comme un m&#233;lange de la &#171; &lt;i&gt;culture patriarcale occidentale&lt;/i&gt; &#187; et de cultures ancestrales. C'est pour eux un pr&#233;alable puisque &#171; &lt;i&gt;tout processus de transformation devrait partir et s'appuyer sur ce que nous sommes et non sur ce que nous aimerions &#234;tre&lt;/i&gt; &#187;. Et de penser ainsi le coop&#233;ratisme comme &#171; &lt;i&gt;un mode de vie&lt;/i&gt; &#187;, une fa&#231;on de s'organiser permettant &#171; &lt;i&gt; l'union et la lutte du peuple&lt;/i&gt; &#187; au-del&#224; du simple cadre de Cecosesola. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e de faire na&#238;tre &#171; &lt;i&gt;des relations solidaires dans la production et l'&#233;mergence de la possibilit&#233; d'un processus auto-organis&#233;, d'une organisation ouverte et flexible, en permanent mouvement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tir&#233; du livre de l'&#233;cole, Construire ici et maintenant le monde que nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coop&#233;rateurs de Cecosesola soutiennent que &#171; &lt;i&gt; la d&#233;cadence d'un processus autogestionnaire se manifeste quand le groupe reste dans le monde des choses&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;et qu'il ne se pr&#233;occupe pas d'alimenter son processus interne, pour analyser collectivement les relations qui se jouent dans le travail quotidien&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi &#171; &lt;i&gt;La relation patron-ouvrier, la tendance au profit individualiste, font partie de notre culture. Il ne s'agit pas de comportements externes &#224; nous-m&#234;mes. Par cons&#233;quent, &#233;liminer la pr&#233;sence du patron n'est pas suffisant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;. Jorge, en vieux briscard, conclut l'entretien par ce r&#233;sum&#233; : &#171; &lt;i&gt;La concurrence c'est :&lt;/i&gt; &#8220;je dois gagner ce que &#231;a te co&#251;te&#8221;. L&lt;i&gt;a comp&#233;tition c'est&lt;/i&gt; &#8220;je gagne pendant que tu perds&#8221;. &lt;i&gt;Nous, nous voulons construire un monde o&#249; tout le monde gagne ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour une critique bien sentie du r&#233;gime bolivarien, lire : &#171; Venezuela, &#224; la recherche du processus r&#233;volutionnaire &#187;,&lt;a href=&#034;http://labrique.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; La Brique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, mai-juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la participation de Diane et Sandie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a ainsi des organisations &#171; partenaires &#187; et des coop&#233;ratives cr&#233;&#233;es &#224; l'initiative de l'entit&#233; Cecosesola qui en d&#233;pendent directement, repr&#233;sentant 550 travailleurs, dont notamment les &lt;i&gt;ferias&lt;/i&gt;, le r&#233;seau de sant&#233; et de transport. D'o&#249; des possibles diff&#233;rences de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les auteurs de &#171; Cecosesola ou l'Autogestion totale &#187;, hors-s&#233;rie du &lt;i&gt;Monde Libertaire&lt;/i&gt;, mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rechercher une convivialit&#233; harmonique&lt;/i&gt; (2003), &lt;i&gt;Construire ici et maintenant le monde que nous voulons&lt;/i&gt; (2007) et &lt;i&gt;Vers un cerveau collectif ?&lt;/i&gt; (2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tir&#233; du livre de l'&#233;cole, &lt;i&gt;Construire ici et maintenant le monde que nous voulons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Logement : groupons-nous &#224; deux mains</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Logement-groupons-nous-a-deux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Logement-groupons-nous-a-deux</guid>
		<dc:date>2013-06-11T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
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		<dc:subject>collectif Place</dc:subject>
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		<dc:subject>Youcef</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour trouver une solution collective au casse-t&#234;te du logement, il y a le squat, le squat&#8230; ou alors la coop&#233;rative d'habitants. L'habitat participatif en autopromotion, voil&#224; le projet r&#233;solument social d'une joyeuse bande r&#233;unie fin 2011 &#224; Marseille. Place aux Habeilles ! Sur un balcon surplombant une caserne squatt&#233;e depuis plusieurs mois, les gens du collectif Place des Habeilles (PdH) pr&#233;parent un th&#233;&#226;tre forum pour ouvrir le d&#233;bat autour de leur coop&#233;rative d'habitat group&#233;. Marie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no110-avril-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;110 (avril 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/social" rel="tag"&gt;social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative" rel="tag"&gt;coop&#233;rative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Habeilles" rel="tag"&gt;Habeilles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collectif-Place" rel="tag"&gt;collectif Place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PdH" rel="tag"&gt;PdH&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Youcef" rel="tag"&gt;Youcef&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour trouver une solution collective au casse-t&#234;te du logement, il y a le squat, le squat&#8230; ou alors la coop&#233;rative d'habitants. L'habitat participatif en autopromotion, voil&#224; le projet r&#233;solument social d'une joyeuse bande r&#233;unie fin 2011 &#224; Marseille. Place aux Habeilles !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p15-abeilles.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH216/p15-abeilles-e8b79.png?1782923069' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur un balcon surplombant une caserne squatt&#233;e depuis plusieurs mois, les gens du collectif &lt;a href=&#034;https://www.placedeshabeilles.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Place des Habeilles&lt;/a&gt; (PdH) pr&#233;parent un th&#233;&#226;tre forum pour ouvrir le d&#233;bat autour de leur coop&#233;rative d'habitat group&#233;. Marie, jeune maman et architecte de formation, explique : &#171; &lt;i&gt;Nous avons r&#233;pondu &#224; une offre de terrain de l'&#201;tablissement public foncier (EPF) dans le quartier d&#233;favoris&#233; de Saint-Mauront. Un contrat a &#233;t&#233; sign&#233; en juillet 2012 et PdH c&#233;dera son droit de propri&#233;t&#233; &#224; un bailleur social, Pact 13, qui s'engage &#224; construire douze logements sociaux sous la direction de notre architecte.&lt;/i&gt; &#187; Alexia, ch&#244;meuse heureuse apr&#232;s avoir boss&#233; dans une compagnie de th&#233;&#226;tre de la Belle de Mai, a rejoint le groupe il y a un an, d&#233;sireuse de &#171; &lt;i&gt;construire quelque chose de concret &#224; courte &#233;ch&#233;ance&lt;/i&gt; &#187;. Youcef aussi est l&#224; depuis un an. &#171; &lt;i&gt;Le pass&#233; est notre avenir, j'ai envie de revenir &#224; des formes anciennes de partage dans la dur&#233;e, comme dans les familles &#233;largies d'avant &lt;/i&gt; &#187;, expose ce fana de v&#233;lo qui pense ouvrir un atelier de r&#233;paration dans les parties communes du futur immeuble. Directrice de centre social, Annie-Claude s'int&#233;resse &#224; l'habitat group&#233; depuis trente ans et est venue de Miramas &#224; Marseille tout expr&#232;s pour participer &#224; ce projet &#171; &lt;i&gt;&#233;cologique, multig&#233;n&#233;rationnel et ancr&#233; dans le quartier &lt;/i&gt; &#187;. Pour Philippe, retrait&#233; marseillais, il s'agit de &#171; &lt;i&gt;combattre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, que j'ai en horreur&lt;/i&gt; &#187;. En effet, &#171; &lt;i&gt;la coop&#233;rative sera propri&#233;taire une fois que nos loyers auront pay&#233; le co&#251;t de la construction&lt;/i&gt; &#187;, une fa&#231;on de contourner la l&#233;gislation fran&#231;aise qui pousse &#224; tout privatiser&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Allemagne, par exemple, les coop&#233;ratives d'habitat ne deviennent jamais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;J'aime le c&#244;t&#233; inventif de notre id&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; Petit b&#233;mol, J&#233;r&#233;my n'est l&#224; qu'en soutien : &#171; &lt;i&gt;J'ai pas aujourd'hui les moyens de payer mille euros pour devenir membre de la coop&#233;rative. Mais si je pars d'ici, j'essaimerai ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; Lorenzo, kin&#233; et accord&#233;oniste, a d&#233;j&#224; particip&#233; &#224; un projet semblable &#224; Rome. Ananda, prof des &#233;coles : &#171; &lt;i&gt;J'adore mon boulot et Youcef ! Ma s&#339;ur habite dans un &#233;covillage en Ard&#232;che et je veux tenter une alternative en milieu urbain. J'ai &#233;t&#233; propri&#233;taire d'un appart avec mon ex, on ne m'y reprendra plus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_637 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH282/p15-habeilles_rue_julien-b2b5f.png?1782923069' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La coproduction du b&#226;timent est au c&#339;ur du projet, la dimension humaine et sociale est prise en compte &#224; chaque &#233;tape&lt;/i&gt; &#187;, affirme la charte des Habeilles. L'architecte accepte de travailler lentement, avec des allers-retours, pour une conception collective des plans. Il pense que l'architecture peut jouer un r&#244;le dans le changement social, en encourageant les rencontres et les solidarit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Avec la crise du logement, il y a un regain d'envie de s'associer, comme du temps des Castors &#224; la Lib&#233;ration, plut&#244;t que de suer dans son coin &#224; payer sa petite maison&lt;/i&gt;, souligne Philippe. &lt;i&gt;Pour cela, il faut contourner la loi Chalandon, qui donne l'exclusivit&#233; aux promoteurs.&lt;/i&gt; &#187; Les limitations l&#233;gales poussent souvent ce genre de projet &#224; se recroqueviller sur une sorte de copropri&#233;t&#233; avec juste un local commun. Les Habeilles veulent aller plus loin : des coursives, un salon, trois chambres d'amis et une buanderie seront collectifs. Le rez-de-chauss&#233;e sera occup&#233; par l'atelier de Youcef, les autres locaux pouvant &#234;tre lou&#233;s afin d'aider &#224; payer l'immeuble &#8211; le bail avec Pact 13 court sur cinquante ans. Comme le souhaite la charte de PdH, &#171; &lt;i&gt;l'enjeu est de combattre la sp&#233;culation, de faire des logements accessibles aux m&#233;nages les plus modestes, permettant une diversit&#233; d'habitat et de voisinage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au-del&#224; des probl&#232;mes financiers et juridiques, la viabilit&#233; du projet d&#233;pend d'une greffe r&#233;ussie dans le quartier. En attendant, le soleil est au rendez-vous et l'accord&#233;on de Lorenzo improvise une java serr&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Allemagne, par exemple, les coop&#233;ratives d'habitat ne deviennent jamais propri&#233;taires du bien, qui reste entre les mains de la collectivit&#233; locale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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