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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des centres sociaux au pain sec</title>
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		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ils font vivre des quartiers o&#249; il n'y a plus grand-chose. Mais leurs subventions baissent et les contrats aid&#233;s disparaissent : un peu partout en France, les centres sociaux tirent la langue. En Paca, c'est maintenant la R&#233;gion qui se d&#233;sengage. D'habitude, &#224; No&#235;l, les minots de la cit&#233; des Lierres vont au centre a&#233;r&#233;. Mais cette ann&#233;e, il n'y avait &#171; pas d'argent &#187;. Alors le lieu est rest&#233; ferm&#233; : pas de vacances pour les gamins des pauvres. Glan&#233;e dans le 12e arrondissement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ils font vivre des quartiers o&#249; il n'y a plus grand-chose. Mais leurs subventions baissent et les contrats aid&#233;s disparaissent : un peu partout en France, les centres sociaux tirent la langue. En Paca, c'est maintenant la R&#233;gion qui se d&#233;sengage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'habitude, &#224; No&#235;l, les minots de la cit&#233; des Lierres vont au centre a&#233;r&#233;. Mais cette ann&#233;e, il n'y avait &#171; &lt;i&gt; pas d'argent&lt;/i&gt; &#187;. Alors le lieu est rest&#233; ferm&#233; : pas de vacances pour les gamins des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-347-7a4bb.jpg?1779603134' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Glan&#233;e dans le 12e arrondissement de Marseille, cette histoire n'est certainement pas unique en son genre. Car aux quatre coins de l'Hexagone, des centres sociaux crient famine : les subventions s'ass&#232;chent. Il a fallu dire adieu &#224; des milliers de contrats aid&#233;s, faire le deuil d'une partie des cr&#233;dits &#171; politique de la ville &#187; &#8211; le gouvernement les a r&#233;duits de 11 % l'an dernier. Et voil&#224; qu'en Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur (Paca), la R&#233;gion en rajoute&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, dans les Bouches-du-Rh&#244;ne et le Vaucluse, cette institution (aux mains de la droite) participait au budget de fonctionnement des centres sociaux, via une convention-cadre sign&#233;e avec la Caisse des allocations familiales (Caf) et d'autres collectivit&#233;s locales (d&#233;partement, mairies&#8230;). Un syst&#232;me con&#231;u pour assurer aux centres leur financement de base : de quoi ouvrir la structure et r&#233;mun&#233;rer quelques postes cl&#233;s &#8211; un pr&#233;alable &#224; des actions ult&#233;rieures. Mais d&#233;sormais, le conseil r&#233;gional ne subventionnera plus que des actions sp&#233;cifiques, sur appel &#224; projets. Pas de quoi emballer Danielle Gallus, directrice d'un centre dans le 14e : &#171; &lt;i&gt;On travaille d&#233;j&#224; sur appel &#224; projet. Mais c'est un syst&#232;me compl&#232;tement incertain. On r&#233;pond, on est s&#233;lectionn&#233; ou pas. On obtient un financement pour un an, et puis l'ann&#233;e d'apr&#232;s on ne l'a plus...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, la R&#233;gion &#233;tait loin d'&#234;tre leur premier financeur : les centres sociaux devraient donc parvenir &#224; se remettre de cette perte, m&#234;me si la douloureuse n'est pas n&#233;gligeable (9 000 &#8364; dans certains cas). Mais cette d&#233;fection, qui en fait craindre d'autres&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour pallier le manque de subventions, certaines structures se tournent vers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, a &#233;t&#233; la goutte d'eau qui a fait d&#233;border le vase : le 7 d&#233;cembre, plusieurs centaines de personnes ont manifest&#233; devant le conseil r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est notre poumon &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, il y avait Madame Khelil, une usag&#232;re du centre social des Lierres : &#171; &lt;i&gt;Mes enfants sont tout le temps l&#224;-bas. Soutien scolaire, centre a&#233;r&#233;&#8230; S'ils ferment ce centre, c'est mort pour nous.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me sentiment pour Madame Bonjour, une voisine : &#171; &lt;i&gt;Moi, je n'ai pas d'enfants, je dois &#234;tre la plus vieille du centre. J'y vais tout le temps &#8211; on fait de la peinture, du th&#233;&#226;tre&#8230; Si le centre fermait, il me manquerait. On est toujours bien re&#231;u, pour les papiers, pour tout&#8230; Quand mon mari est d&#233;c&#233;d&#233;, j'ai &#233;t&#233; accompagn&#233;e par les personnes qui y travaillent.&lt;/i&gt; &#187; Une troisi&#232;me voisine approuve : &#171; &lt;i&gt;C'est un endroit o&#249; on peut discuter, rencontrer d'autres personnes, au lieu de rester &#224; la maison &#224; ne rien faire. Et pour nos enfants, c'est pareil &#8211; &#231;a leur permet d'avoir un encadrement. Au lieu de tra&#238;ner dans la rue, il vaut mieux qu'ils soient au centre.&lt;/i&gt; &#187; Madame Khelil, encore : &#171; &lt;i&gt; Le centre social, c'est notre poumon&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Dans beaucoup de quartiers, il n'y a plus de commerce, ni de services publics, &lt;/i&gt; pointe Joseph Richard-Cochet, d&#233;l&#233;gu&#233; d&#233;partemental de l'Union des centres sociaux des Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;i&gt; L&#224;, le centre social, c'est la derni&#232;re structure qui reste.&lt;/i&gt; &#187; Et si on l'enlevait, cet espace collectif de partage ? &#171; &lt;i&gt;On peut imaginer ce que &#231;a donnerait : des gens qui se replient chez eux sur leur souffrance. Dans beaucoup de quartiers, c'est une &#233;volution d&#233;j&#224; en cours&lt;/i&gt; [&#8230;].&lt;i&gt; On voit les scores du FN qui montent &#233;norm&#233;ment, c'est aussi li&#233; &#224; cette question du vivre-ensemble.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, sans centres sociaux, qui pallierait les d&#233;faillances de la Caf ou de P&#244;le emploi, &#8211; qui offrent de moins en moins d'accueil humain &#8211; sans se soucier de ceux qui ne savent pas parler &#224; un ordinateur ? Qui donnerait des cours de fran&#231;ais aux mamans immigr&#233;es, tout en gardant leurs enfants, comme on le fait au centre de La Garde (13e) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour l'instant, nous avons un budget &#233;quilibr&#233;, mais pour l'ann&#233;e prochaine, nous sommes anxieux&lt;/i&gt; &#187;, confie Nicole Pons, une des administratrices de cette structure. &#171; &lt;i&gt;Moins d'argent, moins de personnel, moins d'activit&#233;s&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;gr&#232;ne-t-elle, songeuse. Or &#171; &lt;i&gt; tout le monde le dit : on travaille quand m&#234;me pour la paix dans les quartiers&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me constat, plus &#233;nerv&#233;, chez Thierry Petrone, de l'Espace social et culturel Villemarie, &#224; Carpentras (Vaucluse) : &#171; &lt;i&gt;On se demande ce que font les &#233;lus. Si effectivement ils veulent que les quartiers flambent, il n'y a rien de mieux ! Ils flamberont, les quartiers, parce qu'on ne pourra plus s'occuper des familles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Clap de fin &#224; la Rougui&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce lundi encore, au centre social de la Rougui&#232;re, on a fait des gaufres. Des dizaines de gaufres. On a partag&#233; un repas, on a rigol&#233;, on s'est taquin&#233;. Habitants, professionnels, on &#233;tait ensemble. Puis Djamel, un des employ&#233;s, a refait son CV : &#171; Manutentionnaire / Cariste &#187;. Demain, le 12 d&#233;cembre, un tribunal marseillais se penchera sur la liquidation judiciaire de la structure. Une association n&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1960, en m&#234;me temps que cette cit&#233; de 836 logements, pos&#233;e dans les quartiers est de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 octobre, la Caf, un des principaux financeurs du centre, a d&#233;cid&#233; de ne pas renouveler son agr&#233;ment&#8230; &#224; compter du 1er juillet dernier ! Or, sans agr&#233;ment, plus de subventions. La fermeture, donc. Et pour les habitants qui fr&#233;quentaient le lieu, un grand vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi cette d&#233;cision ? Dans son courrier, la Caf pointe des &#171; &lt;i&gt;difficult&#233;s de gouvernance&lt;/i&gt; &#187;. Sur place, personne ne le nie. &#171; &lt;i&gt; Il y a eu des dysfonctionnements, un conflit entre administrateurs et salari&#233;s. La moiti&#233; du conseil d'administration a d&#233;missionn&#233; en mai&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t David Diancourt, le directeur. Oui, &#171; &lt;i&gt;des conneries&lt;/i&gt; &#187; ont &#233;t&#233; faites, notamment en termes de gestion du personnel. Mais pour le reste&#8230; La Caf parle d'un &#171; &lt;i&gt;manque de rigueur quant au diagnostic&lt;/i&gt; &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;elle ne dit pas en quoi !&lt;/i&gt; &#187;, s&#8216;insurge Paul Piccirillo, le pr&#233;sident du centre. D&#8216;autres raisons sont &#233;voqu&#233;es : un &#171; &lt;i&gt;manque de contenu du projet social sur les objectifs et modalit&#233;s de projets&lt;/i&gt; &#187;, une &#171; &lt;i&gt;absence de lisibilit&#233; de l'organigramme&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Bref, des justifications plut&#244;t floues, que d'aucuns ici jugent &#171; &lt;i&gt;fallacieuses&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trop inclusif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, d'inavouables raisons seraient-elles &#224; chercher ailleurs ? Ce qui est s&#251;r, c'est que les positionnements &#171; politiques &#187; de la direction ont pu agacer certains financeurs institutionnels. &#192; la Rougui&#232;re, on tentait de pratiquer une la&#239;cit&#233; inclusive. Surtout, il y avait la volont&#233; d'associer v&#233;ritablement les habitants aux processus de d&#233;cision. L'objectif &#233;tait que le projet social parte de la base pour remonter vers le haut, et non l'inverse. Que les habitants en arrivent &#224; s'organiser eux-m&#234;mes, d&#233;passant le cadre du centre et des professionnels qui y travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette tentative sont n&#233;es de belles choses, notamment des jardins partag&#233;s, et un remarquable journal de quartier, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.csrouguiere.com/la-gazette-de-la-roug&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Gazette de la Roug'&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Distribu&#233; dans les bo&#238;tes aux lettres du coin, ce canard offrait entre autres des r&#233;cits de vie d'une intimit&#233; et d'une sinc&#233;rit&#233; rares. Il valorisait la vie associative du quartier, ses luttes collectives. Certains habitants y avaient trouv&#233; un canal d'expression &#8211; m&#234;me si la pr&#233;fecture fut chiffonn&#233;e de d&#233;couvrir que le logo &#171; Marianne &#187; ne figurait pas dans le premier num&#233;ro, alors m&#234;me que l'&#201;tat avait particip&#233; au financement du projet&#8230; Mais cette gazette, faut-il vraiment en parler au pass&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car certes, les portes du centre social sont d&#233;sormais ferm&#233;es, mais il reste une dynamique. Des graines ont &#233;t&#233; sem&#233;es, elles fleuriront d'une mani&#232;re ou d'une autre. En tout cas, on veut y croire. Une association, Le Bazar de la Rougui&#232;re, vient d'&#234;tre mont&#233;e par des habitants : elle poursuivra sans doute une partie des projets participatifs, ou cr&#233;era les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; prochain, un nouveau centre social verra le jour dans le quartier. Il disposera de locaux flambant neufs. Pour choisir qui les occupera, la mairie de Marseille a lanc&#233; un appel d'offres. L'association historique du centre a vu sa candidature &#233;vinc&#233;e, parce qu'elle &#233;tait alors &#171; &lt;i&gt;en redressement judiciaire&lt;/i&gt; &#187;, du fait d'une situation financi&#232;re difficile, d&#233;j&#224;. Il y aurait deux candidats en lice : de grosses associations g&#233;rant d&#233;j&#224; plusieurs structures. Dans un tel cadre, les habitants auront-ils voix au chapitre ? Il y a peu de chances qu'un seul d'entre eux entre un jour dans leurs conseils d'administration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour pallier le manque de subventions, certaines structures se tournent vers le m&#233;c&#233;nat priv&#233;, ce qui n'est pas sans poser question&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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