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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Halte, tu sers &#224; rien, Louis !</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Jarrige</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Disparu il y a pr&#232;s de quinze ans, le philosophe Louis Althusser ne semble d&#233;sormais plus fasciner que quelques ex&#233;g&#232;tes. A l'&#233;poque du rayonnement du structuraliste de la rue d'Ulm, l'historien anglais Edward P. Thompson avait critiqu&#233; les &#233;lucubrations d'un Althusser. Pour CQFD, Fran&#231;ois Jarrige&#8200;salue dans nos colonnes la traduction r&#233;cente de Mis&#232;re de la th&#233;orie et revient sur deux d&#233;marches intellectuelles radicalement distinctes. En ces temps de d&#233;politisation du monde intellectuel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Disparu il y a pr&#232;s de quinze ans, le philosophe Louis Althusser ne semble d&#233;sormais plus fasciner que quelques ex&#233;g&#232;tes. A l'&#233;poque du rayonnement du structuraliste de la rue d'Ulm, l'historien anglais Edward P. Thompson avait critiqu&#233; les &#233;lucubrations d'un Althusser. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Jarrige&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Jarrige est historien. Dernier ouvrage paru : Technocritiques, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8200;salue dans nos colonnes la traduction r&#233;cente de &lt;i&gt;Mis&#232;re de la th&#233;orie&lt;/i&gt; et revient sur deux d&#233;marches intellectuelles radicalement distinctes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-336-ae6e6.jpg?1782641284' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ces temps de d&#233;politisation du monde intellectuel, de plus en plus enferm&#233; dans sa neutralit&#233;, son jargon ou ses postures d'experts, la traduction aux &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e de&lt;i&gt; Mis&#232;re de la th&#233;orie&lt;/i&gt;, l'un des grands textes m&#233;connus de l'historien britannique de la classe ouvri&#232;re et du luddisme Edward P. Thompson, m&#233;rite d'&#234;tre salu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;crits historiques de Thompson sont d&#233;sormais bien connus, ses engagements et prises de positions politiques restent davantage dans l'ombre. Pourtant, Thompson ne fut jamais un simple historien &#233;rudit, sagement cantonn&#233; dans son champ de sp&#233;cialit&#233;. Son travail fut sans cesse nourri par ses combats radicaux. De son entr&#233;e au parti communiste en 1942 &#224; ses engagements antinucl&#233;aires des ann&#233;es 1980, il chercha en permanence &#224; comprendre le monde dans lequel il vivait, mais aussi &#224; le transformer en s'appuyant sur l'histoire des luttes pass&#233;es pour mieux r&#233;sister aux illusions modernisatrices de son temps. &#224; travers ses &#233;crits et ses engagements, Thompson chercha &#233;galement toute sa vie &#224; sauver l'id&#233;al communiste de ses caricatures staliniennes : d&#232;s 1956 il rompait ainsi avec le parti communiste anglais pour protester contre la sanglante r&#233;pression de l'insurrection hongroise. Quelques ann&#233;es plus tard, il participe &#224; la fondation du mouvement de la New Left qui cherche &#224; inventer un marxisme revisit&#233; sous la forme d'un &#171; socialisme humaniste &#187; qui reconna&#238;trait l'autonomie critique des individus contre l'abstraction des forces productives. Mais il est peu &#224; peu marginalis&#233; au sein m&#234;me de la gauche britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre publi&#233; initialement en 1978, Thompson propose &#224; la fois une r&#233;flexion sur le marxisme du XXe&#8200;si&#232;cle, un bilan de son travail d'historien, et une tr&#232;s virulente critique du &#171; &lt;i&gt;stalinisme dans la pens&#233;e&lt;/i&gt; &#187; qui s'incarne selon lui dans la figure alors tr&#232;s influente de Louis Althusser, le c&#233;l&#232;bre philosophe de la rue d'Ulm. Dans les ann&#233;es 1970, Althusser &#233;tait une figure intellectuelle et politique tr&#232;s influente, et son aura commen&#231;ait &#224; gagner les rangs de la gauche intellectuelle britannique. C'est contre cette influence croissante et contre l'escroquerie que repr&#233;sente selon lui la pens&#233;e du philosophe fran&#231;ais que s'&#233;l&#232;ve Thompson. Ceux qui ont tent&#233; de lire Althusser dans leur jeunesse sans rien y comprendre, se r&#233;jouiront &#224; la lecture de ces pages incisives o&#249; Thompson pol&#233;mique avec v&#233;h&#233;mence et dr&#244;lerie contre l'influence du structuralisme et les apories de la mode de l'althuss&#233;risme : &#171; &lt;i&gt;Comme toujours avec Althusser&lt;/i&gt;, &#233;crit-il par exemple, &lt;i&gt;on nous offre de la petite monnaie id&#233;ologique graisseuse &#224; force d'&#234;tre pass&#233;e dans des mains bourgeoises, et l'on nous dit que c'est de l'or marxiste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez m&#233;connu en France car il s'adressait surtout &#224; un public britannique et parce que l'althuss&#233;risme &#233;tait d&#233;j&#224; sur le d&#233;clin, et aussi en raison de sa f&#233;rocit&#233;, parfois injuste, contre le philosophe fran&#231;ais, l'int&#233;r&#234;t de ce livre d&#233;passe pourtant le contexte tr&#232;s singulier de sa r&#233;daction. L'ouvrage continue de nous parler de multiples mani&#232;res. Il nous rappelle d'abord la libert&#233; de ton et la radicalit&#233; qui existait dans les d&#233;bats intellectuels de l'&#233;poque, Thompson n'h&#233;sitant pas &#224; contester &#171; &lt;i&gt;toute cette merde dans laquelle la sociologie bourgeoise et le structuralisme marxiste baigne jusqu'au cou&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;nonce par ailleurs l'influence sournoise du stalinisme dans la pens&#233;e, qu'il voyait dans la th&#233;orie abstraite d'Althusser, mais aussi dans l'influence naissante de &#171; &lt;i&gt;la cybern&#233;tique et de l'ordinateur&lt;/i&gt; &#187; qui tentent de nous imposer leurs cat&#233;gories de pens&#233;es et auxquels &#171; &lt;i&gt;nous devons purement et simplement r&#233;sister&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait-il alors. Contre le marxisme acad&#233;mique et &#233;litiste incarn&#233; selon lui par Althusser et ses &#233;pigones, Thompson d&#233;fend une autre vision du Marxisme, nourrie par son travail concret d'historien. Il milite par exemple pour une conception souple des classes sociales, faisant une place &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la libert&#233; des acteurs, &#224; mille lieux du &#171; &lt;i&gt;m&#233;pris intellectuel latent pour l'intelligence et la sensibilit&#233; morale de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;fend une critique du capitalisme fond&#233;e sur la tradition &#171; &lt;i&gt; libertaire et antistalinienne&lt;/i&gt; &#187; et un &#171; &lt;i&gt;humanisme socialiste&lt;/i&gt; &#187; oppos&#233; aux mod&#232;les m&#233;canistes et r&#233;ductionnistes. A l'heure de la pr&#233;tendue r&#233;volution num&#233;rique cens&#233;e relancer la modernisation, r&#233;inventer la culture, le travail, voire l'homme lui-m&#234;me, cet ouvrage garde toute sa force critique et nous offre une boussole toujours utile pour nous orienter dans les d&#233;bats contemporains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Jarrige est historien. Dernier ouvrage paru : &lt;i&gt;Technocritiques&lt;/i&gt;, La d&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La pute a bon dos</title>
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		<dc:creator>Queen Kong</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
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&lt;p&gt;Mea maxima culpa, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ? C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/putes" rel="tag"&gt;putes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mea maxima culpa&lt;/i&gt;, vous vous appr&#234;tez encore &#224; lire une chronique sur la prostitution. L'overdose est partag&#233;e, mais soyons francs, est-ce qu'on en a marre de parler de la prostitution, ou marre d'&#233;couter ceux qui en parlent tout le temps comme, au hasard, &#201;lisabeth L&#233;vy ou Najat Vallaud-Belkacem ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est malheureux, mais la plupart des avis qu'on entend adoptent soit le point de vue de la pute (les souteneurs, le droit de disposer de son corps, les sans-papiers mineures, les maisons closes, les lois r&#233;pressives), soit le point de vue du client (la mis&#232;re sexuelle, les pulsions, le viol, la solitude, l'&#233;poque politiquement correcte), sans jamais consid&#233;rer ce qui les relie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corps contre monnaie, temps contre argent, offre contre demande : chacun dispose de quelque chose dont l'autre a &#8211; ou pense avoir &#8211; besoin. Chacun vient avec sa mis&#232;re, croit pouvoir dominer l'autre en profitant de sa propre mis&#232;re, a de bonnes chances de repartir en se sentant encore plus mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; de revenir sur la fable du &#171; plus vieux m&#233;tier du monde &#187; ni de se demander si les hommes pr&#233;historiques en usaient d&#233;j&#224;. Le quotidien d'Homo Erectus comportait de toute fa&#231;on beaucoup d'&#233;l&#233;ments dont nous ne voulons plus entendre parler, &#224; commencer par le mammouth. Loin d'&#234;tre &#171; naturelle &#187;, la prostitution telle que nous la connaissons aujourd'hui est indissociable du capitalisme, de la mondialisation, du patriarcat et de la r&#233;partition in&#233;gale des t&#226;ches. La pute, c'est celle qui soulage les hommes de leur vie de merde : les marins rest&#233;s trop longtemps en mer, les prisonniers priv&#233;s de tendresse, les supporters de foot inquiets de leur virilit&#233;, les soldats horrifi&#233;s par leur voisinage avec la mort, sans oublier les signataires du Manifeste des 343 salauds, ces bourgeois blancs de droite victimes de leur mariage &#233;triqu&#233; pour qui aller voir une pute, c'est toucher du doigt la &lt;i&gt;subculture underground&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que plus grand monde n'interroge dans la prostitution, c'est qu'elle repose sur l'un des principes fondamentaux du capitalisme, si ancr&#233; en nous que nous en oublions de le questionner : l'id&#233;e que quand on paie, on peut tout faire accepter. D&#232;s qu'un service est r&#233;tribu&#233;, il devient l&#233;gitime &#8211; &#231;a marche pour les &#233;boueurs, les femmes de m&#233;nage, les putes&#8230; la liste est longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la pute n'est qu'une figure particuli&#232;rement peu hypocrite d'une soci&#233;t&#233; in&#233;galitaire, et c'est sans doute ce qui la rend particuli&#232;rement insupportable 1. Ajoutons &#224; cela la tendance bien connue qu'ont nos contemporains, lorsqu'ils croient ne plus pouvoir agir sur des m&#233;canismes &#233;conomiques et politiques, &#224; se replier sur une morale v&#233;cue comme intangible et rassurante &#8211; et qui s'exprime avec une clart&#233; rare, ces derniers temps, &#224; travers les Manifs pour tous et autres frondes anti-&#171; th&#233;orie du gender &#187; &#8211; ; et nous voil&#224; bien mal embouch&#233;s. Ni d&#233;lit de racolage passif, ni p&#233;nalisation du client : putes et clients sont les deux faces du m&#234;me gant, tour &#224; tour acteurs et victimes d'un syst&#232;me qui les d&#233;truit. &#192; l'exception pr&#232;s de Nicolas Bedos, de Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder, d'&#201;ric Zemmour et de leurs petits camarades, qui croient voir dans la lutte contre la prostitution la moralisation d'un syst&#232;me qui leur convient tout &#224; fait. On peut d&#233;fendre les putes, on peut d&#233;fendre les clients, mais on ne peut pas d&#233;fendre la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH480/p10-19salopards-2-d6360.jpg?1782640073' width='400' height='480' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Caroline Sury.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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