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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pistage animal : dialogue universel</title>
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		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage. Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es qui doivent l'emmener &#224; Francis, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH498/-1772-36360.jpg?1768683948' width='500' height='498' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui doivent l'emmener &#224; Francis, organisateur d'un atelier de pistage animal auquel participent quelques habitants du coin. Oui, mais Francis s'est bien planqu&#233; et Pierre pi&#233;tine. Pas grave. Il y a d'autres marques &#224; glaner. L'&#339;il aiguis&#233;, il me glisse : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; gratt&#233; l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; me d&#233;signant un peu de terre retourn&#233;e. Probable signature d'un des nombreux chevreuils qui logent dans ce bois du P&#233;rigord.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du chasseur au philosophe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pistage, c'est l'acte de rep&#233;rer et d'interpr&#233;ter les signes laiss&#233;s par des animaux. Empreintes donc, mais aussi crottes, coul&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et autres poils. Parmi ceux qui utilisent ces savoirs, il y a &#233;videmment les chasseurs, mais aussi les naturalistes et certains ruraux, qui c&#244;toient des b&#234;tes sauvages dans leur environnement imm&#233;diat. Mes camarades de formation ne sont pourtant pas ici pour compter la faune prot&#233;g&#233;e ou r&#233;colter des troph&#233;es de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce week-end d'&#233;quinoxe de printemps, c'est l'association Je suis la piste qui organise la formation d'une journ&#233;e &#224; laquelle je participe. Son objectif : diffuser des pratiques &#171; ancestrales &#187; pour permettre aux participants d'avoir une connaissance plus riche des &#234;tres vivants sauvages et des environnements dans lesquels ils &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet direct de l'exp&#233;rience : peu &#224; peu, la perception humaine s'&#233;veille et les bois se repeuplent. &#192; mesure que notre attention s'affine et que le monde autour de nous se complexifie, l'&#171; &lt;i&gt;angoisse du silence du monde et de la solitude cosmique&lt;/i&gt; &#187; s'estompe, note Baptiste Morizot dans son livre &lt;i&gt;Sur la piste animale&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actes Sud, 2018.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#192; l'heure o&#249; la biodiversit&#233; s'effondre &#224; vitesse grand V et o&#249; nos interactions avec les autres vivants sont r&#233;duites &#224; peau de chagrin, le philosophe pisteur nous invite &#224; sortir de l'isolement qui impr&#232;gne les imaginaires des humains modernes coup&#233;s de relations quotidiennes et signifiantes aux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; You'll never walk alone &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour aux sous-bois. &#199;a y est, &#224; force de galoper nez sur les brindilles, on a fini par trouver le formateur. Constitu&#233; de Pierre, Max et Ben, le petit groupe &#233;coute attentivement le speech de Francis. &#171; &lt;i&gt;Le pistage c'est l'art de trouver, identifier, interpr&#233;ter et suivre des s&#233;ries de traces laiss&#233;es par quelque chose sur le paysage&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. Le message est clair pour les apprentis pisteurs, qui doivent &#224; pr&#233;sent se lancer dans le grand bain forestier et &#233;laborer leurs premi&#232;res hypoth&#232;ses. &#192; quelques m&#232;tres de l&#224;, le groupe est pench&#233; autour d'un trou passablement large. Les suppositions s'encha&#238;nent. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait pas l'entr&#233;e d'une galerie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, tente l'un. Mauvaise pioche, le trou ne d&#233;bouche sur aucune cavit&#233;. Des racines m&#226;chouill&#233;es et des traces de petites griffes resserrent le panel des possibilit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et si c'&#233;tait l'&#339;uvre d'un blaireau&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, lance un autre. Pas &lt;i&gt;b&#234;te&lt;/i&gt; : l'animal aurait la corpulence et la force n&#233;cessaires pour retourner la terre de la sorte. Et puis, il a un mobile : il se r&#233;gale des vers de terre, que l'on d&#233;busque en fouillant le sol. M&#234;me si cette hypoth&#232;se est la plus plausible, Francis prend garde de temp&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Chaque piste est un puzzle. Il y a plein de pi&#232;ces et il ne faut pas directement sauter aux conclusions.&lt;/i&gt; &#187; Cette fois-ci, les indices semblent concorder et mener vers le must&#233;lid&#233;. Le premier des quelques animaux sauvages que les participants vont identifier au cours de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, une nouvelle &#233;nigme. Une petite pente d&#233;voile une grosse empreinte d'ongul&#233;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. La terre meuble est creus&#233;e sur une grosse dizaine de centim&#232;tres, donnant l'impression d'une glissade. Max met d&#233;licatement ses doigts dans la marque afin de mieux sentir ses d&#233;tails. Pour identifier l'esp&#232;ce, on se met en qu&#234;te de traces de gardes&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Francis en d&#233;busque une en forme de demi-lune, caract&#233;ristique du sanglier. Prochaine &#233;tape, trouver l'empreinte suivante, ce qui donnera, en mesurant la distance entre les deux, une id&#233;e de la taille de la b&#234;te. Une fois l'&#233;cart &#233;valu&#233;, on peut d&#233;nicher les autres empreintes en recalquant la distance sur le sol &#224; partir de la derni&#232;re, et ainsi dessiner la trajectoire de l'animal, son allure, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus haut, de nouveaux &#233;l&#233;ments rebattent les cartes : l&#224; encore des traces de glissades, mais dans la direction oppos&#233;e. Est-ce que l'interpr&#233;tation faite en aval &#233;tait fausse ? Est-ce un autre individu ? Qu'est-ce qui a pu provoquer le comportement, apparemment de fuite, de ces animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e se poursuit sur ce rythme, de signes en traces, de terriers en crottes, conduisant le groupe tant&#244;t vers des buissons, tant&#244;t vers des coul&#233;es animales. La for&#234;t, monde myst&#233;rieux et muet en d&#233;but de journ&#233;e, s'emplit peu &#224; peu de pr&#233;sences, se parant de voies de circulation, d'enjeux territoriaux et de strat&#233;gies animales. Tr&#232;s vite, on comprend que nous ne sommes jamais exclusivement entre humains et que les interactions avec les autres vivants sont constantes, que nous en ayons conscience ou pas. Dans la for&#234;t p&#233;rigourdine, les chevreuils n'ont pas attendu que nous les remarquions pour d&#233;taler et les passereaux ont lanc&#233; leurs cris d'alarme bien avant que nous ne levions les yeux vers eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dialogue de b&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Francis, l'humain en milieu naturel est souvent l'&#233;quivalent d'&#171; &lt;i&gt;un &#233;crivain qui ne sait pas lire&lt;/i&gt; &#187;. Nous serions de pi&#232;tres locuteurs d'un syst&#232;me linguistique commun aux vivants. Tous les signes que nos amis pisteurs ont appris &#224; rep&#233;rer et &#224; d&#233;chiffrer sont en effet le produit de ce r&#233;seau dans lequel chaque esp&#232;ce &#8211; et m&#234;me chaque individu &#8211; &#233;crit et lit selon ses caract&#233;ristiques et capacit&#233;s propres. C'est en ce sens que la majorit&#233; d'entre nous est illettr&#233;e. Les urbains sont souvent des lecteurs maladroits, puisqu'ils c&#244;toient un nombre limit&#233; d'esp&#232;ces animales et ne font gu&#232;re attention aux signes qu'ils laissent. De m&#234;me, nous avons rarement conscience d'&#233;crire. Pourtant, comme tout animal, l'humain &#233;met des signes, d'autant plus s'il ne le r&#233;alise pas. Il laisse des odeurs, plie des branches, marque des sols, fait des mouvements, &#233;met des sons, renvoie des couleurs. Tout cela est senti et interpr&#233;t&#233; par les &#234;tres vivants qui se trouvent &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; sans doute une &lt;i&gt;piste&lt;/i&gt; &#224; explorer si l'on souhaite &#233;tablir des relations moins agressives vis-&#224;-vis du vivant et particuli&#232;rement des animaux sauvages. Les situations conflictuelles et probl&#233;matiques avec les b&#234;tes sauvages ne manquant pas, notamment chez les &#233;leveurs et agriculteurs, il faudrait donc apprendre &#224; y r&#233;pondre par le dialogue. L'objectif, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; : d&#233;velopper notre compr&#233;hension des signes animaux pour d&#233;crypter leurs langages sp&#233;cifiques et affiner notre &#233;criture afin d'adapter les messages qu'on leur envoie. Le mot de la fin &#224; Baptiste Morizot : &#171; &lt;i&gt;Les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'&#233;nigme d'&#234;tre vivant, et la responsabilit&#233; de cohabiter d&#233;cemment &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant, Actes Sud, 2020.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer un point sp&#233;cifique en milieu naturel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actes Sud, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la patte que les deux ongles de devant, qui eux marquent plus profond&#233;ment le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De l'&#233;merveillement &#224; la lutte</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-l-emerveillement-a-la-lutte</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Morel Darleux</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>sauvages</dc:subject>
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		<dc:subject>Baptiste Morizot</dc:subject>
		<dc:subject>si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>sauvage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce (Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman L&#224; o&#249; le feu et l'ours (2021). En ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/humains" rel="tag"&gt;humains&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Morizot" rel="tag"&gt;Baptiste Morizot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/siecle" rel="tag"&gt;si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sauvage" rel="tag"&gt;sauvage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai &lt;i&gt;Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce &lt;/i&gt;(Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le feu et l'ours&lt;/i&gt; (2021).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-4a6bd.jpg?1768683949' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but de XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 %. Dans ce contexte de r&#233;tr&#233;cissement de l'espace habitable, les conflits de territoire entre humains et &#171; non-humains &#187; sont appel&#233;s &#224; se multiplier. D&#233;j&#224;, en Alaska, on voit un nombre croissant d'ours fouiller les poubelles pour survivre. &#192; Marseille, ce sont des sangliers qui s'invitent en ville. &#192; Strasbourg et Londres, les renards investissent d&#233;sormais les parcs urbains. De plus en plus d'animaux sauvages sont condamn&#233;s &#224; partager les m&#234;mes zones que nous. Nous qui les avons chass&#233;s, expuls&#233;s de leurs territoires et avons cru pouvoir les exclure de nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de cohabitation forc&#233;e, nous allons avoir besoin de &#171; &lt;i&gt;diplomates&lt;/i&gt; &#187;, comme le formule le philosophe Baptiste Morizot &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cela implique de se d&#233;faire de nos pr&#233;jug&#233;s et de d&#233;velopper des sch&#233;mas de pens&#233;e permettant le d&#233;veloppement de relations politiques avec les animaux. Pour cela, il faut r&#233;&#233;valuer en profondeur notre place dans les &#233;cosyst&#232;mes. L'humain est un mammif&#232;re qui ne survit pas sans air respirable, sans ressources comestibles ni eau potable. Cette appartenance au monde vivant marque une interd&#233;pendance et devrait en toute logique instaurer un int&#233;r&#234;t commun &#224; pr&#233;server les conditions de vie sur Terre. Elle pourrait m&#234;me refonder l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, notion cl&#233; du droit public fran&#231;ais qui d&#233;signe la finalit&#233; d'institutions cens&#233;es servir une population consid&#233;r&#233;e &lt;i&gt;dans son ensemble&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire non seulement les &#234;tres humains mais aussi les autres animaux, les v&#233;g&#233;taux, microbes et champignons. Sans parler des virus qui nous ont douloureusement rappel&#233; qu'il faut composer avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avec la nature contre ceux qui l'effondrent &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce constat nous invite en premier lieu &#224; &#233;carquiller les yeux. Car de l'&#233;merveillement na&#238;t aussi la force de se battre. L'&#233;crivain William Morris a ainsi &#233;tabli dans son texte &lt;i&gt;L'Art en ploutocratie&lt;/i&gt; (1883) la puissance d'&#233;mancipation du sentiment esth&#233;tique. Sa conviction : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe rien de ce qui participe &#224; notre environnement qui ne soit beau ou laid, qui ne nous ennoblisse ou nous avilisse.&lt;/i&gt; &#187; C'est pourquoi il appelait &#224; &#171; &lt;i&gt;&#233;tendre le sens du mot art jusqu'&#224; englober la configuration de tous les aspects ext&#233;rieurs de notre vie&lt;/i&gt; &#187;. Dans cette optique, certains proposent de constituer des r&#233;serves sauvages &#8211; &#224; l'image de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). D'autres sugg&#232;rent d'inventer de nouveaux m&#233;canismes de pr&#233;servation de la nature, sans pour autant gommer son alt&#233;rit&#233; &#8211; ce que porte notamment la philosophe de l'environnement Virginie Maris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre peut-on &#233;galement &#233;chafauder de nouvelles alliances, comme le proposent L&#233;na Balaud et Antoine Chopot dans leur livre &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; (2021), afin d'&#171; &lt;i&gt;agir avec la nature contre ceux qui l'effondrent&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, aux jardins populaires autog&#233;r&#233;s des Va&#238;tes &#224; Besan&#231;on, c'est le tr&#232;s f&#233;ministe crapaudalyte (dit &#171; accoucheur &#187;) qui a permis de ralentir les travaux d'un &#233;coquartier mena&#231;ant de d&#233;truire 35 hectares de terre. En 2019, la finale du championnat de France de jet-ski a &#233;t&#233; stopp&#233;e en Corse par des dauphins qui, non contents de saboter la course de moteurs bruyants et polluants, se sont amus&#233;s en sautant entre les engins &#224; l'arr&#234;t. Dans le ciel de Paris, des go&#233;lands ont attaqu&#233; les drones de la Pr&#233;fecture de police pendant un acte des Gilets jaunes. Formellement, ils ne s'en prenaient pas aux drones : ils prot&#233;geaient leurs &#339;ufs. Mais la symbolique reste puissante : les activistes, qu'ils luttent pour la justice sociale ou pour le climat et la biodiversit&#233;, ne font rien d'autre que prot&#233;ger, eux aussi, la possibilit&#233; d'un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tout nous presse &#224; sortir de l'anthropocentrisme et &#224; repenser les fronti&#232;res entre le sauvage et le domestique. Toutes les fronti&#232;res. Ce n'est pas un hasard si la droite et les n&#233;o fascistes utilisent le terme d'ensauvagement pour d&#233;signer les violences urbaines et condamner les migrations. Tracer des fronti&#232;res entre sauvage et civilis&#233;, domestiquer et cr&#233;er des hi&#233;rarchies entre &#171; races &#187;, c'est toute l'histoire de la colonisation. Et tout ce qu'il faut d&#233;monter.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des rencontres et frottement in&#233;dits &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;construction n&#233;cessite une certaine facult&#233; d'empathie, puisqu'elle impose de comprendre les sentiments et &#233;motions d'un autre individu. De se mettre &#224; sa place. La fiction peut nous y aider en permettant des rencontres et frottements in&#233;dits, en transposant les corps, affranchis des contraintes mat&#233;rielles de la vraie vie. Ainsi dans &lt;i&gt;Les M&#233;tamorphoses &lt;/i&gt;(2020), roman de Camille Brunel, une &#233;pid&#233;mie transforme les humains en animaux, sans distinction. On voit surgir des c&#233;tac&#233;s, bonobos, rhinoc&#233;ros et pythons qui sont autant d'amis, d'enfants, de maris ou de voisins. C'est aussi ce qui arrive &#224;&lt;i&gt; La femme chang&#233;e en renard &lt;/i&gt;(1924) de David Garnett. Dans la campagne anglaise, au passage d'une chasse &#224; courre, le mari de Silvia d&#233;couvre avec stupeur que celle-ci a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en renarde, l'instinct vulpin &#233;clipsant progressivement la part &#171; civilis&#233;e &#187; de Sylvia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux romans, le passage d'une forme &#224; l'autre ne modifie pas fondamentalement la relation qui s'exerce entre humains et &#171; non-humains &#187;. Le fr&#232;re transform&#233; en lapin, comme la femme chang&#233;e en renard, sont tout bonnement devenus lapin et renard. Il n'y a pas &#224; proprement parler d'&#171; &lt;i&gt;&#234;tre de la m&#233;tamorphose&lt;/i&gt; &#187;, au sens o&#249; l'entendent Baptiste Morizot et Nastassja Martin, qui dans leur article &#171; Retour du temps du mythe &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire sur le site du journal suisse Issue (13/12/2018).&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;crivaient ainsi les caract&#233;ristiques de cette entit&#233; hybride : &#171; &lt;i&gt;Son statut n'est pas assignable, et les relations sociales qu'il entretient avec le collectif humain en pr&#233;sence ne sont pas stabilis&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est diff&#233;rente dans &lt;i&gt;L'homme qui savait la langue des serpents&lt;/i&gt; d'Andrus Kivir&#228;hk (2013), fabuleux roman empreint de la mythologie estonienne du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle o&#249; &#234;tres humains, serpents et ours parlent la m&#234;me langue, dialoguent et vont m&#234;me parfois jusqu'&#224; s'aimer. Pour reprendre les termes des auteurs du &#171; Retour du temps du mythe &#187;, c'est bien &#171; &lt;i&gt;un temps d'avant le temps, dans lequel les &#234;tres sont encore indistincts. Les formes de vies ne sont pas encore s&#233;par&#233;es. Les animaux ne sont pas encore distincts des humains&lt;/i&gt; &#187;. Las, l'arriv&#233;e des colons chr&#233;tiens va bouleverser statuts et relations, menacer la coexistence et teinter les rapports de m&#233;fiance, d'incompr&#233;hension et &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; &#234;tre de la m&#233;tamorphose &#187; d'un genre nouveau, qui vient interroger la notion m&#234;me de normalit&#233;, on le trouve &#233;galement dans &lt;i&gt;F&#233;lines &lt;/i&gt;(2019), roman de St&#233;phane Servant. Des jeunes femmes atteintes d'une mutation inconnue voient leur corps se couvrir de poils, leurs sens s'aiguiser et leurs forces d&#233;cupler. Mises au ban de la soci&#233;t&#233;, elles sont nomm&#233;es &#171; &lt;i&gt;obscures&lt;/i&gt; &#187; et trait&#233;es comme inf&#233;rieures. Mais elles conservent leurs singularit&#233;s et leur m&#233;moire. Pour reprendre les termes de l'anthropologue Philippe Descola, si leur &#171; &lt;i&gt;physicalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; s'est modifi&#233;e, elles gardent leur &#171; &lt;i&gt;int&#233;riorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&#233;motions, conscience, d&#233;sirs...). On peut interpr&#233;ter la mutation des f&#233;lines comme une r&#233;ponse adaptative aux d&#233;r&#232;glements provoqu&#233;s par l'Anthropoc&#232;ne. En faisant effraction du statut qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;, elles se montrent inassignables. Une m&#233;tamorphose qui ouvre la voie &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier acte des &lt;a href=&#034;https://lessoulevementsdelaterre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soul&#232;vements de la terre &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, fin mars 2021, on a vu des femmes-renardes jouer des percussions. Auparavant, on a aussi crois&#233; des cort&#232;ges d&#233;guis&#233;s en animaux pour protester contre les cirques ou les abattoirs. Et des banderoles &#171; &lt;i&gt;Phoque le r&#233;chauffement climatique&lt;/i&gt; &#187; dans les manifestations pour le climat. Mais au-del&#224; de ces alliances &#233;videntes, l'imaginaire animal peut aussi s'inviter dans les luttes sociales. Inspirer des m&#233;canismes de fuite, de furtivit&#233; &#224; la Damasio &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crivain, notamment auteur du livre Les Furtifs (2019).&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, de camouflage et de terriers comme base arri&#232;re quand il y a besoin de se mettre au vert. Le biomim&#233;tisme, qui consiste &#224; s'inspirer des formes, mati&#232;res, propri&#233;t&#233;s, processus et fonctions du vivant, n'est pas le monopole de l'industrie. &#192; nous de nous en emparer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel Darleux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant &lt;/i&gt;(Wildproject, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; lire sur le site du journal suisse &lt;i&gt;Issue&lt;/i&gt; (13/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &lt;i&gt;&#224; reprendre les terres et &#224; bloquer les industries qui les d&#233;vorent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &#201;crivain, notamment auteur du livre &lt;i&gt;Les Furtifs&lt;/i&gt; (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Montrer que les animaux ont une histoire &#187; </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Montrer-que-les-animaux-ont-une</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;tudier et comprendre le point de vue animal pour &#233;crire une autre histoire, d&#233;centr&#233;e. Telle est depuis une trentaine d'ann&#233;es l'ambition de l'historien &#201;ric Baratay. Avec plus d'une dizaine de livres &#224; son actif, portant sur des sujets aussi divers que le sort des animaux pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale (B&#234;tes des tranch&#233;es, CNRS &#233;ditions, 2013) ou la place du chat domestique dans nos soci&#233;t&#233;s modernes (Cultures f&#233;lines, Seuil, 2021), il croise les sciences, les sources et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-histoire-animale" rel="tag"&gt;l'histoire animale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;tudier et comprendre le point de vue animal pour &#233;crire une autre histoire, d&#233;centr&#233;e. Telle est depuis une trentaine d'ann&#233;es l'ambition de l'historien &#201;ric Baratay. Avec plus d'une dizaine de livres &#224; son actif, portant sur des sujets aussi divers que le sort des animaux pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale (&lt;i&gt;B&#234;tes des tranch&#233;es&lt;/i&gt;, CNRS &#233;ditions, 2013) ou la place du chat domestique dans nos soci&#233;t&#233;s modernes (&lt;i&gt;Cultures f&#233;lines&lt;/i&gt;, Seuil, 2021), il croise les sciences, les sources et les approches pour sortir d'un pesant anthropomorphisme. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1769-d9408.jpg?1768683950' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration d'&#201;tienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pousser les portes et mieux entrevoir d'autres mondes. &lt;/i&gt; &#187; C'est par ces mots qu'&#201;ric Baratay, professeur &#224; l'universit&#233; Lyon III et &#224; l'Institut universitaire de France, conclut son livre &lt;i&gt;Le Point de vue animal, une autre version de l'histoire&lt;/i&gt; (Seuil, 2012), ouvrage embl&#233;matique de sa d&#233;marche d'historien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette pente, il a multipli&#233; les pistes et &#233;tudi&#233;, p&#234;le-m&#234;le : les destins invisibles des animaux dans les guerres, l'histoire des jardins zoologiques, la corrida, la place des b&#234;tes dans les religions... Son approche ? Pas seulement collective, mais &#233;galement individuelle, puisqu'il a patiemment retiss&#233; des &lt;i&gt;Biographies animales &lt;/i&gt;(2017) : celle d'une girafe embl&#233;matique du Jardin des plantes, de l'&#226;nesse de Stevenson qui le suivit dans ses p&#233;riples dans les C&#233;vennes&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Racont&#233;s par l'&#233;crivain britannique dans Voyage avec un &#226;ne dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ou du taureau Islero qui causa la mort du c&#233;l&#232;bre torero Manolete.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son dernier livre, consacr&#233; aux f&#233;lins domestiques, affiche pour sous-titre&lt;i&gt; Les Chats cr&#233;ent leur histoire&lt;/i&gt;. Un mantra transposable &#224; tous les animaux tant &#201;ric Baratay les pense comme acteurs de leur propre destin&#233;e collective. Des trajectoires qui, pour lui, m&#233;ritent amplement d'&#234;tre &#233;tudi&#233;es, sans &#339;ill&#232;res humaines, afin de renverser notre conception du monde et de reconstituer des existences. Interview.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tant qu'historien, pourquoi avoir choisi d'aborder l'histoire du point de vue des animaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; il y a plus de trente ans &#224; m'int&#233;resser &#224; l'histoire des animaux, le sujet &#233;mergeait &#224; peine. De mani&#232;re assez conventionnelle, je me suis d'abord concentr&#233; sur le c&#244;t&#233; humain de cette histoire : comment les hommes se repr&#233;sentent les animaux et comment ils les traitent. C'est l'aspect le plus facile &#224; travailler pour un historien ou un sociologue, car m&#234;me si le sujet &#233;tait neuf &#8211; et n'&#233;tait d'ailleurs pas tr&#232;s bien vu &#224; l'&#233;poque &#8211; la m&#233;thodologie n'avait rien d'inhabituelle. Dans les ann&#233;es 2000, cette histoire-l&#224;, que j'appelle d&#233;sormais &#8220;l'histoire humaine des animaux&#8221;, a gagn&#233; sa reconnaissance dans le champ universitaire. Mais j'ai voulu aller plus loin et faire une histoire animale des animaux, c'est-&#224;-dire d'un point de vue non humain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la m&#233;thode change-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela implique d&#233;j&#224; de travailler avec d'autres sciences : g&#233;n&#233;tique, &#233;thologie et zoologie. L'objectif ? Comprendre comment les animaux vivent de grands ph&#233;nom&#232;nes historiques, tels que les r&#233;volutions industrielle et agricole, ou encore le d&#233;veloppement de certains loisirs comme la corrida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis ainsi int&#233;ress&#233; aux chevaux travaillant dans les mines ou aux vaches converties en laiti&#232;res. Pour &#231;a, il m'a fallu aller chercher deux types de textes. D'un c&#244;t&#233;, des &#233;crits d&#233;laiss&#233;s, comme des th&#232;ses r&#233;dig&#233;es par des v&#233;t&#233;rinaires dans l'entre-deux-guerres ; de l'autre, des textes tr&#232;s connus, mais qu'on lisait uniquement avec un regard humain, tels que les r&#233;cits de Th&#233;ophile Gautier, Alexandre Dumas ou encore Thomas Mann &#224; propos de leur chien ou de leur chat. On croyait ce deuxi&#232;me type de documents tr&#232;s enjoliv&#233;s, voire invent&#233;s, et on ne retenait que l'exercice litt&#233;raire ou la confession subjective, alors qu'en r&#233;alit&#233;, ils sont pleins de ressources. Mais c'est une gymnastique mentale particuli&#232;re : il faut rep&#233;rer ce qui est le plus signifiant pour l'animal &#8211; les descriptions, les d&#233;tails, les chiffres les concernant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique aussi de r&#233;apprendre &#224; &#233;crire. Au d&#233;but, il m'a fallu reformuler mes phrases jusqu'&#224; une dizaine de fois, car je mettais tr&#232;s vite les humains au premier plan. Il faut donc employer des tournures inhabituelles, comme &#8220;&lt;i&gt;le cheval se voit et se sent pousser&lt;/i&gt;&#8221; plut&#244;t &#8220;&lt;i&gt;qu'il est pouss&#233; par&lt;/i&gt;&#8221; ou &#8220;&lt;i&gt;l'homme le pousse&lt;/i&gt;&#8221;, des expressions qui n&#233;gligent le ressenti animal. Dans mes &lt;i&gt;Biographies animales&lt;/i&gt;, j'ai par exemple adopt&#233; une &#233;criture morcel&#233;e pour mettre le lecteur &#224; c&#244;t&#233; du taureau Islero et lui faire vivre sa corrida, pas celle de Manolete, pouss&#233;e au second plan. Autre exemple, dans mon dernier livre &lt;i&gt;Cultures f&#233;lines&lt;/i&gt;, j'ai forg&#233; des mots comme &#8220;&lt;i&gt;palpatter&lt;/i&gt;&#8221;, &#8220;&lt;i&gt;agriffer&lt;/i&gt;&#8221;, &#8220;&lt;i&gt;palpinariner&lt;/i&gt;&#8221;, sur le mod&#232;le de &#8220;&lt;i&gt;ronron&lt;/i&gt;&#8221; et &#8220;&lt;i&gt;ronronner&lt;/i&gt;&#8221; qui nous paraissent normaux, mais n'ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s qu'au milieu du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle lorsqu'on a commenc&#233; &#224; davantage s'int&#233;resser aux chats. Enfin, il faut penser les animaux dans l'espace et dans le temps, car leur comportement change en fonction et de l'&#233;poque et du lieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Auparavant, on pensait que le comportement au sein d'une m&#234;me esp&#232;ce &#233;tait le m&#234;me quels que soient les individus, et ceci, sans &#233;gard pour l'&#233;poque ou le lieu. Or, les &#233;thologues ont montr&#233; que c'&#233;tait faux. Prenons l'exemple des chiens : au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la plupart &#233;taient des individus errants ou charg&#233;s de monter la garde, avec une relation tr&#232;s distante aux humains. Aujourd'hui, 90 % sont des chiens de compagnie, qui ont parfois ce que les v&#233;t&#233;rinaires appellent &#8220;des anxi&#233;t&#233;s de s&#233;paration&#8221; quand leur ma&#238;tre s'en va. Leur comportement a chang&#233;. Pareil pour la vache : au d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, on a voulu la transformer en laiti&#232;re sp&#233;cialis&#233;e, mais elle a r&#233;sist&#233;. On l'a alors s&#233;par&#233;e de son veau. &#192; l'&#233;poque, les vaches &#233;taient capables de se tarir en signe de protestation si on leur enlevait leur petit. Par contre, les vaches actuelles, la Prim'Holstein par exemple, sont perturb&#233;es si on leur laisse leur veau, si bien qu'elles baissent leur production. Cette attitude n'est pas due qu'&#224; une transformation biologique. Entrent en jeu l'&#233;ducation, l'apprentissage, l'imitation des autres individus, etc. Le cas des chats est frappant : leur &#233;volution au fil du temps ne s'explique pas par la mutation g&#233;n&#233;tique, puisque les d&#233;lais (quelques dizaines d'ann&#233;es) sont trop courts pour qu'il y ait un v&#233;ritable changement biologique. Ainsi, le comportement de ces f&#233;lins agissant d'une mani&#232;re analogue aux chiens (sollicitant, pouvant eux aussi exp&#233;rimenter une anxi&#233;t&#233; de s&#233;paration) n'a plus rien &#224; voir avec celui des chats de goutti&#232;re d'il y a un si&#232;cle. Il faut donc prendre en compte d'autres processus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quelles sources peut-on s'appuyer pour &#233;tudier l'histoire animale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour l'instant, nous sommes contraints par les sources humaines. Je suis oblig&#233; de choisir des histoires animales en fonction de la pr&#233;sence, la quantit&#233; et la qualit&#233; de sources &#233;crites humaines. Sachant que toute source n'est pas bonne. On me parlait par exemple souvent de l'&#233;crivaine Colette dont les chats peuplent les romans&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle a m&#234;me &#233;crit en 1933 un roman intitul&#233; La chatte.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, mais sa vision est tr&#232;s anthropomorphiste. C'est int&#233;ressant pour une recherche en litt&#233;rature, mais cela n'a aucun int&#233;r&#234;t pour comprendre comment ces f&#233;lins se comportaient avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc primordial de trouver des sources animales. Pour cela, on peut regarder du c&#244;t&#233; de l'arch&#233;ozoologie : les ossements des animaux morts nous racontent des habitudes de vie. Pour ceux qui sont toujours en vie, il y a les traces, les restes de passages. On peut ainsi &#233;tudier, &#224; la mani&#232;re d'un &#233;thologue, les comportements d'un animal vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais selon moi, ce qui va devenir la grande source c&#244;t&#233; animal dans les ann&#233;es &#224; venir, c'est la g&#233;n&#233;tique. Elle nous dit plein de choses sur les maladies, l'alimentation, les comportements. Le chercheur Ludovic Orlando a ainsi r&#233;ussi &#224; d&#233;montrer que le cheval de Przewalski (qu'on consid&#233;rait jusqu'alors comme le dernier descendant des chevaux sauvages) &#233;tait en fait un descendant r&#233;ensauvag&#233; du premier cheval domestiqu&#233;. Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, la domestication, toutes esp&#232;ces confondues, ne s'est pas faite &#224; un endroit donn&#233; et &#224; une date pr&#233;cise, mais en plusieurs endroits et &#224; des moments diff&#233;rents. Concernant le cheval, il y a eu deux domestications successives : la premi&#232;re n'a pas dur&#233;, mais les chevaux de Przewalski sont issus de cette tentative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire que vous &#233;crivez se concentre sur des animaux qui ont des liens avec l'homme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains reprochent aux historiens des animaux de s'int&#233;resser surtout aux mammif&#232;res proches des hommes. Ce n'est pas faux, mais c'est un d&#233;but. Un jour, on pourra aller plus loin. R&#233;cemment, un &#233;thologue qui travaille sur les bourdons s'est aper&#231;u que chaque individu a un bruit de vol particulier. C'est une vraie d&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un avenir proche, j'aimerais travailler sur les v&#233;g&#233;taux. Non pas pour faire une histoire humaine des v&#233;g&#233;taux, car elle est d&#233;j&#224; bien d&#233;frich&#233;e, mais pour essayer de comprendre comment les v&#233;g&#233;taux ont v&#233;cu certains ph&#233;nom&#232;nes historiques importants. Par exemple, concernant la Premi&#232;re Guerre mondiale, analyser ce qu'a signifi&#233; cette guerre pour les for&#234;ts, pour tel type d'arbre, ceci en croisant la botanique, la physiologie et les neurosciences v&#233;g&#233;tales en pleine &#233;bullition. Les scientifiques nous montrent que tout ne se ram&#232;ne pas &#224; la vie m&#233;canique : les v&#233;g&#233;taux &#233;mettent des signaux &#233;lectriques, odorif&#233;rants, indiquant notamment qu'ils peuvent &#234;tre stress&#233;s &#8211; &#224; leur mani&#232;re &#233;videmment. On pourrait choisir une situation historique : un jardin botanique, par exemple, et &#233;tudier la question du transport des plantes, r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que &#231;a veut dire pour un arbre d'&#234;tre d&#233;racin&#233; des Antilles, d'Afrique, et dans quelles conditions ce transfert se fait... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les grandes &#233;volutions de l'histoire animale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On en revient aux sources humaines. On en est r&#233;duits &#224; &#233;tudier les documents &#233;crits, et jusqu'au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il n'y a pas de t&#233;moignages de paysans, donc on travaille sur des t&#233;moignages r&#233;dig&#233;s par des gens lettr&#233;s. Par exemple, &#224; propos de l'histoire des vaches laiti&#232;res, on recourt aux textes des v&#233;t&#233;rinaires, des zootechniciens, aux r&#233;cits litt&#233;raires, aux registres notariaux ou judiciaires. C'est compliqu&#233;. Ceci dit, si l'on veut tracer de grandes p&#233;riodes dans l'histoire animale, on peut quand m&#234;me dire qu'il y a &#224; la fois des tendances longues et d'autres plus courtes, en dents de scie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Occident, la tendance longue, issue de la philosophie grecque et du christianisme, a &#233;t&#233; de d&#233;valoriser les animaux, de les consid&#233;rer sans &#226;me ou avec une &#226;me mat&#233;rielle et mortelle &#8211; en opposition &#224; l'&#226;me humaine qui serait immortelle. Cette vision, qui s'est impos&#233;e &#224; toute l'Europe, r&#233;sulte d'une interpr&#233;tation : dans les premiers livres de l'Ancien Testament, la diff&#233;rence se fait entre Dieu et les cr&#233;atures de Dieu, humains et animaux confondus. Par la suite et jusqu'&#224; aujourd'hui, on a pourtant s&#233;par&#233; les hommes des autres cr&#233;atures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de cette grande tendance, il y a des &#233;poques. Au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, avec la mode du cart&#233;sianisme, les &#233;lites intellectuelles ont beaucoup insist&#233; sur la diff&#233;rence entre humains et animaux. De la m&#234;me fa&#231;on, la p&#233;riode 1930-1980 a &#233;t&#233; une p&#233;riode tr&#232;s dure, notamment influenc&#233;e par le marxisme pour lequel la d&#233;finition de l'homme passe par le travail, ce dernier reposant sur la transformation et la ma&#238;trise de la nature &#224; travers l'&#233;levage, l'agriculture, la laine ou la m&#233;tallurgie. Le lib&#233;ralisme &#233;conomique n'est &#233;videmment pas en reste, avec l'&#233;levage industriel et l'abattage &#224; la cha&#238;ne, invent&#233; dans les abattoirs de Chicago. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tudier les animaux &#224; partir de leur point de vue, c'est aussi une mani&#232;re de faire l'histoire des oubli&#233;s, des sans-voix. Vous y mettez une ambition politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela s'inscrit en effet dans une histoire des &#8220;n&#233;glig&#233;s&#8221;, comme celle des femmes, ou de tel ou tel groupe social. On le sait : en accorder une &#224; un autre est un geste philosophique et politique. Pendant tr&#232;s longtemps, toute une partie de la population humaine est rest&#233;e &#8220;sans histoire&#8221;. Pour ce qui est des animaux, il faut se d&#233;centrer, faire une histoire large des non-humains, avec une approche transdisciplinaire. Documenter l'utilisation des chevaux dans les guerres napol&#233;oniennes, c'est d&#233;j&#224; reconna&#238;tre qu'ils prenaient part aux &#233;v&#233;nements, mais il faut aller encore plus loin. Et montrer que les animaux existent en dehors de leur participation &#224; des ph&#233;nom&#232;nes humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, leur histoire est influenc&#233;e par les hommes, mais aucun humain n'en a une compl&#232;tement ind&#233;pendante de son environnement. Si le Covid nous montre &#224; quel point nous avons une destin&#233;e individuelle contrainte, &#231;a n'emp&#234;che pas que nous sommes persuad&#233;s d'avoir notre propre histoire. De plus, le sch&#233;ma pyramidal dans lequel nous vivons, h&#233;rit&#233; de l'Antiquit&#233; grecque avec en bas les v&#233;g&#233;taux, ensuite les animaux peu &#233;volu&#233;s, puis les mammif&#232;res et enfin les humains &#8211; avec bien s&#251;r une hi&#233;rarchie cr&#233;&#233;e entre les humains &#8211; n'est pas propre &#224; l'Occident : d'autres civilisations la partagent. Mais il est important de dire qu'elle n'est pas commune &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s, comme l'anthropologue Philippe Descola l'a d&#233;crit dans &lt;i&gt;Par-del&#224; nature et culture&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gallimard, 2005.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Ainsi, les soci&#233;t&#233;s animistes, notamment celles des Indiens d'Amazonie, ne partagent pas cette vision. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle autre repr&#233;sentation serait &#224; inventer ou &#224; red&#233;couvrir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a beaucoup de pistes. La g&#233;n&#233;tique, par exemple, ou bien le langage. On dit que les animaux n'en ont pas, mais on confond langage et langage humain. Le vivant est un buisson qui part dans tous les sens. Et en suivant ce mod&#232;le, il y aurait un langage &#224; la mode humaine, un autre &#224; la mode canine, chevaline, etc. Il faut donc avoir une d&#233;finition plus large : est langage tout syst&#232;me de signe permettant une communication, donc le chien qui retrousse ses babines a un langage ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, le rapport au vivant est devenu tr&#232;s pr&#233;sent dans les luttes sociales (on peut citer les Zad) et dans une partie du d&#233;bat public&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit plus d'une acc&#233;l&#233;ration que d'une nouveaut&#233;. En Europe, les premiers &#224; avoir fait la jonction entre les luttes sociales et la cause animale sont les quakers, minorit&#233; protestante anglaise pers&#233;cut&#233;e au XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ils critiquaient la notion de &#8220;&lt;i&gt;sujets&lt;/i&gt;&#8221; &#8211; eux parlaient plut&#244;t de &#8220;&lt;i&gt;citoyens&lt;/i&gt;&#8221; &#8211; et ont &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; remettre en cause l'esclavage, le statut inf&#233;rieur des femmes et donc &#233;galement la sup&#233;riorit&#233; des humains sur les animaux. Au XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, des intellectuels comme Rousseau ou Locke, marginaux &#224; l'&#233;poque, r&#233;fl&#233;chissent &#224; ces questions. Et on retrouve cette id&#233;e &#224; la R&#233;volution. Ainsi, &#224; Paris, on interdit les montreurs d'animaux sauvages (ours, animaux encag&#233;s) parce qu'on estime alors que ces mises en sc&#232;ne d'&#234;tres vivants contraints ne peuvent pas cohabiter avec la lib&#233;ration des citoyens. La SPA, projet ensuite port&#233; par la petite et grande bourgeoisie, est fond&#233;e en 1845. Et en 1850, la premi&#232;re loi de protection animale est vot&#233;e. L'un des rares &#224; d&#233;fendre le projet de loi est d'ailleurs Victor Sch&#339;lcher, l'homme politique qui vient de faire abolir l'esclavage. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la seconde moiti&#233; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; jusqu'aux ann&#233;es 1920, des intellectuels comme Zola ou Victor Hugo pr&#244;nent l'attention aux opprim&#233;s, qu'il s'agisse des femmes ou des ouvriers, mais &#233;galement des animaux. On trouve aussi cette attention chez les f&#233;ministes : Marguerite Durand, qui a fond&#233; le premier quotidien f&#233;ministe, &lt;i&gt;La Fronde&lt;/i&gt;, a par exemple cr&#233;&#233; en 1899 le cimeti&#232;re des chiens &#224; Asni&#232;res &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consid&#233;r&#233; comme le premier cimeti&#232;re pour animaux de l'&#232;re moderne.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. L'&#233;crivaine et journaliste libertaire S&#233;verine, qui a &#233;crit dans &lt;i&gt;Le Cri du peuple&lt;/i&gt;, parlait &#233;galement beaucoup de cette cause d&#232;s la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Dans les ann&#233;es 1920-1930, un tournant s'est ensuite op&#233;r&#233; et les animaux ont &#233;t&#233; compl&#232;tement oubli&#233;s. La lutte s'est centr&#233;e sur la d&#233;fense des ouvriers. Comme si penser aux animaux et faire des ponts avec d'autres domin&#233;s &#233;tait m&#233;prisant. L'alliance revient depuis une vingtaine d'ann&#233;es. Bien s&#251;r, cette jonction reste marginale, mais elle existe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; Racont&#233;s par l'&#233;crivain britannique dans &lt;i&gt;Voyage avec un &#226;ne dans les C&#233;vennes&lt;/i&gt;, 1879.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle a m&#234;me &#233;crit en 1933 un roman intitul&#233; &lt;i&gt;La chatte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gallimard, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Consid&#233;r&#233; comme le premier cimeti&#232;re pour animaux de l'&#232;re moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Faune qui peut !</title>
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		<dc:date>2021-05-07T08:06:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>B&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>animaux</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard Manset</dc:subject>
		<dc:subject>Louise Michel</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;crivait Louise</dc:subject>
		<dc:subject>revivra peut-&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>peau d'un</dc:subject>
		<dc:subject>souvienne l'horreur</dc:subject>
		<dc:subject>tortures inflig&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;rard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &#224; notre dossier du num&#233;ro de mai 2021, consacr&#233; &#224; nos rapports avec la faune animale et aux pistes d'&#233;mancipation li&#233;es &#224; ces interactions. &#171; Animal, on est mal / Et si on ne se conduit pas bien / On revivra peut-&#234;tre dans la peau d'un humain &#187; (G&#233;rard Manset) *** &#171; Au fond de ma r&#233;volte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures inflig&#233;es aux b&#234;tes &#187;, &#233;crivait Louise Michel dans son autobiographie. Ajoutant : &#171; J'aurais voulu que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lemi" rel="tag"&gt;L&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Betes" rel="tag"&gt;B&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/animaux" rel="tag"&gt;animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Manset" rel="tag"&gt;G&#233;rard Manset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louise-Michel" rel="tag"&gt;Louise Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecrivait-Louise" rel="tag"&gt;&#233;crivait Louise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peau-d-un" rel="tag"&gt;peau d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard" rel="tag"&gt;G&#233;rard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction &#224; notre dossier du num&#233;ro de mai 2021, consacr&#233; &#224; nos rapports avec la faune animale et aux pistes d'&#233;mancipation li&#233;es &#224; ces interactions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Animal, on est mal / Et si on ne se conduit pas bien / On revivra peut-&#234;tre dans la peau d'un humain &lt;/i&gt; &#187; (G&#233;rard Manset)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Au fond de ma r&#233;volte&lt;/i&gt; &lt;i&gt;contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures inflig&#233;es aux b&#234;tes&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait Louise Michel dans son autobiographie&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quand l'injustice fait bestiaire &#187;, tir&#233; de M&#233;moires de Louise Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ajoutant : &#171; &lt;i&gt;J'aurais voulu que l'animal se venge&#226;t, que le chien mord&#238;t celui qui l'assommait de coups, que le cheval saignant sous le fouet renvers&#226;t son bourreau ; mais toujours la b&#234;te muette subit son sort avec la r&#233;signation des races dompt&#233;es. Quelle piti&#233; que la b&#234;te&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on &#233;voque Louise Michel, ce n'est g&#233;n&#233;ralement pourtant pas cette dimension-l&#224; qui ressort. On dit la flamboyante combattante de la Commune, l'infatigable institutrice militante, la f&#233;ministe pr&#233;coce... Mais la partisane de la cause animale ? Rarement. Comme si l'on ne pouvait avoir &#233;t&#233; astre cr&#233;pitant de l'insurrection sociale et partisane de ce combat&lt;i&gt; autre&lt;/i&gt;, celui visant &#224; d&#233;fendre les droits et l'existence de nos compagnons &#224; poils et &#224; plumes (et &#224; &#233;cailles). Ou plut&#244;t : comme si cela passait forc&#233;ment au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas l'un des grands m&#233;rites du recueil de textes &lt;i&gt;Cause animale, luttes sociales&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrage pr&#233;fac&#233; par Rom&#233;o Bondon et Elias Boisjean.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; tout r&#233;cemment sorti par les belles &#233;ditions du Passager clandestin. Il rappelle en effet que les militants libertaires et anarchistes des premiers temps &#233;taient souvent impliqu&#233;s dans ces luttes &#171; animalistes &#187;. On y croise le g&#233;ographe &#201;lis&#233;e Reclus parlant de son r&#233;gime alimentaire non carn&#233;, l'acide romancier Octave Mirbeau s'&#233;criant &#171; &lt;i&gt;H&#226;tons-nous donc de travailler au bonheur des b&#234;tes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; ou m&#234;me L&#233;on Tolsto&#239; d&#233;non&#231;ant cette chasse qu'il a tant pratiqu&#233;e mais voit d&#233;sormais comme un &#171; &lt;i&gt;plaisir cruel&lt;/i&gt; &#187;, tous r&#233;solus &#224; &#171; &lt;i&gt;porter la voix des animaux dans les luttes sociales&lt;/i&gt; &#187;, ainsi que le r&#233;sume la pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette id&#233;e de &lt;i&gt;porter la voix des animaux&lt;/i&gt; au sein de combats plus &#171; humains &#187; nous semble relever de l'&#233;vidence. C'est m&#234;me avec cette image en t&#234;te qu'on a d&#233;cid&#233; de lancer ce dossier et de le titrer &#171; Demain les b&#234;tes &#187;, comme une proph&#233;tie optimiste. Si &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; on ne compte officiellement aucun v&#233;gan (juste deux v&#233;g&#233;tariens), si nous ne portons pas le combat antisp&#233;ciste dans nos colonnes, on avait depuis longtemps l'envie de creuser la question de notre rapport aux animaux, qu'ils soient sauvages ou d'&#233;levage, afin d'ouvrir des pistes dans notre appr&#233;hension du monde et de son d&#233;litement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dont acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, c'est une question &#233;minemment complexe. Et on n'a pas forc&#233;ment tous la m&#234;me sensibilit&#233; sur la question &#224; la r&#233;daction. On pense en revanche que l'animal, au sens large, a beaucoup &#224; nous apprendre. Qu'il faut commencer par cette attention et ce dialogue avant de tisser autre chose avec lui. Et qu'il est vital de ne pas d&#233;connecter la question animale de l'environnement naturel et social dans lequel elle s'inscrit, tant son sort est voisin du n&#244;tre et tant les luttes pour enrayer la saign&#233;e en mati&#232;re de biodiversit&#233; semblent forc&#233;ment passer par la case anticapitaliste. Une approche qui pendant longtemps n'a pas &#233;t&#233; vue comme &#233;vidente, rappelle l'historien &#201;ric Baratay dans l'entretien qu'il nous a accord&#233; [lire pp. II &amp; III] : &#171; &lt;i&gt;Comme si penser aux animaux et faire des ponts avec d'autres domin&#233;s, c'&#233;tait m&#233;prisant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il semble que le regard pos&#233; sur l'animal se d&#233;centre ces derniers temps, notamment gr&#226;ce aux travaux d'&#233;thologues et de philosophes comme Vinciane Despret ou Baptiste Morizot, venus dynamiter notre rapport au vivant et notre tendance &#224; nous focaliser sur un seul point : notre foutu nombril humain. La premi&#232;re s'applique &#224; enrichir notre compr&#233;hension des comportements animaliers, interrogeant par exemple le rapport des emplum&#233;s au territoire dans son livre &lt;i&gt;Habiter en oiseau&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2019). Le second a notamment publi&#233;&lt;i&gt; Sur la piste animale&lt;/i&gt; (2018), qui saute du loup &#224; l'ours et appelle &#224; poser un regard curieux et prolong&#233; sur la faune et la flore. L'enjeu ? Pas des moindres puisqu'il s'agit de red&#233;finir nos relations aux b&#234;tes et &#233;crire ensemble une &#171; &lt;i&gt;carte des vivants&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Baptiste Morizot, Les Diplomates.Cohabiter avec les loups sur une autre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; qui fasse la part belle &#224; la coop&#233;ration et &#224; la cohabitation interesp&#232;ces. Soit ce que propose &#224; sa mani&#232;re l'association Je suis la piste, qu'on a suivie dans la for&#234;t p&#233;rigourdine en qu&#234;te &#171; &lt;i&gt;d'empreintes, crottes et autres bris&#233;es&lt;/i&gt; &#187; [p. IV].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &lt;i&gt;piste&lt;/i&gt; privil&#233;gi&#233;e dans ce dossier, celle de la coexistence au quotidien avec les animaux. Et notamment dans le travail. C'est ainsi qu'on a donn&#233; la parole &#224; trois &#233;leveuses d'une ferme collective de Haute-Vienne qui, entre vaches, ch&#232;vres et cochons, cherchent &#224; pratiquer un &#233;levage le plus respectueux possible du bien-&#234;tre animal, sans pour autant &#233;luder l'&#233;pineuse question de l'abattoir final [pp. VI &amp; VII]. Dans ces pages, vous croiserez aussi Iouki et No&#233;mie, cheval de trait de son &#233;tat pour le premier, ouvri&#232;re agricole pour la seconde, laquelle r&#233;sume leur relation ainsi : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un animal de compagnie, c'est un compagnon de travail, de vie.&lt;/i&gt; &#187; [p. X]. Quant &#224; Ra&#250;l Guill&#233;n, ouvrier apicole, il nous invite &#224; admirer la complexit&#233; des ruches et de son m&#233;tier, qui &#233;chappe encore en partie &#224; l'industrialisation ayant fait tant de mal au vivant [p. VIII].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, il y a dans notre rapport &#224; l'animal et plus largement &#224; la nature sauvage une forme d'enchantement et d'ouverture des possibles qu'on peine &#224; transcrire en mots. Coup de bol, l'inspir&#233; &#201;lis&#233;e Reclus, encore lui, en a bien r&#233;sum&#233; l'id&#233;e : &#171; &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le sol s'est enlaidi, l&#224; o&#249; toute po&#233;sie a disparu du paysage, les imaginations s'&#233;teignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilit&#233; s'emparent des &#226;mes et les disposent &#224; la torpeur et &#224; la mort.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; donc l'horizon : repeupler la nature et nos cerveaux sous peine de vaciller sous une chape de b&#233;ton &#8211; au propre comme au figur&#233;. Et c'est bien &#224; cette dimension qu'invite Corinne Morel Darleux dans son article intitul&#233; &#171; De l'&#233;merveillement &#224; la lutte &#187; [p. IX], qui appelle &#224; s'inspirer des imaginaires animaux pour redonner du souffle aux luttes en cours. Alors qu'est lanc&#233;e une belle campagne d'actions contre l'artificialisation du vivant, intitul&#233;e Les Soul&#232;vements de la terre, et qui, on l'esp&#232;re, devrait secouer le reste de l'ann&#233;e 2021, il n'est pas encore temps de faire le deuil de ces mondes partag&#233;s et des animaux qui les peuplent. &#171; &lt;i&gt;Ces derniers temps, la &#8220;nature&#8221; a eu une force mobilisatrice extraordinaire&lt;/i&gt; &#187;, s'enthousiasmait Vinciane Despret dans un entretien &#224; la revue &lt;i&gt;Mouvement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N&#176; 105 (janvier/f&#233;vrier 2020).&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Et si ce n'&#233;tait qu'un d&#233;but ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par &#201;milien Bernard, Antoine Souquet &amp; Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1761.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH978/-1761-9ec26.jpg?1768683951' width='500' height='978' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de L&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est l'introduction du dossier &#034;Demain les b&#234;tes !&#034;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Quand l'injustice fait bestiaire &#187;, tir&#233; de &lt;i&gt;M&#233;moires de Louise Michel &#233;crits par elle-m&#234;me&lt;/i&gt; (1886).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ouvrage pr&#233;fac&#233; par Rom&#233;o Bondon et Elias Boisjean.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Baptiste Morizot, &lt;i&gt;Les Diplomates.Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant&lt;/i&gt;, Wildproject, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;N&#176; 105 (janvier/f&#233;vrier 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Orwell chez les soviets</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Orwell-chez-les-soviets</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>animaux</dc:subject>
		<dc:subject>ferme</dc:subject>
		<dc:subject>Orwell</dc:subject>
		<dc:subject>Animal Farm</dc:subject>
		<dc:subject>George Orwell</dc:subject>
		<dc:subject>bande dessin&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>l'URSS</dc:subject>
		<dc:subject>guerre froide</dc:subject>
		<dc:subject>l'Union sovi&#233;tique</dc:subject>
		<dc:subject>Orwell &#233;crivit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Union sovi&#233;tique &#233;tait-elle un r&#233;gime socialiste ? Un r&#233;gime qui opprime les classes populaires et pers&#233;cute les r&#233;volutionnaires peut-il l'&#234;tre ? Voici les questions pos&#233;es par La ferme des animaux, de George Orwell, adapt&#233; en bande dessin&#233;e chez L'&#233;chapp&#233;e. Le 17 ao&#251;t 1945, Animal Farm (La Ferme des animaux) de George Orwell, paraissait chez Secker &amp; Warburg, apr&#232;s 18 mois de contretemps et de difficult&#233;s. Cette violente critique du stalinisme avait &#233;t&#233; refus&#233;e par plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/animaux" rel="tag"&gt;animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ferme" rel="tag"&gt;ferme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Animal-Farm" rel="tag"&gt;Animal Farm&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/George-Orwell" rel="tag"&gt;George Orwell&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre-froide" rel="tag"&gt;guerre froide&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Union-sovietique" rel="tag"&gt;l'Union sovi&#233;tique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Orwell-ecrivit" rel="tag"&gt;Orwell &#233;crivit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Union sovi&#233;tique &#233;tait-elle un r&#233;gime socialiste ? Un r&#233;gime qui opprime les classes populaires et pers&#233;cute les r&#233;volutionnaires peut-il l'&#234;tre ? Voici les questions pos&#233;es par &lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt;, de George Orwell, adapt&#233; en bande dessin&#233;e chez L'&#233;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L250xH307/-1209-8f159.jpg?1768650380' width='250' height='307' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 17 ao&#251;t 1945, &lt;i&gt;Animal Farm&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Ferme des animaux&lt;/i&gt;) de George Orwell, paraissait chez Secker &amp; Warburg, apr&#232;s 18 mois de contretemps et de difficult&#233;s. Cette violente critique du stalinisme avait &#233;t&#233; refus&#233;e par plusieurs &#233;diteurs, alors que la Grande-Bretagne &#233;tait alli&#233;e &#224; l'URSS. En 1947, Orwell &#233;crivit une pr&#233;face pour l'&#233;dition ukrainienne de son livre dans laquelle il r&#233;sumait explicitement ses intentions : &lt;i&gt;&#171; Rien n'a plus contribu&#233; &#224; corrompre l'id&#233;al socialiste initial que de croire que l'Union sovi&#233;tique &#233;tait un pays socialiste. &#187;&lt;/i&gt; Il poursuivait : &lt;i&gt;&#171; Je suis convaincu qu'il est indispensable de d&#233;truire le mythe sovi&#233;tique si nous voulons assister &#224; la renaissance du mouvement socialiste &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;George Orwell, Essais, articles, lettres vol. III, &#201;ditions Ivrea/&#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; Difficile de faire plus clair et moins circonstanciel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort d'Orwell en 1950, la &#171; guerre froide &#187; changea la donne. Lu &#224; travers les &#339;ill&#232;res de la propagande, &lt;i&gt;La Ferme des animaux&lt;/i&gt; int&#233;ressait d&#233;sormais les services am&#233;ricains et britanniques dans leur croisade contre l'URSS. Ils allaient obtenir de la veuve de l'&#233;crivain les droits pour l'adapter en dessin anim&#233; et en bande dessin&#233;e &#8211; les Am&#233;ricains s'occupant du premier, les Britanniques de la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette bande dessin&#233;e en cr&#233;ole mauricien et sa traduction en fran&#231;ais qui est aujourd'hui propos&#233;e, accompagn&#233;e d'une mise au point historique de Patrick Marcolini, qui &#233;claire non seulement sur les intentions d'Orwell et les al&#233;as du roman durant la guerre froide, mais aussi sur les circonstances de sa r&#233;&#233;dition au d&#233;but des ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bande dessin&#233;e, fid&#232;le au roman, pose, au-del&#224; de ces p&#233;rip&#233;ties &#233;ditoriales, le probl&#232;me essentiel de notre rapport &#224; la v&#233;rit&#233; &#8211; une id&#233;e essentielle malmen&#233;e sous les coups des &#201;tats, des grandes entreprises et de tous les fabricants d'opinion &#224; leur service. Dans ce cas, la question est : l'Union sovi&#233;tique &#233;tait-elle un r&#233;gime socialiste ? Et question subsidiaire : un r&#233;gime qui opprime les classes populaires et pers&#233;cute les r&#233;volutionnaires peut-il l'&#234;tre ? Au contraire, c'est la question oiseuse &#171; &#192; qui profite la critique de l'URSS ? &#187; qui a domin&#233; durant des d&#233;cennies, mani&#233;e &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; par les staliniens et les bien-pensants. Ainsi, au nom de la lutte l&#233;gitime contre le fascisme, ces derniers disaient : les fascistes critiquent l'URSS, donc toute critique de l'URSS est fasciste ; les nazis d&#233;noncent le &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;jud&#233;o-bolchevisme &#187;, donc le bolchevisme est le &lt;i&gt;nec plus ultra&lt;/i&gt; de la politique r&#233;volutionnaire. Finalement, ce mode de pens&#233;e binaire oubliait que, bien souvent, on ne combat pas sur un seul front un seul ennemi, mais au moins deux, voire plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On laissera le lecteur en tirer les cons&#233;quences qui s'imposent sur bien d'autres sujets o&#249; l'aveuglement de la &#171; gauche &#187; n'a eu d'&#233;gal que sa mauvaise foi&#8230; Et s'il y a des le&#231;ons &#224; retenir d'Orwell, c'est bien que seule la v&#233;rit&#233; est r&#233;volutionnaire et qu'&lt;i&gt;&#171; une dictature bienveillante, &#231;a n'existe pas &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charles Jacquier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;George Orwell, &lt;i&gt;La Ferme des animaux&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2016.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;George Orwell, &lt;i&gt;Essais, articles, lettres vol. III,&lt;/i&gt; &#201;ditions Ivrea/&#201;ditions de l'Encyclop&#233;die des nuisances, 1998, p. 507-508.&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-paysannerie-c-est-l-histoire-d</link>
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		<dc:date>2019-03-29T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Discussion avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet. Deux choses frappent au niveau de la forme du livre : les superbes aquarelles de Guillaume Trouillard et l'oralit&#233; conserv&#233;e des diff&#233;rents intervenants. Comment s'est fabriqu&#233; ce bouquin ? &#171; Le projet a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Xavier-Noulhianne" rel="tag"&gt;Xavier Noulhianne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la couverture : une t&#234;te de vache avec un code-barres fich&#233; dans l'&#339;il. &lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un bouquin illustr&#233; o&#249; les paysans se racontent en direct. Discussion avec Aude Vidal, coordinatrice de ce salutaire projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH519/-1065-d4e5b.jpg?1768660043' width='400' height='519' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;eux choses frappent au niveau de la forme du livre : les superbes aquarelles de Guillaume Trouillard et l'oralit&#233; conserv&#233;e des diff&#233;rents intervenants. Comment s'est fabriqu&#233; ce bouquin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le projet a &#233;t&#233; men&#233; en deux temps. Au d&#233;part, Guillaume a propos&#233; un travail sur le pu&#231;age &#224;&lt;i&gt; La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Revue dessin&#233;e ambitionne de &#171; faire de l'information exigeante avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il m'y a associ&#233;e et nous avons entam&#233; une s&#233;rie de rencontres : la sociologue Jocelyne Porcher, qui nous a parl&#233; du rapport &#224; l'animal et de l'&#233;levage ; des membres du groupe Marcuse (Mouvement autonome de r&#233;flexion critique &#224; l'usage des survivants de l'&#233;conomie) ; Xavier Noulhianne, &#233;leveur de ch&#232;vres et de brebis du c&#244;t&#233; de Bordeaux, investi dans la lutte contre le pu&#231;age. Un fil se d&#233;roulait : qu'est-ce qu'une vie de paysan ? Comment ressent-il ce rapport aux normes, cette obligation de justifier chaque geste aupr&#232;s d'une bureaucratie omnipr&#233;sente ? La paysannerie, c'est l'histoire d'une longue d&#233;possession. La question de la &#8220;voie m&#226;le&#8221; &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis le 1er f&#233;vrier 2015, les &#233;leveurs ne peuvent plus vendre ou acheter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, par exemple, prive les &#233;leveurs du choix de leurs animaux reproducteurs. &lt;i&gt;La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; a fini par diffuser notre travail, apr&#232;s avoir att&#233;nu&#233; notre propos, jug&#233; trop radical. Heureusement, comme notre mati&#232;re &#233;tait riche, j'ai eu l'id&#233;e de lui donner une autre forme et de l'&#233;toffer de nouvelles rencontres, avec ce bouquin davantage centr&#233; sur le texte, m&#234;me si le dessin de Guillaume reste tr&#232;s pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'agriculteurs, aujourd'hui, sont titulaires du Brevet de technicien sup&#233;rieur agricole, soit un bac+2, mais on les traite quand m&#234;me comme des imb&#233;ciles. L'administration leur dit tout ce qu'ils doivent faire, les tient par la main, leur impose des proc&#233;dures dans une relation qu'ils jugent infantilisante. On les entend rarement s'exprimer. Et ce sont souvent de brillants intellectuels, comme la philosophe Florence Burgat, qui parlent de leur m&#233;tier &#224; leur place. Je l'ai &#233;cout&#233;e un jour intervenir au micro de France Culture, c'&#233;tait frappant : &#8220;&lt;i&gt;Je ne sais pas ce que les &#233;leveurs en pensent, mais bla-bla-bla...&lt;/i&gt;&#8221; La journaliste la reprend : &#8220;&lt;i&gt;Vous ne savez pas ce que les &#233;leveurs en pensent ?&lt;/i&gt; &#8221; Elle : &#8220;&lt;i&gt;Eh bien, non.&lt;/i&gt;&#8221; Elle parlait d'&#233;levage et elle n'&#233;tait pas all&#233;e voir les paysans... C'est fou. Du coup, il m'est apparu important de valoriser directement leur parole. Ce sont des gens qui parlent tr&#232;s bien de leur m&#233;tier. Leur propos est tellement riche que j'aurais trouv&#233; dommage de me mettre entre eux et les lecteurs &#8211; d'o&#249; le respect de l'oralit&#233;. Ce proc&#233;d&#233; permet en outre de ne pas gommer les diff&#233;rences de sensibilit&#233; et de positionnement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien que les paysans soient &#233;cras&#233;s de normes et de contr&#244;les, chacun d'entre eux &#171; bricole &#187; pour maintenir &#224; flot son activit&#233; sans trahir une certaine &#233;thique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Paysan, c'est un m&#233;tier ind&#233;pendant. Je n'ai jamais rencontr&#233; de travailleurs capables de remettre autant en question leur activit&#233;, de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce point &#224; leur m&#233;tier. Ils &#233;voluent sans cesse, anticipent ce qu'ils vont faire d'une saison &#224; l'autre, que ce soit les march&#233;s ou les cultures. On est loin du st&#233;r&#233;otype conservateur qui leur est souvent accol&#233;. Ils jouissent encore, d'une certaine mani&#232;re, d'une forme de libert&#233;. Mais en m&#234;me temps, ils ne se font pas trop d'illusions. L'&#233;leveur Xavier Noulhianne porte notamment des jugements assez s&#233;v&#232;res &#224; l'&#233;gard de ceux qui jouent les alternatifs avec &#8220;&lt;i&gt;l'argent des parents, le RSA et trois ch&#232;vres&lt;/i&gt;&#8221;. Et il se montre tr&#232;s conscient de l'emprise du march&#233; et de la bureaucratie sur la paysannerie. Matthieu Amiech, du groupe Marcuse, constate de son c&#244;t&#233; qu'&#234;tre berger n'est plus aujourd'hui synonyme de libert&#233;, alors que c'&#233;tait auparavant le cas. Bref, il se d&#233;gage du livre un certain pessimisme qui tranche avec ce discours &#8220;alternativiste&#8221; pr&#233;tendant que oui, on peut encore exister en dehors du syst&#232;me. Effectivement, tout le monde peut faire pousser des l&#233;gumes bio. En revanche, produire, se d&#233;gager un revenu, mener une vie d&#233;cente de mani&#232;re p&#233;renne, c'est vraiment un autre d&#233;fi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH257/-1066-41ae9.jpg?1768660044' width='200' height='257' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jocelyne Porcher aborde un point assez pol&#233;mique en taclant l'antisp&#233;cisme. Selon elle, les tenants de la cause animale analysent l'&#233;levage sous l'angle unique de l'exploitation, alors qu'il y a un vrai et long compagnonnage entre humains et animaux. Qu'en penses-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis d'accord avec elle. Jocelyne est tr&#232;s remont&#233;e, elle s'en prend plein la gueule de la part d'antisp&#233;cistes depuis longtemps, m&#234;me s'ils ne lui balancent pas de tarte &#224; la cr&#232;me vegane. Or parmi les lib&#233;rateurs des animaux, tr&#232;s peu s'int&#233;ressent aux m&#233;thodes de production paysannes. Il s'agit pour une bonne part d'urbains immerg&#233;s dans un nouveau champ philosophique, qui va des &lt;i&gt;vegan studies&lt;/i&gt; aux &lt;i&gt;animal studies&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jocelyne, l'&#233;levage est une relation entre l'homme et l'animal. Quand celle-ci n'existe pas ou qu'elle s'av&#232;re tr&#232;s pauvre, elle pr&#233;f&#232;re parler de &#8220;production animale industrielle&#8221;. C'est d'ailleurs le nom de l'option du dipl&#244;me d'&#233;leveur : les &#8220;productions animales&#8221;. Dans le m&#234;me esprit, le mot &#8220;minerai&#8221; s'est impos&#233; pour d&#233;signer la viande animale utilis&#233;e dans l'industrie agroalimentaire lors d'un &#233;ni&#232;me scandale sanitaire, en 2013. Tout cela rel&#232;ve d'une v&#233;ritable entreprise de d&#233;shumanisation que Jocelyne a beaucoup document&#233;e. Elle a travaill&#233; dans les exploitations industrielles, en a montr&#233; les conditions d&#233;gueulasses et la souffrance, animale et humaine. Et son travail a notamment &#233;t&#233; utilis&#233; par des gens impliqu&#233;s dans la d&#233;fense de la cause animale. Sauf que l'id&#233;e de Jocelyne est de restaurer une relation digne entre l'&#233;leveur et ses b&#234;tes, pas de l'abolir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On touche l&#224; &#224; un point compliqu&#233;. On ne sait pas comment les animaux vivent la relation avec les hommes. Des &#233;leveurs disent avoir l'impression d'avoir nou&#233; des liens avec eux. Ils savent quand ils se portent bien ou mal. J'ai rencontr&#233; des gens qui font attention &#224; leurs animaux, qui n'ont pas envie de les maltraiter. Mais qui sont en m&#234;me temps oblig&#233;s de passer par des gestes tr&#232;s durs. Ils doivent par exemple r&#233;former des animaux quand la place manque ou qu'ils ne sont plus productifs et que l'exploitation est fragilis&#233;e &#233;conomiquement. Ou bien laisser parfois les b&#234;tes &#224; l'int&#233;rieur en journ&#233;e parce qu'ils n'ont pas la possibilit&#233; de les sortir. L'&#233;leveur contraint forc&#233;ment les animaux &#224; faire des choses d&#233;sagr&#233;ables. Et il est lui-m&#234;me contraint &#224; faire des choses d&#233;sagr&#233;ables. Comme nous tous &#8211; prendre le m&#233;tro le matin, c'est quand m&#234;me un mode de vie assez sp&#233;cial... Une question demeure : est-ce que la perspective de l'abattage change tout le sens d'une vie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il de la mobilisation contre le pu&#231;age ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C&#244;t&#233; consommateur, &#231;a ne prend pas ; que la bestiole ait un truc dans l'oreille ou non ne change rien &#224; la qualit&#233; de la bouffe, alors les gens s'en fichent. C&#244;t&#233; paysan, par contre, &#231;a s'organise de plus en plus. De nouvelles personnes rejoignent la lutte, tandis que le pu&#231;age s'&#233;tend, sous la menace. Xavier Nouhlianne explique ainsi que si je reviens dans cinq ans, il aura peut-&#234;tre puc&#233; ses b&#234;tes. Beaucoup pucent aussi au dernier moment, quand ils emm&#232;nent les animaux &#224; l'abattoir. Bref, les conditions de la r&#233;volte sont difficiles &#224; r&#233;unir, sauf dans certains endroits o&#249; les luttes sont bien relay&#233;es, comme dans le Tarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans ont vraiment une chape de plomb au-dessus de leur t&#234;te. Beaucoup c&#232;dent ou bricolent et ne sont plus dans l'opposition frontale, parce qu'ils ne veulent pas crever. &#192; l'image des gens de la ferme du Pic-Bois, en Is&#232;re, qui racontent qu'apr&#232;s une ann&#233;e tr&#232;s dure un contr&#244;le a failli les achever &#233;conomiquement. La pression administrative fait que les gens ont les mains moins libres pour lutter. En annexe du livre, on a produit cette lettre de Nathalie et Laurent, un couple d'&#233;leveurs assez costaud qui s'est mis en danger en exprimant son refus de plier l'&#233;chine. Ils d&#233;noncent : &#8220;&lt;i&gt;Les obligations que vous nous imposez ne sont pas des r&#232;gles mais des diktats.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Seule notre r&#233;sistance nous garantira un avenir d&#233;sirable.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;On ach&#232;ve bien les &#233;leveurs &#8211; R&#233;sistances &#224; l'industrialisation de l'&#233;levage&lt;/i&gt;, coordonn&#233; par Aude Vidal et illustr&#233; par Guillaume Trouillard, L'&#233;chapp&#233;e, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Revue dessin&#233;e&lt;/i&gt; ambitionne de &#171; &lt;i&gt;faire de l'information exigeante avec le langage de la bande dessin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2015, les &#233;leveurs ne peuvent plus vendre ou acheter librement leurs animaux reproducteurs. Ils d&#233;pendent de s&#233;lectionneurs priv&#233;s certifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour du gros canard</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-retour-du-gros-canard</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-retour-du-gros-canard</guid>
		<dc:date>2018-04-13T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
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		<dc:subject>Klak rassemble</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de Jef Klak. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession. Jef, salut ! Bon, le nouveau tome&#8230; pardon&#8230; num&#233;ro est sorti le 14 avril. Je ne l'ai pas (encore) lu, mais je suis s&#251;r que c'est bien. Para&#238;t que &#231;a parle surtout des animaux. Tu veux concurrencer 30 millions d'amis, avoue ! Ouaf, ouaf ! Ce num&#233;ro explore en effet les relations entre les hommes et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no143-mai-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;143 (mai 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/animaux" rel="tag"&gt;animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jef-Klak-1440" rel="tag"&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/revue" rel="tag"&gt;revue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Klak-rassemble" rel="tag"&gt;Klak rassemble&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2014 sortait en librairies le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://jefklak.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Il-est-ne-le-divin-Marabout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Marabout &#187;&lt;/a&gt;. Un an et demi plus tard, le troisi&#232;me num&#233;ro &#171; Selle de Ch'val &#187; sort du box. Interview de complaisance sans concession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH594/-590-6ba82.jpg?1768671723' width='400' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jef, salut ! Bon, le nouveau tome&#8230; pardon&#8230; num&#233;ro est sorti le 14 avril. Je ne l'ai pas (encore) lu, mais je suis s&#251;r que c'est bien. Para&#238;t que &#231;a parle surtout des animaux. Tu veux concurrencer 30 millions d'amis, avoue !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouaf, ouaf ! Ce num&#233;ro explore en effet les relations entre les hommes et les autres animaux. Le collectif d'une trentaine de personnes qui participe &#224; &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; est parti d'un constat : notre cohabitation avec les animaux est devenue si banale qu'on ne perc&#807;oit parfois plus la singularit&#233; de ces relations. Or elles peuvent &#234;tre &#233;tonnamment &#233;mancipatrices et farouchement subversives. Nous nous sommes pench&#233;s sur ces compagnons de vie, coll&#232;gues de travail, simple marchandises ou mati&#232;res &#224; penser... En plus de 300 pages multicolores, &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; rassemble des entretiens (avec la sociologue Jocelyne Porcher, la philosophe Vinciane Despret, l'activiste abolitionniste Josh Harper...), des traductions, de l'enqu&#234;te, de la fiction litt&#233;raire, de la po&#233;sie norv&#233;gienne ou portugaise, de la b&#233;d&#233; collective serbe... La revue est aussi accompagn&#233;e d'un CD avec une cr&#233;ation unique et collective : un western sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fond a l'air fort bon. Mais en ce qui concerne la forme, que r&#233;ponds-tu &#224; ceux qui disent (avec un fort accent marseillais) &#171; &lt;i&gt;Jef Klak ? Une revue post-moderne esth&#233;tisante !&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grroaaar ! Si &#171; &lt;i&gt;post-moderne&lt;/i&gt; &#187; veut dire remettre en question la dualit&#233; homme/animal ou nature/culture propre &#224; notre soci&#233;t&#233; occidentale, ou d&#233;caler les termes de la critique, alors oui, on peut assumer le quolibet. Quant &#224; la dimension esth&#233;tique de notre revue, il est vrai que nous portons une attention toute particuli&#232;re &#224; la maquette : mais pourquoi critique sociale et graphisme soign&#233; ne seraient-il pas compatibles ? Une grande place est donn&#233;e &#224; la photographie et au dessin, mais nous ne versons pas dans &#171; l'art pour l'art &#187; : chaque image est discut&#233;e sur sa consistance politique, et choisie non pas comme illustrant un article, mais comme un &#233;l&#233;ment &#224; part enti&#232;re du sommaire, au m&#234;me titre que les textes et les sons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je verrais bien un @JPGrenier twitter : &#171; La moiti&#233; d'&lt;i&gt;Article 11&lt;/i&gt; est pass&#233;e &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dont la moiti&#233; &#233;crit dans &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;. Qui tire les ficelles ? #marigot &#187; Peut-on parler d'une oligarchie de la presse ind&#233;pendante visant &#224; r&#233;gner sur le monde des m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meuh ? Nous sommes avant tout un collectif ouvert qui rassemble effectivement des personnes qui &#233;crivent &#224; &lt;i&gt;CQFD, Article 11&lt;/i&gt; ou ailleurs, mais aussi et surtout des individus de tous horizons : pr&#233;caires, ch&#244;meurs, &#233;tudiants, libraire, avocat, travailleurs associatifs... Nous fonctionnons sans publicit&#233;, sans patron et de fa&#231;on horizontale, car nous accordons autant d'importance &#224; ce que nous produisons qu'&#224; la mani&#232;re de le produire. Nous avons une personne salari&#233;e en contrat aid&#233; pour &#234;tre plus s&#233;rieux dans toutes les r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles (les abonnements, la thune, la diffusion...). Mais nous sommes loin de r&#233;gner sur le monde des m&#233;dias ind&#233;pendants ! D'autres titres existent (&lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt;, la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, les sites mutu, etc.). L'important est de ch&#233;rir cette diversit&#233; pour que chaque canard puisse proposer aux lecteurs et lectrices des points de vue et des mani&#232;res d'&#233;crire ou de dessiner singuli&#232;res. Pour &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;, produire un num&#233;ro co&#251;te deux fois plus cher que ce qu'il nous rapporte et seule la passion nous anime. Mais rien ne vaut les lecteurs pour continuer &#224; avoir du mordant, alors courez en librairie, envoyez-nous des lettres d'amour, et surtout, abonnez-vous ! Miaou !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH598/-591-ee2ec.jpg?1768678969' width='400' height='598' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note du webmaster :&lt;/strong&gt; Depuis cette remarquable interview de notre talentueux confr&#232;re et n&#233;anmoins d&#233;vou&#233; camarade Julien Tewfiq ci-devant &#034;webmaster&#034;, un nouveau num&#233;ro de &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; est sorti en librairie : &lt;a href=&#034;http://jefklak.org/chval-de-course-numero-4/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Ch'val de course&#034;&lt;/a&gt;. Une autre fort belle b&#234;te ! A dada !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me dit que &#034;Course &#224; pied&#034; s'&#233;chaufferait en ce printemps 2018 pour prendre le d&#233;part... prochainement !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas d'animaux, que de la mati&#232;re animale !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pas-d-animaux-que-de-la-matiere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Pas-d-animaux-que-de-la-matiere</guid>
		<dc:date>2012-03-28T05:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>animaux</dc:subject>
		<dc:subject>l'on</dc:subject>
		<dc:subject>production</dc:subject>
		<dc:subject>animale</dc:subject>
		<dc:subject>distinction faites-vous</dc:subject>
		<dc:subject>L'&#233;levage</dc:subject>
		<dc:subject>productions animales</dc:subject>
		<dc:subject>L'animal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment, apr&#232;s des mill&#233;naires d'&#233;levage et de cohabitation, en est-on arriv&#233; &#224; r&#233;duire les animaux au rang de machines au service de l'agriculture industrielle ? Pour clore notre enqu&#234;te au long cours sur la s&#233;lection animale et la certification par la voie m&#226;le (cf. CQFD n&#176;95 et 96), nous avons rencontr&#233; Jocelyne Porcher, chercheuse iconoclaste &#224; l'Institut national de recherche agronomique (Inra), ancienne &#233;leveuse et auteur de Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe si&#232;cle. Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/animaux" rel="tag"&gt;animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-on" rel="tag"&gt;l'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/production" rel="tag"&gt;production&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/animale" rel="tag"&gt;animale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distinction-faites-vous" rel="tag"&gt;distinction faites-vous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-elevage" rel="tag"&gt;L'&#233;levage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/productions-animales" rel="tag"&gt;productions animales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-animal" rel="tag"&gt;L'animal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comment, apr&#232;s des mill&#233;naires d'&#233;levage et de cohabitation, en est-on arriv&#233; &#224; r&#233;duire les animaux au rang de machines au service de l'agriculture industrielle ? Pour clore notre enqu&#234;te au long cours sur la s&#233;lection animale et la certification par la voie m&#226;le (cf. CQFD n&#176;95 et 96), nous avons rencontr&#233; Jocelyne Porcher, chercheuse iconoclaste &#224; l'Institut national de recherche agronomique (Inra), ancienne &#233;leveuse et auteur de &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Vivre_avec_les_animaux-9782707169006.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jocelyne Porcher, Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe si&#232;cle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un vrai livre politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quelle distinction faites-vous entre &#233;levage et production animale ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jocelyne Porcher :&lt;/strong&gt; L'&#233;levage remonte &#224; des mill&#233;naires, la production industrielle animale date du XIX si&#232;cle. D'un c&#244;t&#233;, le temps long des processus de domestication. De l'autre, l'apparition de la soci&#233;t&#233; industrielle, la mainmise de l'industrie et de la science sur les animaux. Dans l'&#233;levage, c'est parce que l'on veut vivre avec les animaux que l'on travaille avec eux. Et ce travail peut &#234;tre &#233;mancipateur, constructeur de l'identit&#233;, et pas seulement ali&#233;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des productions animales, les principes th&#233;oriques des zootechniciens du xix e sont toujours &#224; l'&#339;uvre. Qu'est-ce que c'est qu'un animal ? Une machine. Un paysan ? Un producteur. Le but ? Le profit. Il n'y a pas d'animaux, rien que de la mati&#232;re animale dont il faut maximiser le rendement. L'intention n'&#233;tait pas machiav&#233;lique, le progr&#232;s de la science &#233;tait cens&#233; aller de pair avec le progr&#232;s social. Mais cela s'est fait contre la volont&#233; des paysans. Beaucoup ont collabor&#233;, notamment apr&#232;s-guerre, mais le syst&#232;me a trait&#233; tr&#232;s violemment les r&#233;sistants &#8211; et cela continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette &#233;poque qu'apparaissent les antibiotiques et les vitamines de synth&#232;se. Dans les ann&#233;es 1960, les concepts des zootechniciens peuvent devenir r&#233;alit&#233;. Les porcs consomment actuellement 700 tonnes d'antibiotiques par an ! Sans les antibiotiques, on n'aurait pas pu les entasser comme cela a &#233;t&#233; fait. Il y a eu une bifurcation : la production devient autoroute, et l'&#233;levage, chemin vicinal. Les seuls pouvant vraiment &#234;tre &#233;leveurs, conform&#233;ment &#224; leurs valeurs morales et leur propre conception du travail, sont ceux qui pratiquent la vente directe. Encore qu'ils ne peuvent ma&#238;triser la fin de vie des animaux, sauf pour les volailles, les abattoirs &#233;tant aux mains des industriels&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jocelyne Porcher a imagin&#233; un camion-abattoir qui permettrait de contourner (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le processus d'am&#233;lioration g&#233;n&#233;tique fran&#231;ais de 1966, comme le projet de certification des m&#226;les reproducteurs ruminants de 2006, participent-ils &#224; cette industrialisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rotation qu'impose le gain de productivit&#233; obtenu par voie d'am&#233;lioration g&#233;n&#233;tique est tr&#232;s importante (cf. &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tuer-la-vie-dans-l-oeuf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 95&lt;/a&gt;). J'ai rencontr&#233; un &#233;leveur de vaches qui change la moiti&#233; de son troupeau chaque ann&#233;e. C'est l'industrialisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de la production laiti&#232;re. Il a un robot de traite, les b&#234;tes ne sortent plus, elles v&#234;lent une fois, au mieux deux, et vivent moins de cinq ans. On a des installations de trois cents vaches laiti&#232;res, et il existe un projet de mille t&#234;tes. L'animal doit pisser du lait et, d'ici peu, les travailleurs seront &#224; la traite du matin au soir. C'est la taylorisation du travail, la rotation des effectifs, humains et animaux. On n'a pas le temps de s'attacher, et la technique permet d'&#233;viter les sentiments. Avec la certification des m&#226;les, on d&#233;poss&#232;de un peu plus les &#233;leveurs de leur s&#233;lection. Quand vous choisissez un b&#233;lier, il y a un c&#244;t&#233; affectif, pas seulement une vis&#233;e pratique, de rendement. Il faut essayer d'arr&#234;ter &#231;a, et soutenir les &#233;leveurs qui d&#233;fendent leur m&#233;tier. Ils sont compl&#232;tement isol&#233;s et d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous insistez beaucoup sur l'affectivit&#233;. Est-elle r&#233;ellement incompatible avec l'industrie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affectivit&#233; est un reliquat de l'&#233;levage tr&#232;s emb&#234;tant pour l'industrie, car c'est un frein &#224; la productivit&#233;. Les travailleurs ne sont pas des &#234;tres froids : ils se blindent contre la souffrance et quand le blindage ne tient plus, ils souffrent. On a beau leur dire qu'une truie, ce n'est rien, qu'on peut la matraquer comme ceci et comme cela, que c'est l'ordinateur qui d&#233;cide, etc... bref, que leur affectivit&#233; est prise en main par l'organisation du travail et son informatisation, cela ne fonctionne pas. Les &#233;leveurs et les salari&#233;s sont tous les jours en relation avec des animaux qui les regardent. Ils les prennent en piti&#233; et, parfois, se rendent compte de ce qu'ils font&#8230; C'est pourquoi je pense que l'on va arriver &#224; produire de la viande in vitro, sans vie ni affectivit&#233;. C'est la seule option logique pour les productions animales. Une de mes hypoth&#232;ses est que l'on est co-construits avec les animaux. Ils ont toujours &#233;t&#233; pr&#233;sents. Notre humanit&#233;, notre subjectivit&#233;, le fait que l'on ait un rapport affectif au monde passe par la relation &#224; l'animal. La tendance actuelle, c'est la rupture avec l'animal, et c'est effrayant parce qu'on n'a pas mesur&#233; ce qu'ils nous ont apport&#233;. On s'appr&#234;te &#224; s'en d&#233;barrasser sans avoir conscience de la richesse dont nous sommes &#8211; humains et animaux &#8211; d&#233;positaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que les animaux collaborent au travail. Mais&#8230; Le &#171; bien-&#234;tre &#187; animal est-il possible dans l'&#233;levage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; trente ans de travaux sur le &#171; bien-&#234;tre animal &#187;, la situation des travailleurs et des animaux d'&#233;levage empire. Sont-ils juste des objets de travail ? Un berger dit de son chien &lt;i&gt;&#171; Il travaille &#187;&lt;/i&gt;, un policier en bin&#244;me avec un chien dit &lt;i&gt;&#171; Mon chien travaille avec moi &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Le mot est utilis&#233; en permanence, mais on ne sait pas ce qu'il veut dire pour un animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriver &#224; r&#233;pondre &#224; cette question, c'est donner une piste pour changer leur statut. Les concepteurs des robots de traite pr&#233;tendent que la t&#226;che est d&#233;l&#233;gu&#233;e au robot, comme si la vache &#233;tait une bille dans un flipper. Mais si les vaches n'y vont pas d'elles-m&#234;mes, le robot ne fait rien tout seul. Les animaux ont une id&#233;e des r&#232;gles du travail. Ils peuvent tr&#232;s bien ne pas les respecter, mais ils savent ce qu'ils doivent faire ou pas. Comme la vache qui fait semblant d'aller au robot tant que l'&#233;leveur la regarde, puis fait demi-tour&#8230; Si l'animal est intelligent, affectif, s'il participe au travail, alors, logiquement, les syst&#232;mes industriels deviennent impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est l&#224; que la question de la mort appara&#238;t. Car, si les animaux collaborent au travail, quelle place prend leur mort ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous confrontez alors au mouvement de lib&#233;ration animale&#8230;
Votre chatte a des petits, vous les gardez tous. Les petits ont des petits, vous les gardez tous. Et vous vous retrouvez avec quarante chats dans l'appartement ! Cela para&#238;t basique comme argument, mais beaucoup d'&#233;leveurs disent pour expliquer la mort : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas tous les garder. &#187;&lt;/i&gt; C'est tout &#224; fait compr&#233;hensible. Vivre avec les animaux, c'est intervenir sur leur cycle de reproduction. Le ma&#238;tre d'un animal de compagnie fait de m&#234;me en castrant son chat ou en r&#233;gulant les port&#233;es de sa chienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des animaux d'&#233;levage d&#233;pend enti&#232;rement de la n&#244;tre. Si nous sommes prisonniers de ce syst&#232;me, comment pourraient-ils &#234;tre &#233;mancip&#233;s ? On peut &#234;tre libres ensemble. Dans ce syst&#232;me lib&#233;ral inique, nous sommes prisonniers ensemble. Le politique est dans la jonction entre notre destin d'&#234;tres humains et le destin des animaux &#224; nos c&#244;t&#233;s. C'est bien beau de dire &lt;i&gt;&#171; Faut pas tuer les animaux &#187;&lt;/i&gt;, mais que fait-on ? Concr&#232;tement ? De grands parcs avec les animaux d'un c&#244;t&#233; et nous de l'autre ? Le rapport &#224; l'animal est tr&#232;s charnel, intersubjectif. Quand nous sommes responsables des animaux, nous voulons leur bien, malgr&#233; les apparences. Cela pose deux questions : est-ce que l'on continue &#224; vivre avec eux ? Dans quelle soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis le 1er f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Copinages &#233;hont&#233;s : D&#233;couvrez &#171; Paysans et paysannes dans la lutte des classes &#187; sur &lt;a href=&#034;https://www.radiocanut.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canut&lt;/a&gt; &#224; Lyon, 102.2 FM un jeudi sur deux, ou sur &lt;a href=&#034;http://blogs.radiocanut.org/luttespaysannes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://blogs.radiocanut.org/luttesp...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#233;coutez l'&#233;mission de France Culture sur le collectif Faut pas pu&#231;er : &lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-le-pucage-electronique-des-troupeaux-2011-05-14.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.franceculture.fr/emission-terre...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://www.cqfd-journal.org/Ameliore-ta-brebis-de-l-Aveyron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Am&#233;liore ta brebis de l'Aveyron &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jocelyne Porcher, &lt;i&gt;Vivre avec les animaux : une utopie pour le XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jocelyne Porcher a imagin&#233; un camion-abattoir qui permettrait de contourner la fili&#232;re industrielle. Article disponible ici : &lt;a href=&#034;https://www.agrobiosciences.org/IMG/pdf/fasad23.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.agrobiosciences.org/IMG/pdf/fas...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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